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˜˜˜˜˜˜{{ Black wave / bad vibrations (Gus)
maybe life should be about more than just surviving

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06/12/2015 Lux Aeterna 30181 Sophia Bush Avengedinchains (vava) ; Oreste (image profil); Lux Aeterna (sign & gifs & fiche rp) ancienne militaire - lieutenant, stratège, garde et patrouilleuse. Quelques notions de médecine et bases en maniement des armes. 439


Sujet: {{ Black wave / bad vibrations (Gus)
Dim 26 Fév - 20:43

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❝ Black wave / bad vibrations. ❞
Murphy Cavendish & Gustave Monroe
(26 février 2117)


Le mois de février apportait à la forêt une trêve. Les températures remontaient tout doucement, mais chaque degré de gagné raisonnait comme une victoire dans les membres de Murphy fatigués par l'hiver. Elle récupérait encore de sa chute de début décembre et le froid qui avait paralysé les activités de tout un chacun était venu à point nommé la soulager de ses propres expéditions. Elle ne se reposait pas pour autant. Rester active était l'un des seuls moyens qui permettait à son esprit de ne pas s'éterniser sur des questions auxquelles il n'avait pas de réponse. Alors elle patrouillait aux environs du camp, accumulait les gardes, s'entraînait et apprenait progressivement à apprivoiser sa nouvelle arme. Elle ne prenait pas encore son arc avec elle lorsqu'elle devait quitter le camp; elle devait d'abord gagner en aisance pour en faire en réel atout. Tant qu'elle ne saurait pas le manier correctement, il représenterait une gêne qu'elle ne comptait pas ajouter à sa liste déjà longue de handicaps. Elle s'entraînait parfois à l'intérieur de l'enceinte du campement et parfois à l'extérieur, parfois avec Richard et parfois seule. Son nombre de flèches était encore très restreint et elle les utilisait et réutilisait inlassablement. Elle n'aurait probablement pas accepté de mettre un frein sur son rythme comme le lui avait conseillé Adelaide si elle n'avait pas trouvé une activité comme celle-là pour l'occuper et lui donner une impression, peut-être faussée, de faire un peu avancer les choses. Antarès venait la réconforter lorsqu'elle se laissait aller à quelques idées qui ne lui plaisaient pas, et puis, au sein du campement, elle n'avait jamais réellement seule. Elle allait embêter Tennessee ou Cassandre dès qu'elle en avait l'occasion, et puis ce n'était pas le travail qui manquait dans les parages.

Cette fin de journée, comme celles qui l'avait précédées, marquait le retour des patrouilleurs de jour au camp. Le feu de camp qui avait trouvé sa place devant l'entrée de la carcasse du vaisseau devenait alors, plus qu'à n'importe quelle période de la journée encore, le centre névralgique du camp. On s'y retrouvait pour raconter ses dernières occupations et aventures, pour se réchauffer, pour manger et peut-être surtout pour retrouver une vie sociale que certains d'entre eux voyaient disparaître le reste du temps dans leurs postes solitaires. Murphy était assise sur l'un des vieux troncs qui étaient réunis autour du foyer, une gamelle posée sur les genoux, le regard perdu dans les flammes chaudes qui s'élevaient dans les cieux qui prenaient les couleurs irisées d'une fin de journée frileuse. Antarès était sagement assis à ses pieds et il observait, la langue pendue, l'agitation dont s'était isolée sa maîtresse, l'esprit perdu bien loin d'ici. La main posée sur le morceau de viande qui trônait dans ce qui lui servait d'assiette, elle se demandait, comme elle l'avait déjà fait des centaines de fois, où était Faust à cet instant précis. Elle se demandait si elle était seule ou si elle avait retrouvé un foyer, si elle se réchauffait près d'un feu à cette même minute, si elle avait froid ou comme s'était passée sa journée. Il lui arrivait parfois, dans ce genre d'éclairs sombres que certains pourraient qualifier de stupides, de se sentir envahie par un espoir vif, aussi soudain qu’éphémère, celui que sa meilleure amie était bel et bien en vie et que tout irait bien pour elle. Elle croyait même déceler son visage rieur dans les hautes flammes du feu de camp. Peut-être que ces moments-là n'étaient qu'un instant de connexion étrange que personne ne pouvait expliquer, un peu comme ceux que l'on avait pu prêter aux jumeaux lorsqu'ils avaient le droit d'exister, mythe relégué au passé et oublié par les générations qui avaient trouvé refuge dans les cieux.

Un homme tomba à ses pieds, épargnant de justesse Antarès qui avait pris la fuite sur sa gauche. Elle sursauta sous le geste, retournant sa gamelle qui alla s'échouer dans la terre mouillée. L'homme avait le nez en sang, et c'est tout ce qu'elle eut le temps de voir avant qu'un autre ne se jette dessus. C'est ce qu'il lui fallut pour comprendre ce qui était en train de se passer. Elle retira ses pieds de sous le dos du premier écervelé et tenta de donner des coups de pieds à celui qui était venu le marteler de coups à nouveau, hurlant des justifications qu'elle ne comprenait pas réellement. Une histoire de femme, semblait-elle comprendre. Les mains accrochées à son tronc d'arbre pour ne pas en glisser, elle poussa violemment du pieds l'attaquant pour qu'il glisse à côté de sa victime, se leva et, une jambe de chaque côté du blessé, s'assura en se penchant légèrement au-dessus de lui qu'il était encore conscience. Elle sentit alors l'autre lui attraper la jambe et manqua de glisser à son tour. « Putain mais t'es taré ! » hurla-t-elle en secouant la jambe pour s'en débarasser. Mais l'homme semblait vouloir à tout pris retrouver celui qu'il accusait de tous les maux du monde pour marier son poing à son visage. Elle entendait Antarès japper non loin de là comme pour donner l'alerte, mais un coup d'oeil suffit à Murphy pour qu'elle se rende compte qu'il y avait au moins une dizaine de personnes qui fixait la scène. L'attaquant finit par se relever un peu maladroitement et tira Murphy pour qu'elle rende à nouveau sa victime à sa portée. Elle se débattit un bon moment, le repoussant comme elle le pouvait, les jambes écartées de part et d'autre du corps du blessé qui n'avait pas l'air de savoir comment se sortir de là.

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07/09/2016 Nexus 244 Tom Mison Nexus Maniement des armes | orateur 30


Sujet: Re: {{ Black wave / bad vibrations (Gus)
Lun 27 Fév - 13:27

La neige... Elle fondait petit à petit alors que la température remontait doucement.
Gustave est là, dans un coin à fixer ce manteau blanc maculé de boue. Dans sa contemplation, il cherchait un instant de paix, lui qui avait bien du mal à retrouver ce calme légendaire dont il faisait preuve. Ces dernières semaines avaient mis à mal son éternel optimiste et son masque se fendillait progressivement, laissant entrevoir ce qu'il se refusait à dévoiler depuis des années. Souffrance, colère et même violence. Il se refusait de s'abaisser à ces bas instincts dont chaque humain était pourvu. Il haïssait cette haine qu'il éprouvait... Lui voulait juste être bon et rayonnant. Il voulait être un guide pour ceux qui se perdaient dans ce vaste monde. Mais lui-même ne savait pas où aller ni comment le faire... Alors il restait là, jour après jour, dans son hangar à trier et lister les provisions, se contentant d'un travail ennuyeux à mourir....

Mais pour l'heure, il prenait l'air. Il fixait encore et toujours cette neige qui ne serait bientôt qu'un mauvais souvenir dans la plupart des esprits. Il observait les nuages d'oxygène qui se formait à chacune de ses expirations. Il savourait les dernières vagues de froids qui l'enveloppait... la paix. Le calme... Ruiné soudainement. Gustave en sentit ses poils se hérisser et en un rien, les cris de colère, de haine, les insultes indicibles, venaient à nouveau titiller ses nerfs. Allons bon, quel était donc ce raffut, encore ? Agacé mais curieux, l'odysséen se décida à bouger de sa cachette, contournant le bâtiment, laissant ses bottes crisser dans la neige. Ses pas le guidèrent jusqu'à un groupe de gens qui était là, qui observait une dispute sans bouger. Pire qu'une dispute, c'était un champ de bataille qui se déroulait sous ses yeux.

Putain mais t'es taré !

Cette voix, il la connaissait. Pire, il l'aurait reconnu entre mille. Déjà dans son esprit, les traits féminins se dessinaient, il se remémorait ce visage chaleureux. Murphy, gentille et attentionnée Murphy. Une Murphy en bien mauvaise posture, visiblement. Alors que les jappements de son chien n'étaient pas suffisants pour calmer les ardeurs échauffées, la pauvre femme semblait victime de l'humeur massacrante des deux mâles en route incapable de se maîtriser. Il vit rouge, Gustave. Son masque de bienveillance se brisa face à cette violence gratuite, face à l'inaction de la foule qui observait sans prendre la peine de mettre fin à la scène qui se déroulait sous leurs yeux. Pourquoi donc personne ne bougeait ? L'odysséen abandonna, brisa les barrières qu'il s'imposait d'ordinaire pour offrir le meilleur de lui-même au reste de sa communauté. Ce visage qu'on aimait mais qu'on dédaignait aussi, qu'on désignait d'un geste moqueur parfois... Il était fou de rage, Gustave. Il ne supportait pas ce qui se passait sous ses yeux et pire, exultait de haine de voir cette pauvre Murphy qui récoltait des gestes qu'elle ne méritait pas. Alors il avance, la respiration forte et rapide comme celle d'un bœuf. Il est aveugle, il est sourd... Il ne pense plus. Le visage de Gustave est figé de colère, son grand front barré par un pli formé par le froncement de ses sourcils alors que ses yeux bleus d'un naturel doux étaient habités par une lueur presque sinistre. Leur haine se reflétait dans son regard, il n'était qu'un reflet de leur humeur. Il était comme eux, un humain sournois et plein de haine.

Il ne disait mot, Gustave, alors que sa colossale carrure se frayait un chemin à travers la foule. Il ignorait les cris, il ignorait les voix alors que ses paluches empoignaient les épaules des gens, les repoussant pour que sa carcasse de géant puis passer outre les gens, puisse se rapprocher de  Murphy. Puis le coup partit. Il attrape l'attaquant par la nuque et le force à s'éloigner de son amie. Il exulte, il halète, en proie à une colère viscérale qui ne maîtrise plus. Envolé le bon samaritain. Gustave le lâche et d'un geste rapide et atrocement brutal, vient abattre son coude dans son visage. Le craquement de nez laisse présager qu'il est brisé, l'homme s'écrie, gémit, mains plaquées sur son faciès ensanglanter. Gustave le repousse en arrière puis se tourne vers Murphy. Son visage est comme la caresse d'une mère. Il est bon, il est rassurant... Sa haine s'envole aussi vite qu'elle est apparu et déjà, les larges mains de Gustave empoignent les bras de Murphy alors qu'il l'aide à se relever. Elle va bien... Elle va bien ! C'est tout ce qui compte. Elle va bien... dans un geste désinvolte, Gus la ramène contre lui, la serrant contre son torse d'un geste fraternel et tremblant. C'est qu'en plus de la colère, il a eu peur. Il a peur pour cette jeune femme avec qui il a passé des jours dans la nature, avec qui il a échangé des sourires, des rires. Cette femme d'une incroyable intelligence avec qui a aimé partage quelques discussions. Cette femme qui lui avait fait du bien à son moral et dont la présence avait été un vrai cadeau. Il la serre en pensant à tout ça, il l'étreint sans doute avec plus de force qu'il ne le faudrait, sans se rendre compte de sa propre force. Il est rassuré, Gus, mais toujours perdu dans les méandres chaotiques de ses émotions alors que sa voix chuchote, suppliante à l'oreille de Murphy.

