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˜˜˜˜˜˜She went quietly (Tamara)
maybe life should be about more than just surviving

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06/12/2015 Lux Aeterna 30582 Sophia Bush Avengedinchains (vava) ; Oreste (image profil); Lux Aeterna (sign & gifs & fiche rp) ancienne militaire - lieutenant, stratège, garde et patrouilleuse. Quelques notions de médecine et bases en maniement des armes. 190


Sujet: She went quietly (Tamara)
Mer 15 Mar - 0:03



❝ She went quietly ❞
Murphy Cavendish & Tamara Quetzalcoalt
(14 mars 2117)


Enfin, Murphy pouvait reprendre ses expéditions. L'hiver avait été long, et ce qu'Adelaide avait décrété comme étant un traumatisme crânien n'avait en rien aidé sa situation. Elle était restée enfermée au sein du campement là où elle aurait aimé s'évader comme elle l'avait fait pendant des mois et dès lors que Faust avait été aux abonnés absents. Car s'il y avait bien une raison qui avait pu la faire se ruer, presque à l'aveugle, dans la forêt environnante, ça avait été Faust. Au fil des semaines et des mois, elle avait exploré des dizaines de fois le périmètre le plus restreint qui entourait le campement, puis s'était aventurée de plus en plus loin, arrêtée au sud par la mer et au nord par des rencontres inattendues et des accidents maladroits. Deux ou trois jours, ce n'était pas suffisant pour étendre ses recherches autant qu'elle l'aurait souhaité, mais l'hiver avait encore empiré les conditions d'expéditions. Chaque pas, dans l'épaisse couche de neige qui avait recouvert la forêt pendant de longues semaines, relevait d'un effort presque surhumain, et il devenait déraisonnable de s'imaginer parcourir des distances classiques dans de telles circonstances. De toute façon, elle s'était progressivement habituée à l'idée que Faust n'était plus, même si elle n'arrivait pas encore à accepter celle que cette disparition faisait partie de son quotidien et que le deuil la remplacerait bientôt pour de bon. Un hiver de plus ne changerait pas la donne; si elle était encore de ce monde, son amie aurait déjà du passer au travers de l'été accablant, du tremblement de terre de juillet et de tout ce qui ponctuait, chaque jour, les journées et nuitées les plus classiques.

Mais les beaux jours revenaient avec la responsabilité des recherches. Car si elle n'y croyait plus, Murphy n'abandonnait pas pour autant sa meilleure amie, ou en tout cas l'idée de sa meilleure -car tout le reste n'était plus, et elle en était persuadée. Peut-être était-ce simplement son corps qu'elle recherchait, pour se donner et leur donner, à Chris et à Tennessee, une chance de lui dire au revoir pour de bon, de l'enterrer comme il était de tradition de le faire ici bas et comme ils l'avaient déjà fait avec tellement des leurs. Elle voulait lui présenter Antarès, aussi, et puis lui confier quelques secrets avant qu'elle ne disparaisse pour de bon. Mais là, une part d'elle, même si elle se cachait de plus en plus, continuait de croire que tout n'était pas perdue. Tant qu'elle n'aurait pas de confirmation concrète que c'était le cas, il y aurait toujours en elle un espoir vivant, celui de la voir réapparaître, même abîmée, même traumatisée, parmi eux. Alors, même si la neige l'avait cantonnée au strict périmètre qui encadrait le camp, Murphy ne recevait maintenant plus aucune excuse. Sa tête allait mieux parce qu'il fallait qu'elle aille mieux et qu'elle devait retourner à ses recherches.

Une journée de repos n'en était jamais vraiment une pour Murphy; elle ne tolérait pas la paresse chez les autres, mais probablement encore moins l'immobilité chez elle-même. Elle serait de patrouille le lendemain dès l'aube, mais en attendant, elle avait une journée entière devant elle pour explorer à nouveau ces terrains, pourtant, qu'elle aurait pu jurer connaître déjà par cœur. Il suffisait d'une chose et d'une seule pour tout changer. Un élément, un regard différent, une maladresse peut-être, pouvait tout changer à ses recherches. Cette fois-ci, elle l'avait décrété, elle repartait vers l'est. Les Naoris avaient peut-être des nouvelles d'elle, se persuadait-elle pour se rassurer et s'encourager à sa marche. Elle n'avait pas besoin de se presser, pourtant ; son pas était tranquille, sa main serrée sur son arc, dont elle s'était munie pour la première fois pour quitter le campement. L'air était encore frais mais elle avait troqué son épais manteau contre une veste qui permettait encore son agilité. Son regard vadrouillait d'arbre en arbre, de branches en branches, d'indices en indices. Elle entendait Antarès fureter quelque part derrière elle. Il devait chasser le lapin, maintenant que les températures les faisaient ressortir de leurs terriers. Elle se retournait de temps en temps pour s'assurer qu'il n'était pas très loin, puis reprenait calmement sa progression dans la forêt. Deux heures de marche paisible, et Murphy suivait la course du soleil dans le ciel à travers le filtre des arbres. Elle avait passé sa matinée à aider au campement -à l'organisation des patrouilles- et à s'entraîner à l'arc, se donnant ainsi le défi, dans l'après-midi, de faire découvrir à ce derniers ces extérieurs qu'il n'avait pas encore vu. Sa journée était aussi dense que lorsqu'elle était de garde, mais des moments sereins comme ceux-là la rappelaient parfois à une toute autre réalité. Ils étaient les seuls à se battre comme ils le faisaient, sans aucune certitude et avec le seul espoir de tenir quelques jours, voire, folie furieuse, quelques semaines de plus. Lorsqu'on quittait le campement, on pouvait se rendre compte que la nature, ici, ne se formalisait pas un seul instant de ses nouveaux habitants. Elle s'arrêta un instant, soupira et tendit l'oreille en entendant Antarès glapir à ce qui lui semblait être quelques dizaines de mètres derrière elle. Il devait avoir trouvé une proie, ou bien peut-être cherchait-il à attirer son attention comme un enfant pourrait le faire avec l'un de ses parents. « Major, je suis là ! » Elle s'était retournée brièvement pour guetter la potentielle arrivée de son chien, mais son regard fut attiré par ce qui ressemblait à un assemblage humain. Devant elle, contre un tronc d'arbre deux fois large comme elle, étaient disposées trois branches, solidement ancrées au sol. Elle fronça les sourcils et s'approcha de la construction, curieuse, se demandant s'il s'agissait là d'un piège Naori destiné à attraper quelque proie. A cette idée, elle s'arrêta à un bon mètre de distance du tronc et de ce qui est posé contre.

Des bruits dans la terre et les feuilles gluantes. Quelqu'un ou quelque chose s'approchait. Une proie, peut-être, de celles que les Naoris auraient voulu amadouer avec ce piège étrange ? Ou un Naori, tout simplement, venir s'enquérir de l'état de son piège? Elle eut un mouvement de fuite et courut vers la gauche de l'arbre, revenant sur ses pas, avant que son pied ne butte contre quelque chose et qu'elle ne manque de s'affaler au sol, se retenant de justesse à un arbre voisin. Elle vit finalement Antarès arriver à ses côtés et aboyer, la langue pendue, bien agité. C'était donc lui qu'elle avait entendu -nul besoin de s'alarmer. Pourtant... Elle lâcha l'arbre et, le regard rivé au sol, aux côtés d'un chien bien curieux qui suivait le moindre de ses faits et gestes, elle s'accroupit et fit glisser quelques branchages sur le côté pour découvrir une solide pierre, celle, probablement, contre laquelle elle venait de se cogner. Elle offrit une caresse tendre à son chien et lui sourit en soufflant. « Alors, qu'est-ce que t'en dis, on a trouvé quelque chose ? » Elle n'y croyait pas vraiment, pourtant. Ses gestes étaient méfiants, précautionneux, et elle révéla bientôt une seconde pierre de la taille de la première et voisine à celle-ci. Et, sous la terre, quelque chose brillait. Qu'est-ce que...

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29/01/2017 I/RiverSoul 401 Imaan Hamman Lux aeterna & Mini-miller ( Hela ) Sentinelle / Artisan ( potier ) 66
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Sujet: Re: She went quietly (Tamara)
Mer 22 Mar - 23:35


Murphy & Tam-Tam @Guest Antarès & The Spirit of Faust #Murmara


Les pieds nus dans l'eau du ruisselet qui lui montait jusqu'à la cheville, la Naori s'amusait à observer le petit monde minuscule qui renaissait de toute part sous les rayons printaniers. Tamara ne se lassait jamais de ce spectacle l'attendant avec grande impatience chaque année. Cela signifiait qu'on pourrait bientôt se dévêtir un peu, et laisser sa peau se faire caresser par la chaleur revenue. Bien entendu elle n'ignorait pas qu'on ne devait pas se réjouir trop vite, la neige parfois s'obstinait plus que de raison, comme la froidure. Mais le soleil les combattrait désormais avec ardeur jusqu'à ce qu'il doive se retirer à son tour, au moment ou les feuilles des arbres tomberaient en tournoyant doucement vers le sol. Mais à cet instant là, La sentinelle n'y songeait même pas, elle profitait de ses heures libres pour reprendre contact avec la nature dépêtrée de son manteau blanc. Évidement elle ne devrait pas piétiner longtemps dans cette eau fraiche pour ne pas provoquer le mauvais sort, et finir par attraper une mauvaise toux. Car personne ne viendrait s'occuper d'elle. Surtout depuis la rupture de son amitié avec Isha. Ce souvenir lui pinça légèrement l'estomac et son pied s'envola vers un ennemi imaginaire. Habituellement elle en profitait pour rendre visite à Meeka mais sa relation avec cette dernière grinçait un peu.

Revenant sur la terre ferme elle marcha doucement vers un arbre ou elle se percha le temps de faire sécher ses orteils. Mais surtout pour flemmarder en profitant de la vue. Les poches remplies de noix séchées elle commença à les consommer en jetant les coquilles brisées sur un écureuil qui rodait dans le coin. La petite bête rousse sauta sur le côté examinant les alentours puis fourra son museau dans les débris cherchant quelque chose de comestible. Un bruit lourd annonça quelque chose de plus gros, alors le petit curieux s'enfuit en bondissant pendant qu'un renard se mettait à déambuler dans le coin reniflant un peu partout. La frisée siffla doucement pour attirer son attention et le rusé leva la tête croisant les prunelles brunes de Tamara. Ils se dévisagèrent en silence quelques instants - secondes ? Minutes ? - Avant qu'il se décida à reprendre sa route le menant à ses affaires personnelles qui resteraient un secret pour la jeune fille. Des petits à nourrir peut-être ? Elle s'interrogea un moment à savoir si elle allait le suivre ou s'entraîner à l'arc ? Elle se décida finalement pour la dernière solution puis descendit de son perchoir en glissant contre l'écorce rugueuse du vieux tronc. Néanmoins elle estima qu'il lui serait profitable d'examiner la stabilité des quelques pièges et trompe l’œil, destinés à leurrer les étrangers pour les dévoyer de voie qui les mènerait au village naori.

Parfois le dégel déplaçait certaines installations, son apprentissage s'appuyait fortement sur le fait que la chance ne choisissait pas de camp, elle se manifestait selon son bon vouloir. Alors ne jamais relâcher son attention se découvrait l'option accompagnant ses pas à chaque instant de la journée, même quand elle enlevait son habit de sentinelle. Une étincelle veillait toujours dans l'obscurité de son esprit. Leur tranquillité en dépendait précieusement. Aussi mutine que se montra régulièrement la Naori, un soupçon de gravité lui collait sur la peau secrètement. A jamais. Aussi tout en circulant elle prenait le chemin de ce campement dissimulé sous des branchages, qu'elle visitait régulièrement afin de découvrir si celle qui l' occupait l'hiver dernier y était repassée. Ou qu'un animal énervé n'eut pas tout vandalisé, particulièrement les cochons sauvages qui détruisaient tout sur leur passage quand ils circulaient en bande. Une fois sur place, les yeux de la sentinelle ne remarquèrent aucun changement notable. Elle grimpa donc sur un rocher volumineux pour s'entraîner à son aise, visant des points précis, assez accessibles pour qu'elle puisse récupérer ses projectiles par la suite. Alors quelle pointait son arme des étranges vibrations lui parvinrent, accompagnées un peu plus tard par des bruits inhabituels. Aussitôt elle se figea mais découvrit qu'elle ne pouvait plus s'enfuir voyant surgir un chien clair qui sautillait partout en aboyant de façon un peu insensée selon elle.

Et puis il y avait cette femme brune que la frisée ne connaissait pas du tout. Tamara entendait sa voix mais elle ne comprenait rien. Certainement ce petit vent la contrait chassant tout dans une autre direction, voilà pourquoi elle se trouvait piégée de la sorte. Une Dame du ciel certainement, une autre, ça se voyait aux déplacements, aux vêtements, tout ... Aurait-elle rendez vous avec la blonde ? Finirait-elle par la revoir finalement ? la sentinelle opta pour l'option de ne pas se manifester, bien qu'elle fut particulièrement visible, Pour observer ce qui suivrait. Ah mais non la voilà qui détruisait toute sa cache sans vergogne, ça ne passerait pas comme ça, surtout maintenant que l’intérêt de la débarquée fut manifestement attiré par un objet sur la terre. Sans hésiter Tamara releva son Arc et décocha une flèche  qui alla se planter tout droit dans le sol juste entre les pieds de l'intruse « No hod op ! hod op !* » Cria la frisée avant de sauter de son rocher pour rejoindre en courant l'endroit ou se trouvait la nouvelle venue et son chien tout en pointant sur eux  un de ses projectiles. « Arrête ! » Rajouta Tamara  tout en ne perdant pas l'aboyeur de son champ de vision. S'il s'approchait trop d'une de ses jambes elle tirerait une pointe dans sa patte. Elle ne désirait pas le tuer, il ne s'agissait pas d'un ours, et il appartenait à la femme. Çà pourrait provoquer une incident, ce ne serait pas souhaitable.

La sentinelle ne connaissait pas extrêmement bien la langue des débarqués, son grand père lui enseignait petite, mais elle se fatiguait très vite. Cependant à leur venue, et à force de les observer la Naori pouvait soutenir un échange sans que ça ne tourne complétement à l'incompréhension. A moins bien entendu que son ouïe ne lui joua des tours engendrant d'étonnants malentendus. « Nowe ! Tu peux pas prendre ! à autre personne  » Le ton qu'utilisait La Sentinelle sonnait ferme mais non menaçant, Clairement elle interdisait à L'Odysséenne de continuer à investiguer cet endroit, et si elle s’exécutait, Tamara cesserait de la tenir en joue. Elle et son compagnon à quatre pattes qui ne cessait de sauter autour de la Naori. Mais La Frisée mimait l'indifférence à son égard car il lui paraissait jeune et très mal dressé. Néanmoins il éprouvait visiblement de l'attachement pour la femme. « Si lui attaque jambe, je vise la sienne » Continua t-elle pour bien faire comprendre la situation à son interlocutrice, elle se défendrait, point. Maintenant Tamara attendait la réaction de celle-ci avant que d'agir d'une façon ou d'une autre. Mais elle ne su s'empêcher d'interroger, curieuse « Tu cherches l'autre femme ?  »

* Non stop stop
** Jamais


Dernière édition par Tamara Quetzalcoalt le Lun 10 Avr - 0:21, édité 1 fois

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Sujet: Re: She went quietly (Tamara)
Sam 25 Mar - 2:15



❝ She went quietly ❞
Murphy Cavendish & Tamara Quetzalcoalt
(14 mars 2117)


En s'aventurant vers l'est comme elle le faisait, Murphy se savait s'approcher du village Naori. Elle n'en savait pas grand chose, pourtant, si ce n'était que c'était là que vivaient ceux qui les avaient aidés l'hiver passé. Elle s'imaginait aussi que même en y mettant toute la bonne volonté du monde, elle ne le trouverait probablement jamais, et ce n'était, à dire vrai, pas dans ses plans. Elle ne s'était jamais préoccupée de tomber sur leur cité interdite, parce qu'elle savait d'ores et déjà que le hasard seul ne suffirait pas à lui en faire croiser le chemin. Elle s'aventurait donc vers les terres de l'est sans chercher autre chose que d'éventuelles traces de sa meilleure amie, et peut-être et surtout un peu de l'exaltation que l'hiver lui avait volé. Tourner en rond autour du campement était une activité de patrouilleurs mais bien ennuyeuse, et si Murphy avait conscience qu'elle ne remercierait probablement jamais suffisamment Richard pour l'attribution de son nouveau rôle, il lui avait arrivait parfois d'oublier l'horreur qu'elle avait vécu en tant que garde au camp, et surtout en tant que garde de nuit. Elle oubliait le pire pour se languir de ce meilleur auquel elle aspirait, cet hiver probablement plus que jamais depuis qu'ils étaient là. Antarès ne l'aidait pas à la tâche; même la neige, dans laquelle ses frêles pattes se perdaient encore, n'arrivaient pas à entacher son enthousiasme. Les quelques semaines les plus froides qui avaient amené gelures et poudreuse lui avaient paru interminables, et elle avait sauté sur la première occasion, à la sortie de l'univers, pour redécouvrir ces contrées qui s'étendaient au-delà des limites de leur campement. Ce n'était pas les quelques remontrances d'Adelaide qui l'avaient retenue; son crâne ne lui ferait pas de crasses, et, de toute façon, elle n'était pas seule. Antarès était devenu son meilleur compagnon de route, et il était peut-être même encore plus excité qu'elle à l'idée de retrouver la liberté des grands espaces arborés de la forêt.

