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˜˜˜˜˜˜La peur au ventre | Tek
maybe life should be about more than just surviving


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12/03/2017 Ponyta 79 Ruby Rose avengedinchains notion de soin, orientation, guérisseuse 100


Sujet: La peur au ventre | Tek
Dim 21 Mai - 11:16

La fête des roses, le fait d’aller sur le continent pour chercher un homme avec qui coucher. Jamais Cyd n’avait été si nerveuse à ce jour. Tout aurait pu bien aller sauf que rien n’allait. Sa sœur avait fait un sous-entendu gros comme un bateau par rapport à la fête des roses. C’était un peu comme si elle se donnait pour mission de reprendre le rôle de leur mère. Leur mère trop malade pour se soucier de cette fête. Elle passait son temps à dormir et réagissait à peine aux sollicitations. La sœur ainée de Cyd avait dit le mot de trop, celui de contribuer à la tribu. La guérisseuse ne voulait contribuer à rien du tout. Elle voulait qu’on lui fiche la paix. Mais c’était trop demandé. Elle avait pris des plantes apaisantes, mais l’angoisse la rongeait encore comme quelque chose d’affreux. Elle n’arrivait plus à respirer, plus à raisonner. Que faire ? Elle était tout simplement inutile dans cet état. Elle n’arrivait pas à aller de l’avant. Peut-être le pire fut quand elle éclata en sanglot chez elle. La peur la rongeait comme un démon. Elle pria la Déesse, l’implorant de lui épargner ce sort. Sa sœur ne l’obligerait pas à aller sur le continent. Cyd avait craqué, rassemblée ses affaires et était partie en laissant un mot sur la porte. Elle reviendrait quand il serait temps de revenir. Durant la fête des roses, beaucoup de femmes allaient sur le continent et revenaient que quand il était temps.

Elle n’avait pas précisé où elle allait. Cela serait à l’interprétation de chacun. Elle, elle savait où elle allait, dans la jungle. Armée de ses affaires, de ses prières pour la déesse, elle alla dans la nature. Le seul endroit qui semblait s’en ficher du fait que ce soit la fête des roses. Elle respira l’air humide, soulagée d’être ici et pas ailleurs. Cyd s’enfonça dans la jungle, consciente des bêtes qui rôdaient. Mais elle savait comment se comporter pour ne pas mourir dans ce lieu hostile. Elle grimpa dans les arbres, profitant de la texture des arbres. Elle s’installa plus ou moins et ferma les yeux pour reposer son âme agitée. Elle cessa de prendre les plantes calmantes. Cyd se réveilla en sursaut. Il faisait jour et quelques gouttes de pluie tombaient sur les feuilles épaisses de la jungle. Elle se redressa prudemment et descendit de son arbre. Elle atterrit au sol tout en souplesse. La femme passa une main dans ses cheveux courts. Son visage semblait plus détendu qu’avant son départ, mais son corps était tendu, prêt à se battre. Elle ne savait pas pourquoi elle déraillait autant. La guérisseuse se promit de discuter avec sa sœur quand le temps serait venu de le faire. Cyd décida d’aller chercher quelques plantes dans la végétation épaisse.

