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˜˜˜˜˜˜this reminds me of when we were young // atlas
maybe life should be about more than just surviving


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Sujet: this reminds me of when we were young // atlas
Mar 30 Mai - 0:37

when we were young
atlas erickson & chiraz wexforth
D’une main, Chiraz balaya la larme qui descendait lentement le long de son visage. Cela faisait déjà plusieurs heures qu’elle était assise ici, sans rien faire d’autre que de fixer cette tombe sans nom. Ou plutôt, cet amoncellement de terre qui recouvrait tant bien que mal le corps de sa mère, décédée à l’arrivée des Odysséens sur terre. La jeune femme avait l’impression que des années s’étaient écoulées sans qu’elle ait vu le visage de sa mère. Les deux femmes avaient toujours été extrêmement proches, principalement à cause de la condamnation à mort du père de Chiraz quand celle-ci n’avait que deux ans. La petite fille était alors devenue tout ce que sa mère possédait et la seule chose qui la rattachait à son défunt mari. Il y avait des matins où Chiraz se réveillait avec la désagréable impression qu’elle se retournerait et que sa mère serait là, à ses côtés, dans la tente que les deux femmes avaient prévu de partager sur Terre. La Terre, sa mère ne l’aurait finalement jamais vu autrement qu’à travers un hublot. Les souvenirs se heurtaient douloureusement dans l’esprit de la jeune femme. Elle se rappelait distinctement de sa mère, si heureuse à l’idée de retourner sur Terre, et ce même si pour cela on avait dû envoyer cent jeunes mineurs pour y tester son niveau d’habitabilité. Sa mère lui manquait, c’était indéniable. Et son malheur individuel ne semblait que grossir face au poids de toutes les autres misères ; elle tournait la tête, essayant tant bien que mal d’oublier cette tombe si funeste et si tragique, et son regard se portait sur ces dizaines et dizaines d’autres tombes, toutes identiques, toutes anonymes. Chiraz n’était qu’une seule parmi des centaines d’autres à avoir perdu un être cher. Ce cimetière était l’endroit le plus triste où la jeune femme ait jamais eu l’occasion de se rendre - ces amas de terre matérialisait concrètement la mort, la perte de l’être cher, contrairement aux éjections de l’Arche ; ils avaient pour seul avantage de permettre le recueillement, et donner l’illusoire impression que l’on se souvient de chacun de ces êtres disparus. Ce n’était évidemment pas le cas. Ces lieux représentaient la désolation, la fin de toute chose. Aussi, cet endroit était celui que Chiraz détestait le plus, même si elle s’efforçait d’y venir régulièrement. Pour penser à sa mère, pour se dire qu’elle ne l’oubliait pas, et ce même si elle ne pensait pas une seule seconde que sa mère puisse l’observer depuis l’ailleurs. Aujourd’hui, la jeune femme en était persuadée ; les cimetières étaient beaucoup plus utiles aux vivants qu’aux défunts.