« Emmène-moi loin de ces fous... »

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06/12/2015 Lux Aeterna 30181 Sophia Bush Avengedinchains (vava) ; Oreste (image profil); Lux Aeterna (sign & gifs & fiche rp) ancienne militaire - lieutenant, stratège, garde et patrouilleuse. Quelques notions de médecine et bases en maniement des armes. 439


Sujet: Re: {{ Black wave / bad vibrations (Gus)
Mar 28 Fév - 1:48

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❝ Black wave / bad vibrations. ❞
Murphy Cavendish & Gustave Monroe
(26 février 2117)


Elle s'en rendait compte parfois, lorsqu'elle s'éloignait du campement, lorsqu'elle grimpait sur les hauteurs qui dominaient un peu plus loin ou qu'elle s'enfonçait dans la forêt. L'agitation de leur camp raisonnait sur des kilomètres à la ronde, témoin de la vie constante qui bouillonnait au sein de l'enceinte de ce qui leur servait de foyer, de village ou peu importait de quel nom ils pouvaient l'affubler. Elle se demandait parfois si leur manque de discrétion ne les mettait pas encore plus en danger qu'ils le seraient s'ils étaient plus calmes, mais à voir ce qui se tramait à présent près du feu de camp, ces vieilles habitudes semblaient indélébiles. Murphy était sortie de ses rêveries brusquement, bien trop brusquement d'ailleurs pour lui éviter le raz-de-marée d'adrénaline qui avait envahi ses veines en quelques fractions de seconde. Sa gamelle s'était retrouvé à terre avec sa viande qui jonchait sur le sol boueux, et Antarès s'était écarté sur sa gauche, tout affolé, rescapé de justesse. D'un coup de pied, elle repoussa l'assaillant qui s'était jeté sur sa victime et protégea cette dernière comme elle le put. L'autre homme ne l'entendait pas de cette oreille et, à présent debout à ses côtés, tentait de la déloger de la place qu'elle s'était attribuée. La passivité de la dizaine de personnes présente la laissa sans voix, mais elle savait alors qu'elle serait la seule capable de faire quelque chose face à la situation, et surtout la seule volontaire pour le faire. De son avant-bras, elle retenait comme elle le pouvait l'attaquant qui l'avait attrapée par le bras, le regard rivé sur le blessé qu'elle protégeait, déjà prêt à lui en faire voir davantage encore. La lutte, pour Murphy, était à présent silencieuse. Sonnée par la surprise, elle contractait férocement tous les muscles de son corps pour rester stable et statique, pour ne pas offrir à l'inconnu qu'elle fixait la satisfaction d'arriver à lui laisser la voie libre pour faire ce qu'il voulait de l'homme à terre.

C'est une tornade folle qui vint la soulager en mettant fin à ce moment qui avait duré bien trop longtemps. Elle ne prêta pas bien attention à ce qui se passait exactement ou qui lui était venu en aide. Elle s'assura simplement que le fou ne risquait plus de leur sauter dessus dans l'immédiat pour se pencher vers le blessé, qui la remercia d'un regard alors qu'elle l'aider à se relever. Elle se retourna vers les deux autres, qui étaient devenus le centre de l'attention. Le forcené avait les mains ensanglantées, posées sur son visage qui venait sans aucun doute de rencontrer l'attaque de... de Gustave ? Elle fronça les sourcils, un peu bête, en réalisant que celui qu'elle considérait sans doute comme l'une des personnes les plus pacifiques et sages du camp avait usé de la force comme première option face à la situation. Elle sentit la victime, sans doute un peu sonnée et chancelante, s'accrocher à son avant-bras, et lui agrippa les épaules pour tenter de l'asseoir là où elle avait été installée un peu plus tôt. Elle piétina le morceau de viande qui aurait du finir dans son estomac et se redressa vers Gustave, qui n'attendit pas une seconde de plus pour lui saisir les bras, l'attirer à lui et la serrer de ce qui semblait être de toutes ses forces. Elle n'avait même pas l'air décidé à lui laisser la possibilité de respirer. « Heu... qu'est-ce qui se passe ? » demanda-t-elle, sa voix s'étouffant contre la silhouette de l'homme. Elle restait malgré elle raide comme un piquet, encore surprise de ce qui s'était passée mais aussi étonnée de ce qui était en train de se produire. Elle appréciait Gustave pour les deux journées qu'ils avaient passées à chasser le terrain idéal pour le Conseil près du phare, mais elle ne s'était attendue à aucun moment à finir étouffée dans une telle étreinte. « Emmène-moi loin de ces fous... » La faible voix de l'homme avait soufflé dans ses cheveux glacés par l'air de fin de journée. « Mais... qu'est-ce qui se passe ? » répéta-t-elle en tapotant pudiquement sur l'épaule de Gustave. Ce geste d'affection ne relevait pas de la normalité, ou en tout cas pas de sa normalité. Elle s'écarta de lui et jeta un coup d'oeil bref alentour pour s'assurer que...

Son regard s'accrochant sur le baraqué dont s'était occupé Gustave. Il fulminait, s'approchant, menaçant, de l'autre homme qui était resté assis sur le tronc d'arbre, les yeux fermés. Elle jeta un regard inquiet à Gustave, lui tapota sur l'épaule pour s'excuser et retourna s'enquérir de la santé du blessé. « Il y a un médecin ou un aide soignant dans le coin ? » Son regard n'avait pas quitté l'inconnu alors qu'elle cherchait d'éventuels indices qui pourraient laisser présager qu'il n'était pas ressorti indemne de cette joute qui ne s'était même pas encore achevée. Après un examen très bref d'à peine quelques secondes, elle chercha du regard Gustave et prit à partie un garde qu'elle connaissait et qui fixait la scène, amusé. « Crane, c'est le moment de te rendre digne de tes fonctions. On compte pas les heures supplémentaires ici, je m'en fous que tu sortes de garde ou que tu sois sur le point d'en prendre une », vociféra-t-elle d'un ton autoritaire et un peu sévère. Elle désigna du regard le mec au nez démoli qui, même si ralenti, semblait toujours attiré par l'idée de mettre son acolyte dans un sale état. « Emmène-le à l'infirmerie ! » Le garde s'exécuta en réquisitionnant un de ses collègues, forçant le nez cassé, qui semblait avoir perdu de sa verve, à rentrer à l'intérieur de l'Odyssée. « Maintenant que tout est géré, vous pouvez retourner vaquer à vos occupations ! » hurla-t-elle à l'attention des autres, non sans lancer quelques regards noirs à l'assemblée.

Elle s'accroupit devant celui des deux qu'elle avait protégé et remarqua seulement Antarès qui s'était rapproché, les fesses posées par terre en fixant un point devant lui, langue pendue. Un regard lui suffit à comprendre que Gustave était toujours là. Elle lui sourit faiblement. « Merci... je m'en serais sortie toute seule, hein », ne put-elle s'empêcher de faire remarquer, portée par cette fierté qui en agaçait plus d'un, « mais merci. » Son sourire le remerciait pour ce que son orgueil ne la laisserait pas admettre. L'homme assis la fixait, la main portée à sa tête. « Je pense que tout va bien, mais il te faut une bonne nuit de sommeil. T'entends des sifflements, t'as la tête qui tourne ou quelque chose ? » L'homme répondit par la négative mais elle ne lui laissa pas davantage d'espace pour prendre la parole à son tour. « T'es pas garde ou patrouilleur, si ? » Un autre hochement de tête négatif, auquel elle s'était cette fois attendu. Elle connaissait suffisamment le corps militaire dont elle était en partie responsable pour savoir qu'il n'en faisait pas partie, mais si ça avait été le cas et s'il avait été de garde cette nuit, elle aurait couru chercher quelqu'un d'autre pour prendre sa place. « Tu peux te lever ? » Elle l'aida  à se redresser mais l'homme tenait debout sans trop de problèmes. « Va te reposer », dit-elle en glissant une main encourageante sur son épaule. « Évite l'infirmerie tant que possible mais si ça va pas, fonce. Au pire, si ça va pas avec ton pote, dis à Addie de m'appeler. » Elle ne dormirait très probablement pas, de toute façon. Autant qu'elle se rende utile.

Elle regarda l'homme s'éloigner tranquillement et se retourna, les mains sur les hanches, vers Gustave. « Qu'est-ce qui se passe ? Tu m'as fait flipper... » Tout le monde avait repris ses bavardages et ses repas. Antarès avait trouvé le morceau de viande de sa maîtresse et en arrachait férocement des bouchées. Elle se rapprocha de l'homme pour éviter et, un peu timidement, demanda : « c'est qui, ces fous dont tu parlais ? Les tarés de tout à l'heure ? Tu sais, c'est la loi de la nature, chez les hommes, prouver qu'ils ont la plus grosse... » Elle haussa les épaules. « Je t'ai jamais vu comme ça, mais je suppose qu'on se connait pas encore assez », fit-elle finalement remarquer en baissant le regard sur Antarès qui avait avalé tout le morceau de viande, se léchant les babines, prêt à digérer.

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Sujet: Re: {{ Black wave / bad vibrations (Gus)
Jeu 2 Mar - 19:37

Les ordres tombent mais la voix de Murphy lui semble lointaine, comme un écho perdu dans le vent alors qu'il s'appuie sur elle de tout son poids. Gus est une épave, comme si ce simple excès de rage avait consumé toutes ses forces. Cela n'est pas bien loin, en réalité. C'est l'épuisement émotionnel qui le rend si faible. Son front se presse contre l'épaule de son amie, pour l'heure, il l'a croit capable de la soutenir... Du moins il espère car lui-même ne pense pas avoir la force de se maintenir seul. Bien que la foule se disperse, Gustave peut sentir les regards sur lui, sur eux. C'est insupportable et pourtant, il se fiche bien de savoir ce dont tous ces gens pensent. Il inspire, expire, trouve la force de bouger et son corps de géant s'éloigne de celui de Murphy. Il titube mais rapidement, retrouve une position plus stable, moins bancale.

c'est qui, ces fous dont tu parlais ? Les tarés de tout à l'heure ? Tu sais, c'est la loi de la nature, chez les hommes, prouver qu'ils ont la plus grosse...

C'est de l'inquiétude qu'il entend dans sa voix . Gus déglutit, passe une main sur son front moite. Ce n'est pas de la fièvre, en soi il se porte bien... c'est plus la chaleur liée à l'angoisse. Il a peur de lui-même, pendant de longues secondes. Murphy lui rappelle bien vite ce qu'il a fait sans voir à faire preuve de précision. Elle n'est pas rassurée, n'est-ce pas . Il y a de quoi.

Je t'ai jamais vu comme ça, mais je suppose qu'on se connait pas encore assez.

L'homme soupir, posant ses mains sur ses hanches et se détourne. Il évite le regard de son ami, il a honte, il culpabilise. Qui sait ce qu'il aurait pu faire à cet homme. La force qu'il a déployé contre lui était aussi surprenante que féroce.

« Ces fous, ce sont ces hommes qui se battent stupidement pour... Pour quoi ou qui ? Sérieusement Murphy, même ton chien est plus civilisé ! »

Geint Gustave en désignant Antarès occuper à savourer la viande qui lui avait été offert. Il aurait bien voulu avoir l’insouciance de l'animal, rien que quelques secondes mais ces derniers temps, il était à cran l'odysséen. Il était devenu dur de le cacher, à présent. Il lève une main, la glisse dans ses cheveux longs pour tenter de les ajuster d'un geste nerveux alors que sous sa moustache, ses lèvres se pincent.

« En règle générale, je tente... de me maîtriser. J'y arrive bien... Je ne suis pas vraiment dans mon assiette ces derniers temps... je suis désolé si cela t'a inquiété. J'espère que tu vas bien, néanmoins. »

Après tout, c'était pour elle qu'il avait perdu son sang-froid. Les yeux azurés de l'homme se lèvent, sourcils froncés alors qu'il plonge dans regard dans celui de sa comparse avant que sa voix ne s'élève, brisée par le manque de patience.

« Quand je t'ai vu, là au sol... ça m'a rendu fou ! Je... ; j'ai complètement pété les plombs Murphy, je suis désolé... J'aimerais te dire que ça n'arrivera plus mais... Je ne suis même pas sûr moi-même que ce soit une promesse que je puisse tenir. »

Ils sont seuls à présent. Gustave regarde autour d'eux, plus le moindre regard oppressant, insistant. La bagarre qui avait éclaté était déjà un mauvais souvenir pour ces gens, ce n'était que de quoi les détourner de leur vie minables un cours instant. Cette idée le grise, le mine et pire encore, le fait enrager. Mécontent, la voix suintant d'un agacement prononcé, l'odysséen susurre froidement.

