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˜˜˜˜˜˜chris // memories are made of this
maybe life should be about more than just surviving

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01/11/2015 Glacy 1037 Brett Dalton murphy (avatar) ancien militaire - maniement des armes - statège 615
Soldat rebelle


Sujet: Re: chris // memories are made of this
Ven 16 Juin - 9:18


« Un choix difficile à faire, pour certains » Elle me répondit d'un ton un peu sec et j'haussai les épaules. Nonchalant. « Je n'ai jamais dit que c'était facile,... si cela l'était, la partie serait trop vite terminée... » Une pointe de sarcasme. Dans un sens je me retrouvais. J'en avais pas réellement conscience mais j'étais doucement en train de revenir celui que j'étais. Ou peut-être que j'étais en train d'évoluer,de devenir une version meilleure de moi-même. Je n'avais pas de certitude mais pour une fois depuis longtemps, je me sentais bien. Comme si j'arrivai à réfléchir à peu près correctement, à pouvoir mettre des mots sur mes pensées, à avoir de la répartie. Cela changeait de mon état de mutisme que j'avais eu. Difficile de m'en sortir alors qu'il était autant plus simple de garder le silence et juste d'ignorer les autres. Ce que j'avais fait. Il était autant facile de vouloir à tout prix garder le contrôle, mais parfois ce contrôle pouvait devenir relatif. En particulier quand on comprenait qu'il était autant facile de se laisser aller à l'ivresse de la liberté. Parfois relâchait un peu de mou aidait. Un choix certes bien plus facile que ce lui de décider d'avancer. Toutefois je pouvais autant comprendre que pour Chiraz il soit difficile de céder, d'arrêter de vouloir tout contrôler pour profiter de l'instant présent. C'était difficile pour certains et plus ironique de ma part de tenter de lui donner des conseils au point où j'en étais. Non pas que cela comptait alors que pendant un instant j'effaçais mes souvenirs.

« Oh. Je devrais être vexée, là, non ? » Son rire qui résonnait. Elle paraissait détendue. Mon regard qui détaillait les traits de son visage. Cela paraissait plus naturel de l'entendre rire que de la voir afficher un sourire poli et contrôlé. Cela sonnait mieux. « Peut-être... » Un sourire qui disparaissait légèrement, s'envolant délicatement alors que pendant quelques secondes ce n'était plus son visage qui s'affichait mais celui d'Ailina. Le rire de la jolie blonde me manquait. Elle me manquait. C'était la vérité alors que je comptais toujours sur elle. Le vide toujours là. Ce même vide qui existait alors qu'autant que possible Robb me manquait, Faust aussi et tantôt Rachel. Me raccrochant au présent alors que j'en venais qu'à lui conseiller de sourire plus souvent. C'était vrai qu'elle devrait le faire alors que cela allait bien de sourire, semblait la rajeunir de quelques années. Non pas que j'avais une réelle idée de son âge. Non pas que c'était une question plutôt fondamentale dans le monde. « C’est vrai » Cela l'était. « Mais je suis difficile. Tout le monde ne me fait pas sourire. » « Alors je peux être que flatté de te faire sourire. » Jouant autant à ce petit jeu qu'elle. Cela allait sans doute nous menait à nulle part, mais au moins elle se détendait, semblant respirer un peu plus dans un sens. Autant moqueur alors qu'on était deux à jouer à ce jeu. On était toujours deux pour jouer à ce type de jeu.

