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˜˜˜˜˜˜Rien ne te limite excepté tes peurs (Ćiro)
maybe life should be about more than just surviving

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06/04/2017 Aenah / Marie 184 Mimi Elashiry Afanen Guerrière et chasseuse Kovarii 20



Merde. C’est exactement ce qu’elle avait dit quand son arc avait rendu l’âme, il y a quelques jours. Il faut dire qu’elle était tombée de tout son poids dessus. La faute à une foutue liane qui n’avait pas résisté lui aussi à son poids. A croire qu’elle pesait une tonne… Elle s’était inspectée, se demandant si elle avait quelque peu abusé de la viande ces dernier temps mais elle semblait toujours avoir sa taille fine. Et elle n’était pas enceinte. Ça, elle en était sûre. C’était peut-être la fête des roses mais il était hors de question pour elle d’avoir des enfants pour le moment. Elle voulait encore prendre le temps de profiter de sa jeunesse. Elle aurait tout le temps plus tard de profiter des joies d’être mère. Hécate aimait son indépendance, cette liberté qu’elle disposait comme bon lui semblait. Il y avait certes sa mère qui veillait sur elle, mais elle avait compris qu’Hécate était devenue une adulte capable de faire ses propres choix. Elle irait sans doute sur le continent en compagnie d’autres amies de sa tribu car elle aimait bouger et sortir de leur île pour rencontrer de nouvelles personnes et discuter avec des membres d’autres tribus, mais ça s’arrêterait là.

C’était donc en maugréant qu’elle était rentrée chez elle, l’arc en deux morceaux. Elle tenait à ce dernier comme à la prunelle de ses yeux mais elle savait qu’il n’y avait plus rien à faire. Il était irréparable. Heureusement elle savait qu’elle pourrait compter sur son ami Ćiro pour lui fournir un nouvel arc tout neuf. Elle avait donc commandé la fabrication d’un arc et aujourd’hui était le grand jour. Ćiro lui avait assuré qu’il serait prêt en cette fin d’après-midi ensoleillé. La perspective d’avoir un nouvel arc la rendait joyeuse et elle était pressée de pouvoir l’essayer. A n’en pas douter, Ćiro faisait les meilleurs arcs de l’île et elle savait qu’il aurait une nouvelle fois fait des miracles. Elle s’était toujours procuré ses arcs et ses flèches chez lui car elle savait apprécier la rigueur et la finesse de son travail. Si les hommes n’occupaient pas une place de choix chez les Kovariis, Hécate savait apprécier leur importance. Les femmes commandaient mais elle ne se sentait jamais supérieure à eux, sauf envers ceux qui se croyaient au-dessus des femmes. Mais Ćiro ne rentrait pas dans cette dernière catégorie, il était un homme Kovarii avant tout. Et Hécate se sentait toujours bien en sa présence. Elle aimait passer du temps avec lui, discuter de tout et s’amuser à le taquiner.

Elle se rendit chez  Ćiro d’un pas enjouée, sa tenue de chasse en cuire noire revêtu et son carquois rempli de flèches en bandoulière. La jeune femme ne comptait pas chasser, elle voulait juste aller essayer son arc dans la jungle, et si possible en compagnie de son créateur. La porte était entrouverte et Hécate frappa contre le battant. « Ćiro ? C’est Hécate, je viens voir si la nouvelle œuvre d’art que tu m’as préparé est prête. » Elle passa une tête dans le cabanon, un grand sourire aux lèvres, pour voir si Ćiro s’y trouvait.

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11/03/2017 ELOW ; DEVOS, IRINA & JONAS ; 475 MATHIAS LAURIDSEN ELOW ; CRÉATEUR D'ARCS ET DE FLÈCHES, HOMME DE MAIN ET DE FOI DÉVOUÉ. FAUX IDIOT AUX PENSÉES PRONONCÉS. KOVARII ; 41
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rien ne te limite, excepté tes peurs.
12 AVRIL 2117

Il y avait une étape de conception de flèche qui, aux yeux de Ćiro, était magique. Après des heures à sculpter le bois, à tailler les pierres, à tisser des liens, voilà qu'il pouvait tout assembler. Que tout se rejoignait parfaitement, comme il l'avait imaginé. Son imagination prenait une forme réelle. Ses têtes étaient longues et coupantes, elle brillait. Ćiro utilisait une pierre volcanique, qu'il retrouvait souvent dans la jungle. Le jaspe a pour particularité de posséder plusieurs coloris différents et Ćiro adorait ça. Il ne manquait pas de choix et s'amuser à classer dans son atelier ses pierres. Il aimait les choses, les belles choses. Et certains morceaux brillaient naturellement, possédant une âme propre à ses yeux. C'était ses trésors, à lui. Sa fascination lui faisait parfois perdre son temps alors qu'il cherchait des roches à exploiter. Il se demandait souvent quels types de pierre il pourrait trouver sur le continent. Quelles merveilles l'autre monde cachaient. Pouvait-il exploiter ces trouvailles dont il ignorait tout ? Dernièrement, Ćiro travaillait sur une flèche en particulier. L'ornementation était un art lent et précieux. Ćiro le faisait pour les arcs des Kovariis, unique à chaque utilisatrice. Elles en valaient la peine. Elles étaient ces femmes qu'il admirait et qu'il respectait. Ces femmes qui avaient besoin de ce qu'il y avait du mieux, parce qu'elles étaient les protégées de la déesse. Il s'attaquait parfois à l'extrémité des flèches. En sculptant, Ćiro réduisait le poids de celles-ci et si c'était bien fait, cela permettait à la flèche d'osciller parfaitement à une vitesse encore plus rapide.

Naturellement, son travail lui laissait des marques. Surtout sur les mains. Il se coupait rapidement et pour un rien. Il était en train de finir le nouvel arc d'Hécate quand il se coupa avec le cordage. Idiot. Il rattacha celle-ci, nettoya l'unique goutte qui était tombée sur le bois et attrapa un morceau de tissu qu'il enroula autour de son index. Comme souvent, il ignorait presque la plaie et reprenait ce qu'il faisait comme si ce n'était rien. Pour Hécate, il avait tenté de reprendre les mêmes ornementations que sur son ancien arc brisé, à quelques exceptions. Il avait sculpté deux énormes soleils, en haut et bas de la manche de l'arc qui était enroulé de tissu. Il avait fait vite, car il était précieux qu'elle retrouve son arme rapidement. Par chance, il avait encore du bois bleu non travaillé. Il posa l'objet non loin, laissant le bois s'imprégner des traits noirs qu'il rajoutait toujours à la fin. Avec ce beau soleil, ça irait vite.

Assis par terre, il resta près de l'arc alors que les minutes filaient. Il était seul, il était bien. Il en avait profité pour passer un peu d'eau sur son doigt. Sa mère absente, sa sœur occupée, il profitait de ces rares instants où il n'avait personne pour lui dicter quoi faire ou comment. Ces rares instants où il se libérait totalement de ce qui l'entourait. Il ferma aussi les yeux, sa peau semblait se réchauffait au contact du soleil. Et pendant un instant, un tout petit instant, il se laissa porter par son imagination. Ses rêves. Il laissa ses pensées s'envoler, imaginant tout ce qu'il pouvait accomplir, tout ce qui pouvait être fait. Pour elles, pour lui aussi. Il y a des choses qui sont cachées, là, dans son esprit. Qui n'ose pas sortir, qui n'osent pas s'éveiller. Et alors qu'il est en plein dedans, presque endormie, une voix le ramène à la réalité. Il sursaute, presque embêté d'avoir succombé à ce paisible instant. Par chance, ce n'est ni sa mère, ni sa sœur.

Tu es là ! S'exclame-t-il, ravie de savoir que la jeune Hécate est là. Il rentre par l'arrière du cabanon et s'approche, trouvant la chasseuse à l'entrée. Tu es là ! Attends, attends, ne bouge pas, je te l'apporte. Il a l'air tellement heureux, qu'il se cogne l'épaule bêtement. Il grimace une fraction de seconde sans s'arrêter et retournant là où il avait laissé l'objet de la situation. Un rire franchit ses lèvres alors qu'il attrape l'arc, parfaitement prêt pour la situation. Il était d'une maladresse...

J'ai fait quelques modifications, le bois était légèrement différent que celui que j'avais utilisé pour ton ancien arc, mais normalement il devrait être un peu plus résistant. Il reprend sa respiration et il tend l'arc presque précieusement. Il sait qu'elle en prendra soin, que c'était un accident et que les accidents. Est-ce que... est-ce que ça te plaît ? Il s'éloigna, pour laissa à Hécate l'espace pour évaluer l'arc. Bien sûr, il faut l'essayer. Il faut absolument l'essayer... Répétât-il comme si c'était nécessaire. Il n'avait pas eu le temps de le faire lui-même, d'ailleurs, ce qui le dérangeait un peu. Il se tourna, faisant signe à Hécate qu'ils pouvaient aller derrière. Il possédait une cible pour essayer. Tu veux essayer ? On peut... on peut le faire ici, ma mère n'est pas là. Il marque une pause. Ma soeur non plus. Je suis seul. Enfin, on est seuls maintenant.



