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˜˜˜˜˜˜Une bouteille à la mer | Demetra
maybe life should be about more than just surviving


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12/03/2017 Ponyta 75 Ruby Rose avengedinchains notion de soin, orientation, guérisseuse 80


Sujet: Une bouteille à la mer | Demetra
Mer 29 Mar - 22:27

Elle éprouvait une intense fatigue, malgré tout Cyd ouvrit les yeux. Elle devait se lever tôt, elle n’avait pas le choix. Elle comptait aller assez sur le continent et cela prendrait bien une journée entière. Elle avait dit à sa sœur aînée avoir besoin de plantes précises sur le continent et que celles-ci ne se trouveraient pas ailleurs. Sa sœur n’avait pas discuté, trop préoccupée par sa maternité. Sa mère malade ne pouvait plus la contrôler, Cyd était libre d’une certaine manière. Plus grand monde n’était là pour la contrôler. Elle était libre et cette liberté avait un goût étrange pour cette femme d’âge bien avancée si on pouvait dire les choses ainsi. La guérisseuse se leva et fit le tour de ses stocks qu’elle allait devoir remplir prochainement. Elle devait toujours être prête et s’attendre presque au pire. La femme devait être capable de guérir les siennes, quoi qu’il arrive. Son petit côté perfectionniste la forçait à faire le plus d’effort possible. Elle ne voulait que le bien des femmes de sa tribu. Cyd se leva et se débarbouilla rapidement, préparant ses affaires. Elle devait faire vite, elle avait un objectif précis en tête. Elle connaissait un Iskaar qui allait dans un coin précis du continent et elle irait plus vite en bateau. Mais pour cela, elle devait le rejoindre en pirogue. Il n’irait pas la chercher près des Kovariis. Les siennes ne supporteraient pas, elles seraient furieuses.

Cyd savait que ce qu’elle faisait pouvait lui attirer les foudres de sa mère, mais celle-ci était trop malade pour s’angoisser sur quelque chose qui était tu. Sa sœur ne demandait rien, alors la Kovarii ne disait rien. Tant qu’on ne demandait rien, elle ne parlait pas. La brune passa une main dans ses cheveux. Elle effleura de la pulpe de ses doigts sa nuque découverte et ajusta sa veste épaisse. Elle avait intérêt à être bien habillée si elle ne voulait pas prendre froid. Elle quitta son habitation et traversa silencieusement le village, les sens en alerte, le regard vif. Elle récupéra à l’entrée du village son arc et monta dans sa pirogue. Elle en avait pour quelques heures, elle s’arrêterait à un endroit précis pour se faire ramasser. Pleine d’entrain, Cyd se mit à pagayer rapidement, vive. Le soleil se levait, réchauffant sa peau et jouant avec l’ombre de ses tatouages qui couraient sur sa peau. On les voyait très peu, ils étaient cachés par les vêtements. Il n’y avait pas que les tatouages que les habits cachaient, mais les formes aussi. Elles se distinguaient difficilement, voire pas du tout. C’était un atout de Cyd qui lui servirait pour ne pas avoir des remarques sur le bateau de l’Iskaar. Elle ne faisait jamais rien pour démentir si on émettait l’avis qu’elle soit un homme. Tant qu’on ne lui demandait pas, là encore elle se taisait.

C’était la meilleure arme qu’avait la femme. Se taire, rien de plus. Ainsi, on ne l’accusait de rien et tant qu’on ne lui posait pas les bonnes questions, elle ne se dévoilait pas. Cyd fut après quelques heures au point de rendez-vous et attendit, impatiente, le bateau. Malgré tout son visage restait hermétique et elle profita pour ramasser ce qu’elle trouvait près d’elle. Un bruit lui fit tourner la tête et elle avisa le bateau, contente. Un sourire discret se dessina sur son visage et elle rejoignit l’embarcation qui l’attendait. Elle fut accueillie à coup de blagues salaces, mais elle ne s’en formalisa pas. Elle avait bien l’habitude après tout. Son ami marin semblait d’excellente humeur et ne cessa pas de parler. Cyd parlait le minimum, observant la mer, observant le peu de rive qu’elle distinguait. Elle était impatiente. Elle avait hâte d’atterrir sur le continent et de tout y découvrir. En réalité elle connaissait parfaitement le coin. Ou du moins elle y était déjà allée une fois, ce qui pour elle était déjà pas mal. Elle avait déjà prévu un trajet de retour avec un autre navire. Seule, avec une pirogue ridicule, elle ne pouvait pas parcourir cette distance. Ce serait la mort assurée et elle ne voulait pas mourir. Elle somnolait sur le bateau, mais Cyd restait toujours attentive et à méfiante, on ne savait jamais.

Finalement, ils arrivèrent et elle débarqua sur la terre ferme. Elle s’étira longuement, laissant le bateau derrière elle partir. Elle distingua les arbres devant elle, la forêt profonde. Cyd fit quelques pas quand soudainement, un bruit la fit se figer. Elle était en terrain inconnu, les sens à vif, mais là elle était sûre, elle n’était pas seule. Lentement, elle retira son arc d’autour sa poitrine et banda une flèche, prête à tirer plus vite que son ombre.

