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˜˜˜˜˜˜Far from home || Isdès
maybe life should be about more than just surviving


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26/12/2014 cassini. 6535 Rowan Blanchard lux (ava) ombre d'la cuisine, petite main qui se mêle de tout 1
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Sujet: Far from home || Isdès
Jeu 23 Fév - 20:19



we're far from home


Isdès ¤ Thaïs I feel it burning, like the winter wing, stops my breathing   
Godasses mouillées, Thaïs elle parcourt les quelques mètres qui restent avec le pouls qui bat à mille à l’heure.
Boum, boum, ba da boum.
Une œillade en arrière et les palissades timides se dressent dans son champ de vision. L’est restée plus longtemps que ce qu’elle croyait la gosse, dans le camp ennemi, qu’elle murmure comme si ça sonnait faux. Elle voulait voir par elle-même et elle a vu. Des bouts de gens qui craquent les allumettes, des bouts de fantômes, des bouts de guerriers aussi ; des vengeurs, des rêveurs, des fauves, des pauvres. Terriblement pauvres, ils grappillaient comme ils pouvaient, les grands de l’espace, quelques flammes en premier. Pis le manteau blanc s’est dérobé pour l’herbe mouillé. Les flocons retomberont ptêt quelques fois pour montrer le bout de leur nez, parce que faut pas oublier, dites, que c’est l’hiver, notre saison à nous. Mais les températures jouaient à la girouette et on voyait même des arbres fleurir, erreur fatale quand l’éclair de glace frappera de nouveau.

Ses émeraudes plissent sous le couchant de la voûte solaire. Elle attend, les orteils en épouvantail, la cabosse à l’envers. La belle équilibriste sur sa branche, elle joue à la gymnastique ; comme on vide un sac de pomme de terre, elle y vide ses pensées brouillards. Trois fois que les pas humides gravissent la petite colline. Trois fois qu’elle vient, sur son perchoir, observer le plateau autour de l’épave du vaisseau. Elle a rendez-vous, la demoiselle, voyez-vous. Mais ya plus internet, plus d’sms à envoyer, même qu’elle a lu ça et que ça devait être drôlement pratique. Alors son rendez-vous, il pourrait être n’importe où et n’importe quand.

"Gon we à vaisseau dans marécages. Beja, viens me chercher quand les neiges odon" Qu’elle a barbouillé sur un bout de papier, mots qui dérapent, hybride de deux peuples. Le message s’est fourré dans une bouteille qui s’est échappé entre deux rochers familiers pour qu’il trouve, à la place d’une langue bien pendue, l’encre suspendu en solution et question.
Viens me chercher, ça sonne comme un ordre, la prière est pourtant douce sur les lèvres tremblantes. L’effroi hurle son plein, il connaît les histoires des enfants tout seul dans le noir, il sait le danger pour sa minuscule propriétaire de s’aventurer dans les forêts. Elle aime à se vanter, la délurée, mais pour mieux cacher les plaies. Viens me chercher, je saurais pas rentrer toute seule, il fait froid dehors, ‘Is, il fait peur dehors. C’est la gosse qui se cachait dans la femme trop tôt éclose qui se réveille quand les ombres se font plus longues. Viens me chercher, ‘veux me cacher dans tes bras, c’est les seules ténèbres que je veux autour de mon cœur.

Alors elle fait des équilibres en dardant ses opalines terribles sur les brindilles. Le vent souffle, interminable. Le singes ne minaude plus sur les branches, il se joue savant avec des pages d’antan. Un livre qu’elle effleure à peine, tourne les pages avec la douceur dû aux trésors fragiles. Un cadeau. Un vrai, cette fois, qu’elle n’a pas mendié, pas reçue par pitié, un vrai de vrai qu’on voulait qu’elle, orpheline des marécages, elle ait. Sur la page intérieur, un Murphy se dessinait.

Elle a allumé un feu, l’inconsciente, et la fumée virevolte jusqu’au sommet. Ya des astres qui se pointent. C’sera bientôt temps de rentrer, elle reviendra demain, c’pas grave. Mais si son ours n’est toujours pas là d’ici la fin de la semaine, elle sera forcée de prendre son destin en main, la gamine. Un frisson le long de la colonne vertébrale. Elle s’ébroue pour chasser l’idée et commence à ranger ce qu’elle a dispersé dans son attente.

Puis elle rencontre son regard, là, dans le buisson de l’obscurité. Elles brillent, ses prunelles, avec le feu qui s’y reflètent de milles crépitements. Poupée de verre, elle le bouffe des yeux comme si elle évaluait combien il était réel, ce grand monsieur aux muscles de géants. « Tu es en retard. » soufflent les syllabes, hors d’atteintes, dépourvues de sens. Elle s’en fiche, il est là. Et elle sourit, thaïs, éclatante étoile polaire, elle a trouvé sa lune.
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06/05/2016 Dandan/Sonia 267 Jason Momoa lux #demonkeur Garde pour sa tribu, il s'occupe aussi parfois des oiseaux messagers. 80


Sujet: Re: Far from home || Isdès
Mer 29 Mar - 23:40

Whenever you're in trouble,
won't you stand by me

L’Athna était en retard. Ou peut-être qu’il était en avance. Sitôt que le mois de février avait pointé le bout de son nez, Isdès avait guetté la fonte des neiges comme le messie. Chaque jour, il s’était aventuré de plus en plus loin, seul, afin de vérifier que les chemins montagneux étaient praticables. Lorsqu’une tempête inopinée repointait le bout de son nez, il pestait contre cet hiver interminable et il priait intérieurement pour qu’au sud, le faible soleil n’ait pas déjà fait son œuvre sur les horizons neigeux et glacés. Il y a quelques mois de ça, en remontant jusqu’à son campement pour passer la saison auprès des siens, Isdès avait trouvé le message de Thaïs. La gamine était intelligente, indubitablement rusée. Ce message rédigé entre deux langues, un peu la leur qu’ils s’étaient plus ou moins appropriée pour palier à la barrière des débuts, demandait de l’aide sous des airs doux d’ordres. L’adolescente réclamait son escorte et sa présence certainement pour remonter jusqu’à son propre camp. L’Odyssée pouvait-il être réellement dangereuse ? Qu’est-ce qui pouvait bien rôder autour – peut-être à l’intérieur – de ses palissades pour qu’elle n’ait pas envie de faire le chemin seule ? Au fond, Isdès espérait que ça ne soit qu’une excuse pour passer un peu de temps avec lui. Voilà bien trop longtemps qu’ils n’avaient pu se voir. Leurs rencontres régulières s’étaient espacées au fur et à mesure que les températures baissaient jusqu’à cette longue absence forcée. Le garde ne pouvait pas manquer un tel rendez-vous, c’est pourquoi il s’était montré impatient et angoissée à l’idée que son arrivée ne coïncide pas avec le départ de Thaïs. Il avait maintes fois songé à envoyer une chouette pour vérifier ses dires, pour essayer de s’organiser, mais il n’avait aucune idée de la sûreté du ciel aux alentours du camp des natifs du ciel. Peut-être qu’ils abattaient tout volatile suspect, peut-être s’en nourrissaient-ils même. À cette idée, l’homme avait eu une nausée de dégoût. Non, il n’avait pas pu prendre ce risque, quand bien même, il n’avait jamais trouvé le temps d’enseigner à Thaïs l’art des messagers ailés. C’était une chose de plus qu’il s’était promis de lui montrer, afin de faire d’elle la survivante qu’elle méritait d’être. Elle méritait tout de lui, tout du monde et c’était dans cette intention pure qu’Isdès s’était mis en route sitôt que le climat le lui avait permis.

