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˜˜˜˜˜˜Knowledge is power |Meeka|
maybe life should be about more than just surviving


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02/03/2017 Thinkky/Angel Eris Garfagnini 990 Zoe Saldana Lux aeterna (ava), Astra (signa), Psychadelya & Angie & hennaed (icones) Conseillère chamane ~ Gardienne du savoir/Oratrice & diplomate Naori 157
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Sujet: Knowledge is power |Meeka|
Dim 19 Mar - 22:17

Le soleil se levait à peine quand Rowena se glissa hors de son habitation. Le village était encore endormi alors qu’elle le traversait. Quelques personnes étaient levées, s’occupant des réserves ou encore de déblayer la terre malgré le temps plus que froid de ce début de journée. La chamane s’arrêta quelques minutes, histoire de faire la conversation, demander si tout allait bien. Il s’agissait aussi de son métier de faire attention aux autres, de vérifier que tout allait bien au cœur même de la tribu. Même si parfois, sa patience était mise à rude épreuve. L’un des cas les plus « problématiques », si elle pouvait parler ainsi, était le comportement à l’encontre d’Isha. Rowena ne parvenait toujours pas à comprendre les doutes, le mépris envers elle, et c’était quelque chose qui l’agaçait tout de même.  Parce que la jeune femme avait toutes les capacités nécessaires mais que personne ne le voyait réellement. Et la conseillère avait toujours détesté ce genre de comportement au sein de la tribu, là où était, à ses yeux, prôné la tolérance. Et l’acceptation des autres, dans la mesure où la personne n’avait fait aucun acte répréhensible. Enfin, il fallait croire que la nature humaine avait toujours eu des soucis…

Rowena finit par quitter le village une fois son tour des personnes réveillées fait. Le froid la saississait sous les étoffes pourtant chaudes, lui rappelant que le printemps n’avait pas encore totalement repris ses droits sur la Nature. Et il fallait vivre suivant le rythme de celle-ci, chose que la chamane faisait sans le moindre souci. Ses yeux se glissaient sur les arbres, la forêt alentour, s’attardaient sur les différentes plantes ornant les lieux. Elle n’avait pas les connaissances d’Harlan et Caleb au sujet de celles-ci, préférant l’observation du ciel et la méditation. Néanmoins, cela ne l’avait jamais empêché d’observer la beauté de la Nature, et de tout faire pour que celle-ci ne soit plus détruite comme elle l’a pu être lors de la guerre ultime de leurs ancêtres. D’ailleurs, avec l’arrivée des débarqués, elle aurait pu avoir peur de ce qu’ils avaient prévu de faire sur leur Nature. Allaient-ils la respecter, ou l’envahir à nouveau ? De grandes questions qui n’avaient pas empêché Rowena de leur venir en aide, mais qui étaient restées présentes dans son esprit tout du long. Un soupir quitta ses lèvres alors que ses yeux se tournaient vers le ciel. Le soleil avait pris ses droits sur la nuit, et un grand ciel bleu la surplombait désormais. Et pourtant, l’air ambiant ne se réchauffait pas. Son souffle produisait toujours de petits nuages blancs, une couche de glace très fine recouvrait le sol par endroits… Une belle matinée d’hiver.

Il lui fallut une ou deux heures pour atteindre le deuxième bras de la rivière. Elle aurait pu rester non plus du village, mais la chamane voulait être tranquille. Ou plutôt, elle s’apprêtait à revoir une amie qui lui était très chère, bien qu’aujourd’hui, ce soit plus pour des informations que pour discuter du bon vieux temps qu’elle lui avait donné rendez-vous ici. Enfin, dans un premier temps. Après, il y avait de grandes chances pour que cela digresse, comme toujours. Enfin, pour l’instant, Rowena était comme à son habitude en avance, ce qui lui permettait de se mettre non loin de la rivière pour une petite méditation. Elle avait moins de chances de se faire interrompre ici qu’au milieu du village, où on pouvait venir la trouver à tout moment, pour n’importe quelle affaire. En espérant aussi que personne ne déclenche une guerre en son absence. Quoique, elle n’avait pas forcément besoin de ne pas être là pour qu’on manipule dans son dos…

Un bruit de pas, une présence. La conseillère rouvrit ses paupières, tourna la tête. Juste à temps pour voir Meeka arriver. Meeka, qui était une amie très proche, et surtout très vieille puisque les deux femmes avaient plus ou moins le même âge. Meeka, qui allait et venait dans les autres tribus. Et qui pouvait certainement mieux se fondre que la conseillère que Rowena était. Un avantage, si l’on souhaitait avoir certains types d’informations. Puisque la chamane savait que certains pans lui étaient volontairement cachés quand elle était en déplacement, en visite pour de quelconques négociations. Un large sourire se dessina sur son visage, alors qu’elle se relevait rapidement pour accueillir la femme.

« Meeka ! Ca faisait longtemps… »


En effet, les voyages de son interlocutrice prenaient toujours un certain temps…

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29/01/2017 avengedinchains Charlie, Baelfire, Richard, Astrid & Elias 409 Katheryn Winnick ava by SIGYN ;; sign by ALAS Forgeron qui bricole aussi le bois Naori 0
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Sujet: Re: Knowledge is power |Meeka|
Mar 18 Avr - 21:02

» Knowledge is power
[Vous devez être inscrit et connecté pour voir cette image]Il faudrait peut-être qu’elle envisage d’un peu moins s’éloigner de chez elle. Meeka le sait, ce n’est pas en restant dans le village qu’elle parviendra à lier contact avec les gens. Pour autant, elle ne cache pas non plus que sur certains points, elle fait absolument tout ce qu’elle peut pour ne pas se faire absente trop longtemps. Jamais deux voyages en un. Toujours un retour de plusieurs jours entre deux. Si elle part longtemps, elle rentre pour un petit moment. Il faut savoir se fixer quelques bases, après tout. Sinon, nos voisins deviennent des inconnus et si on devient des inconnus pour eux, ce n’est pas très bien non plus. En réalité, à côté de ses envies et de sa bonne volonté de faire en sorte que tout se passe bien, la Naori a réalisé depuis bien longtemps qu’il n’est pas toujours facile de faire ce qu’on veut. Que c’est une volonté, certes, et qu’on rêve de faire les choses convenablement mais que ce n’est pas comme ça que ça fonctionne. Il y aura toujours les imprévues, les aléas de la vie. Parfois, elle part longtemps, parfois elle croise quelqu’un et elle fait la route pour se rendre ailleurs. Parfois, en réalité, elle se dit qu’elle n’a pas assez vendu et que ce sera plus intéressant d’aller ailleurs. Et parfois encore, elle réalise que c’est ridicule. De toute manière, on a toujours envie de bien faire les choses. Est-ce qu’on y arrive ? Pas vraiment. Et c’est sans doute sur ça qu’il est préférable de se concentrer. Mais ça n’a rien de facile. Un soupir s’échappe lourdement des lèvres de la femme, alors qu’elle avance au cœur de la forêt. Ses pas l’approchent de plus en plus de son village, elle le sait.

Elle regarde autour d’elle, un instant. Elle préfère faire attention à ce qu’on ne la suivre pas. En général, elle trouve ça plus facile, d’ailleurs. Elle est proche de la rivière, pour le moment. Cette volonté de se débarbouiller est plus forte que de rentrer. Elle profite, se baigne et lorsqu’elle en a assez, sort de l’eau. L’air n’est pas très chaud et elle frissonne doucement alors qu’elle se sert de sa tenue pour se sécher le visage. Le vent lui fouette la gueule et lui fait même un peu mal sur les joues. Autant s’éviter ça. Et quand elle se sent prête, elle retourne du côté de son village. Mais elle ne marche pas bien longtemps parce que ses pas sont entendus par quelqu’un qui ne tarde pas à pointer le bout de son nez. « Meeka ! Ca faisait longtemps… ». Levant le sien, le regard de Meeka se pose doucement sur Rowena. Une amie qu’elle n’a pas vu depuis quelques temps. Faut dire que pour que ça coule tout seul, il faudrait que la blonde ait un peu moins la bougeotte. Elle lui sourit, s’avance vers elle doucement. « Oui, je rentre à peine ! Comment vas-tu ? ». Elle remet son sac sur son épaule. Lourd mais moins qu’à l’aller, ça a plutôt bien marché. Et puis bon, elle a l’habitude de ce poids, ça ne lui fait plus grand-chose. Et ça la muscle un peu. C’est pour ça qu’elle a un joli corps. Il n’est même pas question de prétention hein. Elle estime qu’elle a un joli corps parce qu’elle a une carrure assez sportive. Pas trop non plus, heureusement.

Forcément, puisqu’elles se croisent en dehors du village, il y a deux options. Soit elle rentre aussi, et dans ce cas, Meeka peut entraîner la conversation sur d’où elle vient. Tranquillement. Mais bon, le danger sera alors de lui demander si elle est d’accord ou non. Il est possible qu’elle ne le soit pas, d’ailleurs. Mais ça, c’est une autre histoire. Ou alors elle s’en va et dans ce cas, elle peut lui demander où elle va. Mais bon, dans les deux cas, c’est vrai que c’est un peu intrusif. Mais ça, c’est une autre histoire à laquelle elle n’a pas envie de songer. Meeka n’use pas forcément des bonnes choses, elle ne fait pas toujours attention. D’ailleurs, pour tout dire, parfois, sa curiosité lui fait défaut. Elle ne peut pas s’empêcher de laisser les choses se passer comme ça a toujours été. Alors forcément, elle se mêle assez régulièrement de ce qui ne la concerne pas. S’intéressant à des sujets qui ne sont même pas supposer atteindre les oreilles des gens. C’est compliqué. Mais si les questions gênent les gens, les réponses sont faciles non ? Ils n’ont qu’à dire qu’ils ne veulent pas répondre. Et il n’y aura alors rien de plus à y ajouter. « Où vas-tu donc ? ». Un fin sourire sur les lèvres, elle n’use pas d’un ton tranchant. Heureusement. Juste la politesse et la curiosité. L’envie de savoir, et de bavarder avec son amie qu’elle ne voit pas assez souvent. Faut dire que la conseillère ne peut pas vraiment l’accompagner sur la route et qu’inversement, elle ne supporterait pas de ne pas partir.


notes » w/ Rowena, près de la rivière, le 19 mars 2117.

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02/03/2017 Thinkky/Angel Eris Garfagnini 990 Zoe Saldana Lux aeterna (ava), Astra (signa), Psychadelya & Angie & hennaed (icones) Conseillère chamane ~ Gardienne du savoir/Oratrice & diplomate Naori 157
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Sujet: Re: Knowledge is power |Meeka|
Sam 6 Mai - 16:33

Revoir le visage de sa vieille amie lui faisait du bien, elle devait l’avouer. Rares étaient les amitiés qui duraient autant, et elle le ressentait davantage depuis la rupture avec Harlan, et leur relation qui avait rapidement tourné au vinaigre. Le conseil était devenu un lieu empli de tensions, où chacun refusait de lâcher ses principes, où la chamane se retrouvait à devoir aller à l’affrontement pour éviter certaines propositions. D’ailleurs, elle avait compris que cela embêtait franchement son ancien amant. Il n’avait pas l’habitude qu’on le comprenne, qu’on puisse trouver d’autres arguments pour rendre les siens inexploitables. Finalement, voilà où l’avait menée leur relation. La blonde était donc une bouffée d’air bienvenue dans sa vie, surtout avec l’hiver qui touchait à sa fin. Un bon timing, et le sourire s’accentua un peu plus sur ses lèvres alors qu’elle se rapprochait à grand pas de Meeka. Meeka qui était assise sur le bord de la rivière, ayant certainement profité de la douceur du temps pour une petite baignade dans l’eau pure qui s’étendait sous leurs yeux. Chose que Rowena aurait pu faire aussi, si elle n’avait pas été là pour récupérer quelques plantes, et se laisser aller à quelques méditations. Enfin, c’était ce qui était prévu dans un premier temps, mais la rencontre pourrait lui faire réadapter son emploi du temps. Ce qui n’était pas plus mal à vrai dire.

