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˜˜˜˜˜˜The day before leaving  I S D E S
maybe life should be about more than just surviving


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Sujet: The day before leaving  I S D E S
Lun 23 Jan - 23:19


Tu ignores le vide devant toi, les vertiges et la peur tu connais pas... Seule au milieu des loups, tu t'enfonces au bord des précipices. Dans la cité perdue, au travers de la nuit, toi tu vas bien. En travers la douleur et la mélancolie, tout ira bien. Isdès & Sangar

The day before leaving

Ce jour là, Sangar se serait bien réservé de mettre les pieds dehors, tant le vent soufflait des couteaux à vous défigurer un visage. Pourtant, il n’avait guère le choix, une visite nécessaire s’imposait. Littéralement prisonnier de ses pensées, cela faisait quelques heures à présent qu’il était allongé sur cette pile de fourrures en pagaille, jonchant le plafond de traces laissées par les incessants envoies de sa balle, recouverte de suif. Bien plus préoccupé par ce qui se tramait dans sa tête que par la dépression qui rugissait derrière ses murs, le jeune guerrier ferma les yeux dans une ultime tentative d’oraison intérieure. Le feu de cheminée crépitait dans la pièce donnant un éclairage hétéroclite, ambiancé par l’encens de feuilles séchées, réputées comme antalgiques. Pour cause, des douleurs fantômes le hantaient régulièrement. L’appel d’Erob à travers la fenêtre, le sortit littéralement de ses songes. A peine eut-il ouvert les volets que le rapace se rua à l’intérieur, manquant de faire vaciller son jeune maître, à l’équilibre imparfaite. Le fauconnier poussa un grognement mêlé de surprise et d’exaspération en même temps qu’il referma la fenêtre. Sans tarder, il se tourna vers son compagnon ailé afin d’obtenir une explication qu’il ne s’attendait pas vraiment à obtenir, compte tenu de la présence de son bec, quand il fut soudain frappé par le regard inquisiteur de ce dernier. « Quoi ? ». Son faucon ne le quittait pas des yeux et glatit avec insistance. Sangar leva les yeux au ciel. « Toi aussi, tu ne vas pas t’y mettre ! » cracha-t-il de mauvaise foi. Il récupéra une souris par la queue et le faucon se posa naturellement sur son bras. « Ne me dis pas que c’est Isdès qui t’envoie ? », ironisa-t-il. C’était exactement chez Isdès qu’il devait se rendre et connaissant son lien privilégié avec ces créatures, la situation s’y prêtait bien. Si les deux hommes avaient de nombreux points communs, cette passion mutuelle les avait rapprochés très tôt. Puis le temps et les évènements avaient nourri et mûri ce lien. D’abord mentor, puis tuteur affectif, il correspondait aujourd’hui à sa plus proche source familiale, pour quelqu’un qui en était privé. C’est donc naturellement qu’il se rendit chez Isdès, la veille de son départ précipité. Des béquilles forgées, spécialement pour lui, avaient la particularité de servir à la fois d’arme et de support de déplacement. Les vices cachés du paraplégique. Il mit du temps à s’y habituer mais le plus dur à supporter restait la confrontation avec le monde extérieur, sous toutes ses formes. A présent, il était temps pour lui de mettre les voiles, d’affronter le blizzard.

Sans l’ombre d’un doute, le trajet fut long et périlleux, mais ce n’était rien comparé à ce qu’il parcourait d’habitude, ne niant pas le fait que tout déplacement lui était risqué, il avait accepté cette fatalité sans jamais se préoccuper de sa sécurité. Même si Sangar avait plus d’un tour dans son sac, personne ne l’attendait chez lui. Sa vie était beaucoup plus simple et hasardeuse que la plupart de ses confrères. D'ailleurs, il dut abandonner l'une de ses béquilles en chemin, coincée dans le creux d’un rocher. Je vous épargne les détails de la manière dont il est parvenu à se hisser jusqu’ici mais ce fut un Sangar avec tout ce qu’il y avait de plus normal et naturel, qui poussa la porte du logis du géant Hakantarr, armé vraisemblablement d'une arme atypique. La chaleur y était coutumière, mais en ces temps difficiles, elle n’était que meilleure... « C’est que j’arrive au bon moment, » lança Sangar à la vue de la carcasse que désossait son tuteur. Sans attendre, Sangar rampa jusqu’au feu de cheminée où il s’acquitta de ses épaisses couches de peaux, et se laissa porter au sol sous le poids de l’épuisement.

