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˜˜˜˜˜˜Wilhelmina Stone
maybe life should be about more than just surviving

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04/03/2017 82 Anna Torv pêche/cueillette 125


Sujet: Wilhelmina Stone
Dim 5 Mar - 15:17

Code:
✜ [color=firebrick]Anna Torv[/color] → Wilhelmina Stone



SURNOM
Wil, Mina, Stone. Évitez Mina, sauf si vous êtes un enfant.  
ÂGE
34 ans
ORIENTATION SEXUELLE
Fluide.
SITUATION AMOUREUSE
Naufragée.
MÉTIER / FONCTION
Institutrice sur le vaisseau.Tâches simples de survie dans le campement.
APTITUDE(S)
Cueillette, pêche.


Pour être heureux, il faut du temps libre, il faut ne pas avoir peur de mourir. Pour être heureux, il faut du confort, pas des fous rires nés de l'épuisement, de la terreur, des nerfs mis à rude épreuve. Pas de tension, de combat de coq entre égos. Elle les regarde se disputer, Wil, en serrant les dents et en refusant de participer. Il y a plus pressé... Elle pare à ces tâches-là. Humble. Effacée. Efficace. Pragmatique.

Elle n'aime pas la foule, Wil, ne l'a jamais aimée. Ne supporte pas trop de solitude. Gravite aux alentours des autres. Savoure les heures de solitude en forêt. Est terrifiée, aussi, mais refuse d'y penser. Toujours partagée.

Puis, au fil des jours, elle découvre un secret, une façon d'adoucir les peines. s'y attelle sans vraiment le réaliser. Elle écoute. Patiemment. Ne se confie pas. Accueille. Sourit. Chante. Lève les yeux au premier son d'une dispute, fusille du regard les coupables. Parfois, cela suffit à ce qu'ils détournent les yeux et se taisent. Parfois c'est elle qui les baisse. Elle préfère prévenir que guérir, confère à voix basse avec ces autres ombres du campement, partage les savoirs, cherche des idées, organise une routine.

Et elle dort seule. Malgré les cauchemars. A cause d'eux. Pour ne rien avoir à expliquer. Après avoir échangé quelques nouvelles idées sur une possible façon de conserver la viande ou de tresser un panier, elle s'en va seule, ranime son feu, près de sa petite tente, se livre à des essais, des expériences. Tente d'apprendre. De recouvrer des savoir-faire perdus.

Elle suit aussi les botaniste, pour apprendre, lorsqu'elle n'a pas de tâche pressante.

Elle a réussi à tresser une nasse à partir de fils électriques, échoue à produire une corde solide, à tanner une peau, elle teste de possibles collets et pièges pour le petit gibier, cherche, échoue... Puis elle s'en va ramasser des provisions de bois, de racines, revient entretenir le grand feu commun, les marmites d'eau, le moral des troupes.

Elle résiste en silence. Emmagasine les colères et les frustrations. Finira par exploser.

+ Comment se passait ta vie, ton quotidien sur l'Odyssée ? Quelles étaient tes fonctions ?


Dans le ventre de métal, j'ai grandi... parmi les privilégiés. Une grand-mère hiérarque, un père chirurgien,...

Mais moi, je suis du peuple, je suis citoyenne de seconde classe.

Dans le ventre de métal, j'ai appris, lu, chanté, avalé autant de livres que possible. Acquis des savoirs partiels. Transmis. Les connaissances de base.Lecture. Ecriture. Calcul. Sciences. Des nuées d'élèves se sont succédées à mes pieds, dans la cellule où nous nous installions...


+ Ton opinion sur les cents envoyés sur Terre, et sur les relations actuelles que vous entretenez avec eux ?


Il y a la douleur d'y avoir eu quelques amis... de vagues connaissances,  un élève, même.

L'incompréhension en surface: est-ce si difficile de se tenir à carreau, de respecter les Lois?

La compréhension instinctive, enfouie, du besoin d'éclater, de détruire, de fauter.

La honte d'avoir envoyé ces enfants, ces jeunes, en éclaireur, d'avoir accepté le sacrifice de leurs existences.

L'indifférence. La survie occupe trop de temps, trop d'énergie pour encore ressentir ou penser.


