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˜˜˜˜˜˜Imperfection [Rowena]
maybe life should be about more than just surviving


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04/03/2017 82 Anna Torv pêche/cueillette 125


Sujet: Imperfection [Rowena]
Mer 26 Avr - 21:24

C’est un si étrange, si doux, si triste constat, se dit-elle, assise sur un grès gorgé de la lumière printanière. Son regard dévore plus qu’il n’admire, aspire plus qu’il ne caresse, griffe plus qu’il n’effleure. Elle essaie de tout mémoriser, de tout retenir, comme si les lumières et les ombres de ce paysage pouvaient éteindre l’incendie froid de sa rage.

Si froid, si glacé, si silencieux, cet incendie.
Elle n’en parle à personne… Elle l’enterre soigneusement.
Le laisse couver en public, se déchaîner en privé.

Et ses iris se gorgent de la vision des alentours.

Depuis peu, Wilhelmina pose sur eux un regard presque amical, voilé de regrets, de mélancolie saupoudrée de rancœur. Elle les connaît presque par cœur, les alentours immédiats du campement, ils lui sont presque familiers, apprivoisés… Et, même lorsqu’elle s’éloigne plus, sur les voies qu’elle a explorées, tracées au quotidien, pour aller pêcher, mille silhouettes familières lui sourient. L’ombre d’un arbre, le beige d’une roche, le velours d’une mousse, le gargouillis d’un ru, la pente d’une ravine… Tant de monstres, de cauchemars apprivoisés au fil des expéditions…

Tant de créatures qu’elle devait abandonner…

Mâchoires serrées, sur son roc émergeant d’un plateau de mousse, que la lumière irise, le menton posé sur ses genoux repliés contre elle, elle tente de graver dans sa mémoire ce décor… presque rassurant. Bientôt… Bientôt il faudra tout recommencer...à zéro. Explorer. Chercher. Noter. Mémoriser. De nouvelles routes, de nouvelles méandres. De nouveaux itinéraires de pêche. De nouveaux dangers.

Tout cet inconnu à venir lui fait serrer les doigts sur ses genoux. Inspirer et expirer lentement. Souffler bruyamment. Tout cet inconnu nourrit ses cauchemars et ses cernes. Fait hurler ses silences, sous ses paupières baissées., rougit ses joues pales, blêmit ses lèvres roses. L’empêche de regarder les membres du conseil. Les responsables. Sa colère serait bien trop évidente, nue, exposée à leur sagacité.

Elle ne regarde plus personne, que les enfants, avec qui elle rit et chante. Juste eux. Pour les autres elel n’a que des silences épuisés, des murmures effacés.

Elle qui, toujours, avait réduit au minimum son temps passé hors du campement, elle qui n’avait jamais traîné en chemin, pressée d’accomplir sa part de travail, son devoir, sans se plaindre, sans l’aimer… La voici qui erre et s’abreuve de ces paysages qu’elle a appris à connaître… à ne plus détester. Elle se surprend presque à les aimer. Elle s’accroche à eux comme elle s’était accrochée à l’épave, comme elle s’accroche à ses habitudes bien réglées… Pour ne pas sombrer.

Ils sont des pirates, des flibustiers, ceux qui ont décidé de déménager… Des tyrans, des dictateurs, des... Elle multiplie les mots, sans songer à désobéir : habitude trop bien ancrée, la docilité de générations d’habitants de l’espace pèse sur ses épaules et son esprit, l’engourdit. Elle a beau détester leur commandement, elle les suivra, abandonnera ses quelques repères, sa relative sécurité pour l’inconnu et le danger.

En les détestant.
En les maudissant.

Un craquement, léger, assourdit, la fait se redresser, tourner le visage, chercher la source du bruit, dans son dos. Peut-être son immobilité a-t-elle encouragé un prédateur, peut-être…

Autour des iris olive, ses paupières s’arrondissent en voyant la silhouette féminine ; Elle se redresse vivement, glissant du rocher, ses pieds enfoncés dans le matelas de mousse, une main serrée autour de la poignée de son coutelas, sur sa hanche.

