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˜˜˜˜˜˜Je m'en vais, mais ne t'inquiètes pas + Neren
maybe life should be about more than just surviving


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03/04/2017 Lnou 85 Ricky Whittle Pivette Forgeron / combat & maniement des armes 77


Sujet: Je m'en vais, mais ne t'inquiètes pas + Neren
Lun 1 Mai - 21:15

Je m'en vais,
mais ne t'inquiètes pas
Nessa & Seren Cermath

Date du RP
Septembre 2116
Trois jours plus tôt, Seren n’aurait pas su répondre à « c’était quoi la décision la plus dure dans votre vie ? » mais maintenant, la réponse était toute trouvée. A son grand regret. Son agitation, qui transparaissait dans son attitude lui valut quelques regards intrigués alors qu’il se dirigeait vers la maison de sa mère. Nessa y habitait depuis que son toit lui était tombé dessus pendant le tremblement de terre. A cette heure-là, il savait que sa mère serait absente, ce qui était l'occasion parfaite pour annoncer cette fameuse décision. En réalité, il était surtout extrêmement fatigué, la faute à Morphée qui avait décidé de le fuir depuis l’annonce de Nylan. Il avait l’impression qu’il s’était écoulé trois mois en trois jours. Mais non, sa vie avait juste totalement basculé en si peu de temps. Apprendre du jour au lendemain qu’il était père de deux enfants, ça remettait en perspective toute sa vie. Dès la première nuit, il avait considéré l’option de tout laisser derrière lui et d’aller rejoindre Nylan et les enfants chez les Kovariis. La deuxième nuit, il l’avait rejeté dans son intégralité, bouclant sans cesse sur les raisons pour lesquelles c’était une très mauvaise idée. La troisième nuit, le dilemme, abordé plus rationnellement mais tout aussi oppressant l’avait empêché de fermer l’œil. Il n’avait pris la décision que quelques heures avant que Nylan ne décide de repartir.

La nuit dernière, pour la première fois depuis trois nuits, il avait dormi dans son lit. Il avait beau savoir que Nylan était parfaitement capable de se défendre toute seule, il avait refusé de la laisser dormir dans les grottes toute seule avec son fils. Il avait bien essayé de lui proposer de l’héberger chez lui, mais comme les gardes lui avaient refusé l’entrée du village la première fois, elle avait refusé. Elle était très têtue, mais Seren pouvait l’être aussi et malgré que ça la fasse particulièrement râler, il avait tenu à ne pas les laisser seul. L’argument qui avait fini par la convaincre étant qu’il connaissait les montagnes bien mieux qu’elle. Au fond, elle savait que ce n’était pas dans une volonté protectrice, mais par pure gentillesse. Et il voulait aussi apprendre à connaître l’adorable Athaïl. Il entra dans la maison, qu’il connaissait par cœur et ne voyant pas Nessa, frappa à la porte de sa chambre, attendant son accord pour entrer.

Heureusement pour lui, personne n’avait remarqué ses allers-retours répétés à l’extérieur du village. Le tremblement de terre survenu deux mois auparavant était encore dans les consciences. Même si la majorité des bâtiments avaient été relevés, les blessés soignés et les morts enterrés… le traumatisme était toujours là. Et il restait encore des choses à faire avant l’hiver. C’était sans doute pour cette raison que personne n’avait noté ses absences répétées, ni son comportement étrange ou ses cernes ces derniers jours. Il n’avait pas eu le temps de voir sa famille non plus. Les horaires de la garde avaient aussi facilité ses sorties répétés du village. Il suffisait de sortir avant le changement de garde du soir et de revenir après le changement de garde matin. Si les gens posaient des questions, il suffisait de dire qu’on était rentré tard, ou sorti tôt durant la garde de nuit. Au pire, si les gens comprenaient son petit manège, ils assumeraient sans doute qu’il allait voir sa conquête. Il n’avait rien à cacher au fond, simplement, il aimait rester discret sur sa vie sentimentale. Et surtout, il n’était pas prêt à ce qu’on lui pose des questions sur sa relation avec Nylan, pas encore. Lui-même ignorait les réponses.

