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˜˜˜˜˜˜Mélange de souvenirs | Chiraz
maybe life should be about more than just surviving


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07/12/2015 204 Luke Evans AVENGEDINCHAINS Professeur en biologie 10


Sujet: Mélange de souvenirs | Chiraz
Sam 3 Juin - 21:16

Les odysséens avaient pris leur décision, ils déménageraient prochainement. Trois équipes se chargeaient de bien visiter les lieux, nettoyer et de tout vérifier ce qu’il fallait. Leary avait finalement choisi de rester au camp d’origine et de préparer les affaires qu’il fallait. Déménager ne se ferait pas en un jour et il s’agissait de voir ce qu’ils avaient. Leary vérifiait ainsi les sources de savoir. Il y avait quelques archives qui avaient survécu à l’atterrissage, mais rien d’extraordinaire non plus. L’homme se sentait utile ici. Il avait eu la crainte étrange de gêner avec sa main blessée. Elle tremblait toujours et tremblerait jusqu’à la fin de sa vie. C’étaient les conséquences d’une paresthésie. Il avait lu quelque chose là-dessus. Les fourmillements dans sa main droite étaient désagréables, mais il faisait avec. Il n’avait pas le choix. Leary s’arrêta un instant face à son cahier de croquis et regarda le cerf qu’il avait dessiné quelques temps auparavant. La bête était sublime. Le nouveau point d’encrage était proche des ruines. Un bon endroit pour diverses raisons. Les scientifiques s’étaient mis d’accord pour les lieux. Leary avait hâte d’observer la faune, voir si c’était très différent d’ici. Croiserait-il d’autres terriens ? Il aimerait bien sincèrement. L’homme attrapa un carton et constata que c’étaient des habits qui pouvaient encore servir. Il souleva un haut et le reconnut, c’était celui de Barbara, sa défunte femme morte à l’atterrissage.

Il posa le haut dans le carton et se dit qu’il devrait le donner. Cela ne servirait à rien à une morte. Cela allait faire un an qu’elle était partie, il devait se faire une raison. L’homme changeait, se construisait une nouvelle vie sur Terre, malheureusement sans sa femme. Il chassa ses sombres pensées, ce n’était vraiment pas le moment d’y penser. Il se leva du coin qu’il arrangeait et se rendit sur le reste du campement. Il vit au loin Chiraz et décida d’aller voir la femme. Elle lui apprenait un peu la langue locale et il ne manquait pas d’échanger des informations avec elle sur la Terre. Ils semblaient partager le même amour pour la Terre et ce qu’ils y découvraient. Leary se fit la réflexion qu’ils s’acclimataient mieux que certains qui souffraient encore de la nouvelle vie bien différente de celle de l’espace. L’homme lui sourit avec douceur. « Hey ! » Il la salua de sa main droite qui portait constamment un bandage serré le long de la partie centrale de la main. La pression lui permettait d’oublier un peu les fourmillements. Sinon il se déconcentrait trop rapidement. « Tu t’en sors ? » Il s’assit à ses côtés et un instant son regard clair s’arrêta sur d’autres silhouettes qui elles aussi triaient les affaires qu’il y avait. Il s’agissait d’être prêts au maximum pour déménager. Les équipes qui s’occupaient d’aller voir les nouveaux lieux n’étaient pas là.

Cela faisait moins de gens, mais ils s’en sortaient. « Sacré remue-ménage, hein ? » Cela occupait et empêchait Leary de sortir plus régulièrement pour voir ce qu’il pouvait croquer dans son cahier. Il aimait bien sortir, même s’il fallait toujours le notifier aux gardes. On ne sortait pas d’ici comme dans un moulin et à juste triste. « Je devrais te dire bonjour en trigadeslang. » Dit-il avec humour. Il savait dire bonjour, car la terrienne qui lui avait appris quelques mots, lui avait appris à dire bonjour. Il ne savait pas dire grand-chose. Elle lui avait surtout appris des mots sur les animaux, quelques espèces et des mets, mais c’était tout. Tout ce qu’il pouvait apprendre serait de Chiraz. Ils avaient bien changé les deux, après tout elle avait été prof comme lui. Maintenant elle continuait d’enseigner, mais autre chose. Lui enseignait, mais de manière tout à fait différente. Il était plus en collaboration avec les militaires pour éviter qu’ils se fassent croquer en sortant. Au final Leary avait appris énormément. « Et dire qu’on va partir d’ici. » C’était bien, mais cela faisait quand même étrange. L’homme ne pouvait nier qu’il ressentait un petit pincement au cœur à l’idée de partir d’ici.

