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˜˜˜˜˜˜Tes mots comme du Poison [Azariel]
maybe life should be about more than just surviving


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30/07/2016 Nexus 1189 Katie Mcgrath Nexus Druidesse 20
La Ciguë Noire


Sujet: Tes mots comme du Poison [Azariel]
Ven 2 Juin - 11:56

Entre deux vagues, le sifflement du vent.
Alors que les derniers rayons du soleil percent le ciel, le sinistre naori se fond avec le décor. Là, cachée sous son lourd manteau noir, elle rôde dans le village des calusas. Pourquoi si tard alors qu'il lui serait plus simple de rester pour la nuit, se lover dans les draps confortables d'une chambre à l'auberge ? Elle semble bien hâtive de quitter les lieux, armée de sa lourde besace qui pend à son épaule alors que rapidement, elle emprunte la voie du nord, longeant la plage, écoutent les remous de l'eau, hument l'odeur marine qui embaume les environs. Pas de précipitation, comme toujours elle ne craint rien, elle ne craint personne. Dans son éternelle solitude, la jeune femme finit par rejoindre la carcasse massive et inquiétante du navire à l'abandon retenu par deux lourds cordages. Oh elle avait entendu les rumeurs sur le sujet et la peur qu'avaient les Calusas à y mettre les pieds. Pouvait-on les blâmer ? La seule raison qui faisait qu'elle-même n'avait pas encore foulé les entrailles de ce navire échoué, c'était par simple sécurité.

Pieds nus dans l'eau basse, orteil enfoncé dans le sable, Varghause observe l'horizon. Voilà un moment déjà que le soleil s'est couché et pourtant, elle est resté à attendre simplement, les vagues venant heurter le bas de sa robe déjà trempé par l'eau de mer. Dans un soupir, elle recule puis pivote. Elle n'attend pas pour rien, ici loin des regards. C'est un rendez-vous qui la force à la patience et pas n'importe lequel. Un rendez-vous avec un client régulier. Cependant, la nature de leur échange force à la discrétion et plus encore pour lui. Pirate, maudit pirate... Avec Azariel, c'était une relation compliquée. Mais ce qui comptait c'était la raison pour laquelle il commerçait directement avec elle. D'un geste lent, la jeune femme pivote sur elle-même. Dans la pénombre, une silhouette imposante s'approche, le pas lourd et rythmé. C'est lui, c'est bien lui... Même sans lumière, elle peut aisément reconnaître cette façon qu'il a de se tenir.

L'ophidien des dunes

Malgré elle, un sourire étire les lèvres de Varghause alors que son regard brille d'une lueur malsaine. Elle le laisse approcher jusqu'à ce que son visage soit enfin à découvert, ses traits bien visibles dans la noirceur de la nuit. Il n'avait pas changé depuis leur dernier entretient. Sacré Azariel, toujours cet air mauvais, surtout en présence d'une femme...

« Tu es en retard... Je vais finir par croire que te cherche à te faire désirer. »

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23/05/2017 sophia 13 Jonathan Rhys Meyers sophia (avatar) 10


Sujet: Re: Tes mots comme du Poison [Azariel]
Dim 4 Juin - 17:41

L’occasion d’une escale pour retrouver l’agréable sensation d’une terre ferme sous les pieds, du sable fin qui glissait sous le talon et entre les orteils, de l’odeur des roches battues par les flots marins. Le regard perdu vers l’astre du jour rougeoyant qui se faisait progressivement happer par l’horizon plat, Azariel campait, accroupi, en haut d’un petit amas de roches qui s’élevait au beau milieu d’une plage déserte. Les coudes calés sur ses genoux pliés, le pirate observait d’un air absent la houle lécher de son léger clapotis les abords sableux, montant et descendant en laissant un sillon d’écume. Un bref moment de solitude qui était bienvenu dans une existence de marin où, sur le bois grinçant du Moissonneur, cela n’existait pas vraiment. Au loin, bercé d’un faible halo de la lumière mourante, le Rahjak pouvait distinguer la silhouette de l’épave qui se détachait dans les flots scintillants. Un vieux rafiot aux ombres menaçantes que la nature semblait à la fois rejeter et englober, et qui avait son lot d’histoires horrifiques d’après les Calusas. Azariel ne savait qu’en croire, pour faire partie lui-même d’un équipage qui trainait dans son sillage moult récits qui en faisaient trembler plus d’un.

