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˜˜˜˜˜˜the resurrectionist or existential crisis [DEMYAN/KAL-EL]
maybe life should be about more than just surviving


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Sujet: the resurrectionist or existential crisis [DEMYAN/KAL-EL]
Mar 14 Mar - 13:53


Le tambour dans ma poitrine était un terrible fardeau que je devais continuer à porter jusqu’à mon dernier souffle. Mais pour combien de temps ? Je m’enfonçais dans ce tourbillon d’émotions contradictoire alors que j’attendais dans le noir depuis un temps infini. J’attendais que l’on vienne me chercher pour me présenter à mon véritable maitre. Demyan, le prince cadet. C’était tout ce que l’on m’avait dit de lui puisque c'était tout ce que je devais savoir était que je lui appartenais désormais et que je lui devais une obéissance sans pareille. Le seul prince que je n’avais jamais rencontré au cours de ma vie était le prince Isaak, celui là même qui m’avait menacé de mort, qui m’avait montré de quelle manière il exécute un homme, jamais mes yeux ne pourront se remettre d’une telle chose. L’horreur inscrite dans mes pupilles, jamais plus je ne dormirai comme avant, les cauchemars sont déterminés à hanter toutes mes nuits… Je pleurais de cauchemars éveillés, étais-je brisé à ce point ? Ce nouveau maitre serait-il pire encore ? Pourrait-il me rejeter complètement et me condamner à mort ? A ce genre de mort horrible dont son frère était coupable ? Comment pourrais-je lui plaire, je n’étais que moi… Un misérable abandonné par ses propres parents, un incapable qui avait perdu sa liberté pour avoir céder au pêché de sa gourmandise. J’avais faim, mais je n’osais plus bouger. J'étais assoiffé, mes lèvres étaient sèches, c'était une torture. Ce pays de chaleur en lui même me torturait. J’attendais que l’on vienne me chercher, j’étais bien habillé pour un esclave et j’étais propre. Je devais lui plaire, mais je ne suis que moi… Je vais probablement mourir et je l’aurais mérité. Ce tourbillon ne cesse de me tourmenter, je veux que l’on vienne me chercher… Je veux être libérer de cette angoisse.

Puis enfin mon vœu s’exauce et le palais se dévoile à mon regard ébloui. Tant de merveilles encore jamais vues réanimaient tout mon esprit. Toute cette beauté pourrait être mon tombeau, je pourrais vivre ici si j’étais enfin devenu un bon garçon… Hélas... J'étais persuadé n'être que de passage dans cet univers.

Mais je sais que ma place n’est pas ici, ce n’est pas la place pour un misérable. Pourtant, plus je m’approche de cette pièce aux portes immenses, plus le tambour semble léger. Puis quand les portes s’ouvrirent, les angoisses reviennent et m’enserrent. Je regardais le sol brillant, je le touchais de mes pieds nus d’esclave quand l’on me fit approcher. Il était juste là, je n’avais qu’à relever la tête. Je l’ai salué comme on me l’a apprit, faisant toutes ces courbettes avec une grâce qui m’était si propre. J’ai osé capter son regard, il me semblait voir l’éternité en lui. Il était semblable à toutes ces choses qui décoraient cet endroit, il était magnifique. Serais-je un bon esclave méritant de bons traitements ? Si j’avais abandonné ces dernières années l’idée d’être aimé, m’est apparu l’idée folle que ce maitre pourrait tenir à ses affaires… Je ne voulais pas espérer, mais c’était plus fort que moi, c’était dans ma nature. Ce maitre… Je ne savais pas même comment lui plaire, j’allais échouer comme toujours… Mon corps tremblait, d’une peur que je ne pouvais contrôler et une voix m’ordonna alors de me faire respectueux et de baisser le regard. Chose que je fis, une brève seconde, avant de le regarder à nouveau… A mes risques et périls, je le regarde et j’imagine… J’imagine qu’il pourrait m’aimer comme personne ne l’avait jamais pu avant. Pourtant l’on ne me frappa pas de cet affront, car c’était à mon maitre de décider cela, mais l’on m’invita à présenter mes excuses, chose que je fis si hâtivement sans le quitter des yeux

« Pardonnez moi maitre de ne pouvoir cesser de contempler celui que je dois servir et que j’attend depuis si longtemps… Si longtemps… »

Trop bavard pour être un bon esclave.
Ma fin, je jure qu’elle est proche.

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29/01/2017 Ipiutiminelle 63 Bradley James © Avatar Mari-Jane Ambassadeur {Diplomate-Négociateur} du peuple Rahjak ; Maniement des armes : boomerang ; Notions en Botanique 0
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Sujet: Re: the resurrectionist or existential crisis [DEMYAN/KAL-EL]
Mer 15 Mar - 0:31



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The resurrectionist or existential crisis

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J'étais profondément en colère contre mon frère aîné.  Mais pas que... Contre moi aussi. J'aurai dû prévoir qu'il me ferait un coup comme ça. Son petit sourire au coin des lèvres ces derniers temps en me regardant aurait dû me mettre la puce à l'oreille. Mais non, j'avais préféré ne rien voir, préféré penser qu'il était juste heureux. Mais Demyan comment as-tu pu être aussi stupide ? Ça se voyait comme le nez au milieu du visage qu'il avait quelque chose en tête me concernant. J'avais préféré faire la sourde oreille, j'avais préféré m'amuser et voila... J'étais piégé. Moi qui me ventait presque d'avoir un bon esprit, je n'avais rien pu faire pour éviter ce qui m'était tombé dessus. Un esclave. Moi... avoir un esclave. Oh pour un Rahjak, avoir un esclave à disposition n'était pas rare, qui plus est un membre de la famille royale, mais je n'avais jamais cautionné ça. Père savait que j'étais contre, mon frère, ma cousine, ma sœur, je crois que tout le monde ici savait que je n'étais pas pour même si je ne le criais pas en permanence sur les toits. Enfin avec Isaak j'avais de longues discussion, avec Père ? Aucune. On ne pouvait pas beaucoup parler de ces choses-là avec lui... enfin surtout moi. Isaak aurait pu, mais Isaak ne l'aurait pas fait, car Isaak, lui, était totalement pour ces pratiques. Combien de fois ne nous étions-nous pas pris la tête sur ce sujet ? Il avait le pouvoir de changer les choses, ou il l'aurait bientôt... mais non. Il avait préféré vouloir me changer moi. Moi son frère... J'enrageais.

