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˜˜˜˜˜˜La famille est un archipel + Sylen
maybe life should be about more than just surviving


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03/04/2017 Lnou 111 Ricky Whittle Pivette Forgeron / combat & maniement des armes 20
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Sujet: La famille est un archipel + Sylen
Ven 14 Avr - 22:30

La famille est un archipel
Nylan Bàthory & Seren Cermath

Date du RP
Avril 2117
Le ciel commençait à tirer sur une délicate couleur orangé lorsque Seren quitta la forge. Pour des raisons évidentes de prévention incendie, elle avait été construire un peu à l’écart du village, sur une petite colline. Dans le soleil couchant, son ombre se dessinait sur le chemin qui la reliait au village. Les Athnas étaient la seule tribu à construire leurs maisons en pierre, ce qui avait l’avantage d’être plus résistant. Les Kovariis, eux, construisaient avec un bois étonnement bleu. Cette couleur si particulière, associée à l’odeur salée de l’océan qui flottait toujours dans l’air, était particulièrement dépaysant. Descendant le chemin depuis la forge, Seren se retrouva rapidement dans les rues du village. La maison de Nylan se trouvait à l’opposé de la forge. Il aurait pu l'appeler sa maison, vu que cela faisait déjà cinq mois qu’il avait emménagé avec elle et les enfants, mais ce n’était pas encore un automatisme. Il s’était intégré sans trop de difficulté, mais devait faire particulièrement attention à rester respectueux du mode de vie des Kovariis, mine de rien assez éloigné de celui des Athnas. Et quelque part, c’était un peu le coeur du problème. Non seulement son village, sa famille et sa tribu lui manquait, mais afin de ne pas trop attirer l’attention sur sa personne, il avait un peu l’impression de se renier soi-même parfois. Pour l’instant, même si c’était un peu étrange à ses yeux, il ne le ressentait pas comme un sacrifice. Le fait qu’il avait pu garder son travail à la forge, la découverte et l’adaptation à sa nouvelle vie de famille contribuait nettement dans ce sens.

Le village était calme. Il était déjà l’heure où la majorité des gens étaient rentré chez eux. Ceux qui étaient encore dehors pressaient le pas, pour rentrer avant que le soleil soit couché et que les températures plongent. Saluant à l’occasion les rares personnes qu’il connaissait, dissimulant sa main bandée pour éviter les questions, il n’échappait pas à la règle : le plus tôt il était dans la chaleur de son foyer, le mieux. Il connaissait encore assez peu de gens cependant. Pourtant, son arrivée n’était pas passé inaperçue, ce qui le mettait un peu mal à l’aise. Alors qu’il ne connaissait personne, les gens connaissaient son visage et son nom, ce qui avait donné lieu à des situations particulières. Le forgeron, d’un naturel plutôt discret, avait eu du mal avec cette étrange popularité au début. Peu bavard, il était rapidement mis assez mal à l’aise par les conversations avec les étrangers. Il avait fait de son mieux, remplaçant les mots par des sourires, tentant péniblement de ne pas avoir l’air impoli. Et puis, les choses s’étaient rapidement tassées. Malgré l’étrange décision de Nylan, plutôt contraire aux habitudes de son peuple, les Kovariis avaient plutôt bien accepté sa décision. Comme il avait pu conserver son travail de forgeron qu’il aimait tant, malgré son statut et son handicap, il était satisfait de sa nouvelle vie. Malgré tout, il avait du mal à considérer le village comme chez lui. Ce n’était pas tellement qu’il regrettait son choix, au contraire, mais sa famille et sa tribu lui manquait.

Remontant la rue principale, entre les maisons plus violettes que bleus dans la lumière orangée, il arriva en vu de la maison de Nylan. Elle n’était pas très différente des autres, mais facilement reconnaissable au petit panneau de bois gravé qui indiquait les habitants de la maison. Son nom n’était pas dessus, pas encore. Avant de passer la porte, il fit jouer une énième fois les doigts de sa main gauche, pour s’assurer que tout allait bien. La brûlure qu’il avait dans la paume était conséquente, pourtant elle n’était absolument pas douloureuse. Il avait eu beau y réfléchir, il n’avait d’ailleurs aucune idée de quand c’était arrivé. Probablement que dans un moment d’inattention, il avait heurté quelque chose. Comme il ne lui restait pas grand chose à faire avant de rentrer, il avait enroulé sa main dans une bande de tissu - propre, évidemment, il n’avait pas été élevé dans une famille de guérisseurs pour ne rien en retenir - et avait finalement décidé que ça pouvait bien attendre une petite heure avant de s’en occuper. Nylan risquait de lui reprocher qu’il lui faisait gâcher ses onguents, mais en vérité, il était maintenant habitué à son nouvel environnement de travail et ce genre d’accident ne lui arrivait presque plus du tout. Il n’était pas tellement plus maladroit qu’un autre, mais en l’absence de sensibilité dans la main et tant qu’il n’était pas habitué à l’espace de travail, il devait être deux fois plus vigilant que n’importe qui.

A l’instant où il poussa la porte, l’odeur du dîner réveilla sa faim. Les enfants, encore petits, mangeaient généralement tôt et, alors qu’il croyait rentrer trop tard, il eut l’agréable surprise de constater qu’ils l’avaient attendu. La vaisselle était anarchiquement posé sur la table, ce qui devait sans doute être l’oeuvre de Cyna qui, bien que plus âgée que son frère de trois ans, n’était toujours pas assez grande pour voir plus haut que le bord de la table. Athaïl, apercevant son père dans l’embrasure de la porte, se jetta sur lui à la pleine vitesse toute relative de ses petites jambes mal-assurées. Seren, l’attrapa au vol aisément d’une main avant qu’il y ait une mauvaise chute et l’installa dans ses bras.

- Maman, Papa là. Faim ! piailla l’enfant, visiblement très satisfait de son perchoir.

