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˜˜˜˜˜˜Hangman is comin' down from the gallows and I don't have very long △ Ozvan
maybe life should be about more than just surviving


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05/10/2015 Electric Soul 5920 Jensen Ackles Electric Soul & tumblr Traître en cavale & rebelle anti-esclavagiste anti-royaliste (ex-mercenaire, ex-gladiateur) | Combat & maniement des armes 203
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Sujet: Hangman is comin' down from the gallows and I don't have very long △ Ozvan
Mer 15 Fév - 16:15

Surveiller ses arrières. Vérifier que personne ne te suit. Éviter les chemins fréquentés. Éviter les oasis aux moments de forte affluence. Éviter les gros villages. Tenter de cacher ce qui te distingue le plus comme Rahjak. Fouet rangé tout au fond d'un sac contenant tes vivres et affaires. Sabre troqué contre une lame courte, moins distinctive. Étoles légères et cuirs du désert remplacés par les tissus plus rêches, moins travaillés, plus ternes des tribus des terres humides. Tout ça te déplaît, comme si tu effaçais ton identité, mais c'est nécessaire à ta survie.

Combien de temps avant que la nouvelle se répande ? Avant que ta tête ne soit mise à prix, les mercenaires, lancés à tes trousses ? Le tremblement de terre a fait des dégâts et tu as pu profiter de la confusion qui régnait pour t'échapper avec Eirik. As-tu été repéré, vu ? Ton geste a-t-il été intercepté ? Ou alors serais-tu arrêté pour le crime moins grave, mais non moins punissable, de vol ? La monture que tu chevauches désormais, plus à l'aise dans ces contrées au temps plus frais que dans ton désert natal, est après tout dérobée à un autre. Probablement à un étranger, qui ne saura peut-être pas comment faire remonter sa plainte dans le système de justice rahjak. Peut-être peux-tu échapper à la traque encore quelques temps, mais tu préfères ne pas prendre de risques. Tôt ou tard, on remarquera que tu n'es plus apparu dans la cité depuis longtemps. Que tu as déserté. Et vu ton passif, ton ancien statut d'esclave, tu seras probablement suspecté plus rapidement qu'un autre. Oh oui, tu es mercenaire – ou plutôt, l'étais – mais tu as toujours été un paria dans cette caste. T'as toujours plus appartenu à l'arène qu'aux tavernes, d'après les médisants, mais d'après toi également. Le gamin qui a appris ce métier par passion a été tué dans l'arène, en même temps que toutes les victimes qui ont succombé à ta folie meurtrière. T'as toujours été trop violent, trop sanguinaire, trop meurtrier. Tu tuais trop, et t'aurais probablement été éliminé comme un chien malade si le public n'avait pas tant aimé ça. Ta désobéissance, tu la payais en coups de fouet et si ça te calmait un moment, ça ne durait jamais bien longtemps. T'étais un enragé, qui voyait juste rouge rouge rouge dans le sable des combats. Tu voyais juste une cible à abattre pour arrêter ton agonie. Une agonie qui reviendrait, quelques jours plus tard, certes, mais tu faisais tout pour l'arrêter, cette souffrance. Et après, quand le rouge s'effaçait de tes yeux, de ta peau, tu essayais d'oublier ce que tu avais fait. Les vies que t'avais arrachées, pour sauver la tienne.

Personne n'a jamais éprouvé de pitié pour toi. Alors pourquoi aurais-tu dû avoir pitié d'eux ? Tu leur as épargné une misérable existence de pantin de chair, à lacérer et rapiécer pour le compte d'un public aux mœurs cruelles, qui ne veut voir que des corps qui s'affrontent et se déchirent pour leur bon plaisir. Toute joie est cruelle dans ta tribu. Tout plaisir a un goût de sang.

Tu tires sur les rênes, rediriges ta monture dans le droit chemin. Non, pas les Pikunis, le village est trop grand, tu y as fait trop de victimes. Tu ne trouveras pas de soutien, là-bas. Tu ne t'y es guère attardé quand tu y as déposé les esclaves libérés avec Eirik. Peut-être aurais-tu dû.

Tu n'as pas beaucoup d'amis dans les tribus de la côte. Pour ne pas dire aucun. Ton statut de mercenaire t'a toujours fait voir avec méfiance et si, en tant qu'éclaireur, tu étais reçu avec un peu moins d'hostilité, il n'empêche que tu étais un Rahjak, un individu dangereux qui peuple les histoires de mise en garde aux enfants. Ne t'approche pas du désert, sinon tu te feras happer par un monstre. Chez toi, on rit de ces gens au coeur et à l'esprit tout aussi doux que les terres qu'ils habitent, ces gens qui tremblent de peur devant votre ombre. Comme tous ceux du désert, tu les méprises un peu, tu les dédaignes ; si tu ne penses pas qu'ils ne servent qu'à faire des esclaves domestiques ou de plaisir, tu n'aimes pas la faiblesse et la bonté que tu leur associes. Tu venais d'une famille d'agriculteurs, toi, mais c'était au sang et à la sueur que vous obteniez les produits de la terre. Leur vie est trop facile, trop aisée, trop confortable. Au fond, tu les envies et tu les jalouses, mais tu ne voudras jamais le reconnaître. C'est la fierté qui façonne un Rahjak, pas l'envie.

Tu te diriges vers la mer, vers la côte. Bientôt, tu peux sentir l'odeur du sel et de l'iode chatouiller tes narines. Tu prends un risque en allant là, tu sais. Partager des opinions anti-esclavagistes bien peu habituelles pour les Rahjaks est une chose...aider un fugitif en est une autre. Tu sais que tu risques d'imposer un fardeau à Ozvan en te dirigeant là mais...tu oses espérer. Oses espérer que ses idées pourront se retranscrire en actions et qu'il pourra t'aider à accomplir ta volonté d'abolir l'esclavage et détruire la famille royale. Et si pas, tu espères au moins qu'il ne te dénoncera pas.

Tu n'es pas vraiment sûr de la route à suivre une fois que tu entres dans le village – une fois délesté de ta dague nouvellement acquise – et tu mets quelques temps à trouver où peut se trouver Ozvan, après quelques questions posées à des habitants plus ou moins méfiants.

Tu frappes à la porte et attends, plus inquiet que tu ne voudrais l'admettre. Tu joues avec le feu.

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Sujet: Re: Hangman is comin' down from the gallows and I don't have very long △ Ozvan
Lun 13 Mar - 1:08


Kyran & Ozvan @The revolution

Les jambes allongées, les yeux fermés, le visage levé vers le ciel pour profiter des dernières chaleureuses caresses de l'été, le rahjak se vide l'esprit. Le tremblement de Terre, Liam, Astrid, Maria, Eon, Gen... Gen, toutes ces rencontres se mélangent dans ses pensées. Les voix se taisent. Toujours quand il se trouve en compagnie de sa nièce. Ozvan perçoit ses pas légers de souris parcourant la maison selon d'étranges signes géométriques. La petite, elle voyage dans son monde, elle parait bizarre au premier abord, elle laisse une distance de sécurité entre chaque personne et elle. Il ne faut surtout pas la franchir sous peine de cris perçants. Freya, la fille de sa sœur décédée, dont le père Solan se fit égorgé sous le soleil du désert par les Rahjaks. Orpheline désormais, Et lui l'homme du désert qui rêve depuis toujours de fonder une famille tout en sachant pertinemment que son mode de vie s'y oppose, il à décidé de veiller sur elle. Freya. La jeune femme n'a pas manifesté de joie à son retour, mais désormais il peut voir les signes, elle ne cesse de lui concocter des petits plats au risque de lui faire perdre sa ligne. A son âge il doit la surveiller de prêt, une hygiène de vie sans faille s'impose pour continuer à vagabonder sur les terres, comme il s'y adonne depuis quelques décades.

Ici se trouve son sanctuaire. Le lieu ou il ne tente même pas de se contrôler. le voyageur n'en éprouve aucun besoin. Elle et Lui sont différents, ils s'acceptent, n'échangent que peu de paroles. L'essentiel. Appuyé contre le mur en pierre de la maison il se relève, étend ses bras, il faudra qu'il s'agite un peu pour chasser les mauvaises herbes du jardin. A la demande de la demoiselle de ces lieux. Pas vraiment un travail courant pour lui, qui préfère fouiller au milieu des plantes s'il ne s'y planque pas un trésor. Il examine ce petite bout de nature qui dans les mains de Freya acquiert des allures de potager sans défaut. Tout légume se retrouve planté à un millimètre prêt de l'autre. Idem pour les fruits. Plus un petit carré de terrain bien gardé pour les chèvres qui tolèrent la présence de son Appaloosa. L'homme du désert s'empare de seau qui traîne à coté de lui. Ozvan sait qu'il doit respecter les instructions données à la lettre. Il ne serait pas question de pénétrer sur le sentier de droite qui sert à arroser les plantes, non toujours arracher l'ivraie sur celui de gauche. Le voyageur sifflote doucement, l'esprit tranquille, Alors que son bel Emzelt relève fièrement sa tête en soufflant par ses naseaux. Le voilà qui profite de cette herbe grasse destinée aux animaux domestiques de la maison. Ozvan prie pour que l'équidé ne s'enfile pas l'entièreté en quelques jours, sinon les cloches tinteront dans la tête de son maître.

Un fumet plus qu'agréable s'échappe d'une fenêtre ouverte, tentatrice,  alors que le Rahjak se meut avec précaution à travers le labyrinthe vert, devenu le temple sacré de Freya. Il retournera dans le désert très bientôt, rendre des comptes à Radoslav, donner des indications sur les fugitifs rencontrés lors de ses sois disantes recherches. Un terrible dilemme qui le ronge. Sa liberté ou celle des autres. Égoïste il ne veut pas se faire enfermer les derniers jours de son existence. D'ailleurs il espère en voir défiler beaucoup d'autres sans que la folie ne termine trop rapidement de lui ronger le cerveau. Son estomac gronde, le savoir faire de sa nièce lui donne une appétit d'ogre, et sa chanson se transforme en rire muet. Oz patauge dans son oasis personnel décidé à ne pas se pencher sur les inquiétudes barbotant dans son âme. Mais des coups frappés sur la porte retentissent, parvenant assourdis à ses oreilles en traversant les murs de la maison. Freya ne lui à annoncé personne, et d'ailleurs les habitués passent par ici, ils savent qu'il ne faut pas déranger la brune dans ses habitudes. A grandes enjambées Ozvan rejoint la cour, il y laisse son récipient. Il pénètre dans la demeure, déstabilisée sa nièce y déplace tous les objets, visiblement elle n'ira pas ouvrir, elle ne veut pas savoir. L'homme du désert ne la force pas, jamais, il se dirige vers le seuil des lieux, agrippe la poignée, d'un geste plus brusque qu'il ne le désire il ramène le battant vers l'extérieur.