La route était plus longue qu’à l’ordinaire et lui, moins endurant que d’habitude. L’hiver avait raison de son dynamisme, de son endurance qu’il entretenait tout au long de l’année, par ses mille escapades. Il parcourait le continent de long en large, notamment par devoir lorsque Tyee ou un membre éminent des Athnas  se déplaçait mais surtout par pur besoin d’aventure. En fin d’année, il tournait en rond. Les bourrasques et les tempêtes de neige emprisonnaient la tribu dans un étau rocheux réconfortant mais restreint. Il s’était dépêché. Il était parti à pied, quitte à prendre plusieurs journées de trajet, pour ne pas s’encombrer d’un cheval épais qui fatiguerait d’autant plus vite. Dès que le soleil se couchait, lui aussi recherchait un abri et se ménageait pour mieux repartir à l’aube. Plus il s’approchait de la zone où le reste de la population céleste s’était établie, plus il sentait l’adrénaline agiter son cœur. Alors quand il crut apercevoir une fumée grisâtre s’élever au-dessus des cimes, Isdès sut que l’heure de vérité était proche. Méfiante, sa buse ne décrochait pas de son épaule gauche. En terrain inconnue, elle préférait garder ses distances même si elle connaissait Thaïs pour avoir accepté les rares caresses qui lui étaient prodiguées. Il s’approcha lentement, la main sur la poignée de sa hache. Il n’était pas sur son territoire, ici c’était lui l’intrus. Il détestait cette sensation de ne pas être en pleine possession de ses moyens. Il exécrait descendre jusqu’au sud, hormis pour voir les Naoris. Tout était si imprévisible ici, si étranger. Tapis entre les écorces sombres, Isdès n’était qu’une silhouette noire avec des yeux noisette qui scrutaient l’auteur des flammes qui éclairaient ce crépuscule. S’il ne s’agissait pas de sa protégée, il irait se réfugier plus loin avant de retenter sa chance le lendemain. Il n’était pas certain de la distance qu’il pouvait entreprendre avant d’être encerclé par des armes barbares.
Heureusement, ce fut les prunelles douces de l’ange qu’il rencontra. Aussitôt sorti de sa cachette, Isdès s’approcha d’elle lentement, comme si en sa présence, c’était lui qui ne redoutait plus rien. Il était son garde jusqu’à bon port, il était son ombre. « Thaïs. » dit-il, brisant enfin le silence. La moqueuse n’attendit pas pour lui faire remarquer qu’il était en retard et instinctivement, la mine de l’Athna se figea, plus grave. « Toi as eu des problèmes, ici ? » s’enquit-il, inquiet. Quand elle lui sourit, l’inquiétude s’envola aussi rapidement. Elle était belle, c’était la réincarnation d’une étoile, il en était certain. Il essaya de lui présenter son plus bel anglais, malgré tout troublé par un fort accent à couper au couteau. « Toi m’as manqué. » Sans demander la permission, ses bras forts s’enroulèrent autour de la frêle silhouette. Elle était si fragile et à la fois si forte. Elle provoquait tant en lui qu’Isdès avait fini par ne plus le combattre. Elle l’avait à sa botte. Un baiser s’échoua sur son front tandis que ses cheveux, détachés pour protéger ses oreilles du climat encore froid, vinrent chatouiller la joue rosie de l’adolescente. « Ha ste yu ? Je suis là, maintenant. »


Dernière édition par Isdès Hakantarr le Mer 11 Oct - 21:12, édité 1 fois

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26/12/2014 cassini. 6535 Rowan Blanchard lux (ava) ombre d'la cuisine, petite main qui se mêle de tout 1
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Sujet: Re: Far from home || Isdès
Mer 7 Juin - 19:19



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Isdès ¤ Thaïs I feel it burning, like the winter wing, stops my breathing   
Le soleil tombe en ruine autour de la silhouette fragile, à coups de pinceaux d’or qui aveuglent ses trop grandes opales alors qu’elle se tient là, brindille, proie facile, à l’orée du bois. C’est le jour qui s’échappe. Le soleil qui fuit. C’est le temps auquel elle veut s’accrocher qu’elle voit filer. Elle veut pas rentrer. Pas là-bas, pas là où il fait froid.

Pis il est là. Comme une apparition, un miracle espéré. Les prunelles fauves qui brillent dans le noir, mais la gamine a plus peur ; elle a arrêté de trembler, de mater comme une puce électrique ce qui se tramait là où les yeux peuvent rien attraper. Thaïs n’a plus peur. Jamais. Parce qu’il est là et que tout semble dérisoire maintenant. Il prononce son nom et les épaules tendues de la gamine s’apaisent. Elle se souvient même plus de c’qu’elle pensait juste avant, la petite solitude qui lui tordait lentement l’estomac, le tremblement des muscles à cause du froid, du vent, ou des trucs comme ça qu’ont plus d’importance maintenant. Il est grand Isdès, ça la frappe toujours. Des fois elle se dit qu’elle pourrait s’enrouler sur son ventre et il la couvrirait complètement de sa présence. Gracieuse narquoise, elle lui reproche son retard. Discutable, quand la date n’est pas fixée, mais elle est comme ça l’impétueuse, elle aime savoir le monde entier en retard. C’est trop triste d’être en avance, c’est trop beau d’être à contre-cadence. Mais son protecteur, il ne plaisante pas, même si Thaïs aime penser que ça l’amuse derrière ses airs sérieux. « Toi as eu des problèmes, ici ? » Quand sa tête s’incline, ses cheveux de nuits effleurent le sac remonté distraitement sur l’épaule. Les traits sont songeurs, des problèmes, elle en a pas eu, pas des vrais, pas de ceux qu’Isdès puisse s’inquiéter. Alors le sourire s’étale, des étincelles dans les prunelles alors qu’elle secoue la tête légèrement pour répondre à sa question. Elle rentre chez elle. Yavait plus de problèmes. Et maintenant que c’était là, à bout de jambes, elle en avait plus autant envie que juste s’étendre au coin du feu avec l’ours.