Ce qui arracha un petit rire à Seren qui reposa son fils à terre après lui avoir ébouriffé les cheveux. Athaïl avait dit ses premiers mots avant même que Seren soit au courant de son existence et malgré qu’il progresse à toute vitesse, il ne faisait toujours pas des phrases complètes. Ce qui était très attendrissant. Les mains libres, il se dirigea vers les fourneaux pour voir s’il pouvait aider à quelque chose.
©️ The Hundred & Lnou


Dernière édition par Seren Cermath le Mar 10 Oct - 17:53, édité 4 fois

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Sujet: Re: La famille est un archipel + Sylen
Sam 15 Avr - 15:51

Nylan avait toujours été libre comme l'air. Elle filait comme elle le voulait, où elle le voulait, et personne ne pouvait prétendre la retenir quelque part. Elle ne voyageait que très peu, mais elle filait entre les doigts des gens comme le sable Rahjak. Pourtant, depuis qu'elle était devenue maman, sa vie avait pris d'autres couleurs. Elle avait découvert le sens du mot famille, et même si elle avait encore du mal parfois, elle faisait de son mieux. Plus que jamais avec quiconque, elle voulait faire de son mieux. Elle avait également découvert l'amour. Pas le sentiment brûlant qui avait pu harasser son coeur, mais quelque chose de pur et de sucré, quelque chose qui dispensait dans son corps une douce chaleur sans qu'elle ne ressente jamais aucune crainte.

La femme brune aimait ses enfants plus que tout au monde. Elle ne l'avouerait pas, mais ces deux petits êtres donnaient à sa vie toutes les couleurs de l'arc-en-ciel. Elle s'était découvert un instinct maternel étonnant, que personne n'aurait pu soupçonner venant d'elle. On pouvait lui reprocher beaucoup de choses, mais il y avait deux points sur lesquels elle était intouchable. Le travail qu'elle accomplissait en tant que médecin, et la façon dont elle s'occupait de ses enfants. Pour l'un comme pour l'autre, Nylan pouvait devenir totalement incontrôlable. S'il arrivait quelque chose à ses enfants un jour, il ne valait mieux pas être celui à l'origine du mal. Personne n'était autorisé à faire du mal aux petits. Personne. Et si quelqu'un s'y risquait malgré tout, il paierait le prix du sang.

Cette soirée là était particulière. Cela faisait cinq mois jour pour jour que le père de ses enfants vivait avec eux. Cinq mois qu'ils essayaient d'évoluer ensemble, malgré les difficultés quotidienne qu'ils rencontraient. Cinq mois que sa vie avait véritablement changée. Avoir quelqu'un à ses côtés au quotidien était une expérience particulière. Leur situation était compliquée à décrire. Ils n'étaient pas ensemble, mais ils n'étaient pas séparés. On aurait pu croire que la seule chose qui les liaient était les deux enfants qu'ils avaient eu ensemble. Mais en réalité, c'était bien plus que cela. Seren était le seul homme qui avait réussi à approcher Nylan, et elle savait qu'il n'y en aurait pas d'autres. Il avait été le seul autorisé à poser ses mains sur elle, le seul à pouvoir prétendre à quoi que ce soit avec elle. Il était aussi le seul en qui elle avait confiance.

Elle n'avait rien perdu de son indépendance et de son côté incontrôlable, mais elle se surprenait parfois à songer qu'ils pourraient un jour former une vraie famille. Ensemble. Tous les quatre. Une famille. Si un jour quelqu'un lui avait dit qu'elle aurait envie d'avoir une famille, elle aurait explosé de rire. Et pourtant, elle se retrouvait là, à faire la cuisine pour un homme, aidée par sa fille. Et le pire était peut-être que ça ne la dérangeait pas. L'idée d'un repas en famille avait germé dans son esprit quelques jours plus tôt, alors qu'elle regardait ses enfants jouer. Elle avait réalisé que ce qui leur manquait, c'était de passer de vrais moments en famille, rien que tous les quatre. Alors elle avait profité des cinq mois de l'arrivée de Seren comme une excuse pour réaliser ce dîner. C'était une occasion un peu spéciale, rien de plus. Elle était de toutes façons trop fière pour révéler tout ce qu'il y avait derrière, et tout ce que ça pouvait représenter pour elle.

Athaïl et Cyna s'entendaient étonnamment bien. Ils jouaient beaucoup ensemble, et lorsque les deux enfants étaient séparés, ils avaient tendance à se chercher. Nylan essayait du mieux qu'elle pouvait d'enseigner à sa fille qu'Athaïl n'était en rien inférieur à elle, mais que les hommes n'étaient pas tous aussi gentils. Les préjugés avaient la vie dure au village. Et elle devait bien reconnaître que la plupart des hommes étaient des salopards. Mais pas Athaïl. Et ça lui écorchait presque la bouche de le dire, mais pas Seren non plus. Cyna avait beaucoup de mal à se faire à la présence de son père à la maison, malgré le temps qui passait. Les premiers temps, elle l'avait totalement ignoré. Ce n'était plus le cas aujourd'hui, mais elle avait hérité du caractère de sa mère. Seren se faisait peu à peu sa place, mais il y avait encore du travail.

- Regarde Cyna, ça sent bon, tu trouves pas ?

Nylan portait la petite fille dans ses bras, à la hauteur du repas bouillonnant. Le doux fumé qu'il dégageait se répandait dans toute la maison. Cela faisait longtemps qu'elle n'avait pas réellement passer du temps à cuisiner.

- Trop bon !

Nylan rit et déposa un baiser sur le front de sa fille, et la petite fille lâcha un rire joyeux à son tour. La brune était très fière d'elle. Curieuse, têtue, caractérielle, elle ne doutait pas qu'elle irait loin. Elle deviendrait fière et indépendante, et saurait très bien se débrouiller dans le monde qui les entourait. Peut-être même qu'elle voudrait suivre les traces de sa mère et devenir médecin. Ou guerrière, pourquoi pas. Quoi qu'il arrive, elle la soutiendrait. Elles avaient développé un lien très fort, et se comprenaient avec une facilité déconcertante. Elle se faisait davantage de soucis pour son fils. Il promettait d'être très intelligent, et elle en était tout aussi fier que de sa fille. Mais le monde dans lequel il était né n'avait rien d'évident pour lui. Les hommes étaient stupides, mourraient plus tôt, et se laissaient facilement avoir par les aléas de la vie. Elle espérait qu'il parviendrait à grandir en cultivant force, indépendance et intelligence, mais avec le respect de la femme toujours inscrit en lui.

- Papa va aimer, tu penses ? demanda Nylan à sa fille.

