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˜˜˜˜˜˜{{ Black wave / bad vibrations (Gus)
maybe life should be about more than just surviving

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07/09/2016 Nexus 244 Tom Mison Nexus Maniement des armes | orateur 30


Sujet: Re: {{ Black wave / bad vibrations (Gus)
Jeu 18 Mai - 14:32

Murphy disait vrai, elle disait juste. Ils ne leur pardonneront pas. Mais cela voulait-il pour autant qu'aucun avenir ensemble était possible ? Gustave se refusait à croire à des jours aussi sombres. Il avait toute une terre à découvrir, toute une vie à bâtir, seuls les fous et les idiots auraient l'audace de se focaliser sur les conflits plutôt que sur un futur bien construit.

J'crois qu'on doit juste apprendre à faire avec, que c'est une idée qui doit s'ancrer dans l'esprit même des plus récalcitrants d'entre eux et d'entre nous. Faut qu'elle fasse son chemin. J'crois qu'on est toujours plus fort quand on est uni, et j'crois...

« Le manque de communication finira par avoir notre peau, c'est une certitude. Ce sont nos pensées qui décident si nous allons réussir ou échouer. Il est... Fort intéressant de se pencher sur le pouvoir de l'intention, Murphy. Vouloir c'est pouvoir. Je crois que si nous voulons réellement changer les choses, nous le pouvons. »

La jeune femme attrape le bras de son comparse et Gustave se fige, plantant ses yeux clairs dans les siens. Surpris par ce geste, l'odysséen garde le silence. Il jauge, il sonde, espère voir dans le regard de Murphy quelque chose qui justifie ce geste si soudain. La pauvre tremble encore de son angoisse et d'un mouvement doux, Gustave dépose sa main sur celle de son ami dans une pression fraternelle qui se veut réconfortante avant tout.

Parce que toi, tu... Tu penses qu'on serait mieux si on se réunissait à nouveau, hein ?

« L'union fait la force mon amie, mais pas seulement. Nous avons besoin des uns et des autres... Mais nous ne parviendrons à rien en restant sur des conflits, en restant sur les règles qui nous ont régi jusque-là. Nous ne sommes plus prisonniers d'une cage de métal dans l'espace, nous devons adapter notre mode de vie, de penser et d'agir à cette terre qui nous accueille. Et n'oublions pas que ce sont ces rancoeurs, ces conflits, ces chantages qui ont conduit l'humanité à sa perte. Si ce n'est par masochisme, pourquoi voudrions-nous encore de ce genre de vie ? »

Et... t'as d'autres convictions comme ça ?

Un froncement de sourcils et un sourire naissant. Gustave fixe de plus belle son amie, quelque chose en elle s'était soudainement éveillé. Ce n'était sans doute pas à cause de ses mots, plutôt à cause de quelque chose de plus profond. Quelque chose qu'il avait négligé malgré la grande attention qu'il portait à son entourage.

« Viens avec moi, Murphy. »

Il glisse une main dans son dos et la force à avancer avec douceur. Gustave ouvre néanmoins la marche, hâtif de s'éloigner de ce camp sinistre rongé par la neige. Il dirige Murphy vers l'enceinte du campement passe les portes en sa compagnie puis se décide enfin à prendre la parole, toujours avec cette attitude altière qui ne le quitte pas. Gustave croise les mains dans son dos et soupir avant de prendre la parole.

« Il y a longtemps, une femme du nom de Marianne Williamson a dit... Notre peur la plus profonde n'est pas que nous ne soyons pas la hauteur, mais que nous soyons puissant au-delà de toutes limites. C'est notre lumière qui nous effraie le plus. »

Son regard se perd à l'horizon, l'homme se fait songeur alors qu'il continue sa marche doucement autour de l'enceinte du campement.

