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˜˜˜˜˜˜Promenons-nous dans la jungle pendant que la panthère n'y est pas. | Ćiro
maybe life should be about more than just surviving


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12/03/2017 Ponyta 90 Ruby Rose avengedinchains notion de soin, orientation, guérisseuse 31


Sujet: Promenons-nous dans la jungle pendant que la panthère n'y est pas. | Ćiro
Ven 24 Mar - 11:59

Cyd se réveilla lentement. Son regard clair se posa sur le plafond de son habitation, faite de bois comme les autres. La Kovarii se redressa dans son lit et grogna, passant une main dans ses cheveux courts. Elle avait un étrange sentiment qui s’étirait dans son corps et fila se laver et s’habiller avant de se diriger vers l’habitation de sa mère et sa sœur. Elles vivaient ensemble car la santé de sa mère était trop précaire pour vivre seule et parce qu’elle adorait sa sœur aînée. Cyd toqua à la porte et entra. Sa sœur nourrissait déjà son bébé au sein et la guérisseuse la salua d’un signe de tête. L’habitation était silencieuse et la brune se rendit dans la chambre de sa mère, silence, elle dormait. L’étrange impression disparut et la Kovarii se rendit compte qu’elle avait rêvé de la mort. Pour elle, comme pour toutes, ce n’était pas une angoisse, mais une étape dans le cycle de la vie. Elle la regarda une dernière fois avant de quitter sa chambre. Elle avait pour projet d’aller dans la jungle cueillir des plantes et voir ce qu’elle pourrait trouver d’autres pour ses remèdes. Elle était relativement calme malgré le vent frais de ce début de journée. La femme parcourait les terres de sa tribu, visiblement de bonne humeur.

Elle salua d’un signe de têtes quelques personnalités. On lui rendit son salut. Elle pensa alors à son ami Ćiro et décida d’aller le voir. Ils se connaissaient depuis toujours. Malgré la place de l’homme dans leur société, elle le fréquentait volontiers, quoique discrètement. Sa mère n’avait jamais approuvé ce genre de relation. Déjà que Cyd sortait volontiers du cadre, alors fréquenter un homme faisait hérisser sa mère. Malheureusement celle-ci était trop malade pour dire quoi que ce soit à présent. La brune se dirigeait vers le lieu où travaillait Ćiro. Bien décidé à lui demander de sortir avec elle dans la jungle. Il serait probablement content ! Elle ne profiterait pour voir avec lui si son arc allait bien et s’il n’était pas trop usé. La brune avait une démarche féline, elle marchait en silence. Les longues heures passées, voire jours quand on comptait, dans la jungle avaient façonné sa manière de marcher. Les peaux de bêtes posées sur son corps masquaient les quelques formes qu’elle possédait. Son visage particulier soulignait ses yeux clairs. Sa peau était décorée de tatouages. Des tatouages qui racontaient des histoires, son appartenance à son peuple et sa foi envers la déesse.

Elle arriva devant le cabanon de Ćiro et toqua calmement. Elle espérait qu’il soit déjà debout. Le soleil venait à peine de se lever. Elle était quelqu’un de particulièrement matinale qui ne boudait pas son petit plaisir. Elle aimait se promener quand la plupart des gens se reposait. « Ouvre-moi marmotte. » Son ton terriblement ironique aurait fait hérisser bien des gens. « On a une mission. » Plaisanta-t-elle, en souvenir de leurs conneries de jeunesse qui avaient fait froncer les sourcils des adultes. A présent c’étaient eux les adultes. Dans toutes leurs singularités, ils représentaient l’avenir des Kovariis, que cela plaise ou pas.

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11/03/2017 ELOW ; 300 MATHIAS LAURIDSEN ELOW ; CRÉATEUR D'ARCS ET DE FLÈCHES, HOMME DE MAIN ET DE FOI DÉVOUÉ. FAUX IDIOT AUX PENSÉES PRONONCÉS. 71
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Sujet: Re: Promenons-nous dans la jungle pendant que la panthère n'y est pas. | Ćiro
Ven 14 Avr - 16:25




promenons-nous dans la jungle,
pendant que la panthère n'y est pas.
24 MARS 2117

Il était toujours le premier debout. Comme si le sommeil était un luxe qui ne pouvait pas se permettre. Pas de rêve durant la nuit, juste le repos nécessaire à son corps pour être d'attaque la journée. Pour retrouver l'énergie perdue la veille. Il entretenait l'habitation de sa famille, sans aide de sa mère ou de sa sœur. Il se chargeait de tout ranger, nettoyer, de tout mettre en place avant même leurs réveils. Il était chargé de rendre leur vie plus faciles, plus agréable. D'effacer les petits problèmes du quotidien avant même qu'ils n'apparaissent. C'était son rôle à lui et il y tenait fortement. Alors que le ciel s'éclaircissait, il était déjà là, préparé et vêtu. Propre. Il savait ce qu'il devait faire et comment le faire. C'était peut-être répétitif, mais au moins il avait connaissance de ses actions sans devoir attendre de directives. Ćiro n'était pas compliqué comme jeune homme, tout le monde le savait. Une fois qu'on lui avait appris une chose, il était capable de le refaire sans le moindre problème. Il était serviable et toujours présent pour les tâches les plus ingrates. Il ne semblait jamais douter de ce qu'il faisait. Comme ce matin-là, comme toutes les prochaines. Ce qu'il faisait n'était rien d'extraordinaire ou surprenant. Cela prenait du temps, du temps que les femmes n'avaient pas toujours.

Quelques baies dans des bols en bois, accompagnés de noix concassées et d'un jus. Voilà de quoi permettre à sa famille de commencer une journée correcte. De partir le ventre plein. Une fois qu'elles sortaient, chacune s'occupant de ses tâches respectives – bien que sa mère restait de plus en plus chez eux – Ćiro pouvait aller travailler. Il pouvait arrêter de rendre les choses belles et propres, pour se perdre dans un monde qui parfois n'appartenait qu'à lui. Les outils en main, il ne perdait jamais la moindre seconde. Il pouvait parler tout en confectionnant ces arcs, mais qui l'écoutait vraiment ? Le dos parfaitement courbé, il façonnait des morceaux de bois achetés. Il avait un rythme très précis, particulier. Il aimait travailler en silence, dans son coin. Dans son petit atelier improvisé. Ils n'étaient pas nombreux à savoir créer des armes. C'était presque un savoir précieux. Ćiro avait tendance à vouloir garder ses idées pour lui, mais de toute manière peu avait la patiente du garçon pour ornementer les arcs comme il le faisait. Il aimait bien trop les détails. Les beaux détails. Sur tout ce qu'ils faisaient, il jonglait toujours entre ceux que les siens allaient vendre et ceux qu'elles garderaient pour elles. Et généralement, c'était ces armes-là qu'il fabriquait avec une dévotion particulière.

Ce matin-là, il avait commencé plus tôt que prévu. Il avait été particulièrement rapide dans ses tâches – ce qui était assez rare. Il arrivait souvent qu'on lui rajoute d'autres choses à faire. Pas cette fois-là. Il était déjà en sueur à force de répéter ses mouvements, mais s'arrêta lorsqu'il entendit un coup. Quelqu'un était là. Il posa sa lame et s'étira une seconde, riant naïvement en ouvrant.

Mais voyons Cyd, tu sais bien que je ne suis pas une marmotte. Son ton enfantin laissait croire qu'il avait pris la jeune femme au mot. Alors que ce n'était là qu'un surnom amusant qu'elle avait trouvé à lui donner. Ćiro semblait toujours croire tout ce qu'on lui disait. Je suis un homme. Il prit une pause plus ou moins avantageuse, avant de se rendre compte du ridicule de sa posture. Il fit place pour laisser son amie entrer, se recoiffant rapidement. Il avait toujours cet air négligé, ses cheveux en bataille qui ne semblaient jamais vouloir trouver une vraie cohérence.

