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˜˜˜˜˜˜Shrinking universe (Osbern)
maybe life should be about more than just surviving


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06/12/2015 Lux Aeterna 29534 Sophia Bush Avengedinchains (vava) ; Oreste (image profil); Lux Aeterna (sign & gifs & fiche rp) ancienne militaire - lieutenant, stratège, garde et patrouilleuse. Quelques notions de médecine et bases en maniement des armes. 160


Sujet: Shrinking universe (Osbern)
Dim 18 Juin - 3:57

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❝ Shrinking universe ❞
Murphy Cavendish & Osbern Âke
(18 juin 2117)


Après avoir fini sa patrouille matinale, Murphy n'avait qu'une hâte : reprendre son entraînement à l'arc. Les occasions commençaient à lui manquer depuis que le printemps était revenu, et avec lui toutes les expéditions liées à la future relocalisation de leur campement. Elle-même n'avait pas réussi à espacer ses vadrouilles personnelles et rêvait encore souvent aux montagnes, mais elle ne lui fallait pas oublier l'un des objectifs premiers sur cette Terre : la survie. Ce n'était pas parce qu'ils grimpaient tous progressivement la pyramide de Maslow qu'ils devaient laisser ses fondations s'affaisser. Le confort ne devait pas engendrer l'inconscience. Murphy avait appris à ses dépends que deux poignards n'étaient pas suffisants face aux menaces de ce monde, et elle n'avait eu de cesse, après avoir réussi à construire son arc avec Richard, de vouloir s'entraîner pour parfaire ses capacités dans le domaine. Elle était rassurée de ne plus avoir à compter sur ses projectifs maladroitement ramassés ça et là; elle qui était à l'aise avec les armes de visée avait enfin de quoi se satisfaire. En ce jour de juin, elle était descendue au sud du campement, dans une petite clairière au milieu de la forêt qu'elle affectionnait particulièrement pour la vue dégagée qu'elle offrait sur un champ de tir improvisé. Elle avait choisi un arbre qui lui servirait de cible et y avait gravé plusieurs cercles concentriques, non sans penser au mécontentement que ça aurait engendré chez Isdès, protecteur de sa nature.

Pour les flèches, par contre, l'état des faits était plus complexe. Elle en avait fabriqué une dizaine qu'elle avait validées pour leur équilibre et leur aérodynamisme mais était contrainte de n'en perdre aucune. Jusque-là, les choses s'étaient bien passées; elle n'avait jamais eu à user de son talent d'archère dans des conditions qui auraient pu l'empêcher de récupérer ses flèches. Elle le tirait à la suite les unes des autres, non sans une concentration extrême, et se félicitait intérieurement du résultat lorsqu'il atteignait ses objectifs. Elle ne voulait pas être approximative, et si chacun de ses tirs atteignait l'arbre et entrait dans le cercle qu'elle y avait dessiné, il n'y avait guère que lorsqu'ils rejoignaient son centre qu'un sourire étirait ses fines lèvres. Elle se retournait de temps à autres en entendant Antarès aboyer au loin, se demandait s'il lui ramenait un peu de viande à confier à Cassandre en rentrant, puis reprenait son entraînement sans se démonter, une paupière fermée et la lèvre pincée pour viser au mieux. Elle s'était reculée de trois pas déjà depuis qu'elle avait pris son entraînement ce jour-là -une heure ou deux peut-être. Le soleil avait quitté le zénith depuis quelques temps déjà; l'après-midi devait être bien entamée, mais les températures étaient clémentes et annonçaient déjà l'été étouffant auquel ils auraient sans aucun doute le droit.

Murphy avait posé ses affaires à sa droite mais gardait accrochés à ses cuisses ses deux éternels poignards, fidèles amis depuis qu'ils étaient arrivés ici. Elle ne redoutait pas d'intrusion aussi près du campement mais n'était pas à l'abri d'une malencontreuse rencontre avec un animal affamé -elle en avait déjà fait l'expérience et savait qu'elle ne pourrait pas compter sur l'intervention miraculeuse d'un Terrien expérimenté à chaque fois qu'elle tomberait nez à nez avec une bête qui l'avait déjà transformée en repas dans son esprit. Depuis qu'elle était là, elle avait appris malgré elle qu'elle ne serait sans doute jamais suffisamment exercée aux contraintes et aux dangers de ce monde -ou en tout cas, pas avant de longues années encore. Cette Terre regorgeait de risques qu'ils n'avaient jamais eu à défier là-haut, protégés et isolés dans leur capsule où tout était maîtrisé, jusqu'aux températures et aux taux d'humidité de l'air. Ici, tout pouvait changer en une seconde : une bête dont vous croisez le chemin, une pluie acide, un tremblement de terre, une plante hallucinogène... Murphy restait persuadée qu'on ne pouvait jamais être totalement préparé à ce genre de dangers qui relevaient tous pourtant du hasard. Mais parfois, face au hasard, même les plus chevronnés pouvaient être forcés d'accepter la défaite, et, dans le cas de ce monde nouveau, la défaite ne pouvait être que synonyme d'un malheur qui n'était jamais proche de la mort. Et Murphy ne voulait pas mourir, elle voulait se battre pour tout ce en quoi elle croyait pour les siens et pour elle-même.

Trois flèches étaient déjà plantées dans l'arbre à dix mètres d'elle, la quatrième tremblait encore du choc de la rencontre qu'elle venait de faire avec le bois. Murphy attrapa la suivante dans le carquois de fortune qu'elle s'était confectionné, la plaça à la perpendiculaire de l'axe de l'arc et tira sur la corde, gonflant le torse et retenant sa respiration pour empêcher le moindre mouvement parasite qui fausserait la trajectoire. Jambes écartées, un œil fermé, elle se mordait l'intérieur de la joue, concentrée au point d'en oublier tout l'environnement extérieur, y compris Antarès dont les aboiements lui parvenaient. Ce n'est qu'au moment où la flèche fendit l'air en le faisant siffler qu'elle réalisa que les jappements de son chien se rapprochaient d'elle et de sa base d'entraînement improvisée. Elle eut à peine le temps de réaliser que les mouvements à la droite de la clairière étaient trop importants pour être seulement ceux de son ami à quatre pattes; un homme était passé en plein milieu de son champ de tir et elle entendit la flèche de bois tomber maladroitement dans un bruit étouffé sur le tapis d'herbe. Antarès arrivait derrière, fier et un peu joueur, les babines ensanglantées par une proie qu'il avait du laisser derrière lui, et s'arrêta pour s'asseoir là. Murphy lâcha son arc dans un réflexe peu prudent mais se saisit aussitôt de ses deux poignards qui ornèrent chacune de ses mains. Elle se rua vers l'inconnu, tous sourcils froncés, une main menaçante tendue devant elle pour prévenir un quelconque geste agressif. « Merde merde merde... » Elle s'arrêta à un mètre de celui qui semblait être un Terrien -et qui l'était de toute façon plus que probablement puisque son visage ne lui disait rien et que son accoutrement n'avait rien à voir avec les tenues classiques qu'ils arboraient encore chez elle. Son regard se posa sur la manche déchirée de l'homme et la peau entaillée qui laissait déjà ruisseler un filet de sang. « Moba, moba ! Quelle idée aussi de se jeter devant une flèche ! » Elle releva ses prunelles vers le visage de l'homme, redoutait d'y lire la colère et dressa un peu plus haut ses poignards, comme pour l'empêcher de laisser une mauvaise idée de se concrétiser. Elle était confuse, mais pas suicidaire.