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29/08/2016 Pivette 142 Margot Robbie ava : Pivette / sign : Grey Wind Cartographe / douée pour le dessin. Patrouille de temps en temps. 0


Sujet: Re: Une bouteille à la mer | Demetra
Lun 10 Avr - 0:02


Une bouteille à la mer
feat. Cyd Raye et Demetra Knight


Le vent sifflant dans les branches m'avait réveillé de bon matin, ce n'était pas plus mal, j'avais de la route à faire aujourd'hui. Une envie d'espace, de solitude et de découverte. Dès que l'on quitte le campement, niveau espace on est servi, mais ce n'est pas ce que j'avais en tête aujourd'hui. Depuis quelques semaines, quand le temps le permet, je pousse mes explorations, de plus en plus loin, sortant de ma zone de confort. Aujourd'hui je ne suis plus là pour survivre sur Terre, la condamnée à mort envoyée vers une mort certaine il y a deux ans est désormais une rescapée qui a enfin décidé de vivre sur cette planète. Une nouvelle naissance et comme une enfant qui fait ses premiers pas après un an ou deux, je pars à la découverte de mon monde. Embarquant dans un sac  quelques victuaille, de l'eau, une couverture, mon matériel à dessin et quelques rouleaux du papier que j'arrive désormais à me fabriquer.

Quittant le camp, je décide de partir plein sud, sans me retourner, j'avance dans la forêt et au fil de ma progression après un peu plus de deux heures je me retrouve face à des ruines. Je décide de faire une pause, ce n'est pas la fatigue qui me le réclame mais l'envie de croquer le décor qui s'offre à mes yeux. Une tour, bien qu'à moitié en ruine, qui s'élève plus haut que ce que j'ai pu voir jusqu'à aujourd'hui. Je prends quelques heures, traçant sur le papier avec le plus de détails possible ce que mes yeux perçoivent. Rangeant mon matériel à dessin, avalant quelques gorgées d'eau, je décide de reprendre la route. L'idée de découvrir encore d'autres ruines ou je ne sais quelles merveilles, me pousse à avancer toujours plus profondément dans la sylve.

Là-haut, jamais je n'aurais pu imaginer qu'un jour je puisse respirer autre chose que l'air en boîte dans lequel nous sommes nés, ici, chaque bouffée d'air est une bénédiction. J'ai mis du temps à m'en rendre compte ce qu'il y a quelques temps que le déclic s'est fait dans mon esprit, aujourd'hui comme mes compagnons d'infortune, nous sommes des habitants de la Terre, même si cela ne plait pas à tout le monde dans les tribus autochtones. On ne peut que les comprendre, ça aussi, il m'a fallu du temps avant de l'assimilé. Nous comme eux n'avons rien demandé à personne. Eux n'avaient pas fait de demande particulière pour que deux vaisseaux viennent s'écraser sur leur bout de planète. Quant à nous, personne ne nous a rien demandé non plus avant de nous envoyer vers ce qui semblait pour beaucoup une mort certaine. Cela me fait sourire aujourd'hui, s'ils avaient su qu'on serait libres une fois que l'on poserait le pied sur le sol, que la Terre était viable, c'est sans doute l'inverse qui se serait produit. C'est eux qui serait descendu s'établir sur la planète de nos ancêtres, et nous…nul doute que l'on serait toujours là-haut à tourné dans l'espace jusqu'à ce qu'on en crève ou que l'on s'entretue.

La fatigue commence à se faire sentir, perdue dans mes pensées je ne sais absolument pas depuis combien d'heures je marche dans les profondeurs de la forêt. Après avoir passé la rivière je déviais un peu vers l'est et continuais ma route vers le sud encore quelques heures, avant de voir le jour décliner, je décidais de trouver un endroit propice pour poser un bivouac de fortune et passer la nuit. Les nuits étaient encore fraîches et la couverture que j'avais prévue ne serait pas de trop. L'idée de faire un feu me posait un véritable dilemme. Soit je tentais d'allumer un foyer pour me réchauffer d'avantage, soit j'y renonçais par peur de signaler ma présence à d'éventuels autochtones qui pourraient m'être hostiles. Après mûre réflexion, j'optais pour la seconde solution, quitte à avoir un peu plus froid durant la nuit. Avalant quelques fruits en guide de souper, je m'allongeais sur une parcelle de sol plus ou moins meuble, me calant tant bien que mal sous ma couverture. Les heures de marches furent bénéfiques et malgré l'infime peur de me faire surprendre par je ne sais qui, le sommeil m'embrassa bien plus vite que je ne l'aurai pensé.

Aux premières heures du jour, avant que le soleil ne soit véritablement levé, je me réveillais véritablement reposée, jamais je n'aurais pensé dormir aussi bien en pleine forêt. Rangeant ma couverture dans mon sac, je passais un peu d'eau sur mon visage et tentais de démêler ma crinière blonde du bout des doigts. Me levant, je continuais ma route en suivant le soleil, il ne me fallu pas plus d'une heure avant de me retrouver face au spectacle le plus époustouflant qu'il m'ait été donné d'admirer, et pourtant, j'avais contemplé l'espace de la fenêtre de ma cellule tous les jours pendant dix ans … L'astre rougeoyant qui embrasait l'immensité aquatique avait réussi à me mettre quelques larmes au coin des paupières. C'était donc ça qu'avaient tenté de décrire dans leurs œuvres tant d'écrivains que j'avais pu lire ? Dans leurs écrits cela semblait superbe, mais le spectacle qui s'offrait à mes yeux était bien plus fort, voir une telle chose de mes propres yeux était tout simplement magique.

Je restais là à admirer le lever du soleil sur la mer tout le temps que cela durait avant d'être fasciné par un spectacle totalement différent. Au loin, sur les flots, quelque chose se détachait, attirant mon regard, une embarcation qui accostait à quelques centaines de mètres de l'endroit où j'étais postée. Le frêle esquif accostait, laissant l'un de ses occupants mettre pied à terre avant de poursuivre sa route. J'avais besoin de savoir, j'avais envie de poser des questions, ma curiosité me poussa à reprendre la route, longeant la grève jusqu'à ce que je me rapproche de l'endroit où j'avais vu disparaitre l'occupant du bateau. Arrivé à mon but, je ne voyais pourtant personne, marchant sur le bord de l'eau, presque malgré moi, frustrée, je donnais un coup de pied dans quelques cailloux les expédiant dans l'eau avant de me retourner quelques secondes plus tard, me retrouvant nez à nez avec un terrien, ou plutôt entre le terrien et une flèche qui pouvait à tout moment venir se ficher dans ma poitrine.