C'est vrai ? Quelle mission ? Qu'est-ce que je dois faire ? L'excitation dans sa voix était une sincérité désarmante. Il aimait les surprises, malgré ses airs d'homme organisé. Il n'y avait rien de mieux que les imprévus, saupoudré d'un peu de folie et d'aventure. Dis-moi ! C'est urgent ? Faut partir maintenant ? Il était prêt à tout arrêter simplement pour la suivre.


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Sujet: Re: Promenons-nous dans la jungle pendant que la panthère n'y est pas. | Ćiro
Lun 8 Mai - 14:47

Cyd se sentait comme une enfant. Elle appréciait énormément Ciro et le taquinait. Un sourire amusé traversa son visage ambigu quand l’homme affirma ne pas être une marmotte. Il était évident que s’il en avait été une, sa vie aurait été différente, mais mieux, mais très différente que chez les Kovariis. Non pas qu’elles maltraitent leurs hommes, mais leurs vies restaient simples et ils ne s’élevaient pas dans la hiérarchie. Cyd avait une vague idée de ce que c’était quand on ne s’attendait pas à ce que vous vous éleviez dans la vie de la tribu. Sa mère l’avait presque traitée comme un homme, préférant que Cyd devienne utile en guérissant plutôt qu’être une guerrière. La gamine de l’époque lui en avait voulu, mais ensuite, elle avait accepté son choix et s’y était très bien habitué. Un rire lui échappa quand son ami lui rappela son genre, prenant la pose. « En effet, comment pourrai-je l’oublier ? » Parfois elle l’oubliait, justement. Cyd ne s’attachait pas au genre, elle s’en fichait. Cela n’influençait pas sa manière de se comporter, sauf dans son désir. Elle appréciait les courbes féminines. La femme entra dans l’habitation de travail de Ciro et regarda calmement la lame posée non loin. Elle se demandait bien ce qu’il faisait. Des arcs ? Elle songerait à lui montrer le sien pour qu’il vérifie son état plus que précaire.

« Allez dans la jungle. » Elle se sentit soudainement comme une petite fille. Oui la jungle, cela semblait être un bon plan et avec son ami d’enfance, elle ne doutait que cela serait encore mieux. « Tu dois t’assurer que je rentre en un morceau. Une paire d’yeux supplémentaire, ce n’est jamais de refus. » Dit-elle en le désignant d’un air très solennel. Elle avait besoin de lui. Elle avait perçu son excitation et en fut sincèrement touchée. Elle aimait son caractère, si particulier, mais qui allait si bien avec le sien. « Si tu peux, oui. Je veux profiter de la lumière du jour pour chercher les plantes qu’il me faut. Est-ce que tu peux vérifier vite mon arc ? Je veux qu’on soit en sécurité. » Elle lui tendit son arme avec confiance. Si Ciro acceptait de bouger maintenant, cela serait plus facile. Elle espérait que son arc était en bon état. L’idée d’être sans arme dans la jungle la révulsait. Certes elle avait confiance en la Nature et sa Déesse, mais elle savait les prédateurs qui se trouvaient là. Cyd laissa aller ses mains qui se posèrent sur certains meubles. Elle avait souvent besoin de toucher les choses pour mieux les comprendre. Cela aidait son esprit à mieux assimiler les choses. « Que faisais-tu ? » Des questions, tellement de questions dans l’esprit de Cyd. Elle en avait des dizaines. Des bonnes questions comme disait sa sœur et des moins bonnes, des dangereuses, des dérangeantes. Mais cela lui était bien égal de déranger.

« J’ai pris de quoi manger et boire. » En tant que guérisseuse, jamais elle ne mettrait sa vie et celle de quelqu’un d’autre en péril. Elle faisait en sorte d’avoir tout le matériel nécessaire. Cyd avait des petites pensées dans son esprit. Elle pensa à la fête des roses qui approchait, mais chassa cela de ses pensées. Inutile d’y penser, ce n’était vraiment pas le moment. La femme se fit la réflexion que Ciro travaillait seul, comme elle. Oh elle voyait plus de gens que lui, mais elle pouvait passer parfois des heures sans voir personne, surtout si elle s’aventurait dans la jungle. La guérisseuse se dit que si sa mère avait su qu’elle s’apprêtait à s’enfoncer dans la forêt avec Ciro, elle n’aurait pas approuvé. Mais sa maladie l’empêchait d’avoir une quelconque emprise sur sa fille. Tout ceci était terminé aujourd’hui. Cyd était libre.

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Sujet: Re: Promenons-nous dans la jungle pendant que la panthère n'y est pas. | Ćiro
Lun 29 Mai - 11:19




promenons-nous dans la jungle,
pendant que la panthère n'y est pas.
24 MARS 2117

Il n'y avait rien de plus important à ses yeux que le sourire d'une femme. Elles étaient tellement belles quand elle souriait. Et c'était peut-être un peu compliqué, parce que les Kovarii avaient une réputation à tenir, mais quand elles étaient chez elle, à la maison, elles pouvaient se sentir libérer de toutes choses. Elles pouvaient être elles-mêmes, n'hésitant pas à sourire ouvertement. C'était ainsi que Ćiro voyait les choses. Alors il faisait de son mieux pour conserver ces sourires, pour briser cette froideur que certaines semblent avoir héritée depuis des générations. Sa bêtise l'a toujours aidé et il ne peut plus s'en séparer. C'est comme si c'était improbable qu'il soit autre chose que celui qui ne semble rien savoir. Et pourtant, il avale les informations comme une éponge et garde pour lui ce qui peut être utile à l'avenir. Il sait que les mots sont précieux, peut-être même plus que ce qu'il trouve parfois dans la forêt. Peut-être que la plupart des siens ne voyaient pas l'importance de son rôle dans la société Kovarii, mais lui savait. Il avait sa place ici et personne ne pourrait lui dire le contraire. Se plier aux règles n'était qu'une formalité quand on comprenait la force de sa simple présence. Il soulageait sa famille de tâche dont elles ne devraient pas se préoccuper. Il rendait leur vie plus simple et plus confortable. Il avait l'impression d'être comme l'un de ces outils : indispensable. Et pour rien au monde il n'échangerait sa place. Il était même content d'être un homme et n'estimait pas nécessaire de jalouser le sexe opposé. Il était né différent, mais il avait sa raison d'exister.

Il suffit de bien regarder. Tu vois, je n'ai pas de forme moi. Je suis plat comme un poisson ! Sa posture était loin d'être avantageuse, mais comme toujours avec Ćiro elle apportait le rire. Et le ridicule n'était pas une chose réelle pour lui. Il semblait toujours parler avec son cœur ouvert. Comme un enfant qui n'avait pas grandi et qui continuait de croire que la terre était limitée à sa maison.

Et tu as bien choisi ! Mes yeux sont parfaits. Il s'avança, mettant son visage en avant et laissa Cyd admirait ses yeux bleu vert. La jungle, c'était un endroit qui grondait de mystère. Il n'y mettait les pieds que lorsque c'était utile. Il faut le dire, il n'a pas forcément de bon souvenir de cet espace, mais il sait qu'il ne peut pas contourner ce problème. Son amie ne tarda pas à lui expliquer qu'elle désirait chercher des plantes et qu'elle aimerait tout de même qu'il vérifie son arc avant de partir – si possible tout de suite. Jetant un bref coup d'œil derrière lui, il rangea rapidement quelques éléments qu'il ne préférait pas laisser dehors.

Donne-moi ton arc, je regarde ça et on y va ! Il prit l’objet en main et l’étudia sur tous les côtés. Il observa d’abord le bois, surtout les extrémités. L’ensemble lui paraissait en bon état et encore bien assez solide. Puis il étira la corde et tâcha tout de même de resserrer celle-ci par précaution. Je travaillais. Tu vois, il faut que j’arrive à transformer ça… il attrapa une buche de bois assez longue et manqua de perdre son équilibre bêtement. En quelque chose comme ça… Il reposa l’objet puis se retourna pour prendre un morceau plus fin qui était à peine courbé. Et après j’y mets un peu d’amour et ça donne des arcs aussi beaux que le tien. Il reprit l’arc de Cyd et lui tendit l’objet. On peut y aller alors !

