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˜˜˜˜˜˜Face à face étrange | Nylan
maybe life should be about more than just surviving


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07/12/2015 187 Luke Evans AVENGEDINCHAINS Professeur en biologie 58


Sujet: Face à face étrange | Nylan
Dim 23 Avr - 16:11

Leary avait décidé d’aller dans la forêt malgré le froid qui régnait en ce mois d’octobre. Il s’était levé de bonne heure et répétait des mouvements pour échauffer son corps. Il allait comme chaque matin courir, s’étirer, méditer, manger et ensuite aller en forêt. Un vaste programme qui l’empêchait de trop réfléchir et de déprimer sur la disparition de sa fille. S’il se mettait sérieusement à réfléchir, il devenait malheureux et Leary ne supportait pas cela. Il avait cessé de chercher sa gamine, il s’était fait une raison. Probablement ne la reverrait-il jamais, quoi qu’il fasse. Elle n’était plus au camp des cents depuis bientôt deux ans. Si elle n’était pas morte, c’était un miracle. L’homme cessa de penser cela après une course effrénée, le souffle rauque. Il se massa la nuque. Il devait manger quelque chose. Il ne prit pas la peine d’aller méditer et alla se mettre dans le ventre un bol de soupe chaude. Cela eut le mérite de réchauffer son corps et son âme. Leary se sentit mieux et alla se passer un peu d’eau glacé sur le visage avant de préparer son sac pour sortir. Il ne partirait que quelques heures. Il irait proche de la rivière, voir les cultures que d’autres avaient mis en place et ensuite, il irait dans la forêt. C’était un beau programme. Il avait un cahier qu’il avait assemblé avec de vieilles feuilles de papier et avait bricolé de quoi écrire. C’était rudimentaire, mais suffisant.

Le brun n’en demandait pas plus. Il attrapa ses affaires, une veste et décida que c’était tout bon. Son sac à dos contenait tout ce qu’il fallait pour tenir plusieurs heures. Il était prêt pour sa petite aventure ! Le scientifique salua d’un signe de tête les soldats et sortit du camp. Il prit une grande goulée d’air frais et se mit en route. Il pensa à la naori qu’il fréquentait régulièrement. Leary pensait régulièrement à elle. Elle s’était insinuée dans ses pensées sans même qu’il s’en rende compte. L’homme la chassa de ses pensées. Il ne voulait pas trop se faire envahir, même si quelque part au fond de lui, il ressentait quelque chose pour elle. Le brun évitait de se poser des questions. Cela faisait deux ans qu’ils étaient sur Terre et pourtant, il portait encore le deuil de sa femme. Même si après deux ans, il aurait dû moins se gêner au contact d’une autre femme. Surtout qu’il n’y avait rien de mal avec la terrienne. Il se posait trop de questions, encore. Son cerveau tournait à plein régime sans cesse.

L’homme se dirigea vers la rivière et alla voir les rares cultures qui tenaient face à l’hiver. Le régime alimentaire était essentiellement composé de légumes et des rares fruits qu’ils possédaient. La viande était un luxe et Leary n’en était pas friand. Le scientifique se dirigea vers la forêt, le pas sûr et confiant. Néanmoins, il regardait attentivement autour de lui. Il ne voulait pas tomber sur une bête prête à le croquer. Il avait eu quelques rapports de soldats qui avaient signalé la présence de certains prédateurs féroces dans la forêt. Il s’agissait de ne pas se faire manger bêtement. Leary s’arrêta un instant, il avait vu des traces. Il s’accroupit et regarda les traces imprimées dans le sol froid. Vu les embranchements, il se demanda un instant si ce n’étaient pas des traces de cerf. Ce n’était pas pour en manger qu’il voulait en voir un, mais pour observer. Lentement, l’homme se redressa et suivit les marques. Il marchait lentement et soudainement, il le vit. La bête était immense, marron et portait des choses sur la tête… Des bois ? Hum, ou des cornes, il ne savait plus le terme exact. Leary s’accroupit devant un petit buisson gelé et observa l’animal qui semblait chercher de l’herbe. Il sortit son carnet et commença à prendre des notes, faire quelques dessins rapides. Ce que l’homme ignorait, c’était qu’en ce moment-même, on l’observait…

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Sujet: Re: Face à face étrange | Nylan
Dim 23 Avr - 23:14

Etrangement, Nylan était de bonne humeur. Tout n'avait pas été simple dans sa vie, durant les derniers temps, mais chaque jour la rapprochait un peu plus de son île natale. Elle avait hâte de rentrer chez elle, et enfin de pouvoir reprendre le cours normal de son existence. Enfin, autant qu'elle le pourrait. Si elle n'avait pu se résoudre à abandonner son fils, le père de l'enfant et elle-même avaient fini par trouver un arrangement temporaire. Aussitôt rentrée chez elle, elle allait devoir préparer la venue de l'homme dans son village. Cela ne serait pas facile, mais c'était ce qu'ils avaient trouvé de mieux à faire. Ils allaient tous devoir s'adapter à cette nouvelle situation, mais elle ne voulait pas que son fils souffre de l'absence d'un de ses parents. Elle l'aimait tellement qu'elle ne voulait que le meilleur pour lui. Ah, si un jour on lui avait dit qu'elle aurait un enfant mâle et qu'elle serait capable de tenir un discours pareil à son propos, elle aurait sûrement explosé de rire.