Lorsque la voix de Nessa lui répondit, il poussa la porte et entra dans la pièce. Sa sœur était allongée dans son lit, le dos rehaussé par des épais coussins.

- Désolé de ne pas être venu p-p... Il essaya avant d’abandonner avec flegme. Sa sœur saurait où il voulait en venir. Très occupé. Comment t-tu vas ?

Il savait qu’elle supportait très mal de ne pas pouvoir ni se déplacer, ni se rendre utile. Et il comprenait la frustration mieux que personne, ayant été dans la même situation pendant plus d’une année. D’après ce que disait leur mère, sa fracture devrait être complètement guérie bientôt. Ce qui était plutôt une bonne nouvelle.

Il s’assit sur une chaise à bascule non loin du lit et, la tête appuyée contre le tissu moelleux, il ferma les yeux par automatisme. Il avait très envie de dormir. Nylan était repartie vers son île, la veille. Mais sa décision était déjà prise depuis le début, malgré les hésitations et les multiples questions restées en suspens. Seren s’était décidé à les rejoindre avant l’hiver, ce qui lui laissait le temps d’aider pour la reconstruction encore, de s’assurer que Nessa se remettait de sa blessure et de résoudre d’autres problèmes. Maintenant, il ne pouvait plus attendre. Il devait lui dire. Il savait qu’elle n’allait pas le prendre bien et il était le mieux placé pour comprendre. Si la situation était inversée, il ne l’aurait pas bien pris non plus. Il appréhendait énormément et n’avait aucune idée de par où commencer. Il ne l’avait encore dit à personne et Nylan, elle, ne s’était pas embarrassée des formalités d’usage.

- On peut p-parler ?

Sa voix était incertaine, hésitante et il savait très bien que son état physique trahissait son angoisse et sa tension.
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29/05/2016 Pivette 1753 Cynthia Addai-Robinson ava : Pivette / sign : Pivette Guérisseuse / soin & combat 922
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Sujet: Re: Je m'en vais, mais ne t'inquiètes pas + Neren
Lun 22 Mai - 0:19


Je m'en vais, mais ne t'inquiètes pas
feat. Seren & Nessa Cermath


Les doigts courant dans les mèches sombres, en mouvements répétés durant quelques longues minutes, je tirais un peu plus alors que le crâne sous la tignasse bougeait. "Si tu continues à bouger comme ça je vais devoir soit recommencer … soit tu vas te balader avec la tignasse la plus mal tressée de tous le village … tu choisis quelle option ?" Pour toute réponse je n’eus droit qu'à un vague grognement, je décidais de défaire l'ouvrage et recommencer. Je n'avais pas l'intention de laisser Isdès se montrer avec les cheveux à moitié tressés et partant dans tous les sens. Après quelques minutes, je donnais une légère tape sur son crâne, comme pour lui signifier que désormais il pouvait à nouveau bouger. Je posais mes main sur ses épaules, laissant un instant mes doigts courir sur les lignes tatouées, je n'aimais pas en voir apparaitre de nouvelles et j'étais soulagée de ne pas en compter une de plus depuis quelques temps.