Il tâcha de bien fermer dernière lui-même s'il avait confiance en ses voisins. Le problème c'est qu'il n'aimait pas qu'on touche à son travail. Il prit aussi un arc et des flèches avec lui, son arme paraissait bien ridicule face à lui de Cyd où ceux qu'il vendait. L'objet avait des airs un peu ancien, mais restait un objet qui tenait à cœur au garçon. Il faut dire que c'est le premier qu'il ait conçu et aussi le plus résistant à ses yeux. Même s'il n'avait rien d'un guerrier, son métier l'autorisait à tester ses créations et pas grand monde ne faisait attention à lui lorsqu'il se baladait avec des armes sur le dos. Il suivit Cyd en direction de la jungle avant de s'arrêter bêtement à l'entrée de celle-ci. Il observa les arbres puis la jeune femme qui n'hésita pas à entrer. Il respira une bonne dose puis rattrapa son amie en courant légèrement.

De quoi as-tu besoin, dis-moi ? Il tâcha de prendre le même rythme de marche que Cyd. La jungle était grande et envahissante, elle paraissait déjà avoir englouti les deux amis. D'ailleurs Cyd, comment va ta mère ? Maintenant qu'ils étaient là, ils étaient complètement coupés de la civilisation et si Ćiro tâchait de garder un œil sur ce qui l'entourait, cela ne l'empêchait pas de se renseigner sur ce qui se passait dans la vie de son amie.


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Sujet: Re: Promenons-nous dans la jungle pendant que la panthère n'y est pas. | Ćiro
Ven 16 Juin - 22:30

Un sourire étira les lèvres de Cyd quand elle vit son ami faire le clown et affirmer être plat comme un poisson. Bien sûr qu’il était plat comme un poisson. Elle le trouvait amusant et son comportement la détendait. Elle le connaissait. Oui elle comptait sur lui et ses yeux. Sans broncher, la brune androgyne affronta les yeux clairs de son ami. Cela la fit à peine frémir. Une femme aimant les hommes aurait peut-être été troublée par les yeux de Ciro, mais pas l’androgyne qui lui sourit avec douceur. Elle le laissait envahir quelque peu son espace personnel car elle le respectait et l’appréciait énormément. Ils se connaissaient depuis leur enfance malgré le léger écart d’âge. La guérisseuse parla de son arc. Elle profitait clairement des compétences de l’homme, mais elle assumait complètement. Elle le savait bon dans son cœur et prêt à l’aider. Elle comptait volontiers sur lui sans jamais se sentir vulnérable en sa présence. C’était une excellente chose selon elle. Cyd admirait les mains habiles de Ciro qui manipulait son arc sans broncher. Elle ne le lâchait pas du regard, observant chaque geste. Elle ne manqua pas de l’interroger sur ce qu’il faisait avant qu’elle ne l’interrompe. Elle se sentit presque comme une enfant, fascinée par la bûche qu’il transformait en un arc. Dans la bouche de Ciro, ce travail semblait si simple, comme s’il avait de la magie pour transformer la matière première.

Elle reprit son arc et le mit dans son dos avec élégance. Ses mouvements étaient fins et même si elle naviguait entre deux genres, de temps en temps, sa féminité ressortait. Mais était-ce réellement de la féminité ou juste de la masculinité différente ? Elle n’en savait rien et ne poussait pas la réflexion si loin. Ils se mirent en route en silence et sur le chemin, Cyd salua d’un signe de tête quelques femmes de la tribu. Elle pouvait ressentir la présence de Ciro à ses côtés et se sentait apaisé. Elle le regarda vite fait avant de s’enfoncer dans la forêt. La femme tourna la tête vers son ami quand elle le vit stoppé devant la jungle, mais finalement, il la rejoignit. Aurait-il hésité à ne pas venir ? Cyd décida de ne pas y penser et se mit en route. « Il me faut des plantes qui soulagent les muscles. » Certaines guerrières forçaient trop sur leurs corps et venaient ensuite se plaindre. Elle devait soulager les jambes tendues qui empêchaient certaines guerrières de se déplacer. Oh bien sûr, elles pouvaient aussi attendre, mais certaines n’étaient pas patientes. Mais qui était patient quand il s’agissait d’entraînement pour devenir la meilleure guerrière de sa tribu ? La question de son ami la coupa dans ses pensées et elle tourna vivement la tête vers lui.

Cyd prit une grande inspiration et lâcha un soupir. Même si la mort était une étape comme une autre chez les Kovariis, cela lui faisait tout de même étrange concernant sa mère. « Son état ne s’améliore pas, mais je le savais. Je cherche justement des plantes pour la soulager. Elle rêve énormément. » Et pas de bons rêves. L’au-delà attendait sa mère. Il était du devoir de Cyd de la soulager au maximum. Elle n’abrégerait pas ses souffrances, car elle considérait que cela n’était pas son rôle. Elle n’était même pas sûre que cela serait bien. « Son heure approche. Il est de mon devoir en tant que guérisseuse de m’occuper d’une des miennes. » Elle disait cela avec conviction. Elle s’occupait parfois des anciens qui s’éteignaient et avait vu des blessures sur des plus jeunes emporter la vie éphémère. La mort faisait partie de son travail, même si son rôle premier était de soigner et de sauver. Mais parfois, l’heure venait et on ne pouvait rien faire. On ne devait que se plier aux conséquences de tout ceci. Alors qu’elle marchait calmement dans la jungle, elle cherchait du regard les plantes qu’elle désirait. Elle parlait de la mort avec naturel, alors qu’on parlait de sa mère. Quelqu’un d’une autre tribu aurait été probablement triste, mais pas elle. Enfin oui, elle était triste, mais elle connaissait les étapes de la vie et le cycle immuable.

« Des fois je me demande à quoi ressemblent les enfants du ciel. » Elle allait sur le continent certes, mais pas régulièrement et elle agissait toujours avec prudence. Elle faisait toujours en sorte de croiser le moins de continentaux possibles. Elle se demandait si ces enfants du ciel existaient vraiment ou n’étaient qu’un mythe. Etaient-ils si différents d’eux ? D’un côté, qui n’était pas différent des Kovariis et de leur manière de pensée et de concevoir les choses de manière si différente en comparaison des autres tribus ?

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Sujet: Re: Promenons-nous dans la jungle pendant que la panthère n'y est pas. | Ćiro
Sam 8 Juil - 19:15




promenons-nous dans la jungle,
pendant que la panthère n'y est pas.
24 MARS 2117

Faire l'imbécile, ça s'était presque inscrit dans son sang tant cela devenait naturel. Peut-être s'était lui-même perdue dans cette mascarade, peut-être que finalement il était devenu l'idiot qu'il prétendait être. Cela ne l'inquiétait pas. Tant qu'il avait sous les yeux le résultat souhaité, la façon de s'y prendre comptait peu. Et alors qu'il se tapota la poitrine, Cyd laissa échapper un sourire. Faire le clown ne semblait pas l'étonnait, mais l'atmosphère restait simple et détendue. C'était ce qu'il voulait. Simplifiait les choses aux maximums. Ne pas laisser les pensées sérieuses prendre le dessus, envahir la beauté des moments. Le fait qu'il appréciait Cyd ajoutait à son envie de lui faire passer une agréable journée. Il gardait toujours un bon souvenir du temps passé à ses côtés et ne voyait pas pourquoi il ne passerait pas sa journée avec elle aujourd'hui. Quelque part, le terme d'amie collait parfaitement à la jeune femme et c'était sans doute l'une des rares. Parce que Ćiro n'était pas aussi proche avec les autres. Il trainait avec peu de personnes, gardait souvent ses distances et puis le plus souvent, on ne le remarquait pas. On ne faisait pas attention à lui. Il n'était utile que dans sa conception d'arc, en dehors, c'était comme s'il n'existait pas. Cela ne le dérangeait franchement pas. En tant qu'homme, il n'avait pas le pouvoir et l'ambition de participer aux choses importantes. Il n'avait pas son mot à dire concernant les grandes décisions. C'était un suiveur, tout simplement.