+ Comment as-tu réagi en voyant la Terre pour la première fois quand tu as atterri ?


C'était plus beau vu d'en haut.

Moins effrayant. Moins déboussolant. Plus petit.

Je ne savais pas ce qu'était un paysage sans cloison.Un horizon. le poids du ciel infini. Le sol mou sous les pieds. L'assaut des odeurs,des sons inconnus. Le mal de tête de l'oxygène. Le danger à chaque pas.

J'ai pleuré, pourtant. De soulagement. De douleur. De l'âcre des fumées de tôle froissée, de graisse de moteur brûlée. De peur. Toussé en m'éloignant des débris, de la carcasse. Me suis évanouie. Réveillée au milieu des cris et du chaos.

C'est cela un marais? Une forêt? un rocher? l'hiver? Le feu? L'eau fraiche?

+ En toute franchise, des regrets sur ta vie, et certaines actions avant d'arriver ici ?


Enfant, je pensais épouser un quelconque hiérarque, avoir un enfant, travailler dans un poste élevé.

Adolescente, j'ai abandonné le rêve du poste élevé,puis le confort des familles favorisées...

Adulte, j'ai pleuré le rêve d'un enfant,me suis consolée en en éduquant qui ne m'appartenaient pas.

C'est peut-être le seul, le dernier regret, qui lancine encore en mon coeur. Parfois.


+ Ton opinion sur les terriens ? En as-tu déjà rencontré ?


J'en ai aperçu un, un peu par hasard, en allant récolter du bois. avec ses fourrures, ses armes, son attitude méfiante, revêche, il m'a effrayée. On les dit rustre, rudes, on les dit divisés, on les agite en épouvantail ou en messies...

J'en voudrais un, parmi nous, pour nous apprendre à survivre... Un seul, inoffensif, volontaire ou enchaîné. Peut-être aurions-nous plus de chances, moins de morts.


+ Qu'apportes-tu à la vie au campement ? Quelles sont les tâches que l'on t'attribue habituellement ? Voudrais-tu quitter les tiens maintenant que tu vis sur Terre ?


Le stpaches silencieuses, qui permettent aux rouages de fonctionner... je suis de ceux qui les accomplissent. Récolte d'eau, de bois, de lianes, récolte de racines, de plumes...

Entretient du feu, tentatives d'amélioration du confort.Oreille attentive et silencieuse, à qui l'on peut se confier et qui ne dira rien... Dénoueuse de tensions inavouée. Chanteuse.

La femme dans sa conception affreusement traditionnelle, celle qui s'occupe du foyer, des tâches ménagères, des enfants, d'empêcher les hommes de s'étriper.

Mais une femme curieuse.


+ Des angoisses/craintes/phobies/problèmes de santé à signaler?  


Elle s'habitue mal aux grands espaces et à tous les sons, goûts, odeurs... toutes ces choses inconnues qui ne cessent de l'assaillir.



Des chimères drapées de nuits, collées à ma peau, mon corps englué de nuits vêtues de chimères. Se débat. Des griffes, dans ma chair. D’infinies gueules monstrueuses. Des abîmes, sans fonds. Et les étoiles, là-haut. Et la glace du vent, contre mes os.

Comme un hurlement de loup. Une décharge dans ma moelle. La course éperdue de mon cœur, qui accélère, accélère, éclate, gagnera, vaincra… qui, déjà ? Vaincra quoi, déjà ? La sueur sur ma peau. Froide. Âcre. Les cheveux sur mon front, ma nuque, mon dos. Collés. Le nuage pâle de mon souffle, dans l’air glacé. Glacial.

Je ferme les yeux. Frissonne. Pelotonnée dessous la couverture, avec mon cœur qui se débat et mes frissons de froid. Mes chavirements de terreurs.

Oh, mes 26 ans, comme je les ai détestés. Et Adrian. Comme je l’ai détesté. Pour son départ. Pour le divorce. Pour mon ventre stérile. Ce ventre que j’ai haï. J’ai honni, j’ai finalement pardonné. A Adrian plus qu’à mon ventre. Je l’ai regardé de loin, rire et aimer l’enfant de sa chair et de celle d’une autre. Je rêvais souvent de le frapper, de la tuer, de … J’avais 26 ans, je rêvais devenir criminelle, de mourir. Je ne savais pas qu’il y avait pire sort, pire cauchemar que cette peur-là.