Elle se déplaçait silencieusement, laissant la nature vivre autour d’elle sans vraiment réagir. Il s’agissait surtout d’éviter les prédateurs qui rôdaient par là. Elle n’était pas en état de se défendre. De toute manière, elle ne serait pas de taille face à une panthère ou un jaguar. Un bruit lui fit lever la tête et elle regarda un couple de perroquets colorés s’élever dans le ciel. Cela ne manqua pas de la faire sourire. Pourquoi n’était-elle pas venue ici plus tôt. Elle qui paniquait depuis un moment chez elle ? Quelle idiote ! Elle aurait dû écouter son instinct ! Cyd était dans ses pensées, mais elle l’entendit, un aboiement. Elle vit une silhouette au loin et se tendit. Cela ne pouvait être que quelqu’un de sa tribu. Aucun autre humain ne serait ici. Les Kovariis étaient suffisamment retirées pour que très peu de personnes, voire personne, viennent sur leur île. Elle ne bougea pas, prête à voir qui c’était. Tek ? Elle plissa les yeux en reconnaissant le corps de son ami. Cyd ne bougeait pas. Elle avait l’air féroce et son allure mi-homme mi-femme qui entretenait une ambiguïté étrange en rajoutait une couche. Elle avait toujours été ainsi, entre deux mondes. Cela ne la gênait pas, cela gênait les autres. « Tek, que fais-tu ici ? » Elle avait parlé une fois qu’il fut assez proche d’elle. Elle le salua d’un signe de tête. Elle se demandait bien ce qu’il faisait là. Était-il venu la chercher ? Oh non ! Mais elle resta silencieuse, curieuse de savoir ce qu’il allait dire. Paranoïaque ? Juste à peine.
Peut-être se trompait-elle. Ou peut-être pas. La paranoïa de Cyd durant la fête des roses, pouvait la mener très loin.

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Sujet: Re: La peur au ventre | Tek
Mer 28 Juin - 17:09

La fête des roses. La tradition faisait de cette période un voyage vers le continent où les femmes de la tribu perpétuaient le cycle de la vie en s’accouplant avec des hommes d’autres tribus. C’était une fête importante, primordiale même car elle permettait d’assurer la longévité de la tribu, entre autres. Mais ce que tu retenais le plus de cette période n’était non pas le fait d’aller s’accoupler avec d’autres tribus mais bien le fait de quitter l’île et ce, avec bien plus de libertés que lors des échanges commerciaux auxquels tu as l’habitude de participer. C’est pour ça que tu attendais cette période avec impatience – tu osais imaginer qu’on te laisserait quitter l’île comme le reste des femmes et, une fois le continent atteint, tu pourrais vaquer à ton exploration en toute liberté.

Tu avais préparé ton sac et tout planifié à l’avance – t’avais même ressorti ta carte on ne peut plus sommaire que tu trimballais à chacun de tes voyages et qui situait vaguement le désert rahjak, quelques cours d’eau et ce qui semblait être un volcan. Quand les premières femmes avaient commencé à quitter le village, tu avais naturellement suivi leurs traces sans te douter un instant de ce qui pourrait mal tourner. « TEK ! » Une voix avait rugi et tout ton corps s’était pétrifié sur place. Tous les regards s’étaient tournés vers toi – neutres pour les plus sympas d’entre eux tandis que d’autres ne se cachaient même pas pour afficher leur mépris – tandis qu’un goût amer envahissait ta bouche. « Qu’est-ce que tu fais ? » Tu baisses les yeux instinctivement, parce qu’on t’a toujours appris à faire ça, surtout en face de ta mère. Tu n’as jamais appris à affronter ses colères – alors tu te contentes de rester silencieux, attendant ta sentence comme l’on attend la mort. Les gens autour de toi recommencent à bouger, la vie reprend son cours alors que tu retiens ton souffle, le temps suspendu avant l’instant fatal. Une main attrape ton bras et te tire sans ménagement vers ta maison, sans même que tu cherches à te défendre. T’es impuissant et t’as déjà renoncé. Dès le moment où tu as entendu le son de sa voix tu as su que tout tombait à l’eau. On ne t’a pas appris à te battre pour ce que tu veux, on ne t’a pas appris à tenir tête à ta mère. Tu as déjà perdu.

