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˜˜˜˜˜˜{{ You've got strength, you've got soul {Richard ♥}
maybe life should be about more than just surviving


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06/12/2015 Lux Aeterna 30606 Sophia Bush Avengedinchains (vava) ; Oreste (image profil); Lux Aeterna (sign & gifs & fiche rp) ancienne militaire - lieutenant, stratège, garde et patrouilleuse. Quelques notions de médecine et bases en maniement des armes. 201


Sujet: {{ You've got strength, you've got soul {Richard ♥}
Lun 23 Jan - 20:42

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❝ You've got strength, you've got soul ❞
Murphy Cavendish & Richard Coben
(22 janvier 2117)


Cela ferait bientôt un an et demi qu'ils foulaient le sol de cette planète, et bientôt un an que Faust ne le foulait plus. Le temps paraissait s'écouler à une autre vitesse, ici, mais il semblait à Murphy que leur années stellaires appartenaient à une autre vie. Elle ne savait plus ce qui lui paraissait le plus censé et instinctif entre toutes ces années qu'elle avait passées là-haut ou celle qui venait de s'écouler sur Terre. Elle savait qu'elle ne retrouverait plus jamais les cieux qui l'avaient vue grandir. Leur place, à eux tous, maintenant, était ici. L'humanité toute entière se retrouvait sur la même planète qui l'avait vue naître, et pourtant, elle semblait plus divisée que jamais. A l'image de son histoire, avanceraient sans doute les plus réalistes, mais certainement pas à l'image de son avenir. Car Murphy l'espérait de tout cœur, cette trêve qui se transformerait en paix. Elle ne voulait plus de cette crainte dans laquelle ils baignaient tous aujourd'hui, et eux, Odysséens, sans doute plus que quiconque sur ce sol d'ailleurs, avaient d'autres priorités. Ils devaient apprendre à survivre sur cette planète qu'ils n'avaient côtoyée que de loin, de trop loin en tout cas pour réellement la comprendre. La découverte avait commencé de la pire des façons possibles, par des pertes humaines démesurées. Il avait fallu apprendre vite les bases, et si les Naoris les avaient aidés à passer l'hiver, ils savaient aujourd'hui que leur survie à venir ne dépendait que d'eux. Plus d'un an déjà à s'adapter à ce nouveau monde, presque trop timidement et beaucoup trop lentement aux yeux de la brune. Elle avait frôlé la mort à de trop nombreuses reprises à son goût maintenant, et elle savait que si elle ne faisait rien pour contrer ce lot de malchances, elle finirait par y passer. Il n'y aurait pas toujours un Terrien pour la sauver de cavernes oppressantes ou d'animaux affamés. Il n'y aurait pas toujours Skylar pour l'aider à grimper aux arbres et à échapper aux canines acérées de bêtes enragées. Elle ne pouvait pas contrôler l'incontrôlable, pourtant, et elle savait que tant qu'elle fréquenterait ce monde et cette forêt, elle devrait apprendre à composer avec la faune qui s'y trouvait. Elle devait juste se préparer à y faire face et à ne pas rester pétrifiée devant ces animaux qu'elle ne connaissait pas. Mais aussi et même surtout, elle devait s'assister d'autres armes que ses deux minables poignards.

Plus d'un an, donc, qu'elle et Richard se démenaient pour trouver le matériel nécessaire à la construction d'arcs. Ils avaient d'autres choses à faire au jour le jour, et aucun des deux n'était expert en bois et en fabrication d'armes. Pourtant, à force d'essais ratés, Murphy ne cessait de gagner en détermination. Elle courrait après l'idée de cette arme comme l'option parfaite pour l'aider à se défendre sans trop y risquer d'y laisser sa peau. Elle avait utilisé des dizaines de morceaux de métal affûtés comme armes de distance, mais jeter des objets aussi déséquilibrés était loin d'être satisfaisant, même avec son aisance pour la visée. Il lui valait un outil plus précis, et cet arc, elle comptait bien l'avoir entre les mains avant le printemps.

Elle avait enfin récupéré tous les morceaux de bois entreposés depuis l'été et les avait amenés dans une pièce abandonnée de la carcasse de l'Odyssée. Ici, les parois n'étaient pas tout à fait isolées; l'ancienne pièce était donc la plupart du temps estimée condamnée, mais en cet hiver hargneux, Murphy la considérait comme l'option parfaite entre les vents glaçants de l'extérieur et les intérieurs bien trop fréquentés. Elle ouvrit la porte d'un coup de coude et lâcha les morceaux de bois à terre. Un craquement la fit grimacer. « Sélection naturelle... » râla-t-elle en relevant son regard vers celui qui l'attendait déjà. « J'ai pas eu le temps de m'y remettre depuis l'été. Voilà tout ce que j'ai récupéré à droite et à gauche. » Elle désigna le petit tas à ses pieds et jeta un coup d'oeil à ce qu'avait ramené Richard. « Je crois qu'on a du travail... » Elle s'assit sur une caisson de bois à côté de son ami et lui jeta un coup d'oeil malicieux. « Allez, aujourd'hui, c'est le grand jour. J'ai jamais eu autant de morceaux de bois à tester. » Elle fouilla dans les poches de son manteau et en sortit la précieuse cordelette qu'elle avait trouvée à la décharge, voilà déjà une bonne année. Elle la posa sur une autre caisse qu'elle tira entre Richard et elle dans les gravas gelés. « J'espère que ta prochaine garde est pas pour tout de suite. Moi j'ai demandé à mon supérieur de... » Elle fit mine d'être surprise. « oh, mais attends, c'est toi ! » Clin d'oeil, gloussement. « J'espère que t'as réussi à te débrouiller pour nos deux gardes. On repart pas d'ici tant qu'on a pas testé tout ce qui est par terre. Moins la branche qui a pété y'a deux minutes. Repose en paix, petite branche. » Elle attrapa un bout de bois sur sa pile et l'observa d'abord sous toutes ses coutures pour s'assurer qu'elle l'avait bien choisi, au moins sur les apparences. Incurvé et sans fourches nœuds ou torsions, celui-là était parfait. « Allez, peut-être que celui-là c'est déjà le bon », les encouragea-t-elle en donnant un coup de pied enthousiaste à Richard. Maintenant, c'est sa souplesse qui devait être vérifiée, et c'était le moment où tous les prédécesseurs de ce morceau de bois avaient lamentablement échoué.

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Sujet: Re: {{ You've got strength, you've got soul {Richard ♥}
Mar 7 Fév - 20:00

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YOU'VE GOT STRENGTH, YOU'VE GOT SOUL
richard&murphy
Il n’est pas vraiment évident de réaliser que malgré le temps précédemment écouler, il est parfaitement incapable de faire ce qu’il faut pour se confectionner un arc. Oh bien sûr, à côté de ça, il fait de son mieux pour réussir à instaurer un certain climat de confiance sur le campement. Cela n’a absolument rien d’évident, au milieu des incertitudes ou même des hypothèses de rébellion. Mais s’il se permet malgré tout de croire que tout ira bien, c’est parce qu’ils commencent à prendre leurs marques ou du moins, ils essaient de le faire. Ce n’est pas toujours facile. Parfois, c’est pire que ça, parfois, on se perd et on ne parvient plus à retrouver sa route. Il n’a pas envie de voir ça arriver. Ils ne sont plus très nombreux. Sur bien des points, il est difficile de trouver un sens, difficile de trouver la direction à prendre mais il faut faire avec. Richard, il sait que pour survivre, il faut se renouveler. Ils sont au début, à un point où l’évolution semble compliquée. Mais ils doivent survivre, apprendre. Et ils n’y arrivent pas parce qu’ils ne s’en donnent pas suffisamment la peine. C’est compliqué. Une année et plus s’était écoulée et ils n’avaient pas été capable de se fabriquer une arme à distance. Autant dire que c’était compliqué. Il était également ridicule de bousiller les balles des armes à feu qu’ils ont puisque d’une part, ils ne savent pas vraiment s’en servir et que d’une autre part, ils n’ont pas suffisamment de balles pour jouer avec. En plus, il n’est pas vraiment certain qu’il soit judicieux de foutre de la poudre à canon dans le corps d’un animal. Cela ne doit pas vraiment se manger.

Il l’avait laissé faire, en réalité. Elle avait fait le tri au milieu des bouts de bois et elle avait réuni ceux qui pourraient avoir une réelle utilité. C’était mieux comme ça, bien sûr, et il ne risquait pas de prétendre le contraire. De toute manière, ce n’était pas le genre de matériel qui attire les autres. Du bois ? En dehors du feu, les gens ne s’occupent pas de grand-chose. Ils ne réfléchissent pas au monde, à ses besoins et à ce qu’il peut apporter. Ils ne cherchent pas une facilité évidente sur les choses. Ils se contentent de ce qu’ils ont. Mais ça, Richard l’a déjà suffisamment critiqué et il se permet désormais de croire qu’il n’est pas nécessaire de réfléchir plus longtemps. Il s’agace de tout ça, il s’énerve de voir ce que les gens pensent ou ne pensent pas. Il observe, de loin, il se contente du silence mais il faudrait réellement qu’il en parle à voix haute parce que c’est aussi important que le reste. Il veut que les gens comprennent, il veut qu’ils soient en mesure de comprendre où est le problème. S’ils n’en sont pas capables, il ne voit pas ce qu’il pourrait faire. Est-ce qu’il y a une méthode particulière pour pousser les gens à faire un peu plus que ce qu’on leurs demande ? S’ils n’ont pas envie de faire un effort suffisant pour rester en vie, il ne voit pas ce qu’il pourrait leurs dire. Ils s’en moquent ? Il a décidé que lui aussi.

Pour éviter le froid, ils ont décidé de s’installer dans une pièce abandonnée. Elle n’est pas en très bon état, c’est vrai. Mais elle abrite suffisamment du froid pour qu’ils n’aient pas l’impression de mourir à chaque mouvement. Alors aux yeux de l’homme de quarante ans qui supportent toujours un peu moins le froid, c’est suffisant. Bien sûr, c’est Murphy qui a proposé. Des fois, elle n’a pas de si mauvaises idées que ça. « Sélection naturelle... ». Il lève le nez vers elle, elle vient d’entrer. Il la regarde une seconde et il ne sait pas vraiment quoi lui dire. Faut dire que de toute manière, il n’y a pas grand-chose à dire. « J'ai pas eu le temps de m'y remettre depuis l'été. Voilà tout ce que j'ai récupéré à droite et à gauche. ». De toute manière, rien ne garantit qu’ils réussissent du premier coup. Il a envie d’y croire mais quand il observe ses mains, il ne voit rien de créatif. Il voit juste des mains sèches et abîmées. Lui, il en a ramené un peu mais ça ne casse pas des briques. Pour tout dire, il ne parvient même pas à savoir si ça servira à quelque chose ou non. Si ça se trouve, quand ils vont s’y mettre, ils vont se dire que tout ceci n’a pas de sens, qu’ils ont deux mains gauches, qu’ils ne font rien de bon. Mais un pas après l’autre parce que c’est sans doute plus simple comme ça. Il ne faudrait pourtant pas qu’il reste misérable comme ça, qu’il s’imagine que rien ne fonctionnera. Oh bien sûr, ce n’est pas seulement de la misère, il faudrait plutôt qu’il se concentre. Au moins un peu. « Je crois qu'on a du travail... ». C’est un fait, oui, mais il faut à tout prix qu’ils réussissent à confectionner un arc. Deux sera un chiffre parfait mais un pas après l’autre, si on peut le dire ainsi. Les choses ne sont pas évidentes. Les situations sont compliquées. Et par moment, tout ça n’a pas de sens. Depuis qu’ils sont sur Terre, il est un peu pessimiste. Oh, il l’était tout autant là-haut. Mais il lui faut désormais faire le point, il lui faut remettre les choses en place. Il faudrait qu’il lui arrive quelques points glorieux pour que ça s’améliore. Mais il ne sait pas vraiment comment il doit s’y prendre. C’est ça le problème. Il y a bien ces gosses, mais c’est compliqué. Il y a bien Skylar, mais il a l’impression que c’est encore plus compliqué. La vie d’adulte peut devenir si compliqué avec un claquement de doigt. Maintenant, il ne sait pas ce qu’il est supposé faire pour que les choses s’améliorent. Et de toute manière, il n’y a jamais eu de méthode magique. « Plus qu’à voir de quoi nos doigts sont capables ou justement, incapables ». Il sourit doucement. Il ne sait pas vraiment ce qu’il peut dire ou même faire. Il n’a pas envie de passer pour un imbécile mais il sait que malgré tout ce qu’il pourrait faire, ses options sont limitées. « Allez, aujourd'hui, c'est le grand jour. J'ai jamais eu autant de morceaux de bois à tester. ». Oui, c’est sans doute préférable. Et tant qu’ils n’essaieront rien, ils n’arriveront à rien, de toute manière. Il n’est peut-être pas très rassurant à cette idée, mais il n’est pas non plus stupide au point de prétendre que tout pourrait éventuellement mal se passer. Heureusement, d’ailleurs. Au pire, ils seront déçus ou finiront avec une écharde dans le doigt.

