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˜˜˜˜˜˜feel your love float astray ∞ isphy (trigger warning)
maybe life should be about more than just surviving

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06/12/2015 Lux Aeterna 29591 Sophia Bush Avengedinchains (vava) ; Oreste (image profil); Lux Aeterna (sign & gifs & fiche rp) ancienne militaire - lieutenant, stratège, garde et patrouilleuse. Quelques notions de médecine et bases en maniement des armes. 160


Sujet: Re: feel your love float astray ∞ isphy (trigger warning)
Ven 19 Mai - 4:31



❝ Feel your love float astray ❞
Pamplemousse Cavendish & Myrtille Hakantarr
(1er au 8 mai 2117)


Il avait suffi de quelques instants pour que l'illusion, si ce n'était un rêve, se brise. A la surface de l'eau, la réalité reprenait ses droits. Murphy ne se rendit compte du silence qui régnait dans le milieu aquatique que lorsqu'ils le quittèrent, à la recherche de l'oxygène dont leurs poumons avaient si soif. L'instant n'éclata pas brutalement, mais la brune pouvait sentir que déjà, les choses étaient différentes. Ici, ils étaient à la merci du réel et, malgré la forme sous laquelle il se présentait, il n'était que lui même. Les montagnes, aussi majestueuses et pures soient-elles, n'arriveraient probablement pas à leur faire oublier qui ils étaient, tous les deux. Le visage perdu contre le torse d'Isdès, l'Odysséenne profita de ne pas croiser son regard pour grappiller quelques secondes de plus dans ce monde-là, celui du lac et de tous les secrets qui y resteraient sans aucun doute cachés. Lorsque le cri de la buse raisonna au milieu des montagnes, Murphy sut qu'il était temps de faire ses adieux à cet instant hors du temps et de toute tangibilité. Il la laissa sur la berge du lac, un peu bête et un peu sonnée, aussi, en proie à des dizaines de questions et de sensations qui ne l'inquiétaient pas mais lui donnaient l'impression d'être une enfant perdue au milieu de ce que les adultes considéraient comme évident. Non, à cet instant précis, rien n'était évident. Assise dans le sable humide, Murphy grelottait, jouait avec les grains et l'eau qui chatouillait encore ses pieds, observait derrière elle puis posait à nouveau son regard sur l'immensité aquatique dans laquelle elle était encore quelques instants plus tôt. Elle se sentait un peu perdue, se demandait pourquoi il ne lui avait pas dit un seul mot, lui qui trouvait un malin plaisir à se moquer de ses peurs et ses inexpériences. Peut-être considérait-il qu'il n'en avait-il plus besoin, que ses propres frayeurs lui suffisaient à comprendre combien elle était ridicule à essayer d'apprivoiser et de se faire apprivoiser d'un monde qui n'était pas le sien et ne le serait jamais. Quel était donc le but de ces retrouvailles ? C'était la première fois qu'elle se le demandait vraiment. L'euphorie première avait laissé place aux vrais questionnements. Le trajet avait été agréable -tout du moins pour elle, la bavarde, qui avait malgré elle cherché à faire comprendre à Isdès qu'elle restait la même malgré le premier pas qu'il avait fait en lui écrivant; leur arrivée ici avait eu quelque chose d'irréel et le sourire d'Isdès restait encore gravé dans son esprit pour ce qu'il était de si rare et donc, peut-être, de si précieux. Elle sentait encore la chaleur de ses mains glisser sur ses hanches et accrocher sa taille dans cette remontée vers la surface. Elle qui n'était pas réputée pour remettre en doute ses façons de faire se surprit pourtant à se demander si c'était elle qui avait fait quelque chose. Par-dessus son épaule, elle voyait Isdès profiter de la fraîche et affolée rivière, qui se jetait un peu plus bas dans le lac pour l'alimenter. Il était dos à elle, mais elle redoutait qu'il se retourne et la voit le fixer. Elle aurait du être aussi indifférente que lui. Elle pesta intérieurement, passa sa main dans ses cheveux détrempés en se disant qu'elle n'aurait pas été là que ça n'aurait rien changé pour lui. Il l'avait peut-être déjà oubliée -à son attitude, il y avait au moins de quoi se poser la question. C'était sa peur fraîche de la noyade qui la mettait dans un état pareil, tenta-t-elle de se persuader. Peut-être qu'il avait juste la décence de ne pas se moquer d'elle, pour une fois.

Ah, alors ça, non. S'il y avait au moins une chose qu'elle avait apprise d'Isdès en ces trois rencontres, c'était bien qu'il ne manquait jamais une occasion de la défier. Le fait qu'il ne l'ait pas chambrée cette fois-ci l'inquiéta donc subitement, puis elle en vint, encore et toujours, à cette même conclusion : elle ne comprenait plus rien.

En rejoignant la rivière dans laquelle Isdès semblait chercher du réconfort -ou de la tranquillité, et dans ce cas, c'était dommage pour lui-, Murphy n'avait aucune idée de ce qui était supposé se passer. Peut-être était-elle supposée attendre près du lac qu'il ait faim et propose d'aller chasser, mais ça aurait été mal la connaître que de compter sur elle pour ne pas bouger en attendant sagement d'exaucer les souhaits de quiconque. Elle aimait à penser qu'elle n'était à la merci de personne, et pourtant, en arrivant au bord de la rivière agitée, elle fut frappée par l'idée qui venait de lui traverser l'esprit : n'était-ce donc pas ce qui était en train de se passer ? N'avait-elle donc pas rejoint Isdès en réponse à son indifférence ? Est-ce que refuser sa fuite était un acte noble et fier, ou bien une preuve de son assouvissement ? Lui offrait-elle tout ce qu'il avait cherché à éviter, ou ce qu'il voulait ?

Et merde. Peut-être se posait-elle juste trop de questions. Elle qui ne s'épanouissait que dans la spontanéité et l'impulsivité parfois à la limite du dangereux se retrouvait confrontée à tout ce qu'elle détestait : réfléchir l'instant au point de l'oublier pour ce qu'il était réellement. C'était là les résidus que le spectacle sous-marin avait laissé sur ses neurones proches de la noyade. Elle avait aimé le monde qui était né sous l'eau, comme si cette dernière avait lié les deux êtres qu'ils étaient et conduit, comme le courant électrique l'était par certains matériaux, tout ce que l'air isolait au-dessus de la surface. Le choc du retour à la réalité était rude pour une Murphy éprouvée à la fois par un long voyage et une angoisse des profondeurs lacustres. Les sourcils froncés, la brune crut déceler un faible et fugace sourire étirer les lèvres d'Isdès, qu'elle venait de retrouver, ce qui la rassura quelques instants. Il avait fière allure, à la regarder comme ça, fixe au milieu du courant vif qui allait jeter l'eau dans le lac quelques mètres plus loin. « Je sais », répondit-elle en arquant un sourcil rieur et en arborant un sourire moins discret que celui du Terrien. « C'est une question piège ? » Elle finit de s'installer sur sa roche et prit une seconde pour réfléchir. « Les étoiles, elles font partie de moi, tu peux pas me demander de choisir. » Elle posa sur Isdès un regard mélancolique sans s'en rendre compte. Il lui arrivait parfois, comme à cet instant précis, d'être heurtée par la vérité crue : ses étoiles, elle ne les verrait plus jamais comme elle les avait vues là-haut. Elles seraient toujours auréolées d'un halo flou du à l'atmosphère Terrienne, et la moitié d'entre elles était perdues à son regard pour toujours, cachées de l'autre côté de la Terre qui n'était pas assez curieuse pour leur en offrir la vue. Elle ne les regarderait plus jamais avec sa mère, non plus, et c'était peut-être ce qui rendait ce simple fait encore plus dur à encaisser. Si Ofelia était là, si elles observaient les astres lointains ensemble de cette Terre, cette nostalgie n'aurait probablement pas tant lieu d'être que dans cette réalité qui était la sienne, qu'elle vivait sans sa mère et sans la pureté et la simplicité des étoiles vues du néant et sur l'obscurité du vide interstellaire. « Ça », dit-elle en désignant la montagne qui s'élevait loin derrière Isdès, « c'est là que je le sois ou non. T'as pas répondu à ma question. » Ses prunelles se perdirent sur les hauteurs derrière le Terrien alors que l'écoulement de la rivière et le bruit de la chute d'eau en contrebas l'apaisaient. Elle pencha la tête en arrière, l'appuyant sur son épaule, comme pour profiter un instant du soleil et, sans comprendre comment elle en était arrivée là, se retrouva à fixer à nouveau l'Athna. « J'ai failli ne pas connaître ça » fut tout ce qu'elle trouva à dire, un peu ébahie par la simplicité de l'instant. Il y avait tellement de paramètres qui auraient pu la priver de ce moment, mais il y avait aussi cette seule idée qu'elle ait pu passer le restant de ses jours là-haut. Était-ce réellement ce qu'elle aurait souhaité ? Elle en était férocement convaincue; pour toutes les pertes qu'elle avait subies et qu'ils avaient subies, pour le combat incessant qu'était leur vie maintenant, pour la difficulté que c'était de simplement vivre, pour la frousse qui les accompagnait à chaque instant... Mais il y avait des instants comme celui-là qui lui donnaient l'impression que tout était possible, et que c'était finalement ces risques-là et ces chances-là, regorgeant de ce charme enivrant, qui étaient la seule bouffée d'oxygène dont elle avait réellement besoin. Là-haut, avait-elle seulement jamais réellement vécu ? Elle n'avait jamais eu peur de se noyer parce qu'elle n'avait mis un pied dans l'eau pour une autre raison que se laver; elle n'avait jamais redouté les animaux parce qu'il n'y en avait pas; elle n'avait jamais pris de coup de soleil parce qu'elle n'avait jamais connu la douceur agréable de ses rayons chaleureux; elle ne s'était jamais inquiétée des grondements de la terre parce qu'elle n'avait pas gravi ses sommets et exploré ses vallées creusées par le temps; et elle n'avait jamais pesté silencieusement contre un Homme parce qu'ils lui avaient toujours donné toutes les armes pour qu'elle ouvre sa gueule.

La vraie inconnue dans cette nouvelle équation qu'elle étudiait un peu trop consciencieusement, ce n'était pas les montagnes, aussi somptueuses soient-elles; ce n'était pas le lac, aussi effrayant soit-il; et ce n'était pas la distance qui la séparait de son camp, aussi grande soit-elle. Il n'y en avait qu'une qui la tourmentait à ce point, et c'était celle qui lui donnait le plus de fil à retordre. Elle essayait de réduire le mystère qui l'entourait, de gratter autour pour en révéler le cœur et la véritable nature, mais elle était secrète, farouche. Elle ne se laissait pas approcher, l'inconnue. Il ne se laissait pas approcher, l'inconnu. Elle s'amusa quelques instants à tester sa patience en l'éclaboussant de la plante de ses pieds, puérile. « J'ai failli me faire manger par un ours, l'autre fois. Celui-là était dangereux. » Elle l'observa un instant silencieusement, se demandant s'il était opportun de préciser que c'était l'un des siens qui l'avait aidée à se sortir de cette situation douteuse. Elle put coupée à la fois dans ses réflexions et dans ses réponses par le geste d'Isdès, et resta une jambe en l'air malgré elle. Son regard ne quittait plus celui de l'homme alors qu'il s'approchait, et elle le toisa avec un petit sourire en titillant sa peau avec ses orteils, joueuse. « Les Skaikru sont pas une espèce vicieuse et machiavélique » se contenta-t-elle de répondre. « Il faut s'apprivoiser. Tu m'as pas encore noyée, c'est que je t'ai apprivoisé ? » Son genou se plia alors qu'il s'avançait encore un peu vers elle. Elle poussait le poids de sa jambe contre le torse d'Isdès pour qu'elle ne glisse pas et, d'une manière ou d'une autre, il semblait ne même pas le remarquer. « Il était où le danger, alors ? » Elle lisait dans le regard de l'homme tout son sérieux et la gravité de ses mots. Murphy n'était pas bête. Elle glissa ses fesses jusqu'au bord de la roche et se pencha vers lui sans le quitter du regard. « Tu es le danger ? » Belle allure... « Arrête de me menacer, j'ai pas peur de toi. » Car il y avait toujours cette drôle de certitude, peut-être infondée d'ailleurs, qu'il ne pourrait jamais rien lui arriver tant qu'elle serait avec lui. Il l'avait aidée un nombre extravagant de fois déjà, à en faire pâlir le peu de fierté qu'elle pouvait encore avoir en sortant de leurs entrevues. Elle ne croyait pas à ses menaces, mais ne comprenait surtout pas d'où elles sortaient. Peut-être avait-il des tendances meurtrières, peut-être qu'il était temps pour elle de ne dormir que sur une oreille en sa présence. Peut-être qu'il lui suffirait d'une minute de faiblesse pour qu'il l'abatte, et que c'était ce dont il était en train de la prévenir maintenant, mais Murphy n'y croyait pas -ce qui ne l'arrangeait pas dans le millier de questions que soulevait le comportement de Myrtille. « J'ai senti quelque chose dans mon dos, je te dis. » Son ton était calme et serein, tranchant totalement avec l'état dans lequel elle était lorsqu'elle avait senti quelque chose frôler sa peau. « Je suis sûre que c'était ça, le vrai danger. » En haussant un sourcil mutin et dans un geste énergique, elle s'appuya sur ses avant-bras pour se laisser glisser dos au rocher, dans l'eau, face à Isdès. Ses pieds rencontrèrent le sol solide de la rivière, qui n'avait rien à voir avec celui du lac mais tout à voir avec celui du cours d'eau qui avoisinait son camp. Les rôles étaient inversés; ce n'était plus à elle de baisser le regard et à lui de le lever, et elle regrettait déjà cette mécanique. « Alors, apprends-moi ! » Elle était enthousiaste et vive, joueuse mais pas moqueuse. Les rayons du soleil, qui brillait juste au-dessus d'Isdès, l'aveuglaient, mais ils révélaient aussi le moindre de ses cheveux qui avait quitté sa longue tresse. Elle n'arrivait pas à voir son visage, et porta sa main au-dessus de son regard pour se protéger de la brillance éclatante. « J'ai peur de rien... sauf des poissons, manifestement. » Et de cette équation qui ne semblait pas prête d'être résolue. Elle jeta un regard à la rivière qui tombait un peu plus loin en cascade dans le lac puis le releva vers Isdès, empreint de défi. « J'ai peur de rien », répéta-t-elle, prête à le lui prouver, ayant oublié son vertige.

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06/05/2016 Dandan/Sonia 240 Jason Momoa lux #demonkeur Garde pour sa tribu, il s'occupe aussi parfois des oiseaux messagers. 70


Sujet: Re: feel your love float astray ∞ isphy (trigger warning)
Sam 20 Mai - 23:58

how the water seemed
to call your name

Murphy n’aima pas quand Isdès osa évoquer ses étoiles. Pourtant, non, il ne s’agissait pas d’une question d’étoiles. Elle avait le choix : préférer son passé ou accepter son présent dans l’éventualité d’un futur. Elle pouvait bien revendiquer ses origines célestes, assumer le fait que les épreuves qu’elle avait connues dans le ciel avaient forgé ce qu’elle était maintenant. Mais aujourd’hui, en ce moment même, les étoiles ne lui seraient d’aucune aide. À vrai dire, le ciel ne lui serait plus jamais d’une seule aide. Le ciel était devenu un élément de la nature à part entière, une partie de l’équation avec laquelle elle devait coexister désormais. Le ciel était capricieux et ne manquait pas de rappeler aux humains de temps à autres qui était le souverain de ces lieux. N’était-ce d’ailleurs pas un de ses fameux caprices acides qui les avaient rejoints la première fois dans une grotte étroite ? Il ne lui demandait pas de choisir entre deux lieux de vie mais bel et bien deux façon de la concevoir : là, il lui offrait tout. Tout ce qui s’étendait à perte de vue devant son regard, jusqu’à l’horizon insondable, était à elle si elle souhaitait. Elle avait un tout nouveau monde à portée de main. Elle était en mesure de se réinventer, de se construire un nouvel aspect de sa personnalité. Elle ne pouvait plus se clamer d’un être qui avait disparu sitôt qu’elle avait chuté dans ce nouvel univers. Comme la météorite qui s’échouait, elle n’était plus, elle n’avait plus qu’à renaître ailleurs. Il ne lui demandait pas de changer – qui était-il pour exiger une telle requête – mais elle possédait une opportunité rare. Bien des humains donneraient tout pour pouvoir continuer à évoluer tout au long de leur vie. Ils n’étaient pas comme les caméléons ou les serpents qui changeaient de peau selon les saisons ou même leur envie, ils devaient vivre toute leur existence avec le poids et les conséquences des gestes passés. Quand Isdès avait décidé de marquer d’une trace céruléenne les vies qu’il avait prises et les futurs qu’il avait ainsi contredits, c’était une façon de se remémorer. Jamais, il ne serait en mesure d’ôter ces actes et de n’être plus ce qu’il représentait pour certains, depuis : un meurtrier, une bête sanguinaire. Et au fil du temps, il l’avait accepté alors que d’autres auraient tout donné pour revenir en arrière. Murphy avait de nouveaux horizons qui se profilaient devant elle. Il n’y avait plus qu’à faire le premier pas. Non, il ne lui demandait pas de renier ses origines, mais de ne pas en faire des œillères. Mais voilà une différence qui s’ajoutait à la longue liste, car Isdès lut bien dans son regard qu’elle n’avait pas compris. Sur l’instant, il ne la considéra pas comme une ignorante et respecta son opinion par un silence. Elle réitéra sa demande et n’obtint rien de plus. S’il savait faire les efforts de respecter son choix, elle devait en faire de même. Elle n’en saurait pas plus parce qu’elle n’avait pas conscience d’à quel point elle rentrait dans sa sphère privée. Au-delà de l’intime, elle titillait des zones sombres qu’Isdès lui-même n’était pas prêt à explorer. Il se contenta d’esquisser un fin sourire empli d’orgueil quand elle confessa avoir failli ne jamais connaître son environnement. Ses yeux s’attardèrent autour de lui, l’homme prenant une bouffée d’air de son monde à lui. Il en était tellement fier et il espérait entendre cette pointe de regret qui semblait se glisser dans la voix de Murphy. Si elle ne l’avait pas connu, elle n’aurait peut-être jamais arpenté ces lieux.

