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˜˜˜˜˜˜feel your love float astray ∞ isphy (trigger warning)
maybe life should be about more than just surviving

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06/05/2016 Dandan/Sonia 250 Jason Momoa lux #demonkeur Garde pour sa tribu, il s'occupe aussi parfois des oiseaux messagers. 50


Sujet: Re: feel your love float astray ∞ isphy (trigger warning)
Lun 29 Mai - 23:52

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how the water seemed
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Isdès n’avait pas réalisé combien la sentir si loin de lui était devenu une épreuve insupportable et il n’hésita pas à le lui faire comprendre en la rejoignant, armé d’une détermination sulfureuse. Il allait lui faire payer cet affront, parce qu’il s’agissait bien d’un affront : Murphy jouait les insolentes, elle testait volontairement ses limites. Elle allait rapidement voir qu’elle avait commis une erreur. Que cherchait-elle au juste en agissant ainsi ? Cherchait-elle sciemment le châtiment ? Dans tous les cas, elle allait obtenir ce qu’elle voulait. L’Athna était très loin d’être un homme patient et quand on lui retirait sous le nez l’objet de ses convoitises, il ne répondait plus de rien. Tout cela faisait partie du jeu, de ce nouveau duel particulier qu’ils avaient entamé sitôt qu’ils s’étaient abandonnés à l’autre. Il s’efforçait d’en accepter les enjeux, quand bien même tant de frustration aurait très bien pu l’énerver véritablement. Il n’avait jamais autant pris son temps. Chez les Athnas, du moins de son expérience jusqu’ici, Isdès n’avait jamais dévoué trop de temps à la séduction. À partir du moment où ils se plaisaient mutuellement, ils assouvissaient leur désirs, sans se préoccuper du lendemain. Par la suite, les personnalités s’accordaient ou non et bien souvent, c’était Isdès qui était à l’origine du désaccord. Même pour les femmes Terriennes, il s’était toujours montré trop demandeur, trop exigeant, trop possessif. Les humains aimaient leur liberté, lui le premier, mais il était également celui qui était capable de priver l’autre de liberté si ça comportait des risques. Il s’était fait une raison : de toute manière, l’amour finissait toujours par ne plus faire le poids face aux répercussions désastreuses de la vie de couple. Isdès se contentait de passer la nuit avec quelques femmes, lorsque le besoin était trop fort, et il retournait ensuite à ce qui était finalement un égoïsme profond. Avec Murphy, les règles avaient été différentes dès le départ. Déjà, il lui avait fallu énormément de temps pour accepter le fait qu’il puisse être attiré par elle, la native du ciel, la déchue maladroite. Ensuite, il faisait face à une toute autre culture. La façon de faire n’était peut-être pas la même et là où il aurait pu se moquer des us et coutumes de la jeune femme, il avait tenu à ne commettre aucun impair.

Désormais, elle succombait dans ses bras et c’était de plus en plus compliqué de résister à sa propre nature. Son audace fut récompensée par l’ardeur turbulente de sa réponse. Isdès l’emprisonna de ses mains puissantes, ne lui laissant aucune marge de manœuvre. Si elle souhaitait prendre le pouvoir, elle allait rapidement déchanter avec lui. De la part, c’était lui le roi. C’était lui qui décidait du déroulement des choses et comme il le lui signifia de ses gestes langoureux, c’était à lui qu’elle lui devait sa passion. Il s’égarait çà et là sur la peau nue de la jeune femme sans lui accorder la moindre caresse franche. Il la faisait vriller, jouait à son tour avec son empressement qu’il maltraita du bout de ses doigts épais. Il sentait la torture qu’elle subissait et la voir ainsi pantelante contre lui était le douloureux revers de médaille. En fait, il n’avait pas envie de jouer à ses faux-semblants. Il voulait la posséder comme c’était son droit. Lorsqu’elle lui chuchota des mots en Trigedasleng, c’était comme si elle saisissait ce nœud dans son bas-ventre et le remuait de ses mains fines avant de le remettre à sa place. Murphy céda enfin à l’appel d’un nouveau baiser et Isdès crut enfin que la tourmente avait cessé jusqu’à ce qu’elle lui intime de se taire. Elle put sentir contre son dos une nouvelle protestation gronder dans la gorge de l’homme. Elle n’avait pas à lui donner des ordres mais lorsqu’elle guida sa main jusqu’à la rondeur de sa poitrine, il en oublia presque ses doléances. Quelques secondes, il s’immobilisa, afin de sentir le cœur de Murphy prêt à se frayer un chemin jusqu’à sa main. Ils étaient tous les deux dans le même état d’empressement et de fébrilité, mais elle trouvait encore le moyen de le faire languir. Il accueillit avec ferveur ses mains sur son pantalon et s’amusa presque de la voir éprouver des difficultés à le défaire. Elle se retourna pour lui faire face et Isdès ne réprima pas un sourire moqueur, tandis qu’il levait les deux mains en l’air. Qu’elle galère seule. Dès qu’elle réclama de l’aide, il perdit son sourire et la rappela à l’ordre : « Nou... » À son tour, elle taquina son désir du bout des doigts et Isdès dût prendre quelques instants et ne pas craquer. « hedon ai op. » Murphy repassa aussitôt à l’anglais, provocatrice. Elle tenait bien à lui rappeler d’où elle venait et surtout qu’elle n’était pas sa chose. Elle était en train de se positionner en tant qu’adversaire et il n’y avait rien de pire pour stimuler l’impulsivité de l’Athna. Le combat et le sexe étaient deux concepts très proches pour lui, bien qu’ils ne suscitent pas les mêmes réactions. « Get klin ? » Comme s’il lui faisait une concession, il déboutonna d’un geste son pantalon mais il ne le retira pas pour autant. À nouveau, il allait lui faire la leçon et il était prêt à recommencer jusqu’à ce qu’elle comprenne.

D’un geste sec du coin du pied, il lui écarta légèrement les jambes. Il ne lui laissa aucun répit, ni le temps de comprendre. Déjà, il glissait une main dans sa nuque puis dans ses cheveux pour les tirer lentement en arrière. Le visage de Murphy levé vers lui, celui-ci lui fit face et une seconde, Isdès oublia ce qu’il allait faire. Il se perdit dans ses yeux noisette qui brillaient de luxure, sur son nez fin et droit, parfaitement taillé à la proportion de son visage, dans ses joues rougies par, il l’espérait, son sang qui affluait dans ses veines... Elle était resplendissante. Son regard descendit finalement sur sa bouche et il retrouva ses intentions premières. Ses lèvres approchèrent des siennes mais jamais ne se muèrent dans un nouveau baiser. Non, il voulait qu’elle fonde entre ses bras. Il voulait que de cette bouche entrouverte, s’échappe un doux écho qui lui concèderait la victoire. Comme s’il la connaissait par cœur, il glissa sa main dans son dernier sous-vêtement, là où il s’était aventuré brièvement quelques minutes plus tôt. Mais là où il s’était fait explorateur et lascif, il devint plus conquérant, plus déterminé. Dans un souffle qui s’échoua sur son visage, il l’incita : « Tel ai op. » Si elle voulait l’affronter, ils avaient toute la journée, mais il triompherait une fois de plus. Avant tout c’était un guerrier et Isdès n’acceptait aucune défaite. C’est juste que là, sa tolérance s’étiolait peu à peu et lui-même commençait à perdre pied.

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06/12/2015 Lux Aeterna 30606 Sophia Bush Avengedinchains (vava) ; Oreste (image profil); Lux Aeterna (sign & gifs & fiche rp) ancienne militaire - lieutenant, stratège, garde et patrouilleuse. Quelques notions de médecine et bases en maniement des armes. 201


Sujet: Re: feel your love float astray ∞ isphy (trigger warning)
Mar 30 Mai - 2:57

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❝ Feel your love float astray ❞
Pamplemousse Cavendish & Myrtille Hakantarr
(1er au 8 mai 2117)


On ne donnait pas d'ordres à Murphy. Tous ceux qui la côtoyaient l'apprenaient à leurs dépends un jour ou l'autre car elle ne changeait pour personne; elles n'acceptaient d'ordres que ceux donnés par sa hiérarchie, ceux qu'elle considérait aptes à le faire et dignes de sa confiance. A tous les autres, elle répondait par le défi et la surenchère. Elle ne s'inclinait devant les volontés de personne parce qu'elle respectait et embrassait les siennes. Les choses ne finissaient pas forcément bien lorsqu'elle répondait à quiconque ne la connaissait pas suffisamment pour oser lui faire l'affront de tenter de la diriger de quelque façon que ce soit. Un ordre vociféré à son attention ne lui donnait que l'envie d'en aller à la totale encontre; la psychologie inversée, ou une connerie du genre. Au moment où elle avait abdiqué face à Isdès, Murphy s'était métamorphosé en quelqu'un qui lui était presque inconnu, mais substituait en son être brûlant cette hargne qui était sienne. Il répondait à son défi mais ne savait probablement pas dans quoi il s'engageait en la provoquant du bout des doigts de la sorte. Ce dont il avait forcément conscience, en revanche, c'était de l'effet qu'il avait sur elle. Il avait clos ses paupières parce qu'il voulait décupler ses perceptions et frustrations, et les réactions de la brune ne se firent pas attendre. Mais s'il avait décidé de jouer à son jeu de tentations, elle y répondrait avec plus d'impétuosité encore. Les obstacles des débuts avaient bel et bien disparu, sans doute fondus par leurs corps brûlants qui se cherchaient, se titillaient mais n'osaient pas encore se trouver, retenus par les esprits flambeurs et compétiteurs. Le baiser ne fut qu'une trêve entre deux joutes provocatrices, mais il n'était déjà plus suffisant. Elle crevait de désir, elle crevait de hâte, et elle aurait donné beaucoup de choses pour qu'il s'empare enfin d'elle, mais pas la victoire. Elle ne lui accorderait pas ce souhait-là. La main qu'elle fit couler sur la courbe sinueuse de sa poitrine et trouva brièvement refuge sur ses côtes lui arracha un soupir de satisfaction qui se perdit, sans qu'elle ne s'en rende compte, dans le vacarme que la cascade continuait de faire malgré ce dont elle était maintenant témoin. Elle la trouvait parfaitement à sa place là, cette main qui avait vécu toutes les aventures avant de trouver sa peau claire, et elle sut dès lors que ce contact lui manquerait dès qu'il se briserait. C'est elle, pourtant, qui pivota à nouveau pour lui faire face, agacée par le pantalon qui semblait incapable de quitter la partie. Il la lâcha complètement et elle pesta seule face au vêtement, répondant à son air moqueur par un de ces regards noirs dont elle était la spécialiste. Le jeu n'était pas équitable. Elle s'était déshabillée pour lui; le corps d'Isdès était encore à moitié couvert et elle n'arrivait pas à le libérer de la toile superflue, devenue importune.

Mais elle ne comptait pas abandonner pour autant, Murphy, et utilisa les mêmes armes que celles avec lesquelles il semblait exceller. Ses doigts, à défaut de pouvoir établir un contact direct avec sa peau, la rencontrèrent à travers le tissu. Malicieux, espiègles, ils l'effleuraient à peine comme pour faire écho au supplice qu'il venait de lui faire subir. C'était de la torture de le sentir sous leur pulpe avec cette frontière physique qui demeurait, mais elle ne comptait pas abdiquer à ce jeu. Son regard se leva vers son visage pour y lire toute la consternation qu'elle suscitait à cet instant précis. Elle le coupa dans sa phrase et une lueur victorieuse brûla dans ses prunelles l'espace d'un instant. Il répondait comme elle répondait et c'était une satisfaction qui l'aidait à tolérer toute cette frustration qui s'accumulait à chaque seconde en elle. Murphy était une braise incandescente. « Je suis sûre », répondit-elle dans sa langue, incapable maintenant de traduire dans les deux sens. Elle savait ce à quoi la question d'Isdès appelait mais ne comptait pas lui accorder la satisfaction du silence, ou, pire encore, celle d'une résiliation. Elle n'était la propriété de personne et ne serait même pas celle de l'Athna. C'était une valeur portée par chaque cellule de son être, féroce et farouche, un reliquat peut-être de l'indépendance acharnée et sauvage qui appelait à la survie. Elle le lâcha à contrecœur lorsqu'il accéda à sa requête et commença à libérer sa taille. Elle ne l'avait pas quitté du regard mais sa main chercha un instant à se frayer un chemin contre la peau fraîchement mise à nu. Elle frôla les muscles de son bassin et ses doigts avaient commencé à glisser sous le tissu, mais la surprise arrêta subitement son geste.

Il avait à nouveau fourré sa main dans sa nuque et ses cheveux trempés pour la faire doucement pencher vers l'arrière. Elle le fixait toujours et demeurait silencieuse, d'un silence qui en disait long, hurlait pour ses intérieurs en feu. Les iris de Murphy brûlaient sous la luxure et l'observaient, ce regard qui s'était fait brut et ardent, violent, féroce, alimenté par le désir. S'il avait décidé de capituler maintenant, elle se serait offerte à lui entièrement et sans concessions. Il lui sembla subitement qu'elle vivait pour cette convoitise qu'il avait d'elle, qu'elle aurait pu se nourrir éternellement de ce regard qu'il posait sur elle comme si elle était la seule femme au monde capable de le combler. Il descendit son visage vers le sien et la respiration de Murphy s'intensifia encore alors qu'elle pouvait sentir son souffle cuisant contre ses lèvres. Elle savait qu'il se jouait d'elle, encore, et qu'elle n'aurait pas ce baiser dont elle avait tant envie, mais son être entier était concentré sur ces lippes si proches des siennes. Si proches et pourtant si éloignées...

Elle arrêta brusquement de respirer lorsqu'elle sentit sa main conquérante plonger sous son dernier sous-vêtement. Le premier contact la força à reprendre son souffle et ses mains quittèrent le bas-ventre d'Isdès pour s'accrocher, paniquées, là où elles le pouvaient. Elle se saisirent de ses épaules, cherchèrent à se retrouver derrière sa nuque. Son regard flétrissait, ses sourcils si sûrs s'affaissaient. Elle se mordait la lèvre pour retenir des grognements rauques qui ne donneraient que trop de satisfaction à Isdès. Elle entendit la voix de ce dernier faire écho à plusieurs reprises dans son crâne mais ne put lui accorder la moindre réponse aussitôt. Elle ne voulait pas lui offrir la victoire, elle ne voulait pas s'avouer être sienne. Elle n'était à personne mais il l'avait entière au bout des doigts. Sa cage thoracique paniquée trahissait tout le bien qu'il lui faisait et elle dut fermer les paupières pour ne pas avoir à soutenir son regard victorieux. Son souffle chaud se réverbérait sur le visage d'Isdès et lui revenait, brûlant, mélangé à celui de l'homme. Il ne jouait plus; à moins qu'elle ne soit en train de perdre ? Il la connaissait sur le bout des doigts et la trouvait avec une aisance qui la consumait entièrement. « Nowa... » Son souffle fut à peine audible sous la cascade tempétueuse mais son corps tout entier hurlait à l'infamie du mensonge. Murphy était à Isdès tout entière.

Dans un effort surhumain, elle se saisit du poignet qui frôlait son abdomen et le serra de toutes ses forces pour faire cesser les taquineries. Elle le força à remonter sa main sur son ventre, où elle était d'un coup bien plus innocente. A la fois soulagée et incroyablement frustrée, Murphy attrapa doucement la tresse qui tombait encore sur son torse musclé et la fit passer par-dessus son épaule. Elle se dressa sur la pointe des pieds pour soutenir son regard. Le sien avait retrouvé toute sa vivacité, mais ses entrailles étaient loin de se remettre de ce qu'elles venaient de vivre. Elles hurlaient à plus, voraces, insatiables. Elle lâcha sa nuque et ses mains à présent brûlantes coururent le long de ses muscles pour frénétiquement accrocher le pantalon qui était encore ancré à ses hanches. Sans quitter l'Athna du regard, elle tira dessus et enfin, il abandonna et se laissa tomber à terre. Ses doigts trouvèrent la peau nue de ses hanches et elle eut un bref sourire. En un geste, elle avait récupéré cet avantage-là. Il était totalement nu et elle ne l'était pas tout à fait. « Yu gaf plei dison pleiplei ? » Leurs bassins se trouvèrent brièvement et volontairement, mais il était de plus en plus dur pour elle de ne pas demander plus que ces contacts intermittents et éphémères. L'une de ses mains remonta sur ses hanches, sous son bras, jusqu'à se saisir fermement de son épaule. L'autre, quant à elle, s'était saisie de son ardeur et lui offrait véhémence et hardiesse. Elle se mordit la lèvre inférieure, le regard amarré sur son visage, sa bouche, sa pommette abîmée et ses prunelles de feu. Murphy voulait le voir s'embraser sous ses doigts, qu'il s'enflamme en la touchant encore, elle voulait être maîtresse de son désir et de sa satisfaction. Elle voulait être reine de son allégresse. « Ai laik... bos... gon em seintaim, Myrtille. » Semi-confession mêlée d'une promesse. Parler la langue qui n'était pas la sienne lui coûtait de plus en plus et toute sa chair priait pour qu'il accepte simplement de leur laisser s'offrir une victoire commune. C'était la seule issue possible à ce jeu qui altérait le corps et l'esprit.