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13/06/2017 apy. 193 zenhya katava. Ibeyi. esclave, attrape-nigaud, prêtresse de superstitions gâteuses. 32


Sujet: Re: Shrinking universe (Osbern)
Lun 19 Juin - 13:19

[Vous devez être inscrit et connecté pour voir cette image] Quelle mouche avait bien pu piquer Osbern pour qu'il propose de retourner au phare, où le bateau était accosté, y récupérer ce qu'ils avaient malencontreusement oubliés dans la précipitation. Oh; pas grand chose, seulement la preuve écrite de la commande de bois qu'avait passé la tribu Naori. La moitié de l'équipage était encore sur le bateau, attendant et gardant le navire marchand; l'autre moitié, c'est à dire le cartographe et le guérisseur du groupe avaient suivis barn, pour des raisons de conaissances. Le capitaine aurait dû laisser l'un des deux autres aller chercher ce satané parchemin. Mais si loin de l'océan Barn ne se sentait pas à sa place. C'était différent de la peur de s'éloigner trop loin des côtes du continent ou de l'île des glaciers qu'il avait développé depuis le naufrage, mais c'était un mal être qui persistait lorsqu'il posait pied à terre et qu'il n'entendait plus la musique des vagues qui se brisaient contre les côtes. Car tout semblait vide pour le barbu, sans ce son qui l'avait bercé pendant trente-et-une années.
Seulement il n'avait aucun sens de l'orientation sur terre. Tout se ressemblait; chaque arbre avait le même tronc, le même nombre de branches; les sapins avaient tous la même taille. Tout était pire qu'en mer. Car Osbern, de mauvaise foi, vous dira qu'en mer l'horizon est visible. En forêt, ce n'est rien de tout ça; et c'était à peine s'il pouvait entrevoir le ciel découvert à travers les trop nombreuses feuilles des arbres. Il grognait contre les branches qui venaient lui griffer les joues quand il ne se baissait pas suffisamment ou ne faisait pas attention à où il mettait la tête. Ses pieds se prenaient dans les creux que le temps avait fait dans la terre recouverte d'un tapis de feuilles et de branches mortes et l’obscurité dû au ciel caché lui faisaient plisser les yeux pour mieux entrevoir où il pouvait aller. Jamais il n'avait eu à traverser une forêt seul, et encore moins depuis plus de quatre ans -si on omettait aujourd'hui- et il se promit de ne jamais recommencer avant d'avoir une meilleure connaissance de ce continent qu'il n'avait pas réellement foulé depuis plusieurs années maintenant. Il pourra être dit ce qu'on veut, Osbern n'était définitivement pas un homme de la terre.
Et pendant qu'il était occupé à pester contre la végétation trop importante de la forêt et dont il n'avait pas l'habitude, son attention ne se portait pas sur le craquement de quelques feuilles mortes et branches un peu plus loin derrière lui. Il continuait son chemin sans prendre en compte le fait qu'on puisse le suivre dans cette forêt dont il ne voyait le bout. Jusqu'à ce qu'il entende un groupe d'oiseau s'envoler en piaillant. Il se retourna  main sur son sabre, que les Athnas lui avaient forgés après leurs échanges commerciaux, près à riposter s'il en avait besoin. La chose qui l'épiait sauta par dessus un buisson, crocs découverts et ensanglantés montrant son activité évidente qu'était la chasse. Et Osbern semblait être une proie pour le molosse.
Un juron s'échappa de ses lèvres cachées par sa barbe qu'il n'avait toujours pas taillé et il se mit à courir sans savoir que ce n'était pas la réaction à avoir devant un chien. Après tout, sur l'île, les chiens c'est pas ce qui grouille. Et lui qui avait passé la moitié de sa vie sur un bateau, les espèces terrestres, il conaissait pas. Le chien était à une dizaine de mètres derrière lui quand il se décida à le poursuivre, et le navigateur ne pouvait pas être plus désespéré. Il n'aime pas les chiens. Il n'aime pas les animaux. Il n'aime rien de ce qui est à quatre pattes, sauf si c'est mort, découpé et cuit au feu.
Ses pieds l'emmenaient encore dans un lieu qu'il ne conaissait pas, et il sentait au fond de ses tripes que l'océan s'éloignait encore. Mais empêcher ce chien de le rattraper était sa seule priorité et il réussit plus ou moins vite à rejoindre une clairière. Voir le ciel pourrait le rassurer si seulement il n'avait pas toujours le cabot qui lui courait après. Il tourna la têtes, quelques secondes pour voir où était le chien qui n'était d'ailleurs plus dans le champ de vision du navigateur. Osbern s'arrêta jusqu'à entendre un sifflement dans sa direction juste avant de sentir une vive douleur, comme une griffure, sur bras droit. Son visage se tourna vers la source de ce ressenti et il découvrit une flèche de bois qui avait rejoins maladroitement l'herbe légèrement tapissée de la clairière. Il poussa un grognement sourd sans comprendre ce qu'il se passait et se tourna vers la source de mouvement qui n'était pas le chien -mais qui n'était pas loin de ce dernier- : une femme qui devait avoir son âge et qui arrivait vers lui le menaçant d'une main. « Merde merde merde... » Elle parla l'anglais en premier lieu, comme un réflexe, et il se mit à la dévisager. Elle n'avait ni la posture ni les habits d'une femme du continent et les traits de son visage n'avaient aucune ressemblance avec ceux type des tribus. Il plissa les yeux, ne cachant pas la méfiance qu'il gardait à son égard, lui qui quelques années plus tôt aurait peut-être fait un pas vers cette étrangère. « Moba, moba ! Quelle idée aussi de se jeter devant une flèche ! » Les excuses qu'elle prononça en Trigedasleng le firent grimacer, et il se conforta sur l'idée qu'elle ne venait pas d'ici. Le regard vert de la jeune femme était aussi méfiant que celui d'Osbern, et il se dit qu'au moins ils avaient ce point commun. Alors tandis qu'elle dressait ses poignards près à se défendre si nécessaire, lui avait la main sur son sabre: elle l'avait déjà manqué une fois. « chon yu bilaik? » s'enquit-il dans sa langue natale, n'osant dévoiler qu'il parlait anglais. Pourtant il ne pouvait pas ne pas riposter à la remarque de mauvaise foi de l'étrangère et sa langue prononça les mots suivants d'un accent terrien prononcé malgré tout. « Et quelle idée de tirer sur quelqu'un. » il jeta un œil au chien qui se tenait derrière la femme, curieux. « Ou de ne pas garder son chien. » Le manche de son sabre toujours en main, il ne lâchait pas l'étrangère du regard.

