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˜˜˜˜˜˜L'Enfer respire.
maybe life should be about more than just surviving


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13/09/2016 Anticarde 2240 Evan Peters Freckles sloth- soeur d'armes (crackship) - Tumblr (gif profil + signe) - Ashiri ♥ (picspam) Sorcier - Médecine & apothicaire spécialité Poison. 0
Semeur d'épidémies éthérées


Sujet: L'Enfer respire.
Dim 16 Avr - 13:12

En plein cœur de la canicule s'étend un étalage de chair humaine, quelque part derrière les hauts remparts de la Cité dans le désert. Dès le point du jour, cette vaste place de poussière rouge, enceinte de petits commerces et de débits de boissons dans lesquels font relâche d’innombrables mercenaires, se gorge d'une vie grouillante et irrespirable. A midi, elle ressemble à une fourmilière éventrée. Se dresse ici le marché aux esclaves. Une foule bariolée, dans laquelle se mêle à la bourgeoisie Rahjak le tout venant dans ses frusques d'artisan, circule entre les cheptels parqués. C'est qu'il y en a pour tous les goûts et pour toutes les bourses. Des hommes, des femmes, quelques enfants qui ne rêveront jamais. Des forces de la nature dont les esclavagistes font l'apologie des musculatures et des échines de taureau, promettant des bêtes endurantes à la charge, mais aussi des gens d'esprits, des guérisseurs, des savants et des artisans qui rempliraient efficacement les rôles de pages ou de précepteurs. Leur unique point commun, à tous, est sans doute de s'être trouvé au mauvais endroit, au mauvais moment, de surcroît dans une fâcheuse posture et sur la route d'un mercenaire au sourire d'alligator. Ils sont tous de futurs esclaves, déchus de leurs droits, arrachés aux vastes horizons.

Il y a des clapets géants où se serrent des silhouettes efflanquées, abruties de soleil, folles d'attendre, sonnées de désillusions. D'autres, plus vigoureuses, patientent en rangs d'oignons, épaules et vertex brûlants, irradiés par les ultra violets crus qui tombent à verse du zénith, pareils à des jets de pierre. Sur les fronts perlent des cataractes de sueur, brunie par la poussière que soulèvent les chariots et le piétinement général, qui viennent ruisseler le long des traits émaciés avant de goutter sinistrement dans le sable sombre. Il règne une étourdissante cacophonie. Les marchands braillent à qui mieux-mieux la qualité de leurs marchandises, rivalisant d'adjectifs. Certains esclaves, qui frémissent à l'idée d'un sort dans les mines de Sels, se montrent particulièrement volubiles et hurlent de piteux vœux d'allégeance auxquels plus personne ne croit. Cette place est un véritable grill, tiraillée par des ondes de chaleur miroitantes. Il flotte dans l'atmosphère des relents de viande roussie, de sueur âcre, d'haleines aigres. Cette place a des airs d'abattoir, hantée de désespoir et d'horreur. Cette place à un petit quelque chose de l'enfer, pourtant, c'est peut-être le seul endroit de la Cité où se rend régulièrement l'empoisonneur.

Si Cassian a déserté les rues populeuses, les places festives et les bazars de la Cité, le marché aux esclaves reste un rendez-vous incontournable. Il faut dire qu'il en connaît une pelletée, de ces esclavagistes véreux, et qu'on le traite ici avec tous les égards dus à un prince, compte tenu de son escarcelle épaisse et des razzias régulières qu'il opère ici. Il est de notoriété publique qu'il possède un vrai chenil de bêtes humaines, nécessaire au labour et à l'entretien des champs et palmeraies qui ont fait naguère la prospérité de sa famille. Régulièrement, néanmoins, il se trouve que nombre de ses forçats meurent de manière prématurée. Beaucoup de racontars se sont empressés de fournir des raisons à cette hécatombe mystérieuse. Certains disent qu'une épidémie frappe les récoltes des Saadas, que des tiques nichées dans les cœurs des palmiers mordent la chair des cueilleurs, leur inoculant des fièvres moribondes, sans pour autant que les produits issus de leurs terres n'aient jamais présenté la moindre tare apparente. Alors, d'autres préfèrent à penser que c'est le rythme de travail qui a raison des besogneux, qui ne terminent jamais une journée de labeur sans s'enorgueillir de nouvelles taillades sanglantes, ouvertes par la mèche du fouet. Quelques ivrognes ont même poussé les élucubrations plus loin encore, arguant que le macabre Sorcier Saada prélevait organes, intestins et globes humains pour confectionner des talismans maléfiques. Sans doute la version qu'il préfère.

