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˜˜˜˜˜˜Et nous irons par-delà les sensations.
maybe life should be about more than just surviving


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29/01/2017 Lynelf 144 Xavier Dolan Ava by Lux Aeterna / Sign' by okinell. (Bazz') Menuisier § Artisan et artiste 11


Sujet: Et nous irons par-delà les sensations.
Mer 8 Fév - 18:05

Et nous irons par-delà les sensations.
Isha & Heïnrik

Il était arrivé heureux comme jamais. Prêt à tout affronter. Le vent, la chaleur, l’humidité, les regards, les hostilités, les naissantes amitiés et plus si affinités. Aujourd’hui, cela dit, il se rendait compte que ce voyage serait peut-être bien celui de toute une vie. Il avait à peine eu le temps de mettre le pied à terre, de regarder en l’air, de dire au revoir à la mer, que déjà il était passé par des milliers d’émotions. Des belles comme des moins belles. Oh, il les adorait toutes, sans exception, ces émotions. Elles le tenaient en haleine, vivant. Exultant. Les plus merveilleuses comme les plus atroces. Il n’aimait pas souffrir, il n’était pas masochiste. S’il n’aimait pas le combat, c’était pour une raison. Mais une fois que la souffrance était faite et qu’il ne pouvait rien y changer, qu’il comprenait qu’il souffrirait quoi qu’il en soit, quoi qu’il se dise, quoi qu’il en pense et quoi qu’il pense, alors il préférait en tirer les bons côtés plutôt que de ne voir que les mauvais. Ainsi, il avait mal. Il aurait préféré que ce ne soit pas le cas. Pour autant, il étudiait la douleur et l’apparence de sa blessure comme on étudie les étoiles, la transparence de la lumière ou simplement la nourriture qui nous est si chère. Il veut en connaître tous les secrets. S’il n’a pas le choix de souffrir, il prend le choix de positiver.

On ne lui fera pas dire que ce qu’il n’a pas dit : il est content d’avoir pu profiter des soins des soigneurs Pikuni. Au moins, il peut se déplacer en pensant plus à ce qui l’entoure qu’à ce qui se passe à l’intérieur de son corps. Il laisse cela aux soirées fraiches qu’il doit combler. Ses journées, il veut les passer à regarder, écouter, transpirer, se balader. Alors vous imaginez bien sa joie quand, en plus d’apercevoir les animaux cachés dans les branches, la terre, les troncs, les buissons, il aperçut des paillettes vivantes sur des joues frêles. Des joues surmontées des yeux qui l’avaient une fois tant captivé. Des yeux cachés de temps en temps par une frange qui virevoltait. Une frange qui prouvait la vitalité de la conscience qui se terrait sous ces cheveux et ce corps qui a grandi avec le temps. Le sourire de Heïnrik passe alors à un sur-rire. Ce n’est pas tout à fait un rire, il n’émet aucun son. Ce n’est pas tout à fait un sourire, il montre toutes ses dents. Il ne prend pas le temps de réfléchir, il marche aussi vite qu’il le peut jusqu’à elle. Il la prend dans ses bras avant de dire quoi que ce soit, avant même qu’elle puisse même réagir. Il se souvient avoir été frappé par cette intelligence qu’on ne pouvait pas soupçonner alors que ce qu’on remarquait en premier lieu était sa jeunesse. Il se souvient de la passion qui l’habitait alors qu’elle débitait tout ce qu’elle savait. De la passion qui l’habitait, lui, alors qu’il posait son bras pour soutenir sa tête et l’écouter bien plus longtemps. Il croit même se souvenir de son ton juvénile, enfantin on pourrait dire, plein de détermination. C’est à ce moment-là qu’il rit finalement, tout en se détachant de la petite qui ne l’est plus tant que ça.