Et puis il y avait quelques curiosités qui traînait parfois, ça et là, qui rythmaient ses sorties et ses trajets. Les mains perdues dans un tas de branchages difficilement démêlables, la brune se demandait si elle était tombée sur un trésor caché ou une simple curiosité. Au milieu de la forêt, il ne pouvait pas y avoir grand chose, se disait-elle, et se sachant à proximité du village Naori, ce qui se tramait sous ses doigts était sans doute simplement de leur fait. Statistiquement parlant, du moins, il y avait plus de chances qu'elle ait trouvé quelque chose de totalement insignifiant pour elle que sur n'importe quoi qui pourrait se rapprocher de ses fantasmes éveillés par l'espoir. Elle eut à peine le temps de frôler une lame de métal qu'elle tomba en arrière dans un réflexe de survie, une flèche plantée entre ses deux pieds. Tout avait été incroyablement vite; elle avait entendu le sifflement de la flèche en même temps qu'elle l'avait sentie se loger dans la terre. Effarée, elle releva ses prunelles vers une femme aux cheveux frisés qui lui hurlait d'arrêter ce qu'elle était en train de faire. Antarès jappait à ses pieds, excités par la scène, ne sachant sans doute, comme elle, où donner de la tête. Elle attrapa sa lame de droitière dans un premier réflexe et la tendit droit devant elle, prête à défendre sa vie et celle de son ami canidé. Son arc était tombé au sol, prouvant, comme si elle en avait besoin, qu'elle n'avait pas encore assimilé les réflexes qui allaient de pair avec l'arme. Elle fronça les sourcils en entendant la bouclée défendre ce qui se trouvait à ses pieds, et ne put empêcher son regard de glisser brièvement sur ce qu'elle avait essayé de découvrir. Elle avait reconnu un couteau, et un frisson la parcourut alors qu'elle réalisait qu'il ne s'agissait pas de n'importe quelle lame. « A qui ? A qui ? » disait-elle, répétait-elle, tremblante, brusquement sur les nerfs. Elle se moquait que la Terrienne la tienne en joue, et ce ne fut qu'en entendant les menaces proférées à l'encontre d'Antarès qu'elle comprit que la situation était bien plus sérieuse qu'une simple défense de territoire. Sans lâcher son couteau, elle se redressa furieusement et vivement et attrapa le chien qu'elle serra contre elle comme s'il était sa propre chair et son propre sang. « Le touche pas ! » Le cri avait raisonné dans le silence sylvestre comme ceux de l'archère un peu plus tôt. Elle serra un peu plus la boule de poils contre elle. Le chien s'était calmé, ne comprenant sans aucun doute pas un traître mot de ce qui se disait, mais elle ne doutait pas qu'il sente à la fois ses inquiétudes et ses tremblements incontrôlables. Elle plongea ses lèvres dans le pelage clair de la bête et y déposa un baiser fébrile. Les battements de son pauvre cœur s'était affolés; pas parce qu'elle était tenue en joue par une totale inconnue, mais bel et bien parce qu'elle avait une idée de ce qui se trouvait à ses pieds. « L'autre femme ? » Elle avait répété, hagarde, serrant sa lame dans son poing, non sans faire attention de ne pas blesser son ami à quatre pattes. « Baisse ton arme ! » Son hurlement était furieux, mais pas autant que paniqué. Elle se laissa finalement retomber à terre, et, sans lâcher Antarès, fit glisser sa main libre dans la terre et les branches pour en ressortir le couteau de Faust. La manœuvre découvrit un anneau clair, sale, mais qu'elle aurait pu reconnaître entre mille.

Le chien lui échappa des mains et trotta à mi-chemin entre les deux femmes pour s'asseoir, calme, observant sa maîtresse, un peu perdu. Murphy finit de dévoiler le bijou et un hoquet désespéré finit de la convaincre de la réalité. Elle attrapa l'anneau et le glissa sur son majeur sans demander la permission à la gardienne des lieux. Elle chercha nerveusement celui de sa mère qui était toujours collé à sa peau, glissé sur sa poitrine, avant de se souvenir qu'elle l'avait perdu au début de l'hiver. « Qu... quelle autre femme ? » Sa gorge était nouée. Son regard n'avait pas quitté le petit tas de branches qu'elle avait creusé. Elle était à deux doigts de réponses, mais elle n'était plus réellement sûre d'être prête à les encaisser.

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Sujet: Re: She went quietly (Tamara)
Jeu 13 Avr - 23:45


Murphy & Tam-Tam @Guest Antarès & The Spirit of Faust #Murmara

Le but de Tamara quand elle se promenait tout en veillant à ce que l'accès de leur cité resta aussi invisible que si elle n'existait pas, restait ça en priorité. La violence se trouvait être hautement désapprouvée par leur peuple. Mais le dire n’obligeait aucunement un étranger, aussi bien terrien que débarqué à cultiver ce pacifisme. L'intrus possédait cette capacité à attaquer, blesser ou tuer que elle, en tant que sentinelle évitait à tout prix. Mais rester sans bouger pour se faire bêtement occire eut relevé de la bêtise. Rester vivante pour se défendre, ainsi que la tranquillité de leur lieu de vie, se révélait le plus important. Son attitude envers la jeune femme portait donc à discussion, mais cette dernière ne connaissait pas assez leur culture pour le savoir. Après tout la brune ne menaçait rien, ni personne, et loin s'en fallait qu'elle risque de découvrir l'arbre de vie là ou elle se tenait. La forêt n'appartenait à personne, ni rien de ce qui s'y trouvait ou s'y perdait, mais Tamara montrait parfois une certaine possessivité envers les gens. Sa fausse attaque provoqua donc bien évidement une réaction de l'inconnue, qui tout aussitôt tendit une lame vers la Naori. Le caractère soupe au lait de celle-ci la poussait à provoquer davantage son "adversaire", malheureusement elle n'ignorait pas que ça lui retomberait dessus si un incident trop grave se déclenchait entre elle et ceux du ciel.

La sentinelle ne baissa cependant pas son arc pour le moment, tenant toujours en visé l'animal alors qu'elle percevait très bien le *A qui?* Prononcé par deux fois. Contrariée de ne pouvoir foncer directement sur la jeune femme pour lui apprendre de quel bois elle se chauffait, Tamara se contenta de répondre froidement « Pas à toi ! » Car il s'avérerait nécessaire que Tamara la trouva digne de foi pour lui en dire plus. Et pour le moment ça s'annonçait plutôt compromis. Mais l'aboyeur blanc ajoutait un problème en plus. Ça compromettait grandement sa concentration, aussi elle ne saisit pas exactement ce que cherchait à lui faire entendre l'autre femme. Une expression interrogative apparue sur le visage de la Frisée alors qu'elle enchaîna sur un « Ouch ? » Interrogatif. Elle en déduisit au bout d'un petit laps de temps, où ni l'une ni l'autre ne cédaient un petit morceau de terrain que le plus logique resterait que l'intruse le nomma de la sorte. Elle le désigna de la tête articulant de façon assez forte « Ouche Silence...Sinon... » La Sentinelle mima alors une flèche qui partirait en direction de l'animal. Ceci dans le but de faire peur à la demoiselle. Car la naori possédait un coeur d'or et n'eut jamais tué un animal pour un motif aussi futile que le vacarme qu'il lui infligeait.

Et finalement le silence fut. Tranquillement la naori se détendit devenant moins agressive, elle regardait l'autre plonger son visage dans la fourrure du canidé. Jamais elle ne briserait un tel lien, on lui enseignait le respect de chaque être. Mais elle savait que devant un nouveau venu elle s'interdisait de se laisser attendrir, du moins visiblement, pas une telle scène. Tamaraaccordait simplement à la femme de prendre son temps, revenir de ses peurs, de ses émotions, que cette dernière n'essayait même pas de dissimuler. Forcément elle s'imaginait sans doute la sentinelle assez cruelle pour exécuter son animal, et Tamara savait que cela s'apparentait à une avantage pour elle. Cependant l'opposante se rebellait, une rétive, une combattante, une forte tête, tout ce qu'admirait Tamara mais l'agaçait en ce moment précis. « Pas toi » S'obstina la Sentinelle de son côté n'accordant pas une miette aux demandes de la Brune qui se mit à crier en la menaçant. Ce qui amena moue moqueuse sur les lèvres de la naori, si elle s'imaginait qu'elle se découvrirait aussi vite. Elle ne prenait certainement d'ordre de la part des ces arrivés des cieux. Et pourtant la voilà cette femme récalcitrante qui s'emparait des affaires de la disparue tout en sachant sa vie menacée. la faute-use de trouble en ramena quelques objets, et seulement La frisée se précipita vers elle pour agripper sa main et les lui faire rendre au site d'où ils provenaient.

« Interdit, pas à toi ! pas pour toi ! » Finalement, avant qu'elle le remarqua, Ouche s'échappa des bras de sa maîtresse, mais il ne reprenait pas ses jappements infernaux, non il se taisait, assit sur son derrière et attentif. Comprenait-il instinctivement qu'il ne se dissimulait aucun réel danger dans l'âme de la jeune Naori ? Celle-ci retenait avec force le poignet de la brune, le lui tordant pour qu'elle lâcha le couteau volé aux affaires de l'autre femme. Et elle ne cessait d'exiger en savoir plus à son sujet. « tu dois lui rendre ... Elle ... si revenir » Non Tamara n'acceptait pas d’avoir veillé autant de temps sur ce lieu pour qu'il fut dévalisé de cette manière. Ses prunelle brunes découvrirent enfin l'anneau au doigts de la voleuse, alors elle ploya un peu plus fort son articulation tout en attrapant le doigt fautif, décidée à en découdre pour récupérer le bijou. « Pas toi ... Pas toi .... rendre pour la blonde  » Insista la sentinelle en imaginant quelques instants couper le majeur de la jeune femme qui lui donnait tant de mal. Mais La Sentinelle chassa cette idée indigne d'une Naori pour finir par relâcher la pression de sa main. Car elle devait avouer percevoir dans l'expression de cette opposante un éclat qui la rendait assez sincère pour que Tamara finalement chercha à lui offrit un peu de lest « Toi ... Connaître la blonde ?  »

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Sujet: Re: She went quietly (Tamara)
Lun 17 Avr - 1:46



❝ She went quietly ❞
Murphy Cavendish & Tamara Quetzalcoalt
(14 mars 2117)


Murphy ne croyait plus au retour de Faust depuis longtemps déjà, mais elle ne croyait plus à sa survie depuis peu de temps. Ce n'était que question de logique et de lassantes statistiques ; cette année avait forcément eu raison d'elle, que ce soit dès sa première semaine hors du camp que six mois plus tard. C'était impossible de survivre dehors seul si longtemps. Elle était à peine capable de le faire quelques jours, avait elle-même échappé son rendez-vous avec la faucheuse plusieurs fois déjà; qu'est-ce qui aurait pu sauver Faust ? La chance était trop aléatoire et trop hasardeuse pour intervenir plus de quelques fois. Et plus de quelques fois, c'était déjà trop pour assurer sa survie. Il suffisait d'une aventure de trop, d'un accident de trop, d'une seconde de trop, et Faust n'était plus. Le hasard ne pouvait pas lui offrir autant de chances qu'elle pourrait avoir besoin dehors... c'était des probabilités, des chiffres, de la logique pure et dure. Faust n'était plus.

Mais, dans son monde, coupée des réalités qui blessaient, Murphy préférait ne pas savoir la vérité vraie. Elle voulait laisser vivre cette frêle idée, aussi injustifiable soit-elle, que son amie coulait de beaux jours dans un coin qu'elle ne connaîtrait jamais, près de jolies cascades, peut-être, ou au cœur d'une forêt luxuriante qui enivrait de bonheurs simples et où la survie était aisée au point de se faire oublier. Elle ne voulait pas de réponses, elle n'en voulait plus du tout, car elle avait peur qu'elles fassent éclater son fantasme en des milliers de débris irrécupérables. L'incertitude, après l'avoir torturée pendant de nombreux mois, était devenue aussi confortable que douce. Elle ne cherchait plus volontairement des signes de Faust comme elle l'avait fait longtemps, mais son regard continuait à chercher le moindre indice, comme habitué. Elle préférait vadrouiller pour le plaisir de l'aventure, à présent, avait au moins gagné cette curiosité presque maladive qui l'attirait en dehors du camp de façon presque magnétique. Alors, au moment où elle avait plongé les doigts dans ces branchages emmêlés, l'iris attiré par un objet brillant caché sous la couche d'humus qui s'était accumulée avec le temps, Murphy ne s'était pas attendue une seule seconde à reconnaître ce qu'elle allait trouver.

Elle ne sut pas réellement ce qui la surprit le plus; avoir une idée de ce qui cachait là-dessous, ou être interrompue par une furie qui menaçait de dégommer son chien. « Sans déconner ! Si je te demande c'est que... » pesta-t-elle, le front ridé par une expression sévère. Antarès dans les bras, elle le serra contre elle comme le bien précieux qu'il était à ses yeux. Si la frisée au teint mat voulait écourter les jours de l'animal, elle devrait en découdre avec Murphy d'abord. « J'ai dit : le touche pas ! » Elle eut un bref moment de recul, sans remarquer le calme du chien, qui restait sagement lové contre elle sans broncher. « LE TOUCHE PAS ! » Son cri résonna dans la forêt alors qu'elle resserrait son étreinte autour de la boule de poils, alarmée à l'idée de le voir partir, lui aussi. Sa main était crispée sur le couteau dont la lame longeait le pelage de l'animal. « Baisse ton arme ! » répéta-t-elle, menaçante, sachant pertinemment que sa priorité n'était pas de faire face à l'inconnue mais bel et bien de mettre fin à ses inquiétudes.

Ses genoux tombèrent à nouveau dans la terre et, fébrile, elle finit de dévoiler l'objet métallique qu'elle avait vu un peu plus tôt. Et il n'était pas seul... Antarès lui échappa, sans doute parce qu'elle avait perdu toute force nécessaire à le maintenir au calme. Ses idées se confirmaient : elle avait ici un semblant de réponses à ces questions qu'elle s'était refusée à se poser depuis des mois. Les yeux embués, la gorge nouée, elle glissa discrètement l'anneau matifié par la terre autour de son majeur, se rappelant au passage qu'il ne trouverait jamais sa place auprès de celui de sa mère. On lui arrachait les gens qu'elle aimait, et on lui interdisait le moindre souvenir. La bouclée semblait être là pour le lui rappeler une nouvelle fois, puisqu'elle lui sauta dessus pour se saisir du couteau de Faust. « C'est plus à moi qu'à toi, tu te calmes oui ?! » Ses muscles s'étaient violemment contractés, ses phalanges s'étaient resserrées autour du couteau, ôtant par la même occasion toute possibilité à l'inconnue de récupérer l'anneau qui avait trouvé sa place autour de son doigt. Mais la bouclée était tenace, acharnée; elle lui tordait le poignet au point de lui arracher des larmes de douleur, et la patrouilleuse hurla de peine en tentant de se débarasser de la Terrienne. « La blonde reviendra pas !! » De désespoir et de mal, la voix de Murphy tremblait autant qu'elle essayait de la faire porter. Elle était plus que furieuse; elle était totalement désemparée, accrochée aux deux objets comme s'ils étaient la prunelle de ses yeux. L'inconnue calma enfin un peu ses ardeurs, et l'Odysséenne saisit l'occasion pour arracher son poignet de sa prise et l'en éloigner. Son propre couteau était tombé à terre et c'était celui de Faust qu'elle serrait à présent de toutes ses forces. Elle posa brièvement son regard sur Antarès, qui assistait à la scène comme on assisterait à un jeu amical. Elle lui jeta un regard noir et se promit de lui interdire les pommes pendant quelques temps -Tennessee devrait être de mèche avec elle pour mettre en oeuvre cette punition, mais elle ne comptait pas laisser passer l'erreur que le chien avait faite de la laisser se démerder toute seule face à quelqu'un qui l'attaquait physiquement. Il était plus violent envers d'innocents lapins qu'envers quiconque semblait vouloir porter atteinte à l'intégrité physique de sa maîtresse.

Les prunelles ambrées dardèrent sur la bouclée un regard décontenancé. Elle ne savait plus ce qu'elle croyait, si même elle était convaincue de quoi que ce soit qui pouvait concerner Faust, et encore moins si elle croyait que l'inconnue ait pu la rencontrer. « Tu la connais ? » répondit-elle par la même question, comme si elle avait peur de donner une réponse elle-même. « La blonde, tu la connais ? C'est son anneau et son couteau ! » Les fesses plantées dans la terre humide, Murphy observait la Terrienne, abasourdie. « Je te rendrai pas ses affaires, et tu tueras pas mon chien ! » Elle glissa le couteau de Faust dans sa besace avant que la jolie brune ne cherche à le lui arracher des mains à nouveaux, puis se saisit du sien, sans toutefois le pointer vers elle. L'avant bras calé sur son genou surélevé par sa position inconfortable, Murphy laissait la lame répondre à la gravité, mais elle n'en oubliait pas les bases de la prudence pour autant. Elle attendait, pétrifiée, d'avoir le courage de poser plus de questions, effrayée à l'idée d'avoir le fin mot d'une histoire qu'elle n'était pas encore prête à clôturer. « Elle est venue quand ? QUAND ? » Féroce, elle avait planté son regard dans celui de la jeune femme, prête à en découdre. Pas pour avoir ces foutues réponses, mais pour obtenir le droit sacré de garder les cadeaux que sa blonde avait laissés derrière elle...

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Sujet: Re: She went quietly (Tamara)
Ven 12 Mai - 0:05


Murphy & Tam-Tam @Guest Antarès & The Spirit of Faust #Murmara

En ce début de printemps, où le ciel récupérait son bleu Azur éblouissant de soleil, il restait une fraîcheur sournoise qui pouvait facilement vous manger les mains, le nez, les oreilles et les doigts de pieds. Néanmoins le plaisir de sentir cette naissante chaleur encore timide sur sa peau encourageait les petits animaux à sortir le museau de leur terrier. Voilà un spectacle qui enchantait chaque année La Sentinelle, qui prenait donc une plaisir sans limite à trainer hors du village. Plus encore que toutes les autres saisons. Mais aujourd'hui quelqu’un venait lui gâcher son plaisir, une jeune femme brune, très agitée accompagnée d'un jeune chien très mal éduqué. Et Tamara ne comprenait pas la moitié de ce qu'elle lui crachait au visage. Visiblement elle mangeait ses mots, n'arrivait pas à bien articuler ou à en prendre le temps. La voilà qui répétait le prénom de son chien à l'infini comme une menace. « Ouch ouch ... Comprendre oui » Répondit Tam dans un mouvement d'humeur non dissimulé, et toujours sans cesser de poindre sa flèche vers le canidé. Cependant même si ce dernier se plaisait à être très bruyant, il semblait décidé à se montrer plus compréhensif que sa maîtresse. Peut-être devrait-il lui donner quelques leçons ? Bien qu'exaspérée, La frisée cru distinguer une expression qui déversait un tel désespoir, que finalement elle relâcha son emprise sur le poignet qu'elle enserrait tel un étau.