Cela faisait plus d’une heure que la jeune femme était ici. Elle sécha rapidement ses yeux rougis de chagrin, et lança d’une voix enrouée : « Au revoir, maman ». Chiraz se releva et, observant quelques instants encore la tombe, se remit en marche en direction du camp de l’Odyssée. Elle connaissait ces bois comme sa poche, et avançait presque les yeux fermés. Par ici, on ne croisait que des Cents ou des Odysséens - des gens de Skaikru, somme toute, qui ne représentaient en soi aucune menace pour elle. Aussi ne prenait-elle pas toutes les précautions qu’elle pouvait prendre quand elle s’aventurait un peu loin du campement, par crainte de croiser un terrien. Son cerveau était embrouillé et embrumé de pensées de toutes sortes, la plupart concernant sa mère, mais d’autres aussi au sujet du déménagement du camp de l’Odyssée, et encore d’autres choses. Elle essayait autant qu’elle pouvait de se vider la tête, d’oublier la triste réalité - sa mère n’était plus là, et le temps ne semblait pas pouvoir panser sa douleur. Elle se haïssait, car elle se savait faible, vulnérable. La jeune femme admirait secrètement ceux qui avaient su se relever, se remettre au travail après le traumatisme de l’atterrissage, tandis qu’elle semblait incapable d’aligner une suite de mot cohérente sans se perdre dans ses pensées au bout d’un certain temps. Son moral était mis à rude épreuve depuis de trop longs mois, et la jeune femme avait désespérément besoin d’un électrochoc, de quelque chose enfin qui lui donnât de nouveau le goût de vivre, le goût de découvrir et d’aimer cette planète en occultant toutes les mauvaises choses qui s’étaient produites depuis leur arrivée ici. Chiraz, quoi qu’elle fasse et quoi qu’elle puisse vouloir, se sentait seule ici, comme si personne n’était en capacité de la comprendre. Peut-être se trompait-elle ; c’était même quasiment certain. Pourtant… Le fil de ses pensées s’arrêta net. La jeune femme était rentrée dans quelqu’un. Elle recula rapidement, sans trop réfléchir, et leva son regard rougi vers l’homme en question. Il était beaucoup plus grand qu’elle et arborait une longue tignasse blonde. Il n’avait pas l’air vraiment terrien, mais elle ne lui reconnaissait pas non plus un aspect odysséen. La jeune femme le regarda longuement, sans trop savoir quoi penser de la situation. Quelque chose la troublait. Il lui semblait étrangement familier - peut-être l’avait-elle déjà croisé auparavant ? Il lui était familier, oui, lui et cette chose dans son regard, sans que pourtant elle puisse savoir d’où elle le connaissait. « Heya » le salua-t-elle du mieux qu’elle put, forçant sur sa voix tremblante et cassée. « Ai laik kom Skaikru » marmonna-t-elle avec un accent approximatif. Dans ces moments-là, la jeune femme était heureuse de maîtriser les bases du trigadesleng. Son côté diplomate prit rapidement le pas sur sa tristesse et elle s’efforça du mieux qu’elle put d’exprimer la raison de sa venue dans les bois. Avec un peu de chance, l’homme, apparemment terrien, la laisserait partir sans broncher. Encore une chance que les Odysséens ne se soient encore brouillés avec personne. « Ai gaf gouthru klir op… op Skaikru trap. Beja » j’ai besoin d’un passage sûr pour… pour camp Skaikru. S’il vous plaît plaît. expliqua-t-elle. Elle plonge son regard gris dans celui du jeune homme, ce regard si familier et pourtant si étranger - quelque chose clochait, sans que Chiraz puisse mettre le doigt dessus.
©junne.

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06/02/2016 656 Ben Dahlhaus Schizophrenic (ava) ; anaëlle (signa) ; Oreste ♥ (gif) Cartographe & Apprenti manipulateur d'armes 14


Sujet: Re: this reminds me of when we were young // atlas
Jeu 24 Aoû - 19:49


Chiraz & Atlas

this reminds me of when we were young


[Vous devez être inscrit et connecté pour voir cette image]Ton doigt effleure délicatement le petit tas de cendres à tes côtés. Il tourne autour, sans trop savoir comment l’appréhender, faisant dégringoler de fines particules de poussière grise. Puis il se pose en son sommet avec retenue, s’y enfonçant doucement, écrasant les morceaux morts d’un arbre autrefois vigoureux et robuste. La poussière froide se colle à ta peau, formant comme une membrane funèbre au bout de ton doigt. Les grains sont si fins que tu ne les sens pas te chatouiller. Tu fais simplement attention à ne pas les disperser. Un seul souffle brusque, et tout s’envole. Tout se perd. Et tu ne veux pas te retrouver seul, démuni, comme mis à nu au cœur d’une forêt trop dense pour les rayons du soleil. Alors, avec d’infinies précautions, tu poursuis ton travail. Ton doigt grisâtre, comme déjà mort, retrouve la surface chaude et jaunie du papier qui supporte ton travail. Tu te délectes de ce contact trop longtemps rompu. L’étendue granuleuse semble respirer, animée par les souvenirs qui façonnent son histoire. Elle insuffle une vie étrange à tes traits figés dans la cendre morte. La couleur du matériel vieilli réchauffe la froideur terne des ombres grises que tu y apposes. Petit à petit, tes esquisses abstraites forment un tableau aussi vivant que celui que tu prends pour modèle. Les yeux rivés sur un plant d’ortie, tu en inscris chaque détail avec une précision d’orfèvre. Un exercice auquel tu n’es pas habitué. Les paysages que tu reproduis d’ordinaire sont des photographies d’ensemble, des allures générales dépourvues de singularité. Des montagnes profilées, des forêts suggérées, des cailloux anonymes. Le dessin scientifique, lui, demande une exactitude parfaite, irréprochable. Tu t’efforces donc de rendre compte de chaque feuille, chaque rainure qui lui donne son identité, chaque dentelure qui lui donne l’impression d’être un assemblage de papiers découpés. Avec tes mains pour seul outil, la tâche n’est pas des plus aisées. Mais la cendre, nouvelle encre que tu veux appréhender, te permet de jouer sur les valeurs, les dégradés de nuances et leur intensité. Le tout, épreuve approximative, davantage expérimentale que scientifique, présente un saisissant relief lumineux. Aussi, en dépit d’une fidélité toute relative, tu es satisfait de ton travail. Ou du moins de l’avancée de ton exploration dans l’usage de cette matière organique.

