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˜˜˜˜˜˜(urr) faillir à sa promesse est pire qu'être oublié, n'est-ce pas ?
maybe life should be about more than just surviving


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13/06/2017 apy. 124 garrett hedlund. fly ♥ navigateur hanté. 11


Sujet: (urr) faillir à sa promesse est pire qu'être oublié, n'est-ce pas ?
Ven 16 Juin - 19:28

désordre dépitant; ça n'lui ressemblait pas à barn. sa cabine était toujours bien rangée, habituellement. mais ce n'était pas son cas aujourd'hui. ce n'était pas son cas depuis plusieurs jours à vrai dire. depuis la dernière fois qu'il l'avait vue, elle. elle avait essayée de cacher son visage derrière sa tignasse brune; mais les détails de sa peau boursouflée sous les coups, barn les avait vu. il avait vu les bleus. il avait vu les rougeurs. il avait vu ce que son mari lui avait fait, et il ne pensait qu'à ça. le sourire de la brune n'avait pas réussit à cacher les maux physiques qui al rongeaient. le barbu n'a pas demandé à sa belle ce qu'il s'était passé; il savait qu'elle ne lui dirait pas la vérité exacte. il avait uniquement profité du tour de l'île qu'il effectuait avec elle et quelques hommes à qui il vouait une confiance hors normes, sans quoi la réputation de la brune était fichue; et la sienne aussi.
ces hommes se comptaient sur les doigts d'une seule main, et c'est l'un d'eux qui entra dans la cabine de barn pour ne pas oser faire un pas de plus une fois la porte ouverte. « t'as invité un tigre jouer aux dames ? » s'enquit-il alors qu'osbern le regardait comme si tout semblait normal. « seulement pour qu'il me laisse gagner. » il répliqua, sans beaucoup de cœur et en poussant un soupire. son quartier-maître referma la porte de la cabine derrière lui pour déposer les nouveaux documents concernant les prochaines marchandises à livrer sur le continent. « tu sais que tu ne pourras pas continuer longtemps à la faire venir sur le bateau; nous commençons à avoir énormément de livraisons à faire. » osbern acquiesça; son quartier maître avait deviné ce à quoi il pensait. « tu ne pourras pas non plus l'enlever aux mains de son mari. j'espère que tu en as conscience. elle n'est plus libre, même pour toi. » le jeune capitaine du bateau n'osa regarder son ami; il évitait son regard autant qu'il le pouvait. la perspective qu'il sous entendait lui faisait peur. il ne pouvait pas tout simplement la laisser derrière lui, comme si elle n'avait jamais rien été. « ne dis pas les mots que tu t’apprêtes à dire, je t'en pris. » il demanda en s'emparant des nouveaux papiers pour prendre connaissance d'à qui il devraient échanger les nouvelles caisses de bois. « tu dois l'oublier barn, la laisser derrière toi. » le barbu serra les poings malgré les parchemins qu'il tenait entre les mains, froissant légèrement les bords. il les posa finalement et ferma les yeux.
il repensa à cette jeune fille dont les yeux brillaient en voyant l'océan. il repensa à la manière dont il avait bombé son torse encore trop peu développé devant elle, et comment ils s'étaient rapprochés, après toutes ces années. ça faisait trois ans maintenant qu'elle s'était fiancée à un autre. barn aurait pu la demander en mariage bien avant son mari actuel, si seulement il s'était rendu compte de ses sentiments pour la jeune femme à la peau brune. il aurait pu lui épargner ces années à devoir supporter un homme trop violent.
« pas si son mari la bat, je suis désolé. » il grogna à travers sa barbe encore jeune avant de se lever pour quitter sa cabine, laissant son quartier maître et le désordre qu'elle contenait derrière lui.
le cœur entre les tripes, il rejoignit avant la tombée de la nuit la maison de la jeune femme. il ne cherchait pas à la voir elle, pas à lui parler, pas à lui sourire, bien qu'il sache que ça sera le cas quoi qu'il ait décidé. son poing frappa contre la porte de bois bleu derrière laquelle se cachait skardam, l'homme de ses maux. et dès que la porte s'ouvrit sur son visage marqué, barn ne pu empêcher son poing de rejoindre le visage de keith.
il ne voyait pas uriam qui s'était approchée pour accueillir celui qui venait les voir.

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28/02/2017 191 Katerina Graham apy ♥ + Navysunset Timonier du Moissonneur, Pirate 10


Sujet: Re: (urr) faillir à sa promesse est pire qu'être oublié, n'est-ce pas ?
Lun 19 Juin - 15:42

De bonne augure, la journée semblait demeurer. Pas une ombre au tableau, de la fraîcheur du beau temps à l'ambiance chaleureuse comblant ces murs. Éternelle routine. Celle où ses pieds quittaient la chaleur des draps en peaux de bêtes afin de fouler le bois d'un sol de marbre, laissant derrière elle celui qui l'avait accompagné dans les bras de Morphée. Une œillade en sa direction pour évaluer à nouveau son état d'inertie, mais également dans la discrète attention d'observer à quel point son visage paraissait plus adoucis, bercé au creux des vagues du sommeil. Keith, assoupi, donnait l'impression d'être apaisé, les traits point déformés par son fameux sourire aux charmes démesurés ou encore par la colère que transportait malheureusement l'alcool. Ainsi, dans cette vulnérabilité du monde, où les faits extérieurs n'entachaient pas la personne, Uriam appréciait cette vue, se rappelant que finalement, c'était à elle de faire des efforts afin d'alléger le mal de son mari. C'était ça, le rôle d'une épouse, comme aimait tant le répéter sa chère mère.

