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˜˜˜˜˜˜Cacophonie de tendres souvenirs
maybe life should be about more than just surviving


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29/01/2017 Lynelf 142 Xavier Dolan Ava by Lux Aeterna / Sign' by okinell. (Bazz') Menuisier § Artisan et artiste 10


Sujet: Cacophonie de tendres souvenirs
Lun 6 Fév - 14:01

Cacophonie de tendres souvenirs
Abel & Heïnrik

Il avait le nez en l'air. Le nez par terre. Le nez sur les arbres, les feuilles, les fleurs, la poussière, la mousse. Le nez dans l'Hiver qui lui paraissait si doux comparé à ceux de son île, le nez dans l'odeur du vert et dans le marron, alors qu'il voyait plus souvent du blanc. Ce n'était pas sa première fois sur le continent. Ce n'était pas sa première fois à errer dans les fougères. Il n'en était pas moins ému. Ému de cette vie qui prenait forme sous ses yeux, cette vie qu'il connaissait si peu. Ces animaux qu'il adorait voir ramper, voler, l'observer. Il en frissonnait presque d'excitation, Heïnrik. Mais là encore, il s'excitait pour la moindre chose qui éclatait devant ses yeux. Et l'excitation qu'il ressentait, l'excitait plus encore. Il adorait ça et ne s'en privait pas. C'est d'ailleurs pour ça qu'il espérait faire de ce voyage une redécouverte des plus époustouflantes. Il voulait tout vivre, tout voir, tout apprendre. Ambitieux, il l'était un peu. Avide, il l'était beaucoup. Avide de ressentir et d'examiner ressentir. Il se savait perdu. Clairement, il n'avait jamais vu ce chemin, jamais vu ces arbres, ces papillons, ces rochers, ces reflets du soleil qui éclairaient les feuilles au-dessus de lui. Il était perdu mais cela ne le dérangeait pas. Au contraire. Se perdre était le plus fascinant. Se laisser aller, prendre son temps, se perdre dans le temps. Il rit en s'imaginant devoir dormir là. Sous un arbre, près d'un rocher. A la merci de tout ce qui passera devant lui. Il rit en se disant qu'il ne sait pas chasser et qu'il n'a que des vivres pour tenir jusqu'au village Pikuni. Pourtant, il a confiance. Il ne mourra pas aujourd'hui. Ni demain.

Alors il continue sa route. Le nez sur tout ce qu'il peut voir, à en perdre la tête. A en perdre l'équilibre. Il sourit en se retenant à un arbre alors que la terre semble se mouver sous ses pieds. Il touche le bois de l'arbre, s'en écorche légèrement les doigts. Le bois lui paraît pourtant encore plus fragile que sa peau. Si frêle. Trop frêle. Il se demande ce qu'il pourrait construire avec. Ce qu'il pourrait sculpter. Une spirale légère, qui se mouvrait au moindre coup de vent mais résisterait à toutes les intempéries. Comme ce qu'il touche. Fragile et pourtant résistante. Il a les prunelles qui brillent, Heïnrik, en s'imaginant ses idées prendre forme. Ses narines se bouchent un instant, comme à chaque fois que l'excitation, trop grande, peine à redescendre. Il n'en sourit que plus grandement. Il relâche la pression de sa paume sur le bois terne et se remet doucement à marcher. Il n'essaye pas de retrouver son chemin, il profite. Et puis, plus il avance, plus le sol qu'il foule change de consistance. Moins d'humidité, plus de clarté. L'atmosphère se détend également sensiblement, alors même qu'il n'avait pas remarqué être particulièrement crispé. Ses sourcils se haussent alors que ses paupières s'agrandissent devant ce qu'il découvre derrière les arbres qu'il franchit. La pierre qu'il n'a jamais vu. Des ruines qu'il n'a jamais imaginées. Il retient son souffle sans s'en apercevoir. Il n'a jamais rien vu de tel et ne sait pas comment réagir. Son premier instinct est d'aller voir de plus près. Ce qu'il fait. Il avance ses mains sur les anciennes structures qui ne sont plus que débris. Il regarde avec ses doigts. Il touche avec ses yeux. Il sent qu'il pourrait rester ici toute sa vie. Au moins plusieurs années. A simplement regarder. Peut-être essayer de reconstruire dans sa pensée. Oui, il pourrait. Mais son extase est de courte durée.

