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˜˜˜˜˜˜looked into devil's eyes and found light (kyrana)
maybe life should be about more than just surviving


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Sujet: looked into devil's eyes and found light (kyrana)
Dim 25 Juin - 23:42

KYRANA

looked into devil's eyes and found light


Le soleil commence à disparaître à l’horizon, étendant les ombres des dunes à l’extrême, embrasant le ciel de flammes. Le feu des cieux semble se refléter sur le sable d’or, tant visuellement qu’au contact de tes pieds nus, peau mise à vif d’une chaleur accumulée tout le long d’une journée d’été caniculaire. Qu’importe cette douleur à chacun de tes pas, Ellana, tu continues de courir. Chaque foulée demande un effort surhumain, et tu ne sais guère où tu puises cette force inouïe. Miraculeuse. Vitale. Tu cours sans vraiment voir la direction, étendues de sable à perte de vue. Dunes que tu ne vois pas.

C’est comme s’il y avait un écran noir devant tes yeux, un voile sur ton esprit qui t’empêches de réfléchir. De penser. Parce que si tu le faisais, tu tomberais à cause de ce que tu as fait précédemment dans la soirée. Alors pour l’instant, ton esprit qui sait si bien oublier certaines choses, les plus douloureuses, pour en faire abstraction, n’est focalisé que sur une seule chose : tes enjambées. Le foulement de tes pas. Il honnie les cloques formées sous tes pieds, le pourpre qui tâche encore tes vêtements et colle à tes doigts. Ton souffle brûlant qui irrite ta gorge, erratique. Comme si tu avalais le sable lui-même. Comme s’il emplissait tes poumons, les alourdissant, te tirant vers le bas par une implacable gravité.

Combien de temps cours-tu ainsi, Ellana ? L’esclave qui goûte à la liberté pour la première fois depuis un quart de siècle. Mais cette liberté est encore trop pervertie. Par la peur, viscérale, qui noue tes entrailles, par ton souffle court qui porte écume à tes lèvres. Combien de temps tes jambes te portent-elles, Ellana ? Combien de temps fuis-tu ainsi par la force d’une volonté sans faille, jusqu’à tomber dans le gouffre de tes pensées ?

Tu ne l’as pas vu venir, la réalisation de tes actes. Elle te frappe comme un coup de poing dans le ventre, coupe ton souffle déjà pourtant si court et te prive d’oxygène subitement. Tu t’effondres, Ellana, dans le sable qui se soulève sous ton maigre corps. Tu suffoques, ta gorge se contracte alors que tu tentes d’inspirer toujours plus rapidement, et il te faut quelques secondes pour réaliser que tu fais une crise d’angoisse comme jamais tu n’en as fait auparavant. Quelques secondes qui suffisent à faire danser étoiles devant tes pupilles dilatées sous la panique. « Respire, Ellana, respire lentement. » Tu sais que tu inventes seulement la voix de ta chère mère, car ce prénom n’est guère celui offert à ta naissance, mais qu’importe. Ça a le don de te calmer, de t’apaiser un tant soit peu. Au bout de quelques instants, tu réussi à respirer de nouveau à peu près normalement et tu roules sur le dos, les bras en croix. Tes paupières sont lourdes, se ferment malgré toi, et t’imposent à nouveau les images des heures précédentes.

Il a cette habitude de vouloir te serrer contre lui après l’acte charnel. Tu détestes ça, et tu ne ressens que cette envie de te décoller de son corps luisant de transpiration. Mais tu n’en fais rien, Ellana, rien du tout. Tu te blottis contre ce torse, enroule tes fines jambes aux siennes, viens même apposer baisers tendres contre sa mâchoire. Il sourit, presque fier, le mâle, et ça te donnes envie de lui arracher les dents. Pourtant, il est gentil avec toi. Pourtant, il est tendre. Malgré tout, tu ne le supportes pas, peut-être persuadée que tu n’as pas le droit à ce genre de traitement. Il est l’un des rares en presque vingt ans de servitude sexuelle, qui ne se contente pas de labourer l’intérieur de tes cuisses mais bien d’embrasser chaque parcelle de ton corps. « C’est l’heure, » qu’il souffle à ton oreille, te faisant frémir, tant de dégoût que d’expectation. Aujourd’hui, il t’emmène avec lui, comme il l’a promis quelques semaines plus tôt. Rhabillés, vous profitez d’un manque de surveillance des gardiens du bordel pour vous faufiler par la porte de derrière, si l’on puisse nommer ainsi les tentures immenses.