Elle marchait depuis le lever du soleil, son fils dans les bras. Athaïl avait un peu plus d'un an. Il dormait profondément, et rien n'aurait pu le réveiller. Il était sensible au calme de la forêt, et ça n'était pas rare qu'il se laisse bercer par les bruits sauvages qui en émanaient. Il devait tenir ça d'elle. Nylan avait toujours aimé la nature, et elle trouvait que la forêt ou la jungle avait quelque chose de particulier et de reposant, qui l'aidait à réfléchir, et à trouver des solutions à ses problèmes. Peut-être était-ce simplement le calme profond qu'il y avait au coeur des arbres, ou peut-être l'ambiance si particulière au sein de laquelle elle avait grandi. Et puis, la forêt regorgeait de merveilles qui pouvaient être extrêmement utiles à la médecine et à l'avancée de ses recherches. C'était une véritable mine d'or pour elle.

Lorsque Nylan entendit des bruits de pas, elle arrêta et se baissa. Elle ne connaissait pas extrêmement bien le continent, et si elle savait se diriger vers le sud pour rentrer chez elle, elle n'avait pas la moindre idée de sa position exacte. Elle pouvait tomber sur n'importe qui, et certaines personnes étaient plus hostiles que d'autres. Si elle avait été seule, ça lui aurait été égale, mais elle était avec son fils. Personne n'avait intérêt à essayer de lui faire du mal. Nylan était peut-être médecin, mais elle restait une Kovarii. Elle avait l'art du combat inscrit dans ses veines, et elle n'hésiterait pas l'ombre d'une seconde à s'en servir. Pas si c'était pour protéger son fils. Elle se baissa légèrement pour demeurer invisible, et elle tenta de voir qui est-ce qui faisait tous ces bruits.

C'était un homme à l'âge indéfinissable, qui était en train d'écrire sur un carnet. Il semblait observer un cerf. Il portait des vêtements étranges, et Nylan ne mit pas longtemps à savoir qu'il ne faisait parti d'aucunes des tribus terrestres. Elle ignorait encore si elle devait s'en réjouir ou s'en inquiéter. C'était la première fois qu'elle rencontrait quelqu'un comme ça. La brune se sentait intriguée mais elle n'osait pas vraiment y aller. Peut-être était-il armé, ou peut-être n'était-il pas disposé à parler... Elle avait entendu dire qu'ils ne parlaient pas le même langage qu'eux, mais le langage des livres. Au fil du temps, Nylan l'avait appris, et si elle le parlait avec un accent sans doute épouvantable, elle se sentait capable de faire des phrases correctes.

Des idées naquirent dans l'esprit de Nylan. Peut-être voulait-il manger ? Peut-être voulait-il voir l'animal de plus près ? Encore une fois, elle n'était pas chasseuse, mais elle avait appris les bases de la chasse avec les autres. Doucement, elle posa son fils sur le sol, et tira un arc qu'elle avait pris avec elle au cours de son voyage sur le continent. Elle tendit la corde jusqu'à sa joue, et lâcha sa flèche. Elle transperça le cou de l'animal, qui, après quelques sursauts, s'écroula sur le sol. Nylan rangea son arc et reprit son fils dans ses bras. Elle regarda encore l'homme pendant quelques secondes, et sortit du couvert de son buisson. Il se passait quelque chose d'étrange avec cet homme venu du ciel. Elle ne parvenait pas à le voir réellement comme un homme, et donc à le haïr comme tous les autres. Il y avait quelque chose de différent en lui qui l'intriguait plus qu'il ne la repoussait.

- Tu... viens du... ciel... Pas vrai ?

Ses mots avaient été hésitants, et elle espérait qu'il comprendrait à peu près ce qu'elle avait voulu dire. Elle serrait Athaïl entre ses bras, mais il y avait dans ses yeux bleus une lueur intriguée, presque sauvage. Nylan conserva tout de même une distance raisonnable avec lui. Elle voulait réellement pouvoir commencer une conversation avec cet homme et se faire une idée de l'étendue de ses connaissances, et de comment ils pourraient les partager. S'il voulait bien discuter avec elle, peut-être qu'il pourrait l'éclairer sur certains points encore sombres pour elle... Elle sourit à l'homme et d'un geste de la tête, elle désigna le cadavre du cerf.

