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˜˜˜˜˜˜Drink the morning air (Autumn)
maybe life should be about more than just surviving


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06/12/2015 Lux Aeterna 29545 Sophia Bush Avengedinchains (vava) ; Oreste (image profil); Lux Aeterna (sign & gifs & fiche rp) ancienne militaire - lieutenant, stratège, garde et patrouilleuse. Quelques notions de médecine et bases en maniement des armes. 160


Sujet: Drink the morning air (Autumn)
Sam 22 Avr - 22:39

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❝ Drink the morning air. ❞
Murphy Cavendish & Autumn Kane
(25 décembre 2116)


C'était la première fois depuis bien trop longtemps que Murphy se sentait sereine. C'était la première fois depuis qu'elle avait perdu Faust qu'elle se sentait appartenir à une famille, aussi disparate et hétérogène soit-elle. Elle n'était même pas sur ce camp qu'ils prétendaient tous, deuxièmes débarqués, être leur foyer; peut-être qu'ils avaient plus besoin les uns des autres qu'ils n'oseraient jamais l'admettre. Malgré ce qu'elle pouvait dire ou les regards qu'elle avait pu poser sur eux la veille, Murphy était heureuse de voir Richard trouver ou retrouver ses enfants. C'était étrange de l'accepter mais aussi injuste de ressentir cette jalousie qu'elle s'efforçait de masquer aux yeux de tous et de Richard le premier. Richard retrouvait une famille qu'elle avait perdu depuis bien longtemps, elle. Richard se reconstruisait alors qu'elle restait coincée en arrière, déboussolée, esseulée, abandonnée par ceux qui avaient autrefois représenté toute sa vie. Sa mère avait trouvé repos, à ce qui se disait, au fond de l'océan; Faust avait disparu pour ne plus jamais donner signe de vie. Chris était devenu l'ombre de lui-même et Xander ne lui accordait plus la parole. Elle se demandait parfois si elle ne représentait pas son plus gros problème, d'ailleurs. Murphy savait qu'elle pouvait être loin d'aisée à vivre, mais même lorsque son cœur se pinçait à la simple idée de Xander, elle savait qu'elle avait pris la bonne décision en décidant de briser leur lien. Quant à Chris, c'était lui qui avait pris la décision pour eux, et peut-être, oui, que le temps l'avait fatiguée, qu'elle avait perdu de sa détermination et de sa hargne, mais elle n'avait plus envie de courir après ceux qui fuyaient constamment. Elle se contentait de ceux qui restaient à ses côtés dans les meilleures comme les pires circonstances, et Richard était, finalement, la seule famille qui lui restait.

Ce n'était pas de la haine qu'elle ressentait pour Autumn. Ce n'était pas vraiment de la colère non plus, sans doute simplement une jalousie qu'elle avait encore bien du mal appréhender. Autumn était la fille de sang de Richard, et ça, elle ne pourrait jamais rien y changer. Elle représentait, avec Liam, une nouvelle variable qui venait d'entre dans leurs vies -ou, pour être plus exact, dans la vie de Richard. Et c'était ça, pour elle, le plus difficile : accepter ce changement brusque pour ce qu'il était et laisser derrière elle cette place qu'elle s'était faite aux côtés de son mentor au fil des années et des aventures. Il avait beau la rassurer de quelques douces paroles, Murphy n'était pas dupe. Ce lien affectueux qu'ils avaient bâti ne pourrait en rien égaler celui du sang. Il lui faudrait du temps, peut-être, mais le réveillon de Noël lui avait redonné un peu d'espoir en lui donnant ce qui s'avérerait sans aucun doute être une illusion, qu'ils avaient peut-être tous leur place dans la vie de Richard.

Antarès était sage, ce matin de Noël. Il était bien trop tôt pour beaucoup d'entre eux; le soleil ne s'était pas encore levé et les seuls échos de vie dont elle était témoin était celui des gardes qui étaient à leur poste et qui avaient du sacrifier au moins une partie de leur nuit pour permettre aux autres de vivre la leur comme ils le souhaitaient. La neige, sur le camp, était balayée régulièrement, et Antarès prenait un malin plaisir à se dégourdir les pattes alors qu'elle l'en avait retenu pendant tout le trajet qui avait mené les Odysséens jusque-là. Les mains profondément enfoncées dans les poches de sa parka, le nez caché derrière une écharpe, Murphy observait, somnolente, la boule de poils qui trottait calmement de congère en congère, cherchant sans doute le coin idéal pour faire ses besoins. Elle ne le sortirait pas ici; de toute façon, ils seraient bientôt sur le chemin du retour. Elle préférait ne pas se risquer aux environs d'un terrain qu'elle ne connaissait pas, surtout dans des conditions pareilles. Elle se demanda s'ils rencontraient plus de Terriens qu'eux, ici, et son regard se perdit un instant sur une tour de guet de laquelle une flamme s'élevait, sans doute pour réchauffer le garde qui y était installé, mais aussi pour éclairer les environs. Elle fut tirée de ses rêveries par Antarès, qui vint s'asseoir face à elle, à quelques centimètres à peine du bout de ses pieds, pour la regarder de ses grands yeux clairs. « Désolée, j'ai laissé tes friandises dans mon sac » lui souffla-t-elle en s'accroupissant face à lui, gelée dans l'obscurité matinale. De la vapeur d'eau s'était élevée entre eux lorsqu'elle avait pris la parole, preuve ultime du froid qui régnait en ce jour de Noël. Le campement était calme; tous devaient encore dormir. On pouvait parfois entendre un éclat de rire au loin; peut-être des fêtards qui n'avaient pas encore cherché ou trouvé le sommeil. Murphy caressa énergiquement le dos clair de son ami à quatre pattes, ne sachant guère si c'était sa propre main ou le corps de son chien qu'elle cherchait à réchauffer, et se redressa pour observer une seconde les toutes premières lueurs du jour glisser à l'horizon. « Désolée, j'ai pas fait gaffe, t'as fait pipi ? » Elle murmurait plus qu'elle ne parlait, bien peu décidée à briser le calme d'un campement qui n'était même pas le sien, et fixait la bête qui n'avait pas bougé de sa place.
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Sujet: Re: Drink the morning air (Autumn)
Mar 2 Mai - 20:29

Drink the morning air
Murphy & Autumn

Le calme et le silence régnait sur le campement. Tout le monde semblait avoir passé une bonne soirée et profitait clairement du calme pour se reposer. Autumn, elle, s'était réveillée comme à son habitude. Elle n'avait pas réussi à dormir plus que la normale. Ils avaient parlé tous ensemble, comme si tout était normal. Richard était venu et ils s'étaient pour la première fois retrouvés en famille, Liam, Richard et Autumn. C'était étrange mais l'idée semblait commencer à faire son chemin dans les têtes. Ce n'était pas encore parfait mais ils avançaient tous les trois. Autumn faisait un maximum d'efforts pour que ça se passe bien, on ne pouvait pas lui reprocher ses efforts. Et au fur et à mesure ça deviendrait naturel, elle s'en persuadait.

Réveillée de bonne heure, elle avait décidé d'offrir à ceux qui s'étaient relayé toute la nuit pour les tours de gardes, une boisson chaude et de quoi grignoter, de quoi les tenir éveillés et qui leur ferait plaisir également. C'est Noël et elle avait à cœur de faire les choses bien. Comme si elle prenait des résolutions, un peu en avance. Elle savait qu'elle n'était pas toujours facile à vivre. Son caractère étrange, lunatique, la rendait parfois désagréable aux premiers abords mais elle n'avait pas un mauvais fond. La preuve en pensant à Murphy. C'était étrange cette façon qu'elle avait de la piquer, elle n'aimait pas ça. Pourtant elle voulait tenter sa chance, elle souhaitait savoir pourquoi ça ne se passait pas bien. Avait-elle fait une bêtise à un moment donné ? Quelque chose qui avait déplus à celle qui semblait s'agglutiner aux chaussures de Richard. Elle n'en savait rien après tout et en avait bien profité pour se faire tous les scénarios possibles et imaginables.

Néanmoins, elle était sûre d'une chose, aujourd'hui, elle allait profiter du fait qu'ils soient encore sur le campement pour régler cette histoire au clair. Elle y avait suffisamment pensé, avait bien trop réfléchis à ce qu'elle avait bien pu lui faire et n'attendait maintenant que la réalité.
Autumn marchait dans le campement deux boissons chaudes en trop dans les mains sur un plateau. Elle avait du compter deux personnes en doubles mais peu importe, quelqu'un les boirait bien.  « Désolée, j'ai laissé tes friandises dans mon sac » Autumn se retourne, pensant qu'on lui a adressé la parole, puis secoue la tête. C'était idiot, pourquoi la personne qui lui tournait le dos lui aurait parlé de friandises ? N'importe quoi, vraiment. Elle continue son chemin, ne tiltant même pas qu'en réalité se trouve devant elle, Murphy, celle à qui elle voulait tant poser cette foutue question. Sûrement est-elle encore bien trop loin dans ses songes pour s'en rendre compte. Et alors qu'elle passait à côté de la jeune femme caressant son chien, se fut la phrase de trop « Désolée, j'ai pas fait gaffe, t'as fait pipi ? » Autumn, presque en bon nombril du monde ne pu s'empêcher de répondre « Hein ?! » Et en se tournant vers la femme en question, elle repérait Murphy. «  Oh... Tu parlais au chien ! » Dit-elle d'un air amusée, oui, ça semblait clairement logique ! On mettra ça sur les restes d'alcool de la veille.