Et bien avant d'engager son programme quotidien, la femme de couleur prit le temps de troquer sa tenue nocturne, pour des habits adaptés à la lueur du soleil. Bien que la saison estivale cuisait les peaux et réchauffait les glaciers, elle ne se permettait pas d'exposer la moindre parcelle de chair, pouvant s'exprimer indécent selon Keith. Pourtant, même si elle passait quasiment tout son temps sous cette chaume, telle une princesse dans sa tour d'ivoire, patientant sagement que les heures et les jours défilent, il était préférable de rester sobre dans son choix vestimentaire. Et puis ce n'était pas seulement pour rassurer le forgeron et ses tendances possessives, qu'elle camouflait ses courbes ainsi que ses couleurs. Les manches longues de lin avaient une toute autre fonction. Comme celle de filtrer les rayons du zénith ou encore, celle de dissimuler les marques jaunâtres et violacées, bariolant son corps. Et lorsque ses yeux rencontrèrent le miroir, s'assurant une nouvelle fois qu'il s'agissait bien d'elle, Uriam, le souvenir du temps où sa charogne était encore vierge d'ecchymoses fut difficile à trouver.

Mais les miroirs, Uriam les voyaient en horreurs. Ne révélant pas seulement le physique que ses os supportaient depuis près de dix-neuf ans, ils avaient le don d'étaler au grand jour, la fragilité d'une femme impuissante. Ainsi, contempler son reflet n'était guère une partie de plaisir. Même si la notion de regarder était plus adéquat qu'admirer. Une nouvelle torture, douce et lente dont elle s'accommodait à petit feu. Pourtant, elle ne pouvait y échapper. Se contentant d'un bref coup d’œil, Uriam avait ajusté la robe immaculée avant d'accommoder la crinière de geai en guise de chevelure, qui avait l'avantage de dissimuler certains défauts physiques. De ce fait, préparée sommairement, tel qu'à l'accoutumée, celle qui sortait à peine de la fleur de l'âge, se lança machinalement à ses occupations du jour. Rien de très glorieux ou d'exceptionnel, comparé aux exploits de Keith et son atelier de colosse. Mais se limiter aux tâches ménagères était devenu son quotidien, une habitude aux fades essences. Sauf qu'elle ne s'en plaignait point la belle. Et elle savait que si elle osait laisser son esprit vaquer à de plaisantes pensées qui lui étaient possiblement hors d'atteinte, le retour n'en serait que brutale. Même si parfois, perdre le sens des réalités pouvait en vouloir le coup.

La journée s'écoula. Pas trop vite, pas trop lentement. La danse habituelle encrée dans la durée, avait rendue la notion du temps inclassable. Un rythme mécanique qui s'exécutait, de récurrences et d'automatismes. Elle avait été témoin des allers-retours et des interactions du grand Skardam. A travers ses longues excursions pour rejoindre la place où regorgeait ferrailles et braises; de ses quelques embrassades et mots doux glissés au creux de l'oreille; à travers son enjouement devant les divers préparatifs de la bonne femme qu'Uriam était. L'acte se déroulait sans fausses notes, avec une mélodie aux nuances agréables, où Uriam peignait sur son minois de cire, sourires sur sourires. D'ailleurs, Keith ne comptait pas sortir ce soir, rejoindre quelques amis, autour d'un verre... Et l'appréhension semblait avoir quitté les pores du palpitants de la belle, tandis qu'elle s'arpentait aux fourneaux... Jusqu'à que le bois résonne par coups martelés. L'heure n'était plus aux visites, mais il était toujours possible qu'un des collègues de son époux se permette de s'inviter ainsi. D'ailleurs, ce dernier s'extirpa du confort de la place située près de la cheminée éteinte, avant d'échanger brièvement un regard avec Uriam la douce. Celle-ci retourna à nouveau son attention sur le futur repas, mais le crissement étrangement de la porte ainsi que le son étouffé d'une chair battue par une autre, tiqua l'Iskaar à la peau corbeau.

Interpellée par l'incohérence de l'instant, le crâne pivota, puis les pieds avancèrent instinctivement vers l'entrée. Des yeux inquisiteurs, retracèrent la silhouette postée devant Keith, cette dernière surplombant de certains centimètres l'imposant forgeron. Et de sa barbe mal taillée qui lui était propre et l'azur de ses yeux océans, lui permit de reconnaître, sans crier gare, un homme dont la présence assénait sa poitrine de vives émotions. Un homme dont la présence, ne devrait logiquement pas se présenter devant Skardam. Tandis qu'elle aperçut son mari se tâter légèrement la figure, elle ne put empêcher la suite des événements. Un autre poing rencontra la mâchoire adverse, d'une destructive collision, qui n'affecta pourtant pas l'auteur du coup. Ce n'était qu'une simple formalité pour Keith, le titan de muscles. Il maniait d'une main de fer métaux et brasiers, les manipulant à sa guise, à la force de ses bras et de son expertise. Être forgeron, c'était être capable de se confronter aux flammes colossales des bûchers; braver la chaleur des enfers sans plier l'échine et dompter l'or gris coulant à flot. Un métier qui façonnait le corps, bâtissait une stature et dont les mains devenaient rugueuses au fil du temps avec des phalanges teintées de marbre. Uriam avait pu d'ailleurs goûter à leur dureté, à l'efficacité des frappes, autant sur la pulpe que sur l'ossature.