« Toi m’as manqué. » « Ai to » Moi aussi. Et sans attendre, les bras glissent autour du cou tendu pour loger le bout du nez dans la fourrure épaisse qui fait oublier les lendemains. Elle est obligée de l’attirer vers le sol, et même encore, elle doit se hisser sur ses deux pointes de pieds. Si bien qu’elle était à sa merci, incapable de mener un caprice à bien puisqu’il lui suffisait de laisser échapper la brindille entre ses bras. Pourtant, même de retour sur le sol, la gamine refuse de s’éloigner de nouveau. « Ha ste yu ? Je suis là, maintenant. » Une mèche noire vient s’attarder sur sa joue et la caresse lui tire l’écho d’un rire. « Sha, ils sont cool. ‘Sont gentils avec moi. Mais… C’pas chez moi, mes miens me manquent. » C’est compliqué à expliquer, les turbulences d’une ado, les solitudes nouvelles d’une étoile qu’a jamais été seule de sa vie. Ah et doit bien yavoir des hormones qui font des leurs là-dedans aussi. Elle est perdue, Thaïs, entre ce qui remue ses méninges et ce qui motive ses angoisses. Elle a peur de plus savoir distinguer ce qui est important ou pas, demoiselle qui croit que ya que ce qui fait la différence entre plus de vie ou plus de mort qui compte. Pis elle se dit qu’elle s’en fout. Parce qu’elle s’en fout. Oui, là, tout de suite, elle n’y pense plus. Les lamentations se font sèches, se font farces. Le front tombe délicatement de nouveau contre le torse quelques secondes. Quand elle relève la tête de nouveau, ses lippes se fendent de nouveau d’un de ses sourires dont elle a le secret.

« Is ? Merci, mochof ! Venir ici, jsais que c’est loin. Mais j’aime pas être toute seule. » Aveu à demi-mots. Enfin, ses pas s’éloignent jusqu’à ses affaires laissées près du feu. Elle entasse dans son sac le pull, mais quand ses doigts viennent effleurer le livre, elle ne peut s’empêcher de bondir le montrer à son grand compagnon comme un gosse vient réclamer des compliments sur ce qu’il a eu pour Noël. « Oh regarde ! On m’a donné un livre ! Un vrai, c’est de la science je crois. Je pourrais te le prêter si tu veux, pour s’entraîner, tu sais. » Et sous son nez elle agite l’objet, lui donnant à peine le temps d’en saisir bien les contours à l’ouvrir et le refermer, défiler les pages follement puis en caresser une comme le plus précieux des biens.

Une fois l’épisode terminé, et le baluchon posé sur le dos, Thaïs eut un doute qui la retint d’éteindre tout de suite le feu. L’obscurité s’était faite épaisse tâche d’encre et les étoiles peignaient une voie lactée sans bavure. « Est-ce qu’on va marcher cette nuit ? » Ils pourraient sans doute établir le camp ici, ou plus loin, mais Thaïs avait appris à se fier complètement à Isdès quand il advenait de ces domaines. Il connaissait le terrain mieux qu’elle.
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06/05/2016 Dandan/Sonia 267 Jason Momoa lux #demonkeur Garde pour sa tribu, il s'occupe aussi parfois des oiseaux messagers. 80


Sujet: Re: Far from home || Isdès
Jeu 6 Juil - 23:02

Whenever you're in trouble,
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Isdès la sentait heureuse près de lui et c’était tout ce qui comptait. Il n’avait jamais vraiment eu l’instinct paternel, bien trop obsédé par son devoir envers son peuple, mais ce qu’il ressentait à l’égard de Thaïs était certainement ce qui s’en rapprochait le plus. Quelque chose entre le frère et le père, entre l’envie de vouloir lui faire tout découvrir et le besoin de la protéger de tout. C’était finalement une bonne chose qu’elle soit Skaikru et qu’elle ait sa vie ailleurs. Isdès était de nature envahissante avec les êtres qui lui étaient chers et il ne souhaitait en aucun cas empiéter sur le développement de Thaïs. Chaque fois qu’il la revoyait, elle paraissait un peu plus adulte jusqu’à ce qu’elle ouvre la bouche. Quand elle s’adressait à lui, c’était les flots d’une âme juvénile et d’un cœur encore intact. Quand elle lui expliqua que même si elles les appréciaient, son foyer lui manquait, il acquiesça avec un bref sourire. Il était l’oreille près de laquelle s’épancher et l’épaule sur laquelle se reposer. Elle pouvait se perdre dans la complainte et les lamentations quand ils étaient ensemble, il serait toujours là à l’écouter. Il fut néanmoins soulagé qu’il n’y ait eu aucune accroche avec les autres Skaikru – dans un sens comme dans l’autre. Personne n’avait intérêt à blesser la demoiselle, et de l’autre côté, l’homme n’était pas certain de vouloir qu’elle y trouve refuge. Il ne les avait pas suffisamment côtoyés pour comprendre la menace qu’ils pouvaient représenter. Pour l’instant, ils étaient semblables aux parasites insignifiants qu’on aperçoit parfois, mais qui ne font pas encore assez de dégâts pour que l’on décide de s’occuper de leur cas. Tant qu’ils demeuraient suffisamment loin, Isdès pouvait être tranquille.

