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˜˜˜˜˜˜Être vivantes, énormément.
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22/07/2016 Lynelf 477 Naya Rivera Lux Aeterna -> Ava' | Quiet Riot (Bazzart) -> Signa' Chasseuse • Chasse + Maniement des armes 136
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Sujet: Être vivantes, énormément.
Dim 5 Fév - 18:01

Être vivantes,
énormément.
Tamara & Alysha

Il y a de ces moments où l'on sent qu'on va passer un sale quart d'heure. Mon voyage arrivait presque à sa fin. Je ne devais pas être à plus de quatre jours de trajet à cheval des Calusa, selon mes estimations. J'étais plutôt insatisfaite de cette petite aventure. Entre les Rahjaks qui m'ont dépouillé, certaines rencontres dont je me serais bien passée et le fait que je n'ai toujours pas vu la moindre trace de lui, j'ai l'impression d'avoir perdu mon temps. Ce n'était pas un voyage catastrophique -il y a eu quelques bons moments ou des moments qui auraient pu être pires- mais ce n'était pas celui que j'aurais voulu non plus. Je suis plus fatiguée que jamais et j'essaye tant bien que mal de ne pas désespérer. Ce qui s'avère compliqué quand on a plus l'impression de reculer que d'avancer depuis des années. Aujourd'hui, en tout cas, mon moral est au plus bas. Et mon désespoir grandissant, mon attention s'amenuise. Alors quand Celo, mon cheval m'accompagnant depuis des mois, commence à partir à la dérive, je ne le vois pas tout de suite. Je ne le vois même pas du tout. Ce n'est que lorsqu'il sursaute puissamment, m'obligeant à me laisser tomber sur le côté pour ne pas risquer de me faire écraser plus tard, que je reviens à moi et réalise que nous avons dévié de plusieurs kilomètres. Et de toutes les directions que nous aurions pu prendre, il a fallu que ce soit celle-là. La brume qui commence à nous entourer faiblement ne laisse aucun doute. Accroupie par terre, les dagues à hauteur d'épaules, j'observe Celo se cabrant face à je ne sais quoi. Je soupçonne un serpent d'une quelconque sorte ou quelque chose du même genre. D'un seul coup il s'enfuit. Je saute pour attraper les rennes. Trop tard. Je les frôle sans pouvoir refermer mes doigts dessus. Je cours derrière lui tout en sachant très bien que je ne pourrais pas le rattraper s'il ne ralentit pas. Je le perds de vue plusieurs fois et doit tendre l'oreille pour continuer ma chasse. Mes jambes me tirent mais je n'y prête pas attention. Je n'ai plus qu'un objectif : ne pas le laisser s'échapper. La brume se fait plus dense à certains endroits, je plisse les yeux et continue. J'aurais voulu me couvrir le nez et la bouche mais cela me ralentirait trop. Je commence à avoir le tournis par moments. Nous sommes allés trop loin. Et puis, enfin, je le vois. Il s'est arrêté pour boire dans une clairière. Il relève la tête lorsque j'approche. Je baisse mes dagues, l'appelle doucement. Il ne réagit pas. Il m'observe de ses yeux intelligents. Je le sens fatigué d'avoir dû courir avec tous ces poids sur son dos. Il souffle, baisse la tête. La brume l'enveloppe et le rendrait presque mystique. Je dois me rappeler que je le connais pour ne pas le traiter comme une autre bête. Il relève la tête. Je recule vivement. Ce n'est pas Celo. La clairière se transforme en champ de ronce. Je sens d'un coup le sang sur mes jambes. La selle et les sacoches ont disparu. Les yeux de l'animal sont emplis de férocité. Le cheval gratte le sol et j'y vois là mon signe de départ. Je me retourne et cours en sens inverse. Du moins, c'est ce que j'espère. Cette fois, je prends quelques secondes pour me fabriquer un masque de fortune. Je dois chercher Celo. Je ne peux pas retourner au village sans lui. Le voyage se rallongerait de plusieurs jours voire semaines. Il possède toutes les vivres que j'ai accumulé -peu, mais nécessaires à la suite de mon voyage. Si je reviens au camp sans lui, on me posera des questions, on me demandera des comptes et à raison. Mais surtout, je me suis attachée à lui. Il est devenu mon seul compagnon, celui à qui je parlais de tout et qui, parfois avais-je l'impression, me répondait. Il était celui en qui je pouvais avoir confiance. 