« J'espère que ta prochaine garde est pas pour tout de suite. Moi j'ai demandé à mon supérieur de... ». Il se met doucement à rire. Non parce que.. « oh, mais attends, c'est toi ! ». Voilà, le chef de garde n’a pas vraiment eu besoin de se tracasser pour trouver quelqu’un pour faire sa garde. Pour autant, il ne prétend pas non plus qu’il est le mieux placé pour faire les choses. Sur certains points, il est capable de faire de grosses erreurs. Mais bon, il a toujours été quelqu’un de responsable. Il ne serait jamais venu ici se planquer s’il n’avait pas été capable de trouver quelqu’un pour le remplacer. Bien sûr qu’il y est parvenu, est-ce que c’est vraiment si étonnant ? « J'espère que t'as réussi à te débrouiller pour nos deux gardes. On repart pas d'ici tant qu'on a pas testé tout ce qui est par terre. Moins la branche qui a pété y'a deux minutes. Repose en paix, petite branche. ». Alors oui, bien sûr qu’il s’est débrouillé. Il espère juste que ce sera pas en vain parce qu’il a sacrifié une garde de jour pour prendre une garde de nuit. C’est toujours très chiant. « Je me retrouve avec une garde de nuit à faire dans trois jours. Mes hommes savent y faire. Alors si je n’ai pas d’arc aujourd’hui, c’est toi qui te la tape ». Autoritaire ? Mais pas du tout. Faut savoir y faire pour obtenir ce qu’on veut. C’est un coup à filer le mental à Murphy et lui, il n’aura qu’à en rire. M’enfin bon, il aimerait tout de même réussir à fabriquer le sien. Comme ça, s’il vient à casser, il sera au moins en mesure de le réparer. Dans le cas contraire, courir à chaque fois après Murphy n’aidera jamais son égo. « Allez, peut-être que celui-là c'est déjà le bon ». Voilà que sous l’excitation, elle se met à lui donner des coups de pieds maintenant. Lui il est là, à attraper des bouts de bois, à essayer de voir s’ils peuvent convenir en les observant. Comme elle, bien sûr, mais celui qu’elle tient paraît bien mieux que le sien. Il le met de côté, en attrape un autre. « La chance du débutant. Essaie de ne pas le casser en essayant de voir s’il est assez flexible ». Quoique, ce serait assez marrant quand même.
AVENGEDINCHAINS

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Sujet: Re: {{ You've got strength, you've got soul {Richard ♥}
Mar 7 Fév - 23:55

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❝ You've got strength, you've got soul ❞
Murphy Cavendish & Richard Coben
(22 janvier 2117)


Il faisait tellement froid dehors que même une pièce semi-isolée comme celle-là donnait l'impression de réchauffer les corps endoloris. L'air s'infiltrait par quelques fissures, ce qui avait contraint les responsables à considérer l'endroit comme inutilisable, mais Murphy venait de lui trouver une seconde vie. Ici, ils seraient à la fois à l'abri du vent cruel et de l'agitation parfois excessive qui pouvait animer leur campement, surtout aux alentours du grand feu qui réunissait les plus fatigués, les plus frileux et les plus avides de conversations superflues. Ses morceaux de bois, Murphy les avait accumulés depuis bien des mois maintenant. Elle en avait ramené de ses patrouilles, parfois de ses expéditions, et elle les avait gardés précieusement en attendant l'occasion d'en faire quelque chose. Marlene avait assisté au test de quelques uns d'entre eux l'été précédent, mais tous avaient alors cédé sous ses tests. Elle en avait testé quelques dizaines jusque-là, et en avait bien déposé une centaine à leurs pieds. Oui, ils avaient de quoi faire, d'autant plus que Richard n'était pas venu les mains vides non plus. Aujourd'hui serait le jour, elle l'avait décidé. Elle n'en pouvait plus de remettre à demain la construction de leurs arcs, parce que c'était ici et maintenant qu'ils avaient besoin de compléter leurs stocks personnels d'armes. Deux couteaux, c'était ridicule et misérable. Elle avait réussi à sortir des situations les plus douteuses par le plus grand des hasards, mais elle savait qu'un jour, peut-être très prochain d'ailleurs, le hasard ne serait plus de son côté. Le hasard n'apparaîtrait plus sous la forme d'un Terrien égaré et bienveillant qui la sauverait des griffes d'un animal ou des profondeurs d'une caverne glauque. Elle avait besoin de se suffire à elle-même à chaque moment, parce que, comme eux tous, c'était dans sa solitude qu'elle était la plus fragile. Isolée dans la forêt, elle n'avait qu'à compter sur elle-même et ses deux couteaux, et ce n'était plus suffisant depuis bien longtemps déjà. L'un de ses poignards s'était planté dans la carrure impressionnante de son prédateur un mois plus tôt, et cela ne l'avait pas empêché de continuer à la course. Sans l'intervention de l'Athna, elle serait à l'heure actuelle probablement transformée en crotte de gros animal. Il était temps qu'elle prenne les choses au sérieux pour de vrai et qu'elle agisse concrètement. Il ne s'agissait pas que de rébellion mais d'elle-même et de tout ce campement qui continuait à vivre trop lentement, sans s'adapter au rythme de la vie que leur imposait cette Terre abîmée par leurs ancêtres. « Plus qu’à voir de quoi nos doigts sont capables ou justement, incapables », répondit le brun alors qu'elle s'était installée en face de lui. « Rohhh », prétendit-elle le remontrer, amusée, « la gamine est trop jeune pour les allusions sexuelles... » Elle marqua une pause en se raclant la gorge pour reprendre son sérieux. « Si ça se passe mal, de toute façon, c'est pas nous qui nous y prenons mal, c'est que le bois est merdique. Par contre si on y arrive, ce sera grâce à nous et seulement grâce à nous », affirma-t-elle en arquant un sourcil très sérieux. Qu'ils n'arrivent à monter aucun arc cet après-midi était inenvisageable. Les lois des probabilités étaient avec eux : il y avait beaucoup d'essais à rater mais, en contrepartie, quelques essais potentiellement victorieux, et c'était tout ce qu'elle préférait retenir avant de se mettre au travail. Elle le répétait, d'ailleurs, s'encourageait à haute voix en même temps qu'elle encourageait son mentor. Car de courage, ils en avaient besoin; une centaine -à la louche- de branches à tester, ça en nécessitait, de la motivation. Et du temps...

Richard riait à sa remarque, et Murphy gloussa en l'écoutant lui répondre. Une garde de nuit, c'était moche; vraiment moche. C'était d'ailleurs grâce à lui et uniquement grâce à lui que ses attributions au sein du camp avaient évolué en quelques mois. Sans lui, elle serait probablement en train de stationner aux différents points de garde autour du camp, à des heures plus ou moins probables, pour surveiller les alentours. Les patrouilles, qu'elles soient de jour ou de nuit, avaient au moins le mérite de les maintenir éveillés. « De nuit mais... même pas en patrouille... ? Tu... Une garde ? » Elle avait abandonnée les moqueries, dépitée pour son ami -et un peu apeurée à l'idée de prendre sa place- et non sans un peu de dégoût. Elle en faisait encore, des gardes, des pures et réelles gardes à rester immobile dans le froid, mais elle les exécrait au possible, peut-être encore plus maintenant qu'elle avait eu l'occasion de s'aventurer dans les profondeurs de la forêt et de découvrir ce qu'elle pouvait cacher. « Non mais t'es sérieux ? Tu me refilerais ta garde si on y arrivait pas ? » Elle le regardait, un peu paniquée à l'idée d'avoir à le remplacer dans l'ingrate tâche dont il avait hérité. « Et si j'ai une patrouille le lendemain ? Je me dors dessus pendant la patrouille ? » Elle tenait un argument, là, mais elle-même n'était même plus sûre de son emploi du temps pour les jours à venir. Tant qu'elle n'avait pas d'expédition plus personnelle de prévue, elle se moquait un peu des horaires qu'on pouvait lui imposer, tant qu'on lui privilégiait les patrouilles à ces gardes qu'elle détestait.

La première branche entre les doigts, Murphy l'observa quelques instants avant de tester le plus important dans cette première phase : la flexibilité du morceau de bois. « La chance du débutant. Essaie de ne pas le casser en essayant de voir s’il est assez flexible. » Il ne fallut pas une seule seconde de plus pour que la branche de Murphy ne cède sous ses doigts et dans un bruit sec. Se mordant la lèvre, un peu embarrassée, elle releva son regard vers Richard. « Oups... » Elle jeta le branchage à sa droite mais ne perdait pas son sourire déjà victorieux. Ce n'était que la première branche d'une longue liste à venir. « S'il casse c'est qu'il est pas assez flexible. Je préfère qu'il casse maintenant que face à un ennemi... » Elle haussa un petit sourcil un brin moqueur et attrapa la branche seconde à sa gauche. « Arrête de la regarder comme une oeuvre d'art ou une fille à poil... » se marra-t-elle alors que son second essai venait à son tour de lui claquer entre les doigts. Il retrouva le petit tas en formation à sa droite. « Faut voir ce qu'ils ont dans le ventre. Visiblement moi c'était tout dans l'apparence... » Un troisième bruit sec, une troisième branche qui retrouvait ses prédécesseurs. « Bon et sinon, monsieur Coben... Comment ça va la vie ? » Oui, elle avait une idée en tête avec sa question. Elle le fixait alors que sa quatrième branche se brisait à son tour et qu'elle se saisissait de la suivante, déjà plus résistante. Elle décida d'utiliser la technique qu'elle avait utilisée avec Skylar sans même savoir à ce moment-là où elle la mènerait. « J'ai croisé Skylar l'autre fois... » Elle savait où elle allait, et elle savait quelle direction prendre pour y parvenir. « Tu savais qu'il était raide dingue de... » Une énième branche lui éclata entre les mains, et cette fois non sans la surprendre. Elle la jeta, un peu furieuse, avec ses amies brisées. « ... d'Antarès ? Qui ne l'est pas, en même temps... »

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23/05/2015 avengedinchains 1398 Andrew Lincoln ava by Exception / sign by Alas Chef de secteur devenu chef de la garde après le crash. 76
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Sujet: Re: {{ You've got strength, you've got soul {Richard ♥}
Mar 21 Fév - 12:02

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YOU'VE GOT STRENGTH, YOU'VE GOT SOUL
richard&murphy
Ce qu’il y a de pire avec l’hiver qui se dessine doucement autour d’eux, c’est le vent. Peu importe la météo qui l’accompagne, qu’il s’agisse d’une vulgaire pluie ou d’un magnifique soleil, il continuera à faire un froid insupportable. Alors forcément, à l’abri, ici, entre plus ou moins quatre murs, il n’est pas bien compliqué de prétendre qu’ils y sont en meilleur condition. Après, ils ne peuvent pas tous se protéger dans les débris insupportables du vaisseau. Ils y dorment, ils y font le maximum mais il n’est pas conseillé de passer l’hiver à l’intérieur. Déjà, parce qu’il faut faire vivre le feu, ensuite parce qu’il y a bon nombre d’activités à mettre en place quant à la suite des évènements. M’enfin, sur ce point, Richard a parfois l’impression d’être le paternel du campement. Le chef de garde doit donner des ordres ridicules, parfois, pour être sûr que les choses se passent comme il le veut. Et ça ne se passe pas forcément comme on pourrait le vouloir. Enfin bref, il n’a pas vraiment envie de se pencher une nouvelle fois sur ce sujet. Il doit se concentrer sur bien trop de choses chaque jour pour qu’en plus de ça, il se retrouve pris à faire attention à tout ça. Il ne doit pas ternir les bons moments avec les mauvais parce qu’ils se font déjà bien trop rares. Et pour l’heure, il n’est pas question à la réflexion quant aux bons et aux mauvais points du coin. Il faut uniquement s’attarder sur la construction d’une arme qui devrait leurs permettre de chasser plus facilement et de se défendre même. Le stock d’armes du campement est bien trop faible pour une véritable défense. Il faut qu’ils apprennent un peu plus. Et lorsqu’ils seront véritablement en mesure de se défendre, Richard pourra toujours mettre en place un coin pour de l’entraînement, ou quelque chose du genre. Quelques lames, ce n’est pas suffisant. Quant aux armes qu’ils avaient là-haut, il n’y en a presque plus. Il faut évoluer, si on peut le dire ainsi. Et si Richard est prêt à le faire, ça ne veut pas dire que c’est aussi simple que ça.