Depuis qu'il avait prononcé son premier mot, le père de Ćiro lui avait appris une chose fondamentale : user de la parole dès qu'il le pouvait. C'est sans doute pourquoi il parlait tant. C'était pour ça qu'il ne supportait pas vraiment les silences aussi. Faire la conversation n'avait rien de difficile pour le garçon qui racontait tout et n'importe quoi. Il tâche de suivre Cyd sans trop réfléchir en fermant correctement derrière lui. Il profitait clairement de l'absence de sa mère pour se retirer et suivre son amie. Si elle avait été là, les choses auraient sans doute été différentes. Ćiro ne pouvait pas faire grand-chose sans elles. Sans leur accord.

Il acquieça de la tête, comprenant parfaitement ce qu'elle disait. Des plantes qui soulagent les douleurs musculaires. Il avait déjà vu ça. Forcément, son travail lui faisait faire des gestes parfois répétitifs et ses bras en avaient souffert. Il savait également les guerrières demandaient souvent des soins de ce type – ce qui retardait toujours celle de Ćiro qui depuis, s'était habitué à subir des douleurs plus longtemps. Il se demandait si elle avait beaucoup de demandes en ce moment, mais se tâcha de se mettre à observer les coins de la forêt. Il se sentait déjà envahi par celle-ci. Comme s'il se laissait dévorer par les feuilles et les arbres. C'était effrayant, mais tâcha de garder pour lui cette crainte. Pour le coup, il décida de combler le silence de la seule façon possible : les mots.

Oh, je vois. Des méchants rêves, n'est-ce pas ? Je déteste ça. Il fit semblant de frissonner puis repris son sérieux. Tu es tellement attentionné. Je vais faire de mon mieux pour t'aider. Son air convaincu laissait croire qu'il allait tout faire pour l'aider le plus rapidement et efficacement possible. Au fond, c'était le cas. S'il elle avait besoin de lui, il tâcherait de ne pas la décevoir. Mais n'empêche, ce n'est pas une chose facile de voir toutes ces personnes s'éteindre... lentement. Ne serait-ce pas mieux de soulager leurs peines ? D'apporter la mort plus rapidement ? Avoua-t-il, repensant à son père qui s'était fait tuer sous ses yeux… dans cette même forêt. Il perdit sa concentration et sursauta à un bruit plus loin. Ce n'était sans doute rien, mais voilà qu'il se mettait à imaginer le pire.

Les enfants du ciel ? Il eut un fou-rire. D'une part, il riait parce qu'il n'y croyait pas du tout. D'une autre, c'était parce qu'il était encore un peu nerveux à cause de la forêt. Je ne pense pas qu'ils soient réels. C'est impossible voyons. Ce n'est qu'une étoile qui est tombée du ciel, personne ne vit dans les étoiles. Il semblait parfaitement croire ce qu'il disait. De toute manière, Ćiro évitait le plus possible d'aller sur le continent. À ses yeux, ils étaient au meilleur endroit du monde. Rien n'était aussi bien que cette île. Et il n'y avait rien, là-bas. Et alors qu'il sursauta de nouveau, cette fois il dégaina son arc et une se mit en position. Il resta ainsi quelques secondes. Ce geste dévoilait bien qu'il n'était pas du tout friand de cette balade dans la forêt, mais aussi qu'il parfaitement manier les armes qu'il concevait. Il baissa légèrement sa flèche puis lança un regard à Cyd.

Je… Tu sais… Il observa les arbres qui l'entouraient. Parfois j'ai l'impression qu'il y a des choses qui nous suivent et qui pensent pouvoir nous avaler sans un mot. Finit-il par avouer. Il baissa définitivement son arc. Je ne suis pas très à l'aise avec toutes ces… bêtes et écoute ! Il s'approcha de Cyd et tendit l'oreille. N'as-tu pas parfois l'impression que les arbres parlent ?


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Sujet: Re: Promenons-nous dans la jungle pendant que la panthère n'y est pas. | Ćiro
Jeu 27 Juil - 21:18

La jungle était sa maison depuis qu’elle était guérisseuse. Cyd avait appris à y vivre et savait comment se comporter dans ce lieu particulier et rempli de prédateurs. Il fallait respecter la nature et ce que la déesse pouvait mettre en travers de votre route. La guérisseuse ne supportait pas le mal-être de sa mère. Cela la dévorait de l’intérieur, elle voulait faire tout ce qu’elle pouvait pour l’aider. « Merci, je fais juste mon devoir. » Elle ne pouvait pas céder face à l’émotion, cela ferait bien trop mal. Elle préférait s’épancher sur ses sentiments quand elle était seule. L’androgyne réfléchit sérieusement à la question de Ciro concernant la mort. « J’y ai pensé… Ma sœur et moi devons en parler. Peut-être que je le ferai. » C’était comment soulager les blessures d’un animal. C’était la même chose. Même si là, l’émotionnel entrait en ligne de compte. Cyd savait qu’elle avait déçu sa mère et leur relation était très moyenne depuis qu’elle avait l’âge de se former, mais surtout, depuis qu’elle avait su dire qu’elle ne se sentait ni homme, ni femme. Pour sa mère, cela avait été une erreur d’éducation qu’elle n’avait jamais comprise. La brune n’avait jamais compris cette réaction, mais jamais, les deux femmes n’en avaient parlé. La guérisseuse marchait calmement dans la jungle. Elle s’interrogeait énormément sur les enfants du ciel. Elle se demandait à quoi ils ressemblaient.

La réaction de Ciro l’étonna quelque peu et elle lui jeta un regard alors que le rire du brun berça ses oreilles. Bien entendu qu’il riait, le contraire ne l’étonnait même pas pour le coup. « Et si c’était possible ? » Elle avait été sur le continent, elle avait entendu des histoires, des témoignages. Et s’ils existaient ? « J’ai été sur le continent, j’ai entendu des rumeurs. » Ce n’étaient que des faits qu’elle énonçait, il n’y avait rien d’arrogant dans le fait qu’elle soit allée sur le continent et Ciro pas. Cyd éprouvait toujours un sentiment ambivalent concernant le continent. Elle aimait son île natale, mais souffrait quelque peu du traitement de la tribu à son égard. Elle ne changerait pas, quoi qu’elle fasse. Elle était ainsi faite et acceptait ce qu’elle était au fond d’elle, même si les autres étaient incapables de l’accepter. Elle sortit de ses pensées quand elle vit son ami sursauter et dégainer son arc. Elle n’avait pas fait un seul geste, attentive aux bruits autour d’elle. Cyd ne fit aucun geste pour inquiéter son ami. Elle apprécia juste sa manière de tenir son arc, très juste. A moins il n’hésiterait pas à les défendre si un prédateur se présentait à eux. « Quel genre de choses ? » La jungle était vivante, elle s’en doutait, mais y avait-il des choses ? Elle n’en savait trop rien. Elle avait dormi plusieurs fois ici et n’avait jamais ressenti un sentiment d’oppression ou de crainte.