"Tu devrais filer, tu as sans doute mieux à faire que de rester à mon chevet, et puis je ne suis pas mourante …" Je levais les yeux au ciel quand je l'entendais grogner une nouvelle fois, avant de rétorquer que passer du temps près de moi n'était pas une perte de temps. M'appuyant contre son dos je posais mon menton sur son épaule avant de l'enserrer de mes bras. "Et puis si tu restes, ma mère va encore me poser des questions, elle s'est à nouveau mis en tête que tu ferais un beau-fils parfait…" Je le relâchais après lui avoir claqué une bise bien sonore sur la joue, et d'éclater de rire. Ma mère avait toujours apprécié Isdès et je ne comptais plus le nombre de fois où elle avait voulu me casée avec lui. Pour nous, c'était tout simplement impensable, on s'apprécie énormément, il est un confident, un frère sans pour autant partager le même sang, alors imaginer une histoire avec lui … non … non. S'il y avait du se passer quelque chose entre nous, cela serait déjà arrivé depuis longtemps. Et j'aimais taquiner ma mère avec ça, même si ça le rendait toujours un peu amère de ne pas me voir mariée, que ce soit à l'un des membres de notre tribu ou d'une autre tribu après tout. Mais il y a bien des choses que je ne partage pas avec ma mère, je n'ai pas envie de la faire souffrir d'avantage.

Après encore quelques longues minutes à discuter je remercie Isdès pour sa compagnie et pour les livres qu'il a réussi à récupérer en dégageant les décombres de ma maison. Une fois qu'il fut sorti, je déposais un des ouvrages sur le côté alors que je réarrangeais les coussins derrière mon dos. Mon regard se posa avec dépit sur ma jambe immobilisé dans un plâtre qui courrait de ma cheville à la moitié de ma cuisse. Je n'avais qu'une hâte que l'on me retire cette entrave, que je puisse me relever et marcher seule, que je puisse à nouveau faire les choses par moi-même et ne plus être une infirme, assistée des siens. Je me sentais tellement inutile depuis le tremblement de terre. Je ne peux rien faire, même préparer des onguents sans pouvoir me déplacer est un calvaire. Me plonger dans les ouvrages qu'il me reste c'est tout ce que je peux faire, relire certaines choses, encore et encore jusqu'à ce qu'elles soient ancrées dans mon crâne pour de bon. Les livres des anciens, la langue des anciens ne m'est plus autant étrangères, j'ai décidé de les lire à haute voix, comme pour essayer d'apprendre à parler, j'aurais voulu pouvoir avoir l'aide de Richard pour m'apprendre à prononcer les mots correctement, peut-être qu'avec ceux que j'utilise aujourd'hui, je pourrai communiquer d'avantage avec lui la prochaine fois que je le rencontre.

Un bruit. On toque. Je réponds en refermant le livre, le posant près de moi. Je vois mon jumeau faire son entré. J'ai une phrase au bord des lèvres mais je la ravale, il s'excuse de ne pas être venu plus tôt, me demandant comment je vais. "A merveilles … tu sais à quel point j'aime être allongée à rien faire …" Je souris malgré moi alors qu'il s'installe près de moi sur un siège, fermant les yeux, il semble fatigué. Quelque chose le tracasse je peux le sentir et je n'aime pas ça, du tout. J'en ai la confirmation quand il me demande si on peut parler. Pour que mon frère, pour que Seren veuille parler, lui qui ne lâche ses mots que lorsqu'ils sont vraiment essentiels, je me redresse un peu et attrape sa main. "Viens près de moi et dis moi ce qui te perturbe. Je sens que quelque chose ne va pas… il t'est arrivé quelque chose ? Il est arrivé quelque chose à maman ?"



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03/04/2017 Lnou 85 Ricky Whittle Pivette Forgeron / combat & maniement des armes 77


Sujet: Re: Je m'en vais, mais ne t'inquiètes pas + Neren
Lun 22 Mai - 11:15

Je m'en vais,
mais ne t'inquiètes pas
Nessa & Seren Cermath

Elle était en train de lire, mais elle referme le livre et l’accueille avec un regard ambivalent. Elle semble avoir un truc à dire pendant une fraction de secondes, mais finalement, s'abstient. Seren n'insiste pas. Pour une fois, c'est lui qui a quelque chose à dire.