Et là qu'elle se retrouvait face à celle qu'elle voulait voir, elle se sentirait presque intimidée. Ce n'était pourtant pas le foutu moment. Autumn était là, ses deux boissons dans la main et elle restait bloquée devant Murphy... «  Joyeux Noël. » Lui dit-elle dans un premier temps. «  Tu veux une boisson chaude ? » Elle se retint de lui promettre que ce n'était pas un poison ou une quelconque drogue mais se dit que c'était un stupide. De toutes façons Autumn est mécanicienne, pas herboriste.
Elle lui tendait la boisson espérant réchauffer un tant soit peu l'ambiance. Et puis elle prenait une longue inspiration, prenant tout son courage à deux mains. Tant pis si Murphy s'offusquait. «  Dit. Je t'ai fait quelque chose? » La question était lancé et Autumn n'en avait pas de regrets. Au moins, elle saurait directement à quoi s'en tenir. Puis elle se rendait compte que c'était peut être un peu trop direct, un peu trop froid. «  Enfin, si je t'ai fait un truc, je voudrais bien le savoir. J'aime pas être en froid avec quelqu'un sans savoir pourquoi. » C'était sûrement un peu mieux. Autumn baissait le regard vers le chien, elle ne savait pas franchement comment on se comportait avec un animal. Elle ne s'en était jamais franchement préoccupé jusqu'à maintenant. Non pas qu'elle n'aimait pas ça mais elle n'en voyait pas vraiment l'utilité. En tout cas, le chien de Murphy semblait attachée à cette dernière et vice-versa, c'était bien ce qu'elle pouvait affirmer. «  Il a un prénom ? » Dit-elle en désignant l'animal calmement. Pas de gestes brusques, on ne sait jamais, il ne manquerait plus qu'elle finisse avec les crocs de la bête dans le mollet. Elle n'en avait pas peur mais ne savait pas réellement comment on s'en approchait. Alors peut être le mieux était d'en rester éloigner pour le moment.
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06/12/2015 Lux Aeterna 29545 Sophia Bush Avengedinchains (vava) ; Oreste (image profil); Lux Aeterna (sign & gifs & fiche rp) ancienne militaire - lieutenant, stratège, garde et patrouilleuse. Quelques notions de médecine et bases en maniement des armes. 160


Sujet: Re: Drink the morning air (Autumn)
Sam 6 Mai - 0:36

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❝ Drink the morning air. ❞
Murphy Cavendish & Autumn Kane
(25 décembre 2116)


L'air avait beau être glacé, l'atmosphère avait quelque chose de réconfortant pour la patrouilleuse. Le campement dormait encore, chaque bruissement et chaque parole glissée avec discrétion ça et là avait quelque chose d'apaisant. Un peu rêveuse, accompagnant son chien dans sa promenade matinale, Murphy repensait aux festivités de la veille, au repas copieux qu'on leur avait offerts, aux quelques gouttes alcoolisées qu'on leur avait proposées, aux premiers instants qui, enfin, semblaient prouver que ceux du ciel étaient capables, tous, de se retrouver. Ce ne serait pas un long fleuve tranquille; il y avait des réticences des deux côtés, et Murphy était bien placée pour le savoir. Elle avait vécu la révolte de février en son cœur, contré les mal intentionnés comme elle l'avait pu, fini elle-même enfermée pour avoir pris la défense des jeunes et souhaité les préserver de ce qui leur était inévitablement tombé dessus malgré tout. C'était un travail de tous les jours, sûrement, il fallait apaiser les esprits un à un, leur donner des raisons de croire les uns aux autres. Murphy ne venait ici que pour la seconde fois, et pourtant elle commençait à se forger son propre environnement dans ce camp qui n'était pas le sien. Il y avait Andromeda, avec qui les rapports restaient complexes, mais sur laquelle elle s'était promis de garder une œil depuis que sa mère avait disparu. Il y avait Aliénor, aussi, cette jeune fille à la fois paisible et débordante d'énergie qu'elle avait rencontrée de la plus hasardeuse des façons mais pour laquelle elle avait développé une sorte d'affection inexplicable, peut-être parce qu'elle se reconnaissait en elle, ou peut-être parce que cette flamme de vitalité et de bienveillance qui émanait de la brunette s'imposait à elle comme un moteur dont elle avait besoin, un phare au milieu d'un océan enragé. Et puis il y avait Liam, avec qui elle avait échangé quelques formalités et qui lui avait permis de mettre les pieds ici la première fois, et maintenant, Autumn.

Avec eux deux, elle devait bien l'admettre, c'était plus compliqué. Murphy partait avec des a priori, une méfiance de laquelle elle ne pouvait pas de départir. Parce qu'il ne s'agissait plus seulement d'elle, mais aussi et même surtout d'un des êtres qui comptait le plus à ses yeux. Elle s'interdisait de laisser seul face à cette nouvelle double paternité qui s'était imposé à lui, mais elle s'interdisait tout autant de tomber dans le piège des liens innés qui étaient supposés lier parents et enfants. Elle n'avait pas eu de père, elle, mais le hasard avait posé Richard sur son chemin, comme pour lui rappeler que le sang, peut-être, ne faisait pas tout. Il ne serait jamais son père, à elle, mais il était une figure protectrice, l'exemple de maturité et de sagesse qu'elle souhaitait atteindre un jour, même si elle s'en savait bien incapable. Elle voulait le rendre fier, Richard. Elle dépassait souvent les bornes, elle savait qu'ils ne partageaient pas toujours les mêmes idées, mais ils se serreraient toujours les coudes, quoi qu'il advienne... n'est-ce pas ?

Le voilà donc, le doute qui s'insinuait doucement, vicieusement le long de ses synapses, comme un virus malin dont on pourrait presque entendre le rire machiavélique à mesure qu'il gagnait du terrain. Certains l’appelleraient peut-être jalousie, cette incertitude, mais Murphy ne l'appelait pas du tout, elle la ressentait du plus profond de ses entrailles, comme si on essayait lui arracher son ami le plus proche, son mentor, sa figure paternelle, son exemple et celui dont le regard valait tout l'or du monde. Peut-être que la mort ne devait pas être celle dont elle devait le plus se méfier; il y avait le hasard de la vie et toute sa complexité qui entrait en jeu par tous les chemins sinueux dont elle disposait. Richard avait une nouvelle famille, là où toute la sienne n'était plus.

Evidemment, Antarès ne lui répondait pas. Il se contenta de la regarder d'un œil brillant, assis dans la neige, alors qu'elle cherchait dans le coin un quelconque tas de neige fraîchement fondue. Elle remarqua à peine quelqu'un passer à sa gauche et n'y aurait très probablement pas prêté attention si la silhouette qu'elle avait entrevue du coin de l’œil n'avait pas pris la parole. « Bah heu, oui... » répondit-elle, un peu déconcertée, en reconnaissant la fille de Richard. « Je sais que mes manières sont des fois bizarres, mais j'alpague pas les gens en leur demandant s'ils ont fait pipi. » Elle s'accroupit à nouveau pour chercher le réconfort du pelage chaud de l'animal et le soutien d'une boule de poils dont la loyauté n'avait jamais été à prouver. Elle espérait secrètement que ce simple geste suffirait à éloigner Autumn, dont, pour être honnête, elle ne souhaitait pas s’embarrasser de la présence. « Oui, joyeux Noël... » répondit-elle calmement, sans la moindre once de méchanceté mais une certaine amertume lasse qui trahissait tout le chagrin qui allait avec l'entrée de la jeune fille dans sa vie. Elle releva enfin son regard vers elle lorsqu'elle lui proposa à boire et resta interdite quelques instants, réalisant seulement qu'elle avait un plateau à la main. « Tu fais le service du petit déj sur le camp ? Ou tu me suivais ? » Son ton était plaisantin, mais elle ne comprenait pas vraiment quelles étaient les intentions de la brunette à ce moment précis, si elle l'avait cherchée ou si cette rencontre fortuite était bel et bien due au hasard.

C'est les questions qui suivirent qui la mirent bien vite face aux faits. Ce ne serait pas juste quelques minutes polies, donc. C'était le moment des explications. Elle soupira et se redressa alors qu'Antarès errait autour d'elles en reniflant le sol. « On est pas en froid. » Elle regretta aussitôt le ton un peu sec qu'elle n'avait pas su contenir. En geste de bonne foi, elle accepta la boisson d'Autumn et la remercia d'un regard reconnaissant. « C'est pas parce que t'es la fille de Richard qu'on doit parler de mecs et se faire des tresses dans les cheveux. » Elle but une gorgée d'infusion qui lui brûla l’œsophage. Elle planta son regard dans le sien bien décidée à lui faire comprendre qu'elle ne comptait pas rendre les choses simples. Elle protégerait Richard coûte que coûte, et elle se protégerait égoïstement aussi de cette famille qui était venu troubler ce qui restait la sienne. Autumn, elle, avait le meilleur des arguments, celui du sang et des gènes qu'elle partageaient avec son père. Murphy le savait, et malgré les quelques mots que lui avait déjà glissés le chef de garde pour la rassurer, elle ne pouvait s'empêcher de penser à cette nouvelle famille comme à ce qui lui arracherait Richard. Même si elle ne l'admettrait jamais, il était le père qu'elle n'avait jamais eu et elle avait toujours espéré être la fille qu'il aurait aimé avoir. Maintenant, au mieux, elle était la fille qu'il avait aimé avoir avant de faire la connaissance de sa vraie fille. « Il s'appelle Antarès, comme l'étoile dans la constellation du scorpion. » Elle se réchauffait les mains contre le gobelet, observant le chien qui gambadait sagement autour d'elles. Il avait déjà du pisser, se fit-elle la réflexion. « Tu peux le caresser si tu veux, il est sage. » Elle but une gorgée brûlante, tendit le verre à Autumn pour qu'elle le lui tienne quelques instants, et attrapa des deux mains l'animal pour le présenter à la jeune fille. « S'il sait que je suis en sécurité, tout va bien. » Et ça, elle ne pouvait pas lui enlever : Autumn n'était pas une menace physique, mais peut-être une toute autre sorte de menace, discrète au point d'en devenir vicieuse ? Antarès ne voyait pas ces choses-là. Il ne la protégerait pas d'un cœur brisé.
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Sujet: Re: Drink the morning air (Autumn)
Jeu 18 Mai - 18:38

Drink the morning air
Murphy & Autumn



Le froid lui gelait les doigts, pourtant Autumn se sentait à sa place, elle se sentait bien. Elle avait décidé de se rendre utile, d'offrir un peu de chaleur à ceux qui se les gelaient à garder en place cette douce sensation de sécurité et de calme sur le campement. Elle voulait que ça continue, que ça ne s'arrête pas. Pourtant elle savait bien que ça ne durerait pas, que forcément à un moment donné quelque chose ou quelqu'un viendrait casser cette ambiance. Mais elle s'efforçait de tout faire pour que ça se passe bien et que tout le monde reparte serein de cette soirée ensemble. Pas évident, elle le savait, elle même avait encore parfois du mal à aller vers les adultes, parfois encore un peu rancunière de ce qu'il s'était passé, du fait qu'ils avaient été envoyés ici et que personne n'ait rien fait... Mais elle relativisait la situation. C'était du passé, elle était en vie et même si elle avait perdues des proches, d'autres avaient survécus et elle devait faire avec tout ça. Tout les vérités avaient fait surface et maintenant, elle tentait de vivre avec. Elle avait un père, un demi frère et cette nouvelle, il fallait qu'elle apprenne à vivre dans une ambiance correcte. Et Noël était sûrement le meilleur moment pour adoucir la situation.