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06/12/2015 Lux Aeterna 29534 Sophia Bush Avengedinchains (vava) ; Oreste (image profil); Lux Aeterna (sign & gifs & fiche rp) ancienne militaire - lieutenant, stratège, garde et patrouilleuse. Quelques notions de médecine et bases en maniement des armes. 160


Sujet: Re: Shrinking universe (Osbern)
Mar 20 Juin - 3:53

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❝ Shrinking universe ❞
Murphy Cavendish & Osbern Âke
(18 juin 2117)


Trouver du temps pour elle seule n'était pas chose aisée ici. Elle avait toujours été de tous les fronts, et plus elle avait progressé dans la hiérarchie militaire, plus elle avait été confrontée à de nouvelles responsabilités. Maintenant lieutenant depuis quelques années, elle se faisait un point d'honneur à respecter ses attributions et à offrir à chacune de ses missions le meilleur d'elle-même. Lorsqu'elle était confrontée à des cas difficiles, complexes ou des travaux de longue haleine, Murphy admirait encore plus ses propres supérieurs, à commencer par Richard, qui dirigeait à présent le corps militaire d'une main de fer. Qu'elle fasse partie des rebelles n'entachait en rien ses capacités à protéger les siens et honorer les missions qui pouvaient lui être confiées. Ces derniers temps, tout tournait en très grande majorité autour de ce nouveau campement qui se dressait progressivement au sein des ruines, au nord. En réalité et pour la plus grande satisfaction de Murphy, ce ne serait pas vraiment un camp qu'ils retrouveraient là-haut. L'objectif était d'installer un village durable et de dessiner pour eux tous des projets à long terme. Leurs objectifs semblaient de plus en plus ambitieux mais il s'agissait pour la brune de passer d'un mode de survie basique, à la limite de l'archaïque, à un vraie vie où l'épanouissement personnel était envisageable. Se battre pour perdurer dans ce nouveau monde était un combat loin d'être équitable, mais ils devaient à apprendre à accepter ce fait, à faire au mieux pour vaincre les pièges du hasard, et surtout à se reconstruire, ici, malgré ceux qu'ils avaient perdus et malgré ceux qu'ils allaient encore perdre. Car personne n'était à l'abri ici, car les menaces existaient sous des dizaines de formes différentes, aucun d'eux ne pouvait savoir de quoi le lendemain serait fait. Murphy avait perdu sa mère dans l'atmosphère, lorsqu'une partie de l'Odyssée s'était séparée et avait supposément fini sa course dans l'océan; elle avait perdu Faust et ne pouvait toujours pas apporter de réponses aux dizaines de questions qui trottaient encore dans son esprit malgré l'année écoulée. De façons différentes, elle avait perdu Xander et Chris, devait se faire à l'idée d'être volontairement délaissée par des personnes qui avaient énormément compté pour elle. C'était là la vie et c'était ainsi qu'elle devait être considérée : comme la vie, aussi crue et cruelle puisse-t-elle être à ses pires moments.

Alors, Murphy s'accrochait. Elle considérait chaque heure de liberté, loin de ses occupations imposées, comme une opportunité pour elle de se construire en tant que personne dans ce nouveau monde. Lorsque ses horaires de patrouilles ne lui permettaient et que Richard lui accordaient quelques jours, elle vadrouillait là où ses pieds et son cœur l'emmenaient. Ca faisait depuis trop longtemps déjà qu'elle n'avait pas laissé son cœur la guider au nord, mais elle ne pouvait pas échapper à la réalité des siens indéfiniment. Il lui coûtait encore de mentir à ses proches, et notamment à Richard, sur les raisons qui l'avaient poussée à prendre une dizaine de jours loin des siens. Car ce n'était pas chez les Cents qu'elle avait trouvé refuge, mais malgré cette culpabilité qui était la sienne, elle n'était pas prête à avouer cette vérité à son mentor, ami et père de cœur. Elle n'avait d'autre choix que de replonger dans ce quotidien et d'en tirer le meilleur. Monter vers les ruines lorsqu'ils avaient besoin d'une paire de mains supplémentaires mais surtout d'un militaire aguerri; s'entraîner lorsqu'on lui offrait une, deux ou trois heures loin de ses obligations.

La danse semblait sans fin : elle tirait sa dizaine de flèches les unes après les autres, souriait parfois, râlait d'autres fois, puis filait les décrocher pour les glisser dans son carquois improvisé et reprendre le cycle qui paraissait sans fin. Elle était tranquille pour le reste de la journée et comptait bien mettre à profit les heures qui étaient à sa disposition pour acquérir encore plus de compétences au tir à l'arc. Elle voulait pouvoir quitter le campement avec l'arc sans se demander si elle le maniait avec suffisamment d'efficacité, de précision et de dextérité pour qu'il ne soit pas un handicap dans un cas trop pressé. Elle n'avait été confrontée à aucun réel danger direct depuis qu'elle s'était fabriqué l'arme et se demandait dès qu'elle l'attrapait quel serait son réflexe si c'était le cas. Ses mains glisseraient-elles encore ses cuisses à la recherche de ses poignards comme elles avaient eu l'habitude de le faire jusque-là, ou bien attraperaient-elles une flèche à la vitesse du vent pour la glisser contre le bois de l'arc ? Le pire scénario auquel elle pouvait penser était l'indécision, car -et tous ceux qui avaient été confronté aux défis des dangers sauvages le savaient- la réelle menace, dans ce genre de situations d'urgence, n'était que soi-même. Il fallait savoir faire abstraction de ses doutes et court-circuiter les questionnements pour laisser les réflexes de l'instinct s'exprimer au nom de l'être tout entier. Puisque le corps avait la fâcheuse tendance à se figer dans les pires moments, il fallait apprendre à faire abstraction de ce qui le paralysait pour ne laisser libre que la mécanique des membres. Murphy était entraînée au combat et aux mauvaises surprises, mais ce nouvel environnement lui donnait du fil à retordre. Les dangers étaient différentes, mille fois moins prévisibles que là-haut. Elle doutait encore être assez expérimentée à l'arc pour se clamer archère, mais c'était là une promesse qu'elle s'était faite. Comme on ne la dissociait plus d'Antarès ou de son caractère caustique, on ne la dissocierait bientôt plus de son arc.