Lorsque tu juges ton travail terminé, le soleil a déjà entamé sa course vers l’horizon. Les beaux jours reviennent lentement, et avec eux, les journées s’allongent également. Le soleil brille plus haut, plus longtemps, plus fort aussi. L’approche de l’été te rassure. Les journées glaciales te paraissent déjà loin. Tu préfères ne pas penser au jour où elles seront de nouveau reines pour de trop longs mois. Tu comptes bien profiter de la belle saison et de la sérénité qu’elle t’apporte. Le plus difficile en hiver, c’est de survivre au froid tout en craignant la chaleur du feu. La peur déraisonnée que tu nourris à l’égard des flammes est un parasite qui te paralyse durant tout l’hiver. Tu n’as d’autre choix que de prendre sur toi. Un pas, puis deux, en direction du feu. Mais toujours, l’ombre de la folie te guette et te rattrape. Alors tu fuis de nouveau, préférant la morsure du froid à celles de tes démons. L’hiver est une lutte perpétuelle entre les deux partis. Aucun choix ne peut te tirer d’affaire. Tu as toujours peur de mourir, un jour, de froid ou de démence. Aussi l’été est-il synonyme de délivrance. Tu respires de nouveau sans craindre que ce soit la toute dernière fois. Ton pas est plus léger, à l’image de ton cœur et de ton esprit. Et tu passes tes journées dehors, seul, à t’enivrer de l’insouciance de la vie. Tu ne rentres que lorsque le soleil te l’indique, et qu’il file vers l’horizon, de l’autre côté du monde, nimbant, dans son sillage, le ciel des couleurs du crépuscule. Tu te remets en marche avant de te perdre dans l’obscurité sans pouvoir t’en extirper. Tu n’es pas pressé. Tes jambes ankylosées par des heures d’immobilité ont d’abord du mal à te porter. Tu adoptes la cadence adaptée, tenant délicatement ton travail de la journée. Tu ne veux pas froisser le papier. La denrée est devenue trop rare pour se permettre de l’abîmer. Pouvoir y tracer des lignes, des courbes, des mots, est un privilège que tu t’offres après des années de privation. Une occasion qui n’est pas près de se présenter à nouveau. Tu en protèges les vestiges autant que possible, espérant que le voyage n’aura pas raison de tes précautions.

Tu ne te méfies pas. Tu ne crains pas de croiser le chemin des Terriens. Leurs territoires s’étendent plus loin, sur le reste du monde. Tu ne t’es pas beaucoup éloigné de ton campement, vers lequel tu te diriges à présent. Si un Terrien s’aventure ici, il est probable que ce soit un ami. Du moins, pas un ennemi. Tes craintes vis-à-vis de ceux qui sont nés sur cette terre se sont amoindries depuis bientôt un an. Il t’a fallu du temps, et il t’en faudra encore, pour apprendre à les connaître, eux et leurs coutumes. Mais l’ignorance engendre la peur, et le savoir tend à la dissiper. T’être mêlé à leur quotidien t’a permis d’ouvrir les yeux sur qui sont réellement les habitants de la Terre qui vous ont précédés. Tu verras toujours chez certains de féroces guerriers, mais tu sais désormais que d’autres sont dignes d’intérêt et de confiance. Aussi, tu n’es pas sur tes gardes alors que tu arpentes la forêt en direction du campement. Tu te concentres sur le chant des oiseaux, les crissements dans la mousse, la berceuse des fleurs qui poussent. Tu ne sursautes pas à chaque pas. Tu t’autorises même une pause sereine, appuyé contre le tronc d’un chêne, les yeux perdus dans le vague et l’âme vide. A engloutir l’invisible, tu oublies la réalité. Elle te percute de plein de fouet et te ramène à elle. Toi qui étais pourtant tranquille, tu sursautes. La réalité aussi. Elle prend les traits d’une jeune femme blonde au regard apeuré, qui recule d’un pas en levant la tête vers toi. Tu soutiens son regard sans broncher. Vous vous jaugez ainsi un moment, dans le plus parfait des silences. Chacun évalue l’autre, tente de reconnaître la figure inconnue qui a brusquement surgi dans sa vie. Personne n’ose rompre le silence qui vous enveloppe comme d’une barrière impénétrable. Puis un éclair de courage traverse les prunelles d’azur. D’une voix qu’elle s’efforce visiblement de maîtriser, la jeune femme s’adresse à toi dans un Trigedasleng relativement correct. Malgré l’emploi de son langage, tu devines qu’elle n’appartient pas au peuple Terrien. Elle a la peau délicate de ceux qui ont côtoyé les étoiles, les yeux rougis des cœurs déchirés, la silhouette décharnée de ceux qui ne savent pas chasser. Sa langue délivre les syllabes sans les lapider, son esprit égaré cherche les traductions appropriées. Tu la reconnais comme l’une des tiennes. L’une des leurs. L’une de ceux qui ont mené leur vie paisiblement sur l’Odyssée, sans se soucier du sort réservé aux prisonniers. L’une de ceux qui t’ont regardé t’écraser sur Terre, espérant que tu y laisses la vie. Aussitôt, ton regard se refroidit. Ton visage se ferme et tu n’oses plus soutenir ce regard perçant, intimidant. Tu ne veux pas affronter l’Autre, l’ennemi, l’épée de Damoclès qui a longtemps plané au-dessus de ta tête innocente. Tu n’as pas oublié. Tu n’as pas pardonné. Tu portes encore sur tes épaules le poids de l’injustice qui t’a volé ta liberté. Et que cette fille y soit ou non pour quelque chose, c’est le dernier de tes soucis. Tu ne parviens pas à faire la part des choses. A discerner les bons des mauvais. Les coupables des innocents. Tout comme tes juges avant toi.

