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˜˜˜˜˜˜Entre deux méandres [ Richard]
maybe life should be about more than just surviving


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04/03/2017 120 Anna Torv pêche/cueillette 72


Sujet: Entre deux méandres [ Richard]
Mar 7 Mar - 23:38

Préparations. Vêtements. Sacs. Mes cheveux sont noués. Tressés. Sur une de mes épaules. Un brin de cuir les emprisonne. J’ai bien songé à les couper, cet automne, et puis…

Si je tends assez les mains, j’absorberai toute la chaleur, tout le crépitement, toute la dangerosité du feu… oh, surtout sa chaleur, je la voudrais toujours en moi.  Assise en tailleur devant les braises revigorées par quelques branchages, je ferme les yeux et savoure. Par mes pores, par mes mains tendues, mon visage incliné, par le tissu élimine de mon pantalon, qu’il faudra bientôt ravauder, par le foin fourré dans mes bottes pour les isoler. Et le  murmure du bois grésillant, je l’emmagasine, avec le rayonnement des flammes.

Au dehors, le ciel se teinte d’argent, du bleu des myostis, de rose de la valériane.
Les ombres, comme tracées au charbon noir, se découpent sur l’horizon pastel.
Nul besoin d e regarder… je sais.
L’odeur de l’air a changé.

Mais dans mes mains, le gobelet de métal irradie, brûle presque, comme la tisane, sur mes lèvres, contre ma langue, et ses quelques débris végétaux, qu’il faut recracher discrètement. Si, dehors, les premiers oiseaux poussent leurs trilles, malgré l’aigu du froid qui pince les chairs, au dedans, tout est encore paisible.

Il n’y a que mon cœur, mon palpitant qui se serre.
S’emballe.
S’arrête.
Défaille.

Oh, ne plus penser.

Il y a, même à cette heure, dans le campement, une activité discrète, il suffit de tendre l’oreille, de chercher. Feutre des pas en catimini, rythme des enjambées décidées. Tour de garde, insomniaques, oiseaux nocturnes, lève-tôt… Ils sont quelques âmes à se saluer de discrets hochements de tête, échangeant des sourires embués dans l’air givré, ils sont quelques autres à lentement s’éveiller. Lorsque l’un d’eux passe le visage entre les pans de cette tente, il suffit d’une inclinaison du visage, d’un sourire. D’un peu de tisane partagée.

Il suffit de sourire.
Si l’on pouvait en convaincre le loup.
Le lynx. Le puma. La chose.
S’il me suffisait de lui sourire...

Un autre cauchemar m’a arrachée au sommeil, il y a une heure, déjà. C’était pourtant un beau sommeil, un animal brutal, affamé, qui m’avait attrapée avec le scintillement des premières étoiles.J’aurais voulu que son étreinte dure bien plus. Quelle pure obstination m’a poussé a résister à l’envie de rejoindre, à nouveau, ce Morphée jaloux, possessif ? Peut-être aurait-il, cette fois, tenues éloignées les Furies ?

Trop tôt. Trop tard… pas le temps de vraiment me rendormir, pas le temps de profiter, mille choses à faire.

J’imagine, oh… ce doit être flagrant. Je le vois à leurs yeux. La craie violacée des cernes sous mon regard, qui trahit une nuit trop courte, la brièveté de leur présence, et le sourire compréhensif, en me saluant. Nous sommes un petit peuple nocturne, au sein du campement. Nous nous connaissons, à demi-mot. Ils savent mes nuits hantées.

Dehors, les envolées lyriques des merles se font insistantes.
Il est temps.


Si je tends assez les mains, si le feu me réchauffe assez… Le temps s’arrêtera, je n’aurai pas à affronter la morsure de l’hiver.

Le loup se moque, oh, je le vois.
Je l’entends.
Ricaner dans mon coeur.