« Qui êtes-vous ?  »

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02/03/2017 Thinkky/Angel 158 Zoe Saldana avengedinchains (ava), Astra (signa), Psychadelya & Angie & hennaed (icones) Conseillère chamane ~ Gardienne du savoir/Oratrice & diplomate 130
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Sujet: Re: Imperfection [Rowena]
Mar 9 Mai - 1:15

Les fleurs commençaient à pousser un peu partout autour de l'Arbre de Vie. Un spectacle magnifique, mais aussi réellement rassurant. Au moins, pour le moment, la tribu n'avait rien à craindre des esprits. Finalement, la branche cassée pouvait n'être liée qu'à un dérèglement climatique. Un souci lié à la science. Néanmoins, ce n'était pas dans la logique de Rowena de raisonner ainsi. Cette froideur, cette façon de s'en tenir aux faits et de réagir à tout de manière rationnelle, c'était la marque de fabrique d'Harlan, pas la sienne. Elle, elle jouait sur les sentiments, sur les ressentis. Elle écoutait les esprits, leurs discussions, leurs peurs, leurs réflexions. Elle se basait sur de l'irréel, sur des notions que peu étaient capables d'atteindre, ne serait-ce que de concevoir. L'immatériel. Seuls les Naoris pouvaient aller jusque-là. Y croire, communiquer avec. Et encore, parmi les membres de la tribu, seuls les chamans atteignaient un tel niveau. Et encore, tout était relatif. Parfois, rien ne venait. La concentration ne suffisait pas, la motivation non plus. Il fallait alors attendre que les esprits acceptent à nouveau de se montrer, et discuter. Cela pouvait prendre des heures, des jours. Un silence auquel la métisse s'était heurtée lorsqu'elle avait voulu les interroger par rapport à cette branche. Silence qui durait, dès que les questions se portaient sur celle-ci. Silence contre lequel elle ne pouvait rien faire. Ainsi, les mots qu'elle voulait rassurant pour la tribu n'était que du vent. Mais du vent en lequel elle semblait croire. Et c'était suffisant la plupart du temps.

Alors, pour ne plus avoir à faire face à ce silence aussi pesant qu'incompréhensible, Rowena avait décidé de disparaître quelques heures, peut-être quelques jours du Village, d'aller observer la forêt en ébullition. Elle n'avait pas encore eu l'occasion de le faire, et maintenant que le printemps s'était avancé, c'était le bon moment. A ses yeux. Cela lui permettrait aussi de ramener quelques ingrédients pour ses potions. De quoi aider les transes et rendre les méditations plus simples. Dans la théorie. Dans la pratique, tout était bien plus compliqué. Enfin, disons que les concoctions permettaient de chasser les pensées parasites, et donc de se mettre dans un état calme et serein, optimal pour atteindre la transe voulue. Cependant, la conseillère évitait de trop en utiliser. Créer une dépendance vis-à-vis de tels ingrédients n'était pas dans ses projets. Elle avait besoin de tout son esprit pour s'investir à cent pour cent dans le conseil. Ce n'était pas le moment de perdre quelques neurones.

Perdue dans ses pensées, la chamane ne se rendit pas compte qu'elle se rapprochait d'un campement qui lui était familier. Elle avait déjà eu l'occasion de discuter avec les arrivants du ciel lors de leur premier hiver passé ici. Donc, elle ne se sentait pas particulièrement en danger, continuant de cueillir les baies à droite et à gauche, les glissant dans son sac en toile. Jusqu'à ce qu'une voix féminine transcende l'air. Accroupie, Rowena releva doucement les yeux. Son cerveau mit quelques secondes avant de reconnaître l'anglais. Langue qu'elle connaissait presque à la perfection, sans forcément parvenir à effacer son propre accent. Elle sentit le comportement de l'autre changer, elle semblait prête à l'attaquer. Lentement, elle se redressa, levant les mains pour montrer qu'elle n'était pas armée. Et donc pas dangereuse. Normalement.

« Bonjour. Je m'appelle Rowena, je fais partie de la tribu Naori. » Pause, regard chocolaté accrochant celui olive de son interlocutrice. « Je ne suis pas ici pour créer le moindre problème. »

Les mots glissaient hors de ses lèvres, bien plus rauques que dans sa langue maternelle. De plus, ils venaient moins naturellement, peut-être parce qu'elle n'avait pas eu l'occasion de la pratiquer depuis quelques mois. Une fois debout, elle dévoila le contenu de son sac. Des baies, des fleurs, rien de bien dangereux.