Il regarde ses bras si grands, il regarde ses doigts si fins, il regarde ses cheveux si longs, il regarde son visage si craquant, il regarde ses pupilles en fusion. Il se souvient avoir gravé dans le bois les traits qui lui font face à présent. Il se souvient du nom qui accompagnait ces traits. « Isha ? » Il le prononce lentement. Il est trop court, il n’a pas le temps d’en profiter pleinement. « T’es plus toute jeune ! » Il la taquine mais il vrai qu’elle a bien grandi. Ce n’est plus la jeune fille que ses souvenirs essayent de faire concorder à la jeune femme dont il n’est plus certain de reconnaître la voix. Mais, déjà, il veut l’entendre à nouveau. Cette voix et ce ton si sûr de lui, assoiffé de savoir. Lui-même assoiffé de connaissances et encore plus des sensations qu’il voit sur ses expressions. Il réfléchit un instant. Il avait prévu de marcher où le vent le mènerait aujourd’hui. Mais peut-être qu’il pourrait profiter de cette opportunité pour prendre un chemin qu’il est certain de savoir passionnant. « Si tu es libre de toute obligation, je ne suis pas contre une petite visite guidée du coin. Le plus étrange, le meilleur. » Il voulait autant l’écouter lui décrire l’Histoire que la voir réagir à ses propos et à l’environnement. Il voulait autant voir le monde qui l’entourait qu’il voulait ressentir les émotions le transpercer.


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Sujet: Re: Et nous irons par-delà les sensations.
Ven 10 Fév - 23:19

T’es complètement plongée dans tes pensées. Tu repasses en boucle et en boucle le rêve que tu viens de faire sans parvenir à y desceller le moindre signe à interpréter. N’est-ce pas ironique ? Toi, chaman douée du don de voyance, incapable de comprendre tes propres visions ? Tu ne t’es pas quasiment tuée durant tes années d’apprentissage pour buter devant un rêve un peu plus ambigu que les autres. Tu ne t’es pas passée la corde autour du cou pour au final t’énerver sur un simple rêve. Tu inspires, expires. Les réponses viennent à tout esprit qui sait les entendre. T’es trop tendue, trop crispée, toujours dans la retenue comme si tu craignais de faire quelque chose de travers. Elle est où la Isha d’il y a quelques années, celle qui passait son temps à gueuler sans se soucier du regard réprobateur des vieux naoris ? Ouais, t’as des responsabilités maintenant, des gens comptent sur toi. Mais est-ce que c’est une raison pour t’enterrer toi-même, pour ne devenir qu’une pâle de copie de ce qui semble être la naori standard ? T’as tout faux et tu le sais. Tu soupires, lasse d’avoir à contenir toute ta colère, toute ta rage. Lasse d’avoir à te faire violence pour ne pas élever la voix lorsqu’on te crache à la figure ou que l’on ose te remettre en question.

Mais t’as pas le temps de te remettre davantage que deux immenses bras t’entourent et tu te retrouves serrée contre un corps que tu ne reconnais pas, que tu ne reconnais plus. Il faut attendre quelques secondes pour qu’un rire familier sonne à tes oreilles et tu te recules, abasourdie. Oui, c’est lui qui se tient devant toi, un peu moins grand que dans tes souvenirs mais l’air toujours aussi curieux, comme un gamin qui découvre le monde. Un grand sourire étire tes lèvres alors qu’il prononce ton prénom. Pas de doute, c’est bien lui. Malgré les quelques années qui vous séparent de votre dernière rencontre, il se souvient de toi, même si tu as bien changé depuis – d’ailleurs, il se permet de te le faire remarquer. Tu lui donnes une tape amicale sur l’épaule, ta façon à toi d’exprimer ton affection, et lui réponds d’un air moqueur.

« Que tu crois ! Je suis une vraie chamane maintenant, officiellement, alors si t’as un message à faire passer aux esprits tu sais qui contacter. » Avant, tu étais encore en pleine formation, mais cela ne t’empêchait pas de parler pendant des heures de ce que tu savais déjà. Il t’écoutait avec passion, buvant tes paroles comme s’il s’agissait d’un élixir divin. Vous vous étiez bien trouvés. Et quand tu le regardes à présent, il te semble tout autant curieux.

« Je connais exactement l’endroit qu’il te faut. Des ruines des anciennes civilisations. » Murmures-tu d’un air rêveur, les étoiles plein les yeux. Tout ce qui appartient au passé t’a toujours fasciné. Tu pourrais passer des heures à explorer les ruines d’anciens bâtiments, en quête du moindre morceau de civilisation d’avant l’apocalypse. Et avec Heïnrik, tu as trouvé le partenaire idéal. « Je ne m’y suis jamais rendue mais je connais le chemin qui y mène, ça devrait bien nous prendre la journée. » Tu esquisses un sourire, fait rapidement l’inventaire de ton sac à dos avant de commencer à marcher.