Les pans de toile cirée battent et claquent, et secouent, et la tente tremble, battue de bourrasques. Tel un grand coeur détraqué, erratique. J’en suis prisonnière. Dans mon corps tremblant, encore griffé de cauchemar. Entre les parois cotonneuses de mon esprit obsidienne, étranglé, étouffé d’infinis paysages. Coincé entre deux, trois, mille sons étranges. Grincements métalliques de carcasse de vaisseau… fouets des toiles tendues...et…

Bien plus inquiétants.
Tant et tant effrayants…

Terres encore non répertoriées.

Vent.
Branchage.
Hululements.
Grondements.
Grincements.
Crissements.
Brâmes.

Battements assourdissants du palpitant effrayé, malmené.
Et mon corps qui frissonne, cherche à se réchauffer. Se calmer.

Je ne connaissais pas la nuit absolue, l’encre où se perdent les sens. Pas la moindre lueur, nul témoin de la vie ténue de notre carcasse-prison, de notre mère-Odyssée. Cette cage-monde qui nous berçait de son électrique ronronnement, de ses scintillements mécaniques, suspendue parmi les étoiles.

Morte, éventrée, la gigantesque bête au souffle métallique.

Elle nous a craché au sol comme un cadavre ses parasites, le gibier ses boyaux.


À neuf ans, j’avais appris la sagesse. Pas celle des ancêtres, des nonagénaires. Celles des enfants trop sérieux, trop menacés. À vingt-six ans je pensais à me rebeller. À trente-quatre ans, … il ne restait personne contre qui se rebeller. Ni père, ni mère, ni Adrian, sa femme, sa fille. Rien. La Terre qui sappe les force.


Il y a les tâches nobles, ici. La chasse. La défense. La diplomatie. La tromperie. L’invention. Et les autres tâches, nécessaires, inévitables, qui ne requièrent aucune joaillerie de l’esprit, aucun roulement de muscle. Comme autrefois, sur l’Arche : les tâches et les têtes changent, la hiérarchie reste. Se bouscule. Se combat.

Et notre nombre qui diminue.
Des visages fragiles, des traits hantés, des peaux creusées, des yeux enfoncés.
Des deuils que l’on ne dénombre plus.

Un de perdu, dix de…
Personne pour les retrouver, nos morts, nos fantômes, personne pour nous les sauver.
Tous, en chœur, pour les oublier.
Et exister.

Alors, en chœur, nous enterrons avec nos proches nos cœurs. Lorsque nous parvenons à creuser le sol gelé. De moins en moins profond. Lorsque nous n’entassons pas des pierres par dessus les chairs, lorsque nous ne les brûlons pas… Lorsque…

De biens étranges sorts dont écopent leurs cada...leurs corps, nos cœurs, que nous leur laissons.

Une règle: survivre.

Mon cœur est resté au creux des mains d’une enfant aux yeux plus sombres que la nuit, tant la faim, la peur et la douleur y avaient nidifié. Une histoire de blessure et d’amputation, d’impossible et de charité, une histoire incompréhensible pour cet organe là. Une décision sensée. Froide. Logique.

Mais c’est bien avant neuf ans, bien avant cela que j’ai accepté les Lois. La Survie. Le Bien Supérieur. La Mort, l’Exécution. Bien avant neuf ans, j’étais, nous étions, tous, implacables.

Des cils couleur terre, un prénom à vous enjoliver des couloirs de métal, un rire à vous alléger toutes les peines… Elle était la dernière de ma nichée, de mes élèves, la dernière des quelques survivants. Elle avait la morgue silencieuse, cachée, des habitants de seconde classe, que j’avais apprise à goûter. Et surtout, elle riait.

Le goût, l’odeur de l’air, de la terre humide. Tout l’étonnait encore après une dizaine de journées terrestres. Même le froid parvenait encore à la surprendre. Le poids et le gris du ciel, les brumes des matins, l’absence de murs, le lointain de l’horizon. Tout sauf la douleur de son membre écrasé. Tout sauf l’impossibilité de la sauver. Tout sauf le verdict.