Elle rentrait, revenait de son voyage d’affaires comme elle en faisait temps. Rowena n’avait jamais évoqué que ceux-ci avaient tendance à l’effrayer pour la femme, quand bien même celle-ci était légèrement plus âgée qu’elle et qu’elle la savait suffisamment prudente et intelligente pour ne pas se mettre dans des situations dangereuses. Néanmoins, la chamane avait toujours été ainsi envers les membres de la tribu. Protectrice, au point d’en être étouffante. Sans forcément la fermer aux personnes extérieures, elle-même se plaisant à discuter avec d’autres tribus. Cependant, elle n’en restait pas moins méfiante dans certains cas, et souhaitait à tout prix que les siens restent à l’abri. Et si les deux autres conseillers en pensaient de même, les moyens qu’ils souhaitaient mettre en œuvre pour arriver à cette fin étaient bien différents. La question la fit légèrement sourire. Comment allait-elle. En voilà une qu’elle ne se posait plus depuis des lustres, la vie étant rythmée par les décisions à prendre, les personnes à rassurer quant à l’arbre de vie. Encore plus ces dernières semaines, ces derniers mois, alors qu’une branche s’était brisée. C’était d’ailleurs par rapport à celle-ci qu’Harlan avait pris contact avec elle quelque temps plus tôt, d’où un léger besoin de s’éloigner, de se ressourcer.

Sac remis sur le dos, arrachant un sourire à la chamane. Elle aussi en avait un, vide puisqu’il devait lui servir à récupérer quelques échantillons dans la forêt, et ainsi observer l’état global de celle-ci. Car l’Arbre de Vie était une chose, mais si le mal rongeait tout leur habitat, toute la Nature les entourant, celle qu’ils respectaient et adoraient plus que tout, là, Rowena serait réellement inquiète. Pour le moment, elle attendait d’en voir plus, d’en savoir plus, même si ses vaines tentatives de communication se heurtaient au silence. Finalement, il avait fallu qu’elle s’avoue vaincue. Pour l’instant. Evidemment, elle n’évoquerait pas entièrement cela, malgré la qualité d’amie qu’avait son interlocutrice, il ne fallait pas provoquer une panique pour si peu. En espérant que ce soit réellement si peu…

« Ca va plutôt bien de mon côté. Le printemps arrive, que demandez de plus ? On va pouvoir à nouveau revivre à l’extérieur et en profiter pour cueillir les premières baies et recultiver. » Léger sourire à cette évocation. Voilà qui permettrait d’oublier quelques soucis pour la tribu. « Et toi, tu vas bien ? Le voyage n’a pas été trop long ou dur ? »

Rowena se rapprocha de l’eau, s’accroupit sur la berge et laissa ses doigts glisser dans le liquide. Frais, mais une température logique par rapport à l’époque de l’année. Il faudrait encore attendre quelques mois, en espérant que la chaleur serait au rendez-vous, pour pouvoir s’y baigner pleinement, sans risquer d’attraper froid en sortant d’ailleurs. Elle se redressa, reposa son regard sur Meeka.

« Je me promenais un peu, et je cherchais quelques plantes à récupérer et à ramener au village. Ca me permet de vérifier l’état de la forêt au passage. Ton déplacement a été bon de ton côté ? Tu étais loin cette fois ? »

Question, intérêt pour la femme qui se trouvait face à elle. La main mouillée fut séchée à même les vêtements de la conseillère. Nouveaux pas vers la blonde.

« Si tu prends la direction du village, on peut discuter en chemin. »

Ce n’était pas comme si quelqu’un pourrait intercepter leurs paroles. Pas au milieu de la forêt.

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Sujet: Re: Knowledge is power |Meeka|
Dim 27 Aoû - 19:48

» Knowledge is power
[Vous devez être inscrit et connecté pour voir cette image]Tu ne prends pas toujours le temps pour tes amis hein. Tu le sais et au moins, pour cette raison, tu n’en blames personne. Meeka, tu n’as jamais eu un fond vraiment méchant. Tu as toujours fait de ton mieux pour satisfaire tout le monde. Sauf qu’au fil des années, tu as fini par réaliser que tu n’étais pas au mieux, et que ça ne risquait pas d’aller en s’arrangeant. Au contraire, même. Tu as juste cessé de t’attarder sur les gens et tu t’es mis à t’intéresser à toi. Tu en avais besoin, disons. Et tu ne risques pas de te le reprocher. Ce n’est pas comme ça que ça fonctionne. Et c’est mieux. Tu n’es pas rancunière, du moins, pas sur n’importe quoi. Mais au moins, tu apprends toujours de tes erreurs. Et tu estimes que c’est ce qui se trouve être le plus important. La logique ne s’envole jamais bien loin. Et c’est juste comme ça. Mais tu refuses de souffrir pour les autres comme tu l’as si souvent fait. Aujourd’hui, tu tentes d’avancer et de comprendre ce monde que tu ne comprends pas toujours. Un soupir s’échappe de tes lèvres alors que tu grimaces légèrement. Tu as souvent fait souffrir les gens. Tu ne le voulais pas mais c’est arrivé. Les gens viennent parfois te voir pour te demander comment tu vas ou pourquoi ils n’ont pas l’occasion de te voir plus souvent. Triste à n’en pas douter. Mais les gens semblent incapables de le comprendre. Tu ne fais pas vraiment mal les choses. Tu n’utilises pas toujours les bonnes ruses mais tu fais de ton mieux et suppose que c’est suffisant. Ce n’est pas le cas. On ne parvient pas à comprendre que tu puisses vouloir voyager, vendre ton bordel, te faire connaître comme ton père était connu. Il ne l’était pas de tout le monde mais il a fait de son mieux. Et c’est un assez bon début, disons. Alors quand son regard se pose sur le doux visage de Rowena, Meeka n’a pas vraiment envie de réfléchir aux choses de la vie et surtout aux mauvaises choses. Toi, tu vois le bon côté des gens, et surtout, tu vois leurs bons points. Qu’ils fassent donc une fixette sur tes mauvais côtés, s’ils le souhaitent. Toi, tu sais sur qui tu peux compter. Et la jeune femme devant toi fait partie des personnes sur qui tu peux compter justement.

Il faudrait juste que tu prennes un peu plus de temps rien que pour toi. Tu n’y arrives pas. Jamais, et c’est bien ça le problème. Tu as toujours une occasion, ou une envie. Tu aimes bouger et quand tu reste au village, tu traînes dans ta forge pour fabriquer un peu plus. Tu ne restes jamais vraiment en place ou à de très rares occasions. Alors forcément, on ne te voit pas souvent si on ne vient pas te voir, justement. Et les choses ne se passent jamais comme on le voudrait. Mais oui, de plus en plus, tu envisages de faire la part des choses. De rester un peu plus souvent chez toi. De toute manière, tu sais que bientôt, si ton commerce fonctionne vraiment comme tu le voudrais, tu finiras par trouver des clients devant ta porte. Et tu en as besoin. Parce que ce sera la consécration de ton travail jusque là, un signe d’une existence réussie. Tu veux faire la fierté de ton père, est-ce que c’est vraiment surprenant ? Qu’il soit là ou non, tu sais que son esprit n’est pas bien loin et à tes yeux, ça compte. Ca compte plus que tout.

« Ca va plutôt bien de mon côté. Le printemps arrive, que demandez de plus ? On va pouvoir à nouveau revivre à l’extérieur et en profiter pour cueillir les premières baies et recultiver. ». Tu es contente de savoir qu’elle va bien. Et ça te fait du bien de l’entendre. Mais elle a raison, le printemps arrive et il s’agit de ta saison préférée. Les arbres qui fleurissent à nouveau, la température qui se fait plus clémente. Tout un tas de petites choses qui te font du bien. Et tu n’as besoin de rien d’autre. Enfin bref. Oui, tu es contente de voir le printemps revenir et de pouvoir grignoter à nouveau dans les cultures quand tu leurs ramènes certains outils pour y arriver plus facilement, pour épargner les dos, avec quelques faucilles. Tu n’es pas du genre à te fatiguer à la tâche et tu cherches toujours une certaine facilité. Et quand tu peux aider autour de toi, oui, ça te fait du bien aussi. Tu détestes tourner en rond. Mais ces derniers temps, c’est vrai que tu en as un peu envie. ” J’ai hâte de venir vous voler quelques baies au passage. Il faudra me dire si niveau faucille, il en refau “. Tu aimes aider mais tu n’aimes pas être intrusive. Si on ne te demande rien, tu ne fais rien volontairement et sans raison. Tu ne t’imposes jamais, et c’est bien mieux comme ça.

« Et toi, tu vas bien ? Le voyage n’a pas été trop long ou dur ? ». Tu souries doucement. Parce qu’en réalité, tu trouves toujours que les voyages sont trop longs ou trop durs. Ton sac est lourd, tes pieds crient de douleur. Mais tu ne te lasses pas, sans vraiment savoir pourquoi. Tu profites de chaque trajet, de chaque instant. Tu prends le temps dont tu as besoin pour traverser. Tu ne te précipites jamais. Tu visites, si on peut le dire, découvrant toujours un nouveau coin. Cette île reste gigantesque et tu as l’impression que chaque jour, tu pourrais être amené à découvrir un nouveau truc. Oui, tu trouves ça fou, mais on ne peut pas toujours savoir de quoi il sera question. Ce qui n’est finalement pas si mal. Tu râles souvent mais c’est toujours fait avec plaisir, tu ne le nies pas. Jamais. ” Je vais bien oui. Trajet fatiguant comme toujours mais ça ira mieux après une bonne nuit de sommeil. “. C’est toujours comme ça. Et bien sûr, tu ne pourras pas partir en voyage dès demain. Il te faut toujours plusieurs jours pour récupérer, pour souffler un peu. Et puis bon, tu as quand même échangé certaines armes. Tu vas donc devoir en faire de nouvelles.

Tu la regardes se rapprocher de l’eau, y glisser ses doigts. Tu t’installerais bien sur le sol, glissant tes pieds dans l’eau. Pourtant, à cette période de l’année, il fait un peu trop froid et l’eau ne risque pas d’avoir les degrés nécessaires. Tu viens de chez les Calusas et là-bas déjà, l’eau était bien trop froide. Ce n’est donc pas ici que ça va changer. ” Nous pourrons bientôt à nouveau nous baigner “. Bientôt oui, mais tu ne sais pas encore dans combien de temps. Pas tout de suite, en tout cas. Mais bientôt, et c’est sans doute tout ce qui compte. Les fraîcheurs s’envoleront et les peaux de bêtes avec elles. « Je me promenais un peu, et je cherchais quelques plantes à récupérer et à ramener au village. Ca me permet de vérifier l’état de la forêt au passage. Ton déplacement a été bon de ton côté ? Tu étais loin cette fois ? ». Trop loin mais agréable, malgré tout. Et tu te permets de penser que c’est la seule chose qui compte. Tu as été bien accueilli et on t’a même prêté une chambre pour le temps de ton séjour. On t’a permis de manger du très bon poisson, également. Oui, tu as été bien reçu. Et les enfants ont bien reçu tes petites sculptures. ” C’était vraiment bien oui. Je suis allée au village Calusa. J’ai eu un très bon accueil. Je n’ai pas réussi à obtenir grand chose mais c’était vraiment agréable. J’ai fait quelques cadeaux “. Comme à chaque fois, Meeka. Tu aimes plaire et satisfaire les gens. Voir les sourires se glisser sur les lèvres des gens. Un besoin. Et tu ne risques pas de t’en formaliser.