Devenue sa propre statue, Uriam décomposa la scène de ses billes oculaires ébahies, les secondes décuplées par la panique. Sous le choc de cette arrivée inopportun, de cet échange qui sur le papier paraissait équitable, mais qui dans les faits, était démesuré, elle parvint à déverrouiller l'étau de son gosier. « Keith ! Qu'est-ce qui te prend ?! » Puis son attention se porta uniquement sur le receveur de ce nouvel assaut, une vue qui effrita son âme chamboulée. Elle ne pipa mots, ne sachant comment réagir, la puissante confusion ébouillantant ses veines. Ce fut donc, le forgeron qui amorça véritablement la conversation. « Maintenant, qu'on est quitte, bonsoir à toi aussi... Osbern ? » Le ton était quelque peu amusé, mais l'expression était encore teintée par l'incompréhension et le mécontentement d'avoir été victime d'une telle offense. Pourtant, Uriam n'était point étonnée de la façon, dont Keith avait reprit son naturel charmeur et d'homme entreprenant. Mais ce fut l'inquiétude qui affaira de toute part la native Gaelåiq, ainsi, elle s'avança à tâtons, sentant le regard brûlant de son mari taillant au couteau sa nuque. « Barn... Ça va ? Qu'est-ce que tu fais là ? » Tout comme son époux, elle n'était pas capable d'identifier la raison d'une arrivée aussi brusque que surprenante. La voix modérée, mais les iris émeraudes se plantèrent dans son regard bleuté, avant que le contact visuel soit interrompu par Keith. « Et oui... Barn. Que nous vaut cette visite à cette heure-ci ? » Ressentant les allures sarcastiques émanant de l'époux, Uriam tenta une première fois de temporiser les choses. « Hum... Tu peux entrer Barn, si tu veux... » Commença-t-elle de manière penaude en indiquant l'intérieur de leur domicile. Puis incapable de davantage soutenir les prunelles de son invité, elle s'éloigna légèrement, les mains moites, le cœur battant. « Je vais chercher de quoi vous soigner tous les deux... Essayez de rester tranquille. » La douce, espérait. Vraiment..

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13/06/2017 apy. 124 garrett hedlund. fly ♥ navigateur hanté. 11


Sujet: Re: (urr) faillir à sa promesse est pire qu'être oublié, n'est-ce pas ?
Mar 20 Juin - 19:49