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Sujet: Re: Mélange de souvenirs | Chiraz
Ven 9 Juin - 11:57

La décision avait été prise sans que Chiraz ait à vrai dire une opinion dessus. Le camp odysséen allait déménager. À vrai dire, la jeune femme ne savait pas vraiment quoi en penser. Elle ne savait même pas si elle était supposée en penser quelques chose. Qu’est-ce que son petit avis pourrait bien y changer ? De toute façon, le déménagement lui était pratiquement égal. Que les Odysséens changent de campement ou non n’allait pas régler les divers problèmes auxquels ils devaient faire face… « Tu ne devrais pas dire ça ». Les mots de Chris résonnèrent une nouvelle fois dans son esprit. Le groupe n’avait pas besoin de ses états d’esprit. Il fallait maintenir l’unité et la cohésion du groupe. Alors, une fois de plus, Chiraz ravala sa rancoeur et ses petites idées marginales au fond de son coeur et, la mâchoire serrée comme pour éviter que des inepties ne sortent de sa bouche, la jeune Wexforth se releva de la souche sur laquelle elle s’était assise quelques minutes. Autour d’elle, on s’activait. Aujourd’hui, elle ne pourrait pas y couper. La blonde avait l’habitude de fuir dans les bois quand l’envie lui prenait, et coïncidence ? L’envie de courir les bois lui prenait souvent quand il fallait se mettre au travail sur le camp. Chiraz savait que c’était mal, au fond d’elle-même, mais l’envie de désobéir prenait souvent le pas sur sa petite notion de bien ou de mal. Soupirant, elle se traîna à l’infirmerie où d’autres commençaient déjà à ranger le matériel médical dans des boîtes solides. On ne pouvait en effet pas se permettre d’endommager ou de perdre ces précieuses ressources, dont le nombre avait déjà fortement diminué à l’atterrissage. Précautionneusement, la jeune femme se mit à réunir dans un coin de la pièce des paquets de médicaments, prenant bien soin de n’en abîmer aucun, et s’empara d’une grande caisse en métal où elle entreprit de ranger le plus de médicaments possibles. Chiraz s’efforçait de travailler machinalement, sans réfléchir. Elle tâcha de se convaincre qu’elle travaillait pour le camp, pour les Odysséens, pour tous ces visages à la fois amis et terriblement lointains. Tout ceux qu’elle côtoyait sans réellement les connaître. C’était au fond cette raison qui l’avait motivée à rester parmi les siens, même quand, après la mort de sa mère, elle n’avait plus qu’eu envie de s’exiler dans la forêt, seule, loin de tout ceux qu’elle tenait responsable de sa mère. Et puis, au fil du temps, elle s’était fait l’idée qu’ici, ils étaient tout ce qu’elle avait. Elle avait longtemps cru que la Terre ne lui offrait rien de plus auquel se raccrocha, puis réalisa que c’était eux, le Skaikru, qui était désormais sa famille, son peuple. Les siens. Cette idée ne l’avait alors jamais effleurer sur l’Arche.

Aidée par un autre Odysséen qui travaillait à l’infirmerie, Chiraz transporta la caisse de médicament à l’abri, là où l’on stockait provisoirement les matériels médicaux. Ceux-là posaient évidemment problème, puisqu’il faudrait les garder immédiatement accessibles lors du déménagement, en cas de nécessité. La jeune femme se sentait presque découragée d’avance face à tout le ramdam qui s’annonçait. Déménager le camp que tous avaient pris un temps fou à aménager ne l’enthousiasmait guère, et ce malgré tous les efforts qu’elle faisait pour tenter de se motiver. Et puis, cela la rendait presque nostalgique. C’était non loin de là qu’elle avait fait ses premiers pas sur Terre, et malgré tous les mauvais souvenirs dont l’endroit était empreint, il resterait toujours quelque chose de magique, ici. Maintenant, il allait falloir tout recommencer sur ce nouveau. Il allait falloir du temps pour se sentir de nouveau un tant soit peu chez soi. « Hey ! » Elle sursauta et se tourna vers son interlocuteur. Elle était tellement perdue dans ses pensées que Leary lui avait presque fait peur. « Hey. Salut » sourit-elle tandis que son coeur reprenait un rythme normal. « Tu t’en sors ? » Vague question que celle-là. Est-ce qu’elle s’en sortait ? Non, vraiment pas. Elle était toujours aussi déboussolée, sceptique à propos de tout, et débordée par rapport à la masse de travail qui l’attendait encore à l’infirmerie. « Mmh, oui, ça va à peu près » mentit Chiraz. « Comment va ta main ? ». La jeune femme avait presque immédiatement, comme par réflexe, remarqué la blessure de son ami.