Des souvenirs qui remontaient à la surface. Des souvenirs qui étaient pourtant toujours là. Des souvenirs qui n'en venaient qu'à remonter à la surface en pensant à la mort de Robb, aux disparitions. Indigné. Comme s'il y avait une exacte façon de réagir face à la mort. Comme si je me sentais insulter alors que c'était comme vouloir inculquer à une personne de réagir de telle façon en étant dépourvue d'émotions, comme un robot. Il y en avait qui cachait leurs émotions, les enfouissait au plus profond d'eux mêmes. D'autres qui se décidaient de rappeler les bons souvenirs pour avancer. D'autres qui paraissaient tristes sans arrêt, perdu, ballotté par les flots. Chaque personne réagissait différemment et c'était sans doute ce qui nous rendait le plus humain. N'en venant soudainement qu'à hausser le ton alors que je n'aimais pas ce soudain tournure de la conversation. Comme si elle m'accusait de réagir ainsi. Ne pensant pas tant à elle qu'à Murphy alors que les souvenirs se superposaient. Ou peut-être c'était cette méfiance, cette colère, presque cette paranoïa qui me poussait à réagir ainsi. Dans un sens je n'avais toujours pas fait mon deuil, et ce n'était que plus dur de le laisser aller. Comme de laisser aller Faust ou Ailina. Comme si je tentais de me raccrocher à n'importe quelle branche. Une trace d'espoir toujours présent alors qu'une part de mon esprit me poussait à croire que ce n'était qu'un rêve. Un mauvais rêve que je pourrai chasser d'un coup de main. Mais ce n'était jamais aussi facile. Ce n'était pas ainsi. C'était plus compliqué et il fallait autant se montrer courageux d'accepter de le laisser aller. Fermer la porte pour en ouvrir une nouvelle, pour avancer. « Je ne sais pas. Peut-être » Sa voix qui rententissait. Un ton neutre. Une voix calme. Elle ne semblait pas énervée, au contraire elle semblait en pleine possession de ses moyens. Ce qui n'était pas mon cas, pas totalement. Prenant une inspiration, une expiration. Mon regard qui se posait sur son visage. Elle ressemblait à Ailina. Une inspiration. Une expiration. Trop. Me forçant à garder mon calme, à reprendre le contrôle de mes pensées. Elle n'avait peut-être pas voulu m'énerver, juste me faire part de sa pensée. Je n'avais pas de raison de m'énerver contre elle, aucune si ce n'était que j'aurai aimé mettre un visage sur la colère.

Préférant changer de sujet. Lui posant des questions, ne pouvant que voir son ton se chargeait d'amertume alors qu'elle parlait du conseil. Oui, elle pourrait être une potentielle recrue. Pas encore une certitude mais un début, sachant ores et déjà que je garderai un oeil sur elle. Ne pouvant que voir qu'elle m'examinait, scrutant les traits de mon visage alors que je gardais un masque impassible. L'impossibilité de savoir ce que je pensais réellement. Doué pour cela. Je n'étais pas encore prêt à lui parler du mouvement. Il fallait que j'en sache plus sur elle, que je vois de quoi elle était capable pour envisager cette hypothèse plus ouvertement. Et cela autant alors que j'en toucherai un mots à Murphy, Ten, Devos. Gardant un visage impassible alors que je comptais bien à ce que personne ne soupçonne le mouvement pour l'instant non plus. Il y avait des rumeurs et je préférai attendre. Alors je fis comme si de rien n'était, ne répétant que ce que l'on avait appris plus jeune. Le parfait soldat. Ce que je n'étais pas. Ce qu'elle n'était pas. « C’est la loi » Comme si l'on pouvait entendre résonner des gouttes de vengeance dans ses mots, comme si oui, elle voulait se venger. Le conseil, un ennemi qui prenait forme à ses yeux face auquel il était facile de s'acharner mais plus difficile de renverser. Changeant pas moins subtilement de sujet alors que je l'encourageais, considérant à vrai dire qu'elle était courageuse d'avouer ses défauts. Il fallait du courage de reconnaître ses erreurs, encore plus pour tenter de changer. Le courage n'était pas juste symbolisé par l'idée de prendre des armes et attaquer, parfois c'était tout autre chose. « Je ne sais pas ce que tu appelles la lâcheté, dans ce cas. Si je ne le suis pas, alors, je suis une sorte de peureuse abrutie. Dans tous les cas… c’est nul. » Mon regard qui se posait sur elle alors que je prenais la parole. La colère de nouveau là, pas contre elle mais contre moi. « Je ne pense pas que tu es lâche parce que tu as préféré tout contrôler. Je pense qu'une personne devient lâche à l'instant où elle n'est plus capable de faire face aux personnes auquel elle tient, de leur dire ce qu'elle pense. La lâcheté c'est quand tu décides de baisser les bras parce que c'est plus facile, que tu penses même à te suicider pour que la douleur s'arrête juste pour oublier, pour que la douleur s'arrête alors même que c'est ce qui te rend humain. »