- Maintenant... tu peux... vraiment... voir... à quoi il ressemble.

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07/12/2015 187 Luke Evans AVENGEDINCHAINS Professeur en biologie 58


Sujet: Re: Face à face étrange | Nylan
Dim 14 Mai - 21:29

Il fixait le cerf et le temps se figea. Il ne comprit pas de suite. Une flèche se ficha dans le cou de la bête qui tressauta avant de s’effondrer. Leary en resta sans voix, ne croyant pas ce qu’il voyait. Il entendit un bruit et lentement, se redressa. Il tremblait légèrement et tint fermement son carnet. Le scientifique n’appréciait pas la violence. Il n’avait jamais voulu que cette bête meure ! Son regard se posa sur une femme qui venait de surgir d’il ne savait trop où, portant un enfant qui devait être âgé de plus d’un an. Cela lui rappela aussitôt sa fille adoptive, mais il chassa ses pensées. Ce n’était franchement pas le moment de se disperser de la sorte. « Le ciel ? Oui. » Il avait répondu prudemment, content d’entendre quelqu’un parler sa langue. Il n’avait pas réfléchi avant de répondre, idiot va. Il avait soudainement la bouche sèche. Cette femme était-elle comme la terrienne qu’il avait rencontrée récemment ? Il n’en était pas si sûr. L’homme regarda cette femme qui tenait son enfant. Elle avait une lueur dans ses yeux très particulières et cela fascina Leary. Il avait peur, mais était aussi curieux de qui il croisait. Il voyait bien qu’elle mettait une certaine distance physique entre eux. Mais pourquoi, pourquoi tuer cette bête ? Le scientifique ne savait pas comment réagir. Il se doutait bien que c’était elle qui avait tiré, il avait entrevu l’arc qu’elle portait.

« C’est toi qui l’as tué ? » Il parlait d’une voix douce. Il ne voulait pas la brusquer ou paraître impoli. Visiblement elle devait l’avoir tué, pour lui ? Leary décida de mettre sa tristesse pour l’animal de côté et d’être quelqu’un d’hospitalier. « Merci beaucoup. » Il recula lentement, ne lui montrant pas son dos. Une petite voix dans son esprit était excitée par ce qu’il pourrait voir, mais une autre lui disait de se méfier de cette femme. Il ne la connaissait pas du tout. Il ne devait accorder aucune confiance à ce genre d’individu sorti de nul-part qui tuait aussi facilement. Leary regarda l’animal mort et un tressaillement courut le long de son échine. Il regarda la femme. « Je m’appelle Leary et toi ? » Il y avait à présent le corps du cerf entre les deux individus et il s’accroupit aux côtés de la bête. Il hésita, puis effleura le pelage court du bout des doigts. La texture était incroyable et il écarquilla les yeux de surprise. Vivement, il prit des notes, écrivant aussi vite que sa main blessée le lui permettait. Il était droitier. Sa main droite blessée par Tristam au moment du printemps. Cette main qui était recouverte d’un bandage le long de la paume pour cacher sa blessure qui le marquerait à vie et engendrait bien des phénomènes. Tremblements, sensation de fourmillements, il était très handicapé. L’homme tendit la main presque avec ferveur jusqu’aux bois sur la tête et les tâta. « Fascinant. » Murmura-t-il et il reprit des notes. Il devait enregistrer le plus possible de choses.

C’était une chance inouïe. Il ne se rendait pas compte de la quantité de viande qu’il avait en ce moment-même. Il leva son regard clair sur la femme. Allait-elle le tuer ? Une petite voix s’en fichait. Il pouvait découvrir des choses sur cette bête. Leary se sentait complètement euphorique. C’était une chance inouïe en tant que biologiste ! Il se mit même à divaguer. Et s’il dépeçait cette bête ? Oh mon Dieu ! Ce serait littéralement la folie ! Leary marmonna des mots trop bas pour être entendus, continuant d’écrire avec ferveur. De temps en temps, il regardait la femme. Il était évident qu’elle était différente de la terrienne qu’il avait rencontrée. Qu’était-elle ? Une autre naori ? Non, elle n’aurait pas tué aussi facilement. La naori rencontrée avait semblé avoir tellement de respect pour la vie. Leary était perdu, mais ne savait pas ce qu’il devait dire. Il avait peur de froisser cette femme et de se retrouver avec une arme sous la gorge. Il n’avait pas été assez prudent, il ne l’était jamais à dire vrai. Il se fit la réflexion qu’il devrait vraiment cessé d’être aussi imprudent. Cela risquait de lui coûter très cher.