L’instant d’affection s’acheva enfin et Isdès accompagna la jeune fille jusqu’à ses affaires près du feu qu’elle avait allumé. Elle le remerciait encore d’être venu, mais elle savait déjà que cela ne représentait même pas un effort. « Pas de problème. Je préfère traverser tout continent plutôt que laisser toi seule. » Thaïs avait tendance à être parfois insouciante, parfois trop aventurière pour son propre bien. C’était des défauts que l’on attribuait souvent à son âge, mais qui ne représentait que sa soif de découverte. Plus jeune, lui-même s’était comporté de la même façon, avec l’imprudence et la turbulence qui avaient toujours ponctué chacun de ses actes. Il n’allait pas céder à la mauvaise foi et lui reprocher des choses dont lui-même avait été capable. Le mieux était encore de faire en sorte qu’elle n’en subisse pas les mêmes conséquences, parfois désagréables. Avant même qu’il n’ait eu le temps de s’y préparer, elle lui colla un livre sous le nez, parlant de l’objet comme si c’était le plus précieux des trésors. Il esquissa un faible sourire. La science. Cette conception de l’univers qui les entourait l’avait toujours fasciné, bien qu’il n’en eût pas saisi la portée au-delà de ses considérations de Terrien. Il était curieux de voir comment les Skaikru appréhendait leur environnement. Isdès la laissa un peu se calmer avant de reprendre les rênes de l’expédition. « Non, pas cette nuit. » Lui pouvait le faire, mais il tenait à ménager Thaïs. « Mais on va faire camp un peu plus loin. Là-bas... » Il désigna l’ouest de l’index, ne se souvenant plus du mot anglais pour le dire. « Grotte pour abriter feu. Plus visible de leur campement. » Il désigna ensuite le lieu où les Skaikru s’étaient échoués, derrière eux. « Tranquille. » Il prit lui-même l’initiative d’éteindre le feu afin de n’en laisser que peu de traces et de ne pas détériorer la nature qui les avait accueillis. Ensuite, ils se mirent en marche. Moins d’une heure suffirait à retrouver la forêt et à voir poindre les cavités rocheuses qui les abriteraient pour la nuit. De toute manière, Isdès n’était pas pressé. Il voulait passer du temps avec la jeune fille, la séparation avait été trop longue.

« Quand feu allumé, toi montreras à moi ton passage préféré du livre. » dit-il, sachant très bien qu’il provoquerait l’excitation chez Thaïs. Dès que possible, il la mettait en valeur. De tous les deux, c’était elle qui était toujours sur le devant de la scène. C’était elle, l’aventurière, la professeure, celle qui avait les anecdotes les plus riches. Toujours, il s’efforçait de lui montrer combien sa parole avait de la valeur. Souhaitant un peu plus susciter l’enthousiasme chez son amie, il finit par ajouter sur un ton volontairement neutre : « Je crois que chez toi, on donne cadeaux à la fin d’année. J’ai un cadeau pour toi, je crois. » Il réprima tant bien que mal un sourire équivoque. L’échange de cadeaux pour Noël n’était pas dans ses traditions : le solstice d’hiver était un moment de recueillement et de solidarité pour prier le retour des beaux jours. Les Athnas passaient du temps ensemble, partageaient des choses et s’en offraient parfois, mais cela ne faisait pas partie des mœurs immuables de la communauté. Isdès n’avait jamais vraiment vu l’intérêt de démontrer son respect au travers d’un objet matériel, mais avec Thaïs, il avait envie de faire un effort. De voir ce que c’était un peu de faire partie du quotidien d’une Skaikru.


Dernière édition par Isdès Hakantarr le Mer 11 Oct - 21:14, édité 1 fois

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Sujet: Re: Far from home || Isdès
Jeu 14 Sep - 0:03



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Isdès ¤ Thaïs I feel it burning, like the winter wing, stops my breathing   
Dans les bras trop grands, la fourrure ronronne sous le menton, et elle s’enfouit toute entière, thaïs. Elle enfouit son corps chétif, son museau, sa confiance, ses peurs et ses doutes, elle s’oublie dans le plus grand, elle se fait minuscule pour croire en la protection de l’immense. Mais l’étreinte prend fin et les traits se tordent lorsqu’ils retrouvent l’air froid. Sa main s’attarde dans les épaisseurs pour tâter encore un peu de la chaleur alors qu’elle le remercie d’être venu, et qu’il l’assure que ce n’était pas un problème. Elle ne lui a pas laissé le choix, thaïs, quand elle a laissé le message en sachant qu’il ne pourrait pas répondre, elle proférait ses désirs la petite reine, par peur qu’on puisse dire non. Elle dit merci comme on dit pardon, à demi-mot, en se cachant derrière ses fanfarons. « Parce que tu m’aimes, c’est ça, hein ? Pas parce que tu veux me protéger des grosses bêtes, parce qu’on sait tous les deux que je les mets au sol d’un seul coup de pieds. » La belle bêtise qui sort des lèvres bercées de sarcasme quand elle s’éloigne pour mieux revenir avec son livre. La cent retrouve l’enfance avec Isdès, bien qu’elle se promette toujours, une fois calmée, de se forcer à rester mature et sérieuse, une force mystérieuse la prenait soudain aux tripes et l’excitation emportait tout semblant d’adulterie dans son passage. Elle est passion. Elle est ce qu’elle n’a pas le droit d’être au camp, où les cents comptent sur elle, où les responsabilités croulent chaque jour un peu plus, et où les fantômes rasent les murs. Et Isdès en subit les conséquences. Impassible, immuable, et pourtant la gamine a appris à repérer chaque mimique qui trahissait les sentiments enfouis là-dedans. Ses sourires l’encouragent, ses accents graves l’apaisent.

Il est temps de partir. Le morpion acquiesce d’un hochement de tête à l’idée de la grotte. Les affaires sont ramassées, le livre dans la poche extérieur nargue, et le feu meurt silencieusement. L’herbe crisse sous leurs pas tandis qu’ils s’enfoncent dans la forêt. « Quand feu allumé, toi montreras à moi ton passage préféré du livre. » L’astre Séléné brille dans sa mer noire, se reflète en myriade d’étoiles dans les mirettes de la gamine. « T’es sûr ? Je vais t’ennuyer, non ? Même moi je ne comprends pas tout … Il y a des mots qui veulent rien dire, jte jure. J’ai jamais été douée à l’école. » Pour ça, il aurait fallu aller en classe, mademoiselle Shacksfil. Elle hausse les épaules mais les joues se pourprent légèrement, invisibles sous le voile bleuté. Avouer des faiblesses n’avait jamais été son point fort, particulièrement lorsque, comme un vieux vice, elle cherche à impressionner ceux qu’elle admire. « Peut-être que j’aurais été meilleure à la vôtre. » Et sur les lippes, le sourire s’étire satisfait. Parfois, l’impression d’appartenir plus à la terre qu’aux étoiles la tenaille, la gosse. Elle se dit qu’elle aurait été plus heureuse, plus tranquille si elle avait grandi sur un lopin de terre tranquille, sans questionner le nombre de goulées d’air qui lui restait ou à quoi ressemblait sa planète. Surtout, elle saurait à qui elle doit sa loyauté, sa tribu, ses amis, sa famille. Mais Shacksfil, c’est pas si facile. C’est un beau rêve, un fantasme. La guerre, c’est partout pareil. Les pleurs aussi.