« Je ne comprends pas pourquoi personne n'a bougé pour t'aider... mais qu'est-ce qu'ils ont en tête ?! »


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Sujet: Re: {{ Black wave / bad vibrations (Gus)
Dim 5 Mar - 20:05

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❝ Black wave / bad vibrations. ❞
Murphy Cavendish & Gustave Monroe
(26 février 2117)


Au moins, même si elle ne le réalisait pas vraiment, elle avait cessé de penser à Faust. Cette impression brève, instinctive et presque ridicule qu'elle avait eue de la savoir vivante s'était évaporée en une fraction de seconde, mais ça avait eu le mérite de lui épargner la redescente par laquelle elle passait toujours dans ce genre de situations. Elle finissait toujours pas voir les faits tels qu'ils étaient, par énumérer toutes les conditions qui auraient pu permettre à Faust de rester de ce monde. Et c'était une chose qu'elle avait apprise ici : le hasard n'était jamais clément. Le hasard choisissait toujours la pire des probabilités pour vous l'envoyer en pleine figure. Cette façon de penser était un brin fataliste, mais Murphy préférait l'appeler réaliste. Elle croyait en la bonté de ce monde malgré tout ce qu'il avait pu lui apporter de pire, parce qu'il était aussi capable du meilleur. Mais dans certains cas, il était ridicule de se voiler la face. Cela faisait presque un an que Faust avait quitté le campement. Elle aurait du survivre à la faim, à la soif, aux prédateurs, aux nuits noires, à l'extrêmement chaud et à l'extrêmement froid. Murphy en était à peine capable quelques jours lorsqu'elle s'aventurait au-dehors des limites de leur camp. Elle connaissait le monde qui les entourait parce qu'elle le côtoyait tous les jours et qu'elle avait elle-même frôlé un destin tragique plus d'une fois. Elle se considérait terre-à-terre, réaliste, cynique, et sa personne entière ne pouvait se laisser bercer dans des illusions ridicules plus de quelques instants. Mais cette fois, elle n'avait pas coupé court elle-même à ses propres illusions ; c'était un grand inconnu qui, en s'écroulant sur ses pieds, l'avait fait à sa place.

Elle avait mis quelques instants à retrouver ses esprits et à retomber dans la réalité violente qui s'était imposée à elle. Elle avait vite retrouvé ses réflexes de lieutenant, mais seule, Murphy s'était retrouvée prise dans une impasse, retenant l'attaquant comme elle le pouvait, d'un bras qu'elle tendait maladroitement pour garder les distances, debout au-dessus de la victime, qui ne semblait pas savoir quelle était la meilleure stratégie à adopter pour lui. Gustave était intervenu rapidement, la libérant de cette situation inconfortable, et elle avait alors lancé une flopée d'ordre destinés à calmer le jeu. Celui dont le nez avait rencontré le poing de Monroe avait été dirigé vers l'infirmerie; l'autre, un peu sonné seulement, avait été invité à rejoindre son lit pour se reposer. Les tensions comme celles-là étaient indissociables de la vie en communauté restreinte qui était la leur. Il fallait apprendre à faire avec, à tuer les grabuges dans l’œuf et à surveiller ce qui était susceptible de dégénérer. Si le premier homme n'était pas littéralement tombé sur ses pieds, Murphy aurait peut-être attendu que quelqu'un se charge de recadrer les choses à sa place, et c'était peut-être aussi ce qui avait poussé les membres de l'assistance à agir comme simple spectateurs. Quelqu'un semblait gérer les choses, et ils n'avaient pas besoin de bouger le petit doigt puisqu'on s'en occupait déjà pour eux. Ce n'était pas la première altercation à laquelle la brune s'opposait, mais c'était bel et bien la première fois qu'elle s'était retrouvée bloquée dans ses gestes, forcée à l'impuissance par la situation dans laquelle elle avait été mise bien malgré elle.

Il avait suffi d'un homme plus vaillant que les autres, plus concerné, plus courageux peut-être, pour débloquer la situation. Pourtant, cet homme-là, Murphy ne l'avait jamais connu de la sorte. Ils ne se côtoyaient que peu mais dès le début, elle l'avait considéré comme un homme sage et pacifiste qui n'utiliserait la force qu'en ultime recours. Elle ne comprenait donc plus trop ce qui se passait. Une fois les deux bagarreurs éloignés et la foule dispersée, reprenant ses dizaines de conversations parallèles, Murphy resta un peu bête devant l'homme aux cheveux longs. Il l'avait prise dans ses bras, et ce détail non plus n'avait pas été laissé de côté par la patrouilleuse, qui restait un peu bête face à la situation. Elle le fixait, le regard froncé par l'inquiétude, et eut un mouvement inquiet lorsqu'il s'éloigna d'elle d'un pas ou deux, paraissant abandonné par l'équilibre. Elle était troublée, Murphy, parce qu'elle n'avait jamais connu Gustave dans un tel état. Est-ce que la réalité l'avait rejoint, lui aussi ? Est-ce qu'il avait basculé du côté de l'anxiété, de la fatalité et du cynisme comme elle tous les autres ? « Antarès est plus civilisé que beaucoup d'humains, Gus... » lâcha-t-elle avec un petit sourire taquin. Mais il ne départait pas de ces rides que l'inquiétude creusait sur son front, et Murphy assistait, impuissante, à la décomposition de l'un des hommes les plus calmes qu'elle connaissait. « Qu'est-ce qui se passe ? » La question se répétait parce qu'elle n'avait toujours pas la réponse qu'elle attendait. Elle connaissait un homme positif, intègre, pragmatique, calme, et celui qui se tenait maintenant devant elle semblait presque en être à l'opposé, décontenancé par quelque violence que la brune elle-même considérait comme faisant partie de leur quotidien. Ce qui troublait Gustave n'avait rien à voir avec tout ça. Ce n'était pas seulement cette violence qui avait déclenché le geste désespéré du brun. « Ça va, ça va, t'inquiète... » lâcha-t-elle pour le rassurer. « Ils m'auraient pas tabassée, hein, et tu le sais toi-même. Alors, qu'est-ce qui se passe, Gustave ? C'est pas juste ces mecs qui te mettent dans un état pareil. Ils sont cons, mais on l'est tous un peu. » Elle marqua une brève pause, et, haussant les épaules avec un petit sourire faussement modeste, ne put s'empêcher d'ajouter : « enfin, moi je le suis pas, mais pareil, c'est une vérité établie. » Elle baissa le regard sur Antarès, qui venait de terminer le plat qu'il avait récupéré grâce à l'altercation. Il les fixait de son regard clair un peu naïf. Murphy attrapa doucement le bras de Gustave pour qu'ils s'éloignent de l'agitation du feu de camp. La chaleur s'amenuisait en même temps que la densité humaine dans un gradient presque parfait. Ils finirent par s'arrêter sur le côté de la carlingue de l'Odyssée, un peu à l'écart de l'entrée. Antarès les avait suivis et s'était assis entre eux deux, s'assurant sans doute qu'ils ne bougeraient plus, puis finalement allongé pour digérer son morceau de viande. « C'est social, ces conneries. Si j'avais pas bougé, d'autres l'auraient fait. Si ça avait dégénéré avec moi, quelqu'un aurait bougé son cul... » assura-t-elle pour le rassurer. « Mais c'est pas juste ça qui t'a fait lui péter le nez. Il suffit pas d'un ou deux crétins pour te faire perdre ton sang-froid. T'as tenu face à Chris et Elie l'autre fois. Qu'est-ce qui se passe ? Qu'est-ce qui s'est passé ? »

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07/09/2016 Nexus 244 Tom Mison Nexus Maniement des armes | orateur 30


Sujet: Re: {{ Black wave / bad vibrations (Gus)
Ven 17 Mar - 22:08

Murphy semble prend la chose avec plus de légèreté que lui. Plus posée, la jeune femme prend rapidement du recule jusqu'à laisser comprendre que l’incident n'avait pas d'intérêt. Pourtant face à elle, Gustave semble à deux doigts de l'explosion nerveuse alors qu'il lève les mains, plaquant sa chevelure sur son crâne avant de croiser ses doigts sur sa nuque. Il est tendu mais arrive malgré tout à faire preuve de plus de retenue.

Ils m'auraient pas tabassée, hein, et tu le sais toi-même. Alors, qu'est-ce qui se passe, Gustave ? C'est pas juste ces mecs qui te mettent dans un état pareil. Ils sont cons, mais on l'est tous un peu.

Dans sa tête c'est une vague d'image, dans son cœur un éboulement d'émotion qui serre sa poitrine avec force. Les yeux bleus de Gustave pétillent, s'humidifient et rougissent alors qu'il ne tient pas en place, tournant et retournant sur lui-même. Il se retient, mais pas longtemps car subitement sa voix explose dans la rage alors qu'il pointe un doigt vers Murphy.

« Et s'ils t'avaient tabassé, justement ? Si l'un d'eux avait levé la main sur toi, Murphy ?! »

Il s'approche d'elle vivement, la prendre par les épaules. Il n'est pas violent mais la tension dans tout son corps est palpable alors qu'il crache à son visage, furieux, anxieux.

« Aucun homme ne devrait lever la main sur une femme ! »

Il inspire Gustave, prend une profonde inspiration avant de relâcher son amie d'un geste tremblant. Les souvenirs étaient trop mauvais, lui qui tentait tant bien que mal de les refouler. Il revoyait encore le faciès de Maggie et celui de Lloyd, ce couple d'amis au destin tragique. Ce destin qui avait mis fin à sa carrière de militaire. Ce destin qui avait brisé son cœur comme un rien.

Mais c'est pas juste ça qui t'a fait lui péter le nez. Il suffit pas d'un ou deux crétins pour te faire perdre ton sang-froid. T'as tenu face à Chris et Elie l'autre fois. Qu'est-ce qui se passe ? Qu'est-ce qui s'est passé ?
L'homme secoue la tête, détourne le visage alors que ses mains se posent sur ses hanches. La question le heurte de plein fouet et Gustave reste interdit pendant de longues secondes. Le silence s'impose, le ronge alors qu'il n'ose même pas poser les yeux sur sa comparse. Ils sont seuls à présent, si on oublie le petit canidé dont le calme était particulièrement appréciable. Que faire à présent ? Il ne pouvait juste pas ignorer la question de Murphy, elle encore moins. Pas après avoir attaqué un homme, avoir hurlé sur cette pauvre Murphy. Non, il lui devait des explications et peut-être qu'au fond, parler de ce qui le brise, le soulagerait peut-être. Résigné, l'odysséen soupir, gémit de lassitude avant de laisser ses bras retomber le long de ses hanches et de glisser un regard en biais à la femme et murmure.

« Je n'ai pas toujours été préparateur en rationnement, Murphy... Avant... Avant eh bien j'étais un militaire. J'étais gradé, j'avais une belle carrière et cela me convenait parfaitement. »

L'homme semble retrouver son calme alors que son corps incroyablement grand se courbe et que ses genoux se plient. Bien vite, Gustave s'accroupit pour donner à Antarès, un peu d'attention. C'est toujours plus facile de gratifier le chien par des caresses que d'avoir à subir le regard de Murphy.

« J'aimais mon travail, tout allait bien tu sais... Et puis un jour y a eu cette sordide histoire avec Maggie et Lloyd. Lloyd... C'était mon meilleur ami à l'époque... Maggie c'était son épouse. Ils allaient avoir un enfant tous les deux... Et puis Lloyd à découvert que ce n'était pas son gosse... Maggie l'avait trompé avec on ne sait qui... Elle n'a jamais voulu dire le nom du type. Ou plutôt elle n'a pas eu le temps... »

Un sourire triste étire fugacement les lèvres de l'odysséen qui se redresse, essuie ses mains sur son manteau sombre alors qu'il trouve enfin le courage de darder ses yeux clairs dans ceux de son amie.

