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˜˜˜˜˜˜L'instant sourd [PV Jason]
maybe life should be about more than just surviving


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02/02/2017 Nexus 441 Rick Genest Nexus Capitaine du Moissonneur | Maniement des armes & navigation 0
Le Porte-Mort


Sujet: L'instant sourd [PV Jason]
Mer 7 Juin - 15:36

Le silence...
Lourd et pesant, angoissant.
C'est pourquoi il n'existait pas ici, seul comptait les roulis de l'eau, les grincements du navire et l'orage en dehors. Dans sa couche, le Porte-mort fixe la fenêtre crasseuse qui forme l'arrière du navire et signe la pièce caractéristique de la cabine du capitaine. Il est tard, la nuit à avalé l'esprit de chacun des matelots tandis que le navire, ancré non loin des cotes, ondule et se soulève sous la force des vagues. L'ancre tiendra. Ils ne sont pas loin de la terre ferme en cas de soucis, mais juste assez pour ne pas finir écrasé contre les récifs. Le repos accordé à chacun est mérité et si ce n'était pas le bruit de l'océan et le grondement du tonnerre, ce serait un silence de mort, qui régnerait ici.

Tel un pantin, la lourde carcasse d'Abel se redresse lorsque ses yeux ne quittent pas cette fenêtre où la pluie s'écrase, laissant de longs sillons mêlés aux embruns de l'océan. Le bruit du tonnerre s'éloigne, s'apaise et déjà, le navire en est un peu moins secoué. Les secondes s'écoulent, grains de sable dans un sablier. Tic toc... Inspire, expire et recommence. C'est comme une folie latente, celle de son frère. Il pense à lui, là dans les cales, probablement éveillé à écouter ce bruit... ce bruit qui diminue, s'éloigne toujours plus. Ce n'est qu'une question de temps avant que le silence ne revienne marteler l'air du moissonneur pour imposer souffrance et tourment à son protégé. C'est l'heure pour lui d'officier. Dans un soupir, le macabre pirate se lève, enfile un simple pantalon et sans haut ni chaussure, il ouvre la petite porte de sa cabine dans un grincement inquiétant, délaissant le décor angoissant et souillé par le sang à l'odeur de charogne, dans un claquement de porte. Marche après marche, il laisse son poids peser sur le bois, causant volontairement le craquement de celui-ci.

Oust silence ! Tu n'es pas la bienvenue ici !

Sur le pont, tout est trempé, par la force des vagues à présent calme, par la pluie cumulée. Le noir a envahi les environs et les torches habituellement flambantes pour éclairer la nuit ont été soufflé par l'eau salée et le vent. Ses pieds nus glissent sur le sol humide, pas à pas il s'avance, écoutant les cliquetis sinistres émit par les ossements accrochés sur le tour du navire, ces mille et une mâchoires claquant en rythme comme le rire cynique de chaque mort dont le sang à inonder le bois du moissonneur.

Dans tes bras diaphanes,
Pour toi mon amie la mort,
Je chante, je chante,
À cœur perdu,
J'étouffe entre les flots,
Par ton baiser, j'agonise,
Et je vogue, vogue jusqu'aux abysses

Le murmure s'élève, devient un chant, un air sifflé dans la nuit qui se faufile à travers le bruit du vent et le grincement des roulis du macabre vaisseau pirate. Abel, marche, dans son éternelle solitude, il laisse sa voix grave chantonner encore, étrangement mélodieuse.

Nous naviguerons,
À travers les cris, le sang et la sueur,
Et je chante, je chante,
Hissons les voiles noirs,
À cœur perdu,
J'étouffe dans tes sanglots,
Par ton baiser j'agonise,
Et je vogue, vogue au cœur du Styx

Son corps se voûte, il agrippe au bois humide, enjambe la rambarde pour rejoindre son endroit favoris : la tête de proue. Immense crâne taillé dans le bois dont les tentacules tout aussi horrifique lui sorte par la bouche pour venir s'encastrer et se fondre dans le bois du navire. Accroché aux cordages, le Port-mort fixe l'horizon, sa macabre silhouette affrontant le vent, la pluie alors qu'il observe l'orage qui se perd à l'horizon, ses éclaires qui zèbres le ciel nuageux sans la moindre chance d'apercevoir les étoiles. Et seul son chant résonne une dernière.

Sur ma peau,
Je sens son souffle glacial,
Sa macabre odeur,
Mais je chante, je chante,
Aucune tempête ne nous effraie,
Tiré vers le fond, pendu haut et court,
Par ton baiser j'agonise,
Englouti par les abysses

Sa voix se meurt, se change en un souffle aussi putride que l'air qui s'échappe de sa cabine. Un silence s'impose, le temps d'un battement de cœur. Lentement, le corps tatoué du pirate pivote à peine, son visage se tourne et dans la pénombre, son regard brille, ses lèvres s'étirent pour accueillir le nouveau venu qui s'est glissé lui aussi sur le pont, répondant à l'appel sinistrement mélodieux.