« Alors, qu’est-ce que t’attends ? Les décombres vont pas s’explorer tout seuls ! »

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Sujet: Re: Et nous irons par-delà les sensations.
Mar 28 Fév - 2:24

Et nous irons par-delà les sensations.
Isha & Heïnrik

La peau frêle de la jeune femme échappe aux mains de Heïnrik alors qu'il se recule pour mieux la regarder. Il entraîne avec lui quelques uns de ses longs cheveux, un peu électriques. Il la regarde comme on regarde une enfant qui a grandit trop vite, sans nous, mais n'a pas l'air de s'en être trop mal sortie. Sa petite tape sur son épaule est assurée. Il se la touche, en faisant mine d'avoir plus mal que si un couteau lui avait transpercé la chair. « Il faudra que tu leur dises que tu martyrises tes vieux amis. » Il a le regard taquin et ne se lasse pas d'examiner ce sourire qui lui fait face, cette femme qui se tient maintenant devant lui. Il se demande à quel point elle a changé, si ces convictions sont toujours aussi fortes. Il est quasiment certain qu'elles le sont. Elle était tellement têtue et passionnée et c'était ce qu'il adorait le plus. Dans ses yeux plein de feu, il retrouve déjà un peu de cette passion, de cette vie animée qui se bouscule dans ce petit corps. Il lâche un rire bref, un peu trop tard, sorti de nulle part. Juste parce qu'il est heureux. Heureux de la revoir, après toutes ces années, heureux de la savoir en bonne santé, heureux que le destin les ait à nouveau réunit sur le même chemin.

Elle prononce ses paroles dans un murmure qui laisse Heïnrik sans voix. Des ruines des anciennes civilisations. Son corps en tremble rien qu'à l'idée. Ses paupières s'agrandissent et ses lèvres se décollent sans pour autant laisser passer le moindre mot. Il ne peut qu'approuver l'idée. C'est tout ce dont il rêve. Il en pleurerait presque. Pourtant, ce ne serait pas les premières qu'il verrait, techniquement. Mais ce serait les premières avec elle. Et ça, ça vaut toutes les premières fois. Il ressent les vibrations de son excitation à elle dans son propre corps. Ce n'est pas des étoiles qui emplissent ses prunelles. Ce sont des galaxies entières. Des mondes entiers de possibilités. Il ne peut que sourire avec elle. Rêver avec elle. Imaginer avec elle. « Tu sais quoi dire pour me faire plaisir. » Explorer toute la journée, ce n'est pas ce qui l'arrêtera. Bien au contraire. Il sent déjà les picotements dans ses jambes et les fourmis par millier qui ne demandent qu'à se dégourdir les pieds. Heïnrik, il a déjà envie de courir entre les fougères et tout découvrir. « J'ai tout mon temps. Encore plus si c'est pour le passer avec toi. » Il lui fait un petit clin d’œil avec des yeux qui ne pétillent que pour toute la joie qu'il a de la retrouver et de l'entendre à nouveau parler.

Alors qu'elle le fait elle-même, il regarde rapidement dans son sac pour vérifier qu'il a bien de quoi tenir plusieurs heures dans la nature. Il relève la tête face à son exclamation. Non, elle n'a définitivement pas perdu de sa verve. « Je cours, là. Tu vois pas ? » Et il l'a rejoint en trottant, puis en marchant d'un pas vif à ses côtés. Il a tellement hâte qu'il s'imagine volontiers voler jusqu'à l'endroit. La jeune femme sur son dos, comme l'enfant qu'elle était lorsqu'il l'a connu. Il se voit frôlant les cimes des arbres, son poids plumes pesant à peine sur sa colonne vertébrale. Ils seraient les oiseaux de la liberté et de la curiosité. Mais le vent froid le ramène à la réalité. Il resserre machinalement son manteau qui, pourtant, le fait déjà suer à l'intérieur. Ses pupilles observent sa guide d'un jour. « Pas trop froid ? Vous tenez le coup avec des Hivers comme ça ? » La question est réelle, il est intéressé. Il y glisse cependant un petit ton ironique, comme si cela le surprenait qu'ils réussissent à survivre alors que, pour lui, ceci est tout juste un Hiver doux. « Et d'ailleurs, je veux tout savoir. Tous les derniers petits potins de nos amis sur le continent. Tous les détails, même les plus insignifiants. » Il se tient à jour comme il le peut. Ils ne sont pas totalement coupés du monde, non plus. Et il ne pourrait pas le supporter, de toute façon. Il a ce besoin viscéral de se tenir au courant. Mais il a peut-être manqué des choses. Encore plus pendant son voyage. Et, surtout, il veut l'entendre parler, étaler sa science en couches épaisses qu'il trouverait beaucoup trop belles pour vouloir les effacer.