« J'ai souvent été dénigré pour ma façon de penser. Trop libre, trop ouverte est surtout basé sur un concept trop... Humain. Combien d'entre nous vivent avec cette culpabilité, celle d'être redevable de tout, envers tout le monde. Comme si nous devions nous excuser d'être heureux... Il y a ce souci avec la société, c'est cette bride, ce besoin de rentrer dans un moule qui ne nous convient pas. » Il glisse vers elle un regard en biais. « Prenons le temps mon amie... Juste un instant. Prenons le temps de nous demander si nous voulons être heureux. Il n'est pas question de mérite. Juste savoir si nous le voulons. Et tu réalisera que la plupart des gens sont enfermés dans cette bulle de victimisation de soi, on se fait du mal, on se culpabilise de beaucoup trop de choses qui n'en valent pas la peine. Nous ne cherchons pas réellement le bonheur, nous nous complaisons dans notre malheur. Tu m'as demandé mes convictions ? Les voilà. Je crois en l'homme, je crois en moi, je crois en toi. Je crois en chacun de nous et je crois qu'il est temps de détruire ce système parasite pour repartir sur du neuf, sur du vrai, sur du bon. Je pense qu'avoir la conviction de pouvoir changer les choses et le vouloir réellement c'est ce qui va nous permettre d'y parvenir. »

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06/12/2015 Lux Aeterna 30166 Sophia Bush Avengedinchains (vava) ; Oreste (image profil); Lux Aeterna (sign & gifs & fiche rp) ancienne militaire - lieutenant, stratège, garde et patrouilleuse. Quelques notions de médecine et bases en maniement des armes. 429


Sujet: Re: {{ Black wave / bad vibrations (Gus)
Sam 20 Mai - 1:25

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❝ Black wave / bad vibrations. ❞
Murphy Cavendish & Gustave Monroe
(26 février 2117)


Murphy n'était pas femme à faire confiance au premier venu, loin de là. Elle en était même l'opposé, méfiante à l'extrême, portant un regard sévère sur quiconque n'avait pas encore su faire ses preuves face à elle. Il ne s'agissait d'ailleurs parfois pas de quelque chose de tangible mais de simples impressions, un instinct qui ne l'avait que fort rarement trompée. Depuis qu'ils étaient ici, la méfiance de la brune n'avait eu de cesse de s'accroître. Chaque inconnu était une menace potentielle, même ici, même sur le camp, alors qu'ils étaient supposés tous se faire confiance. Elle voulait croire au bon de chacun, mais savait que tous ne partageaient pas les mêmes idéaux ou les mêmes convictions. Depuis qu'elle faisait partie de la rébellion, elle posait sur les autres un regard encore plus méfiant, presque comme si elle s'attendait à ce qu'ils lisent sur son visage son appartenance rebelle. Elle ne taisait pas plus ses opinions qu'avant, pourtant; tout le monde savait ce qui la faisait chavirer ou sortir de ses gonds. Son enfermement par les siens auprès des Cents un an plus tôt avait renforcé l'impression générale à son égard. Tout le monde savait ses idées parce qu'elle les clamait haut et fort, mais elle savait aussi où les limites se posaient, particulièrement lorsqu'il s'agissait du mouvement dont elle avait pris les rennes en intérimaire avec Chris, Tennessee et Devos après la disparition de Faust... jusqu'à ce qu'elle revienne. Mais cette situation commençait à s'étendre sur la durée, et il devenait de plus en plus évident que c'était à eux de gérer, maintenant. C'était à eux de mener le mouvement là où était son destin. « Certains ne veulent pas pouvoir », soupira-t-elle de regret mais non sans approuver tacitement la vérité soufflée par son ami. Oui, vouloir c'était pouvoir, car vouloir c'était le pouvoir. C'était l'intention qui faisait la différence, et encore plus dans les pires des situations. La volonté était une force négligée car on avait appris à attendre le miracle ou à dépendre des motivations d'autrui. On était juste sa propre richesse, et Murphy l'avait compris de ça bien longtemps déjà. Il était temps, ici, de prouver que l'on était capable de telles forces. Leur vie ici méritait des résultats concrets que seule la volonté pouvait offrir. « Avec les jeunes, c'est du cas par cas. C'est ce qui nous sauvera. Tout le monde là-bas connaît quelqu'un ici, et inversement. C'est l'individu qui compte, il faut qu'il se démarque de la masse. Noël a permis ça, de transformer l'idée de l'autre en la réalité de l'autre. » Elle haussa les épaules avec un sourire un peu pincé. « C'est une question de temps, mais on y arrivera. » Quelques mots de Gustave et cette réalité prenait forme, celle de l'espoir et de la conviction. Même s'il ne s'en rendait pas compte, il était un roc pour les plus perdus d'entre eux, et Murphy elle-même, aussi forte soit-elle de ses convictions, se perdait parfois en chemin. Il fallait des personnes comme Gustave pour les diriger lorsqu'ils perdaient leur boussole. Oui, elle lui faisait confiance, et si elle se retrouvait un jour totalement perdue dans ses idées, elle savait qu'elle pourrait compter sur lui pour la remettre dans le droit chemin. Plus ils parlaient et plus elle avait l'impression de voir ses propres idéaux se refléter en lui. « Il faut qu'on soit ensemble, parce que ne pas l'être ça a l'air de vouloir dire d'emblée qu'on est les uns contre les autres », approuva-t-elle. « Par facilité, par habitude, par manque de conviction, par manque de volonté », répondit-elle à sa question qui avait pourtant tout de rhétorique. « Il faut que quelqu'un ouvre la voie. Sinon on restera tous chacun de notre côté à croire que c'est plus simple, peut-être moins risqué. »