Il m'avait mis au pied du mur. Accepte l'esclave que je t'offre ou je le tue comme la chose inutile qu'il sera si tu n'en veux pas. Chose, pas une personne, pas un être, juste un objet, et encore. Mon frère voulait que par la possession d'un esclave, je me range de son côté, que je partage au moins cette idée ou que je ne puisse plus en tout cas le contester puisque j'aurai un esclave. Comme si ça allait m’empêcher de parler, de pester... Par contre il n'avait pas eu tort sur un point. Jamais je n'aurai accepté qu'un esclave, peu importe lequel, ne meurt par ma faute, pour un stupide refus. Alors j'avais dit oui. Oui à un esclave. Ça me retournait presque l'estomac et pourtant comme d'habitude je souriais, je ne montrais rien. Le parfait Prince du Soleil, aussi rayonnant que je pouvais l'être même si aujourd'hui mon sourire n'atteignait pas mes yeux. Aujourd'hui comme souvent je ne faisais que jouer un rôle, mon rôle.

Les couloirs étaient animés, ça sentait bon aussi. Bientôt il serait l'heure du repas et tous les serviteurs s'affairent dans le palais. Des courbettes devant moi par-ci des courbettes devant moi par-là. Des dizaines de vautours juste là pour obtenir quelques lambeaux d'attention. Je les ignorais pour la plupart. J'avais d'autres choses en tête. On m'attendait. J'allais recevoir mon cadeau... devoir mimer la surprise devant les courtisans, remercier Isaak et partir avec. Je me demandais quel genre d'esclave il m'avait choisi. Une jolie fille adepte des jeux de l'amour ? Un jeune homme baraqué pour des tâches rudes ? Un freluquet pour m'amuser ? Moi qui n'en voulait aucun, je ne pouvais m’empêcher d'imaginer. A coup sûr il allait m'avoir pris une femme pour ' m'amuser ' avec elle... J'en étais presque sûr.

J'entre dans la grande salle et je ne vois que lui, étincelant au milieu d'eux. Mon frère, un sourire plein d'arrogance et de force sur ses lèvres. Je m'avance vers lui, vers eux, vers cette bande de pigeons qui roucoulent encore et encore des compliments qu'ils ne pensent pas le moins du monde. Mon frère me voit et ouvre les bras dans une invitation, il semble heureux, il jubile... Ce midi je vais devoir entrer dans son jeu.

Je lui parle un peu, pour la forme, pour la galerie et puis les portes s'ouvrent à nouveau. L'esclave qu'il veut tant m'offrir entre. Bien habillé... propre. Maigre aussi mais je ne m'attendais pas à ce qu'il arrive dans un si bon état connaissant mon frère et le peu de considération qu'on les marchands pour certains de leurs ' protégés '. Je ne m'attendais pas à lui. Un jeune homme fin, délié... Il a les yeux baissés. J'aimerai croiser son regard, le rassurer, mais ici, dans ce lieu, je ne suis que le Prince Demyan. Je dois paraître, et de toute manière il doit me considérer comme tous les autres Un maître de plus. Un nouveau tortionnaire. Je me demande s'il a déjà eu d'autres maîtres avant. Comme tous ici, je connais la règle des cinq maîtres. Il se courbe devant moi comme les autres. Docile, tellement docile. Brisé ? Peut-être. Je ne sais pas. Isaak n'aurait pas pris le risque de me confier un esclave rétif j'imagine. Il veut tellement que j'aime en avoir un... Non, jamais il n'aurait pris un esclave rebelle. Jamais. Il lève enfin son regard et le pose sur moi. J'ai l'impression que son regard brille en me regardant mais je dois me faire des idées. Il doit juste être brillant de larmes ou je ne sais quoi. Une poussière peut-être ? Il me fixe, me dévisage et j'entends déjà les murmures mécontents. Un esclave ne peut lever le regard si haut sur les citoyens, et sur un Prince ? Je n'ose savoir ce qu'il pourrait lui en avoir coûté s'il a déjà regardé Isaak ainsi. Il tremble. Je crois qu'il a peur et je ne sais si c'est de moi ou de toute cette foule qui le regarde avec mépris et oserais-je dire une certaine méchanceté ? Une voix s'élève, le rappelle à l'ordre. Son regard se cache de nouveau à ma vue. J'en soupirerai presque. Je déteste cette situation et pourtant je souris. Je déteste ce simulacre de réception de cadeau enjouée et pourtant je souris. Je souris alors que cet esclave, mon esclave, tremble devant moi comme un chiot hésitant sans la protection de sa mère.  Il relève encore son regard. On dirait qu'il a dû mal à résister à la curiosité. Il n'est peut-être pas aussi brisé que je le pensais. Il s'excuse,  je manque de lever les yeux au ciel. Comme s'il m'avait vraiment attendu... Plutôt espéré de jamais me voir oui. Je fais un geste comme pour chasser une mouche sans répondre. Pas ici, pas devant ces gens... et puis répondre quoi. Je détourne le regard et je dis simplement à mon frère que je vais lui montrer ses nouveaux appartements. Quelques uns ricanent. Je ne sais pas ce qu'ils imaginent mais ce n'est pas mon problème. Je tourne les talons et je lance simplement à l'esclave :

" Suis-moi "

L'esclave oui, parce que je ne connais même pas son nom et lui demander sur le coup je n'y ai pas pensé. Certains renomment un esclave quand ils l'achètent comme un animal. Moi ? Je préférerai l'appeler par son nom. Pas par La Chose, pas par Machin, Truc ou que sais-je. Il doit avoir un nom. Un nom que quelqu'un qui l'aimait lui a sans doute donné. Je me demande d'où il vient. Rien sur ses traits ne m'indique sa tribu d'origine mais je sais qu'il n'est pas né de notre cité. Il n'en a pas l'air... Il y a quelque chose d'exotique en lui.

Nous sortons de la salle et nous parcourons les couloirs un peu plus vides que lors de mon premier passage. Les gens se rangent contre le mur, il est vrai que j'ai le pas rapide et décidé en cet instant. On dirait presque que je leur fais peur... Moi qui n'ai jamais été craint ici... c'est presque risible. Je me fige soudainement et me tourne vers l'esclave.

" On t'a déjà donné à manger aujourd'hui ? "

Un peu brusque comme approche ? Peut-être... C'est juste que je me suis dit qu'il devait avoir faim. Je ne sais même pas combien de temps il a dû attendre que j'arrive. On m'a prévenu assez tard que l'offre se ferait peu avant le repas du midi et même si je n'ai pas trainé, j'ignore depuis quand on l'a levé... j'ignore depuis combien de temps il a été capturé et comment il a été traité, nourri... Oui il a l'air habillé de propre, mais ça ne veut rien dire.