Quant à son pessimisme, il n’est sans doute pas bien placé, c’est vrai. Il ne risque pas de faire grand-chose s’il ne se motive pas un minimum. En plus de ça, ce n’est pas comme s’il s’agissait vraiment d’une quelconque chance. Il doit uniquement réussir à le faire. Il faut juste qu’il parvienne à trouver la méthode et qu’il n’ait pas les mains qui tremblent. Cela n’a absolument rien de si exceptionnel que ça, n’est-ce pas ? Ou du moins, c’est une chose qu’il se permet de croire, au moins une seconde. Ici, pas de chance, juste de la motivation, de l’huile de coude et de la concentration. Il devrait être en mesure d’y arriver, s’il s’en donne la peine. Quant à Murphy, il n’y a qu’à la regarder pour voir qu’elle est bien assez motivée pour y arriver. Et pour l’humour de Richard ? ouais, on repassera. « la gamine est trop jeune pour les allusions sexuelles... ». Pourtant ouais, il doute tout de même de ça hein. Mais il est vrai que c’est un sujet qu’ils n’abordent pas ensemble, en général. Comme une barrière entre eux. Non pour qu’ils gardent une certaine distance, plutôt pour que la relation ne change jamais et qu’elle ne prenne pas une tournure ridicule. Les histoires de fesses, disons que ce n’est pas un sujet avec lequel il se sentirait à l’aise, avec elle. Quelques plaisanteries douteuses, de maigre sous-entendu, ça passe encore. Mais plus loin, il ne se sent pas vraiment en mesure de le faire. Ce serait trop étrange. « La gamine dit ça mais elle s’y connaît peut-être mieux que moi ». Un sourire en coin, il ne cache pas que son passé ne plaide pas vraiment en sa faveur. Déjà, parce qu’il a eu trois enfants. Mais à côté de ça, sa méthode a toujours été assez traditionnelle. Peut-être que les jeunes ont des méthodes plus originales ? Enfin bon, ce n’est pas non plus un sujet qu’il a envie d’aborder avec elle. Apprendre ses méthodes et ses tactiques de drague… Non merci.

« Si ça se passe mal, de toute façon, c'est pas nous qui nous y prenons mal, c'est que le bois est merdique. Par contre si on y arrive, ce sera grâce à nous et seulement grâce à nous ». Il se met ouvertement à rire. Sur le coup, il a quand même un certain doute. Après tout, certes, si le bois est pourri, ils n’arriveront à rien. Mais quand même, ils ont mis bien du temps pour choisir le bois qu’ils utilisent. Ce serait ridicule de voir la situation prendre ce genre de tournure, maintenant. Mais ça peut quand même arriver. « Le bois merdique ? Lequel, celui que tu as choisi ? ». Il la fixe, un large sourire sur les lèvres, Mais il sait que le problème ne viendra pas du bois mais plutôt des mains qui le manipulent. Après tout, ils ne savent pas vraiment comment il faut s’y prendre.

Une garde de nuit en échange d’une patrouille de jour. Le change est inégal, il le sait. Et ça n’a absolument rien d’agréable. Mais la plupart du temps, il faut juste faire avec parce que la situation n’est pas agréable. Enfin bon, pour le reste, à quoi bon réfléchir plus loin ? Où pourrait se trouver l’intérêt ? Il ne va pas non plus faire la fine bouche et il sait que la garde de nuit est insupportable, qu’on s’ennuie pas mal puisqu’il ne se passe jamais rien. Mais il peut bien faire ça pour ses gars. Sa seule intention est de ne forcer absolument personne à faire les choses. S’ils n’en ont pas envie, très bien, il met quelqu’un d’autre. Il n’est pas vraiment compliqué et la plupart des gars, c’est simple, ils savent qu’il faut le faire, qu’ils le veuillent ou non. Quant aux gars en question, il ne fait aucune différence fille/garçon. « De nuit mais... même pas en patrouille... ? Tu... Une garde ? ». Malheureusement. Il ne prétend pas qu’il en est ravi mais il le fera parce qu’on le remplace aujourd’hui et qu’il ne va certainement pas se mettre à râler juste pour la forme. « Malheureusement oui. Faut ce qui faut ». Qu’on ait le choix ou non, on ne peut pas vraiment faire la fine bouche juste parce qu’on en a envie. Ce n’est certainement pas comme ça que ça fonctionne. Et il n’est pas très regardant sur ses heures de sommeil. Il les rattrapera quand il pourra. Quant à l’idée de lui refiler ses heures s’ils n’arrivent pas à fabriquer l’arc, c’est une blague, bien sûr. La faire râler a toujours ce petit quelque chose de jouissif. Et il n’y a qu’à voir sa tête, qui est bien plus drôle que tout le reste. « Non mais t'es sérieux ? Tu me refilerais ta garde si on y arrivait pas ? ». En même temps, c’est le genre de truc qui fait facilement paniquer. Parce que c’est vraiment chiant à mourir et qu’il sait qu’elle déteste ça. « Et si j'ai une patrouille le lendemain ? Je me dors dessus pendant la patrouille ? ». Il lève les yeux au ciel alors qu’un sourire est incapable de s’éloigner de ses lèvres. Il ne peut pas vraiment y faire grand-chose. Il trouve juste la situation marrante. « Je déconne hein. Je m’en occupe, de cette garde. ». Elle le connaît au moins un peu, quand même, et elle doit bien se douter qu’il ne lui ferait pas un coup aussi foireux. Quant à sa patrouille, il n’est même pas sûr que ce soit son tour, le lendemain, mais il ne connaît pas tout par cœur. Il a déjà du mal à mettre de l’ordre dans tout ça, il ne faudrait donc pas trop lui en demander.

Le craquement de la branche de Murphy résonne dans la pièce, malgré la ruine et les trous. Il sourit, oui, ce sera plus compliqué que prévu. Choisir un bout de bois, ce n’est pas si simple que ça. Et si le bois est trop sec, il ne sera pas suffisant. Mais ils font de leurs mieux parce qu’ils n’ont pas vraiment le choix. « Oups... ». Ouais, c’est le cas de le dire. Mais bon, ça ne veut pas dire que la prochaine ne sera pas la bonne. Tranquillement assis, à l’abri de la plupart des regards et surtout, dans un calme reposant à côté du brouhaha qu’il y a près du feu, il profite de la situation pour souffler un bon coup. N’a-t-il pas raison ? Après tout, il a vraiment besoin de souffler un bon coup. Une nécessité évidente. Et ça va leurs permettre de bien plus facilement se concentrer, aucun doute là-dessus. « S'il casse c'est qu'il est pas assez flexible. Je préfère qu'il casse maintenant que face à un ennemi... ». Clairement. Parce que ce serait le meilleur moyen pour crever. Et la mort sous une telle bêtise. Non merci. Faut garder un certain respect, si on peut le dire ainsi. « Ah bah imagine. Déjà, on se ferait tuer, mais en plus, sans le moindre respect ». Il se retient à peine de rire mais oui, il vaut mieux éviter de perdre toute crédibilité. Déjà qu’il a l’impression que ceux qui viennent du ciel n’en ont pas vraiment… Il ne faudrait pas donner raison aux Natifs. « Arrête de la regarder comme une oeuvre d'art ou une fille à poil... ». Pas faux. Disons qu’il a un peu bugué et qu’à force de penser autant, il ne risque pas de faire les choses comme il faut. Ce qui est, on peut le dire, parfaitement ridicule. Sauf que le morceau qu’elle a dans les mains, il se met aussi à craquer. Ils ne vont vraiment pas aller loin comme ça. « Faut voir ce qu'ils ont dans le ventre. Visiblement moi c'était tout dans l'apparence... ». A son tour, alors qu’elle dit ça, il en fait craquer une entre ses mains. A croire qu’ils n’ont pas été foutu d’en choisir de bonnes ou alors, ils y vont un peu trop fort. Pour tout dire, il ne sait pas vraiment. « Tu crois qu’on s’y prend mal ? ». Il ne sait franchement pas ce qu’il peut bien être supposé faire ; Est6ce que leurs méthodes sont trop maladroites ou gauches ? Enfin bon, après en parallèle, il n’est pas forcément facile de déterminer ce qu’il est bon de faire ou non.

« Bon et sinon, monsieur Coben... Comment ça va la vie ? ». Il sourit légèrement, amusé à l’idée qu’elle puisse vouloir taper la conversation. Dans le fond, c’est sans doute mieux comme ça. Ils ne vont quand même pas bidouiller dans le silence alors que pour le coup, ils sont tous les deux dans la même galère. S’il se fait un peu plus délicat quant à tester la flexibilité du matériel, ce n’est tout de même pas suffisant. « Relativement bien. Comme tu dois bien t’en douter, il n’y a pas vraiment de surprise là-dedans. Sur ce campement, il y a des yeux et des oreilles partout. J’ai du mal à croire qu’il soit possible de cacher un quelconque secret ». S’il y arrive avec ses gosses, il ne voit pas vraiment ce qu’il pourrait faire de plus. Et c’est sans doute mieux comme ça. Mais pour le reste, il est vrai que tout se sait. Là, c’est un secret qui remonte à avant le crash. Donc… Il réussit à le cacher. Mais pour le reste, c’est une autre histoire. Une véritable autre histoire.

« J'ai croisé Skylar l'autre fois... ». Son nez se lève, alors qu’il se tourne vers elle, ne manipulant pour rien, c’est vrai. « Tu savais qu'il était raide dingue de... ». Sa mâchoire se crispe, sans véritable raison. Au vu de la relation un peu étrange qu’ils entretiennent en ce moment, il est possible qu’il ait gardé ce détail pour lui. Pourtant, imaginer qu’il puisse en pincer pour une femme, ça le laisse perplexe. N’est-ce pas lui qui lui faisait une crise il y a peu ? « ... d'Antarès ? Qui ne l'est pas, en même temps... ». Il inspire un grand coup. Elle parle juste de son chien. Lui, il ne sait pas, il l’apprécie sans plus. C’est juste une autre bouche à nourrir, juste une bête en plein milieu du campement qui fait pas mal de bruit. Il est mignon, Richard ne prétend pas le contraire mais… Bon, il n’y voit pas vraiment d’intérêt pour l’heure. Un jour peut-être ? « Tu penses qu’il va vouloir en avoir un aussi ? ». Il n’en a franchement aucune idée, pour tout dire. Mais bon, ça doit pas peupler l’île ça, non ?