« Lloyd a... tout simplement lâché prise. Un peu comme ce type-là... Mais en pire. Maggie était enceinte de huit mois quand Lloyd l'a roué de coups... Si tu avais vu son visage, elle était devenue méconnaissable... Elle n'a pas survécu, elle est morte d'hémorragie quelques heures après. Le bébé est mort avec elle... Lloyd a été jugé et... a été expulsé. »


Il lève une main et mime l'éjection dans l'espace, cruel châtiment qui avait fait le malheur de bien des gens. Gustave secoue la tête, reprend la parole.

« C'est moi qui ai trouvé Maggie ! J'étais juste venue leur rendre visite, j'ai entendu les cris... Je suis rentré de force et j'ai vu Maggie au sol et Lloyd qui... Enfin... tu as compris. Tu sais pourquoi j'étais militaire ? Parce que je voulais juste aider. J'étais persuadé que je pouvais protéger les gens, mon entourage en particulier, que je pouvais faire la différence. Sauf que je n'ai pas pu sauver Maggie... Après ça, j'ai compris que... je ne sais pas, je pouvais pas en supporter davantage, tu comprends ? Alors j'ai lâché le corps militaire... Et je me suis calé dans un travail loin du stress et surtout loin de la violence. »

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06/12/2015 Lux Aeterna 30181 Sophia Bush Avengedinchains (vava) ; Oreste (image profil); Lux Aeterna (sign & gifs & fiche rp) ancienne militaire - lieutenant, stratège, garde et patrouilleuse. Quelques notions de médecine et bases en maniement des armes. 439


Sujet: Re: {{ Black wave / bad vibrations (Gus)
Sam 18 Mar - 21:55

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❝ Black wave / bad vibrations. ❞
Murphy Cavendish & Gustave Monroe
(26 février 2117)


Qu'ils s'en rendent compte ou non, ils étaient tous passés par les mêmes épreuves. A des degrés différents, peut-être; certains avaient perdu toute leur famille dans le crash, d'autres avaient eu la chance d'être encore entourés de quelques proches, et puis il y avait eu une première année terrestre qui avait changé la donne pour eux tous et de différentes façons. Certains avaient encore perdu des proches au froid, à la faim, aux accidents ou aux fortes chaleurs; d'autres avaient vécu des atrocités que seule cette planète semblait capable de leur faire subir. Ils étaient tous blessés à leur façon et il était inutile ou injustifié de vouloir classer ces dommages. Ici, ils étaient égaux. Ils étaient égaux face aux épreuves et aux accidents, à cet espoir commun qu'ils avaient de trouver leur place ici-bas. Pourtant, parfois, leur nature humaine reprenait le dessus. Des instincts dictés par leur cerveau reptilien, peut-être, et en réalité peu importait la source de ces réflexes primitifs. Des altercations, il y en avait régulièrement. Il semblait impossible qu'une société, aussi petite et fragile soit-elle, puisse être épargnée par ce genre de discordances. C'était peut-être un signe, au fond, que tout allait bien. Qu'ils n'avaient pas de raisons immédiates de s'en faire pour autre chose de plus grand qu'eux tous.

Murphy n'avait pas eu peur, parce qu'elle savait quel pouvait être son rôle dans ce genre de situations. En tant que garde, elle s'était interposée dans de nombreux conflits de ce genre, là-haut déjà, mais ici aussi. « Je sais me battre », tentait-elle de calmer un Gustave paniqué, « c'est mon job, j'ai été entraînée pour ce genre de conneries. Et quand bien même j'avais foiré mon coup, les autres auraient laissé tomber leur place de spectateur pour intervenir. » Les sourcils affaissés d'inquiétude au-dessus de son regard ambré, la brune ne savait plus quoi dire pour tenter de calmer le diplomate. De toutes les personnes avec qui elle avait déjà eu l'occasion de travailler pour le bien du campement, il était l'une des plus pragmatiques, posées et, n'ayons pas peur des mots, l'une des plus sages. Elle l'avait toujours perçu comme un homme bon qui croyait au meilleur des siens. Il avait suffi qu'il intervienne dans les dissensions entre Chris et Elijah pour qu'elle en vienne à cette conclusion, sans doute hâtive aux yeux de certains, mais parfaitement fondée pour elle. « Personne devrait lever la main sur personne ! » Elle s'offusqua un instant, les traits du visage tirés par la surprise. « Homme ou femme ça change rien... » Pour toutes les valeurs qu'elle savait être celles de Gustave, elle restait persuadée qu'il ne s'agissait pas là d'un signe primitif d'une croyance en la supériorité de l'homme sur sa comparse féminine. Murphy était persuadée que le meilleur moyen de venir au bout de toutes ces idées saugrenues était de simplement les oublier pour ne rendre réel que l'égalité ultime qui existait entre les deux sexes. Qu'un homme tabasse une femme était aussi choquant à ses yeux que deux hommes ou deux femmes qui se tapaient l'un sur l'autre ou que si une femme décidait de frapper un homme sans raison. La réalité était la même dans les quatre cas. C'était de commencer à hiérarchiser ces quatre cas qui paraissait inconcevable par la brune.

Maintenant à l'écart, ils avaient un peu plus de libertés. L'atmosphère était plus détendue, aussi, maintenant qu'ils s'étaient éloignés de la cohue de fin de journée qui entourait toujours le feu principal du camp. Murphy, pourtant, même en l'assaillant de questions peut-être un brin indiscrètes, ne s'était pas attendue à de telles révélations de la part du brun. Elle l'écouta attentivement et avec concentration, les bras croisés sous sa poitrine, se frottant de temps à autres le front de contrariété. Elle comprenait enfin, mais elle se disait maintenant qu'elle aurait préféré ne pas avoir à comprendre. Elle hésita à plusieurs reprises à poser sa main sur son épaule pour le rassurer et, peut-être, l'arracher à ses souvenirs pour le ramener au présent, mais elle se contenta d'observer ses caresses à Antarès, se sentant bien trop impuissante pour intervenir au milieu du discours de Gustave. « Je... suis désolée. » Elle jouait avec ses doigts, soudainement un peu nerveuse à l'idée de gaffer. Gustave était au bord d'une brèche, elle pouvait le sentir. Elle ne l'avait jamais connu si tendu, si à fleur de peau, et elle avait peur de rompre l'équilibre précaire dans lequel il se trouvait avec un mot maladroit. Elle qui ne pensait que trop rarement à l'impact que pouvaient avoir ses remarques se retrouvait pourtant confrontée à l'hésitation des moins bavards. « C'est une sale histoire... » tenta-t-elle en essayant en parallèle de construire dans son esprit une argumentation valable et qui avait peu de chances de blesser quiconque. « Mais c'est parce que c'était un sale mec. Compare pas des situations qui sont pas comparables... » Sa voix était douce au point de la surprendre elle-même. « Ces mecs là sont pas forcément des mauvaises personnes, pas plus que ceux qui ont pas levé le petit doigt. Ton histoire s'est passée dans le secret de l'intimité. Quand une personne incontrôlable prend le dessus et qu'il y a personne pour l'arrêter... » Les mots s'étouffèrent avant qu'elle ne puisse les prononcer. Alors c'est trop tard. « Ça fait sûrement partie de la nature humaine d'en venir au poing quand les mots suffisent plus. » Elle haussa les épaules. Elle-même avait déjà été dépassée au point de devenir physique avec des gens trop bornés pour écouter ce qu'elle avait à dire. « La vraie différence se fait sur ce qui suit. Ces mecs-là m'auraient probablement pas touchée, et même si ça avait été le cas, ils auraient pas été jusqu'au bout. C'était une épreuve de force entre eux. » Enfin, elle posa une main qu'elle serra sur le bras de Gustave. « On peut tous faire le bien, pour nous et pour les autres, et je crois qu'on en est tous au moins un peu convaincus, sinon on serait pas là. C'est pas seulement l'instinct de survie égoïste. C'est un instinct de survie de groupe. » Elle marqua une pause, laissa son bras retomber le long de son corps et sourit, comme pour apaiser le moment et rassurer le Gustave retourné qui se tenait devant elle. Elle ne mentait pas. Le monde était complexe et la société l'avait toujours été, mais elle l'aimait tel qu'il était. Elle voulait le protéger de lui-même pour qu'il puisse continuer à grandir et à être chéri par ceux qui le côtoyaient. L'homme était un animal étrange, mais personne ne naissait mauvais, même ce Lloyd. L'altruisme et l'empathie étaient deux qualités qui faisaient partie de l'histoire de l'humanité, un raté de l'évolution peut-être, mais un espoir constant qui maintenait Murphy en vie dans le seul but de les voir toutes les deux, une bonne fois pour toutes, triomphantes.

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07/09/2016 Nexus 244 Tom Mison Nexus Maniement des armes | orateur 30


Sujet: Re: {{ Black wave / bad vibrations (Gus)
Ven 24 Mar - 20:28

Oui, Murphy savait se battre, était largement en mesure de se défendre. Mais face à la violence de certains, même les meilleurs pouvaient se trouver en difficulté. Personne n'était infaillible, n'est-ce pas . Quant à la foule qu'elle assurait être de bonne foi, il n'y croyait. Son optimisme l'avait abandonné, pour quelque temps seulement. Mais il l'avait vu de ses yeux, personne n'avait bougé et l'idée qu'il faille attendre que les choses dégénérées pour espérer les voir agir le rendaient d'autant plus furieux. C'était le propre de l'humanité, ça. Regarder, attendre, voire empirer et agir au dernier moment. Gustave soupir, perdu dans ses pensées, à mi-chemin entre ce passage peu glorieux avec Murphy et ce souvenir douloureux avec Maggie.

Personne devrait lever la main sur personne ! Homme ou femme ça change rien...

Perplexe, Gustave lève les yeux vers sa comparse, la fixe un instant. Elle avait raison mais c'était surtout le ton soudain abrupt qui le laissait sans voix. Était-ce là un ton accusateur ? Certes, il n'avait pas exprimé la chose de cette même façon mais il n'en pensait pas moins que Murphy.

« Je sais. »

Se contenta de murmurer l'odysséen sans même chercher à se justifier. Il n'en avait déjà bien assez dit et plus les secondes passaient, plus son moral se fragilisait. Non, clairement, il n'avait pas envie de s'étendre sur le sujet. Le souvenir de Maggie faisait déjà bien assez mal ainsi, inutile en plus d'avoir à se brouiller avec la belle Murphy pour une poignée d'idiots qui n'en valait même pas la peine.

Je... suis désolée.

La tension retombe soudainement et la douceur semble finalement se frayer un chemin entre les deux confrères. Gustave s'apaise doucement, soupir et secoue la tête. Elle n'avait pas à s'excuser pour si peu... Et puis, il ne lui voulait pas. Murphy était plus sensée et raisonnable, plus sensible et compatissante, que bien des gens qu'il avait côtoyé au cours de sa vie et de sa carrière. Elle avait bon cœur en plus d'être d'une incroyable intelligence et la chose qui effrayait sans doute Gus à cet instant, c'était sans doute d'avoir à perdre une amie comme elle. Rares étaient les gens comme cette femme...

« Je suis désolé aussi, Murphy. Mon comportement n'était pas digne de ma part... j'aurais dû mieux me maîtriser. Pas seulement pour moi, mais pour vous aussi. »

C'est qu'il en avait honte, le bougre. Mais au moins, ces excuses mutuelles aideraient indéniablement à remettre les choses au calme. Un pâle sourire étire les lèvres de l'homme qui semble plus serein et dont les yeux clairs se perdent dans ceux de sa comparse avant de glisser sur son chien qui semble avide d'attention, encore. Alors qu'il se perd dans la complication du canidé à l'air tendre et adorable, il écoute néanmoins Murphy aux idées bien arrêtées sur ce qu'avait été Lloyd. Elle était si loin de la vérité, si elle savait. Résigné, Gustave soupir tristement, fermant les yeux et croise les mains dans son dos. Le sujet était toujours aussi sensible.

