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˜˜˜˜˜˜chris // memories are made of this
maybe life should be about more than just surviving

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Sujet: chris // memories are made of this
Jeu 18 Mai - 0:16


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Encore un jour. Telle était la pensée de Chiraz quand elle se réveillait, souvent aux premières lueurs du jour. Elle restait allongée sur le dos quelques instants. Elle était encore là, encore dans la partie. La Terre, aussi hostile qu’elle pouvait être, n’avait pas encore eu sa peau. À son arrivée ici, pourtant, la jeune femme n’aurait pas parié sur sa survie. Loin de là. Tant de gens avaient disparus, ou s’étaient fait tués… La vie était difficile ici, et Chiraz avait encore du mal à s’y faire parfois. Ça en devenait presque oppressant, alors que devant elle s’étendait le monde. L’air, la terre, l’eau. Le plus grand espace qu’elle est jamais connu. Malgré tout, elle avait quelque fois l’impression de suffoquer ici. Sur l’Odyssée, les règles de survie étaient simples. Il suffisait de suivre parfaitement les règles ; si vous ne faisiez pas de vagues, alors vous n’aviez quasiment rien à craindre. Ici, toutes les règles que la jeune femme avait jamais connu avaient disparu. Un rien pouvait vous emporter. Une morsure d’animal, une rencontre malencontreuse avec un Terrien énervé, une chute, une maladie, un accident. Ça n’était pas facile. Et elle, qui pourtant n’était rien ! pas une guerrière ou un soldat, juste une tête pensante, avait réussi à s’en sortir jusque là. Chiraz l’avait fait. La jeune femme prenait chaque jour comme une bénédiction. Elle ne s’accordait qu’un seul objectif ; finir la journée en un morceau - cela pouvait paraître simple, mais c’était déjà un projet bien ambitieux. Alors, avant de mettre un pied hors de sa couche et s’apprêter à affronter l’extérieur, Chiraz aimait bien rester là, couchée un instant, les yeux à demi-clos. Elle était en vie. Son esprit divaguait un peu, et parfois elle s’imaginait de retour sur l’Odyssée. Combien la vie y était facile…! Et pourtant… Pouvait-on réellement y parler de vie ? N’était-ce pas ce qu’elle expérimentait ici, sur Terre, la vraie vie ? Comment avait-on pu réduire l’univers aseptisé du vaisseau à la ‘vie’, comment avait-on pu survivre sans le panel de sensations et d’expériences qu’elle avait découvert sur Terre…? La jeune femme ignorait en réalité si l’Odyssée lui manquait ou non.

Au moins, là bas, sa vie y était calculée. Elle n’était qu’une professeure parmi d’autres, une Odysséenne qui ne faisait pas de vagues. Elle avait encore la vie devant elle et coulait des jours presque paisibles avec sa mère et sa poignée d’amis. L’Odyssée offrait la sécurité ; et malgré toutes les souffrances, Chiraz ne s’était jamais sentie aussi vivante que maintenant. La vie était dure, certes. Elle avait perdue sa mère et bon nombre de ses amis ; sa capacité de projection dans l’avenir, même proche, demeurait limité. Les tensions étaient nombreuses au sein du groupe, avec les Cents aussi, alors que l’on vivait sur l’Odyssée dans une apparente et probablement superficielle harmonie. La vie ici était délicieusement dangereuse et il lui arrivait d’apprécier cette pulsion d’adrénaline dans ses veines. Le saut dans l’inconnu, la découverte permanente de sa propre identité. Elle n’avait jamais autant appris sur elle-même que depuis son arrivée sur Terre. Car sur l’Odyssée, il lui manquait véritablement quelque chose - mais quoi ? Une voix, peut-être. La capacité de se faire entendre et de s’exprimer. Chiraz n’était pas une grande gueule et était de nature discrète ; pas le genre de femme à haranguer les autres sur la place publique. Et pour cause : on lui avait retiré ce droit sur l’Odyssée. L’éjection pesait lourdement sur chaque personne, là-haut. Ça n’avait pas été faute d’avoir matière à se plaindre, pourtant. Chiraz se soutient encore du frisson qui avait secoué son corps quand elle avait appris pour les sang. Et parfois, aussi, de lointains souvenirs - un regard, un sourire - de son père éjecté ; les cris, les plaintes, souvent déchirantes, toujours horrifiques, qui s’échappaient du sas d’éjection. Les pleurs. Tout le monde connaissait quelqu’un qui avait été exécuté. Il avait fallu un certain temps à la jeune femme avant qu’elle ne réalise que ce mode de vie, cet autoritarisme violent que les Odysséens subissait, n’était pas normal. Ce n’était pas ainsi que les sociétés humaines d’antan, celles qui avaient habité la Terre, vivaient.

Est-ce qu’elle avait encore raison de croire que l’on pourrait bâtir une meilleure société ici, sur Terre ? Pas vraiment. Elle oubliait presque qu’une grande partie de la population mondiale avait été décimée dans une guerre nucléaire. Si les hommes avaient été capables de tout cela, alors comment pouvait-elle encore espérer que l’exercice du pouvoir changerait ? Est-ce que le régime allait réellement devenir moins rude ici, ou allait-on continuer d’exécuter les gens pour un rien ? Elle demeurait sceptique sur la question. Chiraz ressassait beaucoup trop souvent ces questions, et ce dès son réveil. Machinalement, la jeune femme avait enfilé ses vêtements ; un manteau léger, puisque le temps se radoucissait, et des bottes souples. Elle avait attrapé une sorte de petite pomme rabougrie qu’elle avait ramené dans sa chambre et en sortit. Elle se rendit immédiatement à l’extérieur ; elle avait déjà passé vingt-cinq ans de sa vie enfermé dans un vaisseau. Il était temps pour elle de voir le jour. Dehors, quelques-uns s’activait déjà, d’autres traînassaient. Perdue dans ses pensées, la jeune femme s’assit sur un tronc, un peu à l’écart du groupe. Au bout d’un certain moment, elle remarqua qu’un homme la dévisageait non loin d’elle. Il détourna le regard quand il remarqua qu’elle l’avait vu. Chiraz fronça les sourcils. Elle le connaissait vaguement - juste un autre membre de l’Odyssée, qu’elle côtoyait parfois, mais dont le nom lui échappait. Elle l’avait surtout remarqué pour son regard souvent perdu dans le vide, sa mine triste ; cet homme n’allait pas bien. On l’avait amené à l’infirmerie, un jour, après que quelqu’un l’ait trouvé errant dans la forêt. Chiraz ne savait trop quoi en penser. L’homme souffrait, c’était clair ; pourtant, sa souffrance semblait se noyer dans le tourbillon de toutes les misères communes. Tout le monde souffrait. Est-ce que c’était le rôle de Chiraz d’aller le soutenir ? Pas vraiment. Elle aurait aimé, oui - juste pour se convaincre que la nécessité de survivre n’avait pas occulté l’individu. Ce n’était pourtant pas sa place, elle le sentait, et il devait avoir des proches qui veillaient sur lui. Ou pas. Elle n’en savait rien, en fait. L’homme continua à lui jeter des regards nerveux, parfois insistants. Chiraz se leva et se rapprocha de lui. Son attitude était étrange. Peut-être allait-il mal ? Si c’était le cas, alors elle pourrait peut-être l’aider. Après tout, elle avait des connaissances en médecine. « Est-ce que ça va ? » demanda-t-elle à voix basse, le regard un peu fuyant. Elle regarda l’homme avec un peu plus de précision. Il faisait presque peur. Son mal-être se lisait très distinctement sur son visage blafard. « Wilson, c’est ça…? » se rappela-t-elle. Wilson. Celui qui avait erré dans les bois.


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01/11/2015 Glacy 1449 Brett Dalton murphouille (avatar), Frimelda (signature) ancien militaire - maniement des armes - statège 76
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Sujet: Re: chris // memories are made of this
Jeu 18 Mai - 11:07

Mon regard qui se posait sur elle. Un électrochoc. Des cheveux blonds. Des traits reconnaissables. Mon corps qui se tendait comme un arc alors que je me figeai net. Les battements de mon coeur qui s'accéléraient. Mon souffle qui se faisait plus court. C'était elle. L'impression qu'elle était là. L'impression de voir double. Comme si j'avais bu. Mais je n'avais pas bu loin de là. Je n'avais pas bu une seule goutte d'alcool. De toute façon tout était surveillé, chaque bouteille rangée. Rien ne pouvait être gaspillé et chaque ressource comptait. Chaque personne comptait. Et pourtant j'avais cette impression de voir double ou triple alors qu'elle lui ressemblait. Secouant la tête.

Non j'hallucinais. De nouveau. Parler à Faust n'aidait sans doute pas pour que je me fasse une idée saine de ce que je ressentais. Revoir Robb n'aidait pas. Des souvenirs. Rien de plus. Des images brumeuses sur lequel je m'appuyais. Comme si des illusions pouvaient me guider. Leurs voix qui ne pouvaient que retentir dans ma tête alors qu'à chaque fois que je les voyais c'était comme si ils étaient réels. Des courts moments où j'avais l'impression où tout pouvait enfin bien se presser. De courts instants où la pression retombait et que je me sentais enfin apaisé. Toujours à la recherche de ce calme intérieur. L'impression d'être vivant quand ils étaient là alors que je pouvais enfin leur parler, leur dire ce que je ne leur avais jamais dit. Mais au final ces personnes restaient des illusions. Un tour de mon esprit. Un jeu auquel je ne pouvais fier. Si étrange de me dire que c'était seulement quand je parlais dans le vent ou dans ces voix qui étaient dans ma tête que je me sentais un peu en accord avec moi-même. Comme si je pouvais croire que tout allait bien se passer au final. Comme s'il y avait encore de l'espoir.

Une lueur d'espoir que je tentais pas moins de retrouver. Et si Murphy avait tenté de me faire reprendre contact avec la réalité, tentant de me remettre les idées en place, il n'en restait pas moins que ce n'était pas elle de faire le boulot. Je savais que j'étais le seul qui pouvait m'en sortir, qui devait avoir la force nécessaire de sortir la tête hors de l'eau. Si facile de se laisser entraîner dans les profondeurs alors qu'autant que j'avais commencé de nouveau à lutter, je me retrouvais face à cette difficulté de quitter une obscurité que trop familière. Comme si j'avais peur de garder trop longtemps hors de l'eau et de voir ce qui m'attendais. A vrai dire seul l'inconnu m'attendait. Et je savais ores et déjà que le chemin serait long pour que j'atteigne la berge la plus proche. Ayant encore du mal à clarifier mes idées, à tenter de trouver les mots justes alors qu'après les avoir rejeté, il me faudrait tenter de les retrouver.

Passant une main dans mes cheveux bruns, tournant la tête pour chercher sa silhouette que trop familière. Je savais que cela ne pouvait pas être elle. Et pourtant une part de moi espérait qu'elle était bel et bien là, qu'elle nous avait rejoint au campement. La part sensée de mon esprit me poussant à comprendre que ce n'était pas possible alors que la jeune femme s'était évaporée dans la nature. Comme Faust. Un arrière-goût amer en bouche. Ne pouvant effacer la douleur qui se propageait dans mon coeur. Mon regard qui cherchait de nouveau sa silhouette. Tentant de faire coordonner la réalité avec ce que j'avais vu ou cru voir. Mon regard qui se posait sur les différentes silhouettes qui se trouvaient au sein du campement, formant un groupe compact. Des personnes qui mangeaient, discutaient. Je n'étais pas avec eux, m'étant installé à l'écart, pas encore près de les retrouver. Pas encore prêt à me retrouver avec cette masse de personnes alors que je savais que je m'y sentirais oppressé après avoir passé une nuit debout à patrouiller et surveiller le campement. Mais plus que cela je tentais de nouveau de la trouver. Comme si j'avais rêvé. Mon regard qui dérivait avant de se poser sur sa silhouette alors que la jeune femme s'était installée sur un tronc un peu à l'écart.

Mon regard qui se faisait scrutateur. Elle lui ressemblait tellement. Elle ressemblait tellement à Ailina que cela en était douloureux. La même silhouette plutôt petite. Les mêmes cheveux blonds. Et pourtant alors que je l'observais, je ne pouvais que noter les différences. Elles n'étaient pas les mêmes et pourtant on aurait pu croire qu'elles étaient soeurs. Douloureux alors qu'à cet instant j'aurai tant voulu que la jeune femme soit là. Ailina que j'avais cru voir à l'infirmerie après la mort de Robb. Comme si elle était là pour s'assurer que j'allais bien, comme pour s'assurer que je vivrais. Plus y réfléchissant et plus je la regardais et plus je me rendais compte que ce n'était pas Lily comme je l'avais surnommé qui se trouvait là mais bien cette femme. Cette femme plus âgée qui n'était pas elle. Je m'en rendais compte désormais mais cela ne rendait pas cela plus facile.

Et soudain elle tourna sa tête. Ses yeux qui se posaient sur moi. Détournant le regard rapidement. Pas assez rapidement. Pris sur le fait. Soudain mal à l'aise. Sortant mes poignards alors que je jouais avec, dangereusement. Encore un détail qui n'améliorerait pas ma réputation, loin de là. Déjà que je n'étais pas très populaire, ce n'était pas comme si j'avais fait quelque chose pour améliorer ma situation. M'enfonçant dans une spirale de solitude après la mort de Robb. Et autant que je tentais de relever la tête, il n'en restait pas moins que cela ne pouvait que paraître plus étrange qu'en parallèle je sois leader du mouvement rebelle. Mes doigts qui s'agitaient nerveusement alors que je faisais tournoyer les poignards entre mes mains. Tic nerveux. Des bruits de pas. Manquant de grimacer alors que je savais qu'elle s'approchait de moi. Evidemment. Relevant la tête alors qu'elle se positionnait devant moi. Douloureux de la regarder et pourtant je le fis. « Est-ce que ça va ? » « Oui pourquoi cela n'irait pas ? » Trop amer. Un ton plus sec que je l'aurai voulu. Ne pouvant que la voir détourner son regard. Un regard qui se voulait fuyant comme si elle avait peur de me regarder, comme si je faisais peur. Comme si je ressemblais désormais à un monstre. Pourtant je n'en n'étais pas un. Du moins je ne croyais pas, pas même après que je les avais repoussé, pas même alors que je m'étais montré des plus odieux. « Wilson, c’est ça…? » La fille de l'infirmerie. Définitivement. Tentant d'esquisser un sourire. « Tu peux m'appeler Chris, cela fera toujours moins formel... Tu étais à l'infirmerie je me rappelle. » Tentant de chassant les souvenirs qui se dessinaient de nouveau alors que je reprenais la parole. « Tu sembles avoir peur de moi. Tu ne devrais pas. Je ne vais pas te manger. » Dans un sens amusé alors que c'était sans doute l'une des premières fois que je parlais autant sans chercher mes mots, sans ressentir le goût amer de la culpabilité. Peut-être cela était-il plus simple parce que je ne la connaissais pas, parce que je savais qu'elle ne me jugerait pas sur le passé. Tentant de faire comme si de rien n'était. Comme si la situation n'était pas particulièrement étrange pour moi alors qu'elle ressemblait comme deux gouttes d'eau à Ailina. Tentant de ne pas scruter ses courbes pour noter les différences alors qu'au contraire mon regard était plongé dans le sien comme pour voir à travers les fenêtres de son âme. Tentant d'engager la conversation pas moins. « Comment tu t’appelles ? »

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Sujet: Re: chris // memories are made of this
Jeu 18 Mai - 21:03


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Chiraz était hésitante. Elle n’arrivait pas à fixer l’homme dans les yeux. Pas qu’il l’impressionne particulièrement… C’était juste comme ça. Elle avait toujours trouvé que regarder quelqu’un droit dans les yeux était un geste provocateur - pas forcément méchant, mais ce n’était pas anodin. On ne peut rester de glace face à quelqu’un qui ose clairement se poser comme votre égal, qui se pose bien face à vous ; la jeune femme n’aimait pas cela. La confrontation directe et brutale, c’était pas son fort. Et surtout pas face à cet homme qui l’impressionnait. Oh, elle connaissait plus ou moins sa réputation sur le camp. Les bruits et les rumeurs vont vite ici. Elle le connaissait pas, pourtant, se rappelait à peine de son nom. Wilson. Des bruits couraient. Il avait perdu des êtres chers et depuis, ça n’allait pas très bien pour lui. Tout cela revenait à Chiraz, maintenant que l’homme se tenait à quelques centimètres d’elle. Elle se rappelait bien de ce jour où on lui avait amené - hébété, balbutiait des mots, totalement confus. La jeune femme n’avait pas très bien su comment gérer la situation ; elle avait en vain essayer de lui parler, avant qu’on lui dise de laisser tomber. D’une certaine manière, l’homme l’avait touchée. Il allait mal, très mal, mais les autres ne se faisaient apparemment pas trop de soucis pour lui. Et elle, elle ! elle n’avait pas fait mieux que les autres. Elle était partie, en soupirant, le laissant sur sa couchette, et jusqu’aujourd’hui, elle l’avait oublié. Les blessés s’accumulaient et l’infirmerie grouillait parfois de monde, les modalités de la vie quotidienne prenaient souvent le pas sur tout le reste. Oui, maintenant, son nom lui revenait, clair comme de l’eau de roche : Wilson. Un visage pâle, encadré de cheveux châtains, une barbe naissante. Il arborait le même air perdu que le jour où on l’avait amené à l’infirmerie, excepté qu’aujourd’hui, il semblait moins confus.

Chiraz ne se sentit pas moins mal à l’aise en s’approchant de lui. Son regard insistant l’avait d’abord intimidée - avait-elle fait quelque chose de mal ? - et son impression se confirma quand elle s’aperçut qu’il jouait machinalement avec des poignards. La jeune femme jugea prudent de laisser une distance minimale de sécurité entre eux. Elle le sentait tendu, nerveux, les muscles comme prêts à bondir. Il n’était pas non plus à son aise, et ne semblait avoir qu’une envie : prendre ses jambes à son cou. Pourtant, il était là, et n’avait pas bougé quand il avait vu Chiraz s’approcher de lui. Elle lui demanda d’une voix mal assurée, les yeux malheureusement fixés sur les poignards, si il allait bien. Après tout, peut-être ne se sentait-il physiquement pas en forme, et qu’il essayait de lui demander de l’aide. « Oui pourquoi cela n'irait pas ? » répondit-il d’un ton sec. Chiraz aurait presque pu mal le prendre si la vie sur Terre ne lui avait appris à passer outre les colères et remarques de chacun. Elle se contenta, comme à son habitude, de rester impassible. Sa question semblait quasiment rhétorique. Pourquoi ça n’irait pas ? Peut-être parce qu’ils se trouvaient sur Terre et que tous deux avaient perdus des êtres chers, que la vie sur l’Odyssée leur manquait, qu’ils étaient épuisés et que leur avenir était plus qu’incertain ? La jeune femme haussa les sourcils. « Oh, je sais pas. C’est vrai que tout va pour le mieux dans le meilleur des mondes » répondit-elle d’un ton neutre. Wilson n’avait peut-être pas envie de parler, ou peut-être l’avait-elle pris au dépourvu. Parfois, quand les choses vont mal, on a pas forcément envie que quelqu’un vienne nous embêter avec ça. Mais Chiraz voulait au moins s’assurer… S’assurer de quoi, en fait ? Qu’il allait bien ? Et si ça n’était pas le cas, que ferait-elle ? Elle n’était personne pour lui. Simplement… Elle ne savait pas pourquoi, mais elle n’avait pas pu s’empêcher de venir le voir.