Me calmant pas moins légèrement ou si peu alors qu'elle en venait à me poser une question, comme si elle était indifférente à mes sautes de rumeur. Continuant de remuer le passé bien plus que je ne l'avais fait avec elle. A croire que j'avais tout simplement plus de squelette de cachés sous le tapis qu'elle. Une note de malice dans sa voix, alors qu'elle paraissait juste innocente comme l'avait été Ailina avant que je ne gâche tout et bouleverse sa vie. « Pas difficile de faire moins intéressant que moi, en vérité ». Retrouvant mon calme alors que ma colère diminuait. Je savais qu'elle n'avait pas tort alors que sa vie semblait juste ennuyeuse même si je n'aurai certainement pas dit à haute voix pour éviter de retourner le couteau dans la plaie. Déjà qu'elle se sentait assez mal, cela ne faisait aucun doute qu'elle avait conscience de ce à quoi ressemblait sa vie. Alors je laissais couler pour ne pas l’embarrasser, plus préoccupé par sa question. N'en venant qu'à me lever soudainement alors que je ne comptais pas me confier à elle ici au milieu de toutes ses oreilles. Bien conscient que nombreux avaient tourné la tête dès lors que j'avais haussé le ton. Conscient qu'ils nous observaient discrètement comme des corbeaux perchés sur des arbres. Le campement et ses commères. Pas encore réellement sûr que j'allais me confier à elle alors que je me savais bien plus pris au piège qu'elle ne l'était, venant pas moins à l'entraîner à l'extérieur du campement rapidement. Mes bruits de pas qui résonnaient contre le sol alors que je m'éloignais un peu plus me diriger vers les abords de la forêt. Il n'y aurait pas besoin de s'enfoncer profondément en son coeur juste de s'éloigner du sentier habituel pour être à l'abri des oreilles indiscrètes. Jouant avec mes lames tout en soulevant la possible hypothèse qu'elle ne soit jamais sortie du campement, ce que je doutais encore plus à cause des allers retours qui existaient entre le campement et le futur campement désormais. « Bien sûr que oui » J'ignorai en partie sa réponse, plus comme si j'avais posé cette question par pure forme et non par respect ou intérêt pour elle. Les scénarios qui défilaient dans ma tête ou plutôt les réponses alors que je ne cessais de réfléchir à sa question. Quel était mon pire secret. Dans le fond je le savais depuis le début, je savais ce qu'il était ou plutôt le sentiment qui inspirait. Je n'en n'avais jamais parlé. J'avais souvent menti, ignoré la question, esquiver le sujet. Je m'en étais toujours sorti par une pirouette mais cette fois je me retrouvais à lui annoncer la vérité. Une vérité que je n'annonçais avec une certaine insolence. Comme si j'avais limite envie qu'elle recule, et qu'elle ait peur. Mon regard qui scrutait les expressions de son visage alors que je venais à lui annoncer cette brutale vérité. Une vérité que je n'avais jamais mentionné. Mais elle ne recula pas, restant au contraire immobile alors qu'elle m'observait. Comme si j'avais envie qu'elle s'éloigne bien que l'affirmation était plus explicite. Et j'avais envie qu'elle rentre dans mon jeu mais évidemment elle ne le fit pas. Au contraire, elle se mit à sourire. Un sourire insolent. Ses bras croisés sur sa poitrine alors que mes yeux semblaient lancés des éclairs. « Si tu penses me faire peur, c’est raté » Manquant de grincer des dents. « Sorti de tout contexte, le fait que tu aies fait éjecté ton père n’a pas beaucoup de sens. Pour ce que j’en sais, c’était peut-être le pire des connards. Ou peut-être avais-tu tes raisons. Mais je n’ai pas peur de toi, Chris Wilson, ça ne sert à rien de vouloir m’effrayer. Je ne compte pas m’enfuir en courant. » Et dans un sens j'étais en colère contre ces personnes qui refusaient de me donner ce que je voulais. Cela aurait été plus simple évidemment. Et au lieu de me calmer, j'apparaissais comme plus insolent, les lames qui tournoyaient dans mes doigts. « Des soucis avec nos pères. Voilà déjà un point commun » « Magnifique ! » Sarcastique. Arrogant. Elle semblait même s'amuser de la situation alors que je la toisais froidement du regard. Elle n'avait pas peur, semblait juste ne pas accorder d'importance à ma révélation. Ou disons au contraire elle trouvait même que nous avons un point commun. Toujours silencieux. « Ça ressemble bien à un pire secret, en tout cas. Pire que le mien, ou que tout ce que j’ai pu faire, c’est certain. Est-ce que ça fait de toi une personne horrible, ou de moi une meilleure personne ? J’en sais trop rien. De toute façon, ça ne me regarde pas. À toi de gérer avec ta conscience, désormais »« Merci, ma conscience va très bien. » Un ton sec. Un regard plus froid. « Enfin, si tu n’as pas eu de remords, tant mieux pour toi. » Un sourire. Un sourire froid. Oublié l'humeur joyeuse ou ce petit jeu alors que j'étais de nouveau en train de broyer du noir. « Tu crois vraiment que nous n’avons rien en commun ? Je vois beaucoup de points communs, personnellement » Elle était malicieuse. Je ne l'étais plus. Une nouvelle question qu'elle posait. N'ayant soudainement plus envie de continuer cette partie. Comme un enfant capricieux qui changeait de sujet sans arrêt. « Tu sais quoi, tu ferais mieux d'y aller. » Un ton froid. Comme si je me détachais de toutes émotions. Les souvenirs qui remontaient à la surface. Fermant les yeux l'espace de quelques secondes. « Retourne au campement Chiraz. Ce sera mieux pour nous deux. » Plus un ordre qu'une demande alors que mon regard se perdait dans la vague. Endgame. Un pas en avant pour reculer de trois.