Ozvan dévisage le nouvel arrivant, L'éclaireur ne dit rien, bien qu'il le connaisse, il n'y à pas si longtemps ils ont évoqués des sujets sensibles. Rares les fois ou le vagagond peut se remémorer avoir été pris au dépourvu. Étonné, légèrement surpris, amusé parfois mais bluffé difficilement. La, tout de suite il ne trouve rien à dire, il s'efface pour laisser pénétrer l'ancien gladiateur dans l'endroit. La prudence lui souffle de ne pas trop s'attarder à bavarder à la vue des passants. Ainsi il lui fait signe de le suivre pour fermer derrière, et le conduire dans la pièce principale. Oz se souvient cette fois ou Solan l’accueillit alors qu'il venait pour récupérer sa nièce et refaire son portrait au Calusa. Maintenant il lui tend la main pour signifier que l'arrivant est le bienvenue  « Kyran » L'éclaireur ne le passe pas à la question, le mercenaire va certainement lui déballer les raisons de sa présence. Ou alors ce dernier restera muet gardant ses mystères pour lui, demandant asile pour une journée ou plus. Freya passe dans la pièce dans le regarder, elle tourne autour de la table, et Ozvan capte directement son angoisse « C'est un ami Freya et je pense qu'il à bien faim, il à fait un long voyage pour venir me dire bonjour » La voilà qui repart avec une pas plus sautillant, elle va certainement chercher des assiettes. Ozvan se tourne vers l'homme épuisé « C'est ma nièce, elle est ... faut que je la protège, mais je suppose qu'avant toute chose tu mangerais bien un morceau ? »


Dernière édition par Ozvan Hickok-Cannary le Dim 9 Avr - 17:35, édité 1 fois
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Sujet: Re: Hangman is comin' down from the gallows and I don't have very long △ Ozvan
Sam 25 Mar - 17:58

La porte s'ouvre brusquement et tu fais un pas en arrière pour éviter de te prendre le battant de bois en plein visage. Par pur réflexe, tu as tendu la main pour empêcher le choc.

Un soupir de soulagement t'échappe quand tu reconnais les traits d'Ozvan, encadré par le seuil de la porte. Mais le soulagement est de courte durée. Tu n'arrives pas à déterminer son expression, s'il s'agit de mécontentement, de surprise, d'hostilité. L'éclaireur ne prend même pas la parole, ne te salue pas, et tu attends, tendu, prêt à riposter à la moindre attaque – as-tu eu tort de lui faire confiance ? est-il au courant de ta fuite ? dois-tu battre en retraite ? –, muscles contractés.

Mais Ozvan s'efface bientôt dans son antre et tu fixes la pénombre un instant avant de te décider à le suivre à pas prudents. Lorsqu'il referme la porte derrière toi, tu ne peux t'empêcher d'être sur tes gardes et remettre en question ta décision de venir ici. As-tu fais une erreur ? Ce silence pesant attise ton côté paranoïaque, déjà exacerbé par la vigilance constante dont tu fais preuve depuis les semaines que tu es sur les routes. Toujours faire attention, toujours surveiller tes traces, ne jamais laisser l'occasion aux autres de se remémorer quelque chose de toi. Tu as l'impression de vivre comme un autre que toi, comme un fantôme, comme un mort et tu ne sais pas si tu pourras tenir longtemps ce rythme-là.

Comment Eirik a-t-il fait tout ce temps ? Et tous ces esclaves en fuite à qui tu as arraché leur liberté nouvellement trouvée ? Étaient-ils aussi harassés par la traque que toi ? Aussi fatigués ? Tu as été bourreau et tu as été victime, oui, mais une victime enfermée dans les murs de l'arène. Jamais tu n'as goûté à la liberté volée, à l'ivresse des premiers pas hors de la prison. Non, tout ce que tu connais, c'est la peur, la rancoeur et la douleur. Tu as été tellement habitué aux chaînes que parfois, tu as l'impression d'être toujours prisonnier de ce système et de ces souvenirs. Même traître, même loin, c'est un mode de pensée qui t'a conditionné. Une seconde nature.

C'est presque ironique le fait que tu ne saches presque plus comment être libre. Qu'être traître pour toi revient presque à redevenir esclave.

Tu t'es perdu, Arkadi. Tu t'es tellement, tellement perdu.

Une fois à l'intérieur, tu vois une jeune fille occupée à déplacer des objets, tourner autour de la table. Elle ne t'adresse pas un regard mais tu sens littéralement le malaise émaner d'elle. A-t-elle deviné qui tu es, d'où tu viens ? Ou est-elle juste mal à l'aise face à un étranger inconnu ? Ozvan te présente à la jeune fille – tu notes son nom, Freya – comme étant un ami. Tu te détends légèrement. La mention de nourriture te rappelle brusquement et presque étrangement que, oui, tu as faim. Et que tu es fatigué aussi. Il n'a pas tort sur le fait que tu as fait longue route. Ozvan ne se doute certainement pas que depuis plusieurs semaines tu erres dans les terres à l'ouest du désert, passant plus ton temps à te réfugier dans la forêt, des ruines ou des abris de fortune que dans des villages où tu pourrais trouver de la nourriture plus facilement. Tu n'as guère grand-chose à commercer – les tribus des terres humides n'aiment pas l'or, elles – et tu n'as jamais été très bon chasseur. Tu es trop bruyant, trop impatient. Chasser un humain, tu le peux. Chasser un animal à l'ouïe et à l'odorat infiniment plus poussés ? Ce n'est pas ta tasse de thé et tes talents bien piètres ne te nourrissent pas à ta faim. Tu as certainement perdu du poids depuis le début de la traque, le stress et la vie sur les routes ne faisant qu'aggraver ta maigreur et ta fatigue.

Mais après tout, ce n'est pas comme si tu avais vécu bien pire dans l'arène. Mangé parfois bien moins quand il fallait te punir pour ta désobéissance chronique. Et les blessures enchaînées étaient bien plus atroces que la fatigue et le stress que tu accumules aujourd'hui. Mais ça fait cinq ans que tu es libre et tu les sens, chacune de ces années, dans ta chair et dans tes os. Tu as vieilli et si tu es encore en bonne condition physique, ton passé violent ne t'a certainement pas fait de cadeaux.

Tu acceptes la main tendue d'Ozvan et réponds en le saluant par son nom, comme il l'a fait avec toi. Du coin de l'oeil, tu vois la jeune fille filer ailleurs – probablement partie en quête de nourriture, tu supposes. Ozvan t'explique qui elle est, qu'il doit la protéger, et tu comprends le dilemme, tu comprends l'obligation et le fardeau que tu lui imposes par ta venue. Tu n'aurais probablement pas accepté chez quelqu'un puisse mettre en danger Stelios, tu le sais.

« Je suis désolé de débarquer à l'improviste comme ça. » t'excuses-tu, la voix enrouée par la fatigue. « Et je veux bien, merci, j'ai fait...un long chemin. Je ne veux aucun mal à ta nièce, rassure-toi. »

Tu ne donnes pas encore la raison de ta venue. Tu es égoïste et un salaud, mais la promesse de nourriture t'attire comme un aimant. Après, tu parleras. Au moins si tu es chassé, tu auras eu quelque chose dans l'estomac.

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27/05/2015 I 4560 Anson Mount AVENGEDINCHAINS & Brimbelle & Pivette Eclaireur & Orientation & Combat 92
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Sujet: Re: Hangman is comin' down from the gallows and I don't have very long △ Ozvan
Lun 1 Mai - 21:58


Kyran & Ozvan @The revolution

Certains jours la connexion avec le reste de l'humanité s’allume difficilement, l'étincelle renâcle à briller afin de démarrer le peu de socialisation qu'il demeure dans le sang du Rahjak. Le voilà réduit à une marionnette aux mains de Radoslav, cette sensation s'amuse à piétiner sa fierté d'homme libre qu'il porte comme un blason invisible. La visite du nouveau venu ne lui déplait pas, mais si les embrassades, puis les mots, tardent à venir c'est qu'il s'avère que la sécurité de sa nièce lui tient à cœur plus que tout. La seule famille qui lui reste, aussi spéciale soit-elle, et il ne tergiversera pas la dessus. Mai surtout il devine que si Kyran se retrouve devant sa porte, ça ne se révélera pas une visite de courtoisie. Et le vagabond ne songe pas partculièrement que l'ancien gladiateur lui veuille du mal, mais il doit prendre ses précautions pour que personne ne se retrouve dans des mauvais draps - Ou dans de mauvaises mains -. L'Homme du désert croit apercevoir comme une attente qu'il ne rempli pas dans le regard de l'autre. Plus tard il lui expliquera, l'urgence première étant qu'il pénètre dans la maison avant que quelque œil mal intentionné ne puisse l'apercevoir. Une fois la porte refermée derrière celui qu'il considère dorénavant comme son invité, il se propage une atmosphère légèrement suspicieuse.