« Où est-ce que tu comptais aller ? Tu pensais vraiment pouvoir aller sur le continent comme le reste des femmes ? Tu n’es pas comme elles Sardaukar, tu n’as aucune utilité au sein de la tribu. » Les mots se plantent comme des lames dans ta chair mais tu ne dis rien, tes yeux rivés sur le bout de tes chaussures rapiécées. « Je vais célébrer la fête des roses sur le continent, en espérant ne pas répéter l’erreur que j’ai faite avec toi. Pendant mon absence, je veux que tu t’occupes de la maison et des chiens. Pas de fête pour toi. Tu as compris ? » Tu ne relèves pas les yeux mais tu peux deviner la lueur de regret dans son regard quand elle évoque cette erreur. Tu es une erreur, du gâchis, du temps perdu. Lentement, tu articules. « C’est compris. » Elle était partie ensuite sans jeter un regard en arrière. De dos, tu peux voir sa ressemblance avec toi – les mêmes épais et longs cheveux bruns, les épaules en arrière, la peau hâlée caressée par les rayons du soleil. Pourtant, à cet instant plus que jamais, tu sens le fossé qui existe entre vous deux depuis si longtemps déjà.

T’étais donc allé sortir la meute de chiens qu’élevait ta mère de leur enclos pour aller les promener, bien que cette sortie te permettait surtout de t’éloigner du village et de l’humiliation de voir partir tout le monde – tout le monde sauf toi. Les chiens courent autour de toi, ravis, jappant de temps à autre en espérant attirer ton attention pour que tu joues avec eux. Mais tu marches, t’enfonçant de plus en plus dans la jungle, respectant tout de même les chemins marqués par les chasseuses, sans leur accorder un regard pendant un premier temps. Mais tu ne peux pas rester aussi indifférent pour l’éternité et tu finis par te laisser amadouer, parce qu’ils ne sont pas responsables de ton sort, pire encore, parce que ce qu’ils subissent est bien plus contraignant que ce qui t’arrive. Alors ton visage retrouve son sourire naïf habituel et tu te baisses pour attraper un bâton que tu lances à plusieurs reprises sans te lasser de voir les bêtes revenir à toi encore plus excitées à chaque fois. Et puis, au bout de la cinquième fois, tu remarques qu’il manque un chien. Stoppant le jeu, tu regardes autour de toi, guettant des bruits familiers ou non, sans parvenir à déchiffrer l’environnement autour de toi. Le bâton tombe par terre et tu remontes le chemin parcouru par les animaux jusqu’à apercevoir une silhouette, cette fois-ci indéniablement humaine. Bientôt la silhouette laisse place à un visage que tu reconnais aussitôt, Cyd. Cyd ? Naïvement, tu supposes qu’elle est partie chercher des plantes en forêt pour ses remèdes, étant guérisseuse. Quand elle t’interroge, tu lui montres de la main tous les chiens qui vous tournent joyeusement autour.

« Je m’occupe des chiens de ma mère puisqu’elle est partie sur le continent… Pour la fête des roses. » T’as du mal à cacher ta déception en prononçant ces mots, surtout en face de Cyd qui connaît ton enthousiasme pour le continent. Mais tu as accepté ton sort, comment aurais-tu pu faire autrement ? On ne tient pas tête à sa mère, on ne tient pas tête aux femmes. Tu sais que tu n’es qu’un homme et que tu n’as pas d’avis à avoir, mais cela ne t’empêche pas d’avoir des sentiments. « Et toi alors… » T’as du mal à ne pas remarquer son air plus féroce que d’habitude, sur la défensive, comme si elle devait se protéger d’un danger imminent, mais tu ne dis rien là-dessus. Tu ne veux pas trop te mêler de ce qui ne te regarde pas. « Tu prépares de nouvelles recettes ? Tu cherches des plantes en particulier ? » Demandes-tu, presque innocemment.

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Sujet: Re: La peur au ventre | Tek
Ven 21 Juil - 16:18