" C'est quoi ton nom ? "


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Sujet: Re: the resurrectionist or existential crisis [DEMYAN/KAL-EL]
Jeu 16 Mar - 17:04

Je me relève doucement, je me devais d’obéir correctement à ce premier ordre que l’on m’avait donné. Je l’avais entendu échanger juste avant avec son frère, cette brute qui saura me donner ce que je mérite si je ne suis pas à la hauteur du beau Prince. Les autres avaient rit, ils se moquaient de moi, probablement avaient-ils raison et moi tord d’en être blessé. Je suis un être risible, lamentable et sans importance. Mon sort lui-même n’était qu’un spectacle pour tous ces yeux qui me fixent. Sur mes deux pieds, je tangue un peu avant de me mettre à le suivre, toujours un peu en retrait comme on me l’a enseigné. J’essayais d’être un bon garçon, mais peut-être allait-il se débarrasser de moi quand il n’y aura plus personne. Je me suivais bien qu’il marchait vite, ce serait une insulte pour lui que de ne pas respecter ses pas. J’étais assez fatigué, car il m’était difficile de fermer l’œil ces derniers temps, surtout depuis que ce qu’Isaak m’avait montré. La mort de ce pauvre homme me faisait encore trembler tout entier, j’espérais que le maitre ne l’avait pas remarqué. Je jette quelques regards sur ces personnes, ils s’inclinent devant nous, enfin, plutôt devant lui. Ils semblaient avoir peur de lui, de Demyan. Je devrai avoir peur moi aussi, mais j’étais trop préoccupé à regarder autour de moi et tenter de Le suivre. J’étais en assez bonne forme physique, mais j’étais si désorienté…

Il s’arrête si brutalement que je manque de m’écraser sur ses omoplates, bien heureusement je me suis freiné juste à temps et j’eu même la seconde pour reculer avant qu’il ne se retourne. J’avais le souffle coupé et un fois encore je le fixais. Il faut dire qu’il était vraiment proche de moi et qu’il m’était à présent possible de voir chaque nuance composant son regard. Sa question me paru étrange, devait-il se soucier de la date de mon dernier repas ? J’avais faim c’était une certitude, mais je n’avais aucune réponse à donner à mon maitre.

« Je ne sais pas quand a commencé aujourd’hui, dans le noir je ne pouvais plus savoir ce que le soleil raconte. J’attendais parce que tout devait être prêt, moi… Je t’attendais juste… »

Je l’attendais depuis si longtemps, je n’avais pas menti. Je ne mentais jamais.
Oh oui, j’avais commis le sacrilège de le tutoyer et je n’en semblais pas tourmenté, je ne songeai avoir fait la moindre erreur. Je tourne la tête le regard attiré par une sorte de boule suspendue qui tournoyé sur elle-même au bout de son fil d’or. Perdu dans une pensée, je poursuivais malgré tout

« Mais j’ai très soif, j’ai toujours très soif dans votre pays. »

Mon corps n’était pas né dans une grande chaleur, cet endroit m‘avait paru un paradis, puis avec le temps, je me sentais sec. Je m’y habituerai, je n’avais pas le choix après tout. La mer me manque, aussi froide fut-elle, certaines périodes je me baignais, je nageais trop loin, attiré par le loin. Je voulais voir les bateaux avant qu’ils n’arrivent au port, je voulais revoir mes parents, leur demander pardon… Mais ils étaient un peu comme le rivage, flou… J’oubliais peu à peu leur visage et j’étais seul dans la vaste étendue d’eau. Je pivote la tête vers Demyan lorsque celui-ci me posa une nouvelle question, je répondais toujours aussi honnêtement.

« Kal-El, mais ils m’ont dit que tu m’appellerais autrement. Ce nom aura plus d’importance que celui que m’ont donné mes parents, tout ce que tu diras sera plus important. Je ferais de mon mieux pour oublier qui j’étais si tu me le demande, je te le jure. »

Il devait me laisser une chance d’être celui qu’il voudrait, me laisser une chance de vivre à ses côtés dans ce beau palais. Je ne le méritais pourtant pas, je n’étais ni fort ni brave. Je n’étais rien du tout et pourtant, je voulais vraiment qu’il me laisse une chance de devenir au moins son esclave. Je baisse les yeux, bien que je pourrais le contempler plus longuement sans me fatiguer, mais je devais à tout prix essayer de me comporter convenablement. A croire que mon pauvre corps n’avait pas reçut assez de coups pour retenir la leçon. Pourtant, j’avais versé bien des larmes, poussé bien des cris, tremblé, pissé de peur et j’en étais encore là. Perdu dans mon vaste monde… Un monde dans lequel j’aimerai bien sortir ou bien… Y faire entrer le jeune prince, pour que plus jamais je n’y sois seul.

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Sujet: Re: the resurrectionist or existential crisis [DEMYAN/KAL-EL]
Dim 19 Mar - 1:35



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The resurrectionist or existential crisis

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Un esclave, qu'est-ce qu'on faisait d'un esclave ? Voila une chose que je n'avais jamais imaginé devoir penser un jour. Oh j'étais Prince, je ne pouvais pas dire que je n'avais jamais connu de serviteurs, mais un être qui n'était censé posséder aucun libre arbitre ? Combien de fois n'avais-je pas dit être contre ? Devoir presque remercier mon frère pour cela en public avait failli m'écorcher la bouche et pourtant j'avais souris comme je le fais toujours parce qu'ici le paraître prévaut sur ce qu'on est. Aurais-je dû avoir peur d’entraîner cet esclave à ma suite ? Peur de ce qu'il pourrait faire pour retrouver la liberté ? Qu'est-ce qu'un homme pouvait faire pour gagner sa liberté ? Quoi qu'ici au palais, il aurait sans doute un peu de mal à fuir loin s'il devait attenter à mes jours. En même temps il y avait tout de même beaucoup de va-et-viens et je ne pouvais oublier le nombre de fois où j'avais fait le mur par le passé. Oui, ce palais malgré ses gardes était presque un moulin. Se croire parfaitement en sécurité ? Une utopie.

J'entendais ses pas rapides derrière moi, j'avais presque l'impression d'avoir une ombre bruyante. J'avais envie de lui dire de partir, de me foutre la paix et qu'il était libre mais ici, personne n'aurait compris. Je devrai sans doute le garder quelques mois avant de lui offrir sa liberté. Mon frère serait content, le peuple serait content et ... l'esclave serait sans doute ravi de ne pas avoir fait plus de temps sous ce statut. Je me demandais ce qu'il avait pour être esclave, comment il l'était devenu. On ne devenait jamais esclave par hasard... enfin... parfois le seul crime de ces gens était de s'être retrouvé au mauvais endroit au mauvais moment. J'en avais parfaitement conscience mais j'espérais presque au fond de moi que ce n'était pas son cas à lui. Alors que je m'étais retourné pour lui poser une question, je tentais de le détailler et lui en faisait de même. On aurait sans doute pu nous prendre pour deux animaux sauvages qui s'évaluaient si on avait été dans la nature mais nous étions deux hommes au beau milieu d'un couloir étrangement désert. Il ne me semblait même pas respirer, ou alors il était cette fois particulièrement silencieux. Avait-il peur de moi ? C'était probable. Je crois que j'aurai été pareil dans sa situation.