Il n'est pas seul. Il le sent avant de le voir. Étonnant comme les corps réagissent à la présence d'autrui, parfois avant même notre conscience. Instinct de protection ? Conditionnement à réagir à ses semblables ? Les questionnements s’additionnaient dans l'esprit de Heïnrik mais il n'avait pas le temps d'y réfléchir. Ne voulait pas le prendre maintenant. Il regarda autour de lui, ne vit rien d'autre que les murs, les pierres, les herbes qui se frayaient un chemin entre ces dernières et les rayons du Soleil qui ne réchauffaient en rien l'air ambiant. Il escalada quelques décombres. Tourna plusieurs fois. Eut l'impression de se perdre encore plus. Peut-être était-ce le cas. Le bruit atteignit ses oreilles une seconde avant que ses yeux n'en identifient la cause. Les pieds foulant le sol refroidi par le temps de la saison. Il s'approche doucement. Il ne veut pas se faire remarquer. Il veut voir en premier. Et ce qu'il observe, là, de l'autre côté, le met bouche-bée. Il en perd le fil de ses pensées. Il sent ses poils se redresser. Cette fois, les frissons ne sont peut-être plus seulement d'excitation. Parce qu'il n'est définitivement pas à l'aise. Et, en même temps, il en veut plus. Cet homme qui se tient devant lui porte son aura telle une cape sombre qui dévaste tout sur son passage. Elle le dévaste, lui, Heïnrik. Il est pantelant mais ne détache pas ses yeux du corps qui se meut. Il se souvient avoir entendu parlé d'un pirate au physique si effrayant que les hommes les plus courageux reconnaissent ne pas l'être entièrement devant lui. On raconte aussi que certains hommes ne réapparaissent pas et que les habitudes alimentaires de ce pirate sont de celles que l'on n'ose pas imaginer. Heïnrik espère que c'est lui. Parce qu'il veut savoir si tout est vrai. Il veut savoir si la réalité se fait réellement déformer ou simplement amplifier. Il ne pense pas une seule seconde qu’elle puisse se faire diminuer. Alors il court, son sourire toujours aux lèvres. Et vient se placer juste devant l'homme. A quelques bons mètres de distance, parce qu'il n'est pas tout à fait imprudent. Son visage s'ouvre et il ne se cache pas de le détailler de la tête aux pieds. Il admire. « Hey ! Vous vous êtes perdu aussi ? » Il n'a pas l'air de l'être mais Heïnrik ne saurait dire avec certitude. Parce que les expressions de celui qui se tient devant lui ne sont pas des plus simples à déchiffrer. Et à force de l'étudier, un sentiment étrange s'insinue dans le corps moyennement musclé du moyennement jeune Iskaar. Une impression qu'il manque quelque chose. Une impression enfouie en-dessous de toutes les autres et qu'il oublie donc bien vite. Parce que ce qui prime est la fascination. Mêlée à la crainte qui elle-même le fascine encore plus.


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02/02/2017 Nexus 439 Rick Genest Nexus Capitaine du Moissonneur | Maniement des armes & navigation 0
Le Porte-Mort


Sujet: Re: Cacophonie de tendres souvenirs
Jeu 9 Fév - 13:18

Un soupir passe ses lèvres alors que le regard perdu sur les sillons noueux du tronc d'arbre l'ennui au plus haut point. Dans un écoulement jaunâtre et régulier, l'urine glisse sur les racines avant de venir nourrir la terre qui abrite toute vie sur ce maudit continent. Abel se soulage tranquillement, profitant de cet instant de solitude qui lui est offert hors des océans. Son équipage est à quelques lieux d'ici, sagement installé dans un campement de fortune non loin d'une route commerciale où ils auront tout le loisir de marchander ou même de piller si leur cœur leur en dit. Et lui... Il est loin de tout. Il est loin, la tête dans les nuages alors que sa macabre silhouette fait tache dans le paysage. Ici tout est beau... Mais la beauté, Abel, aime lui pisser dessus. Il baisse les yeux sur le bout de chair entre ses doigts, l'agite doucement avant de le glisser dans son pantalon et de le refermer d'un geste machinale. Il recule d'un pas, sa botte s'enfonce dans la terre rendue boueuse par sa propre urine et la neige fondue alors qu'il grogne de dégoût avant d'agiter le pied pour en chasser la souillure. Bon, et maintenant ? Le pirate s'était méchamment éloigné des siens et à présent, le voilà perdu au milieu de nulle part. Dans le froid. Il ajuste le veston de fourrure sur ses épaules, tourne le dos à l'arbre endormit par l'hiver et observe les ruines qui s'étendent devant lui. Les amoureux de la nature et de toutes ces foutues conneries devaient adorer cet endroit, lui... Il avait juste envie de cracher dessus. D'ailleurs... Il renifle, fort. Il maintient sa salive et sa morve dans le fond de sa gorge alors qu'une grimace déforme son visage puis dans une expectoration écœurante, il libère son glaire qui vient s'échouer dans la neige.

Hey ! Vous vous êtes perdu aussi ?

Les oiseaux avaient un drôle de piaillement ici. Ou alors, c'était une voix humaine. Perplexe, Abel lève les yeux vers le ciel grisâtre, arque un sourcil qui donne à son faciès un mou peu amical et écoute. Il tend l'oreille, le benêt. Ce n'est pas les oiseaux, c'est bien un humain. Lentement, le pirate pivote sa carcasse morbide en direction des crissements de pas dans la neige. Le petit gars doit pas être bien plus âgé que lui en réalité. Abel l'observe un instant, il réalise combien il a faim. Il s'est éloigné, n'a pas pris avec lui de quoi manger. Ses comparses pourraient rire de cet instinct de survie médiocre et il entendait déjà son bras droit le rabrouer sur son idiotie. Alors il se souvient, le terrible capitaine, que son éloignement n'était pas juste pour la solitude mais aussi dans l'espoir de trouver une proie à se mettre sous la dent. Il est lent du bulbe, aujourd'hui. Sans doute ralenti cérébralement par l'hiver ou bien est-il simplement sot ? Peut-être un peu des deux. Il dévisage l'homme qui cherche à retrouver son chemin, tout comme lui. Son aide serait probablement la bienvenue mais Abel préfère y voir là, une opportunité de se faire plaisir.

« T'es qui, toi ? »

Lâche-t-il sans la moindre forme de politesse. Ses yeux sombres continuent d'inspecter la silhouette du jeune homme. Est-il armé ? A-t-il sur lui des possessions de valeur ? Tout est bon à prendre, pas seulement la chair sous sa peau. Il a l'air bon, tout de même. Et puis il est beau, ça l'agace. Abel n'aime pas les gens beaux... Il les jalouse atrocement. Mais un petit coup de chicots et il n'y paraîtra plus. Fini ce sourire mielleux, ce visage figé de pseudo perfection. Saignant et défiguré, il sera beaucoup plus attrayant. L'homme refoule ses bas instincts rapidement, il se rappelle qu'il n'est pas en bonne posture et que laisser place à sa faim ne le ramènera pas à son équipage. Il soupir, gratte son crâne chauve et tatoué avant de regarder autour de lui et murmuré d'une voix hagard.