J’aire pendant plusieurs minutes. Je m'éloigne légèrement de la brume sans pouvoir pour autant pleinement respirer. Je m'en veux d'avoir été aussi idiote mais je ne peux pas penser à ça maintenant. Il faut que je sorte. Le plus rapidement possible. Je me dis que si je n'ai pas d'autres hallucinations, je peux encore m'en sortir. Mais je n'ai pas trop envie de tenter le diable non plus. J'avance en courant à moitié. Me repérant au peu de soleil que j'aperçois, à la mousse sur certains arbres. Je ne pense pas être tout à fait perdue mais je ne suis pas au bon endroit. Mes mollets commencent à me faire terriblement mal. Je trébuche une fois. Deux fois. La troisième fois, ma jambe touche ce qu'il ne faut pas. Je sens un morceau de bois m'érafler profondément toute la longueur de la cuisse. Je crie de douleur mais je me relève, les mains en sang. J'ai l'infime espoir que Celo m'ait attendu près d'un point d'eau. Qu'il ne soit pas parti trop loin. Il est déjà venu par ici et je me dis qu'il reviendra peut-être sur un chemin connu. Je pourrais me soigner si je le retrouve. Il m'a attendu, j'en suis sûre. Contente de ma conclusion, je m'assoie près d'une souche. Le brouillard ambiant est moins étouffant que tout à l'heure. J'examine un peu ma plaie puis mes mollets sanglants. Le monde tangue. Ou est-ce moi qui tangue ? Sans trop savoir comment, je me retrouve couchée par terre, appréciant la terre sous mes doigts, une main toujours sur ma cuisse. Je lutte pour rester éveillée. Il ne faut pas que je m'endorme. Pourquoi ? Je ne sais pas. Il ne le faut pas, c'est tout. Je me retourne plusieurs fois. J'essaye de trouver une bonne position pour dormir, malgré moi. Le bois craque sous mon dos. Je dois rester alerte. Je ferme les yeux un instant. J'entends du bruit à côté de moi. Il y a du mouvement. Cela ne peut qu'être lui, pas vrai ? Je murmure son prénom, espérant qu'il sente mon besoin de lui. « Celo, Celo, Celo. » La douleur dans ma jambe me réveille d'un coup. En me retournant, la plaie a touché le sol. Je la soulève et crie à m'en décrocher la mâchoire. A m'en vriller les tympans. « Celo ! Celo ! » J'ai tout oublié, mon père, mon frère. Tout ce qui compte est le sang qui coule sur ma jambe et mon incapacité à marcher plus de trois mètres. Ma volonté de ne pas en finir ici, maintenant. « Amène-toi, putain ! » Une année passe. Ou deux secondes. Peut-être seize minutes. Ma tête se fait lourde et des gouttes tombent sur mon corps. Je ne vois aucune pluie autour de moi. Pourtant, je suis trempée. Et les arbres continuent de danser ensemble. Me regardent en riant. Un tonnerre approche. Il fait vibrer le sol. Il fait vibrer le ciel. Il fait vibrer l'eau sur mon corps. Un râle. Deux. Une odeur familière. Je relève mes paupières qui pèsent plus lourd que tous les bateaux au monde et je le vois enfin. Il est là et me regarde avec peur et excitation. Je n'ai même plus la force de l'insulter. Je prends appuie sur l'arbre qui me servait de lit et je tente de me relever. Je n'ai jamais été aussi lente de toute ma vie. J'attrape la selle. Ou plutôt, je pose lourdement mon bras dessus. Je m'accroche à elle comme si ma vie en dépendait. Et c'est peut-être le cas. Je me hisse à moitié dessus, en gémissant sous l'effort. Le ventre sur le dos de Celo, j'oublie les rênes et lui embrasse le cou. « Si tu nous sauves, t'auras une carotte. » Mon ton est rauque et faible mais cela suffit à le faire bouger. Je ferme les yeux et le laisse nous guider. Rien ne pourra être pire que ce que nous venons de quitter.