Je lui ai laissé ce muscle rouge, inutile, vacillant, distrayant.
Il faisait trop de bruit, il faisait trop mal.
Nul besoin de lui.

Je ne suis ni garde, ni chasseresse, ni dupeuse ou dupée. S’il reste des enfants, je n’ai plus le temps de leur enseigner… Il y a toujours à faire, toujours à s’affairer.

À douze ans, ni les hublots donnant sur l’espace, ni l’idée des serres ne sont encore exotiques. Mes rêves se nourrissent de cables, de codes et d’impulsions électriques. Père me voudrait médecin, mère me voudrait loin. Des cables, des lignes de codes ou des impulsions...nulle ne me rend ma dévotion.Nous restons étrangères. Comme mère.

Le feu. Essentiel. A toujours entretenir. Le poids des fagots lentement assemblés et qui cassent les reins, plient les dos, vous donnent, pour seul horizon, la boue au sol. La chaleur des flammes à alimenter. Les casseroles d’eau bouillante.

Toujours avoir du feu.
Toujours avoir du bois.
Toujours avoir de l’eau chaude.

Premières lois.

Je suis des ombres qui s’agitent pour que ne s’écroulent pas ces piliers-là, de celles qui, à tour de rôle, s’enfoncent dans les fourrés ou entretiennent les braises. Y perdent leurs noms. Deviennent ces « on » indistincts.

Dans l’eau chaude, pouvoir plonger quelques maigres feuilles séchées.
Quelques racines, quelques os.

Parfois la lessive de cendre, les vêtements.

Parfois des bandes de coton, pour les blessés annoncés. Il n’a jamais assez de gaze stérile. Jamais de cas assez grave pour y sacrifier les réserves, jamais…

« On » fait bouillir des bandes de coton, de lin, de laine, de ce que l’on trouve.
« On » sert de l’eau chaude en lieu de tisane, de l’eau salée en lieu de bouillon. Parfois un vrai bouillons, les jours fastes.
« On » a une nuée de gringalets émaciés, orphelins, satellites dans les pattes, aux orbites affamées qu’on ne regarde plus.

« On » a bien de la chance, d’entretenir le foyer, de s’y brûler les mains, le visage.
« On » cède sa place. A tour de rôle.

A quatorze ans, c’est le coup de foudre. Je tombe éperdument amoureuse d’un papillon des étoiles. Entre deux lignes de texte, entre deux mots, l’univers palpite, mon cœur chavire, je sombre. Un océan de livres et de connaissances m’attendent. J’ai la vocation tardive, mais tempétueuse. Insatiable.

Il y a donc le feu, à entretenir, l’eau à récolter et à faire bouillir. Et mille tâches annexes. Surveiller les jeux des enfants, surveiller les humeurs des adultes. Fouiller dans mes souvenirs de lecture, à la recherche de parcelles de savoir.

Je ne sais pas commet tanner une peau. Pas vraiment. Théoriquement, uniquement. Partiellement. Il faut gratter, gratter, gratter, enlever la moindre parcelle de gras, de chair… étirer, fixer… et puis… Et puis les essais embaument, sont jetés.

Loin du camp, avec ces autres déchets qu’il faut convoyer. Pour n’attirer aucun charognard.

Je ne sais pas comment tresser une corde. Toutes les fibres végétales y passent, pourtant. Toutes cèdent. C’est peut-être l’hiver qui veut cela, qui ne veut pas, rend cassantes toutes les plantes. Des ronces immergées, dans un coin du marais, m’attendent, deviennent plus flexible… Un souvenir d’écorce ronces détrempées, quelque part, dans mes lectures, utilisées pour tresser… de l’osier ou des cordages… Je ne sais plus…

*Grat. Grat. Grat. *

Les épingles de sapin, sous mes fesses, m’enveloppent d’odeurs résineuses, m’isolent plus du froid que le maigre feu que j’entretiens, près de mon espace de travail où se côtoient mes tentatives biscornues. Un morceau de tôle, émoussé, replié. Sous mes doigts nus. Ne pas salir à cela mon unique paire de mitaine… La prochaine, quand l’aurai-je ?