« Je me promenais juste pour récupérer les premières baies offertes par le printemps. Je ne pensais pas m'être autant rapprochée de votre campement. »

Réalité de la chose. Il lui faudrait peut-être faire attention à l'avenir. Son regard détailla la blonde qui lui faisait face. Celle-ci lui paraissait tendue. Avait-elle à ce point peur d'être attaquée ? Pourtant, les bois étaient relativement sûrs. Certes, on pouvait y croiser quelques bêtes fort étranges, mais ce n'était que des animaux. Néanmoins, Rowena finit par s'approcher d'un pas, et lança, tout de même curieuse d'en savoir plus :

« Et vous, qui êtes-vous ? Vous semblez sur vos gardes. »

Calme et contrôle, tout en laissant un sourire rassurant prendre place sur ses lèvres. Elle hésitait à aller plus près, à tendre la main en signe de paix. Néanmoins, elle ne voulait pas non plus créer une situation de stress. Donc, elle préféra rester là où elle était, attendant un feu vert quelconque, cachée derrière son sourire et ses yeux pétillants.

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04/03/2017 82 Anna Torv pêche/cueillette 125


Sujet: Re: Imperfection [Rowena]
Lun 15 Mai - 21:37

La brise légère, douce, vient pousser une mèche blonde dans son champ de vision. Elle a un mouvement sec, cassé, pour la rejeter en arrière. Un simple mouvement de tête. Elle ne quitte pas la femme des yeux, ses doigts crochus, tels une serre, planant au dessus de son arme, prêts à la saisir et se défendre.

Et ses mots, à l’étrangère, ne suffisent pas à la rassurer. Qui, après tout, avouerait une envie de nuire ? Alors elle reste immobile, le regard ancré sur sa silhouette, raidie dans l’attente d’un assaut. Elle regrette, soudain, ne pas avoir été plus présente, plus attentive aux heures de formations dispensées par les gardes…

L’anglais chante et rappe, hésite, se redresse, sans jamais tituber entre ses lèvres. Les orbes vertes glissent vers la sacoche qui s ‘ouvre, un instant, vérifient son contenu, puis partent à la recherche d’armes cachées, quelque part, à la cheville, la taille, au poignet… Quelque part…

Le printemps, les baies, la promenade.

Wilhelmina se détend un peu, pas totalement. L’observe avec plus de curiosité. Elle est la première terrienne à qui elle parle, la première qu’elle croise. Un nom pas si exotique, une allure… humaine… Un anglais qui rocaille et sursaute, mais est tout à fait compréhensible. Dans les méandres de sa mémoire elle cherche les anguilles fuyantes des souvenirs, des discussions passées à propos des terriens. De leur organisation. Les échos entendus sur les tribus… Naori.

Il lui semble, mais elle n’a aucune certitude, qu’ils n’ont pas eu d’hostilité marquée, peut-être même des gestes d’entraide. Elle ne sait plus. Mélange. La panique, peut-être, qui fait toujours battre bruyamment un tambour à ses tempes, son cou, son ventre, ses oreilles.

La terreur glacée qui ne s’apaise pas vraiment, se laisse à peine caresser par la brise et cet accent étrange, la peur, vipère enroulée autour de ses entrailles, qui ne desserre qu’à peine ses anneaux. Elle se redresse un peu, se force à laisser glisser sa main, à l’écarter de son arme. Il est possible, il est probable que l’autochtone soit sincère…

Des yeux elle fouille les envions, à la recherche d’une autre silhouette humaine, d’un possible piège.

« Wilhelmina… Je m’appelle Wilhelmina. Je pensais être seule, vous m’avez surprise... »

Elle semble seule. N’est peut-être réellement là que pour une cueillette… Le regard de l’enseignante se fait plus franchement curieux, détaillant la jeune femme des pieds à la tête, des cheveux aux chaussures, à la recherche des différences, des exotismes inattendus de cette rencontre.

