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˜˜˜˜˜˜Au-delà du brouillard
maybe life should be about more than just surviving


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04/03/2017 122 Anna Torv pêche/cueillette 10


Sujet: Au-delà du brouillard
Jeu 16 Mar - 14:32

Je hais la terre.

L’aube transperce les brumes matinales de flèches crème, l’univers entier s’argente, pâle comme le sont les esprits des contes. Les arbres ne sont que lavis d’encre de chine sur papier détrempé. Le manteau de neige encore vierge s’étend à la moindre trouée, se confond avec le ciel ; certaines congères, entre deux arbres, ont amoncelé la neige jusqu’à hauteur de mes cuisses et me font trébucher.

C’est terriblement beau.

Je hais l’hiver

Mon manteau est trempé, comme le sont mes bottes, comme le sont mes mitaines, mes cheveux, mon pull, mon pantalon. Ma, peau, ma chair, mes os. Des pieds à la tête. Je tremble. Le feu que j’ai voulu allumé, hier soir, n’a pas pris, l’abri que j’avais voulu me faire laissait s’infiltrer autant la froidure que la neige, et j’ai fini par abandonner le feu et l’abri, par tasser, creuser la neige. M’y abriter.

Ce fut la nuit la plus interminable de ma vie. Une nuit sans cauchemar… Je ne voulais pas m’endormir. Ils n’ont pu s’infiltrer.

Le brouillard est encore trop épais, il s’’irise tout entier, sans préférence, sans orientation. Et quand bien même le soleil serait fort, et haut, et éclatant, et m’indiquerait l’Est, comment saurais-je, à ce seul indice, retrouver le campement ? Où suis-je ?

La neige colle à mes vêtements, s’oppose à mes mouvements. Mais il faut avancer. Continuer à avancer. Se réchauffer.

Il y a eu des hurlements, cette nuit.
Ils peupleront certainement toutes mes nuits.
Cauchemars terroristes, infiltrés à la faveur d’un égarement.

Je ne savais pas.  Je ne savais pas, hier, en quittant le campement et en profitant de la température adoucie… Je ne savais pas que le ciel, gris pâle, annonçait la neige, en une si cruelle abondance. Ni que j’en perdrais mon chemin… Ni ce que cela représenter, être seul au milieu d’un blizzard.

Non, moi, hier… Il me semblait presque qu’une douce tiédeur réchauffait l’air. Bien loin des rigueurs hivernales que nous avions connues… Mais ce matin, il me semble ne jamais avoir eu aussi froid.

Je hais le printemps

Il faudrait que je trouve la rivière, que je la suive. Les rivières mènent toujours aux hommes, avant de mener à la mer.

Je trouverais peut-être le campement.Peut-être les cents. Ou des grounders.
Même des grounders, je n’aurais pas peur… Pas autant que du froid, pas autant que de cette purée de poids où je m’enlise.

Avancer toujours avancer. Il n’y a presque plus d’arbres. Une silhouette esseulée, parfois, sur laquelle je pourrais presque me cogner avant de la voir. Il épaissit,le brouillard, comme pour mieux se moquer.
Si j’étais plus sage, plus patiente, moins glacée, je serais peut-être restée sous ma maigre protection, entre arbres et croûte de neige, j’aurais attendu que ce brouillard se soit dissipé.

Trop tard. J’ai voulu avancer. Bouger. J’ai espéré cesser de claquer des dents en m’activant. Bilan… mitigé…

Je hais la terre

Sous la neige, sous mes pieds, je sens le sol se modifier. Enfin, je sens… Mes pieds sont trop engourdis. Mais je trébuche moins, et lorsque cela m’arrive, la faute en est la fatigue, plus qu’un obstacle. Le sol semble… tassé ?

En me redressant, immobile, j’essaie de percer le brouillard. Un sol tassé… un sol piétiné ? Peut-être par un passage  fréquent d’humains ?