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06/12/2015 Lux Aeterna 30606 Sophia Bush Avengedinchains (vava) ; Oreste (image profil); Lux Aeterna (sign & gifs & fiche rp) ancienne militaire - lieutenant, stratège, garde et patrouilleuse. Quelques notions de médecine et bases en maniement des armes. 201


Sujet: Re: {{ You've got strength, you've got soul {Richard ♥}
Mer 22 Fév - 3:57

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❝ You've got strength, you've got soul ❞
Murphy Cavendish & Richard Coben
(22 janvier 2117)


Deux couteaux, c'était ridicule, et pourtant, Murphy était sans doute plus armée que la moitié d'entre eux. Mais lorsqu'il s'agissait de quitter le camp et de faire face à ce qui les attendait dans cette épaisse forêt, un ou deux poignards, c'était presque négligeable. Ils donnaient peut-être un peu d'espoir à Murphy au moment elle les dégainait, mais elle avait déjà trop de fois frôlé la mort pour laisser de côté cette impression d'impuissance qui s'emparait d'elle lorsqu'elle brandissait un couteau devant un animal enragé ou un homme lourdement armé. Il y avait quelques armes à feu qui circulaient, ça et là, chez eux, mais la brune n'y avait pas accès. De toute façon, ces tas métalliques l'effrayaient sans doute plus encore que n'importe quelle autre arme. Elle avait l'impression qu'ils pouvaient se retourner contre eux plus rapidement que n'importe quel couteau. Elle frissonnait en s'imaginant les balles qui pouvaient partir seules et se perdre dans une chair humaine qui n'avait rien demandé à personne. Les couteaux, elle savait les agripper, elle savait les prendre en main et les manier. Elle savait viser lorsqu'on lui en donnait l'occasion, et tout ce qui lui manquait était la superbe et la noblesse d'une arme, d'une vraie arme qui ne connaîtrait qu'un minimum de limites. Elle avait failli laisser l'un de ses deux poignards dans la chair d'une bête qui avait à peine du sentir un vague picotement, et si le Terrien qui l'avait aidée à ce moment-là n'était pas intervenu, elle aurait perdu la moitié de sa maigre artillerie. Elle ne pouvait pas se le permettre, mais la révélation était arrivée aussi brutalement qu'une violente décharge électrique : même deux couteaux, c'était pathétique. Ils n'arrivaient même plus à tenir le faible et unique rôle qu'ils avaient eus jusque-là, à savoir celui de la rassurer. Comment eux, les Débarqués, auxquels leurs armes donnaient plus un air d'enfant naïf que de combattants déterminés, pouvaient être pris au sérieux par des Natifs ?

Elle avait besoin d'un arc, ils avaient besoin de ces arcs qu'ils se promettaient de construire depuis qu'ils avaient mis les pieds ici. Le stock de branches potentiellement exploitables de la brune n'avait cessé de gonfler depuis août, depuis sa dernière tentative qui n'avait alors abouti qu'à un énième échec en la matière. A deux, ils ne se motiveraient que davantage, et surtout, ils iraient deux fois plus vite. En son for intérieur, Murphy doutait pourtant de leurs capacités à atteindre ce but qu'ils avaient déjà depuis des mois. Elle le considérait maintenant comme un espèce de mirage et inaccessible et rêvait à un arc comme elle pouvait rêver d'un vrai lit douillet ou de la vie confortable qu'elle avait menée dans le ciel, avec ses hauts et ses bas. Elle hurlait sa motivation et son courage pour qu'ils se mettent au travail dans les meilleures conditions possibles. Et puis, cette fois, elle n'était pas seule pour cacher ses branches. Enfin, avec Richard, ils arrivaient à prendre du temps pour quelque chose qui n'était pas directement lié à leurs activités de patrouilleurs. Se rabattre sur une patrouille commune était souvent le plus simple pour se retrouver, mais les moments simples passés en compagnie de son mentor manquaient beaucoup à Murphy. Il était presque devenu impossible de se poser calmement pour boire un peu et parler de tout et de rien comme ils avaient pu le faire dans leur vie précédente. Construire des arcs, c'était sans doute là l'une des activités les plus libres et posées qu'ils avaient pu faire depuis des mois. Ils étaient cachés dans leur petit abri maladroit, là où personne ne viendrait les chercher et là où le vent leur laisserait un peu de répit, et c'était tout ce que la brune avait besoin de savoir pour trouver à cet atelier de construction d'arc un attrait tout nouveau. Et puis, peut-être qu'en y croyant très fort, ils ressortiraient de là avec un arc chacun. Peut-être que Richard se ferait à nouveau un plaisir, dans quelques jours, à décaler quelques patrouilles pour qu'ils puissent à nouveau se retrouver et s'entraîner pour la première fois à tirer avec leurs arcs flambant neufs.

La patrouilleuse rougit légèrement à la réflexion de Richard, gênée. C'était elle qui avait doucement glissé sur ce terrain, mais elle réalisait toujours trop tard qu'il n'était pas n'importe lequel de ses amis et que parler de ces choses-là avec lui dépassait des limites qu'ils s'étaient imposées bien des années auparavant. Ils ne parlaient pas de leurs aventures comme un père et sa fille ne le feraient pas. Avec n'importe qui d'autre que lui, elle aurait sans doute répliqué et les remarques se seraient escaladées jusqu'à l'indécence. Avec Richard, Murphy restait la gamine qu'il avait vue grandir. « N'importe quoi », tenta-t-elle de légèrement dévier, « j'ai pas l'expérience d'un papy croulant ! » Mais les taquineries gouvernant décidément la plupart de leurs échanges, l'ancien chef de secteur rebondit sur sa remarque pour lui renvoyer ses propres arguments en plein visage. « S'il est merdique, c'est qu'il l'est devenu après que je l'ai choisi », fit-t-elle remarquer d'un air fier, le cou dressé, avec un petit sourire malicieux. « Je choisis toujours le meilleur, la crème de la crème. » Pour ça, sans doute, qu'elle était éternellement célibataire. Ses pensées s'échappèrent un instant vers le nord puis revinrent à leur préoccupation première : ce tas de bois dont ils devaient tester les membres un à un. « Je suis désolée », compatit-elle sincèrement et gravement à l'annonce de sa garde de nuit à venir, posant brièvement une main sur son épaule pour lui témoigner son soutien. Elle ne comprenait pas comment certains gardes arrivaient à supporter de tels rôles, mais elle les vénérait chaque jour. Sans eux, elle ne pourrait pas vadrouiller en patrouilles comme elle le faisait quotidiennement. « Mouais... » répondit-elle, à la fois méfiante, soulagée, et compatissante -tout un cocktail qui la faisait fixer Richard d'un drôle d'air. « Si tu veux je viendrai t'apporter à manger ou à boire sur les coups de trois heures. J'te dois bien ça, dix minutes d'éveil pour récupérer de la bouffe et te la donner. » Un sourire amusé se dessina doucement sur ses lèvres. « Par contre je prendrai pas le temps de m'habiller ou de me coiffer. Dix minutes chrono hors du lit, pas plus. » Elle mettrait juste son anorak et ses bottines pour ne pas faire de choc thermique. La solidarité avait ses limites, surtout lorsqu'il s'agissait de passer sa nuit dans les doux bras de Morphée. Son sommeil était très agité depuis avril, aussi elle ne négligeait aucune minute passée sous ses couvertures à tenter de recharger un peu les batteries. Elle savait lorsque c'était peine perdue, mais elle savait aussi sauter sur la moindre chance qu'elle avait de réellement trouver le sommeil.

Et il fut alors temps de passer aux choses sérieuses. Les branches commençaient déjà à se briser les unes après les autres sous les doigts déterminés de la brune, dont la motivation ne décroissait pas encore d'une once. « Ah oui oui oui » répondit-elle plus que vivement, « le jour où je meurs, je veux le faire avec dignité, qu'on se dise que j'ai été admirable jusqu'à ma fin. Je veux laisser à personne l'image d'une fille dont l'arc s'est pété au mauvais moment. » Une autre branche craque sous son geste d'essai. Elle commençait à sérieusement douter de la technique qu'elle s'était imaginée pour construire son arc, mais elle avait eu l'aval de plusieurs personnes. C'était d'un morceau de bois flexible qu'ils avaient besoin. Pourquoi semblait-il impossible d'en trouver un ici ? « Et avant que tu me contredises, oui, je suis déjà admirable, ça va de soi. » Elle fixa la branche qu'elle avait dans les mains. La remarque de Coben avait subitement amplifié ses doutes, mais ce serait bien entendu la dernière à l'admettre. « Non, c'est les branches qui s'y prennent mal ! »

Et trêve de stupidités, ils ne s'étaient pas raconté leurs vies respectives depuis quelques temps déjà. Murphy n'avait à présent qu'une idée en tête : essayer d'élucider les brouilles entre Skylar et Richard. Elle ne le regrettait pas un seul instant de les avoir traités de con, parce que c'était de cette façon qu'elle percevait cette perte de temps. Quoiqu'il ait pu se passer entre eux, leur amitié était bien trop précieuse pour être abandonnée sans se battre, et c'était tout ce qu'elle avait besoin de savoir pour subrepticement s'immiscer dans leurs affaires. Il s'agissait d'une femme, mais une femme ne valait jamais une amitié comme celle qu'ils avaient, comme un homme n'aurait jamais mérité qu'elle brise son lien avec Faust. Il y avait déjà bien assez de raisons de se perdre les uns et les autres sans qu'ils ne s'ajoutent d'autres difficultés. Plus que jamais, ils avaient besoin les uns des autres. « Si tu te débrouilles bien », souffla-t-elle sur le ton de la confidence, « je suis sûre que tu peux cacher un secret. » Personne ici, pas même elle, ne connaissait les raisons qui la poussaient à monter au nord -car, comme un homme l'avait autrefois dit, si vous voulez garder un secret, vous devez aussi le cacher de vous-mêmes.

Même avec sa branche dans les mains, Murphy remarqua l'intérêt soudain que suscita le prénom de Skylar chez son interlocuteur. Après avoir jeté le morceau de bois brisé à sa droite, elle releva son regard vers son ami, qui la fixa d'un drôle d'air jusqu'à ce qu'elle finisse sa phrase. « Eh, pète un coup, ça aère ! » Elle tentait de détendre l'atmosphère mais son esprit s'était embrumé d''inquiétude. Elle n'arrivait plus à comprendre ce qui s'était passé entre eux. S'étaient-ils réconciliés ? Skylar avait-il suivi son conseil, l'avait-il piégé pendant la grosse commission pour ne lui laisser aucun échappatoire ? « Oh, définitivement. » Elle avait arqué un sourcil convaincu. « Il m'a demandé de voir avec la Terrienne qui m'avait confié Antarès si elle avait pas un garnement pour lui. J'te dis, ma boule de poil rend tout le monde fou. » Elle éveillait des instincts protecteurs chez Tennessee, qui gâtait Major comme une maman poule. Quant à Skylar, elle n'avait jamais vu poser ce regard sur quiconque ou quoi que ce soit. « Tu l'imagines, avec un chien ? Je suis sûre que vous formeriez un trio inséparable. » Un bout d'une branche nouvellement cassée dans chaque main, la patrouilleuse s'était brusquement immobilisée pour fixer Richard et observer sa réaction. Putain de merde, est-ce qu'ils étaient encore brouillés ? C'était quoi, ce bordel ?