Il suffit de ne pas écouter. De sourire. De songer. Par exemple… Le chemin à parcourir pour relever les pièges, placer ce nouvel essai de nasse, plus mince, tressée de clématite et de fils… déplacer certains filets, à la recherche d’un meilleur emplacement. Mémoriser les meilleurs méandres, les doux remous où se cache le poisson. Je pourrais commencer par l’affluent en l’amont, le point le plus éloigné, puis me rapprocher du campement. Le temps d’y arriver...aux poissons indigents resterait la caresse du soleil hivernal sur l’eau, et, peut-être une plus grande chance de se prendre à mes filets…

Commencer, donc, par la petite nasse placée sous le sorbier blessé et ses racines plongeant dans le courant prisonnières des glaces, au-delà des deux frênes. Puis suivre le courant. C’est ainsi qu’il faut progresser. Ignorer la ligne lointaine de l’horizon, aller de pierre en pierre, de faille en racine, de tronc en arbre abattu.

Le sorbier, donc.
Très exactement, oh… dans les moindres détails, ma mémoire repeint l’entremêlement des branches, que je pourrais imiter…
Pas la dessiner… je n’ai nul talent pour le dessin.

Tout aussi précisément, elle connaît les traces dans la neige piétinée, ma mémoire…

Elle ne s’en souvient que trop bien.
S’en mord les lèvres et …

La tisane est terminée, laisse une pointe d’amertume boueuse, citronnée sur mon palais.Le soupir, sur mes lèvres, est mécanique. Il est temps. En quelques allées et venues rapides, j’ai déplacé les lourds galets qui entourent mon lit auprès du feu, où, à mon retour, ils auront emmagasiné la chaleur. Si je le veux, ils seront prêts.

A mes épaules,  les lanières de la hotte d’osier qui accueillera le bois trouvé au retour . Dans mes poches, deux précieux sachets de plastique presque indemnes, pour y jeter les poissons. Sous mon matelas, réfugié là, je retrouve mon bonnet, et l’enfonce sur mes oreilles, enfile mes mitaines, vérifie… revérifie. Ai-je bien tout ? De quoi effectuer une rapide réparation, au besoin ? Une besace, si je venais à trouver quelque racine ou noix ?

Ai-je bien ma tête ?
Ai-je bien les sueurs froides, sur ma nuque, sous mon pull, sous mon t-shirt?
Le ventre serré ?
La détermination ?

Le campement s’éveille. Je le traverse rapidement.
M’arrête à l’une des portes. Regarde.
Nos pas incessant ont tassé la neige, le sol, dessous, en une voie presque plane, assombrie, sur quelques centaines de mètres, qui, ensuite, s ‘effiloche en sentes plus ou moins dessinées.

Mais je reste figée là.
Et je sens le loup, le lynx, le puma, le monstre que je ne connais pas.
Je le sens se rire de moi.
Avec ses traces de pas, de combat dans la neige.
Et cette grande éclaboussure rosée sur le manteau immaculé.
Ses traces de repas.
Le loup rit, il m’attendra.
Ce matin, demain, une autre fois…

Nous n’avons pas vraiment besoin de poisson, n’est-ce pas ?
Les yeux clos, j’inspire, expire, attends.
Un courage qui ne vient pas.


Mais il faut… il faut, je n’ai pas le choix.
Serre-les dents, Wil, serre les crocs..
C’est toi qui lui souriras.

Immobile. Paralysée. Le regard lointain. Le regard prisonnier des nuages de buée, qui accompagnent mon souffle.

Le sol gelé crisse, craque doucement, sous les pas, à quelques mètres de moi, dans mon dos. M’arrachant à ma paralysie. D’un regard par dessus mon épaule, je reconnais la silhouette du garde. Hésite un instant. Juste un instant. À peine un instant.

« Coben ! »

C’est comme un aveu.
Une faiblesse soudain exposée.
Un abcès encore gonflé.