La pénombre chassa finalement ce qu’il restait de clarté pour envelopper le pirate de son voile feutré, qui se laissa alors glisser jusqu’au sol et atterrit souplement. Il se mit en marche d’un bon pas, justement en direction de l’épave. Un lieu qu’il n’avait encore visité, cependant cette vieille carcasse rouillée inspirait sa curiosité, bien que, ce soir-là, il ne venait pas pour la satisfaire. Comme toutes les autres fois où il s’était rendu ici, pour honorer un rendez-vous que d’aucun pourrait qualifier de curieux. Voire de malsain. C’était pourtant aussi simple qu’une rencontre pour faire affaires. L’épave, un lieu de rendez-vous évidemment propice pour la discrétion qu’il permettait, mais il était vrai qu’il existait des endroits bien plus attractifs. Sauf que la simplicité n’avait rien d’enchanteur, et puis, c’était du Varghause tout craché, après tout. Et il lui tardait de retrouver la mégère persiffleuse qui avait pris l’habitude de lui concocter les poisons dont il usait avec prédilection.

Les yeux habitués au manque de lumière, une fois aux abords de l’épave, Azariel aperçut la silhouette emmitouflée de son classique manteau, dont on ne pouvait que se demander ce qu’il pouvait bien cacher. Une carcasse sinistre, dont le visage aux traits creusés semblait s’abîmer à chaque rencontre, s’altérer vers une noirceur sans fond. C’était à se demander ce qu’on pouvait bien lui trouver, d’autant qu’elle mordait mieux qu’une vipère. Mais sans doutes était-ce pour cela que le pirate parvenait presque à la supporter : parce qu’il préférait les serpents aux humains. Azariel, un air mauvais plaqué sur le visage, le regard froid et sournois, semblait presque à l’opposé de la lourdeur de la tenue de Varghause, dans sa chemise en coton noire, les manches retroussées jusqu’aux coudes, le lacet du col négligemment ouvert. Il haussa un sourcil sarcastique face à la remarque acide de la jeune femme, rétorquant sur le même ton avec un sourire à la fois narquois et mauvais : « Et pourquoi pas ? Se pourrait-ce que je t’ai à ce point manqué ? » Ça l’aurait grandement étonné, cela dit. Observant pendant quelques secondes le teint fantomatique de la Naori, qui contrastait avec le noir de sa tenue, il ne put s’empêcher d’ajouter d’une moue moqueuse : « Toujours aussi fraiche, à ce que je vois. »

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30/07/2016 Nexus 1189 Katie Mcgrath Nexus Druidesse 20
La Ciguë Noire


Sujet: Re: Tes mots comme du Poison [Azariel]
Sam 10 Juin - 15:00

Et pourquoi pas ? Se pourrait-ce que je t’ai à ce point manqué ?

« Possible... Je manque de défouloir ces derniers temps.»

La ciguë soutient le regard de son comparse aux yeux aussi clair que les siens. C'est fou ce qu'ils pouvaient se ressembler tout en étant très différent. Varghause dévisage Azariel, son faciès taillé au burin plus austère que jamais avec les ombres de la nuit. Pirate, maudit pirate... Mais qu'y pouvait-elle ? Varghause avait toujours un faible pour les mauvais, pour les souillés pour les monstres et les tordus.

Toujours aussi fraiche, à ce que je vois.

Dans un claquement de langue agacé, la femme détourne le visage. Et voilà qu'il commençait, à peine arriver. Lentement, elle lève une de ses mains gantée et vient effleurer la cicatrice qui barre sa gorge, trahissant un égorgement propre mais pas assez profond pour la tuer. Juste de quoi laisser une marque qui la suivrait tout au long de sa misérable vie. La Naori soupir et souffle à son tour, le ton détaché et froid.