« J'suis pas perdu, je dirais plutôt que j'ai pas bien fait gaffe où j'allais... On est au nord ou au sud ? Peut-être bien à l'est... »

Il se tourne vers le nouveau venu, fait un pas dans sa direction avant de le dévisager encore. Son estomac gronde de faim, le froid n'aide en rien et son impatience encore moins.

« Toi là, le maigrelet ! Tu n'as pas un vu un groupe d'hommes et de femmes bruyant et tordus en venant dans l 'coin ?»

Dans le doute, peut-être avait-il croisé l'équipage du Moissonneur ? Mais pas sûr qu'il s'en soi sortit vivant si cela avait été le cas.

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29/01/2017 Lynelf 142 Xavier Dolan Ava by Lux Aeterna / Sign' by okinell. (Bazz') Menuisier § Artisan et artiste 10


Sujet: Re: Cacophonie de tendres souvenirs
Dim 26 Fév - 3:34

Cacophonie de tendres souvenirs
Abel & Heïnrik

Il avance doucement. Il ne peut réprimer totalement toute cette joie exubérante qu'il n'a, de toute façon, ni l'habitude ni l'envie de diminuer. Il se demande ce que peut bien penser l'autre. Ce qu'il peut penser de lui et de tout ce qu'il regarde. Clairement, il n'a pas l'air très joyeux. Et Heïnrik n'arrive pas à s'imaginer le son que pourrait avoir son rire. Un petit bruit guttural ? Un tonnerre brusque et vibrant ? Un rire effrayant comme ce qu'il est peut-être malgré lui mais qui ne le dérange visiblement pas plus que ça. Oui, Heïnrik, ne voit rien qui ne puisse pas être effrayant chez cet homme. Et son cœur bat plus fort en réalisant qu'il se tient si près de cette angoisse grondante. Il n'a pas vraiment peur pour lui. Au contraire. Il en veut plus. Cette adrénaline qui le fait frissonner, il ne s'en lasse pas. Il reste loin. Il contemple l’ensemble. Ce tableau inattendu. L'homme sombre se promenant dans la splendeur du paysage. C'est un poème qui transperce les quelques émotions qu'il arrive à identifier. Excitation. Amusement (de la découverte). Questionnement (de l’inattendu). Peur (de l'inconnu). Intimidation (de l'inexplicable). Et il se tient là, son demi-sourire toujours au bout de ses lèvres quand la voix lui demande brusquement qui il est. « Moi, c'est Heïnrik. Enchanté. » Le ton ironique souligne le manque de politesse de son interlocuteur. Cela ne le blesse pas, il n'en a même pas absolument rien à faire. Mais le nouveau venu n'a pas besoin de le savoir.

Il le regarde divaguer en fronçant ses sourcils joyeux. Il suit son regard, essaye de le comprendre. Son murmure est difficile à percevoir. Heïnrik croit entendre une question de Nord ou de Sud, mais il n'en est pas certain. Il est aussi un peu trop occupé à étudier tous les tatouages qu'il peut voir sur le crâne de l'autre. Il se perd dans la contemplation. Il aimerait pouvoir toucher tous les détails. Et si tout son corps est ainsi, Heïnrik se dit qu'il pourrait y passer des heures, des jours. A juste le regarder. Peut-être redessiner certains de ses tatouages pour les sculpter plus tard. Il en ferait une fresque. Une fresque sur un immense tronc. Un tronc qu'il mettrait en plein milieu de son salon, qu'on essaierait de lui acheter mais qu'il ne donnerait pour rien au monde. Qu'il garderait pour lui seul et qui passerait de génération en génération. Qui deviendrait un monument qu'on ne comprend plus vraiment quand les explications se seront perdues au fil des années. Qui deviendrait une légende.

Il sort brusquement de ses pensées lorsque l'inconnu se retourne. L'autre fait un pas en avant. Heïnrik en fait un petit en arrière. Instinctivement. La question est aussi brutale que tous les gestes de l'homme le sont. Heïnrik ne se pensait pas si maigrelet que ça. Il ne faisait que le sport minimum. Il devait bien avoir quelques bouts de gras en trop. Des bouts qu'il aimait bien mais que certains identifieraient comme des surplus absolument pas nécessaires. « Hum. Non. J'ai rien vu de tout ça. » Et si ça avait été le cas, il ne savait pas s'il les aurait abordé aussi facilement qu'il l'avait fait avec lui. Parce que si tordus voulait dire aussi brutaux, il se serait sans doute contenté de les observer de loin. Du moins, c'est ce qu'il aime à penser. Il est sans doute un peu masochiste sur les bords mais peut-être pas suicidaire non plus. « On peut faire un bout de chemin ensemble, si tu veux. J'ai du temps à perdre. » Ou c'est le temps qui le perd ? « Mais bon, je suis pas d'ici et t'as pas l'air non plus alors je sais pas si on va aller bien loin. » Il lâche un rire bref. Il est même quasiment certain qu'ils se perdront encore plus. Ce qui ne le dérange pas forcément. « Au fait. C'est quoi ton nom à toi ? T'es pas du coin, si ? » Il a abandonné le vouvoiement aussi rapidement que l'autre l'a tutoyé. Il essaye de s'adapter. C'est souvent la meilleure façon d'en apprendre plus sur les gens, il l'a remarqué. Adopter leur attitude. Leur faire penser qu'on est totalement en phase avec eux pour qu'ils se sentent ainsi plus en confiance et se livrent alors plus facilement. Cela fonctionnait, parfois. A vrai dire, il doutait aussi de ses capacités de mimétisme.