Mais alors que la discussion avait dévié vers la peur, ce qu’il croyait être sa peur à elle alors qu’il s’agissait de la sienne. Isdès jouait les moralisateurs et se réfugiait dans ce rôle de protecteur qu’elle s’appliquait à rejeter avec brio. Alors que son pied bloquait maintenant son torse, l’empêchant tout mouvement vers elle, il n’avait jamais eu autant envie de s’approcher d’elle. Le voilà le danger, quand l’Athna allait contre ses instincts. Ça n’était jamais arrivé jusqu’ici et elle le forçait malgré elle à agir contre ses volontés. Elle toucha une corde sensible lorsqu’elle supposa qu’elle l’avait apprivoisé. Une protestation gronda dans la gorge de l’homme coincé à distance. Avait-il l’allure d’un animal ? C’était peut-être ce qu’il était... Elle était à la recherche du danger et sans s’en rendre compte, le côtoya de plus près en glissant du rocher pour se tenir face à lui. Ses iris ne quittaient pas ses prunelles noisette pour prendre aucun risque. Il la fixait inlassablement, concentré dans son regard de défi. Elle le cherchait à nouveau. Elle le testait, c’était donc ça ? Elle n’avait pas peur de lui. Il lui avait reproché de passer pour un barbare tant de fois et voilà que maintenant, il regrettait qu’elle n’ait pas eu peur de lui plus tôt. Il se souvenait de la lueur de crainte qu’il avait vu passer lorsqu’il l’avait violemment agrippée, il y a quelques mois. L’avait-elle déjà oublié ? Murphy rembraya sur des sujets qui n’avaient déjà plus d’importance. Isdès ne trouva pourtant pas le courage de lui dire que c’était lui qu’elle avait senti dans son dos, ne souhaitant pas être involontairement responsable d’une telle terreur. Ses poings se serrèrent instinctivement, jusqu’à ce que ses ongles très courts n’écorchent ses paumes. Elle n’arrêtait donc jamais. Quel était ce nouvel enthousiasme tandis que quelques minutes plus tôt, elle s’accrochait désespérément à lui ? Isdès fronça les sourcils, atterré. Au diable, les poissons ! Le risque s’érigeait en face d’elle, faisant obstruction au soleil, l’aveuglant de tout ce qui pourrait la protéger. Ne comprenait-elle pas ? N’avait-elle tout simplement pas ressenti cette tension qui s’était installée ? N’avait-elle pas décelé les gestes spontanés qu’il avait esquissés envers elle après s’être montré de glace ces derniers mois ? Ou bien se jouait-elle de lui comme elle avait joué de son identité ? Cette pensée lui tordit les entrailles. Las, il suivit son regard jusqu’au bout du plan d’eau qui tombait vers le lac où ils s’étaient trouvés plus tôt. Que croyait-elle faire ? Elle voulait jouer les aventurières ? Soit. Puisqu’elle préférait jouer les sottes, Isdès était plus que ravi de l’aider dans cette mascarade. « Vas-y. » lâcha-t-il, dubitatif. Sans attendre, il l’observa reculer de quelques pas vers le vide. Quand elle prit son poignet, il obtempéra puis la suivit d’un pas réticent. De toute manière, elle n’allait jamais le faire. Elle ne supportait pas d’avoir une dizaine de centimètres de vide sous ses pieds, alors deux mètres de chute dans la cascade... « Kigon, Skaikru. »

Mais elle sauta. Quelque chose dans son esprit devait avoir oblitéré la réalité car elle venait de sauter à corps perdu dans la cascade. Sauf qu’Isdès ne s’était pas préparé du tout et elle n’avait pas réussi à entrainer sa centaine de kilos avec elle. Elle venait de sauter seule. Elle venait de sauter seule et elle allait nager... Elle savait nager ?! Les yeux de l’Athna s’exhorbitèrent. « MURPHY ! » Bêtement, il eut le réflexe de la chercher dans les remous blanchâtres en contrebas. Évidemment, il n’y trouva rien et n’attendit pas avant de sauter à son tour. La chute lui provoqua un choc d’adrénaline des plus stimulants. Cette sensation de tomber sans savoir à quoi se rattraper était à la fois si effrayante et si galvanisante. Dans ce genre de folie, il y avait cette minute de doute, cette minute où la vie vous échappait. Pieds devant, il atterrit dans l’eau dans un énorme plouf. Heureusement, les fonds étaient suffisamment bas pour ne pas se casser les jambes et les rochers assez éloignés pour ne pas s’y fracasser le crâne. Murphy avait eu de la chance, même si à cet instant, elle détenait le record de l’acte le plus stupide jamais accompli. Encore sous l’eau, il aperçut ses jambes s’agiter près de la surface, signe qu’au moins, elle n’avait pas bu la tasse. Elle était folle. Elle n’avait pas idée de l’inquiétude qu’elle lui avait infligée en l’espace d’une poignée de secondes. Il voulait se venger, il aurait pu la frapper pour ça, mais il choisit la méthode non répréhensible. Il nagea vers elle et attrapa ses pieds dans ses mains. Il poussa de toutes ses forces en remontant à la surface si bien qu’il propulsa Murphy en l’air pour la jeter plus loin dans l’eau, en direction des trombes d’eau derrière eux. À son tour, il reprit de l’air et lui hurla dessus, la voix étranglée par le manque de souffle : « Branwoda, toi vouloir mourir ?! » Il toussa un peu avant de dégager d’un geste rageur les mèches de cheveux qui s’étaient collées sur son visage. « Toi plus peur, mais toi complètement... » Il ne trouvait plus ses mots et put simplement faire un geste de rotation de son index en direction de sa tempe pour mimer la folie.

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06/12/2015 Lux Aeterna 29591 Sophia Bush Avengedinchains (vava) ; Oreste (image profil); Lux Aeterna (sign & gifs & fiche rp) ancienne militaire - lieutenant, stratège, garde et patrouilleuse. Quelques notions de médecine et bases en maniement des armes. 160


Sujet: Re: feel your love float astray ∞ isphy (trigger warning)
Dim 21 Mai - 2:29



❝ Feel your love float astray ❞
Pamplemousse Cavendish & Myrtille Hakantarr
(1er au 8 mai 2117)


Murphy ne comprenait toujours pas. Pas simplement ce qui avait poussé Isdès à se décrocher d'elle pour la laisser seule sur la berge du lac et rejoindre une portion de la rivière qui se jetait plus bas, mais aussi quelles raisons l'avaient mené à lui écrire, quelques mois plus tôt, pour l'inviter à la revoir alors que tout dialogue s'était rompu lors de leur seconde rencontre. Elle ne comprenait pas non plus pourquoi elle avait lu et relu les quelques mots griffonnés par Isdès, pourquoi elle avait attendu ce mois de mai comme elle n'avait jamais rien attendu aussi longtemps à l'avance. Elle ne comprenait pas ce qui l'avait poussé à la rejoindre au-dessus de la cascade qui tombait dans le lac malgré son intention délibérée de séparation. Elle ne voulait pas rester seule près de l'eau, se soufflait-elle pour se rassurer, et puis l'idée qu'elle n'avait jamais vraiment eu le contrôle sur cette décision l'effleura et elle décida de passer à autre chose.

Le monde s'offrait à elle, ici, comme il ne l'avait jamais fait. Il se présentait sous son meilleur jour, lui faisait presque oublier les cruautés qu'elle avait endurées depuis qu'elle était sur cette planète. L'eau, ici, ne lui faisait plus aussi peur que dans sa rivière habituelle; peut-être parce que le lac était dépourvu de ces courants qui avaient failli lui coûter la vie pendant le tremblement de terre de l'été précédent, ou peut-être parce qu'elle se savait protégée par un homme qui avait sans doute appris à nager en même temps qu'il avait fait ses premiers pas. Sous cet angle, le monde se dévoilait tout autrement; il était plus doux, comme si les dangers dont il regorgeait l'avait quitté. Le soleil jouait de ses rayons pour lui faire oublier la brutalité de l'hiver qui venait à peine de s'achever. Les montagnes, sous cette lumière et en ce jour particulier probablement, n'étaient pas menaçantes mais protectrices, comme si elles veillaient sur les deux Hommes dont les mots raisonnaient sur l'immensité lacustre. C'était comme si le monde, à cet instant précis, leur appartenait; ou tout du moins ce lac et tout ce qui était emprisonné aux creux de ces hautes montagnes aux tonalités folles. Et ce spectacle somptueux qui s'offrait à eux, Murphy ne le devait qu'à Isdès. Il ne s'en rendait probablement pas compte, mais en ces deux jours de marche, il était devenu son guide pour arpenter le monde. Il lui avait offert l'un des plus beaux cadeaux qui soient, au-delà encore des mets qu'il lui avait cuisinés sur la route et de l'attache d’améthyste avec laquelle il avait réparé sa chaîne. Il lui offrait l'espoir, il lui offrait l'avenir.

Ses étoiles feraient toujours partie d'elle. Elle était née d'elles, née au milieu d'elles. Elle avait côtoyé les étoiles comme il avait côtoyé les montagnes, et elle avait évolué persuadée qu'elle y retournait, au cœur de ses étoiles. Son corps aurait du être jeté dans l'immensité interstellaire comme c'était de coutume de le faire là-haut, et elle aurait sans aucun doute retrouvé la chaleur de l'une d'elles pour redevenir poussière. Se réécrire un destin n'était pas chose facile, même pour quelqu'un d'aussi déterminé que Murphy. Elle devait apprendre à faire son deuil de ce qu'elle avait connu là-haut pour se reconstruire entièrement ici. Il lui avait déjà fallu de très longs mois pour réaliser qu'il ne devrait pas s'agir de survie et qu'il était temps pour elle d'ouvrir les yeux sur la vie qui se présentait à elle ici. Certains des siens n'avaient probablement jamais vu les splendeurs cachées de ce monde, parce qu'ils n'y chassaient que ce qui pourrait leur être utile. Mais ces montagnes qui lui coupaient le souffle, avaient-elles un réel intérêt pour leur survie ? Ce spectacle n'offrait ni nourriture ni protection. Certains se contenteraient donc de les décréter inutiles, mais il y avait dans la Murphy qui renaissait sur cette planète une candeur qu'elle s'autorisait parfois à laisser émerger. Dans le secret de ce début d'après-midi passé en compagnie de Myrtille, elle ne voyait plus que ce que le panorama lui offrait. Sans étoiles, mais avec la douce caresse des rayons solaires; sans sa mère, sans Faust, mais la vue saturée par la beauté d'un spectacle qui semblait ne jamais avoir connu de commencement et ne jamais avoir à connaître de fin. Dans cette parenthèse flottant hors de tout temps, Isdès lui offrait ça, les merveilles d'une renaissance, la certitude que tout était possible, même pour elle.

Debout face à lui, Murphy le fixait, intrépide et audacieuse. Qu'il cesse de lui parler de dangers comme si elle était incapable de les gérer. Qu'il arrête de poser sur elle ce regard perplexe que l'on avait pour les plus jeunes et les moins expérimentés. Elle n'avait pas à être une assistée, et elle était fatiguée de l'être dès qu'elle croisait son chemin. C'était sans aucun doute ce qui l'avait poussé à la laisser là-bas, toute seule, sur sa berge; lui-même devait être épuisé de ses peurs, et il était temps qu'elle attaque le problème de front. Quoi qu'il en coûte, elle lui prouverait qu'elle pouvait arrêter de hurler de peur. Elle n'était pas un concentré d'anxiétés comme il devait le penser, et il était temps de le lui en apporter une preuve concrète. Elle avait déjà oublié les fois où il l'avait impressionnée et effrayée, parce que quelque part et malgré elle, Murphy sentait qu'il se passait quelque chose. Les choses n'étaient plus les mêmes, peut-être parce que ces retrouvailles étaient de leur fait, qu'ils les avaient chacun choisies, ou peut-être parce que le temps faisait son oeuvre. Cela ferait bientôt un an qu'ils s'étaient côtoyés pour la première fois. L'un et l'autre s'apprivoisaient doucement, et à son grognement mécontent lorsqu'elle en avait émis l'hypothèse, elle avait bien compris que c'était une idée loin de le ravir. Mais elle était confortable, cette idée. Elle représentait un espoir étrange, une promesse secrète. « J'te dis que j'ai pas peur », répéta-t-elle, l'esprit encore bien loin de la vision qui l'attendait quelques mètres plus loin. Au regard qu'il lui lançait, il ne la croyait pas, et c'était là son plus grand moteur à cet instant précis. Elle s'éloigna un peu de lui pour s'approcher de la large chute d'eau et, sans le quitter du regard, se saisit de son poignet pour qu'il la rejoigne. Lorsqu'il fit un pas vers elle, Murphy se retourna pour s'approcher de la cascade. Elle ne le lâchait pas, avait fini par poser ses deux mains sur son bras comme pour s'assurer qu'il restait avec elle -pour la suivre, peut-être, mais aussi pour la voir oser ce qu'il pensait sans aucun doute impossible. « On y va, Maunkru » répondit-elle sur le même ton, provocatrice.

Un moment de panique la saisit lorsqu'elle observa l'eau violemment battue par la cascade en contrebas. Elle respira profondément, s'assura d'un regard bref que le terrain n'était pas semé de rochers tranchants; ceux-ci bordaient les berges, mais épargnaient le centre. La réflexion ne lui prit qu'une seconde, et elle s'interdit de tergiverser plus longtemps, car elle se savait capable d'avorter sa mission. C'était son grand moment, elle avait son spectateur, et il était temps que tous les deux, ils sautent.

Elle lâcha sa main, se recula d'un pas pour prendre un peu d'élan et se rua à corps perdu jusqu'au bord. La sensation fut soudaine et exaltante, c'était un abandon total. Elle se remettait entièrement au bon vouloir du hasard, titillait la malchance, et c'était grisant. Elle se projeta les pieds en avant, se promit de ne pas vérifier en bas ce qui l'attendait ; toute panique ne rendrait la chute que plus dangereuse. L'instant sembla durer de longues secondes, mais elle rencontra bien assez vite l'eau glacée, qui l'accueillit violemment. Elle se sentit glisser sous la surface et chercha instinctivement Isdès, mais elle était seule au milieu de l'eau. Verticale, les pieds dirigés vers le fond de l'étendue d'eau, elle vrilla sur place pour essayer de le trouver, agacée par les cheveux qui valsaient autour de son visage, inquiète de ne pas le voir à ses côtés. Ils ne pouvaient pourtant pas avoir atterri si loin l'un de l'autre, si ? Elle crut finalement entendre son nom hurlé à la surface; les bruits, d'ici, prenaient une drôle de consonance. Il fut alors temps pour elle de se propulser en flèche vers la surface de l'eau, où elle reprit son souffle, plaquant ses cheveux en arrière, se frottant les yeux pour y voir clair. Elle cherchait toujours l'Athna du regard, réalisa qu'elle était suffisamment près de la cascade pour en sentir la violence. La brune jeta un coup d'oeil en haut de la chute d'eau pour vérifier qu'Isdès était descendu avec elle et ne l'y trouva pas. En jetant un dernier coup d'oeil aux remous agités au pied de la chute, elle sentit quelque chose s'accrocher à ses pieds et paniqua subitement à l'idée qu'un monstre n'ait trouvé en elle une proie parfaite. Elle qui avait pensé que dans un courant pareil, la vie serait moins prolifique... Elle tenta de se débattre un instant mais finit par voir la tête du Terrien émerger à côté d'elle. Elle n'eut pas le temps d'en comprendre davantage qu'elle fut projetée vers l'arrière. Elle atterrit sur le dos mais ses pieds coulèrent bien vite et elle se retrouva à fixer Isdès d'un peu plus loin, les lèvres cachées sous la surface de l'eau, le regard grave. « Mais vivre, c'est prendre le risque de mourir, non ? » lâcha-t-elle en sortant sa bouche du lac juste pour lui répondre. « J'aurais pas sauté si je risquais de m'écraser comme une merde d'oiseau. Sans offense à ton amie aux grandes ailes. » Elle arqua un sourcil fier lorsqu'il concéda qu'elle n'avait pas peur. C'était sans aucun l'un des seuls compliments qu'il était capable de lui faire, et elle répondit aussi à son geste qui laissait sous-entendre tout ce qu'il pensait de son attitude inconsidérée. « Merci, merci ! C'est toi qui a gueulé mon nom tout à l'heure ? » Sans cesser de le fixer, Murphy s'éloigna un peu plus de lui, les jambes en avant et avec de grands mouvements de bras. « Toi aussi t'as sauté. Tu voulais me suivre dans la mort ? » Elle ne lui laissa pas le temps de répondre et bascula sur le ventre pour nager une brasse un peu maladroite qui la mena près du rivage, sur le côté de la cascade. Curieuse, le nez froncé par la multitude de gouttelettes qui rencontraient son visage, elle chercha ce que la chute d'eau pouvait bien cacher si précieusement. « Y'A UN TRÉSOR ? » hurla-t-elle pour que sa voix recouvre le boucan que faisait la cascade. « Tu vas me suivre ou c'est toi qui as peur, cette fois ? » Elle attendit ses réponses quelques secondes et prit son souffle pour traverser le rideau d'eau, les yeux fermés jusqu'à ce que le calme revienne. Se cachait donc ici une caverne très peu profonde, aux parois rustres. L'eau était moins profonde et elle put s'asseoir en tailleur sans problèmes pour faire face à la chute d'eau qu'elle découvrait sous un tout autre angle. L'air ici était beaucoup plus frais car les rayons du soleil ne filtraient que partiellement et que leur chaleur était arrêtée par le large rideau d'eau. Sa main s'était perdue dans les petits cailloux sur lesquels elle était assise, et, amusée, elle se saisit de l'un d'eux et se retourna, appuyée sur ses genoux, l'autre main posée à terre, concentrée sur sa tâche, pour tenter de graver son nom dans la roche derrière elle. Si quelqu'un retrouvait ces traces plus tard, alors c'est que ce moment n'était peut-être pas isolé de tous les autres et c'était que cette réalité-là en était une même si elle était au-dessus du reste du monde, juste pour quelques instants.