Vous détallez dans les rues, un châle couvrant ta chevelure reconnaissable, jusqu’à sortir de la ville. Il a préparé un cheval sur lequel sont déjà accrochées provisions diverses, et alors qu’il t’aide à monter dessus c’est presque sincèrement que tu te surprends à l’embrasser. Il a un goût de liberté. Tu le laisse tenir les rênes un moment de cette façon, tes bras enroulés autour de sa taille, ta joue reposant contre son dos au rythme du galop étouffé par le sable. Tu le laisse un moment, Ellana, le temps de rassembler ton courage. Mais l’issue est scellée dans ton esprit depuis longtemps déjà, et l’une de tes mains vient discrètement récupérer la lame cachée dans tes vêtements. Cela te semble presque irréel quand tu la passes sur la gorge de ton fol amant et que le sang jailli comme le jus d’un fruit trop mur. Il se braque immédiatement en poussant ce qui était supposé être un hurlement, ses jambes frappent par réflexe les flancs du cheval qui se dresse sur ses pattes arrière en vous faisant basculer. L’animal s’enfuit dans la foulée sans chercher à comprendre, mais tu dévales une dune de concert avec le cadavre encore chaud de ton sauveur. A la fin de la course, il retombe sur toi, yeux vitreux grands ouverts plongeant dans les tiens, sa gorge déversant encore le liquide pourpre et chaud sur la tienne. Un instant de flottement avant que tu ne le repousses violemment et que tu te mettes à courir.

La vision du regard sans vie de l’homme qui s’impose à nouveau à toi te provoque un haut le cœur inévitable. Tu roules sur un flanc pour déverser le contenu d’un estomac vide en toussa, la bile acide irritant de plus belle ta gorge mise à mal. Pitoyable, que tu penses être. Mais au moins tu es libre. En tout cas, c’est ce que tu penses, naïvement, inconsciente de l’ombre qui se profile derrière toi en te relevant pour reprendre ta marche. Parce que c’est ce que tu penses, Ellana, que tu pourras marcher ainsi jusque chez toi, qu’importe la centaine de kilomètres et plus encore qui te séparent de l’océan. Ton esprit fou peut presque déjà sentir les embruns, alors que tu n’as pas revu ta contrée depuis vingt-quatre ans. C’est l’espoir, Ellana, qui te porte à nouveau. C’est l’espoir, Ellana, qui t’aveugle alors que la lune commence son ascension dans le ciel nocturne.

AVENGEDINCHAINS

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05/10/2015 Electric Soul 4719 Jensen Ackles Lux Aeterna ♥, Electric Soul & tumblr Traître en cavale & rebelle anti-esclavagiste anti-royaliste (ex-mercenaire, ex-gladiateur) | Combat & maniement des armes 222
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Sujet: Re: looked into devil's eyes and found light (kyrana)
Jeu 29 Juin - 17:22

Le sable semble presque rouge, sous les rayons assassins du Dieu Soleil. Une mer écarlate brûlante à perte de vue, des torrents de lave montant au ciel quand le vent se fait meurtrier et soulève les dunes, balaie tout sur son passage. Fils du désert, tu connais ses caprices par coeur et des voiles couvrent ta tête et ta bouche des pires dégâts. Cachent la marque sur ta nuque aussi. Le soleil qui a embrassé ta peau pour ne plus la quitter : signe d'une liberté retrouvée, une liberté au goût de rouille et de sel et de cendres. Signe incongru sur la peau d'un chasseur d'esclaves, signe qui t'attire les remarques insidieuses et les insultes pour ceux qui se croient plus malins que toi, pour ceux qui croient pouvoir te piquer sans craindre les conséquences. Tu n'as plus de cage pour te retenir, désormais, plus de barreaux pour te séparer des spectateurs à la lueur perverse et malsaine dans le regard, qui aiment à regarder un homme déchiqueter un autre homme avec ses mains, parce qu'on le lui a ordonné, parce que s'il ne le fait pas, il sera tué. Tu es libre, maintenant, oui, et loin de l'arène, tu te plais à rappeler exactement à tous ces salauds exactement quel chien tu es, quelle bête enragée tu es. Tu ne peux pas tuer, non, pas si tu ne veux pas retrouver les chaînes à tes poings, mais tu peux blesser, oui, tu peux leur faire payer. Tu peux leur rappeler à force d'os disloqués, d'os brisés, de muscles distendus, de crocs dénudés que tu pourrais les tuer, oui, si tu le voulais. Que tu pourrais les paralyser, les déchirer, les rendre méconnaissables, si tu le voulais. Il n'y a que la peur du jugement qui te retient, que la peur de l'arène qui te maintient dans le rang. Tu ne vas pas faire la connerie de retomber là-dedans alors que Stelios a tant sacrifié pour te sortir de là. Tu ne vas pas leur faire ce plaisir. Alors tu te venges comme tu peux. Sur des contrats, des esclaves à rattraper, des traîtres à tuer.

Machine à tuer, machine à combattre. C'est ce que tu es, ce que tu sembles toujours avoir été. Et si reprendre le mercenariat t'a dégoûté, les mois passés à reprendre les pistes des sables dans le but d'arracher des vies ont réveillé la bête. Assourdi l'humanité. La bête sait. La bête survit, traque, attaque. La bête te maintient en vie et il n'y a qu'elle que tu dois écouter. L'humanité ne sert à rien. La culpabilité ne sert à rien. Tu n'es plus esclave, c'est fini. Tu ne dois plus rien à personne. Tu ne dois la vie qu'à Stelios, la vengeance qu'à Stelios et tu vas le la lui offrir. Et si c'est le sang que tu répands sur ton sillage en la cherchant, soit. Personne n'aurait jamais dû toucher à ton frère. Personne n'aurait jamais dû tuer ton frère.