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16/05/2017 24 Carice Van Houten 30


Sujet: Re: Face à face étrange | Nylan
Mer 17 Mai - 0:00

Nylan était curieuse. Ses grands yeux bleus brillaient de mille feux, captivés par l'homme étrange devant elle. L'homme du ciel. Cela faisait bien longtemps qu'elle s'était approchée d'un homme avec si peu d'a priori. Les relations avec le sexe opposé étaient souvent conflictuelles et très compliquées pour elle, mais ici, la curiosité l'emportait sur le reste. Quelque chose lui soufflait que cet homme allait pouvoir lui apprendre de nouvelles choses, et peut-être même était-il médecin, lui aussi ? Depuis qu'ils étaient descendus du ciel, Nylan rêvait de rencontrer leurs médecins, et de pouvoir en apprendre davantage. Elle était persuadée qu'ils avaient davantage de technique, et qu'ils avaient gardé des traditions ancestrales qu'elle ne soupçonnait peut-être même pas.

Le peu de raison qu'elle possédait lui murmurait de faire attention, de ne pas se laisser avoir par ces gens dont elle ne connaissait rien, et qui pourrait très bien être dangereux. Mais ça n'était pas cette voix que Nylan écoutait. C'était d'ailleurs à peine si elle l'entendait. Non, ce qu'elle désirait suivre plus que tout au monde, à cet instant précis, c'était sa soif de connaissance. Elle observait avec attention l'homme et ses gestes. Il ne semblait pas serein, mais elle fut heureuse de voir qu'il ne fuyait pas, et qu'il s'intéressait au cerf autant qu'elle l'avait imaginé. Il se penchait au-dessus de l'animal, tout en conservant une posture défensive à laquelle elle fit à peine attention. Qu'attendait-il d'elle, au juste ? Elle tenait Athaïl dans ses bras. Même si elle le voulait, elle pourrait difficilement agir dans l'urgence.

- C’est toi qui l’as tué ? Merci beaucoup.

Nylan ne répondit pas, et ne fit pas attention à l'hésitation dans sa voix. Elle se contenta de lui offrir un sourire étonnamment doux, qui dénotait particulièrement avec la personnalité que l'on pouvait lui connaître. Si elle n'avait pas eu son fils dans les bras, elle se serait sûrement mise à courir de partout, sous le coup de l'excitation et des nombreuses possibilités de découvertes qui s'ouvraient à elle grâce à cette rencontre. C'était la première fois qu'il lui était donné de pouvoir parler à quelqu'un comme lui, et brusquement, elle se dit que son voyage sur le continent n'avait pas été vain, loin de là. Elle en tirerait au moins une expérience positive, ce qui n'avait pas été gagné. Finalement, elle n'aurait peut-être pas fait tout ce trajet pour rien.

- Je m’appelle Leary et toi ?

Nylan fixa l'homme un instant. Il s'était accroupi devant le cadavre du cerf, et la jeune femme choisit de faire comme lui. Mais pour ça, elle avisa un endroit confortable sur le sol, et avec délicatesse, elle y déposa son fils qui dormait profondément. Pendant quelques secondes, elle le regarda avec tendresse et elle se surprit même à sourire. Elle était contente de ne pas l'avoir laissé à son père, dans le nord du continent. Elle aurait été bien malheureuse de devoir se séparer de son fils. Si quelqu'un lui avait dit un jour qu'elle aurait un fils, et qu'elle aimerait ça à ce point, elle aurait ri jusqu'à en perdre la tête. Et pourtant...

- Nylan, dit-elle simplement.

La médecin se détourna d'Athaïl, et s'approcha à nouveau de la carcasse, s'accroupissant à son tour près d'elle. Nylan attendit un moment que l'homme commence à se familiariser avec le corps. Il n'avait pas l'air très familier avec tout cela, et la jeune femme se dit qu'il était possible que ce soit la première fois qu'il voit un cerf de si près. Il lui tâta les bois, et il commença à murmurer des mots que Nylan n'essaya pas même de comprendre. Elle, elle était fascinée par l'homme en face d'elle. Imitant Leary, elle posa une main sur le cerf, au niveau du cou, où sa flèche était encore plantée. Dans un geste empli de respect et de douceur, elle la retira. Même si elle avait tué l'animal, elle avait énormément de respect pour la vie. Nylan posa la main sur la plaie de l'animal, comme si elle s'imprégnait du sang qui avait coulé, et qui se tarissait déjà.

- Tu es... Médecin ?

