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˜˜˜˜˜˜You can run on for a long time, sooner or later God's gonna cut you down △ Astrid
maybe life should be about more than just surviving


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05/10/2015 Electric Soul 4432 Jensen Ackles Lux Aeterna ♥, Electric Soul & tumblr Traître en cavale & rebelle anti-esclavagiste anti-royaliste (ex-mercenaire, ex-gladiateur) | Combat & maniement des armes 1252
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Sujet: You can run on for a long time, sooner or later God's gonna cut you down △ Astrid
Sam 4 Fév - 9:33

La brûlure du sable et du vent chaud du désert. La savane et les pierres. Les scorpions et les crotales. Les routes qui serpentent entre les dunes toujours changeantes, vos montagnes éphémères à vous, faites de sable et de poussière. Le froid glacial du désert quand tombe la nuit. Tout ça est difficile à appréhender pour un étranger. Difficile à apprivoiser. Le Dieu Soleil ne sourit qu'à ses fils, n'octroie de sa bénédiction que ceux marqués par son feu. Et même alors il est impitoyable dans ses rayons et son vent est déchaîné. Même alors nul n'est épargné par son courroux, sa grandeur, sa cruauté.

Depuis combien de temps as-tu fui ta tribu ? Depuis combien de temps n'as-tu pas vu les hauts murs terre de Sienne de la cité de feu autrement que comme un lointain mirage ? Depuis combien de temps n'as-tu pas navigué entre les ruelles qui puent la décadence et l'or, depuis combien de temps n'as-tu pas entendu l'accent brutal de ton peuple ? Des fois, ça te semble une éternité. En réalité, deux saisons, mais ça te paraît déjà tellement long. Trop long. Tu n'aimes pas être un traître, tu n'aimes pas être étranger à ta propre tribu, tu n'aimes pas être obligé de la fuir pour sauver ta peau.

Tout ça depuis le tremblement de terre. Depuis que t'as vu une injustice contre un vieil ami que tu n'as pas pu tolérer. Alors que t'avais fermé les yeux sur tant de cruautés auparavant. Alors que tu en avais perpétré tant.

Tu ne regrettes pas avoir tiré Eirik de ce mauvais pas, même si l'action était impulsive, irréfléchie. Même si tu as été torturé sur le coup, effaré devant l'action commise, la trahison commise, elle t'a libéré d'un poids que tu portais depuis plusieurs semaines, l'incertitude sur le visage que tu allais donner au monde, sur ton avenir, une fois ta vengeance assouvie. Tu n'avais plus de raison pour être mercenaire, ta vengeance était accomplie, alors qu'allais-tu faire ? Continuer à exercer un métier que tu exécrais autant que tu l'aimais, pour toutes les pires raisons ? Et alors Eirik t'a rappelé une autre revanche, bien plus vieille, bien plus difficile à prendre. Bien plus amère, bien plus acide, bien plus brûlante. Celle qui t'a foutu dans ce merdier, celle qui t'a donné ces cicatrices, ces marques, ces réflexes de bête sauvage, ces crocs et ces griffes et cette haine, cette haine infâme qui dévore tout.

Mais cette haine t'a donné un nouveau but. Un nouveau feu. Et si intérieurement, tu souffres de la séparation d'avec ta tribu – tu n'es jamais parti autant de mois consécutifs, même pour de longues missions – c'est une part très faible de toi, quand tu la compares à celle qui a saisi l'occasion pour avancer. Milo n'est plus là depuis longtemps, et tu as repris les rênes de son mouvement. Et si c'est difficile, si loin de la cité, ce n'est pas impossible. Tu connais les routes que prennent les mercenaires, les éclaireurs, les marchands d'esclaves. Tu connais les habitudes de certains, tu évites les pires, tu te fais passer pour un voyageur de passage quand tu t'aventures au plus près de la cité de feu et que tu ne peux éviter les questions (mais tu évites les marchands d'esclaves et les mercenaires, toujours). Tu caches tes marques à l'aide de foulards, tu te laisses pousser la barbe, tu adoptes les vêtements et le parler (tant bien que mal, tu préfères autant éviter de parler, de peur que ton accent trop fort ne te trahisse) des autres tribus. Tu ne rentres jamais chez toi, non, mais au fil des mois, tu es parvenu à renouer contact avec les membres du mouvement de Milo. Certains t'ont désavoué, refusant de s'allier à toi, eux les nobles qui ont encore trop de mal à accepter l'idée qu'un ex-esclave puisse leur donner des ordres. Mais la base, celle dont tu étais proche, ces citoyens, ces esclaves, ces affranchis, t'ont rejoint, te reconnaissant comme un des partisans de Milo, un des instruments de cet empoisonnement raté. Si tu n'étais pas tombé malade, peut-être aurais-tu réussi ton coup. Milo n'est plus là depuis longtemps, le mouvement s'est endormi, par manque de leader, mais tu as bien l'intention de le réveiller, de le secouer et de ne pas te contenter de plans timorés. Tu as soif de vengeance, soif de sang et de mort, et c'est bien plus motivant que l'idéalisme de ton ami absent. Tu t'es créé des liens, as tissé ta toile comme tu le pouvais. Des esclaves libérés des mines, des familles auxquelles tu les as ramenés, des sympathisants qui ont tout à coeur de voir la royauté tomber et l'esclavage aboli. Quand tu ne trouves pas un refuge temporaire dans une autre tribu – qui aurait cru que toi, ex-mercenaire qui a tué impunément plusieurs des leurs, tu trouverais accueil chez ces précieux Naoris – tu partages ton temps dans le désert, à retrouver des alliés, des précieux informateurs qui te tiennent au courant de la situation dans la cité de feu. Le mouvement enfle, le mécontentement grandit, et les alliés que tu as trouvés te donnent un poids que Milo n'avait pas. Tu pousses en-dehors de la cité de feu, et tu la parasites de l'intérieur. Petit à petit, tu trouveras le moyen de revenir. Et quand tu reviendras, tu feras couler le sang des Draghsteel comme ils ont fait couler le tien.