« Je crois que chez toi, on donne cadeaux à la fin d’année. J’ai un cadeau pour toi, je crois. » Okay, peut-être que c’est pas mal chez elle aussi. La surprise arrête ses pas quelques secondes. Elle le dévisage, à mi-chemin entre la surprise et la recherche pour une farce. Mais la moue qu’il lui tire persuada la jeune fille que son gros ours lui réservait bien une surprise quelque part entre la multitudes de choses qu’il portait. C’est au pas de course qu’elle le rattrape et lui attrape la main. « Mais mais j’ai rien pour toi moi ! Et n’ose même pas me dire maintenant que t’es plus sûr, pff je crois, n’importe quoi, ce serait trop cruel. Qu’est-ce que c’est ? » Le regard dériva vers la buse perchée sur l’épaule de son maître. « Tu le sais, toi, pas vrai ? Tu sais tout, toi. » Parce qu’elle aimait bien lui parler comme à un troisième parti silencieux qui, dans son imaginaire, prenait toujours son côté. « Non, d’accord, si tu dis pas, je parle plus. »

Dix minutes durant, la ptiote réussit à tenir sa langue immobile, au prix d’un effort considérable, le poids sur son dos aidant. C’est au détour d’un chemin exigu, où les roches remplaçaient lentement la forêt, que sa promesse s’envola de ses préoccupations. « Vous vous donnez vraiment pas de cadeaux à la fin de l’année ? » La fin de l’année n’a jamais signifié que cela pour elle, des cadeaux, peu importe le nombre qu’elle recevait ou donnait. Autrement, elle ne comprenait pas pourquoi le renouvellement d’une année devait se marquer d'une fiesta à cette date précise.

Lentement, l'humidité se fraie son chemin jusqu'au nez rougit. Ses baskets s’enfoncent dans les gravillons. Le temps commence à perdre de sa précision, depuis quand étaient-ils partis ?
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Sujet: Re: Far from home || Isdès
Ven 13 Oct - 22:28

Whenever you're in trouble,
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La jeune fille se jouait de leurs différences, abusait de son statut de petite protégée. Elle avait l’Athna à sa botte. Si elle n’en était pas consciente, alors son inconscient le faisait pour elle. Le colosse était incapable de lui mentir ouvertement, alors qu’elle semblait lire en lui comme dans un livre ouvert. Il ne réagit pas à sa remarque, pour ne pas lui donner un peu plus raison. Il n’y avait pas tant à craindre dans cette zone du continent et le feu suffirait à éloigner les potentiels prédateurs.  Non, il voulait rattraper le temps perdu. Il voulait la voir énergique, souriante, curieuse, telle qu’il l’avait connue. Elle était son souffle d’énergie, sa soif de savoir. On aurait pu croire que c’était elle qui avait le plus à apprendre de son expérience. Mais dans cette approche de l’être du ciel et de l’être de la terre, ils étaient au même niveau. C’était un accord tacite entre eux. Alors il la laissait penser, avec amusement, qu’elle serait celle qui les protégerait si toutefois ils venaient à être attaqués. Les amis s’enfoncèrent dans la forêt, à la recherche d’un endroit où passer la nuit. Isdès annonçait déjà la couleur. C’était la soirée de Thaïs : il voulait tout savoir, tout ce qu’elle avait fait jusqu’ici. Combien de temps s’était écoulé ? Il ne savait même plus. Il était prêt à tout, pour qu’elle le berce de ses récits adolescents. Il était prêt à parler de choses qu’il ne connaissait pas, à se mettre en retrait. Même lui qui n’était pas grand lecteur était certain d’être fasciné par ce qu’elle pourrait lui raconter. Elle lui avait si spontanément parlé de ce livre qu’il ne pouvait pas s’empêcher de rebondir sur le sujet. La jeune fille lui confia qu’elle-même ne comprenait pas tout et qu’elle redoutait de l’ennuyer. En esquissant un sourire, Isdès haussa les épaules. On ne pouvait pas savoir avant d’essayer. Il serait toujours temps de fermer cet épais bouquin et de l’abandonner dans le sac si toutefois il n’inspirait aucun des compères. Mais il fallait avouer que la science des Skaikru intriguait de plus en plus le Terrien. Il avait pu aisément remarquer, par le biais de différentes rencontres, qu’ils n’avaient gardé aucune connaissance de la Terre qu’ils avaient quittée il y a de ça des décennies. Ils s’étaient construit un nouvel univers entier, en s’exilant dans les étoiles, si bien que lorsqu’ils avaient chuté, ils s’étaient trouvés dépourvus. Ils n’avaient rien anticipé, rien prévu, rien supposé. Ils s’étaient retrouvés démunis, comme des nouveaux nés qui ouvraient les yeux pour la première fois. Pourtant, ils n’avaient pas l’air stupide. Ils avaient préservé des technologiques qui n’avaient plus leur place, mais qui s’était certainement avéré utiles là-haut. Il voulait voir ce que leur cerveau avait sélectionné au fil des générations, ce qu’ils avaient oublié et ce dont ils s’étaient souvenus. Au fond, Isdès mourait d’envie de savoir ce qui les avait si rapidement différenciés. « C’est sûr. » répliqua-t-il sur un ton amusé. La curiosité de Thaïs l’aurait doté d’un certain instinct d’adaptation tandis que sa détermination aurait fait d’elle une parfaite Terrienne. Sans aucun doute, il aurait aimé l’avoir auprès de lui depuis plusieurs années et construire un lien fort comme il l’avait fait avec chacun des membres de sa communauté.