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Sujet: Re: Être vivantes, énormément.
Sam 4 Mar - 20:01


Alysha & Tamara


Assise sur la branche d'un arbre, les jambes pendantes dans le vide, La Sentinelle mordait à belles dents dans la pomme qu'elle venait de cueillir. Elle écoutait le pépiement d'un moineau qui sautillait un peu plus haut, visiblement très occupé à tenter de séduire une "Moinette" qui lui opposait une grande résistance. Ses prunelles observaient les restes d'un ancien bivouac. Quelques semaines auparavant s'y trouvait encore une étrangère blanche qui tentait de se réchauffer. Elle y résida plusieurs jours, Aussi Tamara curieuse s'y rendait régulièrement pour décider si oui ou non elle recélait le moindre danger pour leur peuple. Cependant elle comprit rapidement que non, et lui laissa quelques provisions à sa portée, tout en ne se dévoilant pas à la demoiselle. Puis il y eut ce jour ou elle ne la vit pas, ni le lendemain, ni les semaines qui suivirent. Alors elle s'approcha du campement pour y découvrir quelques objets abandonnés qu'elle recouvrit avec de la verdure. Peut-être l'étrangère y tenait-elle, De plus ça ne ressemblait à rien que Tamara ne connu, ce qui la conforta dans la certitude qu'il s'agissait bien d'une de ces débarqués. Probablement de la seconde arrivée avec lesquels ils entretenaient des liens amicaux. Pourquoi la blonde se retrouva seule, aussi loin des siens, voilà une énigme qui venait parfois envahir les pensées de La Frisée dans les moments plus libres ou elle se détendait.

Ce pourquoi, pendant le retour du beau temps, alors que les bourgeons sortaient de la terre de toutes part, elle se rendit plusieurs fois du coté des restes de L'Odyssée, afin de vérifier si elle ne la retrouvait pas. Mais non. Tamara en profita pour décoder leurs coutumes de très loin tout en jouant quelques tours à certains qui ne la découvrirent pas. Rien de bien méchant. Juste question d’étudier leurs réactions face à l'imprévu. Désormais l'été battait son plein, et quand elle s'en allait vérifier ses pièges, la Sentinelle désormais s'arrêtait non loin du lieu ou vécu la débarquée blonde en pleine nature sauvage. Peut-être réapparaitrait-elle un jour pour répondre aux interrogations de Tamara. Cette dernière, son festin terminé, envoya le trognon au plus loin que sa force lui permettait. Ce qui le fit atterrir dans un taillis. Aussitôt un étrange jappement s'en échappa. Alors qu'elle n'eut pas du l'entendre ses oreilles perçurent le cri parfaitement. D'ailleurs la Frisée l'identifia tout de suite, un coyote. Son Animal Totem. Un signe certainement. Elle se laissa glisser contre le tronc pour se retrouver les deux pieds sur terre, prête au message qui suivrait sans aucun doute. Une fourrure jaillit l'espace d'un éclair courant à travers les herbes hautes pour s'enfoncer plus loin dans la forêt.

Tamara n'hésita pas une seconde se jetant à la poursuite de l'animal. Généralement beaucoup plus prudente, cette fois ci elle refusait d'ignorer l'appel de la nature. Alors à travers les arbres, rapide, habile, furtive, adroite elle ne se laissa pas distancer jusqu'à ce qu'elle croisa, galopant dans la direction inverse un cheval lourdement chargé. Son guide disparu soudainement, elle se figea sur place, elle entendit l'équidé ralentir, elle se retourna pour l'examiner. De son côté la bête la fixait, Tamara le jugea épuisé mais surtout effrayé, elle resta donc immobile le laissant décidé de son prochain mouvement. La présence de la naori sembla le faire changer d'avis, car il entama un demi tour pour repartir au galop exactement dans la direction d’où il provenait. La sentinelle lui emboita le pas car visiblement il appartenait à une personne, un être qui nécessitait probablement de l'aide. Sinon son animal totem ne l'eut jamais menée vers cette étrange rencontre. Cependant il accélérait plus vite qu'elle ne courrait, alors elle se résolu en bonne traqueuse à suivre ses traces, ce qui dans la terre meuble ne lui semblait pas très difficile. Malheureusement cela la mena directement vers la tourbière vénéneuse.