« Si seulement tu pouvais te servir de ta langue à des fins plus intelligentes, Azariel. » Elle glisse vers lui un regard en biais, rictus au coin des lèvres.  « Et n'y vois là ni sous-entendu, ni invitation. C'est juste que je supporte de moins en moins le sifflement vipérin de ta voix. »

Souffle-t-elle cinglante, piquant et non sans ce sourire mielleux et carnassier qui rendait son visage plus agaçant encore. La sinistre femme s'approche doucement, ses pieds nus foulant le sable frais alors que d'un geste lent, elle sort de sa besace une minuscule fiole au liquide clair comme de l'eau et dont le bouchon était fermé par de la cire noire. La naori n'était pas là ce soir comme guérisseuse mais comme une délicieuse et tentatrice empoisonneuse. Penchant le visage, sa bouche aux lèvres charnues se pince en un sourire pingre alors qu'elle murmure à nouveau.

« Comme tu le vois, j'ai une fois encore tenu parole et t'ai concocté ton poison... Alors dis-moi Ophidien... Qu'as-tu apporté comme paiement pour mes services ? »

Lentement, Varghause continue sa marche, tournant autour du pirate, détaillant sa stature, cherchant du regard ses armes. Oh elle savait qu'elles étaient là quelque part, attendant l'instant propice pour gicler hors de la nuit et probablement venir se planter dans ses entrailles.

« Un sourire ? Un compliment ? Je ne suis pas bien difficile... Mais j'exige toujours un paiement pour mes poisons... » Se hissant sur la pointe des pieds, elle se glisse dans son dos et vient murmurer à son oreille. « Tu risque gros à venir me voir, surtout avec ton capitaine qui ne me supporte pas... J'imagine que s'il apprenait, disons, par mégarde... que son quartier-maître venait à commercer des poisons avec moi... Il serait très... très... très... Mécontent ? »

Un rire brise le silence, rauque et le ton bas. Varghause recule doucement le visage, dardant son regard clair dans celui d'Azariel alors qu'elle vient lui faire face à nouveau. Elle porte la fiole de poison à sa poitrine, la serrant dans sa main comme un objet précieux et murmure à nouveau.

« Alors ? Qu'as-tu pour moi, serpent ? »

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23/05/2017 sophia 13 Jonathan Rhys Meyers sophia (avatar) 10


Sujet: Re: Tes mots comme du Poison [Azariel]
Lun 19 Juin - 18:11

Azariel haussa un sourcil vaguement offusqué, si tant est qu’il avait vraiment quelque chose à faire de la façon dont Varghause le considérait : alors n’était-il ainsi qu’un simple défouloir à ses yeux ? Oh, c’était dommage, tout de même. C’était comme si on gâchait un peu le potentiel du pirate. Son regard froid détailla la jeune femme qui lui faisait face, ou aurait-il dû la nommer plus justement l’éternelle morue, observant cette peau au teint plus cireux et maladif que jamais, ces traits creusés comme si la mort était déjà passée mais qu’elle l’avait finalement vomi chez les vivants. Et ce nouveau détail étrange, cette marque qu’elle effleura d’ailleurs, celle d’un coup précis, le fil tranchant qu’un couteau qui avait joué de son derme et goûté son sang. Dans quoi s’était-elle seulement encore fourrée, cette fois ? Elle ne parut guère apprécier sa remarque, cela dit. Comment lui en vouloir…

L’homme du désert éclata d’un rire plus que narquois à la remarque de Varghause. « Oh, quel dommage. » Il passa à côté d’elle, la frôlant presque parce qu’après tout, elle détestait cela, jeta un bref coup d’œil à la fiole qu’elle venait de sortir, puis lui tourna un instant le dos pour regarder pensivement les étoiles qui apparaissaient dans la voûte céleste, lâchant alors dans un nouveau rire moqueur : « On peut pourtant faire tant de choses silencieuses et délectables, avec une langue. » Mais pas Varghause. Elle semblait se plaindre de sa verve sifflante, mais il aurait pu en dire autant d’elle, c’était d’ailleurs à croire qu’elle ne savait faire autre chose que cracher son venin comme une petite vipère. Il se retourna vers la jeune femme, les bras croisés et les lèvres tordues en une expression mauvaise. Alors voilà, l’heure des négociations s’engageait déjà. Pressée d’en finir alors qu’ils n’avaient échangé là qu’une maigre joute ? Les humains et les femmes en particulier tendaient à être de plus en plus décevants. « Comme c’est aimable de ta part. », répliqua-t-il avec une pointe de cynisme. « Mais je ne crois pas t’avoir jamais forcée à me rendre ainsi service. Tu es d’une nature si généreuse… »