Y'a quelque chose qui semble te taillader la poitrine à cette pensée, comme une écharde qui te rentre dans la chair mais tu serres les dents. Tu serres les dents et tu avances. Tu dois penser à ta mission, et c'est tout. Avancer contrat après contrat, esclave après esclave, traître après traître. Et tu finiras par trouver l'assassin, tu le trouveras et alors peut-être pourras-tu enfin te reposer. Mais pas avant. Aujourd'hui, tu es mercenaire et rien d'autre. Un chasseur d'esclaves, un voleur de vies. Et si cette pensée te remplit encore d'amertume quelques fois, le dégoût est plus supportable que quatre ans auparavant. Encore quelques années et peut-être que tu ne ressentiras plus rien.

Tu ne sais pas si tu as hâte ou si tu as peur.

Tu tires sur les rênes de ton cheval, qui renâcle au traitement brutal. Tu ignores les protestations, enfonces un peu plus les bottes en cuir contre les flancs de l'animal. Tu ignores l'oasis vers laquelle il veut se diriger. Pas de repos. Le soleil a amorcé sa descente sur l'horizon, baignant le désert de vermillon, et tu sais qu'il te reste peu de temps pour continuer ta traque. Tu sais le désespoir qui doit l'habiter, cette prostituée échappée, tu sais à quel point elle doit être ivre de liberté. Qu'elle ne s'arrêtera probablement pas pour se reposer, pas tant qu'elle n'aura pas rejoint la mer et son village natal calusa. Tous ces détails, tu les gardes en mémoire, la chevelure couleur or, les yeux océan. L'amertume et la colère d'un maître détroussé d'un de ses biens les plus précieux. Combien de temps a-t-elle cherché à s'échapper ? Combien de temps a-t-elle fomenté son plan, profité de la faiblesse d'un imbécile capable de prendre les charmes d'une pute pour quelque chose de sincère ? Combien n'en as-tu pas vu, de ces pauvres idiots pensant pouvoir s'échapper avec leur promise, se faire détrousser de leur or et abandonné une fois leur rôle de passeur rempli ? Tu la connais la rengaine, tu l'as vue maintes fois. Et tu ne peux en vouloir à ces femmes d'utiliser de leurs charmes pour s'évader. Arène, bordel, c'est presque du pareil au même. Corps brisé pour l'or et la perversion d'autrui, réduit à n'être rien. Quand il n'y a plus de limite pour obtenir la liberté tant désirée. Tu le connais ce désespoir, tu le comprends. Mais tu n'as plus assez de coeur en toi pour avoir pitié. Tu en as réchappé, toi, tu t'en es tiré. Chacun sa merde.

Bientôt, tu vois les chacals s'attrouper autour d'un cadavre frais. Aux vêtements riches, à la blessure béante au cou, tu devines ce qui a pu se passer. Pauvre naïf qui a cru pouvoir acheter l'amour d'une pute. Tu siffles face au chacal qui tente de s'en prendre à la jambe de ton cheval. Qu'il bouffe les cadavres. Toi, tu as une esclave à retrouver. Vivante, tu l'espères.

Tu presses le pas de ton cheval, certain désormais que tu es sur la bonne voie. Certainement n'a-t-elle pas pu aller bien loin, en si peu de temps. Tu as pris le contrat au vol, seul mercenaire à qui ça ne dérangeait pas de traquer quand la nuit approchait si vite. Tu sais que la lune est pleine, ce soir, et elle te donnera suffisamment de lumière pour continuer ta traque, même en pleine nuit. Tu ne t'arrêteras pas tant que tu ne l'auras pas trouvée. Tu ne t'arrêteras pas tant que tu ne l'auras pas ramenée.

Le vent est frais, froid, presque, et la lune a fait tomber sur le désert une atmosphère presque spectrale. C'est sa chevelure, qui la trahit, trop claire sur le paysage, trop brillante. Elle vacille, fine, épuisée par la course, probablement. Le galop de ton cheval dans le sable soulève des volutes de cristaux. Tu saisis ton fouet, vises ses jambes pour la faire basculer, rendre toute tentative de fuite inutile. Tu descends rapidement de ton cheval, avises l'azur de ses yeux, l'or de ses cheveux, le pourpre sur ses vêtements. Tu reconnais les traits du portrait de son contrat. La Bête sourit, satisfaite de sa capture.

« Ta course est terminée, ma jolie. »

Admin - Tears of the phoenix
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12/10/2014 Brimbelle 45462 Jessica Chastain Lux Aeterna Médecin / Herboriste 231
Admin - Tears of the phoenix


Sujet: Re: looked into devil's eyes and found light (kyrana)
Mar 18 Juil - 22:56

RP archivé suite à la suppression d'Ellana
 

looked into devil's eyes and found light (kyrana)

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