Cyd était à cran. Elle aurait espéré être seule dans la jungle. Non pas qu’elle n’aimât pas Tek, mais c’était juste qu’elle était dans un tel état, qu’elle ne supportait plus grand-chose. La paranoïa menaçait de l’emporter sur le reste. Elle se contrôlait très difficilement. Elle était clairement une bombe à retardement prête à exploser à tout moment si elle n’y prenait pas garde. La femme était entourée par des chiens joyeux dont elle avait déjà croisé la route. Elle les connaissait, mais même là, elle fut bien incapable de rester calme. Elle tentait de prendre sur elle, de respirer un bon coup, mais c’était extrêmement difficile. La fête des roses, le mot résonna dans son esprit. « On t’a envoyé ici ? » Sa voix semblait lointaine, atone, mais les mots avaient franchi sa bouche. La paranoïa prenait le pas sur le reste. Elle s’entendait bien avec Tek, peut-être que sa sœur avait réussi à convaincre la mère de l’homme pour… Pour quoi au juste ? Qu’ils s’accouplent ensemble ? Cyd ferma les yeux un instant, tentant de contrôler la nausée qui montait. Calme-toi souffla une voix dans son esprit. Elle rouvrit ses yeux clairs, le cœur battant. Elle ne savait plus quoi faire. Elle alors, quoi ?! Quoi ? Elle avait envie de hurler ce mot, mais elle ne le fit pas. Elle resta droite comme un i, regardant son ami.

Était-il encore son ami ? Oui voyons, il ne voulait aucun mal à priori. Vraiment ? Elle n’en était plus si sûre soudainement. « Non, je fuis la fête des roses. » Elle l’avait dit, elle avait sorti les mots qui la hantaient. Elle avait eu besoin de le dire. Quelqu’un de réel devait l’entendre. Cyd adressa une prière à la déesse en espérant qu’elle l’entendrait. Peut-être bien trouverait-elle aussi une plante pour la détendre avant qu’elle ne pète complètement un câble car elle ne donnait vraiment pas cher de sa peau pour le coup. La femme ajusta le sac sur son dos, mais même ce contact ne suffit pas à l’apaiser. Elle se sentait tellement tendu et prise dans un étau. Impossible de calme la folie de son esprit. « Ma sœur t’a dit qu’elle voulait que je sois la prochaine mère de ma famille ? Elle t’a demandé de faire ta part ? » Tek était un gentil gars, mais elle, elle aimait les femmes et elle ne s’était jamais demandée les préférences sexuelles de son ami. Elle avait toujours estimé que cela ne la regardait pas, probablement était-elle franchement égoïste sur les bords, mais elle s’en fichait bien. Cyd recula d’un pas, elle était prête à courir s’il le fallait. Elle ferait aucun mal à son ami. Elle connaissait très bien sa position en tant qu’homme.

On la considérait plus qu’un homme, mais pas aussi bien qu’une autre femme. Cyd avait déshonoré sa mère de par son apparence et sa manière de vivre. Elle intriguait, dérangeait, refusait d’entrer dans un moule qui conviendrait à tout le monde. La guérisseuse s’interdit de pleurer même si l’émotion la traversa. Elle cligna des yeux rapidement pour chasser les arrogantes larmes qui s’installaient au creux des paupières. Sois forte, elle n’avait pas le choix. Elle avait toujours été forte et devait continuer de l’être. Elle croyait en Tek, elle croyait en le fait qu’il ne lui ferait rien. Il ne lancerait pas les chiens sur elle, n’est-ce pas ? C’était ce que la femme voulait croire. Quant à lui, il allait devoir la rassurer. Car pour l’instant, de minute en minute, Cyd s’enfonçait dans la paranoïa, menaçant de s’effondrer si cela continuait. Mais elle ne s’effondrait pas tant qu’elle aurait quelqu’un pour la regarder. Elle était fière, peut-être trop, mais cela la maintenait debout mine de rien. Elle ne voulait rien lâcher.

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Sujet: Re: La peur au ventre | Tek
Mar 12 Sep - 21:53