Force est d'avouer toutefois qu'à défaut des spéculateurs, les charmants esclavagistes, eux, n'ont jamais importuné Cassian par la plus petite question indiscrète. Ces morts régulières qui forcent au réapprovisionnement leur sont un véritable pain béni. Lorsque se profile la silhouette du Sorcier, à l'orée de la place rouge, une bonne poignée d'entre eux sait que la journée ne sera pas perdue, qu'ils pourront même lui céder quelques spécimens sans envergure qui, d'ordinaire, n'intéressent pas le chaland. Car l'empoisonneur tient des critères disparates, surprenants, ne semblant attacher parfois aucune forme d'importance à l'esprit ou à la corpulence du bestiau. Des accointances sont naturellement nées, alors, entre Cassian Saada et la horde des esclavagistes, tout particulièrement avec Cerkhòt. Sans doute l'un des plus grossiers personnages à la ronde.

"Celle là est enceinte, Saada. 'Peut-être pas fort pratique pour les cultures de tes champs ?"
"Hm..." Cassian se ravise, détaille de pied en cap la pauvre femme au ventre arrondi. Un spécimen des plus intéressants pour expérimenter ses potions avortives, ainsi que les rares poisons qui tiendraient en point de mire un héritier gênant en gestation. Il la toise avec une froideur de cisaille. "Je pourrais peut-être lui trouver une utilité à trier le bon grain de l'ivraie... ou à défaire les écales de nos fruits. D'où vient-elle ?"
"Pikuni." Lâche Cerkhòt. "Elle a fui sa tribu... Va savoir pourquoi. Ces bonnes femmes ! Jamais contentes. Il me semble que la bécasse s'est faite engrosser par un odieux personnage et qu'elle a eu honte... une historiette dans ces tons là. Du coup, personne pour la réclamer ou la venger... elle est pas belle, la vie ? Je crois même qu'elle a fait un scandale juste avant de prendre la clef des champs. C'est le cas de le dire ! Pouhahaha !" Exulte le marchand, ravi de son trait. Cassian s'efforce de sourire poliment.

S'il est des nobles marchands qui savent l'importance de la mise dans leur métier, celui là fait indubitablement partie de l'autre catégorie. Ventripotent, arborant une barbe aussi crépue que de la laine de verre, ses petits yeux verts respirent l'intérêt et le vice. Cerkhòt se moque bien des apparences et a l'esprit trop frustre pour être un bonimenteur efficace. A ce titre, Cassian l'aime bien. Avec cet énergumène, il y a rarement de surprises avec le bétail. Sa grossièreté patenté fait de lui un être aux intentions transparentes, dont les malices ne se déploient qu'au nom de misérables profits à court terme.

"C'est bien ça hein, j'me trompe pas, petiote ?" Reprend Cerkhòt à l'adresse de sa prisonnière, comme s'il avait quelque chose à faire de sa version des faits. Il glisse une badine entre ses cuisses pour en flageoler la peau glabre, la forçant ainsi à se redresser. "Et puis sois polie, tiens-toi bien droite pour saluer Monsieur Saada !"
Le tendron s'exécute avec le regard baissé de ces chiens qui craignent les coups de bâton. Elle ne desserre pas la mâchoire, protégeant de ses mains la rotonde saillante de son ventre.
"C'est la première fois qu'elle se fait acheter, elle est toute timide !" Lâche l'esclavagiste de sa voix nasillarde, lui tendant un sourire bien trop fourni en dents pour être réellement sympathique. "Mais vu qu'elle aura d'ici peu une petite bouche à nourrir – enfin si t'en veux bien, Saada, rien ne t'oblige à conserver l'avorton – ben je ne pense pas que ce sera le genre d'insoumise hystérique à te chercher des crosses. Moi, je parie sur une travailleuse exemplaire." Lâche t-il avant d'allonger un petit ricanement. "On fait comme d'habitude ? Tu veux que je te la mette de coté, et tu viens l'examiner dès que tu as fini ton tour de piste ?"