« Oh Murphy, j'aimerais vous donner raison mais malgré son acte barbare... Lloyd était quelqu'un de bien. Je crois qu'on ne saura jamais vraiment ce qui lui est passé par la tête, pourquoi il s'est laissé emporter par la fureur mais... cela a été la seule fois où son humanité a... Faiblis. La fois de trop, nous en conviendrons. »

Gustave pince les lèvres, ouvre les yeux et fait un pas, ouvrant la marche tout en invitant Murphy à le suivre d'un geste de la main, toujours avec cette élégance qui lui sied comme un gant.

« Je le connaissais depuis toujours, nous avons grandi ensemble... Nous sommes devenue des hommes ensemble. C'était un homme bon, je te l'assure... »

Pour une obscure raison, il cherche à justifier Lloyd et même à protéger le peu qui reste de lui. C'est-à-dire son souvenir. Gustave avait besoin de se souvenir de son ami pour les bonnes choses qu'il avait faites. Mais pour l'heure, il était surtout temps de changer de sujet, de passer à travers ce rideau de peine et de douleur. Alors qu'il marche tranquillement, profite de l'air frais du dehors qui aide à calmer ses nerfs, l'homme affiche un sourire paisible à son ami, changeant de sujet du tout au tout.

« Au fait, comme se porte notre inconnue trouvée au phare ? Je... n'ai pas pris la peine d'aller à sa rencontre. Je me suis dit qu'il y aurait bien assez de gens comme cela, intrigué par sa présence. J'espère néanmoins qu'elle se remet... A-t-elle dit quelque chose ? »

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Sujet: Re: {{ Black wave / bad vibrations (Gus)
Jeu 30 Mar - 2:13

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❝ Black wave / bad vibrations. ❞
Murphy Cavendish & Gustave Monroe
(26 février 2117)


Murphy était faite de convictions solides, certaines héritées de sa mère, d'autres construites au fil des années et des aventures. Elle croyait fermement en la bonté de l'Homme, malgré tout ce que l'Histoire, cette grande Histoire, pouvait laisser entendre. Elle croyait que personne ne naissait mauvais, elle croyait que tous avaient le potentiel d'être bons, mais elle croyait aussi la faiblesse intrinsèque à l'Homme et à son pouvoir de décider, au mauvais qui sommeillait en chacun et ne demandait parfois qu'à être titillé pour émerger. Tout n'était que balance, tout n'était que dégradés de gris. Personne n'était la définition même de la perfection, personne n'était la bonté incarnée, personne n'était altruiste au point de faire passer tout le monde avant lui. Tout le monde avait ses faiblesses, bâties sur sa propre vie et les propres obstacles qu'elle avait dressés sur son chemin. Il arrivait à tout le monde de se retrouver confronté aux pires parts de lui-même. Qu'il s'agisse de quelques moments perdus dans l'alcool, dans la violence, d'abandons, de pleurs ou d'angoisses inexprimables, tous étaient sujets à ce genre de caractéristiques. C'était ce qui faisait d'eux des humains, pour ce qu'il étaient de meilleur et de pire. C'était ce qui leur apportait de la profondeur, à tous, qui rendait leur espèce si peu prédictible et si fragile. Des fois, certains s'oubliaient à tous jamais face à ces travers. Il suffisait parfois de peu, souvent d'une accumulation, mais l'Homme ne naissait jamais mauvais. Son ADN faisait de lui quelqu'un d'égoïste, mais aussi de capable d'altruisme au sens noble du terme. L'Homme avait gagné la conscience et surtout, le choix. Ce qu'il en faisait ne dépendait que de lui.

Alors, pour Murphy, un homme qui battait sa femme jusqu'à la mort était un homme mauvais. Un homme qui l'était devenu, peut-être en des années, peut-être en quelques secondes, peu importait. Battre quelqu'un qui jusqu'à provoquer la mort et sans raisons était un acte vil, encore plus lorsqu'il s'agissait de la personne que l'on était supposé aimer le plus au monde. Une violence pareille n'était pas la preuve d'un amour quelconque, mai seulement celle d'une bête féroce qui cherchait à prendre le dessus. Le coup de poing de trop était synonyme d'une bête libérée, d'un abandon total à ses pulsions barbares. Et c'était ce coup de poing de trop qui avait fait de l'ancien ami de Gustave un homme mauvais au regard de la brune.

« Il a laissé gagner une part de lui qu'il aurait du étouffer » répondit la brune, un peu attristée par les images qui lui venaient à l'esprit, mais surtout déterminée à défendre son point de vue. Elle ne pouvait pas croire à cette fatalité qui sous-entendait que tout était déterminé, y compris le caractère de chacun. « La violence ça devrait jamais être une solution de premier recours », soupira-t-elle avant d'ajouter sur un ton doux qu'elle voulait rassurant et compatissant, « mais ça devrait surtout jamais être une solution face à une personne qu'on aime. » Mais, encore une fois, qu'en saurait-elle, après tout ? Son seul grand amour avait été Faust. Un de ces amours platoniques et purs qui étouffaient toute recherche de ce que certains qualifieraient de vrai amour. Mais, après tout, peu importait la case dans laquelle on pouvait ranger tel ou tel amour. Aimer, c'était aimer. Aimer, c'était accepter les meilleurs moments dans leur plus tendre douceur, mais aussi savoir encaisser les pires instants pour finir par s'en relever à deux, portés par ce lien invisible que pouvaient partager deux êtres. Amis, amants, famille... cette règle était sous-entendue dans ces unions si particulières qui les rendaient si fortes. Pour une personne, vous pourriez tout donner. Pour une personne, vous seriez prêt à sacrifier votre ego, peut-être, mais surtout à remettre en cause vos instincts les plus bas, les plus primitifs. Lloyd avait été incapable de ça.

Mais elle lisait la peine dans le regard de Gustave, et aussi toute l'incompréhension qui subsistait et n'aurait probablement jamais de réponses. « Ecoute... » Elle posa à nouveau sa main sur son épaule, se sentant plus impuissante que jamais. Elle ne taisait jamais ses opinions, mais elle ne pouvait pas non plus rester impassible face à une part de Gustave qu'elle découvrait seulement. « Je suis désolée. Vraiment. Pour elle, pour lui, pour leur bébé, mais aussi pour toi. Ce genre de choses devrait pas exister. L'esprit humain est au-delà de toute explication, j'suppose. » Elle chercha un peu timidement le regard de l'homme aux cheveux longs et lui adressa finalement un sourire rassurant. Elle le voyait se calmer à vue d'oeil, et c'était tout ce dont elle avait besoin à cet instant précis. Elle avait presque oublié la présence du pauvre Antarès, qui se rappelait à elle par l'intermédiaire de l'Odysséen face à lui lorsqu'il lui accordait quelque attention ou papouilles.

Elle fut à la fois surprise et soulagée qu'il change si radicalement de sujet, et Murphy haussa les épaules, un peu évasive, incapable d'en apprendre beaucoup plus à Gustave. « T'aurais du venir, ton sens de la diplomatie est précieux ! Je sais pas si quelqu'un a eu des nouvelles depuis qu'elle est partie... Elle a juste dit qu'elle venait de loin. J'espère qu'elle aura pu retourner chez elle entière. C'était atroce d'avoir à lui annoncer la mort de ses comparses de voyage. J'ose pas imaginer si... » Sa voix se brisa un peu et elle dut reprendre son souffle pour continuer sa phrase. Ses iris ambrés fuyaient à nouveau ceux, beaucoup plus clairs, de Gustave. Ces idées lui étaient intolérables, et si elle arrivait la plupart du temps à les éluder avec brio, elle revenaient régulièrement en force, prête à conquérir le cœur abîmé d'une Murphy encore endeuillée de sa meilleure amie. « Enfin, si ça m'arrivait. C'est égoïste, hein, de penser à soit quand on est témoin d'un truc pareil. Je sais pas si tu connaissais Faust, mais... » Son regard fut subitement attiré par la boule de poils à leurs pieds et elle éclata dans un rire qui lui permit de quitter ses souvenirs mélancoliques. « Mais regarde ce que le monde ici a à nous offrir ! » Elle prit le chien dans ses bras et le serra tendrement contre elle, plantant son regard dans le sien alors qu'il cherchait à lui lécher le visage. « J'ai un nouveau compagnon ! Tout ça, c'est peut-être juste le début. »

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Sujet: Re: {{ Black wave / bad vibrations (Gus)
Dim 2 Avr - 13:51

T'aurais du venir, ton sens de la diplomatie est précieux ! Je sais pas si quelqu'un a eu des nouvelles depuis qu'elle est partie... Elle a juste dit qu'elle venait de loin. J'espère qu'elle aura pu retourner chez elle entière. C'était atroce d'avoir à lui annoncer la mort de ses comparses de voyage. J'ose pas imaginer si...

Malgré lui, Gustave rit. Son sens de la diplomatie était quelque peu ankylosé ces derniers temps et cela, elle en avait été témoin quelques instant plus tôt. L'homme garde néanmoins un sourire fébrile sous sa moustache qui frétille d'amusement alors qu'il reste aux côtés de son amie. Il n'était pas venu voir cette inconnu pour quelques raisons qui se comptaient sur les doigts d'une main, à dire vrai. Alors qu'il darde sur elle ses grands yeux azurés, l'homme réponds simplement.

« Si je ne suis pas venu c'est parce que je savais qu'il y aurait déjà tout un attroupement autour d'elle. Cette pauvre femme n'avait pas besoin qu'on l'étouffe. Et puis... Pour être honnête, je n'aurais pas sût quoi lui dire. J'ai lourdement insisté pour descendre voir cette barque, j'ai vu les corps de ses comparses, j'ai tenter au mieux de la ramener auprès de nous, cette inconnu... Je crois que mon rôle se termine là. »

L'odysséen à l'incroyable stature hausse les épaules, baisse le regard pour fixer le petit canidé qui cherchait le réconfort auprès de sa maîtresse.

Enfin, si ça m'arrivait. C'est égoïste, hein, de penser à soit quand on est témoin d'un truc pareil. Je sais pas si tu connaissais Faust, mais...

« Non, je suis navré ma douce amie... je n'ai pas connu Faust... En réalité je ne côtoie pas énormément de monde ici. Je suis trop excentrique pour la plupart de ces gens, vois-tu ? »


Un doux sourire vint ourler ses lèvres alors qu'il observe Murphy s'occuper de son chien. Pourtant il peut sentir la tristesse dans sa voix. Cette Faust dont il ignorait tout, semblait être au cœur d'un tourment considérable dans le cœur et l'esprit de Murphy. Il avait envie de la questionner mais il n'osait pas de peur de paraître intrusif. Alors durant un long moment, Gus reste là, silencieux et pensif à fixer Murphy et son ami à quatre pattes.

Mais regarde ce que le monde ici a à nous offrir ! J'ai un nouveau compagnon ! Tout ça, c'est peut-être juste le début.

Comme il était d'accord avec elle ! Ce soudain optimiste de la militaire arracha un rire de bonne humeur à son géant ami qui semblait retrouver une certaine joie. Gustave agita la tête, ajustant ses cheveux longs et tendit un doigt vers la jeune femme.

« Voilà, c'est de cela dont j'ai besoin Murphy ! Tu semble être une des rares ici à encore voir qu'un avenir est possible, que tout ne se résume pas des catastrophe qui s’enchaînent et des malheurs qui défilent ! Les gens oublient trop souvent que la vie est un équilibre, il y aura toujours de bonnes choses pour faire de l'ombre au plus mauvaise ! Parfois il suffit juste de... s'en donner les moyens ? »

Il sourit avec tendresse, comme un père ravie d'une discussion qu'il avait avec sa fille. Il tend sa paluche vers l'animal dans les bras de sa maîtresse, lui gratte énergiquement le crâne avant de lâcher un rire soufflé.