Derrière l'écorce de la demoiselle un peu sauvage se dissimulait un cœur trop tendre face au chagrin de ses pairs. Terriens ou débarqués, dans ce cas-là, visiblement La naori n'y incorporait aucune différence. Oui elle refusait encore que l'autre emporta les objets qu'elle gardait depuis bientôt une année, mais désirait savoir le fond de cette histoire. « Par quelle magie ? ... Plus à toi ? ... Sur le sol là ... pour tout le monde.. Moi, Toi, Ouch ...  » Oui si Ouch souhaitait ramasser ce qui trainait sur la terre, et le transporter entre ses babines lui aussi possédait le droit de se le permettre. Fallait juste être plus rapide. Mais attendre aussi un certain temps au cas ou son propriétaire repasserait. Un règle tacite que s'imposait La Sentinelle. Et selon elle, Tamara restait celle qui pouvait revendiquer la priorité sur les possessions de la Blonde. La brune venait de profiter de son emprise moindre pour récupérer son bras, et rajouter une affirmation qui fit froncer les sourcils à Tamara. « Toi savoir ou elle ... être alors » Déduction complètement logique selon la Frisée, qui ne chercha à se réapproprier le poignet de la femme. Si cette dernière pouvait affirmer une telle choses, forcément elle connaissait des détails qui échappaient à Tamara. Et la Naori se découvrait étonnamment curieuse de les apprendre.

Tamara, encore jeune, mais possédant une certaine maîtrise de soi grâce à un entraînement rigoureux, reprenait doucement le contrôle d'elle-même. Le canidé le comprenait qui se calmait presque sur le même diapason que la Frisée. Elle remarquait que la troisième de leur trio semblait atteinte d'une certaine folie. Car après lui asséner que l'étrangère de l'hiver dernier ne reviendrait pas, elle cherchait des réponses prêt de la Naori. A la limite Tamara plaignait la pauvre bête de subir un tel traitement, se demandant s'il ne serait pas plus judicieux de s'enfuir avec ce dernier, tout en laissant ce couteau si précieux entre les mains de l'étrangère. « Oui je viens de ... dire  » Lui répondit Tamara intriguée, méfiante, devant ce revirement d'attitude. Elle espérait bien qu'elle ne lui sauterait pas à la gorge prise d'une crise de folie. Pourtant elle résista aux différentes options qui s'offraient à elle, pour rester prêt de la demoiselle dont l'état traduisait trop une véritable détresse pour qu'elle l'abandonna sans aucune explication. Tamara s'agenouilla alors pour faire face à la brune adoucissant un peu son expression dure, mais pas trop non plus, tout en lui tendant la main pour l'aider à se relever. « Je pas toucher à ton Ouch ... Ouch tranquille, peut gambader en paix ... intelligent, il .... savoir »

A la suite un silence, elle rajouta, afin que la débarquée ne se méprenne pas non plus « Voir après pour les objets  » Fallait pas croire qu'elle laisserait partir tout ça aussi facilement. Mais avant de s'entretuer, Tamara optait pour la voie de la diplomatie. Surtout qu'elle ne voulait pas se faire réprimander par les chefs Naoris, si elle provoquait un incident trop fâcheux avec leur nouveau voisin. « Toi d'abord mettre tes idées en place  » Ne put-elle s'empêcher de dire à la brune, histoire de faire remarquer qu'elle maîtrisait toujours la situation. Son arc désormais sur son épaule, elle attendait que l'autre accepta sa main en signe de trêve. Comme son caractère apparaissait instable à La Naori ,elle prit une grande inspiration pour lui donner quelques informations afin de la rendre assez curieuse pour lâcher du lest quelques instants. Avant de reprendre l'affrontement. « La blonde être là l'autre hiver ... Moi voir de loin, observer elle ... Plusieurs jours ici ... Toute seule » La Frisée pensait la précision très importante. Parce qu'alors ette blonde, rien dans son attitude ne traduisait qu'elle puisse attendre un visiteur. Ni qu'elle chercha d'ailleurs à s'éloigner un jour. Voilà pourquoi Tamara lui apporta de la nourriture pour découvrir sa disparition inexplicable, et toute ses possessions abandonnées la comme dans un sanctuaire.

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Sujet: Re: She went quietly (Tamara)
Sam 13 Mai - 3:32



❝ She went quietly ❞
Murphy Cavendish & Tamara Quetzalcoalt
(14 mars 2117)


Murphy était entraînée pour faire face à l'imprévu et au pires des imprévus. On lui avait appris à imaginer tous les scénarios possibles pour les devancer et y parer, on lui avait appris à contrer les surprises et à maîtriser son adrénaline et n'importe quel sursaut de panique qui pouvait l'envahir lorsqu'elle rencontrait l’inattendu. Les seuls moments où son tempérament se gelait étaient ceux où elle se retrouvait confrontée à ce à quoi elle avait été entraînée depuis la fin de son adolescence. Elle en oubliait alors jusqu'à la personne qu'elle était et le soldat apparaissait féroce et vif. Murphy avait toujours été efficace dans ses tâches militaires et c'était sans aucun doute au moins pour cette raison qu'elle avait progressivement gravi les échelons pour devenir lieutenant. Mais elle n'était pas infaillible et l'humain qu'elle était sous l'uniforme avait ses faiblesses. C'était sa famille, c'était sa mère, c'était Faust, c'était Richard, et maintenant c'était aussi ses deuils et ses regrets, cette amertume qui la gangrenait dès qu'elle lui laissait prendre un peu trop de terrain, c'était l'angoisse qui l'agressait dès qu'elle réfléchissait un peu trop au fonctionnement de ce nouveau monde. C'était les souvenirs de ce qui n'était plus et la peur de ce qui n'était pas encore. Et, à cet instant précis, perdue au beau milieu de sa forêt, agenouillée dans un sol recouvert de végétaux fatigués par l'hiver, Murphy était assaillie par les réminiscences de ce rire dont elle pouvait encore entendre l'écho lorsqu'elle se concentrait. Mais maintenant, ce n'était pas son éclat de rire qu'elle entendait. Les arbres qui entouraient les deux jeunes femmes semblaient d'un coup plus sombres et plus hostiles. Voilà ce qui était la faiblesse de Murphy, voilà ce qui la décontenançait au point de lui faire perdre toute prudence. La Terrienne pouvait l'embrocher sur sa flèche; elle ne bougerait probablement guère plus, obnubilée par les objets qu'elle aurait pu reconnaître entre mille objets semblables. « Ouch ? Comprendre quoi ? » Elle continuait de s'offusquer, un peu perdue, de ce que lui racontait l'inconnue. Elle n'avait rien à faire là, celle-là. Enfin... elle avait tout à faire là, mais pas ici, pas maintenant. Ce moment n'aurait du être qu'à elle, qu'à elles. Elle aurait du pouvoir pleurer le souvenir de sa meilleure amie et de celle qui avait été son âme soeur. « C'était ma soeur ! » Le cri avait raisonné dans l'immensité malveillante d'une forêt qui semblait d'un coup recéler les pires secrets de la disparition de Faust. Ces arbres qui les observaient silencieusement avaient vu son amie. A l'échelle de leur vie, le souvenir de la blonde leur semblerait probablement dater d'hier. Elle rêvait de pouvoir leur poser toutes les questions qui l'assaillaient. Elle rêvait de quelques mots seulement, d'une voix douce qui lui dirait que Faust allait bien. Même pas qu'elle lui reviendrait et qu'elles se retrouveraient, non... ça, elle ne l'espérait même plus - mais juste quelques mots, juste qu'elle allait bien. « Le sol est à tout le monde mais Faust était ma soeur, c'était mon amie, c'était... c'était... » Les larmes ne reflétaient même plus la peine, mais seulement la colère. Elle ne voulait pas laisser le peu qui lui restait de sa blonde à une inconnue. Pour les garder, elle se battrait probablement jusqu'à la mort si c'était nécessaire. Elle jeta un regard violent à la brune à la peau mat, qui ne comprenait pas assez rapidement la situation à son goût -et peut-être aussi parce qu'elle venait malgré elle de lui avouer qu'elle n'avait aucune idée, elle non plus, d'où était leur connaissance commune. « Je sais pas... T'es sûre que c'était Faust ? Elle était comment, physiquement ? T'es sûre qu'elle était de chez nous ? Peut-être que c'était une Terrienne qui venait du nord, des montagnes, ou... » Mais elle baissa à nouveau son regard sur l'anneau qu'elle faisait tourner autour de son doigt. C'était bien celui de Faust, et c'était l'indice, avec le couteau qu'elle tenait fermement, qui ne laisser aucun doute. Faust avait été ici. Pourquoi avait-elle laissé ces objets ici ? Comptait-elle revenir à un moment ? Était-ce ici qu'elle avait disparu pour de bon, pour de vrai, pour toujours ? « Ouch ? Il s'appelle Antarès ! Mais merci... » lui accorda-t-elle, soulagée, lorsqu'elle accorda au chien le droit de vivre sa vie de chien.

Mais elle tremblait, Murphy. A peine soulagée que la Terrienne calme ses ardeurs et ses violences, elle restait obnubilée par le reste de campement qui se dressait, aussi abîmé ou masque soit-il, devant elle. « On discute rien, c'est à moi. C'est tout ce qui me reste d'elle. Je suis sûre que... » ... mais non, il était encore trop tôt. Elle ne pouvait pas encore mettre ce label sur le visage de sa meilleure amie. Ce mot se formait de façon encore timide dans son esprit, et pour qu'il arrive à franchir la dernière barrière de ses lèvres, il lui faudrait probablement encore un peu de temps. « Mes idées sont parfaitement en place » répondit-elle sèchement mais non sans secrètement apprécier la main qu'elle lui tendait, dans les deux sens du terme. Elle hésita un instant et accepta son aide pour se relever, non sans prendre la précaution de lui tendre la main qui ne portait pas l'anneau de sa blonde -il était hors de question qu'elle se laisse avoir de la sorte. Elle la fixa un instant, un peu perdue, tentant de retrouver un semblant de contenance, et fit deux pas pour s'éloigner du reste de feu de camp qu'elle avait dégagé pour retrouver les deux propriétés de Faustine. Elle observa silencieusement ce qui avait du être son abri, caressa les branches solidement installées qui avait du accueillir un tissu pour l'abriter des vents et des précipitations. Face à son arbre et avant que celle-ci n'ait l'occasion de la remarquer, elle essuya violemment une larme rebelle qui avait glissé sur sa joue pâle lorsque la jolie brune avait repris la parole. Faust avait bel et bien été ici. « Tu... tu lui as parlé ? Hiver quand ? Début, milieu, fin ? » Elle s'était retournée brusquement, prête à lire le moindre indice dans les expressions qu'adopterait la brune. Faust avait disparu au mois d'avril; peut-être que tout ceci était vain, peut-être que ce camp datait d'avant cette disparition définitive. Mais, et alors... sa bague et son couteau, pourquoi serait-elle revenue chez eux sans eux ? « Elle est pas revenue ? » Elle était décontenancée au point de ne plus voir Antarès qui gambadait autour d'elles deux, joueur. « Tu savais que c'était là ? » Elle désigna d'un mouvement de la tête l'endroit où elle avait trouvé les deux objets qu'avait laissés Faust. « Il faut que tu me dises... tout ce que tu sais. »

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Sujet: Re: She went quietly (Tamara)
Sam 17 Juin - 17:26


Murphy & Tam-Tam @Guest Antarès & The Spirit of Faust #Murmara

Au milieu de tous ses branchages emmêlés, recouverts de feuilles mortes ou de mousses, que la sentinelle ramenait régulièrement pour garder à couvert ce lieu secret, se démenait cette femme. Tamara ne se rappelait pas l'avoir jamais croisé, ni même observé de prêt ou de loin. Étonnant quand on savait que les deux femmes passaient leur temps à rôder dans ces lieux pour des raisons diverses et compliquées. Rien ne lui assurait donc que l'inconnue ne tenta pas de jouer à prétendre un prétendu bouleversement pour obtenir ce qu'elle désirait. Bien que son visage traduisit une certaine vérité que la douleur ainsi que le désespoir appelaient. Elle ressemblait presque à un animal affamé qui recherchait sa pitance après s'être retrouvé enfermé des jours sans pouvoir se nourrir. Ça déstabilisait légèrement la Frisée qui hésitait sur les différentes façons de se comporter avec elle. Tout d'abord, Tamara elle appréciait bien le jeune chien car il semblait particulièrement intelligent. Même si son nom sonna plutôt ridicule à ses oreilles, au fond ça ne la regardait pas, elle ne repartirait pas avec après cette rencontre. A moins qu'elle ne décida au bout du compte que son interlocutrice représenta un réel danger. Mais tuer un skaikru, avec cette paix fragile, voilà ce que son peuple lui reprocherait très vite, avec un bannissement qui planerait au-dessus de sa tête. Alors au pire la solution serait de d'effrayer cette intruse.

D'assister à ce désespoir cru réveillait les manques dans la vie de la jeune Frisée. Élevée par un grand père sous l'influence continuelle de drogues apaisantes, et qui ressemblait plus à un enfant dont elle devait s'occuper comme une grande sœur. Tamara manquait de piliers. Elle ne pouvait donc perdre personne puisque suite à la mort de son ancêtre il ne restait qu'elle en tout et pour tout. Son cœur, aux contours épineux, aspirait pourtant souvent aux caresses de ces invisibles fantômes qui hantaient son inconscience. Trop jeune elle ne pouvait pas réellement comprendre les affres par lesquelles passaient l'Odysséenne, mais ça ne l'empêchait pas de compatir. Cependant elle ne pouvait se permettre de tomber dans un éventuel piège ou elle se retrouverait maîtriser par la femme. Son orgueil ne le supporterait pas. L'autre problème résidait en ce qu'elle ne comprenait pas la moitié de ce que l'autre lui disait. Rien qui fut en relation avec la barrière du langage, plutôt comme si soudainement la bouche de la débarquée ne laissait passer que des incohérences. Et ça l'inquiétait grandement sur l'état mental de celle-ci. « Comprendre Ouch ... Pourquoi Quoi ? Parce que lui intelligent ! » Heureusement qu'à force de les espionner elle finissait peu à peu par apprendre leur dialecte. Mais alors qu'elle mettait les points sur les I pour la fouineuse, celle-ci se mit à affirmer une autre théorie. Un peu fumeuse selon Tamara.

« La blonde ? ... Non tu mentir, elle pas ressembler toi  » En rien. Après la possibilité d'un père ou d'une mère différente s'envisageait, mais dans ce cas la véritable dénomination devenait "Demi-Sœur". L'agacement portait La Naori à se dévoiler un peu obtuse, trop catégorique ou même de mauvaise foi. Généralement elle offrait un esprit beaucoup plus libre et généreux que ça. Pourtant son esprit s'accordait à ce que la jeune écorchée lui rétorque. Cette Terre n'appartient à personne, tout le monde peut la fouler de ses pas. Du moins ça devrait être l'idée de tous, sauf que des groupes de personnes appelées tribus décident parfois de s'installer dans un lieu. Alors après forcément ces gens adoptent les lieux, ils deviennent leurs et ils les défendent de leur vie. La sentinelle ne va pas se proposer en sacrifice non plus, elle désire vivre et finalement tant que la désespérée ne découvre pas son village elle lui laissera le bénéfice du doute. « Pourquoi elle partir sans prévenir alors ? » La Naori ne retourne pas le couteau dans la plaie intentionnellement. Elle ne capte pas toujours la manière d'agir de ces enfants du ciel. Ils sont comme des bébés en ce monde. Ils courent partout comme des mouches attiréEs par la lumière sans se rendre compte de leurs erreurs. Finalement l'autre lui dévoile ses doutes dans lesquels Tamara se noie face à la rage qui les entraîne.

« Non pas autre peuple ... les vêtements comme toi, perdue, pas savoir se nourrir, ni chasser ... ni rien ... Moi faire le feu quand elle partir dans la forêt » Voilà pour les précisions quant à ce qui entourait la mystérieuse blonde disparue. Les précisions demandées, le ton élevée qui s'ensuivit provoquèrent la montée d'une migraine qui s'imposa sans crier gare. Rendant moins apte à se concentrer la Frisée. Elle soupira fortement avant de continuer « Blonde, ton âge  » voilà les seuls détails qu'elle pouvait avancer sans mentir. Après l'autre divergea vers des paroles qui à nouveau ne signifiaient absolument rien. Ca semblait avoir un rapport avec Ouch mais Lequel? Elle secoua la tête, énervée, indécise « Paresse ? » Tamara recula d'un pas suspicieux dès que le cours de l'échange lui échappa. Elle n’enchaîna pas sur la déclaration de la débarquée qui prétendait qu'elle garderait tout. Si elle l'énervait trop elle l'assommerait pour récupérer quelque chose. Allez voir qu'elle réussisse à prouver une telle chose. Tant que les siens la constaterait en vie, sans une blessure on ne la blâmerait pas. Il suffisait de se montrer assez malin pour passer à travers les fils. Elle rétorqua néanmoins un peu moqueuse à propos des idées « Elles.. Tête... Cœur .... Tout mélangés... Des fois ... Charabia »

Les idées noires, doucement farfelues, qui effleuraient l'esprit de La Sentinelles n'y surnagèrent que quelques instants, trop indécise face au comportement de l'étrangère. L'observant, si obnubilée par le tas qui dissimulait l'ancien bivouac. La Naori  s'en rapprochant attira un entrelacement de vieilles fougères.  « On peut dégager » Quant à l'hiver Tamara le laissait s'écouler à son rythme, elle se basait sur des indices qui ne signifieraient rien pour cette skaikru  « Le milieu peut-être ... Non pas revenue... j'ai cherché corps, pas trouvé  » Parce que oui, La Frisée a cherché régulièrement, pendant très longtemps après son cadavre. La chose la plus sensée à faire devant un être qui ne se débrouille pas seul dans la forêt. Elle ne peut cependant donner aucune certitude à la supposée sœur de la blonde. Tamara comprend pourtant très bien que se reposer sur un mystère permet de tout imaginer, surtout le pire. Malheureusement elle ne sera pas celle qui donnera la réponse à Murphy. Pas aujourd'hui. Ironiquement la sentinelle en vient à s'interroger si la femme ne souffre pas de surdité. Elle lui redemandé sans cesse les mêmes choses comme si elle ne recevait pas ses paroles. « Oui c'est moi qui .... Recouvert, pour cacher, pour elle ... Si revenir »

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Sujet: Re: She went quietly (Tamara)
Dim 18 Juin - 0:55



❝ She went quietly ❞
Murphy Cavendish & Tamara Quetzalcoalt
(14 mars 2117)


En quelques instants à peine, Murphy avait été arraché au déni si confortable dans lequel elle s'était installée depuis de nombreux mois déjà. L'idée que Faust ne soit plus de ce monde s'était insinué en elle comme une mauvaise herbe, mais une part d'elle se noyait encore dans le mystère qui entourait la disparition de son amie. Tant qu'elle n'aurait pas son corps sous les yeux ou une preuve indéniable que c'en était fini d'elle, Murphy continuerait de croire qu'elle foulait encore le sol de cette Terre qu'elles avaient commencé à découvrir toutes les deux. Elle qui vivait pour la logique et les faits se retrouvait confrontée à l'un des duels les plus difficiles de son existence : accepter l'évident ou le repousser jusqu'à ce que le hasard lui apporte les quelques preuves fatales dont elle avait besoin. En quittant son campement ce jour-là, Murphy était aussi résignée qu'elle l'était depuis des longs mois maintenant. Elle ne s'était pas attendu une seule seconde à finalement trouver des traces de sa soeur de cœur, et pourtant la voilà qui tenait entre ses mains parmi les objets les plus chers à cette dernière. Certains auraient pu voir en leur abandon au milieu de la forêt une preuve que Faust n'était définitivement plus parmi eux, mais la brune ne pouvait s'empêcher d'y lire avant tout une preuve qu'elle avait été là, qu'elle avait foulé ce sol et s'était installée ici pour y passer au moins une nuit. Qu'elle soit tombée sur un témoin du passage de Faust au cœur de cette forêt relevait de la chance inespérée, mais il lui semblait que l'inconnue était aussi féroce qu'elle lorsqu'il s'agissait de protéger les lieux et les intérêts de la disparue.