Puis lentement, la conversation dévia et Isdès ne put retenir le secret plus longtemps. Il comptait se plier aux traditions de la demoiselle et lui offrir un cadeau pour célébrer la fin d’une année. Il n’était pas certain que ça lui plaise, et si d’ordinaire, il s’en serait moqué, son appréhension se traduisit aussitôt par le regret d’avoir parlé trop vite. Désormais, il n’avait plus le choix. Il sentit sa petite main se glisser dans la sienne et aussitôt, le sourire revint de nouveau. Maline, Thaïs chercha davantage d’informations auprès de la buse. Si elle avait été une Athna, elle aurait certainement pu déchiffrer une réponse dans le regard acéré du rapace. « T’as raison. Elle. Sait tout. Plus que moi. » L’oiseau avait un recul, physique et psychique, sur le monde que les humains avaient perdu depuis fort longtemps. Aussi parce qu’elle n’était pas dotée de la parole, la buse n’en était que plus sage. Quand Thaïs le menaça de se taire, Isdès se tut volontairement à son tour, juste pour voir si elle tiendrait parole. Ils continuèrent leur marche avant qu’enfin une nouvelle question ne brise la tranquillité de la nuit. Il ne s’arrêta pas, calant son grand bras autour de l’épaule de Thaïs. « Non. Pourquoi ? » Il ressentit le besoin de se justifier. « Nous tous ensemble et on attend retour du soleil. Moment de communauté. Il y a famille et les amis. » Alors que d’habitude sa réponse aurait été empreinte de méfiance, là il tenait simplement à lui donner un aperçu de ses traditions et ainsi, de ses valeurs. « Pourquoi attendre fin de l’année pour offrir des cadeaux ? » questionna-t-il, avec une pointe de malice dans le regard. « Nous sommes moins attachés aux objets. Ils cassent, ils se perdent. Lien humain ne se perd pas. » dit-il en resserrant son étreinte autour de la frêle silhouette. Ils parvinrent enfin près d’un antre rocheux qui pourrait très bien les accueillir pour la nuit. Isdès laissa tomber son sac pour lui faire comprendre qu’ils s’arrêteraient là.

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Sujet: Re: Far from home || Isdès
Lun 27 Nov - 15:42



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C’est de sa faute, c’est lui qui a lâché la bombe, c’est lui qui a excité la curiosité et l’affreux sait exactement ce qu’il fait. Un cadeau. Il n’en faut pas plus pour que le monstre logé dans la poitrine de la gamine ne se manifeste et que le flot de questions pour dénicher un indice quant au quoi du qui de qu’est-ce que c’est. Thaïs, elle a toujours eu la langue pendue avec Isdès, sans réaliser que toutes ses barrières tombaient avec lui, qu’elles ne s’étaient sans doute jamais érigées. Elle s’en mordait les doigts parfois, elle regrettait l’manque de contrôle qu’elle avait sur ce qui passait entre ses lèvres, mais elle en oubliait immédiatement les conséquences.
Les mains sur ses hanches, elle joue aux singeries, la gamine.

Intenable, bouffant la présence à grande goulée, elle se penche sur lui, choppe sa main, rit, un ange accroché aux accents de sa voix. C’est à la buse qu’elle s’adresse, l’oiseau majestueux qui lui inspire au moins autant de respect que son propriétaire, de grandes ailes repliées sur elles-mêmes et des silences majestueux. L’Athna confirme que sa belle compagne en sait plus qu’elle, sauvageonne, lui, montagne, et sans doute tous les bipèdes existant. Les billes noires tombent avec milles sagesses sur l’enfant, clignent et s’en désintéresse effrontément. « Aaah elle évite mon regard inquisiteur, elle a peur de craquer. » en déduit l’arrogante.

Incapable de récolter les informations voulues, Thaïs dégaine sa dernière arme : le silence. Arme bien futile qui ne torture finalement que la gamine, celle qui a tant à dire et s’exclamer. Question de fierté, l’égo se glisse dans ce jeu ridicule, la moue fermée et le menton levé, bien faussement vexée et qui ne dupe personne. Deux silencieux dans la forêt, l’une qui bout à l’intérieur de prononcer une syllabe, l’autre bien amusé de la fumée qui sort des oreilles.

La question, tournée et retournée, lui échappe alors au tournant d’un chemin. Isdès, dans toute sa grandeur, ne moqua pas les pauvres résolutions effondrées de la gosse, et se contenta de répondre. Non, pas de cadeaux en temps normal. Pas de père-noël, ni de cheminées, pas de coca cola et de marketing, pas de supermarchés ni de jésus en couche-culotte, alors pourquoi il y aurait des cadeaux ? Elle lève les épaules à la question qu’elle ne s’était jamais posée, ça avait toujours été comme ça, l’échange de présents. « Pour faire plaisir ? » C’est tout ce qu’il lui vient, mais les mots sonnent faux en sortant. Isdès conte alors sa propre version de la fête de fin d’année, les traditions de son peuple plus simples, plus soudées. Elle hoche la tête, elle comprend, elle croit. Elle s’imagine autour du feu toute la nuit avec tous ceux qu’elle connaît, qu’elle a connu, tous ensemble voir le jour d’une nouvelle année se lever avec des promesses aux bouts des rayons d’soleils, de savoir qu’ils sont encore là les uns pour les autres. Peut-être que c’est pour ça qu’ils s’offrent des cadeaux, peut-être qu’ils cherchent à se faire pardonner de ne pas être là pour les autres, pour ceux qui comptent mais pas autant que leurs responsabilités.
« Ça a l’air bien. » Au camp des Odysséens, la fête avait été brève, le passage à la nouvelle année ne comptait pas plus que ça. Un autre jour. La scientifique qui sommeillait savait que ce n’était qu’une mesure du temps, que la nature se fichait bien des dates. Mais elle aurait aimé avoir l’ours à ses côtés. L’bras lourd sur ses épaules qui la protègent, elle tord sa tête pensive. « ça veut dire que mon cadeau n’est pas un objet ? » L’enquête continu.

Thaïs est heureuse de voir arriver l’antre devant eux où elle ne tarde pas à déposer son sac. Elle saute et se met en tailleur vers la surface la plus plane qu’elle considère le meilleur endroit de toute la grotte avec un air du premier arrivé premier servi, à moi, pas touche, propriété privé. Elle privatise et customise avec ses affaires, couvertures par terre et pierre pour pas qu’elle s’envole et rejoint Isdès pour s’occuper du feu. « J’ai faim » qu’elle murmure doucement.