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18/12/2016 fio 588 Emily Bador fly (ava) + crack in time (signa) + r.meisel (text) chaman (savoir, éloquence) 72
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Sujet: Re: Et nous irons par-delà les sensations.
Sam 4 Mar - 19:15

Tes paroles font mouche comme tu l’espérais. Tu vois un feu de curiosité s’allumer dans le regard d’Heïnrik tandis qu’un large sourire écarte ses lèvres rieuses. Tu sais qu’il n’attend que ça, explorer encore et encore le continent, découvrir des lieux jamais encore explorés, peut-être même des ruines de la civilisation d’avant qui leur donnerait de nouvelles informations, qui sait ? Il meurt de curiosité, il a envie de tout voir, tout connaître, tout ressentir. Tu connais personne d’autre comme ça, avec une soif de découverte aussi grande. Vous vous complétez bien en fin de compte. Toi aussi tu ne t’arrêtes jamais, tu n’es jamais entièrement rassasiée.

« Je savais que ça te ferait cet effet. » Tu esquisses un sourire en coin en étirant tes bras au-dessus de ta tête, tes pas trouvant naturellement leur chemin sur le sol tapis de mousse, ton corps se mouvant tout seul pour éviter les branches basses des arbres vous entourant. Tu évolues dans la forêt depuis ta naissance. Toi et la nature ne faites plus qu’un. Lorsqu’un Calusa ou un Athna se retrouve au cœur de la forêt, entouré uniquement par des arbres alors qu’il n’a jamais rien connu d’autre que l’océan ou les massifs rocheux, il est normal qu’il se sente peu aisé en ce territoire inconnu. Toi tu ne connais que ça. Les troncs noueux, les plantes grimpantes, la terre humide, l’écorce pleine de sève, les feuilles qui tombent et repoussent dans un cycle infini, tout ça fait partie de ton quotidien. C’est ton monde à toi et t’es bien contente de pouvoir le montrer à Heïnrik. Celui-ci parle de l’Hiver en frissonnant et t’éclate de rire en le voyant s’emmitoufler dans son manteau.

« Hé, tu crois qu’on a le choix ? Même s’il fait froid, même s’il neige, on est bien obligés de tenir le coup ! Et puis, tu ne trouves pas ça magnifique ? En Hiver, tout semble mort, et pourtant… quand la neige commence à fondre, quand le vent du Nord commence à refroidir… La vie reprend son cours. Les bourgeons naissent, qu’importe ce qui peut arriver. C’est un beau message. » Tu lèves les yeux, rêveuse. Oh, si tu pouvais, tu parlerais pendant des heures de la Nature et de sa beauté cachée. Tu parlerais des heures sur n’importe quel sujet du moment qu’il t’intéresse ne serait-ce qu’un peu. Et Heïnrik t’écouterait quoiqu’il arrive.

Il te questionne sur ce qui s’est passé sur le continent. Seulement, il s’est passé tout un tas de trucs sur le continent – tu pourrais passer la journée à lui en parler, mais vous aviez des choses bien plus importantes à faire comme par exemple explorer ces fameuses ruines. Alors tu tentes de faire le tri dans ta tête pour déterminer lesquels de tous ces évènements auxquels tu as assisté valent le coup d’être racontés. « Il y a eu une histoire de meurtres chez les Pikunis, les Rahjaks étaient accusés. Tu sais, les Rahjaks ne sont pas très aimés dans ma tribu, on nous apprend à nous méfier. Il y a alors eu toute une histoire de négociations chez les Pikunis, et puis les hommes tombés du ciel étaient là aussi. Moi j’étais là en tant que pacificateur, en cas de problème. Et crois-moi, il y en a eu des problèmes… » Tu soupires et resonges quelques instants à ton altercation avec Alysha quelques jours après les négociations. Cette Calusa avait réussi à te faire sortir de tes gongs, toi qui faisait pourtant de ton mieux pour te contenir. Une ombre passe sur ton visage mais tu chasses bien vite ce mauvais souvenir. « Enfin bon, nous n’arrêtons pas d’interpréter de mauvais présages. On a trouvé des oiseaux morts après Luxem et là, juste après les festivités de l’hiver, une branche de notre arbre sacrée est tombée. Je ne sais pas pourquoi les dieux sont si énervés contre nous, mais on doit faire de notre mieux pour apaiser leur colère. C’est peut-être à cause du Skaikru, qui sait ? Moi je n’émets aucune hypothèse. À vrai dire, j’ai eu aucune vision sur le sujet. J’aurais aimé en avoir, afin de mieux comprendre le message des dieux, mais je ne peux pas forcer leur volonté. Il faut que je patiente jusqu’à ce qu’ils m’envoient un signe. À ce moment-là, j’aviserais. » Tu parles, tu parles. Tu continues de marcher, sautant de pierre en pierre, escaladant des troncs d’arbres tombés lors du tremblement de terre, t’arrêtant de temps en temps pour observer telle ou telle plante tout en veillant à ce que Heïnrik continue de te suivre.