Si Sangar n’avait envoyé aucune missive prévenant de sa visite, le jeune homme était certain qu’Isdès avait eu écho de son départ pour le sud et donc s’attendait naturellement à sa visite. Il savait que Sangar ne partirait pas sans passer le voir. Une telle évidence que les deux hommes avaient naturellement convenu sans le besoin de s‘informer. « Alors, il y a quoi au menu ce soir... Gente damoiselle, des fourneaux? » D’un revers de main, le jeune infirme se débarrassa des flocons de neiges rescapés, nichés sur sa tignasse. Si la crapule avait beaucoup d'estime pour son aîné, il ne ratait pas une occasion d’en placer une. De toute façon, il n’était pas question d’aborder d’emblée le sujet. Les "faut qu’on parle" d’entrée de jeu, typiquement féminins, n’étaient pas du tout le genre de paroles que l’on retrouvait dans leur conversation, alors autant vous dire que la confrontation n’était pas prévue pour tout de suite. De toute manière, dans l’immédiat Sangar n’avait pas envie de se prendre la tête à parler de son futur, actuellement le tourment de ses pensées. Il faut dire qu’il avait accepté une mission banale pour n’importe quel athna, mais qui prenait des ampleurs gargantuesques pour une personne comme lui. Voyez-vous, traverser des terres hostiles avec un handicap certain pour la fuite, principal moteur de survie, s’annonçait totalement dangereux et imprudent. A l’image du principal intéressé, du Sangar tout craché. Connaissant sa hantise profonde de l’inconnu, ce choix était révélateur d’une évolution tout à fait inattendue chez le jeune homme. S’il n’a jamais laissé la chance dicter ses choix, aujourd’hui il s’en remettait au hasard et aux rencontres afin de décider de son sort. Une attitude qui soulevait de nombreuses questions. Avait-il trouvé enfin le courage de dépasser ses peurs? S’agissait-il d’un possible voyage « test », sans retour prévu? Il était encore trop tôt pour se faire une opinion véritable de la chose mais c’était là, autour de feu, tout le pourquoi de la chose.
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06/05/2016 Dandan/Sonia 250 Jason Momoa lux #demonkeur Garde pour sa tribu, il s'occupe aussi parfois des oiseaux messagers. 50


Sujet: Re: The day before leaving  I S D E S
Lun 13 Fév - 0:45

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Après avoir été libéré, Erob partit avec une vivacité propre à son espèce. C’était un des faucons les plus rapides et les plus efficace de la multitude d’oiseaux qu’ils élevaient dans le camp des Athnas. La première fois qu’il avait posé les yeux sur le rapace pour l’étudier, Isdès avait compris qu’il aurait un rôle tout particulier. Et quel rôle, il n’était ni plus ni moins l’incroyable oiseau qui accompagnait les jours de Sangar, un être tout aussi spécial. Un lien inexplicable se créait entre le maître et la bête, c’était quelque chose d’indescriptible que seuls ceux qui existaient auprès des oiseaux pouvaient comprendre. Il aurait très bien pu envoyer sa propre buse pour lui signifier qu’il souhaitait le voir – le message aurait été d’autant plus limpide – mais il savait qu’Erob ferait son travail. Il savait que Sangar comprendrait qu’il était convié chez l’un de ses plus fidèles amis. Après tout, c’était la moindre des choses quand on s’apprêtait à quitter le camp Athna pour aussi longtemps, pour partir aussi loin. Isdès avait entendu des rumeurs ça et là : un long périple, des risques, la forêt des Naoris, l’autre bout du continent... Dès qu’il s’agissait de Ciciethli, les membres de leur peuple commun avaient beaucoup trop tendance à prendre en compte son handicap physique. Alors qu’on aurait encouragé n’importe quel autre camarade, on s’inquiétait de le voir revenir. On s’inquiétait de ce qu’il pourrait trouver sur son chemin. Sans le révéler à son protégé, Isdès n’avait pas hésité à rabrouer tous ceux qui osaient émettre tant de doutes. Il ne devait pas y avoir de différence entre les Athnas, à partir du moment où ils étaient nés au sein de la même montagne et où ils foulaient la même terre volcanique. C’était plus fort que lui. Même si Sangar était en mesure de le prouver par lui-même, il se sentait obligé de défendre celui qu’il considérait davantage comme un frère. Comme un fils si les années les avaient séparés davantage. Il vantait son talent inné avec les oiseaux, il vantait sa puissance et son endurance qui le faisait tenir malgré des distances parcourues à la seule force de ses bras quand la situation l’exigeait. Parfois, Isdès lui avait conseillé de se débarrasser même de ses béquilles et de se montrer tel qu’il était. Un homme à terre n’était pas le plus inoffensif et pour cause, l’humain avait trop tendance à lever le nez vers des hauteurs qui ne leur étaient pas destinés, se souciant guère des potentielles menaces plus bas que lui. Sangar avait justement les armes pour combattre ce fléau égocentrique. Il aspirait à l’élever bien plus haut que quiconque, là où se trouvait sa place. Avec lui, il trouvait le rôle de sa vie, la réelle cause pour laquelle il pourrait renoncer à tout le reste. Mais ça, c’était des réalités qui était suffisamment présentes pour qu’il n’éprouve pas le besoin de les exprimer.