Wilson se radoucit soudainement quand Chiraz prononça son nom. Oui, elle se souvenait de lui. C’était peut-être pour cela qu’il s’était radouci, d’ailleurs. Cela faisait toujours du bien de se rendre compte que l’on était pas complètement invisible aux yeux de la société. « Tu peux m'appeler Chris, cela fera toujours moins formel... Tu étais à l'infirmerie je me rappelle. » sourit-il légèrement. Chiraz lui rendit son sourire, et se détendit un peu. Ça n’était pas franchement facile d’engager la conversation avec quelqu’un qui y semblait réfractaire. Et, dans un sens, cela fit plaisir à Chiraz qu’il se souvint d’elle. Elle avait parfois l’impression que personne ne la remarquait jamais, ici. « Enchantée Chris » dit-elle doucement. « Je n’étais pas sûre que tu te souviennes de moi ». Elle ne mentionna pas le fait qu’elle était même plus que surprise de cela. Il lui avait semblé ailleurs tout au long de son séjour à l’infirmerie. « Tu sembles avoir peur de moi. Tu ne devrais pas. Je ne vais pas te manger. » continua-t-il. Il semblait à la fois mal à l’aise et… presque content qu’elle vienne lui parler. Comme si la présence de Chiraz le réjouissait autant qu’elle le peinait. La jeune femme ne savait pas trop comment réagir, à vrai dire ; elle se contenta de sourire vaguement, comme à son habitude. Toujours rester mesurée. « Pas toi. Par contre, je t’avoue que les poignards que tu fais tourner dans tous les sens me mettent moyennement en confiance » dit-elle d’un ton qui se voulait chaleureux. « Sinon, oui, j’espère bien que tu ne vas me manger. De toutes les morts possibles ici, j’aimerais bien éviter celle-là ». Chiraz se permettait presque un trait d’humour. Il y avait quelque chose de si… intrigant chez cet homme. Il lui faisait penser à un animal blessé - car blessé, oui, il l’était certainement, et semblait fuir ceux qui tentaient de l’approcher. Chiraz n’était pas naïve : si les gens fuyaient Chris, c’était forcément pour une raison. Or, il semblait étonnamment… ouvert envers elle. Il essayait d’être agréable, cela se voyait. Alors, elle aussi tâcha de faire des efforts. « Comment tu t’appelles ? » Elle esquissa un petit sourire. « Chiraz ». La seule du clan. Le jeune homme avait plongé son regard dans le sien. Le premier réflexe qu’elle eut fut de détourner le regard, puis elle s’efforça malgré tout de le soutenir. Il n’y avait pas une once de méchanceté dans le regard de Chris. Simplement… Une force de curiosité. Il y avait quelque chose, et elle ne parvenait pas à saisir quoi. « Excuse-moi, peut-être que je ne devrais pas te poser la question comme ça, mais… » La jeune femme hésita. Elle espérait que Chris n’allait pas se braquer. « Est-ce que tu vas mieux depuis ton passage à l’infirmerie ? » Il avait l’air plutôt en mauvais état, la dernière fois. « Si jamais tu as un soucis, tu peux venir me voir. Enfin, moi ou n’importe qui. Faut pas hésiter ».


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Sujet: Re: chris // memories are made of this
Jeu 18 Mai - 22:25


Répondant à sa question d'un ton un peu trop sec. Non pas que j'avais réellement envie de lui répondre. Une question qui ne me rappelait que l'échec grandissant auquel j'étais confronté, qui me rappelait ce que j'avais fait. Un échec qui me rappelait la spirale dans laquelle j'étais enfermé. Et j'y étais toujours enfermé dans un sens autant que je tentais d'en sortir. Ce qui était que plus compliqué alors que sa question ne faisait que raviver des souvenirs tout sauf joyeux. Une question que l'on m'avait posé de multiples fois sous différentes formes alors qu'ils étaient nombreux à vouloir savoir si j'allais bien. Mais plus que cela ils continuaient de roder autour comme des charognards pour certains à tenter de savoir ce qui était vrai ou faux, tentant de savoir si les rumeurs étaient vraies. Ils avaient été nombreux à vouloir savoir ce qui s'était passé avec Robb. Non pas que j'avais eu envie de leur répondre alors qu'au lieu de cela je m'étais enfoncé dans un mutisme, dans un silence total. Si difficile de mettre des mots sur ce qui s'était passé. Des mots qui ne faisaient que ressortir la vérité alors que Robb était mort à cause de moi, alors que j'aurai du mourir à sa place et non pas lui qui s'était sacrifié pour me sauver des griffes du loup géant. La culpabilité de nouveau là. La culpabilité qui était prête de nouveau à m'écraser. La douleur de nouveau là alors que je pouvais sentir les battements de mon coeur qui s'accéléraient. Tentant de reprendre le contrôle, tentant de me rappeler les mots de Murphy alors que cette dernière n'avait que tenté de me convaincre que sa mort n'était dû qu'au hasard. A vrai dire j'avais encore du mal à la croire maintenant. Tentant de penser à autre chose alors que mon regard se posait sur la jeune femme en face de moi qui ressemblait comme deux gouttes d'eau à Ailina. Comme si c'était plus facile de la regarder que tenter de mettre des mots sur ce que je ressentais. Comme si j'avais besoin d'un psychologue. Sa voix qui me coupait, me ramenant à la réalité. « Oh, je sais pas. C’est vrai que tout va pour le mieux dans le meilleur des mondes » Et si son ton était neutre, je manquais pas moins de le prendre personnellement. Mes sourcils qui se fronçaient alors que je me demandais ce qu'elle cherchait. Tentant de me reprendre alors que je n'avais aucune raison de la haïr.

Tentant même de lancer la conversation alors que je n'en venais qu'à me présenter. « Enchantée Chris » Comme si elle choisissait ses mots avec soin, comme si elle n'en venait qu'à faire part d'une certaine retenue. Sans doute à cause de ce qu'elle avait entendu. « Je n’étais pas sûre que tu te souviennes de moi » Une pointe de sarcasme dans ma voix alors que j'en venais qu'à reprendre la parole pour lui répondre au tac à tac. « Que veux-tu que je te dise, tu as un visage inoubliable. » A vrai dire une part de moi se demandait à quoi je jouais. Je n'étais ni drogué, ni ivre. Et pourtant autant que c'était douloureux de la regarder, je ne pouvais que la contempler alors qu'elle me faisait penser à Ailina. Le visage de la jolie blonde gravé dans mon esprit alors que j'aurai à vrai dire donné cher pour savoir où elle était, pour qu'elle soit là en chair et en os. Mais autant que je semblais changer de masque rapidement, je n'en venais pas moins à reprendre la parole. Un peu plus chaleureusement. Pour ne pas l'effrayer, pour ne pas lui faire peur alors que je ne pouvais que voir qu'elle maintenait une certaine distance entre nous. Et autant qu'elle souriait, elle ne semblait pas rassurée. « Pas toi. Par contre, je t’avoue que les poignards que tu fais tourner dans tous les sens me mettent moyennement en confiance » Les ayant oublié alors qu'ils continuaient pourtant de virevolter entre mes doigts, ce que je faisais depuis toujours. Un geste nerveux dont elle ne savait rien, dont nombreux ne savaient rien. « Désolé. » M'excusant brièvement avant de les ranger, non pas que la situation était des moins étrange alors que je me retrouvais avec le double de mon ex en face de moi. « Sinon, oui, j’espère bien que tu ne vas me manger. De toutes les morts possibles ici, j’aimerais bien éviter celle-là » J'esquissai un sourire, mi-figue, mi-raison. « Jolie et drôle... mais rassure-toi je pense que la faucheuse nous réserve un sort plus douloureux que cela. » Pas moins cynique alors qu'autant que je continuais de jouer avec le feu, je continuais de jouer avec les démons qui m'environnaient. Sans réellement réussir à les chasser alors qu'ils étaient toujours là, alors que je ne pouvais oublier les corps et les disparitions.

Fermant les yeux l'espace d'une seconde avant de les rouvrir. Un autre homme. Un autre masque. Et toujours cette même volonté de reprendre le contrôle, de maintenir les illusions. Comme si ce jeu ne pouvait jamais cesser. Détournant pas moins le sujet de la conversation alors que ne faisant comme si de rien n'était, je ne venais qu'à m'intéresser à elle. Ne connaissant même pas véritablement son prénom. « Chiraz » Ailina. Chiraz. Des prénoms différents. Des personnes différentes. « Chiraz... cela fait plus terrien, non ? » Comme si je parlais plus moi-même qu'à elle bien qu'à vrai dire je réussissais à me détendre légèrement alors que je n'avais pas cette soudaine impression d'oppresser ou même d'être jugé.

Et pourtant alors qu'elle ne reprenait la parole, mes traits ne vinrent qu'à se durcir un peu plus. « Excuse-moi, peut-être que je ne devrais pas te poser la question comme ça, mais… » Mon regard plongé dans le sien alors que je m'attendais à de nouvelles questions, m'attendant à ce qu'elle aborde ce fameux sujet. « Est-ce que tu vas mieux depuis ton passage à l’infirmerie ? Si jamais tu as un soucis, tu peux venir me voir. Enfin, moi ou n’importe qui. Faut pas hésiter. » Des questions dans ma tête alors que je me demandais pourquoi elle me demandait cela, devenant soudainement plus méfiant. Non pas que je la connaissais, non pas que j'avais envie de me confier à elle. Déjà prêt de nouveau à replonger dans des ténèbres que trop familières. « Pourquoi cela t'intéresse ? Tu veux voir si les rumeurs sont fondées peut-être ? » Et si je n'avais pas élevé d'un ton, ma voix n'était pas moins glaciale et que plus menaçante. Elle n'était pas Ailina. Elle était comme les autres, voulant sans doute voir si les commérages étaient fondés. Et dire que pendant l'espace d'une seconde j'avais eu la sensation de l'apprécier. Une illusion semblait-il. Et peut-être que si la paranoïa n'était pas là, peut-être que si le sujet n'était pas si sensible je ne me serait pas braqué. « Tu penses que j'ai besoin d'un psy ou quoi ? Parce à ce que je sache nous ne sommes pas amis, tu n'es pas ma mère et ce n'est certainement pas un terrain sur lequel tu veux t'avancer. » Méchant. De nouveau mordant. Le désir de me protéger alors que je replongeais tout simplement. Un pas en avant puis trois en arrière. Regardant désormais la jeune femme avec un air plus méprisant, espérant qu'elle rebrousse le chemin alors qu'un peu plus je constatai les différences, qu'elle n'avait rien en commun avec Ailina qui n'aurait jamais posé de questions si stupide. Mais elle l'avait fait, s'aventurant sur un terrain glissant, et elle semblait ores et déjà commençait à s'y enfoncer si elle ne s'en était pas déjà rendue compte.

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Sujet: Re: chris // memories are made of this
Ven 19 Mai - 16:19


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L’homme se montra tout d’abord froid, peu enclin à engager une conversation avec Chiraz. Son ton était presque sarcastique, toujours sur le fil. D’autres se seraient sûrement agacé de recevoir ce genre d’accueil après une question polie, mais pas Chiraz. De toute façon, elle n’était pas du genre à prendre les choses personnellement. Si ce type était énervé, ce n’était pas de sa faute - ça lui retombait simplement dessus, parce qu’elle était là, parce qu’elle avait osé l’aborder. Il était sur la défensive, ce qui montrait qu’au fond, c’était elle qui avait l’avantage. La jeune femme eut de suite l’impression de commencer une joute verbale où chaque mot allait compter. Elle lui répondit sur un ton similaire au sien, un peu sec, un peu railleur, sans pour autant qu’elle n’y mette une once de méchanceté derrière. Chiraz voulait juste lui montrer qu’il ne l’impressionnait pas, et surtout qu’elle n’était pas dupe. Il pouvait faire le malin, mais elle voulait clair dans son jeu. Il souffrait, elle le savait. Elle l’avait vu. Finalement, sa petite technique fonctionna, et Chris sembla se radoucir. C’était ça. Il n’avait aucune raison de la haïr - en fait, ils ne se connaissaient même pas. Leur chemin s’étaient simplement croisés, une fois. Chris se souvenait toutefois d’elle, ce qui la surprit, vu son état. « Que veux-tu que je te dise, tu as un visage inoubliable. » Chiraz haussa un sourcil interrogateur, pas vraiment sûre de ce qu’il cherchait à faire par cela. Il était sarcastique, évidemment, mais la jeune femme ne comprenait pas quel était son but. Peut-être tentait-il de garder la face face à la jeune femme qui l’avait vu dans un moment où, bizarrement, il faisait un peu moins le malin. Chiraz croisa les bras sur sa poitrine et sourit légèrement - un sourire entendu, un brin potache. Elle le regarda un peu mieux, même si elle peinait à détacher son regard des poignards qu’il tripotait machinalement. Son attitude lui échappait, comme si Chris lui-même était perdu entre deux eaux, entre deux attitudes à adopter. Quelque chose manquait pour que Chiraz comprenne réellement ce qui était en train de se passer entre elle et Chris.

Il lui demanda, assez soudainement, si il lui faisait peur. Cela ne surprit pas vraiment la jeune femme. Chris n’était pas stupide. Il savait quelles rumeurs couraient sur lui, il savait que dans le camp on avait tendance à l’éviter, ces derniers temps. Qu’il n’était pas fréquentable. Or, tout ce que Chiraz voyait, c’était un type à la mine triste, loin d’être au meilleur de sa forme. Il ne représentait pas grande menace aujourd’hui, même pour la jeune femme, une brêle quand il s’agissait de combattre. Les poignards qu’il manipulait, en revanche, étaient un brin plus dangereux que lui. « Jolie et drôle... mais rassure-toi je pense que la faucheuse nous réserve un sort plus douloureux que cela. » dit-il, toujours aussi cynique. Le jeu continuait, alors. Il rentrait dans son jeu. Bien. Il était en confiance… Pas que Chiraz le veuille plus que cela, mais elle s’interrogeait sur lui. Elle était curieuse, elle voulait le comprendre, lui - l’espèce de rebut du camp odysséen. Les mots résonnaient encore dans la tête de Chiraz ; Laisse tomber. Des gens étaient près à le laisser tomber, à le laisser seul à l’infirmerie. Il y avait forcément quelque chose. « J’espère bien. Quitte à mourir, autant rentabiliser » continua-t-elle sur le même ton. Un peu plus à l’aise, il lui demanda quel était son prénom. Chiraz n’était pas sûr qu’il s’intéresse véritablement à elle - peut-être agissait-il par politesse, même si cela serait surprenant, ou avait-il autre chose derrière la tête. « Chiraz... cela fait plus terrien, non ? » demanda-t-il d’un ton pensif. La jeune femme n’y avait jamais vraiment réfléchi. Sa mère, qui travaillait aux archives sur l’Odyssée, avait trouvé ce nom sur un état civil d’une autre époque, un jour, et l’avait aimé. Juste un souvenir du passé, quelques syllabes rattachées à un fantôme. « Qu’on le veuille ou non, on est tous terrien » marmonna-t-elle en haussant les épaules. Les Odysséens avaient un peu de mal parfois avec cette idée, mais eux aussi étaient des terriens. Des terriens exilés.

Chiraz aborda ensuite le sujet qui allait probablement le fâcher. Sa réponse abrupte, quand elle lui avait demandé si il allait bien, lui avait laissé deviner qu’il n’apprécierait pas qu’elle aborde le sujet. Et pourtant, elle le fit quand même. Pas par curiosité malsaine, ou pour faire des commérages. Elle était bien au dessus de tout ça et se fichait pas mal des bruits - sinon, elle n’aurait même pas été l’aborder. Toutefois, l’attitude de Chris changea radicalement. Il devint distant, et l’espèce d’échange qui s’était installé entre eux se figea. Son ton, son regard, tout chez lui devint glacial. Chiraz ne s’attendait pas à ce qu’il se braque à ce point. « Pourquoi cela t'intéresse ? Tu veux voir si les rumeurs sont fondées peut-être ? » Il semblait en colère. Déçu, presque. Comme si il avait attendu, pendant un instant, quelque chose d’autre de Chiraz. Avait-il oublier qu’elle était aide-soignante ? La jeune femme se laissa parler. Il avait besoin de se lâcher un coup. « Tu penses que j'ai besoin d'un psy ou quoi ? Parce à ce que je sache nous ne sommes pas amis, tu n'es pas ma mère et ce n'est certainement pas un terrain sur lequel tu veux t'avancer. » cracha-t-il finalement. Un petit sourire se dessina sur le visage de Chiraz. Un animal blessé. Elle avait vu juste. Il cherchait tant bien que mal à se défendre, et devenait méchant - objectivement méchant. La jeune femme ne savait toujours pas si l’attaque était personnelle ou non, cette fois. Il semblait réellement que Chris ait été… déçu ? par la question de Chiraz, et pourtant, c’était comme s’il s’adressait à quelqu’un d’autre. « Est-ce que j’ai l’air d’en avoir quelque chose à foutre des rumeurs ? Franchement ? Tu crois pas que j’ai d’autres priorités dans la vie ? » demanda-t-elle d’un ton presque sévère. Et c’était terriblement vrai. Sur Terre, les rumeurs, ça n’était pas son truc. La survie, oui. « Pas besoin d’écouter les bruits. Regarde-toi. C’est écrit sur ton front » Elle y allait fort, c’était vrai. Mais il lui semblait qu’elle n’arriverait pas à le faire écouter si elle ne faisait pas grand bruit. « Mais t’as raison, j’suis pas ta mère ou ton amie. Juste quelqu’un qui t’as vu. Qui a entendu les autres dire de 'laisser tomber'. Si ça t’est égal, si tu veux continuer comme ça, bah vas-y. Je suis personne pour t’en empêcher ». Cette fois, elle plongea son regard dans le sien. Franchement. Elle n’était pas sûre de ce qu’elle cherchait vraiment ici - à briser son secret ? à se donner bonne conscience ? ou juste à agir humainement ?

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by Wiise

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01/11/2015 Glacy 1449 Brett Dalton murphouille (avatar), Frimelda (signature) ancien militaire - maniement des armes - statège 76
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Sujet: Re: chris // memories are made of this
Ven 19 Mai - 18:48


« J’espère bien. Quitte à mourir, autant rentabiliser » Manquant de sourire. Me détendant légèrement. Cela faisait longtemps que j'avais l'impression que je n'avais pas souri pour rien, que j'avais réussi à pas prendre chaque mot personnellement. C'était compliqué de lâcher prise. C'était compliqué de rester calme et de paraître détendu après ce qui s'était passé. Pourtant j'essayais. Parfois à vrai dire je me demandais si cela ne serait pas plus facile si j'étais ivre ou assommé de médicaments. Souvent je me le demandais. Tenté de ne plus rien ressentir. Ce que j'avais recherché pendant un temps alors qu'il était plus simple de ne rien ressentir. Au moins comme je ne ressentais rien, je n'avais pas besoin de réfléchir, je n'avais pas besoin de me préoccuper des mots que je pourrai prononcer. Mais plus que cela quand je ne ressentais rien, j'oubliais tout. Des tentatives souvent vaines d'oublier le sang, les images de la mort. Des images vaines pour tenter d'oublier la colère, la culpabilité mais aussi la peur et la solitude. Cette même solitude dans lequel je m'étais jeté les bras le premier. Parce qu'il était plus simple de ne rien ressentir et oublier les images du passé, d'oublier qu'on était humain. Et si à un moment j'avais tendance à me servir de ces passages à vive, de cette douleur si soudaine pour me rappeler que j'étais trop vivant, j'en étais venu tout simplement à ne plus faire le poids. Ne faisant plus le poids alors que je ne pouvais plus supporter cette douleur dans laquelle je me noyais inexorablement. Et cela même alors que je tentais de mettre des barrières entre cette peine et moi. Tentant de reconsolider les murailles, tentant de me dire que l'on ne pouvait pas me briser ainsi. Alors j'essayais de nouveau. J'essayais de combattre des ténèbres trop familières dans l'espoir de trouver un chemin, dans l'espoir de réussir à m'en sortir malgré tout et à survivre. Et à vrai dire plus que cela je réussissais à me détendre légèrement en sa compagnie. Peut-être parce qu'elle me rappelait une autre fille qui me faisait sourire. Peut-être parce que pour le moment elle ne m'avait pas jugé alors même que je flirtai légèrement avec elle. Rien de méchant. Comme si je voulais me rappeler que j'étais vivant. Sans que cela n'ait réellement sens pour autant. Tentant juste d'avoir une conversation normale pour une fois. L'infirme volonté de me rappeler que j'étais autant une personne qu'une autre. Maigre tentative pour me rappeler que je pouvais être normal de nouveau. Bien que je doutais que la normativité soit la norme. La douleur l'était, elle.