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23/05/2015 avengedinchains 1398 Andrew Lincoln ava by Exception / sign by Alas Chef de secteur devenu chef de la garde après le crash. 76
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Sujet: Re: {{ You've got strength, you've got soul {Richard ♥}
Ven 10 Mar - 11:34

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YOU'VE GOT STRENGTH, YOU'VE GOT SOUL
richard&murphy
Il y a quelques sujets que Richard ne préfère pas aborder avec la fille concentrée qui siège à côté de lui. Peu certes, mais il a appris à faire attention pour conserver une certaine légèreté dans une relation pourtant proche et affective. Il n’est jamais question des sentiments ou des émotions dont il est question à l’égard d’une autre personne. Ce n’est pas supposé les toucher ou même les concernés. Il n’est pas toujours à l’aise et garde régulièrement des nouvelles de ce côté-là. Non qu’il ait une curiosité déplacée à son égard mais il ne cache pas pour autant qu’il ne veut que son bien et que pour cela, il serait prêt à bien des choses pour lui tenir la main, pour la protéger des hommes qui ne sont pas à la hauteur. Mais il garde ses distances, parce que c’est préférable comme ça. Parce que quoi qu’il puisse en dire, c’est la meilleure chose à faire dans une situation comme celle-ci. Mais il n’en parle pas directement avec elle parce qu’il estime que ce serait profondément déplacé, c’est vrai. Il n’est pas son père et il n’estime pas dans ses droits de dire ou de penser ce qu’il veut. En même temps, il se permet de garder sous silence le jour de leur rencontre, c’est vrai aussi. Il apprécie énormément la femme qu’elle est aujourd’hui, mais à l’époque, lui-même n’était pas l’homme qu’il est devenu. Différent, il avait certaines attitudes néfastes au groupe. Et il ne se privait pas de l’admettre. Il n’avait pas envie de jouer les babysitter, en réalité. Il avait son petit bout de vie, et on lui disait régulièrement qu’il faisait du bon travail. Alors lui, il s’imaginait qu’il pouvait être récompensé pour ça. Sauf qu’il ne l’était pas. Au contraire, on lui filait une nouvelle recrue et on l’invitait à la former. Elle ne fut pas la seule, mais… Elle fut une des rares à tenir le coup. Il n’était pas aussi autoritaire qu’on ne pouvait le croire. Mais il appréciait de les pousser à bout. Il était doué mais les gens ne semblaient pas être en mesure de le laisser tranquille pour cela. Ainsi, on sous entendait que justement, être doué devait lui donner plus de responsabilité. C’est sans doute pour cette raison qu’il a fini par devenir un chef de secteur. Alors oui, il s’est montré pointilleux et chiant. La vérité, c’est qu’il espérait la voir lâcher l’affaire. Mais elle a tenu bon et c’est là qu’elle est devenue intéressante. Malgré lui, alors, il a fini par s’attacher. Bien sûr que par moment, elle continue de lui taper sur le système mais il est devenu affectif à son égard et il ne le prend plus qu’en simple amusement.

Pour ce qu’il en est de son expérience en termes de filles, c’est vrai. Il en a. Et il serait stupide d’imaginer le contraire dès le moment où on sait qu’il a plus de quarante ans ou encore qu’il a eu trois enfants. Alors il a quelques capacités que les gens n’ont pas vraiment laissé de côté et qu’il est difficile de négliger. De toute évidence. Alors oui, il est sans doute plus expérimenté que la moyenne. Ou du moins, il a connu plusieurs femmes et ce n’est pas forcément le cas de tout le monde. Lui, il ne se le reproche pas, en tout cas, et c’est sans doute mieux comme ça. « N'importe quoi ». Oui sans doute, mais il ne va certainement pas prétendre qu’il est un chaud lapin et qu’il est maître de ses moyens. Si on peut le dire ainsi. Il n’est qu’un homme qui a commis quelques erreurs. Il apprécie Liam, il ne le cache pas, et il a hâte d’en savoir plus sur lui. Mais… Il n’ira pas prétendre que cette nuit avec sa mère fut une grande réussite. Il est la seule chose positive qui en a découlé. Après, bien sûr, il ne se voit pas vraiment en parler avec lui. Ce serait déplacé, n’est-ce pas ? « j'ai pas l'expérience d'un papy croulant ! ». Mais par contre, il n’a rien d’un vieux croulant. Qu’elle continue et il n’hésitera pas à lui claquer la fessée de sa vie. Bien que ce soit étrange, à n’en pas douter. Ouais non, il ne se voit pas vraiment lui foutre la main au derrière, même pour une quelconque punition. « T’es sûr que tu veux insulter ton chef de papy croulant ? ». Avec humour, voilà qu’il choisit de la menacer. Sans en penser le moindre mot, bien sûr. Mais… Il s’en amuse parce qu’il sait qu’elle va bouder, ou râler. Mais clairement mal le prendre. Elle est sensible en réalité. Bien plus qu’on ne pourrait le croire.

Le bois est bancal, cassant, pas suffisamment flexible. Pourtant, ils l’ont choisi ensemble. A croire qu’ils s’y prennent mal pour le tester. C’est chiant, en tout cas, mais il est clair qu’il va sérieusement falloir y remédier. Ils essaient en tout cas, tâtonne parce que finalement, ils ne savent pas totalement ce qu’ils font. Mais ils sont persuadés que la solution finira par venir. Et puis bon, ça ne peut pas être si compliqué que ça, n’est-ce pas ? « S'il est merdique, c'est qu'il l'est devenu après que je l'ai choisi ». Ah n’en pas douter. Et Richard ne mettra certainement pas en doute les branches qu’il a lui-même choisi. Déjà parce qu’il les trouvait cool et aussi parce qu’il est persuadé qu’elles étaient bien. Comment vraiment savoir, hein ? Ce n’est pas vraiment comme ça que ça fonctionne, quand on y réfléchit. « Je choisis toujours le meilleur, la crème de la crème. ». Il se met doucement à rire, c’est qu’il ne met pas en doute ses capacités mais à la voir si pointilleuse, il trouve ça amusant. Si c’était le cas, elle ne traînerait pas avec Chris. Mais ça, il se retient largement de le dire pour ne pas se faire maladroit.

« Je suis désolée ». Elle ne l’est pas vraiment. Enfin… Si, mais elle ne prendrait sa place pour rien au monde, et c’est indéniable. Il n’a pas envie de la remplacer, et il n’a pas non plus envie de prendre un de ses tours de garde. Ca n’arrive pas parce qu’il estime que ça n’a pas le moindre sens. Chacun son travail, sauf en cas d’exception comme dans cet instant où il donne sa place à quelqu’un pour pouvoir construire une arme. N’est-il pas logique qu’ils en fassent, finalement ? Ils ont besoin de se construire, pour survivre, en réalité. Et si ça prend du temps, c’est pas que c’est nécessaire, voilà tout. Il faut faire avec. « Je n’en doute pas ». Alors que sa main se pose sur son épaule, le temps d’une seconde. Les gardes, c’est le pire moment de la journée, à n’en pas douter.

« Mouais... ». Oui parce que non, il ne le menace pas et ce n’est clairement pas prévu. Richard sait faire la part des choses et surtout, il est toujours responsable quand à faire les choses comme il faut. Et c’est bien mieux comme ça. « Si tu veux je viendrai t'apporter à manger ou à boire sur les coups de trois heures. J'te dois bien ça, dix minutes d'éveil pour récupérer de la bouffe et te la donner. ». Et voilà qu’elle se fait délicate à son égard. Ah bah c’est parfait tiens, si en plus elle lui apporte à boire et à manger. M’enfin bon, faut pas non plus qu’elle s’imagine qu’il n’attend que ça ou qu’il ne peut pas survivre avec tout ça. « Tu es bien brave ». Il se met à rire, à l’idée de la voir débarquer à trois heure du matin. Mais on ne peut pas vraiment dire que ça le dérange. Un peu d’attention, et un peu de compagnie, ne serait-ce que dix minutes. Ouais, faudrait pas trop lui en demander, non plus hein. « Par contre je prendrai pas le temps de m'habiller ou de me coiffer. Dix minutes chrono hors du lit, pas plus. ». Oui forcément, mais bon, qu’elle ne se pointe pas non plus à poil, ça ferait mauvais genre. « Habille toi quand même un minimum. Je ne veux pas que tu distrais les autres ». Quand même hein. Sinon, ce serait un bon gros bordel, à n’en pas douter.

« le jour où je meurs, je veux le faire avec dignité, qu'on se dise que j'ai été admirable jusqu'à ma fin. Je veux laisser à personne l'image d'une fille dont l'arc s'est pété au mauvais moment. ». Eh bah c’est plutôt mal barrer ça. Et il ne risque pas de s’en formaliser non plus. Faut dire que si l’arme se brise au moment fatidique, ça va foutre un gros coup à la réputation, c’est clair. « Ouais, faut qu’on se motive, c’est tout ». Clairement, mais ça n’a strictement rien d’évident, c’est clair. « Et avant que tu me contredises, oui, je suis déjà admirable, ça va de soi. ». Voyons, ça ne lui était même pas venu à l’esprit ! « Non, c'est les branches qui s'y prennent mal ! ». Par contre, si toutes les branches se cassent, ils vont clairement perdre la journée pour rien. « J’espère que y en a au moins deux de bien ». Sinon, y aura carrément de l’abus, c’est clair.

Le sujet glisse sur la vie, sur comment les choses vont, un sujet qui pourrait être tranquille. Mais ça n’a rien d’évident, c’est vrai. Déjà, y a son meilleur ami qui part un peu en sucette ou en tout cas, qu’il ne parvient pas vraiment à comprendre… Mais bien sûr, il n’y a pas que ça. C’est chiant, si on peut le dire comme ça. « Si tu te débrouilles bien ». Ouais sûrement. « je suis sûre que tu peux cacher un secret. ». Un fin sourire se glisse sur ses lèvres. C’est clair qu’il se débrouille bien hein. Comment pourrait-on en douter alors qu’il a des gosses illégitimes et que personne n’en a rien su ? « Oui, je pense que niveau secret, je suis pas mal ». Et c’est mieux comme ça.

Skylar avec un chien. Et le campement va devenir un zoo ? Richard n’est pas contre l’idée et si ça aide son meilleur ami à se sentir mieux, pourquoi pas. Pour autant, il ne voit pas pourquoi ils éprouvent le besoin de s’occuper d’un autre être vivant alors qu’ils ont autant de mal à s’occuper d’eux-mêmes ? Ils persistent à survivre, plutôt qu’à vivre, incapable de trouver la bonne manière de se faire une place sur cette planète. Mais il semble que les difficultés ne soient pas suffisantes et qu’ils se décident à chercher plus loin. Tout ceci n’a vraiment pas le moindre intérêt, c’est vrai. Et ça ne risque pas de changer, visiblement. La première fois qu’il a vu Antarès, il s’est retenu de faire la moindre remarque puisque cela n’aurait été que déplacé et maladroit. Mais ils ont vraiment de ces idées… Bien sûr qu’il se tait, qu’il ne prend pas le moindre risque quant à blesser quelqu’un. Il ne dit rien à ceux qui ne font absolument rien, qui ne bougent pas le petit doigt, pourquoi jugerait-il ceux qui gardent un animal, dans ce cas ? « Il m'a demandé de voir avec la Terrienne qui m'avait confié Antarès si elle avait pas un garnement pour lui. J'te dis, ma boule de poil rend tout le monde fou. ». Lui, il devient fou parce qu’il réalise que ses vêtements en nombre très limité sont couverts de poils et qu’il n’est capable de rien pour que ça parte, que l’animal lui lèche un peu trop souvent le visage et qu’il est difficile de le calmer quand il estime préférable d’agir autrement. Il est gentil, oui, mais insupportable par ses manières. Mais c’est un chien, on ne peut pas lui demander d’être respectable ou appréciable. « Pas tout le monde ». D’un clin d’œil, il lui sourit légèrement. Il n’y a pas grand-chose à faire, de toute manière, et c’est sans doute mieux comme ça. On ne peut pas tous aimer les animaux, on ne peut pas y trouver un petit quelque chose adorable à chaque fois. Lui, les chiens, il réalise que ce n’est pas son truc, aussi fidèles qu’ils puissent l’être. Et il n’a pas non plus envie de réfléchir parce que c’est plus simple comme ça. A n’en pas douter. Il n’a pas envie de rentrer dans un débat sur « pourquoi les animaux sont cools ». Alors il donne son avis et ne cherche pas plus loin, ne demande pas ce qu’elle en pense ou ce qu’elle n’en pense pas. Il n’a pas particulièrement envie d’être maladroit alors qu’il sait qu’il pourrait très clairement l’être.