Pourquoi ? Comment ? De la part de qui ? Ozvan ne peut répondre exactement à ces questions intérieures qui se baladent dans sa tête. Un peu les deux sans doute. Déjà lui-même n'ayant pas prononcé la bienvenue pourrait se voir suspecté de malveillance. Le problème étant que le voyageur s'est déplacé jusqu'à cette demeure pour prendre des nouvelles de Freya, mais surtout pour reposer son esprit. Ne plus entendre, ne plus parler, ne plus se justifier. Alors pour sortir de cet état d'ermite, de plus de façon involontaire, il lui devient nécessaire de produire quelques efforts pour se remettre en phase avec l'humanité. Les difficultés que rencontrent Ozvan divergent terriblement de celles de Kyran. Dire que l'éclaireur n'imagine absolument pas ce par quoi ce dernier se trouve confronté serait une demi vérité. S'il l'ignorait totalement, l'éclaireur n'eut pas consacré une grande partie de sa vie à détourner le regard des mercenaires des fuyards. Le vagabond  circule lui-même dans une eau assez trouble. De plus il vient de se voir trahir par des confrères, pourquoi seulement maintenant ? Il désirerait le découvrir, mais il comprend que mettre ses mains dans la merde le salirait davantage. Il va vivre désormais avec une méfiance absolue perchée sur son épaule et rejoindre les rangs de Kyran. Au fond ils pourraient se serrer la main. Une seconde fois, mentalement.

« Non ne sois pas désolé, si tu es là, c'est que tu n'as pas pu faire autrement » Oz balaye les excuses de Kyran d'une main distraite. Il comprend très bien, la fuite quand elle arrive tu ne peux la méditer que dans le départ, tout le reste s'improvise. « Je crains juste d'être sous surveillance moi-même, bien que je n'ai encore aperçu personne dans le village qui puisse être suspecté d'être un espion » Oz pourrait demander si lui non plus ? Mais certainement alors il ne se fut pas risqué jusque là. Peut-être que finalement le chef de la garde se contentera de cette dette et le laissera tranquille. Cependant il sait Oz, que s'enfoncer dans trop de certitudes le rendrait aveugle.  « Il faudra juste que je m'en assure une fois pour toute, pendant que tu te reposeras j'irais fureter dans les alentours » Le vagabond ne croit pas faire d'impair en supposant que l'homme à ses côtés se cache des autorités Rahjaks. Ce dernier possède cette attitude que tant de fuyards adoptent, une espèce de fatalité qui les habille, que lui aussi revêtira peut être d'ici peu de temps. Une légère détente apparait sur ces traits quand le visiteur le rassure sur ces intentions. Il n'en doutait pas Ozvan, mais une seconde il s'est imaginé qu'il à pu être envoyé pour lui régler son compte.

« J'en suis certain mais il est préférable de lui dire les choses de façon claire afin qu'elle ne se sente pas trop dérangée dans ses habitudes » Car non il ne pourra pas changer qui est Freya, surtout qu'on peut déclarer sans mentir que plus inoffensive qu'elle ça n'existe pas. la voilà d'ailleurs qui sautille pour déposer des assiettes sur la table comme une petite fourmi, elle va, elle vient sans ajouter une seul mot, aussi silencieuse qu'Ozvan. On peut facilement s'imaginer que quand ils sont seuls tous les deux, le bruit ne prédomine pas dans ces lieux. Bientôt se trouve là, de quoi boire et manger, tout pour rassasier le nouvel arrivant si jamais il découvre soudainement l'estomac dans les talons. « Je t'en prie sers toi à boire, à manger, après tu me diras ce qui t'amène si te le souhaites » Laisse tomber le vagabond sans aucune fioriture. Ozvan il n'impose aucune obligation, il acceptera que Kyran opte pour l'option du silence, et dans ce cas il l’accueillera le temps qu'il le faudra pour qu'il se sente prêt à repartir. Et si l'autre se confie alors le voyageur l'écoutera. A ce moment il réfléchira sur ce qui suivra. Pas maintenant, autant passé un instant agréable et sans pression. Alors il s'assoit afin d'accompagner l'homme autour d'une table bienveillante.
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Sujet: Re: Hangman is comin' down from the gallows and I don't have very long △ Ozvan
Ven 9 Juin - 13:31

À une époque, tu as été doué avec les gens. Tu étais sociable, avais le rire facile, allais facilement au contact des autres. Tu étais un peu arrogant, un peu fier, un sale garnement par moments. Tu parlais parfois un peu trop, étais un peu trop familier, t'imposais parfois de façon indélicate. Tu retiens encore aujourd'hui certains de ces traits, mais avec le temps, tu es devenu plus silencieux. Plus fermé. Tu n'aimes pas parler, tu vois ça comme un moyen de t'extraire tes faiblesses, un moyen de te percer à jour. Les jacasseries t'insupportent, te tapent sur les nerfs. Tu as déjà maltraité des esclaves qui tentaient de marchander avec toi, qui se disaient qu'en appeler à ta bonne nature – ha, quelle  blague – ou tenter de t'offrir quelque chose en retour de leur liberté pourrait s'en tirer. Tu n'as jamais été patient, mais ce trait s'est aggravé avec le temps. Tu es volatil, brusque, et au mieux tu réponds par le sarcasme cruel ou le silence. Tes poings volent vite et ce n'est pas pour rien que tu as eu une réputation de mercenaire particulièrement violent quand tu pratiquais le métier.

Mais tu n'as pas à être violent, ici, te rappelles-tu. Tu n'as pas à te battre. Tu n'es pas forcé à parler avant que tu n'y sois prêt, et tu es soulagé de la compréhension de l'autre Rahjak, du silence implicite qui se tisse entre vous, sinon confortable, au moins gérable. Un sourire faible étire tes lèvres quand Ozvan déclare que tu as probablement une excuse valable pour être ici. Oh oui, elle est certainement valable, mais pas forcément louable pour n'importe qui. Tu te rappelles qu'Ozvan avait tenu des propos anti-esclavagistes, lors d'une rencontre dont le souvenir précis s'est effacé, sauf pour ce fait particulier. Tu es un ex-esclave. Tous ceux qui ne te méprisent pas pour ce statut, qui sont enclins à être plus ouverts d'esprit sont forcément gravés dans ta mémoire. Tu espères qu'Ozvan comprendra. Qu'il ne te vendra pas.

« Tu es sous surveillance ? »

La nouvelle t'étonne quelque peu, et attise ta curiosité et ta méfiance. Ta culpabilité aussi. Si Ozvan est déjà suspecté de quelque chose, il est certain que ton arrivée ne va pas aller en arrangeant ses affaires. Tu ne penses pas avoir été suivi et tu doutes avoir été reconnu par quiconque – tu t'habilles comme un terrien de l'ouest, tes cheveux plus longs couvrent le tatouage sur ta nuque et ta barbe te rend quasiment méconnaissable. La seule chose qui pourrait encore te trahir est ton accent typique du désert, mais tu as tout fait pour le masquer au mieux.

« Je n'ai repéré aucun potentiel espion ou mercenaire Rahjak, de mon côté. » ajoutes-tu, pour tenter de rassurer Ozvan. Tu connais la plupart d'entre eux, leurs visages te sont familiers et tu les aurais probablement reconnus s'ils étaient dans les environs. Il n'empêche que vous feriez mieux de rester tous les deux prudents, si vous êtes cherchés. La déclaration d'Ozvan fait revenir la tension qui s'était quelque peu évaporée de tes épaules. Tu ne peux t'offrir le luxe de totalement relâcher ton attention, tu le sais. Tu ne fais que hocher la tête quand l'autre Rahjak affirme qu'il ira surveiller l'endroit. Une part de ton esprit paranoïaque souffle que ce n'est peut-être qu'une excuse pour te vendre au dit espion, te donner un faux sens de sécurité avant de te planter un couteau dans le dos, mais tu essaies de la faire taire. Tu ne dors pratiquement jamais sur tes deux oreilles, toujours à l'affût d'une chose qui pourrait mal tourner. Les cauchemars qui persistent, malgré les années, ne te donnent pas le sommeil le plus réparateur du monde non plus. Tu fais confiance à Ozvan jusqu'à un certain point. Tu sais que s'il venait à te trahir, tu n'hésiterais pas un instant à utiliser tout ce qui te passe sous la main pour t'en tirer. Et si tu dois te servir de sa nièce, soit. Tu as déjà tellement de sang sur des mains. Une vie de plus ou de moins ne te condamnera pas plus. L'amertume gagne ta bouche à cette pensée sombre.

Tu acquiesces face aux recommandations d'Ozvan face à sa nièce. Parler de façon claire. Pas de problème. C'est déjà dans ton habitude, de toute façon. Tu l'observes tandis qu'elle s'affaire, et tu offres un sourire quelque peu gêné à tes hôtes quand ton estomac grommelle devant les victuailles sur la table. Les effets du long voyage se font sentir. Tu te laisses tomber avec un soupir de soulagement sur une des chaises.

« Merci à vous deux. »

Tu prends soin de fixer Ozvan et Freya quand ces mots quittent tes lèvres, et d'afficher une mine reconnaissante. Tu n'es pas le Rahjak le plus poli de la cité, pour sûr, mais tu connais les bonnes manières tout de même.

Vous mangez dans un silence relatif et quelque chose dans la presque normalité de la situation, comme une vie de famille, te fait ressentir un élan de...tristesse, de nostalgie, peut-être. Pour une époque révolue depuis longtemps et un passé auquel tu n'as plus le droit. Ton avenir, lui, n'a jamais semblé contenir la moindre chose qui puisse ressembler de près ou de loin à de la quiétude.

Les assiettes et coupes vidées et après un dernier remerciement adressé à la cuisinière, tu te tournes vers Ozvan. La crainte a à nouveau envahi tes muscles, te fait te braquer inconsciemment pour le rejet ou l'attaque que ta paranoïa attend. Tu pourrais te taire. Tu pourrais te taire et repartir, sans faire de vagues, continuer de voyager sans cesse pour que personne ne te retrouve. Mais tu es fatigué, et tu penses que Ozvan peut t'écouter et tu as envie d'arrêter de fuir et mentir, ne serait-ce que pour un court instant. Ta voix, quand elle s'échappe, est basse, mais ferme, et tu fixes l'éclaireur dans les yeux quand tu lui parles.