- Heya, réponds-tu d’une voix terne, à peine audible. Ai laik kom Skaikru, seintaim. Mais j’ai bien peur que mes connaissances de la langue n’égalent pas les vôtres.

Tu as compris sa salutation, mais pas la demande qui l’a suivie. L’inconnue venue du ciel semble t’avoir confondu avec un ogre Terrien. L’insinuation perfide est comme un coup de poignard au creux de tes côtes, comme une main enserrant froidement ta gorge, te faisant suffoquer. Tu ne dis rien, mais tu te sens blessé. La confusion, toute péjorative, te ramène à tes débuts en prison et sur Terre. Tu te revois, faible et esseulé, te voûter sous les regards moqueurs et assassins. Tu entends de nouveau les quolibets furibonds, les sifflements stridents, les murmures rongeurs. Tu revois la peur, toute mêlée de doutes ou de sournoiserie, dans les yeux qui te suivent où que tu ailles. Les ricanements étouffés. Les rumeurs infondées. Les esquives maladroites. Ta solitude indésirée. Tout. Tu revois tout. Tu ressens tout. Les souvenirs refont brusquement surface, te saisissant à la gorge. Pas question de les laisser te submerger de nouveau. Tu n’es plus ce croqueur d’enfants inspirant le frisson, pas plus que tu n’es de la lignée des Terriens, inspirant la crainte. Tu n’es pas un assassin. Tu n’es pas un criminel. Tu ne l’as jamais été et les rumeurs semblent s’être tues, comme si tes compagnons d’infortune l’avaient compris eux aussi. Tu ne laisseras personne te faire revivre ce cauchemar. Alors tu t’apprêtes à quitter les lieux, sans plus de cérémonie. Tu es prêt à planter ici cette jeune femme, prétextant que, puisque son langage n’est pas le tien, vous ne vous comprendrez pas. Alors que tu esquisses un pas pour reprendre ta route, ton regard croise de nouveau le sien. Et tu t’arrêtes, le cœur serré, l’âme tiraillée. Tu ne peux te résoudre à abandonner ainsi cette jeune femme dont les yeux sont gonflés de tristesse, rongés de chagrin. Il émane d’elle une tristesse palpable. Peut-être cherche-t-elle un peu de réconfort, ou un peu de compagnie. Peut-être s’agit-il plutôt de retrouver son chemin dans cette forêt qu’elle explore pour la première fois. Un intense combat se joue en toi. Ta nature altruiste l’emporte sur le ressentiment, et tu acceptes de remettre ta randonnée à plus tard.

- Quelque chose ne va pas ? Vous êtes perdue ?



AVENGEDINCHAINS

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12/10/2014 Brimbelle 47060 Jessica Chastain Lux Aeterna Médecin / Herboriste 340
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Sujet: Re: this reminds me of when we were young // atlas
Mar 7 Nov - 20:25

RP archivé suite à la suppression de Chiraz

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Sujet: Re: this reminds me of when we were young // atlas

 

this reminds me of when we were young // atlas

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