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˜˜˜˜˜˜Un avant-goût d'apocalypse [Cassandre]
maybe life should be about more than just surviving


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04/03/2017 82 Anna Torv pêche/cueillette 125


Sujet: Un avant-goût d'apocalypse [Cassandre]
Sam 11 Mar - 23:42

Je ne sais ce qui me réveille. Si c’est la toux qui m’écorche les poumons. Si c’est le grincement du métal, au dessus de ma tête. Si c’était juste le moment. Sous mes doigts, sous ma joue, quelque chose d’étrange. Râpeux. Rude. Et l’odeur, insoutenable. Et les sons. Étouffés. Étranglés. Éloignés. Les sons qui sifflent, suppurent, suintent, serpentent. Se distancent. Résonnent.

Et la toux. Mes poumons qui s’arrachent. Mes yeux qui pleurent. La douleur, partout. Dans mon corps. Qui explose. Le corps. La douleur. Ma tête. Tout explose.

Je délire.

Le vaisseau filait. Puis il y a eu le hurlement du métal qui se déchirait. Nos hurlements.

C’est peut-être d’avoir crié que ma gorge se déchire.Ou de respirer la fumée. De tant tousser. Chaque toux fait hurler mes membres, vociférer mes chairs. Oh, la douleur… En vie. Je suis en vie. Malgré la chute. Mon corps projeté. Les craquements sinistres.

Se lever. Il faut se lever.
Il faut… Il faut…

Une autre quinte. Me fait gémir. Tout fait mal. Mes os. Mes muscles.mes articulations. Ma colonne. Tout. Et mes joues ruissellent de larmes, et ma gorge ne cesse de geindre et de tousser et sous mes doigts il y a… le sol ? Le sol terrestre ?

Un rire.
Rauque.
Déchiré.
Incrédule.

Nous ne sommes pas morts. Nous sommes arrivés…

Soudain, le sol tremble. Secoue. Un bloc de métal et de câbles s’abat, à quelques mètres de moi. Sous mes yeux. Mon regard ébahi. Effrayé. Je me redresse. Presque précipitamment. En ignorant mon corps qui proteste et une autre quinte de toux qui me secoue toute entière.

Rien de cassé…
je ne crois pas.
Je tiens debout.
Pliée en deux, mais debout.

Bien plus que tout ce qui se dresse autour de moi ; entre les colonnes de fumée, les tôles froissées, entre les silhouettes fantomatiques, égarées, qui hurlent et pleurent, se dessine la carcasse argent et nuit de la station. Le navire qui grince et menace… Qui nous a tous toujours protéger, qui refuse de nous laisser échapper à ses griffes, le grand oiseau charognard qui a tenté de nous immoler et à présent, tend ses griffes pour nous empo…

Je délire.

Du dos de la main, j’essuie mes yeux, je bats des cils, tente de voir à travers les larmes. S’éloigner de l’épave. Suivre le sombres. Nous hésitons tous. Nous tanguons. Des sanglots, un peu plus loin, sur ma gauche. Des hurlements d’enfants, au loin. Et… je ne parviens pas.. pas à m’en soucier. Pas à m’inquiéter… pas à …

Je délire.

Je pleure ou je hurle ou…
Je ne sais pas.
Pas même si c’est moi.

Il y a ma tête qui éclate. Il y a mes pas mécaniques. Douloureux. Les colonnes de fumée. Quelque part, un crépitement de flammes. Je crois. Un feu, c’est gaspiller l’oxygène… Un feu, je ne connais pas…

Je trébuche. Le sol est rude, froid, m’arrache un autre gémissement. Mais il faut se relever.

C’est une racine qui m’a fait tomber.
Une racine. D’arbre.
Un arbre. Un vrai, monstrueux, chétif, arbre.
Le sol n’est même pas droit.
Pas plat. Pas dur. Pas métallique.
Mais c’est quoi, ce sol ?
Qui a pu créer ça ?