Mais même face aux meilleures résolutions et intentions pouvait se dresser l'éternel ennemi du hasard. En un rien de temps, Murphy vit sa flèche tomber dans l'herbe, ralentie et déviée dans sa course par un obstacle qu'elle reconnut un centième de seconde après. Quelqu'un venait de se jeter dans son champ de vision et surtout, dans son champ de tir. Elle se rua sur sa victime, confuse, mais se restreignit dans les derniers mètres pour laisser l'un d'entre eux encore les séparer. Malgré ses excuses, ses deux mains dressaient devant elle ses poignards. Elle avait peut-être là un élément de réponse à la question qu'elle se posait sur ses réflexes : ce n'était pas l'arc qu'elle l'avait gardé. Mais, se dit-elle pour se rassurer, ce n'était pas lui qui serait son meilleur allié si elle devait être confrontée à un combat au corps à corps. Et, malgré elle, elle n'avait pas pu rester plantée à cinq mètres d'un homme qu'elle venait de blesser par accident. Le regard qu'il leva vers elle était d'un bleu transperçant mais il trahissait envers elle une inquiétude, si ce n'était une animosité. Son visage se déforma dans une grimace lorsqu'elle prononça quelques mots de sa langue et elle le fusilla du regard. Il répliqua dans le même dialecte et Murphy comprit en un instant que la conversation risquait d'être laborieuse et confuse. Car malgré toute sa fierté, elle ne pouvait qu'admettre qu'elle ne parlait pas la langue des Terriens comme elle parlait la sienne. Son accent trahissait sa provenance céleste quoiqu'elle fasse, mais, par-dessus tout, elle était loin de pouvoir tenir une conversation complexe et de comprendre tout ce qu'on pourrait lui adresser. « Ai laik kom Skaikru... Chon yu bilaik ? Naori ? » Son regard s'était plissé et ses dents serrées, comme si elle se préparait déjà à un combat. Ce n'était que les regards qui se défiaient pour l'instant, mais Murphy avait appris malgré elle que les comportements de l'espèce humaine étaient souvent loin d'être prédictibles. Malgré elle pourtant et lorsque le Terrien se prouva capable de s'exprimer en anglais, son visage s'adoucit légèrement et elle réajusta la prise autour de ses poignards pour se redonner un semblant de contenance. Peut-être qu'ils arriveraient à se comprendre, finalement. « Je tirais sur l'arbre ! » Elle désigna du menton l'arbre qui se trouvait dans le dos du blond et dans l'écorce duquel étaient plantées quatre flèches. « Essaie même pas de bouger », le menaça-t-elle en réalisant qu'il lui suffisait de franchir cinq mètres pour accéder à ces projectiles, qui n'en demeuraient aps moins des armes. L'autre était tombée dans l'herbe, probablement introuvable pour l'instant et tant qu'ils étaient incapables de la chercher avec attention. « Mon chien est libre, c'est pas une propriété. Il a le droit de se nourrir et jusqu'à présent il a bouffé aucun humain. » Elle sifflait entre ses dents, mécontente qu'on remette en cause son chien ou la façon dont elle s'en occupait. Depuis qu'Oona le lui avait confié, elle avait toujours fait attention à lui laisser une certaine liberté, tant que sa sécurité n'était pas remise en question. « Montre ton bras. Je peux peut-être faire quelque chose. » Car puisqu'elle l'avait blessé, Murphy lui devait bien les quelques premiers soins dont elle était capable. Elle s'était avancée de quelques dizaines de centimètres, prudente à l'extrême, le regard se promenant avec vivacité entre le visage et les membres de l'homme, au cas-où il tenterait un geste brusque.

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13/06/2017 apy. 193 zenhya katava. Ibeyi. esclave, attrape-nigaud, prêtresse de superstitions gâteuses. 32


Sujet: Re: Shrinking universe (Osbern)
Jeu 22 Juin - 15:20

[Vous devez être inscrit et connecté pour voir cette image] Si cette situation s'était produite quelques années auparavant, il est certain qu'Osbern n'aurait pas eu la même réaction. Il ne savait d'ailleurs même pas utiliser une quelconque arme, arborant le sabre fabriqué par les Athnas plus comme un moyen de défense visible plutôt qu'active. Il y a quelques années, le blond se serait probablement excusé d'avoir surgit de nulle part, sans omettre le fait que c'était par peur du chien dont il n'avait pas l'habitude. Il aurait dévoilé sans vouloir les cacher, ses capacités à savoir parler anglais, telle que l'avait élevé sa tribu d'origine, revendiquant la maîtrise de cette langue que parlaient autrefois leurs ancêtres. Il aurait été curieux, aurait cherché à connaître l'histoire de cette femme se revendiquant venir du peuple du ciel, dont il n'avait entendu parler que très vivement. Il aurait cherché à comprendre comment ils étaient arrivés sur le continent; pourquoi. Sa curiosité lui aurait peut-être joué des tours, face à la méfiance de la femme au regard émeraude, mais il n'aurait pas hésité, aurait même laissé son sabre attaché à son habit sans en tenir la poignée afin de mettre l'étrangère en confiance.
Mais Osbern avait vécu un naufrage, trop long pour qu'on puisse le croire s'il racontait qu'avec ses hommes, ils avaient survécus quatre ans sur une île inconnue, à des centaines de kilomètres du continent. Il avait apprit à se défendre avec le guerrier qui les accompagnait, et qui les accompagne toujours; avait développé un avis, plus tranché sur les tribus du continent à force d'échanger avec ses hommes. Il avait cru mourir de soif, de faim, de chaud et de froid de trop nombreuses fois pour se dire qu'il était encore en vie, après tout ça. La faune envahissante de l'île lui avait fait comprendre à quel point les animaux sauvages pouvaient être dangereux et à quel point il devait s'en méfier pour survivre dans un environnement dont il ne conaissait rien.
Et cet environnement, ce paysage, ce continent, Osbern n'en conaissait que les cotes sur lesquelles les vagues qu'il chérissait tant se brisaient avec violence et musicalité. Le navigateur avait toujours aimé la confrontation du danger et de la beauté de la mer. L'inconnu et l'horizon. Le vide et l'eau. Le bateau et l'étendu. Il était un homme de la mer; pas de la terre. Il n'aimait pas la terre, il en avait presque peur. La végétation, les animaux, les trop nombreuses planques que l'ont pouvait avoir, dans les arbres, dans les grottes. Tout ça n'était pas possible en mer. Car on voit arriver les autres bateaux de loin, on sent se déclencher la tempête. L'imprévisible en mer, c'était uniquement les bêtes des abymes, ces animaux inconnus et modifiés par la radioactivité qui avaient survécus, crées des espèces et envahis les mers. Quand ils frappaient, les bateaux tremblaient. Osbern a peur de ce qu'il ne connait pas. De ce qu'il ne voit pas. De ce qu'il ne sait pas. De ce qu'il ne contrôle pas. Il a peur de la terre.
Alors son comportement avait changé, et c'était légitime. Il avait vu des hommes à lui mourir, des vieux comme des plus jeunes. Des hommes qui l'avaient vus grandir comme des hommes avec qui il avait grandit. Sa tolérance de l'autre s'était compliquée, et l'inconnue aux yeux verts en faisaient les frais. Alors quand elle annonça venir du très fameux Skaikru Osbern la dévisagea. Ces hommes et ces femmes apparemment sortis d'étoiles tombées sur le continent, il n'en avait jamais vu. Ne s'était jamais aventuré aussi loin à l'intérieur de l'île principale. Avait toujours crû à un mythe qu'on racontait de bouche à oreille, de tribu à bateau, d'île en île. L'accent étranger de la femme en Trigendaslend était prononcé, et Osbern ne pouvait s'empêcher de s'en amuser. « Iskaar. » il répondit simplement en fronçant les sourcils. L'étrangère avait-elle entendu parler des marchands des eaux ? D'un des deux peuples éloignés du continents et dont les racines ne correspondaient à celles des tribus continentales dont elle avait connaissance ? Il savait qu'il s'en rendrait compte d'un simple coup d'oeil sur son visage aux traits inconnus qu'il déterminerait comme célestes.
Elle justifiait la flèche qui avait touché Osbern, et le navigateur jeta un coup d'oeil à ce qu'elle avait désigné. Quelle idée de dessiner des cercles sur un tronc d'arbre quand les flèches tombent à terre ? « Essaie même pas de bouger » elle le menaça et il ouvrit grand les billes bleus qui lui servaient d'yeux. Il la dominait de plus d'une tête, avait une carrure deux fois plus imposante que celle de la skaikru, et elle le menaçait ? Il aurait été tenté de bouger si seulement il n'avait pas déjà eu une surprise de taille avec la pirate qui l'avait sauvé il y a de ça quelques mois, et dont la force égalait son mental d'acier. « Mon chien est libre, c'est pas une propriété. Il a le droit de se nourrir et jusqu'à présent il a bouffé aucun humain. » le navigateur jette un coup d'oeil au clébard couché et haletant, la langue pendante et qui semblait plutôt fier de ce qu'il avait entreprit de faire en courant avec cet homme qui tenait en horreur les animaux. « Ton chien serait tombé sur un autre que moi, tu ne l'aurais plus revu. » il marmonne, peu fier d'avoir eu si peur d'un chien qui à force semblait inoffensif bien que trop joueur; peut-être même trop sociable. L'étrangère s'avança finalement, prudente, et Osbern l'observa sans comprendre ce pourquoi son visage s'était radoucit et ses pieds la menaient à lui. Elle ouvrit la bouche et d'un anglais parfait, prononça des phrases qui ne le firent pas changer d'expression, lui. Il recula même d'un pas, et sa voix naturellement grave sorti d'entre ses lèvres  « Pourquoi accorderais-je ma confiance à une Skaikru ? Tu es la première que je rencontre. » Il garda ses sourcils blonds froncés et son regard se perdit sur son bras blessé duquel coulait un filet de sang depuis déjà plusieurs minutes. « Me faire empoisonner par une étrangère venue d'un peuple dont je ne connais rien n'est pas dans mes projets. » Un sentiment de honte se figea alors dans son esprit, sans qu'il sache ce que son âme essayait de lui rappeler.