Une question de plus, juste une question, peut-être un peu faible ou innocente, mais à laquelle elle attendait de longs discours, encore, de longs discours reflétant ses convictions les plus intimes. Elle lui jeta un regard interrogateur lorsqu'il l'invita à quitter les côtés de la carcasse Odysséenne, puis appela son chien en tapant dans ses mains. Il aurait pu rester là si ça le chantait, mais elle aimait l'avoir près d'elle le plus possible et elle ne refusait aucune occasion de l'avoir à ses côtés. En passant près de la grille qui délimitait l'intérieur de l'extérieur du camp, Murphy jeta un coup d'oeil aux gardes en faction et leur adressa un salut bref. Ils ne devaient pas être habitués à voir du monde sortir à une heure pareille. Aux côtés de Gustave, Murphy restait silencieuse, sereine malgré les questionnements qui l'assaillaient. Pourquoi quitter les abords du vaisseau, et pourquoi quitter jusqu'à leur campement ? Ils étaient déjà assez isolés là-bas pour parler librement -ou en tout cas sans trop se soucier de qui pourrait les entendre. Antarès jouait autour d'eux lorsqu'ils s'arrêtèrent à une dizaine de mètres de l'entrée du camp. Ils pouvaient voir les premières lueurs du camp qui s'allumaient pour affronter la nuit à venir.

Murphy écouta Gustave avec calme et intérêt, buvant ses mots avec une approbation qui pouvait se lire dans son regard brillant. Elle crevait de froid, la brune, mais la force qui émanait des mots de son ami la réchauffait autant que n'importe quel feu qu'ils auraient décidés de faire. « Système parasite ? » Elle le dardait sur lui un regard vif et inquisiteur, comme si elle voulait être sûre de ce qu'il avançait en ces quelques mots, qui raisonnaient dans son crane comme un synonyme, dans ce contexte, de leur Conseil. « Je crois qu'il faut savoir sélectionner ceux qui nous entourent. Il s'agit pas seulement d'être ralenti par la malheur qu'on choisit d'accepter... il y a aussi des gens qui sont perdus au delà de tout espoir. Je crois à l'être humain, je crois aux nôtres, et je crois qu'on est capables de trouver notre place ici. Mais combien se sont aventurés à l'extérieur pour autre chose que par pure nécessité ? Survivre, c'est ça le vrai malheur dans lequel on se complaît. L'extérieur c'est pas juste la chasse ou les cultures qu'on a près de la rivière ou la flotte elle-même. » Elle soupira en repensant à sa rencontre nocturne avec Paco, un an auparavant. Il avait été le premier à lui ouvrir les yeux sur ce que ce monde avait de plus pur et de plus précieux, le silence du vivant et la discrétion du minéral. « Certains d'entre nous y croient, tu sais, à tout ça. A tout recommencer, pour de vrai. A tout créer pour ce monde plutôt que d'adapter maladroitement ce qu'on a toujours connu. » Elle leva son regard vers lui pour essayer de percevoir une réaction à ce premier pas. « Il pourrait même y avoir un groupe officiel qui s'active en coulisses, tu sais. » Elle croisa les bras sous sa poitrine dans un bruit de frottement de doudoune. Antarès reniflait le sol enneigé autour d'eux. « A force de rester à rien faire, on va finir paralysés. On dirait que ça convient à certains, mais pas à moi. »