« Ah Murphy... TU n'imagine pas le plaisir que j'ai à te savoir dans ma vie... pardonne l'avoeux un peu soudain, tu me connais, j'ai du mal à tenir ma langue mais.... Je suis réellement ravie d'avoir quelqu'un comme toi dans mon petit entourage. Tu as bon cœur, tu es intelligente et le plus important de tous... Tu as l'espoir. »

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06/12/2015 Lux Aeterna 30181 Sophia Bush Avengedinchains (vava) ; Oreste (image profil); Lux Aeterna (sign & gifs & fiche rp) ancienne militaire - lieutenant, stratège, garde et patrouilleuse. Quelques notions de médecine et bases en maniement des armes. 439


Sujet: Re: {{ Black wave / bad vibrations (Gus)
Mar 11 Avr - 1:16

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❝ Black wave / bad vibrations. ❞
Murphy Cavendish & Gustave Monroe
(26 février 2117)


Il n'y avait pas grand chose qui pouvait réellement troubler Murphy. Il n'y avait guère que dans les moments les plus secrets qu'elle pouvait se laisser ensevelir sous la peine, la peur et les regrets. Le reste du temps, la brune s'efforçait de rester positive. Pas pour les autres, mais avant tout pour elle. Elle était convaincue que c'était un état d'esprit qui demandait quelques efforts, et elle était prête à se battre pour lui. Elle ne pouvait pas se laisser couler comme elle ne pouvait laisser couler personne ici. Elle ne croyait pas autant en elle-même qu'elle croyait en eux tous, en leur capacité à rêver, à espérer, et surtout à construire, à concrétiser leurs idées et à agir plutôt que d'attendre dans un état semi-larvaire que la vie s'occupe d'eux. Murphy ne croyait pas à la fatalité; au pire, elle croyait au hasard et à ce don qu'il avait d'apporter le pire au moment où on y était le moins préparé. Mais c'était bel et bien du hasard et rien d'autre. Ce hasard, on pouvait le contrer par la force de l'esprit, par la ténacité et par la hargne. La patrouilleuse croyait en la force que chacun recelait même sans s'en rendre compte. Les deux hommes qui s'était battus un peu plus tôt n'étaient pas mauvais; ils s'étaient laissés ensevelir sous les émotions. Si seulement tous étaient capables d'une même agressivité lorsqu'il s'agissait de faire face à la vie et à leur avenir...

Le regard de Gustave semblait la transpercer de part en part. Sa clarté impressionnait toujours la brune, et elle se retrouvait parfois intimidée face à cette capacité qu'il semblait avoir de lire en toute personne comme dans un livre grand ouvert. Il paraissait être de ces hommes qui connaissaient mieux les autres qu'ils ne se connaissaient eux-mêmes, et posséder tous les secrets du monde qui les entourait. Elle savait que c'était ridicule, qu'il était des mystères trop opaques pour être connus et décortiqués. Mais Gustave avait toujours eu le don, depuis la toute première fois qu'ils avaient échangé quelques mots, de la rassurer. Comme s'il connaissait l'avenir, comme s'il croyait, plus fort qu'elle encore, en ce monde et en leur capacité à l'affronter, même dans ses moments les plus cruels et les plus vils. Il n'était pas un surhomme, pourtant; il était humain, et, plus que jamais, il venait de lui en donner la preuve. Mais Murphy savait reconnaître le trouble qu'elle pouvait ressentir lorsqu'on était capable, en quelques mots ou un regard à peine, de la rassurer. Gustave, comme une poignée d'autres personnes, avait cette capacité. « On a pas besoin d'écrire son discours à l'avance pour savoir quoi dire. Tu sais rassurer, Gus, et t'aurais trouvé les bons mots. » Malgré la délicatesse du moment, la rencontre s'était bien passée, mais Murphy s'était étonnée de ne pas le voir parmi le groupe intrigué par l'inconnue.

Et puis, il y avait les morts, ceux qu'avait perdu Calypso, et ceux qu'ils avaient eux aussi perdu, ici, là-haut, avant, maintenant. Elle s'en voulait encore tous les jours pour sa mère dont elle avait été séparée de la plus brusque et cruelle des façons, mais elle s'en voulait sans doute encore plus de la disparition de Faust. Pour Faust, elle aurait pu faire quelque chose. Pour Faust, il ne s'était pas agi de ce putain de hasard, pas seulement. Elle aurait pu la retenir, elle aurait pu se joindre à elle, ou elle aurait pu juste lui dire une dernière fois combien elle l'aimait. Au lieu de ça, elles s'étaient quittées de la plus commune des façons pour ne jamais se retrouver. Peut-être que si elle avait fait les choses différemment, peut-être que si elle avait fait une seule chose différemment, elle aurait encore sa blonde à ses côtés. Ce n'était pas le hasard, c'était elle, au moins en partie. Elle devait accepter cette réalité pour ce qu'elle était, mais, près d'un an plus tard, elle admettait seulement à demi-mots qu'ils ne la retrouveraient probablement jamais. Sa culpabilité, elle la laissait enfouie bien confortablement dans les tréfonds de son être, là où ses plus grandes douleurs restaient masquées, maintenues immobiles, incapables de blesser. « Non, je vois pas », dit-elle avec un petit sourire triste en passant une main dans ses cheveux. Gustave était loin d'être un homme commun, mais il était sans doute l'une des meilleures personnes qu'elle connaissait. « Tu te serais bien entendu avec elle. » Elle ouvrit la bouche pour décrire l'intelligence de son amie et la referma aussitôt, réalisant qu'elle n'était pas encore prête à parler d'elle au passé, mais plus assez naïve pour continuer à le faire au présent.

En attrapant Antarès et en le serrant contre elle, Murphy se sentit revivifiée d'un espoir soudain. Son animal avait ce don, celui de faire croire en la pureté et la simplicité de la vie, qui, il ne prouvait, n'avait pas toujours besoin d'être un drame. Il n'était qu'un exemple parmi d'autres dans la vie de la brune qui lui rappelaient que tout ne s'était pas fini brutalement au moment où leur Odyssée avait impacté le sol terreux de cette forêt survivante. Peut-être que c'était juste un nouveau commencement, une occasion de vivre les choses différemment. Elle plongea son visage dans les poils un peu sales du cou l'animal et y déposa un baiser tendre. Elle releva le nez, surprise, vers l'index qu'il pointa subitement vers elle, et son sourire s'agrandit lorsqu'elle comprit de quoi il s'agissait. « Je suis d'accord avec toi ! » Son regard brillait d'excitation. Elle avait tellement hâte de retourner explorer les terres qui s'étendaient bien au-delà de leur campement. « C'est pas facile tous les jours d'y croire, mais... on peut pas y croire si on veut pas y croire. Certains ont l'air de l'oublier. On a tous perdu quelqu'un ici, au moins une personne. »

Son regard se baissa sur la boule de poils posée contre sa poitrine et dont elle ressentait toute la satisfaction que lui procurait le geste affectueux de Gustave. Elle fixait Antarès, attendrie comme elle ne l'avait été que par sa filleule jusque-là, et manqua une inspiration lorsque l'homme face à elle lui déclara toute l'estime qu'il avait pour elle. Elle sourit, un peu intimidée, et espéra un instant disparaître dans les profondeurs de la terre pour ne pas avoir à accepter les compliments qu'il lui faisait. Murphy n'était pas forte. Elle se laissait porter par les hasards,  s'accrochait férocement, mais elle n'était pas forte. Elle avait perdu trop de personnes pour que son coeur n'en sorte pas meurtri, et sa force, elle aussi, avait fléchi au fur et à mesure des épreuves. Elle se savait de plus en plus fragile, de plus en plus encline à s'abandonner à des larmes silencieuses, cachée sous l'épaisse peau animale qu'Elias lui avait offerte, et puis elle repensait à ce que ce monde lui avait offert, comme pour timidement se faire pardonner de ce qu'il lui avait violemment arraché. La vie était faite de compromis, de nuances de gris, et elle en était l'exemple parfait : le gris intermédiaire, un peu sans saveur, celui qui se contentait d'être sans s'avérer ni trop mauvais ni excellemment bon. Elle était un amas de concessions, de douleurs masquées, d'espoirs qu'elle espérait sauvages, tenaces, enragés par la soif d'exister. « J'ai rien de plus que les autres. » Son regard s'était rivé sur le sol alors qu'elle refusait, dans un élan de réalisme, d'accepter les compliments offerts par son ami. « Je suis un tas d'erreurs. » Elle haussa les épaules comme signifier qu'elle ne voulait pas en parler plus longtemps. Elle avait peur d'ouvrir une boîte de Pandore qui libérerait ses pires démons, ceux qu'elle s'efforçait de faire constamment taire. Non, Murphy n'était pas parfaite, et cet espoir dont Gustave parlait, elle doutait parfois de sa seule existence. Elle repensait à la crise qu'avait subie Chris l'été précédent et ce moment où elle avait bien cru que tout était bel et bien terminé pour eux. Elle devait l'admettre, elle devait à la vie. Elle lui devait certaines rencontres; la jeune fille qui lui avait confié le chiot qu'elle tenait dans ses bras, et puis la paire d'iris verts dont la simple pensée serrait encore son cœur. « T'es une force. Tu t'en rends pas compte, mais t'es une force pour toi et pour nous tous. C'est de ton esprit dont on a besoin. Je suis juste une militaire accrochée à son chien comme si c'était son propre cœur. » Elle lui tendit Antarès à bout de bras, lui proposant d'un regard encourageant de le prendre à son tour contre lui. « On peut pas résister à une telle affection. C'est trop rare entre nous, pauvres humains. J'ai l'impression qu'on oublie que la vie en société c'est ce qui fait notre force. Merci d'être toi, tu me redonnes foi en nous tous. » Elle sourit et manqua de rire, incapable de continuer dans cette voie trop sérieuse qu'ils avaient empruntée. Même si elle pensait chaque mot qui franchissait ses lèvres, elle n'était pas à l'aise dans ces longues conversations qui la ramenait à ses plus profondes inquiétudes. Elle leur préférait l'aisance du superficiel et de la légèreté, de ce qui était exprimable, de ce qui ne faisait pas mal, de ce qui ne faisait pas peur.

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07/09/2016 Nexus 244 Tom Mison Nexus Maniement des armes | orateur 30


Sujet: Re: {{ Black wave / bad vibrations (Gus)
Mer 19 Avr - 19:19

J'ai rien de plus que les autres. Je suis un tas d'erreurs.

L’aveu le tiraille de toute part. Gustave se sent soudain oppressé par une nouvelle vague de culpabilité. Jamais encore il n'avait entendu une telle absurdité – sauf quand Chris ouvrait la bouche – et il était déplorable de constater ce genre de pensée venant une femme exceptionnelle comme Murphy. Et parce qu'il était ce qu'il était, Gustave ne tarda pas à répondre, toujours sur ce ton naturellement doux et chaleureux, avec ce sourire qui valait probablement tous les mots du monde.

« Et c'est de nos erreurs que nous apprenons, Murphy. C'est pour cela que tu avances, que tu te relèves sans cesse... Tes erreurs t'ont rendu forte, ils t'ont permis de voir le monde sous un autre jour... »

Tout le monde faisait des erreurs mais l'odysséen, dans son grand optimiste, voulait croire que rien n’arrivait par hasard et que ce dicton tout trouvé, reflétait une vérité qui n'était pas qu'une illusion. Il se perd un instant dans les yeux de Murphy, elle qui ne sent pas à la hauteur de ce qu'elle est, qui parle de son animal comme d'une bouée auquel elle se raccroche. Tout cela sans voir qu'elle elle-même un pilier vital dans la vie de bien des gens dans ce camp. On avait cruellement besoin d'homme et femme comme elle, mais aveuglé par sa modestie, la jeune femme se refusait à y croire. Quelle tristesse. Alors quand elle lui fourre l'animal dans les bras, Gus sort soudainement de sa torpeur, cambrant le dos alors que le canidé remue dans ses bras, venant lécher son visage avec affection.

« Ah ! Ah euh... oui... oui gentil chien... gentil... »

Il esquisse une vague grimace. Non pas qu'il n'aimait pas les animaux – bien au contraire- disons simplement qu'il n'était pas encore habitué à la présence de certain. À bout de bras, Gustave lève le chien devant son visage, mettant une distance entre eux et l'observe d'un œil suspicieux. Allons bon, qu'avait donc cette créature pour mériter autant d'amour ? Alors que la bête remue de la queue, attendant visiblement une séance de câlin qu'il devait juger lui revenir de droit, Gus lui, se contente de le reposer au sol avec un sourire amusé, flattant sa croupe d'une tape affectueuse avant de frotter son dos allègrement.