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Dernière édition par Heïnrik Auðunn le Lun 27 Fév - 19:15, édité 1 fois

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02/02/2017 Nexus 439 Rick Genest Nexus Capitaine du Moissonneur | Maniement des armes & navigation 0
Le Porte-Mort


Sujet: Re: Cacophonie de tendres souvenirs
Lun 27 Fév - 15:24

Il a rienvu.
Il a rien entendu.
Il est pas bien utile, ce gamin. Abel sent la frustration tenailler ses tripes. Cela l'agace. Il veut rentrer auprès de ses hommes, veut retourner en mer... Au lieu de quoi il est bloqué ici, au milieu de nulle part et sur la terre ferme. Il n'est pas à l'aise, il n'est pas content... Et Abel est dangereux, quand il est mécontent. Plus que d'ordinaire. Alors quand l'autre recule d'un pas, il penche la tête sur le côté. Il a peur ? Il est méfiant ? Il a bien raison. Faut dire aussi qu'avec sa gueule de mort, le pirate n'inspire pas confiance. Mais ça lui convient très bien. Il l'observe en silence, le petit bonhomme tout gentil, tout souriant. Lui est immobile, stoïque, raide comme un pic. Il doit pas bien voir clair, le petit homme. Est-ce que le monstre tatoué à l'air d'un homme avec qui on peut faire la causette et se balader tranquillement en forêt ? Cela le démange de son sortir son arme, de glisser sa lame dans ses entrailles.

« J'ai pas de temps à perdre, moi. »

Rétorque Abel plus froidement. Il prend une position nonchalante, lève le nez et observe la cime des arbres. Les sapins ne laisse que peu entrevoir le ciel... Et puis il y a toujours le piaillement aiguë de ces foutus oiseaux. La beauté de la nature aussi, ça l'agace. Il soupir, voûte le dos avant d'ajuster le fourrure sur ses épaules. Faut croire qu'il avait pas pisser assez dans les parages. Pire qu'un animal qui marquait son territoire. Mais humain, Abel ne l'était plus de trop, depuis trop longtemps. Il porte à nouveau son regard vers son comparse qui le questionne sur son nom, sur d'où il est vient. Il hésite puis grogne, toujours hagard.

« Nah, j'suis pas du coin. »

Il retient son souffle, observe toujours l'homme qui lui fait face. C'est drôle, mais il a la désagréable impression de le connaître. Abel réfléchis, cherche dans sa mémoire puis sort sa lame de son étui avant de la diriger vers sa bouche. Il étire les lèvres et vient curer ses dents de la pointe de son arme, grognant toujours, suspicieux.

« Ta gueule me dit quelque chose, pignouf. »

Peut-être qu'il avait du tuer sa famille ou des amis à lui. Il n'en savait foutrement rien et s'en fichait royalement, pour être honnête. Il avait tué trop de gens pour se souvenir de chacun et ce n'était certainement pas le remord qui allait l'étouffer. Il se racle la gorge, abaisse sa lame et renifle, continuant de fixer l'homme qui lui fait face. Il en avait même oublier sa faim...

« T'as dit que c'était quoi ton nom, déjà... ? »

Il ne l'avait pas dit. Tout comme lui-même avait esquivé la question. Alors il était là, en chien de faïence à fixer le bonhomme, se demandant si il devait attendre pour le tuer ou bien le faire maintenant. Il y avait toujours cette horrible tentation mais ce gars était sans doute la seule chance qu'il avait de retrouver son chemin et son équipage.



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29/01/2017 Lynelf 142 Xavier Dolan Ava by Lux Aeterna / Sign' by okinell. (Bazz') Menuisier § Artisan et artiste 10


Sujet: Re: Cacophonie de tendres souvenirs
Lun 10 Avr - 1:04

Cacophonie de tendres souvenirs
Abel & Heïnrik

Heïnrik ne rigole pas mais trouve cela bien drôle. Celui qui se tient devant lui, sur lequel il n'arrive pas à mettre un seul adjectif pour le définir parfaitement, lui dit ne pas avoir de temps à perdre. Et pourtant, il se tient là, le nez en l'air. Le brun trouve cela dommage, aussi, de ne pas avoir de temps à perdre. Parce que pour lui le temps est fait pour être perdu. Il n'y a que de cette façon que l'on profite de la vraie vie. Celle qui mérite d'être vécue. Celle dont on veut se souvenir à la fin. Celle qui nous rend le plus heureux. Celle qui nous fait découvrir et redécouvrir le monde et ses plus beaux atouts. Celle qui nous fait regretter, parfois, de ne pas avoir plus de temps. « Vous loupez quelque chose. » Son ton est nonchalant mais les paroles, il les pense. Il trouve ça dommage sans y pouvoir quoi que ce soit. Et parce qu'il n'est pas du coin, il devrait encore plus profiter du temps qui passe et du temps qu'il a maintenant devant lui après s'être perdu. Il ne dit rien de tout ça, pourtant, Heïnrik. Il marche sur la pointe des pieds avec cet homme. Il veut tester certaines choses mais pas de trop grandes. Il y va doucement, il prend des chemins différents. Au final, il préfère presque imaginer plutôt que d'en être certain. Parce qu'il sent qu'il n'a pas le contrôle de l'homme et qu'il est impossible de prédire ses réactions. Impossible, de même prédire si elles seront amicales ou non. Et cette impossibilité de prédire le futur inquiète autant qu'elle fascine Heïnrik. Dans l'inconnu, son imaginaire se déploie et les sensations se font plus denses et plus intenses. Et Heïnrik ne vit que pour ces sensations qui montent en lui ou dans les corps de ceux qu'il observe. L'inconnu est excitant. Et si prédire pour avoir parfois raison peut faire plaisir à Heïnrik. Ne rien savoir lui plaît encore plus.