La petite fille sembla hésiter. Finalement, elle hocha la tête, avec un petit sourire satisfait. Elles avaient fait le repas ensemble. Athaïl aussi avait aidé, en jetant maladroitement quelques ingrédients dans la marmite, sous le regard attendri de sa mère. Cyna avait mis la table, et elle était revenue aider pour les derniers préparatifs. Seren allait rentrer d'une minute à l'autre. Nylan posa sa fille sur le sol, et elle resta plantée derrière sa mère pour épier chacun de ses mouvements. Soudain, elle entendit la porte s'ouvrir, et les petits pas d'Athaïl qui courrait.

- Maman, Papa là. Faim !

Nylan ne put retenir un sourire attendri. Elle était réellement heureuse que son fils puisse grandir avec un père. Elle avait toujours trouvé ça extrêmement important, et il n'avait pas été envisageable que ses enfants grandissent sans lui. Si elle n'avait eu que des filles, peut-être que tout aurait été différent. Il était beaucoup plus facile de grandir pour une fille. Mais avec un petit garçon, elle ne pouvait pas faire autrement. Il était tout simplement hors de question que son fils à elle finisse comme les autres garçons du village. Elle se fichait des autres, mais ça n'arriverait pas à son enfant. Elle vivante, personne n'aurait l'occasion de faire de son fils un imbécile ignorant et incapable. Personne.

- Oui, oui, petit impatient. C'est prêt. Maintenant que papa est là, tout le monde à table. Athaïl, tu t'es lavé les mains ?

Nylan prit la marmite dans ses mains, pour la porter jusqu'à la table. En se retournant, elle vit Seren qui se dirigeait vers elle. La brune lui offrit un sourire au père de ses enfants.

- Tu as passé une bonne journée ? Les petits voulaient qu'on mange tous ensemble, alors j'ai voulu leur faire plaisir.

Ce n'était pas l'exact vérité. L'idée n'était pas venu des enfants, mais d'elle. Plutôt mourir que de l'avouer. Elle plongea son regard océan dans les yeux bruns de Seren pendant un instant. Elle finit par le contourner pour aller poser le plat plutôt lourd sur la table. Lorsque tout le monde fut à table, elle servit maladroitement la nourriture dans les assiettes. Elle avait fait un repas plutôt élaboré mais qui pouvait convenir à tout le monde.

- Ce sont les enfants qui ont fait la cuisine, dit-elle.

Elle était concentrée sur ses gestes. Il aurait été dommage d'en renverser sur la table ou sur le sol. Il y avait des tâches de sang partout sur le plancher, et malgré l'énergie qu'elle avait dépensé à essayer de les faire partir, elles étaient incrustées dans le bois. Elle n'avait pas envie qu'à ça se rajoute des tâches de nourriture. Lorsqu'elle eut terminé, elle s'assit.

- Bon appétit !

Nylan commença son repas. Comme à tous les repas, elle parlait plus qu'elle ne mangeait.

- Au fait, j'ai trouvé quelqu'un pour garder les enfants. Une fille du coin, très gentille. J'ai beaucoup de travail en ce moment, c'est la folie. Ca va toi, à la forge ? Athaïl, mets ta main sur la table. Allez jeune homme. Et il a fait drôlement bon aujourd'hui, tu ne trouves pas ? Les enfants sont allés jouer dehors. C'était bien les enfants, pas vrai ?


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Sujet: Re: La famille est un archipel + Sylen
Lun 1 Mai - 21:15

La famille est un archipel
Nylan Bàthory & Seren Cermath

Couleur des dialogues
→ Seren
→ Nylan
→ Cyna
→ Athaïl
Sans en avoir conscience, il eut le même sourire attendri que Nylan. Il savourait sa chance d’avoir une famille aussi parfaite. Sa famille. Elle n’était pas commune, ils avaient fait face à certains obstacles et ils allaient au-devant d’autres, mais peu de choses en ce monde lui ferait y renoncer maintenant qu’il y avait goûter. La nature de leur relation avec Nylan était loin d’être résolue. D’une aventure sans conséquence, il en était soudainement né une famille. Et d’une cohabitation forcée, il naissait une affection réciproque. Seren ne savait pas trop si c’était de l’amour – et il ne se posait pas trop la question, profitant de l’absence de nécessité de le faire – mais il aimait ce qu’il y avait entre eux deux. Il appréciait son caractère, aimait son amour pour leurs enfants, respectait ses qualités et acceptait ses défauts pour ce qu’ils étaient. Et il savait que c’était partagé. Il ne savait pas si leurs sentiments allaient évoluer plus et s’il n’en éprouvait pas la nécessité, il aimait l’idée.

- Oui, oui, petit impatient. C'est prêt. Maintenant que papa est là, tout le monde à table. Athaïl, tu t'es lavé les mains ?

A la vitesse à laquelle Athaïl se précipita dans la direction opposée, il était évident qu’il n’avait pas encore les mains propres. Contrairement à sa sœur, qui était plus posée, Athaïl ne semblait jamais à court d’énergie.

- Tu as passé une bonne journée ? Les petits voulaient qu'on mange tous ensemble, alors j'ai voulu leur faire plaisir.

Seren hocha la tête, s’apprêtant à répondre positivement, mais fut interrompu dans son initiative par la petite voix fluette de son fils.

- Non. Papa, aider Thaïl ?

La formulation lui arracha un petit rire. Le petit dernier avait encore du mal avec les prénoms – dans sa bouche, « Cyna » devenait « Na » – et c’était sans doute pour ça que Seren avait directement été « Papa ». Contrairement à Cyna qui, quand elle l’appelait, utilisait son prénom. Sans broncher, Seren attrapa son fils par les hanches et le porta à hauteur de la bassine d’eau installée en hauteur.

- B-bonne idée. Il hésita. Je risque d’avoir b-besoin de tes … onguents par c-contre. Et toi, t-ta journée ?

Une fois que ce dernier eut les mains propres, il le reposa à terre avant d’enlever son bandage improvisé pour se laver lui-même les mains et le visage. En rentrant de la forge, c’était rarement chose inutile.

- Quoi ta main, Papa ?