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06/05/2016 Dandan/Sonia 250 Jason Momoa lux #demonkeur Garde pour sa tribu, il s'occupe aussi parfois des oiseaux messagers. 50


Sujet: Re: feel your love float astray ∞ isphy (trigger warning)
Ven 2 Juin - 0:31

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Ce qu’ils se faisaient subir l’un l’autre était indécent, mais si spontané. Comme si Isdès avait déjà exploré cent fois le corps de Murphy, il s’aventurait là où il manquait à chaque fois de la faire flancher. Il voulait gagner cette bataille, parce qu’il le méritait. Parce qu’il s’appliquait tant à lui dévouer tant d’attention. Ses gestes pouvaient paraître brutaux ou irrespectueux pour quiconque posait un regard sur lui, mais la jeune femme avait compris que c’était sa manière de fonctionner. Il ne fonctionnait pas par la violence – seulement quand il le fallait – mais ses actes n’étaient que le reflet de ses sensations. Quand elle lui tenait tête, elle lui inspirait l’autorité. Quand elle le caressait de cette façon, elle lui inspirait la sensualité. Des milliers d’étincelles différentes éclataient au même moment au plus profond de son être et pour certains qui auraient trouvé ça ingérable, Isdès se contentait simplement de ne pas intervenir. Si ça devait s’embraser, ça s’embrasait. Si ça devait être étouffé subitement, il ne tenterait pas de rallumer les braises. De toute manière, il savait qu’elle avait les mêmes ambitions que lui. À cette heure précise, il n’y avait que l’autre qui comptait. Quand il choisit à nouveau de la réprimander par des tortures intimes, Murphy ne protesta même pas. Elle aussi cherchait la confrontation, elle cherchait tout ce qui était pur et sans fard. Ils étaient quasiment mis à nu, ne subsistaient que des morceaux de tissu qui avaient déjà disparu de l’équation. Dans ses prunelles, il lisait la retenue. Elle continuait de le défier et refusait de lui donner satisfaction en le laissant entendre tout ce qu’il provoquait chez elle. Sa lèvre maltraitée et son buste agité par une respiration erratique trahissaient pour elle ce plaisir qu’il lui donnait. C’était délicieusement frustrant, cruellement doucereux. Il se noyait dans son regard en prenant tout ce qu’elle voulait bien lui donner. Il emmagasinait non seulement chaque réaction, chaque détail de son corps, mais également le souvenir d’elle telle qu’il l’avait souhaité dès le départ. Ça lui paraissait maintenant insensé d’avoir été si raisonné, si impassible alors qu’elle avait remué tant de choses. Isdès avait presque l’impression d’avoir perdu son temps, mais si c’était la récompense qu’elle lui offrait aujourd’hui, il parviendrait à surmonter ce remord. Sa main était aussi envieuse que l’avaient été ses lèvres. D’ailleurs, il aurait bien inversé les rôles, mais il ne parvenait pas à se détacher de son visage. Lorsqu’elle opposait résistance dans sa langue natale, il fondait littéralement sur place. Il redoublait d’efforts dans l’espoir de lire le renoncement, l’abdication face à ces étreintes si inquisitrices. Bien assez tôt, elle finit par l’arrêter là et s’il s’y opposa une poignée de secondes, il finit par se résigner, faisant voyager sa paume là où elle le guidait.

Qu’il se débarrasse de ce pantalon trop étroit, qu’ils cessent de se renvoyer la balle et qu’enfin ils s’harmonisent dans le même but. L’impatience d’Isdès commençait à se faire souveraine dans sa tête et dans son abdomen. Murphy se saisit de sa tresse et bien qu’il demeurât immobile, il ne put nier que cette sensation fut désagréable. Il y avait un moment où il n’appréciait pas qu’on l’attrape par les cheveux : c’était tout de suite. Peut-être son caractère dominant prenait le dessus et il estimait qu’il n’y avait que lui pour s’approprier un des éléments les plus personnels d’une silhouette. Peut-être que ce geste, qu’il avait déjà fait plusieurs fois, n’était acceptable que lorsqu’il en était l’instigateur. Néanmoins, il ne lui en tint pas rigueur et fut soulagé après qu’elle la laissa retomber dans son dos. Ses mains s’étaient glissées sur son postérieur, prêtes à reprendre leur rôle. L’Athna s’aperçut à peine qu’elle venait de retirer son pantalon. Il était si accommodé à la nudité qu’il s’agissait d’une étape incroyablement banale pour lui. Le cheminement naturel jusqu’à l’union de deux êtres, l’état dans lequel on naissait et on reviendrait poussière. Cependant, Murphy pouvait désormais contempler le désir qu’il contenait tant bien que mal désormais. Leur frôlement succinct et beaucoup trop bref de leurs bassins n’améliorait pas la situation. Parfaitement serein jusqu’ici, Isdès fut de nouveau submergé. À sa question insidieuse, il ne répondit que par un hochement de tête enthousiaste et un regard complètement hypnotisé. Qu’elle se fasse plaisir. Il accueillit sa main sur sa virilité en se mordant violemment l’intérieur de la joue. Contrairement à elle, il n’avait pas peur de vocaliser ce qu’elle faisait naître chez lui ou plutôt ce qu’elle continuait d’alimenter. Un gémissement rauque franchit l’orée de sa bouche, suivis de quelques grognements au rythme de ses caresses. Elle était devenue maîtresse de son état, mais juste parce qu’il lui avait autorisé. Il n’avait plus la résolution d’attendre. Il voulait tout, tout de suite. Il se permit de clore ses yeux, juste un instant pour mieux décupler ce que ses terminaisons nerveuses lui renvoyaient. Murphy revendiqua ses compétences en anglais, ce à quoi il répondit par un rictus amusé. « Nou tag ai laik daun. » C’était réducteur au point où ils en étaient. Ce sobriquet était une reminiscence d’un passé qui n’avait servi que de tremplin au présent. Il ne voulait plus en entendre parler, il exigeait qu’elle l’appelle par son prénom. Qu’il l’entende résonner dans toute la caverne, jusqu’aux forêts si ça lui chantait. Il n’en serait que trop fier. Inconsciemment, il s’était à nouveau infiltré sous le dernier sous-vêtement de la jeune femme, preuve qu’il était devenu véritablement encombrant.

Au moment où il se rendit compte de cette dernière barrière indésirable, il l’ôta d’un mouvement rageur. Ça ne suffisait plus. Il fallait plus, il fallait grimper toujours plus haut. Le tissu chuta dans l’eau dans un bruit à peine audible et Isdès comprit que plus rien ne se tenait entre eux. Elle lui appartenait toute entière et cette pensée raviva une énergie qui s’était presque apaisée sous l’effet de ses mains. En un instant, il retrouva le contact de ses lèvres pour les dévorer avec passion. Sa langue réclamait les caresses, les prodiguait avec hâte. Il avança d’un ou deux pas pour que de nouveau, elle soit prisonnière de sa carrure épaisse. Toujours en l’embrassant, il se pencha légèrement en avant, l’écrasant un peu plus contre la roche, puis la décolla à nouveau du sol. Sauf qu’au moment où son corps rencontra le sien, Isdès conclut l’étreinte d’un mouvement pressé du bassin. La réalité des choses et la palpabilité de leur attirance commune frappèrent sa conscience et un grommellement de plaisir mêlé à la surprise fit écho contre la roche. Il lui fallut une seconde pour reprendre ses esprits et ne pas manquer le coche. Ses doigts maltraitèrent son fessier tandis que son visage se reculait du sien afin de mieux l’admirer. Il se nourrit de la moiteur qui émanait d’elle, de la beauté du tableau et il retrouva son objectif premier. Ses iris capturèrent les siennes alors qu’il laissa son bassin donner la cadence, déjà plutôt zélée, de cette union du corps et de l’esprit. Le monde était sans dessus dessous.

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06/12/2015 Lux Aeterna 30606 Sophia Bush Avengedinchains (vava) ; Oreste (image profil); Lux Aeterna (sign & gifs & fiche rp) ancienne militaire - lieutenant, stratège, garde et patrouilleuse. Quelques notions de médecine et bases en maniement des armes. 201


Sujet: Re: feel your love float astray ∞ isphy (trigger warning)
Ven 2 Juin - 3:59

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❝ Feel your love float astray ❞
Pamplemousse Cavendish & Myrtille Hakantarr
(1er au 8 mai 2117)


Murphy ne tiendrait guère plus longtemps. Les flammes la dévoraient de l'intérieur, consumaient sa peau, son bassin et chacun de ses organes. Elle était un feu à elle entière, crépitait d'impatience. Elle ne souhaitait que l'entraîner davantage dans sa chute encore, l'objet de son désir, qu'il s'abandonne avec elle, qu'il s'abandonne à elle. Elle voulait qu'il fonde sous ses doigts, et ces doigts ne semblaient à ce moment exister que pour lui et ce dessein que ses prunelles étaient loin de laisser secret. Ses caresses étaient aventureuses et déterminées, et les réactions d'Isdès la galvanisèrent encore plus. Il ne masquait rien; et quand bien même l'aurait-il fait, Murphy pouvait sentir toute l'impatience qui était la sienne au creux de sa main. « Ku, Isdès... » Son souffle chaud avait trouvé la peau de son cou moite. Elle y déposa un lent baiser, comme pour accepter et honorer cette doléance. Isdès. A ce moment précis, il n'était plus personne d'autre qu'Isdès. Il était maître de son corps et de son esprit, bien loin de la Myrtille qu'elle avait hurlé ne plus jamais vouloir revoir. A moins que ces cris n'aient autrefois raisonné de ce même mensonge que celui qu'elle lui avait offert dans la vergogne de ses réactions un peu plus tôt. Oh, ses doigts lui manquaient atrocement... Chacun de ses râles la faisait frisonner, avivait encore la flamme qui hurlait en son abîme. Elle l'avait. Il était à elle et c'était sans doute là le plus enivrant. Mais Murphy subissait la frustration qu'elle s'imposait, parce que ses entrailles hurlaient à davantage, hurlaient à l'ultime. Comme s'il avait entendu ses suppliques intérieures, Isdès plongea à nouveau son épaisse main sous le coton qui cachait ses secrets. Ils ne l'étaient plus depuis longtemps, et il retrouva en un instant la voie qu'elle lui avait interdite quelques instants plus tôt. Cette fois, aucune concession. Sa hargne s'intensifia brièvement sur sa virilité pour se venger -ou pour le remercier. Elle chercha ses lèvres mais leur différence de taille eut raison d'elle bien plus vite qu'elle ne l'aurait souhaité et elle posa son front sur son torse contre lequel elle s'autorisa les soupirs voluptueux qu'il lui incitait. Elle avait perdu pied pour de bon; incapable désormais de réfléchir ou de parler, il n'y avait plus qu'eux pour ce qu'ils étaient de plus simple, de plus pur, de plus primitif.

Elle dut sacrifier ses caresses au nom de sa liberté. Maintenant, elle était nue, entièrement, farouchement. Son étreinte perdit de sa flegme pour caresser délicatement sa peau. Elle lui aurait offert tellement plus si elle avait eu la patience... Mais toute patience l'avait abandonnée. Elle accueillit le baiser dévorant d'Isdès avec le plus grand des soulagements et une ardeur qu'elle imaginait sans égale. Personne n'avait jamais pu autant désirer un homme qu'elle le désirait à cet instant précis. Leurs lèvres se rencontraient presque avec violence tant la ferveur était exaltante. Elle fut contrainte à reculer contre la roche et son baiser trahissait tout l'empressement dans lequel elle se noyait. Il était temps qu'ils abandonnent pour de bon, pour de vrai. Son dos rencontra la roche froide de la caverne mais c'est elle qui l'irradia de sa chaleur. Sa main se perdait contre ses hanches, ses fesses, son torse, les muscles de son dos, son cou et sa joue. Elle était affamée et elle-même dévorée par ce désir qui était le sien. Elle aurait voulu briser leur baiser pour lui hurler de mettre fin à ses tourments sur le champ mais n'en eut pas le courage. Il l'avait rendue faible à ce point, il l'avait rendue faible pour lui, et il lui semblait qu'elle mourrait d'asphyxie si leurs lèvres se séparaient. Son être était tout ce dont elle avait besoin, et il lui suffit d'un instant à peine pour lui arracher un râle rauque qui raisonna en écho de celui d'Isdès sous la cascade. Ses cuisses se serrèrent furieusement autour de sa taille, comme pour achever de sceller l'union qui était la leur. Ce moment précis portait avec lui tout le concret de leur désir qui les engloutissait. Elle était Isdès et il était Murphy; ils étaient un seul être, et Murphy voulait offrir à cette nouvelle partie d'elle toute la liesse et l'euphorie qu'elle méritait. Elle voulait offrir le meilleur d'elle à son amant. Leurs lippes séparées se caressaient toujours de leurs souffles incandescents, brûlants de luxure. Il s'éloigna doucement d'elle et, incapable de prononcer le moindre mot, les lèvres entre-ouvertes, la respiration chaotiqueée, elle l'observa de ses prunelles sulfureuses et dans le silence. Des gouttelettes faisaient briller sa peau foncée ça et là sous la lumière qui filtrait dans son dos et à travers la cascade qui continuait sa perpétuelle chute en ignorant les deux amants. Elle ne savait plus s'il s'agissait de l'eau du lac, de celle de la cascade ou de sa propre sueur. Le tableau était à couper le souffle. Il la dévorait du regard comme elle se savait le faire le faire elle aussi. Elle était à lui, elle était à lui, elle était à lui... et elle se le répétait inlassablement alors que ses iris hurlaient à l'homme cette vérité vive. Les mains conquérantes qui avaient enfin trouvé ses fesses nues semblaient y laisser une marque incandescente. La brune ne voulait plus qu'elles la quittent. Cette contemplation ne dura probablement qu'une demi-seconde mais elle suffit à Murphy pour qu'elle l'imprime sur ses rétines et l'immortalise dans les méandres de son esprit. Qu'il se consume pour elle, qu'il trouve en elle tout le contentement auquel il aspirait. Elle lui offrait tout son être, toute son enveloppe charnelle et tout son esprit. Les hanches d'Isdès lancèrent leur dance véloce et elle ferma les yeux une demi-seconde, les lèvres déformées par le plaisir, comme pour accueillir la nouvelle salve électrique qu'il fit naître entre ses cuisses. Sa main, désespérée d'un point d'accroche, se posa un instant au coin de sa mâchoire, le pouce posé contre sa gorge d'où elle pouvait sentir les vibrations de ses cordes vocales exprimant l'exultation. Elle la laissa à nouveau partir dans son dos et ne put soutenir le regard de l'Athna plus longtemps; Murphy se cambra contre lui et sous les coups de rein qu'il lui assénait et ferma les yeux en laissant échapper des gémissements de satisfaction animaux et charnels. Il était temps qu'elle lui avoue enfin tout le bien qu'il lui faisait, tout ce qu'il créait en elle, tout le brasier qu'il éveillait dans ses entrailles. Chaque coup de bassin électrisait le feu bouillonnant qu'il avait fait d'elle et elle ne masquait plus cette vérité-là. Elle était à lui, entièrement, éperdument, furieusement. Son front humide s’abattit contre celui d'Isdès et Murphy laissa leurs cages thoraciques se trouver vigoureusement. Elle pouvait sentir les mouvements chaotiques de ses poumons contre ses côtes et elle glissa laborieusement son visage contre ses cheveux mouillés pour souffler à son oreille et dans un effort qui lui parût surhumain. « Ai laik yun, Isdès... » Sa confession s'acheva dans un nouveau gémissement assouvi et elle se redressa contre lui, les doigts désespérément plantés dans les muscles bruts de son dos, pour poser son menton sur son front et lui offrir malgré elle la courbe de sa gorge d'où naissaient toutes les preuves du plaisir qu'il lui donnait. Si elle en avait eu la force, Murphy lui aurait intimé de s'asseoir dans les galets pour pouvoir prendre la relève contre lui; mais elle n'avait plus ni la volonté de laisser échapper une parole tangible, ni le cœur au moindre mouvement qui aurait pu les séparer, même le temps d'un centième de seconde. Isdès lui ôtait ses forces, altérait son esprit et démolissait son corps qui hurlait à la mort imminente. Son cœur martelait plus fort encore contre ses côtes, ses poumons paniquaient à la recherche d'un air qu'ils ne semblaient plus trouver. A dire vrai, collée à lui, elle ne savait plus réellement quel cœur ou quels poumons étaient les siens. Eux aussi avaient fusionné pour cet être unique qu'ils devenaient sous une cascade cachottière et innocente. La peau de son dos frottait contre la roche mordante au rythme des mouvements de bassin d'Isdès qui se faisaient plus vifs, plus conquérants, plus empressés, et en elle il achevait de faire monter cette pression dont il était l'unique maître. De sa vigueur et de son désir, il dévorait le bassin de Murphy. Le frottement capiteux de leurs peaux humides achevait de l'entêter, elle l'étoile enflammée qui chutait à une vitesse inimaginable, elle qui traversait sa dangereuse atmosphère pour rencontrer la haute montagne. Elle n'était plus une simple flamme, elle était devenue le cœur nucléaire d'une étoile flamboyante. Ils étaient ensemble, ils étaient un, et elle oubliait tout le reste. Le jeu de reins de l'homme était proche d'avoir raison d'elle, et elle rapprocha à nouveau leurs lèvres alors qu'elle se sentait sur le point d'abandonner. De ce jeu-là, ils sortiraient tous les deux victorieux, c'était une promesse qu'elle se faisait. Son cœur manqua subitement un battement sous la salve ultime d'Isdès et elle arrêta de respirer une seconde, fiévreuse. Ses muscles se raidirent, ses paupières se fermèrent et son gémissement raisonna au cœur de la roche, au cœur de la montagne.