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15/05/2017 stockholm syndrome / solène 137 eliza taylor dakini (avatar) professeur / diplomatie & soins 45


Sujet: Re: chris // memories are made of this
Dim 6 Aoû - 1:02


memories are made of this
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Chris la bousculait, dans tous ses gestes, dans toutes ses paroles. Leur conversation, si elle ne s’inscrivait pas spécialement dans la durée, se détachait de toutes celles que Chiraz pouvait avoir eu ces derniers temps. Par son intensité, surtout, par ce que Chris remuait et secouait en elle. Tout ce qu’elle cachait, ou du moins ne montrait pas. Pas que la blonde ait grand chose à cacher, en vérité. Elle ne sentait rien pas assez extraordinaire pour estimer avoir quelque chose qu’il eut fallu préserver des autres. Elle n’avait aucun secret sombre, comme elle venait de le remarquer. Lui, en revanche, semblait en avoir davantage. Il ne s’étendait pas sur le sujet, ou plutôt semblait garder cela en réserve, pour plus tard… Chiraz n’avait pas l’impression qu’il ne voulait rien lui révéler, bien au contraire ; elle avait davantage le sentiment qu’il allait lui révéler quelque chose, peut-être plus qu’elle ne voulait bien l’entendre. Qu’il ne faisait tout cela que pour la faire patienter, lui faire goûter un peu de ce qu’il était, un peu de sa noirceur. Il aimait jouer avec cela. C’était comme ça qu’elle le comprenait, comme ça qu’elle comprenait ses manières un peu dramatiques, ses brusques accès de colère et les révélations adoucies qui les suivaient parfois. Elle le regardait toujours de ses yeux bleus qu’on croyait souvent à demi clos, presque impassible, les sourcils toujours froncés comme une bête sur ses gardes, comme un enfant face à un problème récurrent. Il la faisait sourire, parfois, avec ses manières amusantes. Oui, il l’amusait. Pas que Chiraz ne le prenne trop au sérieux. Il avait beau se révéler à elle, la jeune femme savait bien qu’il ne faisait cela que parce qu’il acceptait de le faire. Lui aussi, il s’amusait, il s’amusait avec Chiraz, il s’amusait avec ce petit bout de femme effacée, qu’il connaissait mal, qu’il n’avait peut-être même pas remarqué avant l’atterrissage de l’Odyssée sur Terre. Chiraz savait bien que tout ceci n’était qu’un jeu, peut-être une façon pour lui de se changer les idées, d’oublier pendant quelques secondes ses malheurs, d’en parler un peu, de se libérer éventuellement - c’était tombé sur Chiraz par hasard. Elle n’était pas du genre à se faire des films, elle savait bien que toute cette conversation ne mènerait à rien, à rien à part peut-être un peu d’amusement pour leur deux tristes vies. Triste était celle de Chris, qui semblait enfermé dans ses regrets et les fantômes de ceux qu’il avait aimé - cette femme qu’il avait à peine osé mentionné, ces amis qui ne l’étaient plus aujourd’hui ; triste était également la vie de Chiraz, elle aussi enfermée dans une page qu’elle refusait de tourner, enfermée avec les fantômes d’un passé qu’elle idéalisait et refusait de laisser derrière elle parce que probablement trop effrayée par ce qui l’attendait dans ce vaste monde qu’elle devait affronter seule, toujours plus seule. Deux âmes tourmentées à des degrés différents et avec des façons différentes de gérer leur solitude. Chiraz avait depuis longtemps renoncer à tout cela et le chagrin, lancinant au début, ne l’atteignait plus. Elle avait avalé la pilule, accepté son sort, même si elle ne parvenait pas à s’y faire. Chris n’avait pas encore fait le deuil de sa vie d’avant, lui non plus, mais avait des difficultés à l’accepter.