A peine quelques pas sur la terre traitre et je bouscule quelque… une enfant. Silencieux. Aux yeux immenses, plein de larmes. Qui me regarde sans bouger. Nadya. Nadya aux cheveux sombres, aux yeux plus sombres encore, aux lèvres rouges, au teint d’or. Nadya au rire magique. Nadya qui commence à déchiffrer…

« chérie... »

Je croasse plus que je ne parle, et elle ne semble pas comprendre, même lorsque je m’agenouille devant elle, même quand je lui répète mes questions. Elle a de si menues jambes, de si petits pas, de si grands yeux, de si grosses larmes. Un tel silence, comme un gouffre. Sur mon dos, elle ne pèse presque rien. Ou si peu. Il faut continuer. Au milieu de plaintes, des cris, avec la brise douce qui déchire la fumée, nous laisse entrapercevoir un univers de plantes et de couleurs, au delà des plaies du crash.

Son corps est si chaud, dans mon dos, son menton pèse au creux de mon épaule. Elle m’étrangle presque de ses bras potelés.

Il faut avancer.
Je nous entends tousser.
Je la sens pleurer dans mon cou.
Je les entends geindre, autour.

Il faudrait les aider, il faudrait…

Ils sont plusieurs, rassemblés, échoués près d’un énorme rocher… Plusieurs à nous regarder, hébétés. Un adolescent, un enfant, trois adultes, une vieillarde. Un homme rubicond, hystérique, hurlant, pleurant.

En le voyant, Nadya, elle aussi, se met à hurler, braillant sa terreur, sa souffrance, dans mes oreilles. Je gifle l’idiot, de toutes mes forces, le laisse stupéfait, horrifié.

« Vous la terrifiez ! »

Je hurle sans doute. Mes oreilles résonnent et sifflent toujours. Je m’entends à peine. Mais je m’arrache la gorge à l’engueuler, en pleurant, toujours, malgré moi, malgré tout ce que je lui reproche. Et accrochée à mon dos, Nadya pousse des cris de plus en plus perçants, que même moi je perçois, que…

Je la laisse glisser au sol en tentant de me calmer, de la calmer, de…

Je tremble.
Des pieds à la tête.
Je la câline,la serre, essuie ses larmes.
Je lui raconte des mensonges.
Que tout va bien.
Que ses parents ne sont pas loin.
Que je ne suis pas fâchée.

Tout ce qui me passe par la tête.

Que le gentil monsieur va s’occuper d’elle, que je vais aller les chercher. Son papa. Sa maman. Les ramener. Qu’il ne faut pas pleurer.

Et, lorsqu’elle n’a plus que quelques sanglots, je la pousse vers eux, en me redressant, les regarde un moment, sans vraiment les voir. Dans mon dos, des cris, des appels à l’aide, quelques silhouettes qui en traînent d’autres. La solidarité semble s’organiser, et …

"Surveillez-la... je vais y retourner..."

Je plisse les yeux devant une adolescente, aux traits familiers. Son nom n’est pas bien loin de mes lèvres, va me revenir, je crois.

« … ca… Cassandre ? »

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Sujet: Re: Un avant-goût d'apocalypse [Cassandre]
Mer 29 Mar - 12:49



Elle est sous le choc, ne se souvient pas comment elle s’est levée, comment elle a marché, comment elle s’est remise de la violence de leur crash et des pertes humaines qu’ils ont subis, qu’elle a subies. Trop violent. Il fait froid malgré la chaleur que leur apportent les premiers rayons du soleil qui les atteignent. Ils sont bien loin de la froideur métallique du vaisseau  et pourtant elle a froid, elle se sent vide. Elle n’a pas l’envie d’être curieuse, de regarder à quoi cela ressemble, pour de vrai, la Terre, celle qu’elle a tant voulu voir un jour. Si elle avait su qu’elle les perdrait pour que ce rêve de petite se réalise, elle ne l’aurait sans doute jamais souhaité. Jamais elle n’aurait regardé au-delà de leur vaisseau juste pour voir cette petite madame bleue qui n’était plus leur maison depuis bien longtemps. Elle n’est pas démoralisée pour autant, Cassandre, elle a juste besoin de temps pour accepter le fait qu’ils ne sont plus là. Alexandre n’est plus là, ne pourra pas voir avec elle ce monde qu’il désirait voir encore d’avantage plus qu’elle, sa mère adoptive, elle n’aura plus l’occasion de la voir, de la serrer dans ses bras. Elle est triste mais s’efforce de garder ses larmes pour elle, de ne pas se soucier de cette blessure qu’elle porte à son bras. Certains ont été bien moins chanceux qu’elle, certains sont morts.