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Sujet: Re: Shrinking universe (Osbern)
Jeu 22 Juin - 23:52

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Murphy Cavendish & Osbern Âke
(18 juin 2117)


A dire vrai, il n'y avait plus grand chose qui étonnait Murphy. Plus dans un quotidien comme celui-là, plus dans ses habitudes savamment orchestrées et inlassablement répétées. Lorsqu'elle s'isolait des siens avec son arc, elle n'attendait pas grand chose d'autre que parfaire ses compétences d'archère. Il n'y avait là que peu de surprises possibles, si ce n'était l'intervention de ce hasard qu'elle exécrait autant qu'elle vénérait. L'inattendu pouvait être révélateur du plus doux comme du pire; c'était lui qui lui avait fait rencontrer certaines personnes, mais c'était aussi lui qui l'avait mise face à des défis qui auraient pu lui coûter la vie. Ici, aussi proche de son campement et des siens, elle ne s'attendait pourtant pas à l'irréparable. Pourtant, l'homme qui venait d'apparaître en trombe d'entre les arbres était loin de faire partie de son plan, et regretta d'avoir décoché sa flèche au moment même où elle comprit qu'il était trop tard. Elle venait de blesser un inconnu, priait sa chance de ne pas avoir en une seconde maladroite brisé toute relation des siens avec une autre tribu, à commencer par celle des Naoris, sans qui il n'auraient probablement jamais tenu jusque-là. Aussi près de son campement, au cœur de la forêt dominée par leur tribu voisine, Murphy ne pouvait avoir rencontré qu'un Naori, et ce serait pas la première fois. Pourtant, il y avait quelque chose dans son regard clair qui trahissait un inconfort particulier, une gêne qu'elle n'avait encore connue chez aucune de ses rencontres naories. Il n'avait pas l'air ici chez lui, il ne dominait pas le terrain sylvestre comme c'était le cas chez Tamara ou chacun des Naoris dont elle avait déjà croisé le chemin ici.

Peut-être était-ce là pour elle une raison supplémentaire de s'inquiéter. Parce qu'il ne savait pas d'où il venait et quel peuple elle risquait d'offenser par sa maladresse, parce qu'elle n'avait aucune idée de la pré-conception que l'inconnu pouvait avoir de ceux qui étaient tombés du ciel. Qu'il ne semble pas parler sa langue était un obstacle supplémentaire à toutes les barrières que les circonstances avaient dressées entre eux. Elle ne le menaçait en quête de pouvoir comme ça pouvait parfois être le cas; cette fois-ci, la défense était presque instinctive et son regard ambré qui courait sur toute la silhouette de l'homme à une vitesse vertigineuse ne pouvait que traduire toute l'inquiétude qui était la sienne. Il ne devait pas avoir eu besoin qu'elle lui avoue être du ciel pour qu'il s'en doute. Si ce n'était pas sa peau claire qui lui avait mis la puce à l'oreille, ses vêtements avaient sans aucun doute du le mettre sur la bonne voie, et son accent lorsqu'elle s'exprimait dans la langue des Terriens avait du être le coup de grâce. Iskaar ? La brune resta interdite quelques instants, les sourcils froncés. Elle ne connaissait pas ce peuple et l'un de ses premiers réflexes fut de penser qu'il se moquait d'elle, mais le regard de l'individu n'était pas railleur. « Iskaar, c'est ça, et vous les Iskaars, vous venez d'où ? »  Son ton était cynique, presque exaspéré d'en savoir moins de ce monde encore que ce qu'elle avait pensé jusque-là. Des Kovarii, ils avaient recueilli un membre et Murphy pensa une seconde à Calypso en lui souhaitant d'avoir retrouvé les siens malgré le drame qu'elle avait vécu. Le nom lui disait quelque chose mais elle ne pouvait être sûre qu'il n'était pas sorti de son imagination, et préférait de toute façon user de la tactique de la bêtise. Toujours cacher son jeu. Ils devaient à présent s'observer de la même façon, presque en miroir, et la suite de la rencontre ne dépendait probablement que d'un catalyseur, une étincelle qui ferait tout péter ou le total inverse. « Mon chien sait se défendre, c'est un chasseur. » Il était encore jeune mais ses crocs étaient assez acérés pour achever des petits gibiers, et elle ne doutait pas que ses capacités seraient les mêmes s'il se sentait menacé par un prédateur, qu'il soit humain ou non. Murphy ne comptait plus le nombre de lapins avec lesquels elle revenait au camp et qu'elle confiait à sa cuisinière préférée. Elle n'osa pas lui jeter un coup, à Antarès, trop préoccupée par ce que l'homme pouvait préparer. Elle ne pouvait pas lire ses idées et son esprit mais elle pouvait être inquisitrice des gestes et des regards qui trahissaient.