Elle avait posé la question avec des étoiles plein les yeux. Elle espérait une réponse positive de sa part, mais l'intérêt qu'il portait au cerf avait déjà quelque chose d'incroyable à ses yeux. Il n'était pas un de ces imbéciles qui ne comprennent rien et que ne s'intéressent à rien. Leary semblait aimer la nature et son fonctionnement, ce qui était prouvé par le petit carnet qu'il tenait entre ses mains et dans lequel il n'avait pas arrêté d'écrire. Il lui faisait penser à elle-même, lorsqu'elle se laissait embarquer dans ses recherches.

- Tu veux... Voir... Dedans ?

Et sans vraiment attendre de réponse, elle sortit un couteau qu'elle avait accroché à sa taille, et d'un mouvement expert, elle entreprit d'ouvrir le ventre de l'animal.

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07/12/2015 187 Luke Evans AVENGEDINCHAINS Professeur en biologie 58


Sujet: Re: Face à face étrange | Nylan
Dim 28 Mai - 17:08

Allait-il mourir dans d’atroces souffrances car il parlait à une terrienne ? Non, normalement tout irait bien. Il la regarda s’éloigner pour aller déposer son bébé dans un coin. Une femme qui avait un enfant devait être douée de compassion, n’est-ce pas ? C’était du moins ce qu’il se disait, sans savoir s’il avait raison ou non. Au moins elle parlait sa langue et c’était plus facile ainsi pour communiquer. « Enchanté Nylan. » Sa voix grave s’éleva calmement même si intérieurement, c’était la folie pure. Il leva son regard clair pour la regarder retirer la flèche du cou de l’animal. Un peu de sang coula, mais moins que si l’animal eut été vivant. L’homme nota cela, fasciné. Tout ce qu’on regard pouvait récolter, il le consignait sur papier, avide. La question de la femme le surprit et il se demanda pourquoi elle avait cette lumière dans les yeux. Cherchait-elle un corps de métier précis ? « Non. J’étudie le vivant. Tout le vivant. » Il sourit avec douceur comme pour s’excuser de ne pas être spécialisé en soin humain. S’il avait été spécialisé là-dedans, peut-être aurait-il pu se soigner sa main. Mais il avait préféré les vivants et plus particulièrement la faune. Il était fasciné par celle-ci. L’homme caressait le cadavre pour tenter de s’imprégner de chaque sensation. Jamais il ne toucherait un spécimen vivant. Alors il était extrêmement content déjà. Mais il n’était pas au bout de ses surprises.

La femme fit une remarque plus qu’étrange. Voir dedans ? Leary eut à peine le temps d’ouvrir la bouche qu’il la vit sortir un couteau et ouvrir le ventre. Il en resta tout simplement sans voix, les yeux grands ouverts et ronds comme des balles de tennis. Il avait entendu le bruit particulier de la chair qui s’ouvrît. Une odeur étrange envahit l’air. Il ignorait que c’était l’odeur des viscères et du sang. Lentement, Leary se redressa et s’approcha tout en douceur du côté de Nylan. L’homme eut alors la vision de la chair ouverte, écartée. Une espèce de nausée le prit et il se détourna pour respirer calmement et éviter de vomir. Cela aurait été bien trop facile de rendre le contenu de son estomac sur le coup. Il prit une grande inspiration et reporta son regard sur le corps. Il était quasi sûr de bien voir pour le coup. La chair avait une couleur différente que la chair humaine. « Fascinant. » Il s’accroupit, mais n’osa pas toucher. L’odeur de fer lui imprégna les narines et il couvrit quelques secondes son nez de sa main avant de l’abaisser. « Et toi, es-tu médecin ? » Cela expliquerait pourquoi elle chercherait quelqu’un comme elle. Il la regarda très calmement. Il lui sourit. Son sourire ne montait pas jusqu’aux yeux, mais son sourire restait tout de même sincère. Il reporta son regard sur le corps et tenta de dessiner l’entaille qu’il entrevoyait. Il se pencha vers le corps. L’odeur était abominable.

Leary entrouvrit les lèvres pour respirer par la bouche et non le nez. Un tressaillement courut le long de son échine. Il était dégoûté et fasciné à la fois. Difficile de savoir ce qu’il ressentait précisément. C’était un mélange de tout. Sa nature de scientifique prenait le pas sur le reste. « Tu… Tu as toujours fait ça ? » De l’admiration brilla dans le regard de l’homme. Il était admiratif de sa capacité à ouvrir ainsi un corps. Mais quelque chose au fond de lui était dégoûté, révolté. Il ne s’expliquait pas ce sentiment ambivalent, il le vivait, tout simplement. L’homme tendit les mains et constata que les rebords de la chair étaient étrangement chauds. Quelle drôle de sensation. Il se demandait pourquoi c’était encore chaud alors que la bête était morte depuis un moment. Tant de questions ! Comment c’était dedans ? Il écarta le rebord de la chair. Devait-il mettre la main dedans ? Son visage exprimait une perplexité évidente. Le scientifique ne se rendait pas compte qu’il était proche de la terrienne. Il était complètement fasciné par le corps devant lui.