Et ça c'était plutôt bien passée pour elle, il n'y avait pas eut de tensions particulière et ça l'avait assurée qu'ils partaient dans le bon sens, que la suite se passerait bien s'ils continuaient dans ce sens. Néanmoins, elle se demandait encore si elle arriverait un jour à retrouver la même relation avec Richard maintenant qu'elle savait qu'il était son père. C'était compliqué dans sa tête et il semblait évident que d'autres personnes avaient déjà une place importante dans la vie de Richard, elle ne voulait voler la place de personne, elle voulait juste avoir sa place, celle qu'elle avait toujours eut. Et pourtant avec Murphy, elle avait cette impression de ne pas avoir sa place, du moins, de voler la place de la jeune femme. C'était compliqué et pourtant, elle s'imaginait que c'était quelqu'un de bien. C'est vrai après tout, sinon Richard ne lui ferait pas confiance, hein ? Si il avait su lui dire ce qu'Autumn était pour lui alors forcément, elle devait être digne de recevoir sa confiance.

Alors elle se sentait débile d'avoir crue qu'elle lui adressait la parole lorsqu'elle croisait son chemin. «  Mmh, oui. Effectivement, c'était idiot. Désolé. » Autumn dérangeait, elle s'en rendait bien compte. Néanmoins, elle devait profiter de cet instant, c'était Noël, la soirée avait été bonne. L'ambiance était donc parfaite pour... Discuter, non ? Alors elle tentait, pataugeait pas mal mais au moins elle essayait. On ne pourrait pas le lui reprocher. Elle commençait par les formules de politesses pour essayer d'engager la conversation, le mieux possible. «  Te suivre ? » Demandait-elle en levant un sourcil, non elle ne la suivait pas. La croiser n'avait pas été dans ses intentions, elle profitait juste de l'occasion qui s'était offert à elle. Autumn haussait les épaules. «  C'est Noël, il fait froid. Je voulais offrir une boisson chaude à ceux qui ont surveillé le campement toute la nuit. J'en ai fait un peu de trop. » Dit-elle tout en insistant un peu avec la boisson.

Elles n'étaient pas en froid ? Pourtant, le ton employé ne laissait rien entendre de chaleureux. Néanmoins, lorsque Murphy prenait la boisson, Autumn ne put s'empêcher de sourire légèrement. Mais ça ne durait qu'un instant. Aussitôt la brune lui balançait qu'elles n'avaient pas à être amies. Autumn soupirait. «  Ce n'est pas ce que je demande. » Dit-elle en gardant son calme. Elle buvait à son tour une gorgée doucement. « Mais Richard t'a parlé de Liam et de moi. Il te fait confiance, ça attire ma curiosité. » Son ton n'était pas des plus chaleureux mais Autumn n'était pas froide, elle était posée et calme. Elle se posait des question en réalité, elle ne voyait pas ce qu'il trouvait en elle. Peut-être parce que Murphy lui cachait. Alors elle voulait creuser un peu le sujet, trouver ce qu'elle avait de si important pour que Richard croit en elle.

Mais bientôt le sujet déviait sur l'animal qui appartenait à Murphy. Le chien gambadait et Autumn le suivait du regard. Elle lui annonçait son nom, elle regardait l'animal. La signification semblait importante. «  C'est joli. » Elle le pensait, ce nom était bien trouvé. Lorsque Murphy lui tendait le gobelet, elle ne comprenait pas. Néanmoins elle prenait l'objet en main et obervait ce que la brune comptait faire. D'après elle, l'animal était sage, Autumn pouvait le caresser. Pourtant elle ne savait pas comment s'y prendre pour que l'animal approche, où pouvait-elle le caresser ? Murphy portait l'animal dans ses bras et l'approchait pour qu'Autumn puisse le caresser. Elle lui précisait tout de même que si Murphy était en sécurité, il n'y aurait alors aucun problème. Autumn ne pouvait s'empêcher de sourire à cette réflexion. « Je ne suis pas une menace pour toi. » Elle était sincère et comme pour prouver ses dires, elle tendait la main pour toucher l'animal. «  Je n'ai aucune raison d'être une menace. » Elle relevait le regard vers Murphy. Non, elle ne lui voulait pas de mal, elle ne lui en avait jamais voulu d'ailleurs. Elle n'avait pas de raisons de lui en vouloir.








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Sujet: Re: Drink the morning air (Autumn)
Sam 20 Mai - 3:28

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❝ Drink the morning air. ❞
Murphy Cavendish & Autumn Kane
(25 décembre 2116)


Murphy n'était pas forcément réputée pour sa bienveillance au premier abord. Elle souhaitait le meilleur pour les siens et leur donnerait probablement sa vie si les circonstances l'exigeaient, mais peu s'en rendaient compte. Pourtant, elle était de ceux qui aimaient toujours penser le meilleur des autres. Elle se méfiait des inconnus parce que c'était ce que la vie et son expérience lui avaient appris, mais il y avait toujours cette part d'elle qui hurlait qu'il fallait faire confiance à l'Humanité, parce que même si elle était capable du pire, elle avait aussi été capable du meilleur. C'était elle qui avait détruit ce monde, mais c'était aussi elle qui avait survécu à sa propre bêtise. Des monstres d’ingéniosité avaient crée une bulle de métal qui avait vogué en orbite autour de leur planète mère pendant des décennies; ceux qui étaient restés sur Terre avaient su s'adapter à une vitesse qui leur avait offert la survie. Et puis, Murphy lisait; il y avait ce livre de John Steinbeck qu'elle avait trouvé à la déchetterie et dont elle n'arriverait jamais à se défaire parce que ses mots l'enrichissaient à chaque lecture. La beauté qui résidait dans l'assemblage de mots crées des millénaires auparavant comme un simple outil de l'évolution avait quelque chose de mystique. Oui, elle en était persuadée, l'Humanité était capable des plus belles beautés, des plus belles preuves d'altruisme. Mais le temps lui avait appris qu'il fallait rencontrer bien des mauvaises personnes avant de tomber sur celle qui lui donnerait espoir. Alors, il y avait ce bouclier qu'elle avait dressé et qu'elle n'abaissait que pour de rares privilégiés qui pouvaient se compter sur les doigts. Sa mère n'était plus et Faust n'était plus, mais il restait celui qui était aujourd'hui sa seule famille, même si le sang ne les unissait pas. A lui elle offrait toute sa bienveillance et son amour inconditionnel, mais pour sa fille, elle n'avait que méfiance et scepticisme. Ce n'était peut-être qu'une affaire de temps, peut-être qu'il lui fallait juste apprivoiser la jeune fille, mais en attendant, les chsoes étaeint telles qu'elles étaient, et Murphy ne comptait rien brusquer.« C'est pas grave, j'ai l'habitude des idiots » répondit-elle un peu crûment sans prendre le temps d'arrondir les angles ou de prétendre qu'Autumn n'était pas idiote comme elle le prétendait. Ce n'était pas dans son habitude de flatter les ego, et encore moins de flatter ceux de personnes qu'elle ne tenait pas en haute estime. Pourtant, elle ne pouvait que constater la gentillesse de la jeune fille, qui s'était levée aux aurores pour préparer des boissons chaudes aux pauvres gardes qui n'avaient pu échapper à leur devoir, même la nuit de Noël. Ses gardes à elle auraient probablement été moins désagréables si quelqu'un faisait preuve de la même compassion au camp des Odysséens; mais de toute façon, la question ne se posait plus depuis que, sous sa demande, Richard l'avait réaffectée prioritairement aux patrouilles. « Ils ont de la chance », admit-elle un peu aigrement, forcée de constater qu'Autumn n'avait rien de la machiavélique qu'elle aurait aimée. Ça aurait bien plus facile de faire face à et de concurrencer une mauvaise personne.

Et même en encaissant le ton froid de Murphy, Autumn semblait rester dans le même rôle bienveillant. Peut-être que c'était réellement elle, peut-être qu'elle avait à faire à une gamine prévenante et indulgente, et cette seule idée la fit tressaillir d'inquiétude. Oh, comme elle commençait déjà à regretter l'image perfide et diabolique qu'elle s'était construite de la fille de Richard. C'était bien plus difficile de détester quelqu'un de bon, mais c'était aussi bien plus difficile d'accepter qu'il fasse partie de la vie de quelqu'un que l'on aimait. Murphy, elle, n'était pas affable ou souriante. Elle insultait sans vergogne aucune, hurlait sur ceux qui barraient son chemin et se faisait un point d'honneur à toujours donner son avis, même là où on ne l'attendait pas. Elle n'était pas forcément des plus appréciés; on l'aimait ou on ne l'aimait pas, mais il y avait rarement de juste milieu ou de neutralité lorsqu'il s'agissait de ses façons d'être ou de faire. Elle était dure avec les autres et n'abordait que rarement un inconnu avec une bienveillance comme semblait être celle d'Autumn. C'était, pour elle, courir à sa perte que de faire preuve de bonté naïve envers quelqu'un dont on ne savait rien. Il fallait d'abord jauger, évaluer, et elle n'accordait de sa douceur secrète qu'à ceux qui savaient la mettre à nu. « Richard est mon ami. Depuis que je suis gamine, c'est mon ami » répondit-elle en buvant une gorgée brûlante du nectar offert par la demoiselle. Elle marquait son territoire, progressivement, comptait bien faire savoir à Autumn qu'elle n'abandonnerait pas Richard et que si la coexistence des deux brunes était impossible, elle se battrait férocement pour lui. « Ta curiosité est satisfaite ? » Elle était provocatrice, Murphy, mais son sourire, s'il n'était pas engageant, n'était pas non plus mauvais. Elle tâtait le terrain, titillait la patience de sa cadette.

