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˜˜˜˜˜˜Entre deux mondes
maybe life should be about more than just surviving


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02/02/2017 Nexus 441 Rick Genest Nexus Capitaine du Moissonneur | Maniement des armes & navigation 0
Le Porte-Mort


Sujet: Entre deux mondes
Ven 24 Fév - 17:32

Ce fut son piaillement qui avait attiré l'attention du monstre. Son écho transporté par l'immensité des montagnes, du vent froid qui sifflait sa menace, prêt à le gelé jusqu'aux tréfonds de l'âme. Mais ce froid, Abel le connaissait bien. En réalité, il connaissait même pire. Là d'où il venait, la neige ne fondait jamais, la glace était éternelle et le soleil n'était là que pour éclairer, pas pour réchauffer. Il avait toujours été plus à l'aise sur la mer que sur la terre et déjà, le pirate ne se sentait plus à son aise. Alors il observait le ciel, cet étendue grisonnante et nuageuse qui reliait les deux mondes tandis que son estomac se serrait toujours plus fort. Accroupis, l'homme au corps glabre et infesté de tatouage observait la volaille qui tournait en rond, qui déversait son cri comme s'il était roi de ces montagnes. Dans sa main, la lame tourne, tourne et tourne encore. Un geste nerveux. Depuis combien est-il là, à attendre que ce foutu piaf se décide à se poser ? Abel siffle entre ses dents, impatient et mécontent.

Alors finalement, l'oiseau finit par descendre en altitude, s'éloigne doucement et déjà le pirate s'est redressé, ajustant son épais manteau de fourrure sur ses épaules. Il allait bien finir par se poser, non ? Peut-être était-il plus aisé de choisir une autre proie, le souci étant que la chasse, ce n'était pas son fort. Construire un piège ? Non, il était meilleur avec un filet de pêche ou encore avec un harpon. Son estomac grogne plus fort, lui rappelant qu'il était temps qu'il trouve de quoi le sustenter alors que l'homme laisse ses pas crisser durement dans la neige. Il n'est pas bien lourd, Abel. Mais dans ce manteau neigeux il semble peser plus que son poids ne le laisse présager. Il avance, non sans mal, à grande enjambée. Autant que la neige le lui permet, tout du moins. Il halète, le capitaine, il souffle comme un taureau, exulte des nuages d'air alors que ses yeux sombres ne lâchent pas sa proie qui va en piqué vers le sol. Là, juste derrière les arbres....

Il accélère, nerveux à l'idée de perdre de vue son repas. Pourtant, une fois à proximité, le chasseur se cache comme une proie, inquiet, il a senti la présence d'un autre. Ou plutôt une. Elle est là, la sculpturale jeune femme, elle est seule. Pas tout à fait, en réalité... car ce maudit oiseau qui le nargue depuis des lustres dans le ciel terne, semble trouver en cette femme, la compagnie parfaite. Abel fronce les sourcils, observe la silhouette de la femme qui ne semble pas l'avoir vu. Il est assez proche pour voir les détails de son visage et la couleur de ses yeux. Ils sont beaux et parfaitement différents... Comment appelle-t-on cela déjà ? Il ne sait plus, lui n'a jamais été doué avec les mots. On le traitait d'idiot. Entre autres choses... L'homme garde le silence, reste caché avant que finalement, son imposante carcasse ne se dévoile enfin. Lame à la main, il s'approche doucement, sans la lâcher du regard. Il s'approche mais garde une certaine distance avant que finalement, sa voix rauque ne vienne à lâcher quelques mots, maladroit.

« T'es belle. »

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Sujet: Re: Entre deux mondes
Sam 4 Mar - 13:05