Nous abandonnons nos morts nus face l’hiver. Pour ne rien perdre. Peut-être, un jour, l’un de nous suggérera-t-il de ne pas laisser leur chair se perdre ? Ce serait logique. Nous n’en sommes pas encore là, mais ce serait logique et…

Grat. Grat. Grat. Pour ne pas penser. Les chasseurs sont partis, ils reviendront peut-être les mains chargées. Il y a aussi la colle de peau de lapin, qu’il faudra apprendre à refaire. La colle de poisson. Faut-il les cartilages ? Les écailles ? La graisse ?

Gratter . Laver. Gratter. La peau peu à peu s’assouplit, sur cette pierre plate où je ne cessse de l’étirer, de la nettoyer… Peut-être faut-il également des plantes ou des minerais, pour réussir à tanner ? Peut-être mes efforts ne seront-ils encore qu’un autre échec.

Des produits simples… Peut-être des plantes… de la cendre… du sable…

Bien sûr, il nous reste du tissu, des vêtements. Bien sûr,nous avons des cables, de la résine...La fourrure, la corde,l a colle… Rien n’est prioritaire. Mais je m’isole et perds mon temps à tenter de percer leurs secrets.

L’étourneau vient se se poser près de moi. L’étourneau a sept ans, des cheveux corbeau, qui reflètent la couleur du ciel, des dents un peu trop écartées, le teint souffreteux et des cernes bois de rose sous les yeux. Il a toujours un sourire, un haussement d’épaule de son corps gringalet, et envie d’apprendre des chansons.

Deuxième moi de la survie : chanter.

Régulièrement, chanter, sauf dans la solitude. Sauf dans l’isolement, la forêt ou les errances qui nous éloignent du camp. Chanter au retour des gardes épuisés, chanter en épluchant des légumes, en essorant des vêtements. Des chansons simples, des comptines idiotes, les grands standards transmis par l’arche et nos ancêtres. Mais chanter pour alléger les cœurs,les peines et les journées, rythmer l’effort. Chanter en souriant, moins par bonheur de voir les autres, d’exister que pour dénouer les tensions, inviter au repos, à la détente.

Peut-être, plutôt que la corde, devrais-je tenter de fabriquer une flûte, un instrument quelconque.

Chanter, donc, et envoyer les oiseaux, avec leurs sourires innocents, accueillir en nuées de plus en plus maigres, les visages las ou consternés. Leur tendre un gobelet de tisane brûlante, leur faire une place près du feu. Les écouter. Muser ou chantonner, mais écouter. Laisser son cœur se noyer sous le poids de leurs difficultés. Et puis chanter.

Il y a les réticents, les trop fermés, les trop ambitieux, bien sûr, ceux qui ne s’assoiront pas auprès d’un feu, chasseront les enfants et ne vous diront rien. Ceux qui regarderont votre sourire comme s’ils voyaient une vipère. Mais il y a tous les autres corps épuisés que la musique et le parfum d’une boisson chaude bercent et rassurent.

Il est simple, mon rôle, dans ce campement. Je sacrifie à la Sainte Trinité.

Un Feu. Une Boisson Chaude. Un Chant.

Un mantra simple. Une promesse silencieuse. A leur retour, où qu’ils soient allés, tout cela les attendra. Il y a d’autres silhouettes, d’autres « on » qui partagent cette divinité-là, ou leurs voisines. Des ombres, de petits doigts qui s’activent en silence pour fluidifier, alléger la vie.

L’étourneau me fixe de ses grands yeux, couleur terre vue du ciel. Une couleur qu’il oubliera peut-être, que ses enfants ne connaitront jamais.

Au rythme du grattoir de métal sur la peau de lapin, je cherche que chanter… de ces vieux chants au rythme épousant les vagues et les taches ménagères…

«Well met, well met said an old true love,
Well met, well met cried he.
I’ve just returned from the salt, salt sea
And it’s all for the love of thee »

Mer salée… eau salée… Du sel… du sel peut-être ?
J’ai déjà chanté cet air-là à l’étourneau, sa voix fluette double la mienne, alors qu’il s’essaie à tresser des brins d’algue séchée.

«I could have married a  king’s daughter fair
She would have married me
but I’ve forsaken her crown of gold
And it’s all for the love of thee »

Nous nous sourions. Le temps s’allège.