Tu resserres autour de toi tes vêtements, fabrication Calusa, cette fois. À croire que tu aimes trop le sable pour en rester éloigné longtemps. Tes mains se tendent vers le feu, à dos d'un relief rocailleux ; invisible de ceux qui traversent la route principale qui mène aux mines mais qui te donne une bonne idée du trafic – dès que tu détectes du mouvement suspect, tu enfourches ton étalon pour partir d'ici, tant pis pour le rendez-vous, ce sera remis à plus tard. Tu dois attendre le matin et l'ouverture des portes pour que Isham te rejoigne ici, mais tu as le temps, tu n'es pas particulièrement pressé. Après l'hiver passé dans les terres froides, la nuit dans le désert paraît presque douce.

Trop douce peut-être. Malgré ta vigilance et ta paranoïa, tu parviens à t'endormir. Le feu est mort à tes côtés, mais ce n'est pas ça qui t'a réveillé. C'est ton nom et la présence d'un autre humain à tes côtés.

Rapidement, tu te rends compte que la situation est délicate. Ton cheval est trop loin pour que tu parviennes à t'échapper suffisamment vite. Tu ne sens étrangement pas le poids familier de ta dague à ta ceinture. Tu pourrais assommer l'intrus et prendre la fuite, mais l'intrus – l'intruse – est armée. Bien plus que toi.

Et c'est seulement alors que tes yeux remontent vers son visage au lieu de s'attarder sur les endroits où l'intruse garde ses armes.

Le visage est  familier. Ces cheveux roux, si singuliers et ce teint pâle complètement étranger au soleil de plomb de la cité, tu ne les as pas vus depuis longtemps mais tu ne l'as pas oubliée. À l'écart, comme toi. Mais étrangère, pas paria. Pas traître. Une enfant surveillée bien à contre-coeur, autrefois. Une mercenaire et probablement une ennemie, aujourd'hui.

Tu aurais pu tomber sur pire, te dis-tu avec ironie, au moins elle ne souhaitait pas te voir retourner dans l'arène contrairement à d'autres. Tu vas regretter devoir l'assommer pour lui échapper.

Ta voix est éraillée par le sommeil quand tu prends la parole et malgré toi, y'a un faible sourire qui étire tes lèvres. C'est étrange comme un visage familier peut être...agréable, malgré tout. Après tout ce temps.

« J'aurais pas cru que ce serait toi qui me retrouverais. »

Astrid.

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Sujet: Re: You can run on for a long time, sooner or later God's gonna cut you down △ Astrid
Mer 8 Fév - 21:12



YOU CAN RUN ON FOR A LONG TIME, SOONER OR LATER GOD'S GONNA CUT YOU DOWN
astrid&kyran
Jusqu’à présent, Astrid n’a jamais eu à se prendre la tête quant aux noms qui se glissent sur les avis de recherche. Son entourage est limité, elle ne connaît que bien peu de personnes et tout lui paraît plus simple comme ça. Elle ne s’en est jamais plaintes, sans doute ne le fera-t-elle jamais mais pour le reste, on ne peut pas dire qu’il soit évident de faire le réel point au milieu de tout ça. Les choses sont comme elles sont et ça doit simplement s’arrêter là. Mais ça ne veut pas dire que c’est évident. Tout est compliqué, tout le sera toujours et il n’est pas vraiment possible d’y faire grand-chose. En réalité, la jeune femme ne s’attend jamais à voir un visage commun, à voir un nom qu’elle connaît. Et la plupart du temps, elle se perd, elle se noie dans l’or qu’un nom peut lui apporter et elle s’arrête là. Tout lui paraît alors plus simple parce qu’il n’est pas vraiment nécessaire de réfléchir plus longtemps. Pourtant, ce matin-là, alors qu’elle s’avance face à l’homme qui lui donne le nom, elle ne s’attend pas à entendre celui-ci. Oh, elle a entendu les rumeurs, elle les a entendu du bout des lèvres des gens qui ne sont pas dignes de confiance, du bout des lèvres des hommes qui n’en valent pas la peine. Il connaît le métier, qu’ils disent, il sera difficile à choper, ou encore, ils ne paient pas assez. Nombreux sont ceux qui persistent à croire que tout ira bien. Mais ce n’est pas ainsi que ça fonctionne. Et bordel, ça n’a jamais été le cas.

Quand le nom de Kyran résonne, non, elle ne sait pas où donner de la tête. Elle en vient à se dire que les bruits qui couraient devaient être réels et non, elle n’est pas très à l’aise avec tout ça. Elle est perdue, tout simplement. Mais il faut vraiment qu’elle s’y remette. Que cela lui plaise ou non, ses possibilités d’améliorer la situation ne sont pas bien nombreuses. En réalité, elle ne peut absolument rien faire. Si elle prend le parti de ne pas le poursuivre, elle met en doute toutes ses capacités et le parcours qu’elle a mis en place depuis le début. Autant dire qu’elle ne se sent pas très à l’aise avec tout ça. Mais quand il le faut, on ne peut pas vraiment faire autrement. Elle le sait aussi. En réalité, elle n’a pas le choix. C’est à ça qu’elle pense avant tout le reste. Elle n’a pas le choix, et quand on lui balance ce nom, elle ne sait pas vraiment ce qu’elle doit dire. Elle serre les dents, elle ne pipe pas mot parce que ça lui paraît plus simple comme ça. Se taire, garder les choses pour elle, ne rien dire. Et pourtant, ça ne veut pas dire qu’elle en pense moins. La vérité, c’est qu’elle ne sait pas. Ils ont un lien particulier, ensemble. Tom a fait en sorte qu’ils aient une existence proche. Il la surveillait quand elle était gosse, ils se sont jurés de s’entraider pour le venger. Et si ce point a sérieusement été mis à mal, la jeune femme ne nie pas que ça reste un lien important, un lien qu’ils ne peuvent pas négliger. Mais aujourd’hui, ils sont ennemis, ou du moins, ça en prend la tournure. Est-ce que c’est facile ? Non. Mais alors qu’elle s’éloigne, elle réalise qu’elle n’a plus le choix et que maintenant, qu’elle le veuille ou non, il est plus ou moins sa nouvelle cible. Au vu de sa notoriété et de ce dont il est capable, elle imagine qu’il va rapporter gros, aussi. Mais ses possibilités sont presque inexistantes. Elle ne connaît pas ses faiblesses, en fait. Elle aimerait, mais ce n’est pas le cas. Ils n’ont jamais tant combattu ensemble. C’est arrivé, mais pas suffisamment pour qu’elle puisse deviner ses gestes. Et ce n’était pas récent. Alors maintenant…

