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˜˜˜˜˜˜Fire with Fire |Harlan|
maybe life should be about more than just surviving


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02/03/2017 Thinkky/Angel 595 Zoe Saldana Lux aeterna (ava), Astra (signa), Psychadelya & Angie & hennaed (icones) Conseillère chamane ~ Gardienne du savoir/Oratrice & diplomate 174
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Sujet: Fire with Fire |Harlan|
Mar 14 Mar - 23:50

La forêt s'étendait autour d'elle, magistrale, puissante. La femme s'était couverte de vêtements chauds pour affronter les températures glaciales de la saison. Et pourtant, plutôt que de rester à l'abri dans sa massure, elle était sortie, s'était installée à même le sol. Le froid lui offrait une résistance supplémentaire pour sa méditation. Elle devait se concentrer encore plus, ne pas se laisser distraire par les légères piques de froid qui traversaient par moment les habits. Enfin, bien évidemment, la conseillère n'irait jamais jusqu'à se laisser mourir, elle n'avait jamais été suicidaire. Mais cela l'aidait à s'endurcir. En gardant suffisamment de couches de vêtements sur elle. Se balader nue par -10°C... Très peu pour elle, qui restait une personne pudique.

Son souffle produisait des petits nuages de vapeur blanchâtre, qui s'élevaient vers le ciel. Ciel qu'elle observait, au travers des branches. Quelques touches bleutées, claires dans tout ce marron. Elle se perdit dans cette contemplation. La nature était décidément ce qu'elle cherchait plus que tout à protéger avec la tribu. Deux points pour lesquels elle se battrait coûte que coûte, pour lesquels elle n'hésiterait pas à utiliser des moyens que d'autres condamneraient. Oh, elle n'aurait jamais de comportement violent envers les autres tribus, Rowena était un être profondément pacifique, pour qui la guerre en tant que terme ne devrait même plus exister. Cependant, la négociation était considérée par certains comme une arme, parce que certains esprits l'approchaient de la manipulation. A croire que les mots pouvaient faire peur à bon nombre. Finalement, avec un peu de diplomatie, on pouvait retourner n'importe quelle situation. C'était d'ailleurs ce qu'elle s'évertuait à montrer à Harlan. Lui non plus n'irait jamais déclencher une guerre – du moins, pas consciemment – mais la conseillère avait toujours eu peur qu'il ait le mot de trop. Qu'en cas de danger pour la tribu, ses positions basculent un peu plus. Elle n'espérait pas. Au fond d'elle, elle préférait se dire qu'il saurait être raisonnable. Il était loin d'être stupide, mais il avait tellement renfermé ses émotions depuis la perte de son mentor qu'elle y allait un peu à tâtons. La chamane aurait pu essayer de le faire s'ouvrir à nouveau, sauf qu'elle respectait son besoin de... Deuil. Et elle n'était pas certaine que l'obliger à faire part de ses sentiments soit une bonne chose. Elle préférait attendre, quitte à passer par des canaux un peu moins légaux entre temps. Ashiri permettait à la femme de moins s'inquiéter concernant son ami.

Ses yeux se refermèrent, et l'air frais balayant son visage lui permit de chasser les dernières pensées parasites pour se plonger pleinement dans les ressentis, dans les écoutes de cette Nature si importante. Des murmures qu'elle tentait de capter au vol, des murmures venant de l'arbre de vie juste à côté d'elle. Rester près de celui-ci lui permettait de mieux capter ce qu'elle cherchait, d'entrer en contact avec son animal-totem. C'était aussi ce qu'elle tentait d'enseigner à Isha, une jeune chamane dont elle avait décelé le potentiel dès ses débuts. Malheureusement, un comportement trop sanguin l'empêchait d'exploiter la totalité de ses capacités. Alors, Rowena avait fini par lui proposer des entraînements, des méditations régulières. Pour contenir le tout, et révéler à la jeune fille son plein potentiel. Une bonne dose de patience pour Rowena, qui n'en manquait pas dans tous les cas. D'ailleurs, la prochaine séance serait dans quelques jours, il ne faudra pas qu'elle oublie de la préparer. Un murmure fut capté par son esprit endormi. Un murmure plaintif, s'accrochant à son coeur. Troublée, la chamane rouvrit les paupières, prit une profonde inspiration. Le retour à la réalité fut brutal, bien plus qu'elle ne l'aurait cru. D'ailleurs, il lui fallut quelques secondes pour percevoir la présence non loin d'elle. Son regard chocolat se tourna, s'accrocha à une silhouette bien connue, le tout accompagné d'un simple nom :

"Harlan ?"

Interrogation, elle ne s'attendait pas forcément à le voir ici. Certes, il était conseiller comme elle mais ils ne se croisaient que peu ces derniers temps, sauf quand elle devait réparer ses bêtises ou alors aller contre lui lors des conseils. La chamane quitta sa position, se releva pour faire face à l'homme. Il semblait vouloir lui parler. En tout cas, il s'était arrêté, et Rowena avait toujours su capter ce genre de petits signes qui ne trompaient pas – au demeurant rare chez son interlocuteur. Elle frotta ses mains entre elles, les réchauffant légèrement.

"Veux-tu me parler de quelque chose ?"

Y avait-il un problème ? Outre l'arbre de vie qui avait perdu une branche, présage funeste selon les traditions, que Rowena s'était évertuée à essayer d'expliquer. Pour l'instant, tout restait dans le flou mais elle n'en démorderait pas. Enfin, ce n'était pas le moment d'y repenser, pas avec Harlan face à elle.

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06/12/2015 Electric Soul 3386 Jon Kortajarena Electric Soul & Lux Aeterna ♥ Conseiller druide | Soigneur & orateur/diplomate 443
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Sujet: Re: Fire with Fire |Harlan|
Ven 24 Mar - 22:03

Tu n'as jamais été très superstitieux. Tu n'as jamais été très croyant.

Ton mode de fonctionnement a toujours été rationnel. Froid. Logique. Parfois dépourvu d'humanité. La religion n'a jamais eu une place aussi importante dans ta vie que pour les autres Naoris. Oh, tu es croyant et tu pries et tu respectes les traditions que tu connais à la lettre. Mais là où certains se rendent au temple ou consultent les chamans, toi, tu préfères te réfugier dans la nature, loin des préoccupations humaines, loin de la cacophonie que la société peut parfois représenter pour toi.

Et pourtant. Et pourtant.

Tu ne peux pas ignorer les présages. Les prédictions. Les songes perturbants. Luxem et ses oiseaux morts inexplicablement. Une partie de l'arbre de vie qui se casse, après votre retour des pourparlers chez les Pikunis. Ton animal totem qui semble toujours être en position de détresse dans tes songes. Même toi, tu ne peux ignorer ces signes. Et si tu penses perdre la foi, tu ne peux ignorer le pouvoir des esprits et de la Terre, leur emprise sur votre tribu, sur toi. Tu sais que tu as pris des décisions que certains pourraient juger malhonnêtes. Radicales. Réprouvables, certainement. Et si pour toi, elles ont fait sens, si pour toi, elles étaient nécessaires, tu sais que ce n'est pas l'avis de tous. Mettre au courant Rowena n'a pas été tâche aisée et jamais vos façons d'envisager les choses n'ont été plus opposées. Là où tu vois des possibilités, des occasions, des schémas, des motifs, elle voit des humains et des histoires et des caractères. Choses que tu ne prends pas assez en compte, tu le sais. Peut-être est-ce pour cela que ces signes de malheur semblent vouloir te suivre. Peut-être deviens-tu paranoïaque ou fanatique malgré toi, à voir des signes là où il n'y en a pas. Mais il y a trop de coïncidences, trop de signes qui pointent dans la mauvaise direction.

Tu as pris de mauvaises décisions. Tu es responsable. Et les esprits sont en colère contre toi.

C'est la conclusion que tu as tiré, alors que le sommeil t'échappait aux heures les plus noires de la nuit. Tu n'arrives pas à trouver la quiétude dans ton travail ou dans la nature, les doutes te parasitent sans cesse. Est-ce ta faute ? As-tu déplu à ce point à Gaïa ? Tu sais que ressasser ces questions sans cesse dans ton coin ne t'aidera pas. Même si tu détestes y avoir recours, il te faut une aide extérieure. Tu ne veux pas accabler Yuma avec tes doutes et Rowena est la plus compétente dans sa matière, après lui. Et au moins sait-elle les erreurs que tu as commises.

Ça ne veut pas dire pour autant que la voir à ce sujet t'enchante. Faut-il encore que tu la trouves. Quand tu visites ses quartiers, tu n'obtiens pas de réponse. Tu te rends vers la place principale, espérant l'y trouver. C'est finalement au pied de l'arbre de vie que tu la croises, l'air assoupie, mais plus probablement en train de méditer qu'autre chose. Tu hésites à la déranger. Peut-être devrais-tu attendre un autre jour ? Tu prends une inspiration avant de te lancer :

« Rowena. »

Une simple salutation. Trop polie peut-être, trop froide. Tu ne sais jamais réellement comment lui adresser la parole, en réalité, tu as plutôt tendance à éviter tout contact trop personnel. Vous travaillez de concert au sein du Conseil mais vous êtes plus souvent en opposition qu'en accord, et cela façonne ta façon de la voir. Autrefois elle était une amie, une confidente, une amante. Ce n'est plus le cas aujourd'hui et si la rancoeur qui t'a empoisonné pendant des années s'est allégée avec le temps, il reste qu'elle a noirci tes relations avec ta consœur. Il t'est difficile de pardonner et malgré tout le temps passé, tu n'y parviens toujours pas, pas totalement. Vous pouvez fonctionner et travailler ensemble, mais la complicité que vous avez pu partager autrefois a bel et bien disparu. Si tu as plus ou moins réussi à retrouver un semblant d'amitié avec Caleb, la situation avec Rowena est plus complexe. Vous vous opposez trop dans les idées, dans le comportement. Et le fait qu'elle soit une des rares à te comprendre, à te connaître, te hérisse, inexplicablement. Tu n'aimes pas ce qui te rappelle ce que tu as été avant. Tu as enterré cette partie de toi il y a longtemps.