Tentant de chasser les ombres du passé alors que je reprenais la parole, faisant glisser son prénom dans ma bouche. Un prénom qui n'était pas des plus courant à vrai dire. Non pas qu'elle l'avait choisi. Les parents choisissaient, se disaient que cela représentaient quelque chose. Je doutais qu'ils aient choisi le mien particulièrement. A vrai dire je ne me rappelais pas grand chose de ce qu'était le passé. Pas comme si je pouvais me rappeler les traits de ma mère alors qu'elle était morte à ma naissance. Mon père ne l'avait supporté. Et me l'avait autant fait payé. Des images qui revenaient, qui se jouaient dans ma tête. J'avais du mal à me rappeler les rares moments où j'avais eu un jour le sourire, où j'avais été totalement heureux en sa compagnie. Me rappelant au contraire les fuites dans les couloirs, les tentatives d'aller dans la zone interdite. Tout faire pour lui montrer que je n'entrais pas dans un moule. Toujours défier le règlement. Et cette même volonté d'attirer son attention, de recevoir des marques d'affection. Non pas que j'en avais réellement reçu. Je me rappelais au contraire ses sermons, les cris, les coups qui partent par instant. Il voulait que je sois sérieux, que je suive les règles. Ironique de sa part alors qu'il défiait le conseil depuis le début, avait formé le mouvement des rebelles avec la mère de Faust. Un mouvement dont il m'avait tenu éloigné avant que je ne découvre la vérité par moi-même. Me rappelant encore ma réaction. Les pointes amères de jalousie alors qu'il n'y avait jamais eu de secret entre la mère de Faust et sa fille, cette dernière ayant directement été impliquée. Ce qui n'avait pas mon cas. Oh, bien entendu, il voulait que je suive les règles, que je le rende fier, que je respecte ce foutu règlement alors que lui-même le transgressait depuis le début. Je me rappelais le sentiment de trahison. La déception. Cela n'avait jamais marché entre lui et moi. Et je n'osais me demander ce qu'il penserait s'il me voyait maintenant. Et pourtant parfois je me le demandais, ne pouvant m'empêcher de me questionner, de me demander s'il serait déçu ou fier que j'ai suivi ses traces. A vrai dire dans l'essentiel, je pensais qu'il serait déçu dans mon comportement comme toujours. Son avis avait compté, et dans un sens je restais marqué à l'encre noir de ses mots, de ce regard qu'il avait l'habitude de poser sur moi. Ayant toujours du mal à chasser les ombres du passé. Perdu dans mes pensées, un visage pourtant impassible que j'avais appris à composer, je manquais d'entendre sa réponse. Et si parfois suivre le flot de mes pensées ne durait que quelques secondes, j'avais souvent l'impression qu'une éternité s'était écoulée. « Qu’on le veuille ou non, on est tous terrien » Manquant d'avoir du mal à me rappeler le sujet de cette conversation bien qu'à vrai dire je m'en souvenais, alors que je n'en n'étais venu qu'à estimer que son prénom faisait plus terrien. Sans me demander si je pouvais la froisser alors que les mots étaient juste sortis de ma bouche. Et pourtant je comprenais ce qu'elle venait de dire. C'était la vérité. Hochant la tête lentement alors que je lui répondais. « Oui on l'est tous désormais. » A vrai dire je ne pensais pas que c'était réellement une mauvaise chose alors qu'à l'instant où ils avaient pris la décision de nous envoyer sur terre, tout avait changé. Nous ne flottions plus dans l'espace. Non désormais, nous avons les pieds bien ancrés sur terre pour les pires et meilleurs moments.

Et pourtant l'instant d'après alors que je me disais que tout aurait pu bien se passer, elle en venait à aborder le sujet qui fâche. Comme si personne ne pouvait éviter ce sujet. A vrai dire ils ne le voulaient peut-être pas simplement. Et par moment je me demandais si ce n'était pas de la torture personnelle ou alors peut-être qu'ils se vengeaient de ce que j'avais fait ou dit plutôt. Parfois je ne pouvais que me dire que je le méritais et à vrai dire souvent j'encaissais les remarques et les rumeurs sans brochées, parce qu'elles étaient vraies. Parce que quoi qu'avait dit Murphy, je continuais encore de me sentir coupable et je doutais que ce sentiment puisse s'effacer un jour. Mais pourtant au-delà de cela, je ne comprenais pas alors que la plupart du temps ils ne le connaissaient pas, alors que je n'avais juste pas envie d'en parler. Ne sachant pas si je pouvais juste supporter leurs regards de compassion, ou leurs questions. Et alors évidemment je m'énervais. C'était une réponse facile. La colère, cette rage sourde qui envahissait mon coeur, elle était toujours là. Parfois j'avais l'impression d'appuyer sur le bouton off, mais souvent elle était là. Omniprésente. Comme si elle ne pouvait pas exister. Elle était toujours là, dans chaque être humain. Sauf que la plupart des autres personnes réussissaient à la contrôler mieux que moi, à ma différence. Les mots jaillissant sans les arrêtais alors que je m'énervais aussi simplement qu'il que ce soit. L'expression de mon visage avait changé alors que tout mon corps était devenu rigide, alors que j'étais devenu glacial. Un guerrier au coeur de glace. Plus facile d'user le mépris et la colère que de pousser la conversation plus loin. Plus facile d'user de ces systèmes de défense que discuter réellement. Rien n'avait changé. Les démons étaient toujours les mêmes. Mais pourtant au lieu de s'écraser ou de se taire, Chiraz n'en vint qu'à prendre la parole d'un ton qui se voulait même sévère. « Est-ce que j’ai l’air d’en avoir quelque chose à foutre des rumeurs ? Franchement ? Tu crois pas que j’ai d’autres priorités dans la vie ? » Ailina non plus ne se serait pas tu. Elle non plus elle ne se serait pas écrasée alors qu'au contraire elle m'aurait répondu avec le même mordant habituel qu'elle avait. Mon regard qui dérivait sur les traits de la jeune femme alors que je me faisais cette même réflexion tandis qu'elle parlait. Il y avait trop de ressemblances et de différences. Mais pas moins j'avais cette impression que c'était comme si elle voulait me rabrouer. Sur la défensive depuis le début. Ou du moins depuis qu'elle avait abordé ce sujet dangereux sans apercevoir le panneau de danger qui annonçait ce terrain glissant. « Alors qu'est-ce que tu veux ? » Pas moins aussi franc, et sans doute toujours aussi froid. J'étais méfiant. Sans doute en partie paranoïaque alors que je ne pouvais que me demander ce qu'elle était venue faire, si elle était venue vérifier les rumeurs. « Pas besoin d’écouter les bruits. Regarde-toi. C’est écrit sur ton front. » Un sourire méchant se dessinant sur mon visage comme si j'étais prêt à montrer les crocs. Une lueur dangereuse qui dansait dans mon regard. Ce n'était tout sauf un sujet que je voulais aborder, et même si j'avais pris l'habitude de laisser couler les rumeurs, il n'en restait pas moins que j'étais toujours sur la défensive. Toujours sur la défensive et bien même alors que je tentais de m'améliorer, d'améliorer mon comportement et de redevenir celui que j'étais. Néanmoins, il n'était pas possible de revenir en arrière bien même que je le désirais. « Mais t’as raison, j’suis pas ta mère ou ton amie. Juste quelqu’un qui t’as vu. Qui a entendu les autres dire de 'laisser tomber'. Si ça t’est égal, si tu veux continuer comme ça, bah vas-y. Je suis personne pour t’en empêcher »

Passant une main de mes cheveux bruns. J'étais pas moins conscient qu'elle tentait, qu'elle venait de me dire clairement qu'elle avait fait un effort alors que nombreux lui avaient conseillé de ne pas le faire. Je savais qu'ils étaient nombreux à me considérer comme une cause perdue. Même Murphy le pensait alors que notre relation était de retour à la case départ, figé dans le temps ou dans la glace. A cause de moi. Tentant de me remettre les idées en marche. En attendant comme d'autres elle n'avait pas torts alors que cela dépendait de moi de me reprendre. Pas moins conscient que je m'étais énervé contre elle peut-être pas tant forcément parce qu'elle avait lancé le sujet que parce qu'elle avait été là. Elle aurait été un autre et la réaction aurait sans doute été la même. Sauf peut-être avec Ailina. Et Rachel. Difficile de penser à elles deux alors qu'à vrai dire que je n'avais plus de nouvelles d'elles, n'ayant pas eu le courage d'aller jusqu'à leur campement pour tenter d'en savoir plus. Lâche comme l'accusait d'être mon père. L'adrénaline qui disparaissait. La pression qui retombait. Les battements de mon coeur encore trop rapides. Reprenant ma respiration. Cette même tentative de reprendre le contrôle. Non plus de garder comme je le faisais avant mais bel et bien de le reprendre alors que j'avais sombré il y a longtemps. Reprenant ma respiration alors que je posais mon regard sur elle. C'était douloureux. Elle ressemblait tellement à Ailina que cela était douloureux de la regarder. Autant que de regarder le soleil. Distrait pendant l'espace de quelques secondes alors que la regarder me permettait de me calmer, sans doute parce que je savais que je n'aurai jamais été capable de réagir ainsi avec la jolie blonde. Et j'étais autant conscient qu'en sommes elle n'y était pas vraiment pas grand chose, alors qu'au-delà de cela elle avait voulu aider. Tentant sans doute elle aussi de faire bouger les choses, de s'assurer qu'un sourire se dessine sur mon visage. Certains n'abandonnaient pas tout simplement. J'avais abandonné et que je pouvais que constater que revenir dans la partie était difficile. Mais je savais pas moins que je devais essayer, pour lui, pour Faust, pour Rhys, pour Ailina. Devant essayer pour ceux qui étaient tombés ou avaient disparu. Mon regard qui se reposait sur elle. « Je suis désolé. » M'excusant de nouveau. Un pas après l'autre. Un début après tout alors que c'était bel et bien ça. Un début. Une tentative de s'améliorer, de redevenir meilleur, de redevenir celui que j'étais. « C'est tombé sur toi. Cela aurait pu tomber sur un autre. Cela n'était pas personnel. » Ou peut-être que si cela l'était alors qu'elle ressemblait à Ailina, alors que dans un sens j'en voulais à la jolie blonde d'être partie à son tour, de m'avoir abandonné elle aussi.

Reprenant ma respiration. Me levant subitement alors que je lui tendais ma main. « Je propose qu'on recommence à zéro. On allait partir du mauvais pied, ce serait dommage. » Je n'étais pas sûr qu'elle accepte et pourtant je doutais qu'elle refuse. Elle ne paraissait pas être du genre à s'offusquer réellement et cela même alors que son ton s'était fait sévère. Je doutais qu'elle l'ait pris personnellement, et si cela avait été le cas, j'espérai que mes excuses avaient suffi. Ayant encore cette part de fierté auquel je m'attachais malgré tout. Cette ultime touche de fierté auquel je m'accrochais parce qu'au final c'était tout ce qui restait. Et pourtant je tentais de nouveau, tentant de recommencer. Toujours ce même rêve, cette volonté de reprendre à zéro. Pas tant d'effacer et de recommencer que de prendre un nouveau départ. « Je m'appelle Chris. J'ai perdu mon meilleur ami. Je ne sais plus où j'en suis. Autant dire que ma vie est un champs de bataille parce que je rejette les gens en espérant que tout disparaisse même si cela sert à rien. Je suis pas quelqu'un sur qui on peut compter et je comprends pas pourquoi tu es là, ou pourquoi tu tentes le coup. On ne se connait pas. Tu ne tiens pas à moi, et je ne sais rien de toi. Nous ne sommes pas proches et pourtant on dirait que tu ne veux pas me laisser tomber dans le vide. Pourquoi ? Et steu plait sort moi autre chose que ces conneries sur l'humanité. » Un sourire sarcastique se dessinant légèrement sur mon visage alors que j'étais curieux en effet, et jamais aussi franche que je ne l'avais été là. Sans pour autant que je sache si cela allait faire plus de bien ou de dégât. Mais par instants, je me disais juste que je n'avais plus rien à perdre. A près tout j'avais sans doute pour ainsi dire tout perdu, perdu mes amis, ceux à qui je tenais. Et le pire était que c'était à cause de moi. Conscient qu'il faudrait du temps pour recoller les morceaux. Mais plus que tout, j'étais autant surpris par mes propres révélations, me demandant comment j'avais pu autant me laisser aller. Cependant au fond de moi je savais la réponse alors que c'était parce qu'elle ressemblait à Ailina.

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Sujet: Re: chris // memories are made of this
Lun 22 Mai - 12:41


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Chiraz ne savait pas vraiment ce qui se passait entre elle et Chris. Quelque chose lui échappait, quelque chose qu’il savait et pas elle. Une pièce du puzzle était manquante. Elle le sentait, mais demeurait incapable de mettre la main dessus. Elle ne savait d’ailleurs pas pourquoi elle était venue lui parler, en premier lieu. Un espèce de sentiment l’avait saisi face à l’homme blessé qui se tenait devant elle. Il allait mal, et peut-être que sa douleur la renvoyait à la sienne. Peut-être que Chiraz avait vu dans ses yeux quelque chose qui lui était trop familier. Une ombre au tableau. Une goutte de souffrance. La jeune femme connaissait ça. En regardant le jeune homme dans ses yeux, elle se revoyait quelques mois en arrière. Un choc, un bruit sourd, un pincement au coeur. Sa mère disparue, brisée sous les décombres du vaisseau. Une vie de moins, celle de Chiraz changée à jamais. L’arrivée des Odysséens sur Terre n’avait été une partie de plaisir pour personne. La jeune femme faisait partie de ceux qui avaient tout perdu en arrivant ici. Pendant plusieurs semaines, elle n’avait plus été que l’ombre d’elle-même, fantôme parmi les siens, tandis qu’autour d’elle on s’était affairés à établir un campement et à organiser la survie. Seule, oui, elle l’avait été. Déboussolée, seule sans son pilier, plus isolée que jamais, elle ne parvenait pas à s’habituer à ce nouvel habitat. Les autres passaient autour d’elle sans même la remarquer, sans voir ses joues striées de larmes, sa gorge toujours serrée, enfin sa détresse. Il y avait d’autres priorités. Ils étaient plusieurs à avoir perdu des proches à l’atterrissage et chacun réagissait à sa manière. Certains essayaient d’oublier en s’investissant à fond sur le campement, tandis que d’autres, comme Chiraz, se laissaient aller. Elle n’avait trouvé du réconfort qu’à force de temps, qu’à force de longues nuits passées sans fermer l’oeil, sans personne pour la soutenir autre que ceux dans la même situation qu’elle. Ces autres fantômes, oui, avaient été d’une aide précieuse ; mais Chiraz s’était reconstruit seule, difficilement, et les plaies n’étaient pas encore refermées. C’était tout cela qu’elle apercevait dans le regard de Chris, tout un pan de son passé. Il était en train de vivre l’enfer et peut-être que la jeune femme lui tendait la main comme on aurait aimé qu’on lui tende, autrefois. Alors elle ne broncha pas face au sarcasme insolent du jeune homme, elle se contenta de répondre calmement, impassiblement, aux petites attaques qu’il lui lançait, et cela sembla fonctionner. Chris ne devait pas la considérer comme une menace. Elle n’en n’était pas une.

Il finit même pas s’intéresser à elle, à lui demander son prénom. Quelques syllabes à consonance terrienne, d’après lui. Quelques syllabes sans aucune signification, creuse de toute histoire, d’après Chiraz. Un prénom qui renvoyait à un passé éteint, qu’elle ignorait et dont elle se sentait lointaine. « Oui on l'est tous désormais. » répondit-il vaguement, visiblement perdu dans ses pensées. Au fond, ils l’avaient tous toujours été. La race humaine est entièrement terrienne. Mais Chiraz ne souhaitait pas engager un débat sur différences et ressemblances entre Odysséens et terriens. Ça n’était pas le moment, et puis elle n’était même pas certaine que Chris partage le même avis sur la question. Les membres de Skaikru étaient largement divisés sur la question. Certains ne supportaient pas les terriens, et d’autres, comme Chiraz, étaient fascinés par eux. Elle aurait d’ailleurs aimé en savoir davantage sur eux.

La conversation allait bon train avant que Chiraz ne lui demande comment il allait. Surtout, s’il allait mieux depuis sa visite à l’infirmerie. La jeune femme l’avait trouvé dans un bien piteux état. Toutefois, sa question, si elle lui paraissait tout à fait naturelle, le froissa énormément. Il se renferma instantanément et devient agressif. Chiraz ne se laissa pas berner ; il était sur la défensive. Elle entrait dans un domaine de sa vie qu’il ne voulait pas ouverte à tous. Sauf que qui d’autre qu’elle semblait s’y intéresser, en ce moment ? Qui se souciait de lui ? Pas grand monde, si l’on écoutait les rumeurs et ce qu’elle avait pu voir. Il était seul, la jeune femme le savait alors qu’elle ne le côtoyait même pas. Chris était tel le loup sauvage et blessé qui grondait quand on l’approchait pour l’aider. À moins de ne savoir comment s’y apprendre, c’était presque impossible de l’atteindre. Mais la jeune femme ne se démonta pas. Ce n’était pas son genre d’en démordre quand, pour une fois, elle avait la capacité de se rendre véritablement utile sur le camp. Car ça n’était pas en recousait des petites plaies ou en appliquant des onguents qu’elle se sentait utile à son peuple. Panser les corps n’avait jamais été son occupation favorite. Ici, elle avait l’occasion… de quoi ? Elle ne le savait pas vraiment. Peut-être de lui faire sentir que tout n’était pas perdu, et qu’il n’avait pas besoin de se morfondre toute la journée, même s’il avait probablement ses raisons. La jeune femme n’était pas là pour le juger, simplement pour tenter de l’aider. Qui aurait-elle été pour le juger ? N’avait-elle pas été dans la même situation, il y’a encore peu de temps… ? Évidemment, Chris ignorait tout cela. Mais Chiraz ne se tut pas. Elle s’était bien assez tu, sur l’Odyssée. Elle s’était tue, concernant l’éjection de son père. Elle s’était tue concernant les enfermements souvent abusif des mineurs, elle s’était tue quand on avait enfermé ses amis un par un, quand on avait envoyé les Cents sur Terre, quand plus de la moitié des Odysséens était mort en arrivant sur cette foutue planète. Alors, non, aujourd’hui, elle ne se tairait plus quand quelque chose la révolterait. Quoi que Chris en pense, elle se devait de lui rentrer dans le lard. Elle ne pouvait sciemment pas le laisser à la dérive sans au moins lui proposer son aide. Si elle ne le faisait pas, peut-être que personne ne le ferait. Elle ne cherchait pas grand chose, elle ne s’attendait pas à ce qu’il lui raconte sa vie ou qu’elle devienne une sauveuse. Elle voulait simplement qu’il se rende compte que quelque chose n’allait pas et qu’il devienne acteur, maintenant ou plus tard, de son propre sauvetage. « Je suis désolé. » dit-il finalement, après ce qui sembla être une éternité. Chiraz comprit bien vite que ces mots n’étaient pas faciles à prononcer. Qu’il prenait sur lui. Consciente de cela, son attitude se radoucit. « C'est tombé sur toi. Cela aurait pu tomber sur un autre. Cela n'était pas personnel. » Évidemment que ça ne l’était pas. Ils ne se connaissaient pas. « Je sais bien » dit-elle doucement.


Une chose était faite, une étape était franchie. Les tensions étaient tombées aussi brutalement qu’elles étaient montées. Un grand huit de sensations, même si Chiraz tâchait de rester impassible. Au fond, elle était remuée par cette situation, par la détresse de Chris et tout ce que celle-ci lui rappelait. « Je propose qu'on recommence à zéro. On allait partir du mauvais pied, ce serait dommage. » fit-il, se levant et tendant sa main vers elle. Chiraz regarda un instant cette main tendue et tout ce qu’elle signifiait. Il acceptait de l’aide, alors. Il acceptait qu’on vienne à lui, ou en tout cas que la jeune femme vienne à lui. Pourquoi elle ? Elle l’ignorait. Les quelques paroles sèches qu’elle avait pu lui balancer n’avaient probablement pas été les seules à entrer dans l’équation. Il manquait quelque chose… toujours, ce quelque chose qui échappait à la jeune femme au fur et à mesure qu’elle se rapprochait de lui. « Je m'appelle Chris. J'ai perdu mon meilleur ami. Je ne sais plus où j'en suis. Autant dire que ma vie est un champs de bataille parce que je rejette les gens en espérant que tout disparaisse même si cela sert à rien. Je suis pas quelqu'un sur qui on peut compter et je comprends pas pourquoi tu es là, ou pourquoi tu tentes le coup. On ne se connait pas. Tu ne tiens pas à moi, et je ne sais rien de toi. Nous ne sommes pas proches et pourtant on dirait que tu ne veux pas me laisser tomber dans le vide. Pourquoi ? Et steu plait sort moi autre chose que ces conneries sur l'humanité. » Chiraz resta coite pendant un instant. Autant dire qu’elle ne s’attendait pas à ça. Déstabilisée, elle l’était. Touchée, aussi, émue. Émue par son histoire, mais aussi par sa franchise et sa douleur, qui, bien qu’auparavant dissimulée, éclatait ici au grand jour. Il avait tout au plus raison. Ils ne se connaissaient pas. Chiraz ne savait rien de lui, uniquement des rumeurs, et pas très flatteuses. Chris non plus ne savait rien d’elle, et pourtant, il venait de lui raconter ses misères. Des faits que certains devaient connaître, et ses ressentis qu’il n’avait pas dû confier à grand monde. Les mots sortaient difficilement de sa bouche, d’un trait, comme pour ne pas trop y penser avant de les exprimer. Chiraz prit une inspiration, et saisit la main qu’il lui tendait. « Enchantée, Chris. Je m’appelle Chiraz » dit-elle symboliquement. Il repartait à zéro, il repartait sur les bases de l’honnêteté. « Je ne te connais pas, tu as raison. Au fond, je ne connais pas grand monde ici. Ceux que je pensais connaître sur l’Odyssée ne sont plus les mêmes aujourd’hui. Je ne m’y retrouve pas non plus. Je n’y retrouve ni ceux que je connaissais ni celle que j’étais. Qu’on se connaisse ou non, est-ce que ça importe vraiment ? Demain, on ne sera peut-être plus les mêmes » commença-t-elle. Elle tâchait de se montrer aussi sincère que possible. « Je vais pas te sortir des conneries. Je sais pas pourquoi je tente. Peut-être parce que je suis passée par là, parce que j’ai moi aussi perdu des êtres chers, et que je sais ce que ça fait. Je sais ce que ça fait d’évoluer autour des autres sans que personne ne vous jette un regard et qu’on est trop mal pour chercher de l’aide. Peut-être que j’essaie de me rendre utile en essayant la seule chose qui puisse encore être sauvée : nous. Les individus » Sa voix était mal assurée. Cela faisait des lustres qu’elle n’avait pas parlé comme cela à quelqu’un. Qu’elle n’avait pas parlé vrai, qu’elle n’avait pas parlé d’autre chose que de la chasse ou des Cents… « J’en ai assez de me taire. Je n’aurais pas dû te laisser, à l’infirmerie, ce jour-là. On m’a dit de te laisser. Il y avait d’autres blessés, d’autres gens à soigner… Alors je t’ai laissé, seul. Peut-être que tu avais besoin d’aide à ce moment-là, mais je suis partie. C’est toujours plus facile de faire ça. Si je ne t’ai pas aidé ce jour-là, alors peut-être qu’à mon humble manière je le peux aujourd’hui ».