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06/05/2016 Dandan/Sonia 240 Jason Momoa lux #demonkeur Garde pour sa tribu, il s'occupe aussi parfois des oiseaux messagers. 70


Sujet: Re: feel your love float astray ∞ isphy (trigger warning)
Dim 21 Mai - 23:44

how the water seemed
to call your name

C’était la première fois que Murphy le surprenait autant. Auparavant, elle s’était plutôt appliquée à le désespérer avec ses réactions incongrues et ses actes inconsidérés. Au moins, Isdès ne pouvait pas lui reprocher d’être trop cérébrale, elle faisait comme bon lui semblait. Son attitude était dictée par ses envies quelles qu’elles soient et ses pensées du moment. Elle avait exprimé sa peur envers l’eau du lac et pourtant, il avait réussi à l’y guider. Elle avait barboté quelques instants, elle y avait plongé et voilà qu’elle se mettait à sauter d’une cascade. Il n’osait pas imaginer comment elle réagissait lorsque quelque chose ne l’effrayait pas. Mais cette fois, elle avait pris des risques inconsidérés parce qu’elle ne pouvait pas savoir ce qui l’attendait réellement au pied de cette chute d’eau. Elle ne savait pas ce qui avait pu être immergé dans l’eau, prêt à s’occuper d’elle. Et surtout, elle ne l’avait pas attendu. Elle n’avait pas attendu qu’il ouvre la marche ou qu’il l’écarte de toute menace. Isdès l’avait plutôt mal pris, sur le coup. Il fallait croire qu’il s’était habitué à être le pilier du duo. Il avait toujours été celui qui devançait l’autre et qui assurait leur sûreté. C’était à lui de sauter le premier et de jouer les éclaireurs. Il avait préféré se lancer d’abord, quitte à en subir les dramatiques conséquences si cette chute s’était avérée plus sournoise que prévu. Mais Murphy avait refusé d’être la dernière, elle avait pris son envol dans tous les sens du terme. Isdès ne s’avouait pas que c’était plutôt cette liberté dont elle s’était emparée qui l’avait inquiété. Bientôt, elle n’aurait plus besoin de lui. À force de lui apprendre les ficelles de la vie de Terrien, à grands renforts de discours moralisateurs et de conseils expérimentés, bientôt il ne servirait plus à rien. Ce fut bien cette éventualité qu’il rejeta en bloc en même temps qu’il s’élança à sa suite. Officiellement, ce fut cette inconscience qu’il lui fit payer en la projetant plus loin dans l’eau, officieusement, il châtia cette indépendance nouvelle qui n’avait pas lieu d’être entre les deux. Jusqu’à aujourd’hui, Isdès s’était cru d’une générosité et d’une patience incroyables à son égard, mais il comprenait peu à peu que tout ça n’était le résultat que d’un égoïsme profond. La présence de la jeune femme nourrissait des manques dont il n’avait eu aucun soupçon jusqu’ici. Elle alimentait des sensations qu’il pensait enfouies, ou du moins parfaitement superficielles. Mais à la manière de cette cascade, il sautait dans l’inconnu et c’était grisant de voir à quel point il risquait de ne pas en ressortir indemne.

En retrouvant la surface, l’homme tomba sur une Murphy satisfaite. La peur s’était envolée et avait laissé place au plaisir. Elle ne paniquait plus à l’idée de ne pas être proche de lui et ce fut presque frustrant pour le Terrien. Il décida de l’exprimer par des réprimandes qui n’avaient pas lieu d’être et Murphy s’empressa de lui rappeler la vérité. Quand elle lui dit que vivre, c’était prendre le risque de mourir, il resta hébété. Elle avait entièrement raison. Sa leçon, elle l’avait apprise religieusement et sans son aide. Avait-il une autre personne en face de lui ? Où était passé la maladroite, l’incompétente ? Isdès resta ainsi, complètement abasourdi par son inutilité ici. Néanmoins, elle prit soin de lui dire qu’elle savait ce qu’elle faisait et quand elle glissa une remarque à l’intention de sa buse qui tournait autour d’eux, dans les nuages, il pointa un index mécontent vers elle avant de la traiter de folle. L’homme était désemparé et il faisait tout son possible pour qu’elle ne s’en aperçoive pas. En fait, il lui reprochait d’être tout ce qu’il avait souhaité qu’elle soit. Il s’était tant battu pour lui faire comprendre qu’elle n’était pas à la hauteur qu’une fois qu’elle lui montrait que c’était le cas, il le regrettait amèrement. La mauvaise foi avait envahi tout son être et débordait même de ses lèvres. « Pas moi. » se dédouana-t-il. « Moi pas mourir de cette cascade, trop petite. » se défendit-il ensuite, blessé dans son égo. Il l’observa nager maladroitement jusqu’au rivage, une lueur moqueuse dans le regard. Elle se fatiguait pour rien à faire des gestes comme ça. Il aimerait bien la voir traverser le lac de part en part. Là, elle aurait certainement besoin de son aide, il lui restait au moins ça. Il n’allait pas lui montrer tout de suite comment bien nager, histoire de garder le dessus encore un peu plus longtemps. Il finit cependant par la rejoindre, s’approchant des trombes d’eau qui venaient cogner contre les rochers de la rive. Il fut alors interpelé par les cris de Murphy. Elle s’extasiait sur l’éventualité d’un trésor. Qu’espérait-elle dans un tel lieu ? Le trésor, elle baignait dedans depuis un moment maintenant. Isdès leva les yeux au ciel puis la suivit en silence. Elle connaissait la réponse. Lui ne s’attendait pas à être surpris. Les chutes d’eau dévalaient peu souvent un mur de roches. Même si c’était le cas au départ, l’érosion due à l’eau dans laquelle baignait la pierre avait souvent raison de ces zones. Il n’était donc pas rare de trouver des cavités ainsi formées. Il traversa le rideau mouillé et trouva Murphy, dos à lui, qui explorait la petite caverne. Ou plutôt qui s’occupait de le dégrader pour y graver son nom à tout jamais. « Hey ! » cria-t-il pour se faire entendre malgré le bruit ambiant assourdissant. « Tu fais quoi ? » Il lui arracha des mains la pierre qui disparut dans le lac, derrière la cascade, dans un plouf à peine audible. Il ne trouva que sa cheville à portée de main et tira pour l’amener vers lui et l’écarter de son méfait. Murphy se retrouva brutalement face à lui et Isdès posa ses mains de chaque côté d’elle, le regard furieux. « Si vous faites ça dans les étoiles, ici, on touche pas. » Se rendant compte à quel point il endossait toujours le rôle du donneur d’ordre, il finit par ridiculiser lui-même ses paroles et pointa à nouveau son index qui vint toucher le bout de son nez, comme on ferait à un enfant. Il se redressa et mit la tête en arrière pour tremper son visage et rejeter en arrière tous les cheveux qui s’étaient échappés de sa tresse après tant de péripéties. Il secoua la tête pour se débarrasser des gouttes sur son visage puis essora légèrement la longue tresse qui commençait à peser lourd dans son dos. Décidant de la taquiner un peu, il ajouta sur un ton qu’on aurait pu croire vraiment déçu avant de la désigner d’un geste de la tête. « Trésor bien triste, ici. »  Il ne lâchait pas Murphy du regard. Il ne voulait rien rater de ses faits et gestes. Elle obsédait son regard, son esprit. Il voulait tout emmagasiner de cette nouvelle femme qui se révélait à lui. Il y avait parfois ces sursauts de Skaikru qui l’agaçaient tant, mais il la voyait sous un autre œil, complètement dénudée de ses artifices de survivante. Murphy était belle quand elle se taisait. Comme dans les profondeurs du lac, là où il l'avait découverte. Et si elle avait le malheur de lui sourire en le fixant intensément, c'en était fini. Impuissant, Isdès assistait à sa propre chute et il continuait de lutter pour ne pas se laisser submerger. Là, loin d'elle, il était bien. Il était à l'abri.

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06/12/2015 Lux Aeterna 29591 Sophia Bush Avengedinchains (vava) ; Oreste (image profil); Lux Aeterna (sign & gifs & fiche rp) ancienne militaire - lieutenant, stratège, garde et patrouilleuse. Quelques notions de médecine et bases en maniement des armes. 160


Sujet: Re: feel your love float astray ∞ isphy (trigger warning)
Lun 22 Mai - 1:21



❝ Feel your love float astray ❞
Pamplemousse Cavendish & Myrtille Hakantarr
(1er au 8 mai 2117)


Depuis qu'elle avait mis le pied sur cette planète bleue, Murphy était envahie de questions nouvelles, d'inquiétudes nouvelles. Il n'y avait plus une seule certitude qui restait inébranlable et tenace; elle avait tout reconsidéré au moins une fois, en proie à ses doutes comme elle ne l'avait jamais été. Sa vie entière avait changé; il ne s'agissait pas seulement de paysages différentes, il s'agissait d'un tout nouvel équilibre à trouver dans un monde qui aurait du ne jamais la voir. Elle avait vu certains des siens mourir avant de comprendre leur place ici, probablement, justement, parce qu'ils n'étaient pas destinés à la trouver. Elle semblait lancée dans une course folle contre le temps et contre elle-même pour trouver son rôle dans ce nouveau monde. Il ne s'agissait plus seulement d'eux, enfermés dans une boîte qui dansait autour de leur planète mère; il s'agissait d'un univers tout entier qui se dévoilait encore chaque moment à leurs yeux, se révélant sous ses pires et ses plus beaux jours auprès d'êtres qui ne l'avaient côtoyée que des centaines de kilomètres au-dessus. Il ne s'agissait plus d'étendues bleutées desquelles on ne pouvait qu'imaginer les secrets; il ne s'agissait plus de dessins formés aux endroits où les mers rencontraient les terres. Ici, tout prenait une autre dimension. Ici, il fallait tout découvrir et se redécouvrir soi-même pour espérer trouver sa place. Parce qu'au-delà d'une survie nécessaire se cachait pour les plus téméraires les promesses d'une réelle vie. Ce qu'elle ferait dans un an, dans dix ans ? Murphy n'en avait aucune idée. Elle avait appris à vivre avec le doute constant, celui de rencontrer la mort avant d'avoir eu la chance de vivre comme elle le souhaitait. C'était un travail de chaque instant que d'apprendre à apprécier ce monde pour chacun des cadeaux qu'il pouvait offrir; une journée ensoleillée, un arc-en-ciel aux couleurs folles, une regard échangé avec un animal paisible au milieu de la forêt, une baignade dans les courants apaisés d'une rivière calme. Murphy apprenait à se satisfaire de chacune des flèches qui trouvaient leur cible lorsqu'elle trouvait le temps pour s'accoutumer à son arc. Elle savourait l'air doux qui reprenait ses droits sur la forêt, les explorations qui se faisaient à nouveau possible, les soirs où elle s'endormait aux côtés d'un Antarès épuisé par sa journée de chien. Elle ne croyait pas en la fatalité d'une vie faite de craintes; pour elle, la valeur de quiconque se lisait dans sa réaction face à l'adversité et aux défis. Elle était restée paralysée trop longtemps. Il était temps de se réveiller et de vivre.

Voilà tout ce qui l'avait guidée au moment où elle avait sauté. Pour une fois, juste pour cette fois, elle avait décidé qu'intellectualiser le geste serait son plus grand handicap. Après s'être assurée d'un coup d'oeil rapide que les probabilités étaient de son côté, elle s'était juste lancée. Se délester, juste pendant ces quelques secondes de chute, de tout le superflu. Et comme c'était vivifiant, comme c'était enivrant, de se savoir au-delà de toute préoccupation, juste quelques instants. Il n'y avait qu'elle et la gravité à l'oeuvre, l'eau qui lui tendait les bras en bas, pour le meilleur et pour le pire.

Isdès, lui, ne semblait pas être de son avis. Elle mit un moment à le retrouver en bas, et ce ne fut pas dans les plus agréables des circonstances que son regard le retrouva. « Oui, bien sûr » ricana-t-elle quand il se prétendit incapable de mourir ici.

Le pied de la cascade comportait des avantages qui échappaient au lac. Ici, l'eau était plus claire, et le courant tel qu'il semblait impossible à n'importe quel poisson de s'y promener sans être emporté plus loin. Eux pouvaient y résister, mais Murphy pouvait sentir la violence de la chute dans les mouvements de l'eau qui caressait sa peau. Il suffisait peut-être juste de cette confiance gagnée pour qu'elle ose quelques provocations. Le regard d'Isdès était sévère mais il semblait avoir perdu son anglais. Il n'en fallait pas plus pour que la brune y trouve satisfaction. Elle l'avait laissé sans voix. Si sa chute dans le vide ne l'avait pas rendue si euphorique, elle aurait sans doute lu dans le comportement de l'homme une certaine insulte. Était-donc là si étonnant qu'elle soit capable d'impulsivité ? Il la connaissait probablement moins encore que ce qu'elle pensait. Mais n'était-ce pas là, au contraire, ce qu'elle avait cherché à lui montrer ? Se dévoiler nue, vraie et entière, pour ce que ça impliquait de pire comme de meilleur. Il avait connu la furie, la fatiguée, la méfiante, la blessée et la paniquée. Il était habitué au pire d'elle, à cette part sombre qu'elle réservait à ceux qu'elle considérait indigne de davantage. Il était plus que temps qu'il fasse la connaissance de la spontanée, de l'enjouée, de la téméraire et de l'irréfléchie.

Que cachait donc cette cascade magique ? Un peu plus de magie encore ? Elle invita Isdès à la suivre et s'engagea sous le rideau d'eau avant d'arriver dans ce qui ressemblait à une petite grotte. Elle eut bientôt pied, et trouva rapidement intéressante l'idée de laisser sa trace dans ce monde. La langue tirée, concentrée, agenouillée et penchée vers la roche, Murphy appuyait de toutes ses forces pour graver les premières lettres de son prénom. Elle ne comprit qu'Isdès l'avait suivie que lorsqu'elle l'entendit crier au-dessus du bruit assourdissant de la flotte. La petite pierre quitta ses mains pour rejoindre l'eau transparente en une seconde à peine, et elle jeta un regard triste aux quatre premières lettres qui avaient trouvé leur place sur le roc. Sa cheville fut tirée en arrière et elle se rattrapa à terre de ses deux mains crispées. « Mais je m'appelle pas Murp ! C'est ridicule, Murp ! On dirait quelqu'un qui vomit. » Elle lui jeta un regard offusqué et tenta de lui donner un coup de pied pour se débarasser de lui. « Il y a pas de trésor, je crée mon trésor ! Et le trésor, c'est mon souvenir. Quand je serai morte et que quelqu'un viendra ici, il se dira qu'un autre être humain est passé avant lui. » Elle voulait laisser une part d'elle ici, sur les terres affectionnées d'Isdès, comme pour se rappeler toujours à lui. « Tu penseras à moi quand tu reviendras, comme ça ! » Elle lui faisait à présent face, assise sagement, les mains posées sur ses cuisses, les pieds calés sous ses fesses, et le regardait d'un air penaud. Elle était encadrée par les poings d'Isdès et n'osait plus faire un geste. Même assis, il était plus grand qu'elle, ce qui accentuait encore l'impression d'infantilisation qui était la sienne à cet instant précis. « Ecrire notre nom dans les étoiles ? Si seulement ! » Son éclat de rire raisonna un instant dans la petite caverne et cessa lorsque la Myrtille posa son index sur son nez. Elle l'attrapa en plein vol, fit mine de le lui arracher avec les dents et le relâcha.

Murphy l'observa se relever dans le silence et profiter de la chute d'eau derrière lui pour remettre en place ses cheveux. Encore un bien bel éclairage que voilà; ses rétines saturaient de ces images qui respiraient à la fois la simplicité et le bonheur du moment. Aux expressions qu'elle pouvait lire sur le visage de l'Athna, Murphy se demandait si elle était la seule à savourer ce moment. Il la contredisait et l'engueulait dès qu'elle faisait un geste; non, il savourait rien. Une part de lui devait même agoniser devant cette Murphy enjouée qui se présentait à lui. Il n'aimait donc rien d'elle; ni son caractère effronté et assuré, ni ses sourires malicieux. Elle aurait donc enfin son explication : voilà pourquoi il l'avait laissée toute seule au bord du lac un peu plus tôt. Son soupir triste se perdit dans le vacarme de la cascade, mais son regard n'avait pas quitté l'homme des montagnes. Il semblait être né dans ces eaux-là, dont les gouttes collaboraient avec la lumière qu'elles laissaient filtrer pour faire briller sa peau et les différents bleus qui courraient sur ses épaules et ses pectoraux.

Toujours assise sur ses pieds, Murphy leva son regard vers le visage d'Isdès lorsqu'il mentionna le trésor de ces lieux. « Tout ce que j'entends, c'est que je suis un trésor », fit-elle remarquer en tendant le cou, les paupières closes un instant et avec une mimique qui creusa ses fidèles fossettes, fière de l'insulte qu'il lui avait trouvée. « Un trésor qui s'appelle Murp, mais un trésor quand même. » Elle caressa du doigt les quelques lettres gravées derrière elle et se releva pour lui faire face, les pieds dans l'eau -ou plutôt, faire face à ses muscles, et ce malgré la légère pente qui descendait vers Isdès et jouait en sa faveur. « T'avais jamais sauté de là-haut, toi ? » Elle désigna de l'index la voûte de la caverne et par extension, tout ce qui était au-dessus. « J'étais ta première fois ? » L’œil brillant, taquine, elle haussa les sourcils et se retourna pour s'installer à nouveau sur les genoux, se pencher vers la roche, attraper un galet et reprendre son oeuvre d'art. « Comme ça tu connaîtras la bonne orthographe de mon prénom ! » De sa main libre et avec un regard dans sa direction, elle chercha le mollet d'Isdès pour attirer son attention. « C'est pas un F... regarde ! » Oui, Murphy était joueuse, et l'idée la traversa un instant qu'elle ressemblait incroyablement à son chien à cet instant précis, en quête d'attention et d'un quelconque signe d'affection. Isdès était-il donc humain ? Et elle, était-elle seulement capable de lui arracher un sourire ? Un de ces rares sourires précieux dont il s'était montré capable un peu plus tôt...