Levant les mains en signe de non agression, je tentais malgré moi de lui décrocher un sourire, ne fuyant absolument pas son regard, détaillant son visage, ses traits, le terrien était en fait une terrienne que j'interpellais, ne sachant absolument pas si elle pouvait me comprendre. "Ai laik Demetra kom Skaikru… je … je ne te veux aucun mal, alors s'il te plait, baisse ce … truc … avant que ça parte tout seul."



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Sujet: Re: Une bouteille à la mer | Demetra
Mer 26 Avr - 22:32

Cyd n’avait jamais rencontré aucun enfant du ciel. Elle en avait entendu parlé comme des êtres différents, très différents. Elle avait discuté avec un Iskaar, mais il avait semblé méfiant à propos de ce sujet. Comme s’il ne portait pas dans son cœur les enfants tombés du ciel. La guérisseuse se demandait ce que cela faisait de tomber de ce ciel si bleu. Elle se sentait étrangement nerveuse face à cette femme. Les habits changeaient des autres natifs. Une fille du ciel ? Elle ne dit rien, la flèche sur cette femme. La Kovarii la fixait avec conviction, prête à se défendre même si les Kovariis étaient à tendance diplomatique, là elle se méfiait très clairement. Elle avait quelques notions d’anglais et comprit ce que la blonde lui dit. « Ça ne part jamais seul. » Pour qui la prenait-elle ?! Une débutante ? Cyd était particulièrement fière. La femme respira un grand coup et consentit à abaisser son arc. Elle regarda la femme face à elle. Elle avait dit être une Skaikru, le ciel donc. Ses pressentiments concernant cet individu étaient donc les bons. Cyd avait des centaines de questions en tête, mais ne savait pas comment les poser, elle était étrangement muette. Elle se sentait timide, maladroite. Ce n’étaient absolument pas des qualitatifs qui lui correspondaient. « Que fais-tu… Ici ? » Bah quoi ? Elle n’avait repéré aucun campement au loin. Alors elle demandait, tout simplement.

Elle la détailla soigneusement, ayant mis une certaine distance entre elles, au cas où. Elle savait se battre et n’hésiterait pas une seule seconde à le faire en vérité. Il en valait de sa survie. Cyd était très sur la défense. Elle savait que c’était stupide ce genre de comportement. Elle qui avait été curieuse des gens du ciel, voilà qu’elle se montrait des plus agressives ! Quelle bêtise ! La femme ne savait pas si elle devait parler plus. Elle avait clairement le cul entre deux chaises. « Toi, trop bruyante. » Elle avait clairement oublié un verbe dans sa phrase, mais elle ne s’en préoccupait pas. Oui cette femme était trop bruyante. Un prédateur un peu affamé par l’hiver n’hésiterait pas à attaquer. Cyd ne savait pas pourquoi elle était agacée par le fait que cette femme ne faisait preuve d’aucune prudence. Était-ce de la bêtise ? Peut-être bien. « Tu viens… ciel ? » Elle pointa le ciel clair au-dessus de leurs têtes. Elle en avait des questions la petite. Elle avait plein de questions. Les mots se bousculaient dans sa tête, mais aussi sur sa langue. Les mots étaient pressés de sortir, mais la brune les retenait. Elle trouvait les habits de la femme différents des siens. Ceux de Cyd étaient en cuir. Ils ne tenaient pas vraiment chaud, chez elle il faisait bon. La température était plus haute que sur le continent.

Ici il faisait frais. Elle portait une veste en cuir qui retenait sa chaleur corporelle. L’air frais ne gênait pas la femme. Les habits de la blonde tenaient-ils chauds ? Elle regarda cette femme qui semblait se lever à peine. Peut-être se trompait-elle. Elle ignorait tout de leurs uses et coutumes. Avait-elle envie d’en apprendre plus ? Oui, assurément. Cyd se demandait si la femme savait parler sa langue, elle avait dit quelques mots avant de parler en anglais. L’idée qu’une étrangère parle sa langue natale provoqua un étrange sentiment. Un sentiment dont elle n’arrivait pas à déterminer la nature.  

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Sujet: Re: Une bouteille à la mer | Demetra
Dim 21 Mai - 20:45


Une bouteille à la mer
feat. Cyd Raye et Demetra Knight


Ça ne part jamais seul ? Je n'avais pas envie de la contredire mais quoi qu'il arrive, quelque chose me disait que les accidents ça pouvait toujours arriver, on était à l'abri de rien. Je fus tout de même rassurée lorsque l'indigène abaissa finalement son arme. J'abaissais moi aussi mes mains, les posant sur mes hanches tout en dévisageant celle qui me faisait face. On ne pouvait pas dire que j'avais rencontré beaucoup d'autochtones comparé à d'autres au camp, et ce n'est pas l'ours mal léché que j'avais croisé dans les bois qui avait été le plus loquace pour m'en apprendre beaucoup sur les habitants de la Terre. Elle au moins semblait me comprendre avec d'avantage d'aisance ce qui pourrait sans doute être un point plus que positif pour échanger avec elle.