Autour d’eux, l’on s’affairait, et Chiraz sentait presque mal de prendre une pause pour discuter avec Leary ; aussi se mit-elle nerveusement à ranger quelques bibelots qui traînaient là, au moins pour donner l’impression de prendre part au déménagement. « Sacré remue-ménage, hein ? » Sa remarque la fit sourire, mais d’un sourire amer. Elle repensa à toutes ces fois où, alors qu’on l’attendait à l’infirmerie, elle avait préféré s’en aller. « Ça me désespère de me dire qu’on va devoir ranger tout ça, encore une fois » soupira-t-elle. Elle jeta un rapide coup d’oeil à son ami, dont elle trouvait les traits fatigués. Elle pensait assez souvent à lui, en vérité. Ils avaient tous les deux tout perdu, en arrivant ici, et paradoxalement leur malheur les avait rapproché, eux qui n’étaient que des collègues sur l’Odyssée. « Je devrais te dire bonjour en trigadeslang. » Chiraz sourit de nouveau, mais plus sincèrement cette fois, face à ce trait d’humour. « Sha, heya » répondit-elle d’un ton léger. La jeune femme se trouvait toujours agréablement surprise quand elle sentait, de quelque façon que ce soit, qu’elle avait une certaine utilité parmi les siens. Le simple fait que Leary en réfère à ces quelques mots terriens qu’elle lui avait appris la touchait, d’une façon bien plus grande qu’il ne l’imaginait. « Et dire qu’on va partir d’ici. »  Chiraz jeta un regard alentours, les sourcils froncés. Effectivement, c’était étrange de se dire qu’ils allaient quitter ce camp, cet endroit, probablement pour toujours. C’était tout ce qu’ils avaient toujours connu, ici. « Tout cela me laisse sceptique, mais bon… » commença-t-elle, rangeant machinalement les petits bibelots qu’elle n’avait cessé, nerveusement, de trier. «… le Conseil sait ce qu’il fait, après tout. C’est peut-être pour le mieux ». Chiraz avait dit cela d’un ton presque imperceptiblement amer. Elle ne voulait pas passer pour une saboteuse ou une traître, après tout, en apprenant ses avis sur la question. « Enfin, bref… Comment ça va, toi ? Ça fait un petit bout de temps que je ne t’ai pas croisé par ici ».


Dernière édition par Chiraz Wexforth le Mer 16 Aoû - 22:40, édité 1 fois

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07/12/2015 204 Luke Evans AVENGEDINCHAINS Professeur en biologie 10


Sujet: Re: Mélange de souvenirs | Chiraz
Mer 28 Juin - 16:58

Leary vit Chiraz sursauter et sourit de sa maladresse de faire peur à cette femme qu’il connaissait depuis un petit moment. Il engagea naturellement le dialogue, se demandant bien comment elle se sentait. Bien entendu, sa question pouvait recevoir plusieurs réponses et ce serait à elle de choisir ce qu’elle voudrait bien dire. Il ne devina pas le mensonge de la blonde, partant du principe que cela allait à peu près bien. Vu leur vie sur Terre, c’était déjà bien. Il regarda sa main et l’effleura de sa main non-blessée. « On fait aller. Je m’y suis fait. » Car il n’y avait pas le choix et que les soins aujourd’hui valaient ce qu’ils valaient. On ne pouvait pas faire des miracles. Les sensations parasites seraient toujours là. Soit il s’y faisait, soit il perdait la tête. Alors il s’était vite fait une raison. Leary s’était résilié à sa blessure et la vie qu’il aurait avec. L’homme ne se gênait pas durant quelques secondes de ne rien faire. Il profitait d’être là et profitait avec Chiraz, de discuter l’air de rien. Il était toujours prêt à répliquer si on venait lui faire une remarque quant au fait qu’il ne faisait rien. Leary pouvait sembler doux et patient, mais il avait malgré tout un caractère de feu mine de rien. Il savait se défendre s’il le voulait. Il commenta l’activité sur le camp. Cela ne l’inquiétait pas de partir, au contraire, il en était très content. Il se sentait comme un enfant. Le brun était sans arrêt comme un enfant qui découvrait le monde autour de lui.