Et peut-être que ce serait Antarès qui les sauverait de ce duel que Murphy leur imposait. Il était sans doute l'un des êtres les plus purs dont elle ait jamais croisé le chemin, peut-être parce qu'il avait échappé au pire de l'Humanité pour n'en connaître que le meilleur, l'affection de Murphy, de Tennessee et des leurs. Il respirait l'insouciance et la naïveté mais suivait ses instincts de chasseur comme personne n'en était capable au campement. Il était fils de la Terre, du vivant et de l'inerte, de tout ce qui rendait la planète telle qu'elle était, à la fois pure, tenace et dévastée par le temps et la malveillance. « Merci » répondit-elle en manquant d'ajouter que ça ne servait à rien de la caresser dans le sens du poil. Elle se rappela à temps qu'il pouvait ne pas s'agir d'une simple politesse formalisée, mais son regard laissait entendre qu'elle ne gobait pas aussi simplement la sincérité de ces quelques mots. Méfiante, elle l'était plus que jamais. Autumn était trop complaisante pour que ça la rassure, comme si elle lissait son être pour apparaître sous le meilleur des jours et piéger Murphy. Ou, pire encore, peut-être était-elle totalement sincère dans sa démarche, et dans ce cas... Murphy n'aurait plus qu'à laisser sa place à l'indulgence de la jeunesse. Elle ne pourrait même pas entrer en compétition avec elle auprès de Richard. C'était Autumn, sa fille, après tout, et si elle avait toutes les qualités dont un père pouvait rêver pour sa progéniture... L'Odysséenne posa son nez contre le pelage clair d'Antarès alors que la jeune fille lui accordait une caresse. Sans se séparer de son chien, elle leva son regard vers la fille de Richard. « T'inquiète pas, tu me fais pas peur », lâcha-t-elle, sarcastique, elle qui avait l'expérience militaire. Mais, bien sûr, c'était sans mentionner tout le reste « A moins que tu parles d'autre chose. Dans ce cas, exprime-toi clairement. » Elle gratta affectueusement entre les oreilles d'Antarès et souffla un baiser sur le sommet de son crâne avant de le déposer dans la neige, dans laquelle il posa sagement son postérieur en fixant tour à tour les deux femmes. En se redressant, Murphy darda son regard ambré sur Autumn, sévère. Elle était pour les affrontements directs, peu importe le prix, peu importent les dégâts.
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Sujet: Re: Drink the morning air (Autumn)
Mar 6 Juin - 18:37

Drink the morning air
Murphy & Autumn



Tout ce que Murphy récoltait à sa remarque concernant l'idiotie dont elle parlait fut un long soupire et des yeux levés au ciel. Autumn se demandait si elle devait se permettre de foutre les deux pieds dans le plat ou tout simplement l'ignorer. Elle aurait du se douter quelque part que la garde ne se gênerait absolument pas pour attraper la perche qu'Autumn lui avait tendu mais elle était tout de même déçue que Murphy tombe dans ce genre de remarque si facile à balancer. Si elle faisait jusqu'alors preuve de patience et de gentillesse, Autumn ne pouvait s'empêcher de se renfrogner un peu. «  Je ne suis pas sûre qu'il soit plus intelligent de juger les gens sans même les connaître. » Elle n'avait pas su se retenir, c'était sorti. Elle avait quand même contenu son envie de lui balancer qu'elle était tout aussi idiote qu'elle mais l'avait détourné. Après tout se laisser marcher sur les pieds ne faisaient pas réellement parti de ses habitudes. Noël avait bon dos pour ça sympathie mais tout de même.

Elle avait dut expliquer qu'elle ne la suivait pas. Non, en réalité, c'était une sorte de hasard qui avait fait qu'elles se retrouvaient à discuter, une boisson chaude à la main. Même si l'ambiance n'était pas spécialement au beau fixe, elles profitaient au moins de la chaleur des boissons pour se réchauffer. Autumn ne savait pas franchement comment cerner Murphy. C'était intriguant, elle allait parfois jusqu'à se demander ce que Richard pouvait apprécier chez elle pour qu'ils soient amis. Elle haussait les épaules, chanceux ? Tout dépendait du point de vue. «  Ils ont passé la nuit éveillés pendant qu'on dormait tranquillement, j'imagine que c'est la moindre des choses pour les remercier. » Pendant qu'elle était pelotonnée, eux avaient du rester éveillés dans le froid. Si elle avait une fierté, elle n'en était pas une mauvaise personne pour autant. Peut-être parfois froide, impulsive mais pas mauvaise.
Il n'empêche que la femme face à elle insistait bien sur le mot ami et ça laissé Autumn relativement perplexe. De quel genre d'amis parlait-elle ? Autumn savait maintenant que son paternel était plutôt du genre à l'aise avec les femmes. Néanmoins elle semblait plus jeune que lui... « Je vois. Vous êtes amis. » Dit-elle en insistant un peu sur le mot l'air de rien. Si elle était satisfaite ? Autumn levait les épaules en faisant une petite moue. « Non, je suis une éternelle insatisfaite ! » Dit-elle sur un ton léger bien que c'était le cas, elle se posait des questions.  


«  Et vous vous êtes connu comment au juste ? T'as l'air plus jeune que lui pourtant ! » Elle ne saurait pas situer réellement l'âge de Murphy mais elle saurait dire qu'ils n'avaient pas suivi leurs études ensemble. Peut être des entraînements ou peut être qu'elle lui mentait et qu'en réalité, ils ne se connaissaient que depuis leur arrivée sur Terre. Autumn se rendait compte qu'elle voyait la jeune femme que par ce qu'elle savait : Richard l'appréciait. Ce n'était pas pour autant qu'elle devait lui faire confiance. Autumn passa la barrière du test Antarès haut la main à priori puisqu'elle ne terminait pas avec la mâchoire de l'animal enfoncé dans sa main. C'était étrange. Autumn ne s'était jamais vraiment permise de toucher un animal, de le caresser ou de prendre le temps d'apprécier une bête. Elle ne savait pas vraiment comment apprécier le fait de garder un animal rien que pour soit ; Néanmoins le chien semblait apprécier Murphy et ça, elle ne pouvait pas le nier.
« Parce que je ne suis pas suffisamment musclé pour te paraître menaçante ? » Demandait-elle instinctivement. Mais la suite, lui faisait froncer les sourcils. Alors elle pensait réellement qu'Autumn lui voulait un quelconque mal. «  Parce que tu penses réellement que j'ai prévu un quelconque plan diabolique juste pour te faire chier ? » Lui demandait-elle pour le coup un peu sèchement, sûrement plus qu'elle ne l'aurait souhaité.

Elle avait relevé le regard vers la plus vieille, cherchant dans son regard le moment où elle lui annoncerait que ce serait une blague mais ce n'était pas le cas, elle se méfiait apparemment réellement d'elle. «  A quoi ça me servirait ? Qu'est ce que ça m'apporterait ? » Lui demandait-elle dans un premier temps. Après tout, c'est vrai : qu'est-ce que ça lui donnerait de positif de s'attaquer à elle sans raisons ? Rien. « Si j'avais voulu m'en prendre à toi, peu importe la façon, tu penses pas que ça aurait déjà été fait ? » Elle posait des questions parce qu'elle ne comprenait pas, elle ne savait pas ce qu'elle avait pu faire pour qu'elle s'imagine ça. Et dire qu'Autumn avait juste voulu être sympathique, elle commençait gentiment à regretter cet élan de bonté. Elle fixait Murphy d'un air beaucoup moins sage, celui qui signifiait qu'elle était piqué, touchée dans son égo. Elle restait calme malgré tout. Elle savait que de toutes façons s'énerver et monter sur ses grands chevaux n'arrangerait pas la situation, bien au contraire. Mais ne pas comprendre, ça la frustrée. «  Tu te méfies toujours autant des gens ou c'est juste parce que je suis la fille de Richard ? »



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06/12/2015 Lux Aeterna 29545 Sophia Bush Avengedinchains (vava) ; Oreste (image profil); Lux Aeterna (sign & gifs & fiche rp) ancienne militaire - lieutenant, stratège, garde et patrouilleuse. Quelques notions de médecine et bases en maniement des armes. 160


Sujet: Re: Drink the morning air (Autumn)
Sam 10 Juin - 18:38

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❝ Drink the morning air. ❞
Murphy Cavendish & Autumn Kane
(25 décembre 2116)


En réalité, Murphy ne doutait pas du fait qu'Autumn était quelqu'un de bien, et c'était sans doute là le plus dur à encaisser. Elle tenait entre ses mains gelées par le froid mordant de l'hiver la preuve même de la bienveillance de la fille de Richard. La facilité de la haine pure ne semblait à présent plus une option, et tout se compliquait pour la patrouilleuse qui se trouvait confrontée à l'une des dualités les plus vieilles du monde : la jalousie contre l'acceptation. Mais elle n'était pas de ceux qui laissaient entrer quiconque dans sa vie. Murphy n'arrivait pas à accepter ce qui liait Richard à Autumn, ce lien du sang qu'elle n'aurait elle-même jamais avec lui et qui n'avait été offert au père et à la fille que par les forces secrètes du hasard. La jeune n'aidait pas son cas en faisant le premier pas vers Murphy, mais elle démontrait d'une indulgence dont l’aînée n'était pas elle-même capable. Elle était dure, l'Odysséenne, ne laissait rien passer à Autumn qui pourtant ne saurait jamais être irréprochable à son regard. Chacun de ses gestes était épié et critiqué, jugé sans aucune sorte de de compassion, comme si tout était impardonnable. Mais au fond d'elle, Murphy savait. Murphy savait que Richard était chanceux de l'avoir comme fille et qu'ils n'avaient perdu que trop de temps séparés l'un de l'autre. Elle savait qu'ils n'étaient tous les trois, avec Liam, qu'une famille forgée par les hasards et qui avaient encore tout à construire ensemble. Elle savait que le sang ne faisait pas tout, que le monde des deux gamins avait du être retourné lorsqu'ils avaient appris l'identité de leur paternel. Elle savait que les choses n'étaient jamais toutes noires ou toutes blanches et que le monde était fait de nuances de gris, mais son monde à elle était baigné d'une obscurité nouvelle, d'une crainte de voir disparaître celui qui restait sa seule famille. Car il avait beau lui affirmer l'inverse et tenter de la rassurer avec cette maladresse qui leur était propre, Murphy savait aussi que leur amitié ne pourrait jamais concurrencer le lien qu'il avait avec Autumn. Elle était sa fille et son sang, et Murphy, elle, n'était plus grand chose.