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Le cabanon paraissait vide à première vue mais rapidement, la silhouette de Ćiro apparut dans l’encadrement de la porte de derrière. Les lèvres d’Hécate s’étirèrent en un sourire lumineux, heureuse de voir celui qu’elle considérait comme un ami. Ils étaient certes différents et ils n’occupaient pas la même place au sein de la tribu qui était dirigée par les femmes, pourtant Hécate le considérait comme son égal. Elle était complètement ébahie par le travail que faisait le jeune homme, elle enviait sa patience et l’agilité de ses doigts. Elle savait d’ors et déjà qu’elle ne serait pas déçu par son travail. Elle ne put s’empêcher de rire quand elle le vit se cogner l’épaule alors qu’il allait chercher son arc. Sa maladresse aurait pu en agacer certaines mais Hécate trouvait cela mignon. Au bout de quelques instants, Ćiro revint avec le nouvel arc d’Hécate. Celui-ci ressemblait à première vue à son ancien arc et Hécate trépignait presque d’impatience de le prendre en main. Elle était presque comme une enfant recevant un cadeau. Même si elle tenait énormément à son ancien arc, il avait fait son temps et le changement était parfois appréciable.

Ćiro le lui tendit en lui expliquant les différences avec son ancien arc et Hécate hochait la tête alors qu’elle examinait l’objet en question. Il avait pris soin de reproduire les mêmes gravures que sur l’ancien avec quelques petites modifications et elle sourit alors que sa main soupesait l’arc. « Il semble parfait. Comme toujours. Tu as vraiment des mains en or. » Hécate caressa doucement le bois, admirative du travail du jeune homme. L’arc était comme une extension d’elle-même et elle devait être tout de suite à l’aise dans sa prise en main. La jeune guerrière était certaine qu’il n’y aurait aucun souci et que son adaptation à ce nouvel arc se ferait extrêmement rapidement. Hécate hocha la tête lorsqu’il lui dit qu’il fallait qu’elle l’essaye. Elle était d’accord. Elle savait qu’il avait de quoi tirer à l’arrière du cabanon. « Je suis d’accord. Allons l’essayer. En plus, si on est seul, on sera tranquille. Mais après, je me disais qu’on pourrait peut-être l’essayer sur des cibles…plus mouvantes. Dans la jungle ? ça nous permettrait de passer un peu de temps ensemble. » Hécate lui sourit gentiment avant de reprendre alors qu’il se dirigeait à l’arrière du cabanon. « Je comprendrais si tu ne peux pas ou que tu as autre chose à faire. Je ne veux pas accaparer ton temps. » Elle préférait lui laisser une porte de sortie. Hécate savait que Ćiro ne s’aventurait jamais dans la jungle et que l’inconnu pouvait être effrayant. Et puis il était vrai que la jungle grouillait de bestiole en tout genre donc il avait toutes les raisons de ne pas vouloir se perdre au milieu d’une faune et d’une flore qui ferait tout pour prendre le dessus. Hécate ne serait pas du tout vexer s’il refusait car elle savait que ce ne serait pas contre elle. Elle le comprenait. Elle avait elle-même la phobie de l’eau donc jamais elle ne le forcerait. Une fois devant la cible, elle attrapa une flèche de son carquois et tira, la flèche atteignant le cœur de cible du premier coup. « Trop facile ! » Elle rigola et se tourna vers Ćiro. « Alors une petite balade, ça te dit ? »

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La maladresse de Ćiro était connue. Plus personne ne faisait attention au nombre de choses qu'il détruisait par pur accident. Surtout que la plupart du temps, c'était tout simplement lui-même qui se retrouvait à subir ses propres gestes. Son corps tout entier dévoilé parfois quelques marques de blessure ridicule. Les petits trucs qu'ont les gamins parce qu'ils sont trop aventuriers dans l'âme. Ce n'était pas son cas à lui. Il n'y avait pas de héros caché sous ses airs d'idiot naïf. Il y avait juste cette malchance certaine. La preuve, trop heureux de voir Hécate, il se cogne l'épaule. Trop rapide dans ces gestes, trop excité. Il était toujours content quand une commande était prête, qu'un détail était réglé. Il était encore plus content que ce soit la jeune femme qu'il voyait. Elle était son amie, il en était persuadé. Mais elle était aussi incroyablement jolie, au point qu'il se sentait souvent plus naïf encore en face d'elle. Comme si elle réveillait quelque chose au fond de lui. Il ne saurait dire vraiment quoi, outre peut-être qu'il était certain que son admiration pour elle dépassait le simple respect. Alors forcément, il avait travaillé rapidement et efficacement pour procurer à la jeune femme l'arc dont elle avait besoin. Le temps précieux qu'il avait passé dessus s'était rapidement envolé. Il perdait toute notion quand il travaillait. Surtout quand il s'occupait d'un arc aussi précieux à ses yeux.

Il tendit l'objet précieusement et un sourire apparu sur son visage face aux paroles de la belle Hécate. Elle semblait ravie de ce qu'il avait fait. Ses compliments le firent même rougir.

Des mains d'or… Il ne put s'empêcher de montrer ses mains, loin d'être parfaite. Il avait des cicatrices, des plaies, ce n'était clairement pas des mains en or, mais c'était amusant comme métaphore. Il faisait simplement de son mieux et tâchait de ne pas trop innover dans sa fabrication. Il exécutait les gestes qu'on lui avait appris avec rapidité et efficacité. Mais une partie de lui faisait plus, parce qu'il savait que ces femmes méritaient ce qu'il y avait de mieux en ce monde. Il voulait être capable de leur offrir ça. Des armes à la hauteur de leur réputation.

La… La jungle ? Une partie de lui ne voulait absolument pas y aller. Il évitait le plus possible de traverser ces lieux. Mais une autre était incapable de refuser quoi que ce soit à la jeune femme. Ils se dirigent quand même derrière chez lui pour essayer l'arc sur une cible statique. Non, non, j'ai tout le temps du monde... pour toi. Pour elle, toujours. Arrivée devant la cible plus loin, Hécate ne perdit pas une seconde. Elle tira sa flèche et en une fraction de seconde, celle-ci atteignit sa cible. Effectivement, c'était peut-être trop facile. Son rire lui donna des frissons. Des frissons agréables et tout ce qu'il trouva à répondre fut un simple : Allons-y.

Il se pressa alors à chercher son arc et ses flèches – par précaution. Son arme était plus lourde que celui d'Hécate et plus ancienne. C'est la première arme qu'il avait entièrement conçue et complètement finie. Son premier arc fonctionnel. Il en profita pour prendre aussi de l'eau et rejoignit ensuite la demoiselle pour traverser la ville et entrer dans la jungle.

On peut y aller ! Mais son enthousiasme diminua au fur et à mesure qu'ils avançaient vers la jungle. Il savait le genre de bête qui se cachait là-dedans et ce n'était en rien rassurant pour lui. Il savait qu'une fois dedans, il ne pourrait pas faire marche arrière. Qu'il allait devoir suivre Hécate. Il appréciait vraiment le temps qu'il passait avec elle, mais sa peur n'allait pas le quitter pour autant. Quelle bête veux-tu pister ?


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06/04/2017 Aenah / Marie 184 Mimi Elashiry Afanen Guerrière et chasseuse Kovarii 20



Elle avait souri lorsque les joues de Ćiro s’étaient teintées de rose quand elle l’avait complimenté. Elle le trouvait mignon comme ça. Elle s’était toujours sentie bien en sa présence, aucune méchanceté, aucune mesquinerie n’émanait de lui. Elle aurait pu lui faire confiance aveuglément car elle savait que jamais il ne lui ferait de mal, en tout cas, pas volontairement. Alors elle espérait pouvoir passer encore un peu de temps avec lui pour lui faire découvrir son univers, la jungle. Elle était impatiente qu’il découvre davantage les couleurs, les odeurs et les bruits de la jungle qui ne parvenaient que de manière étouffés au village. Elle voulait l’emmener dans son univers et qu’ils soient coupés de la tribu pour quelques heures. La jeune chasseresse était toute excitée à cette perspective et croisait les doigts pour que sa proposition trouve une réponse positive du côté de Ćiro.