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by Wiise

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01/11/2015 Glacy 1449 Brett Dalton murphouille (avatar), Frimelda (signature) ancien militaire - maniement des armes - statège 76
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Sujet: Re: chris // memories are made of this
Lun 22 Mai - 13:57


La tentative de reprendre à zéro. Ressayer encore et encore. C'était compliqué. Cela faisait mal alors qu'à chaque fois mon ego en prenait un coup mais je tentais de croire que cela valait la peine. Autant une nécessité alors que je savais que si je n'essayais pas, j'aurait autant plus vite fait de me suicider ou de trouver une manière de mettre fin à ma vie. Mes démons étaient là, rodant autour et alors que je tentais d'insuffler un peu de lumière dans ma vie, je savais que si je n'essayais pas, cela ne vaudrait plus la peine de continuer. Pourtant chaque personne encore vivante que je connaissais, auquel je tenais en valait la peine. Il suffisait d'y réfléchir pour s'en rendre compte et je savais que je leur devais cela, pas tant à eux, aux vivants que ceux qui étaient passés de l'autre côté de la barrière. Il fallait que j'essaye. Et cette fille, Chiraz, je savais autant qu'elle n'y était pour rien. Elle avait juste voulu aider et pourtant je l'avais rejeté, parce que je ne la connaissais pas mais plus que tout parce que la paranoïa donnait vie à la peur. Je ne pouvais pas m'empêcher d'être méfiant, craignant que mon esprit me joue des tours alors qu'elle ressemblait tellement à une autre jolie blonde dont le visage était ancré dans ma mémoire. C'était difficile. C'était compliqué. Mais il n'avait jamais été dit que cela aurait été facile. Et pourtant alors que je la regardais, je pouvais que de continuer à remarquer subtilement leurs traits de différence. Non elle n'avait rien fait, et je savais que ce serait au final de la pure méchanceté dans un sens de m'entêter dans cette voie. Si je ne voulais pas demander de l'aide, porter un autre coup à ma fierté, je pouvais toutefois d'avoir une nouvelle conversation avec elle qui ne déraperait pas sur la fin. Alors je n'en venais qu'à recommencer. Mais au lieu de juste m'arrêter à mon prénom, je m'étonnais moi-même à en dire plus, à en venir qu'à ajouter des détails à pourquoi j'agissais comme cela. Comme si j'étais influencé alors qu'une voix dans ma tête ne me conseillait que d'imaginer qu'il s'agissait d'Ailina devant moi. Et dans un certain sens l'effet était le même bien qu'elle n'avait apparemment pas le même caractère.


Ma main tendue vers elle qu'elle n'en venait qu'à serrer alors que je ne pouvais qu'en effet constater de nouveau à quel point elle paraissait menue, et petite, la dépassant clairement de taille.
« Enchantée, Chris. Je m’appelle Chiraz » « Toujours aussi pompeuse ou c'est juste l'impression que tu veux donner en général ?  » Ne pouvant m'empêcher de la taquiner. Ne pouvant éviter un sourire moqueur alors que j'en étais en effet amusé de ces formalités qu'elle tentait de mettre dès lors qu'elle parlait.  « Non parce que tu risque pas de te faire des amis, si tu leurs sors tous des 'je suis enchantée', après je dis ça, je dis rien. Je veux juste te donner des conseils mais va-y continue...  » L'ironie de la situation alors que dans le fond c'était sans doute moi qui avait besoin de plus de conseils qu'elle mais je n'avais pas vraiment réussi à m'en empêcher, alors qu'il n'en restait pas moins que de mon avis elle n'en viendrait qu'à agacer plus d'un si elle continuait sur cette lancée. C'était comme si elle souhaitait choisir chacun de ses mots avec un soin particulier, n'en venant d'ailleurs qu'à me demander si elle n'avait pas le nez toujours plongé dans les livres. A vrai dire j'avais un peu envie de mettre une croix dessus alors que sans m'en empêcher je continuais de l'étudier, tentant de trouver des similitudes et des ressemblances avec Ailina. Et cela sans pour autant cesser de l'écouter.

Et autant que j'en étais venu à prendre la parole, elle en venait à me répondre tout aussi franchement, s'ouvrant sans doute encore plus que moi. « Je ne te connais pas, tu as raison. Au fond, je ne connais pas grand monde ici. Ceux que je pensais connaître sur l’Odyssée ne sont plus les mêmes aujourd’hui. Je ne m’y retrouve pas non plus. Je n’y retrouve ni ceux que je connaissais ni celle que j’étais. Qu’on se connaisse ou non, est-ce que ça importe vraiment ? Demain, on ne sera peut-être plus les mêmes »  Elle ne semblait pas en effet connaître grand monde et j'étais un peu étonné qu'elle se soit dévoilée autant. Même amusé plus que cela alors qu'autant que j'avais eu l'impression qu'elle aurait pu être timide, il ne fallait pas moins lui reconnaître une certaine ténacité et bravoure à être venu me voir, à n'être pas repartie. Me rendant compte lamentablement que je commençais à bien l'apprécier. Des pensées qui ne pouvaient être dû qu'à ces similitudes que je tentais de trouver avec Ailina. Ne pouvant que notifier qu'elle paraissait très sage et sérieuse, autant que l'était Murphy quand elle tentait de me donner les conseils les plus raisonnables du monde. Non pas que cela m'avait réussi alors que je ne l'avais jamais réellement écouté, préférant souvent faire la sourde oreille. Effaçant l'image de la jeune femme alors que j'en venais à lui répondre. « On évolue tous les jours, et on est certainement pas les mêmes personnes que l'on était hier. Je ne le suis pas personnellement. Après si tu ne connais personne, cela ne dépend que toi de créer des relations. Pour certains, la solitude leur convient parfaitement. » Ce qui était mon cas autant que je détestais ce silence familier. Je le fuyais et je m'y raccrochais encore et encore, me trouvant pas moins à tenter de lui donner des conseils sans réellement savoir pourquoi. Ce n'était pas comme si j'étais un expert dans la matière alors que je pouvais compter sur les doigts de ma main les personnes qui acceptaient de m'approcher, de me parler. Mais je n'éprouvais cependant pas de la pitié pour elle, ni même de la tristesse alors qu'elle m'avouait qu'elle ne reconnaissait pas de nombreuses personnes. C'était juste comme ça. On avait tous changé, on avait tous été impacté et je doutais que cela puisse en être différent. C'était ainsi tout simplement.

Mais plus que cela j'étais curieux de savoir pourquoi elle était là, curieux de savoir si elle voulait donner raison aux rumeurs ou pourquoi elle tentait tout simplement le coup. Ce à quoi elle me répondit aussi franchement. « Je vais pas te sortir des conneries. Je sais pas pourquoi je tente. Peut-être parce que je suis passée par là, parce que j’ai moi aussi perdu des êtres chers, et que je sais ce que ça fait. Je sais ce que ça fait d’évoluer autour des autres sans que personne ne vous jette un regard et qu’on est trop mal pour chercher de l’aide. Peut-être que j’essaie de me rendre utile en essayant la seule chose qui puisse encore être sauvée : nous. Les individus » J’appréciais son honnête à vrai dire. Pour autant j'avais un peu plus de mal à croire qu'on pouvait sauver la race humaine. M'appuyant contre le tronc d'arbre le plus proche, lui jetant un regard avant de lui répondre tout aussi simplement, me permettant de l'interrompre sans aucun gêne. « Tu ne penses pas que c'est ironique qu'on tente de se sauver alors qu'à vrai dire les seuls qui nous attirent vers le fond, c'est nous même ? » C'était la vérité alors que personne ne nous faisait plus de mal que ce que nous faisions déjà. Nous cédons à nos démons, leur donnant raison. Non, on était bien plus responsable de notre mort, de celle des autres que cette terre l'était. Mais cela ne voulait pas pour autant dire que vivre là n'était pas vivre en enfer, ayant désormais du mal à penser autrement alors qu'il n'en restait pas moins que ce n'était pas moi qui avait tué Robb mais une sorte de loup géant. Non pas que je n'avais pas l'impression de l'avoir tué de mes propres mains. La culpabilité était toujours là, à m'enserrer la gorge et je ne pouvais m'empêcher de me rappeler le sang que j'avais eu sur mes mains, le sang qui avait coulé dans le sol alors que je tentais d'arrêt hémorragie. Des images qui surgissaient de nouveau dans mon esprit. Les cris de Robb. Ma silhouette pivotant sur ses talons. Le loup géant qui bondissait. Les griffes acérés qui s'enfonçaient dans le corps du soldat. Les battements de mon coeur qui s'accélèrent. Mes pas précipités sur le sol. Les poignards qui s'enfonçaient dans le pelage touffu du loup géant. Comme si j'échouais encore et encore. M'interposant. Les griffes. La lame qui se plante encore et encore dans la bête. Le sang. Les touffes de poil qui volent. Le visage de Robb. Robb qui meure. Mes doigts qui agrippaient les poignards qui étaient de nouveau apparus entre mes doigts alors que je me forçais à respirer. La difficulté de ne pas céder encore au tourbillon d'image qui resurgissaient dans mon esprit. Reprenant ma respiration alors que je me concentrais sur Chiraz qui ne semblait pas avoir remarqué mon trouble intérieur, ce qui était mieux pour nous deux. « J’en ai assez de me taire. Je n’aurais pas dû te laisser, à l’infirmerie, ce jour-là. On m’a dit de te laisser. Il y avait d’autres blessés, d’autres gens à soigner… Alors je t’ai laissé, seul. Peut-être que tu avais besoin d’aide à ce moment-là, mais je suis partie. C’est toujours plus facile de faire ça. Si je ne t’ai pas aidé ce jour-là, alors peut-être qu’à mon humble manière je le peux aujourd’hui. » Ne pouvant m'empêcher de rire alors qu'elle terminait sa phrase, alors qu'elle insinuait qu'elle aurait pu me sortir de là si elle m'avait parlé à l'infirmerie ce jour là. C'était si ridicule que j'en aurai pu pleurer. Au lieu de cela, la lame du poignard n'en venait qu'à entailler ma paume avant que je ne serre mon poing, une goutte de sang coulant sur le sol sans que je puisse l'en empêcher. Mon regard qui se reposait sur elle alors que je lui répondais. « Tu es naïve de croire que tu aurais pu m'aider ce jour là. » Ailina l'était aussi. Elle me faisait confiance et je l'avais trahi de la pire manière qu'il soit, écrasant son coeur entre mes doigts alors que je choisissais le rébellion plutôt qu'elle. Mais j'ignorai la douleur du passé alors que je n'en venais qu'à reprendre la parole sans lui laisser le temps de s'imposer. « Personne n'aurait pu m'aider ce jour là, pas même que tu aurais pu réussir à me faire décrocher un mot. Je pourrai admirer ta volonté à sauver le monde, ton idéalisme comme je l'avais avant mais je ne le ferai pas, parce que cela ne sert à rien. Tu ne peux pas sauver tout le monde, encore moins quelqu'un qui ne veut pas se sauver lui-même. » La stricte vérité, brutale. Elle n'aurait pas pu m'aider ce jour. Et à vrai dire je ne pense pas qu'Ailina l'aurait pu aussi, bien même alors que son visage était venu à m'habiter dans un songe. Un visage qui n'était pas le sien en réalité, si ce n'était celui de Chiraz. Ce que je savais désormais. Ce qu'elle ne savait pas. Elle n'avait pas besoin de savoir.

Au lieu de cela je détournai mon regard d'elle, essuyant la lame de mon couteau avant de jeter un coup d'oeil à l'entaille que je m'étais faite. Rien de profond. Que du sang. Une douleur qui ne valait rien face à celle interne, face à celle qui vous donnait d'envie d'hurler et cela bien même alors qu'aucun son ne sortait de votre bouche. Relevant la tête alors que je reposais mon regard sur elle. Je savais que si elle était à l'infirmerie, elle pourrait autant tenter de m'y trainer de nouveau en voyant le sang qui s'écoulait le long de ma paume. Ce que je ne souhaitais pas. Je n'étais pas en train de mourir. « Ne tente pas de m'emmener à l'infirmerie. C'est juste un peu de sang, rien de plus ou de moins. » Comme un enfant entêté qui ne voudrait pas y aller alors que la vérité était que je n'en voyais juste pas la peine. Au lieu de cela, je repliais mes doigts, fermant mon poing alors que j'observais pendant quelques secondes le sang goutter au sol, sans aucune émotion. Un visage impassible alors que le masque changeait d'une seconde à l'autre. Un masque qui en venait toujours à être remplacé par un autre si ce n'était mes traits qui devenaient impassibles. Tout pour ne pas laisser les autres voir qui j'étais réellement, voir une potentielle vulnérabilité. Et cela bien même alors qu'elle était venue sans doute en remarquant mon visage meurtri et la douleur qui s'y inscrivait. Ayant un peu de mal à ne pas lui répondre de nouveau, à ne pas l'envoyer plus loin alors que je ne voulais pas de sa pitié, ni de son aide. Ayant du mal à m'abaisser alors qu'il était bien plus simple de s'enfermer dans une boule de solitude. Mais elle ressemblait tellement à Ailina. Une raison qui me poussait à vouloir la garder un peu plus longtemps près de moi alors que je reprenais la parole. « Je suis curieux d'en savoir plus sur toi, mais à défaut d'une bouteille d'alcool, j'imagine que si jusqu'à là on s'est parlé franchement, tu pourras autant répondre à mes questions. Une question contre une question. Après tout je suis certain que tu veux en savoir plus sur moi. » Ce petit sourire arrogant et satisfait alors que je me doutais qu'elle allait céder. Ne lui proposant pas moins un marché honnête qui me permettrait autant d'en savoir plus sur elle, non pas que je désirais réellement qu'elle en sache plus sur moi.

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Sujet: Re: chris // memories are made of this
Ven 26 Mai - 1:33


memories are made of this
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La rupture. Elle était flagrante. Un changement d’attitude, un regard, un froid qui tombe soudainement entre eux. Un déglutition plus difficile que la précédente, les phalanges blanchies à force de serrer le poing. Chiraz voyait tout ça. Elle voyait tout. La jeune femme était une observatrice. Une éponge, presque, pourrait-on. Si Chris était un animal blessé, Chiraz était la bête traquée, toujours en alerte, sur ses gardes, et qui voyait tout sans que pourtant on ne puisse l’apercevoir. Elle vit l’attitude de Chris se changer d’une façon à la fois si subtile et si flagrante. Il se recroquevillait sur lui-même et s’éloignait d’elle alors même qu’elle pensait, naïvement, pouvoir le tenir, le comprendre, lui accéder. Il s’était échappé, volatilisé. Elle avait tenté de le saisir, elle avait appuyé sur sa plaie, et maintenant il s’envolait. Il devint presque méchant, employa un ton sec, des mots rudes. Qui, en vérité, ne firent pas grand effet sur Chiraz. Les mots devenaient des armes dans la bouche de ce qui les employait, mais il fallait le dire : Chris n’était personne pour elle. Juste un autre type, un autre Odysséen - leur point commun était qu’apparemment tout deux étaient largués, ou l’avaient été à un point de leur existence. Un point charnière, important, un point qui avait poussé Chiraz à ne pas se laisser faire. Elle répondit à Chris avec un mordant qu’on ne lui soupçonnait guère. Toujours trop silencieuse sur l’Odyssée, la jeune femme avait décidé de ne plus jamais se taire ici. Et cela valait pour Chris. Elle resta impassible, les traits serrés mais pas tout aussi fermés que Chris. Sévère, mais ouverte au dialogue, ses yeux bleus-gris figés sur ceux du jeune homme, Chiraz fit ce qu’elle put pour lui tenir tête. Il ne fallait pas croire que c’était facile, pour elle, même si elle semblait apparemment pouvoir soutenir le regard enragé de Chris avec une facilité déconcertante. Ce n’était pas le cas. Elle n’avait jamais été le genre de fille à confronter directement les gens, mais plutôt à refouler sa colère ou son mécontentement dans un petit coin de sa tête, et à avancer, sans se poser trop de questions. En oubliant, autant qu’elle le pouvait. Aussi fut-elle presque soulagée d’entendre Chris murmurer des excuses. Le conflit, qui avait éclaté si vite, se calma avec une rapidité similaire. Chiraz n’aimait pas le conflit, et pourtant… il fallait admettre qu’il y avait quelque chose de terriblement excitant dans la confrontation.

Chris voulait repartir sur de nouvelles bases. Il admit son erreur et confessa ses problèmes. Chiraz n’avait pas de difficultés à imaginer ce qu’il pouvait ressentir - et ce même si chaque douleur était individuelle et propre à chacun. Ici, les souffrances se confondaient. Les Odysséens devaient tous affronter, tôt ou tard, la perte d’un être cher, la perte de repères, la perte d’identité. La jeune femme se disait, parfois, un peu amèrement, que c’était le prix à payer. Ils s’étaient brûlés les ailes, avaient outrepassé leur droit ; ils avaient utilisé les leurs comme cobaye et les avaient observés depuis l’espace. Aujourd’hui, ils en payaient le prix fort. Eux aussi, bien après les Cents, d’ailleurs. Chiraz serra doucement la main de Chris, rugueuse, grande. Elle se sentait de nouveau ridiculement petite à côté de lui, une poussière qu’il pouvait balayer en un rien de temps. Il avait des poignards, il était sanguin. Pourtant, elle n’était pas effrayée. Quelque chose lui disait qu’il ne lui ferait aucun mal.« Toujours aussi pompeuse ou c'est juste l'impression que tu veux donner en général ? Non parce que tu risque pas de te faire des amis, si tu leurs sors tous des 'je suis enchantée', après je dis ça, je dis rien. Je veux juste te donner des conseils mais va-y continue...  » reprit-il sur le même ton délicieusement insolent. Chris, celui que Chiraz avait eu l’éphémère sensation de pouvoir saisir, était revenue. Un sourire doux, quoiqu’un peu amer, s’étala sur son visage pâle. Sans le vouloir, il mettait le doigt sur quelque chose. Chiraz était réellement enfermée dans un carcan de bonnes manières, de politesses en tout genre. De contrôle. Rarement un sourire, jamais un rire qui soit vraiment sincère. Austère, voilà le qualificatif que l’on employait couramment pour parler de Chiraz. « Un vieux réflexe, j’imagine. C’est vrai que généralement, ça ne me fait ni chaud ni froid de rencontrer quelqu’un ». Généralement. Chris ne rentrait pas de ce généralement. Il y avait quelque chose… Toujours ce quelque chose, comme une piqûre d’insecte, qui lui revenait en tête sans qu’elle puisse mettre le doigt dessus. Une seule chose était certaine : Chris n’était pas exactement comme les autres Odysséens.