Il s’émerveillait de chaque chose alors que cela allait faire bientôt deux ans qu’il était sur Terre. Tant de choses avait changé depuis. Il n’aurait jamais pensé arriver jusqu’à là. Il se rapprocha des caisses qu’elle devait ranger et regarda ce qu’il y avait là-dedans. « Moi aussi, mais après, on restera longtemps si tout va bien. Cette carcasse est dangereuse pour nous. » Il désigna la structure de métal à côté d’eux en piteux état. Son état avait empiré après le tremblement de terre de l’été passé. Un meilleur lieu dans les ruines serait plus vivable pour tous. Leary avait l’impression qu’en quittant ce lieu, il y laisserait aussi l’âme de sa défunte femme morte durant l’atterrissage d’urgence. Parler le trigadeslang, le peu qu’il en savait, lui plaisait. Il avait l’impression ainsi de s’intégrer à son environnement. Il faudrait probablement des années pour comprendre cette langue et savoir la parler. Mais n’avait-il pas des années ? Il se demandait quelle était espérance de vie sur Terre. Il nota dans un coin de la tête qu’il aimerait bien poser la question à la naori qu’il voyait en secret. « Heya. » Sa voix grave s’éleva en réponse à la voix de Chiraz. Il avait cru sentir son ton plus léger et en fut ravi. Peut-être l’avait-il déridé. Leary sentit une pointe de nostalgie l’envahir, nostalgie qu’il partagea avec la femme. « Pourquoi sceptique ? Le lieu sera favorable et intéressant. » En tant que scientifique, il avait été ravi. Les lieux changeaient, mais normalement cela serait idéal pour leurs faibles cultures.

Il y avait aussi le fait qu’ils se rapprochaient des cents et Leary en était content. Il savait qu’il y avait des incompréhensions et de la rancune des deux côtés, mais normalement le temps aiderait à tout tasser. « Il y a le Conseil, mais aussi des scientifiques qui ont réfléchi. Le Conseil n'a pas choisi seul. » C’était du moins ce que pensait Leary sans savoir s’il avait raison ou pas. Il se doutait que le Conseil perdait son influence ici. Il ne savait pas comment serait la vie dans le nouveau lieu, si le Conseil perdrait encore plus d’influence, mais il était bien curieux de le découvrir. Il était bien loin de se douter qu’une rébellion s’organisait, que des murmures rôdaient. Leary était bien loin de toutes ces histoires. « Je fais ma vie j’imagine. J’essaie d’explorer le plus de zone possible qu’on m’autorise. On ne peut pas sortir d’ici comme on veut. Mais je suis mieux dehors. » Leary avait quelques projets dans la tête, des projets dont il n’osait pas parler. Le brun regarda au loin, le regard dans le vague. « Je me demande comment ce serait loin d’ici, la vie comment elle est, les tribus, les coutumes. » C’était un homme de science qui avait soif de découverte. Il n’avait pas répondu réellement à la question de comment il allait lui. Ce serait difficile d’y répondre et de dire la vérité. Il se sentait un peu comme un ovni qui commençait à se détacher des siens. Il était parfois perdu et se demandait s’il ressentirait plus de cohésion pour les siens une fois là-bas.

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Sujet: Re: Mélange de souvenirs | Chiraz
Mer 16 Aoû - 22:39