Sa question était légitime, elle voulait savoir ce que moi, l'étrangère, venait faire ici ? Même si cela pouvait valoir des précisions. Ici sur Terre ? Ici au bord de la mer ? Ici face à elle ? Et en plus j'étais trop bruyante. Sur ce point-là elle avait entièrement raison, je n'étais pas encore vraiment habituée à me déplacer dans les bois sans prendre le risque de marcher sur une branche un peu trop sèche, éviter les craquements d'écorce ou des feuilles mortes. "Je l'avoue, on a pas encore tous l'habitude d'être aussi silencieux que vous, ça nous prendra du temps." J'avais répondu à son affirmation mais pas à sa question encore, posant ma main sur le sac que je portais en bandoulière, je fis un geste afin de lui montrer qu'elle n'avait rien à craindre de moi ou de ce que j'allais sortir de mon sac. J'en tirais quelques une des feuilles de papier artisanal sur lesquelles j'avais croqué ça et là des végétaux que j'avais trouvé sur mon chemin. "Je dessine … regarde …" Tendant les quelques esquisses dans sa direction, je regardais ensuite la mer. "Je n'avais jamais vu la mer, je voulais venir l'observer, la dessiner, j'avais envie de m'évader et … c'est là que je t'ai vue." Des tonnes de questions se bousculaient dans ma tête, je voulais l'assaillir de tout ce que j'avais envie de savoir au sujet de ceux qui peuplaient la ces terres, de ceux qui contrairement à nos ancêtres, avait survécu sans avoir le privilège d'être envoyé dans l'espace.

L'espace. Elle pointait son doigt vers le ciel et j'esquissais un sourire lorsqu'elle me demande si je venais du ciel. Levant le visage vers les nuages, un instant j'étais presque nostalgique, voir la Terre depuis les étoiles était un spectacle qui me manquerait, tout comme voir les constellations depuis la mince fenêtre de ma cellule. Ma cellule, ça c'est une chose qui ne me manquait pas, enfin peut-être seulement les soirs d'orage quand je tremble comme une feuille dans note abri, mais au moins ici, personne ne me dictait ma conduite, personne ne pouvait m'enfermer entre quatre murs. Bien sur il y avait des règles au sein du camp, comme partout pour que cela fonctionne un minimum entre les uns et les autres. "On vivait dans l'espace, dans un vaisseau, celui qui s'est écrasé en deuxième sur Terre … et toi ? Tu … je t'ai vu arriver sur l'eau … il y a d'autres terres au delà de la mer ?" Je me souvenais les nombreux récits que j'avais pu lire, ce qui parlaient de découvertes, d’aventures en tout genres, de marins et autres pirates, si toutes ces histoires avaient un fond de vérité, j'étais curieuse d'en apprendre encore bien d'avantage sur ceux qui vivaient ici et là sur la Terre sur laquelle nous avions échoués.



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Sujet: Re: Une bouteille à la mer | Demetra
Dim 11 Juin - 17:54

Cyd regarda la fille du ciel sans rien dire. Elle la regarda abaisser ses mains et se dit que tout allait bien. Elle était bien la première de son genre qu’elle croisait et elle ne savait pas forcément comment se comporter avec elle. La guérisseuse ne manqua pas de lui dire qu’elle était trop bruyante. Pourquoi se gêner après tout ? Si elle avait pu l’entendre, d’autres l’avaient pu aussi. Du temps hein ? La Kovarii la détailla, pas sûre qu’avec le temps cela s’améliorait. Peut-être même pas. Peut-être que cela serait bien pire. Malgré tout, elle ne rajouta pas une couche. Elle préférait ne pas vexer cette femme. Elle n’avait pas mérité d’être insultée. Son regard clair se posa sur le sac que la fille du ciel bougea. Aussitôt la guérisseuse se tendit, plus méfiante que jamais. Elle vit alors des feuilles et s’approcha lentement comme on l’aurait fait avec une bête prédatrice et sauvage. Elle attrapa les feuilles tendues et les bougea avec précaution, regardant les végétaux qu’elle avait croqué. « Des plantes. » Murmura Cyd tout en regardant ces beaux dessins. Elle ressentit quelque chose d’étrange. De l’admiration ? Peut-être bien. La brune redressa la tête vers l’inconnue qui parlait de la mer. La Kovarii n’avait plus cette même magie envers cet eau. La mer restait la mer à ses yeux. Un endroit compliqué qui la stressait, mais qui lui était utile pour quitter son île de temps en temps. « T’évader ? » Cela voulait-il dire qu’elle fuyait les siens ? En tout cas elle semblait être une sacrée observatrice.

La brune ne dit rien sur la mer, décidant de rester évasive sur ce sujet-ci. Elle ne savait pas vraiment ce qu’elle pouvait dire et pis il fallait dire la vérité, elle se méfiait terriblement. Elle parla de l’espace, montrant le ciel. Elle était curieuse. Comment était le ciel ? Y avaient-ils réellement vécu ? Cet endroit semblait si incroyable, plus incroyable que tout. Cyd était un peu comme une enfant avide de découvrir quelque chose d’intéressant, mais apprendrait-elle quelque chose d’intéressant ? Un vaisseau, le second sur Terre. « Deuxième ? Où est le premier ? » Elle ignorait toutes les histoires concernant les deux vaisseaux. Pour elle c’était un seul et même peuple. De plus, elle n’avait entendu que des rumeurs. Les Kovariis n’étaient pas le peuple qui avait rencontré en premier les enfants du ciel. Après tout elles étaient à l’abri et loin de tout ceci. Personne ne pouvait les atteindre, en tout cas pas les enfants du ciel. Elle aurait dû s’y attendre à cette question sur d’où elle venait. Cyd savait qu’elle ne devait pas dire la vérité, quoi qu’il arrive. Ce n’était pas elle la priorité, mais sa tribu. « J’ai pris la mer. Il y a des terres, là-bas. » Elle indiqua une zone différente de là où se trouvait l’île des Kovariis, elle ne vendrait pas les siennes. « Je prends souvent la mer. » Les phrases de la femme étaient le plus court possible pour essayer de maîtriser le dialogue. Mais aussi, pour donner le moins d’information possible. Les enfants du ciel devaient habiter loin, cette femme était la première que Cyd croisait.