Un compliment pour la remercier ? Quelle drôle d’idée… quand il tentait d’en faire un, elle le prenait manifestement fort mal. Il eut été si simple de traiter avec un Rahjak et de lui faire miroiter dans les yeux l’éclat infernal et insaisissable de l’or. « Un sourire ? Tu sais bien que cela équivaudrait à une montagne de diamants, et comme tu n’as que faire d’un diamant, tu te ficheras bien d’un air aimable de ma part. » C’eut été peu cher payé pour la concoction de ses poisons, quoique concernant Azariel, c’était à se demander s’il n’y avait jamais eu le moindre sourire sincère dessiné sur ses lippes. Une expression froide accueillit le chantage de la sorcière. « Je ne connais personne qui te supporte, Varghause. Tu sembles parfois plus toxique que tes poisons, alors pourquoi donc te soucierais-tu de mon existence ? Mais soit… » De son index, il se massa pensivement la pointe du menton, comme s’il réfléchissait à son paiement. « Je doute que tu te sois donné toute cette peine pour m’arracher le moindre compliment. Que pourrais-je dire, sinon que je n’ai jamais eu à me plaindre de tes talents ? Alors dis-moi plutôt de quoi tu as besoin, et si c’est un service que je peux t’apporter, alors je m’en acquitterai. » Azariel réglait ses dettes. Toujours.

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30/07/2016 Nexus 1189 Katie Mcgrath Nexus Druidesse 20
La Ciguë Noire


Sujet: Re: Tes mots comme du Poison [Azariel]
Mer 21 Juin - 12:14

On peut pourtant faire tant de choses silencieuses et délectables, avec une langue.

Un tic nerveux étire le faciès cendré de la naori. Elle détourne furtivement le regard face à l'allusion déplacée qui sonnerait presque comme une invitation. Et si c'est de cela dont il s'agit, c'est hors de question. Un frisson de dégoût la parcours, non pas pour Azariel mais pour l'acte en lui-même. Toujours aussi prude, la druidesse ne compte pas briser ses vœux de chasteté. Une fois lui a été bien suffisant. Et avec un autre pirate ? Autant signer son arrêt de mort. Il devait y avoir mieux comme amant, non ?

Un sourire ? Tu sais bien que cela équivaudrait à une montagne de diamants, et comme tu n’as que faire d’un diamant, tu te ficheras bien d’un air aimable de ma part.

Un rire franc mais sournois glisse entre les lèvres de la druidesse. Le rire de la sorcière, fortement amusé par la condition qu'on lui octroie. L'oeil vif bien que vitreux, elle fixe le pirate avec un air gourmand sur les lèvres.

« Oh mais détrompe-toi, je sais quel effort cela te demanderait d'avoir à me complimenter. Ton ego en serait si durement touché que je ne pourrais que m'en délecter. »

Tout n'était qu'affaire de domination et de négociations entre eux. Varghause ne se souvenait pas avoir eu un seul contacte sain avec cet homme. Jamais. Et Azariel, tout aussi sombre qu'il est, n'hésite pas à rappeler à sa comparse que malgré tout, sa noirceur surpasse la sienne. Elle, l'altruiste druidesse a l'allure macabre.

Je ne connais personne qui te supporte, Varghause. Tu sembles parfois plus toxique que tes poisons, alors pourquoi donc te soucierais-tu de mon existence ? Mais soit…

« Arrête, tu me flattes. »

Dans un soupir, elle porte une main à sa poitrine, à peine rehausser dans son corsage devenue trop grand depuis sa perte de poids effrayante. Ses doigts effleurent sa peau et comme une gourgandine, elle surjoue, s'amuse de cette remarque acerbe qui n'en reste pas moins la vérité.

« Oh, Azariel... Tu sais comment parler à une femme. »

Mais bien vite la main retombe, tout comme le sourire libidineux qui avait ourlé ses lèvres l'instant d'avant. Varghause a le regard mauvais alors qu'elle s'approche à nouveau, soutenant le regard du pirate. Ah ces rahjak, comme elle peut les adorer autant qu'elle les déteste. Mais là, c'est un jeu auquel ces deux-là se livre. Un jeu qui n'en finit pas depuis leur rencontre.