Elle tendit l’oreille quand son ami le demanda. Elle ne savait pas si les arbres parlaient, cela l’intrigua aussitôt et elle regarda attentivement autour d’elle. Un frissonnement courut le long de son échine. Elle entendait un léger murmure sans identifier la source du son. Son regard naviguait vivement autour d’elle, attentive et aux aguets. « Peut-être bien parlent-ils, mais ils ne nous feront rien. Ils sont les gardiens depuis des siècles. La déesse nous protégera. » Elle croyait vraiment à ce qu’elle disait et à la protection que la déesse pouvait lui accorder. « Rien ne nous suit, sinon nous serions déjà morts, crois-moi. » Il était impossible qu’ils soient encore en vie si quelque chose les chassait. Certes il y avait des panthères dans la jungle, mais tout irait bien. Vu la chaleur, ils dormaient probablement. C’était du moins ce que se disait Cyd pour se rassurer. Elle tapota l’épaule de son ami pour l’encourager. « Tout ira bien. Tu es avec moi. » Elle n’était pas une guerrière, mais la jungle était son lieu favori. Si on faisait attention et qu’on priait assez fort la déesse, tout allait bien. Peut-être était-ce naïf de sa part, mais il ne lui était encore jamais rien arrivé ici.

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Sujet: Re: Promenons-nous dans la jungle pendant que la panthère n'y est pas. | Ćiro
Lun 11 Sep - 20:01




promenons-nous dans la jungle,
pendant que la panthère n'y est pas.
24 MARS 2117

Il était persuadé que c'était la déesse qui l'avait sauvé. Là, au plus profond de la jungle, elle a épargné Ćiro, encore trop jeune pour comprendre toutes les vérités de la vie. C'est peut-être aussi ce qui a alimenté sa foi, c'est peut-être ce qui n'a fait qu'empirer sa peur. L'inconnu de cette jungle danse et diverse le hantait souvent. S'il pouvait éviter d'y entrer, il le faisait, mais l'île était majoritairement vêtue des feuillages de cette jungle. Le village même s'y trouvait en son centre, profitant d'un parfait camouflage. Ćiro n'y échappait pas. D'une certaine façon, il y survivait et gardait pour lui cette crainte. C'était sans doute le seul défaut de ce paradis qu'il aimait temps. Même ces pires cauchemars qui rodent juste à côté ne le feront pas partir. Ćiro voulait rester, avec elles, ici, là où il était né, là où tout avait commencé. Il s'imaginait parfaitement céder sous le poids de la vie, sur le plus haut point de l'île, observant l'océan tout entier. La mort pourtant, n'était pas une question abordée avec facilité. Ćiro n'avait peut-être pas de but ultime à réaliser, mais il espérait être encore en vie assez longtemps pour aimer et profiter véritablement de tout ce qui l'entourait.

C'est à vous de décider. Dit-il simplement. Le sort de sa mère était entre ces mains. Il ne sait pas le lien que Cyd a avec sa mère, mais se doute que ça n'a rien d'un lien complètement tendu. Cyd était fascinante, différente, elle représentait quelque chose d'à part. Ćiro, sachant la place des hommes, sait également que les regards qui se posent sur Cyd sont parfois étrangement similaire à ceux auxquels il a le droit. Mais Cyd était formidable. Ćiro avait beaucoup de respect pour elle. Pour ce qu'elle aspirait à être, pour ce qu'elle était simplement. Une âme, généreuse et aimable. Il pouvait la suivre dans la jungle, parce qu'il avait beaucoup d'affection à son égard. Et une confiance certaine.

Il s'arrêta de rire, malgré son sourire toujours présent. Cette idée était absurde. Les rumeurs qui alimentaient cette hypothèse ne l'aidaient pas à croire à l'impossible. Il tâcha cependant de ne pas rire davantage.

Mais ce ne sont que des rumeurs, que des histoires éphémères sans valeur. D'ailleurs en quoi est-ce important ? C'est forcément faux et les idiots qui ont jeté ces mots se moqueront bien de ceux qui ont cru bêtement à leurs paroles. Il semblait très sûr de lui, mais se reprit tout de même. Mais je ne dis pas… Tu n'es pas bête, t'es même sans doute plus maline que moi… Il était mal, il n'aurait pas dû dire tout ça. Je suis désolé. Je ne préfère pas écouter les rumeurs, depuis tout petit on me dit pas de ne croire que ce que je vois. J'essaye… c'est tout. Je ne veux pas faire de bêtises… Et des bêtises, il en faisait souvent. Croire en des choses imaginaires, c'était sa spécialité. Mais ça, ces hommes et femmes qui seraient tombés du ciel, il n'y croit pas une seule seconde.

D'ailleurs, pourquoi la déesse aurait-elle fait ça ? Pourquoi envoyer ces inconnus sur terre ? Étaient-ils punis ? Et les hypothèses pouvaient être infinies, mais Ćiro n'en avait rien à faire. Les étoiles qui tombaient du ciel n'étaient faits que de pierre, non de vie.

N'es-tu pas curieuse de savoir ce qu'ils se disent ? Parlent-ils de nous ? Son regard glissa le long des arbres. Le vent continuait de créer ces murmures qui le faisaient frissonner. Cet endroit regorgeait de mystère, mais aussi de beauté. Je te crois. Il offrit un sourire rassuré, persuadé qu'elle serait capable de le sauver si besoin. La déesse nous apprécie, toi et moi.


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Sujet: Re: Promenons-nous dans la jungle pendant que la panthère n'y est pas. | Ćiro
Sam 30 Sep - 22:49

En effet, c’étaient à elles de décider ce qu’elles feraient pour leur mère. La responsabilité de Cyd était plus engagée compte tenu du fait qu’elle devrait donner une mixture. Elle décida de laisser ce sujet de côté qui tenait plus du détail qu’autre chose. Elle savait que son ami serait toujours là pour elle et qu’elle pouvait compter sur lui si elle en ressentait le besoin. Elle avait toujours eu confiance en lui car ils partageaient des secrets. Elle ne manqua pas de parler des enfants du ciel. L’androgyne ne savait pas forcément ce qu’elle devait croire, mais elle était curieuse. Elle vit bien Ciro cesser de sourire et se fit la réflexion que peut-être que là, elle venait de toucher une limite. La brune écouta les arguments de son ami. Elle ne fut pas vexée d’entendre que ceux qui y croyaient étaient probablement bêtes. Elle posa sa main sur l’épaule de Ciro quand elle crut voir sa confusion. « Tout va bien Ciro, tout va bien. » Elle s’approcha de lui et le serra entre ses bras. Il restait un homme et plus épais qu’elle. De plus, Cyd n’était pas guerrière, alors elle entraînait bien moins ses muscles que les guerrières de la tribu. Ses mains restaient fermes et sûres, c’étaient les outils de l’androgyne. « Tu as raison de ne pas écouter les rumeurs. » Elle lui fit un tendre sourire. « Je suis curieuse, sur le continent, j’ai eu entendu d’autres gens en parler. J’y croirai aussi quand je les verrai. » Pas avant. Elle s’interrogeait juste, mais elle aurait dû se rappeler du tempérament de Ciro.

Elle avait été imprudente et l’avait probablement chamboulé. Elle aurait dû être plus attentive à ces besoins. L’androgyne lui tapota l’épaule pour le rassurer et se remit en route, décidée à obtenir ce qu’elle venait chercher. Elle tendit l’oreille quand Ciro parla des arbres. Elle promena son regard clair sur les arbres centenaires qui peuplaient les lieux. Apparemment ils en avaient vu naître des femmes, ils avaient vu bien des générations parcourir la profondeur de la jungle. « Je ne sais pas s’ils parlent de nous. Nous sommes si éphémères, ils sont éternels. Ils portent en eux la mémoire de ces lieux. » Malgré le fait qu’ils vénéraient une déesse de la guerre et de la chasse, ils croyaient en la nature. Du moins était-ce le cas de Cyd et visiblement, celui de Ciro. Elle n’avait pas peur, elle se sentait en paix. Elle jeta un regard à son ami et son doux sourire. Par contre, elle doutait sérieusement que la déesse l’appréciât. « Tu penses que la déesse m’apprécie ? Je suis différente. » Elle se doutait bien que Ciro comprendrait. Lui était un homme, son statut et son rôle auprès de la déesse étaient clairs. Mais elle ? Elle était différente, elle était entre deux, elle naviguait entre deux genres. Elle était habitée par deux âmes. Sa mère avait toujours eu la crainte qu’une colère s’abattît sur Cyd. Que ce soit la colère de la déesse ou celle des autres femmes.