Mais la brunette allait l'apprendre à ses dépens, la patrouilleuse n'abandonnait jamais sans se battre. Elle était tenace, elle était obstinée; elle était cruelle, même, lorsque c'était le dernier recourt qui lui était accessible. Malgré toute la douceur dont savait faire preuve Autumn, elle n'en démordait pas. Elle ne comptait pas devenir son amie et se laisser piéger par celle qu'elle considérait être une concurrente. On ne pactisait pas avec l'ennemi, on ne se laissait pas avoir par les façades attrayantes. « On mais je suis d'accord » répondit-elle à la remarque de la fille de Richard sans se sentir concernée une seule seconde. Elle ne jugeait jamais une personne sans la connaître et c'était là l'une de ses plus importantes valeurs, même si elle ne pouvait nier se laisser emporter par ses émotions comme c'était le cas lorsqu'elle se retrouvait face à Autumn. Elle na la jugeait pas, elle jugeait tout ce qu'elle représentait, et les reflets qui se réverbéraient sur leurs rares échanges n'étaient qu'accidentels. Elle ne prétendait pas qu'Autumn était idiote, elle ne la défendait juste pas de l'inverse. Murphy n'était pas de ceux à se noyer dans la bonhomie superficielle. Elle n'arrondissait pas les angles lorsqu'elle n'en avait pas envie et était capable de laisser les relations tranchantes sans s'en émouvoir une seule seconde. « J'aurais tué pour que quelqu'un ait la même idée que toi pendant mes gardes » admit-elle avec un regard qui trahit l'espace d'un instant tout le bien qu'elle pensait de son geste. Oui, ces gardes étaient chanceux. Mais elle ne s'adoucissait pas pour autant, et reprit sa stratégie de défense dès la seconde suivante.

Elle acquiesça d'un geste de la tête lorsqu'Autumn répéta qu'ils étaient amis. A quoi s'attendait-elle donc ? Leur relation ne les concernait que tous les deux, et pourtant la fille de Richard ne semblait pas décidée à les laisser tranquilles. Elle s'insinuait déjà bien suffisamment dans leur amitié rien qu'en existant, mais elle ne semblait pas décidée à laisser les choses là pour autant. « C'est lui qui m'a formée » se contenta-t-elle de répondre. Elle avait passé la majorité de sa vie avec Richard à ses côtés et depuis quelques mois, réalisait que leur amitié n'était peut-être pas aussi solidement acquise qu'elle l'aurait aimé. Il ne s'agissait plus seulement de la crainte de le voir disparaître comme des dizaines d'Odysséens l'avaient fait depuis qu'ils avaient atterri ici. Peut-être serait-ce même plus cruel encore pour elle de le voir trouver le bonheur sans elle à ses côtés. Ils s'étaient promis à demi-mots d'être toujours là pour l'autre, mais c'était aussi une promesse que lui avait faite Faust. L'abandon existait sous des dizaines de formes différentes, et celle que présageait l'arrivée d'Autumn dans leur vie lui faisait peut-être encore plus peur qu'une disparition crue et définitive.

Ce à quoi elle ne s'attendait pas, en revanche, c'était la hargne dont la jeune fille fit preuve en réponse à ses remarques un brin virulente. Elle aurait pu sourire de la voir faire preuve d'une telle résistance mais ça ne fut pas le cas. « Arrête de dire des conneries, tout se joue pas à la force des muscles » lâcha-t-elle en dardant son regard foncé sur elle pour guetter ses réactions. La joute commençait donc. « Et puis j'ai dix ans de militaire derrière moi, la question se pose même pas. » Ce n'était pas d'une défaite de la force physique dont elle avait peur, c'était de celle du cœur. Il semblait à Murphy que dans celui de Richard ne résidait qu'une seule place pour une fille. Elle l'avait occupée pendant plus de dix ans et quelqu'un débarquait sans prévenir pour la défier en sachant pertinemment qu'elle avait l'avantage du sang. « Ta simple existence me fait chier. » Elle avala sa salive avec difficulté en se rendant compte de la brutalité de ce fait; car il s'agissait malgré tout d'un fait, d'un fait sur lequel elle mettait pour la première fois des mots, mais d'un fait qui n'en demeurait pas moins cruellement vrai. « Alors en ce qui me concerne, tu t'en es déjà pris à moi. » Sa main se serrait autour du récipient brûlant mais elle y trouva un moyen de contenir toute la rage que lui inspira la dernière question d'Autumn. « Devine », la défia-t-elle sèchement alors que la réponse était bien plus complexe qu'une option ou qu'une autre. Elle se méfiait toujours de quiconque souhaitait intégrer sa vie un peu trop vite, mais il s'agissait cette fois de bien plus encore que de cette simple méfiance instinctive.
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Sujet: Re: Drink the morning air (Autumn)
Jeu 29 Juin - 17:26

Drink the morning air
Murphy & Autumn



Autumn voyait bien ce que Murphy faisait. Elle cherchait ses défauts, la jugeait et transformait sans aucuns doutes chacune de ses qualités en défaut. Le tout était de savoir maintenant pourquoi agissait-elle ainsi.
C'est ce que 'Tumn n'arrivait pas spécialement à comprendre. Elle n'avait rien dit, rien fait à la jeune femme qui puissent lui laisser sous entendre qu'elles devaient être ennemies. Et c'est ce qui la contrariait. Pourquoi diable voulait-elle absolument la détester et lui parler avec ce ton froid alors qu'elle n'avait rien fait pour le mériter ? Est-ce qu'elles pouvaient au moins en discuter ? Ca semblait bien compliqué mais Autumn n'était pas prête à lâcher l'affaire définitivement. Elle savait que Murphy était une amie de Richard, une amie proche. Suffisamment pour qu'il parle du fait qu'il avait eut plusieurs enfants. Donc, elle avait certaines qualités que Autumn n'avait pas encore eut le mérite de voir. Mais elle ne lâcherait pas l'affaire, si Murphy en doutait alors elle ne serait pas déçue.

Elle admettait au moins que l'idée de la boisson chaude pour les gardes était une bonne idée, c'était un bon point. Mais rien était gagné et ça Autumn l'avait bien compris. Elle n'était pas idiote ni dupe, Murphy attendrait la moindre faille pour plonger dedans. Le moindre défaut serait bon pour nourrir sa haine. Sur le coup, la plus jeune haussait les épaules. Que pouvait-elle répondre après tout ? Elle n'avait fait que rendre service. Et elle ne comptait pas s'en rendre plus fière que nécessaire. «  On est tous dans la même galère. » Elle n'en disait pas plus. Si d'ordinaire, elle se serait pavané en disant qu'elle était comme ça, qu'elle aimait rendre service, cette fois, elle le gardait bien pour elle. Au moins ça, elle ne lui reprocherait pas.
Autumn s'en posait des questions. Elle connaissait Richard, qui était-elle ? Une amie ou plus ? Il semblait évident que le problème de leur entente ait au moins en partie rapport avec lui et évidemment elle se demandait pourquoi. D'où venait le problème, exactement ? «  Je vois. Tu as passé beaucoup de temps avec lui. Tu le connais sans doute bien mieux que moi. » Disait-elle d'une voix plus froide. Ce n'était pas qu'elle se moquait-elle, c'était une pensée qui lui semblait bien sombre. De la jalousie ? Sans doutes un peu. Bien-sûr qu'il avait été là pour Autumn mais pas autant qu'il aurait dut. Pas comme un père. Pour Murphy, il avait été un professeur, il l'avait éduqué... Et tout commençait à se mettre en place dans sa tête. Elle commençait à comprendre pourquoi Murphy ressentait de la haine.