« Si tu prends la direction du village, on peut discuter en chemin. ». Parfait alors. Puisque c’est par-là que tu vas et que tu n’as pas franchement envie de la voir s’éloigner de toi déjà. Vous ne vous retrouvez que depuis quelques minutes. Pourquoi donc faudrait-il que vos routes se séparent ? C’est bien trop tôt. Et tu es même persuadée qu’elle a beaucoup de choses à raconter. T’as même aucun doute à ce sujet. ” Je rentre oui. Et j’espère que tu as des choses à me raconter ! Je veux du croustillant “. Tu te mets légèrement à rire, c’est que t’as toujours été curieuse comme femme. Et ça, tout le monde le sait.

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notes » w/ Rowena, près de la rivière, le 19 mars 2117.

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Sujet: Re: Knowledge is power |Meeka|
Lun 20 Nov - 15:09

Il n’y avait que peu de personnes à qui Rowena pouvait se confier. C’était le désavantage de sa fonction et de son rang. Elle avait beau ne pas se penser au-dessus de ses comparses, il fallait être réaliste : elle n’était pas comme les autres. Ses préoccupations, elle ne pouvait pas les évoquer avec n’importe qui. En fait, elle évitait de le faire à l’extérieur du conseil. Yuma, Caleb et Harlan étaient ceux avec qui elle partageait le plus. Cependant, ce n’était plus possible aujourd’hui, la conseillère s’en rendait compte. Une fracture était visible avec Harlan, depuis bien longtemps, et petit à petit, elle pouvait sentir les préoccupations de Caleb différées des siennes. Et elle se retrouvait seule, sans montrer que cela l’affectait, et les doutes et les questions se heurtaient à l’intérieur de son crâne. C’était une cacophonie incessante, malgré tous ses efforts pour la faire taire. La chamane avait fait des reproches à Harlan concernant sa gestion des émotions, mais elle, elle n’était pas mieux, avec cette foutue tendance à tout analyser et penser en détails. Le pire était peut-être qu’elle savait à quel point c’était dangereux, là où son compagnon l’ignorait, et elle restait incapable d’y faire face et de changer.

Voilà qu’intervenait Meeka. Une vieille amie, dont les chemins se séparaient régulièrement. Et pourtant, Rowena était toujours heureuse de la croiser, et de lui relater les derniers changements de la tribu. Il y avait quelque chose d’agréable à cette oreille extérieure, même si le caractère de la forgeronne pouvait en décourager certains. Déjà, elle était toujours sur les routes, ou enfermée dans sa forge, agaçant certains. La conseillère, elle, comprenait. Après tout, avec ses obligations, le temps pour ses amis était fortement réduit, alors tomber avec quelqu’un que cela ne dérangeait pas… Elle ne pouvait qu’apprécier. Tant qu’elle avait des nouvelles de temps à autre, pour s’assurer que tout allait bien, c’était tout ce qu’elle demandait. Son côté maman poule qui ressortait. Aussi loin qu’elle se souvenait, depuis son ascension jusqu’au poste de conseillère, elle s’était toujours comportée de la sorte. A vouloir que la tribu aille bien, ne manque de rien. Que chaque membre s’y sente à sa place, et que la paix s’y installe. C’était la clef pour garder un équilibre parfait, notamment lorsqu’on savait que les alliances extérieures étaient fragiles, basées sur des mensonges finement tissés. Lorsque la guerre était à votre porte, mieux valait garantir la paix parmi votre peuple.

Les paroles de Meeka lui arrachèrent un sourire. Voler était un bien grand mot, quand leur culture était basée sur le partage. « Je t’en garderai quelques-unes de côté alors, les premières de la récolte même si tu veux ! Et je demanderai aux agriculteurs ce qu’il leur manque alors. » Non, Rowena n’était pas au courant de tout cela. Tout ce qui touchait aux cultures et aux plates, elle le laissait à Caleb, peut-être parce qu’elle n’avait jamais eu la relation particulière qui unissait l’animiste aux êtres végétaux. Pourtant, elle respectait la Nature, et comme tout autre membre de la tribu, elle avait étudié celle-ci. Juste… Elle était plus à l’aise avec les étoiles que la terre. C’était là que c’était décidé sa vocation de chaman : la facilité avec laquelle elle entrait en contact avec les esprits, lisait dans le ciel.

Un trajet fatiguant, évidemment. Rowena ne savait pas comment son amie faisait, pour trouver encore le courage de continuer à traverser le continent aussi souvent. Elle, clairement, elle n’y parviendrait pas. Elle avait vieilli trop vite il fallait croire, en stressant pour des questions politiques. D’ailleurs, elle était étonnée de ne pas avoir le crâne recouvert de cheveux blancs dans cette histoire… Les doigts effleurèrent l’eau, laissèrent la fraîcheur la faire frissonner. Bientôt, oui… « Décidément, je ne sais pas comment tu fais pour supporter autant de voyages. Rien qu’avec un déplacement, je suis KO pendant des semaines. » Expression exagérée, puisqu’elle ne pouvait pas abandonner sa fonction autant de temps. Mais elle restait épuisée aussi longtemps, oui. « Je dirai une dizaine ou une vingtaine de jours pour la baignade, le temps semble se réchauffer rapidement cette année. » L’inquiétude ne perçait pas dans son ton de voix, mais elle ne put s’empêcher de repenser à sa discussion avec Harlan, et la branche brisée de l’Arbre de vie. Etait-ce une conséquence de tout cela ? Bonne question…

Des cadeaux, du positif. Meeka avait toujours été une personne agréable et adorable, cherchant à faire plaisir aux autres lors de ses voyages. D’un côté, elle créait des liens pour les Naoris, et Rowena n’aurait pu rêver d’une meilleure ambassadrice… « Ca ne m’étonne pas venant de toi ! Les Calusas sont réputés pour leur gentillesse, je suis heureuse que tu ais pu en profiter ! » Du croustillant, en avait-elle ? Certainement. Elle se releva, se redressa, et prit le chemin du village, avec Meeka à ses côtés. Le vent froid fouettait leurs vêtements, offrait une résistance de temps à autre. Cela n’empêchait pas Rowena de sourire, et de reprendre : « Du croustillant, je ne sais pas s’il y en a ! Je peux juste te dire qu’Harlan m’a demandé des nouvelles des esprits, chose qui est particulièrement cocasse, lui qui est si terre à terre ! » Son ancienne relation avec Harlan n’était un secret pour personne, tout comme son esprit scientifique – un peu trop d’ailleurs –. Et puis il s’agissait de Meeka, celle en qui Rowena avait entièrement confiance. Bien plus qu’en son collègue désormais…

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Sujet: Re: Knowledge is power |Meeka|
Lun 20 Nov - 18:17

» Knowledge is power
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Aurais-tu eu les épaules suffisantes pour prendre la place de Rowena en tant que conseillère ? Sans doute que non. Tu n’es pas une mauvaise personne et tes qualités ne te font pas défauts, tes défauts ne te vont pas mal non plus. Disons juste que tu te permets simplement de croire que les choses ne se passent pas toujours comme tu le voudrais et à cause de ça, tu ne sais pas toujours vraiment où donner de la tête.T out comme tu ne sais pas toujours comment t’y prendre pour ne pas passer pour une folle. Tu fais de ton mieux mais tu n’aurais pas supporté de ne pas pouvoir faire les choses comme tu le souhaites. Oh, bien sûr, tu ne sais pas vraiment de quoi il s’agit. Tu ne sais pas quelles sont ses fonctions véritables et tu n’as pas le détail de tout. La vérité, c’est que tu passes beaucoup trop de temps ailleurs pour pouvoir y réfléchir à ta guise. Tu sais juste qu’elle n’a pas la possibilité de vivre comme elle aurait pu le souhaiter. Et imagine un peu le scandale hein ? Une forgeronne conseillère ? La tribu n’est pas prête pour un truc de ce genre. Mais ça, c’est une autre histoire et ce n’est pas forcément le moment d’y penser. Les choses en sont bien loin. A quoi bon chercher plus loin pour essayer d’y comprendre quelque chose ? Ce n’est pas vraiment le sujet du moment. En plus de ça, tu n’as pas la moindre raison d’occuper sa place, elle le fait très bien. Elle et les autres conseillers. Mais parfois, tu te demandes s’ils ont vraiment la possibilités de vivre les choses comme ils le voudraient. C’est ça qui te poserait un problème. Elle ne peut pas souffler, elle ne peut pas perdre son temps en bavardages avec quelqu’un d’autre. Et c’est ce qui te rend folle. Mais tu n’as pas particulièrement envie de comprendre les choses, non plus. Tout est très bien comme ça. Tu préfères ne pas chercher plus loin.

La conversation glisse vers un sujet léger. La cueillette est un moment apprécié dans la tribu, et tu ne risques pas de prétendre le contraire. C’est comme un besoin, comme un petit quelque chose de plaisant et d’agréable. Un sourire se glisse sur tes lèvres. Tu es contente d’être avec elle, comme un besoin de retrouver son amie, de temps en temps. Tu ne la vois définitivement pas assez longtemps et c’est une chose que tu trouves vraiment dommage. Tu aurais apprécié d’avoir la possibilité de la voir un peu plus souvent, mais tu ne peux pas toujours faire les choses comme tu el voudrais. C’est aussi ce qui peut être dommage, dans tout ça. Pour pouvoir lui parler autant que tu le voudrais, il faudrait sans doute que tu passes un peu plus de temps dans ton village. Et tu y penses, parfois. Mais est-(ce que tu tiendrais vraiment le coup ? C’est là que se pose la véritable question. Est-ce que tu aurais vraiment envie de rester dans ta tribu sur de longues périodes ? Et est-ce que ça ne te ferait pas un peu de bien ? « Je t’en garderai quelques-unes de côté alors, les premières de la récolte même si tu veux ! Et je demanderai aux agriculteurs ce qu’il leur manque alors. ». Les baies de la cueillette, toujours un pur plaisir. Et tu as donc hâte de pouvoir les goûter et les manger. C’est même évident. En tout cas, tu as déjà hâte de pouvoir manger ces baies. Mais ce n’est pas encore pour tout de suite. Si elle t’en garde de côté, ce sera avec plaisir. Quant aux faux, tu attendras d’avoir des nouvelles. ” Ca marche, tu me diras ça”. Tu n’as pas particulièrement envie de courir après les agriculteurs pour leurs proposer tes services. Avec les années écoulées, tu aurais aimé qu’ils viennent vers toi. Mais ce n’est pas encore le cas. C’est assez dommage, de ton point de vu, mais tu ne peux pas les forcer à te donner du travail ou à te laisser une chance. Ils n’ont pas à le faire. Est-ce donc si dur de te donner une chance ? Après, sans doute que la conseillère n’est pas la mieux placée pour te parler des besoins des agriculteurs. Après tout, ce n’est pas vraiment son domaine de prédilection. Mais il s’agit de ton amie alors forcément, le contact t’est plus simple avec elle.

« Décidément, je ne sais pas comment tu fais pour supporter autant de voyages. Rien qu’avec un déplacement, je suis KO pendant des semaines. ». Comment tu fais ? Parfois, tu ne le sais pas toi même. A toujours t’aventurer à droite et à gauche, il devient presque difficile d’avoir des attaches. Et tu détestes te sentir seule. C’est sans doute ce qu’il y a de plus dur dans tout ça. Tu n’aimes pas la solitude mais à force d’aller un peu partout, tu ne t’attaches pas à grand monde. Ce qui est assez stupide, on ne va pas se mentir. Bien sûr, tu t’en doutes qu’elle exagère mais c’est vrai, quand tu rentres chez toi, t’as juste envie de rester là pour des semaines et des semaines. T’as envie de souffler quoi. Mais ce n’est malheureusement pas comme ça que c’est supposé fonctionner. Et c’est justement l’aspect dommage de tout ça. ” L’habitude je pense. Parce que sinon, je suis pareille que toi, incapable de rebouger si j’attends trop longtemps”. Un sourire poli sur les lèvres, tu le penses vraiment. Tu n’y peux rien hein, c’est ainsi que tu vois les choses, voilà tout. Mais t’as besoin de bouger. Un besoin étouffant, presque. T’as l’impression de stagner inutilement quand tu ne bouges pas. Et c’est ce qui est vraiment ridicule, dans tout ça. Tu fais juste ce que tu peux pour ne pas virer folle.