Barn n'avait pas réfléchit. Pas une seule petite seconde. Pas un seul minuscule instant. Uniquement son impulsivité lui avait fait prendre cette décision; impuissante, sa raison avait été mise de côté dès lors qu'il avait décidé de se rendre chez Skardam. Il n'aurait pas dû, n'a pas pensé aux répercussions que sa venue aurait possiblement sur Uriam. Il se fichait bien de ce qui pouvait arriver à Keith, ou même à lui. Tel un preux chevalier des histoires d'autrefois, ce qui lui importait c'était la princesse à la peau brune dont il était tombé amoureux.
Le père du navigateur n'avait pas transmit que son savoir en mer à son fils aîné devenu unique. Et en plus d'une voix portante, c'est d'une taille imposante dont il avait hérité. Ainsi, il dominait de quelques centimètres l'homme dont il était venu chercher la douleur. Seulement, c'était son seul avantage face au forgeron dont la carrure était le double de celle du navigateur qui ne conaissait une véritable transformation physique et musculaire que depuis quelques mois. C'était à peine s'il savait se battre, Barn. Pourtant il était venu chercher vengeance auprès d'un homme dont la poigne en valait deux. Et sans équivaux, le coup qu'il avait asséné se retourna contre lui avec violence. Osbern senti un os se déplacer dans sa mâchoire et le bruit sec résonna dans sa tête quelques secondes. Mais le barbu ne sentait rien. L'adrénaline jouait en sa faveur; et en remettant sa tête droite de par la collision du poing de Keith, Barn pu croiser le regard émeraude et perdu de la femme qui tenait ce foyer. Elle était la seule raison pour laquelle il n'a pas attaqué une seconde fois alors qu'il en mourrait de besoin.
Chez lui le besoin n'avait rien à voir avec l'envie. Il avait envie qu'Uriam lui appartienne; autant qu'il avait besoin qu'elle ne soit à aucun autre. Il pouvait vivre en la sachant libre, mais ne le pouvait pas si elle se trouvait dans les bras d'un homme qui n'était pas lui. Il avait besoin de la naviguer de la même manière qu'il avait envie qu'elle puisse l'accompagner dans ses voyages. L'envie de naviguer avec elle était devenue envie avec le temps; il savait qu'elle ne pourrait jamais tant qu'elle restait avec Keith, il avait apprit à vivre avec. Mais il avait besoin de s'en prendre à Keith et ne pouvait ni apprendre à vivre avec, ni s'en démentir, pour ce qu'il avait pu faire à Uriam.
Il lâcha des yeux la Iskaar à la peau brune lorsque sa voix à l'unique adresse de son mari atteignit les oreilles rougies par la colère du navigateur. « Maintenant, qu'on est quitte, bonsoir à toi aussi... Osbern ? » Barn toisa son interlocuteur d'un regard noir, sans répondre. Il n'avait pas réfléchi à sa venue; il avait encore moins réfléchit à ce qu'il dirait une fois à bon port. Le ton amusé du forgeron l'irrita un peu plus, et ses poings se serrèrent jusqu'à ce que la princesse aux yeux émeraude s'avance vers lui. « Barn... Ça va ? Qu'est-ce que tu fais là ? » L’apaisement que lui procurait la voix d'Uriam était sans équivaux pour le descendant Âke et il croisa son regard quelques secondes qui suffirent à lui faire desserrer complètement la mâchoire. La douleur du coup de Skardam était pour l'instant toujours parfaitement supportable malgré la peau déjà rougie du haut de la pommette du navigateur et sa barbe claire l'était elle aussi, laissant deviner l'hémoglobine perlant sur quelques poils blonds.
Tout semblait apaisé par le simple fait de savoir la jeune femme devant lui et de croiser son regard. Mais ce dernier était ampli d'un sentiment d'incompréhension mêlé à celui de l'inquiétude. Osbern avait envie de lui adresser un sourire qui se voulait rassurant, mais l'intervention du forgeron l'en empêcha. « Une simple visite de routine. » Marmonna Barn d'un air tout aussi sarcastique que celui de Skardam. Il devina que le malaise dont la brune était victime et tenta de capter à nouveau ses prunelles, en vain.
Il aurait dû refuser d'entrer. S'excuser et partir. Retrouver cette raison qui semblait avoir quitté son esprit durant toute cette journée. Il aurait dû repartir en direction de son bateau, et s'en aller voguer plus loin, respirer l'air de la mer. Prier une divinité quelconque, qui puisse bien exister ou dont il croirait l’existence le temps d'une traversée, pour que cette étape de la journée n'ai été qu'une pensée qui n'aurait fait que traverser son jeune esprit. Il aurait dû, pourtant, il rentra suite à l'invitation de sa belle.
Elle annonça repartir, et Osbern se retins de lui demander de rester avec eux, avec lui. Le regard de Keith lui donnait l'impression que sa peau brûlait et fumait, et son palpitant se mit à battre d'incertitude. Se retrouver seul face à face avec le forgeron après l'offense qu'il lui avait fait, lui qui n'était qu'un navigateur de vingt-et-un ans n'ayant hérité du prestige de son père que de son nom, était un suicide. « Si tu poses tes mains sur elle, ne serait-ce qu'une fois, ta carrière est finit. » Le navigateur serre les poings, prêt à montrer à quel point il pouvait être impulsif. « Ou bien si tu te fout de la manière dont tu assures la relève de ton défunt père, c'est à elle que je m'en prendrait. » La menace de Skardam heurta le forgeront en plein dans la poitrine, et il s'avança vers le forgeron, le dominant de toute sa hauteur. « Tu la touche encore une fois... »« Que feras-tu ? T'as rien Âke; tu sais que mener un bateau et diriger tes hommes. Ton père est mort en haut de son prestige lui. T'a sûrement pas le même destin. » Barn souffla bruyamment, sur le point de frapper; pourtant les pas d'Uriam se firent entendre et il eu juste le temps de se reculer avant qu'elle ne dévoile son visage pur. Keith souriait, provocateur et pourtant toujours si serein. La confiance émanait de cet homme comme si c'était un parfum qui lui était propre.

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28/02/2017 191 Katerina Graham apy ♥ + Navysunset Timonier du Moissonneur, Pirate 10


Sujet: Re: (urr) faillir à sa promesse est pire qu'être oublié, n'est-ce pas ?
Ven 23 Juin - 1:36

Tout ceci n'était que folie. L'un des pires scénarios que son esprit redoutait amèrement; dont les trois personnages ne devaient en aucun cas se faire face simultanément. En ces lieux, en une situation qui n'était pas des plus chaleureuses, Osbern, Keith et elle, réunit. Ne pas y croire était peine perdue, bien que la tentation était palpable. Si seulement, ce qui se déroulait actuellement au sein de ces murs n'était qu'un traître cauchemars, elle en aurait été plus soulagée au réveil. Sauf que lorsqu'elle ouvrait les yeux, ses pieds demeuraient toujours au même endroit et ses yeux pouvaient encore apercevoir la scène précédente, qui n'avait pas bougée d'un pouce. Et dire que la journée s'était déroulée sans accro, elle aurait même pu se coucher sans le moindre mal. Évidemment, elle ne rejetait pas la faute sur le brave navigateur, elle en était incapable. La culpabilité venait plus l’asséner, elle. Celle qui avait été assez idiote de penser que cette situation aux allures idylliques pouvait continuer éternellement. Ou bien de se laisser succomber pour un autre, alors qu'elle avait déjà la bague au doigt. C'était Uriam la fautive. Pas Barn. Ni Keith. Elle.