L’androgyne était une femme, mais avait une allure d’homme. Elle ne faisait aucun effort pour rassurer les autres et semblait même les défier. Elle en avait essuyé des regards qui lui faisaient bien comprendre qu’elle chamboulait quelques règles établis. Mais elle s’en fichait. Du moins c’était toujours ce qu’elle s’était dit. Elle se demandait ce que la déesse devait penser d’elle. Cyd n’était-elle pas qu’un rouage dans la grande histoire de la tribu ? La déesse ne devait même pas faire attention à elle. L’androgyne n’était pas comme Ciro, elle n’était pas aussi dévouée dans sa foi que lui. Elle exprimait sa foi autrement, la vivait à sa manière. Pourtant, il n’y avait que dans cette forêt, dans cette semi-obscurité qu’elle avait l’impression de ressentir la présence de la déesse dans ses os. Comme si Di’anada la guidait pour une chasse future.

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Sujet: Re: Promenons-nous dans la jungle pendant que la panthère n'y est pas. | Ćiro
Dim 22 Oct - 0:17




promenons-nous dans la jungle,
pendant que la panthère n'y est pas.
24 MARS 2117

Ćiro avait des responsabilités limitées. Son travail consistait à entretenir l’habitation de sa famille, à veiller à ce que sa mère et sa soeur ne manquent jamais de rien. Il était celui qui préserve leurs conforts. Celui qui se plie en quatre pour que jamais de problèmes futiles ne tombent sur leurs chemins. Sans lui, tout serait bien plus compliqué et il le savait. C’était sa responsabilité. La cuisine, le ménage, l’organisation… Pas plus. Son existence n’était pas assez estimée pour qu’on lui pose autre chose entre les mains et ça lui allait. Il ne voulait pas plus de temps, plus de liberté. Il ne voulait pas avoir le choix sur la vie même des autres. La vie, la mort, le bien ou le mal, ce n’était pas à lui de décider. Voilà pourquoi il ne pouvait pas réellement comprendre la position de Cyd face à sa mère. Face à la mort et la maladie. Il ne pouvait pas imaginer ce qu’elle ressentait, ni ce poids sur ses épaules. Il veut pourtant être à ses côtés. Malgré tout, il sait que c’est difficile et il sait qu’il y a toujours une dose de tristesse avec ce genre de choix.

Il ne croyait pas en ces enfants venus du ciel. Les rumeurs, les histoires, ces inconnus qui racontent avoir croisé ces hommes… Non. C’est impossible. Des bêtises. Des contes pour enfants sans doute créer pour vouloir escroquer les plus idiots. Mais la manière dont Ćiro rit, dont il répond, ça prouve bien que pour lui tout ça c’est que du vent. En revanche, il espère que son amie ne lui en veut pas. Il ne veut pas l’insulter, ni l’offenser. Il regrette d’ailleurs déjà ses paroles et cela sincèrement. Mais Cyd le comprenait. Elle voyait l’innocence et elle le prix dans ses bras, gestes qui le rassura complètement. Elle ajouta qu’elle savait bien que ce n’était que des mots balançaient en l’air et qu’elle attendrait de le voir pour le croire. Voilà qui fit sourire Ćiro.

B-Bien. Et il ne rajouta rien, sans doute parce qu’il savait que ça n’en valait pas la peine. Il pouvait pourtant débattre pendant des heures sur la situation. Ils reprirent alors la marche. Il était là pour l’aider, pas pour la ralentir. C’était dans ces moments-là que la barrière entre le faux et le vrai disparaissait. Depuis qu’il avait décidé de jouer les idiots, Ćiro avait fini par être vraiment en partie innocent, sincère et bavard. Il y avait des traits de caractère qu’il n’improvisait pas, qui étaient honnêtes. Toutes ses années avaient en partie effacé l’âme qu’il avait été autrefois. Et peut-être bien qu’un jour il ne pourrait plus du tout faire de différence…

Ils parlent peut-être de ceux qui ont marché ici-même, avant-nous alors. L’idée que ces arbres ont observés des milliers d’années d’existence le fascinait. Il pouvait laisser son imagination volée pendant un instant. Ćiro avait une admiration pour la nature. En même temps, c’est son père qui lui a dévoilé un monde qu’il n’avait jamais remarqué. Il a grandi dans ces arbres, près de ces plantes…

J’en suis persuadé. Ta différence ne change pas la sincérité de ton âme. C’est sans doute parce que Ćiro a toujours admiré Cyd. Qu’il a toujours vu qu’elle n’était pas comme les autres et en même temps, ça ne lui avait jamais posé problème. Peut-être parce qu’ils étaient tous les créatures de la déesse. Qu’elle ne mettait personne à l’écart non plus. Il voulut ajouter autre chose, mais son regard capta de loin l’objet des désirs de Cyd. Trouvé ! Comme un enfant, il s’avança rapidement vers la source et se pencha. Il sortit une petite lame et coupa délicatement les racines.

Tu vois, elle nous apprécie et nous aide quand il le faut.


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Sujet: Re: Promenons-nous dans la jungle pendant que la panthère n'y est pas. | Ćiro
Sam 11 Nov - 20:22

Cyd avait toujours envie de protéger Ciro. Peut-être à cause de son histoire de vie. Elle ne savait pas s’il était fragile ou si ce n’était qu’une impression au final. Il pouvait être plus fort qu’il le pensait, selon elle. Ce n’était qu’une question de vision de chose. Les arbres étaient présents et ne changeaient pas depuis des siècles. Ils voyaient les femmes défiler dans la jungle, mais aussi les hommes de la tribu. Les arbres étaient une valeur sûre. Cyd regarda longuement les troncs épais, grands et ressentit une certaine paix. Elle savait que les âmes des anciennes guerrières étaient aux côtés de la Déesse, même si certains devaient aussi traîner dans cette jungle. La guérisseuse avait un petit côté spirituel. C’était ce qui lui permettait de supporter la mort. Elle en avait vu quelques décès et cela l’avait toujours marquée. De tenir la main d’une guerrière et d’entendre son dernier souffle. Elle n’était pas seulement là pour guérir, mais parfois, accompagner les derniers instants. Il en fallait du courage. La mort était une étape comme une autre, même si elle était souvent douloureuse pour ceux qui perdaient. Elle s’approcha d’un arbre immense qui semblait avoir des lianes et caressa son écorce rugueuse. « Ils en ont vu des choses se passer. » Dit-elle d’une voix claire. Elle ferma les yeux un instant. Un tressaillement courut le long de son échine.

Dans leurs tribus, il n’y avait pas de chamans ou d’animistes contrairement à d’autres tribus. Les Kovariis avaient clairement une autre manière de voir les choses. Cyd s’appuya contre cet arbre et n’hésita pas à demander si la Déesse l’appréciait malgré sa différence. Elle était différente des autres femmes. Elle ne se sentait pas si femme que cela. Elle ne saurait expliquer ce sentiment. Elle s’était demandé pourquoi cela arrivait à elle, pourquoi elle se sentait ainsi dans son corps. Elle n’avait jamais été capable d’expliquer. C’était juste un fait, une vérité qui la traversait de part en part. Elle tourna la tête vers Ciro et le regarda d’un œil neuf. Elle le trouva beau. Pas comme une femme attirée par un homme, mais comme quelqu’un voyant l’âme de l’autre. « Tu es une belle personne Ciro, la Déesse le voit. » Et elle en était sûre. Même si les hommes étaient différents des femmes, la Déesse devait voir l’âme profonde de cet homme. Elle devait voir son intérieur si lumineux, si fort. C’était impossible de passer à côté. Elle suivit le regard de son ami quand il bondit comme un enfant et alla vers des racines. Aussitôt la guérisseuse se décolla de son arbre et alla à ses côtés. « Elle nous a entendu. » Alors qu’ils n’étaient que de simples mortels. Elle faisait attention à eux et à leurs paroles peut-être bien.