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07/09/2016 Nexus 244 Tom Mison Nexus Maniement des armes | orateur 30


Sujet: Re: {{ Black wave / bad vibrations (Gus)
Ven 2 Juin - 22:35

À chaque seconde qui s'écoulait, à chaque mot échangé, Gustave se plaisait à voir combien lui et Murphy partageait les mêmes idées et convictions. Il n'y avait pas une chose de mentionnée sur laquelle il n'était pas d'accord. Il approuve d'un signe de tête, continuant sa marche lente mais régulière sous la froideur de l'hiver.

Avec les jeunes, c'est du cas par cas. C'est ce qui nous sauvera. Tout le monde là-bas connaît quelqu'un ici, et inversement. C'est l'individu qui compte, il faut qu'il se démarque de la masse. Noël a permis ça, de transformer l'idée de l'autre en la réalité de l'autre. C'est une question de temps, mais on y arrivera.

« Il est vrai que Noël a déjà permit une bonne avancée de nos relations avec ces jeunes. Cependant je reste inquiet, plus ils restent seul livré à eux-mêmes, plus ils seront revanchards, plus il sera difficile de les convaincre de notre bonne foi. Le temps passe et renforce la sensation d'abandon et de solitude... »

Il faut que quelqu'un ouvre la voie. Sinon on restera tous chacun de notre côté à croire que c'est plus simple, peut-être moins risqué.

L'odysséen glisse un regard en biais à sa comparse, l'ombre d'un sourire flottant sur les lèvres. Oui, quelqu'un devait ouvrir la voie, mais qui ? La chose était plus compliquée qu'il n'y paraissait, trop de choses à prendre en ligne de compte.

« Quelqu'un qui aura le courage de se dresser contre l'autorité supérieure ? Capable de prendre des décisions importantes, de s'attirer les faveurs de la communauté, qui sait se faire respecter, de faire preuve d'ingéniosité ? Y a-t-il seulement une personne ici capable de remplir toutes ces fonctions ? »

Dans un long soupir, Gustave détourne le regard pour observer l'horizon et le ciel grisonnant de l'hiver. Oui, il y avait forcément des gens ici qui pouvaient aisément prendre le pouvoir et permettre de repartir sur de bonnes bases. Oh il avait déjà des noms en tête, des visages bien précis.

« J'aurais bien des choses à reprocher à notre système actuel, cependant, une chose me semble tout à fait appropriée... Le conseil. » Il agite la main. « Enfin pas ceux qui le constituent mais bien la présence d'un conseil en lui-même. Je pense qu'il serait préférable de ne pas donner le pouvoir à un seul individu, lui donner la chance de contrôler l'avenir de tous. Donner trop de pouvoir à une seule personne est toujours une chose délicate. Or, nous savons aussi que plusieurs esprits qui se concertent pour trouver des solutions valent mieux qu'un... Il faudrait garder le système du conseil mais... Avec une vision nouvelle, adaptée à ce nouveau mode de vie. »

Confiant face à ses propres paroles, Gustave redresse la tête doucement, levant le menton avec une certaine fierté dans le regard. Retombant dans le silence, Gus écoute Murphy attentive, elle rebondit sur ses paroles, sur cette pensée positive qui fait le charme de son caractère.