« Je suis Cyd. » Et elle tendit sa main en signe de salutation. L’usage était de se présenter avec le nom de sa tribu, mais elle ne l’avait pas fait. Et elle ne le ferait pas tant qu’elle pouvait l’éviter. « Pourquoi… Tu dessines les plantes ? Tu guéris ? » Oui pourquoi les dessiner ? Peut-être que c’était juste une artiste, mais tout de même, la brune ne pouvait s’empêcher de s’interroger et d’interroger. La femme risquait de dire stop aux questions au bout d’un moment. Mais la guérisseuse se laissait porter par ce qui la questionnait. Ce serait fabuleux de rencontrer une guérisseuse d’une autre tribu et en plus du ciel. Elles pourraient parler de tellement de choses ! Cyd regardait de temps en temps autour d’elle, attentive à ne pas se faire surprendre par qui que ce soit ou alors, par un prédateur. Il faisait encore frais sur le continent principal, mais elle supportait bien les températures.

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Sujet: Re: Une bouteille à la mer | Demetra
Dim 25 Juin - 20:08


Une bouteille à la mer
feat. Cyd Raye et Demetra Knight


Les quelques feuillets étaient à présent entre les mains de la jeune fille venue des flots, elle semblait les examiner soigneusement avant de relever les yeux vers elle, cet air interrogateur au fond des prunelles. "Oui, c'est quelques une des plantes que j'ai vues sur mon chemin jusqu'ici." Je désignais le chemin duquel je m'étais éloignée il y a peu avant d'arriver après tout je ne savais pas à quel moment elle m'avait repérée, je n'avais pas été très prudente à me tenir à la vue de n'importe qui, mais le spectacle qui s'offrait à mes yeux m'avait subjugué, m'avait ôté tout sentiment de danger possible.

Son regard interrogateur s'amplifia lorsque je repris la parole, soit le choix des mots n'avaient pas été idéal, soit ils n'avaient pas la même signification pour elle. Est-ce qu'elle pensait que je voulais m'évader de manière à dire que j'étais en cavale ? Est-ce que j'étais en fuite ? Je ne savais pas ce qu'elle savait sur nous, sur mes compagnons de galère. Je m'empressais d'apporter d'avantage de précision à mes mots. "Quand je parle de m'évader c'était d'avantage dans le sens de me changer les idées, je rentrerai auprès des miens bientôt." C'était ce que j'avais prévu en tout cas, j'avais prévenu Atlas que je serais absente quelques jours, pour qu'il ne lance pas de battue à ma recherche, même si je me demande qui pourrait bien remarquer mon absence en fin de compte. Qui peut bien s'inquiéter pour la folle qui fait la conversation à quelqu'un que personne d'autre ne peut voir ?

Sa question me surpris, alors il y en avait donc sur cette planète qui n'étaient pas au courant de l'arrivée de l'Odyssée ? Cela m'étonnait un peu mais après tout, le crash n'avait peut-être pas pu être visible de partout, pour nous cela avait eu une importance capitale. Après tout, c'était nous geôliers qui débarquaient et nous avions tous une crainte, raisonnée ou non qu'ils ne veuillent nous incarcérer à nouveau, qu'ils veuillent venir faire la loi comme lorsque nous étions là-haut, alors que depuis notre arrivée nous n'avions pu compter que sur nous même à chaque instant, ce n'était pas pour laisser les nouveaux arrivants nous dicter notre conduite. Nous avions tous payés pour nos crimes, nous avions tous failli crever, ils nous avaient envoyé à une mort plus que probable.

"Tu avais vu l'arrivée du premier vaisseau ? J'étais dans celui-ci, nous sommes arrivés il y a … whaou déjà 2 ans maintenant…" passant machinalement ma main dans mes mèches dorées je me surprends à poursuivre presque pour moi-même, gardant une voix qu'elle pouvait tout de même entendre. "Ce que le temps passe vite quand on découvre autant de nouvelles choses …" Le deuxième vaisseau nous a suivis à peu près un an plus tard, on nous avait envoyés en … éclaireurs. Le mot sonnait faut, j'avais pu m'en rendre compte au moment où celui-ci avait franchi la frontière de mes lèvres. Je n'allais pas balancer sans préambule à une inconnue que j'étais une meurtrière, que je faisais partie de cent condamnés à mort que l'on avait envoyé sur terre en espérant les faire crever. Cela ne serait sans doute pas du meilleur effet n'est-ce pas ?

Je suivais du regard le geste vague qu'elle effectuait en désignant l'immensité de la mer. Elle devait venir de loin car mes yeux avait de la peine à percevoir quoi que ce soit, elle ne semblait pas autant passionné par l'étendue aqueuse que je pouvais l'être, mais cela semblait normal après tout, on ne voit plus les choses de la même manière lorsqu'on les a sous les yeux à longueur de temps. Je fis un pas pour attraper la main qu'elle me tendait en se présentant et la serrai quelques instants dans la mienne avant de la relâcher, répétant son prénom. "Cyd, c'est une prénom que je n'avais jamais entendu, je ne pourrai pas l'oublier." Surtout lorsqu'il était porté par une jeune femme qui était loin d'être vilaine à mon goût.