« Tu l'imagines, avec un chien ? Je suis sûre que vous formeriez un trio inséparable. ». Au début, en réalité, Richard était persuadé qu’elle avait parlé avec Skylar et qu’il avait évoqué la prise de tête qu’ils avaient eu ensemble. Alors oui, sans doute s’est-il montré un peu trop attentif le temps d’un instant. Il n’a pas pu s’en empêcher. Faut dire qu’il ne sait toujours pas quoi en penser et que c’est avec lui qu’il parle de ce genre de chose d’habitude. Là, pour le coup… Il est coincé. « J’en doute. Ce ne sera que son chien à lui. Je ne cache pas mon manque d’envie de m’intéresser aux animaux. Je préfère penser à nous, ceux du campement. ». Il hausse les épaules. A croire que mettre Skylar sur le sujet suffit à lui hérisser le poil. Pourtant, tout s’est arrangé entre eux.


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06/12/2015 Lux Aeterna 30606 Sophia Bush Avengedinchains (vava) ; Oreste (image profil); Lux Aeterna (sign & gifs & fiche rp) ancienne militaire - lieutenant, stratège, garde et patrouilleuse. Quelques notions de médecine et bases en maniement des armes. 201


Sujet: Re: {{ You've got strength, you've got soul {Richard ♥}
Lun 13 Mar - 3:55

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❝ You've got strength, you've got soul ❞
Murphy Cavendish & Richard Coben
(22 janvier 2117)


Il n'y avait pas une seule personne avec laquelle elle aurait préféré construire des arcs que Richard. C'était peut-être insignifiant pour certains, mais la concernant, ce simple geste représentait toute la confiance et le respect qu'elle avait pour cet homme. Il ne s'agissait pas seulement de passer un bon moment en compagnie de son ami et mentor, il s'agissait de développer leurs moyens de défense, d'aller de l'avant ne serait-ce qu'à deux et avec les moyens dont ils disposaient. Plus d'un an déjà qu'ils étaient là et avaient émis l'idée de se construire ces arcs. Il était temps de passer à l'action pour de bon, il était temps de mener ce projet à son terme. Car à force d'immobilisme, ils le savaient aussi bien l'un que l'autre, ils fonçaient tout droit dans le mur. Ses deux couteaux étaient ridicules et ne lui appartenaient pas vraiment; elle devait les laisser à l'armurerie lorsqu'elle n'était plus officiellement de patrouille ou de garde, et cette simple idée la dérangeait au plus haut point. Elle voulait être armée à chaque instant pour être préparée en cas de surprise. Lorsqu'elle dormait à l'extérieur du camp, elle gardait toujours sa main non loin de l'une de ses armes pour ne pas se laisser surprendre. Elle considérait qu'il devrait en être de même sein de leur campement. S'ils l'avaient à peu près sécurisé, il restait ce doute constant et intrinsèque à l'à peu près. Ils avaient besoin de plus que ça. Au moins d'arcs. Et ce jour-là, Murphy voulait s'en convaincre, ils atteindraient enfin leur but. Car ils avaient tout à leur portée pour réussir dans leur quête : les morceaux de bois se comptaient par dizaines, dépassaient probablement la centaine, et il suffisait de deux d'entre eux pour combler les deux militaires...

« EHHH c'est de l'abus de pouvoir » s'offusqua-t-elle, tout sourcils froncés, fixant Richard, presque boudeuse. Elle n'aimait pas qu'il sorte cette carte-là, même si elle savait le peu de sérieux avec lequel elle le faisait. Les taquineries ne partaient pas sur des bases égales s'il pouvait ramener son rang pour se donner raison ou, au moins, la faire taire. Et Murphy, comme tout un chacun le savait probablement, était à la fois mauvaise joueuse et très, très mauvaise perdante. En un seul argument -argument de mauvais joueur, ne manquerait-elle pas de faire remarquer si on lui posait la question-, il venait de lui rabattre le caquet. Quant aux morceaux de bois qui défilaient entre leurs doigts, rien de bien convaincant pour l'instant. Murphy, pourtant, ne se laissait pas démonter. Avec Richard à ses côtés, elle garderait sans doute patience bien plus longtemps que les fois où elle s'était attelée à cette même tâche seule. Les rires et taquineries du papy croulant, même s'ils n'étaient pas toujours fair-play, avaient au moins le don de dédramatiser la situation, dans laquelle elle se serait sans doute bien trop investie émotionnellement s'il n'y avait pas eu quelqu'un pour lui changer un peu les idées. Son simple rire l'ancrait à la réalité, lui rappelant au passage qu'il ne s'agissait finalement que d'arcs, malgré toute la pression qu'elle mettait sur ce moment et ce qui en découlerait. « Merci, mais je sais » répondit-elle, taquine, avant de le rassurer, « je dors pas à poil, t'inquiète pas, surtout par des températures pareilles ! » Elle ne sortait pas sans plusieurs pulls sous sa doudoune, mais les choses n'étaient pas beaucoup plus glorieuses lorsqu'elle cherchait le sommeil, même à l'abri du vieux débris qu'était devenu l'Odyssée et l'aide des cheminées qu'ils y avaient improvisées. Elle avait récupéré une chaude fourrure pendant l'hiver, qu'elle choyait fièrement et non sans penser à l'aventure qu'elle lui avait coûtée et la personne et qui elle devait sa survie, mais elle ne s'en contentait pas pour autant. Si elle sortait offrir une boisson chaude et un petit en-cas à Richard en pleine nuit, ce serait dans ses vêtements de nuit et sans aucun doute avec sa fourrure ou sa doudoune en bonus. « Tu me prends pour une exhibitionniste ou quoi ? » Une énième branche craqua sous ses doigts et, dans un soupir qui commençait à transpirer la lassitude, elle la jeta parmi les cadavres de ses vieilles amies. « Oui... » Deux, ce serait l'idéal. Elle avait laissé de côté l'idée de construire un arc à Chris également. Il avait perdu ce privilège en l'excluant de sa vie. « Statistiquement parlant, on est bien, quand même. » Elle désigna d'un morceau de bois brisé les deux tas qui étaient les leurs. Ils étaient inégaux l'un et l'autre mais ils se complétaient, et ils équivalaient sans doute à plus de branches que toutes celles, réunies, qu'elle avait déjà testées jusque-là. Oui, elle voulait y croire, et tout semblait aller dans leur sens, même si elle voyait peu peu et non sans morosité leurs chances se réduire comme peau de chagrin à mesure qu'ils entendaient les branches se briser les unes après les autres. Ils avaient peut-être éliminé une vingtaine d'entre elles déjà, et leurs chances de probabilités se faisaient progressivement la malle avec les branches.

Elle leva un regard surpris lorsque Richard approuva ses capacités à garder un secret. Elle se sentait subitement assaillie de doutes, se demandant s'il cherchait à lui dire qu'il gardait encore des secrets d'elle. Bien entendu qu'il en gardait, par décence peut-être, comme elle n'avait jamais partagé certaines de ses aventures personnelles. Leur relation s'était bâtie de cette façon, autour d'une affection comparable à celle que pouvaient avoir père et fille, et cela comprenait quelques limites liées à une pudeur bien humaine. Mais à ce moment précis, Murphy se demandait si autre chose se tramait... si ses enfants ne pouvaient pas être que la partie émergée de l'iceberg. Elle le scruta quelques secondes de son regard inquisiteur mais finit par refréner ses inquiétudes et souffler un bon coup. « Comment ça, pas tout le monde ? » Celle-là, par contre, elle ne l'avait pas manquée. Et ce secret n'en était pas un. Il y avait mis les formes, mais elle avait compris le message. Maintenant qu'elle y pensait, Murphy n'avait jamais vu Richard déborder d'amour pour son petit Antarès, mais il ne lui avait jamais parlé de ses impressions face à l'animal. « Tu l'aimes pas ? » demanda-t-elle, loin d'être fâchée, mais cette fois un peu attristée. Mais malgré le coup que cette annonce lui porta, la brune n'abandonnait pas ses idées. En réalité, elle voulait sans doute juste être sûre que tout allait bien entre Richard et son meilleur ami, parce qu'elle ne pouvait s'empêcher de s'identifier à leur amitié, même si elle, de son côté, avait perdu sa moitié... Mais c'était délicat, car elle avait promis à Skylar de ne pas se mêler de cette situation, et qu'elle était femme à tenir ses promesses, jusqu'à la mort s'il le fallait. Elle voulait comprendre, ne serait-ce que dans un tic ou dans un haussement de sourcils, là où ils en étaient, tous les deux. Richard ne semblait décidé à laisser filtrer aucune information de ce côté-là, ce qui accablait la brunette avide de réponses. Sa énième tentative tomba à l'eau, encore une fois, et peut-être parce qu'elle préférait considérait qu'elle n'avait pas de réponse que lire dans celle que lui avait donnée Richard que non, tout n'allait pas mieux entre les deux hommes. « Quand tu penses à un animal, tu penses à toi. Ça change tout », tenta-t-elle de rebondir. « C'est ridicule, mais je dors plus seule. Et quand j'ai besoin, y'a un petit être innocent qui vient quémander des caresses, comme si j'étais la chose la plus importante au monde. » Elle pesta un instant contre une branche qui ne daignait pas se briser sous sa force, puis marqua une pause. « Il est pas humain mais il prend soin de nous tous. Comme le chien de Skylar prendra soin de toi, tu verras. » Murphy n'arrivait plus à trouver des moyens détournés de comprendre l'état des choses entre les deux meilleurs amis, et, attendant de rebondir correctement, préférait encore se taire que de risquer une gaffe. Elle ne voulait surtout pas mettre Skylar dans une situation délicate, mais, ce qu'elle espérait à présent de tout son cœur et ce pour quoi elle émettait à présent des doutes, c'était que tout s'était résolu. Ils étaient à la tête de la garde, et ils risquaient tous les deux leur peau chaque jour qui leur était accordée sur cette Terre. Peut-être que l'un des deux ne serait plus de ce monde dans une semaine; pour autant qu'ils sachent, tout était possible, y compris les pires scénarios. Murphy l'avait appris à ses dépends, et elle avait du mal à regarder une telle mascarade se dérouler sous yeux sans intervenir, ne serait-ce qu'un minimum, de façon courtoise et détournée. Peu importe ce qui avait pu s'immiscer entre eux, elle n'arrivait pas à croire qu'il puisse y avoir quelque chose de plus important que leur amitié. Cette idée était saugrenue et elle en avait parfaitement conscience, mais elle s'imaginait parfois Richard et Skylar comme un couple, ou en tout cas comme une unité comparable au couple. Dès les premières semaines où Richard avait contribué à sa formation, elle avait repéré cet ami qui n'était jamais trop loin. A ses yeux, ils étaient inséparables, comme une seule et même entité, comme ce qu'elle avait été avec Faust. On lui avait arraché sa meilleure amie, celle qu'elle avait considéré comme sa moitié pendant la majorité de sa vie, et elle refusait que Richard ou Skylar puisse être confronté à ce genre d'horreurs. Elle savait, pourtant, que ce scénario n'était pas entre leurs mains. La seule chose sur laquelle elle pouvait avoir ne serait-ce qu'une petite incidence, c'était ce qui les unissait. Chaque jour passé à tenir des griefs contre un être qui représente tout à vos yeux était un jour perdu. Et, ils l'avaient pourtant tous pleinement réalisé ici, leurs jours étaient comptés. Les derniers mots que Murphy avaient échangés avec sa blonde, elle s'en souvenait parfaitement, et elle s'en souviendrait sans aucun doute jusqu'à la fin. Elle s'étaient engueulées, et elle lui avait fait promettre de ne plus disparaître plus de quelques jours à la suite sans l'en avertir. Puis elles étaient chacune parties en patrouille de leur côté dans un sourire... ce sourire que Murphy ne verrait jamais plus.

Elle tenta à nouveau, dans un geste presque désespéré, de faire craquer le morceau de bois, qui continuait à résister. Il lui fallut quelques instants avant de réaliser qu'elle était peut-être face à la perle rare. Une branche lisse, souple, bien balancée, qui ne cédait sous aucun des à-coups de la jeune femme, à-coups qui avaient été fatals à toutes ses cousines branches jusque-là. « Oh putain de putain de bordel merde... » Elle se ventila brièvement le visage d'une main agitée en se redressant, levant ses fesses du caisson du bois pour fixer Richard, comme s'il venait de se passer un événement inouï. « Je crois que j'en ai une, jcrois que j'en ai une, putain ! » Elle ne tenait plus en place et sautillait de joie au point de pouvoir donner l'impression d'avoir envie d'uriner. Elle tendit la branche à Richard, et d'un regard brillant d'espoir, l'invita à tester par lui-même et à confirmer toutes les raisons qu'elle avait d'entrer en hyperventilation.