Je crois qu'il faut savoir sélectionner ceux qui nous entourent. Il s'agit pas seulement d'être ralenti par la malheur qu'on choisit d'accepter... il y a aussi des gens qui sont perdus au delà de tout espoir. Je crois à l'être humain, je crois aux nôtres, et je crois qu'on est capables de trouver notre place ici. Mais combien se sont aventurés à l'extérieur pour autre chose que par pure nécessité ? Survivre, c'est ça le vrai malheur dans lequel on se complaît. L'extérieur c'est pas juste la chasse ou les cultures qu'on a près de la rivière ou la flotte elle-même.

« C'est parce que la peur paralyse les corps et les esprits Murphy. Les gens sont effrayés et manque de curiosité. Pas tous, évidemment... Mais la grande majorité. La plupart voit tout cela comme une épreuve insurmontable, crois que l'horreur se cache derrière chaque brin d'herbe, que les Terriens sont des monstres assoiffés de sang... »

Certains d'entre nous y croient, tu sais, à tout ça. A tout recommencer, pour de vrai. A tout créer pour ce monde plutôt que d'adapter maladroitement ce qu'on a toujours connu.

« Murphy, tu prêches un convaincu, mon amie. »

Il pourrait même y avoir un groupe officiel qui s'active en coulisses, tu sais.
Cette fois, Gustave ralentit le pas et finit par cesser sa marche. Mains toujours croisé dans le dos, il pince subtilement les lèvres.

« Nous y voilà donc. »


Doux mais pas naïf, l'homme glisse vers sa comparse un regard amusé et brillant alors qu'il la dévisage sans la moindre gêne. Il avait attendu le moment où elle sous-entendrait que dans l'ombre, quelque chose se tramait.

« Est-ce pour cela que tu semble si... intéressé par mes pensées? Je me suis douté que quelque chose n'allait pas à l'instant où tu m'as stoppé pour me demande si... comment as-tu dis déjà ? Ah oui, si j'avais d'autres convictions du genre... » Malgré lui, Gustave sourit. « Je ne suis guère étonné à savoir qu'un groupuscule de rébellion puisse voir le jour entre nos murs. Cela me semble même être une suite logique. Nous ne sommes plus dans une prison, à présent les moyens de pression sur le peuple se font rares voire inexistants. C'est donc l'instant propice pour... renverser l’autorité. Si je puis mentionner la chose ainsi. »

Le sourire taquin aux lèvres mais le regard déterminé, Gustave penche sa colossale carcasse vers son amie et murmure, le ton malicieux.

« Alors dis-moi Murphy, où dois-je signer pour apporter mon aide ? »

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Sujet: Re: {{ Black wave / bad vibrations (Gus)
Mar 6 Juin - 0:28

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Murphy Cavendish & Gustave Monroe
(26 février 2117)