Il avait bien tenté de rester discret, mais c’était sans compter le sens de l’observation des enfants. Il n’aimait pas trop que Cyna et Athaïl voit quand il était blessé. Il ne pouvait pas empêcher les rumeurs sur son compte, pas plus qu’il pouvait nier certains handicaps auxquels il devait faire face, mais ça ne l’empêchait d’être un combattant décent et un bon forgeron. Il se fichait de l’avis des inconnus, mais il ne voulait pas que ses enfants le voient comme un handicapé. Et même s’ils ne faisaient sans doute pas le lien entre sa blessure et son handicap, Seren, lui, le faisait. Il eut un sourire rassurant pour Athaïl.

- R-rien de grave. Papa s’est fait un bobo, m-mais Maman va soigner ça ap-p-près manger.

Il se lava les mains en faisant attention à ne pas mettre d’eau sur la blessure, puis remis le tissu autour. Au vu de la couleur peu engageante que la brûlure prenait, il allait définitivement avoir besoin des soins de Nylan. Ceci fait, il s’installa à table en face de cette dernière qui était déjà en train de remplir les assiettes.

- Ce sont les enfants qui ont fait la cuisine, précisa Nylan.

Seren surpris le regard fier de Cyna vers sa mère. Athaïl, quant à lui, avait déjà les doigts dans son assiette. Il remercia Nylan pour le service d’un signe de tête. Il ne savait pas si c’était bon – même s’il doutait peu – mais l’odeur lui avait pleinement ouvert l’appétit.

- Bon appétit !
- Bon appétit ! répondit Seren.
- Nappétit ! ajouta Athaïl qui avait déjà la bouche pleine.

Il n’attendit pas plus et attaqua aussi son assiette. A côté de lui, Athaïl fit involontairement tomber ses couverts que Seren récupéra agilement.

- Hmm. C’est très bon ! dit-il avec sincérité.

De l’autre côté de la table, Cyna – rarement aussi timide d’ordinaire – plongea le regard dans son assiette. Seren n’était pas dupe, il savait que c’était majoritairement Nylan qui avait fait le repas – en partie parce que Cyna n’atteignait pas la marmite sur le feu et heureusement – mais il se doutait bien que c’était surtout la petite fille qui avait aidé. Athaïl n’avait absolument pas la patience.

- Merci ! dit-elle d’une petite voix mal assurée.

Il lui sourit et elle s’empressa de retourner à la contemplation de son assiette.

- Au fait, j'ai trouvé quelqu'un pour garder les enfants. Une fille du coin, très gentille. J'ai beaucoup de travail en ce moment, c'est la folie. Ça va toi, à la forge ? Athaïl, mets ta main sur la table. Allez jeune homme. Et il a fait drôlement bon aujourd'hui, tu ne trouves pas ? Les enfants sont allés jouer dehors. C'était bien les enfants, pas vrai ?

Il hocha la tête en silence en guise de réponse. Nylan était très bavarde et parlait à toute vitesse. C’était une des choses qu’il aimait chez elle. Mais, pour lui qui parlait peu et lentement, ça rendait la conversation un peu difficile parfois. Entre Nylan et les enfants – qui tenaient plutôt de leur mère sur cet aspect – il avait du mal à en caser une. L’avantage, c’est qu’elle posait n’attendait pas vraiment de réponses et elle passait d’un sujet à l’autre à une vitesse impressionnante et sans aucune transition. Il fallait choisir ses combats.

- Bonne nou-velle ! dit-il en acquiesçant. Les enfants la connaissent ?

Jusque-là, ils s’arrangeaient pour qu’il y ait toujours quelqu’un à la maison pour s’occuper des enfants. Comme Nylan travaillait en grande majorité à la maison, ce n’était pas trop compliqué. Seren devait juste s’arranger pour être là lorsqu’elle devait visiter des patients. Il ne demanda pas s’il la connaissait, c’était peu probable. Pour la météo, il n’avait pas vraiment fait attention. Ce n’était pas comme s’il faisait froid dans la forge. Il se tourna vers les enfants, Athaïl faisait des catastrophes dans son assiette, mais ce n’était pas franchement inhabituel. Cyna, quoiqu’encore mal-assurée avec des couverts, avait arrêtée de faire des tâches à tous les repas.

- Vous avez joué à qu-quoi ?

Ce fut l’instant précis où Cyna oublia complètement son embarrassement pour dénoncer son frère sans aucune gêne.

- Athaïl, il a essayé de manger des vers de terre, dit-elle en montrant du doigt son frère, dans le doute. On a joué avec Riel et Lo aussi. J’ai inventé un jeu trop bien, mais ils n’ont rien compris aux règles. J’ai dû expliquer plein de fois. Et après, il était trop tard. Mais du coup, la prochaine fois, et bah, on saura jouer. Et du coup, on pourra jouer tout de suite.

Elle se tourna vers sa mère et continua sans prendre de respiration. Sur ce point, elle tenait carrément de sa mère. Quand elle était lancée, elle ne s’arrêtait plus.

- On pourra retourner jouer avec eux, hein, Maman ?
© The Hundred & Lnou

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16/05/2017 30 Carice Van Houten 21


Sujet: Re: La famille est un archipel + Sylen
Mer 17 Mai - 20:16

Comme à son habitude, Nylan n'était qu'à moitié présente, tant et si bien qu'elle n'écouta rien de ce qu'on lui disait. Physiquement, elle était bel et bien là, mais son esprit divaguait à une vitesse phénoménale. Elle avait beaucoup de choses auxquelles penser, et beaucoup de préoccupations en ce moment, notamment avec les recherches qu'elle était en train de faire. Elle sentait qu'elle était sur le point de mettre le doigt sur quelque chose de fondamentale, et elle n'en dormait plus la nuit. Au fil des jours, d'épaisses cernes noires s'étaient installées sur son visage, lui donnant un air lugubre qui lui allait étrangement bien. Cependant, ses yeux bleus habituellement si pétillant prenaient parfois une teinte plus terne, sans que rien ni personne ne puisse expliquer pourquoi. Lorsqu'elle se tut, il y eut ce même phénomène qui voila son regard pendant quelques instants.