Il y avait pourtant quelque chose que Chiraz se demandait, et Chris n’avait pas vraiment satisfait sa soif de curiosité. Il aurait pu faire cela avec n’importe qui, ou presque. Il aurait pu jouer à ce petit jeu avec quelqu’un d’autre - enfin, avec quelqu’un qui n’aurait pas pris ses jambes à son cou en le voyant arriver. C’était tombé sur Chiraz, la fille invisible ; invisible aux yeux de tous, mais pourtant pas à ceux de Chris. Il l’avait vu, et c’était vers elle qu’il s’était dirigé. Peut-être à cause de cette ressemblance avec cette autre femme qui lui ressemblait, apparemment. Elle se contenterait bien de cette explication ; de toute façon, elle n’en n’aurait pas d’autre. Elle lui ressemblait, voilà tout, voilà l’unique raison qui avait poussé Chris à se diriger vers Chiraz. Voilà pourquoi les deux étaient en train de converser alors que tout les opposait. Tout ? C’était ce que la jeune femme s’était dit, au début. Qu’il n’y avait rien de commun entre elle et cet autre Odysséen, cet oiseau blessé qui était presque miraculeusement venu s’échouer à ses pieds. Et plus la conversation avait avancé, et plus la jeune femme s’était rendu à l’évidence ; il y avait trop de points communs entre les deux. Elles semblaient parfois ténues, difficiles à voir, et pourtant elles étaient là. Deux âmes blessées, perdues. Alors, convaincue de rien si ce n’était du fait qu’ils étaient plus similaires qu’on aurait pu le croire, Chiraz se prit au jeu, elle aussi. Elle jouait, elle s’amusait, elle se dévoilait, un peu, mais pas trop. Juste comme Chris le voulait et aussi loin qu’elle le pouvait. Les sourcils toujours froncés mais l’esprit en éveil, les sourcils froncés et un sourire amusé au coin des lèvres. « Je ne pense pas que tu es lâche parce que tu as préféré tout contrôler. Je pense qu'une personne devient lâche à l'instant où elle n'est plus capable de faire face aux personnes auquel elle tient, de leur dire ce qu'elle pense. La lâcheté c'est quand tu décides de baisser les bras parce que c'est plus facile, que tu penses même à te suicider pour que la douleur s'arrête juste pour oublier, pour que la douleur s'arrête alors même que c'est ce qui te rend humain. » C’était le jeu, ça aussi. Chiraz l’oublia, pendant quelques instants. Son visage se décrispa rapidement à cette annonce. « Je ne pense pas que tu es lâche ». Un peu comme un rayon de soleil qui passerait à travers les nuages, comme un sourire au milieu des visages gris. Chiraz s’était depuis longtemps persuadée qu’elle était lâche, parce qu’elle n’avait jamais le courage d’aller jusqu’au bout des choses. Elle aurait aimé faire partie de ceux qui hurlent, qui crient dans la nuit, ceux qui vivent en brûlant la chandelle par les deux bouts, ceux qui n’avaient pas peur de vivre, somme toute. Elle, elle était effrayée. Elle était lâche. Elle s’était faite à l’idée, encore, et c’était presque quelque chose qui ne la faisait plus souffrir. Elle observait simplement ceux qui ne l’étaient pas, les enviait, un peu, mais plus comme avant. Elle avait accepté qu’il était dans sa nature d’être une control freak. Elle l’avait accepté, et pourtant, il y avait du vrai dans les paroles de Chris. Elle aurait pu abandonner, tout simplement, si vivre l’effrayait tant que ça. Elle aurait pu se laisser mourir quand rien ne la rattachait plus à la vie, quelques mois plus tôt. Mais Chiraz tenait bon. Elle tenait bon. Voilà ce qu’elle savait faire. Cette pensée la radoucit quelque peu.