Je souris à sa question, après tout elle était légitime. Une parfaite étrangère qui prenait du temps pour faire des croquis de plantes qui se trouvaient sur son chemin, cela pouvait pousser à la réflexion et la sienne aurait pu être correcte, mais je ne faisais pas partie des soigneurs de notre groupe. "Non je me contente de dessiner ce que je trouve, pour nous, tout est nouveau ici et il y a tellement d'essences différentes que c'est difficile pour nous de toutes les distinguer avec autant de faciliter que vous pourriez le faire." On n'était jamais à l'abri de manger ou toucher une plante ou un fruit que l'on ne connaissait pas et qui pourrait nous être fatal d'une manière ou d'une autre, autant mettre toutes nos chances de nôtre côté et éviter de faire des erreurs. "J'aimerai en savoir d'avantage sur les plantes et comment elles peuvent guérir … mais pour le moment je me contente de les dessiner, je donne mes croquis à nos soigneurs quand je tombe sur une nouvelle espèce que je n'ai pas encore dessinée auparavant." J'avais lu des milliers d'ouvrages durant mes dix ans de captivité, mais j'avoue qu'à l'époque, la botanique n'était pas forcément mes lectures les plus passionnées. Je l'interrogeais à mon tour, intéressée d'en savoir d'avantage à son sujet. " Est-ce que toi tu es médecin, tu soignes les tiens ? Est-ce que c'est pour ça que tu as traversé la mer ?" A cet instant j'avais peur de la retarder si elle était en route pour soigner quelqu'un, je ne voulais pas être responsable de la santé de quelqu'un. C'est pour ça que jamais je ne pourrai être soigneuse, jamais je ne m'intéressais suffisamment à ce qui pouvait arriver aux autres, à part ceux qui me sont chers, et aujourd'hui … ils se comptent sur les doigts d'une main, et encore …



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Sujet: Re: Une bouteille à la mer | Demetra
Mer 19 Juil - 13:16

Cette femme était intrigante, elle intriguait Cyd. Alors qu’elle regardait les feuilles, elle ne manqua pas de remarquer les dessins de plantes, fascinée. Elle suivit du regard le doigt de l’inconnue qui montrait l’endroit. La Kovarii hocha la tête. Elle se fit une petite note mentale, elle irait voir ensuite ce qui en était. Peut-être que c’était une plante qu’elle pourrait utiliser à l’avenir. Cyd ne maîtrisait pas parfaitement l’anglais même si elle en comprenait toutes les subtilités. Elle demanda plus de précision quant au mot évader qui lui semblait fort et lourd de sens. « Oh je vois alors. » Elles étaient dans le même cas. Même si Cyd le faisait aussi dans l’idée de trouver certaines plantes. La brune ne comprenait pas tout concernant cette histoire de vaisseaux. Comment pouvait-elle expliqué que depuis son île elle n’avait rien vu ? Cela aurait été insensé. Et il aurait tant à expliquer. La Kovarii ne voulait aucunement le faire. Elle restait méfiante envers cette femme qu’elle ne connaissait pas. « Deux ans ? Tu connais la Terre alors ? » Deux ans, c’était long selon elle. Elle ne se doutait pas que les enfants du ciel étaient là depuis si longtemps. C’était tout simplement incroyable. Cyd se fit alors la réflexion qu’elle avait été déconnectée de ces histoires. Pas seulement elle, mais de nombreuses femmes de sa tribu. Elles vivaient dans leur monde sans se soucier du reste.

« Il y a deux vaisseaux, c’est juste ? » Une simple question, mais elle avait besoin d’une confirmation pour être sûre de tout comprendre. La femme montra d’où elle venait. C’était montrer et à la fois, ne rien montrer. Son île était trop loin pour qu’on la voit. Mais au moins elle avait répondu à l’autre femme. Cyd décida de se présenter, curieuse de l’inconnue qui lui plaisait énormément mine de rien. Cette fraîcheur du ciel était quelque chose d’inédit. Elle avait croisé quelques femmes, mais jamais comme celle-ci. Un fin sourire étira ses lèvres pulpeuses. Elle se retint de faire une blague concernant le fait de ne jamais oublier son prénom. Elle ne voulait pas effrayer l’autre femme et elle n’était pas sûre au fond, si son humour serait bien perçu dans une langue qui n’était pas la sienne. « Comment tu t’appelles ? » Elle n’était pas sûre d’avoir entendu son prénom et était curieuse de mettre un nom sur ce joli minois. Les gens du ciel avaient-ils des prénoms très différents que les gens d’ici ? Elle se le demandait bien. Elle ne manqua pas d’interroger la blonde sur ce qu’elle était dans sa tribu. Elle était curieuse.

Cyd avait aussi envie de partager avec quelqu’un comme elle. Une vague de déception l’envahit quand l’autre femme expliqua pourquoi elle faisait cela. Bien évidemment. La cause n’était pas la même. « Les plantes sont un mystère. Il faut du temps pour les apprivoiser. » Elle avait sorti le mot apprivoiser spontanément, sans savoir si cela traduisait ses réelles pensées. Néanmoins, elle aimait bien ce mot qui sonnait étrangement dans sa bouche. Elle écouta la femme expliquer qu’elle aimerait en savoir davantage. « Si tu en as envie. Tu devrais demander à un de tes soigneurs si tu peux devenir son élève. » Aussi simple que cela selon Cyd. Chacun trouvait sa place et parfois, il fallait prendre un peu les devants pour pouvoir prendre son rôle qui nous était destiné. Elle avait fait une croix sur le fait d’être guerrière. Quelque part au fond d’elle, elle aurait voulu en être une, mais elle n’avait pas eu le choix. Ce n’était pas grave, elle restait tout de même utile aux femmes de sa tribu. « Oui je soigne les miens. » Dit-elle avec une grande fierté dans le regard. Il était important pour Cyd d’aider les autres. « Je suis venue ici pour quelques plantes, mais je ne rentrerai que le soir venu. » Elle ne précisa pas qu’on viendrait la chercher non loin d’ici. Cela ne regardait pas cette femme.