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Sujet: Re: feel your love float astray ∞ isphy (trigger warning)
Mar 6 Juin - 23:05

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Aussitôt, Murphy consentit à lui obéir. Elle mettait de côté ces noms qui ne les désignaient pas l’un l’autre. Ils mettaient de côté tout ce qui ne pouvait pas traduire ce qu’ils ressentaient à l’égard de l’autre à cet instant précis. C’était peut-être pour cette raison qu’Isdès avait oublié l’anglais, se tournant vers sa langue natale comme si c’était la seule qu’il n’ait jamais parlé. L’anglais ne reflétait pas assez la certitude de son désir, la portée de son envie ou la détermination de ses caresses. Il finit par lui faire comprendre qu’il était temps. Il était plus que l’heure de concrétiser ce lien ardent qu’ils étaient en train de tisser, de marquer au fer rouge ces souvenirs délectables qu’ils étaient en train de créer. Isdès dévorait tout ce que sa vue était en mesure de lui donner tandis que ses mains abusaient du sens du toucher dont elles avaient été dotées à la naissance. Il ne lui semblait pas avoir assez de temps pour lui faire tout ce qu’il voulait lui faire sans succomber d’abord. Elle pouvait sentir combien il était prêt à vriller. Sa main s’était à nouveau glissée là où elle se sentait reine et il aurait pu s’y perdre longtemps si Murphy ne lui avait pas signifié, d’une pression sur sa virilité, qu’elle aussi n’attendait qu’une chose. À nouveau, ce fut un nouvel abandon. Alors qu’il s’était appliqué à la découvrir, il était prêt à y apposer un symbole de possession éternelle. Il ne réfléchissait pas à ce qu’il pouvait arriver par la suite. Pour l’heure, elle était la seule femme qu’il n’ait jamais eue comme il était le seul homme qu’elle n’ait jamais eu. Il ne pensait pas à ce qu’elle pourrait penser de lui, parce qu’elle l’avait accepté tel quel. Elle le prenait avec sa brutalité innocente et son insatiabilité. Au fond, Isdès était un éternel insatisfait et elle n’avait pas idée de combien elle le comblait maintenant. C’étaient des choses dont elle n’aurait probablement jamais conscience, parce qu’il se garderait bien de les révéler. Mais au-delà de l’étreinte charnelle et de cette attirance physique complètement incontrôlée, Murphy éveillait des choses en lui. Elle était responsable de remous dont il ne se croyait plus capable. Elle s’infiltrait là où il pensait avoir bâti des défenses impénétrables. Lorsqu’elle entoura sa taille de ses cuisses, non seulement elle attisa le feu en lui, mais elle provoqua des frissons beaucoup plus personnels. Quand elle se montrait si entreprenante, elle ne séduisait pas seulement l’homme, mais l’âme également. À elle seule, elle représentait une image qui le faisait bouillonner tout entier. Elle ébranlait son esprit et se frayait un chemin jusqu’au cœur glacé. Il ne parvenait plus à aligner deux pensées qui ne soient pas totalement dirigées envers elle et sa beauté.

Les expressions qui émanaient de ses lèvres pour traduire tout le bien qu’il lui faisait le rendaient fou. Son bassin suivait le rythme de ses soupirs comme si c’était elle qui menait l’orchestre. Plus sa voix résonnait dans la caverne, plus son corps cherchait davantage de mélodie. Lui-même ne retenait rien, peu soucieux de l’embarrasser. Son pouce contre sa gorge lui donnait des instincts de rage. Tant bien que mal, Isdès la contemplait pour ne rien manquer du plaisir qu’il lui offrait. Avec orgueil, il se revendiquait responsable de tant de moiteur, de tant de réactivité. Il était déjà à bout de souffle et ponctuait son labeur de hoquets étouffés. Ses lèvres cherchaient tantôt les siennes, tantôt sa nuque, tantôt la naissance de sa poitrine – quand il avait la force de la soulever un peu plus sans s’arrêter. Elles ne savaient plus où donner de la tête tant il voulait la dévorer de toutes parts. Dès lors que c’était possible, il collait son corps au sien pour approfondir ce contact si unique. Il avait cette sensation partagée entre l’ivresse et l’asphyxie. Il sentait sa peau ruisseler, mais il n’était même plus certain que ce soit sa propre sueur, celle de Murphy ou bien la moiteur ambiante qui se créait à cause de leur chaleur et de la fraicheur de l’eau. Isdès n’avait plus aucune conscience de son environnement et une fois qu’elle lui eut murmuré qu’elle lui appartenait, il sombra définitivement. Il s’empara de la gorge qui lui fut offerte et la marqua d’une dizaine de baisers, certains déviant vers la morsure réprimée. À travers sa gorge, il sentait son cœur battre la chamade et le sien tambourinait désormais dans ses tempes. Il redoubla d’ardeur jusqu’à en oublier qu’elle était contre la roche. Sa main prit d’ailleurs appui sur celle-ci tandis que l’autre bras s’enroula fermement autour de sa taille pour la maintenir contre lui. Chaque mouvement était devenu une violente torture dont il briguait l’apogée sans en souhaiter la fin. Chaque frottement, chaque frôlement le rendait un peu plus avide d’elle. L’étoile filante chutait et la montagne, quant à elle, s’élevait par-delà des sommets inimaginables. Il aurait voulu l’apprivoiser sous d’autres angles, lui laisser une petite marge de manœuvre, prendre le temps tout simplement, mais c’était impossible. Cette première fois – parce qu’elle ne serait pas la dernière – était beaucoup trop passionnelle et animale pour tenir la bride. Si proche d’elle comme si leurs êtres avaient fusionné, Isdès put sentir ses muscles se contracter progressivement, sa respiration manquer un temps. Ces signes ne manquaient pas et comme il lui paraissait la connaître par cœur à cet instant précis, il s’appliqua à l’amener jusqu’au bout. Ses jambes étaient certainement à bout de forces, cependant il n’était même pas en mesure de s’en apercevoir. Murphy s’agrippa enfin à lui alors que son plaisir ne lui appartenait plus. Il avait légèrement relevé la tête pour l’admirer au summum de son privilège d’être humain. Paradoxalement, il devint muet et la jeune femme put comprendre qu’il s’approchait à son tour du firmament. « Murphy... » Quelques minutes plus tard à peine, dans un dernier coup de rein, il convoita l’intimité ultime, la profondeur de leur étreinte. S’il pouvait sentir de façon palpable que son corps était parcouru de sensations électrisantes qui engourdissaient et galvanisaient à la fois tous ses membres, son esprit lui s’envola vers des confins lointains. La dernière chose dont il se souvint fut son odeur qu’il respirait à pleins poumons.

Une poignée de secondes à peine et Isdès finit par redescendre sur Terre. Ses doigts s’étaient violemment enfoncés dans les hanches de la jeune femme, l’ayant légèrement égratignée par endroits. Ses jambes tremblaient comme jamais et pourtant, il n’était pas résolu à dissoudre cette étreinte. Son visage s’était à nouveau réfugié dans son cou, près de ses cheveux humides. Sa tresse collait à son dos. Le bruit de sa respiration saccadée s’apaisa peu à peu pour laisser placer au brouhaha de la cascade qui avait abrité ces ébats grandioses. Il se redressa un peu plus droit, entraînant la jeune femme contre son torse, pour dégourdir ses jambes. Elle était encore si légère, pantelante entre ses bras et lui se sentait si lourd. Prenant appui autour de lui pour ne pas glisser et la faire chuter aussi, il finit par s’asseoir, les fesses dans l’eau. La jeune femme reposait sur ses cuisses endolories. Isdès put enfin reprendre ses esprits, pencha la tête en arrière contre la roche avant de fermer les yeux. La bouche entrouverte, il essayait de respirer l’air qu’elle lui avait volé au même titre que son âme.

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06/12/2015 Lux Aeterna 30606 Sophia Bush Avengedinchains (vava) ; Oreste (image profil); Lux Aeterna (sign & gifs & fiche rp) ancienne militaire - lieutenant, stratège, garde et patrouilleuse. Quelques notions de médecine et bases en maniement des armes. 201


Sujet: Re: feel your love float astray ∞ isphy (trigger warning)
Mer 7 Juin - 1:25

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(1er au 8 mai 2117)


Isdès la faisait languir, et elle n'en pouvait plus. Elle n'était plus sûre de vouloir continuer ce jeu lassant et malgré tout le bien que leurs provocations pouvaient leur procurer à l'un et à l'autre. Elle n'était plus sûre de vouloir gagner la satisfaction d'un pouvoir quelconque, parce qu'à ce moment précis, elle était reine de ses grognements autant qu'il était souverain des milliers d'informations qui affluaient le long de ses circuits nerveux. Il la faisait brûler toute entière sous ses doigts qui se faisaient de plus en plus conquérant. Murphy était faible et chaque seconde passée à le provoquer en retour était un plaisir aigre-doux qui la faisait vibrer en promettant tellement plus encore. Ça ne lui suffisait plus. Elle le voulait entier et en elle, elle le voulait pour elle, s'offrir pleinement à lui et abdiquer contre lui. Mais il n'était guère plus patient qu'elle, et bientôt il la trouva contre la roche pour lui offrir les étreintes ultimes. Elle était insatiable, Murphy, ne cherchait plus à masquer ce qu'il créait chez elle. Elle se délectait des grognements qu'il lui offrait et chacun d'eux l'emportait un peu plus loin encore. Se savoir capable de l'emmener aussi loin qu'il la portait lui-même était aussi enivrant que les coups de bassin qu'il enchaînait avec fureur. Il n'existait plus rien d'autre qu'eux deux, que leurs deux chairs qui fusionnaient en un seul être, et Murphy en oubliait la grotte et la roche qui abîmait la peau pâle de son dos à chaque fois qu'il revenait vers elle. Elle avait du mal à l'observer parce que ses paupières l'emportaient dans le réflexe du secret. Les baisers qu'il déposait sur sa gorge étaient envieux et lui arrachèrent quelques soupirs de plus alors qu'elle s'agrippait à sa nuque pour qu'il ne cesse pas encore, pas tout de suite. Elle voulait sentir son souffle brûlant calciner sa peau moite, se perdre contre la peau fine de sa poitrine. Son corps était à lui et elle ne s'était jamais offerte à quiconque avec un tel désir de le satisfaire, parce qu'elle s'était mise à nu devant lui, parce qu'elle se dévoilait plus vulnérable qu'elle ne l'avait jamais accordé à personne, parce qu'elle voulait contenter sa chair et son âme avec tous les dangers que ça comportait. Lorsqu'elle arrivait à poser ses prunelles de braise sur lui, elle se sentait prendre feu encore plus. Parce qu'il la regardait comme on ne l'avait jamais regardée, avec un mélange de désir et de plaisir qui la rendait fière; parce qu'il était beau, le visage crispé par l'effort, avec ce sourcil abîmé qui accentuait toute la soif d'elle qui débordait de son regard clair; mais aussi parce que c'était pour elle une communion nouvelle, celle de deux êtres entiers avec leurs âmes, leurs secrets et une pudeur que leurs corps avaient décidé d'abandonner à cet instant précis. Qu'il se saisisse de sa taille avec une telle ardeur; leurs peaux ne se trouvaient pas encore suffisamment à son goût et ses lèvres se languissaient déjà de celles d'Isdès. Elle le cherchait au creux de son cou lorsqu'elle pouvait se le permettre, contre son visage lorsqu'il la remontait contre la roche. Dans la caverne raisonnait leur plaisir et c'était là tout ce qui pouvait rappeler à Murphy son environnement.

Une pointe de tristesse se saisit d'elle lorsque ses muscles se raidirent de la façon la plus erratique qui soit. Ils présageaient à la fois du triomphe de leur étreinte mais également de sa fin. Elle avait malgré elle collé son front contre lui d'Isdès et ses mains cherchaient désespérément son contact, s'accrochaient à sa nuque et à son dos. Il avait trouvé la Murphy cachée au plus profond de son être et elle ne put se décider à fermer les paupières aussitôt, comme si le regard d'Isdès comptait à présent plus que tout. Il était devenu silencieux alors qu'elle ne maîtrisait plus les sons qui quittaient ses lèvres, mais dans les prunelles de son amant brillait une étincelle qu'elle était sûre de reconnaître en mille, comme si cette étreinte avait toujours été une évidence entre eux deux, comme si, dès le premier moment, tout avait mené à cette union charnelle et spirituelle. Ses doigts se posèrent sur son menton et leur pulpe frôlèrent ses lèvres alors que sa poitrine tantôt paniquée, tantôt paralysée, se pressait contre lui. Son visage était tout ce qu'elle voyait; le reste de ses circuits moteurs étaient envahis de décharges électriques qui aspiraient toutes au même message. Entendre son prénom raisonner dans la caverne et dans un souffle aussi sulfureux la fit définitivement vriller. Le bassin d'Isdès se faisait plus vorace encore et dans son silence, dans le regard qu'il posait sur elle, Murphy savait qu'il la rejoignait dans cet univers qu'ils avaient crée à deux. Elle était partie, loin avec lui, et derrière eux elle laissa un gémissement qui raisonna sur les parois rocheuses un long moment.