Il parut d’abord hésitant, ce qu’elle comprenait et ne lui mit pas la pression. Mais lorsqu’il confirma qu’il avait du temps, pour elle, le cœur d’Hécate rata un battement et son sourire s’élargit, avant qu’elle ne décoche sa flèche. Elle ne savait pas vraiment pourquoi ça la rendait si heureuse qu’il accepte de la suivre dans la jungle mais elle ne s’attarda pas vraiment sur ce qu’elle ressentait. Ćiro était son ami, il était normal qu’elle soit heureuse qu’il l’accompagne. Mais aurait-elle ressenti la même chose si cela avait été Cyd à la place de Ćiro ? Hécate chassa ces questions de ses pensées quand le jeune homme revint avec un arc et des flèches. Son arc paressait plus épais que le sien et sans doute plus lourd, mais on reconnaissait inimitable la patte de Ćiro. C’était sans doute sa sensibilité qui en faisait un artisan, et même un artiste du bois à part entière. Ils traversèrent le village ensemble et elle aperçut du coin de l’œil sa mère qui discutait avec leur voisine. Elle haussa un sourcil surpris en voyant que sa fille se dirigeait vers la jungle, accompagnée. Hécate ne prêta pas plus d’attention à elle et ce qu’elle pouvait en penser lui importait peu à ce moment-là. Rien ne pourrait gâcher sa joie d’aller essayer son nouvel arc avec son créateur.

Si Ćiro avait paru enthousiaste jusque-là, Hécate l’observait discrètement et vit l’anxiété le gagner progressivement, à mesure qu’ils approchaient de l’entrée de la jungle. Elle avait envie de lui prendre la main, de le rassurer mais elle se retint, incapable de savoir comment Ćiro réagirait. Apprécierait-il son contact, chercherait-il à retirer sa main ? Et puis, depuis quand elle se posait autant de questions au sujet de Ćiro ? La voix de ce dernier la fit presque sursauter quand il lui demanda quel genre de bête, elle voulait pister. Elle détourna les yeux, gênée car cela devait faire un moment qu’elle le fixait avant qu’il ne lui pose la question. « Je… Je pensais qu’on pourrait s’en tenir aux lapins, à moins qu’on ne croise le chemin d’un sanglier. » Elle continua d’avancer, observant les alentours. Doucement mais sûrement la jungle se refermait sur eux, les engloutissant. « Il fait jour donc on a peu de chance de rencontrer un prédateur. Mais il faut juste que tu fasses attention où tu mets les pieds. Ce serait dommage que tu te fasses mordre par un serpent. Sinon je serai dans l’obligation de sucer…le…enfin le venin. » Elle ne put s’empêcher de rougir devant le double sens de ses dernières paroles avant qu’elle ne précise rapidement qu’il s’agissait bien du venin dont elle parlait. Hécate tenta de cacher son trouble en lui souriant, espérant que l’ambiguïté de sa phrase, s’il l’avait relevé, aurait au moins le mérite de lui faire oublier qu’il se trouvait dans un environnement hostile. Hécate continuait de marcher silencieusement au côté de Ćiro, pendant que ses yeux cherchaient des traces de petits gibiers. Elle aperçût quelques crottes de lapins et décida de suivre la piste. Elle releva quelques instants les yeux vers Ćiro, toujours le sourire aux lèvres. « Je suis vraiment contente que tu sois là avec moi, Ćiro. » Hécate espérait que ce soit réciproque et que cette promenade dans la jungle ne soit pas trop pénible pour lui. Elle reporta ensuite son attention sur la piste qu'elle suivait. « Je pense qu'on ne devrait pas tarder à croiser des lapins. »

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12 AVRIL 2117

Hécate représentait pour Ćiro une énorme fierté. Guerrière, elle n'avait pourtant rien d'un monstre assoiffé de sang et prêt à tout détruire. Son visage reflétait même le contraire. Les Kovarii savaient quand il était temps de tuer, elles savaient aussi comment épargner et éviter des douleurs inutiles. Elles avaient du respect, un honneur évident. Ćiro voyait tout ça en Hécate, en plus d'autres choses. Elle était jeune, mais pourtant déjà si mature et intelligente. Il était prêt à se plier en quatre pour satisfaire ses envies et cela de bon cœur. Elle méritait quelqu'un qui prenne soin d'elle, qui comprenne sa valeur. Elles étaient toutes parfaites, toutes, mais Hécate avec un truc en plus qui le faisait rougir à chaque fois. Un petit je-ne-sais-quoi qui le pousse à être plus minutieux avec elle. C'était son amie, mais une partie de lui espérait sans doute plus. Difficile d'exprimer correctement ces pensées quand il n'a jamais réellement vécu quelque chose de similaire auparavant. Il n'était pas censé les différencier, faire du favoritisme. Il n'avait ni le rang, ni le pouvoir de choisir. L'archer se contentait pour le moment de rester à ses côtés en fidèle compagnon et de ne rien faire d'inapproprié… Le ridicule, bien qu'une habitude, était surtout désormais le signe d'un malaise évident. Il ne savait pas comment agir face à elle et espérait ne pas être trop étrange à ses côtés.

Si une autre femme lui avait demandé d'aller dans la jungle, il aurait joyeusement refusé. Il y avait là-dedans trop de danger à ses yeux. Son père était mort dans cette jungle et à chaque fois qu'il devait franchir ces arbres, son sang se glacer. Peut-être percevait-il que lui aussi, pourrait mourir sous les coups d'un animal affamé. Pourtant, à côté d'Hécate, ne devait-il pas essayer de se montrer plus confiant ? Il ne se rendit pas compte qu'il fixait la jeune femme autant qu'elle et tâcha de trouver une question pour animer la conversation. Voilà qu'il allait de nouveau rougir bêtement et ça en devenait agaçant.

Des lapins et des sangliers… Son regard observa les alentours. Les sangliers pouvaient être terribles. Fonceurs, énormes… mais pas prêts à dévorer un homme. Les lapins sont vraiment trop adorables… même s'ils ont un goût bien savoureux. Il n'était pas du genre à manger beaucoup de viande – personne n'en mangeait énormément. Ćiro pourtant, avait un régime alimentaire basique dictée par une mère qui préférait garder le meilleur pour sa fille. Rien de bien étonnant.

C'est bon de savoir que je pourrais compter sur toi, Hécate. Mais non, non, aucun serpent ne va me mordre, je ferais attention ne t'inquiète pas. Il était gêné. Cela pouvait se sentir à des kilomètres, mais il avait remarqué les paroles de la jeune femme et une étrange vision avait effleuré son esprit. Il se concentra tout de suite sur le chant d'un oiseau plus loin. Il devait arrêter d'imaginer tout et n'importe quoi comme ça. Silencieux, il suivait Hécate tout en gardant un œil sur ce qui se passait derrière eux. Il ne percevait aucun danger pour le moment. Il remarque ensuite Hécate prendre une direction précise et se dit qu'elle avait trouvé une piste. Porche d'elle, il cessa de bouger lorsqu'elle se tourna vers elle, ravie qu'il soit là à ses côtés.

Mais je… je suis ravi, moi aussi de… tu sais, être là… Son sourire timide n'allait pas l'aider. Elle était si proche de lui, physiquement. Hécate reporta son attention sur sa piste et avoua qu'ils ne tarderaient sans doute pas à tomber sur des lapins. Lui faisant entièrement confiance, Ćiro continua de la suivre puis remarqua un petit mouvement à sa droite. Il tapota sur l'épaule de la jeune femme pour lui indiquer la petite créature. Il laissa Hécate continuer la chasse et attraper leurs proies alors qu'il continuait d'observer derrière eux. Sans se rendre compte, son regard intense se perdit dans cette masse de feuilles et de branchages, imaginant déjà le pire venir les attaquer. Les secondes filèrent sans qu'il ne bouge, désormais paralyser par absolument rien si ce n'est sa peur, toujours présente.

C'est Hécate qui le ramena avec sa douce voix…

Pardon… Désolé, j'ai cru voir… Son regard jongla entre Hécate et la jungle. Ce n'est rien.


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Ses instincts de chasseresse s’éveillaient. Sa respiration était calme, ses yeux analysaient la piste qu’elle suivait. Elle repéra plusieurs empruntes de pattes de lapins et des crottes qui lui semblaient fraiches. Ils n’étaient donc pas très loin. Elle n’avait plus besoin de veiller sur Ćiro pour le moment. Il lui avait assuré qu’il ferait attention et elle le croyait. Hécate et lui n’étaient pas dans un coin de la jungle particulièrement dangereux même si le danger pouvait être partout. Hécate en était plus que consciente. Beaucoup de femmes avaient un jour été blessées dans la jungle. Et parfois, cela était bien pire qu’un simple bobo. Elle était encore jeune mais s’aventurait entre ces arbres depuis plusieurs années. Elle ne connaissait pas la jungle entière comme sa poche mais la zone où elle avait l’habitude de chasser, si. Elle savait donc qu’il serait facile de trouver du petit gibier dans ce coin de la jungle qui recelait de petits terriers.