Peut-être ne suis-je que sur l’un des tronçons abîmés, abandonnés d’une ancienne route, de son asphalte gelé… Mais je pourrais, aussi, être proche d’un campement… Il y a, peut-être, une ombre, de ce côté ? Haute… massive… Peut-être. Si ce n’est mon imagination. Il y a presque de l’énergie, presque de l’enthousiasme dans mes enjambées, à présent. J’approche et la légère grisaille délavée se solidifie… Mais, surtout, à travers le brouillard, une silhouette se dessine. Grounder ou humain… Soudain, je ne m’en soucie plus.

« Hey ! Hey ! Vous… S’il vous plait… J’ai besoin d’aide ! »

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29/08/2016 Pivette 143 Margot Robbie ava : Pivette / sign : Grey Wind Cartographe / douée pour le dessin. Patrouille de temps en temps. 10


Sujet: Re: Au-delà du brouillard
Sam 18 Mar - 23:56


Au-delà du brouillard
feat. Demetra Knight & Wilhemina Stone


Les couches s'empilent sur mon corps, le froid mordant de cette nuit ne me fera pas de cadeau et je ne suis pas prête à le laisser gagner. Glissant entre les vêtements mon carnet à dessin et quelques fusains fabriqué à la hâte avec des restes de charbon. Cet abri ne me semble jamais aussi douillet et accueillant que lorsque c'est mon tour d'aller faire une ronde en plein blizzard. La soirée est déjà bien avancée, j'allais passer la nuit à espérer que personne ne se pointe, autochtone ou autres, que je sois tranquille et que je puisse retourner bien au chaud sous quelques couvertures dans mon lit. Je n'aime pas avoir à me battre, enfin pas contre n'importe qui, et surtout si je ne suis pas préparée, alors si cette nuit de garde pouvait s'avérer paisible, j'en serai reconnaissante à qui de droit.

Les heures passes et je multiplie les manières de ne pas me faire mordre par le vent glaciale. Tentant par moment de trouver un recoin épargné par Eole, me levant quand la bise faiblie et que la neige cesse de tomber quelques minutes pour faire quelques pas. Battant des bras dans l'air je tente de me réchauffer, je suis trop éloignée du prochain garde pour taper la conversation en plus, mais ça c'est presque ce que je préfère le plus dans les rondes. Etre seule, coupée du monde cela me manque un peu. Je sais que cela a beau être étonnant, j'ai passé dix ans enfermée entre quatre murs, d'aucun pourraient être amenés à penser qu'ayant retrouvé ma liberté, j'aurais envie de passer tout mon temps accompagnée d'une multitude de gens, de ne jamais passer un instant seule. Au contraire. C'est dans ses moments que je suis le plus libre aujourd'hui, des petits instants que je chéris comme d'autres veilleraient sur un trésor.

"Dommage tout ce blanc … il n'y a pas grand-chose pour t'inspirer tes petits gribouillages avec ça …" C'est toujours lorsque je suis enfin seule qu'elle décide de se montrer, elle m'a suivie et j'ai parfois l'impression qu'elle est plus possessive que quiconque et que me laisser seule ne serait-ce qu'un moment est totalement impensable pour elle…ou pour moi, je ne sais pas.
"Je te manquais tant que ça ? De toute manière il fait trop froid pour réussir à tenir mes fusains sans que je me gèle les doigts." Machinalement j'enfouis mes doigts un peu plus profondément dans les épaisseurs de tissus, comme pour me convaincre qu'ils sont bien là, encore tous les dix. "Tu ferais mieux de regarder un peu autours de toi, parfois quand le rideau blanc tombe, on découvre des choses … inattendues." Je la regarde, droit dans les yeux, mais de quoi elle cause ?
"Myrtle de quoi tu …" Disparue, elle m'agace quand elle fait ça, venir me balancer quelques phrases, m'envoyer sur une piste ou me troubler et elle tourne les talons, sans rien dire …
"C'est ça, casse-toi … connasse …" Je la déteste et je l'aime plus que quiconque, elle fait partie de moi malgré moi, elle est celle qui a été là, qui m'a relevée et peut importe comment elle se comporte avec moi, je sais que quoi que je lui dise, elle ne me lâchera pas, elle sera toujours là, dans un coin de mon environnement, telle une ombre.