La tête reposée contre la roche, Murphy sentait à présent toutes ses forces la quitter. Ses cuisses avaient malgré elles desserré un peu leur prise et sa main s'était perdue contre le torse d'Isdès. Elle pouvait sentir sous ses doigts son cœur et sa respiration se calmer peu à peu. Sa propre cage thoracique se calmait elle aussi, et elle ne réalisa l'instabilité de leur position que lorsqu'elle fut capable de sentir les jambes de l'homme trembler sous son poids. Elle sentait ses doigts enfoncés sur ses hanches et arrivait encore à s'en délecter. Le visage de l'Athna s'était à nouveau lové au creux de son cou, contre sa clavicule, et il semblait à Murphy que c'était là sa plus belle place. Elle aurait tué pour que son souffle ne quitte plus la peau encore palpitante de sa gorge. Sa main se perdit à l'arrière de son crâne avec tendresse, presque, comme pour l'accueillir dans cette douceur nouvelle. Le monde reprenait vie sous ses yeux; la cascade à laquelle il faisait dos et qui continuait de chanter comme si de rien n'était, le soleil qui filtrait à travers le rideau d'eau, les montagnes au-dehors qui n'avaient que faire de l'union de deux êtres comme elles en avaient connu des millions avant eux. Lorsqu'il la détacha de la roche, elle se laissa reposer contre lui, les bras encadrant ses larges épaules, et trouva refuge au creux de son cou moite duquel émanait un parfum chaud qui la fit sourire. C'était maintenant elle qui faisait dos à la cascade, et, un peu désorientée, s'en rendit compte au jeu de lumières qui éclairait le visage d'Isdès. Elle l'observa un instant dans le silence, l'homme aux yeux fermés, et passa ses doigts fins sur les lignes de sa mâchoire, sur ses lèvres brûlantes, sur ses muscles saillants. Il respirait frénétiquement et Murphy se rendit compte que ses propres constantes physiologiques n'étaient pas encore revenues à la normale. Elle aurait pu l'observer dormir pendant un long moment s'il se laissait happer par le sommeil. Elle l'avait épuisé et ça lui donnait une satisfaction orgueilleuse. A contre-cœur, elle finit de rompre leur étreinte et se laissa tomber sur le dos, devant lui, presque parallèle à la cascade, dans le fond d'eau qui caressait le sol de galets. Elle ferma les paupières à son tour et profita du calme retrouvé. Il lui manquait, subitement, même s'il n'était qu'à quelques centimètres d'elle; mais elle apprenait seulement ce manque de l'autre. Sans ouvrir les yeux, elle tourna la tête vers la droite pour profiter du soleil qui filtrait jusque-là, faisait briller l'eau autour d'eux. « La prochaine fois, c'est moi qui mène. » Un sourire s'était dessiné sur ses fines lèvres. Elle sentait dans son dos l'eau froide éveiller les douleurs des griffures mais si c'était le prix à payer pour trouver Isdès, elle le payait bien volontiers. « Je sais pourquoi la lettre... » Car tout menait à ça et à eux, elle avait la réponse à sa question. Ce monde n'était pas tout ce qu'il avait voulu lui faire découvrir et lui faire apprendre. Il voulait qu'elle l'apprenne lui, aussi, et Murphy avait le sentiment de déjà le connaître par cœur. Elle n'ajouta rien de plus parce que c'était inutile. Ses paupières s'ouvrirent doucement alors que son visage se tournait vers lui. Les raies de soleil dansaient sur sa peau nue et humide, se reflétaient ça et là sur les gouttes d'eau qui y glissaient. Il était beau, bercé par cette lumière qui avait encore le droit de le dévorer, mais déjà beaucoup trop loin d'elle, alors qu'il suffisait sans doute qu'ils tendent les bras pour se frôler. Elle lui sourit en silence, l’œil brillant. « J'avais pas besoin de graver mon nom dans la roche pour que tu penses à moi en revenant ici. » Elle glissa sur le côté, le flanc dans l'eau, accoudée dans les galets, pour l'observer, main perdue dans ses cheveux mouillés. C'était comme si elle s'était enfin réveillée, comme si tout ce qui s'était insinué en elle depuis leur première rencontre avait enfin éclaté au grand jour. Il était la promesse ultime de ce nouveau monde, bien au-delà des montagnes majestueuses et du soleil qui faisaient brûler le ciel aux aurores, mais elle n'avait pas grand chose à lui dire, parce qu'ils venaient de tout se dire. Son regard parcourut les huit lignes bleues qui maculaient son torse et les blessures qu'il avait écopées de ses combats. Elle se demandait si elle aussi avait laissé une quelconque trace sur sa peau et ses prunelles accrochèrent à nouveau celles d'Isdès. Elle voulait le marquer dans son être tout entier comme il s'était insinué jusqu'aux tréfonds du sien.

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Sujet: Re: feel your love float astray ∞ isphy (trigger warning)
Jeu 15 Juin - 23:27

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Le souffle d’Isdès reprenait peu à peu son rythme régulier tandis que son cœur retrouvait son battement serein. Reposant brièvement contre le corps de la jeune femme, l’homme s’ancrait de nouveau sur le sol. Ce ne fut que maintenant qu’il réalisa l’effort qu’il avait fourni, l’intensité qu’il avait mis dans cette redécouverte de l’autre. Murphy était devenue silencieuse à son tour et l’un comme l’autre semblaient prendre le temps de réaliser ce qui venait de se produire. Quelques secondes plus tôt, il était parti vers d’autres cieux et voilà que cette sensation d’elle lui manquait déjà. Il crevait d’envie de remonter le temps et de la retrouver, moite contre lui, à la merci de sa volonté. Il savourait sa main qui s’était glissé dans sa tignasse, accueillant ce bref moment de douceur. Il n’était pas habitué à prendre le temps de s’en remettre et à vouloir s’emparer de nouveau d’un instant beaucoup trop court. Lui qui vivait pour le présent devenait esclave du passé, à la recherche de ce qui était déjà malheureusement un souvenir. Elle n’avait pourtant pas quitté ses bras, mais c’était comme si elle s’était brutalement éloignée. Il n’aimait pas du tout cette sensation de manque qui n’aurait jamais dû exister. Il choisit alors d’abandonner cette position qui lui avait procuré tant de choses et il se laissa choir dans l’eau. Le fait de fermer les yeux l’aiderait peut-être à récupérer sa raison. Il l’avait certainement perdu sitôt qu’elle s’était mise à nue devant lui. De même, où était passé sa méfiance naturelle ? Où était passée sa conscience des choses ? Isdès pouvait se sentir ici, présent, mais il y avait quelque chose de différent... C’était lui qui était différent. Ce n’était pas comme d’habitude – comment pouvait-il penser que chacun de ces instants se ressemblaient ? Il essaya de se concentrer sur sa respiration, de se sentir reprendre le contrôle de ses muscles, mais il y avait quelque chose qu’il ne maîtrisait plus du tout. Là-haut, dans sa tête tout s’emballait. Son esprit ne répondait plus, accompagné d’un cœur beaucoup trop déloyal. Parfaitement serein en apparence, les dernières caresses que lui prodigua Murphy continuaient de l’électriser bien que le résultat ne fut plus le même. Dès que sa main quittait une parcelle de sa peau pour en rejoindre une autre, la première était en manque. Ce poids lourd, cette frustration extrême, dès qu’elle l’abandonnait étaient inédits, agaçants, anormaux. Pourquoi la satisfaction ne s’était-elle pas contentée d’être souveraine ? Pourquoi tant de négativité venait basculer cet après qui aurait dû être parfaitement calme ? Alors que Murphy avait attisé le plaisir, voilà qu’elle suscitait l’anxiété. Isdès en vint presque à être soulagé quand elle se détacha de lui.

Sans rouvrir les yeux, il l’entendit se poser à côté de lui. Aussitôt, l’air ne lui manquait plus. Il prit une profonde inspiration et essaya de se débarrasser de ces mille questions qui l’avaient assailli sitôt qu’ils avaient terminé. La seule chose dont il était certain était qu’il lui en voulait. Soudainement, sans raison, il lui en voulait. Peu à peu, il se familiarisait de nouveau avec toutes les raisons pour lesquelles il l’avait détesté dès le début. Elle était insouciante, elle ne faisait attention à rien. Elle était en train de causer leur propre perte et même pas elle ne s’en rendait compte. D’un geste nerveux, il porta ses deux paumes à son visage pour essayer de se réveiller. Il avait compris : il la haïssait alors que son corps n’avait cesse de la réclamer à nouveau. Isdès n’était pas habitué au déséquilibre, il ne supportait pas l’incompréhension. Quand elle affirma que la prochaine fois, ça serait elle qui mènerait la danse, il n’hésita pas à la rabrouer : « Toi rêves. » D’une, il n’avait jamais laissé qui que ce soit mener la barque et de deux, il se promettait à cet instant qu’il n’y aurait plus de prochaine fois. Á quoi bon rechercher le plaisir de la chair si l’âme en était blessée ? Une fois de plus, c’était quelque chose qu’elle ne comprendrait sûrement pas. Malgré tout, la curiosité le força à ouvrir un œil pour l’épier, une fois qu’elle eut clamé qu’elle savait le pourquoi de la lettre. Il avait hâte d’entendre la réponse parce que lui-même n’était pas en mesure de la fournir. Il croisa son regard et il eut le cœur au bord des lèvres. Á contre-jour, les rayons du soleil dessinaient sa silhouette comme une auréole céleste. Il distinguait à peine le sourire qu’il pouvait entendre dans sa voix. Elle était heureuse, elle. Rien ne la troublait et c’était d’autant plus rageant. Sa dernière intervention lui arracha un rictus cynique. Elle n’avait jamais eu plus raison et c’était bien ce qui le dérangeait. La mauvaise foi était en train de noircir toutes ses pensées. C’était plus fort que lui. Se rongeant le frein pour ne pas réagir, Isdès la laissa le contempler du regard. Il lisait l’orgueil dans ses iris ambrés, la satisfaction derrière ses traits légèrement fatigués. Elle en sortait beaucoup plus victorieuse que lui. Il mourait d’envie de lui arracher ce petit air malicieux de son visage si ensorcelant. « Malheureusement, oui. » Pris d’une pulsion, il se redressa vivement puis attrapa sa mâchoire entre ses doigts et la força à le regarder. La dévorer jusqu’à ce qu’il n’en reste plus rien, la consumer jusqu’à ce qu’elle ne puisse plus lui tenir tête. Jusqu’à ce qu’elle ne l’atteigne plus de la sorte. « Je reviendrai pas ici. » Pas sans elle, pas maintenant qu’elle avait marqué l’endroit de son empreinte indélébile.

Isdès se perdit brièvement dans la contemplation de son visage de porcelaine qui portait toutes les caractéristiques des Skaikru. Á l’image de ses doigts plus foncés, il l’entachait à chaque seconde passée avec elle. Il l’avait presque oubliée, leur incompatibilité chronique. Leurs corps s’accordaient aussi bien que leurs âmes n’étaient pas en mesure de le faire. Il ne pouvait pas écarter cette pensée. Elle put aisément remarquer ses yeux se baisser vers ses lèvres, le temps qu’il s’interroge s’il avait le droit de les embrasser sans qu’il n’y ait de promesse derrière. Finalement, il se ravisa. « On y va. Soleil bientôt se coucher. » Il n’avait aucune idée de l’heure, ni du temps qu’ils avaient passé dans cette caverne, mais il fallait retrouver la réalité du monde. Isdès se releva pour aller chercher son pantalon qu’il eut du mal à enfiler tant le tissu était encore détrempé. Il faisait tout pour ne pas s’inquiéter de la réaction de la jeune femme devant tant de réserve. Il attrapa le sous-vêtement qu’elle avait abandonné en dernier et le lui tendit. Il s’approcha ensuite de la chute d’eau sous laquelle le soutien-gorge avait arrêté sa course, coincé contre un rocher. Ça, en revanche, il ne le rendit pas à Murphy. « Tu as pas besoin. » dit-il avant de fourrer négligemment le tissu dans sa poche. Il ne voulait rien qui la rattache à ses origines et puis sa poitrine était tellement plus belle, sans aucun soutien superficiel. Si elle voulait se rhabiller, elle allait devoir retrouver leurs affaires laissées près du rivage. Son attitude laissait croire qu’il prenait de la distance tandis que ses gestes continuaient de le contredire. C’était là la représentation de la bataille qui se livrait au plus profond de son être. Isdès finit par traverser la cascade et fut aveuglé par la lumière du jour qui les accueillit de nouveau dans cette existence impitoyable.

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Sujet: Re: feel your love float astray ∞ isphy (trigger warning)
Ven 16 Juin - 3:37

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Pamplemousse Cavendish & Myrtille Hakantarr
(1er au 8 mai 2117)


Un nouveau chapitre venait de s'ouvrir, mais Murphy ne le réalisait pas encore pleinement, encore emportée par les folies physiologiques d'un corps qui avait été à la fois mis à rude épreuve et contenté de la plus exquise des façons. Elle sentait sous le sien celui d'Isdès qui tentait de retrouver quelques forces après celles qu'il avait sacrifiées à l'une des plus nobles causes. Elle n'arrivait pas à s'en séparer, pas maintenant, pas tout de suite, et il lui semblait que leur union n'aurait jamais duré assez longtemps pour la contenter parce que même collée à lui, même alors qu'elle respirait encore sa peau, elle ressentait un manque immense, un manque indomptable, un manque qui lui retournait les entrailles comme jamais ça ne lui était arrivé. L'acte avait apaisé les désirs du corps un instant, mais quelque chose d'autre était né, quelque chose qu'elle aurait assimilé à une forme d'espoir nouvelle si on lui avait demandé de la décrire. Encore contre lui, elle profitait d'un contact plus tempéré et proche d'une affection étrange. Murphy posait sur lui un regard fier mais tendre, cherchait contre sa jugulaire encore battante le réconfort d'une intimité nouvelle. Elle s'arracha à lui à regrets, comme pour se prouver à elle-même qu'elle était capable de retrouver une existence sans se confondre avec lui, mais son corps nu retrouva un froid qui la fit frissonner à nouveau pendant quelques secondes, comme si elle était replongée dans le monde rude et rustre de la réalité où leurs corps ne se rencontraient plus, où leurs souffles ne se mêlaient plus, où les battements de leurs cœurs ne se faisaient plus écho contre leurs poitrines. Lorsqu'il nia toute possibilité de la laisser prendre les rênes la prochaine fois ou même de réitérer l'expérience, Murphy s'esclaffa discrètement, le soleil caressant de ses doux rayons son visage apaisé. Il ne savait toujours pas à qui il avait à faire, mais elle n'arrivait pas à croire qu'il ne succomberait pas une autre fois après celle-là, celui qui l'avait suppliée de l'arrêter au moment où elle aurait encore pu le faire, celui qu'elle avait contenté au point d'entendre ses grognements raisonner contre les parois rocheuses desquelles le secret de leur union était emprisonnée. Le sujet de la lettre resta encore une fois sans réponse mais Murphy était persuadée de l'avoir trouvée, parce que ce qui s'était passé lui était brusquement apparu si évident que le le doute n'était plus permis. Ce moment d'égarement n'en était pas un parce que ça n'avait toujours été que question de temps, parce que tout les avait toujours ramenés l'un à l'autre et parce que lorsque le hasard n'avait plus su le faire pour eux, Isdès s'était chargé de forcer leur prochaine rencontre. Le regard posé sur lui, ses sourcils se froncèrent à sa réponse. Malheureusement... en connaissait-il seulement la signification ? Il était revenu à cette langue qui n'était pas la sienne et avec son cœur qui se serrait à l'énoncé de ce simple mot, Murphy espérait qu'il ne s'agissait que d'une erreur linguistique, mais son regard trahissait subitement la peine que lui procurait la simple pensée qu'il veuille tout oublier, elle et eux, la cascade, son prénom gravé et ce qu'ils avaient fait contre cette roche qui avait endolori son dos.

Elle s'accouda brusquement dans le fond d'eau lorsqu'Isdès se détacha vivement de la roche pour l'approcher et, une fois encore, se saisir de sa mâchoire. Le geste était presque glaçant après ce qu'ils venaient de vivre, mais pas autant que les mots que choisit l'Athna pour lui répondre. Murphy en resta muette quelques secondes, blessée au plus profond de son être par le refus d'Isdès. La logique de l'équation était simple : il ne reviendrait pas ici parce qu'il ne voulait pas se rappeler d'elle. Ils s’étaient perdus au-delà de la chair, par-delà le palpable pour atteindre ce qui ne l’était plus, les doutes de l’âme et les plus intimes des secrets, et le voilà maintenant qui niait tout ce qu'elle avait ressenti et tout ce qu'elle était persuadé qu'il avait ressenti avec elle. Ils avaient sauté à deux et il la laissait seule dans les abîmes effrayantes de l'inconnu. Ses lèvres s'entrouvrirent et se fermèrent à plusieurs reprises. Elle ne trouvait pas les mots parce qu'elle n'avait jamais eu à les trouver, parce qu'il lui faisait découvrir les hauteurs les plus divines pour lui ôter en un instant jusqu'à l'envie d'exister. Il venait de lui arracher les entrailles et une partie de son âme, et c'est à ce moment précis que la réalité la frappa de plein fouet. Ce n'était pas leurs corps qui s'étaient cherchés tout ce temps, c'était ce qu'ils cachaient pudiquement au monde, c'était leurs blessures et leurs orgueils, c'était leurs secrets et leurs âmes toutes entières. Mais le plus violent était de réaliser que la réciprocité de cette constatation n'avait peut-être jamais existé et, emprisonnée dans sa main, Murphy restait désespérément muette, et les prunelles qu'Isdès laissa se perdre sur ses lèvres lui retournèrent l'estomac. Pour la première fois, elle avait cru déceler chez un homme quelque chose de différent, avait voulu s'offrir à lui toute entière et elle réalisait de la pire des façons la faiblesse que ça représentait. En quelques mots à peine et parce qu'elle portait en elle cette nouvelle faiblesse, il l'avait rendue muette.