Alors elle prend la route, elle ne cherche pas vraiment, elle zone plutôt. C’est un peu comme ça qu’elle fait, la plupart du temps. Elle trouve une piste ensuite et elle la suit, mais au départ, comment savoir d’où partir ? En plus là, on parle d’un homme qui après avoir vécu en gladiateur a pris le parti de devenir mercenaire. Il en connaît les ficelles, elle sait qu’il est bon en la matière. C’est compliqué, c’est tout. Et il faut savoir faire le point sur tout ça parce que c’est comme ça que ça fonctionne et qu’il le faut. Pourtant, elle ne s’attend pas à trouver sa piste si vite. Oh, ça lui prend plusieurs heures. De très nombreuses heures, mais elle ne s’attendait pas vraiment à le trouver dans le désert. Elle pensait qu’il serait un peu plus malin. Alors qu’il dort, elle le dépouille de son arme. La voleuse sait se faire discret, elle sait comment s’y prendre. Elle l’a toujours su. L’arc, elle le pointe vers lui, quand il fait mine de se réveiller. « Kyran ». Tel un murmure, elle prononce ce mot. Elle ne peut pas faire autrement. Elle ne se voit pas l’appréhender sans s’annoncer. Ce n’est pas comme ça que ça fonctionne. Et ça n’arrivera jamais. Ils sont là, à se fixer, à s’observer. Et elle ne sait pas quoi lui dire parce que la situation ne risque pas d’aller en s’arrangeant. Pour une raison qui lui est inconnue, cela dit. « J'aurais pas cru que ce serait toi qui me retrouverais. ». Un fin sourire se glisse sur ses lèvres, elle ne baisse pas l’arme pour autant. Enfin si, pour lui montrer son arme à lui, qu’elle a, attachée à sa ceinture. « Epargne-toi de la chercher, je m’en suis occupée. Moi, je n’aurais jamais cru que tu serais si facile à trouver ». Elle perd son sourire. Elle veut savoir. Elle ne veut pas de ces connes de rumeurs qu’elle a pu entendre, elle veut que ça sorte de sa bouche, elle veut qu’il lui dise de quoi il s’agit. « Putain, qu’est-ce que t’as fait ? ». Et maintenant, elle attend, se demandant s’il acceptera de parler.


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Sujet: Re: You can run on for a long time, sooner or later God's gonna cut you down △ Astrid
Ven 3 Mar - 15:18

La fuite perpétuelle t'a rendu encore plus paranoïaque, encore plus méfiant envers tout étranger. Tu donnes des faux noms, des fausses histoires, où que tu ailles, quand tu ne sens pas un potentiel refuge, un potentiel allié. Quand tu te rends dans le désert, tu multiplies les opérations pour ne pas te faire reconnaître, pour envoyer les mercenaires sur une fausse piste, pour éviter les marchands d'âmes des sables. Tu connais leur trafic, tu connais leurs habitudes, parce que ça a été ton métier, ton masque cruel et tu mets tout ça à profit. Tu n'as pas survécu à des combats implacables pendant quinze ans pour te faire attraper parce que tu as oublié d'effacer tes traces ou parce que tu n'as pas assez bien caché ta marque. Tu es impulsif, caractériel et beaucoup trop imprévisible mais ça ne veut pas dire que tu es incapable de monter un plan à tête reposée. T'y tenir est la partie la plus difficile. T'es inconstant, c'est comme ça, mais tu te portes mieux depuis que tu dois plus faire semblant. T'es étrangement bien plus libre quand t'es en fuite plutôt que lorsque t'étais encore mercenaire. T'as plus à mentir, t'as plus à arborer ce masque de monstre – tu l'es encore et toujours, au fond, mais tu veux pas l'admettre et t'essaies de le tuer – et ça te libère d'un poids. Ton mental est moins fragile, et si pas stable, au moins moins cassé, moins divisé. Tu n'es plus une bête chimérique à deux têtes opposées, partagée entre l'esclave et le mercenaire. T'es simplement un animal qui a accumulé les blessures et les fractures, un animal acculé et autrefois à l'agonie, mais t'es encore debout, t'es encore là et tu guéris, petit à petit.

Qui aurait cru que fuir et devenir un traître t'aurait fait du bien, hein ?

Tout le chemin parcouru au fil des mois, au fil des années, t'a servi à te maintenir en vie aujourd'hui. T'a servi à éviter les écueils, à éviter les pièges faciles. T'es un survivant, aux merdes que le destin que t'a lancées, aux problèmes que t'as toi-même choisi. Et si tu n'es le plus brillant stratège de la cité rahjak – loin s'en faut – tu as toujours su te débrouiller et tirer ton épingle du jeu. Paria peut-être, trop violent peut-être, mais t'as toujours réussi à maintenir la place dans laquelle on t'a jeté, t'as toujours réussi à te frayer un chemin malgré toutes les merdes accumulées. Parce que tu cesses jamais de combattre et que tu relâches jamais rien. Si y'a bien un truc pour lequel t'es doué, c'est t'en tirer in extremis.

Et pourtant, tu te fais avoir comme un bleu. Parce que la chaleur du feu t'a endormi. Toutes tes précautions parties en fumée parce que la fatigue t'a terrassé.

Tu deviens vieux, Arkadi.

Trop de mois sans te faire choper. Le faux sens de sécurité a endormi tes sens, ton arrogance t'a perdu. Et maintenant, tu te retrouves à terre, face à un visage bien familier. Et une flèche dirigée droit vers ton visage. Tu retiens la remarque que l'arc n'est pas l'arme typique de votre peuple, sur le bout de ta langue. Provoquer n'est pas la meilleure idée quand on menace de te transpercer d'acier. Et puis tu as toujours su qu'Astrid n'était pas Rahjak, pas vraiment. Qu'elle préfère une arme qui n'est pas typique à votre peuple n'est pas une surprise en soi. À bien y réfléchir, tu ne l'as jamais vu exercer le métier et si tu peux deviner sa façon de se battre, simplement parce que vous avez appris avec le même mentor, c'était il y a bien trop longtemps pour que tu puisses être certain de ce que tu avances. Tu es en position de faiblesse et tu dois calculer ton coup intelligemment. Quand elle confirme qu'elle t'a pris ta lame et te la montre, accrochée à sa ceinture, un soupir presque amusé t'échappe, un rire avorté. Ah, tu n'as pas perdu la tête au moins. Et tu étais bien plus profondément endormi que tu le croyais si tu n'as rien senti. T'aurais pu mourir dans ton sommeil, pire, te faire capturer, et tu te serais rendu compte de rien. Tes réflexes ne sont plus ce qu'ils étaient.