« Je dirai une dizaine ou une vingtaine de jours pour la baignade, le temps semble se réchauffer rapidement cette année. ». Oui, pour l’heure, l’eau est encore trop fraîche, c’est sûr. Mais tu adores mettre ne serait-ce que les pieds dans l’eau. Alors forcément, t’as hâte quand même. ” Et bien vivement ! C’est la seule période où on peut regarder les garçons sans passer pour des perverses ! Et ça fera du bien de faire trempette aussi.”. Bah quoi ? Tu aimes regarder les garçons, alors tu ne vas quand même pas te mettre à le nier. Et puis il s’agit d’un jeu aussi, d’une certaine manière. Tu n’es pas non plus une grosse dégueulasse tapis dans l’ombre avec de la bave au coin des lèvres.

« Ca ne m’étonne pas venant de toi ! Les Calusas sont réputés pour leur gentillesse, je suis heureuse que tu ais pu en profiter ! ». Oui, tu as un peu trop tendance à faire des cadeaux. Disons que tu n’aimes pas partir avec le même stock que tu es arrivé. Alors oui, tu as tendance à en donner un peu pour t’alléger et surtout pour contenter ceux qui ne savent pas quoi te troquer en échange. Ton but n’est pas de montrer ce dont tu es capable et de le garder pour toi. Alors… Qu’est-ce que ça change ? Si en plus, le trajet était agréable, c’est quand même toi la gagnante. ” Bien sûr, je m’abstiens de faire cadeau d’armes aux plus jeunes mais les petites figurines en bois font plaisir aux enfants”. Et qu’est-ce qui est plus cher qu’un sourire d’enfant hein ? Toi qui en a toujours voulu au moins un et qui ne trouve aucun homme pour t’accompagner dans cette aventure, tu as simplement appris à aimer les enfants des autres.

« Du croustillant, je ne sais pas s’il y en a ! Je peux juste te dire qu’Harlan m’a demandé des nouvelles des esprits, chose qui est particulièrement cocasse, lui qui est si terre à terre ! ». Dommage pour le croustillant, bien que tu aurais apprécié d’en apprendre quelques petites choses amusantes. Tant pis. Ce n’est pas bien grave, disons. Tu ne connais pas très bien Harlan, et tu n’as jamais eu de véritables conversations avec lui, si ce n’est quelques politesses ou ce genre de choses. ” Et entre vous, comment ça se passe ?”. Tu n’es pas souvent là alors forcément, tu ne sais pas tout. Pour autant, tu as parfaitement conscience du fait qu’entre eux, ce n’est plus comme avant. Tu ne connais juste pas les raisons exactes. Et dans le fond, tu ne te voyais pas vraiment lui poser des questions à outrances pour t’immiscer dans son existence. Tu es son amie, pas un espion caché.


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Sujet: Re: Knowledge is power |Meeka|
Mar 28 Nov - 20:16

Marcher, pour se réchauffer, mais aussi pour éviter que les pensées noires s’accrochent de trop à son esprit. Elle avait toujours caché ce poids sur le coeur et les épaules, et pourtant, il était de plus en plus présent. Après des années passées dans son rôle de conseillère, à faire passer le bien-être de la tribu avant le sien, elle commençait à craquer. L’inébranlable Rowena qui s’écroulait, comme un château de cartes face à un coup de vent. Jusqu’ici, il avait semblé à l’abri, mais l’usure avait obtenu gain de cause, diminuant jour après jour, coup après coup, les protections établies autour de ce fragile château. Et pourtant, malgré chaque jour qui devenait de plus en plus compliqué à supporter, elle restait là, elle gardait son sourire, son calme qui la caractérisait tant. Douceur et fermeté, jamais un mot plus haut que l’autre pour se faire entendre. Aujourd’hui, sa simple présence suffisait à faire taire les plus récalcitrants au sein de la tribu. On l’écoutait, celle qui avait les mots justes. Cependant, on ne se demandait jamais si elle allait bien, parce qu’elle le devait forcément. L’être humain avait disparu derrière l’aura de la conseillère aux yeux du monde…

La chamane aurait aimé dire qu’elle avait quelqu’un à qui se confier. Et pourtant, même si elle estimait Meeka, qu’elle considérait comme l’une de ses plus proches amies, elle n’irait jamais s’ouvrir sur les sujets touchant la politique ou ses propres ressentis. La forgeronne avait autre chose à faire que d’écouter la brune se plaindre, c’était un fait. Et puis bon, certaines choses devaient rester entre conseillers. Même si elle n’en parlait pas plus à Harlan ou Caleb. Elle était compliquée Rowena, derrière l’image qu’elle s’était construite.

Voilà pourquoi elle avait préféré garder des sujets plus légers, avec le printemps qui arrivait à grand pas. Cela lui permettait pour une fois de ne pas penser à tous les soucis qui s’accumulaient, ou restaient en sursis surtout. D’ailleurs, elle était étonnée que tout soit si calme désormais. Alors certes, une branche de l’arbre de Vie s’était cassée la gueule, ce n’était pas le top, mais la tribu était encore en vie, et ne s’était pas fait attaquer par leurs voisins en colère. Rowena estimait que tant que les Rahjaks se tenaient loin de la forêt, c’était une bonne chose, et que tout allait bien dans le meilleur des mondes. « En tout cas, d’après les dernières nouvelles que j’ai eues par Caleb, ils semblaient avoir tout en quantités nécessaires, donc tu pourras peut-être prendre un peu de repos. » Léger sourire en coin, ironie palpable. Meeka n’était pas le genre de personnes à se poser quand elle en avait l’occasion. Hyperactive, elle était toujours en train de bouger, même lorsqu’elle rentrait au village. La conseillère l’admirait pour cette force qu’elle avait, le travail qu’elle abattait en toutes circonstances.

La remarque sur les hommes fit rire Rowena, en même temps que lever ses yeux au ciel. « Tu n’as pas bien tort après… On aurait dû être druide, on aurait eu une excuse pour mater toute l’année. » Sarcasme bien présent, et pourtant, ce n’était même pas une si mauvaise idée que cela. Il fallait juste supporter les corps malades à longueur de journées, et les morts qui s’accumulaient sans que l’on puisse faire quelque chose. Autant ne pas penser à cette partie-là. La gentillesse de la femme fut soulignée, et Rowena fut heureuse qu’elle ait pu profiter de son voyage au maximum. « J’espère bien ! Je n’ose même pas imaginer la tête de leurs parents si une inconnue venait offrir une arme à leur gosse. » Elle, elle rirait certainement. Mais elle n’avait pas d’enfants, n’en aurait probablement jamais. D’un côté, elle considérait chaque membre de la tribu comme tel. Ce qui lui faisait pas mal de gamins à s’occuper, elle n’allait pas s’en rajouter un supplémentaire.

Elles avaient repris leur chemin, avaient bien une heure ou deux devant elles avant d’arriver au village. Du temps à meubler, et pourtant, la question de Meeka fit grimacer Rowena. La conseillère n’avait jamais expliqué ce qui s’était passé avec Harlan, juste qu’ils avaient fini par se séparer. Elle avait passé sous silence les raisons, notamment parce qu’elle-même n’avait pas supporté la déferlante de haine et de mépris qu’elle s’était prise dans la gueule. Le silence s’étala bien plus qu’elle ne l’aurait voulu. Elle se perdait bien trop dans ses pensées lorsqu’il s’agissait de son collègue. Un soupir ponctua sa réflexion. « Mal, j’imagine. » Le ton se fit sarcastique, cachant la réalité bien plus blessante. « Il m’a rappelé qu’il me détestait toujours au moins un peu il y a peu. » C’était super de bosser avec en sachant cela. Elle se pencha pour passer sous une branche un peu basse. Le ton était néanmoins dénué d’émotions, comme si la femme était passée au-dessus depuis bien longtemps. Alors pourquoi y avait-il toujours ce coup au coeur lorsqu’elle l’évoquait ?

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Sujet: Re: Knowledge is power |Meeka|
Ven 8 Déc - 22:17

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Knowledge is power

« En tout cas, d’après les dernières nouvelles que j’ai eues par Caleb, ils semblaient avoir tout en quantités nécessaires, donc tu pourras peut-être prendre un peu de repos. ». Prendre un peu de repos, une notion qui lui échappe légèrement. Pourtant, elle peut comprendre que ça puisse intéresser certaines personnes. Est-ce qu’elle est capable de faire une pause dans tout ça et de s’installer dans sa forge ? Sans doute, mais parviendrait-elle à rester en place ? Un fin sourire se glisse sur ses lèvres alors qu’elle se fait légèrement rêveuse. Oui, elle en serait forcément capable et ne quitterait sans doute pas sa forge pour fabriquer de nouveaux trucs. Elle n’ira pas jusqu’à dire qu’il s’agit là d’une drogue ou d’une autre chose de ce genre. Pourtant, oui, c’est vrai, elle est incapable de tourner en rond ou de rester dans son coin. Elle ne parvient pas à s’arrêter de travailler ou de faire les choses. Elle ne parvient pas à rester en place et pourtant, elle sait que s’arrêter de courir dans tous les coins lui ferait du bien. Ses douleurs de dos, ses insomnies.. Elle sait que ça lui ferait du bien et qu’il n’est pas bon de faire autant de marche avec autant de poids. Mais Meeka ne parvient jamais à se calmer et à s’arrêter. Et en fin de compte, on ne le lui a jamais reproché. ” Tu m’imagines tourner en rond chez nous ? Mais c’est vrai que ça me ferait du bien.”. Et pourquoi pas ? Il faudrait qu’elle essaie, tiens. Et puis ça lui permettrait aussi de renouer avec ses amis qui sont toujours là, ou même de passer un peu de temps avec Rowena, tout simplement. Elle y songe, parfois, mais elle sait aussi que c’est plus facile à dire à faire. Elle a peur de l’ennui, quand elle est seule. Cette maison familiale si vide sans son père ne lui permet pas toujours de réfléchir. Est-ce que ce n’est pas ça qu’elle fuit ? Ca et son célibat, les années qui passent et son corps qui n’enfante pas. Elle se fait du mal quand elle y songe mais ça lui arrive régulièrement. Meeka rêve de devenir mère mais ce n’est pas une chose que l’on fait seul. Ou même avec n’importe qui.

Alors peut-être que c’est pour ça qu’elle regarde les hommes. Parce qu’elle a envie de trouver le bon, celui qui pourrait la faire rêver. Ce n’est pourtant pas aussi simple qu’elle ne le voudrait. Et puis bon, ce n’est pas parce qu’on pose les yeux sur un bel homme que tout se fait. Il n’y a pas que ça. Combien de fois a-t-elle eu l’occasion, lors de ses périples, de croiser des hommes pas forcément futés avec un physique agréable. « Tu n’as pas bien tort après… On aurait dû être druide, on aurait eu une excuse pour mater toute l’année. » . Si l’idée aurait pu être intéressante, Meeka ne cherche pas à regarder les hommes à longueur de journée. Quoique, cela ne l’empêche pas de le faire. Mais elle n’imagine pas que ça puisse être le but d’une vie. Elle vise plus grand, parfois trop gran. Et elle ne parvient juste pas à s’en empêcher, elle agit comme elle le peut et elle ne risque pas de chercher plus loin. Le regard des hommes sur elle lui plaît aussi, pourtant, en fonction du regard, elle peut parfois se sentir outrée et dévisagée. D’une personne à l’autre, tout peut toujours paraître un peu différent. En définitif, la jeune blonde aime les hommes mais elle se sent obligée de garder ses distances malgré tout ce qu’elle pourrait bien apprécier dan tout ça. Et puis bon, aurait-elle vraiment été en mesure d’être druide ? Elle ne s’est jamais penchée sur la question. ” Tu m’imagines druide, moi ?”. Elle en tout cas, pas du tout. Et elle s’en moque un peu. Elle en tout cas, elle n’imagine pas trop la situation. Il n’y a pas de métier type pour chaque personne, c’est son existence qui le dirige vers telle ou telle tâche. Et le caractère. Et les capacités, aussi. Tout un tas de petites choses qui, combinées, amènent à quelque chose.