Everyone's a monster to someone #AbelhÿxLa métisse aux yeux bicolores s’était parfaitement entendu avec le maître fauconnier, s’abreuvant de son propre savoir pour parfaire le sien, partageant ses propres connaissances pour que lui-même puisse, s’il en venait l’envie, mettre en application ce partage venu d’ailleurs. Évidemment, les conversations s’étaient avérées nombreuses, toutes plus enthousiaste les unes que les autres, et toujours en compagnie des oiseaux que la Naori avait fait voler jusqu’à ce montagne imposante, jusqu’à ce peuple qui autrefois, avait été le sien. Il fallait que les deux faucons s’imprègnent de l’homme auquel ils porteraient les messages du pacifique peuple. Pour ce faire, de nombreux exercices avaient été mis en application, d’un point du village à un autre, teinté parfois de pièges. Éduquer un jeune oiseau n’était jamais aisé, surtout lorsque l’œil se voit relié à l’estomac, et appâté par un simple morceau de viande qu’un lambda pointait dans le poing. Il faudrait du temps pour achever cette partie de la formation des deux rapaces, ce qui n’était, en tout point de vue, certainement pas un problème au regard vairon de Nhÿx. Cela lui permettait de renouer avec les Athnas, avec ses anciens camarades de jeux. Durant de longues années, elle avait ardemment désiré rentrer chez elle. Sa maison. Ici, elle n’avait pas besoin de contenir son caractère qualifié de sauvage. Ici, elle pouvait s’entrainer sans crainte de représailles, sans regard désapprobateur d’un féru pacifiste. Alors demeurer quelques jours, semaines de plus ? Assurément l’une des meilleures choses qui lui soit arrivé.

En ce jour frais, elle s’était écartée du village, dérivant à travers les tunnels pour déboucher dans une clairière, ses pas dérivant au gré de son envie. Haut dans le ciel, elle pouvait entendre le chant de l’oiseau supposé la chercher et revenir vers elle, mais pas un instant, elle ne s’était montrée visible, l’obligeant à prendre de la hauteur ou diminuer d’altitude pour la trouver. C’était à elle seule qu’il devait porter le petit message accroché à l’une de ses pattes. Finalement, après s’être suffisamment éloigné du village, elle s’arrête, observe ce qui l’entoure. Le paysage est magnifique, différent de ce qu’elle a connu ses dernières années. Chez les Naoris, il n’y a que des arbres à perte de vue, et pour obtenir quelque chose de merveilleux à regarder, il faut monter haut pour observer le soleil se coucher. Ici, l’horizon est visible, et le paysage est bien plus beau qu’elle n’aurait pu l’imaginer. Aurait-elle envie de demeurer ici ? Le cœur hurlerait que oui, en écho infini. Hélas, la raison viendrait sûrement murmurer qu’elle appartient au peuple de la forêt désormais. Sa silhouette en est la preuve : ses vêtements n’ont rien d’athna, ses cheveux sont coiffés à la mode naori : des plumes et des fils se sont intégrés à sa longue chevelure d’ébène tressée. Pourtant ! Comme elle meure d’envie de rester, encore et encore. Passer le restant de sa vie ici.

Un cri perçant siffle à son oreille, et, automatiquement, son bras se tend, tandis que quelques secondes plus tard, des serres viennent serrer son avant bras, s’enfonçant dans le tissu qui protège sa chair. Un sourire flotte sur ses lèvres, tandis que ses doigts froids viennent caresser les plumes de l’oiseau au regard fier. « C’est bien… » Murmure-t’elle, ses doigts se dérobant pour mieux fouiller dans une de ses poches, extirpant un petit bout de viande qu’elle tend au bec. Calculé, l’oiseau prend le morceau sans tenter de pincer les doigts de celle qui l’a vu grandir, ne s’offusque pas même lorsqu’elle tend ses phalanges vers sa patte pour récupérer le message. Elle le lit, d’une main, sans plus prendre attention à son environnement. Des banalités, une plaisanterie même, qui lui arrache un éclat de rire. Elle froisse le petit bout de papier avant d’en extirper un autre de sa poche, préparé d’avance, qu’elle attache à la patte de son fidèle compagnon. Pourtant, elle n’a pas le temps de plus, qu’un avertissement sonore de l’oiseau l’oblige à redresser la tête, ses prunelles différentes se dirigeant vers la source de l’intérêt du rapace. Là, devant elle, un squelette se tient, pourtant bien vivant. Et qui parle. De surprise, la Naori plisse le nez. Que doit-on répondre à un squelette vivant et bien couvert ? « …Merci ? » À bien y regarder, ce squelette semble avoir de la chair. Quel genre d’homme peut vouloir ressembler à un mort ? Guettant la lame, elle lève toutefois le bras pour donner l’impulsion à l’oiseau, afin qu’il s’envole, puis, accorde plus d’attention à l’autre, penchant légèrement la tête sur le côté. « Vous êtes mort ou vivant ? »