Peu à peu, Murphy apprenait à vivre avec ces souvenirs douloureux qui hantaient encore son présent et la suivraient probablement jusqu'à la mort. Mais les mois avaient passé depuis leur arrivée ici et même depuis que Faustine avait pris le large. Il avait fallu qu'elle réapprenne à vivre d'une toute autre manière, qu'elle accepte peu à peu d'être orpheline et d'avoir perdu sa soeur de cœur. Mais Murphy n'était pas de ceux à s'apitoyer sur leur sort; elle remplaçait toujours le vide laissé par le chagrin par des ambitions nouvelles, et, cette fois-ci, des ambitions qui la dépassaient de loin. Elle s'était attribué cette mission qui avait été celle de Faust et celle de sa mère avant elle. La rébellion, si elle avait pu donner quelques doutes là-haut à ceux qui en connaissaient l'existence, avait tous ses droits ici. Il ne devrait plus s'agir de survivre; plus d'un an après leur arrivée sur cette planète, ils devraient progressivement grimper cette pyramide de Maslow qui les regardait avec dédain. Ils devraient chercher la satisfaction de vivre plutôt que le soulagement de survivre quelques jours de plus. Ils devraient planifier des mois à l'avance plutôt que de se satisfaire de provisions destinées à durer quelques semaines. Ils s'amélioraient, Murphy ne pouvait pas le nier, mais dans sa tête s'était insinué et installé un drôle de rêve, celui qu'ils pourraient un jour faire de cette planète leur foyer, un foyer tel qu'ils n'en avaient jamais réellement eu même là-haut. Il était temps qu'ils se réapproprient leur liberté et bâtissent la vie dont elle rêvait pour les siens. Elle ne voulait pas redouter les hivers rudes qui avaient tué les plus faibles un an auparavant déjà, et elle ne voulait plus redouter la famine ou connaître les rationnements extrêmes. Ils travaillaient, tous, à améliorer leurs conditions de vie, mais pour Murphy, les choses n'allaient pas suffisamment vite. Ils n'étaient pas maîtres de ce monde mais ils ne pouvaient pas l'aborder aussi timidement. Ils devaient explorer et découvrir pour connaître, car les connaissances seraient leurs meilleures armes. Pour se nourrir, pour s'installer, pour s'allier, pour savoir se méfier lorsque c'était nécessaire. Rester isolés dans leur forêt en profitant de l'aide des Naoris lorsqu'elle était encore nécessaire ne lui suffisait plus, elle qui avait vu le monde, elle qui avait rencontré les Hommes, elle qui ne savait plus s'abreuver du peu d'aventures que lui permettait l'hiver.

Et puis il y avait ceux qui venaient des étoiles comme elle et qui nourrissaient les mêmes espoirs. Il y avait le Chris chaotique sur lequel elle garderait toujours un œil protecteur, il y avait la Tennessee discrète aux pensées flamboyantes et bienveillantes, il y avait la Marlene au grand cœur qui nourrissait des espoirs immenses, il y avait le Devos ingénieux et ambitieux. Et elle le réalisait à présent, il y avait aussi Gustave. Gustave le protecteur, Gustave le sage, le doux, le pragmatique. Celui qui pensait à la place des autres quand ils devenaient incapable de le faire pour eux-mêmes, celui qui poserait toujours sur des inconnus un regard bienveillant avant de leur vouloir le moindre mal, celui qui croirait toujours au meilleur en mettant le pire de côté, parce que ce n'était pas lui qui était bâtisseur et ce n'était pas lui qui nourrissait la vie. « Il faut leur laisser le temps. Brusquer les choses serait vraiment pas à notre avantage, on peut pas forcer leur confiance. » Mais Gustave avait raison; ils ne pouvaient pas attendre éternellement. Murphy se demandait souvent si le Conseil avait des intentions en ce qui concernait leurs jeunes. Quelques approches étaient un bon début, mais elles n'étaient pas suffisantes. Il fallait tisser les liens solidement pour éviter qu'ils ne périssent avant que quelque chose de stable n'ait pu se construire entre les deux camps encore divisés. « Il faut qu'on soit tenace, qu'on montre qu'on les oublie pas. » Peu à peu, il fallait que leurs vies s'entremêlent à nouveau au point de devenir indissociables les unes des autres.

Elle releva son regard vers Gustave et sa suite de questions. Murphy avait les réponses, mais pas encore le courage de les lui donner. Parler rébellion à quelqu'un qui n'en connaissait pas l'existence revenait à se jeter la tête la première d'une falaise sans savoir de quelle hauteur se faisait la chute ou ce qui attendait le courageux en bas. « On peut pas se plaindre de ça, on a une démocratie et le pouvoir appartient pas seulement à une personne. Mais il faudrait que ça soit des personnes qui savent de quoi elles parlent... Aucun d'entre nous n'est né ici, mais certains ont déjà parcouru mille fois plus le monde que d'autres. Ceux qui ont peur devraient pas décider pour les autres. Qu'ils restent enfermés et protégés de ce monde qu'ils veulent pas connaître. » A son ton s'était mêlé tout le dédain que suscitaient chez elles de telles personnes. Le monde regorgeait de pièges et de menaces, mais aussi de beautés et de rencontres et de promesses. Ses prunelles s'accrochèrent à Antarès qui gambadait à une dizaine de mètres de là, trop heureux de retrouver sa forêt à un moment où il ne s'y attendait sans doute pas.