Vendre ses armes est une chose importante et intéressante, à n’en pas douter. Pour autant, la jeune femme ne cache pas qu’elle garde ses propres valeurs. Elle fait attention à qui elle vend son matériel et se refuse à mettre une arme dans les mains d’un enfant. Elle ne veut pas être responsable de ce genre de chose en tout cas, mais elle pourrait comprendre que certains parents puissent trouver ça important. Sans doute serait-elle une mère trop protectrice pour son enfant, si elle vient un jour à en avoir un. Et elle n’ira jamais prétendre le contraire. « J’espère bien ! Je n’ose même pas imaginer la tête de leurs parents si une inconnue venait offrir une arme à leur gosse. ». Bien sûr que son amie est d’accord avec elle. Et puis oui, qu’un parent choisisse de mettre une arme dans les mains de son enfant, soit. Mais qu’un inconnu le fasse sans même lui poser la moindre question, ça rend la situation un peu compliquée. Au moins, elle sait que ça n’arrivera pas délibérément. ” Il ne vaut mieux pas. Même si certains parents sont dérangés”. Mais elle n’est personne pour juger d’une telle histoire. C’est mieux comme ça. Le temps d’un instant, elle se demanda comment serait Rowena si elle avait un enfant. Sans doute une mère exceptionnelle. Mais est-ce qu’au moins, elle veut un enfant? Ce n’est pas une question qu’il est facile de poser, en tout cas. Et bien que curieuse, il y a certaines lignes qu’elle ne veut pas franchir.

Harlan. Homme particulier qu’elle observe de loin et qui l’impressionne, parfois. Mais Meeka peut comprendre que certaines choses ne se passent pas forcément aussi bien que ça n’en donne l’impression de loin. Et puis bon, Rowena étant son amie, bien sûr qu’elle sait ce qui a pu se passer entre eux. Mais toute cette histoire ne la concerne pas vraiment et elle fait de son mieux pour ne pas s’en mêler. Ce n’est juste pas toujours facile. « Mal, j’imagine. ». Une grimace se glisse sur les traits de la jeune femme. « Il m’a rappelé qu’il me détestait toujours au moins un peu il y a peu. ». Ouais, ça ne s’arrange pas vraiment donc. ” Et il a fait ça comment ?”. Faudrait pas non plus qu’il se mette à mal lui parler. Conseiller ou non, on ne touche pas aux copines hein ?

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Sujet: Re: Knowledge is power |Meeka|
Mer 20 Déc - 0:27

Pourquoi avoir parlé de tout cela ? Pourquoi avoir cherché à abandonner son sérieux habituel, ou son calme ? Si la chamane évitait l’humour, ou même d’évoquer pourquoi elle n’allait pas particulièrement bien, c’était pour une raison. Celle que cela n’intéressait personne. Et surtout, en tant que conseillère, elle se devait d’être irréprochable. Soupir silencieux, doigts se glissant dans sa nuque, de manière à détendre ses muscles crispés. Si elle avait été chez elle, certainement que certaines drogues ou plantes auraient été prises, en doses suffisantes pour obliger son corps à se détendre. La conseillère était pourtant loin d’être accro à ses substances, néanmoins, il fallait l’avouer, il était bien plus simple de méditer ou de ne pas perdre l’esprit grâce à elles, avec tout ce qu’elle endurait au quotidien. Heureusement qu’Harlan n’était pas au courant quand même, il lui passerait un savon avec tous les points négatifs d’une telle prise, encore plus si elle était récurrente.

La première réponse de Meeka la fit sourire, et elle ne put s’empêcher de rebondir sur les propos : « C’est bien ce que je me disais, ce n’est pas forcément fait pour toi ! Mais bon, parfois, ça peut aider de juste se poser un peu. Puis tu peux en profiter pour faire le tour du village, rien que pour discuter avec ceux que tu vois peu. » Rowena, elle n’avait foncièrement jamais eu ce souci. Elle passait sa vie et ses journées dans l’Arbre ou dans la forêt, à discuter avec les uns et les autres, et surtout à anticiper les mouvements des autres tribus. Il ne fallait pas se laisser prendre au piège, et elle ne pouvait se permettre de baisser la garde un seul instant. Meeka le pouvait elle, et c’était pour cela qu’elle la poussait dans cette direction. Il ne fallait pas qu’elle fasse les mêmes erreurs qu’elle, non ? Un soupir quitta ses lèvres, chassa la lueur de tristesse dans son regard.

En effet, Meeka aurait-elle pu faire un bon druide ? Ou plutôt, serait-elle parvenue à suivre la rigueur de telles études ? Une part d’elle se disait que oui, l’autre non. Il lui aurait fallu de la patience, qu’elle ne possédait pas forcément. La forgeronne aimait bouger à droite et à gauche, et cela n’aurait pas été possible dans de telles conditions. Après… « Et puis pourquoi pas ? Tu es minutieuse, altruiste. Bon, il aurait peut-être fallu éviter d’aller te promener autre part, mais je suis certaine que tu aurais fait une très bonne druide. » Un sourire pour son amie. Elle pensait chacun de ses mots, comme toujours. Meeka aurait pu réussir le test et la formation requise pour l’être. Néanmoins, cela ne lui correspondait pas, d’un point de vue de sa personnalité. La recherche de liberté, par les visites au travers du continent, la forgeronne ne l’aurait pas assouvie avec un métier qui l’obligeait à rester au sein de la tribu. Elle se connaissait bien, pour avoir évité une telle situation…

Rowena l’enviait un peu, à vrai dire. Elle, en tant que conseillère, devait veiller à ne pas s’éloigner trop de la tribu. Une semaine était acceptable, plus, cela pouvait devenir dangereux. Et puis, on pouvait l’enlever, chercher à rançonner sa vie… Jusqu’ici, cela n’était jamais arrivé, cependant, la chamane n’était pas dupe : enfermer l’un des chefs d’une tribu ennemie pouvait s’avérer utile pour porter un coup dur au village tout entier. Et elle pensait aux Rahjaks pour le coup. Ce serait dans leurs cordes, et leurs idées, de faire un tel acte. Insensé, ça ne l’était pas. Et c’était ce qui la poussait à rester en terre connue, à graviter autour de l’Arbre de vie en toutes circonstances. Là, les sentinelles pouvaient lui sauver la vie.

Certains parents pouvaient être dérangés… En effet. Un sourire en coin, avant qu’une question ne quitte ses lèvres, sans raison : « Et toi, serais-tu du type à protéger tes enfants des armes ? » Ni l’une ni l’autre n’avaient de gamins, ni même de maris. Un point de ressemblance supplémentaire donc… Même si chez Rowena, c’était surtout dû à Harlan, à l’impact destructeur que leur relation avait eu sur elle. Elle évitait désormais de s’attacher émotionnellement, prétextant trop de travail, trop de responsabilités. C’était vrai d’un côté, la chamane était une bourreau de travail, toujours à envoyer des lettres pour maintenir des relations cordiales avec certaines personnes, à vérifier que tout le monde allait bien, à observer les étoiles pour prédire, deviner les événements futurs, à l’image d’un oracle de Delphes. Aucune seconde n’était libre pour rechercher quelqu’un. Et elle s’en sortait très bien seule, comme elle aimait se le répéter…

Nouvelle question de Meeka, ton sensiblement plus froid. Son amie devait être prête à sortir les griffes… « Il voulait simplement être rassuré par rapport à l’Arbre de vie. Et finalement, il a souligné à quel point mon refus de le laisser se venger de la mort d’Hakon avait été perçu comme une trahison, et que même plus de dix ans après, sa haine était toujours là. Certes, moins vive... » Le ton se fit plus sarcastique pour la suite : « Je pense qu’il va falloir que je m’y fasse, il n’a pas l’air prêt à me pardonner. » Comme si elle était en tort. Mais bon, Hakon avait été un père pour lui, et pour la tribu en général. Son décès avait profondément meurtri la plupart des Naoris.

Si cela avait été son genre, Rowena aurait laissé couler une larme, preuve que la situation l’affectait bien plus qu’elle ne le montrait. Enfin, elle parviendrait à passer au-dessus. Quand, c’était encore un mystère. Avant que cela ne la tue, elle espérait.

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Sujet: Re: Knowledge is power |Meeka|
Dim 21 Jan - 2:05



Knowledge is power


Il est vrai qu'en voyant Rowena se rapprocher du conseil, Meeka s'est longtemps demandé si elle n'allait pas finir par changer, devenir plus sérieuse, manquer d'humour et elle s'est longtemps questionnée sur l'hypothèse qu'elles puissent se perdre de vu. Pourtant, à son plus grand plaisir, la jeune brune n'a pas tant changé que ça. Bien sûr qu'elle a un comportement différent et que parfois, elles ne sont pas en accord. Mais tout de même. Ce qu'elle trouve néanmoins dommage, c'est que comme dans cet instant, parfois, elle semble regretter les choses qu'elle peut dire. La blonde n'est jamais dans le jugement avec son amie, et espère qu'elle s'en rend pleinement compte. Elle ne veut pas voir son amie devenir quelqu'un d'autre. Elle ne veut pas non plus qu'elle soit sur la réserve lorsqu'elle est avec elle. Elle n'en a pas besoin. Aucun rôle, aucun change ou même artifice. Elle est là pour elle comme elle l'a toujours été. Oui, certes, elles ne se voient pas aussi souvent qu'avant. Sans doute est-ce l'aspect le plus dérangeant de cette histoire. Ses déplacements l'empêchent de garder ses contacts intactes. Mais lorsqu'elle est là, elle essaie toujours de faire les choses bien. Et elle se permet de penser que c'est suffisant comme ça. Mais elle comprend que ce ne soit pas facile. Parce que ça ne l'est jamais.

Il serait sympa pour elle de rester un peu plus souvent au sein de son village. Par ailleurs, au cours de sa vie, elle a déjà réfléchi aux choses qui lui seraient intéressantes à faire. Mais on ne peut pas vraiment dire que ce soit comme ça que ça fonctionne. Pour tout dire, c'est même une affaire un peu plus complexe que ça. Elle a la bougeotte en réalité, Meeka. Dès qu'elle a fini de travailler dans sa forge, elle a besoin de bouger, de se secouer, ou même de faire quelque chose. Pour autant, avec les années qui passent, elle envisage de plus en plus d'espacer ses voyages, ou au moins d'investir dans un animal. C'est vrai que c'est une option à laquelle elle pense de plus en plus et elle se demande assez régulièrement pourquoi elle 'y a pas pensé plus tôt. En même temps, quoi de plus normal hein ? « C’est bien ce que je me disais, ce n’est pas forcément fait pour toi ! Mais bon, parfois, ça peut aider de juste se poser un peu. Puis tu peux en profiter pour faire le tour du village, rien que pour discuter avec ceux que tu vois peu. ». Oui, voilà pourquoi parfois elle envisage de se poser un peu. Et puis bon, si elle s'ennuie, elle pourra toujours repartir. Il faut juste qu'elle apprenne à se changer régulièrement les idées, que ce soit facile ou non. Il faut juste qu'elle prenne le coup de main, en réalité. Une chose à la fois. " Il faudrait déjà que j'apprenne à me poser un peu plus, je suis d'accord. En tout cas, je vieillis, il va bientôt falloir que je prenne un cheval pour certains de mes voyages". Elle ne prétend pas être vieille, mais dans ce monde, on vieillit bien trop vite et le corps finit par ne plus être aussi agile qu'autrefois. Ses armes sont lourds, c'est surtout à cela qu'elle doit faire attention. Mais ça ne veut pas dire que c'est évident. L'égo ne permet pas forcément de faire attention à ce genre de chose. La fierté impose de se blesser un peu trop, pour se prouver qu'on peut encore le faire. " Il serait en tout cas assez intéressant de pouvoir t'embêter un peu plus souvent !". Bien sûr, ce n'est qu'une bien petite chose hein. Mais il n'est pas facile de laisser ça de côté. Voir Rowena plus souvent, ce serait un plaisir oui, voilà.