De mémoire… Je ne l’ai sans doute jamais interpellé ainsi.. peut-être, parfois, doucement, pour le tirer à ses idées ou une discussion et qu’il accepte la boisson tendue ou l’assiettée préparée… Jamais… Oh non, jamais pour lui demander quoique ce soit. Les mots s’empêtrent sur mes lèvres. Se bousculent.

« Si … Il y… J’ai croisé des traces de prédateur, hier matin, en route. Et du sang… Si vous avez terminé… et si vous n’êtes pas trop fatigué… Je préférerais être accompagnée. Ou si vous savez à qui je pourrais m’adresser...»

Peut-être ai-je un peu rougi. Peut-être la morsure du froid sur ma peau le cache-t-elle. Peut-être n’est-ce qu’une illusion, un relent du mépris que j’avais pour lui, là-haut… Et mon imagination qui s’imagine qu’il savait très bien, trop bien, ce que j’ai pu penser de son impassibilité de soldatesque.

« J’ai oublié de le signaler hier... »


J’aurais préféré mourir qu’en parler. Que demander.
Mais c'était hier.

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23/05/2015 avengedinchains 1265 Andrew Lincoln lux ♥ / sign by Alas Chef de secteur devenu chef de la garde après le crash. 1
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Sujet: Re: Entre deux méandres [ Richard]
Mar 14 Mar - 11:24

» Entre deux méandres
Le temps se fait déjà plus paisible et finalement, l’hiver entreprend de laisser sa place à une saison plus clémente. Contrairement au précédent où tout avait semblé compliqué, pour celui-ci, ils avaient été en mesure de se préparer et de faire les choses correctement. Non, ça n’a pas été évident au départ et bien sûr, le froid qui dévore les pieds, il ne facilite absolument rien. Mais il faut faire le nécessaire pour que ça s’arrange. Que ce soit facile ou non, on n’a pas vraiment le choix, c’est un fait. Richard n’est pas certain que ça puisse être simple tous les ans. Malgré les années qui s’écoulent, il continue d’être persuadé qu’il faut apprendre à faire le stricte nécessaire pour rester en vie. Si ce n’est pas facile pour les gens, il n’y a pas vraiment le choix. Richard est là, debout devant ce qui ressemble à une tente, son petit chez lui où il trouve le sommeil de temps en temps. Le chef de garde n’a pas vraiment pour habitude de ne rien faire. Et quand il se rend compte qu’il a plusieurs jours sans activité majeure ou fondamentale, il essaie d’aller voir du côté de l’autre campement. Il n’est pas toujours bien vu, il n’est pas non plus toujours bien accueilli mais il fait ce qu’il peut et il n’a pas vraiment beaucoup d’option, quand il considère qu’il faut qu’il établisse une certaine distance et qu’en même temps, il doit faire en sorte que ses enfants lui fassent confiance. Il aurait envie de croire qu’un jour, il pourrait occuper le rôle d’un père dans leurs vies. Sauf que ce n’est pas aussi simple. Il ne sait pas vraiment comment il faut s’y prendre pour leurs laisser du temps tout en se montrant présent pour eux. Il n’y a aucune méthode cachée, et aucun moyen pour que tout se passe bien. C’est énervant, et il ne le sait que trop bien.

Il faut aussi qu’il parvienne à, de temps en temps, les retirer de son esprit. Cela n’a absolument rien d’évident et sur bien des points, il ne sait pas où donner de la tête mais il essaie. Il doit faire le point, d’ailleurs. Sur les stocks, sur ce qu’il reste, sur les tours de garde. Il sait que certains de ses gars ont envie de changer de mode de vie mais il sait aussi que ça n’a absolument rien d’évident. Il ne sait pas forcément comment s’y prendre pour satisfaire tout le monde. Un heureux, trois insatisfaits. Quoi qu’on en dise, de toute manière, on ne peut absolument pas faire les choses comme on l’aimerait. Il a envie d’y croire, mais ce n’est pas comme ça que ça fonctionne, et il le sait. Mais il est difficile d’être le chef et d’essayer de faire le nécessaire, au milieu de tout ça. Il essaie, bien sûr, mais ce n’est malheureusement pas comme ça que ça marche. Ces derniers temps, il est vrai qu’il a pris les décisions sans chercher plus loin, il est vrai que c’était même beaucoup plus facile comme ça. Mais ça râlait et il ne veut pas avoir une mauvaise coalition dans le groupe. Tout pourrait partir en vrille, à n’importe quel moment. Le conseil fait déjà très bien les choses pour que tout soit bancal, dans le coin. Ce n’est donc pas à lui de foutre le bordel encore plus. Il faut faire attention à l’esprit d’équipe. Aujourd’hui, plus que jamais.