« Bonsoir, mon frère »

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04/05/2017 Anticarde 308 Adam Driver Apy ♥ (avatar) - Soldat Louis (citation signe) - Tumblr (Gifs) Second et maître artilleur du Moissonneur. (Combat spécialité explosifs, navigation) 14
Percussionniste du Chaos


Sujet: Re: L'instant sourd [PV Jason]
Mar 27 Juin - 11:41

Ce ne sont pas des larmes, qui coulent, sur les joues de Jason. C'est la tempête. La tempête qui sabre son visage, qui fouette son front, qui trempe ses cheveux de jais, qui dégringole dans son dos en furieuses rigoles. Jason ne pleure plus depuis longtemps. Non pas qu'il se retienne, non pas qu'il se soit forgé une carapace, non pas qu'il ait appris à affronter les affres des temps avec ce que les hommes nomment médiocrement la dignité. Non. Il ne pleure plus car il n'est plus capable d'éprouver de la tristesse, car il a oublié ce que cela fait, de sentir son âme frémir. De sentir son âme tout court. Il n'y a plus que la tempête, pour ruisseler le long de ses traits taillés à la hache. Il n'y a que le sel de l'océan, pour s'immiscer au coin de ses paupières, pour goutter à son menton, pour tisonner ses dernières plaies en date.

En début de nuit, le canonnier a congédié la vigie qui s'était installée dans le nid-de-pie. Alors qu'un terrible orage se profilait à l'horizon, le matelot ne s'est pas laissé prier pour regagner son coin de cale, bien conscient d'échapper de justesse à une terrible saucée. Torse-nu, armé en tout et pour tout d'une modique longue-vue, l'artificier a alors entrepris de sonder l'horizon, scrutant le brouillard des entrées maritimes. Il sait le Moissonneur sur le chemin de la Tempête. Il a entendu, le fracas des éclairs au loin, et a compté sur ses doigts, avant que le tonnerre ne vienne faire craquer la colonne vertébrale du bateau pirate. Alors il a quitté sa cabine minuscule pour jaillir des écoutilles comme un diable de sa boîte. Pour rien au monde, il n'aurait manqué le spectacle des éléments déchirés. Hissé au faîte de la mâture, il a observé le cyclone, s'approchant à pas de loup. Il a senti l'air s'alourdir, jusqu'à ce qu'une bruine épaisse vienne obstruer sa vision de prédateur. Peu importe, cela dit. Car la tempête ne s'observe pas. Elle se sent. Elle se redoute. Elle se vit. Elle se meurt. Cela doit être merveilleux, de mourir foudroyé. Tout fier combattant soit-il, Jason ne peut s'empêcher de penser que cela serait un cadeau, que de mourir de la main du ciel. Il rirait comme un dément, s'il devait voir la foudre fendre les nuées pour ruer à sa rencontre.

Mais ce n'est pas son heure. Pas encore. Durant des minutes qui doivent paraître interminables au reste de l'équipage, la tempête ballotte le Moissonneur en tout sens. Les vagues enflent au point que l'étrave du vaisseau a parfois l'impression de piquer du nez. Les cieux se brouillent jusqu'à ne faire plus qu'un avec la mer, tant et si bien qu'un instant, le Moissonneur semble une aéronef en plein typhon. La tempête hurle, dans les rares voiles hissées, avec la fureur d'une horde de femmes battues. Agrippé de toutes ses forces au grand mât, Jason se sent comme un misérable insecte sous le souffle d'un enfant cruel. A plusieurs reprises, il croit que la tempête va le décrocher de sa patère pour l'envoyer voltiger dans l'espace. Mais comme un forcené, il s'accroche, tous ses muscles palpitant en chœur. Quand la tourmente part, après cette étreinte bestiale, c'est pour le laisser sourd. Ivre de fracas, de vents suraigus, d'un ressac aussi puissant que le rugissement de mille fauves. Le vacarme a été tel que l'accalmie habituelle qui est retombée sur le bâtiment a pris les allures d'un silence funeste. Bras croisés contre le garde-fou du nid-de-pie, Jason fixe la tempête qui s'en va, laissant derrière elle la traîne d'un brouillard duquel jaillit parfois une déchirure luminescente. Jason s'accroche de toute ses forces à cette vision qui rapetisse, qui s'amenuise, tâchant de se remémorer les heurts des tymbales célestes. Il n'ose regarder en bas. Non pas qu'il souffre de vertige, ce qui serait un comble pour un acrobate de son étoffe, mais la tempête a débarrassé le pont de son effervescence habituelle. Sous ses pieds, c'est une bouche d'ombres, un silence de tombeau. Alors, il rive son regard à l'horizon, où s'ébattent les dernières humeurs de l'orage.