Il se mord la lèvre avant de dire ce qui lui passe par la tête. Heïnrik a senti le changement d'atmosphère sans pouvoir rien y faire. Il l'a senti se détériorer alors que l'homme tatoué semblait enfin le voir. Il hésite. Parce que cette bête mi-homme, mi-monstre, pourrait se retourner contre lui d'un instant à l'autre. Ça aurait été quelqu'un d'autre, il aurait adoré voir ça, Heïnrik. Voir la moitié homme laisser la place à la moitié monstre. Voir la rage sur les tatouages. Il les imaginait déjà bouger férocement sur son corps, les tatouages. D'abord un effet d'optique grâce aux muscles qui s'activent, l'hallucination serait devenue réelle tandis que sa vélocité le rendrait flou. Il imaginait le plaisir indiscutable qu'il aurait eu à voir ce spectacle, Heïnrik. Pour autant, il savait très bien qu'il n'aurait aucun plaisir à voir ce spectacle se retourner contre lui. Alors il hésite. Il étudie le visage et l'attitude de l'autre et il en vient à la conclusion que ne pas lui répondre risque de l'énerver. Et puis, il ne voit pas en quoi son nom pourrait l'énerver. Comme il ne voit pas pourquoi son visage lui dirait quelque chose. Il est certain de ne l'avoir jamais connu. Il se dit qu'il s'en serait souvenu, tout de même. Un phénomène comme celui-ci, ça ne s'oublie pas. Alors il n'y a plus vraiment à hésiter. « Heïnrik. » L'Iskaar laisse passer deux longues secondes entre eux. Son sourire n'est plus aussi grand qu'auparavant mais il est toujours présent. Il n'est pas malheureux, après tout. « Auðunn. » Et puis, pour une raison obscure, peut-être une politesse exacerbée. Probablement une envie de donner à l'autre pour que l'autre donne en retour, il ajoute doucement quelques petits mots. Attendant avec impatience une réaction quelconque de son interlocuteur étrange. « De l'île enneigée des Iskaar. » Son sourire se fait moindre d'un côté mais grandit de l'autre. Son ton ne se fait pas moqueur mais son attitude laisse penser le contraire. « Enchanté. Et toi ? » Il appuie légèrement sur les cinq syllabes qu'il prononce sans pointe d'ironie aucune, presque indiciblement. Juste assez pour que sa fierté ne soit pas délaissée. « Je ne crois pas te connaître. Je pense que je m'en souviendrai. » Il ne pense pas. Il sait. L'homme qui se tient devant lui est de ceux qu'on oublie pas. Et Heïnrik se dit qu'il doit donner beaucoup de cauchemars à ses rencontres de passages. Lui, il a hâte de le revoir en rêve.



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Le Porte-Mort


Sujet: Re: Cacophonie de tendres souvenirs
Mer 19 Avr - 18:05

Heïnrik. Auðunn.

Cela explose en lui comme un orage vicieux, déferle comme un torrent violent. En quittant sa terre natale, Abel évite une sentence probablement pire que la mort pourtant, il y avait des choses intemporelles qui ne change pas. Comme ces souvenirs sombres et venimeux qui avaient empoisonné son existence. Ce nom, jamais il pourrait l'oublier. Il en avait trop bavé, il en avait trop souffert... Abel est figé, le regard toujours tourné vers la cime des arbres morts, observant le ciel gris dont la pâle lumière se reflète sur ses orbes sombres. Il est crispé comme jamais, il a envie de mort, de sang, de tripes. Ce n'est pas la faim qui parle cette fois. C'est la pure envie de vengeance, celle qui n'a jamais pu assouvir. On l'avait châtié, humilié pour être né comme l'avorton de la tribu... Finalement, c'était les gens comme Heïnrik qui avait fait de lui ce qu'il était. Sans doute aurait-il dû le remercier pour ça.

De l'île enneigée des Iskaar. Enchanté. Et toi ? Je ne crois pas te connaître. Je pense que je m'en souviendrai.

À chaque mot que bavait l'idiot, Abel avait de plus en plus ce besoin de lui arracher la langue. Il le devrait, il aurait pu. Après tout ils étaient seuls au milieu de nulle part, qu'est-ce qui retenait son geste. Absolument rien et c'est pour ça que le macabre pirate leva soudainement la main avant d'envoyer son couteau dans la direction de sa nouvelle proie. La lame fend l'air dans un sifflement, le frôle de justesse avant de tomber et rouler lourdement dans la neige qui amortit sa chute. Il n'en faut pas plus pour le monstre pour se jeter sur son ancien confrère, le collant contre l'arbre le plus proche alors que ses lèvres se retroussent dans une grimace de haine. Il siffle, il bave même. Il a la haine au bord des lèvres. Il revoit le visage de sa mère, ses larmes. Il repense au goût qu'avait sa sœur. Le visage de son père le hante soudaine. Cette famille qu'il avait massacrée, notamment parce que des gosses comme Heïnrik lui avait fait vivre l'enfer jusqu'à ce qu'il en devienne complètement malade. Fou.

« On m'appelle la Porte-mort... Mais pour toi y a qu'un nom que tes lèvres auront le droit de prononcer... »

Dans sa folie, il secoue l'Iskaar. Il avait envie de lui arracher chaque parcelle de peau de son visage, lui effacer ce sourire médiocre de sa petite gueule d'enflure. Parasite, profiteur, sans cœur... Il en aurait eu des mots pour le désigner. Peu importe qu'il ne soit plus ce gosse qui l'avait si durement jugé, qu'il soit un homme peut-être diffèrent à présent. Abel avait la rancune tenace, mauvaise comme une teigne. Il fait claquer ses dents non loin du visage de sa victime, ses poings se resserrant sur la fourrure qui le couvre et le préserve du froid. Tout n'est que manipulation pour laisser la peur s'immiscer en lui. Il ronronne et grogne comme un animal, ce qu'il désire le plus outre que de le voir mort . Voir cet homme à genoux, le supplier et baigner dans son propre jus.