C’est difficile de ne pas sentir la tension qui semble entourer le corps de Cyd comme une aura négative. Même un nigaud comme toi incapable de déchiffrer les sentiments des autres peut le deviner. Loin d’être dans son état habituel, la question qu’elle te pose te fait presque sursauter. Qui voudrait t’envoyer dans la forêt pour la chercher ? Et pour quoi faire ? Il faut bien quelques instants pour que ton esprit naïf fasse le lien avec la fête des roses. « Oh ! Non ! C’est pas du tout ça ! » Lui réponds-tu précipitamment en agitant les mains, espérant pouvoir la rassurer du mieux que tu peux. « Si ça ne tenait qu’à moi, je serais déjà de l’autre côté de la mer et je ne reviendrais pas. Mais je dois rester ici alors j’essaie de me changer les esprits avec les clebs. En fait, je suis plutôt content de tomber sur toi. L’ambiance du village durant la fête me rend malade. » Tu sais bien pourquoi tu n’as pas le droit de partir avec le reste des Kovariis sur le continent. Si la préservation de la tribu est primordiale, un pourri comme toi ne peut que la dégrader en ramenant un enfant de ton sang malgré son métissage Iskaar. T’es un bon à rien et un débile ; les mauvaises langues de la tribu s’amusent même à raconter que tu es maudit, que tu vaux encore moins que les grains de sable de la plage. Tu es pire qu’un homme, pire qu’un banni, pire que tout. Même si Cyd a ses singularités et fait aussi parler les villageoises, jamais on ne lui ferait subir ça. Toi, tu veux pas. Plutôt mourir que lui faire subir cette humiliation – car tu l’as intégré en toi : tu n’es qu’une vulgaire plaisanterie.

Tu fais un pas maladroit vers elle sans savoir quoi dire ou quoi faire d’autre pour la rassurer. Une idée un peu simple te vient alors à l’esprit et tu fouilles dans ta sacoche en cuir avant d’en sortir un gavriola que tu lui tends, tes lèvres fines étendues dans un sourire qui se veut le plus amical possible.

« Même si ta sœur était venue me voir – ce qui aurait été étonnant – j’aurais refusé. Tu n’as pas à faire de choses que tu ne veux pas et moi, je refuse d’être complice de ce genre de choses. » Tu n’as pas beaucoup de personnes sur qui compter dans l’île et Cyd en fait partie. Au fur et à mesure de vos voyages vers le continent, tu t’es attaché et confié à elle, l’étouffant presque avec tes rêves de vie loin de l’île. Et même si tu es loin d’être l’ami parfait tu fais de ton mieux pour mériter et protéger cette amitié.

Plusieurs chiens s’éloignent et reviennent, leurs pattes écrasant les feuilles et branches au sol, réveillant quelques oiseaux fatigués dont les cris se dispersent dans leur envol. Un silence s’installe quelques instants alors que tu cherches piteusement tes mots. Parler n’a jamais été ta spécialité à part quand il s’agit de raconter tes rêves et ambition – tu passes la plupart de tes journées silencieux sur ta pirogue, au milieu des eaux, murmurant pour toi-même la vie que tu mèneras une fois le continent atteint. Les autres, t’as un peu plus de mal. Les comprendre c’est compliqué pour toi, tout comme décrypter leurs émotions. Leurs visages sont des gouffres dont tu ne comprends pas les signes et tu finis bien vite par remarquer les détails inutiles alors que l’essentiel t’échappe. Néanmoins, face à Cyd et le pli nerveux qui barre son front, tu t’efforces de te concentrer.

« Tu as l’air vraiment mal.. Est-ce que je peux faire quoique ce soit pour t’aider ? » Finis-tu par demander, hésitant, ta main passant et repassant dans tes cheveux noirs comme la nuit. Au final, malgré toute ta bonne volonté, tu ne sais juste pas quoi faire.

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Sujet: Re: La peur au ventre | Tek
Ven 6 Oct - 22:02