Gonflant ses poumons déjà épuisés par l'envergure des événements à venir, Uriam se donna constance, tentant de retrouver cette joie de vivre qui la définissait si bien. Autrefois. Une jatte remplie de glace fraîchement recueillie dans les mains ainsi que quelques bandes de tissus prises au passage, la jeune femme revint pénétrer à nouveau dans cette atmosphère lourde de tensions, tel un orage au bord de son propre décharnement. Non du genre à écouter aux portes, si les deux hommes avaient échangé en son absence, elle n'en avait rien suivi. Mais le fait qu'ils avaient tous les deux décrochés la mâchoire de l'autre, n'avait en rien alléger les esprits et les émotions. Les regards entre les deux porteurs de testostérones transpiraient une certaine animosité qu'elle n'aimait guère, mais que son époux semblait prendre un malin plaisir à en jouer. Il était rare que le forgeron s'attise les foudres d'autrui, car Skardam était un homme aimé, où les hommes trinquaient toujours avec lui et les femmes désespéraient à attirer son attention. Mais lorsqu'il y avait une confrontation, ce dernier aimait s'amuser avec les nerfs de l'autre. Et bien souvent, il y parvenait. Keith était perpétuellement dans la démonstration. Que soit dans l'enthousiasme comme dans la rancœur.

D'ailleurs, ce dernier reprit naturellement place sur l'un des fauteuils situé au centre de la pièce. Il s'agissait d'une position stratégique, même fétiche. Celle qui gouvernait, tel un trône sur son royaume, le reste du foyer, où Keith s'affichait tel le maître de cette maison, de cette parcelle de terre et que certaines personnes avaient tendance à l'oublier apparemment. Son corps se moula aux peaux de bête comme une pierre tombant dans l'eau, tandis qu'Uriam se dirigea instinctivement auprès de son mari, tentant d'épargner certains doutes à propos des secrets qui lui pesaient sur le cœur. Elle ne pouvait éviter son regard insistant et ce rictus un peu trop enjoué, pour un homme s'étant fait frapper gratuitement. Ainsi, elle empoigna les morceaux glacés pillés par ses soins, qu'elle enveloppa d'une main experte dans les bandes de lin. Le geste était presque mécanique, puisqu'elle ne comptait plus les fois où elle avait dû l'effectuer pour son propre cas. Puis elle s'approcha vers la partie du visage endolorie, déposant délicatement l'objet gelé, n'entendant aucun geignement de la part de son époux.

Puis, sans doute un peu plus à l'aise en cet instant paisible, la langue se délia, n'oubliant guère l'homme à la barbe blonde, dont sa présence était devenue de plus en plus enivrante. « Keith... J'espère que tu t'es au moins, excusé. Parce que c'est pas vraiment comme ça que l'on traite nos invités. » Uriam, elle sermonnait gentiment, tentant d'instaurer une ambiance plus naturelle, moins oppressante. « Oui, on peut dire ça... Que je me suis excusé. » Une moue peu convaincue se dessinait sur les traits massifs du forgeron, alors qu'il se laissait être aux petits soins, grand roi qu'il était. « Désolée Barn... Je pense que c'est la chaleur de l'atelier qui lui est montée un peu trop à la tête... » Un sourire mi-amusé égaya légèrement l'expression de la femme de couleur, alors qu'elle posa à nouveau son attention sur celui qu'elle venait d'énoncer le nom. Mais on ne lui laissa guère le temps de davantage contempler à sa guise l'être dont ses sentiments devaient être interdits, puisque Keith intervint une nouvelle fois et cette fois-ci, d'un rire franc. La gorge déployée, un son presque forcé jaillit de son gosier proéminent. Puis un de ses bras aussi large qu'abrupt s'enroula autour de sa taille de guêpe, l'attirant contre lui, telle une propriété. « Ou c'est toi qui me fais cet effet. » De loin, les actes donnaient l'impression qu'ils formaient un couple banal, à travers diverses attentions et réflexions. Mais, il restait tout de même l'envers du décor, qui n'était pas aussi flamboyant.

Se laissant embarquer par cette emprise un peu trop possessive, elle dissimula la détresse et l'inconfort gouvernant au creux de ses prunelles, avant de rire à son tour. Il fallait bien amadouer la bête. « Désolée mon chéri, mais je dois aussi m'occuper de l'autre blessé. » Uriam commençait à s'y faire et même à maîtriser quelque peu la situation, bien qu'elle n'était toujours pas à l'aise. Ainsi, elle glissa de l'étau de ses bras de fer, lui laissant la poigne de glace qu'il porta seul à sa joue. Répétant le geste similaire au premier, elle couvrit de tissus la glace, puis s'avança en direction de Barn. « Fais pas ton timide Barn, installe-toi aussi et montre moi-ça. » Il y avait de la chaleur qui découlaient des lèvres d'Uriam, s'éveillant à chaque fois qu'elle encrait ses billes émeraudes sur ce jeune homme qui lui était inaccessible. Bien qu'elle avait l'impression que ses actes semblaient plus fluides avec une aisance assez étrange, elle essayait tant bien que mal de rester dans la réserve. Prenant place à ses côtés, elle se plaça sur l'accoudoir, afin de lui faire pleinement face. La préoccupation transperçant la moindre parcelle de peau corbeau, ses doigts délicats effleuraient les traits anguleux de Âke. Les yeux empruntant le même sentier, sans pour autant rejoindre ceux bleutés de Barn. Elle avait trop peur Uriam. Effrayée de s'y engloutir et de perdre ses moyens. Pourtant, l'envie dévorait ses entrailles à tel point, que cela en était douloureux. Elle avait l'impression d'être encore trop loin de lui malgré la proximité de leur visage. Alors, se contenta d'apaiser à son tour, la région rougie, déposant la glace sur la mâchoire couverte d'une barbe naissante. « Tu me dis si c'est douloureux. » Mais l'instant fut encore bouleversé par le trouble-fête de mari. Une nouvelle fois. « Donc ! Vous vous connaissez vous deux ? Depuis combien de temps ? Parce que même si vous semblez proches, enfin... "Proche" est un grand mot, n'est-ce pas ? Uriam ne m'a pas souvent parlé de toi... Barn. »