Lorsque sa main lâcha sa mâchoire, le regard de Murphy se perdit longuement sur la roche et les galets immergés par le fond d'eau qui arrivait si loin dans la caverne. Elle resta immobile, toujours accoudée dans l'eau, ne lui accorda qu'un bref regard lorsqu'il enfila son pantalon et se redressa vivement, la mâchoire serrée, pour récupérer le sous-vêtement qu'il lui tendait et l'enfiler. « Si tu le dis » lâcha-t-elle, lassée de cette distance qui continuait de la briser sans qu'elle n'arrive à comprendre ce qu'elle avait pu faire pour qu'il se transforme en si peu de temps. Sa peau lui manquait, son regard brûlant lui manquait, les lèvres lui manquaient. Elle n'était plus la seule femme en ce monde et elle n'était plus ce qu'il y avait de plus important pour lui. Elle pouvait rester nue s'il voulait qu'elle reste l'objet dont il avait profité, mais tout son intérieur s'était fané brusquement et elle découvrait avec effarement ces forces supérieures qui pouvaient coûter à quiconque son énergie vitale. Voilà ce qu'il lui avait coûté en niant tout ce qui s'était passé, voilà ce qu'il lui arrachait en fuyant le monde qu'ils avaient fait naître ensemble, l'un avec l'autre, l'un contre l'autre. Ce n'était plus seulement sa chaleur qui lui manquait mais quelque chose en elle semblait subitement éteint. Ses yeux ne brillaient plus vraiment parce que la flamme se trouvait subitement en dangereuse posture. En quelques mots à peine, Isdès l'avait noyée sous un raz-de-marée d'eau gelée.

Debout face à la cascade, Murphy le regard traverser le rideau d'eau et resta bêtement debout de longues secondes avant de s’asseoir dans l'eau et de remonter ses genoux contre elle. Ce n'était pas cette colère à laquelle elle était habituée qui la dirigeait, c'était une peine nouvelle, une peine qui était différente de celle engrangée par le deuil de sa mère ou celui de Faust. Elle devait accepter le fait d'être faible pour quelqu'un d'aussi différent d'elle, et elle devait accepter que ce n'était pas réciproque. Blessée par son propre cœur qui échappait à sa raison, blessée par son orgueil meurtri, blessée, pour la toute première fois de sa vie, par un homme dont elle avait espéré plus que ce qu'il pouvait lui offrir. Elle resta assise de longues minutes dans l'eau à fixer celle-ci s'échouer sur la surface d'un galet qui en dépassait à côté d'elle. Ce n'est que dans un élan de courage qu'elle se releva et se décida à redécouvrir le monde extérieur, elle aussi.

La lumière était crue ici, et, cachée derrière leur cascade, Murphy avait presque oublié à quel point le monde commun pouvait être coloré. Elle dut accorder quelques secondes à ses iris pour qu'ils se réhabituent à la clarté des choses, et elle nagea maladroitement, morne, jusqu'à la berge, où elle retrouva pieds avec joie. Elle le voyait au loin, là où ils avaient laissé leurs affaires et le rejoignit presque à reculons, persuadée qu'il anéantirait en une seconde le peu de forces qu'elle avait réussi à réunir pendant ces quelques minutes. Un regard suffirait à la détruire. Elle s'essora les cheveux avant de les lancer à nouveau dans son dos et passa devant Isdès. « Si t'as la flemme de chasser, j'ai de quoi bouffer dans mon sac », lâcha-t-elle sans lui accorder un regard. Elle récupéra son jean et son tee-shirt restés dans le sable, plia le second et enfila le premier pour tenter de se réchauffer mais il lui colla presque aussitôt à la peau, non d'ailleurs sans raviver les quelques douleurs superficielles dans son dos. Elle s'assit dans le sable, face au lac, attrapa sa besace pour en sortir sa gourde et but quelques gorgées d'eau avant de se laisser tomber sur le dos, jambes et bras écartés pour aider le soleil à sécher sa peau à présent gelée. Son regard de bronze se perdit sur le bleu parfait d'un ciel sans nuage et elle ferma les paupières en espérant que son esprit l’emmènerait voguer vers d'autres horizons que cette torture nouvelle qu'Isdès lui infligeait pas sa simple existence. Le printemps s'était transformé en un hiver glaçant, mordant, cruel, et Murphy n'était pas sûre qu'il puisse exister un échappatoire à un trouble qui s'était ancré aussi solidement en elle.


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Sujet: Re: feel your love float astray ∞ isphy (trigger warning)
Sam 17 Juin - 1:32

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Á ses paroles, Isdès aperçut le visage de Murphy se transformer. L’incompréhension remplaça la lueur de malice qu’il avait allumée lui-même dans son regard, un moment plus tôt. Son sourire s’affadit quelque peu lorsqu’il lui confia qu’il n’avait pas l’intention de revenir ici. Une nouvelle fois, son anglais lui avait fait défaut, mais il ne ressentit même pas le besoin de clarifier ses intentions. Ces montagnes renfermeraient à jamais leur secret, leur véritable rencontre entre ses murs dont la roche avait étouffé les exclamations de bien-être. Ses sommets à lui, ceux qu’il côtoierait sitôt qu’il quitterait son village. Sa vie d’Athna était entachée à jamais de sa présence transpirante. L’aura de la jeune femme le suivrait dans chacun de ses déplacements, dans chaque pas auprès de ce lac. Que pouvait-il y faire sinon l’accepter ? Essayer d’y échapper était peine perdue et l’homme s’était toujours refusé de tourner le dos à la menace. Non, il était prêt à garder jalousement ce trésor caché, quitte à ce qu’à son tour, il ne puisse plus en profiter. Sa réponse ne plaisait certainement pas à Murphy, il le voyait bien, mais il n’était pas prêt à faire des concessions. Pas après ce qu’il venait de lui céder, involontairement. Son silence à elle signifiait combien elle était déçue. Son calme traduisait sa détresse. Peut-être Isdès venait-il de commettre un impair de taille. Il aurait peut-être dû dire quelque chose, faire quelque chose afin de la rassurer. Peut-être que dans son monde, n’avait-on pas le droit de profiter du corps d’un autre sans en assumer les conséquences derrière. Peut-être que la sexualité était uniquement liée à l’amour. Il n’avait pas réfléchi à tout ça, parce qu’il l’avait tant désirée sur l’instant. Maintenant, il ne voulait pas non plus y penser, puisqu’il était incapable de fournir une réponse satisfaisante. Il crevait déjà de la reprendre contre lui, que sa peau ne quitte plus la sienne, que ses mains continuent de dessiner les contours de sa silhouette jusqu’à la connaître par cœur. Pourtant, il avait l’impression de commettre plus de mal qu’il ne faisait du bien. La déception dans ses yeux, ponctuée par une résignation orale, était insupportable et Isdès préféra la libérer et retrouver le confort de sa hauteur.

L’Athna n’était pas habitué à être perdu de la sorte. Il savait toujours quoi dire et quoi faire. Il n’agissait qu’avec son propre instinct, mais celui-ci était désormais troublé par la présence de la jeune femme à ses côtés. Elle devenait un élément dans une équation qu’il avait cru inébranlable. Il flanchait devant tant d’instabilité et pour la première fois de sa vie, il choisit de feindre l’ignorance. Il était prêt à endosser le rôle de l’ingrat tant qu’il ne saurait mettre les mots sur ces émotions renversantes. Sa carapace se solidifiait de nouveau autour de la faille qu’elle avait créée avec ses mains et ses lèvres. Il se renforçait à nouveau et avec ce regain de courage, il s’extirpa de la caverne pour retrouver la berge du lac. Il ne l’entendit pas le suivre et il resta quelques minutes seul, face au poids de ses décisions. Isdès se rapprocha des affaires qui n’avaient pas bougé de place et il leva la tête pour chercher du coin de l’œil sa buse qui avait disparue, profitant probablement de la liberté qui lui avait été accordée. Enfin, il se risqua à jeter un coup d’œil par-dessus son épaule et constata l’absence de Murphy qui perdurait. Allait-elle lui en tenir rigueur jusqu’à la fin du séjour ? Celui-ci allait-il s’écourter parce qu’il avait simplement satisfait ses propres désirs ? Sans qu’il ne puisse rien y faire, son estomac se noua cette pensée tandis que ses poings se serraient. Qu’avait-il fait ? Il venait de faillir à tous les niveaux et l’amertume qu’elle provoquait était insupportable. Il dénoua lentement ses cheveux afin de refaire consciencieusement la tresse qui s’était défaite suite à leurs ébats. D’ordinaire, c’était un moment privilégié durant lequel on s’occupait de lui – chose plutôt rare étant donné le rôle qu’il tenait au sein de sa communauté, mais là le besoin de s’évader était trop fort. Il était si concentré sur sa tâche, beaucoup plus ardue que lorsqu’il se laissait faire, qu’il remarqua seulement que Murphy l’avait rejoint quand elle lui passa devant. « La buse s’en charger. » Point de réponse. Il enroula l’élastique au bout de sa tresse et l’observa jouer les indifférentes. Elle s’échoua sur le sable et profita du soleil qui continuait de briller. Sa peau pâle supporterait-elle une telle lumière ? Il voulait être l’éclipse qui la protègerait, l’ombre qui l’envelopperait et ne la quitterait plus jamais. La suivre partout, sans jamais l’atteindre, voilà le rôle auquel il aspirait le plus.

J3 - MARDI SOIR


Sur le sable, le feu crépitait. Isdès avait fait attention à ne rester à une distance raisonnable de la forêt, de peur que les flammes ne viennent menacer le bois sec. De plus, les prédateurs nocturnes demeuraient à l’abri des feuillages, sous les étoiles, ils ne seraient pas embêtés. En plus des vivres qu’ils avaient chacun apporté, la buse avait ramené deux rongeurs ainsi qu’un lapin imprudent qui n’avait pas échappé à son œil perçant et ses serres affutées. Chez les Athnas, en plus d’être l’unique représentante de son espèce, c’était le seul oiseau qui était éduqué pour chasser, les autres officiant uniquement comme oiseaux messagers. Aussi grâce à elle, l’humain était capable de survivre seul dans la nature. Le reste de la journée avait été calme et trop silencieuse. Ils avaient profité de la fraicheur que le lac apportait au climat du lieu, bien que l’atmosphère ait été soudainement refroidie de par la réaction distante d’Isdès. Murphy lui en voulait, il n’était pas dupe. Elle lui avait à peine décroché quelques mots du reste de l’après-midi et lui s’était appliqué à être aussi taciturne que d’habitude. Il avait voulu lui montrer comment dépecer un lapin mais étrangement, ça n’avait pas paru l’intéresser. Refusait-elle tout contact avec lui ou bien connaissait-elle déjà les astuces d’un bon chasseur ? Il avait respecté le ressentiment qu’elle lui adressait ostensiblement bien qu’il en niait les raisons. Tout comme il rejetait en bloc celles qui l’avaient poussé à se comporter de la sorte. La température s’était rapidement refroidie, la brise montagnarde levée depuis le crépuscule. Isdès n’était nullement perturbé et avait simplement fini par renfiler son tee-shirt. En revanche, il avait rapidement compris que Murphy, jusque-là toujours protégée entre quatre murs, souffrait davantage de tels changements brutaux. Il fallait dire qu’il ne l’avait pas ménagée, ces derniers jours. Le regard rivé sur les flammes – il craignait que la regarder elle attiserait un tout autre feu – il finit par lui tendre le pull en laine qu’il avait apporté avec lui. « Tiens, moi pas besoin. » Il taquina les braises de son boût de bois avant d’annoncer : « Demain, randonnée sur la vallée au sud. Ça t’intéresse ?  » L’ambiance n’était pas glaciale, elle était vide. Alors qu’ils avaient tant partagé, qu’ils avaient nourri leur propre univers à une centaine de mètres de là, ici c’était le vide intersidéral. C’était à nouveau deux murs érigés l’un face à l’autre et la tentative de l’un se heurtait toujours au détachement de l'autre.


Dernière édition par Isdès Hakantarr le Mer 19 Juil - 22:26, édité 1 fois

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06/12/2015 Lux Aeterna 30606 Sophia Bush Avengedinchains (vava) ; Oreste (image profil); Lux Aeterna (sign & gifs & fiche rp) ancienne militaire - lieutenant, stratège, garde et patrouilleuse. Quelques notions de médecine et bases en maniement des armes. 201


Sujet: Re: feel your love float astray ∞ isphy (trigger warning)
Sam 17 Juin - 21:51

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❝ Feel your love float astray ❞
Pamplemousse Cavendish & Myrtille Hakantarr
(1er au 8 mai 2117)


Comme il était passé du rien au tout en quelques minutes à peine, les voilà qui chutaient à nouveau dans une indifférence qui en était d'autant plus douloureuse, car à la limite du forcé. Murphy n'était plus indifférente face à Isdès, et, en réalité, elle ne l'avait probablement jamais été. Mais quelques mots lui avaient fait l'effet d'une douche froide, elle l’inatteignable, elle la cynique. L'Athna avait, inconsciemment sans aucun doute, profité de la brèche qu'avait crée leur union des corps et des âmes pour lui jeter les mots parmi les plus blessants. Elle ne savait pas ce qu'elle avait attendu au juste, Murphy, avait été aussi troublée par ce qui s'était passé au cœur de ces montagnes qu'elle en était ressortie euphorique et à la limite de la béatitude, et jusqu'à ce qu'il brise leur lien de ces quelques mots, elle avait mis cet état sur le seul compte d'un corps contenté après avoir été trop longtemps délaissé. Mais ce n'était pas ce dont il s'agissait; pas tout à fait, pas seulement. Elle n'avait jamais cherché dans ce genre d'étreinte autre chose qu'un contentement physique, mais, armé de sa réponse crue et cruelle, ce qu'il lui avait arraché un instant plus tard à peine lui faisait réaliser l'ampleur des dégâts qu'il laissait derrière lui et qu'ils avaient crées ensemble, avec ce monde auquel ils venaient brusquement de s'arracher.

Les quelques minutes qu'elle passa seule, encore cachée derrière leur cascade, ne l'apaisèrent pas autant qu'elle l'aurait espéré. Au contraire même, elle réalisait avec effarement qu'Isdès était le seul à pouvoir faire cesser tout ce qui bouillonnait en elle. Elle se surprit, en l'espace de quelques instants à peine, à rêver à son étreinte rassurante et au goût de ses lèvres. Il était devenu à la fois et le remède, et Murphy ne pouvait que constater à quel point elle avait perdu les rênes. Son propre état ne dépendait plus d'elle et c'était effrayant et vertigineux pour elle de se savoir confrontée à ce genre de faiblesses desquelles elle s'était toujours crue hors de danger. Mais la vérité était là, à quelques centimètres de son visage à peine, mordante, tranchante : elle n'était plus invincible et c'était Isdès qui était devenu souverain de ses émotions. Elle était devenue dépendante de quelqu'un d'autre, de quelqu'un qui était à la fois son parfait opposé et son reflet terrien, de quelqu'un dont elle n'aurait probablement jamais du croiser la route. La réalité était plus impitoyable encore que lorsqu'elle lui avait avoué dans un soupir être sienne, parce que ces quelques mots prenaient à présent un sens bien plus universel encore. Il lui tordait les boyaux par son refus de penser à elle lorsqu'elle ne serait plus là, il lui arrachait le cœur en quittant l'univers qui était né de la fusion de leurs êtres. Elle avait peur de retrouver son regard dur et intransigeant, de ne plus rencontrer son sourire ou ses prunelles brûlantes et avides d'elle. Elle redoutait plus que tout que cette aventure au creux des montagnes n'ait été qu'une bulle transitoire et éphémère, elle avait peur de n'avoir qu'à la conserver et à la chérir dans ses souvenirs comme un passé sans avenir, comme un instant périssable duquel une part d'elle serait toujours envieuse et auquel elle laisserait toujours une part d'elle. Murphy détestait cette mélancolie soudaine qui s'était emparée de tout son être comme toute l'envie qu'elle avait eu de lui plus tôt. Elle était de celles qui brûlaient constamment, qui ne connaissaient pas la demi-mesure, mais elle sentait que quelque chose s'était éteint et à cette langueur-là s'ajoutait celle de la conscience de tout ce qui passait. Elle n'arrivait plus à se dompter elle-même.

En traversant la cascade pour retrouver l'immense lac et toute la majestuosité des montagnes qui l'encadraient, Murphy trouva le paysage soudainement plus fade et la lumière agressive, comme si la réalité se moquait ouvertement d'elle et de ce qu'elle avait cru tout aussi vrai. Elle avait à nouveau froid mais n'y faisait pas vraiment attention, pas plus qu'aux picotements de sa peau abîmée par le roc. La douleur physique n'importait pour la première fois plus réellement parce que l'intolérable ne se voyait pas vraiment mais se ressentait. Une fois arrivée aux abords de la berge où ils étaient installés en arrivant, elle observa le lac aux tons bleutés mais ne lui trouva plus le même charme. Le silence des montagnes l'oppressait et elle se laissa tomber sur le dos sans répondre à la promesse de repas d'Isdès. Elle n'avait pas faim, elle voulait juste que ce tiraillement cesse, elle voulait juste être laissée en paix.