Ses mots résonnent pourtant dans mon crâne, je les tourne et les retourne jusqu'à trouver un semblant d'explication. Rien, rien à part le bruit du vent, lui seul trouble la quiétude des premières heures du jour. Le vent et un crissement. D'un bond je suis sur mes deux pieds, scrutant l'immensité blanche, ma main se posant sur la dague de fortune qui se trouve à ma taille, mes doigts se referment sur le manche de bois et j'ai presque envie que l'animal ou la personne dont les pas résonnent et viennent casser le silence surgisse pour que je puisse me défouler un peu. Myrtle se faufile derrière un arbre, et se dirige vers une ombre qui se détache de la neige, le sourire que je peux distinguer sur son visage à quelques mètres de moi ne me trompe pas, quelque chose me dit que je ne suis pas au bout de mes surprises. Hésitant un instant à quitter mon point d'observation, la voix qui émane de l'inconnue me glace le sang. Je comprends le sourire de Myrtle maintenant "Tient tient … mais regardez-moi ça, c'est fou ce que le blizzard peut charrier comme détritus …" Cette fois, la dague en main, je m'approche de l'inconnue, plus si inconnue que cela si mes souvenirs ne me font pas défaut. Elle a beau être transit de froid, trempée jusqu'aux os, je n'ai absolument aucune pitié pour elle. M'approchant jusqu'à me retrouver face à elle, je peux sentir le mon sang bouillonner dans mes veines, et pourtant je dois me retenir. Me retenir de tout gestes de violence envers elle, mais rien ne m'empêche de laisser mon venin suinter entre mes lèvres.
"Donne moi ne serait-ce qu'une bonne raison de ne pas user de ma lame …"



© Pivette



Dernière édition par Demetra Knight le Dim 9 Avr - 22:53, édité 1 fois

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04/03/2017 122 Anna Torv pêche/cueillette 10


Sujet: Re: Au-delà du brouillard
Ven 7 Avr - 22:05

Je ne comprends pas exactement ce qui se passe, ni comment cela se passe.Soudain l’ombre se solidifie, devient une jeune femme, armée d’un couteau, a regard plein de rage. Et parle l’anglais comme n’importe quelle membre de notre vaissseau spatial.

Je claque des dents. De froid. De surprise. De peur.

Elle me menace ? Elle ne me sauver pas ?

De a glace dans le sang, dans le corps, dans les muscles. De la glace et de la stupéfaction.

Et une envie de rire. Irrépressible.

Oh, je hais l’hiver.
Et je hais mes réactions.


Je suppose que mon fou rire la surprend. Je en sais pas. Je n’entends que mon rire et la petite voix qui s’affole, qui me secoue, qui m’ordonne le calme, le silence. Que ej n’écoute pas. Je ne peux pas. Je ris tant que des larmes coulent sur mes joues.

Et je ne peux m’arrêter.

Pourtant elle me menace, est furieuse, dangereuse.

J’ai bien plus peur de la nuit et de l’hiver. j’ai bien plus peur de la terre. J’ai peur de sa lame,bien sûr, de sa colère aussi. Mais j’ai trop froid, je suis trop fatiguée, et je ne comprends pas sa réaction. Elle est peut-être folle? Plus folle que moi ? Moi qui ris comme une démente alors que l’inconnue, à travers les voiles de brume, semble d’humeur de plus en plus meurtrière.

J’essuie mes joues en tanguant de fatigue, je tente de retenir mes hoquets de rire, de la regarder, de tenter de comprendre qui elle est, ce qu’elle me veut, de formuler une réponse.

Une seule raison de ne pas me tuer ?
Une seule bonne raison…

Oh, je hais raisonner.