« J'ai aidé un esclave à s'échapper en public et quitté la cité rahjak avec lui. Je suis considéré comme traître et fugitif et ma tête a probablement été mise à prix à l'heure qu'il est. » Un soupir, les yeux qui se baissent d'ajouter ce fardeau à l'éclaireur. « Je suis désolé. »

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Sujet: Re: Hangman is comin' down from the gallows and I don't have very long △ Ozvan
Mer 5 Juil - 22:08


Kyran & Ozvan @The revolution

Lui, à la différence de son visiteur, il n'a jamais été doué pour les relations humaines. A part avec les enfants. Mais généralement à la cité on ne vous demande pas particulièrement d'être diplomate quand on prend le job d'éclaireur. Non simplement de bien faire son métier. Enfant, perturbé pas l'héritage que ses parents lui laissaient, et ses différents problèmes d'humeurs qu'il ne gérait pas du tout, Oz se montrait bien plus volatile. Il piquait des colères noires qui engendraient une violence quasiment ingérable sauf pour son oncle. Celui-ci ne cessait de le faire se dépenser en entraînement. Ou l'emmenait voyager avec lui jusqu'à épuisement, cela seul le modérait. Il fut poussé vers ce travail mais il ne se défendit pas non plus, appréciant trop la liberté qu'il lui fournissait. Malgré tout il lui fallut bien deux décades avant de prétendre gérer sa cyclothymie. Un problème mental, tel que le décrivait son tuteur, puisque personne ne savait mettre un nom dessus. Le savoir ancien faisant parfois cruellement défaut sans que quiconque ne le sache. Evidemment il ne se re-pointait dans la cité que quand il se sentait stable, en plus il n'y restait jamais vraiment longtemps. Juste  hitoire de donner ses infos, de prendre quelques instructions, de visiter sa demeure, d'aller se rincer le gosier à la taverne, puis de repartir. Bien qu'on le pensa maître de lui-même, des actes de barbaries le voyageur en avait comis plus qu'à son tour.

Mais le coté bavard n'apparaissait que rarement, De plus sa nièce ne s'étendait jamais en paroles inutiles. Alors non, il ne s'étonnait pas du silence de son visiteur, au contraire il le remerciait intérieurement de ne pas l'abêtir de raisons débiles pour expliquer sa présence en ces lieux. Ozvan, il supportait difficilement les justifications vaseuses, il préférait de loin qu'on se taise ou qu'on lui révèle juste l'essentiel pour qu'il puisse juger de la situation épineuse, ou non, dans laquelle se trouvait son interlocuteur. Par contre le vagabond n'apprécie pas particulièrement de s'étendre sur sa propre situation, un peu bancale, qui le rend beaucoup plus vigilant devant l'inattendu. Malgré tout Ozvan à lui-même évoqué cette éventualité alors il serait malvenu de réagir brutalement à cette demande, d'autant qu'il n'a décelé jusque-là aucune preuve réelle d'aucun espion. « Je le soupçonne en tout cas, Radoslav m'a un peu sous la dent, certains mercenaires se sont plaints de mes renseignements, j'ai dû faire mes preuves, il m'a laissé partir, mais ... Je reste méfiant » Même si le chef de la garde lui à susurré, de façon machiavélique, qu'il le tenait et s'en servirait de lui pour plus tard. Un genre de dette. Du chantage pur et simple. Néanmoins il ne va pas développer ses soucis devant Kyran, alors que visiblement celui cherche de l'aide ou un soutient.

Le Rahjak devine un brin de méfiance passager dans le regard de son visiteur, il pourrait le rassurer mais après-tout ce dernier décidera de lui-même s'il peut se fier à Ozvan ou non. Le voyageur jauge l'arrivant assez grand pour ne pas devoir être assisté comme un enfant. Malgré tout il se sent soulagé suite à la déclaration de Kyran « Et puis les Calusas ne sont pas aveugles, si jamais quelque chose de suspect se remarque on viendra aussitôt en informer Freya. Et nous saurons à quoi nous en tenir, mais généralement ils préfèrent se concentrer sur les Pikunis et les Athnas » Un Truc que le vagabond a noté depuis belle lurette. Sans doute la proximité de la forêt fournit de meilleures cachettes. A vrai dire l'homme du désert n'a pas vraiment creusé les raison de sa relative tranquillité jusqu'à présent. Et puis surtout son esprit se voit détourner par l'étrange atmosphère qui accompagne cette ancienne connaissance. Le soupçon l'habille comme une seconde peau, et l'Eclaireur à déjà assez vécu et rencontré toutes sortes d'hurluberlus pour comprendre qu'il sera plus prudent de ne pas quitter les lieux inopinément en laissant l'homme seul avec la seule famille qu'il possède «  Ou nous irons ensemble après si tu préfères  t'en assurer par toi même, si jamais à deux on pourra mieux l'intercepter que tout seul » Oui il surnage le mot *tué* entre les espaces vides de ses paroles. Le prix à payer pour leur tranquillité.

En attendant le Rahjak se joint à son invité en picorant ce qui se trouve dans son assiette. Ici il ne manque de rien grâce à la cuisinière. Parfois il trouve même que c'et un peu trop, mais il ne voudrait pas la vexer, alors pour elle il se fait violence régulièrement. Pendant que Freya se sauve en emportant quelques plats vides tombe la réponse de l'autre.  « En tout cas je n'avais rien qui te concerne dans mes dernières instructions » Tente de plaisanter le voyageur, tout en sachant que le sujet ne prête pas à rire. Au contraire, ce genre d'actes ne se pardonnent pas si on les découvre.  « Mais comme je donnais souvent des fausses informations je suis un peu dans le même panier que toi, ne sois pas désolé je trouve ça plutôt courageux » Il l'admirerait même plutôt, lui qui préfère s'activer en sous-marin tout seul dans son coin. Après tout il tient à sa peau, il aime la vie. Kyran aussi sans doute.  « Plus sérieusement en quoi puis-je t'aider en dehors de t héberger aussi longtemps que tu en auras besoin ? » Bien que tout ça s'annonce particulièrement complexe, puisque Oz finira par partir. Et pour laisser Kyran dans cette maison en compagnie de sa nièce, il ne devra rester aucun doute entre les deux. Mais ça n'a pas à se décider la tout de suite, puisque désormais il se trouve dans l'endroit ou il séjourne le plus longtemps.  « Si besoin je peux faire passer un message à un de tes proches si tu le désires, tant que ... je le peux »
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Sujet: Re: Hangman is comin' down from the gallows and I don't have very long △ Ozvan
Mer 9 Aoû - 23:49

Tu te tends en entendant le nom de Radoslav, tes muscles se raidissent, s'attendent presque à la douleur qui semble être ancrée à ta chair et ta peau. À l'évocation de son nom, tu as l'impression de ressentir la morsure du fouet dans ton dos, sentir le sang qui coule de tes plaies, qui se mêle à la sueur et qui colle les vêtements à ta peau. Les remontrances, les punitions face à ta désobéissance chronique, face à ta folie meurtrière. Un chien enragé, un chien galeux, voilà ce que t'étais, à mordre les maîtres, à attaquer quand il ne le fallait pas, à tuer dans ta rage tellement t'étais incapable de t'arrêter, alors que ça faisait perdre de l'or à l'arène. Foncièrement, tu sais que l'entraîneur n'était pas forcément mauvais, qu'il ne faisait que son travail et n'agissait pas par sadisme et que tu lui dois une partie de tes compétences en combat et ta relative discipline dans l'arène. Mais ça ne t'a pas empêché de le haïr, comme tous ceux qui étaient de l'autre côté, comme tous ceux qui ne portaient pas les tatouages qui devaient les marquer comme des objets, des propriétés, plutôt que des êtres humains. La colère rouge, qui t'a bouffé pendant des années et qui te bouffe encore alors que t'es libre depuis des années. Enfin, t'es plus vraiment libre, maintenant, pas vrai, Arkadi ? T'es traître, t'as fui. C'est presque pire qu'être esclave. Si tu reviens, tu te fais tuer. C'est mieux que les chaînes, pour toi, mais d'une façon tarée, malsaine, idiote, t'as pas envie de crever non plus. T'as juste pas envie.

« Je vois. Malheureusement, il est pas vraiment du genre à lâcher prise. »

Tu préfères être franc. En effet, Ozvan est sur un terrain glissant. Toi-même t'as failli avoir des emmerdes parce que tu revenais trop de fois bredouille, ou avec un esclave soit-disant mort mais aucune preuve de ce que t'avançais ou encore parce que les renseignements que t'avais donné étaient dépassés. Parce que t'avais laissé un esclave s'échapper, parce que t'avais dérouté d'autres mercenaires. Quand t'as commencé à avoir une conscience, ou plutôt quand Milo a réussi à éveiller ta culpabilité ou peut-être juste ton humanité derrière le masque de salaud que tu t'es façonné pour tenir debout. Parce que c'était juste plus facile d'être mercenaire, juste plus facile d'être bourreau qu'être victime. Tu pouvais plus l'être. Tu pouvais plus.

Tu hoches la tête quand Ozvan te dit que les Calusas gardent un oeil et préviendront si jamais quelque chose de suspect se trame. Tu imagines que pour les tribus de l'Ouest, les mercenaires rahjaks sont l'équivalent des monstres des histoires d'horreur. Tu ne peux que les comprendre.

« Je sais que je traînais plus près des Pikunis, quand j'étais mercenaire. Beaucoup n'aiment pas s'enfoncer trop loin dans les terres humides. »

Ça ne fait que quelques semaines à peine que tu n'es plus mercenaire, mais ça te paraît déjà être une autre vie. Quelque part, tu avais déjà renoncé au mercenariat dans ton âme quand tu as rejoint la cause rebelle de Milo. Tu n'arrivais juste pas à t'en défaire totalement, par peur du bouleversement. Par peur d'être traqué, à ton tour. D'être à nouveau réduit au statut de bête.

T'en rirais presque, de ta situation actuelle, si t'en avais la force.

Tu secoues la tête à la suggestion d'Ozvan.

« On risque surtout d'attirer l'attention si on agit comme si on se méfiait. Mieux vaut rester sur ses gardes, se préparer au pire, mais pas forcément faire preuve d'une surveillance accrue. »

Tu es paranoïaque, oui, et c'est ce qui t'a permis de rester en vie. Mais tu sais aussi à quel point un homme étranger qui surveille ses pas peut attirer l'attention, et ce n'est pas ce que tu veux. Une ombre, un voile de fumée, c'est tout ce que tu veux être dans la mémoire de ceux qui croisent ta route. Un étranger aussitôt vu et aussitôt oublié.