" Tu m'attendais ? "

Je le regardais incrédule. Pourquoi par le Soleil m'attendait-il ? Pour savoir à quelle sauce il serait mangé ? Pour savoir quel genre de maître je serai ? Quel homme esclave dirait qu'il attendait juste son nouveau maître ? Je n'avais même pas relevé qu'il m'avait tutoyé, en fait je me demandais juste quelle vie il pouvait avoir vécu avant pour juste attendre... attendre et voir. Avait-il la moindre espérance ?

" Tu viens de loin "

Ce n'était pas une question, plutôt une affirmation. Il ne m'avait pas vraiment dit s'il avait faim mais je supposais que son ' j'attendais juste ' signifiait qu'il n'avait pas mangé aujourd'hui. La soif, c'était une chose courante dans le désert pour les voyageurs peu habitués, certains buvaient alors trop, jusqu'à presque se noyer car ils ne pouvaient s'en retenir. Je ne savais pas depuis combien de temps cet homme était chez nous mais je devrai sans doute faire attention si je ne voulais pas juste qu'il meurt pour avoir trop bu. Ce serait vraiment stupide alors que la seule chose que je voulais c'était de lui rendre sa liberté et de ne plus posséder un homme. Enfin... pas de cette manière.

" Tu peux garder ton nom, je ne compte pas te nommer comme un animal de compagnie ou... enfin peu importe "

Bon sang c'était quoi ça ? Un lavage de cerveau ? Qui lui avait dit que mes désirs, mes paroles seraient plus importante que tout le reste ? Qui lui avait dit qu'il n'aurait même plus son nom et quel homme accepterait cela sans discuter ? Sans tenter de se rebeller un minimum ? Je ne pouvais cesser de le regarder comme si les réponses à mes questions pouvaient se lire sur son visage. J'aurai eu envie de pouvoir lire dans ses pensées. Jouait-il juste la comédie du parfait petit animal dressé comme ces singes savants que certains nomades emmenaient partout avec eux ? Il baissa les yeux et c'est alors que je me rendis compte que je l'avais laissé me tutoyer. A vrai dire cela ne me dérangeait pas mais je savais que d'autres, à commencé par mon frère, ne trouveraient pas cela convenable.  Ils diraient sans doute que je ne savais pas tenir un esclave et que si je ne savais pas tenir un esclave à sa place, je ne saurai pas tenir une maisonnée, ou un peuple. En privé, cela n'aurait aucune importance mais pour la face du monde... Enfin pour l'heure autant laisser tomber, plus tard il serait temps de lui dire. Je ne savais même pas si je pouvais lui faire confiance. Pour ce que j'en savais, il pourrait aussi bien tout répéter à Isaak. Il n'était peut-être qu'un test, un espion ou qu'en savais-je ?

" Kal-El donc, c'est bien ça ? Je vais te conduire aux cuisines... On va déjà te donner de quoi te remplir le ventre et puis je te montrerai ton nouveau logement... Après je devrai te laisser. Un souper de famille "

Je levais les yeux au ciel. J'avais comme dans l'idée que ce souper de famille serait tendu et des plus intéressants. Des plus lourds aussi. Je voyais déjà les regards goguenards de ma cousine et le sourire satisfait de mon frère. Pour ses piques, je devrai sans doute attendre quelques jours, mais ELLE, elle ne se gênerait sans doute pas. Ce serait encore un grand moment.

" Ça fait longtemps que tu es dans notre Cité ?  "

Une manière comme une autre de lui demander depuis combien de temps il était esclave si pas d'où il venait. J'étais curieux, extrêmement curieux mais un couloir n'était peut-être pas l'endroit rêvé pour faire connaissance avec un esclave, pour lui parler normalement aussi... Je ne savais pas comment je devais me comporter avec lui ou plutôt je l'avais parfois vu et cela ne me plaisait guère. N'y serais-je pourtant pas obligé par la force des choses ? Il ne voudrait peut-être pas se confier à moi aussi. Peut-être me mentirait-il pour avoir des faveurs. Bon sang je voyais déjà se profiler des ennuis et il n'était pas à moi depuis un jour.

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Sujet: Re: the resurrectionist or existential crisis [DEMYAN/KAL-EL]
Mar 21 Mar - 9:10

Il semble étonné du fait que je l’attendais, j’ignorais ce que j’étais sensé dire à ce maitre. Je craignais de lui paraitre trop étrange, qu’il se moque de moi, qu’il me renie dans cette première heure. S’il savait à quel point je voulais être à ses côtes et prouver ma valeur, mais pourquoi s’intéresserait-il à ce que moi je veux ? Je laissais mes doigts caresser mon poignet marqué par les chaines, c’était encore douloureux, mais j’aurais pu ne plus avoir cette main si le marchand ne m’avait pas acheté. Alors je devais m’estimer heureux d’avoir mal. Tant que j’ai mal, je vis. C’était ma malédiction, c’était ainsi que je devais accepter la vie. Je ne souhaitais pas la mort, elle était pleine d’incertitude et de noirceur. Bien que la vie fût sombre, elle avait toutes ces beautés qui me comblent. Comme la beauté de mon maitre, c’était une insulte à ses yeux qu’il me regarde. Pourtant, voilà plusieurs minutes à présent qu’il me fixe et que curieux, je n’arrive à me défaire de cela.

« Qu’aurais-je pu faire d’autre que de t’attendre ? Je savais que lorsque je te verrais, je ne serais plus dans ce cachot, peut-être bien même l’endroit qui m’est réservé est pire encore ; mais… Il me tardait de sortir et voir le soleil. »

Parce que le soleil est radieux dans ce pays, il est implacable, mais radieux. Je regrettais de ne pas avoir pu profiter réellement de sa beauté, mais il me faisait grand plaisir de le voir percer dans le couloir, de voir la lumière chasser la mort, la nuit et ses cauchemars.

Je fus étonné d’apprendre que je conserverai mon nom. Je n’y tenais pas particulièrement, mais l’on m’avait dit que je pourrais m’appeler Vermine ou bien pire encore. Cela ne m’aurais pas vraiment plut, cependant que le Prince ne veule pas me donner de nom qui lui plaise était contraire à tout ce que j’avais imaginé. Il disait que je n’étais pas un animal de compagnie, certes j’étais un esclave, mais en soit… Il n’y avait pas grande différence. Je commençais à me poser de plus en plus de question au sujet de Demyan et ses intentions. Quoi qu’il décide après tout, je devrais m’y plier. Je ne pensais pas faire long feu près de lui. Je crois que je ne lui plais pas… Pas du tout même. Mais je devais garder ma tristesse pour moi, c’était tout c que je méritais après tout. Ce qui a toujours été le cas : personne ne veut de moi. Pas même comme esclave, comme rien d’ailleurs. Ma vie est inutile en tous points.