« Je… je n’ai pas assez peur, là… »

Et le fou rire revient, s’empare de moi et me secoue, comme un secoue une démente ou un prunier.


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29/08/2016 Pivette 143 Margot Robbie ava : Pivette / sign : Grey Wind Cartographe / douée pour le dessin. Patrouille de temps en temps. 10


Sujet: Re: Au-delà du brouillard
Dim 9 Avr - 22:56


Au-delà du brouillard
feat. Demetra Knight & Wilhemina Stone


Ce rire. Ce gargouillis guttural qui s'échappait de sa gorge me surprit. Je la tenais en respect, le tranchant de ma lame menaçant de venir s'abattre contre ses chairs à tout instant, et elle, qu'est-ce qu'elle faisait ? Elle riait. Elle riait comme une demeurée, si elle voulait qu'on se lance dans un concours pour savoir qui de nous deux était la plus folle, qu'elle se prépare à perdre, et largement. Elle pensait peut-être me désarçonner avec cette attitude, mais j'étais bien trop concentrée sur la maitrise de la rage qui faisait bouillonner mes tripes dès l'instant où j'avais distingué son visage.

Ses traits … malgré la décennie qui s'était écoulée, je les avais reconnus au premiers coup d'œil. Il est des visages que l'on n'oublie pas, certains évoquent des souvenirs heureux auxquels on se rattache coûte que coûte dans les mauvais moments. Et il y a ceux qui restent gravés dans notre inconscient pour une raison particulière. Son visage n'avais pas tant changé depuis la dernière fois où je l'avais vu, elle avait pris de l'âge, comme moi, enfin d'avantage que moi c'était certain. Mais ses traits je m'en souvenais, parfaitement, comme poinçonnés au fond de ma boîte crânienne pour que jamais je n'oublie celle qui avait été de l'autre côté, celle qui avait appuyé le témoignage qui m'avait fait enfermée.

Elle. Elle ne me reconnaissait pas, et tant mieux, j'allais pouvoir m'amuser un peu sans doute. Je ne me laissais pas déstabiliser par les rires qui émanaient d'elle, elle pouvait bien rire, pleurer, hurler ou sourire aux anges, cela n'avait absolument aucune importance. Elle était l'une des personnes que je haïssais le plus au monde, la voir en face de moi, ses pattes plantées dans la neige, grelottante, trempée jusqu'aux os, c'était un spectacle amusant, plaisant. Je sais qui elle est, qui elle était à l'époque surtout, je sais qui elle est pour moi et je l'envie de ne pas se souvenir de moi. Ça doit être facile de s'endormir pour elle depuis toutes ses années sans avoir la moindre once de culpabilité, en ayant l'impression d'avoir fait quelque chose de bien, d'avoir sauver le monde. J'espère qu'elle en a bavé durant ces douze dernières années, j'espère qu'elle a perdu des proches dans le crash, j'espère de toutes mes forces qu'elle … "elle ne te reconnait pas … laisse tomber, tu n'es rien pour elle, elle a bousillé ta vie et t'as fait enfermer dans cette boite de conserve … et à continuer de vivre sa petite vie tranquillement … ne lui dit pas qui tu es, pas tout de suite … il faut t'amuser avec elle, je suis certaine qu'on peut se divertir avec elle durant quelques temps avant de … l'envoyer rendre visite à tes chers parents par exemple …"

Le sourire carnassier qui se dessine sur le visage de Myrtle me fait du bien, elle au moins elle m'a compris, tout de suite. C'est comme ça depuis qu'on s'est rencontrées toutes les deux, depuis le premier jour c'est elle qui me stimule, qui m'épaule et m'accompagne dans les moments de doutes. La voir sourire de la sorte me plait, je ne réponds rien mais d'un simple regard elle sait que j'ai compris et que je suis on ne peut plus en accord avec sa brillante idée. Je ne veux pas que le glaçon sur pattes ne me remette si ses souvenirs se sont perdus dans les méandres de ces neurones gelés, ce sera son problème, pas le mien. Pauvre folle, tu ne sais pas ce qui t'attend.