« Et puis pourquoi pas ? Tu es minutieuse, altruiste. Bon, il aurait peut-être fallu éviter d’aller te promener autre part, mais je suis certaine que tu aurais fait une très bonne druide. ». Non druide, ça n'aurait définitivement pas été pour elle. Bien sûr, elle conçoit que certains traits de son caractère peuvent correspondre. Mais il ne s'agit pas de sélectionner certains d'entre eux et de mettre les autres de côtés. Son penchant pour les potins aurait fait très mauvais genre, et elle ne parle même pas de son besoin de voyager et de découvrir d'autres milieux, d'autres cultures et d'apprendre à connaître de nouvelles personnes. " Tu dis ça parce que tu es mon amie surtout ! Mais merci !". Toute sa vie aurait été différente si elle était devenue une druide. Et son père n'aurait sans doute pas apprécié son parcours, finalement. Lui qui a toujours espéré avoir un garçon, qui a toujours voulu le former à la forge... Oui, tout aurait été différent. Mais c'est beaucoup mieux comme ça, maintenant. Tout a bien mieux évolué. Après tout, dès la naissance, le parcours dont son père rêvait était déjà chamboulé. Mais il a tout de même fini par l'accepter comme elle était. Ca a juste pris un peu plus de temps que prévu. Si aujourd'hui, il n'est plus là, elle imagine qu'il serait tout de même fier d'elle.

Un enfant. Elle aimerait en avoir un. La vérité, c'est que malgré l'aspect garçon manqué que son père a toujours voulu lui donner, elle a toujours voulu être maman. Elle a toujours voulu être entourée d'une famille aimante. Pour ça, il faut un homme et elle n'en trouve pas. Alors elle essaie de ne pas trop s'attarder sur tout ça, mais elle s'y perd. Elle n'a pas vraiment envie de rêvasser à ce monde, à cette histoire. Tout peut être un peu compliqué, par moment. L'image d'une vie de famille heureuse n'a jamais été facile à prendre en compte. Mais elle a toujours fait de son mieux. Pour penser à autre chose. « Et toi, serais-tu du type à protéger tes enfants des armes ? ». Elle sourit et se le demande, réellement. Difficile pour une forgeronne de faire grandir un enfant loin des armes. Et en même temps, difficile d'imaginer un gosse avec une arme dans les mains, juste comme ça. " Dans mon monde, les armes sont importantes. Mais je les fabrique, je ne m'en sers pas vraiment. Mais je sais le faire, en cas de besoin". Elle ne répond pas vraiment à la question et ça la fait un peu rire. " Je ne sais pas du tout. Je crois que je serais protectrice. Peut-être même un peu trop". Oui, elle s'imagine collante. Parce qu'elle n'en a toujours pas et qu'elle en veut depuis longtemps. " Si j'ai un enfant un jour". Sa voix se fait un peu lointaine. Elle ne voit pas forcément ce qu'elle pourrait dire à ce propos. C'est compliqué quoi. C'est tout ce qu'elle sait.

« Il voulait simplement être rassuré par rapport à l’Arbre de vie. Et finalement, il a souligné à quel point mon refus de le laisser se venger de la mort d’Hakon avait été perçu comme une trahison, et que même plus de dix ans après, sa haine était toujours là. Certes, moins vive... ». Dix ans après. Alors certes, oui, elle peut comprendre qu'il y ait eu un peu d'amertume au début. Mais là, pour le coup, une si longue période, ça en devient un peu risible, et il ne risque pas de prétendre qu'il y comprend quelque chose. Et en réalité, elle n'a pas trop envie de chercher. Elle ne connait pas très bien Harlan, faut bien l'avouer. Alors elle ne peut pas juger son comportement et ses actions comme il le faudrait. Mais elle juge ce qu'elle voit. « Je pense qu’il va falloir que je m’y fasse, il n’a pas l’air prêt à me pardonner. ». Ah bah là pour le coup, s'il n'a toujours pas pardonné, il semble évident qu'il ne soit pas en mesure de pardonner. " Ah bah si après dix ans il a encore une dent contre toi, c'est même pas la peine d'y croire.". Elle hausse les épaules, ce n'est pas très malin, en tout cas. Mais ça ne peut pas durer, tout ça, et ce n'est sans doute pas à elle de juger son comportement. " Ca lui passera un jour. Mais faut pas que tu attendes après lui. Il est trop buté". Oui, visiblement. Bien trop buté. Un homme quoi.

notes »w/ Rowena, près de la rivière, le 19 mars 2117.

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Sujet: Re: Knowledge is power |Meeka|
Ven 16 Mar - 13:05

Il fallait l’avouer, ses relations sociales, elles s’étaient soit coupées, soit atrophiées, avec le temps. Non pas qu’elle le souhaitait, mais c’était aussi lié avec son statut. Les gens ne la voyaient plus de la même façon, tout du moins, ceux avec qui elle ne s’était pas liée auparavant. Finalement, en tant qu’amis, proches, en dehors du Conseil, il y avait Güzis… Et Meeka. La blonde avait toujours eu une place particulièrement, et parfois, Rowena s’en voulait de ne pas parvenir à trouver du temps pour celle-ci, quand elle revenait de voyage. Mais y’avait tant à faire, tant de personnes à guider, aider. Et les esprits aussi… Y’avait quand même une pression liée à sa fonction, même si la chamane ne se sentait en aucun cas particulière, ou supérieure. Et c’était le regard des gens qui la véhiculaient. Toujours faire bien, toujours faire mieux. Un soupir quitta ses lèvres, alors qu’elle écouta à nouveau Meeka. Un sourire se dessina sur son visage. Ce n’était pas le moment de se plonger dans une dépression ou se poser des questions sur son rôle, et sa force. Si elle doutait, bien d’autres pourraient paniquer, et Rowena ne le désirait pas. Alors, définitivement, elle enferma les soucis dans une petite case bien à l’écart.

« C’est normal ça. Tu sais, ça fait déjà quelques années que j’utilise un cheval pour me déplacer moi. Et je peux quand même t’assurer que ça te file pas mal de courbatures quand tu restes trop longtemps dessus. » Y’eut une moue boudeuse, amusée. Elle n’aimait pas être transportée à dos de cheval. Surtout parce qu’elle avait du mal avec ces animaux. Oh, comme tous les Naoris, elle les appréciait, les respectait. Mais là était bien la raison pour laquelle elle était chamane, et non animiste. Regarder les étoiles, interpréter les messages, cela ne nécessitait que de la réflexion, et une connaissance approfondie de leur culture et passé. « Et tu peux toujours venir m’embêter ! Je ne dirais jamais non, parce que ça ne pourra que me faire du bien de quitter mon rôle et de discuter avec elle. » Oui, ça ne fera pas de mal, de s’écarter de la conseillère, de la chamane qu’elle était en permanence. A toute heure de la nuit, du jour. Elle ne vacillait jamais. Qu’importait qui avait besoin d’aide, quand, ou où. C’était son empathie qui la poussait à cela, cette compréhension de l’autre. Au moins, grâce à cela, ils se complétaient parfaitement au Conseil.

Ce qu’elle l’avait évoqué, c’était parce qu’elle le pensait, réellement. En tant qu’amie, oui, mais aussi en tant que chamane et conseillère. La facilité à voir en quelqu’un lui était utile sur ce point, pour éviter que certains ne s’acharnent dans une voie qui ne leur correspondait pas, ou d’autres abandonnent dès la première difficulté. Cela lui avait servi, avec Isha. Tous disaient qu’elle n’y arriverait pas… Et Rowena avait soutenu le contraire, envers et contre tous. Grand bien lui en avait fait, car elle avait parfaitement réussi l’examen. « Je le dis parce que je te connais oui, mais surtout parce que tu as une partie des capacités requises. Je sais être objective tout de même ! » Légèrement offusquée, mais ses yeux pétillaient d’humour. Elle continua d’ailleurs : « Tout comme je peux reconnaître que quelqu’un est parfait dans un rôle, même en ayant des problèmes avec la personne. » Et Harlan en était le parfait exemple. Brillant, doué, et pourtant, leur relation n’était pas au beau fixe. Elle évita une racine qui sortait du sol, traitresse prête à la faire chuter. Vivre en harmonie avec la nature ne signifiait pas ne pas faire attention…

La question sur les enfants, les armes. Rowena était terriblement curieuse, et avide de connaissances. Elle rit doucement aux explications, répondit instinctivement : « Heureusement que nous t’avons à la tribu, au cas où l’attitude pacifique ne suffirait pas. » Réalité de la chose. Si les Naoris évitaient les conflits au maximum, et avec un certain talent jusque-là, ce ne serait peut-être pas le cas jusqu’à la fin de leur existence. Puis elle se rapprocha, posa sa main sur le bras de Meeka, le serra. Beaucoup de douceur dans ses propos, son regard. « Je ne m’en fais pas, tu trouveras quelqu’un. » Certainement bien plus rapidement qu’elle, toujours blessée par la vie. « Petite maman gaga. Les protéger, c’est important, tu as raison. » Rowena ne s’était jamais vraiment demandée comment elle serait en tant que mère. Y’avait trop de complications dans ses relations, et elle était trop investie dans son boulot. Pas assez de temps pour les autres, malgré ce qu’elle désirait. Et puis… Elle était trop vieille désormais, trop bouffée par le stress et la pression.

Et Harlan, qui revenait dans la conversation, de sa part. Parce que finalement, elle avait besoin de l’évoquer à quelqu’un Rowena, pour oublier, pardonner, se détendre. « Je n’y crois plus trop de toute manière. Mais je ne le pensais pas si rancunier. » Lui d’habitude si terre-à-terre, il avait laissé les sentiments reprendre le contrôle. Pour le pire. Elle rit doucement aux propos de Meeka. « Tu as raison. Il finira bien par se rendre compte qu’il a eu tort. » Et elle espérait être encore en vie pour le voir. Ce serait quand même sympa…

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Sujet: Re: Knowledge is power |Meeka|
Dim 22 Avr - 10:21


19 mars 2117


Il est difficile de la voir comme une simple conseillère et se contenter de cette image. Meeka la connaît depuis une éternité ou presque et elle ne se voit pas un seul instant changer sa vision des choses. A quoi est-ce que ça pourrait bien servir, après tout ? A rien, à n’en pas douter. Les choses ne sont pas toujours évidentes et si on ne peut plus compter sur ses amis, alors le monde finit par s’effondrer autour de nous. Ce n’est pas envisageable ou presque. Et elle, elle préfère ne pas avoir à réfléchir à tout ça. Elle ne se serait pas vu le laisser tomber. Elle ne l’aurait même pas imaginé si elle le lui avait demandé. Bien qu’elle ne soit pas souvent là, dans son esprit, les choses sont très bien comme elles sont et il ne sert à rien de chercher plus loin. Pour autant, et c’est vrai, elle imagine que son monde n’a absolument rien d’évident et c’est une chose dont elle n’aurait pas vraiment été capable. Elle n’a jamais eu les épaules pour un trop plein de responsabilités, en réalité. Et à cause de ça, les choses se sont très vite muées en quelque chose de destructeur. Ou presque. Lorsqu’elle rentre au village, la blonde ne voit pas souvent son amie et quand ça arrive, elle n’est pas souvent entourée. Et c’est bien dommage, quand on voit le potentiel de Rowena. Plus adorable ? Non, elle n’imagine pas cela possible. Et c’est bien plus agréable à voir comme ça. Elle ne voit pas pourquoi les gens lui tournent le dos alors que tout ce qu’elle fait, elle le fait pour le bien de la tribu. Les gens ne comprennent définitivement jamais rien.