Cyd s’accroupit et tendit la main pour prendre ce que Ciro tenait. « Très exactement ce que je désirais. » Elle souriait comme une enfant, sentant une chape de plomb se retirer de son corps. Il ne manquait plus qu’à trouver le reste et elle se mit à sourire encore plus. « Nous sommes sur la bonne voie, continuons à chercher ! » Et elle dit joyeusement la liste des herbes qu’elle cherchait. Elle se redressa, se sentant revigoré. Peut-être était-ce le fait que Ciro ait trouvé l’herbe ou alors, l’impression qu’il y avait un signe quelque part, pour eux. Elle se mit en route, le pas ferme. Elle réfléchissait rapidement. « Tu sais, on devrait retourner sur le continent un jour. » Car elle pensait aux enfants du ciel, mais ne le précisa pas. Elle ne voulait pas embêter Ciro avec ses petites lubies du moment. Même s’il fallait bien avouer, cela la travaillait quelque peu. Elle savait que tôt ou tard, elle apprendrait si les enfants du ciel existaient.

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Sujet: Re: Promenons-nous dans la jungle pendant que la panthère n'y est pas. | Ćiro
Dim 12 Nov - 20:48




promenons-nous dans la jungle,
pendant que la panthère n'y est pas.
24 MARS 2117

Ćiro n’avait aucun problème avec les règles. Quelque part, elles lui apportaient la sécurité. Il savait ce qu’il pouvait et ne pas faire et ses erreurs étaient alors limitées. Il suffisait de respecter, d’accepter et le tour était joué. Au milieu de toutes ses limites, Ćiro vivait en paix. Lorsqu’il se réveillait, il acceptait volontiers les tâches qui l’attendaient. L’île avec son charme et le parfum tendre d’un lieu qu’il ne voulait jamais quitter. Il était là où il devait être et rien au monde ne pourrait lui dire le contraire. C’était peut-être un homme et peut-être que les femmes n’avaient pas besoin de lui, mais il améliorerait à sa façon leurs façons de vivre, épargnant ces mêmes femmes d’accomplir des tâches lourdes et fatigantes. Elles avaient tant de chose à accomplir, alors pourquoi laisser les petits détails prendre le dessus sur ce qui comptait réellement ? Il comprenait sa position et tâchait de ne jamais dévoiler ce qui risquait de nuire à sa vie actuelle. Ni sa façon d’observer et d’écouter, ni sa mémoire et sa perspicacité. Il s’éloignait de toute action violente et guerrière s’enfermant dans sa foi et ses arcs. Il voulait être une flèche. Un outil qui était parfois indispensable et qui devait être conservé. Un outil qui pourtant pouvait faire mal mais dont la confiance était absolue car maîtrisée. Il voulait qu’on accepte sa présence sans se soucier des torts qu’il pourrait causer. C’était un homme et les hommes étaient synonymes de problèmes. Ćiro voulait être l’opposé. Et il priait, parce qu’il espérait que la déesse l’entendait. Après toutes ces années, il était encore là et il remerciait chaque matin de pouvoir vivre auprès de celles qui l’inspirent. Cyd l’inspirait. Il l’observa s’approcher de l’arbre, écoutant ses murmures et un sourire apparut sur son visage. Il aimerait entendre ce que l’ancêtre lui disait.

Il se mit instinctivement à rougir face aux paroles de son amie, touché. Il ne s’attendait certainement pas à un tel compliment, n’ayant jamais pris le temps de se juger lui-même. En réalité, il avait même peur d’être plutôt mauvais, d’être trop égoïste. Tout ce qu’il faisait, c’était pour conserver cette petite vie qu’il avait ici. Pour rester auprès d’elles, pour les servir et les aimer comme une promesse qui ne pouvait pas être effacée. Mais inutile de rajouter quoi que ce soit, voilà que son regard affûté repère ce pour quoi ils étaient là. Fier de lui et plus motivé que jamais, son sourire s’étira davantage. Écoutant attentivement Cyd, il chercha le reste. C’était un bon début.

R-Retourner sur le continent ? Il suivait Cyd, observant toujours les alentours, espérant trouver ce qu’elle cherchait d’autres, mais une partie de lui fut distraite par sa remarque. Pourquoi aller là-bas ? En quoi cela était-il nécessaire ? Il était bien trop attaché à sa maison et à cet environnement pour envisager partir. Mais ce qu’il voulait lui et ce que voulait les autres n’étaient pas toujours une chose identique. Il ne pouvait donc pas en vouloir à Cyd d’être curieuse ou de vouloir aller là où ils ignoraient tout. Quelque part, il espérait que non. Qu’elle reste parmi eux, à ses côtés même. Il l’appréciait vraiment et donnait de l’importance à son amitié.

Qu’est-ce qu’il y a là-bas, qu’il n’y a pas ici ? Sa question était tout à fait sincère. Il aimerait savoir. Pourquoi ce qu’elle avait ici n’était pas suffisant. Ou alors était-ce les autres ? Les regards et les remarquent discrètes que ses oreilles captaient parfois. N’es-tu pas heureuse ici ? Il s’arrêta, observant la silhouette de Cyd. Si elle n’était pas heureuse, pouvait-il lui en vouloir de partir ? D’aller chercher ce bonheur ailleurs ? Non. Il en serait bien incapable. Car ce qu’il désirait, c’était avant tout qu’elle soit comblée, comme les autres.


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Sujet: Re: Promenons-nous dans la jungle pendant que la panthère n'y est pas. | Ćiro
Mer 29 Nov - 19:29

Cyd était complètement dans ses pensées et avait un peu oublié que Ciro était Ciro. Elle cueillait ce qu’il lui fallait et parla naturellement du continent. Elle se figea en entendant la voix de son ami et tourna sa tête androgyne vers lui. Ce n’était un secret pour personne qu’elle allait sur le continent et aucune loi ne l’interdisait. Néanmoins, elle aurait dû se montrer beaucoup plus prudente avec son ami. Elle avait été clairement tête en l’air. La guérisseuse lui sourit de l’air le plus doux qu’elle put. Elle voulait le rassurer et ne surtout pas le faire paniquer, mais y arriverait-elle seulement ? Ce n’était pas dit. Elle, elle ne voyait pas le problème avec le continent, mais elle était terriblement maladroite quand elle s’y mettait. « Oui, j’y avais de temps en temps. Désolé ma langue a fourché. Tu n’y as jamais été ? » Vu comment il réagissait, elle imaginait bien qu’il n’y avait jamais été, mais cela ne la dérangeait pas. Elle n’était pas dans le jugement le concernant. Il avait bien le droit de demander. Sa question la surprit et elle réfléchit sérieusement à sa demande. Elle ne savait pas quoi dire et se demandait bien quel genre de réponse Ciro attendait. Elle le regarda droit dans les yeux, essayant de sonder ce qu’il voulait entendre, mais c’était bien difficile à dire. Elle pinça les lèvres, étrangement muette pour une fois, presque timide on pourrait dire. Peut-être était-ce bien le cas. « Il y a tant de choses… » Et ce serait tellement long à expliquer.