Elle n'a pas assez peur, c'est parce que tu n'as pas idée de qui je suis espèce d'idiote. Ma main libre fond sur son col comme un rapace ayant repéré la moindre proie vivante après des jours de chasse infructueuse, la saisissant j'appuie le plat de ma dague sous son menton, la forçant à relever le visage. Calme toi Demetra, ne te trahis pas, pas tout de suite. D'un geste vif je la repousse à lui en faire perdre l'équilibre, la projetant les fesses dans la neige, la toisant, mes doigts toujours bien fermement agrippés au manche de mon arme. "Qu'est-ce que tu fous loin de ton campement ? Et arrête de rire aussi bêtement, tu vas encore réussir à attirer je ne sais quel animal … "



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04/03/2017 122 Anna Torv pêche/cueillette 10


Sujet: Re: Au-delà du brouillard
Sam 22 Avr - 21:39

A travers les larmes qui ruissellent sur mes joues douloureuses de froid et de rire, je tente de la distinguer, je tente de me calmer, je mords le mont charnu, à la base de mon pouce en tentant d’étouffer mon hilarité irraisonnée, déraisonnable, cette folie qui me secoue et me déchire, sous la menace de sa rage et de sa lame.

Je ne me comprends pas. Je ne la comprends pas.

Et j’ai si froid.

Ses yeux sont glacés, des bouts de glaciers naviguent sur fond d’iris, de tempête et de foudre. Le froid su couteau sur ma peau tarit la source de mon hilarité qui se fait hoquet surpris. Elle m’a empoignée par le col, et, le menton levé, je la contemple, souffle court, narine frémissante, dans cet environnement de brumes et de mystère.

Elle doit être folle, me croire folle. Oh, la terre, la vie qu’elle nous réserve est bien assez pour faire basculer qui que ce soit, pour déséquilibrer chacun d’entre nous…

"Qu'est-ce que tu fous loin de ton campement ? Et arrête de rire aussi bêtement, tu vas encore réussir à attirer je ne sais quel animal … "

Sa voix est pleine d’épines et de tranchants, presse, elle aussi, sa menace contre ma gorge, étouffe les derniers hoquets rieurs. Quel animal pourrait, en ce moment, être plus étrange, plus dangereux qu’elle ?

J’aurais dû être plus attentive, plus souvent présente aux cours de défense, de maniement des armes qui sont donnés au campement… Peut-être serais-je alors en position de me dégager…

« A ton avis… Je me suis paumée, hier, dans la tempête. »

L’envie de rire, cette fois, est totalement passée. Il ne reste que le froid qui me fait trembler, la glace qui semble couler dans mes veines.

« Je me suis juste paumée… c’est tout… et j’ai passé la nuit dehors et je veux juste me réchauffer, me reposer puis je me tirerai... »

Ma main glacée se crispe, à travers mes mitaines, sur le poignet qui me tient le col. Je tente de m’écarter de la lame, de retenir son bras, de l’éloigner, de me sauver… De trouver la raison de la colère qui bout dans ses yeux, entre deux mèches de cheveux pâles.

Est-ce parce qu’elle fait partie de ceux qui, sur l’Odyssée, n’avaient pas été condamné, faisaient partie du système ? N’était-ce qu’une haine destinée à tous les habitants de son campement, sans distinction ? Pour les avoir emprisonné ? Puis joué avec leur vie ?

N’était-ce que cela ?

« Arrête de me menacer, je viens pas pour bouffer tes gosses, tuer tes chèvres ou te voler... ou… ou je ne sais quelle autre connerie. Et je suis même pas en état de me défendre, là….»