Un cheval. C’est un peu difficile à admettre mais c’est une évidence à laquelle elle fait de plus en plus face. Elle n’a plus vraiment le choix. Ses options diminuent de plus en plus. Et avec le poids des armes, elle a déjà quelques douleurs dans le dos. Ce qui n’a rien de bon dans ce monde, où ils sont contraints, très souvent, de se dépasser pour rester en vie. Mais les choses ne sont pas évidentes et il faut, de ce fait, aller de l’avant et avancer. Parce qu’en réalité, c’est la seule et unique chose qui ait de l’importance. « C’est normal ça. Tu sais, ça fait déjà quelques années que j’utilise un cheval pour me déplacer moi. Et je peux quand même t’assurer que ça te file pas mal de courbatures quand tu restes trop longtemps dessus. » . Oh bah ça, elle ne l’imagine que trop bien. Il est vrai qu’elle n’a jamais trop pris la peine de voyager à cheval. Non que ce soit un signe de faiblesse, ça n’a jamais été le cas. Pour autant, la blonde n’a jamais estimé en avoir le besoin. Et maintenant, oui, les choses sont un peu différentes. Et dans le fond, ce sera une belle avancée. ” Ah mais je n’en doute pas ! Mais ce sera une grosse facilitée pour moi.”. Très clairement oui, mais on ne peut pas vraiment dire que ce soit un problème. Rien que pour le poids des armes, tout sera beaucoup plus simple. ” Déjà, si c’est lui qui porte mes armes, ce sera beaucoup plus facile !”. Carrément ouais.

« Et tu peux toujours venir m’embêter ! Je ne dirais jamais non, parce que ça ne pourra que me faire du bien de quitter mon rôle et de discuter avec toi. » . Oui, possible. Pour autant, il est difficile d’intervenir et de se mêler de toutes ses actions de ses histoires et tout ça. Les choses ne sont pas toujours évidentes mais il est, en général, bon de faire la part des choses. Et c’est vrai qu’il faudrait qu’elle ose un peu plus aller vers elle. Il est stupide de sa part de ne pas le faire. Elle n’ose pas et pourtant, elle n’est même pas timide. Tout ceci n’a pas le moindre sens et pourtant, elle ne parvient pas à se résoudre à agir différemment. ” Je vais essayer de le faire alors ! Je ne sais jamais quand c’est le bon moment.”. Et puisqu’elle ne sait pas, elle n’ose pas. Il serait pourtant facile pour elle d’aller la voir et de bêtement le lui demander. Mais elle n’y parvient pas. Et tout ceci est lourdement ridicule. Pourtant, elle imagine que ce genre de chose est susceptible de lui faire beaucoup de bien. S’éloigner de son rôle, se détendre dans une conversation plus douce et moins calculée. N’être qu’elle-même bien qu’elle sache que c’est aussi ce qu’elle est dans son rôle officiel. Les choses peuvent réellement paraître compliquée, parfois. Et il n’est pas toujours possible d’y trouver un sens. En tout cas, elle a eu l’occasion de voir que la plupart des gens ont été en mesure de mettre un bordel effroyable. Et là, pour le coup, elle a bien vu que le Conseil des Naoris a été mis de côté. Ce qu’elle trouve regrettable mais qu’aurait-elle pu faire, face à ça ?

Druide. C’est une chose qu’elle n’imagine pas vraiment mais cela la fait sourire, que son amie puisse y croire elle-même. Ce n’est pas le genre de chose à laquelle on s’attend, mais ça reste amusant, quoiqu’elle puisse en dire. Au vu de son parcours de vie et des choses qu’elle a pu faire jusque là, la blonde a du mal à croire qu’elle aurait pu être un druide, mettant de côté ses capacités et ne pensant qu’à son caractère. A ce niveau-là non, elle ne se serait pas vu dans le rôle. Et c’est bien mieux comme ça, bien que ce ne soit pas évident. Mais c’est une nouvelle fois une autre histoire. Et c’est quand même touchant de l’entendre dire des choses pareilles. « Je le dis parce que je te connais oui, mais surtout parce que tu as une partie des capacités requises. Je sais être objective tout de même ! » . Elle se met à rire. Oui, peut-être qu’elle a quelques capacités qui auraient pu faire le rôle. Mais son père ne l’aurait sans doute même pas supporté. Une affaire un peu complexe, c’est vrai, mais à ses yeux, ça n’a rien de vraiment surprenant. Son père la voyait homme, et il n’en a pas eu la possibilité, et à côté de ça, il n’aurait pas été en mesure de la voir autrement qu’en forgeron, sur ses traces. « Tout comme je peux reconnaître que quelqu’un est parfait dans un rôle, même en ayant des problèmes avec la personne. » . Oui, c’est vrai. Bien que ce soit beaucoup plus compliqué. ” Tu imagines la tête de mon père, si je lui avais dit que je voulais être druide ?”. Il ne l’aurait pas supporté. Elle l’a aimé, tout au long de sa vie. Mais il est vrai que pour ce qu’il en est de son existence, elle n’a pas toujours eu son mot à dire. Elle l’a respecté, a fait tout ce qu’il voulait, mais ça n’a pas toujours été évident, à ses yeux.

« Heureusement que nous t’avons à la tribu, au cas où l’attitude pacifique ne suffirait pas. » . Un rire franc s’échappe alors de ses lèvres. Elle a bien du mal à imaginer ce genre de chose et pourtant, c’est touchant, malgré tout ce qu’elle pourrait en dire. Les choses ne sont pas évidentes. Au moins, ils ont des armes, c’est vrai. Et à la forge, elle a conservé un bon gros stock, justement à cet effet. C’est son père qui insistait, d’ailleurs. En cas où, comme il le disait. ” Ah bah mon père a toujours dit que quelques armes dans le village ne ferait pas de mal. Mais on n’a pas toujours accepté ça”. Elle se souvient des regards, quand elle était enfant. Certains plus pacifiques que les autres, certains plus amers que d’autres. Oh, on ne peut pas juger le comportement des gens à une exception ou deux. Mais c’est pour dire. Si guerre il venait à y avoir et si le peuple de la forêt venait à être touché, elle n’est pas certaine qu’ils seraient tous partants pour y faire quelque chose.

« Je ne m’en fais pas, tu trouveras quelqu’un. ». Et bien elle, elle s’en fait lourdement. Alors oui, elle essaie de ne pas trop y penser et elle finira sans doute par y parvenir. Mais c’est une affaire un peu plus compliquée, une histoire à laquelle il n’est pas toujours possible de faire tout ce qu’il faut. Enfin bon, elle s’y perd, lorsqu’elle aborde ce sujet. Elle a l’impression qu’il sera trop tard pour elle, le jour où elle parviendra enfin à trouver quelqu’un. Elle ne saurait le dire. Elle ne saurait où y donner de la tête. Tout est bien trop compliqué, à ses yeux. « Petite maman gaga. Les protéger, c’est important, tu as raison. » . Peut-être se mettrait-elle à trop les protéger, serait-elle trop à cheval sur la sécurité. Peut-être qu’elle les étoufferait. Elle ne sait pas, et elle espère pouvoir le savoir, un jour. ” C’est certain. Si enfant, il y a, ils viendront te voir pour râler parce que je les étouffe un peu trop”. Elle n’en doute même pas une seule seconde.

Dix années et la rancune perdure. C’est une histoire qu’elle a du mal à comprendre mais sur laquelle elle préfère ne pas trop s’attarder, bien qu’il s’agisse ici d’une situation qui puisse échapper à bien des gens. Pour Meeka, la vie est déjà bien trop courte, alors pourquoi s’attarder sur les choses qui ne sont pas plaisantes ? C’est une affaire qu’elle ne comprend pas vraiment, et en réalité, elle n’a pas vraiment envie de comprendre. C’est compliqué, si on peut le dire ainsi. « Je n’y crois plus trop de toute manière. Mais je ne le pensais pas si rancunier. » . C’est clair. Disons qu’il n’est juste pas possible de changer les choses ou de les faire autrement. « Tu as raison. Il finira bien par se rendre compte qu’il a eu tort. ». Elle hausse les épaules, regarde son amie. C’est vrai, ce sera à lui de faire la part des choses, lorsqu’il estimera ça possible. Jusque là, il n’est pas nécessaire de chercher plus loin. A quoi bon ? ” Laisse le dans son coin. Il reviendra de lui-même lorsque tu arrêtera d’aller vers lui.”.

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Sujet: Re: Knowledge is power |Meeka|
Dim 17 Juin - 0:28

Elle passait peut-être un peu trop de temps à se plaindre, à parler d’elle-même Rowena. Ce genre de discussions pouvait agacer, et c’était la raison pour laquelle elle évitait en temps normal de s’y aventurer. Avec Meeka, tout était différent. Elles se connaissaient depuis longtemps, vivaient toutes les deux de façon intense. Elles ne se posaient jamais, enchaînaient les voyages pour vendre pour l’une, pour gérer les liens diplomatiques de la tribu pour l’autre. Là où d’autres femmes avaient déjà toute une marmaille à s’occuper durant les longs d’hiver, elles avaient encore la liberté de pouvoir se promener sur le continent comme elles se souhaitaient, avec pour seule limite leur propre corps. Pourtant, il y avait toujours la solitude qui pesait sur les épaules dans ces instants. La chamane le savait, qu’elle se maintenait en permanence occupée pour ne pas voir le vide à ses côtés. Pour gérer la crise, elle avait préféré ne pas chercher quelqu’un d’autre. Elle avait préféré haïr. Finalement, elle avait choisi de se détruire, et il n’y avait personne sur qui reporter la faute, quoi qu’elle en dise. Les doigts glissèrent dans ses cheveux, et elle soupira. Bon sang, elle ne se savait pas aussi portée sur le passé, à le ressasser sans cesse…

Elle hocha la tête aux propos de Meeka : « C’est plutôt logique, d’autant plus que ça te permettrait d’en transporter bien plus en un seul voyage, et donc de vendre plus. » Peut-être que ça la ferait réfléchir. Un cheval ne lui ferait pas de mal, que ce soit pour la soulager du poids de ses armes, ou de ses jambes. Elle lui sourit avec douceur à la suite de ses mots. Evidemment, personne n’osait l’aborder, par peur de déranger la conseillère qu’elle était. Meeka ne faisait pas exception à la règle finalement. « C’est toujours le bon moment pour venir me voir. Je dégagerai du temps pour te parler. A moins d’une urgence vitale, mais on est plutôt tranquille au village. » Il est vrai que les Naoris n’étaient pas les plus belliqueux, et leur vie pouvait être considérée comme calme. Leurs relations avec l’extérieur étaient moindres. Au moins, ils n’avaient pas à se soucier d’une potentielle guerre, à part avec les Rahjaks. D’ailleurs, il faudrait que Rowena jette un coup d’œil de ce côté. Car si elle était parvenue à étouffer, à l’aide des autres conseillers, les différentes affaires qui auraient pu les détruire, elles risquaient de remonter à la surface…

Ah, son père… Elle sourit doucement Rowena. « Il est vrai qu’il n’aurait pas apprécié, il ne te voyait pas dans cette voie-là. Mais tu aurais pu faire ce que tu voulais aussi. Et il n’est jamais trop tard pour une reconversion. » C’était peut-être plus facile pour elle, qui avait toujours eu être chamane. Quant à son rôle de conseillère, il s’était imposé en chemin, quand Yuma l’avait remarquée. Pour le reste… « Tu n’as pas tort. Il faudrait parvenir à changer les mentalités, pour être prêts si quelque chose venait à déraper. » Pessimiste oui, mais véridique aussi. Sans pour autant renier le pacifisme qui faisait partie de leur culture, ils devaient se tenir prêts à ce que leur neutralité ne soit pas forcément acceptée. Si conflit généralisé il devait y avoir, ils seraient les premiers à en pâtir. Et savoir que les siens périraient était fort désagréable pour la conseillère qu’elle était. « Et ils comprendront que je suis comme toi ! Ils ne pourront pas faire trop de bêtises. » Aussi protectrice que l’autre… Mais Rowena, elle, elle avait définitivement fait une croix sur les enfants. Elle n’aurait pas l’occasion d’en avoir, et ne serait définitivement pas une bonne mère. Trop absente, trop préoccupée par les affaires de la tribu. Autant être une tante qui venait de temps en temps pour couvrir de cadeaux, faire quelques remarques sur l’éducation, avant de repartir dans un coup de vent…