La Naori s'accroupit la ou la brume commençait, sans l'ombre d'un doute le cheval se trouvait au delà de cette frontière. Et tout être qui y pénétrait devenait potentiellement en danger. La jeune fille, bien que jeune, connaissait pertinemment les risques encourus si elle se décidait à s'aventurer dans cet endroit. Elle hésitait, car le fait que le cheval fut vivant ne prouvait en rien que celui à qui il appartenait le soit encore. Cependant aider son prochain, malgré son caractère rebelle demeurait ancré en elle de part sa culture. Aussi personne de sa famille, depuis le décès de son grand-père, l'unique membre qui lui resta, ne comptait sur elle pour que Tamara en prit soin. Donc s'il lui advenait un malheur, elle ne laisserait personne dans le besoin, ni la peine. Donc elle se redressa pour se plonger dans la brume toxique non en avoir recouvert sa bouche, puis son nez du foulard qui ornait son coup. Les traces ne zigzaguaient pas, mais parfois déviaient un peu. La Frisée tendait l'oreille mais se fiait plus particulièrement à tous ses autres sens. Sa vue perçante saisit une ombre sur son côté gauche. Avec précaution elle se déplaça pour la rejoindre. Il s'avéra qu'elle devait s’être laissé trompée par des jeux de d'ombres et de lumières, car elle ne pouvait pas encore souffrir si vite d'hallucinations.

Alors qu'elle se retournait pour rejoindre la piste qui la dirigeait dans cette quête, La sentinelle le vit de nouveau apparaître au devant d'elle. Cette fois-ci une forme humaine "s'accrochait" à lui, immobile. Tamara resta immobile, incertaine à intervenir, puisque finalement les deux retournaient vers une sortie salvatrice. Mais soudainement l'équidé changea de direction décidant de s'enfoncer plus profondément vers le danger. Sans doute que la raison de la bête ressemblait à un morceau de tissu plein de trous, déchirés par les rats ou les souris. D'un pas rapide elle le rejoignit attrapant les rênes, mais remarqua tout de suite à quel point il devait être Farouche à la la manière dont il releva la tête. Ses oreilles s'agitèrent et Tamara modula quelques claquements de langues pour le calmer. Les chevaux elle en fréquentait régulièrement. Elle ne prétendait cependant pas venir à bout de celui-ci mais voyant qu'il ne repartait pas au grand galop elle parla d'une voix qu'elle s'efforçait de rendre douce. « Laisse moi te sortir de là, après tu feras ce que tu voudras » La Sentinelle eut espérée examiner l'être qui se trouvait sur le dos de ce dernier, mais le temps pressait alors elle l'entraîna doucement vers des lieux plus cléments et il ne résista pas.

Quand le soleil chassa l'atmosphère douteuse de l'affreuse tourbière, Tamara continua son chemin pendant quelques mètres avant de lâcher l'animal pour se diriger vers ses flancs. Tout de suite la jambe sanglante de la personne qui reposait là attira son intérêt. Alors qu'elle souhaitait regarder de plus prêt, le corps glissa sur les flancs de l'équidé, puis tomba durement sur la terre alors qu'elle tentait de la soutenir. Une femme, une terrienne, une idiote sûrement qui jouait à se prouver sa bravoure. Inconsciente dans tous les sens du terme. Elle lui tapota doucement la joue pour la faire revenir à elle, puis plus rudement en espérant qu'elle ne se retrouverait pas avec une moribonde sur les bras « Debout la dedans ! C'est finit les jeux d'enfants ! » Mais ça ne paraissait pas assez rapide pour Tamara alors elle saisit la petit gourde accrochée à sa hanche, puis la déversa sur le visage de la femme. Qui seulement alors manifesta des signes de vie. La Naori se recula ensuite, restant agenouillée prêt de la femme , mais la laissant revenir à elle tranquillement. Elle ignorait tout de cette personne, elle pouvait donc aussi bien se révéler sa pire ennemie dans quelques secondes ...