Ainsi, Isdès n’imaginait pas Sangar prendre la route sans lui expliquer le but de son voyage. Et certainement pas s’il l’avait déjà fait avec Elias. Il s’était bien gardé de lui en parler, jalousement, rien que pour espérer avoir une once d’avance sur lui. La rivalité n’était jamais aussi exacerbée et apaisée à la fois que lorsqu’il était question du jeune homme. Mais aujourd’hui, Elias n’existait pas. Après avoir envoyé Erob chercher son maître, Isdès s’était affairé à désosser un bouquetin qu’un chasseur avait ramené plus tôt. Alors qu’il avait confié la peau à un tanneur qui lui ferait une nouvelle fourrure chaude, il s’occupait lui-même de la viande qui serait délicieuse, tout juste grillée au feu. Les flammes léchaient l’âtre au centre de la pièce et reflétaient les lignes bleutées du torse nu du géant d’une lueur orangée. Dehors, la tempête menaçait de nouveau et donnait cette impression d’intemporel, comme si le temps ne passait plus. Bientôt, l’invité lui fit enfin grâce de sa présence. À sa remarque, Isdès suspendit brièvement son geste avant d’abattre la lame sur la carcasse pour en découper une côtelette. Le sang baignait ses doigts mais c’était la dernière chose qui puisse l’embarrasser. « On dirait que tu as été ralenti. » fit-il remarquer en pointant de sa hache la béquille survivante. Pour lui, c’était une perte de temps et d’énergie, mais il l’avait déjà trop répété. Malgré le ton qui avait pu paraitre paternaliste, aucune atmosphère tendue n’affligea les deux hommes. Ils se comprenaient en un regard et ils partageaient déjà trop de lourds secrets pour s’embêter avec des non-dits. Ils n’étaient jamais qu’eux-mêmes, dans leur état le plus brut, quand ils étaient l’un avec l’autre. Ainsi, nul besoin de s’entendre sur le sujet de conversation, le départ de Sangar viendrait bien assez tôt sur le tapis. Puis ils avaient tout leur temps.
Pour ne pas se salir, il avait tressé ses longs cheveux d’ébène qui tombaient dans son dos jusqu’à la naissance de ses reins. La petite boutade du visiteur arracha un sourire en coin sur ses lèvres ourlées d’une épaisse barbe. Néanmoins, il ne comptait pas le laisser s’en sortir comme ça et il pointa alors la lame reluisante vers lui désormais. « Plaisante pas gamin, la damoiselle peut finalement décider de changer de viande pour le repas. » Il reprit son labeur. « Si tu m’aides, t’auras peut-être droit à un bout. » La hache s’abattit une nouvelle fois et les côtes se fendirent en un autre morceau. « Occupe-toi de les faire griller. On va voir si t’as de la jugeote, fillette. » taquina-t-il. Intérieurement, il voulait aussi se convaincre que Sangar était capable de se débrouiller seul. Personne ne serait là pour l’aider, là-bas, mais tout était prêt à refermer son piège sur lui. Un Rahjak égaré ne ferait qu’une seule bouchée d’un infirme. L’hiver engloutirait rapidement un voyageur épuisé et affamé. Un natif du ciel serait suffisamment stupide pour tenter de le capturer. Il allait leur montrer à tous, Isdès en était persuadé. Mais pour l’heure, c’était lui qu’il fallait impressionner.