La jeune femme tenta de lui exposer, le plus honnêtement possible, les raisons pour lesquelles elle lui avait tendu la main, pourquoi elle lui avait fait face alors que les autres ne le faisaient pas. Elle ne le savait pas, en vérité. Chiraz se mit à jouer avec ses doigts, presque par nervosité. Après tout, elle ne pouvait pas se justifier. Les raisons étaient… d’un autre ordre, peut-être. Elle l’avait vu, vu son regard intrigué qui l’avait regardé d’une façon bien étrange ; vu aussi son état à l’infirmerie, vu seul dans le camp. Peut-être qu’au fond, elle avait été touchée. Mais ça, elle ne put le dire. Elle était incapable de le formuler. Elle devait cependant tenter d’expliquer pourquoi, alors que ça ne lui ressemblait pas, elle était allée s’adresser à un inconnu.  « On évolue tous les jours, et on est certainement pas les mêmes personnes que l'on était hier. Je ne le suis pas personnellement. Après si tu ne connais personne, cela ne dépend que toi de créer des relations. Pour certains, la solitude leur convient parfaitement. » Toujours ce goût amer au fond de sa bouche. Une déglutition un peu plus difficile, un changement d’attitude, une faiblesse, un regard qui, tout à l’heure effronté, devenait fuyant. La solitude, son démon. Se sentir seule parmi la foule. « J’ai des relations. Simplement, je n’ai pas l’impression de les connaître, pour la plupart » La jeune femme avait été déstabilisée par sa remarque. Cela ne dépend que de toi de créer des relations. N’avait-elle pas essayé…? N’était-ce pas ce qu’elle faisait, à l’instant, tenter de tromper son ennui ? Elle se redressa, tâcha de ne pas se montrer touchée par ce qui n’était, probablement, qu’un énième sarcasme de Chris. « Je me demande bien comment la solitude peut convenir à quelqu’un. On est pas fait pour ça » lâchât-elle d’un ton presque sec, ou du moins plus sec qu’elle ne l’aurait voulu. La solitude n’avait pas été son choix, à elle.

« Tu ne penses pas que c'est ironique qu'on tente de se sauver alors qu'à vrai dire les seuls qui nous attirent vers le fond, c'est nous même ? » Chiraz réfléchit quelques instants à ses paroles, laissant le silence s’étirer. La jeune femme comprenait son point de vue, mais elle n’était pas d’accord. Pas du tout d’accord, même. Un relent de rage lui tordit les tripes pendant quelques secondes. Ils n’étaient pas les fautifs. Ni elle, ni Chris, ni une majorité des Odysséens. Même les Cents n’étaient pas fautifs. Ils étaient tous victimes, victimes d’une loi oppressive, victimes d’un système détraqué, d’un pouvoir abusif, de circonstances malheureuses. Ce n’était pas de sa faute si Chris était comme ça, Chiraz en était persuadé. Et ça n’était pas la sienne si elle ne parvenait pas à aller vers les siens, à se sentir vraiment chez elle parmi eux. Rien n’allait depuis qu’ils étaient arrivés ici, depuis même que les Cents avaient été envoyés ici. Elle avait le sentiment qu’on avait bradé l’humanité au nom de la survie, justifiant par ce dernier principe l’envoi de cent jeunes mineurs sur une planète dont on ne connaissait pas l’habitabilité. La jeune femme se rappelait du regard de sa mère, curieux et en même temps effrayé, quand Chiraz lui avait confié ses doutes sur les Cents. Curieuse de voir à quel point sa fille avait mûrie et que sa conscience s’était développée, et effrayée pour ce que cela pouvait lui coûter. « Pas nous. Pas nous tous. Simplement une minorité, quelques-uns d’entre nous qui pensent pouvoir décider des règles. Qui se prennent pour des dieux sans en avoir la permission. Qui décident de notre sort sans que l’on puisse contester » fit-elle d’une voix plus basse, par crainte qu’on ne l’entende. « Si on ne le fait pas, qui d’autre ? ». Chiraz jeta un regard à la ronde, comme pour vérifier que personne ne puisse être témoin de ses paroles. C’était probablement la première fois que la jeune femme faisait part de ses idées à quelqu’un d’autre que sa mère, et elle en venait presque immédiatement à regretter de l’avoir fait. « Je ne devrais pas dire ça » murmura-t-elle, quasiment plus pour elle-même que pour Chris. Chris qui ne laissa pas longtemps perdue dans ses pensées, à ressasser sa colère, à se repasser en boucle les quelques images qu’elle avait conservé de son éjecté de père. Toujours changeant, il reprit presque son attitude colérique et méchante d’il y a quelques minutes. « Tu es naïve de croire que tu aurais pu m'aider ce jour là. Personne n'aurait pu m'aider ce jour là, pas même que tu aurais pu réussir à me faire décrocher un mot. Je pourrai admirer ta volonté à sauver le monde, ton idéalisme comme je l'avais avant mais je ne le ferai pas, parce que cela ne sert à rien. Tu ne peux pas sauver tout le monde, encore moins quelqu'un qui ne veut pas se sauver lui-même. » C’étaient des paroles brutales, crues. Des vérités nues. En tout cas, ce qu’il considérait être des vérités. Chiraz le regarda encore un peu, cherchant à sonder ses mots, ses paroles. Il était de nouveau fermé, il lui échappait, encore. « Je veux pas sauver le monde. J’en ai rien à faire du monde. C’était peut-être con de penser que j’aurais pu t’aider d’une quelconque façon mais… Si tu ne veux pas te sauver, alors qu’est-ce que tu fais encore là ? » Et si Chiraz était aussi inutile que cela, alors pourquoi restait-il ?

Il détourna la tête, et recommença à jouer avec ses couteaux. Le regard de la jeune femme fut attirée par une plaie à sa main, qui, bien que superficielle, semblait tout de même assez importante. Sans vraiment réfléchir et davantage par réflexe, Chiraz attrapa sa main et se mit à l’examiner. Ce n’était pas franchement beau à voir. Elle reporta son attention sur Chris, son visage étonnamment impassible, alors qu’elle était prête à parier que sa blessure était relativement douloureuse. « Il faut que je t’em… » « Ne tente pas de m'emmener à l'infirmerie. C'est juste un peu de sang, rien de plus ou de moins. » la coupa-t-il. Il avait l’air fin, vraiment. Du sang coulait et tombait en goutte irrégulière sur le sol. Chris referma sa main et se dégagea. À contrecoeur, sentant qu’elle ne pourrait rien en tirer de plus, Chiraz lâcha à contrecoeur sa main. « T’auras vraiment l’air malin quand ça se sera infecté ». Son visage était terriblement impassible, terriblement… Indescriptible, en vérité. Il était très difficile de le cerner, et la jeune femme ne parvenait toujours pas à savoir s’il l’appréciait ou non, ou même s’il avait ne serait-ce qu’un avis sur elle. Pas que cela comptait… et puis elle n’était même pas sûre d’en avoir un non plus sur lui. Il semblait trop lointain et insaisissable pour ces futilités. « Je suis curieux d'en savoir plus sur toi, mais à défaut d'une bouteille d'alcool, j'imagine que si jusqu'à là on s'est parlé franchement, tu pourras autant répondre à mes questions. Une question contre une question. Après tout je suis certain que tu veux en savoir plus sur moi. » Chiraz fut attirée par le sourire qui lui striait le visage, terriblement et délicieusement arrogant. Elle le regarda un instant, puis sourit doucement et s’assit sur une souche d’arbre, non loin de lui. Certes, Chiraz était curieuse d’en apprendre davantage sur lui, mais elle était également intimement persuadé qu’il ne se livrerait pas aussi facilement. Alors, quoi, il était réellement intéressé par elle ? Elle en doutait fortement. Il cherchait à faire quelque chose, il voulait quelque chose - mais quoi ? « J’pensais qu’on avait passé l’âge de ce genre de jeu » sourit-elle. Amusée, elle l’était, véritablement. Elle voulait savoir ce qu’il avait derrière la tête. « Je vais vraiment finir par croire que je suis particulièrement intéressante ». Elle planta son regard, fatigué, dans les yeux du jeune homme, à la recherche de ce quelque chose qu’elle n’atteignait jamais. « Je commence. Pourquoi tu m’as regardé comme ça, tout à l’heure ? J’avais un truc entre les dents ? ». Une question insignifiante, ou du moins en apparence, pour démarrer.

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Sujet: Re: chris // memories are made of this
Ven 26 Mai - 12:59


Sarcastique alors que je me moquais d'elle, ne pouvant que voir qu'elle se refermait. Et je ne pouvais que l'observer alors qu'elle me répondait, semblant continuer de choisir ses mots précieusement. « Un vieux réflexe, j’imagine. C’est vrai que généralement, ça ne me fait ni chaud ni froid de rencontrer quelqu’un. » Et si elle semblait avoir pris un ton détaché, je doutais qu'elle puisse toutefois ne pas être affecté par ceci. Chaque être humain avait besoin de se trouver en se compagnie d'autre. C'était un réflexe nécessaire pour de nombreuses personnes. Et autant qu'on pouvait apprécier la solitude, j'en venais pas moins à penser que l'on avait bel et bien d'être en contact avec d'autres personnes. Un fait prouvé alors que je me retrouvais à discuter avec elle, à tenter de retrouver le contact avec les autres. Secouant la tête alors que je n'insistais toutefois pas, la laissant continuer de parler. Et autant qu'elle tentait de ne pas le montrer, je pouvais que voir qu'elle avait été touché par mes remarques certes sarcastiques. Aucun doute que s'il aurait été possible elle aurait reculé d'un pas. Et j'aurai pu m'excuser si j'avais été un gentleman, si je tenais à elle ou même par politesse mais je ne le fis pas. Je n'étais pas ainsi et en soit je n'étais pas mal à l'aise ou gêné par ce que j'avais dit. C'était la vérité alors que c'était autant à elle que faire des efforts que moi si l'on voulait instaurer des relations. Bien qu'il était autant vrai que nous ne faisions pas face à la même situation. Je les avais repoussé, les ayant blessé, voulant les éloigner volontairement alors que je tentais d'éviter le contact humain. Elle avait juste apparemment du mal à se faire des contacts. Deux personnes différentes et il ne semblait pas juste possible de croire que nous pouvions comparer nos deux vies. « J’ai des relations. Simplement, je n’ai pas l’impression de les connaître, pour la plupart. » Je manquais de sourire face à ses propos que je trouvais dans un certain sens très naïfs. « On ne connait jamais personne réellement. » Il y avait toujours des mensonges, des secrets cachés. Il y avait toujours quelque chose caché. On ne connaissait jamais réellement une personne. Aucun ne me connaissait réellement et je savais que je ne connaissais aucune personne réellement. On ne voyait que la partie immergée de l'iceberg jamais plus. Reportant mon attention sur elle alors que je voyais bien qu'elle avait été impactée par mes propos autant qu'elle tentait de se redresser, comme pour masquer ses sentiments. « Je me demande bien comment la solitude peut convenir à quelqu’un. On est pas fait pour ça » J'haussai les épaules. N'ayant rien à répondre à cela. Seul je l'avais été un temps alors que je m'étais éloigné des autres, m'écartant d'eux volontairement, en venant même à les rejeter après la mort de Robb. Dans un sens la solitude ne me dérangeait pas alors que je n'avais rien contre le silence, n'ayant rien comme ce calme bénéfique mais autant je ne pouvais nier que notre instinct naturel nous portait toujours à avoir des contacts avec d'autres. N'en disant toutefois rien.

Et alors que je n'en venais qu'à lui faire part de ma pensée, je ne tardais à comprendre qu'elle n'avait pas totalement compris ce que je voulais dire. A vrai dire je ne parlais pas des autres en général, mais plutôt de nous-mêmes. Personne ne nous tuait, on se tuait nous-mêmes dès lors qu'on cédait à nos démons, dès lors qu'on cédait face à l'appel de la destruction, de la mort. Ce qu'elle ne parut pas totalement comprendre alors qu'elle n'en vint qu'à considérer comme je parlais des autres personnes en général. Ce qui pouvait être autant vrai bien qu'au final je parlais surtout pour moi-même. Mais autant que je lui fis part de ma pensée, elle n'en vint qu'à faire de même. « Pas nous. Pas nous tous. Simplement une minorité, quelques-uns d’entre nous qui pensent pouvoir décider des règles. Qui se prennent pour des dieux sans en avoir la permission. Qui décident de notre sort sans que l’on puisse contester » Sa voix presque un chuchotement alors qu'elle m'avouait ce qu'elle pensait. Et si mon regard était impassible, je ne pus que relier ses mots avec d'autres. Ne pouvant m'empêcher de penser au rébellion. De nombreuses personnes tueraient pour moins, et si le conseil savait ce qui se passait dans l'ombre alors cela ne faisait aucun doute qu'il nous châtierait autant qu'il l'avait fait. Ne pouvant que me rappeler les personnes éjectées dans l'espace, ceux faits prisonniers parce qu'ils avaient enfreint des règles. Des règles que l'on en venait qu'à enfreindre encore et encore, sans arrêt. Et si je ne disais rien, il n'en restait pas moins que si ce n'était pas face à moi qu'elle se trouvait Chiraz aurait pu faire face à ce qu'elle venait de dire. Et si je ne pensais pas qu'elle aurait pu avoir des idées pareilles, je n'en venais pas moins qu'à considérer de nouveau mes options. La jolie blonde venant de contester haut et fort que certaines personnes pensaient être plus fortes, décider du sort des autres sans une possible contestation. Des propos délicats à affirmer et pourtant je ne pouvais que voir la lueur dans son regard. « Si on ne le fait pas, qui d’autre ? ». Ne disant rien alors que je la regardai, la scrutant. Dangereux de sa part d'affirmer cela. Il était dangereux de sa part de croire qu'elle pouvait me faire confiance. Elle n'avait aucune certitude. Elle ne savait pas si je soutenais le conseil et pourtant dans un sens elle semblait me faire confiance alors qu'elle me confiait ses propos. Peut-être qu'elle ferait une bonne recrue. Toutefois je ne savais rien d'elle et autant que possible je préférai ne pas prendre des décisions à la légère. Autant que je m'étais éloigné du mouvement, je savais pas moins qu'il était nécessaire de garder nos actions secrètes. Le temps pressait et bientôt nous serons prêts mais en attendant je continuais de faire attention à ce que je disais. Et elle devrait aussi. Sa voix devint légèrement un murmure alors qu'elle baissait la tête. « Je ne devrais pas dire ça » « Non tu ne devrais pas. » Mon regard qui se posait sur elle alors que je reprenais la parole. « L'unité nous assure notre survie. Mais plus que cela tu devrais être prudente face à qui tu parles. » N'en disant pas plus, ne dévoilant pas non plus mon opinion sur le sujet non plus.

Et pourtant l'instant d'après je n'en venais qu'à la contredire. Et cela sans hésiter alors que je me retrouvais face à elle. Trouvant amusant l'idée qu'elle puisse croire qu'elle aurait pu me sauver de moi-même ou au-delà de cela qu'elle puisse croire qu'elle aurait pu réussir à m'aider ce jour là. Des mots que je lui dis brutalement alors que ce n'était pas moins la vérité. Elle n'aurait rien pu faire qui aurait pu m'aider ce jour-ci. Personne n'avait réussi à m'atteindre. Et cela ne faisait aucun doute qu'elle n'aurait pas pu non plus. Autant qu'elle le voulait, elle ne pouvait pas sauver tout le monde. Déjà qu'il était difficile de se sauver soi-même alors les autres c'était une histoire. « Je veux pas sauver le monde. J’en ai rien à faire du monde. C’était peut-être con de penser que j’aurais pu t’aider d’une quelconque façon mais… Si tu ne veux pas te sauver, alors qu’est-ce que tu fais encore là ? » J'esquissais un sourire alors que je ne retrouvais un peu de Murphy là-dedans. Murphy qui m'avait tenu plus ou moins les mêmes propos à vrai dire. Les lames qui dansaient entre mes doigts alors que je reprenais la parole. « Si je n'étais pas là, tu pourrais te poser la question. Mais je suis là. Si ce n'est pas une raison suffisante pour croire que je veux éviter qu'on me passe la corde autour du cou alors je ne sais pas ce qu'il faut de plus. » Manquant d'esquisser un sourire alors que je tentais bel et bien de m'en sortir, tentant de me rapprocher des autres, tentant d'avoir un contact humain pour rompre la solitude et la bulle dans laquelle je m'étais enfermé.

Et alors que je me refermais, que les images du passé venaient obscurcir ma vue, la lame coupa ma paume. De la peau entaillée alors que le sang en venait à goutter sur le sol. Chiraz qui attrapait ma main. Elle remarqua le sang qui gouttait sur le sol. S'empressant d'examiner la plaie alors que je me figeais face à ce contact avant d'aussitôt retirer ma main. La coupant aussitôt. Ce n'était rien. Rien de plus que du sang. De la chair et du sang. « T’auras vraiment l’air malin quand ça se sera infecté. » Et au lieu de continuer à lui donner des raisons pour vouloir m'emmener à l'infirmerie, je n'en venais qu'à changer de sujet. Autant pour la cerner que pour savoir ce qu'elle pensait alors que je n'en venais qu'à lui proposer un simple jeu. Question pour question. Réponse pour réponse. Un moyen de savoir ce qu'elle pensait, d'en savoir plus sur elle. « J’pensais qu’on avait passé l’âge de ce genre de jeu » « Tu ne fais pas si vielle que cela si cela te rassure. » Ne pouvant m'empêcher de me miquer d'elle ou de plus ou moins la taquiner alors que je me doutais pas moins qu'elle céderait. Il n'y avait pas de raison contre. « Je vais vraiment finir par croire que je suis particulièrement intéressante. » J'esquissai un sourire. Tout autant je me doutais qu'elle ne comprenait pas mes raisons alors que je continuais de chercher des différences avec Ailina. La jeune femme ne sachant visiblement pas pouruqoi j'étais là bien que je pouvais que voir qu'elle se posait la question. Me contentant de la regarder alors qu'en effet si je n'avais pas tant accepté de lui parler c'était parce qu'elle ressemblait à une jolie blonde bien connue. « Je commence. Pourquoi tu m’as regardé comme ça, tout à l’heure ? J’avais un truc entre les dents ? » Elle l'avait bel et bien remarqué. Evidemment. C'était ce qui l'avait fait venir jusqu'à moi alors que je n'avais pas été si discret ce que je l'avais voulu. A vrai dire c'était autant dangereux de la regarder alors qu'elle ressemblait vraiment à Ailina, ne pouvant m'empêcher de me demander comment je n'avais pas fait par lui porter plus d'attention qu'avant. Il avait fallu qu'elle disparaisse pour que je la vois. Comme un électrochoc. Détournant le regard alors que je rangeais mes couteaux avant de lui répondre pas moins franchement. « Non tu n'avais pas de truc entre tes dents. Disons que tu ressembles à quelqu'un que je connais... » Ne trahissant pas d'émotions, faisant juste un constat. « Tu lui ressembles beaucoup. On pourrait croire que tu es sa grande soeur ou son double... » Ne terminant pas ma phrase alors que je savais qu'il était si facile de se perdre dans les souvenirs. N'en venant qu'au contraire à prendre la parole de nouveau, inversant les rôles. « Peu importe. C'est mon tour. » Plongeant mon regard dans le sien alors que je reprenais la parole aussitôt. « Quel est ton pire secret ? »

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Sujet: Re: chris // memories are made of this
Mar 6 Juin - 1:18


memories are made of this
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Il l’avait touchée, touchée en plein dans ses doutes, ses incertitudes. Touchée dans ses faiblesses. Son sérieux et sa politesse presque maladive, son incapacité à lâcher prise, à laisser les choses aller naturellement. Sa volonté indéfectible de garder les choses sous son contrôle, ses excès de diplomatie dès qu’il lui fallait s’adresser à un inconnu. Chiraz était ébranlée et avait le plus grand mal à cacher son trouble. Chris avait vu juste, et ce alors qu’ils ne se connaissaient pas. En même temps, qui ne le voyait pas ? La jeune femme était trop polie, trop révérencieuse, trop tendue. C’était sa carapace, au fond, le seul moyen qu’elle avait trouvé de se protéger face aux attaques extérieures, face à cette vie qui l’avait blessée à de trop nombreuses reprises. Chacun réagissait à sa manière ; Chris avait choisi de se détruire, Chiraz avait décidément de s’isoler complètement, de se cacher derrière des mots et des barrières pour trouver un havre de paix. Ce n’était pas par plaisir, évidemment, car qui se plaisait à se terrer dans leur solitude ? Qui se plaisait à construire des murs entre soi et les autres, qui se plaisait à constamment entretenir des apparences trompeuses, uniquement car l’on était trop faible pour faire autre chose ? La jeune femme ne doutait pas Chris ait remarqué son désarroi, mais il ne dit rien. Après tout, ce n’était qu’un retour de bâton. Elle aussi l’avait touché en plein coeur de sa douleur, quelques instants plus tôt. Elle ne dit rien non plus. Chris avait raison ; qu’aurait-elle pu rajouter ? Prétendre que cela était faux ? Elle ne savait pas mentir. Elle n’en avait jamais été capable. « On ne connait jamais personne réellement. » déclara-t-il, confirmant l’idée de Chiraz. Effectivement, les deux Odysséens s’accordaient bien sur ce point. Il y avait des jours, trop nombreux à son goût, où la jeune femme ne savait même plus qui elle était, des jours où elle ne reconnaissait pas la professeure timide qui officiait sur l’Arche. La vie sur Terre avait chamboulé tous les équilibres, pour le meilleur et surtout pour le pire. Inspirant une large bouffée d’oxygène, Chiraz tenta de se reprendre, de ne pas se laisser déstabiliser par la remarque de Chris. Elle était plus fort que cela, n’est-ce pas ? Au fond, lui aussi se noyait dans sa solitude. Ils étaient tous deux des solitaires, des marginaux, chacun à leur manière.