« Et toi alors ? Il s’est passé des choses sur ton île ? T’as des histoires de pirates à me raconter ? » Demandes-tu, pleine de curiosité. Heïnrik était un Iskaar. Leur île était non seulement chargée d’histoire, mais était en plus réputée pour le nombre de pirates voguant dans la mer. T’aimais bien ces histoires entre le mythe et la réalité, largement différentes de tout ce que l’on pouvait entendre sur le continent.

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29/01/2017 Lynelf 144 Xavier Dolan Ava by Lux Aeterna / Sign' by okinell. (Bazz') Menuisier § Artisan et artiste 11


Sujet: Re: Et nous irons par-delà les sensations.
Sam 29 Avr - 15:38

Et nous irons par-delà les sensations.
Isha & Heïnrik

Ils marchent l'un à côté de l'autre. L'un derrière l'autre. L'une derrière l'autre. Leurs pas ne sont pas réguliers. Il est impossible qu'ils le soient alors qu'entre chaque mètre peut se trouver une branche, une racine, une mousse un peu trop glissante, un animal relevant la tête. Mais leur marche irrégulière ne les empêche pas d'avancer et encore moins de discuter. Et il en joue, Heïnrik. Sa petite phrase sur l'Hiver prend feu. Il ne s'attendait pas à ce que la flamme soit si grande. Il la trouve gigantesque. Éblouissante. Comme celle qui l'abrite. Il regarde Isha s'animer et la flamme prendre vie avec ses mots. Elle possède autant ses membres que ses paroles. Heïnrik écoute son amie religieusement. Le sourire sur son visage se forme doucement. Et quand elle pose le point final à son envol de vie, à ce moment hors du temps si vif et éclatant, il rit légèrement. Un rire plein d'amour et de joie. La moquerie ne lui vient pas à l'esprit. Pas sur ça. Pas pour elle. Il laisse passer quelques secondes, afin qu'ils puissent se remettre de cet éclat. Le bruit de la nature et de leurs mouvements les accompagne seuls un instant. « Je crois surtout que vous ne survivriez pas à nos Hivers, sur notre île. Enfin, à nôtre Hiver, le seul et unique, devrais-je dire. » Son ton est à la fois taquin et doux, presque paternel. « Il n'y a rien de plus beau qu'un monde enneigé. Le monde en suspens. Le bruit des bottes dans la neige. C'est l'univers tout entier qui devient poète. Et quand la neige fond, comme tu dis, peut-être qu'il redevient conteur. Conteur des vies si nombreuses et si disparates. Tout devient plus bruyant. » Il préfère le silence des flocons, Heïnrik. Quand il fait plus de 15°C, il a déjà du mal à respirer. Quand, la nuit, il n'arrive plus à dormir, même en s'imaginant dans un bain de glace, il rêve éveillé des montagnes de son enfance. Il n'a pas beaucoup vécu ça, l'Iskaar qui quitte rarement son île. Juste assez pour se faire des souvenirs brûlants et douloureux. Il sait déjà que les prochaines semaines sur le continent vont être de plus en plus difficiles. Il attend simplement de voir jusqu'à ce qu'il ne puisse plus le supporter. Et s'il frissonne d'horreur à cette idée, il sourit plus que de raison en se demandant comment les Kovariis, notamment, réagiraient face à un Hiver éternel.