- A merveilles… tu sais à quel point j'aime être allongée à rien faire…

Il sourit faiblement à sa tentative de blague. Plus désolé que vraiment amusé. Il sent sa main glisser dans la sienne. En temps normal, ce geste serait réconfortant, mais il lui rappelle juste ce qu’il va devoir lui annoncer. Et il sait que ça va être douloureux.

- Viens près de moi et dis-moi ce qui te perturbe. Je sens que quelque chose ne va pas… il t'est arrivé quelque chose ? Il est arrivé quelque chose à maman ?

Sans surprise, son agitation s’est transmise à sa sœur, qui s’inquiète en retour. Une preuve de plus de leur lien très fort. Il tente de se motiver à s'asseoir sur le lit, mais le fauteuil est trop confortable.

- N-non. Enfin, si mais… non. T-tout le monde va b-bien.

Il essaye de continuer sur sa lancée. Mais rien ne vient. La fatigue et l'appréhension ne font pas bon ménage. Sa voix tremble. Il essaye visiblement de faire une phrase, sans succès. Les mots, les syllabes, tout s’embrouille, ne laissant qu'un mélange de sons sans signification. Il ne s’en serait pas formalisé en temps normal, il aurait juste pris le temps de reprendre son souffle, mais il n’est pas dans les meilleures dispositions. Frustré d'être en difficulté pour quelque chose de si banal pour la majorité des gens. Il compose la majorité du temps, mais parfois, il aimerait juste être normal. Il s’agace, se lève et commence à faire les cents pas pour tenter de se calmer.

Il parcourt la pièce d'un regard. Le lit dans un coin, face à la fenêtre. Le mobilier est simple, mais efficace. D’un côté, une étagère de livres posée suffisamment près du lit et du matériel pour qu’elle fasse ses onguents sur une table de l’autre côté. Isdès et lui étaient allés récupérer ce qui l’était dans sa maison. Il était bien placé pour d'avoir que la convalescence pouvait être pénible alors en compagnie de sa mère, ils avaient donc tous travaillé à l'installer la plus confortablement possible dans sa chambre.

Il n'empêchait que malgré ca, la situation n'était pas des plus agréables. Les maisons des Athnas n’avaient pas de grandes fenêtres, la faute au matériau de construction, ce qui donnait un peu l'impression d'être dans une prison à la longue. D'autant que plus l’hiver approchait, plus les journées étaient courtes. Bientôt le froid les forcerait à sceller les fenêtres pour l’hiver.

Enfin calmé, il revient s'asseoir sur le lit et reprend la main de Nessa dans la sienne.

- T-tu te souviens de Nylan ? La guérisseuse ko-kovarii ?

Sa jumelle ne l’avait jamais rencontrée, mais ce n'était pas parce qu’il avait caché peu importe ce qu’il avait entre lui et Nylan. Il aurait voulu qu’il n’aurait pas pu de toute façon, les ragots allaient vite au village. Leur relation - si on pouvait appeler ça comme ça - n’était pas franchement un secret. Isdès était le seul qui l’avait déjà rencontré, mais il ne la connaissait pas vraiment personnellement. En revanche, Nessa et sa mère n'avaient jamais croisé son chemin. Les seules fois où Nylan était venu jusqu’au village Athna, Nessa était absente. Et en vérité, avant qu’il apprenne qu’elle avait deux enfants de lui, il n’avait aucune raison de présenter Nylan à sa famille. À ses yeux, leur histoire n’était pas sérieuse et n’avait pas l’intention de le devenir un jour. Il savait que c’était pareil pour la Kovarii. Et il savait aussi que les enfants avaient changés la donne.

Cette fois, c’était elle qui avait refusé d’entrer dans le village. Et quelque part, il fallait bien avouer que ça arrangerait un peu Seren. Même s’il regrettait qu’elle soit partie aussi vite, ne lui laissant pas le temps de présenter le petit Athaïl à sa famille, il avait eu besoin de temps pour digérer la nouvelle avant de l’annoncer lui-même à son entourage.