De toute façon, tu sais que tu serais prêt à contre-attaquer ou à tuer à n'importe quel instant. Tu as passé quinze ans de ta vie à te battre pour ta survie, à anticiper le moindre geste qui pourrait signer ton arrêt de mort. Tu n'es jamais tranquille, ta méfiance n'est jamais endormie. Si quelqu'un doit te surprendre ? Tu ne te laisserais certainement pas attraper sagement.

Quand le repas est terminé et que les mots fatidiques sont tombés de tes lèvres, tu ne t'attends certainement pas à un ton presque taquin. Tu relèves la tête et ne caches pas ton air presque éberlué devant l'apparente insouciance d'Ozvan. C'est comme ça qu'il réagit au fait qu'il abrite un traître chez lui ? Ne craint-il pas pour sa vie ? Tu es prudent, quand tu lui réponds, ne pouvant t'empêcher de penser que quelque chose ne tourne pas rond :

« Je ne savais pas que tu donnais de fausses informations. »

Ça change pas mal de choses. En effet, vous êtes un peu dans le même panier. Tu te demandes s'il était un allié de Milo, lui aussi, et que le noble a préféré ne pas en parler, au cas où un maillon de la chaîne se révélerait plus faible qu'un autre.

Ton rire est amer quand tu entends que ce que tu as fait était courageux :

« Ce que j'ai fait est stupide, oui. Je me suis condamné à mort. » Tu ne te fais guère d'illusions sur ton sort. Tu étais un gladiateur populaire, oui, un favori des foules, mais c'était il y a cinq ans, tu as vieilli, tes réflexes sont peut-être moins bons et tu ne serais peut-être plus aussi apte au combat d'arène qu'auparavant, surtout face à des adversaires plus jeunes. Sans parler du fait qu'un mercenaire, traître ? Ce n'est pas quelque chose de pardonnable.

Un soupir t'échappe et tu te permets pour la première fois de flancher. De penser à l'avenir au-delà du jour suivant. Ta tête se baisse, tes phalanges passent dans tes cheveux, rendus sales par le voyage, la traque. L'hygiène corporelle est un luxe, quand on est sur la route constamment.

« Honnêtement ? J'en sais rien. » avoues-tu dans un souffle. Un logement, un abri pour penser à autre chose que la survie, la fuite et ceux qui pourraient te chercher pendant quelques instants, c'est tout ce à quoi tu as pu songer pendant une bonne partie de ta route. Un rire amer a envie de s'échapper de ta gorge quand Ozvan propose de passer un message à un de tes proches. Qui pourrais-tu prévenir ? Stelios est mort, et tu n'as jamais réussi à redevenir suffisamment humain pour tisser une relation durable avec qui que ce soit d'autre. T'es trop cassé, trop rouillé pour ça. Ton coeur éparpillé en mille morceaux.

Un instant, tu songes à Astrid, à Milo. Et puis tu les balaies tous deux de tes pensées. Aux yeux d'Astrid, tu seras un traître à chasser. Milo ? Tu n'as plus de nouvelles de lui depuis des mois. Il y aurait bien les autres mais...est-ce qu'ils t'écouteraient ? Tu n'en sais franchement rien. Et tu n'oses pas révéler à Ozvan leurs noms. Le mouvement est trop fragile et une seule personne pourrait tout briser.

« Il y a...peut-être... » Tu te mords les lèvres, hésites. Avant de te dire que merde, autant plonger tant que tu y es. « Tu connais Milo Borja ? »

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Sujet: Re: Hangman is comin' down from the gallows and I don't have very long △ Ozvan
Lun 11 Sep - 1:53


Kyran & Ozvan @The revolution

Soudain aussi immobile qu'une statue de pierre, le corps d'Ozvan semble figé dans le temps, après avoir cité le prénom maudit de Radoslav. Seul un petit courant d'air rebelle agite sa chevelure ébouriffée, Témoignant de sa nature humaine. L'ombre de leur ennemi commun, car le Vagabond peut s'imaginer que Kyran ne le porte pas dans son cœur, prend sa place invisible à la table. Ou plutôt son spectre, car aucun n'a encore entendu la nouvelle mais ce dernier à rendu l'âme rejoignant certainement son enfer personnel sous terre. L'éclaireur serait fou s'il prétendait ne rien craindre du chef de la garde, et s'il se trouve dans cette situation il ne l'a assurément pas souhaité. Pester sur place, Renvoyer sa rancune aux mercenaire qui n'ont pas jugés bon après des années de compagnonnage de lui parler en face ne changera rien aux faits. Il à été compromis, il s'est montré imprudent, il va devoir se salir les mains pour récupérer sa place en bonne et du forme, tout en effaçant les soupçons. Et ça ne le réjouit pas l'homme du désert. Il sera obligé d'aller contre ses convictions parce que mourir en héros ne servira pas à grand-chose, et en condamnera d'autres. Le Rahjak se retrouve sur le fil du rasoir à deux pas de rejoindre la situation de son visiteur, dans son cas il peut encore arranger les choses « Malheureusement oui, nous ne sommes pas gâtés avec cet acharné ... » Pourtant Ozvan aime à croire, sans s'en vanter qu'il reste assez malin pour récupérer son équilibre et continuer son combat dans l'ombre.

« Oui j'ai remarqué ça très vite .... C'est une chance pour nous » Le quarantenaire ne précise pas s'il parle de lui, de sa nièce ... Ou encore du mercenaire renégat qu'il vient d'inviter dans sa maison. Enfin celle de du père de sa nièce. Il faut avouer aussi que même si le peuple du désert ne craint pas l'effort, une fois les montagnes gravis, les plaines dépassées, les kilomètres se font lourds dans les jambes. Tout est à refaire dans le sens inverse, et la plupart des fugitifs évitent les bords de mer. La forêt en elle-même demeurera toujours une meilleure cachette. Ozvan hoche la tête à la suggestion de Kyran, certainement voilà une manière plein plus sage d'agir. Les Calusas pourraient s'inquiéter, et s'ils tolèrent la présence de L'Eclaireur c'est tout simplement parce qu'il ne fait pas de vague et que sans lui, Freya resterait constamment sans surveillance. Même si elle se débrouille, que quelque voisins ont acceptés de venir lui rendre visite quand son oncle s'absente, personne ne désire se retrouver avec un tel fardeau sur les bras. « Je suis de ton avis, les habitants aussi pourraient le prendre mal, autant restés discrets... Je sais qu'on sera prévenu si quoi que ce soit devenait trop inquiétant » Du moins on peut le souhaiter puisque personne n'a couru comme un dément pour alerter Ozvan de l'arrivée d'un nouveau venu qui se dirigeait vers sa maison. Faut dire que si on crie au loup chaque fois qu'un inconnu montre le bout de son nez on ne dormira plus.

Ozvan comprend parfaitement cette méfiance, ou paranoïa, elle l'envahit régulièrement depuis qu'il s'amuse à jouer un double-jeu. Et malgré tout il se pensait intouchable, se voyant continuer les mêmes stratagèmes jusqu'à sa mort. Inopportunément, parfois des petits malins se dissimulent  derrière des sourires de complaisance afin de vous enfoncer un couteau dans le dos à la première occasion venue. Désormais chaque silhouette sortant de l'ordinaire prend le visage de l'ennemi, nul part, à part ici, il ne lui est donné de se détendre. Et selon toute vraisemblance ça va encore se compliquer. Pourtant une expression amusée se dégage sous la longue chevelure, à la fin du repas, face à la surprise de son invité. Oz, s'appuie tranquillement sur le dossier de la chaise, croisant les bras sur sa poitrine comme s'il cherchait une protection. Vieille habitude de routard qui se découvre tout en se préservant « C'est compliqué d'annoncer ça sans se mettre hors-la-loi aussi sympathique que sont certaines personnes, on ne peut prédire leur réaction et avouer à un mercenaire qu'on lui fournit des renseignements faussés. C'est un peu signer son arrêt de mort ! » Alors le vagabond à choisit de n'octroyer sa confiance à personne, persuadé que pour qu'un secret le reste, jamais il ne doit se glisser dans l'oreille d'un autre « Et rendre complice un citoyen c'est aussi le mettre en danger ... Mais oui je le pratique depuis des années, malheureusement ... j'ai dû devenir beaucoup moins subtile ... »

Stupide ? Courageux ? Selon le vagabond ça peut se discuter longtemps, mais aucune parole ne possède le pouvoir de remodeler le passé « Les règles.. Les lois en place sont ce qui t'a condamné à mort... C'est ce qui est à refaire, et il faut des hommes assez fous.. Ou stupides ... Ou courageux, appelle ça comme tu veux pour les défier et faire ne sorte que ça change... Evidemment ça ne se modifie pas en un jour, et on peut tous mourir avant de voir le moindre changement  » Ce qui se révélerait très dommage, puisque que malgré tout, Ozvan affectionnerait de revenir dans une cité de feu un peu moins meurtrière. Ou il s'attarderait volontiers sans toujours repartir comme un voleur. Mais se contenter de rêver ne fera jamais évoluer les choses. Tout ce qui l'inquiète désormais le Vagabond c'est la quiétude de Freya. Sa vie il pourrait très bien la mettre en jeu si nécessaire « Mais je comprends que les conséquences de tes actions ne t'enchante pas, et que tu puisses en grande partie les regretter. Fuir, se cacher n'a jamais été une condition rêvée » Tout en parlant il voit l'homme commencer à s'effondrer, certainement qu'il a prit sur sa force morale pour garder sa dignité, sa fierté alors qu'il cavalait pour finir ici. L'éclaireur se détend doucement, pose ses coudes sur la table, émet un long soupir ... « Je te prépare une chambre si tu veux te reposer, tu en as certainement besoin pour pouvoir réfléchir dans de bonnes conditions ... Et si tu as besoin de te rafraîchir il y à une douche dans le jardin, un système un peu grossier et il ne faut pas trop consommer d'eau mais ... Quand tu veux »