Seize ans. La passion des aventures, la passion des chants. Toujours aussi peu d’aptitudes à visser ou coder, l’ambition farfelue abandonnée. Des masses de savoir à emmagasiner, à apprendre à régurgiter pour des nuées d’enfants. Le choix est fait... reste à apprendre.

Le campement est bien loin, à l’est, dans mon dos. Les craquements silencieux de la forêt m’entourent, m’isolent.
Penchée au dessus de l’eau, les précieuses mitaines dans la poche de ma veste, je regarde, les mains dans l’eau glaciale. A genoux au dessus des remous de l’eau, du gel qui grignote le cours d’eau…

Un autre filet trop fragile ou mal placé, brisé, que je remonte lentement. Qu’il faudra réparer. Une autre envie de rager ou de pleurer. Et les crevasses rouges à mes phalanges, mes doigts gourds, rugueux, douloureux. Remonter vers l’amont, jusqu’à cet autre tronc marqué, au pied duquel j’ai tenté un autre piège, une nasse. De fils métalliques. Et, au fond de l’entrelac, un corps effilé, long comme deux mains, se débat. Energie du désespoir, silencieuse.

Quels chants peuplent vos hivers, vos lits de rivière, Poisson ?
Quels chants pour vos morts ?

Il s’agite, saute, fuit, mais mes doigts finissent par se refermer sur son corps. Un coup, un seul, contre le sol. Son corps dans le plastique de mon sac, sur ma hanche. Un poids rassurant. Replacer le piège, aller relever mon autre tentative de filet, mon autre tentative de nasse, de plastique. Quelques dizaines de petits corps argentés, à peine plus long qu’un doigt, rejoignent le cadavre.

Il y a toujours cette tentation. Ce ventre affamé. Cet égoïsme  à fleur d’estomac, à fleur de langue et de dent. Qu’il faut chasser.

Rentrer au camp, tracer un autre sillon dans le manteau de neige. Avant que je ne sois arrivée, les poissons seront à moitié gelés, comme l’est la larme douloureuse que m’arrachent mes mains, coincées sous mes aisselles, et qui, peu à peu, se réchauffent. Rentrer avant la tombée de la nuit, alors que s’étirent les ombres…

19 ans. Une alliance malheureuse, un père en disgrâce, un déménagement. La rudesse grinçante des citoyens de seconde classe.

Elle a encore les mains.. presque douces, l’infirmière. Presque indemnes. Son visage n’a pas la peau mordue, rougie de froid.  Elle apaise le cœur et la mémoire, avec ses cheveux impeccablement réussis sur sa nuque, ses gestes mécaniques, professionnels, qui manipulent doucement mes doigts encore gourds, observe le fendillement de la peau sur les jointures.

Rien de grave, dit-elle, mais au moindre signe d’infection…

Oui, je reviendrai.

Eviter l’eau froide, les taches salissantes.

Nous nous sourions. Je la remercie. Nous savons toutes les deux l’inutile de ses conseils. Elle suggère  une décoction d’épines de conifères… Peut-être désinfectantes. Elle n’est pas certaine.

Le feu crépite à un mètre de moi. Me berce.

Le parfum d’épicéa, la vapeur, le coton que je passe en grimaçant sur les crevasses, appuyée à un débris, devant es flammes entretenues par un autre. Ecoutant les discussions d’autres, le rythme doux d’un chant au loin, le crépitement des corps argents sur la poêle. La lassitude, si lourde, vissée à mon squelette, encablée à mon esprit, codée dans mes muscles.

Je les écoute discuter, je ne comprends pas.

C’est l’étourneau qui se pose à côté de moi, à nouveau, et son regard inquiet qui me dévisage. Je ne lui ai pas demandé où étaient ses parents. Ou j’ai oublié. Ou je n’ose pas. Je lui souris un peu, autant que mes lèvres fendillées me le permettent. Magicien, du dessous de sa veste, il sort un petit cube de métal qu’il ouvre, me faisant signe de rester silencieuse, de ne pas attirer l’attention.

A l’intérieur, une masse blanc-jaune, un peu de graisse… Chapardeur ! Son index étale un peu de gras sur mes lèvres. Je crois qu’il n‘attend pas un mot, il se concentre sur sa tâche, sur son doigt qui fait fondre son précieux bien sur mes lèvres. Puis il en prend un peu au creux de ses mains et masse les miennes.