« Bien joué. J'ai jamais été très doué pour le vol, contrairement à toi, de toute évidence. » fais-tu, le ton probablement plus léger que tu ne devrais en adopter vu la situation. Comme si c'était une conversation normale, alors que t'es clairement menacé, alors que clairement, t'es pas à ton avantage.

T'imagines que t'as eu de la chance dans ton malheur, de tomber sur Astrid. Enfin, tu crois. T'es pas encore enchaîné, tu comptes ça comme une victoire.

Son sourire disparaît, et la fausse bonne humeur avec elle. Qu'est-ce que t'as fait, hein ? Lourde question que celle-là. T'as fait beaucoup de choses. Tué beaucoup de gens. Sauvé d'autres, beaucoup moins. Commis des atrocités sans nom. Fomenté des attentats ratés. Mais c'est pas ça qu'elle veut savoir, pas vrai ? C'est savoir pourquoi t'es là, dans le sable, loin de ta cité natale, fugitif et avec un prix sur ta tête. Pourquoi t'as fui. Pourquoi t'es cherché.

« J'ai volé et libéré une proie qui n'était pas à moi. » réponds-tu, le sourire disparu, le ton neutre, presque désinvolte. Parce que c'est le crime dont tu es coupable aux yeux des Rahjaks. Parce que tu n'as pas aidé un être humain, non, tu as dérobé une marchandise. C'est ça, ta faute, aux yeux de ton peuple. Avoir été cupide. Pas avoir été humain.

Lentement, très lentement, tu te relèves. Tu sais que tu la provoques, mais tu comptes pas rester allongé ainsi ; être autant en position de faiblesse ne te sied pas. Tu sens la pointe de la flèche au travers de tes vêtements, alors que tu fixes Astrid, désormais assis. Tu ignores la légère douleur – tu as connu bien pire dans ta vie. Tu la fixes, tes yeux scrutant les siens. Tu hésites. Peut-être qu'elle comprendra. Elle sait que t'étais esclave, pas vrai ? Elle t'a jamais jugé pour ça. Peut-être qu'elle verra ta raison.

« C'était un esclave, il m'a sauvé la vie quand j'ai débuté dans l'arène. Je pouvais pas le laisser crever. » finis-tu par dire. Parce que c'est la vérité. Simplement. Qu'elle te prenne au mot ou pas, peu importe. T'as été sincère.

Puis, parce que tu sais pas pourquoi, t'as juste ce besoin de provoquer, de faire le con – à croire que la liberté te joue des tours, à croire qu'en effaçant le poids de la chimère, tu t'es retrouvé avec un autre aspect, plus léger, plus proche de ta toute première personnalité :

« Combien je vaux, par curiosité ? J'imagine que j'me suis...ah, déprécié avec le temps. »

Tu sais combien t'a payé Stelios pour t'acheter, alors t'étais un gladiateur populaire, favori des foules. Tu te demandes combien vaut ta tête aujourd'hui.

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Sujet: Re: You can run on for a long time, sooner or later God's gonna cut you down △ Astrid
Lun 17 Avr - 16:10

» You can run on for a long time, sooner or later god's gonna cut you down
Si elle a pris son arme, c’est pour éviter qu’ils n’aient à se déchirer dès le premier contact. Ils sont là, face à face, à essayer de trouver une explication à tout ça, à essayer de comprendre le pourquoi du comment. Rien n’est simple. Et rien ne l’a jamais été. Mais il faut savoir faire avec ou en tout cas, il faut savoir essayer de faire avec. Et ce n’est pas forcément plus facile. Astrid n’a pas envie d’être là, elle n’a pas envie de l’arrêter et elle n’a pas non plus envie d’en venir aux mains. Mais elle le fera, si elle découvre que ça peut être nécessaire, si elle se rend compte que c’est la suite logique. C’est dur, parce que putain, il est un ami, quelqu’un sur qui elle aura pu compter à la mort de Tom. Mais elle n’a pas envie de s’imposer à lui alors que c’est ce qu’il pourrait bien finir par penser. Elle n’est pas à l’aise parce qu’elle aimerait être en mesure de souffler, en mesure de respirer, aussi. Mais évidemment, encore une fois, ce n’est pas si simple. Alors voilà, elle a pris son arme pour qu’ils soient en mesure de parler. Pour qu’elle puisse déterminer ce qu’elle veut faire. Ce qu’il est bon de faire. Jamais elle n’a été dans une telle situation. Contrainte d’arrêter quelqu’un qu’elle connaît. Même Sven, il n’a jamais pris la tangente, alors elle n’a jamais eu besoin d’aller le chercher. Et là, elle ne sait pas. Elle est complètement paumée et elle aurait souhaité que Tom soit là pour la conseiller. Sans doute n’aurait-il pas eu de doute, sans doute aurait-il fait le nécessaire ? Comment savoir hein ? Comment savoir quelle est la bonne conduite à avoir ? Et si elle le laisse fuir, qui le saura ? Mis à part elle, bien sûr. Elle regarde autour d’elle, un instant, sceptique face à une situation déplaisante. « Bien joué. J'ai jamais été très doué pour le vol, contrairement à toi, de toute évidence. ». Astrid est une voleuse, de toute manière. Et elle en a toujours été une, elle a toujours voulu en être une. Et tout paraît plus facile comme ça. Elle ne sait juste pas ce qu’il est bon de faire, ce qu’il est facile de faire. C’est compliqué. Elle a envie de le sauver, elle a envie d’être là pour lui mais elle ne connaît pas la méthode. Et surtout, pourquoi ? Pourquoi est-ce qu’elle passerait à côté de la somme d’argent qu’il lui cache ? Pourquoi est-ce qu’elle prendrait le risque de perdre tout ça ? De son point de vu, ça n’aurait pas de sens. Qu’est-ce qu’il ferait, lui, à sa place ? « Tu sais que Tom a toujours aimé ce côté de ma personnalité ». Elle hausse les épaules. Dans tous les cas, dans la situation actuelle, elle est complètement à côté de la plaque. Et il est toujours difficile de trouver la bonne chose à faire.