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Sujet: Re: The day before leaving  I S D E S
Lun 17 Avr - 15:12


Tu ignores le vide devant toi, les vertiges et la peur tu connais pas... Seule au milieu des loups, tu t'enfonces au bord des précipices. Dans la cité perdue, au travers de la nuit, toi tu vas bien. En travers la douleur et la mélancolie, tout ira bien. Isdès & Sangar

The day before leaving

C« Plaisante pas gamin, la damoiselle peut finalement décider de changer de viande pour le repas. » Sa réplique lui extirpa un sourire. Se faire dégommer par un monstre, il n’y a pas de quoi trouver cela réjouissant mais imaginer Isdès en rogne et essayant de le réduire en charpie semblait l’amuser. Mmh non, il n’y a aucune logique là dedans. « Si tu m’aides, t’auras peut-être droit à un bout. Occupe-toi de les faire griller. On va voir si t’as de la jugeote, fillette. »  Aussitôt dit, aussitôt fait. Le jeune s’exécuta et se plia à la condition de son mentor, mettant en place la broche destinée à faire rôtir la carcasse en préparation. « Tu ferais une piètre femme du logis, demander de l’aide à une fillette pour tourner une broche, je me demande si le froid n’a pas rétréci ce qui te sert de jugeote. » Dit-il aimablement, pointant le crâne de son interlocuteur, le sourire devenu moqueur. « Cela dit, je comprendrais que cela ne soit qu’une excuse pour s’assurer que je sois capable de me débrouiller… une fois là-bas. » Insolent mais perspicace, du Sangar tout craché. Ses mots avaient une tonalité tout à fait naturelle dans une attitude qui ne trahissait aucun embarras, à mesure qu’il attisait les flammes. Seulement, ce ton ne lui était pas du tout naturel et relevait une légère tension. Cela sous entendait également qu’Isdès était au courant. La mission étant un événement inédit à caractère périlleux à juste titre pour le jeune soldat, il était évident qu’il ait eu vent rapidement de la nouvelle, et inévitable que le sujet en vienne à table. Mais certainement pas, aussi rapidement. Son franc parlé lui avait encore une fois joué des tours mais ce n’était pas plus mal. De toute manière, ce n’était pas dans leurs habitudes de tourner autour du pot. La fillette avait de la jugeote. C'était son kit de survie dans un monde de brutes, sans ses jambes pour les porter à son cou. Après avoir passé toute la journée à essayer d'amorcer de la façon la plus convaincante son départ, à la seule personne qui se préoccupait de son sort, au final il avait suffi d’une seule phrase de sa part pour se lancer. Faisant mine que lui seul soit au courant, il lui exposa les faits comme si c’était la première fois qu’Isdès l’apprenait. « J’ai demandé à Elias de rejoindre un groupe en partance pour la tribu Naori… Ça ne sera l’affaire de quelques jours seulement.  » "Seulement". Pour quelqu’un d’autre il s’agirait d’une routine, mais tous deux savaient que les jours n’avaient pas la même couleur pour lui. Je vous épargne toutes les raisons qui justifient leurs inquiétudes mutuelles. Au-delà de cela, quelque chose avait changé et c’était donc bel et bien de cela qu’il était question. « Voila… » Ne s’attardant pas sur les regards de son aîné, il prit une profonde inspiration et lorsqu’il fut sur le point de parler ouvertement de la situation, l’arrivée d’Erob le coupa net dans son élan. Les heurts du rapace contre la porte et ses brefs glapissements informèrent son arrivée tumultueuse. Mais qu’est ce que foutait ce fichu pigeon et à un moment pareil. D’ailleurs qu’est ce qu’il foutait ici. Sangar pensait l’avoir laissé au logis, un oiseau ça n’ouvre pas les portes et encore moins les fenêtres... La mine crispée et la lèvre inférieure pincée, il fustigea du regard son compagnon ailé à travers la porte, avant de se tourner vers son aîné et esquissa un sourire ennuyé. Sans un mot, le regard épinglé au sol, il rampa jusqu’à la porte et fit rentrer son rapace dans la demeure. «Tiens donc tu tombes à pic », maugréa-t-il sèchement dans sa barbe à la remarque d'Isdès quant au changement de viande. Une fois la besogne accomplie, il rejoignit Isdès.