Plongé dans ses pensé, à l’écart légèrement, il ne sait pas vraiment à quoi il pense ni à quoi il réfléchit. Il tente de faire le point mais bon nombre de sujets se mélangent et il ne parvient pas à trouver ce qu’il est judicieux ou non de penser. Il y a Skylar un peu plus loin, lui avec qui certains sujets semblent compliqués, avec qui il n’est pas toujours évident de parler, ces derniers temps. Une tension palpable qu’il tente malgré tout d’oublier, le plus souvent possible. Mais il n’y a rien à faire. Il n’y arrive pas. Et même s’il serre les dents pour que les choses se passent bien, ce n’est pas toujours une grande réussite. Il y a qu’il a peur de le perdre et qu’il n’a pas non plus envie de le voir s’éloigner, même si ce n’est qu’un peu.

Lorsqu’il entend son nom, il sursaute légèrement, se tourne vers la source, tente de se souvenir de son nom. On ne peut pas se souvenir de tout le monde, pourtant, et cette femme ne fait pas parti de ses gars. Alors forcément, c’est plus difficile encore. Un prénom compliqué, s’il ne se trompe pas, d’ailleurs. Et c’est sans doute pour cette raison qu’il a un blanc. Il l’a déjà surprise en train de l’observer. Plusieurs fois. Sans doute fait-elle parti de ce cercle de personne qui n’est pas capable d’accepter les choses qu’il a fait ? Il ne saurait dire et dans le fond, il n’a pas non plus envie d’y penser. Tout ceci est déjà bien assez compliqué pour qu’il n’ait pas besoin de chercher plus loin. Alors il reste là, il attend qu’elle reprenne la parole, qu’elle lui dise ce qu’il veut. Il croise les bras, il la toise un instant. Il n’ait pas du genre à apprécier d’être appelé de la sorte. Le chef de garde aime qu’on mette la forme, c’est vrai. C’est vrai aussi que c’est ridicule, mais il est comme ça et on ne peut pas lui enlever sa façon de penser. « Si … Il y… J’ai croisé des traces de prédateur, hier matin, en route. Et du sang… Si vous avez terminé… et si vous n’êtes pas trop fatigué… Je préférerais être accompagnée. Ou si vous savez à qui je pourrais m’adresser...». Hier matin. Il reste là, à la fixer, incapable de comprendre pourquoi est-ce qu’il se met à lui dire ça maintenant. Non que ce ne soit pas intéressant mais du sans non loin du campement ? C’est un fait à rapporter au plus vite. Il ne faut pas bêtement attendre, comme ça. Plus de 24h se sont écoulées et quoi qu’il ait pu y avoir, il n’y a sans doute plus rien. « Je suis le chef de la garde. Je vois difficilement à qui d’autre vous pourriez vous adresser, hormis le conseil et je ne le conseille pas vraiment ». Surtout qu’en définitif, ils lui demanderaient, à lui, d’envoyer quelqu’un ou d’y aller. Autant se passer de ses courbettes pathétiques. « J’ai oublié de le signaler hier... ». En effet oui. Elle a oublié. Il soupire un instant, tenté de lui faire comprendre que c’est pas très malin et qu’il faudrait qu’elle fasse mieux, la prochaine fois. Mais ce n’est pas comme ça que ça marche, il faut qu’elle le comprenne. Il n’a pas non plus envie de lui faire un sermon. Mais tout ceci, ça part un peu en sucette, n’est-ce pas ? Si elle avait vu un corps, aurait-elle aussi attendu aussi longtemps ? « Montre-moi. Mais la prochaine fois, il faut que tu viennes me voir immédiatement ». Oui, dans l’instant où quelque chose ne va pas, sinon, il n’y a plus d’intérêt, n’est-ce pas ?