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Sujet: Re: feel your love float astray ∞ isphy (trigger warning)
Mar 23 Mai - 23:38

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Son intervention auprès de l’effrontée du jour n’avait pas été suffisamment rapide. Isdès s’était dépêché de retirer l’arme du crime des mains de la criminelle, mais celle-ci protesta comme s’il lui avait retiré un de ses droits les plus fondamentaux. Au moment où elle se plaignit qu’elle n’avait pas eu le temps d’achever son œuvre, l’homme leva les yeux vers la paroi désormais ornée de quatre lettres ridicules : MURP. Elle avait raison, c’était laid, illisible et stupide, à l’image de son initiative sans doute. De justesse, il évita le coup de pied de l’impertinente qui agissait comme une enfant. Ce plongeon ultime lui avait-il fait perdre quelques neurones dans la foulée ou manquait-elle naturellement de maturité ? Peut-être que les Skaikru n’avaient pas la même notion des mentalités et des responsabilités. Elle justifia ses actes par son désir qu’on se souvienne d’elle à sa mort. Qu’il se rappelle d’elle. Isdès se mordit la langue afin de ne pas lui rétorquer qu’il n’avait pas besoin de ça pour se rappeler de son existence. Elle s’était tant appliquée à marquer ses esprits. D’abord cette rencontre inopinée dans une grotte qui les avait abrités de la pluie acide. Puis cet acte de folie quand il avait foncé dans une galerie souterraine en plein hiver parce qu’il avait cru l’entendre appeler à l’aide. Et enfin ce message incongru qu’il avait laissé à son intention pour lui signifier son envie de l’amener jusqu’ici. Il n’avait pas besoin d’un prénom gravé pour qu’il pense à elle, vraiment. Malgré lui, il lui lança un regard dubitatif mais elle ne parvint pas immédiatement à lire ce qu’il voulait dire. Murphy était complètement partie dans ses délires et ne répondait plus de rien. Pourquoi tenait-elle tant à laisser sa marque dans une région qui n’était pas la sienne ? Pourquoi voulait-elle qu’on se souvienne d’elle dans un endroit qui ne lui appartenait pas ? De toute manière, rares étaient les personnes qui s’aventuraient dans un tel endroit. Il y avait certainement quelques Athnas qui s’égaraient près du lac pour profiter comme eux, mais ils ne prenaient jamais autant leur temps. La plupart du temps, son peuple ne prenait pas le temps de flâner de la sorte. Il y avait toujours mieux à faire, quelque chose à construire ou à protéger. L’effort de la jeune femme était vain mais elle semblait si entêtée, si partie dans son imaginaire de conquérante sur Terre qu’il abandonna l’idée de lui faire retrouver raison. Isdès l’interrompit physiquement dans son élan et l’encadra de ses bras imposants avant de lui faire un nouveau sermon. Murphy essaya de protester mais en vain, l’Athna parvenait à être de plus en plus imperméables à ses interventions futiles. Bien entendu qu’il savait qu’elle n’était pas en mesure de reproduire son geste dans les cieux, sa question avait été purement rhétorique, destinée à lui faire comprendre la bêtise de son geste. Mais la jeune femme se dressait encore et toujours fièrement face à lui et son regard insolent rencontra brièvement.

Ils auraient pu rester des heures à se jauger l’un l’autre comme ils savaient si bien le faire. Secrètement, Isdès aurait pu rester jusqu’à la tombée de la nuit à la dévorer du regard. C’était si compliqué de se concentrer sur ses prunelles noisette quand tant d’autres détails attisaient la curiosité de l’homme. Sans qu’elle ne puisse s’en rendre compte, il décidait de combattre sa propre personne et se redressa pour s’occuper de ses cheveux. Sa chevelure était un grand sujet d’intrigue auprès des natifs du ciel, il avait aisément aperçu les quelques œillades surprises sur son passage. Il fallait croire que ce n’était pas monnaie courante chez eux et pourtant, Murphy ne semblait impressionné de rien. Ses tatouages ne l’intéressaient pas plus que ça, sa tresse ne suscitait pas les mains baladeuses. C’était comme si elle était prête à tout avec lui et que plus rien ne la surprenait. À moins qu’elle n’en ait tout simplement rien à faire, bien trop occupée à détériorer son environnement ou à rebondir sur des réflexions qui n’avaient pas besoin d’être commentées. Dans cet instant hors du temps, c’était presque devenu un jeu que de faire enrager Murphy. Elle était tellement prête à démarrer au quart de tour. Sa remarque avait été acerbe, mais elle trouva le moyen d’en être flattée. Lorsqu’elle ferma ses yeux momentanément, Isdès laissa retomber sa tresse. Elle n’imaginait pas à quel point elle nourrissait des émotions contradictoires à son égard. S’il avait choisi de ne laisser transparaître que l’agacement et la colère, ce n’était que par pur esprit de préservation. Néanmoins, un fin sourire vint se ficher sur ses lèvres, malgré toute la volonté de l’Athna. Il ne pouvait pas nier qu’il était bien ici, même si le compliment ne franchirait jamais le seuil de sa bouche. Le trésor Murp ne portait peut-être pas le prénom le plus beau de la Terre, mais il regorgeait de surprises et surtout, d’une pièce unique. Elle se leva pour lui faire face et son immobilité contrasta avec les flammes qu’elle venait de raviver avec cette proximité. « Pourquoi toi dire ça ? Bien sûr que j’ai déjà sauté. » répliqua-t-il, impassible, ne trahissant pas du tout son mensonge. Elle ne prit même pas le temps de tester la véracité de ses propos car elle saisit l’opportunité au vol et entreprit de poursuivre son œuvre d’art. Quand est-ce qu’il aurait un moment de répit ? Quand elle craignait de se faire dévorer, seulement ? « Toi vas jamais arrêter ?! » Dans sa voix, se traduisait l’indignation qu’elle ose critiquer son orthographe. Il se doutait bien qu’il s’était trompé quelque part dans son message, mais elle n’avait qu’à ne pas avoir une langue aussi difficile.
Fomentant sa vengeance, Isdès observa Murphy achever son œuvre sur le mur et à peine eut-elle apposé la dernière lettre – en effet, l’orthographe de son prénom n’avait rien à voir avec ce qu’il avait écrit – qu’il passa à l’action. « Ça suffit, artiste. » Il l’attrapa par la taille et l’extirpa de son rocher pour aller lui rafraichir l’esprit. Il n’eut qu’à faire volte-face et Murphy se retrouva immédiatement trempée par le déluge de la cascade. Cette fois-ci, les cris de la jeune femme alimentèrent un sourire sournois chez Isdès. Elle se débattait, mais il la tenait fermement contre lui de sorte à ce qu’elle ne puisse pas échapper à cette douche froide bien méritée. Il faisait chaud de toute manière, en ce printemps bien avancé et les éclaboussures qui rebondissaient du corps de sa victime rafraîchissaient l’Athna. Il n’avait pas conscience qu’elle n’avait pas la même résistance aux températures que lui et ça l’amusait encore plus. « C'est nature qui te dit merci. » ironisa-t-il. Il finit par la reposer par terre sans la lâcher pour autant. Il allait falloir qu’elle le frappe pour pouvoir se libérer de lui. L’eau continuait de perler sur leurs épaules. Il se pencha vers son oreille et finit par ajouter sur un ton plus sincère : « Elle se souviendra de toi, promis. » Et cette nature serait fortement aidée par son gardien Athna. « Toi pas besoin de faire tout ça. Mebi yu na laik oson. » Le voilà, le véritable compliment qui venait de lui écorcher la bouche. Il leva les mains en l'air, la mine innocente, et lui adressa un grand sourire, sachant pertinemment qu'elle ne saurait pas le déchiffrer.

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06/12/2015 Lux Aeterna 29591 Sophia Bush Avengedinchains (vava) ; Oreste (image profil); Lux Aeterna (sign & gifs & fiche rp) ancienne militaire - lieutenant, stratège, garde et patrouilleuse. Quelques notions de médecine et bases en maniement des armes. 160


Sujet: Re: feel your love float astray ∞ isphy (trigger warning)
Mer 24 Mai - 2:26



❝ Feel your love float astray ❞
Pamplemousse Cavendish & Myrtille Hakantarr
(1er au 8 mai 2117)


Ce n'était que la troisième fois que Murphy croisait le chemin d'Isdès, et pourtant, chacune de leurs rencontres semblait dominée par quelques représentations à peine, qui variaient à chaque fois d'un tel écart qu'elles perdaient même les deux protagonistes -ou, en tout cas, c'était le cas de Murphy. Il y avait eu la découverte et la curiosité, d'abord, puis le règlement de comptes, et maintenant se déroulait sous les yeux de la brune quelque chose qui lui échappait totalement. Maintenant, c'était la perte de contrôle. Elle n'était plus sur ses gardes, elle ne défendait plus sa personne et les siens. Peut-être était-ce la démarche qu'avait eue Isdès de faire un premier pas inattendu qui l'avait sortie de ce cercle de rage qui était voué à durer même s'ils avaient décidé de ne plus jamais se revoir. Ou peut-être était-ce juste le moment hors du temps, la parenthèse qui s'était ouverte lorsqu'ils s'étaient retrouvés au soleil couchant quelques jours plus tôt. Il y avait quelque chose dans cette échappée qui était hors d'atteinte de la raison et de la conscience. Murphy la malade des hauteurs en avait oublié sa phobie pour sauter de deux mètres dans les eaux d'un lac dont elle ne connaissait ni le courant, ni les habitants. Il y avait là quelque chose de nouveau et d'enivrant, l'idée qu'un tout nouveau monde s'ouvrait à elle maintenant qu'elle lui en donnait la chance. Le rideau d'eau accentuait l'impression qu'elle avait d'être coupée de tout ce qu'elle avait connu de cette Terre jusque-là. Ici, le danger n'existait pas. Ici, il n'y avait qu'elle et lui, il n'y avait que leurs cris qui raisonnaient au dessus des trombes d'eau qui les isolaient de l'immense lac serti de ses montagnes ensorcelantes. Elle pouvait faire ce qu'elle voulait dans ces quelques mètres carrés, parce qu'il était le seul en capacité de la punir; ici ne résidait aucun animal cruel ou végétal prêt à les asphyxier et à leur faire voir père, mère et ancêtres disparus.

Même reprise par Isdès sur son comportement, Murphy ne pliait pas. Si elle voulait obtenir quelque chose de lui, c'était maintenant, et son sourire, elle le gagnerait coûte que coûte. Elle n'arrivait plus à être insultée parce qu'elle était entrée dans un nouveau monde où ne comptait plus que l'éclat des yeux verts devant ses bêtises. Elle arriverait à le faire naître, elle en était convaincue. « Oh, bah... c'était ta première fois avec moi, alors. Comment je m'en suis sortie ? » Sa question était fière et elle bombait la cage thoracique, Murphy, malicieuse, le regard brillant. Elle n'attendit guère plus longtemps pour se retourner et attaquer à nouveau la paroi rocheuse de son prénom. Elle répétait ses gestes une, deux, trois fois, jusqu'à ce que la pierre soit suffisamment blessée pour qu'elle soit sûre d'y laisser sa marque le plus longtemps possible. « Non, jamais ! » Concentrée malgré le froid qui la saisissait, la brune répétait inlassablement les mêmes courbes et angles dans le mur façonné par les temps géologiques. Elle ne savait dans combien de temps ces six lettres auraient disparu, mais il y avait quelque chose d'apaisant et de sécurisant à savoir qu'une part d'elle trouverait un peu d'éternité ici.

La pointe de son Y avait été repassée trois fois déjà et, les sourcils froncés, elle s'éloigna de son oeuvre d'une dizaine de centimètres pour l'admirer entière et apporter d'éventuelles dernières touches. Elle n'eut guère le temps de s'adonner à la finition de son travail; les deux mains d'Isdès avaient trouvé sa taille et elle lâcha sans le vouloir son outil, qui rejoignit aussitôt ses milliers de collègues restés au sol. Elle se demanda un instant pourquoi il avait attendu qu'elle finisse de graver son prénom dans cette roche à laquelle il semblait tenir comme à la prunelle de ses yeux, mais sa vengeance était bien trop vicieuse pour qu'elle se pose davantage de questions. L'eau était gelée et violente et la femme ferma les yeux si fort qu'ils s'enfonçaient probablement dans sa cervelle pour se préserver. Ses hurlements étaient entrecoupés de toux et d'inspirations laborieuses et ses mains s'étaient accrochées de toutes leurs forces sur les avant-bras qui enserraient sa taille nue. Ses jambes s'agitaient dans le vide et elle se fatiguait de la plus stupide des façons, forçant son frêle organisme à chercher encore plus d'oxygène là où il n'arrivait plus à en trouver. La prise d'Isdès autour de son ventre était telle qu'elle pouvait bien gigoter dans tous les sens; elle n'arriverait pas à lui échapper. C'est lui qui finit par mettre un terme de lui-même à cet épisode désastreux, sans doute lassé par la vivacité d'une Murphy qui n'abandonnait pas. Il se recula pour la reposer face à la cascade et, frissonnante, elle ouvrit doucement les yeux, s'attendant presque à ce que ce soit un vil piège pour mieux la surprendre à nouveau. Il ne la lâchait pas mais elle ne bougeait plus. Une partie de ses cheveux rabattus sur son visage par la violence de la cascade l'empêchait de voir clairement. Elle était muette, d'un coup, profitait secrètement de la chaleur de la peau du mastodonte pour tenter de maitriser ses frissons. Ses mains serraient toujours ses bras; un point de contact en plus pour emmagasiner de la chaleur là où elle en trouvait. « J'espère... bien... » répondit-elle seulement en claquant des dents avant de sentir la barbe de l'Athna frotter son épaule, puis son souffle contre son visage. Les frissons étaient incontrôlables; elle crevait de froid. Isdès pouvait peut-être même comprendre à quel point l'aventure avait été douloureuse pour elle, car sous ses côtes, son cœur affolé hurlait encore de panique. Dans le silence le plus complet, Murphy tourna légèrement le visage pour se rapprocher de celui du Terrien. Sa respiration se calmerait presque, mais les frissons, eux, continuaient d'alarmer son corps. « Pourquoi tu dis ça ? » Curieuse, elle avait abandonné tout sourire pour un visage calme et attentif. Il la prenait au dépourvu, et bien loin paraissait la spontanéité de sa chute volontaire. L'espace d'un instant, ce ne fut que son souffle contre sa nuque, sa peau contre la sienne, mais il l'avait finalement lâchée, l'abandonnant à ses frissonnements. Elle se retourna, dos à la cascade, pour lui faire face, et l'observa silencieusement pendant une seconde, derrière ses épaisses mèches de cheveux qui lui obscurcissaient la vue et qu'elle tentait en vain, de ses deux mains, de glisser sur les côtés. Détrempés, ils collaient à sa peau humide et elle avait plus l'impression d’aggraver le cas que de l'aider. Elle reprenait peu à peu son souffle et la maîtrise de ses gestes, mais quelque chose lui manquait maintenant, et malgré l'appel qui la gouvernait, elle choisit d'en prendre la direction opposée. L'Odysséenne prit son courage à deux mains et se recula d'un pas pour jeter sa tête en arrière, sous l'eau, et glisser à nouveau sa chevelure entre ses omoplates. Elle s'avança un peu, barbotant toujours dans le fond d'eau qui arrivait jusque-là, et se frotta énergiquement les bras pour essayer de se réchauffer. « Peut-être que je quoi ? Vais mourir maintenant ? Qu'est-ce que tu vas faire de mon corps pour qu'il laisse un tel souvenir au monde ? » Mais elle avait deviné au ton du Terrien qu'elle était complètement à côté de la plaque -ou peut-être masquait-il superbement ses menaces. Ses traits étaient paisibles, comme si elle avait compris qu'il n'était plus question d'intimidations depuis longtemps. Comment pouvait-elle laisser une trace en ce bas-monde de façon aussi sûre qu'en y abandonnant son cadavre ? Son corps retournerait à la Terre, et la Terre nourrirait à nouveau la vie. Était-ce là ce qu'il lui promettait ? Le souvenir physique des molécules qui la constituaient aujourd'hui ? C'était plus que ce que ses étoiles lui avaient promis là-haut, mais ce n'était pas ce qu'elle voulait laisser au monde. « MAIIIS TU SOURIS ! » Elle divagua brusquement, se perdant bien loin de ces considérations métaphysiques qui la tourmentaient. Son visage était à présent éclairé par la plus simple des joies et elle se rua vers lui pour poser ses deux index aux coins de ses lèvres et garder ce sourire intact. Elle se dressa contre lui, sur la pointe des pieds, pour tenter de se mettre à sa hauteur, mais dut se contenter d'observer de contrebas ce sourire désormais forcé. « Le sourire appelle le sourire. Ça m'inquiétait que tu répondes pas au mien », expliqua-t-elle, espiègle. Elle ne le tortura guère plus longtemps et lâcha son visage pour poser ses mains sur ses épaules et essayer de gagner un peu en hauteur encore. « Dis à la nature que c'était avec plaisir », souffla-t-elle, le cou dressé vers son oreille, sans se laisser démonter davantage par la douche dont elle venait d'être victime. Ses doigts avaient rencontré l'encre bleue, qu'elle frôla délicatement sans dire un mot. Elle avait encore froid, Murphy, et sa peau nue retrouvait enfin la tiédeur que dégageait celle d'Isdès. « Au moins, tu m'as laissé finir d'écrire mon nom... »