"Parfait, Cerkhòt. Je pense en avoir pour une demi-heure tout au plus." Conclut le Sorcier, avant de laisser ses yeux noirs parcourir les tréteaux où certains marchands font parader les prisonniers comme des volailles, leur affublant des histoires originales et taillées de toute pièce. Si la plupart des badauds posent sur les fournées d'esclaves des regards aux accents durs et des moues tatillonnes, Cassian repère aisément les rares étrangers à leurs mines effarées, ainsi qu'aux motifs de henné estampillés sur leurs mains par les gardes des portes. Des inconscients, qui a la moindre incartade pourraient venir grossir les rangs des infortunés.


Dernière édition par Cassian Saada le Mer 19 Juil - 23:22, édité 2 fois

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Sujet: Re: L'Enfer respire.
Jeu 20 Avr - 22:02

Le soleil. Il vous assenait de coups, braisait la chair de vos membres affaiblis et aveuglait les vues les plus fragiles. Le soleil était différent dans le désert et en cité Rahjak. Le soleil ici, était tortionnaire à lui seul, il était éprouvant et il était presque douloureux à supporter. Les rayons transperçaient l'atmosphère telles des lames finement aiguisées, ils clouaient au sol les voyageurs, ralentissaient leur ascension. La couleur des cieux flirtaient avec l'immaculé et il n'y avait aucune limite à l'étendue azur situé au-dessus des crânes, tout comme les couvertures de sable parsemées sous les pieds. Dans ce périple, où la transformation environnementale s'était effectuée au fil des pas et des heures, elle avait assisté à la montée en puissance du Phébus, trônant royalement dans le ciel, éclipsant tout autre ennemi à ses côtés. Spectatrice d'un climat asséchant les gorges et étourdissant les têtes. Il n'y avait pas que ses yeux qui se confrontaient au fait que la terre devenait grains, son corps affrontait une nouvelle fois depuis bien longtemps, cette chaleur pauvre en oxygène. La canicule.

En ce climat aréique, Ashiri ouvrit les yeux. Ses poumons insufflèrent une première gorgée d'air teintée de poussières et elle relava son corps inerte de sommeil. Elle avait fini par s'accommoder de ce milieu dépourvu d'eau fraîche et d'arbre feuillu. Rare était les fois où sa capacité d'adaptation lui faisait défaut. Bien que le désert était plus difficile à amadouer comparé aux autres environnements, elle ne le laissa pas transparaître. Ces heures interminables de voyage à pied puis à dos de dromadaire, lui avait donné la possibilité de s'habituer à ces conditions climatiques, contrastant avec celles de sa tribu natale. Bien que la période nocturne en ces lieux était plus brève qu'autre part, le groupe de commerçants qu'elle avait intégré, avait terminé son ascension quelques heures après le crépuscule, pouvant ainsi à la fin bénéficier d'une baisse de température plutôt favorable. Cependant, ne pouvant faire leur entrée à la cité en ces temps de pénombres, ils avaient dû passer la nuit à l'extérieur des portes, devant attendre patiemment l'aurore sous le toit de tentes de fortune et allongés sur des bouts de tissus en guise de paillasses.

Constatant que les autres membres avaient commencé à décamper, ce fut sans un mot, qu'elle s'exécuta également. Rassemblant ces quelques effets, dont son sac de druide et ses affaires de premiers besoins, Ashiri remercia ses compagnons de voyage avant de partir à son tour. La cité Rahjak était un détour qu'elle s'était accordée pour son trajet retour. Au départ de la tribu Athna, alors qu'elle s'était résolue à emprunter le même chemin qu'à son arrivée, elle croisa le chemin de ces commerçants qui avait une trajectoire quasi-similaire à la sienne. Ayant encore deux jours dans le délai qu'Harlan et elle, s'étaient attribués pour son expédition, elle se laissa l'occasion de faire une ultime escale. Le besoin de se ravitailler pouvait se combiner avec son désir d'explorer davantage cette parcelle de sable. Au cours de sa vie, Ashiri s'était rendue quelquefois en ces terres de feu et de misères. Pour des raisons diplomatiques et médicinales, mais toujours accompagnée de son mentor et encadrée par ses soins. A présent, la possibilité d'observer ce peuple sous un autre oeil était à portée de main.