« Abel. »

Souffle-t-il au visage du jeune homme avant de soudainement le pousser vers le sol, laissant sa jambe crocheter les siennes pour forcer Heïnrik à chuter à mettre la neige.

« On a des choses à se raconter toi et moi, connard. Je suis sûr que tu vas apprécier les détails croustillants de nos souvenirs d'enfance. »


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Sujet: Re: Cacophonie de tendres souvenirs
Jeu 1 Juin - 23:23

Cacophonie de tendres souvenirs
Abel & Heïnrik

Il y a de ces jours où on se dit qu'on aurait dû se taire. Prendre un autre chemin, détourner la tête, partir vers des horizons aux couleurs plus charmantes, laisser l'incertitude de côté, l'oublier, la laisser s'échapper. Heïnrik comprend un peu trop tard qu'il n'aurait probablement pas dû s'attarder par ici. Il ne perçoit pas tout de suite le changement d’atmosphère, ce petit courant qu'entraîne sa voix portant son nom. Dans tout son bonheur d'avoir face à lui un être si hypnotisant, plein de questions pour son esprit qui ne cesse d'imaginer, il ne fait pas attention aux effets qu'ont ses mots sur l'objet de sa curiosité. Non. Il ne voit que le corps et cette aura mystique qui virevolte autour de lui. Il ne voit que ses mains sur le bois qu'il réquisitionnera à son tour, et les tracés qu'ils marqueront profondément. Il ne veut voir que ce que cette rencontre lui fera faire. Et à trop s'imaginer dans le futur, il en oublie le présent. Ce présent où la tension devient trop virulente pour être ignorée. Il n'a pas le temps de réagir alors qu'il voit la lame arriver tout droit vers lui. Sa respiration s’accélère lorsqu'il comprend avoir échappé de justesse à une douleur intense. Elle se bloque quand ce n'est plus une arme qui fonce sur lui mais l’œuvre d'art qu'il examine depuis plusieurs minutes déjà. Le dos de Heïnrik s'enfonce dans l'arbre le plus proche. Ou est-ce l'arbre qui s'enfonce dans son dos ? Celui qu'il admirait quelques secondes plus tôt le regarde à présent avec l'expression de haine la plus pure. Le brun voit ses vêtements servir de serviettes à la bave de l'autre mais il ne les regarde pas. Il n'ose plus bouger. Ses yeux s'accrochent à ceux de celui qui le tient.

Les paroles sont aussi brutales que le corps. Des postillons arrivent sur le visage de Heïnrik et il se demande s'ils vont s'incorporer dans sa peau, s'il ramènera un peu de l'ADN du Porte-mort avec lui. Porte-mort, ça lui dit quelque chose. Comme un écho au loin, oublié dans les tréfonds de sa mémoire. Mémoire qui se fait secouée en même temps que tous ses membres. Heïnrik lève le nez alors que les dents de l'autre claquent à quelques millimètres de sa peau. Il ne rigole plus maintenant, l'Iskaar. Il écoute les grognements, les grognements d'un animal en chasse. Il est subjugué et terrifié. Jusqu'à ce que l'autre lui souffle son nom tel un présage malveillant. Une réminiscence. Un tourbillon de rage. Un peu tout ça à la fois. Et en moins de temps qu'il ne le faut pour le dire, Heïnrik se retrouve à terre, à regarder l'ombre aux reflets chairs lui cracher son dernier venin. Il essaye de reculer, à la fois lentement et rapidement. Il se prend les bras dans la neige, dans la terre, dans les branches. Il se relève lorsqu'il est à un bon mètre de l'autre Abel. En une seconde il est debout, les mains en l'air. Autant pour se protéger que pour signaler qu'il ne veut pas se battre, pour essayer d'apaiser. Mais les souvenirs commencent à revenir. Et avec eux, la pensée qu'un apaisement risque d'être bien difficile.

Il regarde ledit Abel d'un nouvel œil. Il essaye de l'imaginer sans sa deuxième peau, avec un peu plus de cheveux, des cheveux qui criaient au monde la douleur qu'il allait causer. « Abel ? » Alors il se souvient, de ce gamin, ce gamin de son âge qu'il regardait se faire détruire à petit feu avec délectation. Il se souvient des paroles qu'il lui suffisait de prononcer pour que la violence se déclenche en ces camarades, sur lui. « Abel. » Il a peur et pourtant ses lèvres s'étirent. Il le reconnaît et aime le reconnaître, aime sentir les souvenirs refaire surface petit à petit. Plus encore, au fond de lui, sous les couches du plaisir malsain qu'il prenait à détester l'être que tout le monde détestait, il est heureux de voir ce qu'Abel est devenu. Le fait qu'il soit roux, qu'il soit le roux de son enfance, le chagrine un peu. Après tout, est-ce vraiment bien prudent d'esquisser la peau d'un homme aux cheveux de feu sur le bois sacré ? Heïnrik se dit que cela risque de lui apporter des ennuis. Il ne sait pas, après tout, à quel point la malédiction peut s'étendre. Il ne suffit peut-être pas de grand chose. « J'hésite entre la déception de voir que t'as survécu et la joie de voir à quel point t'es devenu fascinant. Ce serait pas toi, je t'aurais dessiné des années durant. » Et peut-être qu'il le fera mais ça, il ne l'avouera pas. Il ne se l'avouera pas. Tout comme il n'arrive pas à prendre la décision de courir en sens inverse. Parce qu'il est subjugué par la créature qui se tient devant lui. Il n'arrive pas se dire qu'il faut qu'il s'éloigne pour sa propre survie. Son envie de l'admirer reste plus forte que son instinct qui lui crie de s'en aller. « Mes souvenirs d'enfance sont délicieux. » Il ne sourit plus mais, clairement, il aurait peut-être mieux fait de réfléchir avant de l'ouvrir, Heïnrik. Il recule à l'aveugle et se dit que cela ne suffira pas.