Et puis, il lui posa la question. Pourquoi ils tentaient de se sauver alors qu’ils étaient les seuls responsables de leur malheur. Cette question, la jeune femme se l’était beaucoup posée, évidemment. Elie se demandait pourquoi faisait-elle encore des efforts, pourquoi se donnait-elle encore la peine de se lever le matin alors qu’elle n’était bonne qu’à déprimer toute la journée. Longtemps, elle s’était persuadée qu’elle était la seule responsable de son malheur, qu’elle était faible et incapable de se remettre du traumatisme de l’atterrissage. Cette idée était encore tenace dans son esprit. Et puis, elle s’était rendue qu’elle n’était pas responsable, pas responsable de la mort de sa mère, de celle de ses amis, de l’envoi des Cent sur terre. Elle n’était pas responsable de ces blessures-là. Emportée par sa rage, bouillonnante, écumante, qu’elle tentait tant bien que mal de conserver dans un coin de son coeur, elle cracha sa haine contre le Conseil sans vraiment savoir ce qu’elle disait, et le regretta immédiatement. Voilà quel était le problème avec Chiraz ; elle ne parvenait jamais à aller au bout, elle doutait. Si elle avait écouter son coeur, elle serait débarquée en plein milieu du Conseil et aurait planté son couteau dans la gorge du Chancelier pour se venger, elle et tous ses camarades. Mais elle en était incapable ; elle était même incapable d’exprimer son opinion sans le regretter, sans s’auto-censurer. Le terrain devenait glissant. Chiraz planta son regard désolé dans celui de Chris, se demandant vaguement ce qu’il pensait de tout cela. Il avait forcément une opinion là-dessus, mais probablement, comme la plupart des gens, n’avait ni le temps ou l’envie de l’exprimer. « L'unité nous assure notre survie. Mais plus que cela tu devrais être prudente face à qui tu parles. » Chiraz ne sut pas vraiment comment réagir. L’unité assure la survie. On lui avait toujours répété ces mots, qui semblaient être la justification de tout. Ils étaient véridiques. Mais pourtant, justifiaient-ils vraiment tout ? L’unité avait-elle déjà existé ? Des questions qui tournaient dans son esprit sans qu’elle ait le cran de les poser. Alors, elle se tut un instant. « Je ne te vois pas vraiment comme un danger », dit-elle doucement. Elle était sûrement trop naïve, trop désespérément optimiste. Chiraz pensait toujours, malgré elle, que les gens n’obéissaient pas à la même morale qu’elle. Surtout pas ici. « Mais tu as raison. Je ne devrais pas dire ça. »

Chiraz repensa brièvement à ce jour où, tout aussi naïve, elle avait cru pouvoir lui être d’une quelconque utilité. Elle avait voulu l’aider, vraiment, rester à ses côtés. Sans rien faire, sans parler si il ne l’avait pas souhaité, mais au moins montrer qu’il y avait une présence, que quelqu’un était là pour lui. La réaction de Chris face aux propos de la jeune femme furent quelque peu violent, et la blonde resta coite un instant. « Si je n'étais pas là, tu pourrais te poser la question. Mais je suis là. Si ce n'est pas une raison suffisante pour croire que je veux éviter qu'on me passe la corde autour du cou alors je ne sais pas ce qu'il faut de plus. » Elle resta là, sans rien dire, se contentant de regarder Chris d’un air désolé. Il voulait s’en sortir, elle le savait, mais il oscillait désespérément, comme un funambule sur le fil, entre sa volonté de vivre et celle de se détruire, de s’échapper, d’emporter tout sur son passage. Il la touchait, dans un sens, par la profonde tristesse qui s’émanait de lui. Et malgré tout, il essayait de s’en sortir. Malgré tout, Chiraz voulait croire qu’il restait une once d’espoir au fond de son coeur, une once d’attachement à ses amis, si tenté qu’il en ait eu. La jeune femme n’eut pas le temps de trouver les mots pour lui répondre que Chris reprit la parole - et c’était tant mieux. Elle n’aurait pas été capable de trouver les mots justes et lui aurait sorti un énième de ses discours si calibrés et vides de sens. Heureusement pour elle, Chris changea de sujet et lui proposa un petit jeu. Elle ne put s’empêcher de sourire bêtement face à ce jeu presque puéril qu’il lui proposait, bien qu’elle se doutât que le jeune homme ait d’autres intentions derrière cela. Elle ignorait lesquelles, et qui lui disait qu’elles n’étaient pas mauvaises ? Mais Chiraz était comme cela. Elle aimait assez le personnage, au fond, et la blonde se laissa prendre au jeu. Ne se doutant pas une seconde que le brun lui voulût du mal - peut-être se comportait-elle comme une imbécile, peut-être avait-elle tort, mais il y avait quelque chose de délicieusement intrigant chez lui qui l’empêchait de lui dire non. Chiraz lui demanda d’abord pourquoi il l’avait regardé de cette façon, avant qu’elle ne vienne l’aborder. Il y avait eu quelque chose d’étrange dans son regard. « Non tu n'avais pas de truc entre tes dents. Disons que tu ressembles à quelqu'un que je connais... Tu lui ressembles beaucoup. On pourrait croire que tu es sa grande soeur ou son double... » Elle ne dit rien, attendant une suite qui ne vint pas. Elle sourit légèrement, intriguée par sa réponse, mais davantage encore par son manque d’explication. Il passa sur le sujet, rapidement, sans qu’aucun des deux n’ait l’air de s’y attarder, et la jeune femme n’osa pas poser davantage de questions. « J’aimerais bien la rencontrer, alors, si c’est mon sosie » dit-elle d’un ton presque enjoué, cherchant à éperonner son humeur. Mais c’était le tour de Chris, et toujours assise sur sa souche, elle se tut rapidement.

« Quel est ton pire secret ? » Elle fronça les sourcils. Excellente question, en vérité. Est-ce qu’une femme comme elle pouvait avoir un pire secret, réellement ? Elle réfléchit, sûrement pendant trop longtemps. Chris allait se dire que quelque chose clochait chez elle, et pourtant elle réfléchissait aussi vite qu’elle le pouvait, essayant de se remémorer quelques passages de son existence. Pourquoi prenait-elle ça au sérieux ? Elle pensait l’ignorer, mais elle savait de quoi il en retournait, au fond. Lui prouver, et se prouver, qu’il y avait quelque chose d’intéressant chez elle. Qu’elle avait un jour fait quelque chose d’excitant, que ce soit en bien ou en mal, dans sa vie. La seule chose qui lui venait, c’était cette opposition au Conseil dont elle osait à peine penser et qu’elle venait de lui exprimer à demi-mot. Son pire secret était bien qu’elle détestait l’Odyssée et qu’elle brûlait de rage au fond d’elle, mais d’une rage cachée, enfermée, refoulée. « Eh bien, tu sais quoi, je crois que je n’en ai même pas ». Un petit sourire triste s’installa sur son visage. « Je vais te dire, y’a jamais rien eu d’excitant dans ma vie, rien qui puisse constituer un ‘pire secret’ en tout cas ». Elle retourna nerveusement dans ses mains un bâton qu’elle venait de saisir, consciente de passer pour une vraie cruche à côté de lui. « Ça fait un peu aigrie, dit comme ça. Mais c’est vrai. Une petite vie d’Odysséenne exemplaire ». Son ton se faisait presque amer, mais cette fois-ci, elle se tut. « À moi » coupa-t-elle rapidement. « Est-ce que… est-ce que tu as des passions, dans la vie ? Quelque chose auquel te raccrocher ? Quelqu’un, peut-être…? » s’hasarda-t-elle.

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Sujet: Re: chris // memories are made of this
Mar 6 Juin - 9:19


« Je ne te vois pas vraiment comme un danger » « Tu devrais. » Comme si je voulais qu'elle soit effrayée, qu'elle me prenne pour le grand méchant loup de l'histoire. Préférant qu'elle soit méfiante à mon égard, qu'elle s'attende à plus et tombe de haut. Naïve vision du monde alors qu'optimiste, elle semblait pourtant portée à croire que je n'allais pas lui faire du mal. Je ne comptais pas lui en faire à vrai dire, mais je ne pouvais pas affirmer avec certitude que je ne lui ferai pas mal, ni même que je la blesserai. Mais autant je ne savais pas qu'elle pensait à ce à quoi je pensais alors qu'elle parlait du rébellion. Courageuse pour exprimer ses idées même si c'était à la mauvaise personne, même si elle n'avait aucune idée si elle faisait un faux pas. A vrai dire elle avait raison alors que je ne la trahirai pas là-dessus, n'allant pas trahir ses opinions alors que je les partageais moi-même, alors que j'étais membre du rébellion mais cela ne changeait rien. Elle ne savait rien et mieux valait qu'elle ne fasse pas un mauvais pas, préférant autant qu'elle se méfie de tous, qu'elle ne commette une erreur. Parfois certains parlaient trop et je préférais autant que les idées rebelles soient tenues secrètes. Nullement égoïste mais si je voulais autant d'autre que notre plan fonctionne alors mieux valait certainement attendre. Chiraz se reprenant doucement. « Mais tu as raison. Je ne devrais pas dire ça. » J'hochai la tête gravement. Non il ne valait mieux qu'elle ne tienne pas ses propos ou du moins pas directement, pas à un étranger dont elle ne savait rien si ce n'était des rumeurs qu'elle avait entendu. Mieux valait qu'elle se montre de loin prudente et continue de se taire pour le moment, bien que je n'en venais qu'aussitôt à me décider de garder un oeil sur elle. Si nous étions toujours à la recherche d'une potentielle taupe au sein du mouvement il n'en restait pas moins que nous ne disons pas non à de nouveaux membres, à de nouvelles recrues qui partageaient nos idées et qui ne voulaient plus voir le conseil dirigeait comme il le faisait. Avide de changements.

Changeant le sujet alors que pas moins intéressé par elle, voulant en savoir plus, je ne lui proposais qu'un simple jeu. Poser une question, y répondre pour pouvoir à son tour poser une question. Si nous avions été jusqu'à là sincères l'un envers l'autre, j'espérai que cela continue, bien que déterminé à en savoir plus sur elle. Prêt à sonder le terrain pour ainsi dire. L'idée qu'elle intègre le mouvement plus tard dans un recoin de mon esprit. Mais autant qu'elle en venait à se dévoiler un peu plus, je faisais de même, ne répondant qu'à sa question. Une question qu'elle avait du se poser à l'instant où elle avait vu mon regard s'attardait sur elle trop longuement. Ce que je pouvais comprendre alors que sa question était honnête. Une question auquel je répondis aussitôt non sans cesser de la regarder alors qu'elle ressemblait réellement à Ailina, lui donnant les raisons du pourquoi. Je n'étais pas sûr qu'elle puisse réellement comprendre mais cela importait peu, la vérité était là alors que les deux femmes se ressemblaient. « J’aimerais bien la rencontrer, alors, si c’est mon sosie » Elle le dit d'un ton trop enjoué qui sonna faux à mes oreilles. Une lueur qui passait dans mon regard alors que mon visage se fermait légèrement. La réalité me revenant tel un boomerang qui heurterait ma figure. Car autant que Chiraz espérerait rencontrer Ailina, il n'en restait pas moins que je n'avais aucune idée d'où était la jolie blonde. Disparue elle aussi comme Faust. Comme s'il fallait qu'elles disparaissent toujours. Serrant les dents alors que mes pensées en venaient à osciller vers le campement des 100, je n'avais pas été jusqu'à là-bas, n'osant pas y retourner après la mort de Robb si ce n'était lors des festivités de noël. N'ayant pas le courage de retrouver Rachel et pourtant je savais que j'allais devoir y aller tôt ou tard, tant pour la voir que pour tenter d'en savoir plus, pour retrouver Ailina tantôt tout comme je tentais de retrouver Faust. Mon regard qui se posait sur Chiraz alors que ce fut qu'un peu trop durement que j'en venais à lui répondre. « Elle a disparu. » Je savais qu'elle n'avait pas mérité que je m'adresse à elle sur ce ton mais je n'avais pas pu m'en empêcher, manquant de nouveau de broyer du noir.

Sautant sur l'ocassion pour changer de sujet alors que j'en venais qu'à me tourner vers elle de nouveau. La lueur de mon regard avait disparu tandis que j'en venais à lui demander quel était son pire secret. Peut-être pas la question la plus originale mais j'étais curieux, espérant qu'elle me donnerait des informations croustillantes si elle en avait l'audace. « Je vais te dire, y’a jamais rien eu d’excitant dans ma vie, rien qui puisse constituer un ‘pire secret’ en tout cas ». Je fronçai les sourcils. Déçu. Le mot était vite dit. « Rien du tout ? genre tu n'as jamais bu d'alcool ? voler quelque chose ? commis un crime ? avoir des pensées déplacées ou je ne sais quoi ? » Ce n'était pas à mon tour de poser une question mais après tout cela devait passer alors que c'était comme si je demandais des éclaircissements, ce qui était le cas alors que je peinais à croire qu'elle était parfaite, n'avait pas de pire secret. « Tu dois bien avoir quelque chose à me donner, non ? » Apparement non. Malheureusement. « Ça fait un peu aigrie, dit comme ça. Mais c’est vrai. Une petite vie d’Odysséenne exemplaire » Je secouai la tête, peinant encore à y croire.

Visiblement mal à l'aise alors qu'elle reprenait la parole pour changer de sujet. « À moi ... Est-ce que… est-ce que tu as des passions, dans la vie ? Quelque chose auquel te raccrocher ? Quelqu’un, peut-être…? » « Est-ce que tu tentes de flirter avec moi ? » Taquin alors que je reprenais la parole que pour pousser le bouchon un peu plus loin et voir quel type de réaction elle pouvait avoir. « Tu sais si tu es intéressée tu pouvais aussi juste le signaler. » Tentant un peu de la rendre chèvre pour le simple plaisir de m'amuser alors que je ne reprenais pas moins la parole pour y répondre, non sans réfléchir à sa question et à la réponse que je pouvais lui donner. « Je ne sais pas si j'ai une passion particulière. Je ne pense pas. Après je me suis toujours raccroché au groupe d'amis que j'avais, à Robb, Faust, Ailina, Rachel mais notre groupe a volé en éclat. J'ai bien tenté de flirter avec Murphy et de me raccrocher à elle même si je crois que cela n'a jamais réellement marché bien que tout le campement pensait qu'il y avait un truc entre nous, à vrai dire je tentais juste de provoquer une réaction chez Faust pour ce que cela a fait... Faust a disparu. Robb est mort. Ailina a aussi disparu. Je me suis enfoncé et j'ai sans aucun doute perdu les dernières personnes auquel je tenais en les repoussant. Donc non il y a pas grand monde auquel je me raccroche désormais. » Triste constat, encore étonné que je me sois autant dévoilé. « Triste vie hein? » Moqueur alors que je tournais plutôt en dérision ma vie qu'autre chose. Reprenant la parole au bout d'un instant. « Mon tour. » Réfléchissant à une question. « Qu'est-ce qui t'as changé pour que tu deviennes comme ça. Je veux dire on dirait que tu contrôles tout. Et je suis doué à cela, ou du moins je l'étais mais chez toi c'est autant quelque chose... »

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Sujet: Re: chris // memories are made of this
Lun 12 Juin - 12:53


memories are made of this
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Saugrenue était l’idée de Chris, celle de faire un jeu de questions-réponses. Saugrenue, mais amusante selon Chiraz. La situation dans laquelle elle s’était fourrée était délicieusement étrange, inédite. Elle ne savait quel instinct l’avait tout d’abord poussé à faire le premier pas vers le jeune homme - probablement un sentiment de culpabilité, comme elle le croyait, mais aussi quelque chose d’autres - peut-être le sentiment vaniteux et égoïste qu’elle pourrait se racheter en se tournant vers celui que l’on avait marginalisé, qui se tenait à l’écart du groupe, que l’on approchait plus. Elle pouvait se racheter, oui, et pas seulement envers Chris, mais aussi envers elle-même ; elle pourrait s’endormir et ses tourments s’apaiseraient peut-être à l’idée qu’elle avait aidé quelqu’un, ou du moins qu’elle lui avait permis de passer un moment moins difficile que les autres. Oh, la jeune femme n’avait pas la prétention d’être vraiment utile à Chris ; mais elle aimait à l’imaginer, à le penser, peut-être pour rendre ses propres nuits et ses propres malheurs plus supportables. Assise sur sa souche, elle se demandait jusqu’où irait la conversation, qui serait le premier à craquer dans le jeu des secrets. Elle ne faisait pas d’illusions, ce serait probablement elle. Mais elle trouvait le jeu excitant, différent de ce qu’elle pouvait faire chaque jour - c’était d’ailleurs de très loin la conversation la plus intéressante qu’elle ait eu depuis de nombreux jours. Cette pensée la fit frémir ; sa propre solitude, parfois, l’effrayait. Force était de constater que plus le temps passait, et plus Chiraz se contentait de se renfermer dans sa coquille, dans sa bulle, loin des autres. Et même si la jeune femme était la seule responsable de cet isolement, comme Chris l’avait justement relevé quelques instants plus tôt, il n’empêchait pas qu’elle souffrait plus qu’elle ne le pensait de ces barrières, de cette distance qu’elle installait constamment entre elle et les autres. Chris, lui, avait soufflé ces barrières en quelques secondes. Il était franc - d’aucuns diraient dur, probablement - et semblait voir clair derrière la carapace de Chiraz. Il l’avait déstabilisée, à plusieurs reprises, et la jeune femme, qui pourtant aimait pouvoir tout contrôler, se prenait au jeu. Se laissait renverser par ce jeune homme qu’elle ne connaissait en réalité pas du tout. Il ne lui montrait que ce qu’il voulait bien, au fond, malgré son impulsivité apparente qui aurait pu le faire basculer dans l’honnêteté. Mais peu lui importait. Ce jeu lui plaisait, parce que justement elle ne savait pas jusqu’où les deux Odysséens iraient.

Elle commença par lui demander pourquoi il l’avait regardé ainsi, avant qu’elle ne vienne le voir. Rien de tout ce qui venait de se produire ne se serait produit si, au final, il ne lui avait pas lancé de tels regards, au point que la jeune femme avait d’abord cru qu’il se sentait mal. Mais selon Chris, Chiraz ressemblait à une autre femme qu’il connaissait. « Elle a disparu. » Froid. Le petit sourire qui était apparu sur le visage de la blonde disparut doucement, et elle se demanda intérieurement qui était cette femme que Chris évoquait. Sûrement avait-elle été importante pour lui, et sentant qu’elle s’aventurait sur un terrain risqué et douloureux, Chiraz préféra ne rien dire de plus. Elle ne souhaitait pas retourner le couteau dans la plaie. Elle-même savait à quel point les disparitions, trop fréquentes à son goût depuis leur arrivée sur Terre, pouvaient être douloureuses. Elle en avait fait les frais. Chris changea rapidement de sujet, et posa à son tour une question à laquelle Chiraz eut bien du mal à répondre. Quel était son pire secret ? Elle-même l’ignorait. Elle avait l’impression d’avoir avancé dans la vie comme un fantôme, son seul but ayant été de ne pas faire de vagues. De ne pas finir comme son père, lui répétait souvent sa mère quand elle était enfant. Les souvenirs de ce père disparu avaient longtemps pesé sur elle comme un joug. « Rien du tout ? genre tu n'as jamais bu d'alcool ? voler quelque chose ? commis un crime ? avoir des pensées déplacées ou je ne sais quoi ? Tu dois bien avoir quelque chose à me donner, non ? » Chris cherchait la petite bête. Normal. Elle-même peinait à croire qu’elle puisse être si ennuyante. Le souvenirs d’Atlas, son meilleur ami, emprisonné pour l’avoir volé il y avait de cela plusieurs années, lui revint fugacement, et un frémissement lui courut le long de l’échine. « Si, évidemment, j’ai déjà bu de l’alcool, mais… » Chiraz en vint presque à rougir. Pas parce qu’elle avait déjà bu de l’alcool, mais parce qu’il n’y avait rien dans sa vie qui constituait réellement un pire secret. « Des pensées déplacées, oui, comme tout le monde j’imagine ». Elle repensa à toutes ces fois où elle avait mentalement souhaité la fin du Conseil et de leur mode de gouvernement, mais chassa rapidement ces pensées de son esprit.