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29/08/2016 Pivette 143 Margot Robbie ava : Pivette / sign : Grey Wind Cartographe / douée pour le dessin. Patrouille de temps en temps. 10


Sujet: Re: Au-delà du brouillard
Mer 17 Mai - 23:34


Au-delà du brouillard
feat. Demetra Knight & Wilhemina Stone


Je la regarde. De haut, je la contemple alors qu'elle s'est retrouvée libre de mon emprise, hors de la menace de ma lame. Je ne l'aiderai pas à se relever, je ne m'abaisserai pas à lui tendre la main. Pas à elle. J'écoute d'une oreille méfiante son début d'explication alors qu'elle cesse enfin de rire. Paumée dans la tempête, elle n'avait qu'à resté chez elle, dans son campement, avec les siens. Loin de nous. Loin de mes camarades d'infortune, des miens, et surtout, de moi !

"Quand on ne sait pas se repérer, on reste bien sagement chez soi … au lieu de prendre le risque d'aller se perdre dans les bois …"

Qu'est-ce qu'elle voulait en poursuivant sa diatribe ? Que je la plaigne peut-être ? Elle avait passé la nuit dehors, elle voulait juste se réchauffer, se reposer avant de repartir. Penchant la tête sur le côté, la regardant avec une moue faussement compréhensive, hochant la tête de temps en temps alors qu'elle exposait ses faits.

"Ha pardon … c'est là que je devais te plaindre et te servir des petites phrases réconfortantes, pauvre petit animal blessé et frigorifié qui s'est aventuré dans la neige poussé par la seule force de sa bêtise …"

Croisant les bras sur ma poitrine je ne la quittais pourtant pas des yeux, je n'étais pas aussi folle qu'elle pouvait le penser. Enfin si on prenait souvent pour une folle, la fille que certains on surprit à parler seule. Ce n'est pas ma faute si Myrtle aime jouer les discrète et ne se montre qu'à mes yeux. Elle est toujours là, quand j'ai besoin d'elle, elle ne m'a jamais fait faux bond elle. Alors oui ils peuvent me prendre pour une folle mais c'est pas mon problème, s'ils n'ont rien d'autre à faire que de s'occuper de moi et de ce qui se passe dans mon petit environnement, leur vie est encore plus triste que je le pensais …

Elle continue de parler, mon oreille un peu distraite, je me fais violence pour me porter mon attention sur les mots qui s'envolent de ses lèvres. Bouffer mes gosses et tuer mes chèvres … elle a une bien étrange vision des choses … en plus d'être folle à lier, serait-elle cannibale ? Rien ne m'étonnerait vraiment la concernant, après tout elle s'est rangée du bon côté à l'époque, je ne peux que sourire lorsqu'elle affirme ne pas être en mesure de se défendre.

"Mais dites moi … c'est qu'en plus elle possèderait presque un potentiel comique la blondasse, je devais déjà être dans mon palais de solitude lorsqu'ils avaient lancé les inscriptions à ce cours là."

J'avais compris qu'elle me prenait sans doute pour une demeurée, mais à ce point là, me croire aussi naïve au point de sous estimée mon adversaire et de baisser ma garde, ça se voyait qu'elle était novice dans l'art de la traque, la chasse, ou la persuasion. Si elle pensait ne serait-ce qu'une seconde que j'allais lui faire confiance d'une manière ou d'une autre, la laisser entrer dans notre camps sans aucune réticence, elle ne voulait pas non plus que je jette des fleurs sur son passage encore ?

"Si ça ne tenait qu'à moi, je te renverrai d'où tu viens dans la seconde … mais je ne vais pas te laisser partir sans que certains des nôtres aient pu donner leur avis … remercie ce formidable système qu'est la démocratie …"

Ce n'était pas à moi de prendre la décision la concernant, j'avais envie de lui voir les talons le plus vite possible, mais malgré tout, je voulais faire le moins de vague auprès des miens. Je m'entendais bien avec certains, n'avais pas trop de soucis avec d'autres, ce n'était pas le moment tout foutre en l'air. Jetant un rapide coup d'œil en direction du camp, je devais me décider à la faire rentrer dans le camp.

"Relève toi, et avance, ou c'est trop demander à votre altesse frigorifiée ?"