Sans doute aurait-il pu demeurer ici jusqu'au petit jour si, de la pénombre en contrebas, ne s'étaient pas mises à monter les notes d'une chanson. Cette voix, il la reconnaîtrait en mille. Cette voix, il l'a entendue fluette, il l'a entendue éraillée, il l'a entendue sombrer lentement dans des tonalités graves comme une épave s'enfonce dans les abîmes des mers. C'est une voix de baryton, qui s'accorde merveilleusement avec le cliquetis des centaines de squelettes à la ronde. Jason ferme les yeux. Sur la rampe, ses doigts calleux frappent le bois, battent la mesure. Et puis, pour la première fois depuis de longues heures, il s'arrache à la contemplation de l'autre coté du monde. Il perd définitivement de visu les infimes volutes qui trahissent le cyclone. Il lui sera désormais impossible de le revoir... mais peu importe, car Abel est là. Car Abel chante. Et avec lui, tous les sons du navire s'aiguisent de concert. Même le silence semble n'exister que pour porter sa voix. Quelque part, dans les hauteurs des gréements, un éclat de rire retentit. Agrippant un cordage, dont le chanvre tressé crisse délicieusement au creux de ses paumes, l'acrobate s'élance dans le vide. Il chute avec la grâce d'une feuille dans le vent. Il s'aide des vergues et des filins, offrant quelques détours à la pesanteur. Il semble un singe dans les frondaisons. L'illusion se brise dès lors ses pieds rencontrent-il le pont du navire. Il aurait sans doute pu faire montre de plus de délicatesse. Il aurait sans doute pu déployer tout son amorti félin. Mais il n'en fait rien, et choisit de se réceptionner raidement, de quoi faire retentir tout le pont du choc de son atterrissage, de quoi réveiller en sursaut toute une poignée de pirates qui s'imaginent la foudre de retour. Jason se tient alors à un mètre, juste derrière Abel. Précisément là où son ombre devrait se tenir, si la lune ne faisait pas sa timide.

"Et je chante, et je chante pour toi, mon amie la Mort. Et ma voix est un serpent d'eau, dans tes fanges glacées. Et mon corps sera le drapeau brandi, de ta main toujours froide. Parce que je chanterais jusqu'au bout de la nuit. Jusqu'au lever d'un matin, qui verra monter un grand soleil noir. Jusqu'à ce que ma salive devienne bile. Jusqu'à ce que ma bile devienne sang. Et lorsque je n'aurais plus de sang, plus de bile, plus de salive, ce seront mes os qui suinteront leurs moelles. Tant qu'il demeurera en moi quelque chose de tendre, je chanterais pour toi, mon amie la Mort."

Jason n'a pas la voix profonde d'Abel, ni ses intonations d'abîmes. Lui, il a la voix entraînante d'un conteur, celle du baladin qui égraine une histoire à l'aune des cordes d'un luth. Pourtant, leurs voix se complètent, comme peuvent le faire un instrument à vent et les baguettes d'un tambour. Tandis que le capitaine fait volte face, son second ne bouge pas d'un iota, lui rendant un regard complice. Une foulée lui suffit à réduire à néant la distance qui les sépare. Le maître-artilleur se fend d'une accolade fraternelle, avant que son regard ne glisse vers les horizons que lui pointe le beaupré. Jason n'est pas dupe. Il sait bien qu'Abel, inlassable sentinelle de sa vie, vient s'assurer l'air de rien que tout va bien, sur ce pont baigné de silence. Il déteste plus que tout, ce hiatus sonore, ces accalmies qui succèdent aux déferlantes. Cela lui glace le squelette. D'ailleurs, quand bien même le sourire matois qui trône aux lèvres de l'artificier semble indétrônable, de la vague nervosité qui s'est emparée de lui, il demeure une infime trace. Une sorte de démangeaison, laissée par l'effroi naissant, qui lui fait se gratter le bras distraitement.

"Pendant que la tempête faisait rage, je me disais que j'aimerais bien mourir foudroyé. Du feu. De l'électricité. Un fracas de tous les diables. Une seconde. Du grand spectacle." Murmure Jason sur le ton d'un fou qui divague. Sa voix est alors tellement claire qu'il n'y a pas place pour l'horreur supposée. La Mort ne l'a jamais effrayée, pas plus qu'il ne l'appelle comme le ferait une âme dolente. Il ne fait qu'invoquer la beauté de l'image, cette nuit, sans se soucier le moins du monde de tout ce que cela impliquerait. Sans tabou, sa tête roule alors de coté, vers Abel. "Et toi, mon frère ?" Une question vague, imprécise, qui se gorge d'embruns a peine a t-elle franchi ses lèvres. Sans doute un prétexte pour entendre à nouveau résonner la voix du Porte-Mort.