Comme Chris l’avait fait, Chiraz se raccrocha à autre chose pour se sortir de son embarras. Elle se sentait presque sotte, imbécile. Comme si elle n’avait jamais profité de sa vie correctement, comme si elle avait loupé quelque chose par peur de finir emprisonnée ou éjectée. Sans vraiment réfléchir, elle lui demanda s’il avait quelqu’un ou quelque chose à qui ou à quoi se raccrocher, quand il allait mal. Tout le monde avait cela, n’est-ce pas ? Une passion, ou une personne, une espèce de point fixe dans l’existence auquel on peut toujours revenir quand les choses vont mal. « Est-ce que tu tentes de flirter avec moi ? Tu sais si tu es intéressée tu pouvais aussi juste le signaler. » répondit-il, taquin. D’ordinaire, cela aurait mit Chiraz mal à l’aise - d’ailleurs, elle l’était un peu, au fond d’elle-même, embarrassée d’avoir sans le vouloir prononcé des paroles ambigües - mais le jeu l’amusait trop. Elle haussa un sourcil, un petit sourire se dessinant sur son visage. « Qui sait » Elle entrait sans grande difficulté dans son jeu. Chiraz ne se connaissait pas vraiment sous ce jour, mais elle n’y pensait pas. « C’est plutôt moi qui devrait te dire ça, remarque ». Après tout, n’était-ce pas lui qui lui avait lancé des regards ? Après quelques instants, néanmoins, le jeune homme répondit à sa question. « Je ne sais pas si j'ai une passion particulière. Je ne pense pas. Après je me suis toujours raccroché au groupe d'amis que j'avais, à Robb, Faust, Ailina, Rachel mais notre groupe a volé en éclat. J'ai bien tenté de flirter avec Murphy et de me raccrocher à elle même si je crois que cela n'a jamais réellement marché bien que tout le campement pensait qu'il y avait un truc entre nous, à vrai dire je tentais juste de provoquer une réaction chez Faust pour ce que cela a fait... Faust a disparu. Robb est mort. Ailina a aussi disparu. Je me suis enfoncé et j'ai sans aucun doute perdu les dernières personnes auquel je tenais en les repoussant. Donc non il y a pas grand monde auquel je me raccroche désormais. Triste vie hein? » Chiraz était un peu surprise de voir que Chris se livrait autant à elle. Enfin, peut-être n’était-ce que des informations qu’il ne tenait pas secrète, mais tout de même. La jeune femme commençait à voir un peu plus clair derrière le personnage, derrière cette espèce de grande gueule taquine et insolent. « C’est normal, comme réaction. Face à la douleur, c’est normal de vouloir se retrouver seul. Même si parfois on ne s’y prend pas correctement » Chiraz savait ce que c’était, au fond. N’avait-elle pas non plus choisi l’isolement, depuis son arrivée sur Terre ? Les quelques amis qu’elle avait encore se faisait de plus en plus rare. « Enfin, je ne suis pas psy, mais il me semble qu’il n’y a rien de détestable derrière ça ». Une idée lui vint en tête, ou plutôt un visage, alors qu’elle prononçait le mot psy… Idée qui s’évapora presque aussi rapidement qu’elle était venue quand Chris reprit la parole.

« Qu'est-ce qui t'as changé pour que tu deviennes comme ça. Je veux dire on dirait que tu contrôles tout. Et je suis doué à cela, ou du moins je l'étais mais chez toi c'est autant quelque chose... » Il la déstabilisait. Chiraz le regarda un instant, sans rien dire, presque surprise d’autant de lucidité de sa part. Enfin, l’était-ce réellement ? Était-ce si difficile de percevoir son besoin insatiable, presque obsessionnel, de toujours tout avoir sous sa coupe ? Peut-être pas tant que ça. Peut-être qu’il la comprenait, lui, le marginal. Elle l’était aussi, qu’elle le veuille ou non, et même si cela pouvait apparaître plus subtilement que dans le cas de Chris. Elle prit une longue respiration. « Je crois que j’ai toujours été comme ça. J’ai grandi comme ça » La jeune femme ne se souvenait pas vraiment d’une époque où elle n’avait pas été comme cela, même si son attitude avait empiré depuis son arrivée sur Terre. « Par peur, j’imagine. Mon père s’est fait éjecté quand j’avais deux ans. Je suppose que.. que j’ai grandi avec l’idée que nous étions tous en sursis, là-haut, et qu’un faux pas pouvait nous coûter très cher ». Le visage d’Atlas lui revint subitement en mémoire, mais elle le chassa rapidement. Elle ne voulait plus entendre parler de lui. « Par peur des autres aussi. C’est tellement plus facile de se cacher dans sa carapace que de se révéler, n’est-ce pas ? » Chiraz planta son regard dans celui de Chris, presque insolent. Lui aussi semblait s’être fabriqué une carapace de dur. « Je pense que j’ai toujours été lâche, en fait. Trop lâche pour vivre réellement, et lâcher prise. Triste vie, n’est-ce pas ? » Un petit sourire triste alluma un court instant son visage. « Enfin, assez parler de moi. Je suis trop chiante pour ça ». L’auto-dérision était une autre forme de protection, après tout. « Et toi alors, quel est ton pire secret ? Je suppose que le tien est hautement plus intéressant que le mien ».

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by Wiise

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01/11/2015 Glacy 1449 Brett Dalton murphouille (avatar), Frimelda (signature) ancien militaire - maniement des armes - statège 76
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Sujet: Re: chris // memories are made of this
Lun 12 Juin - 21:02


Elle semblait gênée. Ne pouvant que la regarder alors que je cherchais la petite bête. Je cherchais à en savoir plus alors que j'étais bel et bien curieux. Curieux de savoir si elle avait réellement une vie bien rangée ou si ce n'était qu'une apparence qu'elle voulait donner aux autres. N'hésitant pas à chercher un peu plus loin, à en savoir un peu plus. « Si, évidemment, j’ai déjà bu de l’alcool, mais… » Ses joues qui prenaient une teinte rosée alors que sa réponse sonnait quasiment comme un non. Il était clair qu'elle avait déjà bu de l'alcool. Elle paraissait sincère réellement, et le son de sa voix suffisait à me faire comprendre qu'elle l'était. Mais au-delà elle paraissait gênée alors qu'il était clair qu'elle n'en n'avait pas bu souvent. Un fait plus que rare. Une certitude alors que déjà l'alcool était rationné auparavant dans l'espace. Elle n'avait tout simplement pas la tête de la personne qui enfreignait les lois. Dans un sens j'étais un peu attristé pour elle alors qu'elle ne semblait pas avoir connu de grain de folie. Elle ne semblait pas avoir connu ce frisson alors que l'adrénaline courait dans nos veines. Un sentiment sans pareil. Un sentiment qui vous donnait l'impression d'être vivant. Dans un sens c'était parfois mieux d'avoir une vie ennuyeuse sans squelette dans le placard. Car il était certainement le cas pour elle alors qu'elle ne semblait tout simplement pas avoir de squelette dans le placard, cachés sous le tapis. Pas tout le monde n'avait cette chance.

Elle reprenait la parole alors que je reposais mon regard sur elle. « Des pensées déplacées, oui, comme tout le monde j’imagine » La scrutant un instant. Il était certain qu'elle pensait au conseil. Elle n'avait seulement dit quelques mots et il paraissait pourtant ores et déjà clair à mes yeux qu'elle pourrait avoir l'étoffe d'une potentielle recrue. Pour autant, je restais prudent. Ne trahissant pas ma pensée. Je ne savais quasiment rien d'elle. Et de surcroît, je savais que la dernière fois Murphy n'avait pas réellement apprécié que Devos et moi-même nous agissions rapidement avec Isaïah. Si nous avions confiance en elle, ce n'était pas le cas de Murphy qui n'avait pas apprécié notre choix. Prudent alors qu'il n'en restait pas moins que je continuais de l'étudier de près sans dire pour autant un mot. A vrai dire elle n'avait aucune idée des paroles déplacées que je pouvais avoir, de mes actions alors que j'étais bien au coeur du mouvement des rebelles à sa différence. Une certaine innocence qu'elle avait. Mon regard qui s'attardait un peu trop longuement sur ses traits avant que je ne prenne la parole à mon tour. « Tu peux changer cela si tu veux. Ce n'est qu'un choix. » On évoluait tous. On faisait tous des choix qui nous transformaient. Elle aussi pouvait changer ce qu'elle était et lâcher la bride si elle le voulait. Mais cela ne dépendait qu'elle. Comme cela ne dépendait que de moi de reprendre pied.

Et alors que je m'attendais à ce qu'elle devienne cramoisie, qu'elle rougisse comme jamais elle me surprit en esquissant un sourire. « Qui sait » Et un sourire se dessina ensuite sur mon visage, alors que j'étais amusé. Ne pouvant que me dire qu'elle devrait faire cela plus souvent au lieu de s'enfermer dans sa bulle. Cela pourrait la changer. « C’est plutôt moi qui devrait te dire ça, remarque. » « Peut-être oui. Mais si c'était le cas, j'aurai sans doute déjà fait un mouvement vers toi. » Amusé, réellement alors qu'il n'en restait pas moins qu'il fallait avouer que cela changeait un peu de la voir autrement. Cela changeait même en l'espace de quelques minutes alors qu'elle semblait se détendre, acceptant de laisser tomber le masque de politesse qu'elle portait habituellement. « Tu devrais faire cela plus souvent... » Une certitude. « Sourire juste pour le plaisir ne te tuera pas, du moins je pense pas... Sinon j'aurai été mort bien plus d'une fois. » Autant que possible je pouvais dans un sens la comprendre alors que je portais souvent un masque. Un masque qui n'existait peut-être pas ainsi avant. Je souriais plus à l'époque. Etant heureux aux côtés d'Ailina. Appréciant ces moments que nous partagions tous ensembles dans notre bande, à discuter de tout et de rien même si souvent je ne comprenais pas tout ce qu'ils disaient, du moins dès lors que cela touchait à l'informatique et la mécanique. Mon regard qui se voilait un instant alors que la nostalgie menaçait de m'effleurer avant que je ne chasse les brins de souvenirs. Cela faisait du bien de se remémorer le passé autant que c'était douloureux. Sans doute pour cela que j'avais décidé il y a longtemps de ne pas me retourner en arrière. Une promesse que j'avais pourtant rompu, et cela à de multiples reprises. Une promesse comme une autre rompue. Et l'ombre des démons de retour.

En venant pas moins à reprendre la parole. Dans un sens je m'étonnais moi-même à lui répondre aussi franchement. J'étais connu pour être franc et que trop souvent mes mots pouvaient être considérés comme durs mais je n'étais pas connu pour me confier. Préférant tout garder pour moi et me refermer sur moi-même. Je n'avais jamais aimé me confier. Je ne l'avais jamais aimé réellement. Et les rares fois je l'avais fait, je m'étais souvent énervé. Isaïah en avait fait les frais alors qu'elle avait tenté d'en savoir plus sur la mort de Robb, tentant de me sortir de ma liturgie. Et autant que nous nous tirions dessus, je n'avais pu qu'être surpris de la voir tenter de me tirer vers l'avant. Pourtant j'avais fait de même et si je n'avais pas été certes le plus aimable avec elle alors que je n'étais pas réellement connu dans la douceur, je pouvais pas moins qu'espérer que l'idée de faire partie d'une plus grande cause, du rébellion lui avait permis de repartir un peu de l'avant. Mais cela ne changeait pas le fait qu'en général, j'étais sur la défensive. Ce qui n'était pas le cas avec Chiraz. Non j'en venais même qu'à me confier trop ouvertement. Certes ce jeu consistait pas à moins à répondre le plus franchement possible. Mais rien ni personne ne nous obligeait à donner des détails, à argumenter nos réponses. Ce que j'avais fait. Ce qui était quasiment effrayant. Craignant de me confier trop alors qu'un brin de méfiance resurgissait. Le contrôle que je tentais de maintenir commençait à s'effriter et je ne pouvais que me dire que c'était parce qu'elle lui ressemblait. Elle lui ressemblait tant que c'était effrayant. Ne pouvant qu'estimer que c'était parce qu'elle ressemblait à Ailina tant qu'on aurait pu croire qu'elles étaient de la même famille que j'en venais à me confier avec une facilité déconcertante. Et c'était inquiétant en effet. Commençant à douter qu'elle serait la première à abandonner la partie. « C’est normal, comme réaction. Face à la douleur, c’est normal de vouloir se retrouver seul. Même si parfois on ne s’y prend pas correctement » Et si je pouvais voir qu'elle aussi s'était barricadée derrière une barrière d'isolement, il n'en restait pas moins que je doutais que ce soit la même chose. Et ce fut peut-être un peu trop abruptement que je manquais de la couper. « Parce que tu penses qu'il y a une façon correcte de réagir ?! » Un regard qui se faisait plus noir de ma part alors que c'était comme si elle me disait s'il fallait aussi suivre des normes et étiquettes concernant le deuil. Ce qui était ridicule. Comme s'il n'y avait pas assez de règles à suivre. Et soudainement je ne me retrouvais qu'à être irrité par ses mots. Elle n'avait rien fait de mal en particulier, ayant juste voulu me donner sa pensée mais il y avait désormais un mal à l'aise dans l'air. Reportant mon regard ailleurs, en direction du centre de campement, ne pouvant que notifier que certains nous jetaient des regards fugaces. Des visages qui se détournèrent quand je les fusillais du regard. Un geste peut-être futile mais qui me procura une certaine satisfaction alors que j'en venais à me calmer légèrement. « Enfin, je ne suis pas psy, mais il me semble qu’il n’y a rien de détestable derrière ça » Ne répondant rien là-dessus alors qu'au-delà de cela je tentais de me calmer. Après tout, cela ne servait à rien de tout gâcher maintenant.

Et ce fut avec un visage recomposé que j'en venais à reprendre la parole pour lui poser une question. Une certaine contenance retrouvée, alors que tout en cherchant une question, je n'en venais au final qu'à plonger mon regard dans le sien pour la lui poser. Et cette fois, c'était sans doute elle que je tentais de mettre mal à l'aise alors que ma question se faisait plus personnelle, voulant savoir ce qui l'avait fait devenir ce qu'elle était aujourd'hui. Me répondant sincèrement comme si elle faisait fi de mes mots qui s'étaient fait durs, ayant sans doute ores et déjà compris que j'étais comme ça. « Je crois que j’ai toujours été comme ça. J’ai grandi comme ça » Fronçant les sourcils. « C'est un peu facile comme excuse tu ne trouves pas ? » Nos parents nous éduquaient, nous influençaient, mais ce n'était pas eux qui faisait ce que nous étions aujourd'hui. Mes choix je les avais fait moi-même alors que j'en étais venu à défier mes règles, tentant de faire tout pour provoquer une réaction chez mon père. Un père qui ne faisait pas dans l'affection mais dans les règlements alors que pour lui, soldat tout aussi, il fallait se plier aux règles. L'ironie alors que j'avais découvert après qu'il avait créé le mouvement des rebelles avec la mère de Faust. Il tentait peut-être de me protéger. Ce que je m'étais dit pendant un moment. Ce qui ne l'excusait pas. C'était peut-être la vérité mais dans le fond, non cela ne l'excusait en rien alors que les souvenirs que j'avais n'étaient pas les plus chaleureux. Reportant pas moins mon attention sur Chiraz qui continuait, tentant de m'expliquer pourquoi elle était ainsi. « Par peur, j’imagine. Mon père s’est fait éjecté quand j’avais deux ans. Je suppose que.. que j’ai grandi avec l’idée que nous étions tous en sursis, là-haut, et qu’un faux pas pouvait nous coûter très cher. » Un faux pas coûtait cher lui. Nombreux avaient goûté à cette règle. Nombreux avaient été éjectés. Nombreux avaient été envoyés ici. Des jeunes. Robb avait été envoyé là. Rachel aussi. Ailina aussi. A cause de moi. Un fait que je ne regrettais pas à l'époque alors que je pensais faire le plus grand bien, alors que je pensais que la cause rebelle importait plus que les personnes chères mais j'avais compris avec de recul que c'était faux. Et pourtant je manquais de commettre les mêmes erreurs alors que je me jetais de nouveau dans les bras du mouvement. Comme une planche de salut pour éviter le contact humain et la peur d'être brisé en deux. « La loi est dure mais c'est la loi comme qui dirait. » Des mots dans lesquels je ne croyais pas. Une loi que nous étions nombreux à briser alors que le mouvement des rebelles continuait de prendre forme. Qu'une preuve de plus. Mais elle avait raison alors que nous étions bel et bien en sursis là-haut. « Par peur des autres aussi. C’est tellement plus facile de se cacher dans sa carapace que de se révéler, n’est-ce pas ? » Elle me regarda et je savais qu'elle pensait à moi. « Parle la fille qui continue de le faire. » Légèrement moqueur alors qu'il n'en restait pas moins que cette carapace elle la portait toujours. Une autre carapace que je portais aussi. Bien que ce n'était pas tant une carapace qui m'entourait qu'un masque que j'endossais. La différence était peut-être que je n'avais pas réellement peur des autres. Mais il était vrai que c'était plus facile de se cacher que de se révéler comme je le faisais encore là alors que je tentais juste de retourner la situation. « Je pense que j’ai toujours été lâche, en fait. Trop lâche pour vivre réellement, et lâcher prise. Triste vie, n’est-ce pas ? » Elle se mit à sourire tristement, ayant employé des mots que j'avais déjà usé. « J'imagine qu'il faut pourtant du courage pour l'admettre. Alors, non, je ne pense pas que tu es lâche Chiraz. Crois-moi la réelle lâcheté ne ressemble pas à cela. Et puis tu peux toujours changer ta manière de faire. Nous sommes sur terre. Tout est permis ! » Un sourire alors que je l'encourageais à le faire. Elle pouvait changer et profiter de la vie. On le pouvait tous.

« Enfin, assez parler de moi. Je suis trop chiante pour ça. » « Je devrais me sentir flatté alors que tu penses que je suis plus intéressant que toi. » Amusé. Ma vie n'avait rien d'intéressante à mes yeux si ce n'était un côté tragédique. Et certainement pathétique. Des mots que je ne prononçais pas à voix haute. La douleur pourtant là. Une douleur que je pouvais masquer autant que possible mais dans le fond elle restait toujours là, quasiment omniprésente. La difficulté était de s'y habituer. Ce qui n'était jamais réellement le cas. Son tour de poser une question. Ce qu'elle ne tarda à faire. « Et toi alors, quel est ton pire secret ? Je suppose que le tien est hautement plus intéressant que le mien. » Un regard énigmatique. « Tout dépend de ce que tu entends par pire. » Un degré de variabilité. Une différence de point de vue. Une différence de perspectives. Et soudain un simple mot sous entendait une bien plus grande importance. Me relevant soudainement. « Allez ! Après tout tu ne pensais quand même pas que j'allais te confier mon pire secret au milieu de tout ce petit monde ?! » Pas tant une question qu'une affirmation. N'ayant pas encore décidé sur la réelle question. N'ayant pas encore décidé si j'allais lui répondre ou pas. Les idées qui se bousculaient dans ma tête tout comme les réponses à sa fameuse question. J'avais des secrets. Après à savoir si l'un était pire que l'autre, c'était une question particulièrement relative. J'appartenais au mouvement rebelle. C'était une secret. Un secret parmi un autre. Mais transgresser les règles et s'opposer au conseil n'apparaissait pas comme mon pire secret. Ce n'en n'était pas un. Plongé en partie dans mes pensées alors que je l'entraînais en direction de la sortie du campement. Mes doigts qui jouaient avec mes couteaux alors que je n'avais même pas lancé un regard en arrière pour voir si elle me suivait. Si elle était curieuse, elle le ferait. Si elle voulait avoir sa réponse à sa question, elle le ferait. Ce qu'elle ferait sans aucun doute. Me dirigeant vers l'entrée du campement sans m'en rendre compte, ne relevant la tête que pour voir un des gardes que je connaissais. Echangeant rapidement quelques mots avec lui pour lui annoncer qu'on allait faire un tour et reviendrait sous peu. Un membre du rébellion. Il s'exécuta rapidement après avoir échangé quelques mots, banalités avec moi. Et très rapidement je me dirigeais en direction de la forêt, reprenant la parole sans lui jeter un coup d'oeil en particulier. « J'espère que tu n'as pas peur des ours ? J'aimerai pas te voir t'enfuir en courant... Tu es déjà sorti du campement après tout ? » Une question. Je me doutais qu'elle l'avait déjà fait, soudainement un peu trop plongé dans mes pensées pour me rappeler ce qu'elle m'avait dit précédemment. Perdu dans mes pensées alors que je réfléchissais à une réponse à sa question. J'avais été tenté de mourir. Coupable de vouloir m'ôter la vie. Et autant que c'était un secret, ce n'était pas le pire. Il n'y en avait sans doute qu'un seul qui pouvait correspondre à la définition qu'elle recherchait, qu'un seul qui pourrait convenir à sa définition d'avoir une vie intéressante. Repérant un endroit plus calme, je me dirigeais vers là. Personne autour. Seulement nous deux alors que j'en venais à m'appuyer contre un tronc d'arbre. Mon regard qui dérivait sur ses mèches de cheveux blonds avant que je n'en vienne à prendre la parole. Mon regard qui se plongeait dans le sien alors que j'attendais de voir sa réaction, de la voir s'enfuir en courant. « J'imagine que mon pire secret est sans doute d'avoir fait éjecté mon père... » Ma chair et mon sang. Pris à son propre jeu. Il voulait suivre les règles. Voulait que je le fasse. Et je n'en n'étais que venu à le dénoncer alors qu'il avait été surpris en train de voler. Je l'avais surpris. Je l'avais balancé. Un aller simple vers l'espace. « ... sans aucun remords... » Des regrets je n'en n'avais pas eu. Pas même alors que j'avais appris qu'il volait pour le mouvement. Ce que j'avais fait après. Volant à mon tour. Pour le plus grand bien. Ailina s'était fait éjecté pour le plus grand bien. Ironique alors que j'avais suivi ses traces. Ironique alors que j'avais fait de même. Et pourtant alors que je l'avais appris les remords n'avaient pas comblé ce vide. La colère l'avait fait. Ne la quittant pas du regard alors que je l'examinais attentivement. Et peut-être que je le désirais plus que j'étais curieux. Curieux de voir si elle allait s'enfuir en hurlant ou se mettre en colère face à ce secret que je lui avais donné. Un secret que je n'avais confié à personne. « Alors est-ce que maintenant tu vas t'enfuir en courant ? Peut-être que je te dégoûte même ? Ou peut-être es-tu simplement effrayée et a juste envie de tourner les talons ? A moins que tu ais enfin trouvé la définition que tu recherchais ? Une chose est sûre, dans tous les cas, nous n'avions rien en commun. » Un sourire presque cynique ou sarcastique qui s'étirait sur mon visage alors que les lames virevoltaient dans l'air. « C'était ma question, au fait. »