Elle s'arrêta finalement en faisant écho au geste de Gustave et glissa en face de lui, le soleil couchant l'aveuglant un instant, jusqu'à ce qu'elle se glisse dans l'ombre du grand homme. Elle frissonnait de crainte, n'osait soutenir son regard que par tranches d'une seconde par-ci par-là, trop effrayée à l'idée qu'il la rejette suite à une telle confession -même semi-confession. L'opinion qu'il avait d'elle importait trop pour qu'elle prenne un tel moment à la légère. Elle ne jouait pas seulement l'avenir de la rébellion -et à dire vrai, elle ne le jouait probablement pas, car elle savait Gustave suffisamment intelligent pour la laisser vivre sa vie dans son coin si leurs avis divergeaient à ce sujet-, elle jouait celui de leur amitié, aussi récente et inattendue soit-elle. Il y avait peu de personnes dont elle respectait tant l'avis; Richard, tout d'abord, qui resterait à tout jamais l'un de ses modèles, mais aussi Skylar, qui s'était glissé malgré lui dans la continuité de son chef de garde. Et puis il y avait Gustave, réalisait-elle maintenant, dont elle enviait la sagesse et l'intelligence. S'il s'avérait qu'il n'était pas d'accord sur cette idée de rébellion secrète, alors ce qu'ils pensaient si solidement acquis entre eux s'effondrerait, mais il ne s'agissait pas que de ça. Murphy admirait Gustave au point de douter de ce qu'il pourrait lui-même remettre en cause.

Le sourire de l'homme la fit respirer un instant, mais elle attendait le reste de la sentence avec crainte. Elle n'avait encore rien annoncé officiellement, mais elle savait qu'il savait; ça se lisait dans ses expressions et dans son regard. Il avait compris, il avait tout compris, comme Richard avait compris sans qu'elle n'ait eu besoin de rentrer dans les détails. Elle ouvrit et ferma la bouche plusieurs fois, s'apprêtant à préciser que le mouvement dont elle parlait existait depuis avant leur atterrissage ici, mais fut brusquement persuadée que ça n'aiderait pas sa cause. « Je... je... » Il fonçait droit vers elle et là où elle aurait du être rassurée qu'il veuille se joindre à leurs rangs, Murphy paniquait à l'idée d'avoir fait les choses trop vite, beaucoup trop vite. A l'heure où tout le monde redoutait qu'une taupe ne soit déjà infiltrée parmi leurs rangs, il fallait prendre mille précautions avant de faire adhérer quelqu'un d'autre au mouvement. « Tu sais... tu sais quelque chose ? A propos de tout ça, je veux dire ? » Murphy était à deux doigts de bégayer, faisait de grands gestes, clignait frénétiquement des yeux. Elle n'était pas encore prête à glisser cette affirmation, et lui demandait déjà à adhérer à un mouvement dont elle n'avait pas confirmé l'existence. « Si... si ce groupe existait, il serait sûrement intéressé par tes services. Mais je suppose qu'ils devraient voir ça entre eux. Oh putain, qu'est-ce que tu pourrais leur être utile... » Pas comme Stowaway, là, qui avait rejoint les rebelles pour une raison qui lui restait totalement obscure -par facilité selon elle, pour s'amuser ou pour se donner l'impression d'être d'une quelconque utilité. Murphy ne voulait pas faire d'erreur, pas alors qu'elle reprochait à Chris d'être trop zélé lorsqu'il s'agissait de recruter. Son regard ambré s'était perdu dans le vague alors que ses pensées bouillonnaient. Elle était persuadée qu'elle ferait une bonne chose, ses entrailles le lui hurlaient. Mais sa raison, cette vilaine raison, la poussait à attendre un tout petit plus, juste pour ne pas atteindre tout de suite le point de non retour.