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16/05/2017 24 Carice Van Houten 30


Sujet: Re: Face à face étrange | Nylan
Mer 31 Mai - 23:46

Les minutes passaient, et Nylan se sentait de plus en plus excitée par ce qui était en train de se passer. Elle ignorait beaucoup de choses du mode de vie des hommes du ciel, si ce n'était tout. L'unique méfiance qu'elle éprouvait à leur égard était due à leurs connaissances. Elle craignait plus que tout qu'ils lui refusent l'accès à ce qu'ils savaient, et cette idée était tout bonnement insupportable pour la médecin. Elle voulait connaître, elle voulait absolument tout connaître, et si quelqu'un l'empêchait d'atteindre ce but, cela la tuerait probablement. Nylan était mise à terre par cette soif inextinguible depuis toujours, et il n'existait presque rien qui comptait plus pour elle que le désir brûlant d'assouvir cette pulsion.

La médecin observait Leary sans jamais le quitter des yeux, absolument fascinée par ce qu'il représentait. Lui même ne semblait plus voir que le cerf devant lui, et elle se mit à croire qu'il était comme elle, passionné par le monde et ses mystères, prêt à tout pour en découvrir les tenants et les aboutissants. Au fil des secondes,  les yeux de Nylan s'ouvraient de plus en plus, jusqu'à devenir deux billes rondes, d'un bleu aussi profond qu'expressif. Nylan aurait été capable de passer des jours, des semaines, des mois, à l'observer sans bouger, immobile, silencieuse et studieuse. Peut-être aurait-elle pris des notes, ou peut-être se serait-elle contentée de mémoriser tout ce qu'elle voyait et entendait. Et puis sans crier gare, elle se serait relevée, et elle aurait laissé sa joie explosé. Immense. Eclatante.

- Non. J’étudie le vivant. Tout le vivant.

Déception. Infime, insignifiante. En moins d'une seconde, les yeux de Nylan s'ouvrirent encore davantage, et un rire heureux secoua sa poitrine. La médecin redevenait l'enfant qu'elle n'avait jamais cessé d'être, émerveillée par tout ce qui l'entourait, prête à apprendre tout ce que l'on voudrait bien partager avec elle, et même ce dont on ne voulait pas lui parler. Tout apprendre, tout comprendre, tout s'approprier et tout maîtriser. Dès qu'elle avait eu l'âge de parler et de se créer ses premiers souvenirs, elle avait voulu devenir celle-qui-savait-tout. La femme vers laquelle les autres se tourneraient lorsqu'ils auraient besoin d'informations ou de conseils. Celle qui saurait la vie et la mort, la douleur et la paix. Et chaque jour qui passait la rapprochait un peu davantage de celle qu'elle voulait être.

Leary n'était pas médecin, mais ça n'était pas important. Il étudiait le vivant. Quoi de plus primordial que de connaître le vivant pour savoir ce qui n'allait pas chez lui ? Cette rencontre était inespérée et formidable aux yeux de la jeune femme. Elle avait une infinité de questions qui lui brulaient les lèvres, et qui ne tarderaient pas à franchir leurs frontières fragiles avant d'exploser dans l'air encore paisible. Mais étrangement, elle n'eut pas de mal à se retenir encore. Elle observait Leary et ses mains, à la fois sûres et hésitantes, qui parcouraient le cadavre du cerf. Elle observait son visage et les expressions qui y défilaient, les mouvements de son crayon sur le papier, avec une fascination qu'elle ne cherchait pas à dissimuler.

- Fascinant. Et toi, es-tu médecin ?

Nylan redressa légèrement les épaules, et lui lança un sourire éclatant. Elle était médecin. Elle était médecin, et elle en était incroyablement fière. C'était l'aboutissement de tellement de travail, de lecture, de rencontres, qu'elle ne pouvait pas faire comme si elle voulait rester humble. Au fil du temps, elle avait su se faire connaître pour sa valeur et ses capacités, et tout le monde ou presque était d'accord sur ce point : elle était douée. De plus en plus de gens venaient la voir, et acceptaient de lui confier leurs vies. Oh, elle en prenait soin, c'était certain. Et elle prenait encore davantage soin de leurs plaies, lorsque le sang s'en échappait, bouillonnant. Pour une fois, Nylan ne parlait pas trop, pour laisser à Leary la possibilité de mieux se concentrer. Elle voulait qu'il observe avant qu'elle n'intervienne encore.