Je doute que tu te sois donné toute cette peine pour m’arracher le moindre compliment. Que pourrais-je dire, sinon que je n’ai jamais eu à me plaindre de tes talents ? Alors dis-moi plutôt de quoi tu as besoin, et si c’est un service que je peux t’apporter, alors je m’en acquitterai.

« Hm... Tu sais ce que je veux ? Vraiment... ? »

Et à nouveau ce sourire carnassier. La femme tend la main, s'empare du cuir revêtit par Azariel et le tire doucement à elle, le forçant à se baisser pour être à sa hauteur. Il n'y a aucune brusquerie dans ce geste, plutôt une douceur bien calculée, trop même. Prédatrice, la naori dévisage allègrement. son comparse et murmure tout près de son visage.

« Il y a bien deux petites choses que je voudrais, à bien y réfléchir... Je veux que tu oses dire à Abel que tu commerces avec moi, que tu lui dises que sous tes grands airs, tu m'apprécies... Ensuite... »

Ses doigts s'écartent, elle le relâche et tandis qu'un rire discret mais sournois s'échappe de sa bouche aux lèvres pâles, elle pivote le visage, dardant son regard sur la carcasse du vieux bateau à l'abandon. Sa main se lève, son doigt se pointe et déjà, sa voix résonne, froide, sombre et non sans l'écho d'amusement mal placé.

« Je veux que tu ailles là-bas et que tu me ramènes quelque chose de ce navire. N'importe quoi, ce que tu veux... » Son autre main se lève, agite la minuscule fiole de poison à l'oreille du pirate. « Fais-le, et je te donne ce pour quoi tu es venu... échoue, je garde le poison pour quelqu'un de plus offrant et je me ferais un plaisir de faire savoir à Abel que tu complotes en ma compagnie. » Nouveau rire. « Et nous savons qu'il vaut mieux qu'il l'apprenne de toi que de moi... Il serait dommage de te voir finir empalé sur une pique à rôtir pour finir dans l'estomac de ton cannibale de capitaine. En plus, si la vérité vient de moi, je serais trop tenté d'extrapoler la chose, il est trop tentant d'attiser la rancoeur de ton chef moissonneur... Je crois que je ne ferais que rendre la chose pire encore pour toi.»

Dans un soupir mêlé d'un rire sinistre, Varghause recule doucement, pas à pas en agitant toujours plus la fiole. Elle la jette en l'air, la rattrape, bien enfermer dans son poing et alors que son visage affiche une expression plus malsaine et carnassière que jamais, elle susurre.

« Cependant je t'accorde une faveur... Celle de t'accompagner dans ton périple sur ce navire. Libre a toi d'accepter ou de refuser, Ophidien. »

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23/05/2017 sophia 13 Jonathan Rhys Meyers sophia (avatar) 10


Sujet: Re: Tes mots comme du Poison [Azariel]
Sam 15 Juil - 20:00

Les narines du pirate frémirent légèrement d’agacement. La complimenter ? Oh non, cela demanderait bien plus que mettre son ego de côté. Cela reviendrait à tenter de lui trouver des qualités et de les mettre en valeur. Quelle drôle d’idée, vraiment ! Azariel haussa un sourcil railleur, observa sans mot dire le corsage trop grand de la jeune femme, se demanda pour quelle raison elle s’obstinait à en mettre un alors qu’il n’y avait rien à serrer. Parler à une femme ? Il grommela quelque chose d’incompréhensible : il savait plutôt comment les faire taire, oui ! Et alors que le sinistre squelette l’obligeait doucement à baisser le regard à sa hauteur, le regard de l’Ophidien se plissa, ne restant plus que deux fentes noires au fond de la glace bleutée de ses prunelles, qui observaient Varghause avec méfiance. Il détestait quand elle avait ce regard, ça n’annonçait jamais rien de bon.