Tu la vois ouvrir les yeux, retrouver contact avec la réalité, au bout de quelques instants de flottement. Parfois tu te demandes ce que ça peut faire, de communiquer avec les esprits. Si elle y trouve un apaisement qui t'échappe à toi.

« Oui, si ça ne te dérange pas. Viens avec moi au temple ? » demandes-tu alors que tu l'observes se relever, avant de diriger ton regard vers la forme pyramidale du temple.

Même si tu n'aimes pas le reconnaître, tu as besoin de l'avis de Rowena sur ces questions, à défaut de pouvoir être d'accord avec elle sur tout, tu reconnais et respectes sa sagesse. Ça fait trop longtemps que tu doutes.

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Sujet: Re: Fire with Fire |Harlan|
Ven 21 Avr - 0:43

Les yeux détaillèrent la silhouette qu'elle connaissait depuis des décennies. Cette silhouette dont elle avait été si proche, que ses doigts avaient plus d'une fois touché. Une époque bien lointaine quand elle y repensait. Des années avaient coulé sous le pont. Des années d'éloignement. Des années de heurts, avec leur caractère si opposé. Rowena devait l'avouer, elle avait mal accepté le retournement dans leur relation. Sans réelles explications, bien qu'elle ait fini par comprendre certaines de ses raisons. Quoi qu'il en soit, ils n'avaient cessé de se faire face à chaque conseil. Des éclats, des décisions qu'elle réprouvait à chaque fois. Elle avait bien essayé de faire comprendre son point de vue à Harlan, mais elle n'y était pas parvenue. Peut-être était-ce la fierté de l'homme qui l'empêchait de reconnaître lorsqu'il était en tort, mais en tout cas, cela l'avait mené à des décisions unilatérales dont elle avait finalement été mise au courant. Encore heureux qu'elle ait pu rendre les conséquences de ses gestes moins violentes. Sans pour autant le lui faire remarquer. A quoi bon ? Le fonctionnement de l'esprit d'Harlan était certes brillant, mais la chamane ne parvenait pas à suivre son cheminement, ses réflexions. Par moment, elle arrivait à se battre, par d'autres, elle laissait simplement tomber. Essayer l'épuisait, et souvent, elle avait autre chose à faire que fracasser son optimisme et sa compréhension sur le mur de glace dont il s'était entouré.

Et pourtant, pour la première fois depuis des années, Harlan se tenait face à elle, avec l'optique de lui demander quelque chose, perdant son air de contrôleur total. Il était venu la chercher. Il avait engagé la conversation. Certes, seulement en prononçant son prénom, avec une froideur inégalable, mais c'était un grand pas pour lui. Tout en habitant proche l'un de l'autre, elle se rendait compte que leurs discussions s'étaient amenuisées depuis cette période explosive. Se déconnecter de la transe, reprendre contact avec la réalité. Il y avait toujours quelques secondes de silence, le temps que tout se remette en place dans sa tête, que les voix se taisent et que la sérennité reprenne le contrôle de son cœur. Ca, c'était en temps normal. Avec le druide face à elle, les émotions étaient plus contradictoires. Leurs rencontres se finissaient souvent en confrontation, malgré toute la bonne volonté de Rowena, elle ne pouvait contrôler la fierté d'Harlan, l'empêcher de déborder. Alors, il fallait qu'elle hausse le ton, pour couvrir celui de son ancien ami. Et malgré tout, malgré les chances que la discussion tourne mal, la chamane décida de sourire, de prendre la venue du bon côté, sans forcément cacher la pointe d'inquiétude qui perçait dans sa voix calme et chaude.

Il finit par reprendre la parole, lui demandant s'il pouvait la suivre. S'il ne la dérangeait pas. Un sourcil s'arqua. Pourquoi semblait-il sur ses gardes ? Pourquoi ne pas lui dire tout de suite la raison de sa venue ? Ce n'était pas dans ses habitudes mais Rowena se demandait réellement quelle catastrophe allait encore lui tomber dessus. Le regard avait été porté au temple. Bien. Elle secoua légèrement ses vêtements, faisant tomber les grains de poussière, avant de reprendre.

« Bien. Je te suis donc. »


Voix plus ferme que d'habitude, celle qui s'attendait à voir le monde lui tombait dessus. Les rares personnes qu'ils croisèrent ne leur parlèrent pas. Il fallait croire que deux conseillers côté à côté les faisaient reculer. Plus parce qu'ils ne voulaient pas les déranger que par crainte, Rowena ayant toujours mis un point d'honneur à être proche de tous les membres de la tribu, à faire attention à eux. La peur n'avait pas sa place au sein des Naoris, et elle y tenait beaucoup.

« Harlan... Pourquoi être venu me voir ? Que se pase-t-il ? »


Question posée nonchalamment, mais elle était réellement étonnée par ce comportement. Avec n'importe qui d'autre, elle se serait rapprochée, aurait établi un contact physique, en posant la main sur le bras, rassurant, invitant à parler au travers d'un regard, d'un geste. Avec Harlan, c'était une chose inutile. Elle ne pouvait pas le forcer. Ils arrivèrent en vue du temple, et elle suivit son collègue. Cependant, elle ne parvint pas à rester silencieuse plus longtemps, et ne put s'empêcher de l'interroger un peu plus. Comme quoi, les bonnes résolutions ne tenaient jamais bien longtemps.

« Est-ce en lien avec l'Arbre de vie ? »

Si tel était le cas, elle n'aurait pas grand-chose à lui apprendre de plus. Les étoiles et esprits resteraient étrangement silencieux. Pas sûr que ce soit un bon présage pour eux...

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Sujet: Re: Fire with Fire |Harlan|
Lun 1 Mai - 15:40

Tu attends qu'elle revienne à elle, qu'elle retrouve contact avec la réalité. Le temps est froid, mais le vent se réchauffe petit à petit et les feux sur la place chassent les pires attaques de l'hiver. Tu la vois intriguée, sceptique, face à ton approche et tu comprends sans mal ses raisons. Ce n'est pas comme si tu venais régulièrement la voir pour parler. En-dehors des réunions du Conseil, vous ne vous côtoyez que peu. Au départ, à cause de ta haine et de ta rancoeur quant à son inaction face à la mort de Hakon, aujourd'hui, simplement parce que la distance et les dégâts dans votre relation font que tu ne sais simplement pas comment lui adresser la parole. Ou quoi lui dire. Si tu peux trouver un terrain d'entente avec Caleb sur vos intérêts communs, si son mode de pensée pratique et neutre te sied, le côté beaucoup plus spirituel de Rowena est en conflit avec le tien, beaucoup plus terre-à-terre. Ce n'est pas facile pour toi de t'aligner sur les volontés ou le mode de pensée de quelqu'un d'autre, bien plus souvent, tu imposes le tien, que ce soit par la force ou plus subtilement. Mais Rowena te connaît trop bien pour encore se laisser prendre à tes jeux et tes mots et cela t'irrite, inexplicablement. Tu sais que c'est probablement ton orgueil qui le supporte mal mais ça n'efface pas le sentiment pour autant.

Quand elle se relève et accepte de te suivre, tu hoches simplement la tête en signe d'assentiment. Quelque part, tu es soulagé qu'elle accepte tes bizarreries mais tu ne le montres pas. Tu révéleras bien assez tôt pourquoi tu as instigué cette entrevue. La route vers le temple est plutôt silencieuse. Tu n'as pas envie de parler là où on pourrait t'entendre, n'as pas envie de révéler tes doutes et tes peurs aux oreilles du village. Que tu te confies à Rowena est déjà un grand pas. Une grande faiblesse, aussi, dans ton esprit. Tu détestes ne pouvoir résoudre tes problèmes seul, détestes devoir dépendre de quelqu'un d'autre. Mais ce n'est pas ton domaine de compétence, loin de là et tu as besoin de l'avis éclairé de ta collègue, besoin aussi qu'elle te rassure, peut-être, même si ton ego se révulse à cette idée. Tu détestes avoir besoin de quelqu'un. Tu détestes encore plus le reconnaître.

Tu ne prêtes pas attention aux villageois qui croisent votre route. Tu sais que si souci urgent il y a, ils n'hésiteront pas à vous en faire part. Et tu n'as pas particulièrement envie de te faire arrêter sur ton chemin pour ausculter tel ou tel souffrant quand déjà, il t'a été pénible d'aller chercher Rowena. Tu n'as guère envie de te faire interrompre et reprendre cette entrevue plus tard. Même si tu sais que tu t'y plieras si nécessaire. Le bien de la tribu passe avant le tien, toujours.

Mais ton mutisme ne semble pas aussi bien passer auprès de Rowena, qui bientôt te demande ce qu'il se passe. Tu te raidis légèrement, tandis que vous continuez votre marche vers la forme pyramidale couverte de lierre et de mousse, entourée des vôtres venus prier ou chercher la tranquillité. Tu pousses un soupir quand ta collègue devine le lien avec l'Arbre de vie. Tu coules un regard sur le côté, avant de la mener vers un coin plus isolé du temple, à l'extérieur. Étrange comme, même quand tu doutes de ta foi, il s'agit d'un de tes refuges, avec la forêt profonde.

« En partie, oui. » admets-tu.

Tes pas se ralentissent, quand vous atteignez ce qui semble pour toi un coin relativement à l'abri des oreilles indiscrètes. Tu t'adosses contre un des chênes, qui entourent le temple. Bras croisés contre ton torse, yeux au sol, voix basse, tu demandes, inquiet malgré toi de la réponse :

« Penses-tu qu'il s'agit d'un mauvais présage, comme les autres ? D'une punition des esprits ? »

Une punition pour moi ? Tu tais cette dernière phrase mais tu aurais pu tout aussi bien la dire à voix haute tellement elle résonne dans ta tête. Ça ne t'étonnerait pas que Rowena la perçoive.