- Oui, je suis médecin, dit-elle finalement en hochant pensivement la tête.

Leary entreprit ensuite d'ouvrir le corps de l'animal, pour voir encore davantage ce qu'il contenait. Nylan avait déjà fait ça de très nombreuses fois. Lorsqu'elle était enfant, ses soeurs lui reprochaient de jouer avec la nourriture. Elle se contentait de hausser les épaules, et de poursuivre ses recherches dans les viscères de l'animal, ses livres grands ouverts à côté d'elle pour comprendre ce qui correspondait à quoi. Leary semblait être dans la même démarche qu'elle, quelques années plus tôt, et Nylan avait presque l'impression de se revoir. Sauf qu'elle n'avait pas eu la même mine dégoûtée que celle qu'il affichait.

- Tu… Tu as toujours fait ça ?

Entre dégoût et fascination, Nylan vit Leary se retenir de vomir, puis affichée une mine nauséeuse. Il n'était vraiment pas habitué à se retrouver dans ce genre de situation. La médecin n'avait jamais eu le moindre problème avec l'odeur des cadavres et de ce qu'il y avait à l'intérieur des corps. Elle aimait l'odeur forte et prononcée du sang et du fer qu'il contenait, et il n'était pas rare qu'elle s'entoure de cadavres en décomposition pour parfaire ses recherches. Avec le temps, elle avait totalement arrêté de sentir l'odeur qui s'en dégageait, et s'était souvent ses proches qui lui rappelaient qu'elle avait oublié "quelque chose" sur le sol de la cuisine.

Nylan se releva d'un mouvement souple, et elle regarda autour d'elle, avec attention. Elle fit quelques pas, et se pencha pour chercher à travers les feuillages et buissons environnant. Plusieurs fois, elle se releva en grommelant, et se dirigea vers un autre endroit. Elle crut devoir abandonner, lorsqu'enfin, elle aperçut ce qu'elle cherchait. Avec un sourire victorieux, elle arracha plusieurs petites feuilles qu'elle roula en boule entre ses doigts fins, et elle s'approcha à nouveau de Leary. Elle s'accroupit auprès de lui, et lui tendit les petites boules, en montrant son nez du bout des doigts.

- Oui, toujours. Met ça... Dans ton nez.

La jeune femme attendit qu'il s'exécute avant de se pencher à nouveau vers l'animal. Avec douceur, elle posa ses mains sur le corps du cerf, et elle commença à tâter les endroits les plus intéressant. Doucement, elle déplaça ses doigts à l'intérieur de l'animal. Il ne fallait rien déranger, rien remuer. Tout devait rester soigneusement à sa place, s'ils voulaient observer les choses le plus justement possible. Mais c'était toujours avec le même émerveillement qu'elle tâtait les parties du corps : dans son esprit, quelque part, ces parties là n'appartenaient qu'à la mort, puisqu'il lui était impossible de les voir du vivant des êtres qui l'entouraient. Alors cette symbolique réveillait en elle toutes ses passions et son amour pour la mort et le sang.

- Le coeur... Les côtes... Un, deux, trois... Un poumon... Et l'autre...

Nylan murmurait tandis que ses mains se déplaçait sur les parties qu'elle citait. Elle semblait réellement passionnée et fascinée par ce qu'elle faisait, comme si elle découvrait cette sensation pour la première fois. Mais ça n'était plus la première fois depuis longtemps. Pourtant, ce corps qu'elle connaissait à la fois par coeur et presque pas, restait entièrement mystérieux pour elle, et il ne se passait pas une journée sans qu'elle n'espère trouver des réponses aux questions qu'elle se posait. Peut-être que Leary saurait comment lever une partie de ce mystère ? Peut-être pourrait-il lui répondre ?

- Est-ce que tu sais... Comment ça fonctionne ? A l'intérieur ?

C'était une question sincère et emprunte d'une curiosité qu'elle ne pouvait décemment pas dissimuler. Elle ne connaissait pas toutes les réponses à cette question, loin de là. Elle avait compris quelques subtilités du mécanisme vivant, mais il y avait encore énormément de choses qu'elle ignorait, et qu'elle ne pouvait pas réussir à comprendre toute seule. Bien sûr, en tant que médecin, elle savait le plus gros. Il s'agissait surtout de détails, qui lui manquaient. Il y avait des parties du corps dont elle ne saisissait pas l'utilité, des mécanismes dont elle ne parvenait pas à comprendre le fonctionnement, des phénomènes qui relevaient encore de la magie plus qu'autre chose. Et elle espérait de tout son coeur que le spécialiste du vivant pourrait lui apporter quelques réponses. Elle continuait son exploration, et invitait Leary à faire de même, en lui laissant de l'espace pour toucher, explorer, regarder.