A tête reposée Kyran pourra sans doute souligner ce qu'il désire. Après Ozvan ne se prétend pas magicien, la possibilité de lui fournir quelques armes, des habits de rechange qui attireront moins les regards, de la nourriture ... tout cela en dehors du gite qu'il lui offre déjà. Ensuite il lui indiquera des caches, ainsi que des lieux ou il aura l'occasion de se reposer sans crainte. Mais son oreille capte le son de la voix un peu hésitante de son invité « Milo Borja ? ... Ce nom ne m'est pas inconnu, je vois de qui tu parles mais nous ne nous sommes pas vraiment fréquentés ... Oui que puis-je faire à son sujet ? » Ozvan n'a jamais eu connaissance des révolutionnaire, sinon cela l'eut réjoui de découvrir leur existence ! Sans qu'il les rejoigne, il se fut affirmer solidaire de leur mouvement. Bien qu'une angoisse l'eut constamment habitée, trop de personnes se regroupant autour d'une même idée finit par créer des dissensions pour inévitablement donné naissance à un traître, qui finira par tout détruire. Voilà pourquoi jusqu'à présent il n'a jamais cherché à s'épauler sur qui que ce soit. Cependant à cet instant un doute parcoure son échine « Tu en connais d'autres dans la cité qui t'épau... Nous épaulerait ? »
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Sujet: Re: Hangman is comin' down from the gallows and I don't have very long △ Ozvan
Sam 30 Sep - 1:49

Tu ne fais qu'hocher la tête et grimacer légèrement quand Ozvan déclare que Radoslav est un acharné ; tu ne peux qu'approuver qu'il a un caractère très déterminé. Enfin, toi, tu n'as techniquement pas de problème direct avec lui. Ta relation avec le chef de la garde se résume au fait qu'il t'a entraîné et t'a dispensé des coups de fouet quand tu désobéissais. Même les rares fois où tu le croisais dans la cité rahjak, tu préférais l'ignorer. Pour ne pas ressasser un passé qui est autant synonyme de douleur que de stigmate. Oui, tu étais gladiateur, et ton temps passé dans les arènes t'a marqué à vie, a forgé ce que tu es aujourd'hui, mais quand t'as été affranchi, t'as voulu mettre tout ça derrière toi. Et si t'as corrompu ton âme à être plus salaud, plus cruel, plus immonde que tu ne l'es en réalité ? Et bien tu dois vivre avec.

Ozvan, lui, c'est autre chose. Il n'a pas encore chuté comme toi. Il est dans une position difficile, oui, mais il a encore un statut, encore un respect attaché à son nom. Tu t'en veux de risquer de l'entraîner là-dedans. De le compromettre pour t'aider à survivre.

Chez les Rahjaks, c'est chacun pour soi, quitte à écraser l'autre pou s'en tirer. On peut dire tout ce que tu veux sur toi, mais c'est le feu du Dieu Soleil qui coule dans tes veines et lui seul. T'as tout autant la souillure du sang que les chacals qui te poursuivent.

Un léger sourire triste étire tes lèvres quand t'entends que vous serez prévenus si quelque chose devenait trop inquiétant. Ah, la solidarité des Calusas. C'est bien une chose dont ton peuple manque. On vous a appris à être arrogants, appris que les Rahjaks sont supérieurs aux autres peuples en tout. Mais chez vous, c'est l'individualisme qui prime, et un voisin peut vendre son meilleur ami pour un peu d'or. C'est probablement ce qui est arrivé à ta famille. Combien valaient leurs têtes, te demandes-tu. Eux aussi étaient traîtres, comploteurs contre la famille royale, du moins, aux dires de leurs dénonciateurs. T'es leur digne fils, à marcher sur leurs traces ensanglantées, à couvrir un peu plus d'opprobre votre nom. Peut-être que toi aussi tu seras exécuté en place publique, à genoux dans le sable, tête détachée de ton corps. Mais il n'y aura personne pour te pleurer. Et, tu l'espères, personne que ta chute affectera. Personne condamné aux chaînes pour les crimes que tu as commis.

Tu notes la posture légèrement protectrice que prend Ozvan, une façon d'éviter les coups, les critiques, tu imagines. Ton sourire prend une teinte amusée.

« C'est sûr, tous les mercenaires que je connais t'auraient vendu sans état d'âme si tu leur avais avoué la vérité. Peut-être même moi, avant. » ajoutes-tu, en haussant les épaules. Tu n'as pas de mal à reconnaître que ta morale n'a pas toujours été impeccable. Tu essaies de faire au mieux, désormais, mais tu as commis des atrocités, condamné des gens à des horreurs et une part de toi a aimé ça, tu ne peux pas le nier. T'es un salaud, mais t'essaies de combattre cette partie de toi. Cette partie tellement rahjak, qui ne pense qu'à sa survie. Bête sauvage que t'es devenu pour vivre un autre jour, qui a pris goût à la mort, au sang et à la souffrance d'autrui. Certains jours, c'est comme un trou béant en toi, des rêves rouges de mâchoires et des griffes qui rêvent de se refermer sur quelqu'un d'autre, de les taillader, de les déchiqueter. De goûter à la rouille et au sel, de voir la dernière lueur de vie s'éteindre. Et le rire fou qui s'échappe de ta gorge, parce que la bête est satisfaite de sa chasse menée à bien, de sa victoire. Ces jours-là, tu te réveilles en tremblant, la gorge en feu et le coeur au bord des lèvres.

Que le Dieu Soleil soit béni pour l'invention de l'alcool. Ça te permet d'oublier et faire passer le goût acide que te laisse ces rêves sanglants trop près de la réalité à ton goût.

« Peut-être, ou tu n'as juste pas eu de chance. À force de donner des informations comme quoi t'as paumé une victime, l'a déjà tuée sans apporter de preuve ou à force d'avoir des infos contradictoires avec les autres éclaireurs ou mercenaires...y'a forcément quelqu'un qui se méfie. Y'avait probablement déjà des doutes sur moi, avant que je fasse cette connerie, y'en avait déjà avant rien que parce que j'ai été esclave. » Un rire auto-dérisoire, cassé, amer. « Tous des vautours à l'affût du moindre cadavre qui peut leur apporter de l'or, dans cette cité. »

Tu ne prends pas la peine de mâcher tes mots. T'es déjà traître, Ozvan en serait probablement un aux yeux de la loi du désert s'il venait à se faire découvrir. Pas la peine de chercher à enjoliver le portrait. Si on vous dépeint comme des monstres dans les contes des autres tribus, c'est à raison.

Tu t'arrêtes un instant sur les propos d'Ozvan. Tu prends une gorgée de vin pour t'éviter de parler. Sa vision des choses fait écho au discours de Milo. Ce si beau discours en lequel t'as cru, qui t'a fait penser que peut-être que tout n'était pas perdu pour toi. Que peut-être tu pouvais encore faire quelque chose de bien. Tu te passes la main sur le bas de ton visage, sens la fatigue sur le pli de ta bouche, la barbe qui te pousse. Négligé. Il y a longtemps, avant ce fatidique jour en place publique, t'as pu te soucier de ton apparence. Aujourd'hui, corps à moitié brisé, marqué par toutes les épreuves vécues, tu détestes juste te voir en face. Ça te rappelle trop ce que tu es. Tout ce que tu as perdu.

« J'ai un ami avec qui tu t'entendrais bien. » fais-tu, avec un sourire un peu tordu. « Changer le système, éradiquer l'esclavage...je ne sais plus si c'est un rêve ou un but. » Un soupir t'échappe : « Je suis tellement fatigué. »

Et tu ne sais pas où aller. Tu ne sais pas quoi faire. Qui croire. Qui voir. Tu as toujours eu un cadre pour t'entourer, te soutenir. Ta famille. L'arène et les autres gladiateurs. Stelios. Le mercenariat, d'une façon aussi tordue que ce soit. Et dorénavant ? Tu n'as rien à quoi te rattacher, aucun modèle qui puisse t'aider. Tu as tant rêvé de la fuite, quand tu étais encore jeune, et tu as passé tant de temps de l'autre côté du fouet, à chasser l'esclave, et pourtant, tu ne sais pas quoi faire. Tu es perdu, et ça t'effraie.

Tu enregistres à moitié ce que te dit Ozvan par la suite, tu retiens que tu peux te reposer, te laver. Et après des jours et des jours de fuite, la proposition te semble venue tout droit du Paradis.

« Merci, c'est gentil. »

Quand le sujet de Milo est soulevé, tu t'attardes quelques secondes. Peux-tu vraiment révéler la vérité ? Ozvan semble être de ton côté, tu es porté à lui faire confiance. Mais ça ne concerne que ta peau à toi. Serais-tu capable de jouer la vie d'autres ? De lui confier la vie d'autres ? Tu sais déjà la réponse, au fond. Parce que c'est con, mais t'as toujours voulu protéger les autres, à tes dépens. C'est ce qui t'a tant de fois foutu dans la merde. C'est ce qui t'a conduit à être ici, aujourd'hui.

Tu préfères laisser Milo en-dehors de tout ça. Et puis, penses-tu amèrement, tu ne sais même pas s'il est toujours vivant.

« Rien, oublie, ce n'est pas important. »

À sa seconde interrogation, toutefois, tu te fais plus franc. Tu n'as pas besoin de révéler de noms. Tu ne mets techniquement personne en danger.

« Il y a un mouvement dans la cité, qui veut changer le système en place. Je ne connais pas tous les membres mais...oui, il y en a qui pourraient nous épauler. »

Tu n'as pas manqué le passage de tu à nous. Et stupidement, ça te remplit d'espoir.

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Sujet: Re: Hangman is comin' down from the gallows and I don't have very long △ Ozvan
Dim 22 Oct - 18:10


Kyran & Ozvan @The revolution


Son enfance a été marquée par la trahison de ses parents. De sa mère surtout qui a tenté d'assassiner un membre de la famille royale. Exécutée dans l'heure qui à suivit. Son père banni, envoyé vers une mort certaine ... Si lui Ozvan en a réchappé ce fut de par sa jeunesse, trop petit pour comprendre ce qui se tramait autour de lui. Les biens de ses parents redistribués, il se serait retrouvé à la rue si son oncle, sous prétexte de posséder une paire de mains pour l'aider dans le futur ne l'eut pas recueilli. Surveillé par ce dernier, il calquait sa conduite sous ses conseils, comme un prisonnier dans une cage dorée. Alors le vagabond il a pris l'habitude de chalouper entre les gouttes, discrètement sans attirer l'attention sauf quand lui le désirait. Cette dépossession de son héritage l'a mené vers cette sale habitude de récolter tous les objets qui traînaient sur son passage. Petit il y décelait une histoire qu'il inventait dans son esprit beaucoup trop imaginatif. Il se reconstruisait un passé inexistant et volé. Seul héritier direct du frère de son père il reçut à la mort de celui-ci sa grande demeure, ainsi qu'une petite fortune amassée tout au long des générations. Le voyageur eut alors pu se contenter de se laisser de vivre et de rejoindre le cercle des maîtres de la cité de feu mais il préféra continuer sa vie de nomade sachant qu'il ne trouverait jamais l'apaisement dans une telle sédentarité. S'il se retrouvait en ce moment sur la corde il y avait au moins participé de moitié.