notes » with Willy, dans le campement mais sur le point de sortir, 07/03/2117

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04/03/2017 120 Anna Torv pêche/cueillette 72


Sujet: Re: Entre deux méandres [ Richard]
Dim 2 Avr - 23:20

Je le vois à son regard, que, du haut de mes trente-quatre ans, je me suis mal comportée, qu’il pourrait me sermonner comme un fait la leçon aux enfants. C’est apparent. Entre le voile de fatigue, la lassitude et la distance, entre deux étincelles étouffées.

Je le vois. Ou je le projette. C’est un phénomène étrange… Avoir,soudain, envie, besoin de se justifier.
Des clarifications que je tais. Comme lui se tait.

C’est étrange, il suffit de lui parler, de sentir son regard peser. Il suffit de cela pour réaliser qu’un animal sauvage n’est pas un danger que pour moi. Que d’autres s’aventurent aux alentours. Que d’autres pourraient être croqués.

Mais c’est moi qui ai peur, là.
Qui ai eu peur, hier.
C’est moi qui déteste les sorties et me tais.
Et tant pis, si je ne pense qu’à moi…

Je ravale aussi la voix qui lui dirait qu’il a le droit de déléguer, s’il doit vraiment me traiter en gamine.
J’étrangle les mots et les mâche et mastique.
Ils sont congédiés, ils n’ont pas leur place.
Je me contente d’un sourire.

« Je n’oublierai plus… C’est vrai, c’était irresponsable de ma part. »

Le sourire reste là, collé à ma voix et mes lèvres, léger, qui s’excuse sans doute plus que moi. L’excuse ne me coute presque aucun effort. Et, peut-être, une prochaine fois, au lieu de me taire, de peur de partager, d’évoquer ma peur, de la voir renaitre dans ma chair, je penserai à signaler le danger. Peut-être.

Peut-être que la peur sera pus forte que la notion de travail, de tache à accomplir,peut-être que comme hier je ne terminerai pas de relever mes pièges. Peut-être que l’ordre de mes priorités sera chamboulé.

Peut-être en serai-je heureuse, même.

« Montre-moi. »

Cela résonne encore.

Sous le soudain tutoiement, sous le reproche couvert, il y a ce petit ordre qui chamboule mon programme et mes espoirs. Il faudra commencer par le mener là où étaient, hier, les traces. Puis, de là, remonter vers l’amont, le petit affluent, jusqu’au sorbier… puis revenir sur mes pas. Soit.  Un détour, comme il y en a eu des dizaines de fois, jusque là. Rien de grave.

Ce qui pèse, ce qui s’incruste dans la chair, les tendons, les os, c’est l’idée de la route qu’il y aura à faire seule. De pierre en pierre. De ceux en pic.De ru en rivière. De dangers imaginaires en menaces fantasques.

Dieu que je déteste la terre…Ses arbres dressées comme des dents de prédateurs. Ses cailloux brisés. Ses sols gelés. Ses pièges et ses revers.