« Je suis là pour... »

Pour quoi est-elle là ? Si ce n’est pour ruminer sa colère ? Mâcher et remâcher ses émotions jusqu’à ce qu’elle puisse les avaler, les digérer, en silence, sans perturber la bonne marche, le bon équilibre du campement ?

« … enfin, je dois m’occuper de la pêche… de ces choses-là. »

Elle n’a aucun des équipements qu’elle emporte d’ordinaire dans ses itinéraires matinaux. Rien pour réparer, rien pour conserver… C’est un mensonge bien pâle, même à la lumière dorée du printemps. Elle le sait, le sent jusque dans ses os. Enfonce ses mains désœuvrées dans les poches de son pantalon usé jusqu’à la corde, informe.

« J’aide aussi à la cueillette, parfois… Pour les quelques plantes que je reconnais. »

Elle laisse un petit silence se glisser entre elles, où elle se détend un peu plus, ne voyant aucune agression venir. Elle ne l’attendait pas, cette soudaine avidité, cette famine hurlante qui déchire sa colonne, soudain, mord sa nuque et pèse. Etait-elle déjà là ? Silencieuse, tapie, inerte, prête à bondir ? Avait-elle juste oublié son poids.

Quelqu’un.
Une inconnue.
Une autre tête.
Une autre silhouette.
Qu’elle n’a jamais entendu râler.
Jamais entendu rire.
Jamais entendu médire.

N’a jamais supporté.
N’a jamais eu envie d’étrangler.
A qui, jamais, elle n’a parlé.

Une inconnue pour qui elle est une inconnue. Une découverte. Un être non cartographié. Loin des jeux mouvants de pouvoir et des vagues de colère et de répression du campement...Loin des remous souterrains sur la crête desquels il faut toujours danser…

D’un coup, en quelques mots, elle réveille, révèle cette faim-là, Rowena. Sans le vouloir, sans faire exprès. Juste en étant là. Terrasse Wil. Juste comme ça. En restant là. Avec ses yeux de velours, ses cheveux de chocolat.

Et il faut cacher la brisure, la faille. Il faut rester droite. Il faut contenir, tout contenir, tout protéger. Se la cacher, la famine. Vite, tout colmater.

Juste un peu de curiosité. Juste un demi-sourire, toujours un peu méfiant. Mais peut-être que la curiosité est autorisée…

Vouloir apprendre ne peut être un tort ? Ce ne peut être un tort. N’est-ce pas ?

« Je peux voir ? Ce que vous cueillez ? 
»

Puis, comme une digue qui se rompt, une phrase, rapide.

"C'est la première fois que je rencontre une grounder..."

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Sujet: Re: Imperfection [Rowena]
Hier à 0:17

Elle sentait les muscles de l'autre se tendre, sa venue n'était pas des plus bienvenues. Avait-elle interrompu un moment de recueillement et, malgré toutes les précautions prises pour montrer qu'elle n'était pas dangereuse, était-elle considérée comme tel ? C'était plutôt incompréhensible à ses yeux, elle qui avait toujours aidé les arrivants du ciel, que ce soit pendant l'hiver ou quand les circonstances le réclamaient. En fait, peut-être que cette aide était mal vue ? Rowena ne l'avait jamais fait avec une quelconque arrière-pensée, et elle considérait cela comme un devoir de part la tradition de la tribu. Quoi qu'il en soit, elle continuait de parler, d'évoquer ce qu'elle était venue faire jusqu'ici. Elle ne pensait pas s'être aventuée si loin que cela à vrai dire, si proche de ce campement à la fois connu et méconnu. Enfin, la chamane n'avait que des fruits et fleurs dans son sac en toile, rien de dangereux comme elle tenait à le montrer à son interlocutrice. Sans effet cependant sur la peur qu'elle semblait percevoir à son égard. Etrange. Très étrange pour celle qui n'avait pas l'habitude d'être ainsi traîtée, vue, si ce n'était pas la tribu du désert, ennemis héréditaires si on pouvait les appeler ainsi. Enfin, c'était voulu l'image qu'elle renvoyait. On faisait souvent moins attention à une femme qui paraît douce, mais elle n'en restait pas moins douée pour la manipulation des esprits. La puissance des mots.