Hécate offrit un grand sourire à Ćiro quand il déclara être lui aussi heureux de partager ce moment avec elle. Cela faisait vraiment plaisir que Ćiro ait accepté de la suivre ainsi dans la jungle sans qu’elle n’ait besoin d’insisté. Tous ces moments passés avec Ćiro étaient simples et agréables. Hécate n’avait pas besoin d’être sur ses gardes et pouvait être elle-même. Il ne la jugeait pas. Ne lui rappelait jamais ses fautes passées. Elle savait qu’elle pouvait compter sur lui quoiqu’il arrive. Elle sentit les doigts de Ćiro tapoter son épaule et suivit du regard la direction qu’il lui indiquait. Hécate lui sourit, lui fit un clin d’œil puis s’avança doucement et sans bruit vers le petit mouvement que Ćiro avait détecté. Il avait eu l’œil. Elle se fit la réflexion qu’elle le remercierait ensuite et le complimenterait sur ses qualités d’observateur. Elle sortit une des flèches de son carquois et encocha celle-ci. Elle tira la corde vers en inspirant puis ferma un œil pour viser. Elle observa le mouvement derrière les fourrées et se tenait prête à tirer. Sa concentration était maximale, plus rien autour n’existait. Elle vit le lapin sortir du buisson et un quart de seconde plus tard, un deuxième lapin beaucoup plus petit sorti lui aussi. Elle dévia son tir de justesse et la flèche s’enfonça dans le sol à quelques centimètres des lapins qui détalèrent. Hécate alla chercher sa flèche en trottinant et revint près de Ćiro qui n’avait pas bougé. Celui-ci semblait observer quelque chose d’un air préoccupé. Elle suivit son regard mais ne vit rien. « Ćiro ? » Il s’excusa, pensant avoir vu quelque chose mais Hécate ne vit rien et n’entendait rien qui puisse l’alerter. Aucune trace au sol n’annonçait la présence d’un quelconque prédateur. « La jungle regorge de petits animaux inoffensifs la journée, donc c’est possible que tu es vu du mouvement. » Le sourire d’Hécate était doux et se voulait rassurant. Elle comprenait que trop bien que la peur pouvait vous faire imaginer les pires scénarios.

« Bon, je crois que je reviendrais bredouille aujourd’hui. C’était une lapine et son bébé donc je ne l’ai pas tué. On mangera autre chose. » Hécate attrapa la main de Ćiro, cette fois sans se poser de question. « Je vais te montrer un endroit sympa. » Ils marchèrent quelques minutes dans la jungle, la chaleur et l’humidité rendait la marche un peu plus difficile mais Hécate avait l’habitude. Et elle savait que le résultat en valait la peine. Le contact de la main Ćiro dans la sienne était agréable et elle aurait pu la tenir ainsi pendant longtemps. Elle ne savait pas exactement ce que cela voulait dire, peut-être qu’elle l’appréciait un peu plus qu’un simple ami… Ils débouchèrent sur une petite rivière, où l’eau descendait le long de petite cascade. Elle avait peur de l’eau mais elle avait toujours trouvé le bruit apaisant. Hécate savait qu’il fallait se méfier quand on se trouvait ainsi près d’un point d’eau car c’était là que la plupart des animaux venaient s’abreuver. Elle vérifia donc discrètement et jugea qu’ils pouvaient y passer un peu de temps tranquille. La jeune femme relâcha la main de Ćiro et s’approcha de l’eau. Hécate posa son arc et son carquois à coté d'elle. Elle plongea les mains dans l'eau puis mis ses mains en coupe pour en boire un peu. Elle repris un peu d’eau entre ses mains et un sourire malicieux étira ses lèvres. « Tu devrais la goûter Ćiro, elle est vraiment bonne. » Et elle lança l’eau qu’elle avait accumulée dans ses mains sur lui. Elle ne put s’empêcher de rire lorsqu’elle vit sa tête toute mouillée. « Elle est fraîche ? »

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12 AVRIL 2117

La première chose que l’on remarque chez Ćiro c'est sa taille. Le fabricant d'arc est grand, un peu plus que la normale. Pas assez, cependant, pour dépasser toutes les femmes de l’île. Il ne s’était jamais rendu compte de cette différence jusqu’à ce que sa petite soeur cesse de grandir. Il fait deux têtes de plus. Elle déteste le regarder, devoir lever la tête, se sentir si petite et minuscule face à lui. Ćiro pensait que c’était l’une des raisons qui pouvaient l’énerver sans qu’il n’ait besoin de faire quoi que ce soit. C’était déjà un homme, un homme qui avait la sensation que sa place n’était toujours pas importante, un homme qui priait de ne pas se retrouver de l’autre côté de la mer. Chaque fois qu'il regardait l’horizon, il sentait que quelque chose là-bas pouvait l’anéantir. Qu’il n’y avait rien pour lui sur le continent. Sa maison était là, sous les arbres de la jungle indomptables, près des chants des oiseaux sauvages. Il préférait mourir sous les coups de griffes d’un jaguar que de partir vivre là où les Kovarii sont ignorés. Il savait pourtant une partie de lui était prêt à faire le chemin ne serait-ce que pour répandre la bonne parole. La foi de la Déesse était si forte en lui qu’il n’attendait que les signes pour accepter son destin. En attendant, son but ultime dans la vie était de servir les femmes de son entourage, de les chérir et d’améliorer leurs conforts. Ćiro se plierait en quatre pour satisfaire le coeur des plus vaillantes.

Et il y avait Hécate. Il serait bien incapable de lui refusait quoi que ce soit, même son coeur sur un plateau. Ou l'accompagner dans ce qui l’effrayait le plus. Il joua le jeu, parce qu’il l’appréciait. Parce qu’il voulait l’aider. Il remarqua un mouvement et lui indiqua celle-ci pour ensuite se retrouver paralysé, perdu, coincé entre deux mondes. Son visage resta dans cette nature décomposé si rare chez lui et il fit signe de la tête qu’il comprenait. Rien n’allait arriver sur eux. Rien n’allait le dévorer. En croisant le regard de la demoiselle, il aperçu son sourire rassurant et senti une étrange chaleur traverser son corps. Il tâchait de sourire à son tour, compréhensif. Puis l’idée que quelqu’un d’autres meurs à sa place le frappe. Il n’a pas le temps d’y penser que la demoiselle l’attrape par la main. Ćiro se laisse faire, trop préoccuper par ce contact plus qu’autre chose. C’était magique, ce pouvoir qu’elle avait d’effacer de son esprit les doutes les plus effrayants.

Finalement, ils arrivèrent dans un petit endroit camouflés par les feuillages. Seul le son de la petite cascade indique ce petit coin de paradis.

Je ne me souviens pas avoir déjà vu cet endroit… dit-il observant toujours. C’est dingue ! J’ai déjà parcouru la jungle des milliers de fois, souvent trop rapidement sans doute, mais jamais je ne pensais trouver un si beau lieu. Il fit un tour sur lui-même, tout en regardant ce que ses yeux avaient négligés toutes ces années. Des merveilles ! Il y avait des merveilles même en enfer !

Hey ! Il sursauta en sentant l’eau puis se mit à rire. Elle est bien fraiche même ! Il se rapprocha, posa ses affaires à son tour et se pencha pour boire quelque gorgée. C’était si rare de trouver une eau si bonne avec leurs températures habituelles. Comment es-tu arrivé jusqu'ici ? Avec la chaleur, il avait bien envie de rentrer tout entier dans l’eau. De rester là, à flotter.

Je n’aurais jamais pensé qu’il pouvait exister des endroits si paisibles au centre d’une jungle si horrible… murmura-t-il tout en regardant plus loin avant de se venger et de balancer un peu d’eau à Hécate.


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06/04/2017 Aenah / Marie 184 Mimi Elashiry Afanen Guerrière et chasseuse Kovarii 20



Hécate était heureuse de pouvoir partager un de ces endroits préféré avec Ćiro. Elle regrettait même de ne pas l’avoir emmené avant en voyant à quel point il semblait heureux d’avoir découvert cette rivière au milieu de la végétation. Elle ne put s’empêcher de sourire quand il évoqua le fait qu’il passait sans doute trop rapidement pour découvrir ce petit paradis. Elle connaissait sa frayeur aussi bien qu’il connaissait la sienne. Il n’était donc pas étonnant qu’il ne soit jamais tombé sur cette petite rivière pourvu d’une petite cascade. Elle ne l’imaginait pas vraiment trainer seul dans la jungle, prendre son temps pour observer la faune et la flore. La jeune femme avait observé son comportement depuis qu’ils étaient partis tous les deux en jungle. Il n’était pas totalement détendu et elle avait perçu son inquiétude. Elle ne pouvait pas s’empêcher de transposer la peur de Ćiro à sa propre peur qui concernait l’eau. Ils se ressemblaient sur bien des choses et c’était peut-être pour cette raison qu’elle se sentait aussi bien avec lui.