En lui demandant ce qu’il a fait, Astrid espère pouvoir prendre une décision, elle espère pouvoir être en mesure de déterminer si oui ou non, elle pourra l’arrêter ou justement le laisser s’échapper. C’est compliqué parce qu’elle sait qu’en le ramenant à la cité, elle obtiendrait un statut de confiance encore plus important. Sans cœur, sans pitié. Elle n’est pas réputée pour ses émotions mais arrêter quelqu’un qui a compté pour nous, ça change toujours un peu la donne, ça amène toujours un statut un peu différent. Enfin bon, tout ça pour dire qu’il ne voit pas vraiment ce qu’il pourrait dire. « J'ai volé et libéré une proie qui n'était pas à moi. ». Le genre de chose dont elle serait capable. Elle n’a pas envie de le dire à voix haute mais c’est un fait sur lequel elle ne peut que s’attarder. Jamais elle n’a éprouvé le besoin de libérer quelqu’un. Mais sa situation est différente, puisque lui, il a déjà été esclave. Alors sa vision des choses est différente. « C'était un esclave, il m'a sauvé la vie quand j'ai débuté dans l'arène. Je pouvais pas le laisser crever. ». Alors forcément, il y a un partage des choses. Elle comprend. Forcément. Mais ça ne veut pas dire qu’il a eu raison. « Je comprends mieux. Bien que ça n’ait rien d’évident ». Et qu’elle ne sache pas de quel côté se mettre. Au moins, il est honnête.

« Combien je vaux, par curiosité ? J'imagine que j'me suis...ah, déprécié avec le temps. ». Au contraire. Astrid n’a pas envie de lui donner le gros montant mais il faut bien qu’il se doute qu’elle n’est pas venue pour rien. Qu’elle ne se serait pas déplacée pour une somme minime. Astrid ne se mêle pas de ce qui ne l’intéresse pas. Là, c’est une affaire compliquée parce qu’il s’agit de Kyran. Mais elle n’a pas non plus envie de lui laisser entendre que tous les mercenaires vont venir à sa poursuite. Et pourtant, c’est la putain de vérité. Pour autant d’or, tout le monde viendra. « Au contraire. On compte toujours plus cher quand y a trahison… Tu vas tous nous avoir au cul ». Elle n’a pas dit de somme, et pourtant, il devrait être capable de comprendre que sa vie ne sera plus jamais la même. Il a toujours été un esclave en réalité. Ils le sont tous, dans le désert. « Qu’est-ce que tu comptes faire ? ». Simple question. Parce que pour le moment, Astrid garde dans l’optique de l’arrêter. Mais… Putain, elle est paumée.


notes » w/ Kyran dans le désert, début 2117.

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Sujet: Re: You can run on for a long time, sooner or later God's gonna cut you down △ Astrid
Ven 28 Avr - 22:43

C'est nouveau, d'être dans la position du chassé, mine de rien. Et ça n'a rien d'agréable.

Tu ne t'es jamais rebellé quand tu étais esclave. Du moins, tu n'as jamais réussi à aller bien loin – tu n'es même jamais sorti de l'arène. Eirik a eu tôt fait de t'apprendre que lutter ne servirait à rien – que tu risquais plus de mourir plus rapidement que de réchapper de l'arène. Alors l'évasion, la fuite, quand tu étais esclave, c'était plus une chimère qu'autre chose. Un rêve dangereux auquel tu savais qu'il valait mieux ne pas toucher.

Et puis t'es passé de l'autre côté. T'es redevenu mercenaire. Bien sûr, tu savais que pour tous ceux que tu traquais, c'était loin d'être une partie de plaisir. Tu savais que tu leur arrachais leur liberté nouvellement acquise, que tu détruisais leur vie, leur espoir. Tout ça, tu le savais et une partie de toi s'en foutait. Ou s'est persuadé tellement fort de s'en foutre que ça a anesthésié une partie de ton humanité. Aujourd'hui, avec le recul, tu regrettes pas mal des choses que t'as fait en tant que mercenaire. Les destins que t'as brisés, les vies que t'as volées. Tout ça, tu l'as fait en connaissance de cause. Parfois, tu te rendais malade par tes propres actions. Tu te détestais pour ce que tu faisais. Mais tu te répétais que c'était la chose à faire. Le prix à payer pour retrouver l'assassin de Stelios. Que la vie de quelques esclaves ne valait rien, si ça te permettait d'accomplir ta vengeance. T'avais déjà été mercenaire avant. Tu pensais que tu retournerais à ce métier sans trop de difficulté. T'avais goûté pendant presque trois ans à la liberté, au retour à une citoyenneté relative, ça a effacé une partie de l'empathie naturelle que t'éprouvais pour ceux qui partageaient le destin que t'avais eu avant. Avant la mort de Stelios, avant que tu redeviennes mercenaire, l'esclavage était encore trop proche de toi pour que t'arrives à penser à eux sans penser à toi. Trop proche pour que t'arrives à te débarrasser de l'idée que toi, tu serais toujours en train d'enchaîner les combats si ton père avait pas été infidèle et si ton frère avait pas été trop bon pour ce monde.

Et d'un côté, ça a été facile d'y revenir, au mercenariat. Trop facile. Parce que ça te permettait de retourner à une violence que t'avais essayé de tarir, aux côtés de Stelios. Parce que tu voulais pas faire mauvaise figure face à ton frère, tu voulais pas admettre à quel point l'arène t'avait brisé, corrompu, perverti. Que la violence avait tellement été ton quotidien pendant des années, que la mort, le mal et le sang avaient été tout ce que tu avais connu si longtemps que tu ne savais plus vraiment comment fonctionner sans. Que t'étais accro à la violence, au final, que ton esprit malade avait besoin de ça, besoin de combattre, besoin de l'emporter, de vaincre un ennemi. Parce que gagner était synonyme d'un jour de vie en plus. Un jour où tu pourrais encore respirer. Un jour de souffrance, de coups, de blessures et de rage, oui, mais un jour de vie. Et la rage t'a maintenu en vie si longtemps, la haine t'a maintenu en vie si longtemps...tu ne sais pas quoi faire sans elles. Aujourd'hui, tu n'en es toujours pas débarrassé. Tu ne le seras probablement jamais. Y'a toujours ce feu sombre qui brûle en toi. C'est comme ça que tu tiens. C'est comme ça que tu vis.