L’androgyne ne savait pas pourquoi elle avait précisé qu’elle rentrerait le soir. Peut-être pour faire comprendre que tout allait bien, qu’il n’y avait rien d’urgent. « Tu restes longtemps ici ? » Où voulait-elle en venir ? Elle n’en avait pas la moindre idée, mais continuait de parler. C’était bien plus fort qu’elle. Elle avait envie de continuer cette conversation.

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29/08/2016 Pivette 142 Margot Robbie ava : Pivette / sign : Grey Wind Cartographe / douée pour le dessin. Patrouille de temps en temps. 0


Sujet: Re: Une bouteille à la mer | Demetra
Dim 30 Juil - 21:34


Une bouteille à la mer
feat. Cyd Raye et Demetra Knight


Pouvait-on vraiment connaître la Terre en seulement deux ans ? Dans mon esprit, selon ma vision des choses je pense que je n’aurais pas assez du reste de ma vie pour véritablement découvrir et connaître la Terre. Elle y était née elle, elle avait cette chance d’avoir vécu libre toute sa vie, enfin c’est l’idée qui se faisait son chemin petit à petit dans les tréfonds de mon crâne depuis que j’avais posé mon regard sur cette femme. Malgré moi je ne pouvais m’empêcher de me demander à quoi ressemblait son quotidien, comment s’était passée son enfance au sein de sa tribu, de sa famille, est-ce qu’elle avait la chance d’avoir des frères ou des sœurs ? Cette idée-là m’intriguait depuis toujours, aucun de nous n’avait eu la moindre fratrie ce n’était qu’un concept abstrait, une chose plus qu’étrange qu’il n’est juste pas possible de réaliser pour nous. "Pour nous, deux ans c’est peu pour véritablement dire que l’on connaît la Terre … je connais les environs de mon campement mais il y a tellement de choses à découvrir… je n’avais jamais vu la mer … ça te donne une idée de mon ignorance !" J’esquissais un sourire qui ponctuait plutôt bien fin de ma phrase. J’avais tant de questions qui me brulaient les lèvres, tant d’interrogations qui ne demandaient qu’à trouver réponse. Mais c’était sans compter ses questions à elles … peut-être que si je répondais à toutes ses questions, elle répondrait ensuite aux miennes, ça valait la peine d’essayer après tout, je ne vois pas ce que j’aurai à y perdre.

"Oui ils nous ont envoyés sur Terre pour nous … exterminer, envoyer vers une mort certaine, se débarrasser de nous autres criminels de haut vol une bonne fois pour toute … pour être des éclaireurs, pour savoir si la planète était viable pour que nous revenions." Non, même si je n’avais qu’une envie, de faire payer le prix le plus fort à ceux qui nous avaient envoyer dans cette boite de conserve pour un aller simple à destination d’une planète à l’atmosphère que tous pensaient toxique et qui allait très certainement nous réduire au silence à jamais. Bien essayé … sauf que pour une fois, Mère Nature avait été de notre côté. "Nos réserves venaient à manquer, et ils ont suivi un an plus tard, le second vaisseau s’est séparé en deux en entrant dans l’atmosphère et une bonne moitié s’est crashé en mer, il y a eu beaucoup de morts …" Bien entendu il devait y avoir des gens que je connaissais de ma petite enfance dans ces victimes là, mais s’étaient-ils souciés de moi eux ? quand on m’a mise dans ce cercueil de métal ?

Mon prénom, je lui avais déjà donné mais après tout, peut-être qu’elle ne faisait que vérifier si je n’essayais pas de la duper avec une identité inventée. Ou alors elle ne l’avait pas compris, trop concentrée sur la flèche qu’elle avait bien failli me planter en pleine poitrine sans doute, elle devait être douée avec cette arme, et à cette distance, je n’aurais pas eu de grandes chances de m’en sortir si l’idée de m’ôter la vie lui avait traversée l’esprit. Je la regardais, un sourire sur les lèvres avant de lui donner ma réponse. "Demetra, je me m’appelle Demetra." Mon nom de famille je le gardais pour moi, même si je savais très bien qu’en lui donnant mon prénom, ce ne serait pas difficile de me retrouver, j’étais bien la seule au camp à porter ce prénom, mais il fallait bien garder un peu de mystère toute de même, je n’allais pas lui dévoiler tous les détails de ma vie.

J’attrapais les feuillets de croquis qu’elle me rendait, les pliais soigneusement avant de les ranger dans mon sac, comme un trésor précieux que je lui avais confié et partagé en toute confiance alors qu’elle avait bien failli me tuer quelques minutes plus tôt. Du temps. Il fallait du temps pour apprivoiser les plantes selon elle, je ne remettais pas sa parole en doute, pas le moins du monde, du temps aujourd’hui j’en avais à revendre, à présent j’avais tout le reste de ma vie devant moi, encore fallait-il que je sache ce que j’allais faire de cette vie. J’acquiesçais d’un hochement de tête lorsqu’elle suggéra que si l’envie d’apprendre était là, je pourrais devenir l’élève d’un de nous médecins. Je passais un instant en revu ceux du camp qui pouvaient être des mentors potentiels et hochait la tête de manière négative. "Je suis plus douée pour le dessin que pour apprendre des techniques de soins et des recettes d’onguents."