Et Harlan, toujours Harlan, avec les foutus sentiments qui accompagnaient son nom. Elle était bien stupide Rowena, mais on ne contrôlait pas toujours son cœur. Elle sourit à Meeka, cette oreille attentive sur un problème qui devait la dépasser, qui l’emmerdait aussi peut-être. Une véritable amie, une femme qu’elle avait peur de perdre… Elle frotta ses poignées, soupira : « En effet, il est temps que je mette de la distance… »

Elle n’eut pas le temps d’aller plus loin, les contours du village se dessinant devant leurs yeux. De nouvelles oreilles pouvaient traîner, et Rowena n’avait pas forcément envie de se dévoiler devant elles. Il allait être temps de se détacher, d’arrêter la discussion, puisque Meeka irait certainement se reposer après son long voyage. La chamane en profiterait pour retrouver Caleb, pour lui poser quelques questions sur ce qu’elle avait perçu durant sa promenade. Il était le mieux placé pour lui répondre…

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Sujet: Re: Knowledge is power |Meeka|
Dim 1 Juil - 10:49


Knowledge is power

19 mars 2117 ;; L’amitié est une chose étrange, parfois. On s’éloigne des gens, on revient, et parfois, on se sépare. Ce n’est pas comme une relation amoureuse, parce qu’en amitié, parfois, il suffit de savoir qu’on peut compter sur quelqu’un pour ne pas avoir à chercher plus loin. Avec Rowena, c’est de ça qu’il est question, et Meeka ne le sait que trop bien. Elles ne se voient pas très souvent, mais c’est avant tout à cause de l’emploi du temps et des activités de la forgeronne. Elle s’en plaint, le dénigre et pourtant, elle sait que quoi qu’il puisse y avoir, ça ne change pas grand chose et c’est ce qui compte le plus dans tout ça. Elle peut compter sur elle, et inversement. C’est la seule chose qui ait de l’importance. Elles sont là, l’une pour l’autre, même si elles ne peuvent pas se voir comme elles le voudraient. Les choses ne sont pas faciles et parfois, on pourrait imaginer qu’elles font leurs vies chacune de leurs côtés. Mais ce n’est pas le cas et tout peut alors devenir plus supportable et plus facile. Heureusement. Elle apprend, au fil des jours, à mesure où les années se faufilent. Et au vu de ce qu’elle a choisi de faire, elle sait sur qui elle peut, ou ne peut pas, compter. Et tout devient alors plus facile à gérer. D’une certaine manière. Enfin bon, tout ça pour dire qu’elle sait qu’elle compte Rowena parmis ses amis et que ça ne changera pas. Qu’elles se voient régulièrement ou non, mais il faudrait que les choses évoluent un peu mieux. Et Meeka songe de plus en plus à espacer ses déplacements. Au moins un peu, histoire de profiter des petits plaisirs de la vie, de temps en temps. C’est juste, nécessaire.

L’idée de prendre un cheval, oui, ce serait nécessaire. Parce que c’est une nécessité face à laquelle elle est contrainte de faire attention, qu’elle le veuille ou non. Les choses ne sont pas toujours évidentes mais il faut savoir faire comme il faut et non, ce n’est pas toujours évident. Elle a toujours voulu tout faire par elle-même. Un pas après l’autre, mais ça finira par aller mieux, et elle ne le sait que trop bien. Cela finira par évoluer dans le bon sens. Et oui, avec les années qui défilent, un cheval serait sûrement une bonne chose. Il faut juste savoir faire en sorte que ça aille dans le bon sens. Ce n’est pas gagné, c’est vrai. « C’est plutôt logique, d’autant plus que ça te permettrait d’en transporter bien plus en un seul voyage, et donc de vendre plus. » . C’est un fait. Encore qu’elle a toujours eu tendance à en prendre un peu trop et c’est une stupidité sans nom. C’est vrai aussi. Tout ça pour dire que oui, il faut qu’elle envisage d’en prendre un et c’est une chose qu’elle n’a jamais envisagé, jusque là. Son père n’en utilisait pas, il préférait la marche, prétendait que c’était une chose bonne pour la santé et que les choses devaient être ainsi. Elle a toujours suivi tout ce qu’il voulait mais il avait voulu un garçon, il avait rêvé d’avoir un enfant masculin et il avait fait ce qu’elle pouvait avec elle. Mais peut-être que cette différence se mettait réellement à jouer, aujourd’hui. Mais elle ne sait pas et elle n’a pas particulièrement envie d’y réfléchir. C’est une affaire compliquée, en tout cas. ” Je suis malheureusement un peu rouillée. Il faudra sans doute que je m’y essaie avant de prendre la route. Histoire de ne pas le perdre quelque part”. Si ça venait arriver, ce serait une grosse catastrophe, c’est vrai. Mais elle ne voit pas ce qu’elle pourrait dire de plus. Elle n’aime pas forcément passer pour une imbécile, mais c’est une chose qui arrive assez facilement. Au cours de sa vie, elle n’est pas souvent montée sur un cheval. Lorsqu’on n’en voit pas l’intérêt, on évolue autrement. Et forcément, les choses peuvent mal tourner. Quoi qu’on veuille en dire.

Venir lui parler est une chose dont elle a envie et pourtant, la jeune femme est parfois mal à l’aise, parfois gauche, parfois elle envisage même des histoires qui ne sont pas les bonnes. Parfois, c’est compliqué et parfois, on fait en sorte que ça pourrait bien se passer. Mais ce n’est pas le cas, et ce n’est jamais aussi facile. Il y a que bien qu’elle ne soit pas particulièrement timide, il lui arrive régulièrement de s’inquiéter sans réelle raison. Et parfois, il faut savoir faire les choses dans l’ordre et de la bonne manière. Ce n’est jamais simple et parfois, on peut tomber de haut, mais il est possible de faire ce qu’il faut, parfois. Seulement parfois. « C’est toujours le bon moment pour venir me voir. Je dégagerai du temps pour te parler. A moins d’une urgence vitale, mais on est plutôt tranquille au village. » . Il est vrai qu’il n’y a jamais de réelle attaque dans cette ville mais ils ne vont tout de même pas s’en plaindre, n’est-ce pas ? Ici, l’histoire peut être compliquée, parfois. Mais elle a compris et désormais, elle ne prendra plus de pincettes pour venir la trouver et venir lui parler. Ce ne sera pas toujours facile mais elle est disposée à faire un pas en avant. ” J’en prends bonne note et je ferais ce qui sera nécessaire.”. Et plus encore ou du moins, elle fera de son mieux pour cela. Il est hors de question de perdre son temps à ce niveau, et il est hors de question pour elle de passer à côté de tout ça. Hors de question, oui.

Druide, un terme qui lui paraît si loin au vu du parcours que son père lui avait tracé. Bien sûr, parfois elle s’est imaginée avec un parcours plus facile, avec une évolution plus tolérable mais elle n’a jamais vraiment eu l’occasion de juger et de voir tout ça et en réalité, elle n’a jamais voulu chercher plus loin. Tout lui semblait plus facile ainsi, d’une certaine manière et pourtant, ça n’a jamais été le cas. Pourtant, parfois, elle se permet de penser qu’elle aurait pu prendre toutes les décisions qu’elle voulait, elle aurait pu faire absolument tout ce qu’elle voulait. Ce n’est pas évident pour les gens mais il est possible de le croire, par moment. Elle n’aura jamais la réponse, en tout cas. « Il est vrai qu’il n’aurait pas apprécié, il ne te voyait pas dans cette voie-là. Mais tu aurais pu faire ce que tu voulais aussi. Et il n’est jamais trop tard pour une reconversion. ». Une reconversion à son âge ? Si l’idée n’est pas si mauvaise que ça, elle n’envisage même pas d’y croire un seul instant. C’est une affaire qu’elle ne veut pas trop approcher, mais les choses ne sont pas évidentes, et c’est bien le problème de tout ça. Elle n’est pas aussi vieille que parfois, elle ne semble le croire. Ce n’est même pas volontaire et ce n’est pas une idée qu’elle se fait aisément. Pourtant, Meeka aurait pu y penser, plusieurs fois, elle aurait pu songer à refaire sa vie. Le jour où son père est mort, elle n’a pas envisagé une seule seconde de changer la donne et de faire les choses autrement. Elle l’aimait et en réalité, tout ce qu’elle voulait c’était le rendre fier. ” Sûrement. Je n’ai vraiment jamais envisagé les choses autrement. Je ne me suis jamais vue avec un autre métier”. Et elle n’y a même jamais vraiment réfléchi. Sans doute que certaines personnes iraient dire que c’est dommage mais qu’est-ce qu’elle y peut ? On ne change pas du jour au lendemain juste parce qu’on pourrait (ou non) en avoir envie. Il n’a jamais été question de ça. « Tu n’as pas tort. Il faudrait parvenir à changer les mentalités, pour être prêts si quelque chose venait à déraper. » . Oui, mais c’est une histoire plus compliquée encore. Elle se contente donc d’hausser les épaules. Le village est pacifique mais il est bon de ne pas oublier que ce n’est pas le cas de tout le monde. Le jour où un danger se profilera à l’horizon, il faudra bien faire en sorte de l’affronter, n’est-ce pas ? Ils n’en sont pas là et elle imagine que c’est encore loin mais un jour, ça pourrait arriver, et parfois, ça arrive bien plus vite qu’on ne peut l’envisager. ” Je sais que ce n’est pas évident pour le village, d’imaginer qu’un danger pourrait arriver. Mais… Il faut bien prendre cette possibilité en compte, non ?”. Mais à quoi bon lancer un nouveau débat sur la question ? Elle s’imagine que ce serait une histoire inutile qui serait brisé par des arguments qui manqueraient de sens.

Un fin sourire se glisse sur les traits de la jeune femme à chaque fois qu’elle s’imagine mère d’un enfant ou de plusieurs. C’est un rêve, une envie qui est forte mais pour laquelle elle n’a encore trouvé personne. Et à cause de ça, elle ne sait pas comment combler cette envie qui persiste à la tirailler. Un jour, ça viendra. elle l’espère, encore et toujours. « Et ils comprendront que je suis comme toi ! Ils ne pourront pas faire trop de bêtises. » . Deux mères poules, ce serait plutôt amusant, elle l’imagine assez bien, cette scène. ” De toute manière, si nous avons des enfants, nous les obligerons à être amis”. C’est carrément obligatoire et pour la blonde, aucun doute n’est même envisageable ! Et s’il y a un garçon et une fille, peut-être même feront-elles les entremetteuses. Bon, elle abuse un peu, c’est vrai. Mais c’est amusant un peu non ?

Mettre de la distance avec quelqu’un, ça n’a absolument rien d’évident mais parfois, ça s’avère un peu nécessaire. Et il est obligatoire de faire avec. Si sa relation avec Harlan est capable de lui faire du mal, il est bon de faire en sorte que les choses s’arrangent. C’est une nécessité qui n’est pas évident. « En effet, il est temps que je mette de la distance… ». C’est toujours plus difficile que le reste, mais il est bon de laisser les choses comme elles sont. Ce n’est pas facile mais les options ne sont pas nombreuses. ” Même si ce n’est pas facile…”. Elle pose une main réconfortante sur son bras. Et le village se dessine alors devant elles. Elles pourront continuer encore un peu à parler, de tout et de n’importe quoi. Le tout étant d’être ensemble, autant que possible, puisque c’est une chose qui fait du bien. L’amitié, c’est sans doute une des choses les plus importantes qui soit. A ses yeux, en tout cas.
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