Tu peux pas lui en vouloir, à Astrid. Parce que t'as été dans sa position, trop de fois pour les compter. T'as chassé ton lot d'esclaves, t'as pensé en termes de capture et d'or plutôt que d'humain assez longtemps pour savoir ce que c'est, le dilemme auquel elle fait face. Parce que tu penses pas être juste une tête qui va lui rapporter des pièces, enfin, du moins, tu l'espères. Tu sais que si la situation était inversée, ce serait pas le cas pour toi. Que tu la ramènerais pas et que tu la laisserais s'échapper. Que t'inventerais une connerie pour dérouter les autres mercenaires de ses traces, peu importe la réputation. Mais t'as été esclave, t'as toujours été un paria parmi les mercenaires et t'as assez rapidement rejoint la cause anti-esclavagiste après être revenu à ton premier métier. C'est pas pareil. Tu t'en es toujours un peu foutu de ce qu'on pouvait dire de toi, penser de toi. T'as été réduit à une bête de foire pendant tant d'années que parfois t'oublies même que t'es humain. Astrid c'est différent. Elle est étrangère, ouais, mais elle a toujours été humaine. Elle a toujours été libre.

« Ouais, je sais. » réponds-tu quand elle te parle de ses talents de voleuse appréciés par Tom.

Tom, ça fait tellement longtemps. Il t'a pas tout appris, loin de là, la majorité de tes techniques de combat, tu les tiens de l'arène, mais ta discipline première, tes premières techniques de combat, ton code moral (tout aussi tordu soit-il devenu avec le temps), tu les lui dois. Et c'est comme ça que t'as connu Astrid, au final, grâce à lui que tu t'es lié à la mercenaire. Pour venger le même homme. Tu te demandes si elle a réussi à obtenir sa vengeance. La culpabilité te lance, soudain, de pas l'avoir aidée comme tu l'avais promis. T'avais ta propre vengeance à assouvir.

Tu jauges ses réactions, tandis que tu lui dis sincèrement ce pour quoi tu es passé traître. Tu ne t'attendais pas à du mépris mais tu es quand même soulagé quand tu n'en obtiens pas. Elle comprend, comme tu l'imaginais. Et ça te soulage, quelque part, de voir qu'elle ne réduit pas l'esclave à un simple objet pour lequel il serait fou de se sacrifier.

« Nan, c'était pas évident. Même si j'avoue que j'ai pas vraiment réfléchi, sur le coup. Pas pensé aux conséquences. Je pouvais juste...pas le laisser crever. J'ai pas pensé à moi. » Un soupir. Tu hésites une seconde avant de poursuivre. Autant pas faire les choses à moitié. « Je regrette pas totalement pour autant. J'ai passé plus de temps esclave que mercenaire. Ce métier me bouffait. Ça me soulage, quelque part, de plus être dégoûté par mes propres actions. »

T'es brutal dans ton honnêteté, mais tu penses qu'Astrid comprendra. Tu l'espères, du moins. Et si elle comprend pas...tant pis, tu ne peux pas lui en vouloir. Quelqu'un qui n'a jamais eu sa liberté volée ne comprendra probablement pas, tu crois.

Un sourire dépréciateur étire tes lèvres face à sa réponse. Tu vas tous les avoir au cul ? Génial. Tu pensais pas que ta tête vaudrait autant, comme quoi, tu t'es bien trompé.

« Quelle joie. J'imagine que c'est ce que je mérite, un mercenaire traître, ça doit chatouiller l'orgueil. »

Qu'un Rahjak trahisse sa propre nation est déjà un crime haïssable. Mais qu'un mercenaire tourne le dos à son métier et sa patrie pour son gagne-pain, la chose qu'il chasse ? Tu dois vraiment passer pour la lie de l'humanité aux yeux des fils du désert.

Ton sourire se fait goguenard face à la question suivante. Ce que tu comptes faire ? Ne peut-elle le deviner ?

« Pas me faire ramener à la cité pour me faire tuer ou renvoyer dans l'arène, déjà ? J'imagine que t'as pas envie de faire semblant d'avoir jamais croisé ma route ? » demandes-tu, le ton railleur. Tu t'imagines bien qu'elle te dira non. Vous devrez probablement en venir aux poings ou aux armes, t'en es conscient. « J'peux pas te promettre l'or que ma tête te rapporterait sûrement. Et je ne pense pas qu'on accepterait que je me...rende... » Tu craches ce dernier mot. « ...et me prosterne pour obtenir le pardon. J'en ai pas vraiment envie non plus. »

Tu es et seras toujours Rahjak. Mais tu ne veux plus vivre un mensonge.

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Sujet: Re: You can run on for a long time, sooner or later God's gonna cut you down △ Astrid
Jeu 25 Mai - 19:54

» You can run on for a long time, sooner or later god's gonna cut you down
Ce monde n’est pas fait pour elle, elle n’y comprend pas grand-chose et la réalité, c’est qu’elle n’a pas vraiment envie de comprendre. C’est une histoire difficile et un point sur lequel il est presque impossible de faire le point. Astrid n’a jamais fait face à une situation de ce genre et en réalité, elle est incapable de déterminer ce qu’il faudrait faire. La mercenaire n’a jamais dû arrêter un ami. Elle n’a jamais eu besoin de faire face à un allié et de le foutre sur la selecte. Elle ne sait pas quoi faire, et elle ne sait pas non plus quoi dire. Elle n’a pas envie de se prendre la tête, de réfléchir ou de trouver les mots à dire. Et comment est-ce qu’on doit réfléchir dans ce genre de contexte ? Fermer les yeux, foncer et prétendre que tout se passera bien ? Elle n’en sait rien. La jeune rousse a toujours espéré que ça n’arriverait pas. Ce n’est pas évident, et ça ne le sera sans doute jamais. Mais il faut malgré tout faire avec, que cela convienne ou non. Et il lui faut trouver quoi faire, il faut qu’elle réfléchisse à ce qu’elle veut. L’arrêter ? Ne pas le faire ? Et dans ce cas, comment savoir quelle est la bonne réaction. Tout ceci n’est pas compréhensible, et elle n’a pas envie de réfléchir. Pas envie du tout. Perdue au milieu de tout ça, elle ne sait plus quoi faire. Elle, elle n’a jamais eu besoin de se prendre la tête. Lui, sa situation est différente, ce monde est différent. Il n’a pas été libre bien longtemps et elle se permet de croire qu’il a le droit d’avoir une vie. Mais est-ce qu’elle peut se permettre de lui laisser une seconde chance ? Elle n’en sait rien, c’est bien ça le problème. Est-ce qu’elle est vraiment en position de dire comment elle vit les choses ? Non, ce n’est pas comme ça que c’est supposé fonctionner. Enfin bon, l’esprit perdu au milieu de toute cette histoire qui risque de l’anéantir, il ne sait plus où donner de la tête. Mais pour autant, bien sûr, elle a préféré mettre les armes de Kyran de côté pour éviter de courir un risque stupide. Parce que c’est un peu à ça qu’ils doivent faire face. A l’heure actuelle, elle ne sait pas de quel côté elle se situe. Amis ou ennemis ? C’est à elle de déterminer ce qu’il faut faire ou non. Mais ce n’est pas gagné. « Ouais, je sais. ». Voleuse. On ne lui a jamais vraiment fait confiance. Mais c’est une situation qui ne lui a jamais déplu. Elle ne demande la confiance de personne. Elle ne s’intéresse pas à la confiance des gens. Qu’ils restent dans leurs coins. Au moins, comme ça, on ne vient pas vers elle pour quelconque service. Elle ne s’attarde pas trop longtemps, cependant. Parler de Tom. Parler du passé. C’est trop loin et aujourd’hui, tout est bien trop compliqué déjà. Elle ne veut pas penser à lui. Et en même temps, qu’est-ce qu’il ferait s’il se trouvait à sa place ? C’est compliqué.