« Ce sera comme tu voudras. »

Me contenais-je dire avec un Leger pincement au cœur.
Je me contente d’acquiescer lorsqu’il me redemande mon nom, je fus encore un plus étonné par son comportement qu’il me proposa les cuisines comme première étapes. Surtout d’aller en cuisine pour ma petite personne répugnante. Je relevais les yeux vers lui, il ne semblait pas aimer l’idée de faire un souper en famille, pourtant ça avait l’air d’être bien. Une famille…

« Tout ce que tu voudras, maitre. »

Bien qu’à priori, rien de bien cruel ne semblait m’attendre. De la nourriture, de l’eau, un logement. Je devrais me méfier, mais j’en fus incapable. Un petit air enfantin se remit à flotter sur mon visage, il y avait bien longtemps que cette expression avait quitté mes traits. Je me sentais naïvement considéré, cet homme voulait me nourrir bien que je n’avais encore rien fait pour lui afin de mériter mon repas. C’était si étrange, mais je décidais de me laisser porter sur ce doux ruisseau enchanteur d’étrangetés que formait ce jour.

« Je ne sais plus, j’étais en voyage et je me suis arrêté ici. Mon peuple disait de se méfier de votre tribu, maitre. Mais je n’ai pas écouté, c’est en raison de ma bêtise que je suis là, et à toi. Mais, je crois que tu n’as pas l’air de vouloir de moi. Il me parait naturel qu’un Prince ne puisse vouloir d’un homme dont les parents n’ont pas même voulut de lui. »

Je souris, comme si je voulais le rassurer. Je voulais essayer de croire moi-même que cela ne me causera pas de chagrin que d’être à nouveau rejette. Ce rejet pourtant sera ma condamnation. Je ne voulais pourtant pas mourir, pas de manière aussi bête que j’avais vécu.

« Accepterais-tu de me donner une chance ? Je n’ai pas le droit de te demander, mais… Est-ce que tu acceptes, je ne sais pas vraiment si je serais à la hauteur, mais… Laisses moi essayer, parce que… La mort me fait encore un peu peur… »

Je retenais mes larmes, c’était douloureux d’admettre sa peur à son maitre, de lui dévoiler ainsi sa faiblesse. Je culpabilisais de lui imposer cela. Peut venais-je de signer mon arrêt de mort, encore une fois par stupidité. Peut-être ne sera-t-il plus question de cuisine ou de quoi que ce soit dorénavant. J’aurais pu vivre avec une seule main… J’aurais pu y survivre…

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Sujet: Re: the resurrectionist or existential crisis [DEMYAN/KAL-EL]
Mer 22 Mar - 10:43



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The resurrectionist or existential crisis

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Je ne sais pas que vraiment faire de lui et je crois que lui non plus ne sait pas très bien comment il doit se comporter avec moi. J’imagine qu’il doit se demander quel genre de maître je peux être et je ne le sais pas moi-même. Je ne voulais pas être un maître et voila que par la volonté d’un homme je le suis. Par la volonté de mon frère ainé. Oh bien sûr j’aurai pu faire la forte tête une fois encore, le refuser et voir sa tête rouler sur le sol ou pire mais… J’ai accepté. J’ai accepté de m’attacher durant un temps la vie d’un homme, d’en être responsable pour le pire et le meilleur. Certains disent que posséder un autre être révèle tous nos bas instincts, que ceux qui nous connaissent le plus ne sont pas nos amis mais nos esclaves et nos serviteurs parce que devant eux, souvent on ne parait pas, souvent on est soi-même, souvent on se permet plus de choses… Ils sont ceux qui pourraient le plus nous trahir. C’est pour cela qu’il faut veiller… et sévir. Plus prendre que donner. D’autres disent le contraire, disent qu’il faut être doux pour que jamais ils ne trahissent. Dureté, fermeté, douceur… beaucoup de directions possibles. Je ne sais vraiment pas quel maître je serai et alors que je regarde ses yeux où se mêlent l’espoir et la crainte, mais je ne pense pas être un tortionnaire. Je ne pense pas être un démon. Mais qu’en sais-je vraiment ? Est-ce que moi-même je me connais vraiment ?

Je ne sais pas s’il agit consciemment, mais je le vois frotter l’emplacement rougi de ses chaines. Je ne peux manquer de voir que sa peau est meurtrie par endroits et pourtant je ne tends pas la main vers ses marques. Je crains qu’il ne veuille me faire confiance de si tôt et il aurait sans doute raison. Je ne connais pas son passé, mais je doute qu’il ait été bien rose avant d’arriver jusqu’à moi. J’ignore tout de lui et de son passé, a-t-il été arraché à une famille aimante, aux siens, par un mercenaire alors qu’il y coulait une vie parfaite ? C’est possible, je suppose que nombre d’esclaves sont dans ce cas mais combien d’entre nous pensons à cela quand on les regarde, quand on les traite plus bas que terre, quand on les utilise encore et encore ?

" Si tu trouves mes appartements pire que les cachots, tu auras la permission d’y retourner "

Je lève les yeux au ciel. J’ai dit mes appartements car à vrai dire je n’ai pas regardé s’il y avait une place pour lui au quartier réservé aux esclaves et aux serviteurs. Je pensais le faire dormir sur un canapé ou des coussins en attendant de voir venir. Inconscient ? Pas vraiment prévoyant ? Oui… sans doute. J’avais pris un peu sa venue par-dessus la jambe, espérant presque que mon frère abandonnerait sa drôle d’idée de m’offrir un être humain. Raté, de toute évidence. Mais j’en mettais presque ma main à couper que ce Kal-El ne voudrait pas retourner dans les cachots. Restait à espérer qu’il ne voudrait pas me tuer durant la nuit pour se venger de ce qu’il aurait vécu…ou juste pour gagner sa liberté même si s’échapper d’ici pour lui ensuite serait presque de l’ordre de l’impossible.

" Il est joli ton nom, il sonne bien. Je ne vois pas pourquoi je t’en donnerai un autre sauf si tu ne veux plus être toi ? "

Il avait l’air presque triste de conserver son nom et je me demandais vraiment quelle pouvait être son histoire. Voulait-il à ce point oublier son passé et qui il était pour embrasser une vie d’esclave ? Quel être serait assez brisé que pour désirer une telle vie, un tel statut ? Qu’avait-il donc bien pu vivre ? Qui, qui était-il ?
Tout ce que tu voudras, comme il te plaira… Bon sang qu’il commençait déjà à m’agacer. J’avais l’impression de me retrouver devant un énième courtisan avide de courbette, quelqu’un qui ne voyait que le Prince en moi, que l’ambassadeur de mon peuple, que mon statut en vérité et pas moi. Je soupirais défaitiste. J’étais blasé.