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Sujet: Re: Être vivantes, énormément.
Lun 15 Mai - 2:33

Être vivantes,
énormément.
Tamara & Alysha

Se sentir faible face à l'autre est probablement ma hantise. Je ne veux pas qu'on me jette ce regarde de pitié ou, pire, ce regard piquant qui ne veut qu'appliquer sa supériorité. J'aimerais pouvoir dire que c'est parce que je peux m'en sortir seule mais je crois surtout qu'il s’agit simplement du fait que je digère mal les échecs, quels qu'ils soient et aussi nombreux soient-ils. Et c'est bien un nouvel échec qui m'attend aujourd'hui. Qu'il se termine par une mort ou non. Je n'arrive même pas à en vouloir à Celo, que je pense pourtant souvent beaucoup plus intelligent que certains humains. Je ne vais pas en vouloir non plus à la nature d'avoir repris ses droits. On en arrive donc rapidement à la conclusion que la seule à blâmer reste moi. C'est ce qui me désespère le plus alors que je continue de chercher mon cheval en m'enfonçant de plus en plus dans la forêt et la tourbière. C'est ce dont je me rappelle soudain quand je vois ma jambe en sang et que je m'écroule au pied de l'arbre. C'est ce qui s'impose à moi quand mon frère apparaît devant moi et me regarde de ses yeux vides. Morts. Je m'échappe peut-être alors autant de lui que de l'endroit lui-même en remontant sur le dos de mon cheval. Encore plus en me laissant tombée dans le noir profond.

On frappe. On frappe à l'intérieur de ma tête. Un bruit sourd et lointain. Mes sourcils se froncent. Je retombe. Ne plus penser. Ne plus ressentir. Oublier. Et puis l'eau arrive d'un seul coup. J'ai l'impression de m'étouffer. J'ouvre les yeux un instant, choquée, la lumière du monde m'éblouit tellement que je n'ai pas le temps d'analyser quoi que ce soit pendant l'unique seconde où mes pupilles souffrent. Si ce n'est une ombre à mes côtés. Je m'étouffe. Je tousse. Je tente de me relever mais je n'y arrive qu'à moitié. Entre deux goulées d'air, j'arrive simplement à articuler un son. « Maman ? » Alors que j'ai accepté son sort depuis déjà trop longtemps, elle est la seule qui me vient à l'esprit. Plus que l'envie d'entendre à nouveau le rire de Mjeivi, plus que l'envie d'enfoncer mes dagues dans l'âme de mon père, je veux sentir la main de ma mère dans mes cheveux et ses murmures me disant que tout ira bien. Je continue à respirer bruyamment pendant de longues secondes tout en essayant de m'habituer à la lumière ambiante. Je distingue mieux les formes féminines à mes côtés, maintenant. « C'est toi ? » Mais si ma tête continue de tourner, mes souvenirs, eux, se remettent doucement en place. Celo. La forêt. Une chute ? En me rendant compte que celle en face de moi m'est totalement inconnue, je cherche instinctivement mes dagues. J'en empoigne une au même moment où ma jambe me fait grogner violemment de douleur. Quand je baisse la tête, je vois le sang et la grimace qui passe sur mon visage trahit mon dégoût d'un corps en mauvais état. De mon corps.

Je relève les yeux vers l'inconnue. Amie ? Ennemie ? Il vaut mieux la considérer comme la dernière avant d'envisager qu'elle puisse être la première. Elle n'échappera pas à la règle. La main effleurant toujours ma dague et mon souffle encore éreinté de se réveil brutal, je lui jette un regard peu amical. « T'es qui, toi ? » Ma voix rauque fait pâle figure mais c'est bien le dernier de mes soucis. Mes yeux observent les alentours. J'aperçois Celo, tout près. Il renifle l'herbe mais ne broute pas. Il est nerveux, aux aguets. « Celo ! » Il ne me regarde pas mais ses oreilles réagissent. Et ça me suffit. J'essaye de voir s'il est touché quelque part mais je ne vois rien. J'ai plus peur pour son esprit que son corps, de toute façon. Mais peut-être que je devrais m'inquiéter du mien aussi. Parce que là, je vois deux Celo et les arbres qui tanguent. « Où est-ce que je suis ? » Toujours sur Terre. J'en suis à peu près certaine.