Chiraz avait pris l’habitude - mauvaise ou bonne, elle l’ignorait encore - de sursauter à peu près tout le temps, depuis qu’elle habitait la Terre. Une question de réflexe, probablement. C’était un peu comme si elle était constamment sur la défensive, toujours prête à faire un bond de côté. Et ce même si ce n’était que Leary, et qu’il ne présentait aucune menace potentielle. Du moins, la jeune femme en était persuadée. Elle n’était plus vraiment sûre de rien, désormais ; elle avait bien vite appris qu’ici, toutes les connaissances qu’elle avait pu accumuler sur l’Odyssée ne lui serait que de peu d’utilités. Certes, il y avait eu tous ces cours de survie, ces informations balancées un peu au hasard avant le départ sur ce que l’on savait de la vie sur Terre, de l’environnement. Ça n’était que de la théorie, et ne valait pas grand chose une fois sur le terrain. Elle avait appris à se débrouiller par elle-même, et avait appris à discerner le danger dans cet endroit hostile. La blonde soupira presque de soulagement quand elle aperçut le visage familier et presque réconfortant de Leary. « On fait aller. Je m’y suis fait. » Chiraz lança un regard rapide sur sa main, entourée d’un bandage. Les soins ici étaient définitivement moins efficaces que sur l’Odyssée, et la jeune femme craignait que les choses n’aillent de mal en pis avec l’amoindrissement des réserves. Il allait vite falloir que les Odysséens découvrent d’autres pratiques médicinales avant de se retrouver sans soins. La jeune femme lui serra la main avec un petit sourire ; sa façon à elle de lui montrer son soutien. Elle n’avait jamais été très douée dans les relations humaines. La jeune femme voulait simplement dire à Leary qu’elle était là pour lui - d’une certaine manière, elle l’admirait beaucoup. Il n’avait jamais eu l’air de baisser les bras ou d’abandonner, malgré tout ce qui avait pu lui arriver, malgré sa blessure ; rien. C’était un roc, tandis qu’elle s’était contentée de vivoter et de dériver pendant un long moment.

La jeune Wexforth triturait un peu au hasard, plus nerveusement que pour véritablement aider, divers bibelot qu’elle rangeait mécaniquement dans un coffre. Juste pour s’occuper les mains, et faire croire aux autres qu’elle participait activement à l’effort collectif. Qu’elle prenait part à ce déménagement duquel elle se fichait pas mal. Qu’ils soient là ou ailleurs, rien ne changerait vraiment. Du moins, c’était ce qu’elle pensait. Certes, se rapprocher du camp des Cents pouvaient être une bonne idée… Si seulement il y avait eu une véritable volonté de se rapprocher, de recréer une vraie unité dans le Skaikru. Mais une unité était-elle vraiment possible entre ceux qui avaient été envoyés ici comme des cobayes et ceux qui avaient décidé cela ? Elle en doutait fortement. « Moi aussi, mais après, on restera longtemps si tout va bien. Cette carcasse est dangereuse pour nous. » Leary lui désigna d’un geste de la main le camp, ou du moins ce qu’il en restait. La carcasse avait été déjà bien endommagée par l’atterrissage et le séisme de l’an dernier n’avait rien arrangé. Chiraz avait presque pitié de son propre peuple, jadis régnant dans les cieux, et aujourd’hui réduits à dormir dans un tas de ruines. « Ça, je veux bien te l’accorder. J’espère juste ne pas avoir à faire des cartons tous les ans » dit-elle avec un petit sourire fatigué. La jeune femme n’était pas d’un naturel particulièrement jovial et enthousiaste, mais son caractère n’allait pas en s’arrangeant ces derniers temps. Il était rare de la voir autrement qu’arborant une expression figée, voire crispée. Son coeur s’allégea toutefois quand Leary et elle échangèrent quelques mots en trigadesleng, et elle fut en vérité assez touchée par l’intention de son ami. Il s’était toujours montré intéressée par les espèces de cours que Chiraz organisait, parfois, pour les autres Odysséens. Étudier cette culture terrienne, si différente de la leur, était probablement la seule chose qui l’intéressait véritablement, qui la faisait vivre. Et la jeune femme aurait donné énormément pour pouvoir reprendre son métier, celui de professeur, mais désormais il n’y avait plus de temps pour ça, pas dans l’urgence de la situation. Il s’agissait de survivre, d’apprendre à vivre ici, à cohabiter avec les autres peuples. Mais dans un coin de son coeur, l’espoir subsistait. Elle savait que c’était aussi le cas pour Leary, même s’il semblait s’être mieux adapté qu’elle. « Pourquoi sceptique ? Le lieu sera favorable et intéressant. » Chiraz haussa les épaules, presque instinctivement. La jeune femme était sceptique de nature. Pour être honnête, elle se fichait pas mal d’être ici ou là-bas. Tant qu’elle avait un toit sur la tête et de la nourriture dans son assiette… Le reste lui importait peu. « Hm. Je suis pas sûre qu’un déménagement puisse régler nos problèmes, mais… » dit-elle, perplexe. « Au moins, ils essaient ».