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Sujet: Re: chris // memories are made of this
Jeu 15 Juin - 22:24


memories are made of this
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Ce fut presque de la honte que Chiraz ressentait ; presque, mais pas totalement. Elle avait l’impression d’être une potiche, une bonne à rien, pas même bonne à faire n’importe. Car si elle n’avait jamais brillé par ses excès, elle n’avait jamais brillé pour rien en réalité - elle n’avait jamais fait les mêmes conneries que les autres, les mêmes que Chris ou que pratiquement tout le monde sur l’Odyssée, mais elle n’avait jamais brillé par ses actes de bravoure, pour son intelligence ou pour tout autre aspect de sa personne. Elle n’avait jamais brillé, en réalité. Elle n’était qu’une étoile terne parmi les autres. Inintéressante, voilà comment elle se sentait alors qu’elle sentait le regard intrigué du jeune homme peser lourdement sur elle. Elle n’était qu’une professeure comme une autre, qui n’avait jamais fait de vagues, et dont le seul intérêt était la transmission des savoirs - sa seule passion, en vérité, qui tienne véritablement la route, et qu’elle pensait utile pour le reste de la communauté. Et même si sur l’Odyssée, Chiraz se sentait heureuse, elle savait aujourd’hui qu’elle ne l’était pas, qu’elle ne l’avait jamais été. La chute avait été difficile ; se rendre compte qu’elle n’avait jamais réellement vécu était difficile. Et Chris, en lui demandant quel était son pire secret, avait directement mis le doigt dessus, sur ce qui n’allait pas chez elle. Sur cet espèce d’écart entre ses aspirations et ce qu’elle était capable de faire. La jeune femme avait beau réfléchir, elle ne trouvait rien de déshonorant, rien qui ne vienne ternir le tableau blanc de son existence. Au fond, elle aurait pu mourir à l’atterrissage que personne n’en aurait été bouleversé. Elle était mal à l’aise, mal à l’aise parce qu’elle se sentait foncièrement inintéressante, et elle en venait presque à se demander pourquoi Chris semblait si intrigué par elle. Peut-être parce qu’elle ressemblait à cette fille disparue, mais Chiraz en doutait. Il ne pouvait pas tout baser par une vague ressemblance physique, n’est-ce pas ? Alors elle se contentait de regarder ses mains, qui toujours jouaient nerveusement avec une branche, espérant que le jeune homme changerait rapidement de sujet. « Tu peux changer cela si tu veux. Ce n'est qu'un choix. » Elle releva la tête et le regarda un long moment. Chris avait un visage fermé, et elle ne parvint pas à lire qu’elle était son intention. Pourquoi disait-il cela ? Elle réfléchit un petit instant. Il avait raison, en vérité. Il ne tenait qu’à elle de briser les barrières derrière lesquelles elle s’était enfermée, cela ne tenait qu’à elle de se lever et d’enfin hurler tout ce qu’elle avait sur le coeur. Cela ne tenait qu’à elle, et pourtant, elle en était incapable. Trop effrayée qu’un malheur lui arrive, et pourtant si malheureuse à l’idée de devoir se taire à jamais, ou de disparaître avant qu’elle ait dit toutes ces choses qui lui pesaient sur le coeur. Alors, elle se contentait de vivre sans rien perturber, ou de s’enfuir dans les bois quand l’air devenait irrespirable autour d’elle. « Un choix difficile à faire, pour certains » répondit-elle d’un ton un peu sec ; pas qu’elle était en colère contre Chris, mais plutôt contre elle et contre sa lâcheté. Elle avait trop peur de vivre, trop peur d’accepter le risque, le danger, tout en sachant pertinemment qu’elle aimerait ça, l’adrénaline, l’inconnu. Elle l’avait ressenti en arrivant sur terre, et avait aimé cette sensation, avant de s’en effrayer.

Et puis Chris la taquinait encore et encore, et Chiraz, ravie que la conversation se détourne d’elle, se mit à sourire, se prit au jeu. Elle trouvait Chris amusant. Le jeune homme dégageait quelque chose de sauvage, de libre - il allait mal, mais ne cherchait pas à s’en cacher, contrairement à Chiraz, et la jeune femme trouvait cela magnifique, en un sens. Il parlait comme il pensait, alors qu’elle réfléchissait toujours longtemps et employait les mots avec un soin presque maladif. « Peut-être oui. Mais si c'était le cas, j'aurai sans doute déjà fait un mouvement vers toi. » Sa remarque la fit sourire, un sourire sincère, le premier depuis des lustres, un sourire qu’elle n’avait pas cherché à retenir ni à forcer, un sourire réellement amusé. Chris l’amusait. « Oh. Je devrais être vexée, là, non ? » Un rire lui échappa presque, parce que le jeu lui plaisait. Il n’y avait rien de sérieux derrière ses paroles, et pourtant, elle les disait. Il s’agissait d’un de ces rares moments où Chiraz arrêtait un instant de réfléchir aux conséquences de ses actes, où elle parlait librement, où elle s’amusait. Ces moments, hors du temps, étaient devenus rares. La jeune femme se rappelait encore des instants qu’elle partageait avec ses amis, sur l’Odyssée. Qu’est-ce qui l’empêchait, au fond, de revenir comme à cette époque ? Qu’est-ce qui les empêchaient tous de retrouver leur sourire ? Et puis elle se remémorait Atlas, Liam, et de tous les autres. Ceux qui étaient partis, ceux qui l’avaient trahi, ceux qui étaient allé trop loin, ceux qui avaient voulu approcher la liberté d’un peu trop près. Un goût amer dans la gorge alors que Chris reprenait la parole. « Tu devrais faire cela plus souvent... Sourire juste pour le plaisir ne te tuera pas, du moins je pense pas... Sinon j'aurai été mort bien plus d'une fois. » Un petit sourire réapparut néanmoins sur le visage de la blonde alors que le jeune homme lui adressait, peut-être pour la première fois depuis le début de leur conversation, une parole encourageante. Chris était un dur. Mais encore une fois, et comme souvent finalement, Chiraz trouvait qu’il y avait une forte part de vérité dans ses paroles. Il avait raison. Encore une fois, cela ne tenait qu’à elle de changer cela, de changer les règles du jeu. « C’est vrai » Elle lança un regard taquin au brun. « Mais je suis difficile. Tout le monde ne me fait pas sourire ». Elle continuait le jeu, un peu, parce que cela lui changeait les idées.

Chris reprit la parole, et étonnamment lui confia des choses sur sa vie ; il lui confia qu’il ne savait pas réagir face à la douleur que la disparition de ses amis lui avait causé, et qu’il était devenu une sorte de bombe à retardement qui explosait un peu n’importe quand. Il n’avait plus personne à qui se raccrochait, personne qui aurait pu être une bouée de secours alors qu’il se noyait dans son chagrin. Chiraz trouvait cela infiniment triste, et ce même si sa situation était assez similaire à la sienne ; mais elle avait choisi sa solitude, tandis que lui la subissait, comme effet secondaire de tout ce qui lui tombait sur la tête. Chiraz était touchée par ce qu’il lui disait, mais se garda bien de le montrer ou de le dire. Il lui semblait que le jeune homme n’avait pas besoin de sa pitié, et surtout qu’il la refuserait. Certains avaient besoin de réconfort dans ces genre de situation, mais Chris avait besoin de quelque chose d’autre. Ne sachant trop que dire face à tout cela, elle s’exprima tout de même, un peu maladroitement peut-être, sans être trop sûre de ce qu’elle avançait. « Parce que tu penses qu'il y a une façon correcte de réagir ?! » Il réagissait mal, bien sûr. Il se sentait attaqué, jugé probablement, même si ce n’était pas l’intention de Chiraz. Mais la jeune femme n’avait pas non plus l’intention de s’excuser pour ce qu’elle avait dit, ou de s’écraser comme une chiffe molle face à lui - n’était-ce pas ce qu’il cherchait involontairement, après tout ? Il réagissait au quart de tour et se mettait les gens à dos. Ça ne marcherait pas avec Chiraz, pour ce qu’elle avait compris du fonctionnement de Chris. « Je ne sais pas. Peut-être » se contenta-t-elle de dire, d’un ton neutre, mais assuré. Peut-être y avait-il une vraie façon de réagir face au deuil et à la souffrance, mais elle aussi la cherchait. Ni Chris ni elle n’y arrivaient, alors pourquoi se disputer ?

Ce fut ensuite au tour de Chiraz d’être mise à l’épreuve par Chris, qui encore une fois mettait exactement le doigt sur son défaut - pire que son défaut, son démon, son besoin maladif de toujours tout contrôler, de toujours réfléchir à tout et pendant longtemps. Son manque de naturel, son austérité qu’on lui reprochait souvent, qui lui valait des critiques déjà sur l’Odyssée. Chiraz se sentait comme toute petite face au regard du jeune homme qui la mettait face à tout ce qu’elle essayait de fuir, tout ce qu’elle tentait sans grand succès de rejeter en bloc. Comme à son habitude, elle choisissait bien ses mots, plus par soucis de précision qu’autre chose en réalité. Elle aussi essayait de mettre le doigt sur ce qui n’allait, et d’expliquer le plus clairement son problème, pour Chris mais aussi pour elle. C’était presque thérapeutique, en réalité, autant que cela revenait à retourner le couteau dans la plaie. « C'est un peu facile comme excuse tu ne trouves pas ? » Elle le regardait, un peu froidement, peut-être piquée par sa remarque. C’était peut-être facile, oui, et pourtant c’était comme ça. Il la faisait se sentir faible, un peu, et pourtant elle savait qu’elle ne l’était pas. Pas vraiment, en tout cas. Pas si faible qu’on pourrait le croire. Elle ne répondit pas, se contentant d’hausser les épaules d’un air fatigué. Il était parfois difficile de se débarrasser d’une idée que l’on vous inculque dès le plus jeune âge ; Chiraz se souvenait encore des pleurs de sa mère, la nuit, que cette dernière essayait tant bien que mal d’étouffer. Grandir bercée par les sanglots de sa mère, était-ce bien une vie ? N’était-ce pas quelque chose qui laisse des traces, des blessures ? Son père demeurait une énigme pour Chiraz, ce père absent, fantôme pourtant continuellement présent dans sa vie. « La loi est dure mais c'est la loi comme qui dirait. » Chiraz sembla déceler un brin d’insolence dans la voix de Chris, et le regarda avec une attention plus soutenue. Oui, c’était cela que le Conseil voulait qu’ils pensent tous, sur l’Odyssée. Oh, oui, la loi est dure quand elle prive de son père une enfant de deux ans, pensa-t-elle avec amertume. Elle dut rassembler toute sa volonté pour ne pas cracher sa haine de ce régime devant Chris, jugeant cela fortement imprudent. « C’est la loi » lâcha-t-elle d’un ton sec, rempli d’amertume. On entendait presque son désir de revanche dans ces quelques syllabes apparemment innocentes. La jeune femme tâcha ensuite de remballer sa rage au fond de son coeur, là où elle l’avait toujours contenue. « J'imagine qu'il faut pourtant du courage pour l'admettre. Alors, non, je ne pense pas que tu es lâche Chiraz. Crois-moi la réelle lâcheté ne ressemble pas à cela. Et puis tu peux toujours changer ta manière de faire. Nous sommes sur terre. Tout est permis ! » répondit-il finalement à la tirade de Chiraz. La blonde était presque surprise par les paroles du jeune homme. Touchée, d’une certaine façon, même si elle n’en laissa rien paraître, et qu’elle pensait tout de même qu’il avait tort, qu’elle était bel et bien une lâche. « Je ne sais pas ce que tu appelles la lâcheté, dans ce cas. Si je ne le suis pas, alors, je suis une sorte de peureuse abrutie. Dans tous les cas… c’est nul ». Toujours le même petit sourire désabusé sur son visage, alors qu’elle pensait à toutes ces opportunités qu’elle avait gâché dans sa vie, par lâcheté ou par peur. Est-ce qu’au fond la peur n’était pas une forme poussée de lâcheté, par ailleurs…?

« Je devrais me sentir flatté alors que tu penses que je suis plus intéressant que toi. » Un haussement de sourcil amusé. « Pas difficile de faire moins intéressant que moi, en vérité ». Chiraz finit par lui renvoyer la question ; elle était curieuse de savoir quel était le pire secret de cet homme qui semblait en avoir vécu infiniment plus qu’elle, et ce bien qu’il ait l’air d’avoir approximativement le même âge que la jeune femme. Sûrement était-il un peu plus vieux, mais pas des masses. Et surtout, elle voulait savoir ce que ça faisait que d’en avoir un - d’avoir fait des choses folles, des choses interdites. Est-ce qu’il y pensait toujours, ou est-ce qu’au contraire tâchait-il de se les sortir du crâne ? « Tout dépend de ce que tu entends par pire. » Chris prit un air énigmatique qui intrigua de suite ; elle était globalement intrigué par le jeune homme, mais maintenant, elle l’était encore davantage. « Allez ! Après tout tu ne pensais quand même pas que j'allais te confier mon pire secret au milieu de tout ce petit monde ?! » Chiraz allait ouvrir la bouche pour lui répondre quand il la coupa avec une remarque bizarrement énergique. Sans qu’elle eut le temps de réagir outre mesure, Chris s’était mis en marche et avançait vers la sortie du campement. Après un petit temps d’arrêt, la jeune femme se mit à le suivre, à grandes enjambées, afin de le rattraper. Chris échangea quelques mots avec un garde, et reprit son chemin vers les bois, loin du campement. Chiraz ne comprenait pas vraiment et se demandait ce que Chris avait bien pu dire à l’homme, devant qui elle passa sans qu’il ne bronche. En quelques instants, elle avait rattrapé le jeune homme, qui jouait de nouveau avec ses couteaux. Elle gardait une distance de sécurité entre les deux. « J'espère que tu n'as pas peur des ours ? J'aimerai pas te voir t'enfuir en courant... Tu es déjà sorti du campement après tout ? » Il ne la regarda pas. Bien évidemment qu’elle était déjà sortie du campement. Elle passait son temps dehors. « Bien sûr que oui » répondit-elle d’un ton assuré. S’il y avait bien une chose qui ne lui faisait pas peur, c’était ces bois. « C’est peut-être ça, mon pire secret, au final » marmonna la jeune femme, plus pour elle-même que pour Chris. Au bout d’un moment, il s’arrêta et s’adossa contre un arbre. Il la regarda un long moment avant de se confesser, ce qui ne fit qu’accroître la curiosité de la jeune femme. « J'imagine que mon pire secret est sans doute d'avoir fait éjecté mon père... » Un frisson lui parcourut l’échine. Elle ne s’attendait certainement pas à cela ; à ce qu’il lui dise qu’il avait eu un différend avec un membre du Conseil, qu’il avait vidé des réserves d’alcool… Mais certainement pas cela. Elle se figea pendant un instant, regardant l’homme qui se tenait en face d’elle, à quelques centimètres à peine. « ... sans aucun remords... »  Elle avait la désagréable sensation qu’il la provoquait. Chris était insolent. Il la testait, sans aucun doute, et pourtant il était probable qu’il ne mente pas. Qu’il ait réellement participé à l’éjection de son père. Évidemment, Chiraz était déstabilisée par le fait brut et nu. Elle n’avait jamais connu son père, et aurait tout fait pour le voir, pour lui parler, ne serait-ce que quelques minutes - et lui avait éjecté le sien. Mais Chiraz était plus maline que ça, et son mauvais réflexe de tout sur-analyser lui fut utile. Au lieu de réagir au quart de tour, réaction qui l’aurait sûrement poussée à tourner les talons et à s’en aller loin de ce type, elle réfléchit. Après tout, elle ne connaissait pas Chris, et encore moins son père ; peut-être avait-il eu de bonnes raisons d’agir ainsi ? Elle n’en savait rien. Elle ne pouvait pas juger. Et elle n’allait pas le faire. Il la testait, de toute façon, elle en était bien consciente. Elle resta immobile, ne bougea pas. Planta son regard, qui se faisait presque farouche, dans celui du brun.

« Alors est-ce que maintenant tu vas t'enfuir en courant ? Peut-être que je te dégoûte même ? Ou peut-être es-tu simplement effrayée et a juste envie de tourner les talons ? A moins que tu ais enfin trouvé la définition que tu recherchais ? Une chose est sûre, dans tous les cas, nous n'avions rien en commun. » Il devenait insolent. Délicieusement insolent, encore une fois, avec ce sourire railleur qui - Chiraz devait l’admettre - lui donnait un certain charme. La jeune femme aurait qualifié la situation d’intense, presque. Elle, le regard fixé dans celui du jeune homme, refusant d’entrer dans son jeu, celui qui consisterait à l’effrayer et à la faire fuir. Elle voulait montrer qu’elle n’était pas faible, pas face à lui - elle pouvait craindre beaucoup de choses, surtout elle-même, mais elle ne craignait pas les gens. « C'était ma question, au fait. » Alors, la blonde se mit à sourire, un peu du même sourire que le sien, cyniquement, insolente. Elle croisa les bras sur sa poitrine. « Si tu penses me faire peur, c’est raté » commença-t-elle. « Sorti de tout contexte, le fait que tu aies fait éjecté ton père n’a pas beaucoup de sens. Pour ce que j’en sais, c’était peut-être le pire des connards. Ou peut-être avais-tu tes raisons. Mais je n’ai pas peur de toi, Chris Wilson, ça ne sert à rien de vouloir m’effrayer. Je ne compte pas m’enfuir en courant ». Elle le regarda un court instant, sans rien dire, essayant de jauger sa réaction. « Des soucis avec nos pères. Voilà déjà un point commun » dit-elle, presque sur un ton amusé. Même si au fond d’elle, l’acte brutal et froid lui semblait profondément violent et dégoûtant, Chiraz ne voulait pas tirer de conclusions trop hâtives. « Ça ressemble bien à un pire secret, en tout cas. Pire que le mien, ou que tout ce que j’ai pu faire, c’est certain. Est-ce que ça fait de toi une personne horrible, ou de moi une meilleure personne ? J’en sais trop rien. De toute façon, ça ne me regarde pas. À toi de gérer avec ta conscience, désormais ». Chiraz avait dit cela d’un ton neutre, presque en haussant les épaules. La vie ici l’avait presque anesthésié face à l’horreur du monde, bien contre son gré - elle s’y était habituée, d’une certaine façon. Elle n’avait pas envie de juger Chris, et encore moins d’avoir peur de lui ; la vie sur l’Odyssée était dure, et ceux qui y avait enfreint les lois morales étaient nombreux. C’était une autre époques, d’autres règles. À lui de gérer tout cela. Ça n’était pas l’affaire de la blonde. « Enfin, si tu n’as pas eu de remords, tant mieux pour toi ». Elle le regarda encore pendant un instant, se demandant quelle question lui poser. « Tu crois vraiment que nous n’avons rien en commun ? Je vois beaucoup de points communs, personnellement ». Elle sourit, malicieusement. Pour le coup, c’était vrai. Simplement, ils ne réagissaient pas de la même manière - mais ils étaient doux seuls, seuls avec le poids de leurs fantômes sur les épaules.

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Sujet: Re: chris // memories are made of this

 

chris // memories are made of this

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