La jeune femme aimait le taquiner et c’est pour cette raison qu’elle n’avait pas pu s’empêcher de l’asperger. Cela avait été trop tentant et elle joignit son rire au sien quand elle le vit sursauter. Elle hocha la tête quand il confirma que l’eau était fraiche. Contrairement à l’eau stagnante qui chauffait rapidement au vu des températures sur l’île, celle-ci restait fraîche sans doute grâce à la cascade en amont. Elle avait vu plusieurs fois des poissons, mais n’étant pas une bonne pêcheuse, elle ne faisait que les observer passer devant elle. Elle leva la tête vers Ćiro lorsqu’il lui demanda comment elle était arrivée là. « En suivant les traces des animaux. Ils sont comme nous, ils ont besoin de boire. J’ai fait un peu la même tête que toi quand je suis arrivée ici. » Hécate ne put s’empêcher de sourire devant l’ébahissement de Ćiro et ses pensées dévoilées à voix hautes. Il est vrai que la nature pouvait être cruelle et généreuse à la fois. Tout nous donner et tout nous reprendre. Il fallait juste apprendre à faire avec.

Ce fut au tour de la chasseresse de sursauter et de pousser un petit cri de surprise alors que Ćiro l’aspergeait. « Je vois… C’est à ça que tu veux jouer ? » Hécate souriait mais avait retrouvé une petite lueur malicieuse dans son regard qui en disait long sur la suite. Elle projeta un peu plus d’eau sur Ćiro, commençant à mouiller ses vêtements, et les siens avec alors qu’une bataille d’eau s’engageait. Le rire d’Hécate raisonnait au milieu de la jungle alors qu’elle s’amusait comme une gamine. « Tu as de la chance d’être plus grand que moi, sinon je t’aurais mis à l’eau. » Elle lui tira la langue, c’était complètement puéril mais elle était d’humeur joueuse. Elle dégagea quelques mèches de cheveux humides venues se coller à son visage qui afficha soudainement un sourire timide. « Ćiro…j’aimerais de te demander quelque chose. » Elle ne savait pas comment aborder le sujet ni si elle était prête à franchir cette étape. C’était difficile pour elle de s’exposer ainsi à Ćiro. Le regard d’Hécate croisa celui de Ćiro alors qu’elle hésitait sur la suite. Il avait les cheveux et les vêtements tout humides mais même comme ça, elle le trouvait beau. Elle lui avait toujours trouvé un certain charme mais elle n’avait jamais rien imaginé entre eux car c’était un ami. Pourtant elle avait ressenti quelque chose d’étrange quand elle avait tenu sa main un peu plus tôt. Hécate se mordillait les lèvres alors qu’elle se reconcentra sur ce qu’elle voulait lui demander. Elle analyserait plus tard ce qu'il s'était passé pendant cette journée. « Je sais que ce n’est pas facile pour toi de venir dans la jungle mais tu l’as fait sans hésiter. J’aimerai à mon tour faire…quelque chose. » Elle se rapprocha un peu de Ćiro et attrapa doucement sa main. « Est-ce que tu pourrais m’aider à commencer à vaincre ma peur de l’eau ? »

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11/03/2017 ELOW ; DEVOS, IRINA & JONAS ; 475 MATHIAS LAURIDSEN ELOW ; CRÉATEUR D'ARCS ET DE FLÈCHES, HOMME DE MAIN ET DE FOI DÉVOUÉ. FAUX IDIOT AUX PENSÉES PRONONCÉS. KOVARII ; 41
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12 AVRIL 2117

Quand il disait qu’il n’avait besoin de rien de plus en ce monde que cette île, il disait vrai. Cet endroit en était la preuve même. La peur qu’il avait dans la jungle l’empêchait de découvrir ce genre de petit paradis et sans Hécate, Ćiro n’aurait sans doute jamais mis les pieds ici. Voilà ce qui le rassurait. Le continent, peu importe à quel point il est vaste, n’a rien à envier à sa terre natale. Son bonheur face à cette douce vision était sincère, d’autant plus que c’était la belle Hécate qui venait apporter ce petit miracle à ses yeux. Il y a longtemps, il avait envisagé de demander conseil pour se défendre, mais il craignait qu’une telle demande puisse nuire à sa position au sein des Kovariis. Il n’avait pas à aller au-devant des dangers. Il devait rester à sa place et garder une prudence monstrueuse face à ceux qui pourraient le nuire. Alors la jungle, il ne la traversait qu’avec une rapidité forcée. Il ne la contemplait que là où il connaissait certaines sources pour ses fabrications. Il y avait tant d’endroits dont il ignorait la forme. Des endroits sans doute bien gouvernés par des prédateurs dont il essayait d’éviter la présence. Après toutes ses années, il se sentait toujours aussi ridicule de ne pas être capable d’affronter cette peur. Hécate devait avoir un avis bien médiocre de lui, mais il ne s’en faisait pas. Le village dans sa totalité le prenait pour un idiot et c’était mieux ainsi. L’avis des autres ne l’importait pas tant que ça, bien qu’il ait beaucoup d’estime pour la jeune femme et qu’il espérait être sincèrement son ami.

Il écouta alors Hécate lui racontait comment elle avait trouvé ces lieux. C’était une excellente chausseuse et sans doute une guerrière aguerrie. Il la trouvait impressionnante, forte et courageuse, curieuse et intelligente, tout en ayant une douceur qui lui était propre. Sans plus attendre, il se décida à lui balancer un peu d’eau - inutile à dire qu’avec cette chaleur, cela était extrêmement rafraîchissant. La bataille commença et le garçon se mit à rire de bon coeur, ne se souciant plus désormais de la jungle qui les entourait.

Je suis peut-être plus grand, mais je parie que tu peux quand même me soulever sans le moindre problème ! Il passa sa main dans ses cheveux, les plaquant en arrière. Il en profita pour reprendre son souffle. S’il pouvait passer le reste de l’après-midi allongé près de l’eau, ici-même, alors il serait bien heureux. La voix de la jeune femme le ramena à la réalité et il prit un air un peu plus sérieux - ce qui était assez rare. Dis-moi. Tu sais bien que je ne te refuserais jamais rien. Il croisa son regard et ne bougea plus. Il avait toujours trouvé Hécate particulièrement jolie. La plupart des femmes Kovariis étaient belles, mais Hécate avait un charme différent. Un charme que Ćiro ne pouvait ignorer, mais qu’il conservait précieusement dans son coeur. Elle s’approcha alors, lui prenant la main.

T… Tu en es sûre ? Il ne retira pas sa main et continua de fixer la jeune femme. C’était une demande assez particulière et il ne savait pas s’il serait en mesure d’être parfaitement à la hauteur. Mais il était aussi bien difficile pour Ćiro de refusait. Il se releva alors, observant les lieux puis se tourna de nouveau vers Hécate. C’est d’accord. Mais il nous faut un endroit avec beaucoup plus d’eau… Sa tête bougea de haut en bas, comme s’il s’auto-validée dans ses paroles. Tu sais, si ça avait été quelqu’un d’autre, j’aurais sans doute refusé de venir dans la jungle. La peur est toujours là, mais… je me sens en sécurité à tes côtés... Rien que pour ça, je serais bien incapable de refuser ta demande en espérant que tu es confiance en moi autant que j'ai confiance en toi.


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06/04/2017 Aenah / Marie 184 Mimi Elashiry Afanen Guerrière et chasseuse Kovarii 20



La peur était quelque chose de très difficile à maîtriser. Celle de l’eau était ancrée dans chaque atome du corps d’Hécate. S’approcher d’un petit courant d’eau peu profond n’était pas difficile pour elle, la preuve. Ils étaient tous les deux tout mouillé et recevoir des gouttelettes d’eau ne la dérangeait pas. Hécate avait observé Ćiro plaquer ses cheveux en arrière et elle avait souri en levant les yeux au ciel quand il lui avait dit qu’elle aurait été capable de le soulever pour le mettre dans l’eau malgré leur différence de taille. Elle ne sait pas si elle était capable de le porter même s’il ne semblait pas peser très lourd. Mais à la lutte, ça, elle était certaine qu’elle aurait réussi à avoir le dessus. Ćiro n’avait pas bénéficié de la même formation qu’Hécate. Les hommes kovariis n’étaient pas destinés à devenir des guerriers et ils étaient relégués à faire d’autres taches. Ćiro n’était peut-être pas un combattant mais elle admirait son talent et son travail. Son caractère doux et posé, l’apaisait et elle avait confiance en lui.

