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˜˜˜˜˜˜this reminds me of when we were young // atlas
maybe life should be about more than just surviving


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15/05/2017 stockholm syndrome / solène 137 eliza taylor dakini (avatar) professeur / diplomatie & soins 45


Sujet: this reminds me of when we were young // atlas
Mar 30 Mai - 0:37

when we were young
atlas erickson & chiraz wexforth
D’une main, Chiraz balaya la larme qui descendait lentement le long de son visage. Cela faisait déjà plusieurs heures qu’elle était assise ici, sans rien faire d’autre que de fixer cette tombe sans nom. Ou plutôt, cet amoncellement de terre qui recouvrait tant bien que mal le corps de sa mère, décédée à l’arrivée des Odysséens sur terre. La jeune femme avait l’impression que des années s’étaient écoulées sans qu’elle ait vu le visage de sa mère. Les deux femmes avaient toujours été extrêmement proches, principalement à cause de la condamnation à mort du père de Chiraz quand celle-ci n’avait que deux ans. La petite fille était alors devenue tout ce que sa mère possédait et la seule chose qui la rattachait à son défunt mari. Il y avait des matins où Chiraz se réveillait avec la désagréable impression qu’elle se retournerait et que sa mère serait là, à ses côtés, dans la tente que les deux femmes avaient prévu de partager sur Terre. La Terre, sa mère ne l’aurait finalement jamais vu autrement qu’à travers un hublot. Les souvenirs se heurtaient douloureusement dans l’esprit de la jeune femme. Elle se rappelait distinctement de sa mère, si heureuse à l’idée de retourner sur Terre, et ce même si pour cela on avait dû envoyer cent jeunes mineurs pour y tester son niveau d’habitabilité. Sa mère lui manquait, c’était indéniable. Et son malheur individuel ne semblait que grossir face au poids de toutes les autres misères ; elle tournait la tête, essayant tant bien que mal d’oublier cette tombe si funeste et si tragique, et son regard se portait sur ces dizaines et dizaines d’autres tombes, toutes identiques, toutes anonymes. Chiraz n’était qu’une seule parmi des centaines d’autres à avoir perdu un être cher. Ce cimetière était l’endroit le plus triste où la jeune femme ait jamais eu l’occasion de se rendre - ces amas de terre matérialisait concrètement la mort, la perte de l’être cher, contrairement aux éjections de l’Arche ; ils avaient pour seul avantage de permettre le recueillement, et donner l’illusoire impression que l’on se souvient de chacun de ces êtres disparus. Ce n’était évidemment pas le cas. Ces lieux représentaient la désolation, la fin de toute chose. Aussi, cet endroit était celui que Chiraz détestait le plus, même si elle s’efforçait d’y venir régulièrement. Pour penser à sa mère, pour se dire qu’elle ne l’oubliait pas, et ce même si elle ne pensait pas une seule seconde que sa mère puisse l’observer depuis l’ailleurs. Aujourd’hui, la jeune femme en était persuadée ; les cimetières étaient beaucoup plus utiles aux vivants qu’aux défunts.

Cela faisait plus d’une heure que la jeune femme était ici. Elle sécha rapidement ses yeux rougis de chagrin, et lança d’une voix enrouée : « Au revoir, maman ». Chiraz se releva et, observant quelques instants encore la tombe, se remit en marche en direction du camp de l’Odyssée. Elle connaissait ces bois comme sa poche, et avançait presque les yeux fermés. Par ici, on ne croisait que des Cents ou des Odysséens - des gens de Skaikru, somme toute, qui ne représentaient en soi aucune menace pour elle. Aussi ne prenait-elle pas toutes les précautions qu’elle pouvait prendre quand elle s’aventurait un peu loin du campement, par crainte de croiser un terrien. Son cerveau était embrouillé et embrumé de pensées de toutes sortes, la plupart concernant sa mère, mais d’autres aussi au sujet du déménagement du camp de l’Odyssée, et encore d’autres choses. Elle essayait autant qu’elle pouvait de se vider la tête, d’oublier la triste réalité - sa mère n’était plus là, et le temps ne semblait pas pouvoir panser sa douleur. Elle se haïssait, car elle se savait faible, vulnérable. La jeune femme admirait secrètement ceux qui avaient su se relever, se remettre au travail après le traumatisme de l’atterrissage, tandis qu’elle semblait incapable d’aligner une suite de mot cohérente sans se perdre dans ses pensées au bout d’un certain temps. Son moral était mis à rude épreuve depuis de trop longs mois, et la jeune femme avait désespérément besoin d’un électrochoc, de quelque chose enfin qui lui donnât de nouveau le goût de vivre, le goût de découvrir et d’aimer cette planète en occultant toutes les mauvaises choses qui s’étaient produites depuis leur arrivée ici. Chiraz, quoi qu’elle fasse et quoi qu’elle puisse vouloir, se sentait seule ici, comme si personne n’était en capacité de la comprendre. Peut-être se trompait-elle ; c’était même quasiment certain. Pourtant… Le fil de ses pensées s’arrêta net. La jeune femme était rentrée dans quelqu’un. Elle recula rapidement, sans trop réfléchir, et leva son regard rougi vers l’homme en question. Il était beaucoup plus grand qu’elle et arborait une longue tignasse blonde. Il n’avait pas l’air vraiment terrien, mais elle ne lui reconnaissait pas non plus un aspect odysséen. La jeune femme le regarda longuement, sans trop savoir quoi penser de la situation. Quelque chose la troublait. Il lui semblait étrangement familier - peut-être l’avait-elle déjà croisé auparavant ? Il lui était familier, oui, lui et cette chose dans son regard, sans que pourtant elle puisse savoir d’où elle le connaissait. « Heya » le salua-t-elle du mieux qu’elle put, forçant sur sa voix tremblante et cassée. « Ai laik kom Skaikru » marmonna-t-elle avec un accent approximatif. Dans ces moments-là, la jeune femme était heureuse de maîtriser les bases du trigadesleng. Son côté diplomate prit rapidement le pas sur sa tristesse et elle s’efforça du mieux qu’elle put d’exprimer la raison de sa venue dans les bois. Avec un peu de chance, l’homme, apparemment terrien, la laisserait partir sans broncher. Encore une chance que les Odysséens ne se soient encore brouillés avec personne. « Ai gaf gouthru klir op… op Skaikru trap. Beja » j’ai besoin d’un passage sûr pour… pour camp Skaikru. S’il vous plaît plaît. expliqua-t-elle. Elle plonge son regard gris dans celui du jeune homme, ce regard si familier et pourtant si étranger - quelque chose clochait, sans que Chiraz puisse mettre le doigt dessus.
©junne.
 

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