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04/03/2017 122 Anna Torv pêche/cueillette 10


Sujet: Re: Au-delà du brouillard
Dim 2 Juil - 22:58

Je hais l'hiver. Je la hais, elle.

Dévorée de froid, gelée jusqu'aux os, et au-delà, alors que la chaleur semble un concept fantaisiste, je l'écoute m'insulter et me menacer, incrédule. Je tremble de froid et d'épuisement et elle me fais de longs monologues et m'explique à quel point elle préfèrerait me tuer que m'aider...

A tant parler, elle finira par atteindre son but.

Avec ses menaces, avec son mépris, sa colère... Elle ne cherche même pas à les dissimuler.
Je neme souviens pasavoir jamais été en bute à pareille haine.

Sauf...Peut-être...

Mais el souvenir se refuse à moi.
Mais osudain...
Soudain, elle est presque familière, son ire...
Glacée, brûlante.
Son regard. Glacé. Brûlant.
Sa voix. Venin et lame.

Presque familier...

Péniblement, je m'oblige à me redresser, j'essaie de ne pas trop claquer des dents. Pas trop fort, pas trop vite.

« La princesse vous remercie, ô miséricordieuse apparition... »


Peut-être la sagesse commanderait-elle moins d'agressivité,plus de reconnaissance. Peut-être la sagesse aurait-elle raison. La sagesse demande plus de calme et moins d'épuisement que je n'en ai en moi. Alors... elle attendra.

Dans son dos, les bras serrés autour de mon corps,les doigts recroquevillés dans mes manches, je pose sur sa silhouette un regard pensif, fouillant ma mémoire à la recherche de lambeaux, de bribes de souvenirs, de ce qu'elle m'évoque, avec sa froide beauté, sa voix de grès et de glace, son abrasive colère, qui tutoie la folie furieuse.

Mes pas emboitent les siens, et, à présent, perdue dans mes pensées et l'effort d'avancer sans chute, je la suis. Un mélange de crainte et de soulagement rend encore plus désordonnés les mouvements de mon corps réticent. Je tremble des pieds à la tête, un instant, elle disparait derrière un épais voile de brouillard, et, pressant le pas, je manque tomber en m'arrêtant brutalement, à deux doigts de sa sombre silhouette.

Parmi les cents, qui pourrais-je connaitre ?

Quelques ombres de mon enfance, quelques élèves... Qui encore ?

Sa voix déchire le brouillard ; devant les portes du campement. Au bord du sommeil, de la chute, je ne prête aucune attention à ses mots. Seuls me tiennent encore debout l'espoir d'un peu de chaleur et d'une boisson chaude. Et la sensation de la connaitre...

La révélation est soudaine. Alors que je m'engouffre à sa suite, à travers la porte du campement. Est-ce son prénom prononcé ? Est-ce ma mémoire qui soudain s'éveille ?

Demetra... quelque chose. L'adolescente blonde et meurtrière. La condamnée.

Je m'immobilise, les yeux écarquillés, une main sur son épaule pour la forcer à me regarder. Des traits fins, comme nés sous le tendre marteau d'un sculpteur classique, un incendie dans les yeux et...

Je ne pensais pas me souvenir de son visage. Mais la mémoire est là, enterrée, quelque part.

Un voile de sueur froide couvre mon dos,moi qui ne pensais pas pouvoir avoir plus froid, encore, je frissonne, recule d'un pas.

« Toi... Tu as survécu... »

De tous les condamnés, de tous les criminels aux fautes mineures... Il a fallu qu'elle survive, elle, la diabolique. Son agressivité fait soudain sens, elle s'explique, va bien au delà de ce que je représente. Je me revois témoigner à son procès, malade de ses actes, malade de l'avenir que je lui construisais. Sous son regard haineux. Soutenue par la certitude de sa dangerosité...