Il a sauvé une vie. La mauvaise vie. Ici, il n’est pas question de sympathie. Dans le désert, chacun gère sa propre pomme et c’est la seule chose qui ait vraiment de l’importance. C’est une affaire déstabilisante. C’est aussi simple que ça. Bien sûr que ce n’était pas évident. Tout ça, ça part un peu en sucette. C’est une affaire bancale, et il n’y a rien de plus à en dire. Pourquoi chercher plus loin hein ? Il a fait ce qu’il jugeait juste et aujourd’hui, les mercenaires traînent pour le capturer. Elle est la première arrivée, mais elle ne sera pas la dernière, si elle s’en va. Mais elle, partant devant une tête rapportant ? Ce serait une première, c’est vrai. Mais elle en est capable ou en tout cas, elle y croit. Elle a envie d’y croire. C’est compliqué. Mercenaire, elle agit comme ça depuis l’enfance. Elle n’a jamais douté. Et maintenant, elle fait quoi ? Le problème, c’est qu’elle ne sait pas. « Nan, c'était pas évident. Même si j'avoue que j'ai pas vraiment réfléchi, sur le coup. Pas pensé aux conséquences. Je pouvais juste...pas le laisser crever. J'ai pas pensé à moi. ». Bien sûr qu’il n’a pas pensé à lui. Est-ce qu’il a au moins pensé ? Elle ne sait pas vraiment quoi lui dire et elle a envie de l’aider. Elle a envie d’essayer. Mais elle ne sait pas si elle en a les épaules. Et encore une fois, c’est un tas d’or qu’elle aperçoit de loin. Qu’elle touche presque du bout des doigts face à Kyran, désarmé. Et pour la première fois de sa vie, elle se trouve face au doute. « Je regrette pas totalement pour autant. J'ai passé plus de temps esclave que mercenaire. Ce métier me bouffait. Ça me soulage, quelque part, de plus être dégoûté par mes propres actions. ». Elle comprend, ou en tout cas, elle peut comprendre. Elle n’a jamais eu de soucis avec ses actions. Elle ne s’est jamais questionnée quant à ce qui était bien ou pas bien. Sa vie est comme elle devait l’être. Son tuteur l’a formée pour cette existence et elle n’a pas cherché plus loin. Si c’était bien ou pas bien, elle n’y a pas vraiment réfléchi et n’a pas cherché à trouver. « Tu as agi comme tu le souhaitais. Tu n’as pas à regretter tes actes, malgré les conséquences ». Et elle, elle fait partie des conséquences, pourtant. Mais elle se sent con. C’est tout. Il ne faut juste pas qu’il regrette ce qui a pu se produire jusque-là. Sinon, tout ceci n’aurait servi à rien, n’est-ce pas ? Elle, elle n’a jamais remis en doute son boulot ou son état d’âme vis-à-vis des choix qu’elle a pu faire. Mais elle s’en moque, d’une certaine manière, ou elle essaie de le faire. Ce n’est juste pas facile.

L’or a gagné est lourd, grand. Il ne s’en doutait pas, elle n’est pas certaine qu’il soit finalement content de savoir. C’est une affaire compliquée, disons. « Quelle joie. J'imagine que c'est ce que je mérite, un mercenaire traître, ça doit chatouiller l'orgueil. ». Sûrement. Disons que ça doit surtout être rare mais qu’est-ce qu’elle en sait vraiment ? Et surtout, qu’est-ce que ça change ? « Sûrement. Et tu es plus dur à attraper qu’un esclave lambda aussi, non ? ». Elle hausse les épaules. Elle n’en sait absolument rien et à côté de ça, elle n’a pas non plus envie de réfléchir. Tout ceci est ridicule, déjà, pourquoi chercher plus loin.

Alors elle lui demande ce qu’il envisage, elle lui demande ce qu’il va faire. Elle suppose qu’il ne retournera pas dans le désert mais du coup, il irait où ? C’est ça la bonne question. C’est une affaire compliquée, c’est tout ce qu’elle sait. « Pas me faire ramener à la cité pour me faire tuer ou renvoyer dans l'arène, déjà ? J'imagine que t'as pas envie de faire semblant d'avoir jamais croisé ma route ? ». C’est la question qu’elle se pose depuis le début, c’est le problème de cette situation et elle ne voit pas comment arranger les choses. Mais elle va trouver. Ou en tout cas, elle espère qu’elle va trouver. Le pour et le contre sont larges. L’or et l’amitié. C’est compliqué. « J'peux pas te promettre l'or que ma tête te rapporterait sûrement. Et je ne pense pas qu'on accepterait que je me...rende... ». Malheureusement non. Il est dit qu’il doit être capturé mort ou vif. C’est que sa vie n’a pas d’importance. C’est qu’il va crever, s’il se fait choper. « ...et me prosterne pour obtenir le pardon. J'en ai pas vraiment envie non plus. ». Normal qu’il n’en ait pas envie. Logique. « Et si je ne te chope pas, tu vas continuer à errer dans le désert ? ». Et il finira par se refaire attraper, ce qui n’aurait pas de sens, ce qui serait stupide. « Tout ceci est compliqué. Tu comptes aller où ? ». Est-ce que par cette formulation elle lui dit qu’elle ne l’attrapera pas ? Peut-être qu’elle évoque l’idée. Mais elle ne sait pas trop. Pas encore.