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Sujet: Re: feel your love float astray ∞ isphy (trigger warning)
Jeu 25 Mai - 21:39

how the water seemed
to call your name

Murphy ne s’était pas attendue à ce qu’il la punisse ainsi. Lui non plus. Isdès l’avait saisie sans réfléchir pour l’inonder sous la chute d’eau. D’abord les protestations, puis le corps qui se débattait pour essayer de lui échapper. Il ne comprenait pas réellement pourquoi elle n’appréciait pas ce moment de fraicheur. Lui qui était habitué aux hauteurs montagneuses n’était que trop heureux de pouvoir barboter à sa guise. Enfin, il lui avait coupé le sifflet et elle ne se réanima de nouveau que lorsqu’il l’écarta lui-même de l’eau. Les deux corps demeurèrent quelques instants ainsi, l’un contre l’autre, l’une reprenant son souffle tandis que l’autre peinait à maîtriser le sien. À travers ses cheveux emmêlés, il ne parvenait plus à apercevoir son visage et n’était pas en mesure de savoir si elle lui en voulait pour cet acte vengeur. Maintenant, il pouvait la sentir trembloter entre ses bras. Le froid avait investi tous les pores de sa peau et l’ombre d’un instant, Isdès regretta son geste. Peut-être qu'elle ne supportait pas les changements de température comme lui. Peut-être n’aimait-elle pas le contact violent qu’il lui avait infligé sans demander son avis. Pourtant, l’Athna choisit de ne pas céder au doute. Il resserra un peu plus son étreinte afin de lui transmettre un peu de sa chaleur à lui. Malgré ses conditions de vie, il avait toujours eu une chaleur corporelle plus développée que la normale. Certains disaient que le blizzard mordant avait rencontré son plus grand ennemi, d’autres au contraire que son organisme était fait pour des climats plus élevés. Fort était de constater que ces derniers avaient tort. Isdès supportait mal les étouffantes chaleurs et pour rien au monde, il n’aurait abandonné son volcan pour rejoindre les déserts sanguinaires. Et visiblement, Murphy était son parfait opposé. Encore une différence qu’il fallait ajouter à la longue liste des choses qui auraient pu les séparer à jamais, mais l’homme choisit de lui dire le contraire en lui glissant qu’on se souviendrait forcément d’elle. Même s’il avait pu la détester parce qu’elle parlait trop ou parce qu’elle ne respectait pas l’environnement dans lequel elle avait été propulsée, on ne pouvait pas rester indifférent à une telle personnalité. C’était sans doute ça le plus difficile à faire : l’ignorer. Il se souvenait à quel point elle avait fulminé quand il lui avait simplement tourné le dos et ne lui avait plus adressé la parole jusqu’à sa prochaine péripétie. Plus que tout au monde, Murphy souffrait du désintérêt et c’était ce point commun qui les avait liés finalement. La jeune femme chercha immédiatement à comprendre l’utilité de cette dernière intervention – à moins qu’elle n’en décelait déjà le sens caché ? – et Isdès ne put lui offrir que le silence d’abord.

Pour la première fois, il n’avait pas décidé de laisser ces incertitudes en suspens. Il avait envie de trouver les bons mots, de lui expliquer sans trop laisser un bout de lui-même. Mais Isdès se heurtait à la barrière de la langue et il préféra s’exprimer dans son dialecte natal, quitte à provoquer la frustration de Murphy. Elle avait trouvé le courage de faire comme lui et de se glisser sous l’eau pour arranger ses cheveux. Il l’observa en silence, subjugué par chacun de ses gestes. Quand elle s’étirait de la sorte, une fine ligne se dessinait le long de son ventre, marquant des légers abdominaux qui trahissaient sa condition physique. Sa taille était marquée par des hanches développées sans déséquilibrer la proportion de son corps. Chaque fois qu’il posait les yeux sur elle, il se rappelait combien elle était pâle, sans doute ne s’y ferait-il jamais. Évidemment elle chercha à saisir la signification de ses mots et elle se plantait de façon monumentale. Elle avait cette tendance à aller chercher du côté du pire sans penser une seule seconde que ça aurait pu être un véritable compliment. Elle devait avoir quelque peu cerné le personnage et avoir enregistré que l’Athna n’était pas le plus généreux en termes élogieux. La bonté d’une personne était normale dans un monde régi par l’humain. En revanche, les dissonances, les dangers se devaient, eux, être signalés. Pourquoi s’embarrasser à dire qu’une personne était bien alors que c’était son simple devoir en tant qu’être humain ? Pourtant, étonnamment, il avait ressenti le besoin de lui dire et si Murphy ne comprenait pas, elle n’avait qu’à s’être empressée d’apprendre sa langue. Ses interrogations alimentaient son sourire goguenard jusqu’à ce qu’elle se précipite vers lui pour le lui faire remarquer. Elle posa ses doigts aux coins de ses lèvres dans la tentative de le figer à vie. Il la laissa faire, plus incrédule qu’autre chose. Il n’était pas non plus l’homme le plus ennuyeux de cette pauvre planète quand même ? Si elle avait rencontré Elias, là elle aurait eu droit à l’aperçu de quelqu’un d’ennuyant.
Elle lui expliqua qu’elle s’était inquiétée de ne pas l’avoir vu sourire en retour quand elle s’était montrée heureuse. Isdès prit soin de ne pas lui répondre qu’il s’était justement retenu de le faire. Ça, il le garderait pour lui. Elle finit par le relâcher et son sourire perdit quelque peu en intensité, légèrement perturbé par sa spontanéité. Ses mains trouvèrent finalement ses épaules et elle essaya de se hisser jusqu’à son oreille. À nouveau, Isdès se raidit, entre deux eaux. Lorsqu’elle chuchota à son oreille, son palpitant s’emballa. Lorsqu’elle frôla l’encre tatouée sur sa peau, son ventre se noua. Elle n’avait pas conscience de ce que cette vision provoquait : ses doigts innocents sur la marque indélébile de sa culpabilité d’homme, c’était un spectacle grisant d’infamie. Elle semblait apprécier le tableau du meurtrier. Une ligne pour une vie. Et elle était en train de remettre la sienne entre ses mains salies. Il ne voulait plus qu’elle s’éloigne. Hors de question. « Toi me laisser tranquille maintenant ? » demanda-t-il, sans réelle conviction. Il était obligé de baisser la tête pour pouvoir la regarder et dès qu’elle leva les yeux à son tour, c’en fut fini de lui. Il chercha brièvement dans ses prunelles un indice, la raison de tout ça qui pourrait l’aider à comprendre la portée de tout ça. Parfois, il avait l’impression d’être seul et d’autres fois, elle lui laissait croire le contraire. Les doigts d’Isdès approchèrent le front de la jeune femme puis se glissèrent dans ses cheveux, les rabattant en arrière d’un geste déterminé. De cette façon, elle pencha légèrement la tête en arrière, toujours plus belle. Il cherchait quelque chose à quoi se raccrocher, mais c’était peine perdue. Ses mains glissèrent jusqu’au bout de sa chevelure avant d’atteindre ses hanches et de commencer à descendre, son visage perdant peu à peu d’altitude pour se retrouver à sa hauteur avant que ce ne soit elle qui eut le dessus sur lui. Ça ne dura que quelques secondes à peine, juste le temps que ses paumes ne dérivent vers l’arrière de ses genoux et qu’elles ne remontent jusqu’à la naissance de ses fesses. Elles attrapèrent ses cuisses et il suffit d’un mouvement pour qu’il la hisse contre lui. Jusqu’à ce qu’elle ne soit portée, dans ses bras, leurs visages à nouveau à la même hauteur, il n’avait pas quitté ses iris. Même en dehors de l’eau, elle était légère comme une plume et là, il avait l’impression d’être retourné un moment auparavant quand s’elle était raccrochée à lui, prise de panique à l’idée de se noyer. Sauf que là, c’était lui qui se noyait. Littéralement. Il gardait la tête hors de l’eau à grande peine et elle était la seule en mesure de le sortir de là ou de le couler davantage. Soit elle le rejetait, soit elle l’immergeait à tout jamais. Juste là, sous ses yeux, une goutte ruisselait de son menton, dévalant sa gorge à une vitesse folle et sans réfléchir, sa lèvre inférieure vint la recueillir avant qu’elle ne continue sa course. À la recherche d’un réconfort, Isdès enfouit son visage dans son cou avant de la blâmer dans un souffle : « Toi n’aurais pas dû venir. » Il préférait rejeter la faute sur elle alors qu’il avait provoqué sa perte, seul. Elle pouvait entendre dans sa voix un véritable reproche, un ton on ne peut plus sérieux. Un bras remonta pour s’enrouler autour de sa taille frêle et la serrer un peu plus contre lui. Depuis quand cette étreinte était devenue si naturelle pour lui ? Il ne pipa plus mot, se livrant à une bataille intérieure pour trouver la force de se séparer d’elle.

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Sujet: Re: feel your love float astray ∞ isphy (trigger warning)
Ven 26 Mai - 2:58



❝ Feel your love float astray ❞
Pamplemousse Cavendish & Myrtille Hakantarr
(1er au 8 mai 2117)


Isdès ne s'en rendait probablement pas compte, mais elle se dévoilait à présent comme il était bien rare qu'elle le fasse. C'était l'air frais des hauteurs, peut-être, l'oxygène prodigué par ces nouvelles contrées inexplorées, mais sans doute encore plus la présence retrouvée du barbu. Recevoir sa lettre avait éveillé un espoir nouveau en elle, comme un soulagement qu'elle ne soupçonnait même pas d'être possible. Leur dernière rencontre les avait laissés dans un tel état qu'il semblait impensable pour Murphy que les choses prennent une autre tournure que cette séparation irrévocable sur laquelle ils s'étaient mis d'accord. Et puis elle l'avait retrouvé, caché derrière la sortie de la grotte qui les avait gardés prisonniers quelques heures. Dans sa nuque se cachait maintenant un nouveau trésor, celui sorti des entrailles de la terre et offert précieusement par celui qu'elle avait cru ne plus jamais revoir. Peut-être était-ce là un nouveau départ pour eux, ou peut-être était-ce simplement la façon dont les choses étaient toujours supposer se dérouler entre eux deux. La fierté de la brune était telle qu'elle ne pouvait que concéder qu'il y avait de grandes forces en jeu lorsqu'il s'agissait d'Isdès, des forces qui allaient bien au-delà de ce qu'elle pouvait contrôler. Elle avait laissé de côté son orgueil pour accepter l'invitation d'Isdès, et ce n'était pas seulement parce qu'il avait fait l'effort de faire le premier pas. C'était aussi parce que c'était refuser en bloc et en accord avec lui la façon dont ils avaient laissé les choses à l'orée de l'hiver. Il lui faisait découvrir son monde de la plus belle des façons et une part de Murphy semblait maintenant s'éveillait comme elle avait été réveillée lorsque les dernières neiges avaient fondu, et avec elles, toutes les restrictions imposées par la prudence. Elle avait rêvé pendant de longs mois aux promesses du printemps, au réveil de la nature, et, cette fois-ci et pour la toute première fois, à ses retrouvailles avec un Terrien. Elle ne s'était pas demandé une seule fois s'il pouvait s'agir d'une farce ou d'un piège quelconque. Elle avait souri à la façon dont il avait écrit son prénom, s'était promis de lui faire une remarque, et puis s'était demandé des dizaines de fois quelle pouvait être cette si belle surprise qu'il lui réservait.

Son être ton entier, maintenant, se félicitait d'avoir suivi cet instinct. Il y avait dans cette journée et dans ces heures une magie envoûtante, proche de l'irréel. Cachés au creux de la roche comme il semblait être de tradition pour eux de l'être, Isdès et Murphy n'étaient confrontés que l'un à l'autre. Ils s'étaient allégés du poids des cris et des reproches, et ne restaient plus que maintenant quelques mots bien choisis, la rencontre de deux âmes délestées de tout résidu provenant d'une réalité qu'ils mettaient peu à peu de côté. L'Odysséenne ne s'embarrassait plus des prudences excessives, parce qu'il lui semblait évident qu'elles avaient presque toujours été inutiles face à Isdès. Dès les premiers instants, elle avait compris qu'il ne servirait probablement à rien de lutter contre lui. La reddition avait été son premier réflexe, et lui, malgré quelques grognements, avait décidé de la laisser profiter de cet abri elle aussi. C'était sans doute à ce seul moment que tout s'était joué, lorsqu'il l'avait accueilli, même à contrecœur, au sein de la basse caverne qui les avait abrités pour le restant de la nuit, jusqu'à ce que la fin de pluie acide ne les libère. Le simple fait que cette rencontre ait été décidée par les deux partis changeait toute la donne, ou tout du moins pour Murphy, et elle se plaisait à croire qu'il en était de même pour son compagnon de route et de baignade. C'était pour cette raison qu'elle s'était ruée vers lui pour maintenir son sourire en l'état. Il illuminait son visage, ce sourire, révélait une part entière de lui qu'il semblait préférer dissimuler en temps normal. Le cœur de la brune brûlait sous ce sourire, parce qu'il lui accordait, pendant quelques secondes, l'un des plus rares et précieux cadeaux qu'il semblait pouvoir lui faire.

Elle fronça un instant les sourcils en le lâchant; il ne souriait déjà plus autant qu'elle l'aimait. Elle trouva bien vite refuge contre sa peau, à nouveau, mais la chair de poule ne quitta pas la sienne pour autant. « T'aimerais » ricana-t-elle d'un ton empreint de défi, frôlant son pectoral de son nez encore froid. Lorsque son regard rencontra finalement celui d'Isdès, Murphy resta muette. Pour une fois, elle n'avait tout simplement rien à dire. Il y avait dans ces prunelles vertes quelque chose de mystérieux, de magnétique peut-être plus encore. Elle avait oublié ses doigts posés sur le bleu qui maculait ses pectoraux. Elle avait oublié qu'elle était sur la pointe des pieds, elle avait oublié l'eau glacée qui tombait de ses cheveux jusque dans le creux de son dos. Même lorsqu'il passa sa main dans ses cheveux emmêlés, Murphy garda le silence. Dès alors, elle fut perdue. Perdue dans les gestes d'Isdès, dans le moment et dans tout ce qui l'envahissait à présent, elle baissa progressivement la tête pour ne pas rompre ce regard silencieux. Elle sentait les mains de l'homme frôler sa peau, et alors qu'elle aurait du se réchauffer à leur contact, elle ne cessait de frissonner. Elle ne souriait plus vraiment, Murphy, et elle ne jacassait plus non plus. Elle ne voulait plus que leurs épidermes se séparent, et fut presque déçue qu'il arrête la remontée de ses mains sous ses fesses. En un geste vif, Isdès la propulsa contre lui, et elle passa ses deux bras autour de son cou sans cesser de le fixer. Ses cuisses enserraient à présent fermement la taille du brun. Elle était enfin à sa hauteur, mais ce n'était même pas ce qui l'emportait de la sorte. A cet instant précis, Murphy s'en serait même voulu de cligner des yeux. Elle était perdue, complètement absorbée, dévouée au moment, mais quelque part, elle se sentait à sa place comme elle ne l'avait jamais été sur cette planète. Les prunelles claires abandonnèrent subitement les siennes et elle sentit ses lèvres frôler la peau de son cou. Elle ne bougea guère, le visage perdu dans la chevelure d'Isdès, respirant son parfum comme s'il était le seul oxygène dont elle pouvait avoir besoin. Elle ne frissonnait plus vraiment, maintenant, elle tremblait de tout son être et jusque dans ses entrailles. L'une de ses mains se perdit dans ses cheveux et jusqu'à la naissance de sa longue tresse. Sa joue rencontra sa tempe et elle laissa ses lèvres l'effleurer, les paupières mi-closes. « T'aurais pas du me demander », réfléchit-elle son reproche, consciente qu'elle était en train d'abandonner quelque chose ici et à cet instant, sans savoir de quoi il s'agissait. Lorsqu'il se saisit de sa taille, Murphy sut que c'était terminé; elle avait perdu toute volonté. Sa respiration se fit un peu plus laborieuse lorsqu'elle le réalisa, et parce qu'elle ne se lassait pas de ces mains qui s'accrochaient à elle comme si, à cet instant précis, elle était l'une des choses les plus importantes dans l'existence de l'Athna. Cette simple idée la gonflait d'un bonheur indescriptible. Elle sentait sa respiration chaude contre la peau fine de son cou, qui se réverbérait jusque sur sa poitrine. Elle laissa le bout de ses doigts vagabonder sur sa tresse et se détacha un peu de lui pour la ramener sur son épaule. Elle tombait à présent sur sa cuisse et elle s'en serait probablement amusée dans ce qui paraissait à cet instant présent être son autre vie. Son index rencontra le menton d'Isdès sous sa barbe pour le forcer à la regarder. « Alors tu regrettes que je sois là ? » Sa question était glissée dans un souffle, comme un secret entre eux et sous la protection de la cascade qui ne cessait de hurler derrière elle. Murphy posa son front contre celui d'Isdès, peut-être pour mieux scruter son regard et essayer d'y déceler une réponse, mais peut-être aussi pour sentir son souffle contre ses lèvres encore humidifiées par la vengeance de la nature. Le trésor caché derrière cette cascade n'était pas gravé dans la roche; il s'était lové un instant contre son cou, irradiait sa peau juste en la frôlant, était bâti comme sa mère montagne et possédait les plus beaux iris portés par ce monde et celui d'en-haut. « Et toi, tu vas me laisser tranquille ? » Son regard était presque inquiet, mais un petit sourire avec creusé ses fossettes un instant. Elle, elle ne le laisserait définitivement pas tranquille.