« Je sais...que je n'ai pas agi de la meilleure façon qui soit, ces derniers temps. Et je ne peux pas m'empêcher de penser que c'est ma faute, d'une certaine façon. » Un bref rire sans joie s'échappe de ta gorge. C'est presque douloureux. « Tout ça alors que j'ai l'impression de remettre de plus en plus en cause les principes de notre foi. Peut-être que c'est une punition, je ne sais pas. »

Tu pousses un soupir. Passes une main lasse sur ton visage. Tu es tellement fatigué. Tu relèves le regard vers Rowena, tournes un faible sourire vers elle.

« Désolé. Je voulais juste savoir s'il fallait s'inquiéter d'autre chose concernant l'Arbre de vie. Je n'ai pas envie de déranger Yuma pour ça. »

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Sujet: Re: Fire with Fire |Harlan|
Mer 24 Mai - 2:04

Elle n'aimait pas le silence, elle n'aimait pas qu'on lui cache ce qui n'allait pas, ce qu'on ressentait. Et pourtant, Harlan avait toujours été ainsi. Rowena avait alors dû s'adapter. Et même ainsi, elle n'avait pas été capable de comprendre entièrement cet homme, ni même de lui proposer son aide quand il en avait eu besoin. La conseillère s'en rendait compte aujourd'hui, alors que des années et des années étaient passées, et que de l'eau avait coulé sous les ponts. Elle n'avait pas su comprendre comment réagir pour l'aider. Et elle ne le saurait certainement jamais, puisqu'Harlan était de ceux qu'il était complexe de percer, de dévoiler. Il aurait peut-être mieux fallu qu'elle attende qu'il parle, plutôt que de lui demander ce qu'il n'allait pas. Néanmoins, ce n'était pas dans ses habitudes. Alors, Rowena avait enfoncé la porte fermée. Et s'y était lamentalement écrasée. Il restait dans son mutisme. Quelques secondes, quelques minutes supplémentaires. Craignait-il de parler à la vue et aux oreilles de tous ? Le sujet était donc si important ? La métisse arqua un sourcil, avant de détacher son regard de l'homme, et de le poser sur la pyramide recouverte en partie par la Nature. Lieu où il était aisé de venir prier, se détendre, retrouver la sérennité. Elle y passait du temps elle-même, quand elle ne se promenait pas dans l'Arbre de Vie.

Puis un demi-aveu. Les yeux chocolat se reposèrent sur son collègue et... Ami, puisqu'elle avait tout de même envie de le considérer ainsi, malgré les fréquentes prises de tête durant les conseils. C'était donc en partie à cause de l'Arbre de Vie qu'il souhaitait la voir. Et ensuite ? Non parce que là, il laissait en suspense sa réponse, et Rowena avait étrangement peur de ce qu'il pourrait annoncer par la suite. Enfin, elle se doutait qu'il prendrait l'événement de la branche comme un signe par rapport à son comportement. C'était la seule raison pour qu'il vienne la voir elle et cherche à en savoir plus. Et la chamane serait là pour écouter, pour conseiller. Autant que possible, sans mentir. Avec le peu qu'elle avait entre les mains, certes. En fait, c'était plutôt cette partie-là qui la dérangeait. Elle manquait d'informations, se heurtant au silence des esprits et des étoiles. Stressant, lorsqu'on savait qu'elle tirait la majeure partie de ses connaissances de ces observations. Un courant de vent lui mit les cheveux devant les yeux. D'un geste, elle les rangea derrière les oreilles, soupirant légèrement. Décidément...

Elle suivait toujours Harlan, qui avait décidé de trouver un coin plus tranquille. A l'abri des oreilles indiscrètes certainement. De quoi intriguer un peu plus la chamane, sans qu'un seul mot ne quitte ses lèvres. Le conseiller allait parler, il fallait juste lui laisser le temps. Qu'il trouve l'endroit où il se sentira à l'aise pour dévoiler ses incertitudes. Ses faiblesses, puisque c'était ainsi qu'il devait les voir. C'était déjà un grand pas qu'il s'apprêtait à faire, et Rowena n'en avait pas encore conscience.

Il s'adossa à un chêne, et la chamane resta droite, entre les arbres et le temple. Son regard s'était posé sur le vestige, sur le lierre qui grimpait le long de la pierre. Une preuve encore que l'homme et la Nature ne devait faire plus qu'un, et qu'il fallait la respecter autant que possible. Elle finissait toujours par reprendre ses droits. La voix d'Harlan attira son attention. Un mauvais présage ? Une punition ? Les yeux se glissèrent sur l'homme, qui lui fixait le sol. Un doux sourire avait pris possession de ses lèvres, alors qu'un voile de tristesse se posait sur son regard. Une punition pour lui hein ? Il ne le prononçait pas, mais elle le sentait sortir de chaque pore de son corps. Et malheureusement... Elle n'aurait pas de réponse précise. Pas de quoi réellement le rassurer. Léger soupir pour ponctuer son impuissance.

Et il continua. Nombres de mots hallucinants venant d'Harlan, qu'elle écouta religieusement. L'aveu qui sortait de ses lèvres était tout de même étonnant quand on savait qu'il n'était pas du genre à reconnaître ses torts si facilement. Rowena n'appuierait pas sur cela, puisque ce serait un coup à ce que l'autre se referme encore plus à l'avenir. Remettre en cause leur foi. Cela arrivait à tous, elle ne pouvait pas lui en vouloir. Elle était la seule à y être autant accrochée, avec les autres chamans, mais simplement parce que leurs activités au quotidien les poussaient à y accorder du crédit. Et à communiquer avec les esprits aussi. Enfin, essayer. Harlan tourna son regard vers elle. Et s'excusa. Pourquoi donc ? Les mains dans le dos, elle entreprit de faire quelques pas. Des allers-retours, comme pour passer la tension dans ses gestes.

« Tu n'as pas à t'excuser, et je serais toujours heureuse de discuter avec toi ou de répondre à tes interrogations. Je suis là pour toi, malgré nos différents... »

Léger sourire taquin, avant de reprendre un visage plus sérieux. Elle tenait à détendre un peu l'atmosphère, tout en étant rassurante. C'était un peu ce qu'elle savait faire de mieux. Quand elle arrivait à comprendre totalement la personne d'en face. La voix se fit plus froide, plus sérieuse, quand elle se mit à répondre à Harlan :

« Je vais être honnête avec toi... Je n'ai pas réellement d'informations à ce sujet. J'ai tenté de trouver des réponses, mais pour l'instant, ce ne sont que des hypothèses, nullement confirmées. » Pause, nouveau soupir. « Evidemment, je pense qu'il s'agit d'un mauvais présage, c'est notre arbre sacrée après tout. De là à dire que c'est une punition des esprits à l'encontre d'une simple personne... Je ne pense pas. Réellement, tu ne devrais pas te mettre la pression à cause de ça. »

Ce n'était pas de sa faute, elle en était persuadée, quand bien même les actions du druide étaient répréhensibles moralement parlant. Evidemment, elle aurait aimé avoir des confirmations, puisque pour l'instant, il ne s'agissait que de son ressenti. Et si elle lui accordait une certaine importance, mieux valait être certaine de ce qu'elle racontait. Lentement, Rowena finit par se rapprocher d'Harlan. Sa main se posa sur l'avant-bras de l'autre. Légère pression, puisqu'il lui avait toujours été plus facile d'interargir ainsi, pour apporter un soutien, un réconfort.

« Certes, tu n'as pas agi de la manière la plus optimale. Néanmoins, il me semble que cela partait d'une intention louable, même si je ne cautionne pas ce qui a été fait. Et je ne suis pas là pour te faire la morale concernant ta foi. »

Le jugement, elle n'était pas présente aujourd'hui pour en donner un. Harlan était venu voir la chamane qu'elle était, et non la membre du Conseil. Parfois, elle espérait qu'il venait parce qu'il la considérait comme une amie, cependant, elle ne savait pas s'il la considérait ainsi. Peut-être, peut-être pas, mais elle ne demanderait jamais. Rowena l'obligea à capter son regard, avant de reprendre la parole :

« En tout cas, si tu as envie ou besoin de parler de quoi que ce soit, tu sais où me trouver. Quel que soit le sujet, je t'écouterai toujours. »

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Sujet: Re: Fire with Fire |Harlan|
Mer 14 Juin - 12:16

Douloureusement, tu attends les réponses de Rowena. Les mots t'avaient échappé et tu ne pouvais plus les récupérer, prétendre qu'ils n'avaient jamais existé, les effacer. Tu n'es pas de ceux qui reviennent sur leur parole, pas de ceux qui prennent les mots à la légère. Ce que tu dis, tu le penses. Tu es franc, trop parfois, brutal dans ton honnêteté sans fioritures et tu sais que ça ne plaît pas toujours. Pour autant, tu aimerais pouvoir ravaler ces mots, remonter le temps et prétendre qu'ils n'ont jamais franchi tes lèvres. La faiblesse. Le doute. Tu détestes ça. Ça te rappelle que tu peux commettre des erreurs, te tromper. Que malgré tous tes efforts, malgré toutes tes tentatives pour t'améliorer, tu restes humain, tu restes...faillible. Peut-être le pire crime pour toi qui vise la perfection, en tout point, et même si ça doit te nuire.

Tu retiens ton souffle, inconsciemment. Comme si tu t'attendais à une sentence, à un jugement. Non, pas comme si, tu t'y attends. Car c'est presque un crime, d'avouer manquer de foi, dans votre tribu. Et si toi, conseiller, censé représenter les tiens, censé les guider et les juger, tu n'es même plus convaincu de la véracité de vos croyances ? Alors tu es un grain de sable dans l'engrenage, tu es un maillon faible, la pièce à éliminer pour garder l'équilibre. Tu en as conscience et tu sais que si cette situation se prolonge, tes propres doutes pourraient déteindre négativement sur la tribu. Tu ne le veux pas. Tes propres manquements ne doivent nuire à personne d'autre que toi-même. Ton côté pessimiste songe déjà à ta succession, à Ashiri qui pourrait prendre ta relève. Tu penses qu'elle en serait capable. Elle manque peut-être encore d'expérience, mais tu fais confiance à son jugement, à ses convictions. Tu sais que tu pourrais t'écarter du pouvoir en paix, si tes doutes venaient à t'empêcher de remplir correctement ta fonction.