Morts.

L’horreur de ce qu’ils ont vécu ces dernières heures la frappe et elle plie en deux pour vomir à nouveau. L’odeur des cadavres, du feu qui s’est emparé de quelques endroits de leur ancien habitat devient à peine supportable. Elle essaye d’oublier le visage de celui qu’elle n’a pas eu la force de porter dehors. Elle ne pouvait pas non plus rester et voir sans cesse ce corps sans vie à ses côtés, lui qui aimait tant la vie n’est plus là pour la vivre sans réserve. Elle en veut à tout le monde, elle n’en veut à personne. Ce n’est pas de leur faute, pas même la faute de ceux qui ont décidé de leur sort en atterrissant ainsi. C’était l’atterrissage ou la mort certaine. La Faucheuse a frappé au hasard. Elle aurait préféré. Elle aurait préféré qu’il soit en vie, n’avoir jamais entendu ses os qui se craquent à la violence du choc. C’était l’Odyssée qui se brisait mais elle n’avait entendu que lui tout en s’accrochant désespérément à cette idée qu’elle ne subirait pas le même sort, qu’il n’en aurait pas d’autres qui auraient à découvrir son corps. Il y aurait suffisamment de morts et, égoïstement, elle n’avait pas souhaité être la prochaine, s’était accrochée tel un koala a ce bord de lit qui a amorti sa chute. Elle a son lot de blessures, son lot de peines mais elle est en vie. Elle qui cherchait toujours à aider les autres s’est finalement découvert cet égoïsme que de vouloir vivre en dépit de la souffrance des pertes, du corps brisé d’Alexandre qu’elle ne pourra jamais oublier, qu’elle verra encore pendant de nombreuses semaines en tentant vainement de s’endormir.

Elle a le regard hagard, Cassie, ne sait plus trop ce qu’elle doit faire, se sent terriblement seule, sans attache, sans quelqu’un à qui se raccrocher. Elle regarde les alentours, les gens qui s’affairent, qui crient, des jeunes qui ont perdus des proches mais qui s’activent parce que c’est seulement ainsi qu’ils survivront, qu’ils mettront entre parenthèse, sans pour autant les oublier, ces disparitions violentes, ces morts auxquels ils ont assisté aux premières loges.

« … ca… Cassandre ? »

Elle tourne la tête, l’air encore perdu, à moitié surprise d’entendre quelqu’un qui la connait parmi les personnes encore en vie. Elle se frotte les yeux, chasse les dernières larmes qui s’y étaient accrochées avant de reconnaitre ce quelqu’un.  Madame Stone. Elle est contente de la savoir en vie, contente de voir un visage familier dans cette vision cauchemardesque qui l’entoure. Elle ne sait pas quoi faire, quoi dire, reste silencieuse pour ne pas éclater en sanglots. Elle ravale ses larmes, hoche la tête, a besoin de penser à autre chose qu’au visage qui ne la quitte pas depuis peut-être bien une vingtaine de minutes. Elle n’a pas voulu le quitter tout de suite avant de le quitter à jamais. Une douleur la prend au cœur d’avoir perdu trop tôt cet être tant aimé mais elle se tient debout, garde ses deux bras contre elle comme s’ils pouvaient l’aider à la porter, à la faire avancer dans ce monde sans lui. Elle grimace. Son bras blessé, elle l’avait oublié. Elle s’en occupera plus tard, a besoin de s’occuper l’esprit pour ne pas tomber. « Il y en a encore dans le vaisseau. » Elle se mord la lèvre inférieure, ne veut pas trop en dire d’avantage car les larmes ne sont pas loin. Certains y sont peut-être encore en vie. « Contente de vous savoir en vie Madame Stone. » Elle essaye de sourire mais n’y parvient pas, la lumière de la sincérité ne parvient pas à illuminer ses yeux et pourtant Dieu seul sait qu’elle ne ment pas, qu’elle un peu honteuse d’être contente de voir un visage familier malgré la tragédie qu’ils traversent.