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06/05/2016 Dandan/Sonia 240 Jason Momoa lux #demonkeur Garde pour sa tribu, il s'occupe aussi parfois des oiseaux messagers. 70


Sujet: Re: feel your love float astray ∞ isphy (trigger warning)
Sam 27 Mai - 0:21

how the water seemed
to call your name

En toute honnêteté, Isdès aurait souhaité qu’elle le laisse tranquille. Tout aurait été plus simple si elle n’avait pas répondu à sa folle proposition, si elle avait tenu la parole qu’ils s’étaient donnée l’hiver dernier et que jamais ils ne se seraient revus. Au fond de lui, l’Athna était certain de pouvoir l’oublier et tourner la page de quelque chose qui n’avait jamais vraiment commencé. En venant ici, Murphy bousculait tout ce qui avait été évident quelques mois plus tôt. Elle chamboulait tout son quotidien et maintenant, voilà qu’elle avait même pris ses droits sur sa terre natale. De sa main, elle avait gravé son nom et s’était assuré une trace indélébile dans la mémoire de l’homme. Le silence qu’elle s’imposa quand il la porta tout contre lui en disait plus long que ces longues minutes passées à jacasser. Elle ne protesta pas à la sensation de ses mains sur elle, de sa chaleur à l’encontre de la sienne. Pourquoi ne le rejetait-elle pas ? Pourquoi ne lisait-il pas l’incompréhension dans son regard ? Le corps de la jeune femme si proche du sien provoquait un frisson le long de son échine, une sensation qui l’électrisait. Isdès était intensément concentré sur elle et chacune de ses réactions pour ne pas manquer le moindre signe. Il finit par enfouir son visage dans son cou en quête d’une odeur apaisante. Il n’avait jamais remarqué à quel point elle pouvait sentir bon, même après des heures de marches et une baignade prolongée. Mais ce parfum ne le tranquillisait pas au contraire, il l’enivrait davantage. Si c’était tout ce qu’elle était en mesure de lui donner, il acceptait avec résignation ce cadeau. La jeune femme était si légère, c’était comme s’il avait bâti ses muscles dans l’espoir, un jour, de pouvoir la porter si aisément. Elle ne pesait rien dans ses bras, mais son poids s’était transféré ailleurs. Elle était l’enclume dans les abysses de son être. De son minois espiègle, de ses paroles idiotes, elle martelait son âme à grands coups de tentation. Sous cette cascade, la vérité se révélait à lui sans qu’il ne soit capable de la combattre. Dès le début, elle avait représenté cette aura interdit, ce mirage qu’on contemple tout en ayant conscience de ne jamais pouvoir le réaliser. Il se complaisait dans cette illusion, pour peu qu’elle ne l’en extirpe pas. Il aurait pu rester niché là des heures durant, non sans ressentir le besoin de lui adresser le reproche qui lui était dû. Tout était parti de lui et de sa stupide spontanéité. Il n’avait pas réfléchi, il n’avait pas eu le bon sens de demander l’avis de Nessa – qui aurait été certainement négatif – ou même de Thaïs qui l’aurait bombardé de questions. Non, tout ça ne les avait concerné que tous les deux et ce, dès le départ. Personne ne comprenait. Murphy sauta sur l’occasion pour le réprimander à son tour de l’avoir invitée en premier lieu. Il réprima un sourire coupable, toujours abrité contre elle.

Son souffle avait percuté sa tempe tel un coup violent. Il l’étourdissait et l’exaltait à la fois. Isdès s’était figé telle la statue qui attendait, en manque d’attention. Les doigts de Murphy s’égarèrent dans sa tresse épaisse et les paupières de l’homme se fermèrent brièvement. Elle venait de toucher un point sensible. Chaque follicule de sa tignasse de jais était particulièrement sensible et déclenchait un long frisson de béatitude sitôt qu’on y glissait les mains. Se faire coiffer était un pêché dont Isdès usait et abusait dès que l’occasion se présentait. Ses bras se contractèrent légèrement tandis que sa respiration, elle, pâtissait de toute la concentration qu’il dédiait à sa sagesse. Elle était légèrement plus irrégulière qu’auparavant et seule Murphy, aussi proche de lui, put détecter cet infime changement. Elle rabattit sa tresse sur son buste et il retrouva enfin l’occasion de la regarder dans les yeux. Lui ne souriait plus depuis longtemps déjà. L’homme se focalisait entièrement sur sa personne et le trésor qu’il détenait jalousement. Elle releva son menton pour qu’ils s’affrontent et il se mordit violemment l’intérieur de la joue. La question résonna dans la caverne, taquine et rhétorique. Avait-il vraiment besoin de répondre à cette nouvelle bêtise ? Elle s’amusait avec lui, cherchant à obtenir ce qu’elle souhaitait entendre. Elle voulait ravir ses propres oreilles, qu’il continue de la flatter indéfiniment, mais c’était trop difficile pour lui. Son front contre le sien, Isdès chercha désespérément à sonder son esprit. Il voulait y lire un signe évocateur, une franchise de l’âme. Il ne voulait pas se tromper, ni la duper elle. C’était la première fois qu’il se posait autant de questions et il se maudissait intérieurement pour cela. Elle venait de le piéger sur un terrain inconnu et il n’était pas certain d’en ressortir indemne. À sa seconde question, la réaction fut immédiate. « Non. » C’était sa seule certitude. Pour le reste... Il la sentait trembler entre ses bras et c’était sans doute ce qu’il le perturbait le plus. « Toi froid ? » Ou toi peur ? Peut-être s’aventurait-il sur un terrain dangereux. Peut-être que chez les natifs du ciel, les liens humains ne se construisaient pas de la même façon. Chez les Athnas, tout était si direct, sans aucun filtre, sans aucune considération. On agissait d’abord en accord avec soi avant de s’inquiéter de l’autre. Dans ces situations-là, Isdès s’était toujours montré avide, avare et impétueux. Il n’avait pas l’habitude de demander la permission, ni même de craindre d’effrayer l’autre. Qu’en était-il de l’étoile déchue en face de lui ?
Prendre des gants, ménager l’autre, voilà des réflexes qui n’existaient pas chez Isdès. Alors, la situation était une véritable torture. Entre deux eaux, il avait l’impression de se perdre entre ce qu’il était et ce qu’il croyait devoir être. Il esquissa deux pas en avant jusqu’à ce que le dos de la jeune femme rencontre une paroi, avec moins de délicatesse qu’il n’en avait eu l’intention. Là, ses bras s’écartèrent quelque peu, juste le temps de la laisser glisser de nouveau au sol. Ils se trouvaient juste à côté du rideau d’eau et de nouvelles gouttelettes venaient s’immiscer entre eux et contre eux. Elles avaient beau être fraîches, rien n’était efficace contre le volcan terrien. Ses mains posées sur la roche, de part et d’autres de son visage, Isdès tendit les bras pour s’éloigner légèrement. Respirer, réfléchir, comprendre. C’était ce que les autres faisaient, non ? Aussitôt, le manque se fit ressentir violemment et Murphy pouvait désormais lire sur son visage le dilemme qui était en train de le déchirer. L’Athna ne voulait pas changer à ses yeux, il se refusait de laisser l’animal prendre le dessus. Ses phalanges s’enfonçaient dans la pierre, trouvant le réconfort d’une brève douleur. Puis dans une pulsion, un index se glissa sous une bretelle pour la dégager de son épaule, bien plus belle sans cet artifice. Puis sa main retrouva sa dernière place. Ses lèvres prirent le relais, le forçant à se pencher en avant. Ce fut son souffle qui s’occupa de taquiner sensiblement sa peau, à défaut de pouvoir y laisser une véritable empreinte. La ligne imaginaire partit de son épaule pour remonter jusqu’à sa nuque, là où il s’était réfugié plus tôt. Puis inopinément, le guerrier baissa les armes et laissa échapper une supplication, confession ultime de sa faiblesse. « Hod ai op, beja. » Son rejet net. Le coup asséné à son égo, c'était le seul moyen.

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06/12/2015 Lux Aeterna 29591 Sophia Bush Avengedinchains (vava) ; Oreste (image profil); Lux Aeterna (sign & gifs & fiche rp) ancienne militaire - lieutenant, stratège, garde et patrouilleuse. Quelques notions de médecine et bases en maniement des armes. 160


Sujet: Re: feel your love float astray ∞ isphy (trigger warning)
Sam 27 Mai - 2:18



❝ Feel your love float astray ❞
Pamplemousse Cavendish & Myrtille Hakantarr
(1er au 8 mai 2117)


Il avait suffi d'un instant seulement pour que les choses passent d'un état à son total opposé. L'intensité du silence et des émotions avait eu raison de la Murphy survoltée qui s'était imposée à Isdès depuis qu'ils s'étaient retrouvés. Il y avait dans cette quiétude nouvelle plus encore de messages que dans tout ce qu'elle avait pu bavasser jusque-là. Ses longues tirades ou remarques déplacées n’engrangeait plus les soupirs du Terrien, et elle pouvait, tout contre lui, lire tout ce que son corps trahissait du silence qu'il semblait s'imposer, spécialement à ce moment-là. Les muscles de ses larges bras et de ses épaules étaient contractés, sans doute pour la porter certes, mais il lui semblait y détecter une tension qui n'avait rien à voir avec son poids -ou peut-être était-elle plus lourde que ce qui lui semblait ? Elle ne voyait plus son visage, qui avait trouvé refuge au creux de son cou, et se surprit à aimer ce contact si particulier. Il y avait là une douceur nouvelle et sibylline, comme sortie de leurs entrailles dans un moment de communion inattendue. Murphy aurait pu se laisser bercer longtemps de son souffle contre son cou, mais c'est pourtant elle qui l'en délogea, non sans un regret. Ils étaient à nouveau confrontés l'un à l'autre de la plus simple des façons. Les regards ne trompaient pas, ils ne mentaient pas, ne trahissaient pas; pourtant, même plongée dans le sien et à quelques centimètres à peine, Murphy n'arrivait à aucune certitude. Elle s'abandonnait totalement à lui parce qu'elle s'était abandonnée elle-même. Sa raison avait déguerpi de longues minutes plus tôt déjà, la laissant seule avec sa conscience et peu importe ce qui pouvait encore l'accompagner à ce moment-là. C'était elle, dénuée de tout artifice, nue et à vif face à un homme qui ne semblait guère en meilleure posture qu'elle. Il avait finalement suffi de peu pour lui arracher ses atours et ses défenses pourtant bien huilées. Un regard, peut-être, ou une étreinte. Ses mains le long de son dos qui glissaient jusqu'à ses hanches et finissaient par la plaquer contre lui. Le moment ne lui chatouillait pas simplement le ventre comme d'autres en avaient été capables. Il la broyait entièrement. Elle était à la merci du moment et du regard vert qui la scrutait autant qu'elle l'explorait elle-même. Si ces prunelles claires ne parlaient pas autant qu'elle l'aurait aimé, il y avait des signes qui ne trompaient pas. A cette main qui serrait encore sa taille, à celle qui s'accrochait à ses fesses, elle savait qu'elle n'était pas la seule à plonger dans la folie. Car oui, Murphy plongeait dans la folie, et elle n'était même pas sûre d'avoir une quelconque volonté à l'éviter. Murphy voulait être folle, mais elle ne voulait pas l'être seule. Isdès torturait son esprit et son être entier et dans un égoïsme qui lui appartenait encore, elle voulait l'entraîner avec elle vers l'aliénation ultime.

Mais il répondit à sa question par un de ces silences dont il était maître. Avait-elle réellement attendu une réponse ? Quelques mots auraient pu la sauver dans un dernier élan de raison, mais le mutisme dans lequel Isdès s'était terré à cet instant précis répondait pour lui... et pour elle. Sa main avait glissé sur son pectoral, le long des marques bleues, et il lui semblait sentir sa respiration, à lui aussi, s'affoler quelque peu. Pour la toute première fois de sa vie, Murphy était perdue face à un autre être humain. Elle qui s'était toujours fait un point d'honneur à donner le fond de sa pensée à quiconque croisait son chemin, se retrouvait maintenant confrontée à l'inconnu le plus effrayant de tous : elle-même. Une partie d'elle l'avait quittée, et il ne s'agissait même plus seulement de l'armure qu'elle s'était forgée au fil des années. Elle était écorchée, offerte à vif à l'étreinte et au regard inquisiteur d'Isdès, avait perdu une partie de son être et de la façon dont elle se définissait elle-même. Elle était à la merci d'un moment et d'une entité qui n'était pas elle mais qui, à cet instant précis, aurait tout aussi bien pu l'être. Ses sourcils se fronçaient, dévoilant toute la peine qui l'envahissait à présent de se laisser abandonner de la sorte par toutes ses certitudes. Elle ne voulait pas plonger seule, pas pour cette chute-là. Murphy n'esquissa qu'un faible sourire à sa réponse, mais son cœur s'était emballé l'espace de quelques secondes. C'était une promesse, un aveu prononcé à demi-mot. Elle n'était pas seule. A sa question, ce fut à son tour de répondre par un silence. Elle ne quittait pas ses prunelles. Elle n'avait plus réellement froid, en réalité, et peut-être le comprendrait-il de ce seul regard. Avait-il cherché à faire la conversation ? Peut-être plutôt à lui tirer une confession, lui aussi...

Murphy aurait probablement pu rester paralysée de la sorte pendant de longues heures. Contre lui, elle n'avait plus ni peur, ni froid, ni aucun autre besoin que celui qu'il satisfaisait par sa seule présence. Elle aurait pu encore s’enivrer du parfum de sa peau ou de la chaleur qui en irradiait, de sa tresse qui lui chatouillait la cuisse ou de ce regard aux milliers de nuances vertes qui la fixait elle, fille du ciel qui n'avait pas eu grand chose à faire en ce bas monde quelques instants plus tôt à peine. Elle n'aurait su dire combien de temps ils s'étaient scrutés et de la sorte, s'apprivoisant en quelques minutes comme ils ne l'avaient probablement pas fait en quelques heures. D'un pas déterminé, il s'avança vers le bord de la cascade et plaqua son dos contre la paroi rocheuse qui lui griffa le dos et la fit grimacer un instant. Elle s'échappa de son étreinte à regret et du relever la tête pour ne pas rompre le contact. Il était à nouveau plus grand qu'elle, se révélait à nouveau être la montagne parmi les montagnes. Elle était déçue, Murphy, s'attendait déjà à le voir quitter la caverne comme il avait quitté le lac un peu plus tôt. Car c'était encore ce dont il s'agissait, n'est-ce pas ? Le silence était probablement ce qu'il y avait de plus sincère entre eux. Le calme qui titillait les murmures des regards et invitait dans les profondeurs de l'âme.

Mais Isdès n'en fit rien. Il resta devant elle, planta ses poings dans la roche, de part et d'autre de son visage. Murphy l'avait lâché, consciente que le moment était probablement aussi grave pour lui qu'il l'était pour elle. Elle, elle était prête à rendre les armes. Elle était trop faible et elle avait perdu toute détermination. Alors, elle se contentait de le fixer, les mains liées devant elle, presque timidement, en cherchait dans ses mimiques ou son regard une réponse à ce qui se passait maintenant. Peut-être qu'il lui donnerait un échappatoire, peut-être qu'elle n'aurait pas besoin de sauter, peut-être qu'elle retrouverait la Murphy qu'elle avait toujours connue en quelques instants. Mais en attendant, elle était au bord du gouffre, et cette chute-là était mille fois plus effrayante que lorsqu'elle s'était jetée du haut de la cascade. Parce qu'il ne s'agissait plus seulement d'elle, et parce qu'elle remettait en cause tout ce qui l'avait construite jusqu'ici, toutes les certitudes qui avait fait d'elle ce qu'elle était aujourd'hui. Peut-être que tout avait mené à ce moment, se dit-elle alors que ses intérieurs étaient mis à feu et à sang. Peut-être qu'aussi différents qu'ils étaient, ils avaient toujours été supposés croiser le chemin l'un de l'autre. Même elle qui ne croyait pas à ces sornettes trouvait à cette idée quelque chose de rassurant, comme si l'abandon ne relevait plus de l'échec mais du début de quelque chose à créer et qui les dépassait tous les deux. C'est ça, alors, peut-être que c'était inéluctable, écrit dans les étoiles, dans ses étoiles.

Son regard doré finit par se baisser sur les larges muscles qui lui faisaient face. Il était la force de ces lieux, de la roche et de la terre, comme s'il avait été forgé dans la rage des volcans en feu. Les gouttelettes qu'ils recevaient à nouveau de la cascade l'agaçaient, la faisaient un peu cligner des yeux, mais elle restait calme, comme par peur de briser la réflexion d'Isdès, comme par peur de le faire fuir. C'était là une considération qu'elle n'avait jamais prise auparavant, celle d'épargner quiconque de ses tempêtes de mots. Mais il lui semblait ressentir tout ce qu'il ressentait, la force de ses questions et de ses doutes -peut-être parce qu'elle-même essayait de les étouffer dans les tréfonds muets de ce qu'il restait à présent d'elle. Elle resta tout aussi muette lorsqu'il détacha son poing de la roche pour délicatement faire glisser la bretelle trempée qui encombrait son épaule. Ses iris cherchèrent à nouveau les siens, comme pour y trouver une dernière réponse, un signe d'abdication. Elle ne voulait rien imposer, Murphy, se contentait pour l'instant d'observer, mais le souffle brûlant du Terrien rencontra à nouveau sa peau, et elle sut dès lors qu'elle ne pourrait plus rester impassible. Son dos se tendait, se cambrait, comme pour mieux retrouver le corps que l'homme avait penché vers elle, miniature être des cieux. L'une de ses mains avaient à nouveau retrouvé sa nuque; la plante des doigts de l'autre s'enfonçait dans les muscles de son dos. « Ai ste moba, ai na nou. » Une larme avait perlé au coin de son œil, signe de résiliation. Doucement, elle laissa ses lèvres trouver la joue barbue de l'Athna et y déposer un baiser réconfortant. Elle n'avait pas su répondre à sa requête, elle n'avait pas su l'arrêter. Ils sombraient à deux. « Ai ste moba », répéta-t-elle comme pour se convaincre que son instinct avait raison, comme pour convaincre l'homme que le sien avait raison. Elle lâcha subitement Isdès et glissa ses doigts entre son dos et la paroi rocheuse pour décrocher la dentelle qui semblait agacer Isdès. D'un geste vif, elle la jeta dans le fond d'eau sans y accorder un regard. Son regard chercha désespérément les prunelles de l'homme. Ils étaient deux, et elle se dévoilait entièrement. Elle était mise à nu, maintenant, pour de vrai.