« Ah Murphy, ma douce Murphy... »

Soupir Gustave, presque las. Pourtant il affiche un sourire tout en se redressant, laissant le chien vagabonder autour d'eux en reniflant le sol à la recherche de quelque chose à vouloir se mettre sous la dent, probablement. Finalement, il n'était pas bien différent d'eux qui cherchait tous, un sens à leur vie. Si la pensée pouvait sembler déplorable, elle ne l'était en rien. C'était au contraire une vision d'espoir, celle de gens qui n'abandonnaient pas, qui avançaient quoi qu'il arrive. L'homme s'approche de la militaire, cette farouche jeune femme qu'il avait apprit à adorer en peu de temps et dont il était fier de pouvoir compter sur sa loyauté et son dévouement. En douceur, il prend les mains de Murphy dans les siennes. Son sourire se fane et c'est avec un regard décidé et doux, que l'odysséen lèvent les mains de son amie à son visage pour venir en embrasser les deux paumes. Dans une parfaite soumission, avec une attitude sereine qui n'avait plus rien à voir avec cet entrain plein d'humour et d'autodérision, Gus se fait chevalier de sa reine avant de souffler contre ces petites mains fraîches et rugueuses.

« Il n'y a rien Murphy, rien qui ne pourrait atteindre la bonté d'âme que tu détiens. Reste forte et courageuse, peu importe tes erreurs du passé... Tu es l'une des personnes les plus belles de cœur et d'esprit qu'il m'ait été donné de voir dans ma vie. Tu m'apportes joie et réconfort, alors ne doute pas qu'il en soit de même pour ces gens auquel tu voues ta vie et toute ton existence. »

L'homme redresse le buste, darde sur elle un regard tendre alors que son faciès reste mué dans une moue calme et sérieuse. Il presse doucement ses mains avant de les relâcher toujours avec cette douceur qui est sienne, sa voix résonnant dans une supplique presque dramatique.

« Nous nous construirons un avenir, mon amie. Nous y arrivons, nous nous en donnerons les moyens. C'est une promesse que je te fais. »

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06/12/2015 Lux Aeterna 30181 Sophia Bush Avengedinchains (vava) ; Oreste (image profil); Lux Aeterna (sign & gifs & fiche rp) ancienne militaire - lieutenant, stratège, garde et patrouilleuse. Quelques notions de médecine et bases en maniement des armes. 439


Sujet: Re: {{ Black wave / bad vibrations (Gus)
Jeu 20 Avr - 20:46

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Murphy Cavendish & Gustave Monroe
(26 février 2117)


S'il y avait bien une chose que Murphy avait retenue de ses premières années de militaire, c'était que beaucoup se jouait sur les apparences; beaucoup trop, d'ailleurs, si on lui demandait son avis. Elle en avait bouffé, des remarques misogynes, des invitations à aller s'occuper d'une famille qui n'existait pas, à prendre soin de ses cheveux ou à materner des jeunes qui n'étaient pas les siens. Malgré elle, par les forces du hasard ou peut-être du destin, elle avait trouvé refuge auprès d'un homme qui croyait en elle et avait forgé la personne qu'elle était devenue année après année. Richard lui avait montré, plus que n'importe quelle autre personne, même que sa mère sûrement, qu'elle était autant capable que n'importe quel homme qui se déclarait supérieur à elle ou qui, pour une raison qui lui échappait mais qu'elle acceptait sans rechigner, ignorait volontairement leurs différences. Elle s'était blindée avec le temps, avait appris à ignorer ce que n'importe quelle femme sensée n'acceptait pas d'entendre, mais n'avait jamais oublié que l'on pouvait faire dire aux apparences un grand florilège de stupidités. Plutôt que de les subir, avait-elle décidé très vite, il fallait apprendre à les utiliser à son propre avantage. Elle jurait parce qu'elle c'était sa façon d'être, ou bien elle jurait parce que ça la légitimait un peu plus dans un monde d'hommes. Elle gueulait et râlait parce qu'elle qu'elle n'était simplement pas une bonne poire, ou bien elle gueulait et râlait pour s'imposer dans un monde qui semblait prêt à tout pour la rejeter. Elle se vantait des meilleures qualités parce qu'elle était persuadée d'en être dotée, ou bien elle le faisait pour ne pas montrer ses failles. Tout était question d'équilibre, tout était question de jeux d'apparences, de maîtrise d'un outil qu'elle aurait préféré ne pas avoir à maîtriser. Elle était devenue ce qu'elle était par la force des choses, un peu brute de décoffrage, présomptueuse, exubérante et parfois autoritaire. On ne pouvait pas résumer sa façon d'être à son besoin de prouver ses capacités, mais sa détermination à trouver sa place dans les rangs militaires n'étaient pas pour rien dans cette femme qu'elle était aujourd'hui.

Pourtant, face à quelques personnes soigneusement triées sur le volet, choisies par un cœur qu'elle ne maîtrisait pas malgré ses efforts, Murphy acceptait parfois de se dévoiler de façon brute et imparfaite. Il y avait eu un Chris auprès duquel ses pires angoisses avaient explosé un après-midi d'été, et puis il y avait un montagnard qui avait su l'apaiser par quelques simples gestes à un moment où sa tête cabossée l'avait abandonnée. La vie était aussi faite de ce genre de surprises et de rencontres qui pouvait la faire remettre en perspective tout ce qu'elle considérait trop souvent comme acquis, à commencer par cette carapace solide qu'elle ne laissait se briser que de temps à autres, dans ses moments solitaires, en cherchant le sommeil par une nuit hivernale ou en observant les cieux étoilés d'un été étouffant.

Pourtant, certaines choses pouvaient encore faire l'effet d'une bombe dans son être entier. Des moments d'une sensibilité particulière avaient le don de la choquer plus encore que la violence dont étaient parfois capables les siens. Le mauvais des gens, elle s'y était habituée car elle y avait été contrainte. La bonté était plus rare ou peut-être plus discrète, à la limite du secret inavouable. Elle était la première à le savoir, et partager ses faiblesses dans un moment de communion lui paraissait toujours, même si parfaitement louable, plus dangereux que profitable. « Forte je sais pas... » ricana-t-elle, un peu gênée, « mais sans elles je serais sûrement bien différente. La perfection existe pas mais je suis même loin de m'en approcher. » Elle haussa les épaules, fuyant le regard de son ami puisqu'elle admettait qu'elle était bien loin de cette image qu'elle souhaitait laisser paraître. Le jeu des mots et des apparences, voilà qu'il s'était brisé entre eux, laissant entrevoir une Murphy nue, dépossédée de tout ce qu'elle considérait comme faisait partie de ses forces ardemment acquises.

Dans l'espoir de briser la gêne du moment, la brune tendit Antarès à Gustave et ne put s'empêcher de rire à la scène qui se dressait devant elle. Elle s'assura qu'il avait bien attrapé l'animal et observa, attendrie à la fois par l'homme et le chien, les deux faire plus ample connaissance. L'embarras de Gustave la fit sourire plus que de raison mais elle fut brusquement remise à sa place lorsqu'il souffla son prénom, la bête reposée au sol. Qu'on l'appelle par son prénom l'impressionnait toujours, comme si elle s'attendait à ce qu'une remontrance ne suive, et faisait resurgir cette sensation d'infantilisation qu'elle ressentait le plus souvent face à Richard. Elle avala sa salive avec difficulté, la gorge nouée à l'avance, lorsqu'il lui prit doucement les mains, l'air soudainement mélancolique -ou simplement calme, elle ne savait plus réellement. Ses mains étaient semblaient plus chaudes que les siennes, et elle se demanda un instant s'il ne s'était pas brûlé de froid au contact de sa peau. Elle resta pantois lorsqu'il les embrassa avec une délicatesse dont elle était loin d'avoir l'habitude. « Putain, qu'est-ce qui se passe ? » Interloquée, elle ne put empêcher ses yeux de s'humidifier sous la panique. Elle avait l'impression d'avoir trop bu, peut-être, ou d'être perdue dans des rêves hors de son contrôle. On ne lui avait jamais soufflé de tels mots. Il l'avait prise par totale surprise et Murphy était plus que décontenancée, elle était totalement perdue. Elle ne savait pas comment on était censé réagir dans ce types de moments. Elle était dans l'inconnu le plus total, et elle qui n'avait jamais été habituée au politiquement correct ou à ce que la société pouvait attendre d'un être dans une situation particulière, se retrouvait à présent prise totalement au dépourvu. Elle hésita à lui mettre une gifle pour le réveiller mais ne crut pas bon de le brusquer. Cependant, elle prétendit comme elle savait si bien le faire dans ses moments d'inconfort que le problème ne venait pas d'elle, et, les mains encore figées dans les airs quelques instants après qu'ils les aient lâchées, s'éloigna d'un pas, agitée par la surprise. « Quelque chose va pas, c'est ça ? Mais je t'ai dit, si tu veux parler de choses graves, parle, mais me dis pas des conneries pareilles, c'est pas drôle. On dirait que tu vas faire une connerie, que tu vas sortir dans la forêt et choisir et un arbre et... » Oui, elle l'engueulait; elle s'était braquée. Ses mains tremblantes étaient posées sur son ventre, comme pour contenir leurs mouvements nerveux. Son regard était dur, un peu trop dur d'ailleurs, mais ils étaient en plein cœur d'une de ces tempêtes qui faisaient perdre pied à Murphy, et elle n'était plus ni maîtresse de ses frissons et tremblements, ni de son regard doré qui envoyait des éclairs à un Gustave dont la tendresse lui faisait peur. « Dis pas de conneries, arrête de dire des conneries, arrête de me baiser les mains comme si j'étais une princesse ou une pierre précieuse ! Tu me fais peur ! » Elle s'écarta d'un pas malgré elle et, la gorge nouée, ajouta, non sans lui rappeler ce qu'elle avait répété encore et encore à Isdès : « je suis pas une princesse, je suis une guerrière comme il en existe des dizaines d'autres. Et on construira tous un avenir. Ensemble. Je suis que deux mains parmi des centaines d'autres. »

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Sujet: Re: {{ Black wave / bad vibrations (Gus)
Dim 30 Avr - 18:49

Putain, qu'est-ce qui se passe ?

La réaction est soudaine, presque démesurée. Ou bien est-ce Gustave qui a encore dépassé les limites à ne pas franchir ? Lui-même ne sait pas trop, tout juste conscient que ses agissements peuvent en mettre quelques-uns dans l’embarras. Cela est d'ailleurs cas de Murphy dont les mains glissent des siennes, prenant ses distances. L'odysséen esquisse un sourire avant de redresser le buste, secouant la tête et murmure sereinement.

« Du calme Murphy, ce n'est pas une demande en mariage ni une quelconque révélation. C'est juste le comportement d'un gentleman un peu trop zélé. »

Malgré lui, il lâche un rire bref, plus amusé que vexé du comportement de Murphy qui semble en proie à une angoisse grandissante. Allons bon, avait-il été se loin que cela ? Ce n'était qu'un baisemain sur les paumes, rien de bien méchant. Pour lui tout du moins. Il darde ses yeux clairs sur son amie, Gustave la fixe et garde toujours cette attitude sereine et patiente le temps que la pression redescende alors que Murphy continue de s’angoisser, toujours si peu à l'aise.

Quelque chose va pas, c'est ça ? Mais je t'ai dit, si tu veux parler de choses graves, parle, mais me dis pas des conneries pareilles, c'est pas drôle. On dirait que tu vas faire une connerie, que tu vas sortir dans la forêt et choisir et un arbre et...