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Sujet: Re: Un avant-goût d'apocalypse [Cassandre]
Sam 22 Avr - 14:51

Le monde entier est irréel. Le monde entier… n’est plus cette énorme cage de métal rassurante, suspendue, tournoyant dans le vide. Le monde est rempli de sons, d’odeurs, de grognement, de grincements, d’âcre, de brûlé, de sensations. L’enfer.

Dante et son enfer se sont invités, ont déchiré le satin du quotidien. Dante, son grotesque douloureux, ses cercles infernaux. De Béatrice nulle trace, ni de Virgile, ni d’une quelconque espérance.

Il y a juste cette silhouette, ce visage entraperçu, cette lueur tremblante, dans l’obscurité. Peut-être Cassandre.

Elle et tant de … Un instant, un court instant, je regarde, je vois vraiment. Autour d’elle. Tout. Un court instant, une fraction de seconde, avant d’être submergée. Trop. C’est trop… Et je m’accroche à sa silhouette.

Il faut qu’elle se retourne et me reconnaisse pour que je sois tout à fait certaine de l’avoir reconnue, l’ancienne élève. Avec les traces sombres sur sa joue, ses vêtements, sous ses yeux, avec les lacs sans fonds qui y brillent, sous les paupières rougies… Mais elle me reconnaît… et je n’ose imaginer mon état.

Le sourire posé sur ses lèvres, comme un mensonge de soie,prêt à s’envoler, à s’effondrer. Ne vient pas caresser ses pupilles. Griffe mes lèvres, les force à se courber un peu, à répondre. Ne contamine pas plus mon regard que le sien. Fait hurler mes joues.

Je suis en vie ? Assourdie. Je me sens surtout assourdie. Ou engourdie. Ou irréelle. Ou… Et douloureuse. De partout. Des orteils à la racine des cheveux, à chaque articulation, à chaque mouvement.

Je la regarde sourire un peu, à peine, avec tant de fragilité, à travers un voile qui brouille sa silhouette.

« … idem... »

Les phrases, les autres mots sont trop longs, s’accrochent à ma gorge, à mes poumons, à mon coeur. Les retourne et les lacèrent. Il n’y a que ce monstre-là qui a accepté de quitter mes lèvres, de s’élancer vers elle. Un monstre indifférent, que je tente de nier, en souriant un peu plus, en essuyant mes joues, en rejetant en arrière mes cheveux.

« Tu… tu ne devrais pas rester là..il y a du monde, plus loin…  »

Il y a encore du monde à l’intérieur. Il y en a encore, sans doute, aux alentours, survivants, assommés, blessés. A trouver. A réveiller. A aider. Et j’arrêterai peut-être de trembler, si j’y vais, si j’essaie. Et ce vide plein de bruits, ces basses qui résonnent dans mes os, dans mon vide, peut-être cela cessera-t-il.

Les yeux brièvement clos. Comme pour reprendre leur souffle et se préparer à, à nouveau, affronter…

Les yeux qui s’ouvrent et qui tentent de sourire. Qui notent d’autres silhouettes qui vont et viennent, se penchent, portent d’autres ombres. Des oreilles qui s’ouvrent, entendent une plainte continue, sourde, qui approche, dans le dos de la jeune fille.

Mon corps qui agit avant la compréhension, qui avance, agrippe la taille poissée de sang d’un inconnu courbé en deux. Son poids soudan, sur mon épaule. Je vacille, plante les pieds dans le sol pour résister.

« Oh putain... Tu peux m’aider ?»

C’est qu’il est lourd, avec ses épaules trop larges, gênantes, et son regard vide et sa blessure.