Mais elles ne se comprenaient pas. La barrière de la langue ou la panique de Murphy qui l'étouffait, un mélange de parasites qui les empêchaient de tenir une conversation posée. La jolie Terrienne ne la menaçait plus de son arme et c'était une première victoire, mais la patrouilleuse ne se sentait pas apaisée pour autant. Même lorsqu'elle avait dressé son arc face à elle, la peur de finir empalée par une flèche ne l'avait pas menacée autant que les idées qui avaient envahi son esprit en comprenant ce sur quoi elle était tombée sous tous ces discrets branchages. Mais maintenant qu'elles tentaient l'une comme l'autre de tenir une conversation, Murphy était perdue. Elle ne comprenait pas l'inconnue et la regardait, les sourcils froncés, en essayant de saisir où elle voulait en venir avec le Ouch qu'elle mentionnait encore et encore. Elle ouvrait et fermait la bouche, cherchait ses mots pour essayer de comprendre les subtilités de sa réponse, mais opta finalement pour le silence alors que son regard se posait sur l'anneau porté par par son annulaire tremblant.

Ses prunelles fusillèrent la Terrienne du regard lorsqu'elle nia tout ce que Faust pouvait être pour elle. Ce n'est que lorsqu'elle comprit qu'elle parlait de leur ressemblance physique qu'elle s'apaisa légèrement. « On se ressemblait beaucoup plus que tu le crois. » Son ton n'était pas sec ou froid, il était profondément accablé. Elle n'aurait même pas du parler de Faust au passé et sa conscience lui en voulait de se laissait abattre à ce point, mais l'inconnue appuyait là où ça faisait mal. Pourquoi était-elle partie ? Avait-elle eu dans l'idée un seul instant de se perdre loin d'eux ? Elle avait déjà disparu de trop longues semaines avant de réapparaître et de s'évanouir à nouveau et cette fois pour de bon. Peut-être qu'elle avait manqué quelque chose, Murphy, qu'elle n'aurait pas du l'engueuler lorsqu'elle était revenue, toute retournée, au campement. Peut-être qu'elle aurait du la supplier de laisser de côté toute imprudence, peut-être qu'elle aurait du la serrer plus fort encore contre elle pour lui ôter toute envie de prendre des risques inconsidérés. Peut-être qu'elle était responsable de cette disparition, car peut-être que celle-ci n'était pas totalement involontaire. « Elle est partie comme on le fait tous les jours, mais elle est juste pas revenue. » Elle avala sa salive avec difficultés, le regard perdu dans le vague. Elle aurait du la retenir cette fois-là, juste cette fois-là. Ça aurait tout changé. Peu importe ce qui lui était arrivé au-dehors du campement, ça ne lui serait pas arrivé si seulement Murphy l'avait retenue.

Et la Terrienne lui apportait les dernières confirmations dont elle n'avait pourtant plus besoin pour être convaincue que c'était bien les traces de Faust qu'elle avait trouvées ici. Elle aurait reconnu son anneau et son couteau entre mille de leurs semblables. Le témoignage de l'inconnue ne fut que le coup de grâce dont elle se serait bien volontiers passée. Elle n'arrivait pas à réfléchir comme elle l'aurait aimé parce qu'elle devait faire face à quelqu'un qu'elle ne connaissait ni d'Eve ni d'Adam et à qui elle devait justifier toutes les intentions qui étaient les siennes. Elle n'avait jamais pensé avoir à prouver à quiconque tout ce qui la liait à Faust. Tous, au camp, l'avaient compris depuis bien longtemps. Elles avaient été indissociables l'une de l'autre pendant des années. Pour la jolie bouclée qui lui faisait face, c'était bien différent. Murphy se sentait l'obligation de justifier leur amitié et le départ de celle qui avait tant représenté pour elle. Mais la vérité, dans tout ça, c'est qu'elle ne connaissait pas les réponses à toutes les questions qu'elle se posait elle-même depuis que Faustine avait disparu. Il lui arrivait de penser que son amie l'avait abandonnée et elle lui en voulait, et puis elle s'en voulait elle-même de lui en vouloir. Rien n'était plus simple lorsqu'il s'agissait de sa blonde parce que les questions resteraient sans aucun doute en suspend pour le restant de ses jours. Cette Terre ne lui offrirait probablement aucune sorte de répondre ou de clôture. C'était ainsi et elle était la seule à pouvoir se délivrer de tout le poids que Faust avait laissé derrière elle.

Paresse, pourquoi parlait-elle de paresse ? Son chien n'était pas paresseux et il était celui des trois qui semblait d'ailleurs le mieux gérer la situation. Lui n'avait pas connu Faust et il ne pouvait pas ressentir son manque. Faust ne l'avait pas connu, et son cœur se serra lorsqu'elle se demanda à quoi leur relation aurait pu ressembler. Auraient-ils été aussi proches qu'il l'était de Tennessee ? Aurait-elle apprécié l'animal comme le fidèle ami qu'il était devenu à ses yeux ? « Non, mes idées son claires. Les tiennes, par contre... » Emportée par le chagrin, Murphy perdait patience. Elle ne voulait pas céder les objets à l'inconnue parce qu'ils étaient les siens. Ils étaient tout ce qui lui restait de Faust, et probablement la seule trace qu'elle trouverait jamais d'elle. C'était là tout ce qui la liait encore à elle, où qu'elle soit, les derniers biens sur lesquels elle avait posé ses doigts fins.

Elle avait dormi ici, c'était maintenant une certitude. Avait-elle été dérangée ici ? Avait-elle du fuir ? C'était la seule option qui lui paraissait logique. Faust n'aurait pas laissé ses affaires de la sorte, encore moins une arme qui aurait pu lui être utile dans un environnement pareil. Murphy fixait à présent l'inconnue qui dégageait ce qui restait du bivouac de Faust. « Il y a encore d'autres choses ? » Elle était subitement regonflée par l'espoir de trouver des indices supplémentaires, des signes, des directions à prendre. Peut-être que ce n'était pas une impasse, finalement, que là ne prenait naissance qu'un jeu de piste dans lequel elle s'engagerait aussitôt et sans demander son reste. « T'as aussi cherché son corps ? » demanda-t-elle, émue, retournant nerveusement la lame de Faust entre ses doigts. Faust avait toujours su éveiller l'affection chez ceux qu'elle cotoyait. Elle était aussi forte que sensible et on lui aurait tout donné. « Tu lui as parlé quand elle était là ? » Ses prunelles brillaient sous le trouble et la perspective de quelque information nouvelle. L'inconnue ne semblait pas encore décidée à répondre à cette question mais elle ne comptait pas abandonner. Elle était la dernière à l'avoir vue en vie. Elle n'arrivait pas à comprendre quand leur rencontre avait pu se faire; Faust avait disparu en avril. Peut-être qu'elle avait ici quelques mois seulement auparavant. Peut-être que c'était là une bouffée d'espoir qui venait gâcher tous les efforts qu'elle avait mis à tenter de passer à autre chose. « Elle... elle allait bien ? » La gorge nouée, Murphy se pencha au-dessus des branchages que dégageait l'inconnue et ses mains frottèrent la moindre parcelle de terre, à la recherche d'une quelconque trace supplémentaire de vie. « Tu sais pas pourquoi elle est partie ? Pourquoi elle a laissé ça derrière elle... » Ses iris désignèrent la lame entre ses doigts et l'anneau qui brillait à sa main. Elle crut presque un instant reconnaître celle de Faust lorsqu'elle le portait mais ce n'était plus le cas. La main de Faust, si elle était encore attachée à un corps vivant, était dénué de cet artifice qui, à cet instant précis, représentait tout pour Murphy. Elle s'y accrochait comme elle s'était accrochée à celui de sa mère et qu'elle n'avait pas su garder avec elle. Même les souvenirs des femmes de sa vie la fuyaient, il semblait, et la mélancolie s'empara brusquement d'elle. Isdès n'avait compris qu'on puisse autant s'attacher à un objet, mais il ne comprenait sans doute pas toute la douleur de perdre les siens aussi subitement. C'était la seule explication possible. « Tu... tu es Naori ? » Sa voix était devenue faible et son regard fuyant, volant à un rythme effréné sur la terre qu'elle faisait glisser sous ses doigts. « Il y a rien d'autre... » Ses gestes se faisaient nerveux et vifs, si ce n'était désespérés. « Je veux pas qu'elle soit morte... je veux pas qu'elle soit morte ! » Elle envoya valser un nuage de terre sèche sur le côté et laissa tomber ses fesses sur le sol mousseux, la main fermement plaqué contre son visage qui trahissait toute sa détresse. Murphy sentit Antarès tenter de se frayer un chemin sous son bras et lui accorda une caresse triste. Peut-être qu'il y avait un peu de l'âme de Faust en lui.

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29/01/2017 I/RiverSoul 401 Imaan Hamman Lux aeterna & Mini-miller ( Hela ) Sentinelle / Artisan ( potier ) 66
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Sujet: Re: She went quietly (Tamara)
Jeu 13 Juil - 1:47


Murphy & Tam-Tam @Guest Antarès & The Spirit of Faust #Murmara

Un papillon aux magnifiques éclats bleus voletait autour d'elle attirant le regard de la Sentinelle, qui pensait au tout début de cette nouvelle aube se prélasser toute la journée à admirer la nature reprendre vie. Et ce tout prêt de ce lieu où elle revenait régulièrement en pèlerinage pour s'assurer que rien n'y fut dérobé ou tout simplement dérangé. Assisse au-dessus de son rocher elle se serait étendue pour profiter de la chaleur des rayons parvenant jusqu'à elle. Ses prunelles fixées vers les cieux auraient laissé dériver son esprit pour se rendre à la rencontre de son animal totem : Le coyote. Afin de voyager par les sens avec lui. Elle espérait en revenir plus savante et plus sage, mais apparemment la vie désirait lui mettre des bâtons dans les roues. L'arrivée de la brune, tout en la contrariant, l'intriguait quand même. Car elle espérait malgré tout revoir un jour la blonde inconnue revenir récupérer ses affaires. Un simple songe puisque la logique lui assurait que là la débarquée, si peu adroite de ses mains, n'aurait pas su traverser cet hiver sans aucune aide. Voilà pourquoi, un peu tard, elle se le reprochait régulièrement. Elle se décida à lui amener de quoi manger avec la ferme intention de lui bâtir un abri plus solide. Et contre les intempéries qui la laisseraient gelée si elle n'apprenait pas à prendre mieux soin d'elle. Malheureusement, bien qu'elle l’attendit avec patience pendant plusieurs heures, cette dernière ne réapparut jamais.

Pourquoi, qu'est-ce qui se cachait derrière cet éloignement de son camp ? Un bannissement ? Et cette autre femme un peu folle, apparaissant avec son chien aussi tardivement ... Pourquoi pas plut tôt ? Elle ne comprenait pas du tout ce comportement, Tamara n'eut jamais attendu si longtemps pour remuer ciel et terre à la recherche d'un ami ou d'une amie cher ! Fallait dire qu'elle en possédait pas beaucoup, alors ils possédaient une valeur de pierre précieuse à ses yeux. Peut-être que la nouvelle venue tenait une place importante et populaire au sein de son groupe ? Que beaucoup de responsabilités pesaient sur ses épaules, l'empêchant d'agir rapidement ? Mais alors elle devait avoir la possibilité d'envoyer d'autres gens à la recherche d'une disparue ? Beaucoup de questions foulaient le seuil des lèvres de la Frisée, qu'elle retenait car la situation entre les deux menaçait de s'enflammer à la moindre étincelle. Cela paraissait sans doute étrange l'attachement démontré par l'ardeur avec laquelle La Naori défendait les lieux foulés par des pieds étrangers, que rien ne reliaient avec sa tribu. Mais tout ce qui existait dans cette portion de forêt atterrissait dans le devoir de protection qui vivait en Tamara. Non seulement elle dérobait son village aux regards trop curieux, mais elle  déviait silencieusement le parcours des intrus vers des lieux dans danger. Elle veillait à la bonne entente de ceux qui se croisaient sur celle petite portion de terrain. Donc pas de tuerie intempestive d'animaux à part pour se nourrir, et par la même occasion, encore moins d'humains.

D'autant que les têtes de leur village firent entendre le message très clairement, on tolérait les arrivants de l'espace, on échangeait, mais on n'agissait pas de manière à démarrer une guerre éventuelle. Après, personne lui avait défendu d'éprouver de la sympathie pour une étrangère, bien qu'elle ne lui eut jamais adresser la parole. Cette femme pouvait donc lui en apprendre davantage, si elle consentait à se calmer plus de cinq minutes. Ce qui semblait particulièrement difficile pour le moment. Tamara lui eut bien conseillé de prendre exemple sur son chien qui manifestait beaucoup d'intelligence, mais à tous les coups l'étrangère se sentirait insultée. Ensuite venait cette incapacité à se comprendre complètement du fait de leur deux dialectes différents qui les éloignaient. Sonnant parfois étrangement à leur Ouïe. Sans oublier cette difficulté à capter clairement tous les sons  de Tamara. Problème qu'elle ignorait bien qu'elle sut depuis toujours qu'un truc ne fonctionnait pas normalement chez elle. Mais le lui exprimer revenait à déclencher une véritable tempête, ou elle accuserait l'autre de mensonge. Déjà certaines interprétations prêtaient à confusion, emmenant la naori à douter de la santé mentale de son interlocutrice. Aussi restait-elle particulièrement méfiante envers cette dernière, ayant pris le parti de se retenir son coté farouche, pour éviter qu'une violence soudaine et incontrôlée se réveille inopinément chez l’intruse. De plus l'autre la regardait par moment en chien de faïence, comme si ce que tentait de lui transmettre la terrienne fut totalement insensé !

Et surtout, comme toutes les deux ignoraient les subtilités de la langue de l'autre, le dialogue s’enfonçait souvent vers des allées sans issues. Si bien qu'elles finirent par se retrouver silencieuses, l'une face à l'autre se reflétant comme un miroir déformant. * ... plus que tu le broies * Lance la femme du ciel, comme ça, dans le vide, à propos de rien de précis, mais sur un ton particulièrement accablé. Ce qui convainquit davantage La sentinelle de son comportement erratique, la forçant à rester calme, polie mais n'y ajoutant aucune chaleur. Fallait pas non plus en attendre trop d'une enfant de vingt ans à peine sonnés. « Je ne broie rien, je crée, je fais de la poterie » Lui répliqua-t-elle donc continuant cet échange étonnant, parfois au-delà du réel. « C'est plutôt toi qui broie du noir ! » Oui elle connaissait très bien cette expression, son grand père le la lui serinait très souvent quand elle rentrait des classes, le regard noir encoléré de s'être faite comme toujours réprimandée. Pour son impossibilité à rester en place pus d'une demi-heure. Et pourtant dans la nature elle réussissait à s'étendre des heures sans bouger. Ici elle patiente donc la Sentinelle, émue sans vouloir le reconnaître par cette souffrance qui envahit même les branchages morts qui dissimulent encore les dernières affaires de la blonde perdue.  « Et quand elle est partie comme ça, elle voulait chercher quelque chose ? Ou ... était-elle en colère ? Triste ? Tu te souviens ?  » Parce qu'une fois Tamara vit des larmes coulées sur les joues de celle dont tout le monde parle mais qui ne se montre plus. Cependant elle préfère ne pas le souffler dans l'oreille de l'autre brune. Pour ne pas amplifier le chagrin qu'elle manifeste déjà.

La débarquée loin de siens ne joue aucun rôle, elle n'essaye pas de dissimuler les émotions qui la traverse à la Naori.Car au fond Tamara n'a aucune importance pour elle. La Frisée le comprend très bien et n'en éprouve aucun mauvais sentiment, elle agirait de la même façon dans les des circonstances similaires. Cela pouvait aussi expliquer ce qui sans nul doute apparaissait comme des troubles du comportement à la Sentinelle. « Les miennes ? Je pense que je te contrarie très fort mais sinon je peux te dire que ta bouche ne traduit pas ce que je vois passer dans tes yeux  » Commente doucement la Frisée qui s'abstient de répondre à la provocation. Si la femme de l'espace ne peut opter pour un comportement raisonnable, la Sentinelle au nom du peuple Naori, le fera pour la paix. Elle obligera à se taire ce petit démon en elle qui exige de chasser l'intruse loin de ce lieu qu'elle préservait avec ardeur. Alors elle continua avec application à défaire l'illusion qui dissimulait cet ancien Bivouac « Oui aide moi à tout dégager on trouvera un vieux foyer, une couverture ... un  vieux sac aussi je pense mais je n'aie pas regardé à l'intérieur, je voulais qu'elle retrouve tout comme elle avait abandonnée » Parce qu’alors la jeune fille qui se cachait en elle, rêveuse, voulait croire au retour de celle-ci pour enfin l'aborder et lui poser toutes les questions qui la hantaient depuis sa disparition. Elle pensait aussi lui apprendre à chasser, se nourrir, etc. toutes ces choses qui lui auraient appris à survivre ...