Pourtant, jamais elle n’avait pensé qu’elle ferait une telle demande à Ćiro. Elle offrait ainsi sur un plateau sa plus grande faiblesse et était prête à fendre son armure avec lui. Si elle essayait vraiment de faire ce qu’elle avait en tête, il était certain que Ćiro ne la verrait plus comme la kovarii forte et toujours sûre d’elle. Mais elle savait aussi qu’il était le seul à qui elle pouvait faire ce genre de demande. Il ne la jugerait pas pour autant et elle se doutait qu’il saurait se montrer patient avec elle, malgré sa peur presque irrationnelle. Ceux qui ne connaissaient pas son histoire et la perte de sa petite sœur ne pouvait pas comprendre, Ćiro lui pouvait, elle le savait. Elle ne s’était jamais remise de la noyade de sa sœur et peut être que dompter sa peur pourrait l’aider à avancer. Rien qu’un tout petit peu sur le chemin de l’acceptation et de la rédemption.

Quand elle avait commencé à parler, il l’avait regardé avec sérieux et avait confirmé qu’elle pouvait tout lui dire. Les mots étaient donc sortis tout seul. Certains le prenaient parfois pour un idiot, mais ce n’était pas le cas d’Hécate. Jamais. Elle savait qu’il était bien plus intelligent qu’il ne le faisait paraître. Et sa réaction le lui confirmait. Une fois qu’Hécate lui ait exposé sa demande, Ćiro sembla hésitant et la jeune femme s’en voulut de lui faire une telle demande. Elle ne voulait surtout pas le forcer. « Tu as le droit de dire non Ćiro… Je comprendrais. » Pourtant Ćiro finit par accepter. Si elle était heureuse qu’il accepte de faire cela pour elle, elle sentit néanmoins l’appréhension lui nouer la gorge. Elle savait qu’elle allait devoir prendre sur elle comme le jeune homme l’avait si bien fait en la suivant dans la jungle. Hécate se releva en même temps que lui, observant autour d’elle quand il énonça l’évidence. Il était certain qu’elle pourrait se mouiller seulement les mollets dans ce petit cours d’eau.

Ce que lui avoua ensuite Ćiro la toucha profondément et Hécate sourit timidement à ce dernier. Elle était très heureuse de sa confiance et ce qu’il ressentait pour elle, était réciproque. « Moi aussi, j’ai confiance en toi, Ćiro. Et ce que je te demande, je n’aurais voulu le demander à personne d’autre qu’à toi. Merci… » Elle s’approcha doucement de lui, se mit sur la pointe des pieds et posa un délicat baiser sur sa joue. Hécate n’avait pas réfléchi et avait agi à l’instinct. Elle voulait lui montrer qu’elle tenait à lui et qu’elle était sincère. Elle se recula légèrement, les joues légèrement roses d’avoir été l’instigatrice d’un telle geste. Elle n’avait jamais eu de geste de démonstration affectif avec un garçon et cela lui faisait bizarre. Légèrement gênée, elle choisit de rompre le silence, comme si rien ne s’était passé. « A ton tour alors de choisir où on va. Je te suis. » Hécate ne se sentait pas capable de se diriger elle-même va sa source d’angoisse, l’eau. La kovarii s'en remettait entièrement au jeune homme.

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12 AVRIL 2117

Les bêtes qui se camouflent derrière les longues feuilles de la jungle, qui dans une discrétion presque parfaite s’approchent. Les bêtes aux armes tranchants, ancrées dans leurs peaux. Les bêtes affamées, destructrices. Voilà ce qui l'effraie. Il effleure les alentours sans jamais réellement pénétrer aux coeurs de ces lieux. Son père est mort là, sur cette terre, déchiqueté par une bête. Ćiro s’était enfui, à la recherche d’aide. À la recherche de la sécurité. Il avait laissé les autres retrouvez corps de son père sans vie. Le sauver n’avait jamais été une option tant la peur avait choisi à sa place. Et puis, il se chargea lui-même du corps, avant de l’enterrer accompagné des autres hommes. C’était son pire souvenir. Jamais il n’avait vu un être aussi déformé par un autre. La déesse ne pouvait pas tous les protéger et il le savait, mais ce monde était cruel. Il devait prétendre être ce qu’il n’était pas simplement pour rester là où son coeur était né. Il devait jouer la comédie et porter un masque jusqu’à ce que ce même masque commence à lui coller à la peau. Ćiro était plus torturé et perdu qu’on ne pouvait le croire. Il y avait lui des conflits perpétuels. Mais surtout une volonté de survivre face à cette jungle. Il aimait son île, il aimait chaque partie de ce qu’elle offrait. Même dans l’horreur, il découvrait désormais sa beauté. Hécate ne se rendait pas compte de la facilité avec laquelle elle avait calmé son âme terrifiée. Maintenant qu’il avait posé sa main dans la sienne, plus jamais il ne voulait la retirer.

C’était des instants comme ça qu’il chérissait. Là, avec la belle Hécate, sous la chaleur de leurs maisons, prêt d’une source de paradis. Il avait la sensation d’être une bulle hermétique aux maux qui grandissaient dans les profondeurs de la jungle. Elle lui demanda alors une chose qui l’étonna. Il ne se doutait pas qu’une telle volonté l’animait. Il savait la manière dont elle avait perdu sa soeur et ainsi, la peur qui résonnait en elle. Vouloir dompter celle-ci était une tâche difficile et qui croirait, au village, que c’était l’idiot qui parviendrait à l’accompagner dans cette aventure ? Il accepta. Il accepta parce que cette demande était justement la preuve de sa force. Hécate était prête à se battre, même avec elle-même. C’était une chose qu’il admirait. Mais le lieu, bien que très beau et enchanteur, n’était pas le plus adapté pour l’aider. Pour se mouiller rapidement et étancher leurs soifs, c’était parfait. Pour nager, non. Il avoua alors, sans le moindre doute, qu’il lui faisait entièrement confiance et bien que souvent il mentait à d’autres sur ce qu’il était, cette fois il admettait qu’il ne pouvait trop longtemps être différent avec elle. C’était même l’inverse. Inconsciemment, le masque tombait. Il faisait moins le con.

Les yeux posaient sur elle, il n’ose bouger alors qu’elle le remercie. Sans attendre, elle s’avance pour déposer sur sa joue un baiser qui le fait rougir. Voilà une douce surprise lors d’une seconde magique. Il aurait pu ne plus jamais bouger de peur d’effacer la trace de ce baiser sur sa joue. Il n’y avait généralement pas de proximité avec lui. En dehors de sa famille, aucune femme le touchait. Pas de de coup d’amitié à l’épaule, pas de main prise, pas d’embrassade… C’était comme si un mur se trouvait autour de lui, un mur invisible qu’il fallait respecter. Alors en brisant ce mur, Hécate pousse Ćiro au silence. Il n’a plus de mot, plus de souffle et son coeur manquent un battement.

D’accord ! Suis-moi ! C’est comme s’il venait de se réveiller, décidé. Il regarde autour de lui puis réfléchi. Il va devoir traverser la jungle et se rapprocher d’un lac en son centre - qu’il connaît bien, puisque proche des côtes et de ses sources en pierres. Il doit simplement prendre la bonne direction. Par là ! Il se lance alors, courant presque. Il évite les obstacles, agile, lançant de temps en temps un regard à Hécate, riant comme si c’était là un jeu d’enfant. Le lac, c’était là où son père lui avait appris à nager plus jeune. Ce n’était pas aussi beau que le jardin secret d’Hécate, mais si on se plaçait correctement dans l’eau, à un moment donné, c’était comme si l’horizon et l’océan se rejoignent avec le lac lui-même. Un phénomène qui l’avait toujours fasciné. Il ralentit à l’approche de l’endroit, puis contourne une partie du lac pour aller là où l’eau était le moins profond. Il reprend en même temps son souffle, alors qu’il observe la masse.

Je vais y aller en premier, d’accord ? Tu vas simplement essayer d’entrer. Pour commencer. Il pose ses affaires et ne retire que ses vêtements du haut. Il entra ensuite, l’eau était légèrement fraîche, mais pas désagréable. Les pierres sous ses pieds par contre, n’étaient pas comparables aux sables, mais ce n’était pas grave. Ses pieds étaient plongés, pas plus. Il tendit une main à la jeune femme, ils avanceront ensemble.