Égoïstement, tu ne le veux pas. Mais peut-être n'auras-tu pas le choix.

Quand ton regard se relève vers Rowena, tu crois déceler de la tension dans ses gestes. Inconsciemment, tu te braques un peu plus. Craignant le jugement à venir. Te maudissant pour avoir avoué pareille chose. N'aurais-tu pas pu te taire ? Continuer à garder le silence et prier pour que le doute disparaisse ou que tu le réduises à néant à force de volonté ?

Mais ce n'est pas le jugement auquel tu t'attends qui tombe de la bouche de Rowena. C'est une réponse légère, un déni de tes excuses, presque, et un fantôme de la complicité que vous avez pu avoir, jadis. Tu réponds à ça par un sourire incertain, touché malgré toi par les efforts de ta collègue pour te...remonter le moral ? Oui, tu penses que c'est ce qu'elle essaie de faire. Tu ne crois pas le mériter, mais Rowena a toujours eu beaucoup plus de coeur que toi. C'est probablement une des raisons pour lesquelles le fossé entre vous s'est creusé au fil des années.

Mais le ton redevient bien vite plus sérieux, plus à-propos avec le sujet discuté. Un soupir t'échappe, en entendant la réponse de la chamane. Ainsi donc elle n'est pas beaucoup plus avancée que toi ? Tu as confirmation que c'est bien un mauvais présage et pourtant, elle affirme penser que ce n'est pas ta faute. Cherche-t-elle à simplement te rassurer ? Tu ne crois pas, pas pour un sujet aussi sérieux. Quand il s'agit de s'opposer à toi pour le bien de la tribu, Rowena ne prend pas vraiment de gants et tu doutes qu'elle commencerait maintenant. Sans que tu ne le veuilles, un noeud semble se desserrer au fond de ta gorge. Le poids de la culpabilité s'allège, un peu. Tu fais confiance au jugement de la chamane. Quand elle s'approche de toi pour t'offrir un contact physique en guise de soutien, de réconfort, tu souris légèrement, reconnaissant.

« Merci. » réponds-tu sincèrement, enserrant sa main dans la tienne quelques secondes avant de la relâcher. Tu as toujours été homme de peu de mots. Tu préfères le silence aux bavardages incessants, la solitude à la foule, le langage corporel aux longs discours. Pourtant, tu as l'impression de répondre bien trop peu face aux déclarations de ta collègue. Ne pourrais-tu faire un effort ? « Et je suis désolé de ne pas t'avoir prévenue plus tôt. Je n'ai pas vraiment... » Réalisé ? Non, c'est faux, tu savais le poids de tes actions. La vérité, c'est que tu ne voulais simplement pas lui dire. Parce que tu ne voulais pas essuyer un refus, comme quand tu as voulu venger la mort de Hakon. Parce que tu penses que parfois, tu es obligé de faire cavalier seul pour obtenir ce que tu souhaites. Même si c'est contraire à votre mode de gouvernement. Même si tu trahis la confiance des autres en toi dans le même temps. Parfois, tu es bien plus proche d'un Rahjak dans le mode de pensée qu'un Naori. Cela t'effraie. « Je suis désolé. » finis-tu, un peu lamentablement.

La question de ta foi n'est pas résolue. Ce n'est pas une punition des esprits selon elle, non, mais elle ne te juge pas. Ça ne t'aide pas vraiment sur ce point, mais tu imagines que c'est une chose que tu dois régler par toi-même. Tant que cela n'interfère pas avec la tribu, il s'agit de ton problème personnel.

Tu es presque surpris, quand elle te dit qu'elle t'écoutera toujours, s'il le faut. Tu es quelque peu déstabilisé par cette affirmation. À force d'avoir érigé des murs tout autour de toi, repoussé sans ménagement les autres après la mort de ton mentor, par pure volonté de ne plus rien ressentir, tu es saisi par le fait qu'elle se déclare prête à t'écouter, comme avant. Comme si rien de tout ça n'avait eu lieu. Quelque peu à court de mots, tu réponds simplement, avec une légère hésitation :

« Je sais. Merci. »

Un léger sourire fleurit sur tes lèvres. Parce que tu sais être reconnaissant quand il le faut.

« Et merci de m'avoir écouté. » Tu te mords les lèvres une seconde, hésitant, avant de demander : « Comment vas-tu, toi ? »

Non, tu n'as jamais été doué pour discuter de banalités.

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02/03/2017 Thinkky/Angel 595 Zoe Saldana Lux aeterna (ava), Astra (signa), Psychadelya & Angie & hennaed (icones) Conseillère chamane ~ Gardienne du savoir/Oratrice & diplomate 174
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Sujet: Re: Fire with Fire |Harlan|
Mer 26 Juil - 20:12

Chaque mot, chaque parole était précise, calculée. Rowena savait dans quelle direction elle souhaitait aller, et elle jouait des expressions dans ce sens. Elle connaissait bien Harlan en plus, même si certaines de ses réactions lui paraissaient démesurées. Il avait besoin d'être rassuré par des faits, sans être jugé. Et pour une fois qu'il se confiait, elle pouvait bien lui offrir ça. Un peu de sa lucidité, de sa douceur, plutôt que de le mettre en porte-à-faux et de le descendre. Ce serait dangereux pour leur avenir. Ils iraient une nouvelle fois à la confrontation, se prendraient la tête sur un sujet qui méritait qu'on en parle calmement. Oh, elle aurait pu le faire Rowena, pour lui faire prendre conscience de la complexité de la situation désormais. Néanmoins, son choix s'était porté sur une résolution plus douce. Une discussion durant laquelle elle avait supprimé le jugement. Le sourire d'Harlan la rassura, quand bien même il était faible. C'était toujours mieux que rien, et elle tenait à voir l'espoir dans chacun des gestes de son compatriote. Même si, malheureusement, elle ne le changerait pas, trop enfoncé dans sa solitude qu'il était.

Pour une fois, elle avait arrondi sa façon de parler, tout en restant suffisamment directe. Elle était sérieuse lorsqu'elle évoquait que ce n'était pas de la faute d'Harlan. A ses yeux, cette branche était la preuve que quelque chose de plus profond se tramer. Quelque chose de dangereux, vicieux. La chamane n'avait aucune idée de quoi et pourtant, elle avait guetté tous les gestes, tous les détails pouvant l'aiguiller. Sans succès. C'était l'instinct qui parlait. Un instinct qu'elle avait appris à écouter, comme la chouette qui était son animal. Mais un instinct qui était faillible. Et tant qu'elle n'avait pas des faits à proposer à Harlan, elle le garderait pour elle. Elle ne pouvait pas l'inquiéter, et surtout, elle le connaissait. Les grands discours, ce n'était pas pour lui. Il avait toujours été très terre-à-terre. Elle attendrait donc que les étoiles parlent, que les informations fusent. Et une fois qu'elle serait certaine de ce qui se trame, elle lui en parlerait. En espérant qu'il ne soit pas trop tard...

Un contact, les doigts qui enserrèrent les siens avant de la relâcher. Elle rompit le toucher après. Ce n'était pas nécessaire de le prolonger. Un remerciement, des excuses. Un léger sourire amusé se dessina sur le visage de Rowena, brisant la gravité de ses traits. Ah, si elle avait pensé un jour avoir Harlan face à elle dans cet état... Non, elle ne pouvait pas s'empêcher de penser à quel point c'était étrange de le voir ainsi. Même si cela allait avec les derniers événements. Dans tous les cas, ils ne pouvaient pas revenir sur ce qui avait été fait, mais seulement penser à l'avenir. Tellement bâteau comme mots. Ils étaient toutefois véridiques. Si son ami voulait ressasser les précédents événements, grand bien lui fasse, Rowena, elle, se concentrait sur la suite. Tout allait bien pour le moment. Aucun incident diplomatique à déplorer. La tribu se portait à merveille, comme les échanges commerciaux. Ils avaient leur place dans ce monde. Alors, autant s'impliquer là-dedans, en attendant que les signes ne se dévoilent...

Les hésitations de l'homme en devenaient presque mignonnes. Il paraissait tellement étonné des mots prononcés par Rowena, qu'elle en venait à se demander à quel moment elle s'était loupée. Il s'était tant éloigné... Elle aurait dû briser les murs. Les empêcher de se forcer autant. C'était un regret quand même. L'un des rares qui la tourmentait à ce point. Parce que d'un autre côté, elle connaissait bien Harlan. Il avait toujours eu du mal à s'ouvrir, à accepter les sentiments. Elle l'avait laissé parce qu'elle était persuadée que c'était le mieux à faire, pour qu'il se calme après le décès de son mentor. Mais ça n'avait fait qu'empirer le tout. Enfin, tout n'était pas irréversible. Et elle espérait toujours que leur entente se restaure. Douce illusion.

Alors oui, aujourd'hui, elle serait là pour l'écouter. Quoi qu'il ait besoin de dire. Quoi qu'il ait besoin d'évoquer. Certes, elle ne pouvait pas lui promettre qu'il n'y aurait pas de heurts, puisque leurs positions respectives avaient tendance à diverger, mais elle donnerait les meilleurs conseils possibles compte tenu de la situation. Cela, elle pouvait le promettre. Le dos s'adossa à un arbre, une profonde inspiration fut prise, sans que son visage ne se départisse de son sourire. Calme, un mélange de douceur et de fermeté. Cachant les interrogations grandissantes dans son cœur.