Mais pour l'instant visiblement la recherche de la femme prenait le dessus sur le reste, et ses investigations s'étendaient aussi loin que sa souffrance. La frisée se demandait si y répondre ne participerait pas à la déséquilibrer davantage. Aussi prenait-elle un ton volontairement neutre pour lui donner les informations qu'elle réclamait « Oui j'ai cherché car il est de notre devoir de secourir ceux qui ne peuvent se défendre tout seul mais ... pas trouvé. Et non pas parlé,....i observé pour que rien ne lui arrive de mauvais mais venir tous les jours. Et voir... que ça devenait difficile alors chercher à manger mais elle ... partie et pas revenir. Elle allait mieux au début, après on voir qu'elle souffrait du froid, de la faim ... » Sans doute n'était-ce pas judicieux de la planter là devant l'exacte vérité, mais La Naori eut voté pour l'honnêteté plutôt que le mensonge. Elle ne se voyait donc pas en mesure de lui retirer ce  droit. « Non je ne sais pas, je croire ... qu'elle retourner chez vous, alors je suis venue regarder prêt de votre camp plusieurs.. mais jamais la voir.. Ni ailleurs » Au fur et à mesure de ses informations, la femme creusait, arrachait le branchage qui dissimulait l'ancien foyer, l'impatience l'habitait, accompagnée de rage, de désolation, de tourment, de désespoir ... « Je suis Naori  » Mais la Débarquée remplie d'affliction s'attaquait aux cailloux, à la terre, elle envoyait des imprécations à la vie, complètement dévastée et ne l'entendait plus. Elle s'effondra sur la terre vaporeuse de cette bataille, rejointe par le doux chien blanc Ouch. Tamara s'approcha en silence puis s'assit à côté d'elle avant d'effleurer doucement d' une main hésitante la chevelure foncée « Mais toi tu n'es pas morte alors elle sera toujours vivante tant que toi aussi  »

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06/12/2015 Lux Aeterna 30582 Sophia Bush Avengedinchains (vava) ; Oreste (image profil); Lux Aeterna (sign & gifs & fiche rp) ancienne militaire - lieutenant, stratège, garde et patrouilleuse. Quelques notions de médecine et bases en maniement des armes. 190


Sujet: Re: She went quietly (Tamara)
Jeu 13 Juil - 23:46



❝ She went quietly ❞
Murphy Cavendish & Tamara Quetzalcoalt
(14 mars 2117)


Elle avait accepté la triste vérité, bordel. Depuis le temps, elle avait accepté que Faust avait disparu et ne reviendrait probablement jamais. Une part d'elle continuait de croire qu'elle était vivante, quelque part loin d'elle, et vivait une vie rêvée. Elle s'était peut-être trouvé un petit coin de paradis où elle vivait en harmonie avec la nature et quelques amis rencontrés ça et là. Peu importe les idées dans lesquelles elle s'était perdue, Murphy avait finalement accepté que jamais plus elle ne reverrait son amie. La dure loi des probabilités tendait vers sa mort mais la brune travaillait encore sur son deuil. Toutes ces acceptations lui avaient pris des mois de travail acharné, de fureurs terribles et de pleurs secrets. Il lui avait fallu presque un an pour avancer dans ses démarches personnelles, pour laisser ses idées évoluer et se défaire de ces œillères qui l'avaient rendue aveugle trop longtemps. Chris avait beau lui hurler que Faust était encore vivante, Murphy suivait son propre chemin. Ou tout du moins, elle l'avait suivi jusqu'à présent. Mais l'équilibre était fragile et il n'existait que parce que la monotonie des mois l'avait permis. Cette découverte neuve apparaissait comme un soubresaut de survie qui lui redonnait un espoir qu'elle n'était pas sûre de pouvoir supporter. Car l'espoir pouvait être oxygène autant qu'il pouvait être poison, et Murphy, qui l'avait attendu si longtemps, sentait l'air lui manquer. L'univers n'avait plus le droit de lui apporter des semblants de réponses qui créaient plus de confusions et de questions qu'ils en faisaient taire.

L'anneau qui avait trouvé place à son doigt semblait la brûler tant sa présence était inattendue. Elle le triturait nerveusement alors que les questions fusaient par centaines dans son esprit. Faust ne pouvait pas avoir laissé volontairement des effets personnels ici. Il lui était forcément arrivé quelque chose, elle avait été prise par surprise ici ou un peu plus loin, par un animal ou un Homme mal intentionné. Quelles que soient les raisons qui l'avaient poussée à s'éloigner autant du campement et à s'installer ici pour une nuit, les raisons qui l'avaient retenue loin d'elle tout ce temps ne pouvaient pas la consoler. Effondrées les illusions naïves qui la voyaient nager dans de l'eau claire et rire aux éclats dans les profondeurs d'une forêt amicale. Elle avait sous les yeux la preuve qu'il était arrivé quelque chose à Faust, et elle n'avait d'autre choix que d'accepter que cette image idéale qu'elle avait créée dans un coin de son esprit n'avait jamais eu aucune chance d'être réelle. Il lui semblait, subitement et après des mois de résignation, qu'elle devait se remettre à la recherche de Faust. Qu'elle devait détailler chaque centimètre carré de terrain sur lequel elle pourrait tomber, qu'elle devait escalader jusqu'aux arbres les plus hauts pour avoir une chance de découvrir ce qu'ils pourraient cacher ou ce que leur hauteur pourrait révéler aux yeux les plus fatigués. Il lui semblait qu'elle devait quitter les siens pour retrouver la sienne, que la seule façon qu'elle avait de se faire pardonner de cet abandon précoce était de dévouer le reste de son existence à la recherche de son amie. Elle devait retrouver le corps de Faustine et le ramener chez eux pour lui dire au revoir en bonne et due forme; elle devait accepter que sa blonde n'était plus qu'un souvenir mais qu'il devait être chéri pour ce qu'il était, l'ombre d'un passé glorieux qui paraissait, à la vue de ces quelques objets, perdu pour de vrai. Avec Faust s'était évanouis sa famille et son enfance, les éclats de rire innocents de deux gamines qui attendaient tant de la vie. Avec Faust s'était évaporé l'épaule sur laquelle Murphy s'était toujours appuyée en cas de besoin et celle qu'elle considérait comme son âme soeur, une moitié forgée dans le même moule qu'elle.

Au-dessus des tas de végétaux pourris ou encore vivants, Murphy tremblait de tout son être. Elle avait perdu toute notion de réalité, se souvenait à peine que son interlocutrice n'était pas des leurs, qu'elle ne parlait parfaitement sa langue ou que la diplomatie devait restait reine dans les échanges qu'elles pouvaient avoir. Elle ne savait plus vraiment où elle était, quelle heure il pouvait être ou ce qui l'attendait au campement. A cet instant précis, il n'y avait que l'ancien campement de Faust, celle qui avait croisé son chemin, Antarès et elle. Ce qui comptait, en fait, c'était qu'elle n'était pas tout à fait toute seule. L'inconnue subissait ses sautes d'humeur sans qu'elle s'en rende compte vraiment. Si elle n'avait pas été là, les arbres en auraient sans doute pris pour leur grade. Sous le coup des émotions, Murphy n'épargnait personne. Elle releva un regard bête vers la Terrienne, les sourcils froncés, lorsque celle-ci lui parlera de poterie. La patrouilleuse venait de parler de sa soeur, et on lui répondait avec de la poterie ? Interdite, il lui fallut quelques secondes pour reprendre ses esprits mais elle répliqua sans aucun ménagement. « Je te parle de ma soeur qui est probablement morte dans un coin, en train de se décomposer, alors que tout le monde est à sa recherche et personne est foutu de la trouver, et toi tu me parles de ta poterie ? » Elle avait envie de secouer l'inconnue pour lui remettre les idées en place, et lorsque celle-ci pointa ses idées obscures du doigt, elle s'échauffa encore davantage. « Ah, parce que vous quand perdez quelqu'un vous êtes heureux vous ? La perspective de plus jamais voir un être cher vous rend heureux ? » Ses questions étaient purement rhétoriques. Manquerait plus qu'elle ne lui réponde par la positive et elle en viendrait probablement aux mains. Elle ne comprenait plus la discussion, mais encore moins qu'on puisse poser un tel regard sur tout le processus de deuil et la détermination qui venait de naître en elle. Elle était noyée par les émotions et une inconnue parlait poterie et commentait sa façon d'accueillir les mauvaises nouvelles. C'était un peu trop pour une Murphy dont on venait d'arracher les tripes et le cœur.

Et puis, une lueur d'espoir. Comme si la femme en avait réellement quelque chose à faire du sort de leur blonde, ou comme si elle était inquiétée par l'état dans lequel se mettait l'Odysséenne. « Elle était... normale. » Personne ne savait si elle avait disparu au cours d'une patrouille ou si elle s'était échappée comme Murphy le faisait régulièrement pour explorer le coin à son seul compte. Ce n'était pas la première fois qu'elle disparaissait longtemps, mais il avait suffi d'une fois pour qu'elle ne revienne plus. Elle aurait du la retenir, Murphy, comprendre que quelque chose n'allait pas ou n'irait pas, qu'elle ne reviendrait pas. Elle aurait du sentir ces choses-là et le danger lorsqu'il s'était approché. Elle aurait du savoir que sa dernière conversation avec sa blonde, banale au possible, serait la dernière qu'elles échangeraient jamais.

Et la confrontation reprit presque de plus belle. La Terrienne ne parlait plus de poterie, mais elle semblait observer Murphy avec attention. La concernée la fusilla du regard et répondit d'un ton sec et froid. « Oui, bien sûr, parce que tu me connais assez bien pour savoir ce que mon regard veut dire. » Mais la femme à la peau basanée n'avait pas totalement tort, et c'était sans doute ce qui horripilait le plus la colérique. Pourtant, pour une raison qui lui échappait, la jeune fille ne l'abandonnait pas à son chagrin et semblait même disposée à lui prêter main forte. Elle lui lança un regard un peu déconcerté par cette coopération inattendue et réalisa que Faust avait probablement su charmer l'inconnue à une vitesse dont seule elle avait le secret. Encore une fois et même malgré son absence, la blonde liait les inconnus autour d'un devoir commun, d'une recherche commune, d'un être commun. Elle avait ce pouvoir et cette force, même lorsqu'elle n'était plus là. Les prunelles de l'Odysséenne trahirent sa reconnaissance. Elle n'était pas seule face à ces recherches dont elle attendait à la fois tout et n'espérait rien. Ses doigts se foncèrent de la terre et des mousses humides alors qu'elle creusait sous ce qui avait du être son abri. Elle écoutait la belle bouclée d'une oreille attentive mais son regard accrochait chaque particule de sol déplacée, comme si la moindre molécule serait capable de lui annoncer un détail supplémentaire au passage de Faust sur ces terres. « Elle est... partie volontairement ? » demanda-t-elle d'une petite voix perdue. Elle ne pouvait pas être avoir quitté volontairement les lieux en y laissant des objets si importants à ses yeux. Mais elle imaginait son amie pétrifiée de faim et de froid et elle réalisa que peut-être que ce genre de matériel, alors, avait peu d'importance. Il ne nourrissait pas une femme affamée, ne la protégeaient pas du froid ou des intempéries. « Non, on l'a pas revue depuis un an... » Son regard était rivé sur la terre et les branchages qu'elle déplaçait avec une fougue coléreuse. Sa voix ressemblait à une suite de hoquets maladroits parce que l'air lui manquait, non pas par l'effort que lui demandaient ses grands gestes impatients, mais par l'émotion qui l'envahissait toute entière. Pour la première fois depuis sa disparition, Murphy s'autorisa à réaliser à quel point son amie lui manquait. C'était d'elle dont elle avait besoin dans ces moments-là, c'était toujours elle qui avait su trouver les mots pour apaiser ses peines. Elle avait perdu sa meilleure alliée et arme contre le monde. Elle était toute seule, et personne n'y pouvait plus rien. Elle entendit, venue d'un autre monde, la voix de la Terrienne lui annoncer son origine mais s'effondra dans la terre. Antarès chercha ses caresses, en reçut une dans laquelle elle ne sut mettre autant de cœur qu'elle l'aurait souhaité.

La main perdue sur son visage humidifié par les larmes qu'elle n'arrivait plus à contenir, Murphy sursauta en sentant un contact dans sa chevelure. Elle tourna brusquement la tête vers la source de ce geste et fixa la Naori dans le silence, se perdit dans son regard foncé qui semblait refléter toute sa peine. Elle suffoquait, réalisa que la belle inconnue confessait à demi-mots la croire morte elle aussi. Touchée par le geste de la jeune fille, elle resta interdite quelques instants mais ne crut pas un seul de ses mots consolateurs. « Le souvenir de quelqu'un c'est ce qui reste de lui quand il y a plus rien d'autre ! Je veux pas qu'il reste que des souvenirs d'elle... » Elle essuya violemment ses joues, non sans y déposer malgré elle un peu de terre, et attrapa son sac pour en sortir sa gourde. « T'es sûre... qu'elle a laissé autre chose ? » Elle but quelques gorgées sans grande envie, se forçant à maîtriser ses tremblements qui faisaient vaciller la petite bouteille de métal. « Naori ? Peut-être que quelqu'un de chez toi l'a aidée ? » Sans aucun espoir, elle jeta un regard par-dessus son épaule et se tourna vers elle, lui accordant sa défaite en lui tendant la gourde, ses genoux remontés vers son torse alors qu'elle la fixait, à la fois épuisée et résignée. « Je suis désolée, t'as sûrement mieux à faire. C'est un cas désespéré. » Antarès se glissa entre elles et les regarda tour à tour sans trop comprendre ce qui se passait. Il ne pouvait pas connaître la peine de la perte de quelqu'un dont il n'avait jamais croisé la route. Murphy, elle, aurait-elle préféré ne jamais la connaître ou subir ce chagrin accablant ? « Elle l'a jamais rencontré... » soupira-t-elle tristement, la gorge nouée, en caressant la boule de poils en manque d'attention. « Peut-être qu'il aurait pu la protéger. Ou que... » ...ou que moi, j'aurais pu la protéger. Ou partir avec elle.

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29/01/2017 I/RiverSoul 401 Imaan Hamman Lux aeterna & Mini-miller ( Hela ) Sentinelle / Artisan ( potier ) 66
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Sujet: Re: She went quietly (Tamara)
Dim 20 Aoû - 18:29


Murphy & Tam-Tam @Guest Antarès & The Spirit of Faust #Murmara

L'univers de l'intruse explosait au visage de Tamara sans lui en demander la permission. Normalement cette dernière considérait la forêt environnant son village comme son fief, ou rien vraiment ne prendrait le dessus sur elle. Si jamais elle percevait une menace, à couvert sur les arbres elle observait avant de prendre une décision. Pour des terriens groupés et excités elle préférait l'option de les laisser continuer leur route jusqu'à ce que le silence fût revenu. Pour un voyageur seul, si il lui - ou elle - ne lui déplaisait pas, elle prenait parfois l'initiative de l'interpeller afin de faire connaissance - ou plus si affinités -. Si par contre on se rapprochait trop de la cachette ou trônait l'arbre de vie, elle agissait de façon à détourner les importuns. Parce que tout d'abord ça consistait en ses attributions de sentinelle, elle désirait donc s'en montrer digne. Jamais la frisée ne se retrouvait piégée dans dans un mouvement qu'elle ne contrôlait pas, car les fous elle les fuyait comme la peste. Mais cette femme débarqua soudainement avec son jeune chiot - plutôt attendrissant - déclarant sans véritable respect que tout lui appartenait. De plus Tamara décodait difficilement toutes ses paroles, d'autant que l'étrangère s'énervait par moment pour des raisons que la Naori jugeait plutôt obscures. Cependant la jeune femme décelait en cette dernière un réel désespoir, relié à la disparition de cette femme blonde, mais qui recouvrait aussi une dimension que la terrienne appréhendait mal.

Elles pouvaient néanmoins communiquer à travers la perte d'un être cher. Le grand-père de la Sentinelle lui manquait terriblement car personne ne lui prodiguait des câlins comme lui. Ni ne connaissait aussi bien le cœur d'artichaut qui battait dans ce corps jeune et robuste. Elle eut renoncé à de multiples possessions pour le bonheur d'être à nouveau bercer dans ses vieux bras. A lui tout seul il représentait le bouclier qui la protégeait des ricanements de ceux qui la prénommaient *Tam-Tam dans ta tète*, chaque jour il la rebootait de ses encouragement. Même si alors elle ne vivait pas dans un monde tout rose. Ainsi malgré sa jeunesse elle captait la douleur qui entourait la fille du ciel tel un étrange brouillait qui se dégageait de sa personne. Si elle eut osé, prise par une impulsion soudaine et bizarre elle se fut avancé pour la saisir dans ses bras et la consoler comme feu son aïeul pour elle. Méfiante elle se contenta de s'appuyer d'un pied sur l'autre alors que l'autre fixait la bague découverte glissée à son doigt. La Naori hésitait à s'en aller prévenir les siens car elle devrait abandonnée la femme déchirée. Peut-être qu'elle venait de s'échapper de son camp, le cerveau déglingué, Filant à l'insu de ses guérisseurs ? Que l'acte le plus sensé à accomplir se résumerait à la raccompagner tranquillement pour la rendre aux siens. Mais ayant déjà côtoyé la folie, elle n'ignorait qu'on ne la menait jamais en bateau aussi aisément. Le plus ardu se résumerait à apprivoiser l'échappée pour qu'elle ne prenne pas la poudre d'escampette dans la forêt sous prétexte de chercher la blonde.