Elle posa les yeux sur sa fille, et elle se sentit envahir par une bouffée de fierté. Cyna avait un caractère bien trempé, et même lors de leurs rares réunions de famille, elle parvenait déjà à s'imposer. Nylan était fière d'elle. Plus qu'elle n'aurait jamais pu le soupçonner, plus qu'elle n'aurait su le décrire ou l'exprimer. Elle continua son observation, et son attention se porta sur Athaïl. Le petit garçon deviendrait quelqu'un de bien. Il était plus timide et réservé que sa soeur, mais il avait une grande âme, que l'on pouvait apercevoir dans son regard sombre. Jamais Nylan n'aurait cru qu'elle aurait un fils, et qu'elle aimerait ça. Malgré tout ce que cela représentait pour elle, elle ne changerait ça pour rien au monde. L'ombre d'un sourire était apparu sur ses lèvres, tandis que son regard poursuivait sa course, et rencontra celui de Seren.

Seren. Si un jour quelqu'un lui avait dit qu'elle laisserait un de ces imbéciles la toucher, elle lui aurait coupé la langue sans même chercher à savoir. Et pourtant, il était là. Il était là, et pour rien au monde elle ne voudrait qu'il soit ailleurs. Bien sûr, elle ne l'avouerait jamais, et la plupart du temps, elle s'interdisait même de le penser. Le fait qu'il soit le seul homme qui ait jamais approché Nylan lui conférait déjà une place spéciale. La médecin ignorait comment les choses allaient évoluer entre eux, et cela n'avait pas vraiment d'importance à ses yeux. Elle vivait au jour le jour, sans se soucier de quoi le lendemain serait fait. En revanche, il y avait une chose dont elle était persuadée, et qu'elle pourrait clamer à qui voudrait l'entendre. Peu importait comment les choses évolueraient, il n'y aurait jamais que lui dans sa vie.

- On pourra retourner jouer avec eux, hein, Maman ?

Elle reprit contact avec la réalité lorsque le silence s'installa, et qu'elle sentit le poids du regard de sa famille peser sur elle. Nylan écarquilla les yeux une seconde, et un toc nerveux secoua sa tête. Ca avait été presque imperceptible, mais ça se produisait souvent lorsqu'elle était perturbée. Ses enfants ne semblèrent cependant pas le remarquer, et même-elle n'y prêta pas attention. Elle se reprit immédiatement, et un sourire s'épanouit sur son visage, tandis qu'elle prenait une nouvelle bouchée de sa nourriture qui ne désemplissait pas de son assiette. Tandis qu'elle mâchait, elle hocha vivement la tête à l'attention de sa fille, pour répondre à la question qui resterait en suspend jusqu'à ce qu'elle décide d'y répondre clairement.

- Oui, oui, bien sûr chérie. La nounou vous y emmènera sûrement, lorsqu'elle vous gardera, toi et ton frère. Ou peut-être que papa le fera ?

Nylan plongea son regard dans celui de l'homme, et Cyna fit de même, les yeux brillants. Elle poussa un petit cri d'excitation, et satisfaite, elle se replongea dans l'engloutissement de son repas. La médecin eut un sourire attendri lorsqu'elle vit qu'Athaïl avait le visage couvert de nourriture. Elle posa sa fourchette, et d'un geste empli d'une tendresse qui ne lui ressemblait que lorsqu'elle était avec ses enfants, elle passa une main sur le front du petit. Elle prenait son rôle de mère très au sérieux, et depuis qu'elle avait donné la vie, quelque chose avait changé en elle. Elle n'était pas tout à fait la même que cinq ans auparavant. C'était comme si une coquille s'était brisée pour faire naître une part belle et lumineuse qui la faisait parfois rayonner. Sans détacher son regard de son fils, elle s'adressa à Seren.

- La fille dont je te parle, on ne la connait pas. Mais je croise souvent sa mère. C'est une femme plein de bon sens, et tu sais à quel point c'est rare par les temps qui courent. La plupart des gens ne sont que des imbéciles qui...

Nylan fut coupée net dans son élan. Son attention s'était reportée sur le père de ses enfants, et pendant qu'elle lui parlait, son regard avait dévié sur le corps de l'homme. D'abord son torse, puis ses épaules, larges et solides. Elle avait ensuite observé ses bras, et un détail l'avait perturbée. Jusqu'à présent, elle n'avait pas remarqué le bandage qui saillait son poignet et une partie de sa main. Elle posa sa paume à plat sur la table, tandis que son sourire disparaissait entièrement, et qu'une grimace le remplaçait. Le bandage était assez conséquent, sale et mal fait. Seren avait encore dû se blesser à son travail, et bien sûr, il ne lui avait rien dit ! En réalité, il en avait parlé, mais absorbée par ses pensées, elle n'avait absolument pas écouté cette partie de son discours.

- Qu'est-ce que tu as fait à ta main ?

Un soupire perça ses lèvres, tandis qu'elle repoussa sa chaise, et qu'elle se leva. D'un pas décidé, elle se dirigea vers Seren, et sans lui laisser le choix, elle lui attrapa le bras et l'entraîna à sa suite. Il était hors de question qu'elle attende la fin du repas pour s'occuper de cette blessure. Plus on attendait, et plus ça avait des chances de s'infecter. Et alors, pour soigner une infection, il fallait y allait ! Ca n'était pas quelque chose de simple à faire, et même si elle y arriverait forcément, il était inutile de gâcher plus de produits que nécessaire. Normalement, un ou deux onguents de sa composition devraient faire l'affaire, mais si cet idiot avait continué à lui cacher la vérité, peut-être aurait-elle eu besoin d'en utiliser trois ou quatre !

Elle se dirigea jusqu'à ce qui lui servait de bureau, petite pièce délimitée par des peaux de bêtes suspendues. Elle lâcha alors le bras de Seren et lui fit signe de s'asseoir. Elle s'agenouilla devant lui, et d'un geste expert, elle défit le bandage de l'homme. Maintenant sa main à quelques centimètres de son visage, elle plissa les yeux, comme pour mieux observer la blessure. Elle ferma le poing, laissant uniquement son petit doigt déplié, et du bout de l'ongle, elle gratta doucement la plaie. Nylan grimaça à nouveau, et elle se releva d'un bond. La jeune femme se dirigea vers son bureau, et entreprit de chercher des choses dans ses tiroirs. Plusieurs objets volèrent et vinrent s'écraser sur le sol sans ménagement.

- Non, c'est pas ça... Non... Mmmh... Où est-ce que j'ai bien pu le mettre... Ah !