« Vous n’avez besoin de rien emporter ? Ce n’est pas vraiment la porte à côté… Je connais la route, mais… juste celle que je suis pour la pêche… Il y a des détours. »

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23/05/2015 avengedinchains 1265 Andrew Lincoln lux ♥ / sign by Alas Chef de secteur devenu chef de la garde après le crash. 1
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Sujet: Re: Entre deux méandres [ Richard]
Ven 5 Mai - 20:18

» Entre deux méandres
Si au départ Richard n’était pas trop désagréable, il a très vite fini par changer de comportement. Et ce ne fut pas forcément toujours facile et supportable. Richard est parfois maladroit mais dans le fond, certaines choses n’ont pas été faciles à supporter. L’homme qu’il est ne supporte plus les personnes à qui il n’a encore jamais vraiment parlé. Et il y en a un bon paquet sur le campement. Chef de la garde, il faut passer par lui quand on quitte le campement. Pas uniquement mais… On va généralement vers lui. Ainsi, les personnes à qui il n’a jamais parlé, ils estiment qu’ils sont un certains problèmes. Et ce n’est pas près de changer. La vie qui se trouve devant lui, il ne sait pas trop quoi en dire et il n’a pas particulièrement envie de réfléchir parce que bon, à quoi bon ? Il estime juste qu’il est toujours plus facile de se tourner vers autre chose. Ce n’est pas toujours évident, mais c’est principalement mieux comme ça. Cela fait plus d’un an qu’ils sont là, et au fil des jours, il s’est mis à juger. Il ne supporte plus ceux qui ne font rien ou en tout cas, ceux qui estiment qu’ils n’ont rien à faire et que les autres peuvent le faire à leurs places. Tout ceci n’a absolument pas de sens. Mais si c’est ce qu’ils veulent, très bien. Mais ça va clairement s’arrêter là. Il n’a plus envie de chercher. Il ne croit plus en ces gens qui estiment qu’ils valent mieux que les autres. Il ne sait pas forcément comment c’est supposé fonctionner et puisqu’il n’y a pas de mode d’emploi, il n’a pas particulièrement envie de chercher. Mais c’est comme ça, et puisqu’il n’y a rien à faire pour que ça s’améliore, il a juste choisi de faire sa vie comme il le souhaite et de s’arrêter à ça. On ne veut pas aller vers lui ? Très bien, mais ça tombe assez bien puisqu’il ne force personne. A côté de ça, qu’on ne vienne pas le chercher s’il n’a pas envie de se prendre la tête. Parce que ce n’est absolument pas comme ça que ça fonctionne. Il faut juste que son entourage le comprenne. Il est un peu brutal parfois, même s’il ne s’en rend pas compte et qu’il fait le maximum pour que ça se passe au mieux. C’est tout ce qui compte.

Et puis bon, il est plus facile de prétendre que tout va bien et de se centrer sur ce qui va, plutôt que de s’attendre à voir les choses s’améliorer. Ce n’est juste pas comme ça que ça marche. Et les gens doivent juste s’en rendre compte. Ce n’est pas simple non, mais c’est comme ça, et puis c’est tout. Au début, il croyait vraiment que ce serait différent. Qu’ils parviendraient à se soutenir les uns et les autres, que ce serait une réussite et qu’ils s’en sortiraient. Mais tout est parti en sucette dans une situation qu’il n’a pas été capable de comprendre. Pourquoi est-ce qu’on le repousse quand il demande aux gens de filer un petit coup de main ? Pourquoi est-ce que ce serait toujours aux mêmes de faire les choses pendant que les autres regardent ? pire encore sont ceux qui se permettent de juger alors que ça ne les concerne pas. Et lui, il ne sait juste plus où donner de la tête. Pire encore, il a juste l’impression que toutes ces personnes ne valent pas la peine qu’on s’intéresse à eux. Alors il les ignore, il ne fait plus attention. Il fait son petit bout de vie et il se permet de dire que c’est plus simple comme ça.