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Sujet: Re: feel your love float astray ∞ isphy (trigger warning)
Sam 27 Mai - 20:40

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Tout avait basculé. Sitôt qu’ils s’étaient abrités derrière cette cascade, l’atmosphère avait complètement changé. Ce qui était auparavant amusement et insouciance prenait une toute autre ampleur entre ses quatre murs improvisés. Ce que l’un comme l’autre était parvenu à prendre avec détachement prenait une tournure beaucoup plus sérieuse ici. L’intimité qui s’était créée avait eu raison de beaucoup de non-dits et de faux-semblants qu’ils s’étaient efforcés de préserver pour se protéger eux-mêmes. Mais là, Murphy et Isdès étaient obligés de se faire face. Ils étaient obligés de ressortir ce qu’il y avait de plus profond en eux, parce que l’environnement n’était plus là pour les distraire. Il n’y avait plus l’eau pour les plonger dans d’autres considérations, il n’y avait plus les montagnes pour s’émerveiller, ni les chemins pour occuper leurs organismes. Sans le savoir, ils s’étaient mutuellement piégés et devaient désormais faire face aux conséquences de leurs actes. Loin de s’être repliés sur eux-mêmes, ils s’étaient instinctivement tournés vers l’autre dans l’espoir d’y lire les mêmes incertitudes. Isdès ne voulait pas être le seul dans cette situation. Elle n’avait pas conscience des difficultés à éprouver à rester celui avec lequel elle aimait être. Il répliquait à ces provocations, il était toujours là pour la soutenir ou la réprimander quand c’était nécessaire. Toujours auprès d’elle pour réagir dès qu’elle levait le petit doigt. Ça ne lui ressemblait pas. L’Athna était quelqu’un de taciturne, qui exécrait plus que tout ouvrir la bouche pour ne rien dire. Il ne s’embarrassait pas de personnes qui se mettaient en travers de son chemin ou qui lui faisaient perdre son temps. Au contraire, il n’avait aucun scrupule à se montrer véhément s’il sentait qu’on le cherchait trop. Alors pourquoi produisait-il tant d’efforts à son égard ? Ce qu’il avait cru être une tolérance incroyable se révélait toute autre. Il avait véritablement eu envie de ne pas la froisser ou de ne pas la rejeter. Ce n’était pas des efforts, c’était tout simplement naturel. C’était bien ce qui le terrorisait le plus : elle était la première personne à le pousser à se comporter autrement sans même qu’il ne s’en rende compte. Elle changeait des attitudes, des émotions sans qu’il ne puisse rien y faire. Isdès n’aimait pas du tout cette réalité. Il avait connu cette sensation, il y a de ça bien des années et ça ne s’était pas terminé dans la joie et dans l’acceptation.

Alors quand elle se jouait de lui de la sorte, Isdès fulminait. Que ce soit volontaire ou non, Murphy soufflait le froid et le chaud. Un instant, elle était contre lui et la seconde d’après, quelque chose d’autre avait attiré toute son attention. Elle était tantôt flatteuse, tantôt nonchalante. Ce comportement le rendait fou, l’homme étant incapable de rester entre deux eaux. Il était homme d’extrême, homme qui était le feu ou la glace mais qui se trouvait incapable d’être tempéré. À ménager la jeune femme de la sorte, il se rongeait à petit feu. À vouloir se montrer patient et conciliant, il éprouvait de plus en plus le besoin de n’être que lui. Lâcher le fauve, laisser le naturel revenir à grand galop pour l’engloutir comme il aurait dû le faire depuis déjà longtemps. Enfin, ils semblaient arriver progressivement vers la conclusion de cette hésitation. Le sérieux de Murphy trahissait son incertitude. Quelque chose était en train de se produire chez elle aussi. Alors la difficulté augmenta encore et encore jusqu’à devenir insoutenable. Dès qu’elle posait ses mains ou son regard sur lui, c’était des brûlures incandescentes qu’elle laissait. C’était de plus en plus dur de se retenir de la dévorer sur place. De lui faire enfin comprendre ce qu’elle pouvait susciter chez lui. Il ne pouvait plus demeurer dans l’hésitation. Il ne craignait pas le refus – peut-être même qu’il serait plus salutaire que d’apprendre qu’elle éprouvait la même chose. La jeune femme était désormais bloquée contre la roche, le corps d’Isdès faisant barrage à toute fuite. C’était ainsi qu’il la briguait maintenant : à sa merci, contre lui, avec lui. Il puisa suffisamment de délicatesse dans son être pour esquisser un geste envers elle qui n’était pas aussi puissant qu’il l’aurait souhaité. Peut-être essayait-il de l’amadouer et de l’apprivoiser, chose qui n’était pas non plus caractéristique de sa personne. Malgré elle, c’était Murphy qui détenait les rênes. Elle jugulait le Terrien par sa simple présence, par la fragilité de ce corps qu’il pourrait briser d’un geste. C’était trop difficile. Il pourrait aller jusqu’à se faire saigner les mains tant la retenue l’étranglait. Il finit par trouver le courage de lui demander de mettre un terme à tout ça. Sur ses mots seulement, il parviendrait à croire des choses qui n’étaient peut-être pas réelles. Par son refus ultime, elle les sauverait tous les deux. Mais sa main qui glissa dans sa nuque l’électrisa un peu plus et ses doigts qui s’enfonçaient dans la peau de son dos le poussa un peu plus vers le précipice. Sa réponse tomba comme un couperet. L’ombre d’un instant, il crut qu’elle le repoussait et son cœur s’allégea tandis qu’un autre poids, celui de la déception profonde, fit son apparition au creux de son estomac. Un baiser s’écrasa sur sa joue barbue et Isdès ferma les yeux brièvement.

Puis vint le second souffle. Quand elle s’excusa de nouveau, Isdès releva la tête vers elle et tomba des nues. Murphy ôta le tissu blanc qui n’avait fait que cacher un autre aspect de sa beauté et l’envoya valser dans l’eau. Il fallut une poignée de secondes à l’Athna pour réaliser ce que ça voulait dire. Était-ce la façon de dire chez les natifs du ciel qu’elle était prête à s’abandonner à son tour ? Venait-elle de prendre sa main pour l’entraîner dans le vide ? Isdès eut comme l’impression qu’on venait violemment saisir son cœur pour l’extirper de sa poitrine. En fait, elle venait de lui donner son accord : elle n’avait pas peur de lui. Instantanément, la lueur dans les iris de l’Athna changea du tout au tout. De l’abysse, elle passa aux flammes. Du supplice, elle tourna lucide. De civilisée, elle vira animale. Cette fois-ci, il sut parfaitement comment agir : telle que ses entrailles lui dictaient. De ses deux mains, il saisit brutalement le visage de la jeune femme pour s’emparer de ses lèvres. Il ne lui laissa pas même le temps de prendre une inspiration car lui était déjà à court de souffle. Ses lèvres qui se mêlaient aux siennes dans un baiser ardent alimentaient un peu plus le brasier en lui. Il se sentait à la fois léger et indubitablement ancré dans le sol. Il n’avait pas besoin de garder les pieds sur terre, il était désormais le pilier pour deux. Son guide, ce n’était plus que l’instinct. Sans la quitter, il saisit une de ses jambes pour se coller à elle, se moquant de savoir s’il la poussait un peu plus contre la pierre. Il pressa son bassin contre le sien, en quête d’un contact irréversible. Il voulait s’évanouir contre ses lèvres, faillir contre cette poitrine nue collée à son torse. Son esprit, lui, s’était complètement déconnecté. Plus rien n’existait. Murphy allait le regretter, mais tant pis. Elle avait répondu à son appel. Il n’y avait plus de marche arrière.

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06/12/2015 Lux Aeterna 29591 Sophia Bush Avengedinchains (vava) ; Oreste (image profil); Lux Aeterna (sign & gifs & fiche rp) ancienne militaire - lieutenant, stratège, garde et patrouilleuse. Quelques notions de médecine et bases en maniement des armes. 160


Sujet: Re: feel your love float astray ∞ isphy (trigger warning)
Dim 28 Mai - 0:49



❝ Feel your love float astray ❞
Pamplemousse Cavendish & Myrtille Hakantarr
(1er au 8 mai 2117)


Il ne s'agissait à ce stade même plus de dualité pour Murphy. Elle avait perdu cette part d'elle qui lui collait à la peau depuis toujours. Sa raison l'avait quittée, mais ce n'était pas la seule ; les barrières étaient brusquement tombées lorsqu'elle s'était plongée dans les prunelles claires d'Isdès, et puis il y avait eu ce moment qui faisait partie de ceux où vous vous savez à la croisée des chemins. Au creux de son cou, contre sa jugulaire palpitante et sa peau brûlante, une supplication. Les mots avaient glissé jusqu'à son oreille et l'avaient presque pétrifiée pendant l'espace d'une seconde. Dans ce souffle résidait le dernier rempart et Murphy n'avait d'autre choix que de le réduire à néant. Quelques mots dans sa langue, quelques mots qui respiraient le renoncement et la faiblesse contre laquelle elle ne savait plus se battre. Elle s'excusa, Murphy, par deux fois même, incapable de lui offrir cet échappatoire duquel ils auraient tous deux pu se contenter. Mais elle ne voulait pas se contenter de sa décision, pas cette fois, pas avec lui, pas lorsque son être appelait si fort à l'inverse. C'était une toute autre forme d'abdication dans lequel elle les entraînait. Ils n'abandonnaient pas face à la raison et contraints par des caractères cuisants; ils s'abandonnaient l'un à l'autre, ils s'abandonnaient au secret de cette cascade et de l'eau sauvage qu'ils avaient comme seul témoin de toute la lutte qui était à présent la leur. Sa décision, à ce jour-ci et sous cette cascade, Murphy voulait la vivre. Et même si la larme qui glissait sur sa joue en se mêlant à l'eau de la cascade aurait pu laisser croire l'inverse, elle ne regrettait pas ces quelques mots. Peut-être même que ses excuses n'étaient pas sincères, peut-être qu'elle les utilisait pour se rassurer ou pour le rassurer lui. Peut-être qu'ils avaient besoin de croire qu'ils n'étaient pas les seuls maîtres de leurs décisions et que quelque chose de plus fort les dirigeait maintenant. Mais elle ne se faisait pas d'illusion, la brune, et elle savait que qu'il n'aurait appartenu qu'à elle de l'arrêter si le besoin s'en était fait ressentir. Mais si elle avait un besoin, c'était bien tout l'opposé de ce qu'il avait demandé. Elle ne l'arrêterait pas, et ses tripes se nouèrent en pensant qu'elle ne l'arrêterait probablement jamais. Elle avait tant quémandé son respect et sa bienveillance qu'elle se rendait à présent compte que ces besoins-là masquaient tout le reste. Tout le reste, c'était le contentement de son corps lorsque ses mains le frôlaient. Tout le reste, c'était cette politesse qui résidait dans les non-dits et le conflit qu'elle pouvait ressentir dans ses quelques mots, dans ses gestes vifs et presque hésitants. Tout le reste, c'était ce regard ardent qu'il affichait maintenant, comme s'il avait compris, enfin, comme s'il donnait sa reddition à tout entendement. Ils étaient hors de l'entendement. Murphy s'offrait à lui, entièrement et convaincue, mais non sans laisser une part d'elle en arrière. Elle était en pleine chute libre.

Et puis, dans ce regard soudainement embrasé, Murphy put lire l'avenir. Ils s'étaient trouvés, sous cette cascade, comme ils s'étaient trouvés dans le silence poétique du lac un peu plus tôt, et comme ils s'étaient trouvés dans la haute caverne qui avait fait raisonner leurs cris. Ils s'étaient trouvés depuis le tout début, depuis qu'il l'avait acceptée dans son abri hors des pluies acides. Ils s'étaient trouvés lorsqu'il avait mis fin à la vision cauchemardesque qu'elle avait eue de sa mère qui n'était plus, ils s'étaient trouvés lorsqu'il avait accordé son épaule et ses soins à la cabossée de la caboche qu'elle avait été. Tout avait conduit à ce moment. Toute cette haine qu'elle avait fait déferler sur Isdès n'était pas due au hasard. Entre eux, à dire vrai, rien ne semblait plus dû au hasard. Tout les avait menés à cet endroit précis et à cet instant précis. Les artifices étaient tombés en quelques instants et dans la sincérité du silence.

Soudain, le big bang. Son big bang. Leurs lèvres se trouvèrent avec ferveur, et il lui semblait que tout un nouveau monde se créait sous ses yeux et de ce contact fiévreux. Le temps et l'espace naissaient. Il n'existait plus les montagnes sous lesquelles ils étaient abrités, il n'existait plus même le soleil qui caressait encore un peu plus tôt de ses rayons leurs peaux sorties du dur hiver. Les étoiles auraient pu naître d'une telle exaltation; celles qui existaient avaient tout pour la jalouser. Murphy ne tremblait plus; elle se rassasiait du goût de ces lèvres qu'elle n'avait pu qu'imaginer jusque-là. Peu importait ce qui pouvait se passer hors de cette étreinte-là, car ils étaient emportés dans le même monde, ce monde qu'ils avaient maintenant en commun et qui ne saurait, lui, les séparer. Ce monde était fait pour eux et par eux. Ils en étaient les seuls habitants. Ils abandonnaient leurs différences et tout ce que l'univers avait déjà crée avant eux. Ils n'étaient ni dans les montagnes d'Isdès, ni dans les espaces interstellaires de Murphy, mais elle était chez elle. C'était la première fois dans sa vie qu'elle laissait ses sentiments dicter sa conduite, et elle s'abandonnait avec ardeur à une telle satisfaction. Elle contracta sa cuisse contre la hanche d'Isdès et l'enserra avec force, comme pour le rapprocher encore plus d'elle. Sa main serrait sa nuque et l'autre glissait dans son dos avec force. Elle se repaissait de la chaleur de leurs peaux nues qui se trouvaient enfin, comme si elles avaient toujours été destinées à le faire. Elle ne prêtait plus guère attention à la roche qui écorchait la peau de son dos, parce qu'elle permettait à leurs corps d'encore mieux se trouver. Soudain, les gouttelettes d'eau qui échappaient à la cascade ne l'horripilaient plus; elles rafraîchissaient le brasier qu'elle était devenue, même si elles n'étaient plus d'aucune réelle aide. Murphy n'avait plus froid du tout. Lorsque leurs lèvres se quittèrent, la brune déposa un baiser ardent sur sa clavicule et elle respira le parfum de sa peau bouillonnante. Elle n'avait plus envie de s'excuser, ni pour elle ni pour lui. Ses deux mains passèrent au-dessus des épaules d'Isdès pour rejoindre son torse et descendre le long de ses abdominaux. Elle glissa un index impatient entre sa taille et son pantalon et le retira aussitôt pour se saisir à pleines mains, à son tour, de son visage. Elle s'empara à nouveau de ses lèvres sans plus prendre le temps de respirer et laissa à nouveau leurs poitrines se retrouver. Sentir sa chaleur contre l'une des parties les plus secrètes de son être la galvanisait, parce qu'il lui semblait qu'à ce moment précis, il l'acceptait tout entière, elle la céleste, elle qui faisait tache dans ce monde, elle la bavarde, l'horripilante. Ces défenses-là n'avaient pas eu raison de lui, et elle lui offrait maintenant tout ce qu'elle était dans l'intimité la plus confidentielle. Contre son sein elle jurait pouvoir sentir le cœur de la montagne tambouriner comme le sien martelait en parfait écho. Ses mains glissèrent sur le bombé de ses bras et l'une alla se perdre dans le creux de sa taille, non sans effleurer à nouveau sa carrure musclée, non sans s'égarer un peu plus bas encore. Elle était prisonnière de la prise de l'homme, plaquée à la roche sans aucune issue possible. Sa main droite quitta à regret la peau matte pour chercher la pierre derrière elle et y trouver de l'aide, et elle se força à nouveau à briser leur baiser. Son vrai roc était dans ses bras, mais il fallait savoir le laisser un instant pour mieux le retrouver.

Murphy l'observa un instant de la sorte, adossée à sa roche, un sourire en coin, et laissa doucement sa cuisse abandonner la taille de son compagnon. Sa respiration affolée trahissait tout le calme qui n'était plus le sien mais de ses deux mains, elle le poussa légèrement, juste pour s'échapper un moment. Elle rejoignit le fond de la caverne et l'endroit où elle avait gravé son prénom et l'observa silencieusement, le regard incandescent, brillant de mutinerie. Ses prunelles ne se gênaient plus pour détailler Isdès. A son expression, elle pouvait deviner qu'il brûlait au moins autant qu'elle. Elle voyait sa cage thoracique à lui s'affoler, elle aussi, et Murphy regretta davantage encore de s'être séparée de son étreinte. « Tu sais quoi ? Ai ste nou moba. » Maintenant qu'elle y avait goûté, c'était fini. Maintenant qu'elle y avait goûté, elle ne le laisserait plus glisser entre ses doigts. Tout la ramenait à lui. Elle plongeait dans les abysses opaques, mais les remords n'étaient plus compagnes de route. Ce n'était qu'eux deux et la cascade qui hurlait pour cacher au monde celui qui s'était créé sous sa protection. Ce n'était pas la fin. C'était le début de tout.