Les heures défilèrent sans qu'elle n'arrive à lui accorder plus de quelques mots. Elle avait jeté un coup d'oeil évasif à la leçon qu'il tenta de lui donner avec le pauvre lapin mort qu'avait ramené sa brave buse, n'avait pas pris la peine de lui expliquer qu'elle avait déjà appris à le faire et qu'un de ses amis Athnas avait même tenté de lui enseigner le dépeçage de bien plus gros animaux. Les gestes d'Isdès étaient précis et vifs mais elle n'avait pas le cœur à cette curiosité de l'apprentissage qui l'animait pourtant entièrement en temps normal. Elle n'avala qu'un petit morceau de viande, incapable de plus, et tendit à Isdès son sac et les quelques mets qu'il contenait encore. Bientôt le soleil abandonna sa course derrière les hautes montagnes pour les plonger dans une lumière crépusculaire puis le noir total. Elle n'avait pas aidé Isdès à faire le feu, avait à peine fait l'effort de se déplacer plus près de la forêt pour qu'il y installe ce qui leur servirait de campement pour la nuit et s'était assise en tailleur en observant les faibles lueurs des étoiles que celle du feu n'arrivait pas à annihiler. Ses étoiles lui manquaient subitement atrocement, et sa vie de là-haut aussi, les certitudes qu'elle avait toujours connues et la facilité d'une vie bâtie au service des siens. Recroquevillée sur elle-même, le menton posé sur ses genoux pour conserver sa chaleur, elle n'osait plus laisser son regard se poser sur autre chose que l'étoile du berger qui brillait de mille feux au-dessus d'eux, repère dont elle avait incroyablement besoin ce soir plus que tout autre soir, plus même encore que lorsqu'elle était arrivée ici avec les siens dans un fracas abominable ou que lorsqu'elle avait compris que Faust ne reviendrait plus. Il semblait que toutes ses constantes l'avaient abandonnée, jusqu'à celle qu'elle représentait elle-même. Sous les lueurs de ses vieilles amies célestes, Murphy se demanda ce que Faust aurait à répondre à tous ces tourments, et la vacuité de ses idées la fit frissonner. Même le souvenir de son amie la délaissait. Isdès avait fait d'elle quelqu'un qu'elle ne connaissait plus et qui l'effrayait.

La chaleur du feu qu'il avait crée lui parvenait mais commençait à ne plus être suffisante. Elle pouvait sentir le vent du soir soulever ses cheveux et réalisa avec stupéfaction qu'ils devaient être secs. Pourtant, elle était gelée. Elle n'avait pas encore pris la peine de se rhabiller et se rappela qu'ils n'étaient pas arrivés à l'été et que les nuits étaient encore frileuses. C'est la voix d'Isdès qui la sépara de ses contemplations stellaires et elle posa sa joue sur ses genoux repliés pour l'observer par-dessus les hautes flammes. Elle sourit faiblement en fuyant son regard et attrapa précautionneusement le pull qu'il lui tendit pour éviter qu'il ne prenne feu dans la manœuvre. Sa frêle silhouette se perdit sous la laine et elle se frotta les jambes en cherchant du regard le jean qu'elle avait soigneusement plié plus tôt dans l'après-midi. « Merci, mais t'as pas froid ? » Même si lui avait vite retrouvé son pantalon, il restait en tee-shirt, et elle s'étonnait qu'il ne soit pas parcouru par les même grelottements qu'elle. « Oui, ça m'intéresse... » Tout sauf penser. Tout sauf ressentir. Elle se releva, les jambes un peu engourdies, et se frotta les fesses une seconde pour les libérer du sable. Elle fit le tour du feu pour récupérer le jean qui avait fini sa course près d'Isdès après l'installation de leur camp. Malgré elle, ses iris se perdirent sur le visage de l'homme des montagnes dont les contours et les reliefs se dessinaient et se redessinaient incessamment sous les lueurs chaudes des flammes. Son regard, pour la toute première depuis qu'elle avait fait sa connaissance, ne semblait rien transmettre. Il était devenu vide et ça lui faisait peur, mais pas autant que ça l'inquiétait. L'indifférence était la pire des armes qu'il pouvait dégainer à présent face à elle. Elle enfila son jean et le referma, tremblante, avant de s'asseoir du côté du feu opposé au lac mais face à lui. Elle ne voyait à présent plus l'étendue d'eau, éblouie par l'éclat de la flambée. Isdès était à sa droite, faisait dos à leur cascade qui existait toujours sans eux, à quelques dizaines de mètres de là à peine. Le regard perdu sur la valse ininterrompue des flammes, elle attrapa son sac et se laissa glisser sur le flanc en posant sa tête sur son oreiller de fortune. Ses prunelles retrouvèrent la pâleur laiteuse de Vénus, là-haut, s'y accrochaient désespérément comme un marin s'accrochait à la lueur d'un phare en pleine tempête et comme l'unique salut qui s'offrait encore à elle. « T'as encore le truc sucré que t'avais mis sur la viande l'autre jour ? » Sa voix rauque brisa le silence qui était devenu presque oppressant tant il témoignait du gouffre qui les séparait à nouveau et plus que jamais. Elle n'avait pas faim, même pour un met dont elle avait raffolé comme celui-là, mais le mutisme dans lequel ils s'étaient tous les deux murés l'effrayait. Murphy se surprit à regretter leurs cris et leurs colères, parce que là où le silence s'installait le vide se créait, et son être entier hurlait à la lutte contre l'effacement et contre l'oubli. Peut-être qu'elle aurait du l'arrêter lorsqu'il l'avait suppliée de le faire. Peut-être qu'ils avaient franchi une barrière qui les avait détruits, et peut-être que même à sa haine viscérale, elle n'aurait plus jamais le droit.

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Sujet: Re: feel your love float astray ∞ isphy (trigger warning)
Jeu 22 Juin - 22:53

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Murphy, inlassablement muette, ne lui accordait même plus un regard. Dans ses iris, les flammes se reflétaient et leur donnait une lueur mordorée des plus exquises. Malgré son silence, Isdès parvenait à déceler tout le trouble qui était en elle. Il le voyait dans ses yeux, il l’interprétait dans ses gestes qui étaient trop précautionneux pour être naturelle. Elle se faisait petite, presque inexistante à son regard d’homme qui ne l’avait pourtant pas quitté. Du coin de l’œil, il l’avait épiée toute la fin de l’après-midi. Il continuait de ressentir les mêmes choses à son égard et c’était sans doute ce qui avait motivé tant d’indifférence. Elle ne le croirait sûrement pas mais, intérieurement, il était tout aussi survolté que sous cette cascade. Si elle avait eu accès à son cœur, si elle avait pu s’infiltrer pour le sentir battre, elle aurait compris. Elle croyait probablement qu’il regrettait ce moment d’abandon, puisqu’il était impossible qu’elle pense qu’il n’y ait pris aucun plaisir. Elle l’avait contemplé, elle l’avait écouté exprimer tout le bien qu’elle lui faisait. Elle était comme ces plantes que certains usaient comme drogue : elle dissociait l’être et l’enveloppe. Quand elle était dans les parages, plus rien ne s’accordait. Son âme était bercée par son aura ensorcelante alors que son corps s’exaltait de cette liberté vorace. Sinon, sa tête criait à l’imposture tandis que ses membres se repaissaient de ses caresses. C’était un sentiment de satisfaction qui trouvait sa place dans le déséquilibre. C’était tout ou rien, toujours. Mais les deux ensemble, jamais. Isdès avait toujours été maître de ses actes et de ses pensées, alors pourquoi la jeune femme s’emparait soit des uns, soit des autres, sitôt qu’elle s’approchait de lui ? Elle détenait des armes dont il était dépourvu et c’était bel et bien cette défaite annoncée qu’il reniait en bloc. Il espérait ne rien regretter, il faisait son possible pour n’avoir aucun remord, mais dès qu’elle se rappelait à son bon souvenir, l’Athna défaillait. Il essayait de jouer les bons samaritains en lui proposant de quoi se réchauffer et quand elle attrapa le pull, il sut qu’il avait fait tout ça rien que pour apercevoir ce sourire sur ses lèvres.  Elle n’avait pas souri depuis déjà de longues heures et c’était, entre autres, ce qui rendait cette soirée morne et sans saveur. Il fit simplement non de la tête à sa question et tenta d’oublier qu’il venait de lui offrir de quoi se rhabiller. Sa peau douce disparaissait peu à peu sous des couches de vêtement et la dentelle qu’il avait toujours au fond de sa poche était devenue un otage vain.

Isdès put la sentir arriver près de lui et il concentra toute son attention sur le feu de camp qui n’avait pas besoin d’être ainsi trituré. Il luttait volontairement contre ses instincts, dans la tentative de ne pas se contredire une nouvelle fois. Rester constant, solide. Mais il sentit qu’elle le regardait et ses doigts se crispèrent sur le bâton. Neuf, dix secondes. Qu’elle cesse. Qu’elle cesse d’essayer de lui transmettre toute sa déception, parce qu’elle transpirait déjà autour d’eux. Elle était étouffante, amère. L’homme prévoyait déjà le lendemain, sans savoir s’il tiendrait une nouvelle journée dans cette ambiance. Aurait-il le courage d’écourter ce séjour si toutefois plus rien ne se produisait ? Et si ce lien si fort qui s’était tissé entre eux tandis qu’ils se dévoraient l’un l’autre ? Tout ça n’avait plus aucun intérêt. Il l’entendit enfiler son jean et il ne reposa les yeux sur elle que lorsqu’elle s’installa face à lui. Le feu lui-même s’interposait entre eux et la réalité physique n’avait jamais été aussi proche de la vérité spirituelle. Sa silhouette se distinguait, entrecoupée par les flammes rougeâtres, et Murphy s’allongea. Elle capitulait donc ? Il lui avait connu une combativité beaucoup plus bornée. Á cet instant précis, il aurait préféré la détester parce qu’elle ne lui lâchait pas la grappe. Qu’elle le dispute, qu’elle lui crie dessus, qu’elle l’insulte, qu’elle lui pose les questions qui faisaient mal. Mais qu’elle ne se taise pas. Elle lui envoya en pleine figure une requête futile, quelque chose sorti de nulle part, qui n’avait aucune portée sur ce que l’un ou l’autre ressentait. Isdès resta un moment abasourdi par autant de vide, avant de hausser les épaules. « Sha. » Il fouilla dans son sac deux secondes avant d’en sortir le pot de miel. « Y’a encore meilleur que sur la viande. » dit-il en l’ouvrant. Il se rapprocha légèrement d’elle pour qu’elle puisse l’observer. Accroupi pour être à sa hauteur, il fourra négligemment son index dans le pot et s’en délecta aussitôt. Il n’y avait rien de tel que le goût du miel sans rien d’autre. Cette texture collante, à la fois tiède et horriblement sucrée, était comme une caresse sur les papilles. Le sucre avait des saveurs de drogue, comme l’arôme qu’il avait pu trouver sur son épaule, au creux de son cou, recueilli sur sa langue aussi. Il élimina toute trace de miel sur son doigt avant de déposer le pot près de la jeune femme. « Referme après, les bêtes aiment sucre. » Il prit enfin le temps de la regarder, elle auprès de qui il crevait de s’allonger. Maintenant qu’il s’était approché, c’était inévitable. Passa une ombre de culpabilité, mais son visage, lui, demeurait hermétique. « Si toi fatiguée, toi dors. Demain, grosse marche encore. » Il résisterait.

Comme si sa buse avait compris le message, elle vint atterrir brutalement sur son épaule. Elle offrit à Murphy un petit piaillement que l’on pouvait interpréter comme amical puis se tourna vers son maître. Isdès esquissa un sourire attendri puis il recueillit son animal sur le dos de sa main, ignorant les serres qui lacéraient déjà sa peau. « Je surveille le feu. » Jusqu’à ce qu’il ne soit plus dangereux, jusqu’à ce que lui, l’Athna, ne soit plus un danger pour elle et pour lui-même. Son index libre vint flatter le petit crâne de la buse, autrefois classée dans l’espèce buse de Harris, avant de descendre le long de ses plumes soyeuses. Absorbé par son oiseau, il ne put même pas réprimer les mots qui franchirent mécaniquement le seuil de ses lèvres. « Toi aimes la montagne ? » Son esprit refusait de la laisser s’endormir avant qu’il n’ait eu la réponse. Elle détenait le sort du lendemain.

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06/12/2015 Lux Aeterna 30606 Sophia Bush Avengedinchains (vava) ; Oreste (image profil); Lux Aeterna (sign & gifs & fiche rp) ancienne militaire - lieutenant, stratège, garde et patrouilleuse. Quelques notions de médecine et bases en maniement des armes. 201


Sujet: Re: feel your love float astray ∞ isphy (trigger warning)
Ven 23 Juin - 1:26

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❝ Feel your love float astray ❞
Pamplemousse Cavendish & Myrtille Hakantarr
(1er au 8 mai 2117)


Murphy ne savait plus vraiment ce à quoi elle avait l'esprit. A plus grand chose, à dire vrai. Incapable de penser à autre chose qu'à ce vide béant qui se creusait encore en elle comme s'il était incapable de trouver un fond. Son être entier se dérobait sous ce qu'il en restait, sous son âme effarée et meutrie, sous son regard embué et la sensation écrasante de ne plus rien maîtriser. Elle ne se reconnaissait plus mais souffrait de la séparation des corps et des esprits. Elle souffrait du moindre mètre qui le distançait d'Isdès et du poids qu'il avait sur elle, car il l'enveloppait encore de son être, parce qu'elle le portait en elle et sur la moindre parcelle de peau qu'il avait touchée et aimée, parce qu'il s'était insinué dans les sillons les plus profonds de celle qu'elle était, avait rencontré le cœur qui battait et s'était fondu à la chair, aux artères. Il respirait dans chaque battement de son palpitant, irradiait en chaque fragment d'elle et dans son sang. Il était devenu une partie d'elle qu'elle souhaitait arracher avec fureur parce que la simple pensée de dépendre de quelqu'un d'autre la rendait malade. Elle avait la sensation vertigineuse qu'aujourd'hui était le premier jour du reste de sa vie, qu'il y aurait un avant et un après, que jamais plus elle ne regarderait un couple sans penser que ces sensations pouvaient être vraies. Elle la sceptique était confrontée à l'irréel, à ce qui retournait les tripes et à cette présence que l'on ressentait encore plus fort lorsque la distance séparait. Mais Murphy ne supportait pas que la chair et l'esprit puissent s'accorder de cette façon; elle ne supportait pas que la chair soit assujettie au cœur et aux battements qu'il manquait lorsque ses idées s'évadaient à nouveau vers la cascade. Elle ne supportait pas que le silence lui pèse autant et d'en être responsable, incapable de rester fidèle à celle qu'elle avait été pendant trente-quatre ans. Elle ne supportait pas d'être celle des deux qui sortait poignardée de cette joute. Elle saignait dans le vacarme du mutisme qui s'était installé entre eux, et chaque seconde qui s'égrainait semblait nécroser son être encore un peu plus. Elle ne savait pas combien de temps elle pourrait supporter cette sensation; elle savait juste qu'elle devrait l'accepter, peut-être s'y faire, mais qu'elle ne ressortirait pas indemne de ces montagnes.