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Le Porte-Mort


Sujet: Re: Cacophonie de tendres souvenirs
Dim 4 Juin - 11:19

Abel ? Abel.

Ce nom si singulier qui serpente entre les lèvres de, l'Iskaar. Il se remémore, il se souvient et pendant ce temps, le pirate lui a fait son bout de chemin à grandes enjambées jusqu'à son arbre pour aller arracher à l'écorce, la lame qui s'y était planté. L'adrénaline circule avec une force rare, noyant son sang comme un raz-de-marée alors que la carcasse du macabre capitaine se tourne à nouveau sur son ennemi de toujours. Il en avait vu des êtres mauvais, son équipage lui-même était constitué de gens tordus et malveillants. Mais Heïnrik lui, c'était une tout autre affaire. Il était l'atrocité personnalisée cachée sous un sourire d'ange. Abel renifle, faisait tournoyer la lame entre ses doigts dans un jeu habile et qui trahit son besoin de faire du mal, peu importe à qui.

J'hésite entre la déception de voir que t'as survécu et la joie de voir à quel point t'es devenu fascinant. Ce serait pas toi, je t'aurais dessiné des années durant.

Un grognement sourd s'échappe de la gorge d'Abel qui détourne le visage, son faciès mué dans une expression de rage. Oui, il avait survécu et il avait fait bien plus que cela, il s'était battit une vie meilleure et s'était construit un empire sur les flots. Un rire gras et discret passe les lèvres tatouées de la vermine des océans alors que son regard sombre glisse en biais vers sa Némésis d'antan.

« Fascinant ? On verra ça quand je t'aurais enfoncé mon couteau au fond de la gorge. »

Quant aux dessins... Qui pouvait bien avoir envie de coucher sa gueule de mort sur le Vélin ? Finalement, Abel n'était peut-être pas le seul à avoir changé pour favoriser l'obscurité de son propre cœur. Qu'est-ce qui le surprend le plus ? De retrouver ce vieil ennemi d'enfance ou voire avec quel plaisir il s'énamoure de sa trogne bariolée ? Alors que l'Iskaar cesse de sourire, sa voix s'élève une fois encore, brisant le silence présentement installé.

Mes souvenirs d'enfance sont délicieux. 

Dans le regard d'Abel, la dernière lumière s'éteint, ses lèvres se retroussent comme ceux d'un animal alors qu'il libère un grondement de rage avant de soudainement s'élancer, se jetant sur Heïnrik. Il use de tout son poids, toute sa masse et le plaque au sol avec une violence rare. L'injure ne restera pas impunie et alors que le capitaine du Moissonneur se met à califourchon sur l'homme du nord, il plaque une main sur sa gorge et de l'autre lève sa lame bien haut, prêt à frapper en plein cœur.

« Mon seul regret, c'est de ne pas t'avoir fait goûter à toute l'horreur dont tu m'as gratifié... Yu gonplei ste Odon Heïnrik Auðunn ! »

S'époumone Abel dans une rage aveugle. Dans un sifflement, la lame s'abat.

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Sujet: Re: Cacophonie de tendres souvenirs
Ven 25 Aoû - 0:19

Cacophonie de tendres souvenirs
Abel & Heïnrik

Le brun n'essaye même pas de cacher son sourire. Heureux, il l'est. Et ce, même s'il n'est pas certain que celui en face de lui connaisse la signification du mot. S'il le nargue, il n'en a pas conscience. S'il l'énerve, il n'en a cure. L'Iskaar est concentré sur lui-même et ce qu'il ressent. Ce qu'il voit. Comment son passé joue sur sa mémoire et comment ses envies lui dictent son futur. Le grognement qu'il perçoit en l'autre l'atteint un instant. Le grondement fait lever certains poils sur son corps. Ses membres subissent un raz-de-marée furtif. Et le sourire se transforme en moue de réflexion lorsqu'il entend la réponse de ce qui fut, autrefois, son plus grand défouloir. Il ne veut pas mourir, Heïnrik. Évidemment qu'il a peur. Son courage et sa force sont aussi petits que son imagination est grande. Il se voit déjà s'enfoncer dans la forêt, courant et trébuchant tous les trois mètres, la main sur son cou en sang, le monstre s'approchant de plus en plus de lui jusqu'à l'ensevelir sous ses tatouages. Il ne se voyait vraiment pas en sortir vivant. Alors il se dit qu'en attendant, il peut bien lâcher tout ce qui lui passe par la tête. « Ça ne va pas m'plaire, pour sûr. Mais ça n'en reste pas moins fascinant. » S'il voulait une petite leçon de philosophie, Heïnrik se ferait un plaisir de lui en donner une. Parler, il savait faire.