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13/06/2017 apy. 124 garrett hedlund. fly ♥ navigateur hanté. 11


Sujet: Re: (urr) faillir à sa promesse est pire qu'être oublié, n'est-ce pas ?
Jeu 29 Juin - 22:17

Il aurait aimé le savoir plus tôt. S'en rendre compte. Ouvrir les yeux. Avant qu'il soit trop tard, comme ça l'a été. Avant qu'elle en épouse un autre. Elle aurait pu refuser, si seulement elle avait été sûre que Barn l'épouse. Mais le navigateur n'avait rien senti, au tréfonds de son cœur. Il n'avait pas compris, n'connaissait pas les sentiments, n'en avait jamais éprouvé. Elle était convoitée, déjà jeune. Il se disait qu'il était comme tout le monde, tombé sous le charme de la jeune femme à la peau brune. Qu'ça passerait. Il l'aimait bien, s'entendait avec, rigolait, elle était curieuse, passionnée, un peu timide, elle le faisait sourire encore plus qu'il ne le faisais déjà.  Lui, le navigateur, l'amoureux de la mer, celui qui sentait tanguer la coque avant que la tempête ne commence, il s'était noyé dans les yeux émeraude de la Gaelåiq.
Il aurait aimé lier sa vie à celle de la jeune femme. Il aurait aimé être à la place du forgeron. Qu'elle vive sur son bateau, avec lui. Qu'elle l'accompagne lors de ses voyages vers le continent, qu'elle foule le sol des forêts au milieu de l'automne; qu'elle voit les bourgeons des plaines des Pikunis s'ouvrir au printemps. Partager avec elle sa passion, la navigation. Elle serait pas restée à la maison à l'attendre : il en a pas. Il vit sur son bateau Barn. C'est sa seule maison. Le seul endroit où il est bien, sur la mer. Ils auraient peut-être eu un enfant, sur cet océan infini. Une petite fille aux yeux émeraude et aux cheveux blonds. Puis un autre; peut-être un garçon, plus grand que son père, qu'entourerait sa mère de ses grands bras. Ils auraient construit un bateau, plus grand que l'Aslak, leur famille voguant au rythme du vent. Ils auraient exploré tout le continent, tous les recoins. Seraient même allés jusqu'aux terres Kovariis.
Il aurait aimé ne pas voir les bleus sur le visage de sa belle. Ne pas la sentir se crisper, lorsqu'il lui prenait le bras, un peu trop haut sur un endroit aléatoirement sensible en fonction des jours; pour l’amener vers lui, lui faire découvrir l'horizon depuis la proue. Ne pas la sentir se braquer, lorsqu'il parlait de Keith. Ne pas la sentir s'éloigner, lorsqu'il disait vouloir la protéger. Lorsqu'il montrait qu'il tenait à elle, plus qu'à une autre.
Il aurait aimé, au moins, qu'elle soit heureuse. Avec Keith, si ce n'était pas avec le navigateur. Il aurait aimé ne pas sentir la jeune femme résister aux sentiments qu'elle a pour lui. Il aurait aimé qu'elle en aille pour son époux. Que ses doutes sur son attirance de jeunesse se soient avérés vrais. Ça aurait été mieux, beaucoup mieux. Pour eux deux. Mais il le voyait bien, dans ses yeux qui pétillaient lorsqu'elle apercevait les voiles du Aslak, qu'elle n'aimait pas rester chez elle. Que la vie qu'elle menait n'était pas ce qu'elle avait prévu elle même, mais plutôt ce qu'on avait décidé pour elle. Barn avait eu de la chance, on avait décidé pour lui ce qui s'était avérer être un rêve. Ce n'était pas de cas d'Uriam.
Il aurait aimé ne pas voir la belle s'approcher du forgeron pour panser la trace du coup que Barn lui avait asséné. Ne pas la voir si proche de lui, et le regard provocateur de Keith. Il observait le moindre geste de la métisse; semblant presque normaux, habituels. Il n'aimait pas ça, Barn. Pourtant, il ne pouvait pas détourner son regard bleu. Et il ne pouvait pas quitter des yeux le sourire aux lèvres de Skardam. Et pendant que ce dernier était assis sur un fauteuil lui donnant une grandeur qu'il n'avait pas aux yeux d'Osbern, le blond restait sur ses deux pieds, à serrer les poings, en retraits. Il aurait presque envie de quitter le foyer dans lequel il était arriver pour y semer la pagaille. Mais il n'avait pas envie de passer pour un lâche. Il n'avait pas envie de sentir, même au loin, même jusqu'au bout du monde, la satisfaction de Keith. Car le sourire qui tranchait son visage dur, il faisait l'effet d'un étau sur les tripes, les poumons, le cœur de Barn. Le sourire de Keith, il était ancré dans le corps du blond. Et Barn savait que s'il partait, la pression que Keith exerçait sur lui resterait, indéfiniment, jusqu'à sa mort. Comme un remord, pour le punir d'être venu pour fuir ensuite.