Alors quand cette fille se dirige vers lui, il ne lui prête pas vraiment attention. Il se montre froid, et il ne le fait pas volontairement. C’est juste qu’il ne parvient absolument pas à lui donner de l’importance. Lui, dans sa bulle, dans son monde, il se permet juste de croire qu’elle ne va rien lui dire de vraiment important. Et ça n’a pas de sens parce que ce n’est certainement pas à lui de juger de ce qui est bon ou ce qui ne l’est pas. Mais il est aussi difficile de s’en empêcher. C’est une histoire compliquée, voilà tout. Et il faut que ça s’arrête là. C’est mieux, du moins. Alors quand elle lui parle d’un truc qui remonte et qui n’est pas immédiat, il est un peu irrité. Et ça doit clairement se voir. Lui parler de traces qui datent du matin dernier, ça n’a absolument aucun sens hein. Et ça lui tape clairement sur les nerfs, pour tout dire. C’est chiant. C’est tout. Il ne veut pas avoir de compte à rendre sur ses songes et sa manière de fonctionner, mais à côté de ça, est-ce qu’on peut lui en vouloir de ne plus avoir envie d’y croire ? Est-ce que c’est vraiment aussi étonnant que ça ? Richard ne supporte plus ces personnes qui ne sont pas en mesure de comprendre sa manière de fonctionner et son envie de voir tout le monde s’entraider. Si les gens ne le comprennent pas, pourquoi s’attarder ou essayer de faire en sorte que ça le fasse ? Non, ce n’est pas comme ça que ça marche. C’est tout. « Je n’oublierai plus… C’est vrai, c’était irresponsable de ma part. ». En effet, mais là, pour le coup, il ne voit pas l’intérêt d’appuyer une nouvelle fois sur tout ça. A quoi bon, hein ? Disons que ça ne servirait pas à grand-chose et qu’elle n’a pas envie de tourner en rond. A quoi bon l’accabler plus que nécessaire hein ? Pourtant, il se retient de faire une remarque sur le sourire qui se dessine sur ses traits et qui n’a absolument pas sa place dans cette histoire. Mais il est là, et il ne les quitte pas. Mais c’est ainsi, et il préfère garder le silence. Il a envie de croire que ce sera plus simple comme ça, mais ce n’est pas le cas. « C’est fait maintenant. Fais juste attention. Ca peut être important ». Si c’est une menace, après tout, le campement a besoin de le savoir. Est-ce que ça a vraiment quelque chose d’étonnant ? Non, sans doute pas. Mais c’est arrivé, et il n’y a rien de plus à en dire.

« Vous n’avez besoin de rien emporter ? Ce n’est pas vraiment la porte à côté… Je connais la route, mais… juste celle que je suis pour la pêche… Il y a des détours. ». Il marque un temps d’arrêt. C’est vrai, il n’aurait jamais imaginé que ce serait si loin qu’il ait besoin de prendre des armes. En général, il en a toujours une sur lui, surtout maintenant qu’il a un arc, mais tout de même, de là à imaginer devoir en prendre une, ça change quand même la donne. Il faut juste savoir faire la part des choses ou en tout cas, essayer de le faire, parce que ce n’est malheureusement pas aussi simple que ça. Et c’est peut-être même mieux comme ça, finalement. Tant qu’elle connaît la route, c’est déjà ça. Mais si une fois dehors, elle se met à dire qu’ils sont perdus, il risque de perdre sa patience, clairement. « Je vais chercher ce qu’il faut alors » Il ne s’attarde pas vraiment, s’empare de son arc et de quelques flèches ainsi que d’un couteau. Il ne ressent pas le besoin de prendre un fusil. Il ne faudrait pas gâcher des balles pour rien et attirer l’attention, surtout. A quoi bon. Une fois qu’il est prêt, il revient vers elle, il n’aura laissé s’écouler que quelques minutes. « Allons-y ».


notes » with Willy, dans le campement mais sur le point de sortir, 07/03/2117

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04/03/2017 120 Anna Torv pêche/cueillette 72


Sujet: Re: Entre deux méandres [ Richard]
Dim 14 Mai - 20:21

Nous quittons le campement, ses frêles bâtisses protectrices, son semblant d’ordre , de calme. Nous. Lui et moi. Il y a quelque chose d’étrangement réconfortant à nos pas qui se synchronisent au bout de quelques dizaines de mètres et de boue à moitié gelée. Quelque chose d’apaisant dans le silence, malgré une tension sourde, agrippée à mes os, qui sommeille, collée à mon squelette, palpitant contre mes os, soufflant son souffre,son acide dans mon sang…

Mais, surtout, le calme.