Alors comment se retrouve-t-il ici ? A protéger une nièce que l'ancien monde moderne qualifierait d'autiste, lui qui ne possédait ni frère, ni sœur ... Enfant unique. Il semblerait que son géniteur ait miraculeusement survécu à sa traversée du désert reconstituant une nouvelle famille. Offrant ainsi une demi-frangine inattendue au Rahjak. Et cette chance il refusa de la laisser passer en l'ignorant. Bien que ce fut bref il connut le bonheur de partager un lien de sang qui apaisa, un temps, les manques de son enfance. Oh il ne se prétendrait pas blanc comme neige l'homme du désert. Il a tué bien des fois, Torturé aussi, ramené quelques récalcitrants aux mines ou à leurs possesseurs. Quand il se moulait au peuple qui l'engendra pour échapper aux éventuels regards qui surveillaient l'enfant, l'adolescent puis l'homme afin de s'assurer qu’il ne chérissait pas les mêmes penchants que ses parents.

Puis la vie passe, les anciens décèdent, l'attention se portait ailleurs vers de nouvelles menaces ... Et Ozvan commença à se détacher de la foule, acheter des esclaves pour les libérer en prétendant les avoir tués par la suite parce qu'ils finissaient tous pas l'agacer. Pas trop souvent non plus pour ne pas aiguiser l'intérêt d'un curieux un peu trop fouineur. Malheureusement un angle mort se cachait toujours quelque part et Radoslav l'observa de ce point-là. Sans doute parce qu'à un moment de sa vie il se montra moins rigoureux dans ses dissimulations. Chacun son parcours du combattant ...


« Tu n'aurais fait que ton devoir ...  » Lâcha l'éclaireur tout en se balançant sur la chaise, un peu comme s'il désirait montrer qu'il s’en fichait. Alors que tous les deux devinaient que non. Il fallait tomber au fond de la trappe pour que le regard change de perspective sur une situation donnée. Ozvan ne le niait pas. Néanmoins ça restait extrêmement désagréable de sentir qu'à un petit détail prêt la personne vous faisant face vous vendrait sans aucun remord. Le Vagabond se pencha alors, appuyant ses coudes sur la table « Et si par miracle tu revenais dans les bonnes grâces de la cité, ce qui ma foi demanderait d'effacer leurs souvenirs ou de réduire à l'état de bouilli leur cerveau, passerais-tu sous silence ce que tu sais désormais de moi ? ... Parce que oui, c'est une des multiples raisons pour lesquelles je ne m'étends pas sur les idées qui grouillent dans ma tête  » Entendons-nous bien, Ozvan n'accusait Kyran en aucun cas, il éclairait les pièges prêts à se refermer quand on estimait se trouver relativement tranquille pour finir par s'ouvrir à un autre. Ici il ne s'agissait plus de jeter les dés puisque le fuyard se retrouvait en plein milieu des secrets du voyageur. Ozvan essayait d'appuyer, sur la nécessité désormais d'en dire le moins, même à ceux qu'ils côtoyaient. Car il suffisait d'un revirement pour que le château de cartes s'écroula. Sachant à quel point ce pourrait être gratifiant pour un traître de s'infiltrer pour tous les vendre contre une fortune « C'est très compliqué pour nous de s'appuyer à cent pour cent sur qui que ce soit ... Chez nous »

Mais il se peut aussi que prit dans ses habitudes, Ozvan arrêta de chercher, se contentant de ses seules actions. L’homme n'a pas cette habitude d'exposer ses convictions, il les exprimait donc assez maladroitement tout en hochant la tête aux dernières paroles de son invité
« Beaucoup de malchance oui ... Surtout » Lâcha t-il en se resservant un verre. « Mais peut-être qu'on pourrait en tirer les conséquences et apprendre à ne plus provoquer cette malchance ... Pour d'autres » Il releva vivement le regard quand son interlocuteur évoqua un ami. Denrée très rare en ces années vicieuses ou on devait même se méfier de soi-même. Le vagabond hésitait à désigner une telle personne dans les connaissances qui clairsemaient sa vie. La plupart ceux qui se rapprochaient de lui disparaissaient. Avant il eut cité Eon sans l'ombre d'un doute, mais depuis leur dispute et son départ il ne distinguait aucun prénom vraiment digne de le remplacer. Gen peut-être ... « Oh tu m'intrigues là ... Cet ami est-il un Rahjak ? Dans les mêmes dispositions que toi ? ... C'est vrai qui si on regroupait tous les fuyards ça pourrait faire une joli petit groupe  » Et ceux-là, soudés par la même idée de vengeance ne les trahiraient "probablement" pas. Tristement, ils déambulaient souvent dans de très mauvais états « Çà devrait toujours être un but  » Souligna Ozvan avec conviction « Parce qu'un rêve ça reste de l'ordre du mirage et tout ça ... faudrait que ça se concrétise  » Mais comment, tel demeurait le problème pour l'éclaireur depuis deux décennies.

D'un geste furtif l'homme du désert écarta le merci pour signifier que ce qu'il offrait à Kyran coulait de source. Dès que celui-ci le réclamera il le mènera dans la chambre libre restante. Il s'y reposera alors autant que le besoin s'en fera sentir. Pour le moment le prénom de Milo Surnageait dans la conversation. L'ex-Mercenaire y portait beaucoup d'intérêt, bien qu'il demanda à Ozvan de ne pas tenir compte de ses derniers mots. Le voyageur, tenté d'insister, reteint un *Dis toujours* car il détestait pousser les gens aux confidences quand ceux-ci prenaient soudainement une certaine distance. Mais finalement l'invité émietta quelques phrases anodines mais lourdes de signification « Oh j'ignorais tout ce mouvement  » Ou peut-être qu'il le présentait sans pouvoir identifier complètement cette prémonition, oblitérant ainsi tout espoir malvenu « Enfin j'avais peut-être entendu des rumeurs mais je croyais que ça s'arrêtait là ... Des mots dans le vent » Ça se produisait tellement souvent, ses oreilles captaient des complaintes belliqueuses, mais quand Ozvan fouillait plus profondément les querelleurs se refroidissaient aussitôt, disparaissant dans l'anonymat « Et ce Milo en fait partie ?  » Un soupçon de curiosité l'envahit afin de bien placer les forces en présence. Kyran l'inviterait-il silencieusement à se joindre à lui pour ... Quoi exactement ? « Ce que tu veux dire c'est que tant je suis libre d'aller et venir dans notre je pourrais aller les trouver et leur faire passer des messages ou vice versa ?   » Soyons clairs. Mais pourquoi pas ... Oui.
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05/10/2015 Electric Soul 5920 Jensen Ackles Electric Soul & tumblr Traître en cavale & rebelle anti-esclavagiste anti-royaliste (ex-mercenaire, ex-gladiateur) | Combat & maniement des armes 203
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Sujet: Re: Hangman is comin' down from the gallows and I don't have very long △ Ozvan
Ven 10 Nov - 17:49

Au fond, t'es égoïste.

Y'a des tas de choses que tu sais pas. Que t'as probablement même pas envie de savoir. T'as perdu une part de ton humanité avec les chaînes, avec les corps que tu devais battre, défigurer, tuer. T'arrives plus vraiment à te soucier des gens comme il faut. Y'a bien que les reliques de ton passé qui arrivent à garder ton attention, qui arrivent à éveiller encore des sentiments en toi, culpabilité, regret, responsabilité, tu ne sais pas trop. Ils sont pas beaucoup, aujourd'hui. Astrid. Eirik. Noah. Tu peux compter les gens auxquels tu tiens vraiment sur les doigts d'une main. C'est pathétique, pas vrai ? Tu te dis que tu devrais t'en soucier. Que tu devrais te poser des questions sur ce manque flagrant d'empathie que t'as. C'est grâce à ça que t'as pu chasser des esclaves sans te rendre malade à mourir. Comme ça que t'as réussi à tuer par dizaine et pouvoir en dormir la nuit. Comme ça que t'as survécu, au fond, parce que tu t'es construit une carapace, t'as enfoui tout ce qui pouvait te rendre faible, te faire hésiter, mais avec le temps, la coquille est devenue ton être et y'a plus que le vide à l'intérieur de toi.

Tu devrais te soucier d'Ozvan. Plus que tu ne le fais maintenant. Tu devrais savoir son passé, ce qu'il a traversé. Mais tu le sais pas. Tu connais l'homme assez superficiellement, au fond. Vous avez été éclaireurs un temps, tu sais qu'il partage tes idées pas forcément conventionnelles sur l'esclavage. C'est lui qui a ramené le cadavre à peine reconnaissable de Stelios chez vous. Mais l'homme lui-même ? Tu le connais à peine, en vérité. Et avant d'arriver ici, avant que tes derniers restes d'espoir, que la fatigue de la fuite ne te poussent ici, tu n'étais pas sûr à cent pour cent que tu pouvais lui faire confiance. Par le Feu, pour être honnête, tu n'es toujours pas certain d'avoir totalement confiance en lui. Mais en qui arrives-tu à croire désormais ? Tu n'arrives même pas à croire en toi.

Ozvan est trop bon, tu penses. T'espères que ça le perdra pas. Parce que ce monde, ce monde affreux, bouffe toute part de bonté qui reste sur cette putain de terre.

Ta bouche se tord en une grimace en entendant que tu n'aurais fait que ton devoir, si t'avais vendu Ozvan. Et ouais, c'est pas faux. Tu la reconnais sans peine, mais t'aimes pas pour autant cette réalité. T'aimes pas te rappeler à quel point, toi aussi, t'es pourri jusqu'à la moelle. Comme tout le reste.