Victorieuse, elle brandit un petit pot qui contenait une sorte de pâte noire et visqueuse. Elle attrapa également un sachet qui contenait une poudre verte. Elle s'approcha à nouveau de Seren, et comme elle venait de le faire, elle s'agenouilla devant lui. Nylan reprit sa main avec plus de douceur, et la lui fit ouvrir, paume vers le haut. Avec parcimonie, elle saupoudra la blessure avec le sachet, avant de le refermer et de l'envoyer un peu plus loin. Avec les dents, elle ôta le bouchon et l'envoya un peu plus loin. Un peu de la substance noire vint se déposer sur le haut de ses lèvres, mais la médecin ne sembla pas y prêter attention. Son regard s'était radouci, et se fut avec douceur et minutie qu'elle entreprit de déposer le baume sur la blessure de Seren.

- Qu'est-ce qu'il t'est arrivé, cette fois ? Je t'ai déjà dit de ne pas mettre n'importe quoi sur tes blessures, et de tout de suite venir me voir. Tu sais combien ces choses-là peuvent devenir graves.

Nylan se leva à nouveau, et attrapa un rouleau de bandage qui se trouvait sur son bureau. Elle avait toujours une tâche noire sur les lèvres, mais elle n'y prêtait pas davantage attention. Elle revint vers Seren, et cette fois, elle s'assit à côté de lui. Elle posa la main de l'homme sur sa cuisse dénudée, et elle entreprit de lui faire un bandage. En moins d'une minute, elle eut terminé, et elle afficha une moue satisfaite. Du bout des doigts, elle frôla la paume de Seren.

- Voilà, c'est quand même mieux comme ça. Allez, le repas va refroidir !

Nylan se leva pour retourner dans la pièce principale.

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I may be a twin but I'm one of a kind


Sujet: Re: La famille est un archipel + Sylen
Lun 26 Juin - 12:15

La famille est un archipel
Nylan Bàthory & Seren Cermath

Couleur des dialogues
→ Seren
→ Nylan
→ Cyna
→ Athaïl
Perdue dans ses pensées, il fallut quelques secondes de plus que celles nécessaires pour que Nylan réponde à sa fille.

- Oui, oui, bien sûr chérie. La nounou vous y emmènera sûrement, lorsqu'elle vous gardera, toi et ton frère. Ou peut-être que papa le fera ?

L’excitation de Cyna faisait plaisir à voir, surtout quand elle était d’habitude si réservée vis-à-vis de son père. Seren ne put s’empêcher donc d’hocher la tête, approuvant par la même qu’il serait ravi de les emmener jouer. Nylan reprit là où elle s’était arrêtée, tandis que Seren écoutait d’une oreille distraite.

- La fille dont je te parle, on ne la connaît pas. Mais je croise souvent sa mère. C'est une femme plein de bon sens, et tu sais à quel point c'est rare par les temps qui courent. La plupart des gens ne sont que des imbéciles qui...

En réalité, il lui faisait confiance pour tout ce qui touchait aux enfants. Non pas qu’il ne s’impliquait pas, mais on était dans son village, entouré de gens qu’elle connaissait depuis toujours et Nylan - bien qu’elle ait un caractère et une personnalité un peu… différente - aimait ses enfants par dessus. C’est ce que Seren aimait chez elle. Ca et sa personnalité différente. Même si c’était toujours un peu perturbant. Même après cinq mois de vie commune. Entre autres, elle avait cette étrange capacité à filtrer le monde extérieur lorsqu’elle réfléchissait à quelque chose. Ce qui était décontenançant par dessus tout, c’est que ça pouvait lui prendre à n’importe quel moment. En l'occurrence, elle venait de s’arrêter net en plein milieu d’une phrase. Il leva le nez de son assiette pour découvrir que ses yeux perçants le détaillait. Il comprit ce qui avait attiré son attention avant même qu’elle ne parle et un sourire timidement désolé se dessina sur ses lèvres. La réaction de Nylan ne se fit pas attendre et sa main vint s’écraser à grand fracas sur la table.

- Qu'est-ce que tu as fait à ta main ?

Le sourire de Seren s'effaça tandis qu’il se demandait si elle était vraiment en colère. Le soupir qui lui échappa lui laissa entendre que non. Athaïl avait plongé le nez dans son assiette tandis que Cyna regardait son père avec un regard indescriptible.

- Tu vas faire p-peur aux enfants… ça peut at-t-tendre après dîner, tenta-t-il sans conviction.

Comme à son habitude, elle ne l'avait pas écouté et elle ne l'avait pas non plus entendu lorsque Athaïl lui avait demandé ce qu'il lui était arrivé. Peine perdu, elle n’était toujours pas redescendue sur terre. Seren avait très rapidement compris qu’il était inutile d’essayer de la raisonner lorsqu’elle était dans cet état et il se laissa traîner bon gré, mal gré dans la partie de la maison qui servait de bureau à Nylan. Docilement, il s’assit là où elle lui indiqua. Il la regarda faire, au summum de sa concentration, l'observant alors qu’elle était à peine consciente de sa présence. À cet instant, sa main aurait pu être là sans le reste de son corps, il n’était qu’un patient à soigner. Elle gratta la plaie délicatement, malgré qu’elle sache depuis le temps qu’elle ne risquait pas de lui faire mal à cet endroit. Quelques minutes plus tard et deux rangements sans dessus dessous, elle lui appliquait un onguent noir à une odeur étrange sur sa plaie et refaisait le bandage.

- Qu'est-ce qu'il t'est arrivé, cette fois ? Je t'ai déjà dit de ne pas mettre n'importe quoi sur tes blessures, et de tout de suite venir me voir. Tu sais combien ces choses-là peuvent devenir graves.

Il hocha la tête en silence. A vrai dire et comme d’habitude, il ignorait totalement comment il s’était blessé. Ni même quand. Ce n’était sans doute rien de plus qu’une inattention. Il estima que seule la vérité réussirait à le sortir de la situation et il prit donc le parti d’expliquer le peu qu’il savait.

- Je m’en suis r-r-rendu compte peu de temps avant de… de partir, répondit-il en haussant les épaules. Et tu ne m’as pas écouté.