« Il n'y a aucun souci, je suis là pour ça tu sais. Il faut mieux que tu m'en parles plutôt que le silence ne t'entraînes dans des erreurs bien plus dangereuses. »

Les émotions et le doute pouvaient être dangereux oui. Ils bouffaient la raison, quand ils étaient trop réfrénés. Elle ne souhaitait pas ça pour Harlan. Car s'il s'engageait sur une voie irrationnelle... Il mettrait en danger la tribu, même sans penser à mal. La chamane ne savait pas à quoi s'attendre, et elle préférait ne pas avoir à penser aux décisions qui pourraient être prises si tout venait à dégénérer... Non pas qu'elle pensait que le druide pouvait être un traître. Non, il aimait bien trop les siens. Mais on ne pouvait jamais savoir de quoi le futur était fait... Surtout quand les étoiles et les esprits se taisaient.

« Ne t'excuses pas. Laissons le passé à sa place. » Légère pause, alors qu'elle se rapprocha de lui d'une démarche féline. « Néanmoins, la prochaine fois, parle-nous-en. C'est comme ça que nous fonctionnons, n'est-ce pas ? »

Fermeté retrouvée, elle espérait aussi que les événements avaient rappelé cette composante essentielle à Harlan. Après tout...

« Il est toujours plus facile de gérer une crise à trois que seul. »

Même s'ils étaient rarement d'accord. Bon, voyons-le positivement, cela rajoutait un peu de piment et de défi aux conseils... Ce n'était pas ce qu'elle pensait sur le coup à chaque fois, mais bon. Son regard ne quitta pas celui d'Harlan, alors qu'elle reprenait.

« Tout va bien de mon côté il me semble. Tu n'as pas à t'inquiéter ou à t'obliger à lancer des discussions si tu ne le sens pas. Ce n'est pas ça qui va m'agacer. »

Elle sourit plus franchement. Si elle s'énervait pour ça, elle n'en aurait pas fini avec Harlan, il devait en avoir conscience.

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Sujet: Re: Fire with Fire |Harlan|
Jeu 24 Aoû - 18:20

Tu n'aimes pas cette fragilité qui s'accroche à ta peau, tu n'aimes pas ne pas avoir le contrôle de tout ce qui t'entoure, le contrôle de toi. Tu as toujours été ainsi, à vouloir maîtriser les choses, les gens, les sentiments. Parce qu'avoir une emprise sur eux signifie que tu ne peux être surpris, que tu ne peux être trahi. Dans ton monde parfait, ta vision disloquée des choses, tu contrôles tout. Mais ce n'est pas le cas dans la réalité et parfois elle te frappe vicieusement, de plein fouet. La claque brûle, l'injure est suprême. Trop arrogant. Toujours bien trop arrogant.

Rowena adoucit l'injure, à sa façon. Elle rend les bords moins tranchants, la vérité moins difficile à avaler. Tu détestes le fait que malgré tout, elle parvienne à te toucher, à te calmer, à t'apaiser. À te comprendre, alors que tu aimerais rester de marbre, alors que tu aimerais être infaillible, impassible. Tu n'aimes pas faiblir. Tu n'aimes pas qu'on te voit vulnérable. Et pourtant, Rowena est l'une des rares personnes avec qui tu peux t'autoriser à laisser tomber le masque un instant, à avouer que le poids qui pèse sur tes épaules est parfois trop lourd. Tu lui fais confiance et même si parfois tu la détestes, tu l'aimes tout de même.

Un léger rire autodénigrant s'échappe de tes lèvres quand l'autre conseillère t'affirme qu'elle est là pour ça, que tu peux lui parler.

« Je sais. Et tu sais aussi bien que moi que communiquer n'est pas mon fort. » fais-tu, avec une pointe d'humour noir.

C'est un euphémisme. Il est plus facile pour toi de te lancer dans une quête auto-destructrice que commencer à parler de ce qui te ronge. Tu sais que le silence dont tu t'entoures te nuit davantage qu'il ne te bénéficie. Mais il a été ton armure si longtemps, ton allié le plus fidèle pendant tellement de temps que tu ne sais pas comment t'en débarrasser. Et à vrai dire, tu ne le voudrais probablement pas non plus. Tu t'enfermes dans tes erreurs, dans ta propre prison et tu ne sais comment t'en échapper. Tu es juste assez lucide pour t'en rendre compte. Mais pas assez déterminé pour t'en sortir. Pas vraiment. Pas comme il le faudrait.

Ton regard suit les mouvements de Rowena tandis qu'elle se rapproche de toi et te dit de laisser le passé à sa place. Une différence de plus entre toi et elle. Tu es incapable de lâcher prise sur le passé. Il s'accroche à toi comme des ronces enfoncées dans ta peau. Tu as toujours regardé en arrière pour pouvoir aller de l'avant. Prisonnier de tes idées, de tes expériences. Incapable de te débarrasser de leur poids, qui t'empoisonne.

Tu as toujours tout laissé s'empoisonner. Même entre vous.

Tu détournes légèrement le regard, inexplicablement honteux, soudainement.

« J'essaierais. Je ne peux rien promettre. »

C'est le mieux que tu puisses lui offrir, à ce stade-ci. Il t'est plus facile de parler à Caleb, qui a un mode de pensée plus proche du tien que Rowena, mais tu ne lui révèles pas tout pour autant. Tu gardes trop pour toi, tu fais trop cavalier seul. Ça vous nuit, ça vous détruit de l'intérieur et vous fragilise, tu le sais. Tu ne sais pas comment t'en empêcher, comment briser ce cercle vicieux. Comment retrouver confiance en tes collègues. En toi aussi, d'une certaine façon.

« Je sais que tu as raison. » Une énorme admission, un aveu atroce qui n'aurait probablement jamais franchi tes lèvres si tu avais été plus fort, si tu avais été dans un meilleur état mental. « Mais ce n'est pas facile à accepter, parfois. Je n'ai jamais très bien réagi au refus. » réponds-tu, en ramenant ton regard vers elle, la fixant dans les yeux.

L'accusation reste là, sous la surface. Sans feu, parce que la rancoeur est vieille et a été assourdie avec le temps, mais elle n'a pas disparue malgré tout. Parce que malgré toutes ces années, malgré qu'une part de toi a conscience que c'était nécessaire, reconnaît la logique derrière leurs actes, tu continues d'en vouloir à Rowena et Caleb. Une part de toi continue à les considérer comme des traîtres en même temps que des alliés, des collègues, des amis. Dichotomie étrange, créature bicéphale monstrueuse. Alliance de haine et d'affection logique dans ta réalité fracturée.

Le passé est un lent poison. Il finira par te tuer.

« J'aimerais pouvoir te pardonner. » L'aveu t'échappe dans un souffle. Tu n'avais pas l'intention de réaborder le sujet. Jamais. Tu as enterré Hakon, tu ne veux pas rouvrir sa tombe. Mais tu ne sais pas pourquoi les mots t'échappent, comme le sang qui s'écoulent d'une plaie infectée. « Et je l'ai fait, d'une certaine façon. Mais pas totalement. Je n'y arrive pas. »

Peut-être qu'il était temps d'enfin arrêter de t'empoisonner avec la rancoeur et vous permettre d'avancer.

All this bad blood here
Won't you let it dry?
It’s been cold for years
Won’t you let it lie?

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Sujet: Re: Fire with Fire |Harlan|
Mer 6 Sep - 20:24

Elle s’attendait, à une réaction au sujet de ses propos, de cette phrase. Harlan n’était pas le genre de personnes à parler ou discuter. Non, lui, il gardait tout pour lui, affichait au monde une froideur et un contrôle parfait de sa personne. Et c’était l’une des raisons pour laquelle Rowena avait du mal à le comprendre, à savoir comment agir avec lui. Comme il ne laissait rien paraître, pouvoir anticiper ses réactions était compliqué. Dans un premier temps surtout. Avec le temps, elle avait commencé à comprendre la façon dont il fonctionnait. Il enfermait tout, et en même temps, il pensait qu’on lisait dans son esprit. En fait, cette pensée avait le mérite d’expliquer pourquoi il leur en avait tant voulu lorsqu’ils avaient refusé d’enquêter, de confronter d’autres tribus par rapport d’Hakon. Ce simple souvenir eut le mérite de la tendre, car il rappelait à sa mémoire une sombre période où son ami s’était complètement coupé de son rôle, d’elle. Ah, si seulement le passé pouvait réellement être laissé à sa place… Elle y croyait la chamane, qu’on pouvait tirer un trait sur tout cela. Elle y croyait réellement, mais avec Harlan, elle avait tendance à douter.

Lui-même avouait que la communication n’était pas son fort, et elle ne put empêcher le sourire s’accentuer sur ses lèvres. Il les connaissait ses défauts, il les connaissait même trop bien. Et pourtant… Et pourtant, jamais il n’était parvenu à changer, à les combattre. Il savait quoi faire, mais ne le faisait pas forcément, se complaisait dans l’être qu’il était. Enfin, un jour, elle parviendrait à attraper toutes les nuances d’Harlan… Elle finit par se détacher, se reculer, histoire de ne pas empiéter sur l’espace vital de son collègue. Ou alors pour éviter de se ressasser leur histoire passée. Parce que oui, ils ont quand même été ensemble avant la mort du mentor d’Harlan, et qu’être physiquement proche de lui comme aujourd’hui… Ca lui rappelait tout ça. En bien, en mal, ce n’était plus une question qu’elle se posait désormais, elle était passée au-dessus de tout cela, mais elle préférait quand même garder ses distances. Les yeux se décrochèrent de ceux du druide, effleurèrent les environs silencieux. Si le lieu était quand même sacré, il est vrai qu’il était nettement moins animé ces derniers temps. Peut-être parce que tous avaient peur de la punition des esprits, de la Nature, après la première branche brisée. Comme Harlan à vrai dire. Et la chamane, elle… Etait toujours sereine. Ou cachait bien son inquiétude, au choix.