- Comment... La vie ?


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07/12/2015 187 Luke Evans AVENGEDINCHAINS Professeur en biologie 58


Sujet: Re: Face à face étrange | Nylan
Mer 14 Juin - 17:51

Cette femme était étrange, troublante. Elle ne cessait de l’observer et Leary tentait de faire comme s’il ne voyait pas alors qu’au fond de lui, cela le stressait. Que faire ? Il n’en savait rien. Il avoua ne pas être médecin, mais étudier le vivant. Quand il entendit Nylan rire, il se demanda ce qu’il venait de dire d’aussi marrant, mais resta silencieux, l’observant discrètement. Il rapporta son attention sur le cerf et consigna tout ce qu’il put. Le moindre petit détail avait son importance. Il n’arrêtait pas d’écrire, ne se stoppant aucunement. Il lui parlait avec calme tout en restant plus ou moins concentré. L’homme redressa légèrement la tête quand Nylan affirma être médecin. « Tu soignes comment ? » Eux devaient tout réapprendre, les médicaments étaient en pénurie, il fallait faire autrement. Il n’y connaissait rien en médecine, mais il était tout de même curieux. Il avait l’impression qu’une connexion se faisait entre lui et la terrienne. Cela l’intéressait énormément. Cette femme pourrait peut-être lui apprendre quelque chose ? C’était une possibilité à envisager. Mais plus tard, car là pour l’instant, il était occupé avec le corps du cerf. Ce n’était pas si facile de bouger de la chair et de voir les entrailles. Cela laissait une drôle de sensation au fond de la bouche qui le troublait énormément. Quelque part au fond de lui, il avait peur, énormément peur.

Il était aussi dégoûté. C’était un homme de science qui avait étudié de loin, dans des livres et le voici confronté à la réalité du vivant, du vrai vivant. Il demandait de l’aide et regarda la femme se lever et chercher quelque chose. Il se demandait bien ce qu’elle faisait, mais ne bougeait pas, l’observant. Ces mouvements étaient intéressants, vraiment. Il ne la lâchait pas du regard. Il la regarda revenir et prit les petites boules, se demandant ce que c’était, mais obéit. Il les glissa dans son nez. Une odeur étrange l’envahit, mais au moins il ne sentait plus l’odeur du cadavre et cela le soulageait énormément. Un bref soupir lui échappa. Il la regarda les doigts dans le cadavre et se demanda bien ce qu’elle faisait. Leary ne la lâchait pas du regard. Elle était si soigneuse dans sa manière de faire, c’était vraiment fascinant. Maintenant qu’il n’avait plus l’odeur, c’était plus facile de regarder. Il se sentait nettement moins dégoûté. Il l’écoutait parler de certains organes du corps et cela le fascina encore plus. Elle s’y connaissait alors et c’était bien. Il avait vu des schémas de corps dans des manuels sans savoir si en vrai c’était encore ainsi à cause de la radioactivité survenue sur Terre. « Qu’est-ce que tu aimerais savoir ? J’ai étudié dans des livres. » Alors qu’elle demanda le fonctionnement de dedans. Il savait à quoi servaient les organes et comment d’une manière large. Il savait que selon les espèces cela changeaient, mais c’était ceci qui était tout simplement fascinant. Il se glissa à ses côtés quand il la vit bouger pour faire de l’espace.

Lentement, il glissa ses deux mains dans le corps tiède de la bête. Il sentit quelques organes et commença à bouger les doigts pour suivre le dessin de certains organes. Ici il y avait l’intestin, là il n’était pas sûr, mais un bout d’estomac ? Probablement. Il la regarda, ne comprenant pas sa question. « Comment la vie se fait-elle ? » Il tentait de deviner ce qu’elle voulait savoir au plus profond d’elle-même. La vie était une étincelle mécanique et la plus belle des créations. Elle se faisait, péniblement, mais elle se faisait le plus possible, même quand la Terre était détruite par la radioactivité. C’était cela le miracle de la vie. En touchant les organes internes du cerf, Leary avait l’impression que ces années passées dans les bouquins n’étaient pas en vain. Il l’avait fait et il comprenait ce qu’il touchait et effleurait du bout des doigts. C’était le plus beau des cadeaux et il se dit que sa défunte femme aurait adoré. Ils avaient tant étudié et lui, transmit aux étudiants qui daignaient l’écouter. Une bouffée de nostalgie l’envahit, bouffée qu’il contrôla. Ce n’était pas le moment de perdre le contrôle et d’être triste. Il fallait plutôt être heureux face à l’opportunité de sa vie !
 

Face à face étrange | Nylan

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