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23/05/2015 avengedinchains 1398 Andrew Lincoln ava by Exception / sign by Alas Chef de secteur devenu chef de la garde après le crash. 76
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Sujet: Re: {{ You've got strength, you've got soul {Richard ♥}
Lun 17 Avr - 11:50

» You've got strength, you've got soul
[Vous devez être inscrit et connecté pour voir cette image]Chef de garde. Encore maintenant, il se demande pourquoi il a été choisi. Tout le monde aurait pu obtenir ce poste, en réalité. Il n’a jamais été du genre à mettre en avant ses capacités, tout comme il n’a jamais voulu se faire passer meilleur qu’il ne l’est. Il ne l’est pas vraiment. Il estime avoir quelques capacités plaisantes parce que c’est un peu pareil pour tout le monde. Mais ça n’a rien à voir avec ça. Il ne se permet pas de sous-entendre que c’est aussi simple que ça, si on peut le dire. Disons, en tout cas, que Richard estime que certaines personnes sont tout aussi douées que lui, parfois même meilleures. Mais c’est lui que le conseil a choisi. Et parfois, il se demande dans quel but, ou même dans quelle intention. Mais de manière générale, il préfère ne pas faire attention. Tout paraît plus simple, lorsqu’on ne regarde pas les détails. Disons qu’il n’a jamais été du genre à vraiment se valoriser. Et qu’il suppose que c’est le fait qu’il soit chef de secteur qui lui a filé un coup de main. Ca et peut-être quelques mots de la part de Marlene. Connaissant son ami, ça n’aurait pas eu grand-chose d’étonnant, c’est vrai. Mais ce n’est pas vraiment déplaisant non plus. Et puis bon, maintenant, il fait tout ce qu’il peut pour montrer à son entourage, au conseil et aux autres, qu’il mérite son poste. Parfois, c’est un peu compliqué, c’est vrai. Parce qu’il aimerait avoir un peu moins de responsabilités, parce qu’il aimerait bien être en mesure d’aller voir ses enfants un peu plus souvent. Il essaie de les connaître, et ça n’a rien d’évident parce qu’il ne peut pas quitter le campement comme il l’aimerait. Mais… C’est ainsi. Et tout devrait être plus facile un jour. Il y croit, à cette réunification des campements. Il ne sait juste pas dans combien de temps. « EHHH c'est de l'abus de pouvoir ». Alors oui, sûrement que c’est de l’abus de pouvoir, mais ce n’est pas le but. Et elle le sait, au moins. Malgré cet air boudeur qu’elle glisse déjà sur ses lèvres. Et puis bon, il n’y peut rien si son rang est supérieur au sien. Forcément, s’il la taquine sur ce sujet, il affiche le pouvoir qu’il possède. Mais son intention est surtout de se moquer. Et il sait à quel point elle peut être mauvaise joueuse. Il suffit de toucher un terrain sur lequel elle ne peut pas gagner et tout de suite, elle se met à râler. « Il faut bien que je me serve de mon statut de temps en temps. Après tout, si je suis un papy croulant, c’est aussi parce que j’ai plus d’expérience ». Il se met à lui sourire alors. Il a vécu plus de choses, tout simplement. Et pourtant, désormais sur Terre, ils en sont tous les deux au même point. Voilà l’ironie de cette situation.

En tout cas, il n’a pas envie de s’attarder sur le fait qu’il va devoir faire une garde de nuit pour compenser avec son absence d’aujourd’hui. Son garde en est bien content et lui, il s’en moque un peu, il trouvera un moment pour rattraper le sommeil qu’il lui manque de toute manière, il n’en doute même pas. Un fin sourire sur les lèvres, il observe tout autour de lui. C’est déjà bien assez agaçant comme ça, en réalité. Mais ses solutions sont inexistantes. Et il a tout simplement choisi de faire avec. C’est presque plus simple. Presque, bien sûr, parce qu’il n’est pas vraiment nécessaire de réfléchir plus loin. « Merci, mais je sais ». Tant qu’elle sait qu’il est préférable de ne pas se bouger à poil, ça va. Enfin bon, il n’avait pas vraiment de doutes sur le sujet. Disons qu’il a déjà surpris quelques échanges entre soldats. Et que Murphy ne les laisse pas indifférents avec son corps. Non qu’il ait envie d’y penser. C’est son caractère qui les freine. Et tant mieux. « je dors pas à poil, t'inquiète pas, surtout par des températures pareilles ! ». Ces derniers temps, c’est vrai que le froid s’est mis à les ronger. Surtout la nuit. Ils n’ont même pas assez de vêtements pour suffisamment se couvrir. Et Richard aimerait beaucoup se renseigner sur la possibilité d’user des peaux des bêtes du coin. Il ne sait juste pas comment c’est supposé se passer. « D’ailleurs, faudrait qu’on songe à faire des couvertures avec les poils des autres ». Ca doit être plus facile de se confectionner un vêtement. « Tu me prends pour une exhibitionniste ou quoi ? ». Il se met alors à rire. Ce qu’elle peut être susceptible parfois. Voilà qu’en plus une branche se met à craquer dans ses mains. « Je plaisantais, ils n’aimeraient pas le spectacle ». Et voilà qu’il se met à rire. Surtout qu’il sait que ce n’est absolument pas vrai.

Il faut qu’ils parviennent à se faire des armes, qu’ils réussissent à fabriquer quelque chose de solide et qu’ils soient en mesure d’en apprendre la fabrication. A l’heure actuelle, il ne cache pas qu’il est un peu perdu, c’est vrai. A côté de ça, quand il réussira, il serait même tenté d’en faire un pour Marlene oui. Peut-être même pour Skylar. Mais d’abord, il faut qu’il parvienne à en faire un et il se demande sincèrement s’il va y parvenir. Tout ceci est désespérant. « Oui... ». Si la motivation vient à s’envoler, ils ne seront plus capable de rien en tout cas. Et c’est contre ça qu’ils doivent déjà lutter. « Statistiquement parlant, on est bien, quand même. ». Statistiquement oui, mais à quoi peuvent bien servir quelques statistiques dans la confection d’un arc hein ? De deux, en plus de ça. Il faut surtout qu’ils réussissent à trouver deux branches. Au final, dès que cette étape sera réussie, la suite ne devrait pas être compliquée. Mais c’est cette étape qui se trouve être la plus complexe.

Le chien. Encore et toujours le chien. Et Skylar qui en veut un. Richard ne voit pas pourquoi on lui demande son avis. De toute manière, il sait qu’il n’importe pas. Mais en plus de ça, il est toujours un peu déstabilisant de voir que les gens n’aiment pas l’animal qu’on chérit. « Comment ça, pas tout le monde ? ». Il soupire légèrement. Son intention n’est pas de la vexer ou autre. Mais on ne peut pas tous aimer les mêmes choses, c’est vrai non ? De toute manière, qu’est-ce que ça peut bien changer ? Qu’il l’aime ou non, c’est sa bête à elle, son avis n’est pas supposé compter. Et on ne lui demande rien. D’ailleurs, il ne demande rien non plus. Il souhaite juste qu’on lui foute un peu la paix. Et que le chien ne vienne pas trop le coller. « Tu l'aimes pas ? ». Bingo. De toute manière, il n’a pas à l’aimer. « Je ne suis pas friand des bêtes. Mais il n’a pas à me plaire, du moment que toi, tu l’affectionnes ». Lui, il estime juste qu’ils n’ont pas besoin d’une bouche supplémentaire à nourrir. De deux bouches, puisque Skylar envisage aussi d’en prendre un. C’est d’un chiant.

De toute manière, il estime que l’animal ne doit pas se baser sur son opinion à lui. Ils en veulent un ? Très bien, c’est avec le conseil qu’il faut voir ça. Mais à priori, ce n’est pas plus un problème que le reste. Disons juste que ça ne l’intéresse pas vraiment. Et qu’elle n’a donc pas à se justifier. « Quand tu penses à un animal, tu penses à toi. Ça change tout ». Il a un peu de mal à comprendre ça. Après tout, lui, il n’a pas besoin d’un animal pour penser à lui. Même s’il s’oublie très souvent pour son entourage. Même pour des personnes qu’il ne connaît pas et qui peuvent avoir besoin d’aide. « C'est ridicule, mais je dors plus seule. Et quand j'ai besoin, y'a un petit être innocent qui vient quémander des caresses, comme si j'étais la chose la plus importante au monde. ». Pourquoi ne pas se trouver un compagnon humain dans ce cas hein ? Bien sûr, il ne préfère pas lancer ce débat. Si elle se sent mieux avec son chien, tant mieux pour elle, il en est content. Mais ça ne change rien à son point de vu. A force de voir du monde tout le temps et toute la journée, Richard chérit ces moments où il est seul, justement. Et on ne peut pas le lui enlever. « Il est pas humain mais il prend soin de nous tous. Comme le chien de Skylar prendra soin de toi, tu verras. ». Ridicule. Richard n’a absolument pas besoin d’un animal pour prendre soin de lui. « Tu sais Murphy, nous n’aimons pas tous les mêmes choses. Nous n’avons pas les mêmes besoins ni rien. Je n’ai pas besoin d’un chien pour prendre soin de moi. Si tu te sens mieux depuis que tu l’as, tant mieux. Mais qu’aucun de vous deux ne compte sur moi pour m’attacher au sien ». Il a pris un ton sérieux. Mais il aimerait qu’elle comprenne qu’il s’en fout royalement, que ça ne l’intéresse pas du tout. Et il ne risque pas de compter sur un chien pour le protéger. Au contraire. Mais c’est son propre avis et il ne force personne à le partager. Il n’a jamais rien demandé à personne, d’ailleurs. C’est un peu plus compliqué que ça, si on veut son point de vu.

Il secoue la tête et se reconcentre sur les branches. Et il réalise que celle qu’il tient dans les mains semble pas mal. Il faudra retirer quelques échardes traînantes et la lisser un peu plus, mais c’est du bon bois. Visiblement, il tient un truc. « Oh putain de putain de bordel merde... ». Il tourne la tête vers son amie, un fin sourire sur les lèvres. « En chœur alors gamine, parce que je tiens le bon bout aussi ». Avec un couteau, il devrait parvenir à obtenir ce qu’il veut. Oui. « Je crois que j'en ai une, jcrois que j'en ai une, putain ! ». Il n’en est pas encore à sauter de joie partout mais si c’est bien ça, ils sont putain de bien. Et le reste du bois devrait servir à faire des flèches non ? « Ensuite, on doit faire quoi ? ». Parce que franchement, il n’est même plus foutu de réfléchir. Parce qu’il est plutôt content le con.


notes » w/ Murphy le 22 janvier 2117 dans l'épave de l'Odyssée.