Mais le Terrien parlait sa langue et Murphy ne put qu'apprécier à la fois l'effort et le constat. Elle savait à quel point les malentendus pouvaient gangrener les relations déjà prudentes, et la situation dans laquelle les deux inconnus venaient de se fourrer malgré eux ne demandait qu'à être dégoupillée. Ils ne pourraient pas rester des heures à s'observer et à se menacer. Il faudrait que l'un des deux soit plus intelligent -ou bête- que l'autre et décrète que la menace n'était pas réelle. La seule autre issue possible était loin de la charmer. « Parce que j'ai lâché mon arc et couru jusqu'ici quand j'ai vu que je t'avais blessé. » Un argument imparable car elle aurait tout aussi bien pu l'observer de là où elle était, toujours accrochée à son arc et aux cinq flèches qu'elle n'avaient pas encore lancées. « Subir la vengeance d'un mec que j'ai blessé par accident est pas dans mes projets non plus. On voit pas beaucoup d'étrangers, ici, et encore moins des étrangers aussi imprudents. » Et puis, mais elle se garderait bien de le lui dire, elle n'aimait pas l'idée de laisser repartir quelqu'un qu'elle avait blessé accidentellement sans lui accorder les quelques soins dont elle était capable. Elle s'éloigna d'un pas, sans le quitter du regard, et baissa lentement ses poignards, rangea le gauche contre sa cuisse. Ses prunelles avaient accroché celle du Terrien et ne les quittait plus. Murphy était persuadée qu'elle y lirait la moindre menace si l'une d'elle naissait. Elle n'osait toujours pas regarder Antarès, et retourna maladroitement, le regard toujours rivé sur le Terrien, jusqu'à sa besace qu'elle ramena près de lui. « J'ai de quoi désinfecter. » Elle se garderait de le dire aux siens et rendrait le kit médical dans l'état dans lequel elle le mettrait, mais elle comptait user de quelques gouttes d'alcool pour désinfecter la plaie. Le bien était plus que précieux pour eux, c'était une denrée rare qu'elle n'aurait même probablement pas due avoir sur elle à ce moment précis. Elle serrait ses doigts autour du couteau qui lui restait mais accrocha la bandoulière à son épaule pour poser le sac sur son genou. Toujours sans le quitter du regard, la brune plongea la main gauche dans la besace pour y chercher ce qu'elle avait en tête et finit par sortir un petit flacon de verre rempli d'un liquide translucide. « C'est pas du poison, c'est de l'alcool. C'est ce qui a de mieux pour te désinfecter. Alors, oui ou merde ? »

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13/06/2017 apy. 193 zenhya katava. Ibeyi. esclave, attrape-nigaud, prêtresse de superstitions gâteuses. 32