Je me demande ce que dirait le doc de ça... 

Et je m’endors, mes doigts peu à peu déliés par les siens.
DERRIÈRE L’ÉCRAN

Je m'appelle M. et j'ai 30 ans. Vous pouvez donc vous en douter, je suis une fille. J'ai connu le forum grâce à Cassian et je le trouve intrigant. Si possible, j'aimerais avoir un parrain afin de m'aider à l'intégration et la compréhension.


Mon personnage est un inventé et je ne vous autorise pas à en faire un scénario si mon compte se retrouve supprimé.







Wilhelmina Stone
Et quand il croit ouvrir ses bras son ombre est celle d'une croix


Dernière édition par Wilhelmina Stone le Dim 5 Mar - 20:44, édité 4 fois

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29/05/2016 Pivette 1728 Cynthia Addai-Robinson ava : Pivette / sign : Pivette Guérisseuse / soin & combat 906
I may be a twin but I'm one of a kind


Sujet: Re: Wilhelmina Stone
Dim 5 Mar - 15:40

Bienvenue officiellement

Courage pour la rédac' j'ai hâte de voir ce que tu vas en faire de cette charmante demoiselle !


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20/12/2016 ELOW ; 374 JAI COURTNEY ; ELOW ; INFORMATICIEN ET LIEUTENANT REBELLE / SPECIALISTE EN INTELLIGENCE ARTIFICIELLES, NOTIONS EN MÉCANIQUE ET ELECTRONIQUE, GÉNIE INCOMPRIS ; 139
— Chi cerca, trova —


Sujet: Re: Wilhelmina Stone
Dim 5 Mar - 15:42

ANNA ! :O Oh mes feels
Bienvenue à toi !

Admin △ Let the hunger control you
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05/10/2015 Electric Soul 4419 Jensen Ackles Lux Aeterna ♥, Electric Soul & tumblr Traître en cavale & rebelle anti-esclavagiste anti-royaliste (ex-mercenaire, ex-gladiateur) | Combat & maniement des armes 1230
Admin △ Let the hunger control you


Sujet: Re: Wilhelmina Stone
Dim 5 Mar - 15:59

Bienvenue officiellement Au risque de me répéter : Olivia

Par contre, je dois te dire que nous n'autorisons que 2 aptitudes pour un personnage de moins de 40 ans, il va falloir choisir donc Tu peux t'inspirer de ce que tu peux trouver ici

Bon courage pour la fiche, tu as 7 jours pour la terminer, n'hésite pas à contacter le staff si tu as des questions

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04/03/2017 82 Anna Torv pêche/cueillette 125


Sujet: Re: Wilhelmina Stone
Dim 5 Mar - 16:25

Merci à tous les trois!

Kyran: j'avoue que je ne sais plus ce que je j'avais noté dans mes aptitudes, vu qu'entretemps j'ai édité ma fiche XD En tout cas merci de l'avoir signalé et de m'avoir reposté le lien menant aux aptitudes. Pêche n'est pas mentionné ... >.> Je modifierai au besoin en continuant à travailler sur le tout!

Admin
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23/05/2015 avengedinchains 1264 Andrew Lincoln lux ♥ / sign by Alas Chef de secteur devenu chef de la garde après le crash. 220
Admin


Sujet: Re: Wilhelmina Stone
Dim 5 Mar - 16:27

bienvenue
par contre petite astuce, faut quand même que tu rédiges une phrase ou deux pour les questions, même si tu y réponds déjà dans l'histoire les "voir histoire", ça passe pas avec la police du coin

avatar
04/03/2017 82 Anna Torv pêche/cueillette 125


Sujet: Re: Wilhelmina Stone
Dim 5 Mar - 16:32

XD Merci de me prévenir, Richard Je m'attaquerai à ça quand j'aurai un peu réfléchi à ce que je garde/modifie

avatar
18/12/2016 fio 447 Emily Bador avengedinchains + r.meisel (text) chaman (savoir, voyance, éloquence) 35
forged from fire