T'observes Ozvan avec circonspection quand il se penche vers toi, te questionne. Et c'est pas rien, cette question, nan, elle est lourde de sens, de conséquences. Tu ferais quoi, maintenant, Arkadi ? Tu ferais quoi ? Si tu pouvais retrouver la liberté ? Si tu pouvais retrouver tout ce dont t'as été privé, tout ce qui t'a été arraché, tu ferais quoi ? Est-ce que tu serais toujours ce salaud, aveugle volontaire ? Ou ce pauvre crétin, qui essaie maladroitement de réparer ses torts, en se condamnant à mort, comme si une seule vie pouvait en racheter des centaines ? Tu ferais quoi ?

Ta langue semble lourde dans ta bouche, quand tu réponds enfin, après de longues secondes à avoir imaginé ce monde où tu pourrais retrouver une vie normale. Ce monde illusoire mais que tu ne peux nier qu'une part de toi désire. Tout effacer, tout recommencer. Une nouvelle page.

Que des mensonges. Du vent. Les cicatrices demeurent. Le mal demeure. Tu ne peux rien effacer. Le passé, aussi douloureux qu'il est, t'a forgé. A fait de toi ce que tu es aujourd'hui. Tout brisé que t'es.

« Honnêtement ? Je crois que je préférerais crever que retourner à tous ces mensonges. » Les mots s'alignent, lentement, prudemment. Tu relèves le regard vers Ozvan, plantes tes yeux dans les siens. « Non, je ne te trahirais pas, même si Arkhip lui-même m'offrait le pardon. »

T'es un traître aux yeux des Rahjaks. T'as menti, trompé, prétendu être quelqu'un d'autre trop longtemps. Tu veux pas revenir à ces masques. Même si le mensonge paraît plus doux, plus aisé, tu sais qu'il t'étouffera. Tu ne peux plus. Tu ne peux plus.

Tu remarques bien sûr que Ozvan s'intéresse à l'ami que tu mentionnes – Milo – et tu regrettes un peu en avoir parlé. Peux-tu retourner en arrière, maintenant ? Tu en as probablement déjà trop dit. Oui, tu serais prêt à faire confiance à Ozvan, à peut-être lui confier ta vie. Mais celles d'autres ? Avec un souffle, tu finis par te jeter à l'eau :

« C'est un Rahjak, oui, mais pas du tout un fuyard. À vrai dire, il est plutôt bien placé dans la société, mais ça fait un long moment que je n'ai plus de nouvelles. Peut-être qu'il est mort, pour ses idées. » Ta bouche se tord, et tu prends une gorgée du breuvage offert par Ozvan. Autant y aller franchement. « Tu te rappelles, la maladie qui a frappé la cité, cet hiver ? Et comment certains nobles et même le roi auraient été empoisonnés ? » Un court silence. « C'était nous. J'aurais dû acheminer le poison, mais j'ai attrapé cette maudite fièvre, comme un con. Je n'ai plus vu Milo depuis. C'est lui qui m'a fait rentrer dans ce mouvement. »

Tu dois probablement te faire une raison, Milo est très certainement mort. Capturé, emprisonné, torturé ? Tu ne sais pas. Tu ne connais pas tous les membres du mouvement et ceux à qui tu as parlé semblent aussi perdus que toi. Sans rien pour vous tenir, le mouvement s'effiloche.

« Ouais, en rassemblant les fuyards, j'imagine que ça peut faire une force. Y'a eu tellement de victimes de l'esclavage. » fais-tu, presque distraitement, avant que ton regard ne s'aiguise en entendant Ozvan proposer de transmettre des messages. Il pourrait, oui, mais que pourrais-tu dire ? Que tu es désormais un fuyard, que ta position de mercenaire qui était si bénéficiaire au mouvement est dorénavant totalement compromise ? La fatigue te pèse, derrière tes paupières, et tu te prends la tête entre les mains, comme pour apaiser ce mal qui te gagne. Penser à l'organisation d'un tel groupe, aux conséquences, à tout ce que ça implique...ça te fait peur. Est-ce que t'es capable de tout ça ? Agir à ton échelle et suivre des ordres est une chose, mais prendre la tête ? Mener ? « Je sais pas si j'ai le courage de tout ça. Je suis fatigué, Oz. » répètes-tu, dans un soupir.

Tu te sens vieux. Vieux dans ta chair, vieux dans tes os, vieux dans ton âme. Y'a eu trop de choses. Trop de marques. Trop d'épreuves. T'as plus le feu que t'avais quand t'étais jeune. T'as plus que des braises, et de la fatigue et de la colère.

Spoiler:
 

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Sujet: Re: Hangman is comin' down from the gallows and I don't have very long △ Ozvan
Aujourd'hui à 19:28


Kyran & Ozvan @The revolution


A déambuler par monts et par vaux, l'homme du désert s'est transformé en simple bourlingueur. Pour lui il n'a plus d'appartenance, Ozvan il trouvait cette vision du monde légèrement ridicule. Parce que tous les humains viennent puis s'en vont de la même façon. Aucun ne s'éternise sur cette terre. En Réalité personne ne devrait prétendre valoir mieux qu'un autre. Et lui il a préféré trancher ses amarres plutôt que de s'attacher à un endroit ou quelqu'un. Avant la découverte de sa demi-sœur ainsi que de la fille de cette dernière, Freÿa. Au fond de son cœur il se moquait qu'on put tenir compte de lui. Il n'attend pas grand-chose de qui que ce soit. Ozvan désormais il crapahutait, échangeait, tendait la main parfois, puis repartait faire acte de présence chez les Rahjaks. Quelques jours, il arpentait la cité de feu, il buvait à en crouler sous la table de l'auberge d'Orion, puis disparaissait de nouveau aux yeux des autres. Et aucun ne s’en souciait, ce qu'il estimait parfait pour conduire ses petits sauvetages discrets quand la vie le lui permettait. Hickock-Cannary il n'en attendait aucun merci, il agissait pour lui, pour sa tranquillité d'esprit.

Quelques temps, avant que les petites voix le rongent à nouveau. Ça aussi, ça frôlait légèrement l'égoïsme. Désormais il marchait sur des œufs avec Radoslav. Pas pour très longtemps, vu qu'il apprendrait sa mort très bientôt. Néanmoins en attendant il désirait se montrer prudent.


Mais peut-être oui, qu'il se ballade une petite part trop bonne dans son âme. Celle qui le fait réfléchir sur la conditions des esclaves, prisonniers, domestiques et tout ce qui souffre ... Oui parfois il s'aventurait sur des terres légèrement dangereuses au risque de se faire montrer du doigt. Ce petit fond qui l'oblige à donner toute son attention au nouveau venu. Kyran. Pas un ami à priori. Ozvan ne le jugeait pas non plus comme un ennemi, rien ne lui indiquait qu'il put être un espion à la solde de son nouvel obstacle, le chef de la garde. Evidemment, le risque de se tromper existait, mais il l'empruntait sans courber la tête. Parce que si quelque Rahjak eut pu avoir vent de ce lieu, où il s'établissait comme chez lui, ils se précipiteraient sur lui comme des cafards pour le dévorer. Aucune délicatesse ne suait de leurs actions en général. Que de la brutalité, et pourquoi perdre un temps précieux dans un piège aussi absurde. Ça l'inclinait donc à recueillir le fugitif dans une atmosphère presque Bonne enfant. Pour eux. Parce que pour tout autre spectateur cela eut paru particulièrement grinçant. Mais eux ne se manifestaient pas en mille salamalecs quand ils se retrouvaient. Voilà pourquoi Ozvan lui déclara sans aucun détour « Et bien n'y retourne pas » Non pas qu'il souhaita sa mort, loin de là. Mais il existait tout un tas d'options entre ces deux extrêmes. Et ça commençait toujours par une décision irréversible !

A l'évocation d'une éventuelle trahison, le terrien hocha la tête. Le vagabond ne remettait pas en doute les dire de Kyran. Non. Mais il n'ignorait pas non plus qu'on ne préjugeait jamais assez de sa force morale ou physique quand un être important se retrouvait menacé. Certaines déloyautés naissaient dans des conditions particulièrement ardues, dont seul celui qui s'y confrontait réussissait à en capter les détours aléatoires pour d'autres. Ozvan se frottait parfois à ces pentes si raides que les remonter relevait du miracle. Ni lui, ni son invité n'exerçaient le don de médium. Impossible donc de prédire à quoi ressemblerait le jour suivant. Cependant là tout de suite il entendait la sincérité dans la voix de l'homme. Et l'éclaireur ne demandait rien de plus « Je laisserais traîner mes oreilles la prochaine fois que je me rendrais à la cité, si j'entends une confirmation sur cette mort je te le ferais savoir » Non, il n'interrogerait pas, ça attirerait trop l'attention. Depuis des années l'homme du désert évitait les méthodes trop voyantes. Il suffisait très souvent d'attendre, les langues sous un effet alcoolisé se déliaient très vite, et dieu sait que tous, esclaves ou maîtres adoraient boire « En effet j'ai entendu parler de cet incident mais je n'étais pas présent » Comme très - trop ? - souvent quand il se manigançait des coups en douce, ce qui l'alertait sur l'existence de rebelles sans avoir une seule idée jusqu'à présent de qui ils étaient.

Ozvan ne jugeait pas l'action, Chacun se débrouillait avec ses propres armes. Désirait-il se faire englober dans un plus grand tout, ou continuer discrètement de son côté. Il s'informait curieux, mais la fatigue qui envahissait le visage, tout le corps de Kyran anéantissait ce dernier. Il répondait mais on devinait qu'il luttait pour ne pas abaisser ses paupières. Le fuyard le confessa lui-même, aussitôt Ozvan se leva « Laisse tout ça, je te mène à notre chambre d'amis tu pourras y dormir aussi longtemps que tu en auras besoin  » L'éclaireur invita l'autre à le suivre, parcourant un couloir il ouvrit il le mena à une chambre bien entretenue, embaumée par un parfum dont seul sa nièce possédait le secret. Sans une seule parole de plus, il referma la porte derrière l'homme et ses mystères. Demain ...

THE END
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Hangman is comin' down from the gallows and I don't have very long △ Ozvan

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