Allongée face aux flammes, Murphy cherchait du réconfort dans tout ce qui pouvait la ramener à la réalité, ou en tout cas, à une réalité rassurante. L'étoile du berger, là-haut, brillait autant qu'autrefois, autant que la veille et autant que lorsqu'elle sa mère la lui avait présentée lorsqu'elle était enfant. Il y avait dans l'univers quelque chose d'immuable et de rassurant, mais aujourd'hui il semblait la regarder avec dédain, comme s'il savait qu'il avait été trompé avec la création d'autre chose, la naissance d'un monde qui n'avait plus grand chose à voir avec lui et ses infinies lumières mais qui était fait d'une montagne, d'une étoile et de tout ce qu'ils étaient capables de faire naître ensemble. Les prunelles de l'Odysséenne se posèrent sur Isdès, qui fouillait dans ses affaires pour répondre à sa demande qui n'en était pas vraiment une. A cet instant précis, la vacuité de leur échange lui donnait une envie presque insurmontable de pleurer, mais surtout de se jeter sur lui pour trouver du réconfort au creux de ses bras et de son cou, contre ses épaules et sous la caresse de ses mains. Elle observa ses lèvres briller un peu plus sous le nectar qu'il goûtait et se demanda quel goût elles avaient, maintenant. Ce n'était pas du met sucré dont elle avait faim et dont elle était avide, mais c'est sur le pot que ses iris décidèrent de s'arrêter, conscientes qu'elle devait arrêter de plonger si elle espérait remonter à la surface un jour. C'est d'un geste peu convaincu qu'elle attrapa la jarre, contrainte à présent de goûter à ce qu'elle lui avait demandé, et roula sur le ventre pour d'abord en renifler le contenu. L'odeur était alléchante mais à ce moment particulier, elle semblait lui rappeler toute la douceur voluptueuse qu'on lui avait volée. Elle y plongea l'index à son tour et apprécia le met sucré, bien obligée d'admettre que c'était l'une des meilleures choses que ses papilles inexpérimentées avaient jamais croisé. Murphy leva les yeux vers Isdès, qui était resté accroupi à ses côtés, et le supplia du regard, pendant une seconde, de mettre fin à ce calvaire. Qu'il la renvoie loin d'ici, auprès des siens, s'il ne voulait plus d'elle. Qu'il l'achève une bonne fois pour toutes puisque c'était ce qu'il voulait maintenant. Elle se lécha les lèvres pour recueillir la moindre molécule sucrée qui y courait encore et ferma sagement le pot en suivant les conseils d'Isdès. « J'arriverai pas à dormir. » La réponse était simple et sans appel. Elle n'était pas autant dévorée par le sommeil que par tout le reste, tout ce sur quoi elle était incapable de mettre de mots. Elle se redressa sur les coudes et le fixa un instant. « Mais si t'as sommeil, tu devrais dormir. Surtout si la route est longue demain. » Elle crevait d'envie de cueillir ses lèvres et de lui souhaiter une bonne nuit à sa façon, mais, comme elle avait appris de ses erreurs, se contenta de laisser son regard fuir l'Athna pour se poser sur le pot et le glisser vers lui. « Merci. » Ça n'avait pas eu la même saveur que les jours précédents parce qu'on avait arraché au met ce qu'il avait de plus doux; ou peut-être que c'était à elle qu'on la lui avait arrachée, cette douceur. Les saveurs n'étaient plus les mêmes.

Elle sursauta à l'arrivée brutale de l'oiseau d'Isdès mais ne put refréner un sourire lorsqu'il parût lui adresser un piaillement. Elle se demanda un seconde s'il pourrait s'entendre avec Antarès mais eut quelques doutes. Elle ne connaissait pas suffisamment les lois de la nature pour prendre un tel risque, et puis, est-ce qu'ils auraient seulement l'occasion de faire connaissance ? Cette troisième rencontre avec Isdès avait éveillé des passions qui avaient été silencieuses jusque-là. Les choses semblaient destinées à s'arrêter là. Les sourcils de Murphy s’affaissèrent sous la tendresse lorsqu'Isdès s'adressa au large oiseau. Il y avait dans cette relation quelque chose qu'elle admirait autant qu'elle l'enviait. Un respect profond et mutuel, une affection sans égale, une attention que personne ne pourrait leur voler.

« Il craint pas grand chose, le feu », dit-elle en se retournant sur le dos pour le regarder de contrebas. Elle détaillait chaque fraction de son visage à demi-révélé par les flammes derrière lui. Il était beau, Isdès, et ses lèvres brillaient encore du nectar dont il s'était délecté. « Oui », répondit-elle presque gravement, le regard inquisiteur, comme si elle cherchait à lire en lui la résignation. Elle voulait qu'il abandonne et qu'il l'abandonne pour de vrai. Elle voulait quitter son chemin et ne plus jamais le croiser à l'avenir, parce que ce qui n'était plus là ne pouvait pas autant vous manquer, et que le manque s'atténuait peu à peu pour laisser place à un oubli salvateur. « J'aime la montagne mais je crois que la montagne m'aime pas. » Il n'y avait qu'une montagne qui se démarquait des autres, qui émergeait des grandeurs démesurées et elle voulait être sienne. Elle voulait être à la montagne comme il avait glissé au cœur d'une étoile dont la lumière se tarissait à présent, empoisonnée en son cœur. Elle voulait en connaître les moindres aspérités et secrets, se blesser encore à la surface des roches; elle voulait s’enivrer de ce vertige qui n'avait rien à voir avec les hauteurs mais tout avec les abysses les plus confidentielles des profondeurs de l'âme. Murphy ne le quitta pas du regard pendant de nombreuses autres secondes encore. Elle attendait que les lueurs chaudes du feu révèlent ses secrets pour lui, même si elle le savait incapable d'exprimer ses faiblesses comme elle le faisait. « Qu'est-ce que t'aimes le plus ici ? » Elle marqua une pause et sourit avec sarcasme. « Ou que t'aimais avant que j'y mette les pieds, en tout cas ? » Elle observa l'oiseau quelques instants et son visage se figea dans une inexpression presque fantomatique. « T'aurais pas du m'inviter si tu voulais pas de moi ici. Je voulais pas souiller ton lieu sacré, tu sais. » Elle attrapa le pot posé à côté de sa tête et le posa sur les genoux d'Isdès. Sa main resta là jusqu'à ce qu'il le récupère. « Finalement, je comprends plus pourquoi la lettre. Tu vois, je suis capable de reconnaître mes erreurs. » Mais elle ne faisait pas aussi bonne figure qu'elle l'aurait aimé et ses yeux se voilèrent. Elle se releva brusquement et se dirigea vers la forêt non loin de là sans le regarder, bien peu encline à le laisser voir dans quel état elle était ce soir. « Je vais pisser. »

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Sujet: Re: feel your love float astray ∞ isphy (trigger warning)
Dim 2 Juil - 23:30

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L’offrande du miel était comme un gage de pacifisme, un pacte de non-agression auquel Isdès tenait malgré lui. Pour une fois, il n’avait pas envie de se battre contre elle. L’Athna ne comprenait pas pourquoi autant d’animosité et de silence s’étaient installés entre eux alors que quelques heures plus tôt, leurs voix s’étaient accordés à l’unisson en harmonie avec leurs deux corps en sueur. Il ne comprenait pas comment un tel moment pouvait être suivi d’autant d’amertume. Il n’avait jamais connu une telle situation. Il se doutait que Murphy n’appréciait pas son attitude réservée. Il se doutait qu’elle avait cru à des effusions tendres, à ce qu’il fasse tous les efforts pour éterniser ce partage. Mais tandis que lui avait pu s’en contenter sans se soucier de la portée de ses actes et des mots qu’il pouvait prononcer, il fallait croire que la native du ciel interprétait tout, que ce soit volontaire ou non. Inconsciemment ou non, elle cherchait un lien plus fort que celui qui s’était tissé entre eux, elle cherchait la chaleur là où Isdès ne pouvait plus s’enflammer davantage. Il se barricadait derrière ses habitudes d’Athna pour ne pas avoir à affronter ce que la jeune femme était en train de lui mettre sous le nez. Il se rendait compte que pour la première fois de sa vie, il fuyait la réalité parce qu’il n’était pas certain d’avoir les armes suffisantes pour se battre. Il ne s’agissait pas d’un conflit qu’il fallait résoudre d’une main de fer, ni d’une rivalité dont l’égo se nourrissait. Ce n’était pas non plus une amitié de longue date qui était en péril ou des relations qu’il valait mieux garder cordiales pour ne pas embarrasser sa communauté. Le seul qui était embarrassé, c’était lui. Le seul qui était en péril, le seul qui risquait la chute, c’était lui. Et maintenant que son corps avait succombé, il ne lui restait plus que son âme à laquelle il se raccrochait fermement comme on s’agrippait au rebord d’une falaise, les pieds dans le vide. Isdès conseilla à Murphy de prendre du repos avant le départ du lendemain. Il ne savait pas encore où il allait l’emmener. Il y avait à la fois tant de choses à gravir, tant à découvrir. Il voulait qu’elle contemple les plaines baignées de soleil, les crevasses rocheuses constamment plongées dans l’ombre. Il voulait qu’elle fasse connaissance avec la faune de la région, avec les plantes qui tapissaient son paysage au pied des montagnes. Il voulait lui donner un aperçu de son monde tout en s’appliquant à ne pas la laisser y pénétrer entièrement. Le chemin jusqu’à son volcan, jusqu’au cœur de son être, resterait secret. Il fallait qu’elle y fasse et visiblement, c’était quelque chose qu’elle avait du mal à avaler. Évidemment, elle rejeta son offre avant de lui suggérer d’en faire de même. Croyait-elle vraiment qu’il allait s’endormir avant elle ?

Après l’arrivée soudaine de l’oiseau, Isdès put remarquer que Murphy commençait à s’acclimater à sa proximité. Elle ne craignait plus ses grandes ailes, ni ses réactions vivaces. Il se demandait si un jour elle finirait par apprécier sa buse. Cette dernière était un animal méfiant, qui n’obéissait qu’à son maître, mais dès qu’une personne se faisait une place dans la vie de l’humain, le rapace finissait toujours par se montrer clémente. Elle ne réservait des gestes tendres qu’à Isdès, mais elle tolérait quelques approches sitôt qu’on s’était montré dignes de confiance envers son alter-égo à deux pattes. Tandis qu’il s’occupait de sa compagne à plumes, l’Athna ne put s’empêcher de recueillir ses impressions à propos du début de ce séjour dans le nord. Après tout, elle n’avait jamais rien demandé, c’était lui qui avait pris l’initiative. Peut-être que ça ne l’avait jamais intéressé, mais il y avait des regards qui ne trompaient pas. C’est pourquoi il ressentit le besoin d’entendre la céleste dire ce qu’elle pensait du terrestre. Murphy confirma d’abord son intérêt pour la montagne avant d’avouer que ce n’était pas réciproque. Isdès fronça les sourcils, son regard déviant lentement vers elle. Il croyait y déceler dans ses paroles un sous-entendu, une autre dimension qui ne concernait plus le lieu dans lequel ils avaient élu domicile. Pourtant, cette pensée ne se développa pas suffisamment pour qu’il puisse comprendre qu’elle parlait peut-être de lui. Avant qu’il ne puisse en demander davantage, elle surenchérit sur une nouvelle question, bientôt corrigée par une supposition amère. Sur le visage de l’homme, se lisait désormais une totale incompréhension, voire un certain scepticisme. Pourquoi disait-elle ça ? Quand elle avait acquis l’assurance nécessaire pour parler en son nom ? Son visage se fermait de plus en plus au fur et à mesure qu’elle laissait la rancœur empoisonner ses mots. Il ne l’aimait pas du tout ainsi. Il n’aimait pas quand son être était pollué par une telle colère. Elle n’avait pas le droit de lui prêter des intentions, ni de revendiquer qu’elle savait reconnaître ses erreurs, contrairement à lui. Juste avant qu’elle ne s’enfuit, elle put croiser le regard dur d’Isdès qui ne la retint même pas. Qu’elle aille se calmer ailleurs. Qu’elle aille se débarrasser de ses mauvaises ondes et de ses reproches qu’il ne méritait même pas. Il n’avait fait rien de plus que d’être honnête envers elle, en se mentant à lui-même.

Isdès fut laissé seul à seul avec le feu crépitant et sa buse qu’il laissa retrouver le confort de son épaule. Il tourna néanmoins la tête vers elle avant de soupirer : « Chit ai don ? » Seule sa compagne ailée était en mesure de recueillir son aveu d’impuissance. Seule elle ne le jugerait pas. Son silence n’était pas pesant, au contraire, il lui permettait de se reconcentrer sur ses propres idées. « Em ste...noseim. » Au bout de quelques minutes, il reconnut la silhouette de la jeune femme qui revenait vers lui. « Ai nou get chit ai do. » confia-t-il une dernière fois puis Murphy fut enfin à sa hauteur. La tristesse qu’il lut en elle serrait un peu plus son cœur qu’il protégeait jalousement et il la détestait de le toucher aussi facilement. « Murphy.  » Isdès finit par soutenir son regard, franchement, parce que dès qu’il décidait de dire quelque chose, il devait l’assumer. « Ai ste shanen yu ste hir. » Il se plongea dans ses prunelles qui lui avait tant parlé plus tôt. Si son regard était neutre, sa voix, elle, était dure. « Ba yu nou na swich ai. Teik ai ste Maunkru ai ste. Oso ste noseim. Yu nou na hod in bida diyo. » Il essaya de se montrer plus conciliant, mais le fait était là. « Ste shanen o gon we. Yu ste breik. » Il haussa les épaules, las. « La montagne te donne déjà tout. » Il se pencha vers elle, sous l'impulsion d'écarter quelques mèches de son front, mais il finit par se raviser.

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06/12/2015 Lux Aeterna 30606 Sophia Bush Avengedinchains (vava) ; Oreste (image profil); Lux Aeterna (sign & gifs & fiche rp) ancienne militaire - lieutenant, stratège, garde et patrouilleuse. Quelques notions de médecine et bases en maniement des armes. 201


Sujet: Re: feel your love float astray ∞ isphy (trigger warning)
Lun 3 Juil - 2:38

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❝ Feel your love float astray ❞
Pamplemousse Cavendish & Myrtille Hakantarr
(1er au 8 mai 2117)


Elle ne pouvait pas en vouloir à Isdès, et à dire vrai et malgré les apparences, ce n'était pas à lui qu'elle en voulait. C'était elle qui subissait la tempête de ses propres reproches, parce que ce qui apparaissait comme évident maintenant ne pouvait être que le témoignage d'une barrière abaissée trop tôt, d'une défense abandonnée alors qu'elle n'aurait jamais du l'être. Elle avait la sensation de ne jamais avoir eu à se protéger d'un tel danger, et la voilà qui se faisait attaquer de front par l'inconnu, en même temps gangrenée elle-même par tout qui s'insinuait dans des failles desquelles elle s'était toujours pensée épargnée. Mais lorsqu'elle était blessée au plus profond de son être, Murphy cherchait du réconfort dans la culpabilité des autres. Ce ne pouvait pas être seulement de sa faute si elle se sentait vidée de toute substance vitale, si ? C'était de celle d'Isdès aussi, parce qu'il existait, parce qu'elle aurait pu nager dans ses prunelles claires jusqu'à la fin des temps, parce qu'elle aurait pu mourir dans ses bras et aurait trouvé là une satisfaction qui l'aurait rassurée jusqu'à ce qu'elle tombe dans le repos éternel. Parce qu'elle ne voulait plus qu'entendre sa voix rauque s'élever entre les montagnes, parce qu'elle aurait pu se nourrir entièrement du regard qu'il avait posé sur elle sous la cascade, et parce que son ventre se nouait encore un peu plus rien qu'à l'idée que leurs chemins soient voués à déjà bientôt se séparer. Ce monde qu'ils avaient crée tous les deux apparaissait maintenant sous sa plus facette la plus dure, éphémère et fragile, comme un papillon qui se meurt après une journée passée à vadrouiller le monde. Murphy ne vivait pas là seulement son retour à la réalité, elle vivait une descente qu'elle n'aurait jamais imaginée. C'était ce qu'il lui inspirait, à cet instant précis, parce que malgré l'après-midi qu'ils avaient passée dans le silence, elle n'arrivait toujours pas à accepter le simple fait d'être une victime, sa propre victime tout d'abord, mais aussi et peut-être surtout celle d'Isdès. Il lui vint même à l'esprit plusieurs fois qu'elle n'aurait jamais du venir ici, parce qu'elle aurait du comprendre cet appel constant qu'elle avait de lui. Peut-être qu'ils se quitteraient encore en se promettant de ne jamais se revoir, mais maintenant que le cadenas était déverrouillé, maintenant que Murphy baignait dans tout le sang versé par son âme écorchée, c'était une idée qu'elle ne pouvait plus tolérer. Isdès semblait être devenu une nécessité physique et elle se détesta encore plus en faisant cette constatation. Elle n'aurait jamais du le rencontrer en premier lieu, car si leurs chemins ne s'étaient jamais croisés, elle n'aurait probablement jamais connu cette douleur logée au creux de l'estomac. Elle n'aurait jamais connu cette soif constante de l'autre malgré la rancoeur, elle n'aurait jamais connu cette amertume constamment teintée de quelque chose qui paraissait presque invincible, une impression constante que l'autre la sauverait d'un sourire ou d'un regard.