Un rictus de colère tordit les lèvres du pirate à la première demande de la druidesse. QUOI ? Révéler à son capitaine qu’il fréquentait la pire cinglée de la terre pour se ravitailler en poisons ? Hors de question. Abel la détestait, et à juste titre. Il l’écorcherait vif en apprenant une chose pareille. Un feulement rageur s’échappa de sa gorge alors qu’il la foudroyait du regard lorsqu’elle s’éloigna légèrement pour le libérer de son étreinte. « DEUX choses pour UNE fiole ? C’est un peu cher payé… Et puis, dire que je t’apprécie serait vraiment le pire mensonge que je puisse faire, pire encore que de dire que j’ai jamais tué personne. » Un ricanement mauvais s’échappa d’entre ses lèvres alors qu’il songeait qu’il serait si simple de l’égorger, là et maintenant. Mais quelque chose empêcha sa main de se porter vers l’une de ses dagues pour joindre l’acte à la pensée. De la pitié, de la compassion ? Oh non, loin de là et pire, s’il éprouvait vraiment de la compassion à son égard – ou pour n’importe qui, d’ailleurs – la meilleure chose à faire serait de faire cesser le martyr que Varghause s’infligeait pour des raisons qui lui échappaient. Alors quoi ? Il fallait quand même avouer qu’elle était utile, à défaut d’être sympathique. Trouver un autre empoisonneur en dehors des Rahjak relèverait d’une mission presque impossible.

Le regard d’Azariel se porta vers le navire échoué que la jeune femme désignait. Entrer là-dedans ? Il jaugea un instant la vieille épave qui n’avait rien d’accueillant. Mais de là à être hantée ? Il en faudrait plus que ça pour effrayer un pirate du Moissonneur. Et le Rahjak leva ostensiblement les yeux au ciel alors que la diablesse le narguait avec la fiole qu’elle refusait de lui donner simplement. Un soupir siffla entre ses dents serrées, les traits du visage tirés en une expression de haine alors qu’elle le menaçait de manière éhontée. Par les flammes éternelles, il allait finir par la tuer, vraiment ! Tout, dans l’attitude du pirate, indiquait qu’il était sur le point de se jeter sur la druidesse pour l’étriper. Les muscles tendus, Azariel attendit qu’elle soit trop occupée sur le lancer de sa fiole, qu’il aurait été fort dommage de casser alors qu’il s’agissait du seul gage de sa survie, pour porter discrètement une main à son fouet enroulé attaché à sa ceinture. Et la lanière de cuir fusa plus rapidement que le son qui claqua dans l’air, pour s’enrouler autour du cou de Varghause, enserrant sa gorge sans ménagement. Le pirate tira d’un coup sec en arrière pour l’obliger à perdre l’équilibre si elle comptait garder ses cervicales plus ou moins à la bonne place.

Le Rahjak s’approcha de quelques pas pour toiser la druidesse de haut, esquissant un sourire mauvais en songeant qu’elle devait absolument adorer qu’on lui titille la gorge. « Continue à persiffler et c’est ta langue que je vais arracher, avant ta tête. La seule chose qui te donne le moindre avenir après cette soirée, outre la fiole que tu t’amuses à m’agiter sous le nez, c’est le fait d’être l’une des rares non Rahjak à concocter ce dont j’ai besoin. Le jour où j’aurais trouvé quelqu’un d’autre, de passablement plus commercial, tu ne seras plus d’aucune utilité. », cracha-t-il sans la moindre once d’empathie. « Je veux que ce paiement serve aussi d’avance aux deux prochaines fioles, en plus de celle-ci. Souris, c’est le gage de ta survie d’ici là. » Et d’un geste souple sur la poignée du fouet, il libéra la sinistre créature de la lanière qui l’emprisonnait. « Je parlerai à Abel. », lâcha-t-il dans un sifflement mauvais, qui engageait le pirate à contrecœur. « Maintenant, si ça ne te dérange pas, j’ai une babiole à aller chercher dans ce rafiot. Libre à toi de m’accompagner. Mais t’as pas intérêt à me ralentir. Tant pis pour toi si tu te noies, je te laisserai avec les poissons après t’avoir pris la fiole. » Et sans un mot de plus, il la contourna pour se diriger d’un pas vif vers la ruine.
 

Tes mots comme du Poison [Azariel]

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