Assoiffé de savoir, il la questionne. Assoiffée de le lui donner, elle répond tranquillement. Isha lui raconte les histoires entres les Pikunis et les Rahjaks. Il s'imagine les brutes du désert, si différentes et si semblables à sa tribu, les descendants du ciel et toutes les autres tribus qui n'arrivent déjà pas forcément à s'entendre entre eux. Tout ce monde rassemblé au même endroit. Il est certain d'avoir manqué quelque chose, Heïnrik. Et dans tout son amour de lui-même, il se dit qu'il aurait pu rendre ça encore plus intéressant. Apparemment, les esprit s'étaient seulement échauffés. Il lui aurait simplement suffit de dire la bonne chose à la bonne personne au bon moment. Les corps se seraient alors entrechoqués, il en est certain. Et il aurait adoré voir ça. « Les problèmes sont parfois nécessaires. Pour la société dans son ensemble, ou pour nous en tant qu'individus à part entière. Ils nous apprennent beaucoup avec leurs solutions. Ils nous font évoluer. D'un côté comme de l'autre. La solution vous apparaîtra peut-être plus tôt que vous ne le pensez. » Il n'était vraiment pas contre les problèmes, Heïnrik. Et il trouvait cela fascinant qu'Isha et sa tribu soient si pacifiques et veuillent trouver des solutions sans se battre physiquement. Il aimait voir le sang couler mais les débats verbaux n'étaient pas non plus à jeter. Il était d'ailleurs assez content que que la brune préfère utiliser les mots plutôt que les poings. Elle maniait les premiers à merveille et il ne voulait pas se l'imaginer en danger physique. Il aimerait aussi lui poser tout un tas de questions sur ses croyances et donc celles de toute sa tribu. Parce que ce n'était pas les siennes et qu'il voulait toujours en savoir plus. Il ne se lassait jamais. Et tout ce qu'il savait déjà, il le remettait en question. Alors il questionnait tout et tout le monde. Pourtant, il savait qu'il devait faire un choix, pour l'instant. Ils auraient d'autres occasions de parler de ces dieux. Aujourd'hui, il avait autre chose en tête, qui prenait la priorité. « Mais tu en as déjà rencontré, des Skaikru ? Est-ce qu'ils seraient capables d'être si néfastes que ça ? » Plus néfastes que toutes les autres tribus ? C'est ce que semblait dire la tombée de la branche de leur arbre, apparemment. Et Heïnrik se demandait si c'était une bonne chose ou non. Ça animait les esprits, c'était certain.

Il sourit de toutes ses dents lorsqu'elle lui demande, à son tour, des nouvelles de chez lui. En vérité, il n'a pas grand chose à raconter. Les années avaient été plutôt tranquilles jusqu'ici. Tout du moins, pas de quoi l'inquiéter elle et sa tribu. « J'ai voyagé pas mal. N'empêche que je préfère la terre ferme. » Heïnrik a une seconde d'hésitation. Avant de se dire qu'il peut lui parler de sa dernière rencontre sans rentrer dans les détails, ceux qui feraient peut-être douter la Naori. « J'en ai rencontré un, de pirate, il y a quelques jours à peine. C'est plutôt rare au final, ils ne sont pas nombreux à revenir après. Et les croiser en mer n'est pas bon présage. Je peux donc t'affirmer que : ils sont pas très sympathiques, ceux-là. Ou p'tete lui en particulier. » Surtout lui en particulier envers Heïnrik en particulier. « Ils sont de véritables œuvres d'art, cela dit. » Il sourit doucement, de ce sourire en coin qui révèle qu'il n'est pas fait que de gentillesse, Heïnrik. Il fait attention à ne pas le montrer à sa protégée. Mais peut-être qu'il oublie que les sourires s'entendent aussi. Encore plus, sans doute, lorsqu'ils sont suivis d'une mine déconfite, sourcils froncés et prunelles au loin. Parce que ce qu'il ne dit pas, l'Iskaar, c'est qu'il avait l'habitude d'en voir une tous les jours de sa vie, une œuvre d'art. Elle l'éveillait de ses sourires et l'endormait de sa voix. Elle l'animait de ses rires et le tuait de ses pleurs. Et parfois, comme maintenant, elle lui manquait quelques secondes. Avant qu'il ne se rappelle qu'elle souffrait certainement bien plus qu'elle ne vivait. Et que, maintenant partie, il avait lui aussi l'occasion de vivre. En regardant Isha marcher à ses côtés, aussi grande que lui, il fait un rapide calcul dans sa tête. La Naori est venue le voir bien avant la mort de sa femme. En cherchant bien, il se rappelle dans un souvenir flou la lui avoir même présenté de la main, alors qu'elle était à l'autre bout du village. « Brimdís est morte, aussi. Ma femme. Je ne sais pas si tu te souviens d'elle. » Puis il rajoute quelques mots rapidement avant qu'Isha ne se sente obligée de s'apitoyer sur son sort. « Ça fait plusieurs années déjà. Il était temps pour elle de partir. » Il parle avec une fatalité tranquille. Il a fait la paix avec ce moment de sa vie. Un simple tournant nécessaire. Comme celui qu'ils prennent maintenant dans la forêt, alors qu'ils aperçoivent déjà au loin un début de ruine et que les yeux du brun se remettent à pétiller de la flamme de la curiosité comme jamais. « Regarde-moi ça ! » Il pointe du doigt un mur avant de claquer dans ses mains et de prendre Isha par les épaules. Heureusement pour elle, il la relâche juste avant de trébucher sur une racine. Il court alors sur plusieurs mètres, le ventre près du sol mais sans tomber. Il finit enfin sa course grâce à un tronc d'arbre. Son souffle est court. Il lui faut quelques secondes pour reprendre ses esprits. Avant qu'il ne lève le poing en signe de victoire. Et de réaliser que ce qu'il a prit pour un mur à demi-écroulé n'est en fait qu'un grand rocher. Un peu impatient, il l'était.