Et puis l’attitude de Chris changea du tout au tout, alors que la jeune femme, bizarrement enjouée par les paroles du brun - elle les trouvait encourageantes, d’une certaine façon, et avait arrêté de froncer les sourcils -, se sentait d’humeur joueuse. Elle avait envie de continuer le jeu, envie de continuer à flirter pour rien avec cet inconnu. La voix de Chris prit un ton sombre, une intonation vibrante, et c’est armé de ces deux armes qu’il lui raconta son plus sombre secret. Chiraz ne s’attendait pas à cela, c’était certain, mais décida de ne pas réagir comme le jeune homme s’y attendait. C’était clair, pour elle en tout cas, qu’il ne lui raconta cela que pour l’effrayer, ou du moins pour voir sa réaction. Pas parce qu’il voulait avoir la conscience tranquille ou parce que ça intéressait Chiraz. De ce qu’elle en comprenait, Chris n’éprouvait aucun remords. C’était une histoire ancienne, et pas sûr que le souvenir de son défunt père hantait ses nuits. Il la taquinait, encore, il voulait la voir avoir peur. Il la provoquait. C’était un personnage qu’il essayait de construire autour de lui, un personnage qui à la vérité n’avait pas grand effet sur Chiraz. Elle n’était pas du genre à se laisser facilement impressionner, même si son caractère effacé et doux laissait généralement penser l’inverse. Elle ne connaissait pas Chris ; pour autant, il ne la trompait pas. Son changement brutal de caractère, elle n’y voyait que de la poudre, qu’une mascarade. Il la cherchait, elle en était persuadée. Et, de toute manière, il ne l’effrayait pas. Chiraz s’exprima, sincèrement. Elle se fichait pas mal de ce que Chris pouvait avoir fait quand ils étaient là-haut. Personne n’était le même maintenant. Les règles sur l’Odyssée défiait souvent toute logique humaine, toute morale ; elle connaissait des gens qui en avaient tué d’autres, parfois ses propres amis. Elle connaissait des criminels, ou du moins des personnes que le régime considérait comme tels. Sans plus de détails, les mots du jeune homme sonnaient creux. « Tu sais quoi, tu ferais mieux d'y aller. » Contente de sa réaction, sûrement pas celle que Chris escomptait, et plutôt surprise par son éloquence, Chiraz perdit malgré tout son sourire malicieux avec une rapidité déconcertante. Chris ne jouait plus. « Retourne au campement Chiraz. Ce sera mieux pour nous deux. » Ou jouait-il encore ? Elle planta son regard dans le sien, bras croisés sur sa poitrine, elle l’interrogea, chercha une réponse. Non, il ne jouait plus. Quelque chose, dans sa façon de parler, avait changé. Radicalement. Elle resta ainsi, elle le regarda, longuement. Elle se demandait ce qui venait de se passait, et ne savait pas trop comment se sentir. D’un côté, Chiraz se demandait si elle ne venait pas de toucher une corde sensible, une vraie, et si elle ne venait pas de découvrir un semblant de vérité derrière le jeu, la mascarade ; elle s’en félicitait, d’une certaine façon. Elle se félicitait, d’un plaisir un peu cruel, un peu égoïste, d’avoir mis à nu, peut-être ! quelque chose qui faisait trembler Chris, qui le faisait trembler comme elle tremblait, était secouée, bousculée depuis le début. Elle se félicitait de lui avoir rendu la pareille, elle qui depuis le début se sentait comme mise à nue - mais quel délicieux effeuillage ! - par ses mots, ses regards, sa facilité à voir la vérité derrière ses fausses manières. Et d’un autre côté, Chiraz était presque chagrinée, chagrinée parce qu’elle ne comprenait pas vraiment, n’était pas sûre de tout cela. Elle n’était pas sûre d’être parvenue à quelque chose, elle pensait que, peut-être, elle avait été trop loin, que le jeu ne lui plaisait plus. Chagrinée que cette conversation touche à sa fin sans qu’elle ne sache vraiment pourquoi. Un petit sourire triste se dessina le long de son visage, et sans rien dire, Chiraz tourna le dos et s’en alla.

RP CLOS !

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by Wiise
 

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