Les pieds en avant, le buste incliné en arrières soutenus par ses bras, Sangar avait décidé d’arrêter de faire semblant et laissa tomber sa « mission » de fée du logis pour faire face à son mentor. Ses yeux avaient l’effet de deux balles turquoise qu’il était impossible d’éviter. «Je sais ce que tu penses. Il balança sa tête vers le bas côté roulant ses yeux au ciel comme il en avait si souvent l’habitude. « J’ai déjà pris ma décision et je sais que tu ne m’en empêcheras pas. C’est juste que ça fait si longtemps que je suis ici, à me persuader que je suis capable de… Sangar s’interrompit. Là était tout le problème…. de réaliser ce que, toi, tu pourrais faire. Par « faire » il entendait bien ce qui ne lui était pas accessible en tant qu’individu handicapé, se débrouiller en dehors de son environnement. Le but de la mission n’était pas de réussir à faire un feu ou combattre des assaillants bien portant, mais bel et bien d’être capable de s’adapter dans un environnement changeant et de savoir s’il a un avenir en tant que guerrier, en tant qu’exploratoire, en tant qu’homme libre. Ce n’était pas de la compétition. Très honnêtement, il a beau s’être enrolé dans une mission casi-suicide, il avait encore son pois-chiche en place. Faire la même chose qu’Isdès mais à sa manière. Jusqu’ici, Sangar avait toujours été protégé aux dangers extérieurs. La vie qu’il menait ici n’a jamais vraiment été ce qu’il voulait, tout du moins pas dans cet état. Et c’est peut-être à partir de demain qu’il pourrait commencer cette vie. Il se sentait plus que redevable envers Isdès. Il aurait aimé faire ce voyage en sa compagnie, comme celui d’un père et d’un fils, mais s’il voulait avoir une chance de réussir par ses propres moyens, Sangar devait s’acquitter de sa présence.

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Sujet: Re: The day before leaving  I S D E S
Lun 15 Mai - 22:28

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Sans broncher, Sangar s’exécuta. Il ne fallait pas l’interpréter comme de la docilité : Sangar n’avait jamais été obéissant et encore moins domptable. Comme tout Athna fier, il respectait ce qui méritait de l’être, il se rangeait du côté des choses qui étaient en accord avec ses valeurs. Isdès ne lui reprocherait jamais de lui tenir tête si ce dernier avait une bonne raison de le faire. Ce qu’il exécrait c’était l’obstination irréfléchie et automatique, l’idée de vouloir s’opposer par simple envie de le faire. C’était cette rébellion de principe et d’orgueil qu’il ne supportait pas – même s’il ne fallait pas croire qu’il n’y avait jamais cédé lui-même. Fort heureusement, Sangar savait faire la part des choses entre ce qui était nécessaire et ce qui était dicté par son instinct. Maintenant, il comprenait bien combien son mentor était en train de le tester. Il ne testait pas tellement ses aptitudes, il en avait déjà eu un aperçu et elles étaient amplement suffisantes. Il préférait s’atteler du côté du caractère et du mental. Sangar était-il capable de résister à la pression ? Était-il en mesure de prouver ce qu’il avait à prouver et ne surtout de ne pas se laisser déstabiliser par le regard condescendant d’autrui ? Isdès aurait pu endosser ce mauvais rôle. C’était facile pour lui de jouer les insatisfaits, de rabaisser les gens et de prendre la domination sur l’autre. Il aurait très bien pu devenir le pire ennemi de Sangar, juste parce qu’il savait combien ça l’élèverait davantage. Mais il en avait été incapable. Quand bien même il ne lui avait jamais avoué, Sangar perçait de part en part sa carapace de pierre. L’objectivité, le sens du devoir, la raison, tout ce qui faisait de lui un homme inébranlable n’existait plus sitôt qu’il était dans les parages. Il était capable de renier sa communauté, tant son affection envers ce garçon n’avait aucune limite. C’était une tendresse tout à fait platonique mais réellement profonde qui ne s’expliquait pas. Peut-être parce qu’Isdès avait eu un aperçu de sa véritable nature, dès le premier regard. Les remparts et les apparences n’existaient pas dans leur relation. C’est pourquoi ils se disaient tout, sans filtre, sans redouter que la réaction de l’autre ne soit inappropriée. Ainsi, Sangar lui fit par de la raison de son départ. Elle était déjà connue de tous, mais il savait qu’il devait l’entendre de vive voix. Isdès n’essaya même pas de cacher la lueur de jalousie qui traversa ses iris à l’évocation d’Elias. La rivalité entre les deux hommes n’avait rien de secret et Sangar incarnait tout autant le pont entre les deux têtes de mule que le fossé béant qui les séparait. À son sujet, ils s’étripaient tout comme ils parvenaient à se mettre d’accord, comme deux parents possessifs sur l’avenir de leur propre progéniture. Parfois, c’était risible. Sangar était le premier à s’en moquer, tout en sachant que ni l’un ni l’autre ne changerait. Les mots du jeune garçon étaient sans fards, sans formules superflues. Isdès acquiesça en silence pour lui faire comprendre qu’il en attendait davantage, mais l’arrivée d’Erob interrompit le grand moment. Le garde esquissa un sourire, d’un air amusé. Les oiseaux ressentaient parfaitement les émotions de leur maître et ce, des kilomètres à la ronde. Le faucon n’était-il pas venu offrir un bref moment de répit à son éleveur ? Ou peut-être venait-il de lui offrir l’occasion de s’échapper à son devoir d’hôte parfait.