Sujet: Re: Shrinking universe (Osbern)
Dim 25 Juin - 0:22

[Vous devez être inscrit et connecté pour voir cette image] Durant ses escales sur le continent, le marin avait eu l'occasion de rencontrer un nombre important de guerriers dont la tribu marchandait avec la sienne. Des Calusas, dont il avait pu se lier d'amitié avec certains d'entre eux dont Aedan, et appris des techniques de pêches dont il n'avait encore jamais eu l'usage et qui fonctionnaient extraordinairement bien en mer et alors que le bateau était en pleine navigation. Les Pikunis leur avait appris, à lui et ses hommes, ce qu'ils n'avaient jamais entendus par la bouche de leurs congénères marins : ce qu'il y avait au milieu du continent, les deux autres tribus aux univers bien trop différents et dont les moeurs différaient trop bien de ceux des Iskaars, des Kovariis ou encore des trois tribus côtières. Les Athnas, quant à eux, avait fourni de nouvelles armes qu'ils avaient rapatriés sur l'île, de la même manière qu'ils en avaient offerts aux marins d'Obsern. Ils lui avaient forgé son arme, ce sabre qui l'accompagnait dans chacun de ses déplacements et dont il n'avait apprit à s'en servir réellement que trop récemment, pour un homme Iskaar, dont la tribu était connue pour des talents de défense qu'Osbern n'avait jamais réussi à acquérir dans son enfance.
Le navigateur, qui pourtant avait reçu des conseils des plus excellents, de ses hommes, de sa famille, de son père avant qu'il ne meurt, n'avait jamais réussi à comprendre le but d'apprendre à se battre. Là n'était pas son tempérament, enfant chahuteur mais qui ne se mêlait pas aux conflits qui pouvaient avoir lieu, il n'avait eu besoin d'user de ses poings que très rarement dans la vie. Et la fois où il l'avait le plus regretter était avant de se voir offrir le sabre Athna. Il avait toujours réussis à se débrouiller autrement, avant de s'échouer sur une île et d'y apprendre, d'un "on ne sait jamais" les bases de la défense grâce au guerrier de l'équipage qui les accompagnait depuis quelques mois. Et il y a eu la pirate, Feis la sirène, Feis le tigre, qui n'avait pas hésiter à lui faire remarquer à quel point il était pathétique au combat. Cette même pirate qui lui avait apprit des techniques plus approfondies, qui de son caractère borné avait insisté et provoquer pour que Barn comprenne l'évidence de ce qu'était le combat dans ce nouveau monde dans lequel ils étaient nés.
Le barbu n'avait alors jamais eu à utiliser ses nouvelles compétences au combat, aucun guerrier d'une autre tribu ne l'avait attaqué, aucun bateau pirate n'avait été aperçu lors d'une des trop peu nombreuses traversées qu'ils avaient effectués depuis leur retour. Et il n'avait pas envie que cette femme, skaikru paraissait-il, soit la première contre qu'il il se battrais. Par une trop forte certitude de la dominer par sa force physique, son poids et sa taille, et que l'aboutissement final soit faussé, ou par justement l'incertitude d'avoir bien assimilé ce qu'il avait pu apprendre ? Le fait qu'elle garde ses poignards au creux de ses mains et pointés sur lui ne le rassurait pas pour lâcher lui même son sabre et se dire que cette altercation n'irait pas plus loin que des échanges verbaux.
L'air peu convaincu de la femme aux yeux verts lorsqu'il lui annonça de quelle tribu il venait le firent lui même froncer les sourcils. Elle ne conaissait donc pas la tribu des navigateurs marchands, ce qui était un point fort pour le navigateur des glaciers: il avait une longueur d'avance sur la brune dont il avait entendu des rumeurs sur la tribu, lui au moins conaissait quelques détails. « Pourquoi devrais-je répondre à une femme dont le peuple se dit venir du ciel ? » il ne faisait pas confiance à la brune, ce n'était pas étonnant, et il ne lui dirait rien. Et lorsqu'elle défendit son clébard, Osbern ne pu s'empêcher d'esquisser un sourire. Il pourrait se défendre, mais des guerriers savaient tuer bien plus gros prédateur que ce chien et n'hésiteraient pas s'ils en venaient à le croiser. « S'il ne revient pas un jour, tu ne t'étonneras pas, étrangère kom skaikru. » Il était évident qu'il y avait toujours une menace; pour les hommes comme pour les animaux. C'était pour ça que les seuls compagnons qu'ils avaient sur terre étaient pour la majorité de simples montures dressées.
Osbern avait beau se montrer renfermé et d'une compagnie désagréable, ça n'empêchait pas l'étrangère dont il ne conaissait toujours pas le nom de chercher à soigner la blessure qui pour Barn n'était que superficielle. Il en avait connu des plus graves que ça, sans rien n'avoir eu pour soigner à par une eau trop salée et quelques herbes trouvées par les soins du guérisseur de son équipage. « Ce n'est pas comme si ta flèche avait transpercé ma chaire, ma vie n'est pas en danger parce que tu m'a raté. » Il prenait un malin plaisir à la considérer coupable, et à lui rappeler. Seulement il n'en montrait rien, et préférait bien plus garder ses armes à l’œil. « Tu es la seule étrangère que je puisse voir sur ce continent. » il toisa de haut en bas l'archère. Il n'était peut-être pas sur son île natale, mais l'Iskaar était né ici et rien dans sa tenue ne montrait qu'il venait d'un endroit où on ne parlait pas le Trigendaslend contrairement à la Skaikru.
C'est alors qu'il la vit ranger ses poignards et faire demi-tour. Il lâcha son sabre, sans quitter les mains et en guettant le moindre mouvement trop brusque de la jeune femme. Il était évident qu'elle faisait la même avec lui, et leur méfiance l'un envers l'autre était drôle à voir. Elle revint vers lui portant un sac attisant plus encore la méfiance du navigateur. « Il n'y a pas besoin de désinfecter, ça se soignera avec le temps. » il omit surtout de dire qu'une fois de retour à son navire il passerait tout de même la plaie sous l'eau afin d'enlever les débris pouvant lui être nocifs. Mais il ne voulait pas de l'aide de la brune, d'autant plus en la voyant sortir un flacon contenant un liquide inconnu. « Qu'est-ce que c'est ? » il demanda dans un grognement rauque. La réponse de l'archère lui firent arquer le sourcil. Elle venait d'utiliser une expression qu'il n'avait jamais entendu, et son visage se radoucit légèrement, déplissant ses yeux trop bleus par la curiosité. « Oui ou merde ? Alors vous gâcher l'alcool pour soigner vos blessés, vous ? C'est une pratique étrange. Tellement que ça me donne envie de dire merde. » Il remarqua, laissant son bras aux mains de la brune, bien qu'hésitant.

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06/12/2015 Lux Aeterna 29534 Sophia Bush Avengedinchains (vava) ; Oreste (image profil); Lux Aeterna (sign & gifs & fiche rp) ancienne militaire - lieutenant, stratège, garde et patrouilleuse. Quelques notions de médecine et bases en maniement des armes. 160


Sujet: Re: Shrinking universe (Osbern)
Jeu 29 Juin - 2:56

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❝ Shrinking universe ❞
Murphy Cavendish & Osbern Âke
(18 juin 2117)


Murphy se souvenait encore de leur atterrissage usr cette planète comme s'ils étaient arrivés la veille. De sa vie d'autrefois, elle ne gardait que des souvneirs presque irréels, comme s'ils appartenaient à l'une de ses existences antérieures et passées. Mais de leur arrivée fracassante sur Terre, elle conservait les souvenirs douloureux; les flashs lumineux pendant la chute, l'impression que c'était la fin et l'espoir vif que ça ne l'était pas, les regrets et les remords sur sa vie trop courte, la sensation physique qu'elle avait eue qu'on lui arrachait une partie d'elle lorsqu'elle avait réalisé que l'Odyssée s'était brisé, et puis la renaissance qui avait émergé de la fin de tout. Son existence céleste semblait appartenir à des rêves mais elle la savait aussi révolue que réelle. Le bijou que lui avait rendu Isdès habillait toujours son décolleté et lui rappelait au quotidien sa mère et sa meilleure amie disparue un peu plus tard, elle la chanceuse, elle qui avait connu, ne serait-ce que pendant l'espace de quelques mois, ce nouveau monde. Mais elle se savait différente de ceux qui avaient toujours foulé ce sol ou ces mers, elle savait qu'une part d'elle demeurerait toujours là-haut au même titre que les étoiles vivraient toujours en elle. Elles étaient liées les unes aux autres, et même au regard des Terriens, Murphy demeurait probablement de ceux qui avait débarqué sur leur planète sans en connaître les subtilités. Ce n'était pas son choix, elle l'avait hurlé à Isdès l'hiver précédent, mais personne ici ne semblait capable d'entendre ce cri de détresse d'une fille du ciel condamnée à errer sur une Terre qui ne voulait pas d'elle. « Tu doutes qu'on vienne de là-haut ? » Les sourcils froncés, Murphy s'était braquée sous la remarque de l'inconnu. On lui avait déjà reproché des dizaines de défauts, à elle la débarquée des cieux, mais jamais auparavant on avait douté de son origine. On l'avait vue tomber, la carcasse de leur maison céleste, on l'avait vue brûler dans le ciel bleu et entendue s'échouer au cœur de la forêt en en troublant la quiétude de la plus violente des façons. Personne ici n'avait jamais douté de leur provenance. Il venait de là-haut, des ciels bleus et ensoleillés, des obscurités infinies de la nuit et de toutes les couleurs chaudes qui faisaient naître le soleil ou la lune. « Je pourrais te répondre la même chose : pourquoi je devrais répondre à un mec qui se dit... Iskaar ? Mais ce serait un cul-de-sac. Je préfère avancer plutôt que de faire du sur-place. » Poser les armes était un pas décisif à faire l'un vers l'autre, mais il y avait déjà les transitions des mots, car ils pouvaient tant faire naître la première étincelle de la confiance qu'enfoncer le clou de la méfiance. En refusant d'écouter ou de converser, il refuserait, aux yeux de la brune, toute tentative de trouver un terrain d'entente. « Arrête de menacer mon chien », vociféra-t-elle en l'entendant répéter inlassablement qu'Antarès ne survivrait pas à une rencontre avec un Terrien mal intentionné. Elle en était persuadée : il était à la fois assez futé et méfiant pour savoir qui méritait sa confiance -et c'était d'ailleurs parce qu'il n'avait pas planté ses crocs dans la chair de l'inconnu ici présent qu'elle considérait que ce dernier n'était pas des plus mal intentionnés.