Cyd n’était pas rationnelle. Elle avait beau se dire que c’était Tek, son ami rêveur, quelque chose en elle paniquait. EIle le regarda secouer les mains et lui expliquer des faits. Quelque chose en elle se détendit. C’était Tek, il était comme d’habitude. Un léger sourire passa sur son visage, détendant ses traits tendus. Un soupir de soulagement lui échappa alors que son ami lui expliqua préférer être de l’autre côté de la mer plutôt qu’ici. Elle fut peinée d’entendre qu’il était heureux de tomber sur elle car l’ambiance au village était mauvaise. Elle lui toucha brièvement l’épaule comme pour s’excuser de l’attitude des femmes de sa tribu. « Un jour cela changera. Tu voyageras peut-être. » Les hommes n’auraient probablement jamais un meilleur statut. Certains le vivaient bien, d’autres en souffraient terriblement. Tek n’avait pas le meilleur statut, c’était un enfant mélangé, comme beaucoup, mais tout de même. Il était un métissage Iskaar et le lien entre Kovarii et Iskaar était bien compliqué. Ce lien était rempli d’histoires vieilles comme leurs tribus. Elle était souvent triste pour Tek et son statut si dur. Elle, elle avait confiance en lui-même si aujourd’hui, elle était en panique. Ce n’était pas contre lui, mais contre la fête des roses qui lui mettait la tête complètement à l’envers. Cyd voulait s’assurer que ce n’était pas sa sœur qui l’envoyait, même si connaissant celle-ci, elle n’aurait jamais choisi Tek.

Sa cadette savait bien que Cyd voyageait souvent sur la pirogue de Tek et cela avait le don de l’énerver. Elle regarda son ami bouger sans savoir ce qui se passait. Il n’avait pas l’air à l’aise et elle se dit que c’était sa faute. Elle l’avait poussé à bout, particulièrement agitée alors que d’habitude elle était très calme. Elle le regarda sortir un fruit et sourit en voyant un gavriola. Elle appréciait ce fruit à coque et le prit, elle le manipula avant de le tendre à son ami. « Quelle chance tu as eu de le trouver ! » Parfois la nourriture avait le don de l’apaiser bien plus que des paroles qui lui paraîtraient creuses car elle ne voudrait rien entendre. Elle hocha la tête avec sérieux alors que Tek expliquait son point de vue concernant la sœur de Cyd. « Pardonne-moi d’avoir douté de toi. » Malgré tout, son visage s’assombrit de doute et des démons qui la hantaient. Elle était plein de sentiments du passé et cela la titillait de temps en temps, comme durant ce genre de période. Aucun des deux ne parlait plus, comme s’ils étaient gênés. Le silence ne la gênait pas habituellement, mais aujourd’hui sa sensibilité à fleur de peau la rendait méfiante face à ce sensible habituel. Les chiens venaient et repartaient régulièrement, tournoyant autour d’eux. Certains oiseaux protestaient, mais la jungle dans son ensemble continuait sa vie. Cyd se dit qu’elle devrait marcher, sinon elle ne donnait pas cher de son mental.

« Ça ne te dérange pas de me faire un câlin ? J’ai besoin de sentir un corps amical contre moi. » Elle demandait cela timidement, elle n’était pas câline de nature, mais quand on la touchait elle s’ancrait mieux dans le présent et les démons reculaient. Si Tek refusait, elle ne s’en vexerait pas. « Après on pourra marcher. Je ne veux pas rester statique. » Hors de question, on pourrait les surprendre et elle n’avait pas envie d’écouter les rumeurs. Les autres jours, cela ne la dérangeait pas. Tek et elle accumulaient bien les rumeurs, lui plus qu’elle. Cela ne la dérangeait pas de traîner avec lui, c’était comme faire un pied de nez aux anciennes qui des fois s’étouffaient en voyant les deux adultes rôder ensemble. Cyd marchait calmement, elle se sentait un peu mieux à présent. Elle jeta un regard à son ami. « Tu vas le manger le gavriola ? J’ai un petit creux. » Elle avait un petit sourire en coin qui aurait charmé bien des femmes même si elle n’était pas en train de draguer, c’était juste elle. Elle ne savait pas où ils allaient, en tout cas loin du chaos reproducteur des Kovariis.

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Sujet: Re: La peur au ventre | Tek
Mer 8 Nov - 21:50

La remarque de Cyd te fait sourire et tu hoches doucement la tête. Un jour oui, tu voyageras loin de cette île-prison où tu n’as pas ta place. Et ce jour se fait de plus en plus attendre mais ça, c’est une autre histoire… Pour l’instant tu es toujours coincé sur l’île, c’est la fête des fleurs et l’état de Cyd t’inquiète bien plus que tes rêves d’évasion.