" Je ne voulais pas d’un esclave, toi ou un autre. Mon frère a insisté "

Je ne lui devais aucune explication mais je lui avais lâché cette information d’une voix aussi blasée que mon soupire l’avait été. Ce n’était pas que je voulais le blesser ou le rabaisser, c’était juste la vérité et son comportement obséquieux m’énervait déjà. J’avais besoin d’air… sauf que je ne pouvais pas, j’avais presque promis que j’allais le nourrir. Direction les cuisines donc.

" Les gens ont peur de ce qu’ils ne comprennent pas. Les gens de mon peuple ne sont pas les êtres les plus mauvais en ce monde "

Enfin pas tous, pour ma cousine je n’étais pas tout à fait certain, comme Mère d’ailleurs et dans une moindre mesure Père mais il parait qu’il ne faut pas médire de sa famille, et surtout pas en public. Devant un esclave nouvellement arrivé, un homme dont je ne connaissais rien, encore moins, je le supposais.

" Qui a parlé de mourir ? Je ne compte pas te tuer sauf si tu essayes de me tuer. Comporte toi bien et tu gagneras ta liberté, je n’ai jamais désirer posséder un esclave "

Et je ne compte pas te garder, des mots que je n’avais pas prononcé mais qui semblait retentir tout de même dans l’air alors que nous franchissions la porte des cuisines. Il y avait beaucoup de mouvements ici mais la dame qui régnait d’une main de fer dans cet endroit m’adorait depuis que j’étais petit. Elle vient desuite vers nous pour me demander ce que je souhaitais et je montrais du doigt l’esclave habillé de blanc à mes côtés.

" C’est pour lui, il semble qu’il n’ait pas mangé depuis un certain temps, il lui faudrait un truc léger "

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Sujet: Re: the resurrectionist or existential crisis [DEMYAN/KAL-EL]
Sam 25 Mar - 16:36

Je savais que depuis le temps j’aurais du être accoutumé à cela, au rejet… Il ne voulait pas de moi ; il le confirmait. C’était assez douloureux à entendre, je savais que je ne pourrais jamais être aimé, mais j’avais pensé que je serais assez bienvenue ; les hommes sont heureux d’avoir des esclaves, mais pas lui. Il ne voulait d’esclave, il ne voulait pas de moi ici. Oh je ne pouvais pas me formaliser du ton qu’il employait à mon égard. Il ne me considérait pas et il avait raison de le faire, mes bavardages devaient l’agacer. Alors je l’ai suivit en direction des cuisine sans rien ajouter de plus. Je ne savais pas s’il voulait réellement me redonner la liberté, ni encore moins ce que j’en ferais. Cependant je n’avais pu m’empêcher d’ouvrir la bouche, un air stupéfait par les dires du beau Prince. Le tuer ? Mais pourquoi ferais-je une chose aussi atroce ? Le tuer lui, il n’avait rien fait de mal. Y avait-il des esclaves qui assassinent leur maitre ? J’avais du mal à en croire mes oreilles. Je l’avais suivit, des yeux ronds comme des roues de charrette. Cette expression masqua la tristesse qui gagnait mon cœur, il ne voulait pas de moi non, il ne souhaitait pas que je reste. Où irais-je après tout cela ? Que deviendrais-je ? Je l’ignorais, je ne savais même pas si ma tribu originelle voudra de moi. J’avais mis du temps à accepter que mes parents m’avaient abandonné, du temps dans le noir à subir des tortures sans que personne ne me cherche…
Sans que jamais je ne manque à qui que ce soit…

Nous arrivions dans la cuisine, une femme approcha et reçut les ordres du Prince. Celle-ci s’éclipsa quelques secondes avant de revenir avec un petit bol remplit de nourriture. Je la remerciais en tendant les mains et le prit. Je ne savais pas si je pouvais manger tout de suite, je savais qu’il me fallait l’autorisation de mon maitre pour me nourrir ou boire. Devais-je interpréter le fait que nous soyons ici comme une autorisation à manger ? Etait-ce un test ? Je n’en savais rien, je tremblais un peu de nervosité. Je craignais de faire un fau pas, j’avais envie de pleurer, d’avouer que je n’étais pas à la hauteur de ma mission et que je ne le serais probablement jamais… J’étais pour ainsi dire réellement malheureux.

« Merci Madame. »

Disais-je avec un léger sourire, elle avait l’air bien gentille. Il faut dire, elle me donnait de la nourriture, c’était pour ainsi dire important pour moi. Mais qui se soucie de ce qui importe pour moi ? De ce que je ressens, tout cela n’a plus la moindre importance. Je la regarde s’éloigner et me tourne vers mon maitre sans toucher mon potentiel repas.

« Je voulais m’excuser pour tout à l’heure… Je n’aurais pas dû t’ennuyer, je n’ai pas toujours été esclave et celui qui m’a appris à l’être n’était pas comme toi. J’esperais que tu sois différent… Désolé… »

Une fois encore, je ne devrais pas l’ennuyer avec ça. Lui dire ce que moi j’avais espéré de mon maitre, et puis quoi encore ? Je baissais les yeux, je me sentais comme un enfant apeuré. Je ne savais plus qui j’étais, ce que je devais faire. Il m’impressionnait grandement, j’étais également fasciné par ce personnage d’une grande beauté, il semblait bon avec moi. Je me suis mordu la lèvre, à sang sans le vouloir. Je ne voulais pas pleurer, c’était interdit. J’allais probablement le mettre en colère, mais c’était plus fort que moi… Ma nature a ne rien cacher était plus forte que tout… J’étais une parasite faible et sans interet. J’étais une erreur dans ce monde, un misérable vilain papillon de nuit…



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Sujet: Re: the resurrectionist or existential crisis [DEMYAN/KAL-EL]
Lun 27 Mar - 17:55



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The resurrectionist or existential crisis

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Brusque, elle parlait assez fort la dame des cuisines mais je savais qu'elle avait un très grand cœur.  Elle aimait notre cité bien qu'elle n'y était pas née. Je crois que seul son père était Rahjak et que sa mère l'avait conduite ici à sa mort alors qu'elle était encore toute petite. Je ne sais pas ce qu'il est advenu de sa génitrice ensuite. N'étant pas une Rahjak elle-même, elle avait pu être chassée ou réduite en esclavage, je n'en savais rien mais une chose était certaine, je ne l'avais jamais rencontrée et la femme qui se tenait devant moi ne m'avait jamais rien dit de ses secrets ni ne m'avait fait sentir de rancœur.  Si elle n'appréciait pas ma famille, elle le cachait fort bien.
Elle fit ce que je lui avais demandé et apporta un bol rempli de riz blanc ainsi que de quelques fruits. Cela remplirait sans doute assez le ventre du jeune homme pour ne pas que ce dernier grogne. Quant à savoir s'il apprécierait... Je n'en avais pas la moindre idée mais au moins ne mourait-il pas de faim par ma faute.