Avant tout s'adresser à la personne humaine qui tremblait de tous ses membres comme si l'hiver fut soudainement réapparu. La Sentinelle préférait ne pas interrompre ses pensées, ce qui la pousserait éventuellement à devenir violente. Elle passa sa longue main fine dans les poils clair et doux d’Ouch, dont l'attitude calme ne trahissait pas la terrible tension de ses muscles. Hargneusement la femme lui jeta à la figure des propos en rapport avec sa sœur. Quel lien avec la poterie ? Tamara l'ignorait mais elle jugea plus judicieux de ne pas décortiquer toutes les associations de la débarquée qui sans doute ne la mènerait nulle part. Elle haussa donc les épaules choisissant de pas répondre à de telles inepties « Non le cœur n'est pas heureux  » Répondit-elle légèrement agacée à cette seconde accusation agressive « Mais nous croire que ... Joie doit accompagner le départ pour ne pas ... rendre triste la personne qui s'en va » Comprendrait-elle l'étrangère, la vision d'un autre peuple ou la dénigrerait-elle une fois de plus comme elle n'arrêtait pas de le démontrer depuis son arrivée dans ce lieu. Se comportait-elle toujours comme un volcan propulsant ses jets de lave partout alentour d'elle ? « Toi toujours si en colère ? Et crier comme ça sur tout le monde qui ... autour de toi ?  » Questionna la frisée particulièrement intriguée par ce caractère qui ne se maîtrisait manifestement jamais. Tamara rajouta néanmoins par honnêteté « Mais quand mon grand-père a rejoint ses ancêtres je n'ai pas pu célébrer son départ ... pas sourire pendant beaucoup de lunes »

Finalement l'autre lui consenti des détails sur cette blonde qui provoquait tant de remous. Normale. Cela excluait donc une éventuelle dispute entre elles, ou un départ précipité poussé par la rancune ou la colère. Il demeurait la possibilité que la disparue eut calculé cette fuite par désir de liberté. Bien qu'elle eut visiblement au moins une amie très chère 99]]« Pas d'ennuis avec ... des autres ?  » La sentinelle doutait que ça puisse lui indiquer une problématique significative dans ce cas précis. Trop de mystères autour de cette histoire. Elle ne possédait pas assez de science pour traquer la sœur de l'intruse. Son totem silencieux ne lui fournissait aucun indice. Un chaman donnerait probablement une indication intéressante mais l'autre refuserait probablement cette alternative. Toute à sa réflexion la fille du ciel repartait sur des expressions incohérentes qui provoquèrent  quelques frissons sur Tamara. *..Que mon regard te fait pâlir* « Non je ne pâlis pas, Est-ce que j'ai l'air pâle ? Ton regard ne me fait pas peur ... Si tu veux on s'amuse à qui ... baisse ... premier  » lança-t-elle légèrement frondeuse et complètement indifférente à la logique de cette conversation jouant apparemment à saute-mouton régulièrement. Mais là tout de suite elle regrettait sa réaction fougueuse et irréfléchie, alors qu'elle le reprochait à sa vis à vis. Comment construire un tant soit peu de confiance sur une branche aussi fragile. « Non on jouera plus tard quand on se sera occupé de ton amie » Corrigea-t-elle pour éliminer sa précédente provocation.

La Sentinelle se basait beaucoup sur la physionomie d'une personne, particulièrement sur l'éloquence de ses traits pour en déchiffrer la base. Les petites mimiques la conduisaient fréquemment vers la bonne destination. Mais ce bout de femme agitée lui procurait du fil à retordre, comme si toutes les deux dansaient constamment sur le fil du rasoir. Une seconde l'intruse la dévisageait prête à la massacrer, puis instantanément Tamara contemplait de la reconnaissance dans les prunelles de cette dernière. De quoi y perdre son latin si on lui eut un jour enseigné. l'étrangère accroupie examinait chaque grain de terre, alors tranquillement la frisée évacua quelques branches séchées pour éclaircir le site « Aucun signe de lutte .. toi regarder la terre ... avoir préserver avec camouflage... Personne ici l'a obligée, juste ses pas ... rien d'autre ... » Et dieu sait que la sentinelle analysa les environs des dizaines de fois, elle connaissait le parcours mémorisé dans sa caboche... Par contre la débarquée possiblement que non « Je peux ... conduire toi sur ses dernières traces ... la ou elles ... finir  » Ça ne ramènerait pas l'égarée, ni ne résoudrait le mystère de son absence, mais adjoindrait une brique de plus sur le tableau de ses déplacements définitifs « Un an c'est long ... elle sans doute très loin maintenant  » Que ce fut dans un autre lieu ou tout simplement morte, rattrapée par les éléments sauvages qui la dépassaient, accompagnés d'une température sans pitié quand elle vous piège sans aucune protection.

Calineuse, face au chagrin envahissant de la femme qui débordait dans chaque cellule d'oxygène, la frisée répondit à la compassion qui grignotait dangereusement sa poitrine en caressant la chevelure de la brune. Parfois la tristesse menait à se comporter comme le dernier des fous, Tamara envisageait donc aussi cette interprétation pour les errements de son interlocutrice. Ses yeux s'humidifièrent quand l'amie de la blonde se confessa avec une telle sincérité qu'elle eut arraché une larme à tous les petites bestioles traînant dans le périmètre. Tamara déchira un bout du tissu de sa tenue colorée avec laquelle elle effleura la joue de son étonnante visiteuse, puis le lui donna avant que de reprendre la parole « je comprendre ... Parfois des souvenirs ... Bien ... Ma mère morte après que moi .. venir dans ce monde ... Rien pas de souvenir... Je pas ...  » La Sentinelle butait sur la formulation de ses pensées. Pas assez de connaissance dans ce langage lui interdisait de traduire exactement le message qui tournait dans sa tête. Et plus elle s'y efforçait, plus ça se comparait à un incompréhensible charabia. Du coup peu importait le degré de raison qui existait dans cette inconnue. La Naori la saisit dans ses bras pour la serrer très fort avant de la libérer « Je pense que ... oui d'autre choses ... on va chercher ensemble tu veux ?  ... Et ... toi me laisser une petite chose ? ... Je ... Regrette de pas parler avec ... Je dégage tout l'endroit pour que tu vois tout .... la surface .... »

Pour encourager la jeune femme, la sentinelle commença par récupérer des grandes brassées de bois morts quand soudainement ses iris se posèrent sur Ouch. Troublée elle s'insulta mentalement de pas encore avoir intégré cet élément dans l'équation  « Mais Ouch t'amener ici ? » Dans toutes ses recherches elle ne se fia qu'à ses propres sens ou aux indices que son totem déposait auprès d'elle. Et le flair d'un canidé changerait certainement la donne  « Lui sentir à la fin de la piste ? ... peut-être son nez encore détecter un petit truc ...  » Ce qui relèverait du miracle après une année, mais ça apaiserait éventuellement un peu l'âme tourmentée de cette étrangère, d'accomplir quelques petits pas. Malheureusement à la demande suivante de la débarquée, Tamara secoua énergiquement sa chevelure abondante et frisée « Non non, personne, on ... parler entre nous ... et on venir chez vous pour ... dire .... pas laisser ou cacher donc personne n'a vu autre que moi  » Bien qu'elle ne l'eut pas signalé à son peuple, car elle n'y détectait aucun menace. De plus, la personne ne se trouvant plus sur place, pas de raison de prévenir qui que ce soit, chacun étant libre de circuler comme il le désirait dans cette forêt, tant qu'il ne la détruisait pas. La Naori termina de dégager le terrain en donnant quelque coups de pieds dans les leurs restant. De sa main elle pointa un endroit « là ? À côté ancien feu ... Sac ?  »

Mais pareil à un orage qui recouvrait le ciel soudainement sans s'annoncer, obscurcissant le jour, la couleur de la défaite et du désespoir plantèrent leur drapeau sur l'ancien bivouac. Manifestement l'épuisement gagnait le terrain sur le moral de sa visiteuse. Alors Tamara n'insista pas, elles gardaient la possibilité d'examiner les débris plus tard. La Naori s'accroupit à terre saisissant la gourde que la femme lui tendait. Elle ne souffrait pas de la soif mais acceptait ce geste de paix. Elle avala quelques petites gorgées pour ne pas priver  l'étrangère de cette ressource nécessaire quand elle retournerait chez elle. Elle la dirigerait avant cela vers une petite source pure afin qu'elle puisse y puiser de quoi se désaltérer pleinement « Non ... journée repos... Attendre ici ... écouter la nature ... Rien d'autre  » Personne ne l'attendait ou ne l'espérait particulièrement aujourd'hui dans village. Après si Tamara ne retournait pas au bercail on enverrait quelqu'un à sa recherche. Car des sentinelles ils n'en possédaient pas à la volée, ça restait important et précieux pour la tribu. « Non jamais rencontrer... Mais elle deviner quelqu'un pas loin je crois ... » Tranquillement elle attrapa les mains de l'étrange femme pour les serrer entre les siennes afin de lui transmettre des ondes positives « Tous on aurait ... Mais elle peut-être pas vouloir ... Choisir ... Personne responsable .. pas toi non plus »

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06/12/2015 Lux Aeterna 30582 Sophia Bush Avengedinchains (vava) ; Oreste (image profil); Lux Aeterna (sign & gifs & fiche rp) ancienne militaire - lieutenant, stratège, garde et patrouilleuse. Quelques notions de médecine et bases en maniement des armes. 190


Sujet: Re: She went quietly (Tamara)
Dim 27 Aoû - 0:26



❝ She went quietly ❞
Murphy Cavendish & Tamara Quetzalcoalt
(14 mars 2117)


Murphy ne se serait jamais pensée capable de perdre son sang froid aussi subitement, même en s'imaginant dans une situation semblable à celle-ci, où le fantôme de Faust semblait quitter les limbes pour venir la narguer dans son deuil. Elle savait son équilibre fragile, mais elle avait espéré, probablement trop naïvement, que plus rien ne pourrait la ramener à l'état délétère dans lequel elle était restée trop longtemps avant d'accepter qu'il n'y avait tout simplement plus de retour possible à cette situation tragique. Et d'un coup, lorsqu'elle avait posé les yeux sur ces deux objets auxquels elle s'agrippait comme s'ils représentaient toute son existence, Murphy s'était pris de plein fouet les regrets et les remords qui la rongeaient encore la nuit. Elle espérait, à nouveau, même si elle savait cet espoir aussi vain que quelques heures plus tôt, et elle craignait plus encore que lorsque l'univers ne lui avait pas collé sous les yeux les réminiscences d'une vie qu'elle avait tant aimée. La Terrienne n'était pas pour grand chose dans ce qui se tramait dans tout son être, mais elle était témoin de toute l'impuissance qui était sienne. Dans une autre vie, Murphy s'en serait voulu d'imposer un tel spectacle à une inconnue. Mais à cet instant précis, elle se moquait de ceux qui l'entouraient, et même Antarès avait disparu de son champ de vision. La réalité s'imposait à elle dans la discussion qu'elle tentait d'entretenir avec la Naori et es quelques papouilles que venait quémander son chien, qui devait, sans appréhender toute la tragédie de l'instant, comprendre que quelque chose clochait. La Terrienne l'avait vue, sa blonde, mais elle n'était plus sûre de vouloir savoir quoi que ce soit de plus. Elle avait peur d'apprendre une aventure abominable, et en même temps, elle crevait d'envie de percer à jour ce mystère qui entourait la disparition de Faustine. Parce qu'elle était à un tournant, elle le savait, et les prochains instants pouvaient tout aussi bien lui indiquer le pire comme nourrir ses espoirs les plus fous. L'incertitude avait ce charme des suppositions qui laissaient encore à toutes les possibilités une infime existence.

Si elle s'emportait face aux choix de conversations de la Naori, c'était parce qu'ils lui semblaient totalement hors de propos. De la poterie, vraiment ? Elle aurait pu lui jeter un regard vide, mais elle n'aurait pas été totalement elle-même. Elle l'engueula de cette façon qui laissait entrevoir toute la souffrance qui était sienne, comme si ses accusations étaient le seul exutoire qu'elle avait à sa disposition à cet instant précis. Personne ne pourrait la consoler face à de nouvelles découvertes, elle en était persuadée. Comme lorsqu'elle avait impatiemment attendu le retour de Faust les premières semaines après sa disparition, Murphy savait qu'elle était la seule à pouvoir faire quelque chose contre ce ras-de-marée de sentiments qui l'envahissait. Elle savait aussi qu'il n'y avait de pas de mot magique ou de remède miracle à une pareille détresse. Le cheminement qui avait été le sien jusqu'à présent avait été hors de sa propre volonté. Elle avait attendu d'accepter le deuil bien trop longtemps pour s'imaginer avoir été l'instigatrice d'un processus long et complexe ou d'une quelconque pensée bienveillante envers elle-même. Elle se haïssait pour son impuissance face à ce trop plein de sentiments qui semblait prêt à resurgir à chaque moment, à chaque coup de pied que le hasard donnerait à la ruche de ses pensées; mais elle se haïssait encore de cette impuissance lorsqu'elle touchait aux siens et à Faust. Si elle avait fait quelque chose de plus, si elle avait fait quelque chose de moins, si elle avait quelque chose différemment... alors peut-être qu'elle ne serait pas en train de pleurer la disparition de sa soeur de cœur dans l'infinité angoissante des sous-bois qui représentaient à présent toute la menace qui lui avait pris son amie. « Et la personne qui reste ? » demanda-t-elle en levant son regard embué vers la jolie brune. « Elle doit faire comme si c'était qu'un au revoir, comme s'ils allaient se revoir ? Je reverrai jamais Faust. » Elle baissa à nouveau ses prunelles sur l'anneau qu'elle tournait nerveusement entre ses doigts entre deux acharnements sur la terre dont elle espérait presque qu'elle ne cachait plus aucun autre secret. « Je crie pas, ma voix porte haut », répliqua-t-elle un peu sèchement en replongeant ses mains dans le mélange de mousse et de terre devant ses genoux. « Tu sais que les adieux sont jamais faciles, alors... » Sa voix s'était adoucie. Elle était accablée d'entendre l'expérience d'une autre perte. « Et maintenant, tu souris ? Quand tu penses à lui ? » Car c'était quelque chose qu'elle avait du mal à imaginer. Sourire en repensant à sa mère, sourire en repensant à Faust. Les souvenirs, même les plus joyeux ou poétiques, étaient douloureux. Chacun d'eux avaient pris une saveur douce-amère, comme s'ils portaient le poids d'une disparition qu'ils n'avaient pas vu venir. Ils étaient entachés par le temps et la réalité qui l'accompagnait. Allaient-ils refleurir un jour ? Serait-elle un jour capable de repenser aux fous rires qu'elle avait partagés avec Faustine sans que son cœur ne s'effrite ?

Mais elle voulait aider, l'inconnue. Peut-être s'était-elle prise d'affection pour cette Odysséenne perdue au milieu d'une forêt qu'elle ne connaissait encore que trop pour que l'affrontement se fasse sans pertes. « Je... je crois pas... » Mais Murphy devait l'avouer : elle avait du manquer quelque chose. Elle n'avait pas répété suffisamment de fois à Faust qu'elle était pour elle. Elle n'avait pas été ferme lorsqu'elle lui avait fait promettre de ne plus disparaître comme elle l'avait déjà fait une fois. Elle n'avait pas fait attention aux détails, ne s'était immiscée dans sa vie comme une personne qui l'aimait devait le faire. La terre retournée faisait de la poussière lui irritait les yeux; ou bien peut-être que ses seules larmes étaient celles qui la brûlaient. Elle perdait progressivement toute contenance, crevait d'envie de se perdre sous la grande peau d'ours d'Elias et pleurer jusqu'à en être épuisée et desséchée. Elle leva brièvement ses iris étonnés vers la Naori s'emporta et la défia comme elle avait pu le faire avec Faust pendant de longues soirées d'ennui là-haut, au milieu de leurs étoiles qui lui manquaient tant. « Oui, c'est ça, on jouera plus tard... » Ses mains battaient le avec hargne mais le périmètre avait beau s'étendre, rien d'autre que de petits invertébrés et une terre sèche ne semblait décidé à les rencontrer. La Terrienne dégageait déjà des branchages un peu plus loin, mais Murphy n'y croyait pas -elle n'y croyait plus. Deux objets avaient suffi à la faire vaciller; peut-être que c'était mieux comme ça. « Oui, je veux bien... elles s'arrêtent loin ? T'es sûre que c'est les siennes ? » Elle marqua une pause, s'immobilisant au milieu de son chantier poussiéreux. « Sûrement beaucoup trop loin pour qu'on puisse la revoir un jour, oui... » Son soupir fut peiné et profond. La mort semblait être ici un concept bien différent de là-haut. Là-haut, elle avait toujours des explications. Là-haut, quelqu'un qui était parti le faisait toujours en grande pompe; on lâchait son corps au milieu du rien et il se laissait emporter par l'équilibre de sa pesanteur dans une danse sans nom autour de leur planète mère. Là-haut, il reposait parmi les étoiles et tous savaient que c'était une fin, leur fin à tous, celle qu'ils connaîtraient un jour à leur tour. Ici... ici, chaque recoin était une menace potentielle. Chaque recoin semblait vous scruter pour mieux vous piéger, et vous pouviez vous faire avoir dans le silence le plus complet, sans que personne ne s'en rende compte. Ici, on pouvait n'avoir ni réponse ni repos stellaire. Elle était perdue, Murphy, noyée à nouveau dans toutes ces considérations qu'elle avait cru appartenir au passé. Le geste de la Naori la surprit mais elle l'accueillit comme une enfant en manque de réconfort. Elle la regarda du coin de l’œil, un peu interdite, arracher un morceau de tissu à ses vêtements pour venir éponger les larmes qui humidifiaient sa peau rougie par les pleurs. L'Odysséenne finit par le prendre, un peu timidement d'ailleurs, et essuya comme elle le pouvait son visage. « Je suis désolée... » Elle était un peu haletante, épuisée par les pleurs qui cherchaient à s'exprimer. « Ma mère est morte quand on est arrivé ici... J'ai des souvenirs avec elle... » Mais elle ne savait pas; elle ne savait plus. C'était plus facile de ne jamais avoir connu son père, mais c'était aussi s'interdire tout ce qui pouvait construire une personne. Murphy était celle qu'elle était parce qu'Ofelia avait été là à chaque instant de sa vie, l'avait épaulée au point de combler le manque d'un père qu'elle n'avait jamais vu naître. « Je suis désolée que t'aies jamais connu ta mère..., inconnue. » Quitte à ne pas connaître son nom, elle aurait mieux fait de se taire. Elle fut subitement emprisonnée dans une étreinte surprenante mais dans laquelle, elle dut l'admettre, elle trouva du réconfort. Elle ferma les yeux quelques instants, posa sa main sur l'omoplate de la jeune femme. « S'il y a autre chose... alors oui, cherchons. » Elle rangea dans la poche de son jean le morceau de tissu que lui avait donné l'inconnu. « Oui, tu pourras garder quelque chose... mais pas le couteau et pas l'anneau, s'il te plait... » Ce n'était plus un ordre colérique, c'était une supplique désespérée. « Le couteau revient à une de mes amies... avec qui je l'ai cherchée... et la bague... » Son pouce la fit tourner autour de son doigt alors qu'elle lui jetait un énième coup d'oeil. « J'ai besoin de l'anneau. » Murphy fuit le regard de la native, et elle suivit bientôt ses mouvements dans les branchages restés à terre. « Non... enfin... je sais pas trop. On s'est suivis, tous les deux. Mais il s'appelle Antarès... comme l'étoile dans la constellation du scorpion. Mais on la voit pas, d'ici. On a notre petite étoile ici. » Elle caressa l'animal avec entrain et un sourire triste mais reconnaissant. « Tu sais », fut-elle obligée de remarquer, « je pense qu'elle reviendra jamais. Si personne d'autre ne l'a vue... elle doit être morte. Personne la reverra jamais. » Ces quelques mots lui collèrent des frissons réflexes. Ils paraissaient encore plus durs lorsqu'ils courraient les airs que lorsqu'ils tapissaient son esprit. La belle bouclée était la seule à s'activer; Murphy, malgré ses intentions, restait paralysée à l'idée soit de ne rien découvrir de plus, soit de trouver quelque chose d'autre. Elle jeta un regard morne à l'endroit que désignait la jeune femme. « Tu peux boire plus que ça si t'as soif. Ça me manquera pas. » Elle serait rentrée sur son camp en quelques heures. « Le bruit de la nature... » Elle sourit tristement, le regard perdu dans le vague. Faust ne connaîtrait plus ces plaisirs-là. Mais avait-elle même seulement eu le temps de les apprécier ? « J'aime bien le bruit de la mer, elle chante... mais Faust y est jamais allée. » Tout ramenait toujours à elle, comme une constante de laquelle elle ne savait plus se détacher. « Quelqu'un pas loin ? » répéta-t-elle, hébétée, se demandant si c'était d'elle dont elle parlait. « On s'est engueulées peu de temps avant qu'elle disparaisse... parce qu'elle avait déjà disparu quelques temps avant. Elle m'avait promis de plus me faire ce genre de frayeur. Elle a pas tenu sa promesse, mais tout ce qu'elle retiendra de moi c'est ça... » Elle parlait trop et trop vite, elle le savait, mais ces confessions lui appartenaient et elles appartenaient maintenant à la forêt silencieuse, à un Antarès intimidé et à une inconnue qu'elle assommait du deuil d'une femme qu'elle n'avait sans doute que trop peu côtoyée. « Je suis pas responsable directement, mais indirectement... si j'avais fait les choses différemment, tu sais... si j'avais... fait autrement. » Elle dut se soustraire aux doigts réconfortants de la demoiselle pour récupérer dans sa poche le morceau de tissu et éponger ses yeux. « Merci, au fait... » Elle le souleva pour le désigner et le rangea à nouveau, mais ce n'était pas tant de ce mouchoir improvisé qu'elle parlait que de tout le reste. « Un sac, tu dis ? » tenta-t-elle de se remotiver. « Si elle a laissé son sac ici... quelque chose a du lui arriver dans le coin. »