Tout ne se jouait pas à la force des muscles ? Certes mais elle ne voyait pas comment elle pouvait la juger capable ou non de la battre. Elle disait que son expérience en tant que militaire lui permettait de ne pas s'inquiéter. Un sourire presque malsain s'était glissé sur les lèvres d'Autumn, en réalité, il était plutôt moqueur. « Et pourtant j'aurais pu glisser du poison dans ta boisson et tous les soucis aurait été réglé sans usage de la force ni de ton expérience militaire. » Elle l'avait dit sur un ton léger. Mais elle reprenait bien vite son sérieux. «  Ce n'est pas le cas. » Elle était franche. Et dans la discussion Autumn apprenait enfin ce qu'il se passait. La phrase de trop. Son existence l'a faisait chier ? Elle se renfrognait aussitôt. C'était bien la première fois qu'on lui disait ça et pour le coup ça la blessait. « Tu sais à qui te plaindre de ce problème. » Froide, sèche, ouais Autumn n'avait pas choisi de naître, de vivre. D'autres avaient ce choix et Richard avait fait le choix de ne pas être là pendant une longue partie de sa vie. Qu'est ce qu'elle y pouvait hein, si lui avait décidé de revenir maintenant. «  Donc c'est ça le problème entre toi et moi, hein ? » Elle la regardait, elle savait maintenant exactement ce qu'il se passait. «  Je suis sa fille, on partage le même sang lui et moi. » Elle la regardait dans les yeux cherchant si elle touchait le but ou pas. « Et tu es persuadé que je pique ta place ? » Lui demandait-elle en fronçant les sourcils. Ne connaissait-elle pas suffisamment Richard ? Autumn elle même savait que Richard ne laisserait jamais tomber ses amis. Quoi qu'il arrive. Même si quelqu'un venait à s'ajouter à sa vie. Autumn le savait. Même si il n'avait pas toujours été à ses côtés, il ne l'avait jamais oublié. « Je n'ai pas choisi et ça tu le sait. Je suis là, Richard est mon père. Et ce que ça change quelque chose pour toi, actuellement ? Est-ce qu'il a changé ? S'est-il éloigné de toi ? » Elle faisait appelle à la logique, Autumn n'était pas stupide, elle usait de douce tactique pour faire comprendre à la militaire face à elle que Richard ne la mettait pas de côté et qu'il n'était pas prêt de le faire. Que tout ça n'était que le travail de l'imagination et de la peur de perdre Richard que ressentait Murphy. Mais ça, ça n'allait pas être super évident et Autumn le savait très bien. «  En tout cas, ça explique beaucoup de choses maintenant. » Elle niait pas comprendre ce qu'elle ressentait, elle avait peur de perdre Richard tout simplement. « Mais lui et moi ne sommes pas sur le même camp. Je n'ai pas passé autant de temps que toi avec lui. Il ne m'a pas appris à devenir militaire. Tu as un temps d'avance sur moi. Je ne vois pas ce qui t'effraies autant. »  


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Sujet: Re: Drink the morning air (Autumn)
Jeu 6 Juil - 2:54

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❝ Drink the morning air. ❞
Murphy Cavendish & Autumn Kane
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La confiance de Murphy était une denrée rare. Elle se méfiait de quiconque n'avait pas fait ses preuves à son regard, et peut-être encore plus de ceux qu'elle accompagnait d'idées préconçues. Malheureusement pour elle, Autumn faisait partie de ces gens-là. Murphy se moquait presque de ce qu'elle pourrait apprendre d'elle : tout ce qui comptait, c'était qu'elle était la concurrence, le sang de Richard et tout ce qu'elle ne serait jamais pour lui. Elle pourrait apprendre le pire à son sujet qu'elle en tirerait un contentement négligeable; si, plutôt, elle découvrait en elle une bonne gamine, le ressentiment n'en serait qu'alimenté et décuplé. C'était le scénario qui semblait se dessiner à présent, d'ailleurs, et Murphy n'avait pu que constater qu'Autumn n'avait rien du démon qu'elle avait préféré imaginer. Peut-être cachait-elle bien son jeu, ou peut-être était juste une gamine qui s'était retrouvée par la force des choses et les aléas de la vie. Elle n'avait jamais prétendu être devin, mais lorsqu'elle soutenait le regard de la jeune fille, Murphy ne parvenait à y trouver aucune trace de malignité -pis encore, elle y détectait même des traces de bonté pure qui, pour une raison qui lui échappait, avait été conservée malgré les circonstances et le ressentiment que la jeune fille aurait pu avoir pour ses aînés, comme certains de ses égaux ne s'en privaient pas.

La complexité de la situation était sans nul doute la seule responsable de ce qui raidissait Murphy lorsqu'elle croisait le chemin d'Autumn. Elle aurait pu se contenter d'indifférence, mais, écorchée par ceux qui l'avaient déjà quittée, ne pouvait considérer la jeune brune autrement que comme une menace potentielle à la seule famille qui lui restait. Une part d'elle tentait toujours de la rassurer, comme Richard l'avait déjà fait en quelques mots pudiques, mais il était des occasions comme celle-là qui rendaient la patrouilleuse particulièrement pessimiste. Elle se méfiait de la gamine comme elle se méfiait des inconnus qu'elle croisait au cœur de la forêt. Les deux menaces étaient sur un pied d'égalité. Qu'on lui arrache Richard, volontairement ou non, n'aurait rien de moins douloureux que de se prendre une flèche en plein sternum ou de se faire dévorer la jambe par un animal affamé. Un excès de méfiance était toujours préférable à une confiance injustifiée, parce qu'il avait le mérite de stimuler les défenses et de préparer aux attaques. Murphy ne fuyait pas devant les dangers, surtout lorsqu'ils se manifestaient sous la forme d'une jeune fille comme Autumn l'était. Elle ne sortait pas les armes non plus, mais elle sortait les crocs, elle marquait son territoire avec précision et férocité, comme pour assurer à la jeune fille qu'elle trouverait face à elle un adversaire de taille.

Une part d'elle fut horripilée de constater une fois de plus la bienveillance dont Autumn faisait preuve face aux siens, et, a fortiori, face à tous les leurs. Il était plus que rare d'entendre un Cent se mettre sur le même d'égalité que ceux qui étaient arrivés là après eux. Murphy n'avait jamais réellement pu blâmer les jeunes de reprocher à leurs aînés de les avoir jetés dans la gueule du loup mais son pragmatisme la poussait à justifier le sacrifice que le Conseil avait été prêt à faire en les envoyant sur Terre par la maigre chance de survie qu'ils y gagnaient. Face à l'éjection, n'importe quelle autre option prenait un goût salutaire. C'était cette logique qu'elle dégainait face aux plus coléreux, mais la voilà qui se retrouvait presque décontenancée face à l'aveu de la jeune fille. Ils étaient tous égaux. Une telle appréciation était assez rare pour surprendre Murphy, qui ne put alors que se contenter de rester silencieuse.

Richard ? Elle ne comptait pas étendre la relation qu'elle avait avec lui auprès d'une presque-inconnue mais surtout potentielle concurrente pour une place dans le cœur de l'homme. Même si elle avait bien saisi la froideur de la constatation, un fin sourire étira ses lèvres lorsqu'Autumn admit qu'elle le connaissait sans doute mieux que lui. C'était une frêle victoire, mais déjà une victoire. Autumn avait le sang, mais elle avait tout le reste, non ? Ils s'étaient vus grandir l'un et l'autre, et s'étaient sans aucun doute fait grandir l'un et l'autre. En tout cas, c'était une certitude : Richard l'avait fait grandir. Il lui avait appris le combat et la méfiance, la stratégie, le pragmatisme, mais il avait aussi été un guide pour elle, un modèle de réussite presque inatteignable. C'était sans nul doute avec l'objectif de lui ressembler qu'elle avait tout toujours donné dans ses missions et ses fonctions; c'était avec cet objectif qu'elle avait gravi les échelons jusqu'à devenir lieutenant. Se surpasser était un défi constant qui faisait partie de son être, mais Richard l'avait révélé, attisé, catalysé. Elle voulait apprendre et évoluer et grandir parce qu'elle savait, avec Richard sous les yeux, que c'était possible. Elle savait que le travail payait et peut-être que sans le savoir, elle lui enviait cette admiration qu'elle avait pour lui. Peut-être qu'elle voulait inspirer ce genre d'espoirs et d'objectifs, elle aussi, à une génération future. Peut-être que c'était ce qui la faisait vibrer, de se battre pour toujours aller plus loin, pour toujours gagner du terrain et installer ses idéaux dans la réalité, pour inspirer d'autres à en faire de même, pour propager cette fureur du progrès. Aucun doute n'était possible  Richard l'avait forgée telle qu'elle était aujourd'hui et ça, Autumn ne pourrait jamais le lui prendre. Leur passé leur appartenait. Elle n'avait plus qu'à s'assurer qu'un avenir leur était encore réservé. « Voilà, c'est ça » répondit-elle donc simplement et avec une fausse naïveté. Elle n'avait pas besoin d'insister; Autumn semblait comprendre elle-même où les engrenages bloquaient.

Et lorsque le ton monta, Murphy ne se démonta pas. Elle sourit avec un haussement de sourcil satisfait lorsque la jeune fille lui parla de poisons. « Tu viens de prouver mon point » répondit-elle, plus que satisfaite de la tournure que prenait la conversation. « Tout se joue donc pas à la force des poings. Pour ça, j'aurais l'avantage. » Pour la toxine, elle ne l'aurait pas, mais elle espérait que la gamine avait de jugeote pour ne pas empoisonner une amie de son père ou, si ce dernier représentait trop peu à ses yeux, une femme originaire d'un camp avec qui le sien était en paix encore précaire. Si elle savait à qui se plaindre ? Certainement pas à Richard, si c'était ce qu'elle sous-entendait. « Le médecin qui était chargé de l'implant de ta mère est sûrement déjà mort, ça sert à rien de l'accabler encore plus. » Son regard s'était froncé, comme si elle cherchait à déchiffrer ce qui se tramait dans celui de sa cadette. Dans la lumière chaude du soleil timide qui se levait, elles se jaugeaient toutes les deux, imperturbables, se testant l'une et l'autre pour savoir quelles étaient leurs limites et une chose demeurait sûre pour Murphy : elle ne vacillerait pas. Même lorsqu'elle toucha le point sensible et mentionna le sang et les gènes, elle resta de marbre, trop obnubilée par la jeune fille en face d'elle pour accepter de se faire évaluer par une quasi-inconnue. « Non, tu piques pas ma place » répondit-elle froidement. Autumn était entrée dans sa vie au moment même où elle était entrée dans cette de Richard, et c'était un fait qu'elle n'était pas encore prête à accepter. Elle défendait sa famille comme rien d'autre, et Richard était la seule famille qui lui restait. Elle était égoïste, jalouse et possessive, elle le savait; un fin mélange de défauts qui finirait par lui coûter des affections et relations, mais c'était plus fort qu'elle. Elle avait trop perdu pour regarder un autre être cher la quitter. Elle devait se battre, même si c'était contre une gamine, même si c'était contre une gamine aussi bienveillante qu'Autumn semblait l'être. « Je veux pas avoir à me poser la question, me fais pas me poser la question. Richard a une fille, mais vous avez que le sang. T'attends pas à me voir sortir de sa vie, petite. » Dédaigneuse ? Probablement un peu. Mauvaise ? Totalement. Elle avait sorti les griffes, défendait sa relation avec Richard pour ce qu'elle avait de plus précieux à son regard. Pourtant, son regard se fronça un peu plus encore lorsqu'Autumn prétendit la comprendre. Méfiante, elle lui adressa un regard en coin. Ça ne servait à rien de montrer patte blanche. Si Richard était censé lui échapper, il lui échapperait malgré les promesses qu'elle semblait lui faire maintenant. « Richard est le seul à avoir la réponse à tout ça. » Et ça lui brûlerait les lèvres d'avouer que le lien du sang faisait tout, alors que les amis allaient et venaient dans la vie. On pouvait mourir pour protéger son propre sang. Murphy pourrait mourir pour ceux qu'elle avait choisis bien au-delà de la biologie. « Il viendra te voir et t'iras le voir. Les camps vont finir par se rapprocher, peut-être se réunir. Arrête de prétendre que votre relation est en péril avant d'avoir commencé. » En réalité, rien ne pourrait probablement la rassurer si ce n'était de voir que Richard tenait sa promesse. Le temps était le seul capable d'atténuer ces angoisses nées de l'apparition d'Autumn dans sa vie. Elle-même n'y pouvait rien, son père n'y pouvait rien, et Murphy continuerait sans aucun doute de redouter le pire avant qu'on le lui prouve hors de propos. Murphy finit par tendre son gobelet vide à la jeune fille et se pencher à nouveau vers Antarès pour le caresser avec tendresse. Lui, au moins, ne lui tournerait jamais le dos -quoiqu'après tout, elle n'était pas à l'abri d'une surprise avec lui non plus. « J'ai vu que vous avez un chien ici aussi... » Une petite perche tendue, un peu innocente, peut-être aussi naïve, mais la seule diversion dont elle était capable pour ne pas cracher au visage d'Autumn qu'elle n'aurait jamais dû exister, jamais dû rentrer dans leurs vies, jamais dû troubler la seule famille qui lui restait.
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Sujet: Re: Drink the morning air (Autumn)
Dim 13 Aoû - 18:09