Et son arc.

L’arc qu’il porte comme moi une besace. Que j’ai déjà vu. Jamais vraiment remarqué. Que je ne peux m’empêcher de regarder, mes yeux venant se glisser sur ses courbes, à cette arme, sur ses flèches, sur cette menace, cette protection contenue en quelques courbes, quelques droites. En son habilité supposée, au tir de cette arme. Barbare. Sauvage.

… Ce symbole de ce que nous sommes devenus.

Droits et raides, comme les silhouettes des arbres aux alentours du campement. Ils se sont raréfiés, ils dressent leurs silhouettes comme autant de cicatrices noires sur épiderme de velours bleu et céleste, ils hurlent et déchirent le ciel, le zèbrent de plaies, de fêlures.

Mon regard s’évade, d’arbre, de blessure en blessure, puis revient à lui. Nous marchons, et, lorsque nous nous éloignons des pistes les plus fréquentées, que la souillure sur les plaques de neige diminue, je n’ai que quelques mots pour indiquer la direction à prendre. Brève. Silencieuse. Les pas avançant, automatiques, vers le prochain but fixé.

Au sommet d’une toute légère côte, à l’abri d’un frêne dénudé, je m’immobilise, regardant les alentours, tentant de calculer les modifications de trajet qui me permettront d’atteindre au plus vite le lieu qui intéresse mon compagnon du jour.

« Je pense qu’il faudrait...couper, par là... Puis remonter… Une fois près de la rivière, je pourrai savoir avec plus de certitude.»

Mon doigt désigne des fourrés, qui se fondent à la masse sombre de la forêt, devant nous. D’ordinaire je rejoindrais le chêne aux branches tordues, à la balafre ventrale, phosphorescente, mais en coupant… L’on finit sans doute par arriver à la rivière, puis, un peu en amont, près de la neige imbibée de sang et de traces, vue hier.

Je n’ai pas vraiment le sens de l’orientation.Je ne crois pas. Je ne me suis jamais posé la question. Mais je ne me suis jamais vraiment perdue, jamais au point de n’avoir aucune idée du chemin prendre pour revenir sur mes pas. Un bouquet d’herbe, une fosse ou deux cailloux que, penchée, je superpose, sont autant de jalons sur mes parcours, sur mes tentatives explorations.

« Ce n’est pas… pas si proche du campement, au final... »

Peut-être n’est-ce en aucun cas une excuse. Peut-être ne devrait-elle pas s’excuser. Malgré tout, avec son statut, avec son aura et sa démarche assurée,malgré les accidents du terrain qu’il lui a fallu dix trajets avant de retenir et éviter, avec sa vigilance si sensible...Peut-être, qu’avec tout cela, il l’impressionne un peu, même si, jamais, elle ne l’avouerait. Même si, jamais, elle ne consentirait à le reconnaître.

L’ombre du garde craint et méprisé, sur le vaisseau, n’est jamais loin de l’homme qu’ont révélé leurs conditions de vie, moins… robotique.

Elle marche décidée, mémorise la torsion d’un tronc, l’angle d’une branche, déteste l’exercice et cette aventure inattendue. Aurait sans doute du se taire. Chanterait, au campement, pour dissiper le nœud dans son ventre, dans sa tête. Et si perdue dans ses pensées qu’elle glisse sur un morceau de bois à moitié décomposé et jute, avec toute la grace d’une charretière, en s’étalant au sol.

« AAARGH…. PUTAIN DE FORET ! »

Serrant les dents, elle roule sur le dos en se tenant le genou et étouffe la plainte et les autres insultes qu’elle aurait pu itérer, apercevant, à travers ces cils, derrière le voile humide de la douleur fulgurante, la silhouette du garde.
 

Entre deux méandres [ Richard]

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