Dénuée d'objectif particulier dans cette future découverte de la cité, elle traversa les portes après s'être fait soigneusement inspectée de la tête au pied. Il n'y avait pas d'arme à déposer, seuls ses potions et ses instruments ont été examinés au peigne fin, avant de retrouver sa main bariolée de henné en signe de simple passage. Suivant les mouvements de vague de la masse personnifiée, Ashiri se laissa emporter dans les ruelles toutes aussi bruyantes que pullulante de monde. Sa curiosité s'assouvit des spectacles de rues aux étalages de milles et uns trésors propres à la terre de feu. Mais plus elle s'enfonçait dans les abysses de la cité, moins les rangs se limitaient seulement aux produits locaux, telles que des babioles culturelles ou de la nourriture fraîchement préparée. Les stands exposaient un tout autre type de marchandise, qui ne laissa pas de marbre la jeune Conseillère. Nullement à l'aise avec ce changement, Ashiri désira davantage se renseigner, quitte à retrouver définitivement son chemin dans ce labyrinthe humain. Bousculée, son corps entra en collision avec un autre et suite à de sincères excuses, la druide découvrit celle qu'elle venait d'inconsciemment heurter. Des lignes féminines avec un abdomen plus prononcé que la normal apparu sous ses yeux et les chaînes à ses pieds n'échappa guère à son regard. Mais ce fut tout autre chose qui interpella sa réflexion.

« Désolée ma p'tite, elle est réservée. » Ashiri détourna son regard vers la source de cette mise en garde, une mine légèrment confuse se peignit sur sa figure. Réservée ? Comment pouvait-on réserver une personne ? Elle récolta alors l’œillade d'un homme gras au sourire qui se voulait chagriné, mais la toison mal taillée dissimulait mal sa sournoiserie et il avait des allures de marchand. Mais constatant que la Rodakaar ne daigna pas décrocher une phrase, il dévia son attention sur des enfants chahutant près du stand, dégainant diverses menaces aussi hostiles qu'injurieuses. Ainsi Ashiri cessa de le toiser, observant à nouveau la jeune femme méticuleusement. « Vous êtes enceinte depuis combien de temps ? » Nulle répartie, mis à part un crâne qui s'affaissait de minute en minute. « Votre nom ? » Ses oreilles crurent percevoir le son de "Ranaa", néanmoins sans suite. « Je peux ? » En guise de réponse, certes peu expressive, elle reçut un léger hochement de tête, mais cela lui suffit amplement. Ses habiles phalanges planèrent au-dessus du mont de chair, avant d'effleurer puis de tâter prudemment. Elle sentit un instant de recul de la part de l'hôte féminin, mais cela ne l'empêcha pas d'analyser de son doigté l'anomalie repérée visuellement plus tôt. La courbe n'était pas nette, il y avait vers le bas presque au flanc, une protubérance qui pouvait apparaître lors d'une grossesse mal menée. « Ce n'est pas bon pour vous de rester debout. Votre-» « Eh ! Pas touche à la marchandise ! » Son diagnostic fut brusquement interrompu par le commerçant à barbe qui ne semblait point enchanté par les agissements d'Ashiri, mais cette dernière persista à évaluer la condition de sa nouvelle patiente, le ton toujours aussi pondéré et prévenant. « Votre enfant a dévié quelque peu de sa position initiale. Alors, le mieux serait de vous allonger ou alors de vous asseoir, dès que vous le pouvez. Je crois que j'ai de quoi apaiser la douleur dans mon sac. » Puis une prise sur son poignet brisa sa tension d'esprit. L'homme graveleux agitait sa main teintée, synonyme de son statut de voyageuse. « Tu m'as entendu ? Ça se voit que t'es pas d'ici l'étrangère ! Fais gaffe toi aussi, tu pourrais finir comme eux. » Les pierres de charbons du visage de cuivre de la Rodakaar, lorgnèrent indifféremment les doigts enduits de crasses, enfermés sur sa chair. Sans un mot, sa main se détacha naturellement de la prison occasionnée, comme si cela n'avait eu aucun effet. Puis, sa raison reconsidéra cette dernière réflexion exprimée tout en fixant curieusement son interlocuteur. Finir comme eux ? Cette fois-ci, son champ de vision s'étendit au reste du marché, réalisant que son insinuation faisait allusions aux esclaves.

Admin - Tears of the phoenix
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12/10/2014 Brimbelle 47074 Jessica Chastain Lux Aeterna Médecin / Herboriste 344
Admin - Tears of the phoenix


Sujet: Re: L'Enfer respire.
Sam 9 Sep - 21:14

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Sujet: Re: L'Enfer respire.

 

L'Enfer respire.

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