Drink the morning air
Murphy & Autumn



Autumn avait parfaitement compris que le problème ne venait pas particulièrement d'elle. Elle n'avait rien fait méritant la colère de Murphy, si ce n'est qu'elle était née et qu'elle était la fille de Richard. Sauf qu'elle ne pouvait strictement rien faire contre ça. Elle était ce qu'elle était et même si elle en aurait eut envie elle ne pourrait pas changer la situation. Néanmoins, elle espérait réussir à adoucir cette tension inutile qui se tenait entre les deux jeunes femmes. Autumn n'avait pas franchement de raison de se méfier de Murphy mais cette dernière ne lui offrait qu'un regard froid et des réflexions qui n'avaient de cesse que de rendre Autumn nerveuse. Et elle commençait à comprendre au fil de la discussion que quoi qu'il advienne, Murphy ne changerait pas d'avis si facilement à son égard. Elle devinait qu'obtenir la confiance de la brune serait un véritable challenge pour ne pas dire une mission clairement impossible. Mais elle était tenace alors elle ne lâcherait pas l'affaire avant d'avoir utilisé toutes les techniques possible. Ca prendrait sûrement du temps et ce ne serait pas demain la veille qu'elles seraient heureuses de se voir mais elle se mettait en tête d'y arriver. Tout du moins de ne pas lâcher l'affaire à la première réflexion de la femme face à elle.

Il n'y avait aucun doute qu'Autumn devait surprendre sur plusieurs points Murphy. Elle avait servis aux gardes une boisson chaude, certes parce que c'était Noël mais aussi pour en quelques sortes les remercier d'avoir passer la nuit à surveiller les alentours, pour assurer leur sécurité. Aussi, elle n'avait jamais jugés tous les adultes de l'éjection du vaisseau. Elle ne leur en voulait pas à eux, elle en voulait à ceux qui avait pris cette décision et aussi à celui qui avait appuyé sur ce fameux bouton, tirait cette fameuse manette, les propulsant droit sur cette Terre sur laquelle ils vivaient tous à présent. Mais de toutes façons, ça ne changerait rien, aujourd'hui, ils devaient faire avec les erreurs du passés pour aller de l'avant. La réaction silencieuse, laissa sous entendre à Autumn qu'elle n'avait pas spécialement tord. C'était pour elle, une première satisfaction même si elle n'était pas certaine qu'elle interprète bien ce silence.

Elle ne niait pas le fait qu'elle ne connaissait pas son père. Autumn connaissait cet homme comme un presque oncle, Tonton Richard, celui qui avait souvent été là, un homme qui l'avait vue grandir, lui avait parfois appris une chose ou deux, l'avait parfois relevé lorsqu'elle tombait mais c'était à peu près tout. Que connaissait-elle de lui ? Elle avait bien plus souvent joué avec le fils de Richard qu'avec Richard lui même. Lui, l'avait vue grandir, pas elle. Et même si elle tentait de ne pas se montrer un tant soit peu jalouse, elle ne pourrait cacher que c'était un manque qu'ils auraient bien du mal à rattraper.

Elle prouvait son point, Murphy avait raison et pour toute réponse Autumn hochait la tête, parce que c'était le cas et même si elle ne savait pas quel était la force de l'ami de son père, Autumn ne chercherait pas à la défier sur ce point. Même si elle s'entraînait et qu'elle faisait partie des patrouilleuses, elle n'était pas sûre d'atteindre la même expérience que Murphy. « Tu aurais l'avantage, c'est certains. » Elle ne lui donnait pas tord et ne se moquait pas d'elle. C'était simplement la vérité après tout. «  Mais t'empoisonner ne fait pas partie de mes plans. Richard tient à toi, il a sans doutes de bonnes raisons. Et je ne suis pas si stupide.  » Et pour ça, elle faisait confiance à son paternel.
A la rétorque de Murphy concernant le médecin responsable de l'implant de sa mère, Autumn ne pu que sourire, c'était plutôt bien jouée. «  Ce n'est pas pour autant que tu dois rejeter la faute sur moi. J'ai pas spécialement choisie. » Mais pour autant, elle tenait à préciser : «  Mais Richard n'est pas le seul à blamer. » Il est le seul vivant, c'était la seule différence.
Au fur et à mesure, les deux femmes apprenaient l'une sur l'autre, cherchant les limites sans pour autant chercher à les dépasser. Autumn tenait bon, ne souhaitant pas se lancer dans une guerre sans merci contre Murphy. Elle ne cachait pas que malgré ça, Murphy jouait avec ses nerfs comme avec des cordes fragiles. « Non, en effet, je ne te la pique pas. » Elle le confirmait, complètement sûre de ne pas mentir sur ce coup là.

Parce qu'elle était certaine que Richard n'était pas idiot et qu'il avait une place pour les deux demoiselles, une place attitrée et que ni l'une, ni l'autre ne piquerait la place de la seconde. Mais ça ne semblait pas aussi claire dans la tête de Murphy que dans celle d'Autumn. Elle eut un sourire plutôt amusé lorsqu'elle lui annonçait qu'elle n'arriverait pas à la faire sortir de la vie de Richard. « Non, tu n'en sortiras pas. Je ne l'espère pas du moins. Richard t'apprécie. Et ce n'est pas mon but. » Elle était sincère et sérieuse, ce n'était pas son but et ça ne le serait pas à l'avenir. Elle avait beau se montrer dédaigneuse, Murphy n'impressionnait pas Autumn, pas sur ce point du moins. «  Dans ce cas, si tu doutes de lui, tu devrais peut être penser à lui poser des questions. »

Bien-sûr ce que Murphy disait était vrai, ils se verraient l'un et l'autre, les camps se rapprocheront peut être, leur relation n'était pas en péril. Mais ce n'était pas ce qu'elle disait. «  Ce n'était pas ce que je voulais te dire. Et entre nous, je n'espère pas voir les camps se réunir. Se rapprocher pourrait être bénéfique pour tout le monde. Mais beaucoup ici, ne souhaite pas vous avoir sur le dos à longueur de temps. » Même si Autumn ferait des efforts, leur hiérarchie poserait problème. Même elle, ne rendrait pas la tâche évidente si ça venait à arriver. Elle attrapait finalement le gobelet vide pour le mettre avec le sien. Elle lui parlait alors du chien qu'ils avaient également sur le campement.  « En effet, nous en avons un aussi. Il est avec Gamora, notre leader chasse, c'est elle qui l'a ramené. » Elle avouerait facilement qu'elle ne s'était jamais plus intéressé à l'animal que lorsqu'il venait dans ses jambes lui réclamer une petit morceau de nourriture. Autumn n'était pas du genre à s'attacher facilement. «  Pourquoi ça t'intéresse autant ? »







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06/12/2015 Lux Aeterna 29545 Sophia Bush Avengedinchains (vava) ; Oreste (image profil); Lux Aeterna (sign & gifs & fiche rp) ancienne militaire - lieutenant, stratège, garde et patrouilleuse. Quelques notions de médecine et bases en maniement des armes. 160


Sujet: Re: Drink the morning air (Autumn)
Mar 22 Aoû - 3:10

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❝ Drink the morning air. ❞
Murphy Cavendish & Autumn Kane
(25 décembre 2116)