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06/04/2017 Aenah / Marie 184 Mimi Elashiry Afanen Guerrière et chasseuse Kovarii 20



L’eau qui s’infiltre dans les poumons de sa petite sœur, les cris étranglés, le bruit de ses propres sanglots alors qu’elle regarde sa sœur se noyer, totalement impuissante. L’écume se forme autour des battements de bras désordonnés et désespérés mais Hécate est trop loin. Elle tend la main, criant et suppliant sa sœur de s’approcher. Elle ne peut pas se rapprocher d’elle, elle n’y arrive pas. Elle se retient à la pirogue renversée et les battements de ses jambes lui paraissent vains. Hécate n’arrive pas à se rapprocher, elle est complètement impuissante devant la scène d’horreur qui se joue devant ses yeux d’enfants. Elle voit alors la tête de sa sœur s’enfoncer dans l’eau et de nombreuses bulles remontent à la surface. Les cris d’Hécate déchirent l’air, tout comme ses cordes vocales mais elle s’en fiche. Ce n’est pas possible, c’est un cauchemar, elle va se réveiller…

Le souvenir était remonté à la surface, avec une netteté violente alors qu’elle suivait Ćiro dans la jungle. C’était le rire de l’homme à qui elle s’était confiée qui la ramena à la réalité. Elle répondit à sa gaieté par un sourire puis finit par joindre son rire au sien, se concentrant sur la course que Ćiro avait entamée. Elle était surprise par son agilité et sa rapidité. Ćiro la surprenait de plus en plus à mesure qu’elle apprenait à le connaitre. Il était le seul homme de la tribu avec qui elle se sentait parfaitement en confiance et elle ne regrettait pas son choix de lui avoir fait cette demande particulière. Elle espérait vraiment que cela provoquerait un déclic chez elle. Ćiro en était peut-être la clé. Celui que certains prenait pour un idiot. C’était le genre d’apriori qu’Hécate n’avait jamais eu. Elle pouvait être méfiante et froide avec ceux qu’elle ne connaissait pas mais mettre des gens dans des cases, très peu pour elle. La jeune femme aussi s’était vu coller une étiquette dans le dos, elle était la fille qui avait laissé sa sœur se noyer. L’irresponsable. La vie était précieuse sur Terre. Et elle avait gâché celle de sa petite sœur.

Toutes ces pensées faillirent la faire trébucher alors qu’elle courait aux côtés de Ćiro. Elle se fouetta mentalement pour tenter de rester concentrer sur là où elle mettait les pieds. Cela ne lui ressemblait pas d’être aussi distraite dans la jungle. Elle arrivait généralement à laisser ses soucis à l’entrée et se concentrait entièrement sur les bruits de la nature ainsi que sur sa tâche. Mais la perspective d’essayer de vaincre sa phobie de l’eau faisait rejaillir un sentiment d’angoisse presque incontrôlable. S’il ne s’agissait pas de Ćiro, elle serait sans doute partie dans l’autre sens sans demander son reste. Mais elle savait qu’il avait pris sur lui pour la suivre dans la jungle et avait affronté sa peur avec un courage qu’elle admirait. Elle avait ressenti son angoisse, elle l’avait vu observer autour de lui avec appréhension. Mais il était resté, il n’avait pas fui sa peur, il l’avait affronté. Elle se devait de faire la même chose.

Ils ralentirent lorsqu’ils arrivèrent au lac et Hécate suivit le jeune homme. Il semblait bien connaitre les lieux car ils contournèrent une partie de l’étendu d’eau. L’endroit était calme et paisible pourtant les battements de cœur d’Hécate étaient frénétiques. Elle aurait pu mettre ça sur le compte de sa course dans la jungle mais elle savait bien que la raison était toute autre. Il ne lui restait plus qu’à serrer des dents et tenter d’être rationnel. Même si c’était plus facile à dire qu’à faire. Quelle brillante idée Hécate ! Maintenant tu vas passer pour une vrai froussarde… Les jambes d’Hécate tremblaient légèrement alors qu’elle hochait la tête en réponse à la question du jeune homme. Ses yeux fixaient le lac et certains flashbacks s’imposaient devant ses yeux. Elle imita Ćiro mais elle ne se déchargea que de son arc et son carquois qu’elle posa sur la berge. Le cuir de ses vêtements deviendrait sans doute collant avec l’eau mais c’était son dernier souci. En temps normal, elle aurait taquiné Ćiro et lui aurait fait croire qu’elle aussi, elle allait faire tomber le haut, rien que pour voir ses joues rougirent. Elle l’avait trouvé vraiment mignon après qu’elle lui ait déposé un bisou sur la joue. Mais là, son humour était étouffé par l’angoisse de ce qu’elle allait faire dans quelques instants. Elle le vit s’avancer dans l’eau et il se retourna vers elle pour lui tendre la main. Elle fixa celle-ci le cœur au bord des lèvres puis plongea dans son regard pour oublier ce qu’elle s’apprêtait à faire. Elle préférait se noyer dans ses yeux chaleureux. Elle posa sa paume dans la main de Ćiro et commença à avancer. « J’ai confiance en toi, Ćiro. » Sa voix était peu assurée et trahissait sa peur. C’était la deuxième fois qu’elle le lui disait aujourd’hui. Mais par ses mots, elle voulait qu’il comprenne qu’elle s’en remettait à lui, qu’elle savait qu’elle ne risquait rien en sa présence.

Elle sentit les pierres contre ses pieds alors qu’ils continuaient tout doucement leur progression. Ses doigts serrèrent un peu plus fort la main de Ćiro. Ses yeux bleus balayaient la surface de l’eau avant de se reporter sur le jeune homme. L’eau commença à atteindre ses hanches et si jusque-là elle maîtrisait son angoisse, elle sentit celle-ci grimper encore d’un cran. Elle ne savait pas jusqu’où elle était prête à aller mais elle devait le faire. Pour Ćiro. Pour sa petite sœur. « On peut continuer un peu. » Elle prit le temps d’inspirer et d’expirer profondément avant de continuer à s’enfoncer dans l’eau du lac. Cela devait tellement paraitre ridicule pour Ćiro… Elle n’était pas la guerrière kovarii qu’il s’était sans doute imaginé. Elle avait ses peurs, ses failles, ses défauts… Pourtant il était là, près d’elle et ne la lâchait pas. Elle fit encore plusieurs pas et l’eau commença à atteindre sa poitrine. Elle sentit comme un poids exercé sur celle-ci, rendant sa respiration plus difficile. Hécate se sentait oppressée et malgré qu’elle ait pris plusieurs inspirations et expirations, ce poids persistait. La jeune femme ne sentit qu’elle pleurait que lorsqu’une première larme roula sur sa joue. Elle l’essuya vivement, priant pour que Ćiro ne l’ait pas vu. « Je…je ne sais pas si je suis capable de continuer. »

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12 AVRIL 2117

Son père lui avait dit une fois que mourir noyer était une mort atroce. Une mort longue et douloureuse. Une mort qui se termine en souffrance et qui empêche l’esprit de trouver la paix. Envelopper dans l’obscurité des eaux, l’être disparaît. Il est parfois quasiment impossible de retrouver le corps et de lui donner la fin qu’il mérite. Alors Ćiro a rapidement tout fait pour apprendre à nager, suivant les directives de son père avoir une confiance aveugle. Il voulait résister à l’appel des profondeurs, survivre en cas de besoin. Malgré cet apprentissage, il n’a rien fait pour sauver son amie. Il a regardé celle-ci glisser sans un mot, tout aussi impuissant que n’importe quel autre Kovarii. Même ses bonnes intentions ne semblaient pas être plus forte que sa volonté à rester un mystère pour les autres. Peut-être bien qu’il aurait pu la sauver. S’il avait fait un plus grand effort, s’il s’était un peu plus penché vers elle… mais peut-être qu’il serait mort, lui aussi, dans ses eaux tumultueuses. Il était surtout jeune à l’époque. Jeune et égoïste. Jeune et effrayé. Jeune et incapable. Et si les années s’étaient envolés depuis cette tragédie, Ćiro était parfois encore coincé sur ce bateau à regarder le pire. Il sait. Il sait à quoi ressemble cette mort. Alors face à la demande d’Hécate, il ne pense qu’à une chose : peut-être qu’en lui apprenant, elle pourrait survivre. Il se refusait d’être responsable d’un autre noyade. Il se refusait de rester muet face à une demande si sincère. Hécate était son amie, elle avait le droit à ce morceau de vérité sur lui.

Alors sans plus attendre, il embarque la jolie jeune femme vers un coin plus calme et plus propice à l’apprentissage. La preuve qu’elle souhaite affronter sa peur était une chose qu’il admirait. Ils se ressemblaient, d’une certaine façon. Elle l’avait aidé sans le savoir, il devait donc faire de même pour elle. Rapidement, il se met en place. Il perçoit alors l’angoisse dans le regard de son alliée. Il sait ce que l’eau représente pour elle. Il sait la peur qu’elle fait apparaître dans son âme. Il n’allait pas la forcer à plonger dès le début, c’était suicidaire. Si elle parvient ne serait-ce qu’à mettre un pied dans l’eau, c’était un beau début. Un excellent début. La main tendue, il espère qu’elle le rejoindra. Ce qu’elle fait. Il sentait la pression de ses doigts alors qu’il avançait avec lenteur. Il ne voulait pas qu’elle panique. Son père lui avait appris en douceur, pas avec brutalité. Il ne l’avait pas jeté dans le lac sans prévenir. Il l’avait conduit doucement, lui expliquant calmement les choses et Ćiro était prêt à faire de même avec Hécate. Il s’arrêtait assez souvent pour regarder Hécate et attendre son approbation pour continuer. La première étape, c'était bien de s'immerger dans le liquide.