Quand elle saisit le fruit dans ses mains, tu esquisses un sourire empli de fierté. Tu n’es peut-être pas un très bon cueilleur mais c’est vrai que pour cette fois, tu as eu bien de la chance pour trouver des graviolas – ça te rend presque aussi euphorique que lorsque tu pêches des poissons particulièrement rares : tu te souviens notamment de cette fois où tu as trouvé cette raie par mégarde et, tellement abasourdi par ta trouvaille, tu l’avais laissé s’échapper…

« Ne t’en fais pas Cyd, tu as le droit d’être tendue en ce moment. D’une certaine façon, je peux te comprendre… Tout le monde attend quelque chose de toi, sauf toi. Mais s’il y a une chose dont tu peux être sûre, c’est que tu n’as rien à craindre avec moi. Je me fiche bien de ce qu’elles disent au village. »

Tu lui adresse un grand sourire avant d’écarter les bras et de la serrer contre toi, priant intérieurement le plus fort possible Di’anada pour qu’elle parvienne à chasser les démons de ton amie. Peut-être même qu’avec ton grand corps musclé, hérité de ton cher paternel Iskaar, tu parviendras à faire barrage à ces démons ? Tu l’espères. Si tu peux faire ne serait-ce qu’un geste pour aider Cyd, tu le fais sans hésiter. Dans ce genre de moments, il est bon de se serrer les coudes entre amis.

« Est-ce que tu te sens mieux ? » Demandes-tu après t’être écarté, ton air habituel sur le visage, comme si tu étais à la fois présent et absent, les pieds ancrés dans le sol mais une partie de ta tête ailleurs, au-delà des vagues et de l’écume. Tu siffles tes chiens alors que vous vous mettez à marcher, toujours plus profondément dans la jungle mais surtout loin du village et du reste des Kovariis.

« Tu peux le prendre oui ! J’en ai plusieurs dans mon sac, jusqu’au cas où. Je me suis dit que c’était une occasion suffisamment unique pour pouvoir en manger – et puis, ma mère ne rentre qu’à la fin de la fête, elle ne pourra même pas m’empêcher d’en manger de toute manière. » Avoues-tu avec un petit sourire amusé, comme un gamin qui désobéit pour la première fois à ses parents. Toi tu n’as qu’une mère, mais elle te mène déjà bien la vie dure avec ses règles et ses principes, à toujours te répéter que tu ne vaux rien et que tu ne vaudras jamais rien d’autre que ça. Les autres femmes du village la plaignent, se désolant du résultat de son union avec un pourtant tant réputé Iskaar, et ta mère ne dit jamais rien quand elles se moquent de toi. Cyd a sa sœur, tu as ta mère. Comme quoi la famille n’est pas toujours composée de nos meilleurs alliés.

« Je pense qu’on pourrait faire le tour de l’île que personne ne le remarquerait. Elles sont bien trop toutes occupées à parler du continent et de ce qu’elles comptent y faire, si ce n’est pas déjà fait. Il est toujours question d’union et d’hommes… Alors qu’il y a tellement plus ! Le continent, les autres tribus, les montagnes, le désert, les hommes tombés du ciel… » Et tu te lances dans une longue liste de tout ce qui te fascine sur le continent, c’est-à-dire à peu près tout sauf l’accouplement. Il te faut bien une minute pour te rendre compte que tu parles tout seul et tu t’arrêtes, riant doucement. « Mais bien entendu, je ne peux rien dire de tout ça. Je suis un homme après tout, les hommes n’ont pas d’avis. »

Si les arbres avaient des oreilles ils t’auraient probablement dénoncé à la chef de la tribu, qui t’aurait elle-même banni pour tenir de tels propos étant donné ta condition. Heureusement pour toi, il n’y a que Cyd et toi dans cette jungle, même les animaux sauvages semblent être allés voir ailleurs.
 

La peur au ventre | Tek

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