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Sujet: Re: Un avant-goût d'apocalypse [Cassandre]
Mar 13 Juin - 2:38




Elle tentait vainement de se reprendre, de se remettre de ses émotions, de se remettre du crash, de sa violence et de ces morts. Elle s’était relevée sans trop savoir comment, le regard vide à la recherche d’un visage familier. Dans ce chaos c’était ce dont elle avait indéniablement besoin. Peu importe qui c’était quelqu’un qu’elle n’appréciait pas (même si on pouvait douter que cela puisse exister), quelqu’un qu’elle n’avait pas vu depuis longtemps, peu importe. Juste. Un visage familier dans cette tentative de refaire surface pour ne pas se laisser aller dans la peine qu’elle ressentait. Dans la peine qu’ils ressentaient tous. Dans ces moments-là ils étaient tous pareils. Endeuillés d’un choc qu’ils n’étaient pas prêts à vivre, qu’ils n’auraient jamais été prêt à vivre malgré toutes les préparations et mise en garde qu’ils auraient pu avoir, qu’ils n’ont pas forcément tous eu. C’est le risque des décisions ainsi prises même si, et elle le sait, elles n’ont pas été prises à la va vite, d’un claquement de doigts, juste comme ça parce qu’ils en avaient eu le pouvoir. Ces hauts placés. Ces membres du Conseil.

Ils n’auraient pas pu rester indéfiniment dans l’espace, elle l’a compris avant même le départ des Cent sur Terre. Ce bon sens que toute ressources bien que calculées et protégées pour qu’aucun gâchis ne réside dans le moindre geste des citoyens, n’était inépuisable. Elle s’était souvent demandée à quoi ressemblait la Terre, ce qu’il s’était passé en bas pendant qu’ils étaient en haut, perchés au milieu des étoiles. Ça l’avait toujours intéressé mais cet atterrissage par ses victimes la laissait incroyablement chanceuse, triste et désemparée. Elle ne parvenait pas à avoir la bonne réaction ainsi perdue dans la foule de survivants. C’est ce qui la soulageait. Ils étaient nombreux et parmi cette foule, il y aurait des têtes qu’elle serait contente de revoir, des épaules sur lesquelles s’appuyer un instant. Aujourd’hui la Terre passe au second plan. L’important c’est juste ce qu’il reste de l’Odyssée. Les survivants. La deuxième volée de survivants du peuple qu’ils formaient. Une voix la tire de son désarroi profond, l’aide à refaire surface pour tenter de s’accrocher à un peu de réalité. C’est ce qu’il lui faut, quelque chose à faire. Aider ceux qui ont besoin d’aide pour se relever comme Wilhelmina l’a fait pour elle sans le savoir, sans même s’en douter. Cette voix, cette main tendue bien que métaphoriquement l’aidera à chasser le temps de ces quelques prochaines heures ces images qui dansent sous ses yeux depuis dix minutes, ces images qu’elle préférerait remplacer par des souvenirs heureux de quand ils étaient encore en vie.

« Tu… tu ne devrais pas rester là..il y a du monde, plus loin…  » Son faible sourire se fane légèrement. Elle a trouvé en la professeur un visage connu et ne compte pas la lâcher de si tôt, retourner parmi cette foule de gens qu’elle ne connait pas encore, qu’elle apprendra à connaitre, c’est certain. Mais pas tout de suite. Elle secoue la tête à la négative. Elle ne veut pas qu’on la chasse si tôt après avoir repéré ce visage familier dans le brouillard opaque qui l’entoure, qui l’enserre. La vie d’avant n’est plus, une nouvelle commence de façon bien trop brusque et pénible ce qui la désoriente, lui donne cette envie de vomir comme pour chasser cette impression de malaise qui la gagne depuis qu’elle a vu leur corps, depuis qu’elle tente vainement de s’empêcher de vomir alors qui sait que peut-être après ça ira mieux et elle pourra agir normalement, penser correctement et aider Willie qui semble avoir du mal avec cet homme qui a une plaie béante au niveau de la taille. Si la vue du sang ne lui fait pas tourner de l’œil, c’est son dernier rempart qui cède, qui lui fait plier son corps en deux vers le sol. C’est fait. Ça ne l’aide pas forcément à se sentir mieux mais une fois debout elle pourra tout voir sans vomir à nouveau. Ce n’est pas le sang, ce n’est pas la fatigue, c’est le reste et tant d’images encore qui l’ont rendu d’un coup si faible. « Maintenant je peux. Qu’est-ce que je peux faire ? » La médecine, les plaies, tout ça, Cassandre, ce n'est pas son domaine comme plein d’autres choses à présent mais elle peut apprendre comme elle l'a toujours fait.  
 

Un avant-goût d'apocalypse [Cassandre]

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