Isdès laissa Sangar s’installer dans un coin et prit sa suite, non sans sentir son regard étudier chacun de ses gestes.  Il enfila les côtes une à une sur la broche qu’il remit en place et alimenta le feu pour que la viande ne brûle pas. Lui était détendu et serein, mais il croyait déceler une tension naissante dans l’attitude de son protégé. Malgré ce qu’il pouvait en dire, la perspective de ce premier voyage en solitaire l’angoissait. Au moment où Sangar crut lire en lui, Isdès répliqua aussitôt, sans arrêter sa besogne : « Je dis que tu es une feignasse, Sangar. Tu vas mourir de faim. » Le ton paternaliste avait résonné dans la maison. Bien entendu, il exagérait dans le simple but de le pousser dans ses retranchements. Quand il l’entendit se comparer à lui, l’homme se retourna vers lui, un air dubitatif sur le visage : « Et qu’est-ce que je peux faire que tu ne pourrais pas faire ? » Il pointa son couteau sur ses jambes. Là était la source même de tout maux. « Tu as un cheval non ? Alors tu as deux jambes de plus que moi. » Il essayait véritablement de le rassurer, à moins qu’il ne se réconforte lui-même. Le fait est que pour ce voyage, il aurait voulu l’accompagner. Il aurait voulu être le premier homme à apercevoir Sangar goûter à la liberté. Il voulait assister à sa première sortie en tant que représentant Athna. Sa difformité n’était que dans sa tête : si on l’avait gardé dans ce monde et non pas dans celui des Reapers, c’est bien parce qu’il avait un destin. « Tu as pris ta décision et tu n’as pas pris la voie la plus simple. Mais qui pourrait se vanter ici d’affronter les mêmes difficultés ? » Par son audace, Sangar surpassait bien des guerriers d’autres tribus. Le cœur d’Isdès était juste déçu de ne pouvoir être spectateur de cet envol. « Tu souhaites quoi, Sangar ? Ma bénédiction ou que je t’avertisse de tous les pièges dans lesquels tu vas tomber ? » Il tourna négligemment la broche pour répartir la chaleur sur les morceaux de viande. Un doux fumet de suc commençait à se répandre dans la pièce. Lui-même en avait fait les frais, à peu près au même âge que Sangar. Il finit par se laisser choir à son tour. Il ramena sa longue tresse sur son buste avant de commencer à en démêler le bout de ses doigts épais. « Les Naoris sont le peuple le plus accueillant et le plus pacifique qui soit. Mais prends garde, la douceur a ses épines. » Il leva les yeux vers lui, lui jetant un regard entendu. Avec ce premier voyage, allait survenir tous les plaisirs et les revers de l’indépendance.

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Sujet: Re: The day before leaving  I S D E S
Dim 4 Juin - 9:42

RP archivé suite à la suppression de Sangar

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Sujet: Re: The day before leaving  I S D E S

 

The day before leaving  I S D E S

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