Que les deux femmes ne se connaissent pas, ce n’était pas une si mauvaise chose. Seren savait les chances qu’elles s’entendent bien étaient ridiculement peu élevées. Le plus probable, c’était un conflit ouvert entre les deux. Elles se ressemblaient beaucoup, même trop d’ailleurs. Toutes les deux avaient un fort caractère, une tendance à agir impulsivement et une fierté qu’il ne fallait pas briser. Là où elles différaient cependant, c’était que Nylan n’avait pas de filtre. Elle disait tout le temps ce qu’elle pensait, sans considération pour les conséquences. Et Nessa, de la même manière que Seren, était très protectrice avec son jumeau. Même jalouse. Clairement, ça risquait d’être explosif.

- Elle-elle était là pen-pendant quelques jours. Il prend une longue respiration. Je suis… pa-papa. De-deux fois.

Son regard dévie sur un point fixe sur le mur. Il sait au milieu de l’inquiétude dans son regard, il y a une lueur d'excitation. À chaque fois qu’il dit ou qu’il entend le mot “papa”. Attendant avec anxiété sa réponse, il ne se rend pas compte qu’il serre fort la main de Nessa.
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29/05/2016 Pivette 1753 Cynthia Addai-Robinson ava : Pivette / sign : Pivette Guérisseuse / soin & combat 922
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Sujet: Re: Je m'en vais, mais ne t'inquiètes pas + Neren
Lun 22 Mai - 23:10


Je m'en vais, mais ne t'inquiètes pas
feat. Seren & Nessa Cermath


Tout le monde va bien. Rien que d'entendre sa voix c'est un soulagement, il reste muet la plupart du temps ne fournissant que des réponses monosyllabique. De nous deux, depuis toujours c'est moi celle qui parle, souvent un peu trop, après tout il m'a laissé son temps de parole, alors je n'ai jamais véritablement lésiné sur le fait de dire tout ce qui me passait par la tête ou presque. A la fois l'entendre se démené pour former ses phrases m'inquiétait de plus en plus, il ne parle que lorsque la situation l'exige, même avec moi. Le fait qu'il débarque ici, en annonçant vouloir parler ne me dit rien qui vaille. Il serre ma main mais pourtant il se relève, le voir faire les cents pas, tourner comme un lion en cage commence sérieusement à me faire penser que quoi qu'il veuille me dire ce n'est pas une banalité. Mon frère n'est pas du genre à venir parler de la pluie et du beau temps, ou à colporter des potins sur tel ou tel membre de notre tribu, je n'arrive pas à me faire une idée de ce qu'il veut me dire ou me faire comprendre.

Je crève d'envie de l'interroger, de l'aider à faire sortir ce qui reste coincé en travers de sa gorge. Pourtant je reste silencieuse, je sais qu'il a besoin de temps, qu'il est en train de tourner et retourner ses mots dans son esprit avant de pouvoir les livrer sans s'écorcher sur chaque syllabe. Je l'observe, scrutant le moindre indice pouvant suinter, sans succès. Le voilà qui vient enfin s'assoir près de moi, prenant place sur le bord du lit, attrapant ma main dans la sienne. Sa question me surprend. Autant par le fait qu'il ne but sur presque aucun mot, elle est fluide, et je sens qu'il a du se la répéter des dizaines de fois avant de pouvoir la dire d'une traite. Nylan. Mon frère venait donc me parler d'une femme. Une femme avec laquelle il avait eu une histoire il y a quelques années, respectant sa vie sentimentale, bien qu'à l'époque je mourrais d'envie d'en savoir d'avantage sur celle qui aurait presque été en mesure de mettre le grappin sur mon frère, j'étais pourtant restée à l'écart, pensant que si les choses devenaient sérieuses entre eux, il m'en parlerait un jour où l'autre.

"Je m'en souviens, même si je ne l'ai jamais rencontré, je sais que tu la fréquentais il y a quelques années … est-ce qu'elle est revenue et vous vous revoyez ?"