L'autre semblait se sentir piégée, à l'affût, et Rowena écarta un peu plus les bras, prouvant par la même occasion qu'elle n'était pas armée. Bien trop sur ses gardes comme interlocutrice. Le nom glissa entre les lèvres de la femme blonde. Wilhelmina... Un air confus sur le visage de la chamane. Le prénom était compliqué à prononcer pour elle. Puis son interlocutrice sembla buter sur les mots, hésiter. Rowena recula d'un pas, lui laissant de quoi respirer. Sa présence était-elle si néfaste que cela ? Elle sourit, tentant de dissiper l'anxiété et la peur qui se glissaient entre elles. Aujourd'hui n'était pas un jour où elle devait apparaître comme méchante. Pour la pêche donc ? Sans matériel ? Elle ne renbondit pas dessus, pas pour l'instant. Si la blonde ne voulait pas en parler, la Naori n'avait en rien le droit de l'y obliger. Même si par le passé, elle aurait souvent dû faire parler les gens plutôt que d'attendre qu'ils s'ouvrent, et qu'elle le regrettait, elle ne parvenait toujours pas à cela. Sauf si la situation l'exigeait évidemment.

Le silence qui se posait, les enveloppait de sa douceur de vivre. Le sourire s'accentuait, alors qu'elle rangeait un peu mieux les plantes dans son sac, pour ne pas les abîmer. Déjà qu'elle n'était pas une experte avec si en plus elles finissaient en morceaux avant d'arriver au village... Puis le comportement changea, s'adapta. Un léger, très léger sourire se dessina sur le visage de son interlocutrice. Petite victoire, d'autant plus qu'elle semblait être animée d'une certaine curiosité, amenant de nouvelles questions. Ce qu'elle cueillait, mais aussi ce qu'elle était. Première fois qu'elle rencontrait une grounder. Le sourire se fit légèrement amusé. Etonnant, en sachant que la tribu leur était venue en aide il y a un peu plus d'un an et demi. Comme quoi, ils n'avaient pas croisé tous les arrivants, certains étaient restés à l'arrière, sans contact avec les tribus locales. Intéressée, Rowena nota cela dans un coin de son esprit, décidant de s'y pencher un peu plus à l'avenir.

« Nous vous avons pourtant déjà aidé... J'avoue être... Etonnée de ne pas avoir rencontré tout le monde la dernière fois. On fait de nouvelles rencontres tous les jours. » Le ton se voulait calme, avenant. Puis une légère inquiétude perça. « En revanche, je ne pense pas arriver à prononcer votre prénom, je peux vous appeler Mina simplement ? »

Bien plus simple pour elle, mais peut-être trop familier pour l'autre. Elle avait beau avoir étudié cette nouvelle culture avec intérêt, certaines nuances lui échappaient quand même, et elle en voyait les limites aujourd'hui. Elle espérait donc que son interlocutrice ne se braque pas à cette demande. Ce serait quand même agaçant de devoir faire trois pas en arrière pour le moindre pas en avant qu'elle tentait de faire.

« Je suis désolée de vous avoir surprise dans vos activités, je ne voulais pas déranger... » Puis la question lui revint en tête, et elle entreprit de rouvrir le sac. « Bien sûr que vous pouvez voir. Je ne suis pas experte des plantes dans ma tribu, mais j'en cueille de temps à autre pour préparer quelques infusions relaxantes. Elles me permettent aussi de vérifier l'état de la forêt. Elle est très importante pour nous autres, vous savez ? »

L'anglais ne trébuchait pas sur sa langue. Pour une terrienne, c'était étonnant, mais beaucoup de membres de la tribu pouvaient parler cette langue sans trop de soucis. La connaissance était importante pour eux, et ils mettaient un point d'honneur à la cultiver.

Rowena s'accroupit, entrouprit de déposer les différentes plantes à même le tapis mousseux pour les présenter à son interlocutrice. La légèreté dans ses gestes semblait à l'opposé des rides qui tiraillaient certains de ses traits, ou la peau qui paraissait plus rêche par rapport à celle des autres personnes de son âge parmi les nouveaux arrivants.

« Vous cueillez des plantes vous aussi alors ? »

Entretenir la flamme du début de conversation...
 

Imperfection [Rowena]

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