Puis ce fut au tour d’Harlan de se détourner. Il essaierait, évidemment, sans y mettre grande volonté. Le sourire se fit alors plus neutre, plus forcé. La suite continua de la contrarier, et elle eut de plus en plus de mal à accepter les propos d’Harlan. Il avait admis qu’elle avait raison mais en la taclant un peu au passage. Et si elle pensait qu’il s’arrêterait là, lui qui avait toujours été secret… Hé bien elle n’aurait pas pu avoir moins tort. Leur regard se retrouvèrent, révélant l’accusation qu’il lui portait un peu plus. Et le couperet qui tomba, manqua de l’étouffer. Elle se retint, à temps, de ne rien montrer, mais le sourire avait entièrement disparu de son visage. Elle recula, retrouva la distance qu’elle était capable de mettre en place lors des conseils. L’amie se décomposa doucement. Pourquoi avoir ramené ce sujet sur le tapis ? Rowena ne l’aimait pas, car il cristallisait tous les différents qui les opposaient. Et c’était aussi ce qui les avait définitivement séparés avec le druide.

« En effet, tu n’as jamais su réagir au refus. Mais il faudra réellement que tu apprennes, car si tu décides de prendre tes propres décisions à chaque fois que Caleb et moi-même sommes contre toi, c’est la tribu que tu mèneras à sa perte. » Les mots n’étaient plus pesés, et elle disait désormais ce qu’elle pensait réellement. Jusqu’ici, les Naoris étaient parvenus à éviter les conflits, à ne pas être pris pour cible. Qu’adviendra-t-il le jour où leur implication, leurs manipulations, seront révélés au grand jour ? Là, Rowena ne pouvait pas s’avancer, mais une guerre, une rébellion à leur encontre était envisageable. Et elle en avait peur, oui, puisqu’ils n’étaient pas réellement des guerriers. « Et si nous sommes trois à nous réunir, à discuter, et à décider pour l’avenir de la tribu, c’est pour éviter au maximum les choix les plus néfastes, et non pas pour aller contre toi personnellement. » Non, ce n’était pas contre lui. Mais il avait toujours réagi si violemment, notamment depuis la mort d’Hakon, que le laisser décider seul pourrait rapidement s’avérer problématique. C’était le but en étant plusieurs, de ne pas se retrouver dans cette situation où le « leader » devenait fou et enchaînait connerie sur connerie. Se raisonner les unes et les autres pour ne pas sombrer dans les ténèbres.

« Tu n’as pas à me pardonner. Tu peux même me haïr si ça t’arrange, ou t’aide à surmonter tout ça, je t’assure que ma conscience vit très bien avec le refus que je t’ai offert à l’époque. » Un refus nécessaire, alors qu’elle aurait voulu offrir gain de cause à Harlan. Mais en se basant sur les faits, et rien que les faits, rien n’indiquait que le mentor ait été assassiné par qui que ce soit. Alors elle avait coupé court à l’envie, au besoin de vengeance du druide. Cela l’avait mené à s’écarter, fuir, et elle avait cru que cela l’aiderait d’un côté, à récupérer un équilibre mais… Tout s’était empiré. Et pourtant, si c’était à refaire, elle le referait. Même en connaissant l’impact que cela a eu sur leur relation. Après tout, c’était la tribu qui était en jeu derrière. Et sa vie personnelle n’a jamais été plus importante que les Naoris. « La tribu comptait, et compte toujours sur nous Harlan. Nous ne pouvions pas te laisser faire ce que tu souhaitais. »

Derrière la froideur, la colère, il y avait quand même une certaine amertume. Qu’il lui en veuille encore, qu’il ne comprenne pas ce qu’elle avait fait. Le regard se détourna, les doigts passèrent sur ses paupières, cherchant à chasser la fatigue qui lui pesait soudainement sur les épaules.

« Pourquoi rouvres-tu le sujet maintenant ? Ne crois-tu pas qu’assez de mal a déjà été fait ? »

Oui, il y avait toujours de la souffrance lorsqu’elle repensait à tout ce qui s’était brisé à ce moment-là. Si Harlan voulait continuer à remuer le couteau dans la plaie, à croire qu’elle avait tout fait pour le faire souffrir, Rowena finirait par exploser. Réellement.

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Sujet: Re: Fire with Fire |Harlan|
Mer 6 Sep - 22:48

Le sourire flanche, puis disparaît de ses lèvres, parole après parole, coup après coup. Car c'est bien de ce dont il s'agit pour toi, à cet instant : de coups. Qui coupent le souffle et lacèrent ce qui doit passer pour un coeur, chez toi. Parfois, tu doutes que tu en possèdes un. Cet instant n'en est pas un.

Tu aurais dû t'y attendre. Tu aurais dû l'anticiper. Chaque action a une réaction, avec Rowena, chaque attaque enclenche une contre-attaque. Tu le sais parfaitement, tu connais la danse depuis longtemps. Et pourtant, les remarques de la chamane sont comme une gifle en plein visage, dont la douleur persiste après le point d'impact. La douleur est presque physique et tu te retiens presque de vérifier que ta joue n'est pas rouge du coup subi. D'une façon détachée, robotique, tu te dis que ça ne t'étonne pas vraiment. Rowie a toujours réussi à appuyer là où ça fait mal, a toujours su exactement tes points faibles et comment les exploiter. Mais d'un autre côté, tu n'as plus subi une telle virulence depuis longtemps. Tu as perdu l'habitude d'être remis à ta place. Crûment. Brutalement.

Tes dents se serrent. Tu ne veux pas admettre la vérité et pourtant, tu sais que c'est ça qui sort de la bouche de Rowena. La simple vérité, crue. Une vérité dont tu as conscience, mais que tu n'as pas envie d'accepter. Par arrogance. Par aveuglement. Ça a toujours été ton principal défaut. Trop fier pour admettre tes torts, même quand tu en as conscience. Parce que tu ne veux pas admettre que tu peux te tromper. Tu ne veux pas admettre que tu es faillible. Même quand tout doit s'écrouler autour de toi. Mais quand tu détruis tout autour de toi. Ta fierté reste ton ultime rempart.

Les propos font mal. Ils visent en plein coeur ta principale préoccupation. Ce autour de quoi ton existence a tourné ces vingt dernières années. C'est la tribu que tu mèneras à sa perte. Les mots se font écho en toi, moquant tes erreurs, tes faiblesses, tes mauvais calculs. Parce que tu es trop fier. Parce que tu refuses d'écouter. Parce que tu ne supportes pas qu'on te dise non. Cette cascade de reproches te blesse un peu plus à chaque mot, chacun comme une entaille dans ta chair. Tu aurais presque envie de rire, face à la douleur infligée. Tu n'as pas l'habitude d'avoir aussi mal. Tu avais presque oublié ce que ça pouvait faire.

Un échec cuisant. Voilà ce à quoi Rowena te met face à face. Ton comportement mène la tribu à sa ruine. Tu es en train de tout détruire, parce que tu es trop fier pour admettre tes torts. Trop fier pour lâcher prise. Trop fier pour faire confiance à autrui et essuyer un refus.

Pauvre fou. Pauvre idiot. Que penserait Hakon de toi s'il te voyait aujourd'hui ? Génie voué à la grandeur, aveuglé par son ambition, incapable de gérer sa colère et son sentiment de perte comme un enfant à qui on arrache un jouet.

Il aurait honte. Tellement honte. Tu ne mérites pas la place que tu as aujourd'hui. Tu ne la mérites pas du tout.

Tu déglutis, difficilement. Tu essaies de trouver les mots, sans y parvenir. Ils restent bloqués dans ta gorge, étouffés. Tu as mal. Tu as l'impression que la douleur comprime tes poumons. Tu avais oublié que la vérité faisait si mal. Comme un animal, tu as envie de retrouver le moyen d'anesthésier tout ça. Le moyen si parfait qui t'a empêché de t'effondrer dix ans plus tôt. Pour surmonter une douleur pareille. Ou plutôt, exactement la même douleur, réveillée après des années. Tu ne pensais pas que tes barrières s'effondreraient si facilement. Tu ne pensais pas que la muraille que tu avais mis si longtemps à construire, qui t'a si efficacement protégé tout ce temps, s'effondrerait comme un château de cartes à coup de quelques mots.

Tu n'as jamais su comment réagir face aux sentiments. Tu n'as jamais réussi à les gérer correctement. Ils ont été et seront toujours ta perte.

« Je ne veux pas lâcher la tribu. La tribu a toujours compté avant tout à mes yeux. »

Les mots s'échappent enfin de ta gorge, rauques, essoufflés. Et pourtant, alors même que tu les prononces, tu sais que c'est faux. Qu'à la mort de Hakon, tu n'as pas pensé à la tribu. Tu n'as pensé qu'à ton mentor, à ta douleur, à la vengeance que tu voulais assouvir. Tu aurais détruit tous ceux qui t'auraient paru suspects, tu aurais ruiné des villages, des relations, pour une quête dont tu n'as jamais su si elle était aussi sérieuse que tu le pensais à l'époque. Alors, tu étais sûr d'être dans le droit chemin. Tu étais sûr que ta décision était la bonne. Il fallait détruire ceux qui vous voulaient du mal. Affirmer qu'on ne pouvait toucher aux Naoris sans risquer leurs foudres. Tes arguments faisaient sens. Ils étaient dans le but de protéger la tribu. Ou du moins tu le croyais. Du moins, c'était comme ça que tu le justifiais.

As-tu jamais eu une réelle preuve que c'étaient des ennemis extérieurs qui ont tué Hakon ? As-tu réellement fabriqué des monstres et des chimères pour laisser libre cours à un sentiment de colère et de chagrin que tu ne savais pas comment exorciser autrement ? Faire mal aux autres pour tenter d'atténuer la peine que tu avais toi ?

Tes doigts passent entre tes cheveux, signe d'une nervosité dont tu n'as pas l'habitude. Perte de contrôle. Petit à petit, tu perds le contrôle et ça t'effraie et tu ne sais pas comment réagir.