Sauf qu'Abel n'a visiblement pas envie d'une petite leçon, là, tout de suite. L'Iskaar voit le pirate foncer sur lui au ralenti. Il n'a pas le temps de bouger, pas le temps de penser à bouger. La seule information qui arrive à son cerveau, alors qu'il peut déjà sentir la peau du tatoué sur son cou et son corps sur le sien, c'est à quel point cela ferait un beau tableau. Puis son cœur se remet à battre follement, comme s'il sentait qu'il ne lui restait plus très longtemps pour le faire. Heïnrik ne peut qu'entendre les paroles d'Abel, qui lui sont criées à l'oreille. La lame s'abat dans son ventre et son cri s'éparpille dans les airs. Il sent le métal bouger et il crie encore. Il sent la main l'enfoncer et il crie toujours. Sa main cogne le cou du pirate et il crie un peu plus. Il se redresse, lui met son poing dans les côtes et il crie pour cacher son sanglot. Il se relève rapidement, difficilement, sa main sur sa plaie, le sang chaud se déversant entre ses doigts. Il ne se retourne pas avant d'atteindre un premier arbre et de se cacher derrière pour reprendre son souffle, comme si ça aller changer quoi que ce soit. Il prend un foulard de son sac, sans même enlever celui-ci, et appuie de toute sa faible force sur ce qui fera maintenant partie intégrale de lui. Tout en faisant cela, il remercie son père de l'avoir forcé à s'entraîner au combat avec lui, malgré toutes les réticences que Heïnrik pouvait avoir. Puis, il crie à nouveau, mais cette fois avec des mots. « T'es sûr que tu veux tuer ton créateur ? Celui qu'a fait c'que t'es maintenant ? Tu devrais me respecter, Abel. Tu serais qu'une loque sans moi. » Il grogne, Heïnrik, après avoir usé de ses forces pour dire ce qu'il pense être la vérité. Ce qu'il sait être la vérité. Et maintenant, il ne lui reste plus qu'une chose à faire. Qu'une seule chose qu'il peut faire pour sauver sa vie. Il se décolle du tronc. Il ne regarde pas où est le pirate. Il court et s'enfonce dans la forêt.



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02/02/2017 Nexus 439 Rick Genest Nexus Capitaine du Moissonneur | Maniement des armes & navigation 0
Le Porte-Mort


Sujet: Re: Cacophonie de tendres souvenirs
Sam 9 Sep - 11:19

La lame dans la chair, le sang qui suinte, le cri de douleur.L'agonie d'Heïnrik fait trésaille le monstre qui le chevauche comme une bête sauvage et assoiffée de sang mais comme le bon Iskar qu'il est, le jeune homme n'est pas arrêté par cette attaque. Pire, dans la détresse, l'adrénaline lui offre la force nécessaire pour porter un coup au pirate qui chancelle et faute d'un équilibre mit à mal, s'étale sur le sol. Abel pousse un grondement sourd, empoignant son arme alors qu'il gît dans la boue comme une pitoyable créature. Heïnrik ne comprend pas mais chaque geste, chaque parole insidieuse ne fait qu’accroître la haine qui sommeille chez le capitaine du moissonneur qui n'a qu'une envie à présent, goûter chaque parcelle de viande qui se crispe sous sa peau.

 T'es sûr que tu veux tuer ton créateur ? Celui qu'a fait c'que t'es maintenant ? Tu devrais me respecter, Abel. Tu serais qu'une loque sans moi.

Le serpent siffle son venin et le cannibale se relève, ajustant son manteau de fourrure sur ses épaules. Abel n'est pas bien causant mais le regard noir qu'il lance à son compère en dit long, très long, sur le dégoût porté envers ses mots. Ce gringalet, son créateur ? Il se surestime grandement.

« Je suis mon unique créateur ! » S'égosille Abel en brandissant sa lame tâchée de sang. « Je suis qui j'ai voulu devenir ! Tu crois vraiment que toi, petit merdeux, est à l'origine de tout cela ? Tu n'as jamais été qu'un gosse égoïste... Tu ne valais rien en comparaison de ce que m'a fait mon père... rien. »

Ce père tant hait qui avait été sa seule et vraie Némésis. Le venin dans son cœur, la gangrène de son esprit. Et même mort, le souvenir de son paternel continuait de le hanté à chaque instant. Ombre silencieuse qui n'avait que pour unique but que de détruire sa descendance malgré la peur viscérale qu'il inspirait. Abel lâche un rire sourd, portant la lame à sa bouche alors que sa langue se faufile entre ses lèvres, s'étire pour venir caresser la lame comme si c'était la peau d'une femme. Le goût du sang électrise ses papilles, révulse ses yeux dans ses orbites. Heïnrik n'était rien, si ce n'est une proie de plus qu'il savourerait lorsqu'il lui briserait les eaux, se gaverait de sa chair et se noierait de plaisir dans son sang. Un autre visage qui finirait dans l'oubli, abandonner dans les sillages du terrible moissonneur.

« Cours Heïnrik... Car lorsque je t'attraperais... Je te massacrerais. »
Ses lèvres s'étirent en un sourire malsain. « Après tout, je te le dois bien, non ? »

Et le monstre s'élance avec une détente impressionnante. D'un pas rapide, sa marche devient une course alors qu'il pousse un grognement dément qui trahit toute la folie malsaine dont il est doté. Abel exulte de haine, est rongé par la vengeance. Il est prêt à tuer cet homme qui autrefois n'était qu'un garçon mesquin. Mais Heïnrik méritait-il de mourir pour n'avoir été qu'un petit garçon idiot ? Pour Abel, cela semble être le cas. Il se faisait juge et bourreaux de ses proies et Heïnrik n'y échapperait pas.

« Heïnriiiik... »

Chantonne le cannibale qui cesse de courir, observant la clairière perdue au milieu de nulle part. Le gosse se planque bien, trop peut-être. Abel sifflote doucement, écoutant le son de sa voix dont l'écho se répercute dans les environs.

« Toi qui te dis mon créateur... Comment vis-tu le massacre que j'ai causé sur ma famille ? Tu sais ce que j'ai fait à ma sœur ? » Rire sifflant. « Elle était si douce, si potelée... Sa chair a été la première dont je me suis délecté et de très loin celle que j'ai préféré... Alors dis-moi, créateur... Es-tu toujours aussi heureux du monstre que tu jures avoir mis au monde ? »

 

Cacophonie de tendres souvenirs

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