L'esclave qu'on m'avait offert ne semblait pas belliqueux et alors que je l'observais en coin il ne fit que remercier la dame des cuisines avant de se retourner vers moi pour, je l'imaginais, guetter mes réactions. Pensait-il que j'allais lui reprendre son bol, le frapper et lui interdire de manger ? Je n'étais pas aussi cruel, mais je savais que d'autres pouvaient agir de la sorte avec les gens qui leur appartenaient. Kal-El avait-il connu les brimades et la faim depuis qu'il était un esclave ? Sans doute au moins un minimum. J'en savais si peu sur leur condition en réalité, j'avais juste toujours tenté de m'y opposer... et parfois je m'étais juste contenté de me taire. Trop souvent sans doute. Je ne pouvais pas vraiment en être fier.

" T'excuser ?  "

Cet esclave s'était contenté de me suivre et maintenant il s'excusait et je ne comprenais pas pourquoi. J'avais l'impression d'être à mille lieux de lui et je me faisais un peu figure d'un idiot alors que je le regardais sans comprendre de quoi il voulait parler.

" Pas comme moi ? Tu voulais que je sois différent ? Je ne comprends pas. Explique toi  "

Je n'avais aucunement l'intention de vouloir exiger qu'il me parle mais alors que je lâchais mes paroles, je prenais conscience du ton que j'avais pris et des mots que j'avais prononcés. Ils avaient claqués comme un ordre et non comme une simple demande mais il était trop tard pour me rattraper. Une parole prononcée est impossible à rattraper, elle fonce aussi vite que les chevaux d'un char lancés au triple galop.

Je crois que mon ton était expressément celui qu'il avait attendu de moi, ou plutôt exactement le ton qu'on attendait d'un maître et je m'en voulais car ce n'était pas là l'image que j'aurai voulu donner de moi même si je l'étais devenu par la force des choses. Son regard, il ne cherchait plus le mien, il était à nouveau baissé, plongé dans la contemplation de son bol de nourriture ou du sol. Je faillis m'excuser et puis je me souviens de qui j'étais, et de où j'étais. Je ne dis pas un mot. Ce n'était pas le bon moment, c'était trop tard. En le fixant, je vis perler à ses lèvres une goutte de sang, comme un rouge à lèvres carmin qui ne le dépareillait pas. Cette goutte, elle me fascinait, je ne pouvais m'en détacher. Je fis un pas vers lui, puis un autre et je sortis un mouchoir en lin de ma poche et je l'apposais sur sa lèvre.

" Tu vas te tâcher et ça va être froid, mange  "

Je laissais retomber ma main et reculais de quelques pas pour lui laisser un semblant d'espace. Je savais que le temps passait et chaque seconde me rapprochait plus d'un repas de famille auquel je n'avais aucune envie d'assister.

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Sujet: Re: the resurrectionist or existential crisis [DEMYAN/KAL-EL]
Mar 11 Avr - 13:59

« Différent de lui, cet homme qui me battait. »

Oui, je voyais en lui un homme différent de celui qui m’avait enseigné à être un bon esclave, j’ignorais même si j’étais suffisamment éduqué pour servir un prince. J’ignorais si mes explications seraient suffisante, mon esprit brisé me disait de m’incliner et de me taire désormais, cependant quelque chose en moi, de si naïf me poussa à ajouter quelques mots

« Mais j’ignore encore quel genre de maitre tu es, mais je ferais de mon mieux pour ne pas déclencher ta haine à mon égard. Je ne voulais pas t’insulter, je pense que tu es un homme bon… Je n’ai plus vu d’homme comme toi… Depuis très longtemps. »

Depuis cet homme qui m’avait sauvé de la noyade et qui finalement ne m’aimait pas. Qui m’avait laissé seul encore, seul dans mon océan de malheurs. Malgré la manière avec laquelle il s’était adressé à moi, je sentais qu’il était un homme d’une grande bonté. Et puis, c’était son droit de me parler de la sorte. C’est là que je sentis quelque chose de doux se poser sur mes lèvres, je me surpris à imaginer une seconde que ce fut ses lèvres. J’avais laissé ma main en suspend, n’osant toucher la sienne. J’étais encore un animal craintif malgré mes bavardages, c’était plut fort que moi, mais j’ignorais encore comment je réagirais d’ici quelques temps. Peut-être serais-je à nouveau prostré comme dans ce cachot.

« Merci… »

Soufflais-je finalement, j’étais un peu gêné, mais je me mis à manger devant lui. Puis aux premières bouchées, ma pudeur s’envola pour me laissait manger à plus grande vitesse, la faim que je ne ressentais plus depuis des jours, voila qu’en réalité elle se cachait simplement… J’eus très rapidement terminé mon plat, regrettant déjà qu’il soit vide. Je jetais un coup d’œil quelque peu vorace vers les cuisines, je n’osais imaginer ce que je pourrais encore me mettre sous la dent. Mais je ne bougeais pas, n’oubliant pas ce qui m’était arrivé la dernière fois que j’eu chipé quelque chose par gourmandise. Mais j’avais cependant terriblement faim… Je fermais les yeux, retrouvant un calme instable.

« J’ai peur… »

Finissais-je par avouer, mon regard planté dans celui du Prince. J’étais terrifié même car j’ignorais où j’allais, je ne savais pas ce qui allait arriver, si bien même que cette émotion naturelle était plus que pesante. Ma curiosité, ma naïveté m’aidait à surmonter cela, à ne pas sangloter comme un enfant. Mais je lui devais la vérité, jamais je ne cacherais quelque chose à mon maitre, je m’en faisais la promesse, car celui-ci venait de m’accorder de sa bonté. Oui, il méritait le peu que j’avais à lui offrir. Je ne voulais pas être un fardeau pour lui, je devais le servir et lui apporter du confort. Il ne me devait rien, il ne me devra jamais rien. Je ne suis personne, juste un grain de sable dans cet immense désert. Mon regard vint à nouveau embrasser le sol, submergé de honte de ne pouvoir être brave.