Tu t’en sors très bien, Hécate. Dit-il alors qu’elle était concentrée sur sa respiration. Il savait qu’en dehors de ses eaux, elle était sans peur, une vraie guerrière. En sachant désormais qu’il y avait une part de faiblesse en elle ne faisait qu'ajouter des étincelles de plus à sa beauté. Elle était comme la déesse. Personne en ce monde n'était parfait, et les faiblesses étaient aussi une preuve de sensibilité. Hécate était une fleur, épanouie et avec un grand coeur. Il s’arrête alors que l’eau recouvre une bonne partie du corps d’Hécate. Étant plus grand, Ćiro a le torse encore bien en extérieur.

On n'a pas besoin d’aller plus loin, c’est déjà super. Gardant sa main dans la sienne, Ćiro fait quelques pas en arrière pour que Hécate sent l’eau diminuer. Est-ce que ça va ? Il s’arrêta une fois que l’eau était au niveau des hanches de la jeune femme. Il avait un air très sérieux, ce qui était devenu trop rare chez lui. Mais face à la situation, Ćiro ne pouvait pas jouer les idiots. Cela n’allait pas aider Hécate à affronter sa peur, au contraire. Il se chargea ensuite, lentement, de prendre de l’eau de sa main libre et d’en reverser le long des bras d’Hécate.

Mon père me disait souvent, que quoiqu'il arrive, même si tu ne sais pas nager… tu peux flotter. Il faut... faire confiance et comprendre les eaux qui t'entourent. Il continuait ses gestes, simplement pour que le corps d’Hécate s’ajuste à la température de l’eau du lac - même si l’eau était plutôt bonne. C’était aussi un moyen de démontrer que l’eau ici avec sa propre douceur, sa propre délicatesse. Elle ne risquait pas de sombrer. Alors avant d’essayer de flotter… je vais simplement te soulever, pour que tu te détaches du sol sous tes pieds… Il se rapprocha d’Hécate, un peu intimidé par la proximité de leurs corps. Il devait lâcher sa main et la soulever par la taille. Il sentait cependant qu’il était difficile de quitter ses doigts tant elle avait besoin de rester accroché à lui. Silencieux, il ne quitta pas la demoiselle du regard. Je vais… Il tenta de ne plus la tenir par la main et de la tenir par la taille, mal à l’aise. Son geste était un peu tremblant, mais il ne voulait pas la laisser tomber. Ils n’avaient pas besoin d’aller là où elle n’avait pas pied, ils pouvaient rester là. Hésitant un dernier instant, il décolla Hécate, assez pour qu’une vingtaine de centimètres la séparent des galets qui se trouvaient plus bas. Il courba légèrement son dos pour maintenir la position. Au milieu de l'océan, elle n'aurait jamais rien sous les pieds. Elle devait se préparer à cette sensation de vide.



Dernière édition par Ćiro Aldarim le Mar 9 Jan - 18:40, édité 1 fois

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06/04/2017 Aenah / Marie 184 Mimi Elashiry Afanen Guerrière et chasseuse Kovarii 20



Sans la douceur et la compréhension qu’elle lisait dans les yeux de Ćiro, elle ne serait pas là. Pas dans cette eau qui lui provoquait une peur presque irrationnelle. Elle n’aurait pas été aussi loin, jamais elle n’aurait laissé monter l’eau aussi haut. Hécate aimait la boire et l’utiliser pour se laver mais elle n’aimait pas se baigner. Chaque fois qu'une quantité d'eau trop importante coulait sur son visage, elle avait l’impression de ne plus pouvoir respirer, d’étouffer. Finalement, elle vivait toujours la noyade de sa sœur par procuration. Maudissant le sort d’avoir choisi de prendre la vie de sa sœur plutôt que la sienne. Est-ce que son deuil aurait été plus facile s’ils avaient pu récupérer le corps ? Peut-être. Peut-être pas. Elle n’en savait rien. Pendant quelques mois, elle s’était persuadée que sa sœur n’était pas morte, qu’elle était là, quelque part, sur le continent. Plusieurs scénarii s’étaient succédés dans sa tête, imaginant que quelqu’un l’avait peut être retrouvé, gisant sur la plage. Mais dans ce cas-là, pourquoi n’était-elle jamais revenue sur l’île ? Peut-être qu’on l’a retenait quelque part… Hécate avait cessé d’imaginer qu’une autre issue que la mort était possible quand elle comprit que la vérité était tout autre. Toutes ces affabulations étaient une vaine tentative de se protéger, de ne pas admettre qu’elle était celle qui l’avait tué.

Quand elle y pensait, ce n’était pas si étonnant que Ćiro et elle se soient rapprochés. Ils avaient chacun leurs blessures, leurs peurs et puisaient chacun leur force dans l’autre. Les encouragements de Ćiro lui faisaient du bien, la confortaient dans sa démarche de dépasser sa phobie. Pourtant elle était désormais bloquée, avancer davantage lui paraissait impossible. Le jeune homme sembla comprendre sa détresse et il la complimenta avant de la ramener où l’eau ne lui arrivait qu’à la taille. Hécate retrouva une respiration presque normale, libérée du poids qui compressait sa poitrine. Elle se rendait bien compte que tout cela était psychologique mais cette peur avait eu le temps de s’enraciner profondément en elle pendant onze ans. Quand il lui demanda comment elle allait, elle ne sut trop quoi répondre. Trop d’émotions contradictoires se bousculaient et son esprit était embrouillé. Elle avait dû mal à réfléchir. Hécate tenta de sourire, pour rassurer Ćiro. « Je crois que ça va. »

Elle sursauta presque lorsqu’elle sentit de l’eau couler sur ses bras. Elle observa Ćiro faire, l’acclimater à l’eau avec douceur. Hécate leva les yeux vers le jeune homme, touché qu’il évoque son père avec elle. Elle l’écouta attentivement alors que la voix posée de Ćiro couplée à ses gestes lents et doux, calmaient l’esprit agité de la jeune femme. Elle sentait l’eau du lac s’écouler le long de son corps, comme des caresses. Quand il lui proposa de la soulever, elle hocha docilement la tête. « D’accord. » Elle s’en remettait à lui. Elle savait qu’elle ne risquait rien tant qu’il était là. Elle desserra ses doigts, libérant la main de Ćiro qu’elle espérait ne pas avoir broyé plus tôt. Elle s’y était accroché autant qu’elle avait pu, c’était sa bouée. Son pilier.
La jeune kovarii sentit les doigts de Ćiro se poser de chaque côté de sa taille. Ses gestes manquaient d’assurance mais elle mit cela sur le compte de sa réserve naturelle. C’était sans doute la première fois qu’ils avaient autant de contacts physiques et ces derniers provoquaient quelque chose d’étrange chez Hécate. Elle appréciait sa délicatesse, comme s’il avait toujours peur de mal faire. Certains doigts du jeune homme touchaient sa peau nue au-dessus du tissu et ce contact réchauffa sa peau. Elle avait complètement cessé de trembler et elle posa délicatement ces mains sur les épaules de Ćiro alors qu’elle se sentait décoller du sol. Aucune peur ne vint se loger dans ses entrailles. Son esprit était concentré sur une impression de légèreté, les doigts de Ćiro sur son corps et son regard. La bouche de la jeune femme s’étira en un léger sourire avant de s’agrandir. Le temps semblait suspendu. Elle n’avait pas peur. Elle ressentit le besoin de partager son sentiment au jeune homme. Après tout, elle n’avait pas pied et pourtant, elle ne paniquait pas. Même si elle n'oubliait pas que seule dans la mer, la situation serait complètement différente. « Je n’ai même pas peur. » Hécate gloussa légèrement avant de faire un petit clin d’œil à Ćiro et de faire mine de mesurer la taille de ces biceps. « Tu caches bien ton jeu. » Elle était certes petite mais elle pesait quand même son poids. S’il n’avait pas été un kovarii, elle savait qu’il aurait fait un bon guerrier. Mais elle appréciait Ćiro pour celui qu’il était. Pour ses yeux innocents, ses doigts d'artiste et sa sensibilité. Il n’avait pas besoin de lui prouver quoi que ce soit. Sa présence à ses côtés alors qu’elle tentait de repousser ses limites le prouvait. Elle se doutait que la prochaine étape lui plairait sans doute un peu moins mais peu importe ce que Ćiro avait prévu. Elle ne voulait pas le décevoir et comptait bien réussir haut la main. « Je crois que je suis prête à passer à l’étape suivante. »

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Rien ne te limite excepté tes peurs (Ćiro)

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