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02/02/2017 Nexus 441 Rick Genest Nexus Capitaine du Moissonneur | Maniement des armes & navigation 0
Le Porte-Mort


Sujet: Re: L'instant sourd [PV Jason]
Jeu 29 Juin - 16:20

Il y avait quelque chose dans cette gueule, d'extrêmement fascinant.
Il n'était pas vraiment beau Jason, il n'avait pas ce quelque chose que les femmes appréciaient et pourtant, tout en lui avait de quoi attirer les plus curieux. Visage trop long, oreilles décollées, nez cassé et bien trop large, trop épais, tout comme ses lèvres. Et pourtant, cette satanée gueule, Abel l'adorait. Lorsqu'il la voyait, il y avait cette sensation au creux de son ventre, comme un millier de fourmis qui grouillaient dans ses viscères. La joie. Une vague sensation de sécurité. Le plaisir sincère de voir un frère. Son frère. Alors même que la voix du pirate s'élève à son tour, terminant les derniers vers de leur chanson, le Porte-Mort reste interdit, pâle sourire étirant son faciès tatoué. À son tour il écoule, s'imprègne de cet écho porté par le vent. Entre deux grondements de tonnerre, Abel sourit. Il accueille chaleureusement son frère dans une étreinte fraternelle, le gratifiant une tape virile dans le dos qui aurait sans doute couper le souffle à n'importe qui qui aurait été un tantinet moins costaud. Et pourtant, Jason n'est pas costaud. Non, tout ça c'est de la poudre aux yeux... Un rien qui suffit à en dissuader quelques-uns de faire une bêtise qu'ils pourraient regretter ou bien juste assez pour permettre au pirate de ne pas souffrir de sa propre faiblesse.

Pendant que la tempête faisait rage, je me disais que j'aimerais bien mourir foudroyé. Du feu. De l'électricité. Un fracas de tous les diables. Une seconde. Du grand spectacle.

Ah... Mourir ou bien mourir ? Quel choix difficile, en effet. Abel pivote doucement, dardant à nouveau ses yeux sombres sur les épais nuages zébrés par la foudre, qui s'éloigne doucement mais sûrement alors que la lune elle, reste soigneusement cachée. Elle les boude, ce soir. Le monstre soupir longuement, croisant les bras sur son torse pas beaucoup plus massif que celui de son confrère et fixe l'horizon en silence. Il laisse Jason baragouiner ses idées farfelues, se vider l'esprit pour ne pas avoir à affronter à nouveau le silence. Abel s'y était fait, depuis le temps, quant à saisir la raison et l'importance des pensées de son conteur d'ami, c'était une autre histoire.

Et toi, mon frère ?

« Mourir, c'est trop facile. Tout le monde y arrive. »

Un fait véridique, après tout, on finissait tous par mourir un jour. Le capitaine étouffe un grognement alors qu'il bascule la tête en arrière, inspirant longuement alors que les derniers sillons de pluie mêlée aux embruns salés de l'océan, fouette son visage tatoué.

« Je ne pense pas à la façon dont je peux mourir, Jason. Parce que c'est au moment où l'on trouve une raison de mourir, qu'on oublie la raison pour laquelle on vit. »

Siffle le capitaine avant de pivoter le visage vers son ami. Ses orbes sombres dévisagent le marin qui lui tient compagnie. Leur opinion diverse mais malgré tout, Abel esquisse un sourire avant même qu'un rire grave ne franchit ses lèvres et qu'il vienne assénant une lourde frappe sur l'épaule de son ami, le secouant brutalement mais toujours avec une forme d'affection. Il crochète la nuque de Jason, le force à le fixer et souffle, toujours avec cette même puissance dans la voix.

« Vivre est une bien plus belle aventure ! Pourquoi penser à la façon dont tu pourrais cesser de vivre ? »

Non, il ne comprenait pas. Pourtant le macabre capitaine n'avait pas peur de mourir, il s'était fait à l'idée depuis longtemps. La mort l'emporterait au moment propice, dans la peur ou l'agonie, peut lui importait. Ce serait juste la fin du voyage qui le porterait vers une autre aventure. Capitaine dans la vie ou dans la mort, la seule chose qui différenciait les deux, ce serait l'eau sur laquelle voguer. Le Styx serait un endroit tout aussi fabuleux à voir. Abel relâche son ami, sourire carnassier aux lèvres et susurre, l'amusement sur le bout de la langue.

« Chante encore. Pour moi.»
 

L'instant sourd [PV Jason]

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