Je n’étais pas à la hauteur, cela me faisait si peur.
Je tenais toujours mon bol vide entre les mains, j’essayais d’être assez courageux pour ne pas m’effondrer ce premier soir. Puis finalement mes doigts tapotèrent doucement les bords du bol, un petit air sur lequel j’aimais danser. Un air qui venait de chez moi, enfin, de ce qui l’était. Ou plutôt, ce qui ne l’a jamais été au final…

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Sujet: Re: the resurrectionist or existential crisis [DEMYAN/KAL-EL]
Lun 17 Avr - 18:17



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The resurrectionist or existential crisis

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Battre, oui, c’était un traitement que l’on réservait parfois aux esclaves, pour mon peuple ils n’étaient rien, ou en tout cas pas grand-chose, enfin pas pour tout le monde bien sûr. Il y avait des exceptions. Le fouet était bien souvent plus présent que les coups, c’était ce que je savais, ce que j’avais parfois vu ou juste entendu dire. Moi je n’avais jamais eu d’esclaves, des serviteurs oui, des gardes du corps aussi, mais un être humain à moi ? Jamais. Oh il y en avait au palais, mais c’était ceux des autres, de ma cousine, de mon frère, de mon père aussi. J’avais toujours refusé, j’avais essayé de parler à mon frère pour changer les choses, j’avais essayé, oui juste essayé c’était bien le mot car jamais il n’avait voulu entendre ce que j’avais à lui dire à ce sujet. Ou plutôt si puisque j’avais désormais cet homme attaché à moi, cet homme pour qui je pouvais décider si le soleil se lèverait encore demain. Oh mon frère m’avait entendu, oui.. . bien trop entendu. Ce qu’il n’avait pas voulu faire, c’est m’écouter.

Mon frère m’avait dit que je devrais me faire respecter dès les premières secondes, ne pas être trop gentil sinon mon esclave penserait que je n’étais pas capable de le faire obéir, sinon que mon esclave me monterait sur la tête et penserait que je n’étais pas son maître. Il m’avait mis en garde, dit de le mater et voila que les premières paroles de mon esclave étaient que j’étais différent. Était-ce mal d’être différent à ses yeux ou fallait-il que je devienne comme ces autres ? J’étais un peu perdu… Je ne devais pas me montrer perdu, pas devant lui, pas devant les autres, devant personne en vérité à par peut-être Shell… et Noah. Noah… si j’arrivais un jour à lui reparler bien sûr. Cela faisait si longtemps. Malgré moi mon sourire de façade se fana un peu et je devenais plus sombre. Oh mon sourire était encore là, oui, mais atteindre mes yeux c’était une autre histoire. J’étais presque devenu maître pour les faux-sourires.

Un homme bon…Mon père et mon frère aurait ri s’ils avaient entendu cela. Un homme bon, ce n’était pas un compliment à leurs yeux je pense. Un homme bon, un homme con, c’est sans doute ce qu’ils auraient eu à l’esprit. Pour eux la force était tout, pour eux la force était loi, mieux encore, elle était reine. Un homme faible n’avait pas sa place dans notre peuple, ou alors pour le servir dans la poussière. Les faibles n’étaient rien, les guerriers étaient tout. C’était sans doute pour cela que je ne voyais pas vraiment la fierté briller dans les yeux de Père lorsqu’il me regardait. Je préférais la parole au combat… Je préférais la liberté aux contraintes. Je ne répondis pas à Kal-El, le laissant libre de ses pensées. Le punir pour m’avoir adressé la parole ? Il avait sans doute raison, je n’étais pas ce genre d’homme, je n’étais pas ce genre de maître, mais je ne savais pas encore quel genre de maître j’étais. Un maître qui aurait voulu ne jamais en être un.

Il goûta son plat presque comme s’il était empoisonné, hésitant, avant de se jeter sur la nourriture comme si on allait la lui voler. C’était… dérangeant, presque fascinant. Alors qu’il s’empiffrait car tel était le seul mot qui me venait à l’esprit, je ne cessais de le regarder un peu à la manière d’une bête curieuse qu’on cherchait à comprendre. Moi aussi je chercherai qui il était au final. C’était comme si chacun de nous, quelque part, essayait d’apprivoiser l’autre. Apprivoiser ou comprendre… Je ne sais pas trop. Son regard parcourant la salle avide me  fit me demander s’il cherchait une issue pour s’enfuir. Les esclaves pensaient-ils continuellement à la liberté ? Je crois que ça aurait été mon cas si je l’avais été car même dans ma situation si dorée soit-elle, j’y pensais.

" Si tu cherches à t’enfuir, c’est plus que la peur que tu auras  "

Le punir pour avoir voulu gagner sa liberté ? Très franchement ce n’était pas ce que je voulais mais ce n’était pas moi qui faisait les lois ici et je savais très bien ce qui lui en couterait, ce qu’on m’obligerait à faire pour ne pas perdre la face. Des choses que je répugnais par-dessus tout. Des choses qu’on me contraindrait à faire encore et encore. En m’offrant cet esclave, mon frère m’enchainait plus surement que s’il avait fait de moi-même un esclave et je commençais seulement à me rende compte de l’ampleur du piège dans lequel j’avais accepté de me fourrer.

" Dépose ton bol sur la table. Nous y allons  "

Il avait à nouveau baissé son regard comme pour fuir le mien, tapant sur son bol comme un petit écureuil le ferait d’une noisette un peu trop dure. Il m’avait semblé abattu. Par la situation, par ce qu’il était ? Parce que peut-être je n’étais pas le genre de maître à qui il aurait aimé avoir à faire ? Je ne le saurai sans doute jamais mais il était temps de lui montrer mes quartiers et … ses quartiers par la même occasion. J’avais des appartements à moi mais je n’avais pas encore fait aménager quelque chose pour lui, quelques ordres et il aurait une paillasse pour dormir chez moi ou… peut-être que je pourrai le faire dormir sur un divan… Je verrais bien. L’important pour l’instant était de l’y amener. Shell aurait sans doute dit de le cacher mais ce n’était pas ce que je pensais, n’est-ce pas ?

Nous quittâmes les cuisines assez rapidement et pourtant je faisais attention à ne pas avoir une trop grande foulée. Je mesurais mes pas jusqu’à presque me faire mal de ne pas aller à une plus rapide allure. J’étais plongé dans le silence et mes pensées.

Lorsque je franchis les portes de mon chez moi, je laissais mes yeux parcourir les lieux. Du rouge, de l’ocre et de la couleur sable. Quelque chose de conviviale rappelant l’intérieur des tentes berbères d’autrefois et les palais arabes. Mon chez moi, ma cage dorée.

" Bienvenue chez moi  "


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Sujet: Re: the resurrectionist or existential crisis [DEMYAN/KAL-EL]
Dim 4 Juin - 9:38

RP archivé suite à la suppression de Kal-El

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Sujet: Re: the resurrectionist or existential crisis [DEMYAN/KAL-EL]

 

the resurrectionist or existential crisis [DEMYAN/KAL-EL]

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