Il y avait la faune et la flore différentes, mais aussi, les autres tribus. Elle adorait sa tribu, mais là-bas, elle appréciait quelque chose, elle ne saurait dire quoi ou mettre précisément des mots dessus, mais elle était sûre de tout ceci. « Il y a des gens différents de nous et… Ça change. Ils ont d’autres mœurs, je ne dis pas que c’est bien, mais j’aime discuter avec les femmes du continent. » Car elle aurait toujours du mal à discuter avec des hommes, qu’elle se sentirait toujours terriblement mal à l’aise en leur présence et c’était bien normal. Elle avait beau avoir cette apparence entre deux, se faire passer pour un gars plus facilement sur le continent, elle se méfiait des hommes comme de la peste. Il y avait quelque chose chez eux qui définitivement, la dégoûtait. Elle appréciait les hommes de sa tribu car elle savait qu’ils ne lui feraient jamais aucun mal. Mais les hommes du continent ? Elle s’en méfierait toujours car il considérait les femmes si mal que jamais elle ne pourrait être à l’aise. La question de Ciro quant au fait d’être heureuse la mis terriblement mal à l’aise et elle regarda l’autre homme. Elle se demandait quel genre de réponse attendait-il. « Tu sais bien que je les dérange. Elles sont fâchées contre moi car j’ose ressembler à un homme. » Et elle écarta les bras comme pour illustre ses propos, son regard clair brilla d’arrogance. « Regarde-moi Ciro et ne me dis pas que tu ne vois pas aussi les traits d’un homme dans mon corps. » Elle était bien plus qu’androgyne, c’était aussi sa manière de penser qui dérangeait.

Elle refusait d’être enfermée dans son genre de femme, elle refusait d’être une femme. Elle était bien plus. C’était comme si son esprit s’était affranchi des genres et allait d’un genre à autre sans se soucier des dirait-on. Gamine Cyd avait exprimé sa différence et le fait qu’elle se considérait comme un homme et une femme, qu’elle naviguait entre les deux sans se fixer. Son corps semblait approuver ce qu’elle disait car son visage était un subtil mélange des deux. Sa coupe de cheveux ne faisait que renforcer cet état. Cyd avait rencontré une autre personne comme elle sur le continent et elle en avait été tellement heureuse. Elle avait alors compris qu’elle n’était pas un monstre et n’avait pas à être un être qui mettait la honte sur les siennes. « Sur le continent, je peux être comme je veux. Je ne dis pas qu’ils sont mieux, mais je dois respirer. Je suis l’aînée de ma famille, quand ma mère mourra je deviendrai la matriarche, moi la femme-homme. » Elle employait rarement ce terme car même si sa mère était gravement malade, sa sœur interdisait ce mot qui sonnait comme un défi. Peut-être bien était-ce un défi, mais c’était aussi autre chose. C’était sa nature même.

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Sujet: Re: Promenons-nous dans la jungle pendant que la panthère n'y est pas. | Ćiro
Jeu 30 Nov - 20:34




promenons-nous dans la jungle,
pendant que la panthère n'y est pas.
24 MARS 2117

Quand il était avec Cyd, Ćiro ne se posait pas de question. Pas trop du moins. Il laissait les choses se faire car tout semblait naturellement simple avec elle. Il ne savait pas pourquoi, il ne savait pas si c’était son côté différent qui faisait ça, mais il s’en fichait. Il avait vu en elle une personne de confiance, une personne qu’il appréciait et qu’il chérissait. Elle était son amie, dans tous les sens du terme. Il devait donc la protéger, prendre soin d’être, vouloir son bonheur. Des choses naturelles. Avec le temps, il avait fini par oublier ce qu’elle vivait. À ses yeux, elle avait autant d’importance qu’un autre et il était trop souvent la cible de moquerie et de remarques pour apercevoir que Cyd n’échappait pas à son propre lot de problème. Depuis le temps, il croyait que tout s’était amélioré, mais les coeurs de certains, malgré le temps et les épreuves, ne changeaient pas. Sa soeur en était le parfait exemple. C’était comme si le temps avait pour effet d’accentuer sa colère qu’il ne pouvait contenir et comprendre. Ćiro subissait, une partie de lui espérait que cela l’aidait. Qu’en lui permettant d’accepter ses coups, il lui permettait d'extérioriser ce qu’elle ressentait. Les saisons défilaient et la haine était toujours là, plus présente que jamais dans le regard de sa soeur. Cyd avait ses propres conflits. Il ne voulait pas lui en ajouter. Ni même considérer ses douleurs comme des problèmes qui risquent d’influencer sa petite vie bien tranquille. Il respectait sa famille et gardait donc pour lui ce qui se passait. Était-ce pareil pour Cyd ? Avait-elle fait face à des colères qu’elle ne pouvait maîtriser et que le temps n’avait pas soigné ? Il n’en savait rien et ne voulait pas être une peine de plus si elle en avait déjà. Car c’était déjà bien trop pour une personne aussi merveilleuse.

Maintenant, il ne savait pas qu’elle allait sur le continent. En l’entendant parler, une partie de lui était effrayée. Il ne voulait pas perdre son amie. La savoir ailleurs, là-bas en plus, c’était presque comme si elle lui disait qu’elle ne voulait pas de cette île et de cette vie. Mais peut-être que ce n’était rien. Que c’était simplement par besoin, pour ses plantes. Leur maison était fantastique, mais ne possédait pas tout de ce monde. Il avait regardé l’horizon sans vouloir y poser les pieds. Non, rien ne lui donnait envie là-bas. Même sa curiosité n’était pas assez forte pour le pousser à s’y rendre. Pourtant, il n’avait pas pu refuser sa soeur lorsqu’elle exigea de lui qu’il l’accompagne.

Une fois… et il se mit à rougir en pensant à Astrid, puis repensa à ce dont ils avaient parlé. ça n’avait pas été désagréable, mais ça n’avait pas forcément changé son opinion. Il se demandait pour ces terres attiraient tant les foules. Vraiment. Il posa la question à son amie, se demandant ce qu’elle pourrait lui répondre. Un peu timidement, elle lui avoua qu’il y avait beaucoup de choses là-bas… bon, c’est vrai, le continent à l’air immense. Mais ça ne le satisfaisait pas. Comme si elle l’avait compris, Cyd reprit la parole. Oui, les femmes étaient différentes. Il avait un excellent exemple en tête. Astrid avait laissé une sacrée empreinte sur sa mémoire. Pourtant, ce n’était toujours pas assez pour lui. Alors Ćiro se mit à gratter le sol avec son pied, comme ennuyé par ce qu’il entendait. Alors naturellement, il se demanda si Cyd était heureuse ici ou non. Lui l’était, mais il semblait toujours l’être et cela malgré les situations difficiles. Tout le monde n’était pas pareil. Il le savait et ne pouvait donc croire que le reste de la tribu était aussi heureux que lui. Il était peut-être idiot pour beaucoup, mais ne se laisser pas faire par ses propres illusions.

Mais moi tu ne me déranges pas. Sa petite voix laissait tout exprimer, mais il baissa les yeux parce qu’il n’aimait pas couper la parole aux autres et qu’il avait réagi un peu trop vite. Cyd reprit alors la parole et il dut affronter son regard puis observer son corps. Il ne savait pas quoi répondre à sa question et se contenta de garder le silence. Cyd avait raison pourtant. Elle ressemblait autant à un homme qu’une femme. Il trouvait cependant son visage très fin et son regard bien trop enchanteur. Elle était belle et il pouvait tout aussi bien dire qu'il était beau. Cela ne lui avait jamais dérangé qu'elle soit ainsi. Qu'elle jongle entre deux genres, vraiment. Il ne s’était jamais attardé sur la question, admirant presque cette confiance qu’elle savait si bien exprimer.

Et tu ne respires pas, ici. Son visage se dévoila plus dur, lui trop habitué à sourire. Elle avait des responsabilités qu’il n’aurait jamais. Elle était l'aînée de sa famille. Il y avait un poids sur ses épaules qu’il ne pouvait avoir. Tu vas partir, alors ? Il l’observa. Non, vraiment, il n’avait pas envie qu’elle s’en aille. Il ne pouvait pourtant pas lui demander de rester. Un homme comme lui ne pouvait pas se permettre de demander une chose pareil. Cela aurait été ridicule. Pourquoi serait-elle rester pour lui. Si tu pars, tu promets de revenir me voir de temps en temps ? Dit-il, un peu triste, un peu beaucoup même. Il pourrait facilement pleurer si elle tardait trop à répondre.


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Promenons-nous dans la jungle pendant que la panthère n'y est pas. | Ćiro

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