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02/02/2017 Nexus 441 Rick Genest Nexus Capitaine du Moissonneur | Maniement des armes & navigation 0
Le Porte-Mort


Sujet: Re: Entre deux mondes
Lun 13 Mar - 12:58

La femme n'a pas l'air méchante et le remerciement cloue Abel dans le silence.
Elles ne sont pas bien nombreuses les femelles qui ne le fixent pas avec dégoût et effrois, encore moins celle qui use de politesse lorsqu'un compliment leur est offert. Mais elle... cet inconnu aux yeux étranges, elle reste là. Elle ne fuit pas, le fixe avec curiosité. Alors Abel hésite, reste campé sur ses pieds enfouis dans la neige, le dos toujours voûté. Qu'est-il censé faire à présent ? Lui, la conversation ce n'est pas son fort et puis que peut-il dire de plus à cette femme ? Ce qui l'intéresse en premier c'est l'oiseau qui s'envole de plus belle. Il serre les dents, le monstre, alors que son repas repart aussi vite qu'il est arrivé.

Vous êtes mort ou vivant ?

La voix suave de la femme s'élève et la question arrache le capitaine à sa contemplation. L'oiseau n'a plus d'intérêt maintenant qu'il est loin et inatteignable. Mais elle, en revanche... La pensée est féroce, serpente en lui avec une force rare. Non, non celle-là il ne la mangera pas. Elle est bien trop gentille, et bien trop jolie. Certes il n'aime pas ce qui est joli, mais parfois, certaines beautés sont trop pures pour être souillé. Même pas lui. Surtout par lui. Alors il reste là le benêt, observant la belle inconnu aux yeux étranges et différents alors que sa question se faufile dans ses méninges.

« J'sais plus trop. »

Qu'il répond, l'air un peu absent. Parce que c'est bien vrai, il ne sait plus s'il est toujours vivant ou bien juste mort. Parfois la sensation lui semble floue, la vie elle-même semble atrocement fade. Et puis cette gueule qu'il trimballe comme une protection, c'est tellement imprégné en lui que la mort qu'il affiche fièrement, doit probablement être vrai. Abel baisse le visage, passe sa main libre sur son torse exposé au froid, palpe sa peau, caresse son derme longuement. Il arrive à sentir la chaleur, il peut sentir les battements de son cœur. C'est juste là, cette rythmique mélodie qu'il adore écouter.

« C'est vivant. »

C'est, pas je. Il parle de lui comme un bout de viande, comme si sa vie n'avait pas plus d'importance à ses yeux que celle des gens qu'il prend plaisir à massacrer. Il relève le visage, darde ses yeux sombres sur la femme et s'approche. Lentement, vraiment lentement. Il ne voudrait pas l'effrayer, la faire fuir, la précieuse femme aux oiseaux. Il range son arme avec lenteur, abandonnant tout élan de menace qui pourrait être bien ou mal interprété.

« Tu veux écouter... ? »

Ses mains se lèvent et s'emparent de la fourrure qui trône sur ses épaules. Alors qu'il se fige devant cette curieuse demoiselle, il dévoile un peu plus son torse maculé de dessins morbides, l'invitant à toucher, à sentir.

« Même qu'il bat plus fort quand je regarde tes yeux... Ils sont étranges, tes yeux... Hein ? Mais c'est joli. Ouais, t'es belle... »

Qu'il souffle, perdu dans sa contemplation. Il ne sait pas si elle acceptera cette invitation, mais c'était un privilège que peu de gens avaient.

Admin - Tears of the phoenix
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12/10/2014 Brimbelle 46413 Jessica Chastain Lux Aeterna Médecin / Herboriste 322
Admin - Tears of the phoenix


Sujet: Re: Entre deux mondes
Dim 2 Juil - 21:03

Ce rp est archivé pour n'avoir pas eu de réponse depuis plus trois mois. Si vous souhaitez néanmoins le continuer, merci de contacter un membre du staff pour le remettre en jeu
 

Entre deux mondes

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