Mais il fallait qu'elle se fasse une raison, qu'elle rebâtisse ses remparts coûte que coûte. Elle ne se formalisait pas du regard d'Isdès qui se faisait de plus en plus dur. Tant qu'il restait muait, elle continuerait. La montagne ne voulait pas d'elle et c'était là son choix, mais elle ne pouvait pas abandonner sans se battre. Car Murphy était fière et nourrissait son ego de la satisfaction des mots lorsqu'ils étaient ses dernières armes. Elle ne pouvait pas se laisser ronger par ce manque qu'elle avait de lui et de tout ce qu'il était, parce qu'il pourrait probablement la tuer. A quelques dizaines de centimètres l'un de l'autre; il aurait probablement suffi qu'elle se redresse pour goûter à ses lèvres imprégnées de miel. Elle aurait pu se lover au creux de son épaule et respirer le parfum de sa peau dont elle ne doutait pas qu'elle était chaude malgré les températures de la nuit tombée. Elle aurait pu s'allonger à ses côtés et s'endormir contre lui, bercée par ses respirations et les battements rythmés du cœur qu'elle aurait senti sous ses doigts. Elle aurait pu marquer son épiderme de quelques baisers qui ne lui auraient jamais suffi, parce que la peau appelait la peau, et parce que chaque parcelle de lui l'appelait toute entière. Elle ne rêvait qu'à ça, en réalité, de le retrouver pour ne plus jamais le quitter. Mais elle devait se faire une raison, parce qu'il s'en était fait une pour eux deux. Le silence par lequel il lui répondait était à double tranchant, parce qu'il alimentait ses reproches en même temps qu'il l'en faisait douter. C'était probablement la première fois qu'elle ne le voyait pas se défendre face à ses agressions. C'était presque étrange. Peut-être vraiment ne méritait-elle plus aucune réaction de sa part, pas même la rage, mais seulement l'indifférence du mutisme.

Elle l'abandonna là en prétextant un besoin qui n'était pas du tout le sien. Elle ne pouvait plus soutenir son regard, elle ne pouvait plus continuer à sous-entendre tout ce qui la rongeait. C'était trop pour elle, cet exercice de bonne figure, cette danse constante pour attiser l'autre sans réussir à lui décrocher un mot. Elle chercha refuge à l'orée du bois mais n'osa pas s'y enfoncer sans arme. Elle tourna là pendant quelques instants, leva les yeux vers ses étoiles mais elle ne lui étaient plus d'aucune aide, cachée là-haut derrière les hauts arbres, bien loin de ces réalités cruelles qui la rongeaient à cet instant précis. Elle le comprenait progressivement; elle était la seule capable de faire taire ces voix de sirènes qui l'appelaient à Isdès autant qu'elle se moquaient du besoin qu'elle avait de lui. Elle se frotta nerveusement le visage, continua à faire les cents pas, reprit son souffle à plusieurs reprises et se décida enfin à revenir sur ses pas. Il fallait qu'elle dorme, voilà tout. La marche jusqu'ici l'avait épuisée, leur rencontre sous la cascade l'avait épuisée, et elle n'avait plus les idées claires parce qu'elle était épuisée. Tout était plus limpide lorsque le matin revenait.

Elle crut entendre sa voix grave un instant mais elle se confondait avec la musique de l'eau du lac qui caressait la berge; ou bien peut-être n'était que le lac ? Les yeux rivés sur le sable sombre pour ne pas laisser ses pieds y glisser ou rencontrer un obstacle, Murphy retrouva rapidement la chaleur et la lumière du feu qu'Isdès avait installé là. Elle se frottait les bras, refroidie par son épisode sylvestre de quelques minutes, et leva finalement le regard vers un Isdès relevé lorsqu'il prononça son prénom. La dernière fois qu'il l'avait soufflé, c'était sous la roche; c'était lorsqu'elle l'avait emmené là-haut, aussi haut qu'il l'avait emmenée. Elle le fixa un instant et comprit à son regard qu'il préparait là une suite. Murphy resta immobile, pendue à ses lèvres comme si elle attendait un miracle, mais sachant pertinemment que la réalité n'offrait jamais à ses hôtes ce qu'ils osaient en espérer dans leurs moments les plus fous. Il allait sûrement lui conseiller de dormir dos au feu pour ne pas être éblouie en cas de danger, ou face au feu pour qu'il puisse réellement la réchauffer. Ou bien lui conseillerait-il de manger au moins un peu de viande, lui décrirait-il un peu la promenade qu'il avait prévenue pour le lendemain ou lui poserait-il une question aussi stupide que lorsqu'elle lui avait demandé s'il avait encore un peu de ce met sucré duquel elle savait tant se délecter. Mais une part d'elle s'accrochait désespérément à l'espoir d'avancer, comme si une petite fenêtre venait de s'ouvrir entre eux. Elle espérait qu'il essayait de la rejoindre, parce qu'elle n'en pouvait plus d'être seule, et surtout sans lui.

Il lui fallut quelques instants pour comprendre les quelques mots d'Isdès et elle ne pouvait pas compter sur la tonalité de sa voix qui se faisait incroyablement dure. Peut-être espérait-il malgré lui qu'elle ne le comprendrait pas. « Ai... » tenta-t-elle, interdite, cherchant ses mots comme jamais elle ne les avait cherchés. Il ne s'agissait plus seulement de la barrière de la langue. Son esprit décortiquait à toute allure les phrases d'Isdès pour essayer d'en tirer l'essence mais de cette essence, elle ne savait plus quoi faire. Son cœur s'était emballé comme lorsque les mains de l'Athna avaient touché son corps, parce que cette fois ses mots touchaient son âme, s'engouffraient dans les brèches qu'il avait déjà ouvertes. Ils lui coûtaient, à Isdès; elle pouvait le sentir jusque dans chaque particule d'air qui frôlait sa peau. « Mais je veux pas partir... » dit-elle en penchant un peu la tête, la gorge nouée, comme si c'était évident. « Je veux pas partir et je veux pas te changer, c'est juste que... » Elle fuyait à présent son regard, hésita à lui passer devant pour ne plus qu'il puisse lire sur son visage toute sa décontenance, et se contenta de nerveusement jouer du pied avec le sable. « ... toi, tu... » ... m'a déjà changée. Son regard fuit du côté du lac qui, même noir comme il l'était sous la voûte céleste de la nuit, lui faisait bien moins peur que ce qu'elle pourrait lire dans celui d'Isdès. Elle ne pouvait pas terminer sa phrase, c'était au-delà de ses forces, et elle n'était même pas sûre de souhaiter ou non qu'il ait compris où elle voulait en venir. Tout était encore beaucoup trop jeune pour le solidifier par le palpable des mots. « Ai ste shanen ste hir seintaim. » Enfin, ses prunelles osèrent se relever vers lui. Elle leva doucement une main vers son visage et frôla précautionneusement sa pommette marquée par les combats. Sa peau semblait aussi chaude qu'elle l'avait rêvée mais seul le bout de ses doigts pouvait s'en délecter. Ses gestes étaient presque timides, comme si elle le découvrait à peine, comme si l'après-midi avait suffi à lui faire oublier toute la sincérité de leur rencontre sous les flots incessants de la cascade, comme si elle avait peur de l'offenser ou de l'offusquer par un geste déplacé. La buse, posée sur l'autre épaule d'Isdès, ne semblait pas se froisser de sa démarche, et elle la remercia tacitement et d'un regard bref en sa direction. « Jus dula op nou ban op ai... beja. » Elle glissa un index sur sa joue pâle et froide pour écarter une mèche de cheveux qui volait sur ses lèvres mais cherchait dans le regard d'Isdès un port d'attache. Sa main droite n'avait toujours pas quitté la joue de l'Athna et glissait doucement sur sa barbe. « Em ste ogeda ai ste as op. » Il lui semblait que c'était la demande la plus authentique qu'elle avait eu à faire de sa vie, presque comme si celle-ci dépendait de la réponse qu'il lui donnerait. Elle ne prétendrait jamais vouloir le changer et elle exécrait ceux qui se conformaient à ce qu'on leur demandait d'être. C'était un affront que de se plier au bon vouloir d'une personne supposée vous porter dans son cœur. Murphy avait vu l'un de ses amis changer du tout au tout pour une femme, mais elle l'avait remodelé en quelqu'un qu'elle n'avait jamais reconnu depuis. C'était d'Isdès dont elle avait besoin et de personne d'autre, pas même d'un idéal qu'elle n'aurait probablement pas pu dessiner si on lui en avait donné l'occasion. Elle ne pouvait pas tailler dans le roc et sculpter Isdès autrement, peut-être parce qu'elle-même ne changerait pour rien au monde, mais aussi parce que l'envie la plus simple lui en manquerait. Il était lui et elle était elle. Ils s'en accommoderaient ou se déchireraient pour ces raisons, mais aucun des deux ne changerait. Elle repensa brièvement à une conversation échangée des mois auparavant avec Richard, alors même que la simple idée d'être confrontée à la question lui paraissait impossible. Elle ne changerait pour personne, mais elle le réalisait à présent, elle ne s'offrirait qu'à quelqu'un qui se défendait de ce genre d'intrusions comme elle le ferait pour elle-même. Isdès soulignait leurs différences, mais peut-être que c'était leurs similitudes qui les avaient menés là où ils étaient maintenant. « C'est vrai ? La montagne me donne déjà tout ? » Ses lèvres dessinèrent un faible sourire à la fois attendri et rassuré, comme s'il l'avait libérée d'un poids monumental, comme si l'oxygène retrouvait enfin le chemin de ses poumons asphyxiés. Elle pensa un instant et non sans s'en amuser à son nom qu'elle avait gravé dans la montagne, sur leur territoire, un peu plus tôt. Elle l'avait déjà abîmée, la montagne. « Peut-être qu'elle m'aime bien, alors, finalement. »

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Sujet: Re: feel your love float astray ∞ isphy (trigger warning)
Sam 8 Juil - 23:57

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how the water seemed
to call your name

Laissé à lui-même, Isdès choisit de se confier à sa buse, dont l’âme était dénuée de tout jugement. C’était compliqué de devoir faire face à un humain qui peinait à comprendre sa manière de fonctionner, tout autant que la langue dans laquelle il s’exprimait. Déjà, le rapport entre êtres humains était difficile. Depuis que l’humanité avait été scindée en deux, ceux restés sur Terre avaient dû réapprendre à cohabiter afin de survivre. Les nouvelles cultures et traditions qui s’y étaient créées avaient demandé des décennies de tentatives et d’échecs, avant qu’ils ne trouvent un équilibre. Parfois même, c’était délicat pour un Athna de comprendre un autre Athna. Si on pouvait saisir les motivations de l’autre, le fonctionnement de sa pensée, comprendre la façon dont il gérait ses émotions et ses instincts les plus personnes demeurait une tâche ardus et risquée. Tenter d’atteindre l’autre de cette façon était presque devenu impossible quand on avait en face de soi un être aussi barricadé qu’Isdès. Il avait beau se montrer le plus spontané possible, il n’en était pas moins aussi secret que les autres. L’amertume dont l’abreuvait Murphy depuis qu’il l’avait quelque peu abandonnée, à leur sortie de la caverne, n’était pas légitime. Elle n’avait pas eu le droit de lui faire subir sa déception alors qu’elle seule se l’était créée. La laisser aller prendre l’air permettait non seulement de respirer, mais aussi de lui transmettre ce reproche jusqu’ici tu. En son absence, il se sentit désemparé. Il ne se sentait plus capable d’être méchant, de lui dire ses quatre vérités. Pourtant, tous les autres y avaient eu droit. Pourquoi serait-elle différente ? Pourquoi s’embarrassait-il à ménager ses émotions ? Elle suscitait tout et son contraire en un seul et même homme. Que pouvait-il faire contre cela ? Sitôt qu’elle pointait le bout de son nez, Isdès sentait sa volonté s’écrouler. À cet instant-là, son plus grand adversaire, c’était lui et non elle. Elle n’était que le reflet de ce qu’il se reprochait à lui-même et elle en subissait les conséquences.

Une fois de plus, malgré elle, elle l’incita à ouvrir la bouche et à dire des choses qu’il aurait préféré taire à tout jamais. Elle le forçait à s’ouvrir, à exprimer des vérités qu’il voulait la laisser découvrir, si toutefois elle était amenée à les explorer un jour. Certaines paroles étaient trop anticipées, incertaines. Tous deux prenaient des risques mais ça, la fierté de Murphy n’en avait que faire. Il finit par capituler quand il lui avoua qu’il était réellement heureux qu’elle soit présente à ses côtés. Les mots, même en Trigedasleng, lui brûlaient les lèvres sitôt qu’ils les franchissaient. Il n’aimait pas dire ce genre de choses. Il n’aimait pas faire des plans sur la comète, ni interpréter des situations qui ne méritaient pas de l’être. Se laisser vivre. Laisser le destin – ou leur propre inconscient – influencer le cours des choses, sans s’inquiéter de ce qui pourrait arriver. Dans tous les cas, Isdès était prêt à en assumer les conséquences, mais ce pour quoi il n’était pas prêt, c’était se piéger lui-même dans une impasse. Là, il était en train de s’acculer lui-même, de se bloquer dans une situation où il n’y avait qu’une issue qui ne lui plaisait pas. Il voulait se fabriquer ses propres sorties, suivre son propre chemin et non celui qu’il avait pu envisager plus tôt. Celui qui était là, tel quel. Murphy pouvait sentir combien il rebutait à se montrer aussi bavard. Ses réponses à elle furent de nouvelles justifications. Une fois de plus, elle motivait chacune de ses réactions, elle expliquait ses propres actes au lieu de les laisser parler par eux-mêmes. Était-ce propre aux Skaikru ce besoin irrépressible de toujours se donner des excuses ? Qu’avaient-ils vécu pour avoir développé cet instinct de préservation futile ? Elle-même ne trouvait pas les mots. Elle réalisait aussi combien ils étaient superflus ce soir-là, et combien ils ne pouvaient pas refléter réellement ce qu’ils ressentaient. L’Athna haussa un sourcil, dubitatif, tout en la laissant essayer de répliquer. C’était vain. Quand sa main atteignit sa pommette, il réprima violemment un mouvement de recul. Elle n’avait pas le droit de l’approcher de la sorte. De l’apprivoiser par la douceur alors qu’il passait sa vie à la fuir. Il demeura de glace, immobile. À l’intérieur, il flambait de nouveau. Comment pourrait-il la laisser tomber alors que c’était lui qui l’avait menée jusqu’ici ? Pourquoi craignait-elle tant un abandon qui, il y a bientôt un an de cela, était une éventualité inexistante ? Pourquoi se raccrochait-elle à une présence si récente, si éphémère ? En silence, Isdès se laissa faire, profitant involontairement de ses doigts dans sa barbe épaisse. Il y avait longtemps que ce genre de gestes délicats n’avait pas provoqué tant de frissons le long de son échine. Il y avait de ça longtemps qu’il ne s’était pas autorisé une telle approche de sa personne. Murphy criait à l’injustice, critiquait la distance qu’il avait instaurée entre eux, sans savoir qu’elle était une privilégiée.

Murphy s’émerveilla sur ses derniers mots, mais elle n’en comprit pas la portée. Elle prenait ce qu’elle voulait tout en rejetant le reste. C’était bien là le problème. Néanmoins, elle retrouva le sourire et Isdès se désola qu’il en faille si peu. Elle avait entendu ce qu’elle voulait entendre et avait pris soin de sélectionner seulement les parties qui la réconfortaient. Elle finit par suggérer que peut-être la montagne ne l’avait finalement pas prise en grippe, ce à quoi Isdès finit par répondre d’une voix totalement neutre : « La montagne ne parle pas. Pour ça qu’elle est si tranquille. » Il poussa un soupir avant de rompre le contact, à contrecœur. Si elle décidait d’avoir la tête dans les nuages, il aurait les pieds sur terre. Il en fallait bien un des deux qui gardait la conscience des ennuis dans lesquels ils se confortaient. Il se laissa glisser sur le sable, le dos contre le tronc sur lequel il avait été assis jusque-là. « Toi dormir maintenant ? » Ses yeux verts glissèrent sur son visage féminin et pendant quelques secondes, il fut, malgré tout, satisfait d’avoir contribué à ce soulagement. L’un comme l’autre influait sur l’état de l’autre, c’est-à-dire qu’ils avaient le pouvoir de s’autodétruire. Il n’y avait rien de satisfaisant là-dedans. Isdès croisa ses jambes l’une sur l’autre. Sa buse s’envola puis alla se percher sur une branche, à l’orée du bois, afin de garder un œil sur son maître. Il cala ses vêtements sous sa nuque, tout en sachant qu’il ne s’endormirait pas tant qu’elle n’aurait pas elle-même succombé à Morphée. Cependant, il feignit de fermer les yeux avant de prévenir, autoritaire : « Murphy Skaikru, demain, si tu traînes, j’attends pas. »

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feel your love float astray ∞ isphy (trigger warning)

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