J’avais vu juste, elle était bien médecin elle, si elle était aussi douée pour les soins qu’elle prodiguait que pour tenir en joue une inconnue avec un arc, c’est sans doute avec elle que je voudrais apprendre. Sa réponse était basique mais après tout elle m’en apprenait davantage sur les environs, si elle devait venir jusqu’ici, loin de son île, pour rechercher certaines plantes, cela confirmait le fait que la flore était bien différente suivant les régions. Cela me donnait envie d’en apprendre encore plus sur mon nouvel environnement, sa géographie, ses habitants… j’avais lu tellement de chose lors de ma captivité que ma soif de connaissance n’avait fait que grandir au fil des ans. Je me risquais à poser une question, après tout elle pourrait refuser, je ne lui en tiendrais pas rigueur mais je mourrais d’envie qu’elle répondre par l’affirmative.

"Est-ce que … est-ce que tu accepterais que je t’accompagne ? Je ne te ferai aucun mal, et puis … c’est toi qui est armée pas moi !" Je désignais son arc d’un geste de la main en riant.



© Pivette

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12/03/2017 Ponyta 75 Ruby Rose avengedinchains notion de soin, orientation, guérisseuse 80


Sujet: Re: Une bouteille à la mer | Demetra
Sam 12 Aoû - 10:09

Il était vrai que deux ans, cela pouvait passer vite. Ce n’était rien dans des années, que des poussières. La femme voulait bien en convenir. « J’ai découvert la mer tard. » Elle tentait d’une certaine manière de rassurer l’autre femme. Elle ne fit aucun commentaire sur le fait qu’elle connaissait l’environnement de son campement et rien d’autre. Il fallait bien commencer par quelque chose et au lieu de la considérer comme une adulte, Cyd aurait dû la voir comme une enfant. La femme continua de poser des questions sans s’arrêter, avide de savoir. Elle avait envie d’en savoir le plus possible. Elle apprit la vérité, enfin ce qu’elle croyait être la vérité. La première vague des enfants du ciel était donc des éclaireurs. Cyd n’avait jamais imaginé des éclaireurs ainsi à dire vrai. Elle les trouvait bien trop faibles. Pourtant, elle garda ce commentaire pour elle, inutile de mettre des tensions dans la discussion. « Vous auriez pu mourir ici. » C’était le seul constat qu’elle pouvait faire. Elle doutait que cette femme soit une grande guerrière. La Kovarii pouvait se tromper, mais elle en doutait fortement. Malgré tout, elle décida de laisser le bénéfice du doute à la blonde en face d’elle. Elle écouta la suite du récit et imagina ce vaisseau qui se scindait en deux et qu’une partie attirait dans la mer. La vision lui tira un tressaillement le long de l’échine. C’était tout simplement horrible et elle n’avait aucun mot pour décrire cela.

Dans ce chaos de sentiments et de sensations, elle oublia le fait qu’elle savait déjà le prénom de la femme. Elle le redemanda. Cela avait été dit quand elle bandait sa flèche et les souvenirs restaient encore vague. Elle hocha la tête quand la blonde rappela son prénom. Cyd ne s’excusa pas de l’avoir oublié, après tout cela arrivait. L’androgyne vit bien comment Demetra plia les feuilles, comme si c’était un trésor. Elle ne commenta pas ce fait. Son regard s’attarda sur cette femme sans savoir quoi en penser réellement. Elle laissa ses pensées de côté pour parler de son travail qui était une sorte de vocation. Quelque part au fond d’elle, Cyd aurait apprécié être une guerrière, protéger les femmes de sa tribu. Malgré tout, elle savait qu’à sa manière, elle protégeait les siennes. Son rôle était juste différent et elle tentait de les garder en vie, même si parfois, elle soulageait au point d’avancer le moment de la mort. « Au moins tu sais reconnaître tes forces et tes faiblesses. » Apprendre des recettes demandait énormément, bien plus que ce qu’on pouvait penser. Le moindre faux dosage et cela en était fini du patient. C’était un art très sensible qu’il fallait savoir manier. C’étaient des années d’observation avant de soigner quiconque. La brune continuait de parler. Elle ne s’arrêtait pas malgré la méfiance évidente qu’elle aurait dû éprouver envers cette femme.

Elle lui demanda humblement si elle restait longtemps ici, mais ne reçut aucune réponse à son grand étonnement. Cyd éprouva un sentiment étrange, probablement de la frustration et elle souffla. Mais la demande de Demetra la surprit et elle la dévisagea, ne sachant comment le prendre. Au fond d’elle, elle avait déjà la réponse à la question de l’autre femme. Son rire l’avait étrangement envoûtée et un sourire étira ses fines lèvres. « D’accord, mais sois discrète. Il y a des prédateurs et si tu m’embêtes, je te mords. » Dit-elle avec un éclat amusé dans le regard. Elle la provoquait pour voir comment elle réagirait. Son attitude n’était pas forcément intelligente, mais absolument pas méchante. Elle était juste d’humeur extrêmement joueuse. Cyd se mit en route, contente que Demetra semble lui faire confiance quant au fait qu’elle pourrait toujours la protéger. Même s’il fallait bien l’avouer, la guérisseuse, n’avait aucun syndrome de sauveuse, ce n’était tout simplement pas pour elle. La femme savait très exactement ce qu’elle recherchait. Elle espérait qu’elles ne croiseraient pas un ours car même si Cyd respectait la nature, elle n’appréciait pas les ours qu’elle trouvait extrêmement dangereux.

Elle en avait toujours vu de loin, jamais de près heureusement. « Tu as déjà vu d’autres natifs ? » Demanda-t-elle, curieuse. Elle se demandait à quel point les autres tribus s’étaient liés aux enfants du ciel.
 

Une bouteille à la mer | Demetra

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