Parler sans réfléchir, poser des questions alors que je sais qu'il ne répondra que de manière succincte, mais je brûle de savoir. S'il m'en parle c'est qu'elle doit avoir quelque chose de spéciale cette femme-là. Malgré moi je suis partagée. Partagée entre l'idée de savoir mon frère heureux et épanouie dans une relation avec quelqu'un pour qui il semble éprouvé de l'affection. J'aime le voir heureux, j'aime le savoir le sourire aux lèvres. Et pourtant il ne l'a pas le sourire, c'est bien ce qui m'inquiète. Une Kovarii. J'ai beau être une personne de nature optimiste, je ne peux m'empêcher d'avoir au fond de moi cette peur qu'elle ne lui fasse du mal. Après tout, tout le monde sait que les femmes de cette tribu ne sont pas du genre à se ranger avec un homme, de tout temps les hommes ne leurs servent qu'à engendrer leur progéniture. Bien qu'au fil des ans et des générations, cette tradition ait pris des allures de légendes pour certains, pour moi comme pour d'autres elle semble toujours d'actualité.

Ses mots résonnent. Je reste silencieuse. Interdite. Le souffle coupé par l'annonce qu'il vient de me faire. Les mots se répètent, rebondissant encore et encore contre les parois de mon crâne sans que je ne réalise vraiment leur portée. Je sais qu'il faut que je lui réponde quelque chose mais c'est plus fort que moi, je veux être certaine d'avoir compris, il ne peut pas me balancer une info comme ça de but en blanc. Je sais qu'il ne parle que pour les choses essentielles mais là, si je n'étais pas déjà assise, je pense que je m'effondrerais sur le sol. Mon dos s'affaisse dans les coussins et malgré moi, je lâche sa main, le regardant alors qu'il évite soigneusement mon regard.

"Je … heu … félicitations ?"

Ma voix est on ne peut plus neutre, presque froide envers lui, je m'en rends comte une fois que les mots franchissent mes lèvres. Je ne sais absolument pas quoi lui dire de plus. Cette fois c'est moi qui ne suis plus capable de formuler une phrase correctement. Le choc de sa nouvelle résonne au fond de moi d'une manière que je ne souhaite pas. J'ai envie d'être heureuse pour lui s'il l'est. Pourtant au fond de mon ventre, là où il n'y aura jamais autre chose que douleur et vide, Nylan elle avait déjà porté la vie par deux fois. Je n'arrivais pas à dire si la douleur que je ressentais était de la jalousie envers cette femme que je ne connaissais pas, qui offrait une famille à mon frère, ou si c'était la peur qu'elle me prenne celui dont je partageais la vie depuis bien avant notre premier cri. Il a un enfant … des enfants … tout se brouille dans mon esprit et je me surprends à me mordre l'intérieure le la joue, comme pour essayer de reprendre pied, de savoir si je suis dans une sorte de réalité parallèle ou si mon frère vient bien de m'apprendre qu'il est désormais père de deux enfants. Lorsque je sens ce goût de fer sur ma langue, je sais que tout cela est bien réel. Dans un état proche de l'hébétude, d'un geste hésitant je tend ma main vers la sienne à nouveau et ne fait qu'effleurer la sienne.

"Est-ce que … est-ce qu'elle va venir ici ? avec tes … "

C'est plus fort que moi, je ne peux pas le dire, le choc que cette annonce a provoqué est trop soudain, trop frais. Mais je suis curieuse de savoir s'il va former avec elle une véritable famille, ou si elle n'était venue que pour lui présenter sa progéniture. Kovarii … le fait est qu'elle était une femme Kovarii, elle ne quitterait pas sa tribu juste pour venir lui présenter ses enfants, elle devait vouloir quelque chose. J'avais besoin d'en savoir d'avantage, même si je redoutais une des possibilités à envisager.



© Pivette
 

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