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29/01/2017 I/RiverSoul 401 Imaan Hamman Lux aeterna & Mini-miller ( Hela ) Sentinelle / Artisan ( potier ) 66
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Sujet: Re: She went quietly (Tamara)
Lun 25 Sep - 22:37


Murphy & Tam-Tam @Guest Antarès & The Spirit of Faust #Murmara

Un petit rongeur, curieux, intrépide, se faufila entre les feuilles mortes qui recouvraient l'ancien bivouac de Faustine. Il creusa la terre à la recherche d'un ver et terre ou d'un insecte quelconque, non sans s'assurer qu'aucun danger ne le guettait. Tout ça à la barbe d'Antarès que l'agitation de sa maîtresse inquiétait au point qu'il laissa filer un bon repas. La bestiole dérangea dans ses activités une couleuvre, qui repue préféra trouver un autre refuge plus tranquille. Elle glissa juste entre les deux jeunes femmes alors que Tamara silencieuse recevait la souffrance invisible mais si présente de l'Odysséenne. Un rapace s'abattit à leurs pieds dans un grand déploiement d'ailes, les ignorant royalement alors qu'il s'emparait avec son bec puissant du serpent bien mal avisé d'avoir quitté un bon abri, pour cause de simple dérangement. Inéluctable, la vie se poursuivait, indifférente à la peine de Murphy, elle ne lui prendrait pas la main pour la conduire à l'endroit ou elle trouverait ses réponses. Même si la brune se mettait à la supplier elle ne lèverait pas le petit doigt. Ainsi fallait-il surpasser les épreuves qui tombaient sur vos épaules, sans autre remède que sa propre force intérieure. Par expérience malgré sa jeunesse, La Naori n'ignorait pas que cette dernière ne se ramenait pas sur un simple appel, parfois, il fallait attendre des années pour surmonter un traumatisme, le spectacle que leur offrait la nature semblait les narguer !

Pour agrémenter le tout une grosse mouche au vol lascif vint tournoyer entre leur deux têtes en bourdonnant lourdement, d'un geste vif et irrité la sentinelle la chassa en la renvoyant, sans le vouloir, vers la femme possédant le désir profond d'obtenir une réponse au sujet de son amie égarée. Tamara éprouvait une intense empathie, mêlée d'agacement et de colère volatile, pour l'inconnue. A défaut de paroles réconfortantes, la naori osait quelques gestes, sans pour autant forcer l'intimité de l'autre. Des conseils, elle eut pu en offrir, non pas sur la meilleure manière de se conduire devant un telle perte, plutôt sur l'environnement, les dangers qu'encourraient Murphy. Fâcheusement la frisée ne maîtrisait pas très bien la langue de la perturbatrice, et il ne lui échappait pas que cette dernière lui lançait par moment des œillades dubitatives. Probablement qu'elle interprétait mal les paroles de Tamara, car, bien entendu, le problème ne provenait certainement pas de la terrienne. Quant à perdre son sang-froid, l'Odysséenne contemplait une experte en la matière à ses côtés, donc ça ne choquerait pas Tamara, le seul point délicat étant que ça risquait simplement de déclencher plus régulièrement quelque accès de contrariété, la menant à une conduite un peu rude. Elle pourrait d'ailleurs en quelques paroles détruire le château de carte élevé en l'honneur de la disparue, préservant les espoirs les plus fous. Car quel Terrien n'irait pas lui affirmer sans prendre de gants que son amie elle pouvait l'oublier tout de suite.

La peine qui débordait de la débarquée l'amenait à songer aux remous sournois de la rivière qui si on y prêtait pas une attention extrême vous emportait dans ses tourbillons pour vous y noyer. Sous la surface de cette femme se dissimulait des roulis mortels, à la fois pour celle qui les engendrait autant que pour le pauvre ère qui leur ouvrait la voie. Tamara ne désirait pas se faire emporter par ce flot de souffrance. Cependant humainement elle ne parviendrait pas non plus, tout simplement, à tourner le dos àl'étrangère. Alors que justement elle l'interrogeait comme si la Jeune Sentinelle eut pu lui fournir une réponse qui éteindrait tous les incendies ravageant son esprit « La ... Toi ... tu débrouilles comme ... toi pouvoir  » Quand on vous laisse sur le bord du chemin, on vous fournit rarement le manuel d'instruction quant à comment surmonter un drame qui ronge vos fondations. Les pensées de la frisée se dirigèrent vers Isha, leur terrible dispute, sa désertion et la sensation de désormais se retrouver seule au monde sans son meilleur appui. Et Si Isha mourrait demain ? Un hoquet la parcourut à l'évocation de cette perspective. Le seul hic restait que Isha délaissait l'amitié de Tamara depuis des mois déjà « Si encore très amie avant ... disparaître ... Toi construire un mur intérieur ... Jusque ... Mieux, mais pas faire semblant, jamais ... Bien pire après » Elle se rappelait du désespoir éprouvé quand à bout de souffle elle accepta enfin la mort de son grand-père, cessant de l'imaginer entrain de l'attendre à la maison.

Faust. La première fois que la terrienne Ouïe un tel prénom. Il dérape sur la langue. Tamara n'ajoute rien quand la brune lui explique que sa voix porte haut, Elle soulève la tête, le regard dirigé vers le ciel ou galope des nuages de diverses tailles. La naori ne la traitera pas de menteuse mais elle pourrait crier aussi fort qu'elle le souhaite, les cris de la terrienne n'atteindraient jamais la lune. Une autre idée loufoque de sa part. Mais ça l'amuse tout en l'attendrissant la sentinelle, que les enfants du ciel puissent faire preuve de cette imagination débordante. Puis la présence invisible de son grand-père défunt venu les rejoindre sur la pointe des pieds l'attendrie « Oui je sais ...  » ... Que la peine ne diffère pas d'un peuple à l'autre, qu'elles que soient les coutumes qui en découlent « Je souris toujours quand je pense à lui, même si ... je pleure ... Moi mettre ma tête contre son épaule et chanter... Pour endormir son mal » Puis il l’entourait de ses bras affaiblis, s'assoupissant pour un long moment hors du temps. « Il ne veut pas voir triste moi ... Et ton amie ... Faust ... Ici, ailleurs ... ou elle ... être ... pas aimer voir des larmes chez toi. Vivre, sourire, aimer pour ... Elle  » Encourageait-elle l'étrangère privée d'une partie de son âme. Ce petit morceau ne repousserait pas, mais il lui restait la possibilité de le cultiver dans ses souvenirs afin qu'il dégage des flagrances apaisantes quand d'autres la décevraient. Les bouts de bois craquèrent doucement, le rongeur ayant festoyé à sa guise, il se retirait en empruntant une petite branchette pour tapisser son nid.

Jouer ... Jouer ... Parfois les débarqués, pas seulement celle-ci démontrent parfaitement leur statut de "tomber du ciel". Leur incohérence trouble infiniment Tamara qui tout en essayant de suivre la logique de l'étrangère se voit trop souvent remise en place. Outrepassant selon cette dernière certains droits. Alors, oui, elle ose relever les iris vers les hauteurs, impétueuse, signifiant son déplaisir devant tant de futilité. En même temps l'autre dévie sans cesse d'une direction vers une suivante, pareille à une danseuse de corde « Ce sont les siennes  » Affirme Tamara avec force, on ne lui enlèvera pas de l'idée, elle sait, elle connait, elle ne permettra pas à l'Odysséenne d'empiéter sur son terrain « Je connais ... Mais je n'ai pas ... voir plus loin. Moi veiller sur ma tribu ... avant tout » Au cas où elle ne recevrait pas le message que La Sentinelle, son job c'est bien de se trouver dans les parages pour prévenir toute action agressive envers son village. Et de bien le tenir au secret, alors, avec l'arrivé des débarqués, oui elle a surveillé la blonde au début pour s'assurer qu'elle ne serait pas source d'ennuis. Ensuite elle a cherché, mais elle ne s'est pas permis d'abandonner son poste au  risque de mettre en péril les siens, pour s'enfoncer plus loin que ses propres frontières. Difficile de traduire ces faits à une femme épuisée et désespérée qui interprétera négativement le choix de ne pas suivre cette blonde là jusqu'au bout du monde pour la lui ramener. Rien n'indiquait non plus à la Naori que Faust fut encore vivante à l'époque.

Elle comprenait néanmoins. Sa jeunesse l'aidait à rebondir aisément sur tout, plutôt que de la brider. Et puis elle adorait plonger dans la douceur, offrir les caresses qui atténuent l'affliction qui empoisonne les sentiments avec un acharnement inhumain « Faut pas ... toujours mieux vider son cœur, sinon ... sous les cheveux ça... être tout noir » La Sentinelle compatissait pour la mère de la jeune femme brune, elle lui enviait cette chance, mais elle devinait le trou béant imitant la silhouette de l'être cher, voyageant dans les songes de celle qui ne retenait plus ses larmes « Oui ... C'est un fabuleux trésor » Acquiesça Tamara qui prononçait régulièrement ce mot dont elle adorait la sonorité. Son aïeul le mariait à toutes les sauces, et il détenait un peu côté magique pour elle. Alors par ce biais elle s'efforçait d'insuffler un léger espoir à la Débarquée. Voilà aussi une des raisons pour lesquelles la Sentinelle étreignit très fort la visiteuse « Mais je l'invente tous les jours dans ... les rêves ... elle... Leïa » Inconnue la personne. Elle n'y accrochait qu'un prénom et les récits du père de celle-ci « Mais mon père ... oui Inconnu  » Emue  elle s'éloigna en donnant quelque coups de pieds dans ce qui restait de son édifice destiné à camoufler l'ancien foyer. Tamara ébaucha une grimace en rajoutant un peu querelleuse, pour éviter de trop s'apitoyer « Dommage pour le couteau ... Pratique  » En réalité des armes elle n'en nécessitait pas une de plus, la sentinelle râlait pour la forme « Oui ... Chercher »

Alors elle inspecte une fois encore les lieux, la sentinelle, pour buter contre le jeune chien blanc, assit, tranquille, et ce bon regard émanant de ses magnifiques prunelles. La naori le flatte car si elle peut agir de façon parfois un peu égoïste pour les yeux d'un amateur elle ne lésine jamais sur les câlins. Ouch ? Antarès ? Encore du Charabia mais elle s'incline devant le nouveau mystère de ce monde « Oh rare tout le monde n'a pas ...étoile qui suit derrière le popotin ! » Elle ouvre soudainement sa main dans laquelle attend un joli morceau de viande séché dont le jeune canidé s'empare sans honte pour le dévorer plus vite que ne se déplace son ombre. Alors que sa maîtresse confesse les impressions qui l'étreignent à propos de Faust. Elle lui concède ses plus noirs cauchemars. Le pire. La plausible vérité. Renchérir juste derrière se révélerait un beau numéro d'acrobatie. Pour enfoncer la débarquée davantage dans son supplice alors qu'elle le contemple enfin sans détourner la vue. La sentinelle hoche la tête comme une poupée défectueuse pour abonder dans la direction de la désespérée sans rajouter de fioritures. L’eau elle pourrait s'en dénicher n’ importe où mais sous l'impulsion de ce moment lourd de sens, elle avale plusieurs grosses gorgées, avant de rendre la gourde à sa propriétaire « Merci » A ce moment précis elle le voit ce fameux sac qu'elle évoquait. Rapidement elle se précipite, le ramasse pour le ramener contre sa poitrine avant de se relever pour aller le tendre, un peu à contrecœur, à celle à laquelle il revient de droit « Tiens ... Moi jamais voir mer ... toi chanceuse ! »

Oui elle n'échappait pas à Tamara, la culpabilité peignant toutes les dernières paroles de l'Odysséenne, alors elle lui prit la main pour lui donner un peu de répit « Par ici ... je te montre  » Elles s'engouffrèrent dans un taillis broussailleux qui se mouvait comme s'il n'hésiterait pas un instant à les avaler si elles lui en cédaient l'occasion. Puis elles débouchèrent sur un mini clairière dans au bout de laquelle s'élançait un minuscule sentier « Venir ici ... souvent  » Toujours tirant la brune derrière elle, la sentinelle stoppa devant des baies sauvages « Elle manger ici ... Jusque plus rien ... Chercher ... Elle vouloir revenir vers vous ... Toi ... Plus jamais dire le contraire » la frisée libéra enfin la garde pour lui donner la possibilité de continuer ou non « Elle .. Par la, dans la forêt, mais trace arrêter ici ... trop de neige tomber ... Pas continuer car au-delà de ... Mon travail... Mais je peux t'accompagner si ... vouloir découvrir  » Dans tous les cas, ça déboucherait sur rien, ou le pire, et si par malheur un corps traînait dans le coin, il n'en resterait que les os. Rien d'identifiable sauf si des affaires spécifiques sa baladaient sur le sol « La nature Belle ... Cruelle ... Imprévisible ... Plus forte que toi ... Attaque animal ... Mauvaise personne ... Toi pas coupable ... Victime ici  »  La terrienne désigna son front pour les souvenirs dévastateurs, puis l'emplacement du coeur pour la désolation irréversible qu'endurait Murphy depuis des mois



Spoiler:
 

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06/12/2015 Lux Aeterna 30582 Sophia Bush Avengedinchains (vava) ; Oreste (image profil); Lux Aeterna (sign & gifs & fiche rp) ancienne militaire - lieutenant, stratège, garde et patrouilleuse. Quelques notions de médecine et bases en maniement des armes. 190


Sujet: Re: She went quietly (Tamara)
Jeu 12 Oct - 0:53



❝ She went quietly ❞
Murphy Cavendish & Tamara Quetzalcoalt
(14 mars 2117)


Murphy n'était pas perdue dans une désillusion risible. Elle savait qu'elle ne se remettrait jamais de la disparition de sa mère ou de celle plus récente de Faust. Ce deuil, elle ne l'avait jamais connu avant. Il s'apprenait avec le temps, se faisait une place, perdait de sa noirceur en prenant son temps, grisonnait, devenait sage et ne lancerait peut-être bientôt plus que quelques attaques fugaces de chagrin. Le deuil, elle le savait, on ne s'en débarrassait pas comme on se débarrassait d'une mauvaise grippe. On l'apprivoisait comme on pouvait, on lui faisait de la place parce qu'il en prendrait de toute façon et que lorsqu'il apparaissait, on n'avait d'autre choix que d'en faire un compagnon pour la vie. Murphy en avait eu conscience dès le début, et pourtant, comme un organisme s'affaire un rejeter un parasite nuisible, son instinct de survie n'avait eu de cesse de vouloir éjecter cet intrus qui la détruisait de l'intérieur et à petit feu. Mais le deuil était ainsi né, et s'il devait mourir un jour, alors ce serait avec elle. Il ne la quitterait que lorsque ses paupières se fermeraient sur le monde et c'est ainsi qu'ils se sépareraient. Il lui avait fallu de nombreux mois pour accepter ce simple état de fait. Et puis elle avait commencé à comprendre que le choix ne lui incombait pas et qu'elle n'avait d'autre option que d'apprendre à cohabiter avec ce nouveau compagnon qui s'était immiscé dans chaque sphère de son être, dans chacune de ses cellules encore naïves de lui. Elle avait commencé à comprendre qu'elle ne serait plus jamais celle qu'elle avait été, que la vie lui avait imposé un fardeau nouveau qu'elle devrait apprendre à dompter coûte que coûte. C'était une brume noire qui dominait dans les moments où le pouvoir lui était donné et acceptait volontiers de laisser sa place à un peu de clarté lorsqu'il en naissait. C'était un combat de bonnes volontés entre un deuil qui apprenait à apprivoiser l'endeuillée et une survivante qui acceptait la naissance de quelque chose dont elle ne saurait jamais réellement se débarasser.