« Il y a le Conseil, mais aussi des scientifiques qui ont réfléchi. Le Conseil n'a pas choisi seul. » La remarque de Leary, presque innocente, fit doucement sourire Chiraz. Depuis quand le Conseil écoutait-il quelqu’un d’autre qu’eux-mêmes ? Depuis quand les opinions divergentes avaient-elles un vrai poids dans la balance ? Elle avala sa salive avec difficulté, et un goût amer lui saisit la gorge. Elle se convint, difficilement, qu’elle devait pourtant le croire, qu’elle devait suivre les ordres du Conseil, pour le bien commun. L’effort collectif. Si tout le monde se mettait à étaler ses doutes partout, on ne s’en sortirait. Chiraz devait faire confiance… Sauf que c’était loin d’être son truc. Est-ce que le Conseil avait écouté quelqu’un d’autre quand ils avaient envoyé les Cents sur Terre, comme de vulgaires cobayes ? Est-ce qu’ils avaient demandé leurs avis aux Cents, ou aux familles de ceux-ci ? Est-ce qu’ils avaient demandé l’avis aux Odysséens, avant de les faire devenir les complices de leurs manigances ? Non, pas vraiment. Chiraz doutait que les choses soient bien différentes aujourd’hui. « Oui, j’imagine que c’est une décision mûrement réfléchie »… ce qui ne la rendait pas bonne pour autant, pensa-t-elle avec une amertume à peine dissimulée. Enfin, la jeune femme n’avait pas vraiment envie de parler du Conseil et de toute la colère que celui-ci provoquait chez elle. Elle voulait juste passer un bon moment avec Leary, et oublier un peu tous ces soucis. Aussi changea-t-elle rapidement de sujet. « Je fais ma vie j’imagine. J’essaie d’explorer le plus de zone possible qu’on m’autorise. On ne peut pas sortir d’ici comme on veut. Mais je suis mieux dehors. » Ça, Chiraz le savait, qu’on ne pouvait pas circuler librement. Elle aussi se sentait mieux dehors, loin du groupe, seule avec elle-même. C’était une solitaire de nature. « Faudrait que tu viennes avec moi, une fois. Je te montrerais comment te faufiler sans que les autres te voient. Y’a un moment, au début d’après-midi, je sais pas si c’est parce que c’est l’heure de la sieste ou quoi, mais y’a toujours un moment de battement où il est possible de s’en aller sans tomber sur un garde » sourit-elle d’un ton malicieux. Depuis l’atterrissage, la blonde avait développé un nombre assez impressionnant de techniques d’évasion. Comme si c’était son propre peuple qu’elle fuyait, son propre peuple qui la déconcertait et lui donnait envie de s’échapper… Cette idée la fit frissonner, mais elle la chassa bien rapidement de son esprit. Elle devait faire des efforts, tâcher de se montrer soudée avec le groupe. Elle ne pouvait pas se permettre de se la jouer solo. « Je me demande comment ce serait loin d’ici, la vie comment elle est, les tribus, les coutumes. » Le sourire de la jeune femme s’agrandit, et elle tourna son regard vers l’extérieur, vers cette étendue immense. Toute une planète s’offrait à eux, tout un univers restait à découvrir. Leur planète. Ils étaient à la maison, enfin. « Tout un monde à découvrir et nous voilà coincés ici à ranger » plaisanta-t-elle d’un ton plus léger, enfin détendue. « J’aimerais tellement… j’aimerais pouvoir y aller, tu vois ? Pouvoir me dire un matin que je vais passer la journée avec des Terriens. J’aimerais… qu’il n’y ait aucun danger, aucune animosité entre tous. Entre Odysséens, Cents et Terriens ». Un pli soucieux apparut sur le front de la jeune femme. « C’est bête, comme idée » dit-elle finalement avec un petit rire nerveux. L’idée que tout le monde s’aimerait et vivrait d’amour et d’eau fraîche… Elle était bien naïve. Chiraz releva la tête brièvement. « Ça ne te manque pas, parfois, d’être là-haut ? Malgré que j’adore cet endroit, des fois… Ça me manque »..