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Sujet: Re: Et nous irons par-delà les sensations.
Dim 30 Juil - 11:07

Heïnrik rit encore. Malgré les années qui séparent vos deux rencontres, tu te souviens parfaitement de son rire, plein de joie et de légèreté, le seul rire que tu peux supporter. Tu n’es pas du genre à trop parler de tes sentiments, tu ne lui diras sûrement pas par fierté sans doute, mais qu’importe. Ce rire, il t’avait manqué.

« Tu as ta réponse : on n’en survivrait pas. Il m’a fallu des semaines pour récupérer de ma visite sur ton île – j’ose pas imaginer ce que ça doit faire d’y vivre toute l’année. » Tu te perches sur le tronc d’un arbre, imposant, immense, et regarde autour de vous. Tu peux voir la nature à perte d’horizon, ce vert si chaleureux qui est devenu synonyme de maison à tes yeux. Heïnrik ne connait pas ça lui. Tu te demandes s’il ressent la même chose que toi quand il regarde les montagnes escarpées et la neige qui y tombe, s’il se dit « je suis bien chez moi » quand le froid lui traverse la peau. « En tout cas, c’est sûr que la neige devient plus belle quand tu parles d’elle. Tu me donnerais presque envie de retourner me geler la peau. » Tu lui adresses un sourire amusé avant de reprendre ta route, tes pieds trouvant naturellement appui sur le sol comme s’ils connaissaient déjà le chemin. Tout est si naturel pour toi.

Mais ce sont les paroles d’Heïnrik qui t’arrêtent un peu plus tard. Tu le regardes de tes yeux si sombres et pourtant si lumineux, comme animés d’un feu incessant. Ce feu qu’on a tant de fois demandé d’éteindre. Ce feu dont tu étais toi-même prête à renoncer avant de te rappeler de la puissance des incendies. Parfois, la forêt a besoin de brûler pour pouvoir se renouveler. Les autres Naoris finiraient par l’accepter. « Malheureusement pour nous, les autres tribus ont tendance à régler leurs problèmes par la force de leurs poings. Entre nous, le sang versé n’a jamais été une solution… Les discussions, en revanche, sont toujours celles qui mènent vers la voie de la raison. Quand tu exprimes oralement ton problème, tu as déjà la moitié de la solution. Et ça, aucun bain de sang ne peut l’égaler. » Tu souris, pleine de conviction. Pour toi, il n’y a même pas l’ombre d’un doute : la méthode pacifique des Naoris est la meilleure. Tu aimes penser que sans votre présence, les négociations auraient tourné à un véritable massacre. La diplomatie et la capacité à régler les conflits sans employer la force sont les symboles d’une population civilisée et érudite, tu en es certaine. Tu n’es pas arrogante, juste profondément croyante en les pratiques de ta tribu. « Et je suis sûre qu’on trouvera la solution, si chacun prend la peine d’écouter ce que l’autre a à dire. Il ne faut jamais sous-estimer le pouvoir de la parole. » Tu hoches la tête doucement avant d’entendre sa question sur les Skaikru.