Dernière édition par Murphy Cavendish le Lun 29 Mai - 1:13, édité 1 fois

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Sujet: Re: feel your love float astray ∞ isphy (trigger warning)
Dim 28 Mai - 23:21

how the water seemed
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Le fragile équilibre s’était brisé. Sitôt que Murphy avait formulé son accord le plus tacite, mais aussi le plus définitif, la balance avait penché d’un côté. Du côté le plus instinctif qui annihilait l’esprit mais qui ravissait le corps. Du côté de l’évidence, celle qui avait été reniée depuis le départ parce qu’elle constituait tellement de risques. Elle représentait tellement de difficultés à venir. La facilité avec laquelle ils vivaient le moment présent présageait déjà les répercussions douloureuses du lendemain. C’était peut-être pour cette raison qu’Isdès était un être solitaire : il ne s’était jamais inquiété des conséquences de ses actes jusqu’à ce qu’elles ne surviennent. Il ne se préoccupait pas du châtiment avant de le subir. Si le Terrien commençait à laisser la peur s’infiltrer dans ses pores, dans ses veines, dans son âme, il n’avait plus qu’à mettre fin à ses jours. Il était né pour ne rien craindre et pour dédier sa vie et son sang aux autres. Isdès avait tant de fois fait le choix de s’extirper de son esprit et de n’être que le corps en action, la main exécutrice, qu’il ne savait plus comment faire. Il ne savait plus conjuguer ses pensées et ses sensations, ses sentiments et ses pulsions. Il réussissait encore à ne pas perdre la raison parce qu’il s’était totalement impliqué dans une seule version de lui-même. Ainsi la question du doute ne se posait plus, celle de l’échec n’existait même pas. Et là, depuis qu’elle s’était immiscée dans sa vie, Murphy avait remis tant de choses en cause. Elle ne s’était pas seulement infiltrée dans sa carapace, elle avait fait en sorte de créer une brèche qui laissait filer sa force d’homme. Sa présence le rendait faible, indéniablement. Pour cette raison sans doute, une part de haine subsisterait toujours à son égard. Là maintenant, Isdès retrouvait un peu de paix parce qu’elle l’avait autorisé à ne plus mentir. Elle était prête à connaître le véritable Isdès et s’il ne lui plaisait pas, il n’y aurait aucun regret. Comme toujours, il continuerait d’avancer et Murphy ne serait plus alors qu’un mauvais souvenir.

Sitôt que leurs bouches s’étaient rencontrées en un échange brûlant, la jeune femme avait cessé de trembler. Elle n’avait jamais paru si certaine d’elle et cette assurance galvanisa davantage Isdès. Ses lèvres avaient une douceur moite, une saveur particulière qui n’appartenait qu’à elle. Il découvrait de nouveaux aspects de sa personne déjà si tentatrice. Il succombait et il se sentit obligé de se rapprocher d’elle, d’éliminer tout vide entre eux. La proximité était la seule option dans cette nouvelle rencontre. Lorsqu’elle accentua chacun de ses gestes, par sa jambe qui s’enroula autour de lui, par ses mains qui se glissaient dans son dos, elle le fit plonger encore plus loin. Il avait atteint un point de non-retour. Il se montrait davantage impatient et curieux de tout ce qu’elle avait à lui offrir. Il avait l’impression d’avoir perdu un temps précieux même s’il était prêt à prendre tout le temps nécessaire à cette redécouverte. L’eau qui les éclaboussait ne le rafraîchissait plus depuis longtemps. Il s’embrasait de toutes parts, de l’intérieur, de l’extérieur. Il n’était plus que des flammes prêtes à dévorer l’étincelle qui les avait nourries. Le visage de la jeune femme finit par se reculer légèrement et elle put lire dans son regard combien ça ne lui plaisait pas. Il était prêt à manquer de souffle, à mourir asphyxié dans ses lèvres. C’était ainsi qu’il avait toujours conçu une relation entre deux êtres : sans concession. Isdès était rarement capable de douceur et encore, Murphy avait eu droit à quelques exceptions qui n’étaient désormais plus possibles. La tendresse affaiblissait l’âme et les écartait de leur but premier : une joute charnelle qui n’appartenait qu’à la race humaine. Ils étaient la seule espèce en mesure de connaître le plaisir, c’était une caractéristique que l’Athna avait toujours embrassée. La lenteur attisait la lassitude et ouvrait le passage aux doutes, ce qui n’était pas permis ici-bas. Ses yeux suivirent les mains de Murphy qui s’égaraient contre ses pectoraux, le long de ses abdominaux avant de s’échouer à la lisière de son pantalon. Face à cet égarement volontaire, Isdès se sentait défaillir. Il aurait presque pu sentir le vertige s’emparer de lui si elle n’avait pas détourné son attention par un autre baiser. Toute sa stature lui était offerte et il accueillait avec ferveur ses caresses affirmées qui laissaient dans leur sillon un désir incandescent.

Mais Murphy n’était pas tout à fait décider à lui céder sa liberté. Beaucoup trop tôt, elle s’écarta de nouveau puis lui offrit un sourire mutin qui n’avait rien de rassurant. Isdès, lui, ne souriait pas, surtout quand elle rompit tout contact. Ses traits étaient outrés, sa bouche pincée et ses poings serrés. Quand elle s’échappa de son emprise, elle put même entendre un grondement mécontent s’échapper de sa gorge. Son torse était agité par une respiration emballée. Son ventre était maltraité par des impulsions animales. On put presque déceler un soupçon de colère dans ses prunelles submergées par l’envie. La jeune femme recula, lui infligeant la pire des tortures. Chaque pas en arrière était un coup de tisonnier. Plus elle souriait et plus le visage d’Isdès se fermait. Il se mordait l’intérieur de la joue jusqu’à en avoir mal à la mâchoire. Il allait tellement lui faire payer un tel affront. Il ne supportait pas qu’on se dérobe à lui, qu’on sabote la domination naturelle qu’il aimait exercer sur autrui. Elle était à demi-nue, si loin de lui, finissant par revenir sur ses dernières paroles et lui dire qu’elle n’était finalement pas désolée. Isdès secoua la tête. Il pointa un index menaçant dans sa direction en guise d’avertissement. Pas un mot, la simple menace. Tout son être était concentré vers l’insolente à un mètre à peine de lui. Une ou deux enjambées réduisit rapidement la distance qui les séparait avant qu’Isdès ne récupère son dû. Il s’arrêta brutalement à quelques centimètres d’elle puis s’approcha pour frôler ses lèvres des siennes sans lui laisser l’occasion de les embrasser. Il agrippa sa taille, mais il n’attendit pas que les siennes puisse à nouveau le toucher. Il la fit rapidement pivoter sur elle-même jusqu’à ce qu’elle soit de dos. Il emprisonna ses poignets dans son dos entre leurs deux corps enflammés, près de l’endroit qu’elle était venu taquiner plus tôt. La prise était ferme. « Yu na ste moba. » Parler anglais était devenu trop compliqué parce que cela impliquait un effort de sa part qu’il ne pouvait plus fournir. La pulpe de ses doigts vint clore les yeux de la jeune femme avant de suivre la ligne de son nez, d’effleurer l’arc de cupidon de sa bouche, sa lèvre inférieure. Ils continuèrent leur exploration jusqu’à sa gorge dont il traça la courbe de son index. Ils s’arrêtèrent là, forçant la jeune femme à pencher légèrement la tête en arrière et à se reposer contre son buste. Il ne l’étranglait pas, il voulait juste lui faire comprendre que c’était à lui de décider quand on se jouait de lui. « Yu nou na dula dison op gon ai. » Il libéra ses poignets et sa seconde main reprit la course que la première avait stoppée. Elle fila au milieu de sa poitrine, en prenant soin de frôler sa peau mais de ne jamais la caresser. Il voulait qu’elle ressente la frustration qu’elle lui avait infligée. Elle caressa le creux de son estomac, jusqu’à son nombril, puis continua ainsi sa descente. Par-dessus le tissu, elle redessina la courbe ultime, celle qu’il ne voulait que pour lui. Double torture, puisqu'il aurait voulu tellement plus. Puis sa main s’éloigna et disparut enfin, ne subsistait que celle contre sa gorge. De ses lèvres voraces, il s’attaqua à sa nuque, résistant à l’envie d’une morsure vengeresse et parvint à clamer d’une voix incroyablement autoritaire. « Yu laik ain. »

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06/12/2015 Lux Aeterna 29591 Sophia Bush Avengedinchains (vava) ; Oreste (image profil); Lux Aeterna (sign & gifs & fiche rp) ancienne militaire - lieutenant, stratège, garde et patrouilleuse. Quelques notions de médecine et bases en maniement des armes. 160


Sujet: Re: feel your love float astray ∞ isphy (trigger warning)
Lun 29 Mai - 2:13



❝ Feel your love float astray ❞
Pamplemousse Cavendish & Myrtille Hakantarr
(1er au 8 mai 2117)


Les murs étaient tombés. Il avait suffi d'un seul geste pour que dans le regard d'Isdès naisse un feu nouveau. Des bords de la brèche qu'ils avaient ouvertes, ils sautaient à présent dans l'obscurité la plus opaque. Murphy savourait la férocité de leurs baisers comme s'ils étaient tout ce dont elle avait besoin. Mais n'était-ce finalement pas le cas ? En se dévoilant à demi-nue à son regard, elle avait laissé de côté tous ses doutes, qui, pourtant, bouffaient son esprit comme des milliers de parasites. Mais pour une fois, il ne s'agissait plus vraiment de la tête, mais de tout le reste. Dans leur premier baiser s'était scellé un accord tacite, dans leurs caresses se lisaient toute l'envie qui les envahissait. Leurs corps s'étaient enfin trouvés, leurs peaux brûlaient l'une comme l'autre, et il semblait inconcevable à la brune qu'elles puissent plus jamais se séparer. D'aucuns soutiendraient qu'elle cédait à ses faiblesses les plus instinctives, celles qui relevaient du cerveau reptilien, de la loi sauvage des corps qui s'attirent jusqu'à se trouver. Pour Murphy, il s'agissait presque de l'opposé : elle acceptait, sous et pour le regard d'Isdès, d'abandonner toutes ses inquiétudes. Elle savait qu'elles reviendraient la narguer plus tard, comme pour lui faire regretter l'insouciance de sa décision, mais comme elle le faisait pourtant bien rarement, elle avait décidé de mettre en sourdine cette part d'elle qui lui hurlait qu'ils courraient tout droit à la catastrophe. Il ne s'agissait plus de tout ce qui les séparait, mais de tout ce qui les liait. Il s'agissait de leurs chairs qui se pressaient fiévreusement l'une contre l'autre, avides de davantage, et de leurs âmes qui se dévoilaient, l'une et l'autre, d'une façon neuve et crue. Murphy souffrait lorsqu'elle perdait le moindre contact avec lui. Ses lèvres appelaient encore les siennes, qui brûlaient de leur absence, et son buste, détaché de celui de l'Athna, frissonnait déjà de solitude. Mais l'Odysséenne était de ceux qui jouaient, qui se jetaient la tête la première dans une cascade dont ils ne connaissaient rien, et qui laissaient aux secondes le temps de titiller les sens. C'était une torture pour elle de laisser sa cuisse retomber contre celle de l'homme, c'était une torture pour elle de s'échapper à son étreinte, de glisser sous ses bras pour s'éloigner d'à peine quelques mètres, quelques mètres qui faisaient déjà hurler au manque son être tout entier. Le regard d'Isdès trahissait les flots de frustration dans lesquels il semblait lui-même se noyer, mais Murphy souriait, taquine, maline, mutine, prenant un malin plaisir à lire dans ses expressions et la flamme de ses prunelles tout le manque qu'il avait d'elle. Non, elle n'était plus désolée, et non, elle ne l'était pas davantage face à la menace silencieuse de cet index tendu vers elle. Elle jurait l'entendre grogner par-dessus la fureur de la cascade, ce qui ne la fit que sourire davantage. Un sourcil était arqué par le sentiment de victoire qui la subjuguait. Elle l'attisait, Isdès, elle le faisait bouillir comme elle continuait de s'enflammer même à cette distance qu'elle avait laissée entre les corps. De son regard amusé, elle l'appelait à lui, le suppliait presque de ne pas la laisser si loin trop longtemps. En un centième de seconde, il exauça sa supplication silencieuse. Elle le fixait, le scrutait, et porta sa main à son visage, prête à retrouver ses lèvres avec toute cette ferveur cumulée en un instant à peine, mais ne sentit que son souffle et ses mains solides se poser au creux de sa taille pour la pousser à lui faire dos. Elle étouffa un hoquet de surprise, les mains liées dans son dos par une force contre laquelle elle n'avait pas envie de se battre. « Sha, ait. » lâcha-t-elle avec un sourire sarcastique, peu impressionnable. Il pouvait lui promettre de prendre sa revanche, elle n'en avait cure. Elle ne regretterait toujours pas. De ses doigts fins, elle arrivait à le frôler doucement, mais ses gestes furent bientôt paralysés par l'effet que lui faisaient ceux de l'homme. Ce n'était que jeu d'effleurements. La respiration de Murphy s'emballa encore et sa poitrine se soulevait à un rythme erratique, s'arrêtait lorsqu'elle pouvait se le permettre, reprenait de plus belle quand ses poumons hurlaient à l'asphyxie imminente. Ses doigts avaient finalement trouvé leur place sur sa trachée humide et, les lèvres scellées, elle laissa échapper un grondement dont elle n'aurait pas su déterminer l'origine. Quand enfin, il libéra ses poignets, Murphy n'eut que le loisir de les glisser dans le bas de son dos musclé pour briser la distance que leur présence avait imposée entre les deux corps. Elle fronça les sourcils l'espace d'une demi-seconde, cherchant dans son esprit les bribes de la langue Terrienne qu'elle maîtrisaient. Elle avait posé son crâne contre sa poitrine, semblait offrir tout son corps à la roche face à elle alors que c'était l'exact inverse. Elle sentit les doigts de l'homme frôler les anneaux fraîchement retrouvés qui étaient installés entre ses seins. La main d'Isdès n'était pas avide, elle était vengeresse. Sa chaleur irradiait contre chaque parcelle de peau qu'elle venait frôler, mais ce n'était pas suffisant. Lui ne s'amusait pas comme elle s'était amusée en quittant son étreinte; il s'agissait de pures représailles, celles qu'il lui avait promises un instant plus tôt. Se rendait-il compte à quel point elle l'avait sous la peau ? Se rendait-il compte de son épiderme qui brûlait sans jamais être touché comme il aurait aimé l'être ? Se rendait-il compte de son sang qui bouillonnait dans ses veines, de ses poumons qui cherchaient l'air, de son cœur qui martelait jusqu'à chaque portion de peau, jusqu'à sa jugulaire qui battait furieusement, jusqu'au bout des doigts qui s'enfonçaient dans ses hanches, glissaient jusqu'à ses fesses ? Les paupières closes, les sens de Murphy étaient exacerbés, et il en était de même pour la soif qu'elle avait de lui. « Ai nou taim ai gaf », répondit-elle pour la forme avant d'étouffer un râle de frustration lorsque les doigts de l'homme glissèrent sans s'y attarder sur le dernier morceau de tissu dont elle était encore parée. Il avait achevé d'éveiller la bête.

Mais sa main avait fait son oeuvre, et déjà il brisa le demi-contact. Elle ne bougeait plus, les paupières closes, appuyée contre lui, la chaleur de la main qu'il avait laissée sur sa gorge continuant de rayonner contre ses veines martyrisées. Elle accueillit les baisers insatiables qu'il planta au creux de son cou avec un sourire de contentement et comprit ses trois mots presque entièrement au son sifflant qui s'échappait de ses lèvres. Dans l'obscurité de ses paupières closes, Murphy lâcha des deux mains les hanches d'Isdès pour retrouver son crâne et l'en faire prisonnier. Lorsqu'elle sentit son souffle contre son visage, elle ouvrit doucement les paupières et l'observa silencieusement, pendant une seconde, de son regard de braise qui criait la même chose que tout le reste de son être. La brune lui arracha finalement ce troisième baiser qui la brûlait depuis qu'elle avait brisé le précédent, vorace, affamée. Murphy ne cesserait pas de le tourmenter même si ça signifiait qu'elle devait l'être en retour. Il avait par là trouvé le meilleur moyen de la faire fondre de l'intérieur et toute entière. « Shof op. » lâcha-t-elle abruptement en déliant leurs lèvres à nouveau et non sans qu'un regret ne la ronge immédiatement. Elle ne parlait plus sa propre langue et lâchait ces quelques mots comme les réflexes instinctifs les plus primitifs. Elle se saisit brusquement de la main qu'il avait laissée dans son cou pour la faire glisser plus bas, sur les courbes de sa poitrine, et l'arrêter sous son galbe, là où il pouvait sentir son palpitant hurler de désespoir. Murphy laissa ses doigts là alors que les siens s'échappaient pour retrouver la taille d'Isdès et le tissu trempé qui y restait fermement accroché. Elle tira de ses deux mains dessus pour essayer de le faire glisser mais comprit en un instant qu'elle n'y arriverait pas. Elle se retourna brusquement pour faire face à l'Athna et ses mains s'agitèrent un bref moment à sa taille sans arriver à la libérer. Il n'avait pas la décence de porter les jeans des Odysséens. « Dula som ! » souffla-t-elle d'une voix crépitante de lascivité en se hissant, comme avant, le plus près de son oreille qu'elle le pouvait. L'une de ses mains avait lâché la ceinture pour frôler la virilité cachée à travers le tissu et du bout des doigts, juste pour l'inviter à imaginer ce dont elle serait capable une fois cette barrière écroulée. « Tu vas voir si je suis à toi... », siffla-t-elle dans sa langue natale, farouche, presque menaçante, mais incapable de réunir la réflexion nécessaire à une traduction. Incapable d'accorder à la moindre particule d'air un droit de passage entre leurs deux corps, elle s'était à nouveau collée à lui et son regard de bronze était plongé dans celui de l'Athna pour y lire tout ce qu'il y abandonnerait.

 

feel your love float astray ∞ isphy (trigger warning)

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