Il n'était pas fâché, amusé au mieux. C'était simplement la vérité, il avait essayé de lui dire mais elle était tellement souvent la tête ailleurs qu’elle n’avait visiblement pas entendu. Sa tâche terminée, elle se dirigea vers le coin repas. De sa main valide, il attrapa sa sienne pour la retenir et avec le même calme de d’habitude, vint se mettre devant elle, lui barrant le chemin à la cuisine. Il détailla son visage quelques secondes de plus, ayant déjà eu largement le temps de l’observer alors qu’elle le soignait. Elle était belle, même lorsqu'elle était légèrement en colère contre lui. Lui lâchant le poignet, prenant appui sur sa joue, il vint effacer la trace noire qu’elle s’était mise sur la lèvre. Et puis, pris d’une impulsion subite, il déposa ses lèvres sur les siennes avec une douceur insoupçonnée venant d’un géant comme lui. Un sourire aux lèvres et toujours sans rien dire, il retourna à table où les enfants étaient étrangement silencieux. Athaïl jouait distraitement avec sa nourriture, ses deux mains dans l’assiette, visiblement préoccupé par autre chose. Cyna, en revanche, l'accueilli avec un doigt accusateur en sa direction.

- Tu as dis à Athaïl que c’était pas grave, tu as menti, dit-elle avec un ton accusateur en montrant du doigt.

Seren sourit, d’un sourire amusé mais rassurant. C’était pour ce genre de raison qu’il préférait éviter faire toute une montagne de ses blessures. Ça les inquiétait inutilement. En bon papa poule, il voulait les protéger des aléas malheureux de la vie. Sans jamais leur mentir, mais il tenait à ce qu’ils sachent que leur mère et lui les protègeraient toujours.

- Non, je n’ai p-pas menti. Il se tourna vers Nylan, son regard - semblant préciser que ce n’était pas une bonne idée d’inquiéter les enfants - appuya son incitation. N’est-ce pas ?

D’après ce que Nylan lui avait raconté - les faits s’étant déroulé avant son arrivée dans la petite famille - la petite fille avait développé une intolérance aiguë au mensonge après que d’autres enfants soient allés raconter des salades sur son compte. Apparemment, elle supportait encore moins qu’on mente à son petit frère. Du haut de ses six ans, elle était prête à tout pour le protéger, ce qui était infiniment attendrissant.
© The Hundred & Lnou

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16/05/2017 30 Carice Van Houten 21


Sujet: Re: La famille est un archipel + Sylen
Lun 7 Aoû - 14:47

Le regard perdu dans celui du père de ses enfants, Nylan finit par oublier qu'elle était en colère contre lui. Elle ne parvenait jamais à rester fâchée très longtemps contre cet homme - le seul dans sa vie avec Athaïl. Cette étrange faiblesse qu'elle ne parvenait pas réellement à comprendre la mettait mal à l'aise, mais lui procurait aussi un sentiment de bien-être qu'elle n'aurait su décrire. Elle aimait pouvoir s'abandonner à lui sans avoir à se poser des questions, et l'espace d'un instant, d'un baiser ou d'une caresse, oublier tout le reste. C'était un don que seul Seren possédait, et cette particularité lui offrait une place d'une ampleur nouvelle dans le coeur si froid de la médecin. Une place qui n'aurait jamais pu exister sans lui.

Sans rien ajouter, Nylan prit quelques secondes pour reprendre ses esprits. Elle demeura un instant immobile, à observer sa famille. Sa famille. Lorsque Cyna pointa Seren du doigt, Nylan croisa les bras sous sa poitrine, observant avec une attention inhabituelle la scène qui n'avait pourtant rien d'inhabituel. La petite fille avait du mal à se faire à la présence de son père, mais depuis quelques temps, elle allait un peu plus vers lui, s'ouvrait un peu davantage à son existence au sein de leur famille. Seren était en période probatoire, et la moindre erreur pouvait lui coûter très cher. La confiance que lui accorderait ou non Cyna dépendait uniquement de ce qu'il décidait de faire maintenant qu'il était parvenu à capter l'attention de sa fille unique.

Aux yeux de Nylan, une simple égratignure pouvait être grave. Elle prenait tellement son métier au sérieux que n'importe quoi pouvait prendre une ampleur inimaginable par quelqu'un d'autre que la brune. Son regard se posa sur le bras de Seren. Elle ne mentirait pas à sa fille, mais il n'était pas non plus question de faire tout un plat d'une blessure qu'elle avait su soigner en aussi peu de temps. Ses talents de médecin étaient bien loin de s'arrêter ici. Après quelques secondes durant lesquelles le silence s'installa, Nylan se décida enfin à bouger. Elle s'approcha de l'homme, posa une main sur son avant-bras, sans quitter Cyna des yeux.

- Ton père n'a pas menti, chérie. Regarde, il est déjà presque guéri. J'étais en colère parce que je n'aime pas qu'on me cache des blessures. Mais tant que je suis capable de soigner la blessure en question, ce n'est pas "grave". N'oublie pas que je suis un excellent médecin. D'accord ?

La petite fille hésita un instant, méfiante, et puis elle finit par se laisser convaincre. Un sourire éclaira son visage, donnant un éclat tout autre à son regard brun - le même que son père. Nylan s'approcha d'elle, et déposa un baiser sur le haut de son crâne avant de retourner s'asseoir à table. Le repas avait eu le temps de refroidir, mais ça n'avait pas la moindre importance. A ce moment précis, Nylan était simplement heureuse. Athaïl avait cessé de jouer avec la nourriture pour se concentrer sur la confrontation silencieuse entre sa soeur et son père. Visiblement soulagé par le sourire de Cyna, il avait recommencé à manger aussi goulûment que sa mère, tartinant son visage de nourriture.

Le repas se termina sans autres incidents, dans une ambiance enjouée et bruyante. Lorsque ça n'était pas Nylan qui monopolisait la conversation, Cyna prenait le relais, avec une facilité déjà déconcertante. Athaïl, lui, était un peu plus discret, comme son père, mais ça ne les empêchaient pas d'avoir une place bien définie au sein de la famille. Ils étaient quatre, et chacun avait un rôle, une place, quelque chose d'irremplaçable qui faisait que leur famille fonctionnait parfaitement. Il ne manquait rien, il n'y avait rien en trop. Tout semblait régler à la perfection, et Nylan savait au plus profond d'elle-même que la situation allait en s'améliorant. C'est alors que la médecin vit Athaïl avec une tâche de nourriture sur le nez. Elle ignorait comment il avait réussi à se tâcher de la sorte, mais elle rit, suivie de près par Cyna.