Sujet: Re: Wilhelmina Stone
Dim 5 Mar - 16:37

ce prénom bref, bienvenue dans le coin ton début de fiche annonce déjà de belles choses, bon courage pour la finir

Admin
avatar
12/07/2015 3226 Clément Chabernaud kyran (vava) me (signa) Qui aurait crû que ce maigrichon était un garde ? Personne, pas même lui-même. Il est bien meilleur à planter ses tournesols en paix. 111
Admin


Sujet: Re: Wilhelmina Stone
Dim 5 Mar - 16:52

Bienvenue plus officiellement je suis super contente que tu ais craqué, Cassian a bien fait de te ramener par ici

Rien que les premiers mots que j'ai lu sont à tomber tu as une superbe plume, et tu es d'une efficacité monstre dis-moi (le sujet pour signaler la fiche finie, juste au cas où )

admin ∞ ghosts in your eyes
avatar
10/07/2014 Ace 5602 Taylor Marie Hill Skye (prisonner card), Thaïs (constellation name), Cecily (artemis) ♥ Leader Militaire: Chasseuse & Maniement des armes ✤ Adepte du lancer de couteaux ✤ Maman de bébé James (1an 6m) 0
admin ∞ ghosts in your eyes


Sujet: Re: Wilhelmina Stone
Dim 5 Mar - 17:02

Bienvenue par ici

J'espère que tu te plairas sur le forum

avatar
06/12/2015 Lux Aeterna 27017 Sophia Bush Avengedinchains (vava) ; Ace & Oreste (images profil); Lux Aeterna (sign & gifs & fiche rp) ancienne militaire - lieutenant, stratège, garde et patrouilleuse. Quelques notions de médecine et bases en maniement des armes. 1713


Sujet: Re: Wilhelmina Stone
Dim 5 Mar - 17:09

OMG je ne peux que plussoyer Noah, cette plume quoi
Bienvenue dans le coin collègue Odysséenne ! Et puis qu'est-ce que ça fait plaisir de voir une pêcheuse/cueilleuse Je te souhaiterais bien bon courage pour la rédaction de ta fiche, mais je crois qu'on va s'en tenir à un bon courage pour les derniers fignolages

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04/03/2017 82 Anna Torv pêche/cueillette 125


Sujet: Re: Wilhelmina Stone
Dim 5 Mar - 17:17

*_*

Merciiii...

Bien, vous m'avez encouragé à replonger dans ma fiche et à tenter de mettre en ordre tout cela.

... Voyons si je dois faire de grands changements!

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25/05/2015 Isis/Sara 2017 Laura Vandervoort ava: hopie; sign: isis Cartographe / apprentie chasseuse 30
Live & Explore
Don't Only Survive


Sujet: Re: Wilhelmina Stone
Dim 5 Mar - 17:30

oh! une autre trentenaire! officiellement bienvenue miss!

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13/09/2016 Anticarde 1962 Evan Peters fassylover (avatar) - soeur d'armes (crackship) - Tumblr (gif profil + signe) Sorcier - Médecine & apothicaire spécialité Poison. 624
Semeur d'épidémies éthérées


Sujet: Re: Wilhelmina Stone
Dim 5 Mar - 18:02

Ah ben enfin, c'est pas trop tôt !

Tu sais déjà tout, mais encore une fois, je suis tellement content que tu tentes l'aventure ici

Ta plume a toujours autant l'art de me mettre des papillons dans le cerveau, des feux d'artifices dans le ventre, des météorites dans les synapses et des horizons infinis dans les quinquets J'ai hâte de recroiser la plume avec toi Le lien de malade est donc obligatoire, et on invoquera le Destin et Saturne s'il le faut pour se trouver un sujet du tonnerre !


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14/11/2015 Isa & I 3051 Katie Melua Kyran adorable & Avengedinchains & Lux aeterna Mécanique & Nanotechnologie 219
ψ Cat on a Hot Tin Roof ψ


Sujet: Re: Wilhelmina Stone
Dim 5 Mar - 18:23

Bienvenue Wilhelmina Et merci à Cassian en passant qui amène des gens aussi passionnants que lui ( ou elle ), j'ai bien hâte de voir cette demoiselle évoluée ! Bon courage pour la validation et à très bientôt en jeu !
 

Wilhelmina Stone

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