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07/12/2015 204 Luke Evans AVENGEDINCHAINS Professeur en biologie 10


Sujet: Re: Mélange de souvenirs | Chiraz
Mer 23 Aoû - 16:00

Leary avait bien fait de venir près de Chiraz et de discuter avec elle. Il avait l’impression qu’elle était perdue sans savoir si sa sensation était la bonne. Il espérait lui aussi de pas devoir faire les cartons tous les ans. Si cela s’avérait être le cas, alors cela voudrait dire que toute la structure sociale du camp était défectueuse. Il n’était pas bête, il savait qu’il y avait des tensions et que la question matérielle n’était qu’une composante parmi d’autres du reste. Il tentait de savoir pourquoi Chiraz était sceptique de tout ceci et il ne vit qu’un soulèvement d’épaules en guise de première réponse. « Quels problèmes ? Je pense que se rapprocher des cents nous aiderait. En plus le lieu est plus propice pour les cultures. » Lui y croyait en tout cas. Leary n’avait jamais été un partisan du Conseil, pour autant il n’avait pas l’âme dissidente. Il n’allait que très rarement contre les autres, préférant les observer avant d’agir. Il vit bien la blonde sourire quand il parla du Conseil, mais cela ne le vexa pas. Il se demanda un instant si elle était contre le Conseil. Le brun avait-il envie forcément de le savoir ? Pas si sûr car la réponse risquait de l’impliquer dans quelque chose dont il ne voulait pas être mêlé. Alors il ne demanderait rien et si elle voulait parler, elle le ferait. Le brun décida de changer de sujet, de parler de son envie d’explorer, de découvrir le monde par-delà leur lieu de vie. Il était sûr que la blonde pouvait le comprendre. Après tout, elle avait un lien fort avec la langue des natifs, elle la leur apprenait.

Le scientifique avait donc l’impression qu’elle ne le jugerait pas s’il disait son intention d’explorer. Il ne savait pas ni comment ni quand il le ferait, mais il espérait le faire un jour. Il se donnerait bien les moyens. Leary se donnait le temps de bien s’installer, ensuite, il préparait la suite. Pour lui, la clef d’une bonne exploration était la préparation. Sans, il irait au-devant de la mort. Leary sourit quand Chiraz partagea son savoir sur les sorties secrètes. « Je serais très heureux de savoir comment faire. En général je me signale. J’ai un bon contact avec Coben, le chef de la garde. Même si ce n’est pas à lui que je signale mes sorties. » Il l’appréciait bien. Ils échangeaient de temps en temps et Leary faisait part de ses découvertes à l’extérieur. Leurs âges presque similaires entre les deux hommes pouvaient renforcer les liens. Il était toujours curieux de l’autre monde et aimerait tellement en apprendre sur les autres tribus, discuter avec les natifs qui parlaient anglais. Mais tout était si fragile et prêt à se casser à la moindre occasion. Oui coincés à ranger, c’était bel et bien le terme et le sentiment étrange que Leary ressentait. Il poussa un bref soupir. Il partageait son envie de partir et de visiter les autres tribus, de ne pas être enfermé dans cette animosité. « Ce n’est pas bête. J’aimerais bien y arriver. Mais nous ne nous entendons même pas avec la moitié des nôtres… Ou difficilement. Comment s’entendre avec des gens qui ne parlent pas forcément notre langue ? »

En tout cas une seule partie d’entre eux parlait anglais et c’était difficile pour dialoguer. Il y avait aussi des différences de cultures, des habitudes qui ne se partageaient pas. Leary leva le nez, regarda le ciel alors que la blonde parla de là-haut. Il réfléchit sérieusement à sa question. Il savait ce qui lui manquait de là-haut, des personnes, des souvenirs qui ne se répéteraient pas, mais d’autres choses, jamais. « Oui parfois. Mais je me dis ici nous avons tellement de possibilité, de mouvement. C’est plus qu’on n’en aurait jamais eu là-haut. » Ici ils étaient libres même si c’était relatif. Leary posa son regard sur Chiraz. « Jusqu’où as-tu été dans ton exploration de la région ? » Il était curieux de ce qu’elle, elle avait vu.

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12/10/2014 Brimbelle 47074 Jessica Chastain Lux Aeterna Médecin / Herboriste 344
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Sujet: Re: Mélange de souvenirs | Chiraz
Mar 7 Nov - 20:25

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Sujet: Re: Mélange de souvenirs | Chiraz

 

Mélange de souvenirs | Chiraz

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