notes » w/ Kyran dans le désert, début 2117

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05/10/2015 Electric Soul 4432 Jensen Ackles Lux Aeterna ♥, Electric Soul & tumblr Traître en cavale & rebelle anti-esclavagiste anti-royaliste (ex-mercenaire, ex-gladiateur) | Combat & maniement des armes 1252
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Sujet: Re: You can run on for a long time, sooner or later God's gonna cut you down △ Astrid
Lun 19 Juin - 22:49

T'as toujours pensé qu'il y avait quelque chose de pourri dans le sang des Rahjaks. Une corruption qui est ancrée à votre chair, comme si le désert ou le soleil avaient tué quelque chose en vous. La pitié, l'humanité, la compassion. Ça n'a pas vraiment de place chez vous. Tout est dur, brutal, cruel. Il n'y pas d'honneur, il n'y a que l'appât du gain. Qu'importe la vie d'un humain, si elle peut permettre de s'enrichir, si elle peut acheter des bijoux à sa femme ou un nouveau cheval ? C'est comme ça qu'on pense chez vous, comme ça que toi t'as pensé, comme un con, pendant un peu moins de la moitié de ta vie. Avant qu'on t'ouvre les yeux violemment, que ta vision ne soit baignée du sang de tes parents. Ton propre sang, quand les coups de fouet commenceraient à pleuvoir.

Il y a quelque chose de pourri en vous. T'as essayé de t'en défaire, mais tu crois que la maladie est toujours là, tout au fond. T'essaies de l'ignorer, de la contrôler, mais tu sais que la plupart du temps, t'y arrives pas. C'est le vieux mythe du monstre insatiable. L'homme qui convoite trop l'or jusqu'à devenir une créature monstrueuse et difforme, qui n'a plus rien d'humain. La convoitise brûle dans vos veines, brille dans vos yeux. C'est comme ça, ça ne changera pas.

Tu ne peux pas en vouloir à Astrid d'être corrompue en partie, elle aussi. La pourriture est trop forte. La seule façon d'y échapper est de quitter la cité. Mais comment le faire quand quitter l'Enfer revient à avoir ses chiens à vos trousses ? On naît Rahjak, on meurt Rahjak. S'échapper revient à trahir, trahir revient à mourir. Pas d'autre choix que de rester là et se laisser bouffer l'âme par la gangrène née d'un soleil rouge. Pas d'autre choix si on tient à sa vie.

Astrid te dit que t'as pas à regretter tes actes, malgré les conséquences. Tu ne sais pas si elle comprend, si elle pense que t'as eu raison ou si elle énonce simplement des faits. Le regret, ça sert à rien. Le regret, c'est bon pour les peuples au coeur mou, pas pour les Rahjaks. T'as fait une connerie, tu paies, t'assumes. C'est comme ça.

« Ouais... » Un sourire désabusé étire tes lèvres. « J'aurais pu me passer de la menace de mort mais ouais, le regret ça sert à rien de toute façon. C'est fait, c'est fait, j'peux pas revenir en arrière et j'le veux pas non plus. »

T'aimerais pouvoir te mettre debout, te redresser plutôt que devoir lever les yeux pour la fixer mais elle a toujours son arme pointée sur toi. Le soleil joue sur sa silhouette, la plonge davantage dans l'ombre, t'aveugle en partie. C'est pas l'idéal pour te battre. C'est pas l'idéal pour deviner son expression non plus. Ça te donne un handicap certain si jamais il y a combat mais tu espères qu'il n'y en aura pas. T'as pas envie de te battre contre Astrid. Tu devras t'y résoudre si elle veut t'emmener à la cité, parce que tu sais que tu y retourneras pas. Pas vivant, en tout cas.

Un bref rire t'échappe quand elle te déclare plus difficile à capturer qu'un esclave quelconque. « Sûrement, ouais. L'esclave lamda est pas vraiment capable de tuer le mercenaire qui le chasse, dans la plupart des cas. » Oh ça veut pas dire qu'il y en a qui ont pas essayé avec toi. Ça a juste plutôt salement fini pour eux. La chasse a toujours été un sale instinct, chez toi. Quelque chose de pervers et malsain, plus proche de l'animal que de l'humain, tu le sais. Mais c'est ancré en toi, ça fait battre ton sang à tes tempes et ça a fait de toi un mercenaire détesté, quand tu l'étais encore. Tu traquais comme le chien que t'étais.

Elle hésite, tu penses. Du moins, elle songe à possiblement ne pas t'arrêter. Tu laisses l'espoir te saisir, un court instant, avant d'essayer de l'endiguer. L'espoir, c'est jamais très bon. Mais si tu arrives à la faire flancher...si elle te relâche de son propre gré sans que vous ayez besoin de vous battre...

« Je comptais pas rester dans le désert très longtemps. Juste assez pour rencontrer quelqu'un. » Tu ne donnes pas d'identité, tu veux pas mettre Isham en péril. Ou les autres rebelles. Et tu n'es pas assez fou pour donner une idée de ta future destination. Tu veux faire confiance à Astrid, mais tu ne sais pas jusqu'à quel point tu le peux. Tu préfères éviter de lui donner trop d'informations au cas où l'or que ta tête rapportera est trop tentant pour être ignoré. Un sourire presque amusé étire tes lèvres. « Le prends pas mal, mais je suis pas sûr que je tiens particulièrement à te dire où me trouver. Rien de personnel, je connais juste l'appât du gain. »

Tu lances un regard appuyé à la flèche toujours pointée vers toi, avant de relever les yeux vers Astrid.

« C'est toujours nécessaire ? J'aimerais pouvoir me relever, si tu veux bien. »

Non, tu n'aimes décidément pas être en position désavantageuse.
 

You can run on for a long time, sooner or later God's gonna cut you down △ Astrid

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