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Sujet: Re: Far from home || Isdès
Mer 13 Déc - 20:40

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Thaïs s’était lancée dans un affrontement visuel avec la buse, comme si elle pouvait lire dans ses yeux jaunes. Elle n’avait pas idée de combien Isdès se sentait flatté qu’elle soit aussi à l’aise avec les oiseaux. Rares étaient les Skaikru qui ne fuyaient pas ou ne hurlaient pas à la vue du rapace. Au fond, c’était compréhensible puisqu’ils n’avaient jamais eu l’occasion d’en approcher, depuis les étoiles. La silhouette acérée de l’animal rappelait sans doute le prédateur qu’il était et mettait mal à l’aise ceux qui n’avaient pas idée de la relation complice qu’il pouvait avoir avec l’homme. Alors l’attitude de Thaïs ne faisait que confirmer son audace et son ouverture au monde. L’Athna pourrait presque en être jaloux, lui qui titillé par la curiosité ne démordait pourtant pas de sa méfiance. Sur la route, ils échangeaient sur leur propre conception des fêtes de fin d’année et sur la façon de profiter des moments en communauté. Il comprenait bien la notion de plaisir qu’essayait de transmettre l’adolescente, mais il ne la sentait pas davantage convaincue que lui. Peut-être obéissait-elle à des traditions sans se poser la question de leur intérêt. Peut-être se confortait-elle dans ces habitudes sans se demander si autre chose aurait pu être tout aussi satisfaisant ? Quand elle lui confia que sa perspective à lui l’emballait, il esquissa un sourire satisfait. Il aurait aimé lui promettre que l’an prochain, il la convierait chez lui. Il aurait tant aimé tout lui faire découvrir, la faire sentir comme une vraie Terrienne, le temps d’une soirée. Mais il doutait de la pertinence de cette idée qui était certainement plus belle en rêve qu’en réalité. Il redoutait la réaction des Athnas. S’ils se montraient accueillants envers les siens, il ignorait s’ils sauraient se montrer aussi affables avec une débarquée du ciel, aussi jeune qu’elle. Il ne doutait pas de la capacité de Thaïs à se faire apprécier, mais peut-être qu’au fond, il préférait la garder tout pour lui. Et quand elle insista de nouveau pour connaître sa surprise, il conclut l’affaire avec trois mots : « Tu vas voir. »

Une fois arrivés à ce qui serait leur campement pour la nuit, Isdès laissa Thaïs s’installer tandis qu’il s’occupait déjà d’allumer le feu. De temps à autres, il jetait des coups d’œil à la jeune femme qui prenait ses aises et faisait de cette grotte son foyer d’un soir. C’était fou ce besoin irrépressible de tout s’approprier tout de suite, de laisser son empreinte partout. L’aura solaire de Thaïs se suffisait à lui-même, mais il ne s’interposa pas. À peine les premières flammes se mirent à lécher le bois sec qu’on réclama à manger. « Tu me laisses le temps ? » répliqua-t-il aussitôt, d’une voix faussement paternaliste. Vu la saison et l’heure, impossible de chasser. À ce moment de la journée, les humains n’étaient plus les prédateurs ultimes et ils se devaient de céder leur place, par respect pour la chaîne alimentaire. « Repas Terrien, ce soir. » Il sortit de sa besace une énorme miche de pain de seigle façonnée par une excellente cultivatrice Athna. Il en raffolait et en avait toujours avec lui. Sortie tout juste du four pour son départ, la mie était encore moelleuse, deux jours après. Il sortit ensuite deux pots. « Miel de Naoris, parfait avec la viande ou pour le sucre. » Il posa son index sur le tissu qui recouvrait l’autre pot. « Beurre Pikuni. Tu mets sur le pain et ça fond avec la viande chaude. » Et la fameuse viande était du mouton d’un élevage Athna. Elle était découpée en tranches et séchée pour une meilleure conservation, mais Isdès disposa la viande sur un morceau à même la braise pour la saisir de nouveau. C’était un festin de roi qu’il avait apporté avec lui. D’habitude, il se contentait de protéines et de glucides pour tenir la route, mais il voulait faire goûter plein de choses à Thaïs. Il ignorait ce qu’eux avaient l’habitude de manger, si elle connaissait tous les arômes artisanaux qu’il lui proposait. « Tu as quelque chose, toi ? » Ce désir de partager. Avec elle, c’était toujours donnant-donnant.

Isdès tartina du miel sur un morceau de pain sur lequel il posa une tranche de mouton, puis s’empressa de croquer dedans. Il se laissa tomber aux côtés de Thaïs, sur la couverture qu’elle avait étendue. « Tu es contente de rentrer ? Toi passé un bon moment là-bas ? » C’était compliqué pour lui d’assimiler les Skaikru à l’entraide et de la joie. Il avait du mal à les imaginer chantant autour du feu, riant en groupes ou s’étreignant affectueusement. C’était plus fort que lui. Les préjugés avaient la dent dure et seule Thaïs avait le pouvoir de le faire changer d’avis.

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Sujet: Re: Far from home || Isdès
Dim 14 Jan - 12:42



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La gamine, elle a faim et elle le fait savoir, deux yeux en suppliques tendus vers Isdès qui se contente de rabrouer gentiment les impatiences, ce qui n’a pour effet que d’accentuer le gémissement. Ventre sur patte, Thaïs, elle expérience la faim d’un coup d’un seul, comme un interrupteur allumé, y’a pas de gradation avec elle. Pourtant, la faim, elle connaît. Si elle ne savait pas le terrien prêt à lui servir un banquet, les mots n’auraient pas dépassé le seuil des lèvres et auraient fondu sur des gargouillements familiers. Mais ce n’était pas le cas ce soir.

Repas terrien. Et il sort un bloc de pain comme le morpion n’en a jamais vu mas reconnaît par une lointaine mémoire collective. Sur l’Odyssée, le pain ressemblait plutôt à un carré opaque, une pâte somme toute pas mauvaise mais dont tous les descendants de français auraient préféré se jeter par le hublot que d’appeler ça pain. Elle prend sa part et l’examine à la lumière du feu qui lèche timidement les bûches. L’odeur vint chatouiller les narines alors que le terrien expliquait tout en sortant trésors sur trésors. Du miel, du beurre. Tant de mets que les cents ne profitaient que lors des banquets auquel ils étaient conviés, souvent au prix d’une émeute ou dispute, ou lorsqu’un d’eux ramenaient du troc une découverte fruitée.

« Tu as porté tout ça sur ton dos ? » s’exclame le gnome, ne sachant plus où donner de la tête mais gardant son bout de pain précieusement entre ses doigts, se laissant saliver comme si l’attente était un plaisir en lui-même. Quand il demande sa contribution, c’est le visage blême qui répond. « Je ne savais pas que ce serait un banquet ce soir, je n’ai que de la patate et courgette écrasées. » Elle sort le plat que Cassie lui a emballé avec soin, suffisamment pour deux. Elle bute alors sur autre chose au fond de son sac enrobé dans des tissus. Il suffit d’en enlever une épaisseur pour que l’odeur envahisse leur campement. « J’avais oublié que c’était là, c’est du fromage que j’ai trouvé dans le garde-manger. Haha c’est parti pour le festin de roi ! » Trouver, voler, y’a plus de différence dans la caboche.