Gustave arque un sourcil, son sourire se flétrit doucement. Murphy n'a pas l'air bien, ce n'est plus de l'angoisse à ce niveau. Elle a tout de la jeune vierge effarouchée. Ou alors sans doute a-t-elle mal interprété la portée de ses gestes ? Oh misère, qu'avait-il donc encore fait ? Pile quand les choses commençaient encore à se calmer... Levant une main, Gustave vient gratter sa barbe d'un geste nerveux. Il n'avait pas eu l'intention de mettre son amie dans un tel état d'inquiétude. À croire qu'il n'en ratait pas une, même dans les meilleurs moments.

« Murphy, calme toi enfin... Je vais très bien, je n'ai aucune envie de suicide.»

Rétorque-t-il mollement. Il espère que son calme impactera sur sa comparse. Offrir une attitude sereine est l'espoir d'imposer à Murphy un retour au calmer, sans malaise.

Dis pas de conneries, arrête de dire des conneries, arrête de me baiser les mains comme si j'étais une princesse ou une pierre précieuse ! Tu me fais peur ! je suis pas une princesse, je suis une guerrière comme il en existe des dizaines d'autres. Et on construira tous un avenir. Ensemble. Je suis que deux mains parmi des centaines d'autres.

« Murphy ! »

S'écrie soudainement Gustave sur un ton plaintif alors que que sa main s'est tendue vers elle dans un signe de paix. Qu'elle respire un grand coup, cela aura au moins le mérite de lui faire du bien. Le colosse soupir longuement, posant sur un ami un regard désolé avant de prendre la parole, joignant les mots aux gestes.

« Tout va bien ! Cesse donc de paniquer comme ça ! Il n'y avait rien de grave, désolé si j'ai outre-passé la limite, je ne cherchais qu'à te donner un peu de douceur Murphy, je te jure que je n'avais aucune autre idée derrière la tête. Tu sais comment je suis pourtant, cela ne devrait même pas t'étonner. »

Finalement ses lèvres s'étirent et l'homme offre un nouveau sourire. Eh bien le moins qu'on puisse dire c'est que Murphy était drôlement sur les nerfs... Mais après ce qu'elle venait de supporter avec ces deux idiots, cela était-il si étonnant ? Absolument pas et Gustave préférait s'imaginer que ces hommes l'avaient sans doute plus bousculé que son baisemain.

« Et n’interprète pas mes paroles de travers je te prie... Mon amie, il est évident que lorsque je dis que NOUS construiront un avenir, je parle de tous ces gens au camp . Et plus en réalité... »

Gustave se détourne de Murphy, croisant les mains dans le dos et se remet à faire les cent pas, laissant ses bottes crisser dans la neige. À son tour d'être soucieux, une fois encore. Ces deux-là semblaient abonnés à l'ascenseur émotionnel, décidément.

« Je pensais aux cent, pour être honnête. Dis-moi Murphy, tu crois qu'un jour ces gosses nous pardonneront ce qu'on leur a fait ? J'aimerais tellement que l'on puisse à nouveau former une seule et même communauté. Je suis las de toutes ces histoires et je ne supporte pas l'idée que ces jeunes soient livrés à eux-mêmes là-bas au milieu de nulle part. Mais à quoi bon, ce n'est pas comme s'il existait un moyen miraculeux . Moi je ne suis que le préparateur de rationnement et malgré mes aptitudes au combat, je doute d'avoir une réelle utilité dans l'avenir de notre communauté. »

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Sujet: Re: {{ Black wave / bad vibrations (Gus)
Jeu 11 Mai - 2:46

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Murphy Cavendish & Gustave Monroe
(26 février 2117)


Murphy était tout un tas de choses, mais s'il y en avait une qu'elle n'était pas, c'était expansive. Elle savait jouer des images, des sourires et des remarques acerbes pour couper toute envie à quiconque de fondre en sentiments nobles. C'était sa façon de tenir à l'écart quiconque voudrait se jouer d'elle, mais peut-être et aussi surtout sa façon de se garder, elle, d'exprimer ce qui lui paraissait interdit. Il lui arrivait parfois de céder à la tendresse de quelques moments, mais son affection était alors filtrée des dizaines de fois, détournée, codifiée. Quiconque la connaissait suffisamment savait lire dans certaines de ses insultes et de ses remarques acerbes l'estime sous-jacente, parce que c'était sa façon de faire. C'était dans son regard de bronze que brillait l'amitié, dans l'éclat de son sourire et le creux malicieux de ses fossettes que résidait la tendresse; pas dans les mots et les longues déclarations qui étaient fastidieuses, si ce n'était hors de sa portée. Il lui fallait même bien souvent à elle-même de longs mois avant de s'avouer apprécier quelqu'un. Il y en avait pour qui elle avait l'impression de ne jamais s'être posé ce genre de questions tant c'était aujourd'hui évident; Richard faisait partie de sa famille au point qu'elle n'arrivait plus vraiment à se souvenir de sa vie avant qu'il y ait son apparition. Elle devait être plus morose, plus fragile; maintenant, il était l'un de ses rares piliers, peut-être plus encore depuis que Faust l'avait laissée. Et puis il y avait de nouvelles relations qu'elle avait tissées malgré elle, peut-être même contre ses propres aspirations, effrayée à l'idée de se retrouver blessée comme elle l'avait été de la disparition de sa meilleure amie. Il y avait eu Chris, qui lui avait fait comprendre par tous les moyens possibles que tout entre eux n'avait été que poudre aux yeux, et puis il y avait quelques lueurs d'espoir, des raisons inavouées de s'accrocher encore à ce monde pour en extraire le meilleur; il y avait Tennessee, dont l’œil bienveillant ne laissait aucun doute quant à ce qui pouvait les lier, au-delà du chagrin et du deuil; il y avait Antarès, qui arrachait sans aucun regret pomme sur pomme à une bouclée attendrie et rassurait sa maîtresse tous les soirs lorsqu'elle cherchait le sommeil, cachée sous une fourrure qu'on lui avait généreusement offerte. Il y avait les rencontres plus inattendues encore, celles qui sentaient la résine de pin et l'aventure, la découverte dans toute sa souveraineté. Oona qui comprenait son deuil plus qu'elle ne le comprenait elle-même, Elias qui découpait les tripes d'un agresseur mis à terre, Isdès qui descendait réveiller la maladroite au fond d'une caverne sombre.

Et puis il y avait Gustave, qui s'était insinué dans sa vie sans qu'elle y prête réellement attention, sans qu'elle s'en rende réellement compte. Il était apparu simplement dans son existence, sans grands tapages, sans drames, sans grandes aventures. Il était apparu comme les êtres apparaissaient autrefois dans les vies, là-haut, dans le calme du quotidien, transformant en un rien de temps la nouveauté en une habitude déjà confortable, douce et réconfortante. Gustave faisait partie de ces personnes dont la présence était enchanteresse car évidente. Il était de ceux qui soignaient, de ceux qui apaisaient, de ceux qui consolaient. Alors même si son geste aurait dû paraître simple à Murphy, il en était loin. Car elle, elle était loin de cette douceur qui émanait du brun. Elle, elle était abîmée, habituée malgré elle à des violences qu'elle aurait préféré ne jamais voir et à des questions qu'elle aurait aimé ne jamais avoir à se poser.

Son regard paniqué avait accroché celui de Gustave qui, malgré quelques mots sereins, ne parvint pas à calmer le feu de panique qui s'était éveillé en elle. Elle aurait du savoir, pourtant, mais elle n'avait pas su. Elle n'avait pas su traduire ce geste innocent dans un langage de pure bienveillance, elle la distante, elle l’abîmée. Le monologue était l'un des outils qu'elle maniait le mieux, ou peut-être l'un des seuls qui savait lui faire gagner du temps en attendant de trouver plus efficace. Elle n'avait aucune idée de ce qui se tramait, en fait, et elle préférait s'assurer de milliers de façons différentes que Gustave n'était pas en train de lui échapper de la plus poétique des façons, dans un geste de bonté infinie comme il était le spécialiste. Car en traduisant le geste dans son propre langage, elle avait lu des dizaines de choses qui lui échappaient autant qu'ils la la faisaient paniquer. C'était là un répertoire qu'elle ne connaissait pas, ou alors peut-être simplement de vue ou de rumeurs vagues. Les déclarations d'amour, quelles qu'elle soient, étaient loin d'être naturelles pour la brune, ce qui, sans nul doute, la poussait à y associer l'imminence de drames.

Son prénom exclamé de la voix de Gustave lui fit l'effet d'un électrochoc, l'arrêtant brusquement dans son élan de panique. « J-j-... » Ses paupières tremblaient de décontenance. Elle leva finalement son regard vers le sourire rassurant de son ami alors que ses mains cherchaient à nouveau le réconfortant du contact de ses bras -ou peut-être simplement à y récupérer un semblant d'équilibre. Un poids libérait progressivement sa cage thoracique alors qu'il reprenait ses explications, lui certifiant qu'il s'agissait de l'avenir de tout le camp. « Je suis désolée, je sais pas ce qui m'a pris, mais tu sais à quel point je suis pas à l'aise avec... tout ça, là. » Elle avait lâché Gustave, s'en voulant de lui faire subir pareille scène. Avec les sentiments dans leur entièreté, si ce n'était la colère, seule privilégiée qu'elle s'autorisait à dévoiler lorsqu'on lui en donnait l'occasion, car seule privilégiée capable d'engendrer le respect, ou peut-être la peur, chez ceux qui en étaient témoins. Le reste était caché là où personne ne pouvait y accéder, pas même elle, intimidée devant les caprices d'un cœur incontrôlable. « Je suis désolée, je veux juste... pas... je veux... » Ses hanches se balancèrent vers la gauche pour y entraîner le reste de son corps et cacher un visage troublé qu'elle avait enfoui dans sa main. Il lui fallut quelques instants pour réaliser qu'il faisait les cents pas. Elle chercha du regard Antarès, qui s'était allongé contre la paroi fraîche de l'Odyssée, les paupières mi-closes. « Non, certains nous pardonneront jamais. Comme certains d'entre nous les pardonneront jamais de ce qu'ils ont fait pour mériter la peine capitale. » Ce discours et ces quelques certitudes lui redonnèrent un peu de contenance. Elle s'en était saisi comme d'une bouée de sauvetage en plein typhon. « Jcrois qu'on doit juste apprendre à faire avec, que c'est une idée qui doit s'ancrer dans l'esprit même des plus récalcitrants d'entre eux et d'entre nous. Faut qu'elle fasse son chemin. Jcrois qu'on est toujours plus fort quand on est uni, et jcrois... » Elle tremblait encore un peu et serra sa main gauche dans la droite pour atténuer ces signes d'une angoisse qui s'atténuait encore. Elle attrapa brusquement le bras de Gustave quand il repassa devant elle. « Dis pas de connerie, on a tous une utilité ici. C'est ce qui rend les communautés si fortes et c'est ce qui fait qu'on sera plus fort si on arrive à le faire comprendre aux plus cons. » Elle jeta un coup d'oeil alentour et tourna mille fois la langue dans sa bouche. Elle n'avait pas lâché Gus mais n'osait plus vraiment le regarder. Ses prunelles n'hurlaient plus la panique, elles était à présent dures et sûres, ancrées dans cette réalité qui était la leur et celle qu'elle espérait devenir un jour la leur. « Parce que toi, tu... Tu penses qu'on serait mieux si on se réunissait à nouveau, hein ? » demanda-t-elle comme pour s'assurer qu'elle ne s'apprêtait pas à commettre une faute irréparable. Ce moment était toujours l'un des plus délicats, et elle l'avait déjà vécu avec Marlene et Richard. Marlene était aujourd'hui suspectée d'avoir trahi la rébellion; Richard, quant à lui, lui avait fait comprendre qu'il n'adhérait pas à leurs idées. C'était à la fois exaltant et pétrifiant rien que de penser à dévoiler l'existence du mouvement à quiconque était supposé ne jamais en avoir entendu parler. « Et... t'as d'autres convictions comme ça ? » Elle tâtait le terrain pour sécuriser l'endroit où elle s'apprêtait à mettre les pieds. Car si Murphy était effrayée par quelque chose, c'était bien de se retrouver dépassée par une situation qu'elle ne maîtrisait pas, qu'il s'agisse de ses sentiments les plus intimes ou de la sécurité de sa famille rebelle.

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