« Oh oui, j’en ai rencontré plusieurs. Leur camp n’est pas très de loin de mon village, nous sommes les premiers à les avoir vus et aidés. » Tu marques une pause, l’air songeuse. Avec ta curiosité et ta soif de connaissances, tu avais été l’une des plus entreprenantes pour aider les Odysséens. Tu avais posé énormément de questions à ceux qui voulaient bien t’écouter et te répondre, tu avais regardé leurs machines avec des yeux ronds et essayé de comprendre comment tout cela fonctionnait. Tu te souviens de Devos, en particulier, qui t’avait parlé de mécanique et d’informatique – tu ne comprenais quasiment rien, mais tu écoutais tout avec grande attention, espérant pouvoir te resservir de ces informations un jour. « Je ne pense pas qu’ils soient néfastes… pas tous, du moins. Même s’ils sont tombés du ciel, ils ne sont pas très différents de nous en fin de compte. Pour l’instant, j’ai surtout eu l’impression qu’ils essayaient de s’adapter à leur nouvelle vie sur la terre. Ils ne la connaissent pas comme nous la connaissons. » Dis-tu d’un air un peu plus sérieux, une main sur le menton. Pour toi, les Skaikru ne sont pas plus dangereux que n’importe quelle autre tribu. Et s’ils étaient tombés du ciel, c’était bien pour une raison. Les esprits devaient préparer quelque chose, mais c’était tellement grand que ça devait tous vous dépasser.

Quand il te parle de sa rencontre avec un pirate, tu écarquilles les yeux. Comment avait-il fait pour s’en sortir ? Avait-il vu son bateau, peut-être quelques membres de son équipage ? En gardait-il des cicatrices ? Mille questions te viennent mais tu te forces à garder tes lèvres scellées, lui laissant le temps de te faire son propre récit. T’es pas sûre de saisir ce qu’il veut dire par œuvre d’art, mais tu hoches la tête doucement, toujours un peu surprise.

« Un pirate ! Tu as eu de la chance de revenir en entier. Qui sait ce qui aurait pu t’arriver, sinon… » Tu t’apprêtes à lui poser tes questions quand sa voix s’élève à nouveau et tu te stoppes, un peu paumée, ne sachant pas trop comment réagir. Tes croyances te poussent à ne pas craindre la mort, que ce soit la tienne ou celle de tes proches. Pour toi, la vie est un cycle infini dont la mort n’est qu’une porte, ouvrant vers une nouvelle incarnation. Mais Heïnrik y croit-il à tout ça ? Le ton de sa voix te laisse comprendre qu’il a fait son deuil. Doucement, tu souffles. « Je suis désolée d’apprendre ça. » Tu te souviens vaguement de Brimdís, même si à l’époque tu avais bien plus été fascinée par Heïnrik. « J’espère que sa prochaine vie sera meilleure. » T’esquisse un sourire maladroit, parce que c’est tout ce que tu sais faire dans ces moments-là. T’as jamais été très douée avec ce genre de sentiments, t’as toujours préféré le goût de la colère et de la passion. Peut-être est-ce pour ça que lorsque t’entends l’exclamation d’Heïnrik et que tu sens ses mains sur tes épaules, tu réagis beaucoup mieux et éclate de rire – avant de le voir se prendre les pieds dans une racine… et éviter miraculeusement la chute.

Tu regardes ce qu’il a voulu te montrer avant de manquer de tomber : un mur en ruines qui s’avère être juste un immense rocher. Quelle déception. Tu pousses un petit soupir avant de lancer un regard à Heïnrik et éclater de rire naturellement, parce que le voir se précipiter ainsi et manquer de se tordre la cheville pour rien au final est bien plus drôle que tout ce à quoi tu as pu assister depuis des jours. « Trop confiant. Classique. » Dis-tu en gardant ton sourire malicieux, avant de faire quelques pas pour contourner le rocher et montrer du doigt un autre tas de ruines, couverts de ronces et plantes grimpantes et dont l’on peut voir vaguement une ouverture qui s’enfonce dans le sol. « Tu y étais presque, mais bon. Te voir te gaufrer en valait le coup. »
 

Et nous irons par-delà les sensations.

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