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Sujet: Re: Être vivantes, énormément.
Dim 11 Juin - 20:05


Alysha & Tamara


Assise en tailleur elle déchirait un bout du tissu qui composait sa jupe pour en faire un bandage. Une odeur âcre, mouillée, vénéneuse traînait dans l'atmosphère, sans doute due à la grande proximité de la tourbière. Des filets de brume surnageaient dans l'air mais pas assez pour cacher les rayons du soleil. Sur le sol terreux un corps semblant à moitié désarticulé, une femme, pas une débarquée pourtant ça aurait bien été leur genre de se perdre là-bas. Un cheval à ses côtés qui ne semblait pas vouloir la quitter. Ca ne dérangeait pas en soi Tamara, qui restait néanmoins plutôt méfiante de sa trouvaille. Ça ne sentait pas le piège mais les détrousseurs devenaient de plus en plus malins. Cependant le teint cireux de la moribonde lui assurait que cette dernière ne se trouvait pas au meilleure de sa forme. Ce qui ne l'empêcherait pas de lui sauter à la gorge si elle se réveillait pour la confondre avec un ennemi. Visiblement elle respire encore malgré la quantité de sang perdu qui sèche sur ses habits et imbibe toute sa jambe. Pas la peine de paniquer pour sa vie, la sentinelle devine que le sort de l'inconsciente doit être signé depuis longtemps. Les secondes qui suivent ne lui sauveront pas la vie si par malheur la blessure s'avérait mortelle. Il lui faut d'abord constaté que la demoiselle possède encore toute sa tête. Car elle en à déjà vu perdre la raison lors d'incidents anodins, et l'équipée dont elle semble sortir a du se révéler drôlement agitée.

Soudainement la voilà qui s'étouffe, entrouvre les paupières puis s'enquiert de sa mère « Oui » Lui accorde alors La Naori qui estime qu'elle doit ressembler à ce qui s'en rapproche le plus. Puis si ça rassure l'inconnue autant se diriger dans son sens. Elle s'apercevra bien assez tôt de la méprise, à moins que Tamara ne découvre qu'elle vient de tomber sur une cinglée. Dans ce cas que ça date de maintenant ou avant ne comptera pas. Puisque ce qui prévaut, toujours, pour la frisée s'apparente à l'instant présent. Voilà pourquoi elle s'enfonce dans cette semi illusion en continuant à conforter la blessée  « Oui c'est moi ! » Et La Sentinelle s'imagine même que s'ouvre l'exact instant où elle peut en profiter pour vérifier les blessures de la femme  « D'ailleurs ma chérie j'aimerais en profiter pour examiner ta jambe » Prononce-t-elle tout imbue de son nouveau rôle, juste quand la blessée se décide à retrouver ses esprits pour lui demander plus durement son identité.  « Je suis Tamara » Pas un Assassin, pas une voleuse, pas une profiteuse ... mais sans aucun doute une menteuse quand le besoin s'en faire sentir. Tranquillement elle lui indique d'un mouvement du menton le morceau de tissu que triture ses doigts avec dextérité. Les prunelles noires de la Sentinelle s'attardent sur les magnifiques mais dangereuses dagues que sa vis-à-vis récupère aussi vite que sa conscience. Le danger ne lui échappe pas, et bien qu'elle puisse se vanter de sa vivacité, elle reconnait intérieurement na pas pouvoir la doubler de vitesse.

Tamara devra donc se vêtir de finesse pour contourner les murs de celle qui lui fait front telle une guerrière. « Et toi t'es qui pour t'être ainsi aventurer sur ce terrain plein de pièges ? Tu n'es jamais venu avant dans ce coin ? Ou alors tu t'es cru invulnérable ? » D'accord pour la diplomatie, la Sentinelle repassera ou ira prendre des cours. Malheureusement elle ne peut résister à un ton provocateur ou accusateur malgré toute sa bonne volonté. Après tout elle vient de risquer sa vie pour la sortir de là. Non loin, derrière le dos de la femme brune, Tamara perçoit la silhouette de son guide coyote, très rapidement. Veut-il l'apaiser ? Lui demande-t-il de faire preuve de patience ? La jeune Naori soupire alors que l'autre demande de l'eau - *Celo* -. Hésitante au départ elle s'empare de sa gourde à terre encore à moitié remplie qu'elle tend à l'inconnue. « Voilà de l'eau ! »  Mais elle dédaigne cette main tendue tout en continuant son questionnaire, Alors La Frisée hausse les épaules un peu dépitée avant de lui répondre sur un ton légèrement agacé  « Bah tu crois que tu es ou ? Sur la lune tiens ! Et moi je suis une étoile qui suis venue te tenir compagnie le temps qu'une comète te ramène sur la terre »
 

Être vivantes, énormément.

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