« D'autres meurtres à ton actif, depuis la dernière fois ? »

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29/08/2016 Pivette 143 Margot Robbie ava : Pivette / sign : Grey Wind Cartographe / douée pour le dessin. Patrouille de temps en temps. 10


Sujet: Re: Au-delà du brouillard
Lun 3 Juil - 23:53


Au-delà du brouillard
feat. Demetra Knight & Wilhemina Stone


Elle se relève, je ne peux qu'imaginer ce que c'est que de galérer comme elle, le cul dans la neige, mais si elle croit une seule seconde que je vais la plaindre ou avoir ne serait-ce qu'un micro soupçon d'empathie pour elle, il y a autant de chances que cela arrive, que l'on puisse allumer un feu avec de l'eau et de la terre … Je la regarde de haut jusqu'à ce qu'elle tienne sur ses jambes et décide enfin de mettre un pied devant l'autre.

"Si tu pouvais avancer plus vite… Princesse… j'ai pas envie d'arriver au printemps moi …"

Arrivées aux portes du camp, je savais que si elle ne m'avait pas encore reconnue cela n'allait pas tarder, j'aurais sans doute à m'identifier suivant sur qui je tombais … ou alors qu'on m'aborderait et que mon prénom flotterait dans les airs. Cela ne manqua pas … "Alors Demetra, qu'est-ce que tu nous ramènes ?" "Un déchet un peut trop encombrant … une Odysséenne qui dit s'être perdue … " Les portes s'ouvrirent et la vue du feu de camps bien qu'à quelques dizaines de mètres me réchauffait déjà le bout des doigts, j'avais hâte d'aller m'assoir près du feu, voir qui pourrait trainer dans le coin, avant d'aller m'allonger sous quelques couvertures. La voix de Wilhemina me fait comprendre que cela n'est pas pour tout de suite.

Mon nom a été évoqué, elle sait donc qui je suis. Oh je peux bien les voir les souvenirs qui dansent dans sa tête à ce moment même, les images peu reluisantes qu'elle a de moi et de mon crime. Je me retourne et la vois reculer d'un pas, ce qui me colle un sourire au coin des lèvres. Je lui fais peur, je peux le sentir, elle pue la crainte la Princesse ! Ça y est … tout se remet en place, elle fait les derniers liens qu'il faut et je peux lire dans ses yeux la déception qui accompagne ses mots.

"Dommage n'est pas ? Vous pensiez que nous expédier dans une boite de conserve allait vous débarrasser de la vermine, hein Mina ? Mais la vermine c'est tenace, y a que les faibles que vous avez réussi à exterminer !"

Oui je la tenais pour responsable, responsable de ma mise en captivité, responsable comme tous les autres de nous avoir envoyés à la mort. Et si elle voudrait s'en défendre, rien à foutre, pour moi elle était responsable, comme tous ceux qui avaient décidé de nous envoyer sur Terre dans ce vaisseau, comme tous ceux qui n'avaient pas protesté, ces traitres qui avaient sagement fermé leur petite gueule et jouer les anges de la mort.

Son attitude se veut provocante, elle pense peut-être qu'en me jetant mon crime en pleine face, elle espère peut-être que je vais sortir de mes gonds et lui offrir sur un plateau une scène d'apocalypse ? Tu me connais bien mal Princesse … mais comment t'en vouloir, depuis tout ce temps… Je m'approche d'elle et mon sourire ne me quitte pas, je m'approche encore et viens murmurer à son oreille "Mais je t'attendais voyons …" Me reculant d'un pas, restant face à elle, je lui fais un clin d'œil, posant mon index sur son front, le laissant glisser jusqu'au bout de son nez, comme on le ferait avec un enfant qui vient de dire une bêtise. "Je suis sage tu sais, un ange, si tu regardes bien je suis certaine que tu verras briller mon auréole … Et toi alors ? La fille que mon paternel aurait tant voulu avoir … tu te l'es tapé pendant combien de temps ?" Elle voulait jouer la provocation ? Très bien, j'aime ça, je suis joueuse et pour le coup, je n'ai plus du tout froid, mon sang bouillonne d'excitation et de créativité.



© Pivette
 

Au-delà du brouillard

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