Tu aimerais répondre. Dire que tu sais que c'est la vérité, dire que tu sais que le système actuel sert justement à empêcher l'un de vous de faire cavalier seul ou d'avoir trop de pouvoir. Tu le sais. Rationnellement, tu le sais. Mais tu n'arrives plus à agir rationnellement, penser rationnellement. Tu pars en vrille, Harlan, tu pars en vrille et tu ne sais pas comment t'arrêter. Tes lèvres s'ouvrent sur du vide et un cri muet veut s'échapper de ta gorge. Tes doigts se resserrent un peu plus dans tes mèches et la douleur est vive dans ta cage thoracique, comme si ton coeur lâchait dans ta poitrine. Tu ne sais s'il s'agit d'un phénomène physique – non, impossible, tu es jeune et en bonne santé, tu n'as jamais montré de signes de faiblesse cardiaque, tu le sais – ou si c'est simplement une manifestation de douleur sympathique, un déraillement de ton système nerveux. Oui, c'est probablement cette dernière option. Ça ne t'aide pas à atténuer le tout pour autant, à le contrôler.

Un nouveau coup, une nouvelle affirmation qui blesse. Rowie qui vit parfaitement avec la décision qui t'a détruit. Parce qu'elle a agi pour le bien de la tribu, pas pour le tien. Et oh, elle a raison, tu l'as haïe. Tu l'as haïe de toute ton âme, haïe comme jamais auparavant. Mais tu la comprends. Tu la comprends et tu ne la hais plus désormais. Même alors qu'elle te brise peut-être sans s'en rendre compte.

Un rire cassé s'échappe de ta gorge.

« Je sais. Ça n'a pas empêché que ça m'a tué sur le coup. »

Elle est fatiguée de toi. Fatiguée de tes conneries, de ton incapacité à gérer les choses comme il le faut. Et tu ne peux pas lui en vouloir, non, pas quand tu sais que ton contrôle s'échappe entre tes doigts, pas quand tu sais que ton esprit continue sa lente descente aux enfers, pas quand tu sais que tout ton être se morcelle. Tu n'arrives plus à avoir foi en vos esprits, et tu n'arrives plus à avoir foi en toi. Alors tu te raccroches à la seule chose qui te paraît stable dans cet univers en perdition, dans ta réalité disloquée.

« Parce qu'on en a jamais parlé, tout compte fait. Parce qu'on a jamais... »

Tes mots tombent, comme autant de morceaux de verre sur le sol. Tu n'y arrives plus. Tu te brises et tu ne sais pas comment tenir alors tu t'accroches à Rowena, comme un naufragé en mer, et tant pis si tu casses un peu plus tout ce que vous avez quand tu prends son visage entre tes doigts tremblants et que tu l'embrasses.

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Sujet: Re: Fire with Fire |Harlan|
Sam 30 Sep - 19:19

Elle n’aimait pas manipuler, jouer avec les émotions d’Harlan, les rares qu’il lui restait. Elle n’aimait pas ressasser ce passé si douloureux, préférant aller de l’avant, s’assurer que tout irait mieux désormais. En fait, la femme cherchait surtout à se détacher elle de tout ce qui avait pu se passer, ne pas se laisser empoisonner par tout cela, dans un égoïsme certain. Elle ne voulait pas plonger, elle refusait cette possibilité-même. Néanmoins, il fallait qu’elle se défende, qu’ils expulsent tous les deux le poison qui les rongeait. C’était certainement le problème d’avoir été si proche l’un de l’autre. Quand ils s'étaient engueulés, par rapport à Hakon, ce n’était pas seulement l’équilibre au conseil qui en avait pâti, mais leur relation-même. Rowena ne voulait pas blesser Harlan, mais il ne lui avait pas laissé le choix. Il fallait qu’il comprenne, une bonne fois pour toute, que la situation dans laquelle il les mettait tous était dangereuse. Il n’y avait pas qu’elle, mais la tribu entière. Tant qu’il continuerait à se la jouer en solitaire, il risquait leur vie à tous. Tant qu’il s’accrochait à ce passé révolu aussi. Tant de choses avaient été faites dans l’optique de maintenir la tribu à flots, loin des dangers. Elle avait sacrifié ses propres sentiments dans toute cette histoire…

Son regard ne quittait pas le visage d’Harlan, soutenait le sien. Elle tenait à lui faire comprendre qu’elle n’avait pas pris la décision contre lui, qu’elle n’avait pas cherché à considérer sa peine comme peu importante. Non, elle avait pris la meilleure décision qu’elle pouvait pour le plus grand nombre, et elle le referait autant de fois que nécessaires, qu’importait le ressenti du druide, qu’importait les sentiments qu’elle piétinerait au passage. Elle passa ses doigts dans sa nuque, se la massa doucement. Il fallait qu’elle se détende, qu’elle garde le contrôle sur elle-même. Il y avait une différence entre secouer Harlan, le mettre face à ses torts, et devenir violente, méchante simplement dans une optique de… Vengeance. Parce qu’elle était humaine, malgré tous ses efforts, toute sa volonté d’apparaître comme un pilier, comme une mère pour la tribu. Elle était humaine, avec toutes les failles que cela impliquait. Avec les coups de colère, le besoin d’exploser, de détruire. Rowena n’était pas foncièrement méchante, et avait un excellent contrôle sur ses émotions, savait comment les gérer, et les utiliser. Mais parfois, elle craquait, comme tout le monde…

En effet, Harlan avait toujours voulu tout faire pour la tribu. Elle en avait conscience Rowena. Mais ce n’était pas en continuant dans cette direction qu’il y arrivera. « Parle-nous alors. Cesse de prendre les décisions seul. Tu ne peux pas choisir une voie pour la tribu alors que tu es toi-même perdu dans tes propres émotions. » Il n’avait jamais su les gérer, et encore moins les comprendre. Il avait cherché à les supprimer, ou les enfermer au plus profond de lui. Néanmoins, dès que cela débordait un peu trop, il perdait pied. Des années qui cela durait, et des années qu’il n’avait pas cherché à changer. Il fallait croire qu’il s’y complaisait dans tout cela. Et c’était le reproche latent qu’elle lui faisait dans ses propos précédents. Il ne pouvait pas continuer ainsi. Car un jour viendrait où elle irait jusqu’à lui retirer son rôle, ou demander l’avènement de la génération suivante, prenant elle-même sa retraite. Même si la première option serait la plus probable, tout en dépendant d’une décision commune avec Caleb. Elle n’espérait pas devoir en arriver là. Mais n’aurait aucune hésitation à le faire s’il s’agissait de la meilleure décision pour le bien du plus grand.

Ca l’avait tué sur le coup, et maintenant ? Que ressentait-il à l’égard de celle qui avait coupé court à son ambition, à sa vengeance ? Elle l’imaginait, qu’il y avait encore énormément de haine, de dégoût, notamment qu’elle puisse vivre sans s’attarder sur ce qu’elle avait fait. Est-ce que cela la dérangeait ? Oui et non. Et bien plus qu’elle le disait surtout. Elle le vit se briser, rire de tristesse. Et elle, elle gardait son visage neutre, presque froid. Rowena devait actuellement apparaître comme un monstre, sans que cela ne la gêne réellement. Elle avait déjà brisé chaque once de sa relation avec Harlan, alors maintenant… Non, ils n’en avaient jamais parlé. D’ailleurs, elle ne put s’empêcher de faire une remarque, contrôlant au mieux les tremblements de sa propre voix : « Parce que tu n’as jamais voulu en parler Harlan. Arrête de dire on quand tu es le fautif de ce manque de communication. »  La chamane n’avait jamais refusé de discuter avec lui. Elle avait même voulu lui expliquer sa décision, à de nombreuses reprises. Mais il ne l’avait jamais écouté. Il s’était refermé, avait fui. Et maintenant, il la mettait en tort. Evidemment, il était bien plus simple de se comporter en lâche, de se cacher derrière son orgueil.

Elle le vit se briser, se détruire à ses pieds, sous ses yeux. Il s’approcha, et elle resta de marbre. Jusqu’à ce que leurs lèvres se heurtent, provoquant l’étonnement chez Rowena dans un premier temps. Ainsi qu’une question, simple : Pourquoi ?. Elle resta interdite quelques secondes, incapable de faire le moindre geste. Trop choquée, trop interloquée. Puis elle le repoussa, violemment, mêla une gifle à son geste. Cet écho au passé la chamboulait, la bousillait. Surtout parce qu’elle connaissait Harlan. Il devait y avoir une signification derrière. La faire taire, la manipuler. Il en était capable, et c’était peut-être le pire…

« N’essaie même pas de me manipuler comme ça. Je te connais bien Harlan, ça ne sert à rien de tenter. »

Pourtant sa voix tremblait, se brisait. Elle cachait la douleur, réelle, que le geste lui avait procurée. Il y avait une raison derrière ce qu’il avait fait, elle en était certaine. Et elle ressentait de la colère. Pas envers Harlan, mais envers elle-même. Parce qu’elle se laissait toucher. Parce qu’il pourrait presque la manipuler. Elle recula. Quelques pas, pour réinstaurer une distance entre les deux corps. Elle s’en voulait d’avoir cédé à cette impulsion et de l’avoir frappé. Mais c’était un mécanisme de défense. Son mécanisme de défense. Une profonde inspiration fut prise, alors qu’elle reprenait la parole :

« Je suis désolée de t’avoir giflé. » C’était tout ce qu’elle arrivait à dire. La chamane aurait dû s’approcher, vérifier qu’elle n’avait pas fait de mal. Et pourtant… Elle restait immobile, le regard vide, évitant Harlan.

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Sujet: Re: Fire with Fire |Harlan|
Ven 6 Oct - 23:38

Tu t'effondres et tu titubes, aveugle dans un monde qui te semble complètement noir, noir, noir, sans aucune issue de secours, sans aucune issue. Bête agonisante, animal cherchant une lueur d'espoir, quelque chose à quoi se raccrocher. Imbécile. Pauvre fou. Le phare que tu pensais voir au loin n'est qu'un mirage, un leurre, une tromperie. C'est tout droit vers les rochers que tu te diriges, droit vers ta ruine, et tu te brises en mille morceaux en l'atteignant.