La mioche, elle se prend à expérimenter, glisser sur son bout de pain tout ce qu’ils avaient à portée de main. Enfin elle se pose à côté de l’ours allongé, en tailleur, pour déguster avec précaution mais sans délicatesse son diner copieux. « Oui, j’ai fait des amis. Une surtout, elle me donne plein de livres, et elle est super belle, mais elle s’en fiche parce qu’elle est badass. Tu sais, comme une vraie guerrière. Quand je serai adulte, je veux être comme ça. Mais Liam me manque. Et c’est mieux chez nous, on est plus proches de vous. » Tout lui avait paru loin, là-bas, coicée dans la carcasse de l’Odyssée. Seul les Naoris frôlaient les frontières et elle ne les connaissait pas, ceux-là, elle ne les comprenait pas.

Le ventre rassasié, elle pose sa tête contre l’épaule et fait jouer ses doigts entre les longs cheveux qui s’échappent. Elle sent la fatigue se déposer sur ses paupières lourdes, le crépitement du feu qui la berce, la chaleur d’Isdès contre elle qui la protège. « Des fois j’oublie pourquoi on ne vit pas tous ensemble comme ça. J’aimerai que tout le monde oublie aussi. » Soupire d’une poupée, courbée sur l’innocence, les plaies sur la peau d’ivoire qui lui interdisent la naïveté.

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Sujet: Re: Far from home || Isdès
Mar 30 Jan - 22:45

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Isdès ne manquait pas la réaction enthousiaste de la gamine face à autant de nourriture. Il ne l’avait jamais véritablement interrogé sur ses conditions de vie : mangeait-elle à sa faim, n’avait-elle pas froid le soir, en cas de pépin avait-elle de quoi se soigner, se défendre... Tant de questions qui hantaient son esprit sans être formulées. Il faisait preuve de ce qu’on pourrait appeler le tact, craignant d’éveiller des souvenirs ou des émotions peu agréables pour la demoiselle. Pourtant, elle savait combien il s’intéressait à elle, à son passé, à son présent, son futur. C’était auprès d’elle qu’il avait le plus appris sur les Skaikru. Elle lui faisait déjà découvrir tant de choses à travers ses anecdotes futiles et ses récits spontanés qu’il ne ressentait pas le besoin de creuser davantage dans l’intimité. Il prenait ce qu’elle lui offrait et si ça restait en surface, tant pis, bien que ça n’apaisait pas ses inquiétudes quant à son épanouissement sur cette Terre qui n’était pas la sienne. Thaïs admirait son morceau de pain comme s’il s’agissait d’un trésor. Et chacune de ses interventions l’attendrissait un peu plus, même si la montagne conservait son sérieux. « Oui, c’était très lourd, tu sais. Toi as intérêt à tout manger. » La gaver jusqu’à plus faim, comme si ça pouvait faire son bonheur. La jeune fille semblait déçue de ne pas être ne mesure de lui proposer un festin similaire, mais Isdès s’en moquait bien. Elle sortit sa propre contribution et il s’exclama : « Parfait, c’est très bon avec ça. » Il omit de lui dire qu’il avait une sainte horreur du fromage et des préparations laitières, toujours douteux du fait qu’une telle odeur nauséabonde ne dissimule pas quelque chose de plus dangereux.

Le dos contre une roche, Isdès se sustentait avec hâte et gourmandise. Il n’y avait rien de tel que des produits de leur propre culture. Il était toujours heureux – et soulagé – que la Terre daigne encore leur offrir de quoi survivre, alors qu’elle pourrait les empoisonner en l’espace de quelques mois. Elle détenait encore le pouvoir d’éradiquer l’humanité et ça, les Athnas ne l’oubliaient pas. L’homme n’oubliait pas non plus que l’adolescente était une fille du ciel et qu’elle venait de passer la fin d’année avec ses aînés. À quoi cela ressemblait-il ? Était-elle épanouie, celle qui aurait pu naître dans sa tribu ? Thaïs lui parla d’une jeune femme qui avait l’air bien sous tous rapports, à qui elle semblait attachée. Une identité possible lui passa brièvement en tête, mais la jalousie naissante l’empêcha de chercher plus loin. Elle parlait à nouveau d’un certain Liam, un garçon qu’il n’avait jamais rencontré mais dont il pouvait dresser le portrait, à travers les mentions successives de Thaïs. Isdès comprit combien la sphère de la gamine était restreinte. Elle ne s’éparpillait pas partout. Elle devait savoir à qui accorder sa confiance et qui ne la méritait pas. C’était malin, quand bien même elle n’en était pas consciente. Il esquissa un sourire, en se rappelant qu’elle préférait être chez elle, là où la route était moins longue jusqu’à leurs lieux de rencontre. Il aurait tellement souhaité la kidnapper et faire d’elle une vraie Athna, une vraie guerrière, afin qu’elle comprenne l’importance qu’elle pouvait avoir ici. Elle pouvait changer les choses.

Les restes étaient restés près du feu tandis que les deux compagnons, le ventre plein, s’étaient posés plus confortablement. Calmement, Isdès la laissa jouer avec ses cheveux. C’était un geste privilégié auquel elle avait toujours eu droit. Les personnes qui pouvaient s’approcher si près de lui se comptaient sur les doigts d’une main. Il la sentait se détendre contre lui, présence rassurante. De sa main libre, il alla fouiller au fond de son sac pour trouver la couverture qui avait été enroulée avant son départ. Même si elle n’était pas suffisamment grande pour la couvrir entièrement, il la déplia et l’étendit sur les épaules de Thaïs. Ainsi, elle oublierait l’hiver pour le confort des flammes et de la laine. C’était tout ce qu’il souhaitait. « L’humain est dur. » constata-t-il, le dureté de la lucidité dans la voix. La cohabitation en harmonie avait toujours été impossible, en témoignait leur histoire commune. « Tu peux vivre avec les gens comme toi. C’est pas grave que tout le monde peut pas vivre ensemble. » Il ne s’attendait pas à ce qu’elle comprenne cette vision des choses, mais elle l’interpréterait comme elle le voudrait. « Les gens différents te rappellent comment toi tu es, comment toi tu es unique. » Il lui jeta un regard en travers. Qu'elle ne s'endorme pas si vite, elle avait encore un cadeau à recevoir.

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