Il aurait aimé qu'Uriam ne s'excuse pas à la place de Keith; car lorsque le forgeron répondit à sa femme, Barn ne pu s'empêcher de fusiller Keith du regard, encore une fois. Lorsque la brune arrêta son regard quelques instants sur le corps du navigateur, il sentit son palpitant s’accélérer. C'aurait été bon, si elle n'avait pas été obligée de détourner son regard émeraude a cause de l'intervention de Skardam. Le visage du blond s'obscurcit à nouveau. Keith lui montrait qu'Uriam était à lui. Uniquement à lui. Ce n'était pas dans le tempérament de Barn de vouloir ce qu'il ne lui appartenait pas. Il avait toujours été décent, dans ce qu'il cherchait à obtenir. Il savait abandonner. Il savait contrôler ses folies. Il était obligé, ou le bateau qu'était sa vie coulerait dans les profondeurs d'un océan noir. Seulement il ne pouvait pas abandonner le trésor que cachait le forgeron au reste du monde en la laissant enfermée dans le coffre qu'était la maison. Il se redressa lorsqu'elle se dégagea de son époux. Il afficha un rictus, légèrement provocateur sans trop l'être, à l'attention de Skardam qui voyait ce qu'il considérait comme sa propriété s'éloigner de lui pour rejoindre l'homme qui l'avait frappé, et a qui il avait rendu le coup. « Fais pas ton timide Barn, installe-toi aussi et montre moi-ça. » le marin senti la chaleur lui monter à la tête, la voyant s'approcher. Il la contemplait, ne lâchait pas les yeux verts de la métisse. Il voulait enregistrer son visage. Enregistrer son sourire. Il voulait s'en souvenir, ne rien oublier. Et il fit ce qu'elle lui dit.
Il aurait aimer se délecter encore un peu plus des doux doigts de cette perle trop précieuse parcourant son visage. Sentir un peu plus son souffle venir se réfugier au creux de son cou lorsqu'elle s'occupait de sa joue, de ses poings. Il ne voyait plus Skardam, il la voyait elle. « Tu me dis si c'est douloureux. » La marin se contenta d'acquiescer aux dires de sa belle officieuse. Et quand bien même il eut mal, il ne sentait aucune douleur du simple fait qu'elle ait ses mains posées sur lui; que sa peau touche la sienne. Comme lorsqu'il l'aidait à barrer l'Aslak, insinuant un rapprochement physique parfaitement subliminal et pour le bon vouloir d'une bonne navigation. « Donc ! Vous vous connaissez vous deux ? Depuis combien de temps ? Parce que même si vous semblez proches, enfin... "Proche" est un grand mot, n'est-ce pas ? Uriam ne m'a pas souvent parlé de toi... Barn. » La mâchoire du blond se crispa alors que les mains de la Gaelåiq parcouraient sulfureusement sa barbe naissante. « On se connaît oui; je ne saurais te répondre depuis quand, ça me semble si loin.» Il lança un regard plein de défi au forgeron, bien qu'il sache pertinemment que s'il gagnait la bataille, la guerre serait remportée par l'unique détenteur de la vie de la métisse. « Il semblerait que tu ne saches pas tout de ce qu'il se passe dans ce village, Keith. Je ne pense pas qu'elle soit obligée de te donner le nom de chaque Iskaar qu'elle côtoie, en sachant qu'on se connaît tous sur cette île. » Et sans lâcher l'hôte de la maison du regard, il sourit. Il ne calculait pas l'impact que ses paroles pouvaient avoir. Il ne voyait pas l'ambiguïté dans ce qu'il affirmait. Il ne pensait qu'à faire taire Skardam, qui lui envoyait un regard noir. Instant de faiblesse de la part du forgeron qui pensait contrôler la situation, et pendant quelques instants, il figea son regard noir sur Barn.

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28/02/2017 191 Katerina Graham apy ♥ + Navysunset Timonier du Moissonneur, Pirate 10


Sujet: Re: (urr) faillir à sa promesse est pire qu'être oublié, n'est-ce pas ?
Dim 2 Juil - 22:53


Les souvenirs furent étriquer par les paroles kamikaze du jeune blond. Car le navigateur venait de se confronter à un sujet glissant où la chute avait des allures inévitables. L'inconscience voulant dominer le danger sans mesurer les risques. Incapable de blâmer Osbern pour ses tentatives suintant à la fois l'arrogance et la maladresse, afin de sauver quelque peu la face, la métisse anticipait déjà le courroux de malice de son époux au sourire à double tranchant. Se glissant dans l'animosité de l'atmosphère, il y eut un silence religieux dont la femme en connaissait lourdement les facettes. Elle pouvait sentir au loin le poing hâlé du forgeron se recroqueviller, les crocs se visser à la mâchoire. La colère était contenue, jamais exposée au grand jour, jamais à la vue des étrangers au foyer. Seulement lorsque la nuit chevauchait les cieux et que les volets d'ardoises étaient rabattus vers l'intérieur. Skardam, savait ce qu'il faisait. Pas de témoin, pas de preuve. Les mots n'étaient que des paroles légères qui s’effeuillaient au grès du vent gelé, vite balayé par des sourires ravageurs. « Ah oui ? » La question fut suspendue. L'étonnement grossièrement peinte sur ses lèvres amusées n'avait pas le don de dissimuler l'orage grondant par-dessus leurs crânes.