La douleur physique fait figure pâle à côté de celle qui semble vriller ton coeur. Les mots qui déchirent un peu plus, achèvent de te déchiqueter en lambeaux. Tu peines à tenir debout, tu peines à garder ta façade. Probablement vacilles-tu, moins sous le choc de la gifle que des coups portés par les mots. La brûlure qui doit irradier de ta peau est secondaire, presque accessoire. C'est le simple geste, le rejet total qui fait mal, plus que tu ne voudrais l'admettre, plus que tu ne l'aurais cru.

Mais après tout, tu n'as jamais bien réagi au refus, n'est-ce pas ?

Les mots résonnent dans ta tête, comme un après coup, un écho lointain. Perdu dans ta tourmente, tu n'as pas entendu les signes. Tu n'as pas entendu ce non qui laçait chacun des propos de Rowena. Tu as été sourd, aveugle, comme toujours, parce que c'est comme ça que tu es, non ? Toujours fautif, toujours focalisé sur toi et pas sur les autres, toujours à ne jamais vouloir assumer la responsabilité, toujours à vouloir accuser les autres de ta douleur.

Cette douleur, c'est toi qui te t'infliges. C'est toi le responsable. Toi qui casses tout, toujours, toujours, parce que ton contact pourrit et empoisonne, que ta présence est un cancer.

Tu dois partir d'ici. Tu dois partir d'ici avant de complètement craquer. Ton contrôle t'échappe, il file entre tes doigts et qu'importe à quel point tu essaies de le retrouver, tu n'y arrives pas, tu n'y arrives pas, et si ça continue, elle te tuera. Tu le sais, elle te tuera.

Chaque mot qui sort de sa bouche ne fait qu'affirmer un peu plus le mépris qu'elle ressent pour toi, le dégoût que tu lui évoques. Pourquoi ces mots semblent-ils couper ta respiration, bloquer le souffle dans tes poumons ? Tu as l'impression d'étouffer, et pourtant, tu le mérites, non ? Tu dois le mériter. Car alors tu n'aurais pas aussi mal. Tu n'aurais pas aussi mal s'il n'y avait pas une part de vérité dans ces mots qui tuent, qui tuent et pourtant n'arrivent pas à porter le coup fatal. Car si tu as encore mal, c'est que tu es encore en vie.

Pourquoi ton coeur bat-il encore quand tu as l'impression qu'on te l'a arraché, piétiné, réduit en mille morceaux ?

« Meurs ! » veux-tu hurler à ton coeur, ce traître, traître de coeur, trop faible, toujours trop faible à tes yeux et pourtant passant pour de la pierre aux yeux des autres. Car c'est ce que tu es, n'est-ce pas ? Harlan au coeur de pierre, incapable de ressentir de la pitié, incapable de penser à un autre que lui-même. « Meurs enfin et laisse-moi tranquille ! »

Un cri de désespoir silencieux, une envie de simplement en finir avec ce coeur. Un coeur ne sert à rien. Un coeur est un muscle qui doit pomper le sang vers tes membres et rien d'autre. Rien d'autre.

Tu hais ce coeur. Tu hais cette faiblesse, ces émotions qui te tuent, qui à chaque fois te tuent. Elles te ruinent, elles te brisent, et tu ne sais pas comment te reconstruire cette fois-ci, tu ne sais pas comment mais tu le dois. Tu le dois. Car si tu ne le fais pas, si tu n'y arrives pas, c'est vraiment la mort qui t'attendra.

Tu ne sais pas combien de temps tu restes silencieux, immobile, à essayer en vain de rassembler ces bouts de toi. Des tessons tranchants, qui tailladent tes paumes tandis que tu essaies de te reconstruire, en vain. Juste pour un instant. Juste assez longtemps pour tenir, pour en finir.

« Je vois. »

Ta voix est vide, sans intonation. Tous tes efforts sont tournés vers cette barrière que tu tentes de reconstruire, vers cette protection dont tu as désespérément besoin. Les mots font mal, font atrocement mal, mais tu dois les faire taire, tu dois les faire taire et essayer de faire qu'ils ne t'atteignent pas. Annihiler ce coeur en charpie, jamais assez mort, mais jamais assez vivant non plus.

Et tu comprends Rowena, tu comprends sa colère, son dégoût. Chaque geste que tu fais a un but caché, n'est-ce pas ? Chaque mot, chaque acte est pensé, réfléchi, pesé. Oui, c'est comme ça que tu agis normalement. Tu ne fais jamais rien sans rien. Tu es un salaud égoïste, pour toujours et à jamais. À manipuler les autres et te jouer d'eux parce que tu n'as pas de coeur. Tu n'as pas de coeur.

Une inspiration. Une brique dans la muraille. Reconstruire la façade, ne pas laisser les mots t'atteindre.

Elle s'excuse de t'avoir giflé. La remarque te surprendrait presque, si tu t'autorisais à être surpris.

Tiens debout. Tiens debout et ensuite tu pourras t'effondrer. Tiens debout encore juste un instant.

« Je l'ai mérité. »

Une inspiration. Des piqûres dans tes poumons. Tu dois t'en aller. Tu dois t'en aller.

« Je vais te laisser. Merci de m'avoir écouté. Je prendrais tes remarques en compte. »

Tu ne la regardes pas tandis que tu avances, aveuglement, loin, loin d'ici. Qu'importe où tu vas, qu'importe tant que tu peux mourir en paix.

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02/03/2017 Thinkky/Angel 595 Zoe Saldana Lux aeterna (ava), Astra (signa), Psychadelya & Angie & hennaed (icones) Conseillère chamane ~ Gardienne du savoir/Oratrice & diplomate 174
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Sujet: Re: Fire with Fire |Harlan|
Dim 5 Nov - 0:54

La larme s’échappa, dégoulina contre sa joue. Foutues émotions. Foutu Harlan. Elle s’était dit que plus jamais elle se surprendrait à avoir le moindre sentiment pour lui, pour se maintenir en vie simplement. Il était si destructeur, et si attachant comme homme… Une fois qu’on apprenait à le connaître. Qu’on devinait ses failles. Rowena avait toujours trouvé cela dommage, ce qu’elle considérait comme une armure, et dans laquelle il s’était enveloppé. Il aurait bien plus gagné à s’ouvrir, à ses yeux. Néanmoins, il fallait qu’elle arrête de se voiler la face. Il pouvait être toxique, jouer avec les sentiments et les pensées de ses interlocuteurs. Un profond soupir quitta ses lèvres, alors qu’elle essuyait sa peau de l’intérieur de sa main. Rester calme, il fallait qu’elle reste calme, reprenne le contrôle. La femme n’avait jamais voulu être violente, ou méchante face à son vis-à-vis. Cependant, elle n’avait pas su réagir autrement. C’était le seul moyen de ne pas s’écrouler à son tour, de survivre.

Ses yeux se reposèrent sur la silhouette de son… Ami. Elle le regardait, le sentait se battre contre lui-même. Cependant, elle avait déjà trop donné, se savait incapable de l’aider. Même avec la meilleure volonté du monde, elle avait échoué une fois, n’était pas certaine de vouloir essayer une seconde fois. Cette nouvelle, cette pensée la bouffait, lui arrachait son propre coeur. Mais elle ne s’était que trop voilée la face par rapport à lui. Les doigts tremblants furent soustraits de la vue de l’homme, les bras se croisant sur sa poitrine. Elle tentait de récupérer cet air grave, froid avec lequel elle faisait face à toutes les situations. Lui se débattait, elle s’en foutait. Ou donnait l’illusion de s’en foutre. Le silence qui s’était créé la rendait mal à l’aise, lui pesait sur le coeur. Quelques pas furent faits, pour l’empêcher de s’engourdir, avant qu’elle ne s’adosse à un arbre. Vague illusion de normalité, de réalité. Loin des combats que chacun menait, loin du regard de l’autre. Si elle n’était pas capable de s’imaginer ce que lui ressentait, l’inverse était réel et vrai aussi.

Puis les mots se brisèrent à nouveau. Deux mots, simples, concis. Elle, elle se redressait, retrouvait sa prestance, aussi fausse soit-elle. Tout valait mieux que d’apparaître comme faible, en l’état actuel. Parce que oui, la conseillère avait toujours peur qu’il se joue d’elle, si elle daignait de montrer ses failles. Pourtant, il les connaissait déjà. Le jugement de la chamane était altéré dès qu’il s’agissait d’Harlan. Pour les bons comme pour les mauvais côtés… « Non, tu ne l’as pas mérité. » La réponse, instantanée. Personne ne méritait la violence physique, verbale. Elle était la plus en tort dans la situation. Elle s’en voulait oui, quelque part sous cette façade qu’elle s’était construite. Finalement, elle n’était pas si différente de son vis-à-vis, juste lui c’était en permanence, elle, seulement dans les moments extrêmes… Il se décala, finit par partir. Doucement, lentement, sans un regard dans sa direction. Et les nouvelles paroles serrèrent encore plus le coeur de la femme. Elle avait tellement foiré sur ce coup-là. Elle s’en doutait, que plus jamais il ne chercherait à se confier à elle. Fracture plus importante dans leur relation, à la vue de laquelle elle afficha seulement un regard triste.

Elle se rapprocha rapidement, posa sa main sur le bras d’Harlan, dont elle ne voyait que le dos. Profonde inspiration, avant de murmurer : « Je m’excuse encore pour tout ce qui est arrivé. Mes mots n’ont pas été dignes, mes gestes non plus. J’espère qu’on pourra en rediscuter plus tard, quand je serai moi-même plus calme. » Derniers mots avant de le relâcher, de lui rendre sa liberté…

||RP TERMINE

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