Devant la mine déconfite d'Athaïl, Nylan ressentit un brusque élan de tendresse. Toujours en riant, elle prit un peu de sauce qui restait dans son assiette, et elle mit de la sauce sur son nez à elle aussi. Au même moment, Cyna se leva, un sourire espiègle sur les lèvres. Elle s'approcha de son père une main derrière le dos. Lorsqu'elle fut suffisamment près de lui, elle le fixa, et sans prévenir, elle posa son doigt plein de sauce sur le nez de son père, qui se retrouva à son tour barbouillé comme son fils. La petite fille, visiblement contente d'elle, se mit à courir pour fuir d'éventuelles représailles de la part de son père, tandis que Nylan et Athaïl riaient de bon coeur en fixant l'homme. La médecin arma ses deux doigts de sauce brune et fit mine de se mettre en garde, lançant un regard complice à Seren.

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03/04/2017 Lnou 111 Ricky Whittle Pivette Forgeron / combat & maniement des armes 20
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Sujet: Re: La famille est un archipel + Sylen
Mar 10 Oct - 11:45

La famille est un archipel
Nylan Bàthory & Seren Cermath

Couleur des dialogues
→ Seren
→ Nylan
→ Cyna
→ Athaïl
Les paroles rassurantes de Nylan clôturèrent l’incident qui fut rapidement oublié par les enfants, au grand soulagement de Seren. Un sourire et un bisou plus tard, tout le monde retourna à son assiette dans la bonne humeur. Le reste du repas fut rythmé par le débit de paroles des deux pipelettes de la famille, ponctué de quelques interventions des moins bavards. Seren n’aurait pas pu être plus fier de sa famille. Elle était inattendue, mais elle était belle.

Ils étaient en train de terminer leurs assiettes quand soudain, Nylan suivie de près par Cyna, éclata de rire. Assis à côté d’Athaïl, Seren ne comprit pas immédiatement l’objet de leur hilarité. Si ce n’est que ça concernait Athaïl apparemment, à en juger par l’air déconfit de ce dernier. Ce n’est que lorsque Nylan s’étala elle aussi de la sauce sur le nez qu’il fit le lien avec le visage barbouillé du petit dernier. Son rire s’ajouta à celui des autres. Distrait, il ne vit pas arriver Cyna et ses doigts pleins de sauce. En moins de temps qu’il ne faut pour le dire, il avait le bout du nez peinturluré et Cyna s’enfuyait en courant. Il la regarda avec un air de défi, plongea ses dix doigts dans son assiette et se dessina des peintures de guerre sur le visage. Il lui fallut moins de trente secondes pour avoir sa revanche sur sa fille, le temps de la rattraper qui se retrouva elle aussi avec un bout du nez allègrement décoré.

Athaïl ne mit pas longtemps à comprendre le jeu. Il étudia la situation deux minutes, posa son assiette sur sa chaise — la table étant inatteignable pour lui lorsqu’il était debout. Ceci fait, il put descendre de sa chaise avant de plonger ses deux petites mains dans la sauce. Son père et Cyna étant déjà bien occupée, il se rua sur sa mère avec un sourire espiègle. Fort heureusement, la bataille ne dura pas plus de cinq minutes avant qu’elle s'essouffle aussi vite qu’elle avait commencée. Seren profita de l’accalmie provoquée par la rupture de munition — les bols étaient maintenant vide de toute sauce — pour tenter de ramener un peu de calme. Il frappa dans ses mains, non sans les avoir essuyées avant, afin d’attirer l’attention de tout le monde. Seren ne criait jamais, il n’allait pas commencer avec ses enfants.

- Allez, au débarbouillage m-maintenant !

Il arrivait difficilement à contenir son sourire tant le spectacle des deux enfants et leur mère tartinés de sauce était risible. Athaïl avait réussi à s’en mettre jusque dans les cheveux et Cyna en avait derrière les oreilles. Nylan n’était pas en reste, ayant la joue gauche couverte de sauce brune. Seren essuya les traces qu’il avait sur les joues, le menton et le nez avec un torchon. Sans se départir de son sourire moqueur, il tendit le torchon à Nylan pour qu’elle en fasse de même avant de reporter son attention sur les enfants qui le dévisageait, incertain. Il se faisait déjà tard pour eux, considérant qu’à cet âge-là, les enfants avaient encore besoin de beaucoup de sommeil. Déjà que le temps du repas avait été retardé pour l’attendre.

- Cyna, t-tu aides ton f-frère, s’il-te-p-plaît ? demanda-t-il à la petite fille qui n’avait pas encore esquissé un seul mouvement pour répondre à la première demande de son père.

- Oui Papa ! répondit-elle en attrapant la main de son frère avec un grand sourire.

Et elle détala, apparemment fière de se voir confier une tâche. Seren lui rendit son sourire, ne percutant pas immédiatement que sa fille venait de l’appeler Papa. Jusque là, elle avait évité le mot avec une précaution toute particulièrement. La majorité du temps, elle l'appelait par son prénom, d’abord en rébellion et ensuite, avec une certaine gêne. Elle avait conscience cependant que l'appeler par son prénom était un peu étrange, surtout considérant que son frère l'appelait “Papa” depuis le premier jour ou presque. Mais Seren n’avait jamais fait une seule remarque, ne voulant pas la forcer à quoique ce soit. Il avait rapidement réalisé que si elle avait le caractère de sa mère — et ça semblait plutôt bien parti — il était inutile de la forcer.

Sous le coup de la surprise, Seren resta scotché sur place, bouche bée. S’il n'avait jamais vraiment douté que ce moment arriverait un jour, il ne l'attendait pas aussi tôt. Il pivota vers Nylan, partagé entre la surprise et le bonheur, tandis que Cyna, totalement inconsciente de l’effet de ses mots aidait son frère à se rincer le visage. Dans le silence, ses yeux ébahis lui demandaient confirmation qu’il avait bien entendu.
©️ The Hundred & Lnou
 

La famille est un archipel + Sylen

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