Elle darda sur lui son sévère regard d'ambre lorsqu'à la fois il refusa ses soins et enfonça le couteau dans la plaie de sa culpabilité. A moins que de préciser qu'elle l'avait manqué était sa façon pour lui d'essayer d'apaiser cette dernière ? « Tu saignes, donc ça peut s'infecter. » Le raccourci était aussi simple que ça. Elle n'avait jamais été médecin ou aide-soignante, mais sa mère, là-haut, avait pris grand soin de lui transmettre les connaissances que son métier lui avait inculquées. Un organisme à vif, qui avait perdu la protection du plus grand de ses organes, était un organisme à la merci du moindre agent infectieux, et il ne s'agissait parfois pas de grand chose pour que l'équilibre entre infection et contre-attaque immunitaire ne laisse la première gagnante. « Charmant... » fit-elle remarquer dans un soupir, avec sarcasme et un sourcil arqué lorsqu'il lui rappela qu'elle était l'étrangère en ces lieux. Au moins, il admettait qu'elle venait bien de là-haut -et d'un coup, Murphy n'était plus réellement sûre qu'elle devait y trouver une quelconque satisfaction. Ses étoiles faisaient partie d'elle mais comme un trait de caractère handicapant, elles l'appelaient sans cesse vers la voûte céleste en lui interdisant de trouver un foyer ici-bas. Elle remarqua le regard qu'il posa sur elle et décida cette fois de l'ignorer. Elle réparerait son bras autant qu'elle le pouvait et leurs chemins se sépareraient là. Elle en avait marre de se battre auprès de Terriens bornés en espérant qu'ils finissent par admettre qu'elle était à la fois aussi humaine et capable qu'eux. Elle en avait marre de devoir justifier sa présence ici en réalisant que certains considérait que sa seule existence était une erreur.

Mais pour couper court à leur échange, il fallait que l'un soit plus intelligent que l'autre, et c'est elle qui décida de baisser les armes la première en allant récupérer son sac. Ils se toisaient, cherchaient à se lire et à se décrypter mais Murphy voulait croire en la capacité d'Antarès à reconnaître les bonnes des mauvaises personnes. L'inconnu finit par poser son arme et elle revint vers lui avec l'un de ses poignards toujours à la main. Il avait suffi d'un geste de la part de chacun pour qu'ils puissent s'autoriser et se permettre un peu de plus de laxisme. Un excès de confiance n'était jamais bon, mais un excès de méfiance pouvait mener à des incidents tout aussi peu souhaitables. « Oui, ou alors tu perdras ton bras. » Il fallait mieux prévenir l'infection que d'avoir à chercher un remède contre des bactéries malveillantes. Ils n'avaient presque plus d'antibiotiques au campement, et même si elle avait été blessée elle-même, Murphy n'était pas sûre qu'on lui aurait accordé de sacrifier une partie de leurs réserves. Elle avait appris à imaginer le pire pour y parer le plus tôt possible. Rien que quelques gouttes d'alcool manquant à l'appel lui vaudrait certainement quelques remarques si elle n'arrivait pas à rendre le flacon partiellement utilisé en toute discrétion.

Murphy finit par attraper dans sa besace un tee-shirt propre et laisser tomber le sac au sol. Sa lame était toujours tendue vers l'inconnu mais était devenue bien peu convaincante. Elle regardait le morceau de tissu qu'elle tentait de déplier de quelques gestes vifs et francs. Un fin sourire amusé se dessina sur ses lèvres lorsqu'elle entendit l'Iskaar tenté de répondre par la seconde de ses propositions. Il avait de la répartie, elle aimait bien ça. Elle manqua de lui donner trop d'informations concernant la production de leurs denrées, et notamment celle de leur alcool, et se contenta de répondre simplement. « On gâche jamais rien quand ça sauve de la mort. » Elle plaqua le tee-shirt au goulot du flacon et retourna vivement l'ensemble pour imprégner le tissu sans l'imbiber et perdre trop de substance. Il faudrait qu'elle rationne les doses si elle ne voulait pas faire face à trop de remontrances de ses supérieurs -elle réfléchissait déjà à une manière de rendre le kit de soins hors de la vue de tous. Elle glissa le manche de son poignard entre ses dents et sans fioritures et aucune délicatesse, Murphy attrapa le bras de l'inconnu et plaqua le tissu contre la peau tranchée. « A richque re rère mal », tenta-t-elle de le prévenir avant de s'ôter l'arme de la bouche pour la laisser tomber à leurs pieds. « Ça risque de faire mal », répéta-t-elle. « Désolée, du coup j'ai pas suivi ton choix de merde. » Elle jeta un coup d'oeil à Antarès qui tournait calmement autour d'eux. Le sang tâchait le tissu mais la plaie apparaissait déjà plus propre. « T'es tout seul ici ? » demanda-t-elle en levant vers lui un regard subitement grave, comme si elle se préparait subitement à devoir faire face à une meute d'inconnus. Elle pouvait maitriser une personne; elle avait été entraînée pendant plus de dix ans dans ce but. C'était parfois plus compliqué que ça; parfois, une carrure trop imposante imposait la retenue. Mais dans certains cas, les choses étaient bien plus simples, comme lorsque le nombre d'opposants dépassait de loin celle qu'elle était. Elle apprivoisait doucement cet inconnu blessé, mais qui savait ceux qui pouvaient encore se cacher derrière les arbres ? Antarès aurait probablement hurlé s'il avait déniché le moindre signe de vie alentours, mais Murphy avait toujours besoin d'une preuve concrète qu'elle était en sécurité avant de s'autoriser à un peu d'apaisement. « Et qu'est-ce qu'un... Iskaar fait ici ? » Elle retira le tissu du bras blessé une bonne fois pour toutes et observa la plaie de près. « Je pense qu'il y a pas besoin de recoudre, mais il faudra faire attention aux infections. T'as de quoi désinfecter ? » Elle marqua une pause, croisa les bras sous sa poitrine et haussa un sourcil malicieux. « Si t'as de quoi boire, ça fera l'affaire. De l'alcool, c'est de l'alcool. »

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05/10/2015 Electric Soul 5508 Jensen Ackles Tag & tumblr Traître en cavale & rebelle anti-esclavagiste anti-royaliste (ex-mercenaire, ex-gladiateur) | Combat & maniement des armes 490
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Sujet: Re: Shrinking universe (Osbern)
Dim 27 Aoû - 10:04

RP archivé suite au changement de personnage d'Osbern
 

Shrinking universe (Osbern)

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