Mais elle n'avait jamais trop réfléchi à toutes ces choses-là, Murphy. Elle vivait avec parce qu'elle n'avait pas choix, subissait les moments de désespoir extrême et acceptait les joies qu'on lui permettait encore de connaître. Elle ensevelissait le deuil et les souvenirs sous un tas de futilités dont elle noyait son esprit, donnant à ce deuil la fausse impression qu'elle prenait le contrôle. Mais il se terrait là, lui, continuer de guetter, près à resurgir à la moindre faille. Il reculait pour mieux bondir. Et lorsqu'il le faisait, lorsqu'il se glissait à travers les murs édifiés par la jeune femme, Murphy n'avait de cesse de le faire taire, de le repousser plus loin encore jusqu'aux confins de son être, et finalement d'accepter chaque bribe de lui comme elle s'imposait à elle dans les moments où elle s'y attendait le moins. Le déni ne serait jamais assez puissant contre lui. Car les mois s'étaient égrainés sans aucune considération pour Murphy. Les saisons s'étaient succédées, avaient réduit à néant les espoirs de la patrouilleuse de retrouver Faust vivante. C'était ainsi que, avec une délicatesse presque étrange, il était réapparu. C'était ainsi qu'il avait crée une brèche dans tous les barrages qu'elle avait construits et qu'il l'avait notifiée de sa présence, lui avait rappelé son existence. Murphy, quand tu t'entraînes et qu'elle n'est pas là, je sais que tu penses à Faust. Murphy, quand tu regrettes l'anneau que tu as perdu en forêt, je sais que c'est à ta maman que tu penses. C'était des mots doux, presque compréhensifs, qu'ils glissaient alors à son oreille. Il s’asseyait à ses côtés, la nuit, regardait les étoiles avec elle, lui demandait parfois à quoi ça ressemblait là-haut, lui qui ne l'avait pas connu. C'était le début de l'acceptation, c'était ouvrir les portes sur le chagrin petit à petit et accepter que c'était la fin pour Ofelia, que c'était la fin pour Faust.

Et puis son regard avait rencontré un objet, puis deux, perdu dans cette poussière terreuse. Son cœur avait manqué un battement et sa cage thoracique s'était figée. Ses gestes s'étaient paralysés un instant et elle avait senti le sang battre à ses tempes, irradier tout son visage. Des frissons électrisants et désagréables avaient rayonné le long de son échine. Ses prunelles n'avaient pas quitté les deux objets, si ce n'était pour voguer de l'un à l'autre et continuer à envoyer à son cerveau cette preuve continue de ce qu'elle venait de trouver. Elle savait dès l'instant où elle avait posé son regard sur les métaux que toute cette relation construite au fil des mois avec son deuil était menacée. Les vannes s'étaient ouvertes violemment et elle se retrouvait piégée à contre-courant, partagée entre l'envie irrépressible de se laisser aveugler par l'espoir et les mots doux de ce sombre instinct qui se moquait d'elle.

Et puis venait l'aide précieuse d'une main nouvelle. Un esprit clair et étrange qui s’immisçait entre elle et le raz-de-marée, qui de quelques mots pansait cette cicatrice rouverte, ré-exposée à vif. « Alors je me débrouille pas très bien » confessa-t-elle d'une petite voix. Ça ferait bientôt un an qu'elle ne l'avait pas vue et c'était à la fois considérable et presque insignifiant. Il lui arrivait parfois de réaliser, effarée, qu'elle oubliait peu à peu les traits fins de son amie, et puis son image lui revenait soudainement, plus vive que jamais. Les souvenirs lui faisaient encore beaucoup trop mal, surtout les souvenirs heureux. Ils avaient pris le goût de la disparition et de la perte. Dans chaque mot qu'avait pu prononcer Faust elle entendait des adieux déguisés, des messages cachés. Dans chacun de ses rires raisonnait son envie de vivre, d'expérimenter sur cette Terre. Les souvenirs l'oppressaient, empêchaient ses poumons de trouver l'air, suscitaient les larmes silencieuses. Alors elle ne les acceptait pas encore, pas tout à fait, pas entiers, pas longtemps, pas souvent. « Je fais ce que je peux », répliqua-t-elle presque sèchement avant d'hoqueter, à cours d'air, et d'essuyer sa joue humide. Les murs, les remparts, les barrages; ils étaient sa défense contre lui, contre le deuil, et ce n'était qu'en les abaissant progressivement qu'elle avait réussi à faire sa connaissance, à ce nouveau venu. Se décider à les abattre serait presque suicidaire. C'était un apprentissage constant, celui de cette cohabitation nouvelle, et Murphy ne savait pas même où il pourrait en être d'ici quelques mois ou quelques années. La douleur s'atténuerait-elle progressivement ? Est-ce que les souvenirs finiraient par ramener un sourire nostalgique à ses lèvres ?

Elle regarda d'un œil distrait sa jeune interlocutrice qui avait levé les yeux au ciel. Si elle n'était pas accaparée par toutes les questions et la panique qui s'imposaient à elle, Murphy aurait sans doute pris la peine de lui faire remarquer qu'elle la trouvait étrange, à toujours répondre à côté ou à chercher une voix qui porte haut, mais haut dans les arbres et jusqu'aux étoiles. Elle se contenta de froncer les yeux un instant et aussitôt, Faust se rappela à elle. C'était une voie sans issue, ici, et sa raison le lui hurlait pour essayer de limiter les dégâts qu'avaient faits ces trouvailles. Pourtant, Murphy était de ceux, un peu naïfs, qui espéraient dès que l'espoir était permis. D'avoir signe de sa vie ici, de son passage en ces lieux, aussi lointain puisse-t-il être, la laissait entrevoir de nouvelles perspectives, de nouvelles hypothèses. C'était cruel et elle le savait; elle savait cette sensation vaine et traître, mais son esprit n'avait aucun contrôle sur son cœur ou sur ce qui la rendait si faible lorsqu'il s'agissait de ceux qu'elle aimait. Il fallait qu'elle fasse semblant, presque, qu'elle se reconstruise avec ces blessures; en réalité, le discours de la jeune Terrienne était teinté d'une douceur et d'une justesse bienveillantes, mais Murphy ne les acceptait que dans un silence triste, parce qu'ils mettaient des mots sur ces disparitions, rendaient concrète la perte de Faust, encore plus celle de sa mère. On ne parlait pas de ces choses-là, pas lorsqu'on était encore fragile, pas lorsque l'être aimé ne vous avait pas encore totalement quitté, pas lorsque vous n'étiez pas totalement prêt à le laisser partir. Ofelia et Faust étaient encore à ses côtés, à chaque moment, mais avec Faust raisonnait encore timidement cet espoir vain de la voir réapparaître subitement avec une explication abracadabrantesque qu'elle s'empresserait d'accepter. Murphy ne voyait même plus la vie autour d'elle, trop occupée par celles qui avaient quitté ses côtés. Quelques mouvement ça et là qu'elle attribuait à Antarès lui apparaissaient, mais son esprit cherchait à nouveau le sourire de Faust. Les tonalités de son rire, aussi. « Sourire et pleurer ? » Elle répéta, interloquée, les paroles de la Terrienne. Elle aurait probablement été moqueuse si elle en avait eu la force et l'état d'esprit. Ce n'était pas possible, ça, sourire et pleurer en même temps. Murphy pleurait juste. Un jour peut-être sourirait-elle simplement en repensant à elle et à elles. Elle souhaitait juste que cet étau lui offre du répit, qu'on l'allège de ce poids qui comprimait sa cage thoracique lorsqu'elle pensait à Faust. « Ils sont partis. Comment tu veux sourire pour des gens que tu reverras jamais... Ils existent plus. Quand on a tout partagé avec quelqu'un, c'est triste de se dire qu'on partage plus rien, même pas la vie. » Elle ne connaissait plus Faust et elle ne connaissait plus Ofelia, plus comme elle les avait connues. Elle connaissait celles qu'elles avaient été. Maintenant, toutes les deux avaient vécu ce qui séparait pour toujours, ce que personne n'avait jamais su décrire parce que c'était là même le principe de la mort. Elles étaient passées de l'autre côté. Elles savaient, elles, le dernier soupir, la dernière pensée, le dernier mot, le dernier regret. Elles savaient la peur ultime ou l'apaisement qu'on ne devinait pas. Murphy était naïve de tout ça; elle se battait pour le connaître le plus tard possible, mais c'était cet instant fatal, cette expérience suprême, qui les achevait de les séparer. Étaient-elles dans les étoiles comme elle en rêvait dans ses instants les plus poètes ? Non. Elles n'étaient plus. Elles étaient retournées à la terre, s'étaient décomposées. La matière organique redonnait vie à la matière organique. « Elle me voit pas, elle me voit plus. Qu'est-ce que ça peut lui faire, l'état dans lequel elle m'a laissée. » Elle haussa les épaules avec une grimace provoquée par cette sensation soudaine mais régulièrement répétée que Faust l'avait abandonnée. Elles s'étaient fait des promesses, toutes les deux. Elles s'étaient fait des promesses...

De bonne volonté, Murphy manquait cruellement. Parce que la Terrienne l'avait surprise à un moment comme ils étaient rares et pour lesquels elle avait toujours préféré la solitude, l'Odysséenne ne se laissait que difficilement approcher. Même Antarès semblait avoir perdu l'attention de sa maîtresse. Elle lui offrait quelques caresses par automatisme, mais à travers le filtre de son regard, tout était devenu plus sombre. Quelques sursauts provoqués par les interventions des animaux curieux, voilà tout ce qui, en cet instant précis, lui restait du monde réel. La jolie Terrienne était quelque part entre les deux mondes, lui tendait une main qu'elle semblait incapable de saisir. Elle ressentait la dureté de ses mots à mesure qu'ils quittaient la barrière de ses lèvres, mais demeurait incapable de davantage. Ils devenaient instinctifs, automatiques, portés par la peine seule. Qu'on ne lui en tienne pas rigueur, c'était tout ce dont elle était capable. « Je te crois » répondit-elle d'une voix neutre et plate, le regard perdu dans le vague, paralysée à l'idée de trouver des réponses qu'elle n'était plus sûre de vouloir connaître, de suivre une piste qui tuerait à nouveau les rares espoirs renés de leurs cendres quelques minutes auparavant. « Vider son cœur, c'est prendre le risque de le laisser comme ça : vide. » Son ton n'était plus triste, il était juste neutre, comme si un mécanisme de protection s'était déclenché dans son esprit pour la préserver de tout ce que ses remarques pourraient faire naître en elle. Elle fixait le vide, apathique, repensait à sa mère et à ces connards de l'Odyssée qui avaient été incapables de leur assurer une descente sûre. « Un cœur vide a plus aucune raison de battre ou de se battre. » Elle atterrit en réalisant que l'inconnue n'avait pas eu cette chance, celle de connaître sa mère. « Je suis désolée pour toi », lâcha-t-elle en la regardant enfin, de contrebas, toujours étalée par terre, les sourcils froncés par la peine qui se dégageait à présent de la Terrienne aussi. Elle se releva aussitôt, presque comme si elle était montée sur ressort, pour dégainer à nouveau l'un de ses poignards et le tendre à l'inconnue. « Tiens, si tu veux, tu peux le prendre. » L'une de ses deux seules armes, pour laquelle elle s'était battue jusqu'à en frôler la mort, mais qu'elle offrirait avec toute sa reconnaissance à l'inconnue si elle acceptait de lui laisser celle que Faust avait laissée derrière elle. Elle appartenait à Tennessee, maintenant, c'était évident. Et si Murphy devait y perdre une arme, et bien qu'il en soit ainsi. Elle ne pouvait pas se contenter de prendre sans rendre. Ce n'était pas comme ça que fonctionnait le monde; ce n'était pas comme ça, en tout cas, que fonctionnait son monde.

Elle resta quelques instants bête, debout, à regarder la jeune fille qui lui faisait face. Elle s'agitait un peu, la Terrienne, mais se montrait la mature des deux. Elle restait calme là où Murphy n'avait de cesse de répliquer par le pessimiste. Elle allait de l'avant là où Murphy se laissait couler. C'était une drôle de dynamique, en y repensant, pour deux âmes qui venaient seulement de se croiser. La patrouilleuse ne redoutait plus l'inconnue. Elle aurait aimé croire que c'était parce qu'elle n'avait rien à craindre d'une jeune fille alors qu'elle avait l'expérience de son côté, mais elle savait qu'il ne s'agissait pas que de ça. Ce n'était pas une de ces rencontres que l'on oublie une fois le dos tourné et son chemin retrouvé. Murphy ne redoutait plus la fille à la belle peau d'ébène parce qu'elle avait pris instinctivement le rôle maternel et bienfaiteur de la protectrice, de celle qui répare les cœurs, même ceux qu'elle ne connaissait pas. C'était peut-être un truc de chez eux, les Naoris, ou alors l'inconnue était altruiste parce que le monde l'avait faite pour aimer son prochain, s'enrichir des similitudes et des différences. « Etoile qui... ? » Elle avait encore arqué un sourcil, comme si elle venait de tomber de sa propre planète. Interloquée, elle regarda la Naori offrir une gourmandise à Antarès et Antarès s'en délecter. Il ne refusait jamais de la nourriture facile, mais Murphy ne s'en émut pas outre mesure. Faust la hantait encore. Faust la hanterait toujours.

Choisir entre regrets et remords était cornélien. Murphy aurait voulu ne jamais l'avoir engueulée lorsqu'elle avait disparu, ou peut-être l'avoir engueulé un peu plus, juste pour l'empêcher de disparaître à nouveau pour ne jamais revenir. Elle aurait pu faire les choses différemment, de mille façons différentes en fait, et chacune d'entre elle aurait pu changer la donne du tout au tout. Chacune d'entre elles aurait pu lui laisser Faust. Elle n'était pas bête, pourtant; Murphy était pragmatique, cartésienne. Elle savait qu'on ne pouvait pas changer les choses ou qu'une simple différence sur l'échelle du temps n'aurait probablement pas suffi à tout changer. Pourtant, le doute demeurait; pourtant, la culpabilité demeurait.

La brune récupéra sa gourde avant de s'accroupir pour la ranger dans son sac, les mains encore couvertes de terre poussiéreuse. Les regards ne trompaient pas; ils parlaient un langage universel. Le silence et la lueur fugace qui traversa les prunelles de l'inconnue la laissèrent muette. Pas de frustration ou de peine, pas d'incompréhension ou de douleur. Murphy restait muette parce qu'elle avait compris, elle avait tout compris. Elle avait compris qu'il n'y avait rien à répondre au regard qu'elle portait sur elle-même, elle avait compris que rien ne pourrait la faire changer d'avis et que l'inconnue respectait son deuil au point de compatir, seulement compatir. Le sentiment universel de l'empathie. Alors, doucement, presque délicatement, avec mélancolie, elle sourit. Elle observait la jeune fille s'afférer pour elle, prendre des peines que la plupart des Odysséens ne s'était plus donné la peine de prendre au bout de quelques heures -quelques jours ou semaines pour les plus courageux et assidus. « Je l'ai vue par accident. C'est pas le meilleur moyen de la rencontrer. Quand tu l'entendras chanter, pense à Faust. » Sa voix était douce, presque méconnaissable. La mer, c'était un secret du monde que Faust ne connaîtrait probablement jamais, que l'inconnue avait encore tout loisir de découvrir. Murphy la lui souhaitait, la découverte; le frisson du vent marin, le parfum iodé, l'air salé qui rend la peau et les cheveux fous. Elle prit le sac que lui tendait la brunette et le garda entre les doigts quelques longues secondes, hésitante, un regard paniqué rivé sur la Naori, comme si elle attendait qu'elle choisisse pour elle. Mais le temps qui fut accordé à la réflexion ne fut guère plus long et déjà on l'attrapait par le bras. Murphy eut à peine le temps de la ralentir pour récupérer son propre sac et y glisser la lame de Faust. Quelques secondes plus tard, elle était enfoncée dans une végétation dense au milieu de laquelle elle se débattait, s'attendant à tout instant à être blessé par un branchage un peu trop vaillant. Elle s'arrêta brusquement et au milieu d'une petite clairière baignée du peu de lumière que la forêt y laisser filtrer, manquant de renverser l'inconnue devant elle. « Je... » Elle fixait intensément l'arbuste à baies. Si elle était capable de trouver à manger, elle aurait du être capable de retrouver son chemin, non ? Quelque chose clochait, mais Murphy ne voulait pas de réponses. Elle ne voulait plus de réponses. « Non. Je... Non. Pas maintenant. » Ses doigts s'étaient agrippés à sa main droite et au nouvel anneau qu'il portait. « Jamais », affirma-t-elle fermement, comme si elle cherchait à se convaincre elle-même. Elle n'avait probablement jamais été aussi près d'une réponse, aussi loin qu'elle puisse encore en être. Elle n'était pas prête à retrouver le corps de son amie, son cadavre méconnaissable. Elle n'était pas prête à accepter l'idée ferme qu'elle n'était plus de ce monde. « Il y a peut-être plusieurs coupables... » Elle tourna la tête vers l'endroit qu'elles avaient laissé derrière elle, devinant encore quelques animaux se chamailler dans les environs, et serra un peu plus le sac de Faust contre elle. « Tu veux... regarder avec moi ce qu'elle a laissé là-dedans ? » Ce n'était plus une question polie, c'était presque une imploration. Oh, comme elle aurait aimé avoir Tennessee à ses côtés à ce moment précis... Elle n'aurait pas trouvé les mots, mais peut-être les gestes, peut-être les regards. Elle aurait tout compris, parce qu'elle avait tout vécu avec elle. Les doutes, les questions, les recherches, les espoirs, les abandons, la reconstruction fragile et tatillonne. Elle s'avança silencieusement au centre de la clairière, là où le soleil arrivait à laisser taper quelques uns de ses rayons, s'assit en tailleurs, cala les deux sacs entre ses jambes. Elle faisait dos à l'inconnue mais face à la lumière, ferma les yeux pour savourer cette douceur venue des cieux, sentir l'odeur de l'astre sur sa peau encore pâle de l'hiver. Peut-être qu'elle est là, autour de moi, autour de nous. Peut-être qu'elle est dans les rayons du soleil, dans le vent doux qui souffle et caresse les feuilles des arbres, peut-être qu'elle est dans les animaux qui se chassent, dans la vie qui continue de vivre, dans le monde et l'existence toute entière. Peut-être qu'elle me regarde et se fout de ma gueule parce que je pense des conneries pareilles. Elle se laissa glisser sur le dos et ouvrit les yeux. Le ciel était d'un bleu azur qui présageait de l'été à venir. C'était dans le ciel qu'elle vivait encore. Là-haut, elles existaient encore toutes les deux. Dans une autre réalité, dans un autre temps, elles étaient encore gamines, là-haut, se chamaillaient pour des bêtises, se coupaient les cheveux un peu trop vaillamment, riaient de bon cœur aux bêtises les plus superflues. Dans une autre réalité, elles ne connaissaient pas la rancoeur du monde pour l'Homme. Dans une autre réalité, Faust était encore vivante et allongée à ses côtés; elles se demandaient s'il existait des mondes dans lesquels elles étaient séparées, riaient du ridicule de la question et de la productivité de leur imagination.

Et dans sa réalité, une larme quitta le coin de son œil pour glisser sur sa tempe. C'était triste et fade, un monde sans Faustine Lohmann.




Dernière édition par Murphy Cavendish le Jeu 9 Nov - 15:01, édité 1 fois

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She went quietly (Tamara)

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