« Mon chéri. Ce qu'à voulu dire Barn, c'est que... Tout le monde se connaît plus ou moins ici. » Elle essayait tant bien que mal de sauver les meubles, Uriam. Le calme olympien dans la tonalité; le corps de nouveau pivoté en sa direction afin d'appuyer ses essais au parfum de sincérité; le minois exposant aux premiers abords un air rassurant afin de calmer les fougueuses inquiétudes du mari. « Par exemple tu savais qui était Osbern sans vraiment l'avoir rencontré. » Il était vrai que les frontières de la banquise ne s'étendaient pas au grès de l'horizon telle l'océan qu'elle aimerait tant écumer de ses propres moyens. Une parcelle de glace minime à celle du continent, accentuant vos chances de rencontrer l'entièreté de la tribu en une seule existence. De connaître chaque faciès de près ou de loin. Pourtant, ces dernières années, le quotidien de la belle s'était métamorphosé. Déjà lorsqu'elle n'était qu'une enfant, dont le monde n'avait pas encore façonné ses douleurs et ses ardeurs sur sa candeur, sa mère limitait ses fréquentations à quelques visages. De toute manière, par sa pathologie des faciès, il lui était difficile en ce jeune âge, de reconnaître la totalité de ses relations. Mais à présent, les véritables connaissances, qui n'étaient pas que de simples noms à ses oreilles ou sur ses lèvres, étaient devenus encore moindre. Et pour cause, le grand Skardam avait tenu à fonder son foyer loin de la civilisation, où Uriam n'aurait pas à accoster une centaine de visages rien qu'en passant le seuil de sa porte. Non, pour aller à l'encontre de la population, elle devait prévoir une trente de minutes de marche et il ne valait mieux pas oublier quelque chose à mi-chemin.

« Et barn est... un ami de la famille. » Cela lui fendit le cœur. L'avouer à voix haute de cette manière le rendait encore moins crédible à son goût. Pourtant, elle aurait tant aimé que leur relation se limite seulement aux crevasses de l'amitié. Tout aurait été plus simple. Et elle avait essayé Uriam. A se répéter, maintes et maintes fois, face à son miroir qu'elle rebutait, que ce qu'elle éprouvait pour le marin Âke, n'était que péché, n'était qu'illusion. Mais l'impression de se mentir crevait son être à chaque mot. Alors, elle avait presque fini par se résigner, à simplement ignorer au lieu de le lutter vainement. « J'ai dû t'en parler une ou deux fois. » Elle-même n'était pas convaincue de ses dires, la gorge martelant sa tranchée respiratoire, donnant ainsi des mots soufflés du bout des lèvres. Sauf qu'ainsi, il lui était devenu impossible de reprendre sa délicate contemplation du visage de Barn, la trahison en arrière-goût. Elle trahissait ce qu'il était à ses yeux, ce qu'ils étaient tout le deux, ce qu'ils auraient pu devenir... Ainsi, elle quitta ses côtés, fuyant telle la lâche à quoi elle se résumait, afin de revenir auprès de celui dont elle devait être fidèle. Faire le yoyo ainsi n'était plus permis, elle devait assumer, la douleur faisant craqueler son âme.

« P'être que j'ai oublié alors... Ce ne devait pas être si important que ça... » Fit d'une innocence jouée, Keith, les épaules se haussant d'insouciance. Il jouait les imbéciles, mais c'était toujours pour plus se jouer d'eux, surtout d'Obsern. Le sourire goguenard peignant sa face émanant la provocation pure mêlée à la malice, il s'exclama, tandis qu'il accueillit fièrement l'épouse sur ses genoux de pierre. « Mais si t'es un ami de la famille Barn, c'est top ! On va pouvoir se voir tous les deux ou même avec les frères d'Uriam. Entre hommes. » Un rictus lourd de sous-entendus peu subtiles accompagnait ses dires, un clin d'oeil en guise de ponctuation. « Surtout, si vous n'êtes qu'amis, n'est-ce pas ? » Sous le regard de renard du forgeron, Uriam hocha légèrement la tête, presque épuisée par cette mascarade sans fin. Mais elle eut tout de même la force de regarder en la même direction que Keith, attendant lui-même l'approbation du marin. Tout ce que désirait en cet instant la belle, était que les futures paroles du navigateur aillent dans le même sens que Skaradam. Tout ce qu'elle souhaitait tristement, était que la souffrance et le mensonge se rejoignent une nouvelle fois, pour leur bien-être à tous les deux. Comme si tout était normal et qu'il n'y avait rien de plus qu'un mari et sa femme, accueillant simplement un ami de la famille.
 

(urr) faillir à sa promesse est pire qu'être oublié, n'est-ce pas ?

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