Elle savait que ce qui était en train de se passer dépassait l'entendement. Murphy était jalouse mais n'avait pas perdu le sens des réalités. Elle avait conscience que tout ce qui chavirait en elle lorsqu'elle imaginait le futur de sa relation avec Richard maintenant qu'Autumn était vraiment entrée dans sa vie n'était pas rationnel. Elle le croyait, son ami, lorsqu'il lui affirmait pudiquement que rien ne changerait entre eux. Elle savait qu'elle ne devait pas ressentir cette haine envers la jeune fille, encore pus maintenant qu'elle lui découvrait toute cette bienveillance. Car il ne s'agissait plus seulement d'apporter à boire aux gardes qui avaient veillé sur eux toute la nuit au lieu de festoyer; elle démontrait face à elle et ses remarques tranchantes d'une patience dont elle avait rarement pu être témoin au cours de son existence. C'était pire encore que d'avoir à faire face à une peste comme elle aurait tant aimé en détester. Autumn était l'opposé même de tout ce qu'elle aurait aimé qu'elle soit. Peut-être que si elle avait pris la peine de la connaître un peu mieux avant qu'ils n'apprennent tous sa filiation avec Richard, Murphy n'aurait même pas éprouvé une once de jalousie. Peut-être aurait-elle même été heureuse qu'Autumn trouve un père et Richard une fille, là où toutes les familles semblaient se séparer et se perdre. Peut-être qu'elle aurait pu voir cette réunion comme un signe que tout était supposé aller pour le mieux, maintenant, et que les familles ne se perdaient jamais réellement. Mais il était trop tard pour ça, pour réécrire un passé irrémédiable ou imaginer un avenir qui ne verrait jamais le jour. Elle était rongée par la jalousie et la culpabilité que cette dernière engendrait, mais les deux ne s'éclipsaient aucunement. Car elle n'était pas mauvaise, Murphy. Intrinsèquement, elle n'était pas mauvaise; elle avait juste trop perdu pour voir Richard disparaître à son tour. Car la perte pouvait advenir de bien des façons, elle avait acquis depuis qu'elle foulait cette Terre des instincts de protection qu'elle ne s'était jamais connus jusque-là. Elle ne pouvait plus offrir son amour à n'importe qui, parce qu'il deviendrait alors une cible potentielle du destin ou du hasard, peu importe la manière dont l'on peut qualifier la grande roue de la vie et des probabilités. Elle ne pouvait pas ignorer la moindre menace parce qu'elle pouvait prendre des ampleurs inconsidérées et lui arracher ceux qui comptaient pour elle.

Mais même face à une Autumn posée et prête à reconnaître qu'elle avait raison, Murphy ne se démontait pas. Pas encore, pas tout à fait. Elle ne savait plus guère ce qui la guidait, si ce n'était cette éternelle jalousie qui lui soufflait à l'oreille que la jeune fille finirait par lui arracher Richard, qu'elle le veuille ou non; cette même jalousie qui lui affirmait que jamais elle n'aurait le sang et jamais elle n'aurait de Richard l'amour inconditionnel qu'un père pouvait avoir pour son enfant. Après que la jeune fille eut concédé l'avantage à Murphy, celle-ci la toisa une seconde, fière, avant de réaliser qu'Autumn était peut-être bien plus mature qu'elle à cet instant précis. Elle ne courrait après aucune victoire verbale, acceptait la réalité pour ce qu'elle était et était celle des deux qui avait la sagesse de faire le premier pas pour chercher une trêve. Pourtant, même en comprenant tout ça et en réalisant à quel point elle pouvait être désagréable pour Autumn, Murphy ne comptait pas céder. Pourtant, elle savait que la fille de Richard n'avait besoin d'être convaincue de rien; elle l'avait compris déjà quelques minutes auparavant en comprenant à quel point ses perspectives étaient loin de toutes ses inquiétudes à elle, mais c'était plus fort qu'elle. Elle était impuissante face à cette possessivité destructrice.

« C'est bon à savoir » répondit-elle sans aucune autre formalité, trouvant sa victoire quelque peu entachée par la facilité avec laquelle elle l'avait obtenue. Il ne s'agissait plus ici de batailles de mots comme elle avait pu en avoir par dizaines avec Chris. Ce n'était pas à celui qui aurait le dernier mot, car il n'y avait pas vraiment de duel. Mais elle ne pouvait s'empêcher de se dresser face à Autumn comme si elle était une menace mortelle, ou en tout cas capable d'anéantir tout ce à quoi elle aspirait. C'était quelque chose de difficile, pour elle, de simplement accepter les faits tels qu'ils étaient. Mais il lui vint à l'idée qu'Autumn aurait pu faire n'importe quoi à cet instant précis, rien n'aurait pu trouver grâce à ses yeux. Elle ne lui en voulait pas autant qu'elle s'en voulait à elle-même, et sa bienveillance reflétait tout ce qu'elle représentait à cet instant précis : le déni, la colère, l'immaturité. Mais ce serait bien mal connaître Murphy que de croire que cette constatation saurait la faire retrouver le droit chemin. Au contraire, elle avait exacerbé toute la colère qu'elle avait pour elle-même et pour toute cette situation que personne n'avait jamais souhaitée. « Je blâme pas Richard. » Le ton était grave et le regard rivé sur la brunette pour qu'elle comprenne bien à qui elle en voulait. Richard aurait toujours son soutien et il l'avait toujours eu, même lorsqu'il lui avait annoncé l'existence de deux autres enfants. Parce qu'il lui semblait qu'elle avait tout vécu à ses côtés, elle ne pouvait lui en vouloir. Il avait sans doute été le premier étonné et choqué de ces nouvelles. C'était ceux qui s'ajoutaient à l'équation qu'elle ne pouvait pardonner. Mais elle avait beau affirmer qu'Autumn n'avait de Richard que le sang, elle savait que ce n'était qu'un doux mensonge destiné à la rassure plus qu'à intimider son interlocutrice. Ils n'auraient jamais seulement le sang, et Murphy, elle, ne l'aurait jamais. Mais la cadette continuait à répondre avec une bienveillance qui la déstabilisait de plus en plus. Sa jalousie ne bougeait pas, mais sa culpabilité n'avait désormais de cesse de grimper. Autumn faisait profil bas et preuve d'une patience à laquelle elle ne s'était pas attendue. C'était une raison de plus pour Richard de la lui préférer s'il devait un jour arriver à cet extrême. Il connaissait Murphy pour son tempérament, mais maintenant elle avait une réelle raison de s'inquiéter. Ce n'était plus seulement sa fierté qu'elle chercherait de lui, mais il lui semblait qu'était remise en cause toute leur amitié et les fondements mêmes de leur relation. S'il la laissait de côté, Murphy n'était pas bête, il ne le ferait pas volontairement. Mais dans un monde comme celui-là, avec les aléas de la vie et du hasard, peut-être que sa place aux côtés de Richard lui échapperait sans même qu'il ne s'en rende compte. Autumn non plus ne s'en rendrait pas compte. Murphy échapperait à la vie de son père avant même qu'elle ne comprenne tout ce qui avait pu les unir au fil des années. « Je doute pas de lui » dit-elle durement -car s'il y avait une personne de qui elle doutait à cet instant précis, c'était d'elle-même. Elle se sentait menacée là où Autumn et Richard lui promettaient qu'elle n'avait pas de raison de l'être. Elle voulait les croire, elle les croyait même; au fond, c'était à la vie elle-même qu'elle ne faisait pas confiance. Au changement dans la seule relation stable qui lui restait de sa jeunesse et de sa vie là-haut; au changement dans la seule constante qui lui restait des étoiles et de sa vie d'autrefois. La réponse dont elle parlait, Richard la lui avait déjà donnée. Elle n'attendait à présent plus que l'avenir pour être rassurée -ou pour s'écrouler. « J'en doute pas, c'est réciproque. Mais ça se fera, d'une manière ou d'une autre. Dans un an, dans dix ans, peu importe. Les deux camps seront toujours liés et t'en es l'exemple parfait, avec Richard. » Ses lèvres se retroussèrent un instant sous la vérité de la dernière phrase. Ils étaient père et fille, mais ça avait toujours quelque chose de douloureux à verbaliser. Ils étaient père et fille...

Mais il était temps de prendre à nouveau du recul, de se noyer à nouveau dans l'ignorance de la réalité et de se conforter dans la stabilité de quelques politesses hasardeuses. Gamora, bien sûr. La brune à laquelle elle avait lancé une boule de neige par inadvertance la veille, sans doute. Elles étaient chacune la représentante des maîtresses canines dans leurs campements respectifs, ça avait presque quelque chose de poétique; comme si un lien invisible les unissait déjà alors qu'elles n'avaient jamais échangé un mot. Mais c'était de la politesse, sa question, et rien que de la politesse. Elle avait grappillé une information au passage -le prénom de la maîtresse du chien-, mais ce n'était pas là le réel objectif de sa question. Elle voulait arrêter l'échange avant qu'il ne parte trop loin, que ses mots dépassent sa pensée et qu'elle les regrette plus tard. Aussi délicat que ça puisse être de l'avouer, Autumn n'était pas une mauvaise fille. Au contraire, elle avait tout de la fille parfaite que Richard aurait probablement aimé élever. C'était Murphy qui devait s'insérer dans leur nouvelle famille, pas l'inverse, et elle en avait bien conscience. Pas de débordements, pas tant qu'elle avait encore un peu de jugeote et qu'elle était capable de maîtriser son tempérament de feu. Mais Autumn, elle, posait les questions qui réveillaient les non-dits, et Murphy se raidit en levant son regard sombre vers elle. « Ça m'intéresse pas. J'en ai juste marre d'entendre tes bonnes intentions. Je suis assez vieille pour savoir que les promesses peuvent être brisées même par accident. » Et elle ne voulait pas être une promesse brisée par accident, un souvenir auquel ils repenseraient tous les deux avec une pointe de regret mais sans s'en mordre les doigts. Et Murphy, face à la solaire Autumn, se sentait devenir une ombre. Alors l'ombre cherchait à s'échapper désespérément, à retrouver de sa propre superbe, mais c'était peine perdue. Elle était peut-être déjà allée trop loin face à la jeune fille. On ne pouvait pas dire à quelqu'un que sa simple existence ne seyait pas à sa propre vision des choses sans en subir les conséquences. « Je doute pas de Richard », répéta-t-elle, le regard planté dans le sien. « ... mais je te connais pas. Et l'enfer est pavé de bonnes intentions, de toutes les bonnes intentions qui dégoulinent de tes paroles. Au moins, t'as la réponse à tes questions, maintenant. Je t'évitais pour pas avoir à te dire ce que je t'ai dit. J'espère que tu dormiras mieux, maintenant. »
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12/10/2014 Brimbelle 46413 Jessica Chastain Lux Aeterna Médecin / Herboriste 322
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Sujet: Re: Drink the morning air (Autumn)
Mer 20 Sep - 23:26

RP archivé suite à la suppression de Autumn
 

Drink the morning air (Autumn)

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