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07/09/2016 Nexus 244 Tom Mison Nexus Maniement des armes | orateur 30


Sujet: Re: {{ Black wave / bad vibrations (Gus)
Sam 10 Juin - 14:35

Tu sais... tu sais quelque chose ? A propos de tout ça, je veux dire ?

« Oh non bien sûr, comme je l'ai dit plus tôt, disons que cela me semble être logique... Le conseil perd de son pouvoir, les gens sont mécontents, trop de morts, trop de familles brisées, un nouveau monde... La peur. Je me doutais simplement qu'il était une question de temps avant qu'un groupe ne vienne à se soulever. Ne te l'ai-je pas dit à l'instant, mon amie ? Le conseil perd de son pouvoir parce qu'il n'a plus de moyen de pression contre son peuple, j'entends par là... la peine de mort qui a régi nos vies dans l'espace. »

Non sans un sourire, Gustave se penche vers Murphy, lui offrant un sourire mutin et chuchote discrètement bien qu'il n'y est à présent, aucune oreille baladeuse pour les entendre.

« Je ne sais rien Murphy... Mais ce n'est pas ton cas, n'est-ce pas ?»

Si... si ce groupe existait, il serait sûrement intéressé par tes services. Mais je suppose qu'ils devraient voir ça entre eux. Oh putain, qu'est-ce que tu pourrais leur être utile...

L'odysséen secoue la tête, libérant un rire amusé avant d'inspirer longuement, bombant le torse. Non pas de fierté, mais juste pour savourer l'air si pur et si froid de l'hiver.

« J'ignore si je pourrais réellement être utile mais pourquoi... Je cela depuis trop longtemps déjà. Que ce soit dans une rébellion ou ailleurs, tant que l'enjeu est important, nécessaire et vise au bien-être de tous. »

Regard en biais, Gustave esquisse un sourire sous sa moustache. Il dévisage Murphy qui semblait nourrir un espoir grandissant à travers lui, comme s'il était le messie politique dont elle espérait secrètement la venue. Il n'était pas non plus compliqué de comprendre qu'en plus de l'existence de la rébellion, la combattante en faisait également partie. Au vu de son caractère, de sa bienveillance, de son besoin de faire bouger les choses... Logique. Encore et toujours. Tout était régi par une suite d'évènement atrocement logique.

« Bien... Dans ce cas, laissons le temps à ce groupe qui n'existe pas, de se concerter et de juger de mon cas. »

Un nouveau ricanement vient secouer sa gorge alors que l'homme semble avoir définitivement retrouvé le sourire. D'un mouvement ample, il chasse les pans de son long manteau et effectue une courbette gracieuse envers sa comparse, pliant l'échine avec respect et offrant comme à son habitude, un spectacle aussi vieillot qu'amusant.

« Sur ces belles paroles, mon amie... Il est temps pour moi de retourner m'enterrer dans mon antre. » Il se redresse, chasse une mèche de cheveux d'un souffle.  « Le hangar ne se rangera pas tout seul. Oh, et... Lorsque tu en sauras plus sur tu sais quoi, au sujet de tu sais qui, pour tu sais quelle raison... » Clin d'oeil surjoué. « Tu sais où me trouver Murphy. À moins de finir ligoter dans la forêt pour me faire dévorer par des écureuils, aucun risque que je ne disparaisse. »

Le sourire n'était pas revenu seul, l'humour médiocre lui aussi était de retour. Mais sans doute ne valait-il cela que les visages harassés et angoissés des odysséens occupé à survivre à l'hiver. Dans un dernier sourire, Gustave croise les mains dans son dos avant de pivoter sur lui-même et de reprendre la marche jusqu'au campement. Finalement, il semblerait que l'avenir lui offre une seconde chance, celle de faire les choses bien, comme il en avait toujours rêvé.
 

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