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Sujet: Re: {{ You've got strength, you've got soul {Richard ♥}
Mer 19 Avr - 2:39

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❝ You've got strength, you've got soul ❞
Murphy Cavendish & Richard Coben
(22 janvier 2117)


Il n'y avait que peu de personnes que Murphy aimait. Aimait vraiment, en tout cas. Il y avait ses amis, bien entendu, qu'elle comptait déjà sur les doigts d'une main et considérait comme ses égaux, et puis il y avait Richard, et puis peut-être Skylar, d'une toute autre façon, auxquels elle se sentirait toujours inférieure. Richard, surtout, était l'exemple parfait des personnes qu'elle pouvait tenir en haute estime; à ses yeux, il était incapable d'erreurs, et même lorsque toutes les preuves pointaient vers ses humaines imperfections, la brune n'arrivait pas à les voir comme telles. Les erreurs de Richard n'en était jamais réellement, parce qu'il était son maître, son mentor, son exemple. Plus que la figure paternelle qu'il représentait à ses yeux, il était son modèle ultime, la personnification de la force et du courage. Peut-être parce qu'elle l'avait connu lorsqu'elle était jeune et en manque de repères et de reconnaissance, mais sans aucun doute parce qu'il était l'un des hommes qu'elle respectait le plus dans sa vie de militaire comme sa vie personnelle. Elle remerciait régulièrement et totalement secrètement le hasard de lui avoir laissé son ami à ses côtés et malgré toutes les épreuves qu'ils avaient traversé; elle priait encore plus souvent les forces de la chance de le lui laisser encore longtemps. Les taquineries de la brune étaient une denrée rare pour ceux qui n'avaient pas su se frayer un réel chemin jusque ce cœur si bien caché; Richou était l'une de ses premières victimes, parce qu'il était l'une des personnes les plus confortablement installées dans le muscle de son palpitant. « Ouais... » fut-elle forcée d'admettre, non sans un sourire en coin. « Mais du coup... tu reconnais que t'es un vieux papy croulant ! » Elle pointa un index victorieux sur lui, plus que satisfaite d'avoir réussi à le piéger par sa rhétorique imparable -puisqu'il ne s'agissait toujours que de ça, de jouer avec les mots, les argumentaires et les preuves pour pousser l'autre dans ses retranchements. Murphy ne pensait pas une seule seconde qu'il était vieux ou croulant; pour elle d'ailleurs, il ne serait probablement jamais ni l'un ni l'autre.

« Ohhh, l'idée t'a pas quitté ! » Elle lui lança un coup d'oeil malicieux non sans repenser à l'une de leurs premières longues conversations échangées sur cette planète, au milieu des décombres de leur Odyssée. « J'ai une grande couverture toute neuve, moi. En peau de gros animal qui a failli me manger », ajouta-t-elle fièrement en repensant au Elias serviable qui lui avait offert l’entièreté d'un animal, viande et peau, qu'il avait abattu pour lui sauver la vie. L'altruisme n'était décidément pas mort en ce bas monde, et c'était une idée qui la réconfortait lorsqu'elle se laissait assaillir, cachée sous ses draps, par quelques peines secrètes. Elle s'offusqua d'un regard noir lorsque Richard lui glissa que ses collègues n'aimeraient pas le spectacle d'une Murphy nue. Mais, à y repenser, elle préférait encore cette idée que tous les sous-entendus graveleux qu'elle avait subis au fil des années en tant que militaire de sexe féminin. Il semblait parfois difficile pour certains hommes de croire une femme capable d'assurer les mêmes attributions qu'eux, et probablement encore plus de les traiter d'égal et à égale sans autres idées déplacées.

Mais, pour le moment, ils avaient bien autre chose à penser. Confectionner un arc lui paraissait un moment privilégié aux côtés de Richard, mais elle n'en oubliait pas le but premier. Ils devaient se réarmer à la force de leurs seuls moyens, puisque les armes de l'Odyssée s'étaient épuisées à vue d'oeil et en quelques mois, abandonnées par l'énergie électrique que personne n'avait encore été capable de remettre à flot. Elle jetait quelques coups d'oeil désespérés au tas de bois brisé qui enflait à sa droite, et espérait à chaque nouvelle branche tomber sur celle qui lui redonnerait espoir. Oui, ils avaient les statistiques de leur côté, mais peut-être qu'ils n'étaient pas eux-mêmes assez qualifiés pour les sélectionner. Peut-être qu'elle était passée à côté de dizaines d'autres branches qui auraient parfaitement fait l'affaire, simplement parce qu'elle avait pensé, en un coup d'oeil, qu'ils n'étaient même pas des candidats potentiels à ses essais. Et ces essais eux-mêmes valaient-ils quelque chose ? Elle s'était renseignée à droite et à gauche auprès des plus qualifiés, mais ils ne devaient pas oublier que la théorie ne rejoignait jamais la pratique des façons les plus aisées. Aucun d'eux n'avait construit d'arc là-haut, aucun d'eux n'avait pratiqué le bois, aucun, même, n'avait réellement connu ce matériel avant qu'il ne devienne l'un des seuls dont ils pouvaient disposer. Mais, se disait-elle, à force de se battre et de persister, peut-être finiraient-ils par tomber sur la perle rare -et, mieux encore, les deux perles rares. Car c'était tout ce dont ils avaient besoin pour l'instant. Chris avait aussi quelques vues sur un arc, elle le savait pertinemment, mais était-ce encore seulement son problème ?

Un autre débat la fit relever brusquement son regard d'une énième branche dont elle testait la flexibilité. Antarès. Elle avait du mal à comprendre les raisons qui pouvait pousser quiconque à ne pas l'aimer. L'animal était auto-suffisant; elle le promenait tous les jours à l'extérieur du camp, même sur quelques centaines de mètres à peine, pour qu'il chasse et se nourrisse hors de leurs propres responsabilités. Il n'était rien d'autre qu'une présence, peut-être étrange, sur le campement. Elle repensait régulièrement au premier regard que Skylar avait posé dessus; il était révélateur de toutes les sensibilités que pouvait éveiller la petite boule de poils. « Il te plaira. Peut-être pas tout de suite, mais tu l'adopteras, toi aussi », affirma-t-elle en lui jetant un regard convaincu et non sans un sourire malicieux. Il n'avait probablement juste pas passé suffisamment de temps avec l'animal pour l'apprécier à sa juste valeur; c'était la seule explication qu'elle trouvait aux réticences de son mentor. Sans le côtoyer, il était presque normal et logique qu'il ne le perçoive que comme une curiosité inutile à leur vie de tous les jours, une bête un peu écervelée qui courait régulièrement sur le camp à recherche de quelque friandise ou d'une âme charitable pour le gâter de quelques caresses. Et elle argumenta, la brunette, incapable d'admettre qu'on puisse ne pas aimer un tel condensé de tendresse. L'entendre l'appeler par son prénom en réponse la remit directement à sa place, et elle se raidit, confuse, en écoutant l'allocation du barbu. Elle le fixa, un peu bête, pendant quelques instants, se demandant s'il avait pleinement saisi tout ce qu'elle avait résumé en quelques mots qu'elle n'avait jamais prononcés jusque-là. « Comme tu voudras », lâcha-t-elle finalement alors que la malice se glissait à nouveau sur ses traits. Il finirait pas tomber amoureux, lui aussi, à sa façon, d'Antarès. Elle n'arrivait pas à concevoir l'impossibilité d'une relation entre son chien et la personne qui était la plus proche de faire partie de sa famille.

Ils ne polémiquèrent guère plus longtemps; de toute façon, chacun camperait sur ses positions jusqu'à donner raison ou tort à l'autre -et Murphy était persuadée qu'elle ressortirait, un jour ou l'autre, vainqueur de ce défi qu'il lui avait lancé malgré lui. Quelques grossièretés plus tard, la brune avait réalisé qu'elle tenait très probablement entre ses doigts la branche parfaite, celle qu'elle attendait depuis des mois, un an même, celle qui la suivrait sûrement pendant de longs voyages et subirait les mêmes galères qu'elle, peut-être même jusqu'à la mort -dans quelques semaines ou dans des années, d'ailleurs. Alors qu'elle sautillait d'excitation, Murphy finit par comprendre que son ami était tellement sur la même longueur d'ondes qu'elle qu'il était également tombé sur l'exception. Il était bien plus sage et tempéré qu'elle, comme il l'était toujours, mais elle lisait dans son regard toute la satisfaction qu'il ressentait à cet instant précis. « Je... » hésita-t-elle un instant alors que ses pieds avaient retrouvé leur place initiale, stable et naturelle au sol. Elle se saisit, presque tremblante, de la cordelette qu'elle avait posée sur la caisse qui les séparait et faisait office de table quelques instants plus tôt, et la brandit entre eux. « T'as un couteau ? » demanda-t-elle, regrettant ses deux poignards restés à l'armurerie. En tant que chef de garde, Richard aurait peut-être de quoi les sauver. « Je... je crois qu'il faut égaliser l'épaisseur des deux côtés. Et puis... » Elle brandit fièrement sa haute branche et cassa une fine brindille qui en émanait pour la lancer sur le cimetière de bois à sa droite. En en posant une extrémité à terre, elle réalisa sa hauteur -près d'un mètre de haut tout de même. « Le milieu doit être plus épais, à ce qu'on m'a dit. Je pense que c'est une histoire de sciences. » A dire vrai, elle n'en savait fichtrement rien; le principal était, au final, que les conseils qu'elle avait reçus soient corrects, leur servent pour mener la construction de ces futurs arcs à son terme et leur permettent d'avoir des armes solides et durables. « Et après pour la corde faudra tailler des entailles aux deux extrémités, mais il sera toujours temps de voir... t'as un couteau, dis ? » Elle cessa d'admirer son futur arc et supplia Richard du regard. Elle n'avait peut-être pas cru suffisamment à leur chance, sur ce coup-là, puisqu'elle n'avait même pas prévu l'éventualité qu'ils puissent avoir besoin de tailler le bois ou la cordelette. Elle n'avait pas assuré, sur ce coup-là. « Deux, ce serait encore mieux, mais je veux pas pousser ma chance, c'est un coup à ce que les lois de l'univers se vengent et m'envoie un astéroïde dans la gueule pendant que je pisse. » Mais elle lui faisait les yeux doux, la gamine, espérant secrètement qu'ils puissent continuer à progresser sur leurs arcs au même rythme. « La mienne est pas mal, quand même, mais un peu plus épaisse de ce côté, je crois. T'en penses quoi ? » Elle n'était plus très sûre, tout à coup. Ce n'était pas le moment de foirer, pas maintenant qu'ils avaient chacun trouvé le morceau d'arbre qu'ils espéraient depuis si longtemps. Il était hors de question qu'elle soit maladroite pour la suite des opérations et qu'elle fragilise ce morceau de bois qu'elle chérissait déjà. Il ne s'agissait plus de casser de vulgaires branches pré-sélectionnées par leurs soins pour les en tester la souplesse et la solidité. Maintenant, il fallait réfléchir. Maintenant, il fallait être minutieux.

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23/05/2015 avengedinchains 1398 Andrew Lincoln ava by Exception / sign by Alas Chef de secteur devenu chef de la garde après le crash. 76
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Sujet: Re: {{ You've got strength, you've got soul {Richard ♥}
Lun 22 Mai - 12:01

» You've got strength, you've got soul
[Vous devez être inscrit et connecté pour voir cette image]L’âge est un sujet difficile et délicat. Si Richard se sent encore parfois jeune, certaines douleurs lui laissent entendre que ce n’est malheureusement pas le cas. Il peut prétendre ce qu’il veut, laisser entendre ce qu’il veut, ça ne change pas grand-chose et ce n’est certainement pas à lui de dire qu’il l’est ou qu’il ne l’est pas. Le côté malheureux de tout ça se trouve principalement dans le fait qu’il n’a malheureusement pas la chance de faire ce qu’il veut, et qu’aujourd’hui, son corps se permet de temps à autre de mettre la hola. Il ne le choisit pas, et il n’a pas forcément envie de se prendre la tête mais les choses sont comme elles sont. Et il faut juste apprendre à faire avec. Ce n’est juste pas un point simple ou évident. Richard n’a pas envie de vieillir, d’atteindre un âge où il ne pourra plus explorer la forêt, où il ne pourra plus se balader seul parce qu’il n’en aura plus la condition physique. Il n’a absolument pas hâte d’y être mais il sait malgré tout que c’est une éventualité contre laquelle il ne pourra pas faire grand-chose. Il flippe, c’est un fait. Et il a plutôt intérêt à réussir à remettre les choses en place. Qu’il y parvienne ou non, ce n’est pas vraiment une réussite. Mais il a passé le cap des 40 ans et depuis qu’il est sur Terre, il n’a pas vraiment eu l’occasion de tomber sur de vieux Terriens. Ce n’est pas qu’il s’en inquiète, ses conditions de vie ont longtemps été différentes. Mais désormais, toute son histoire est devenue bien plus compliqué qu’il ne le voudrait. Et désormais, il doit faire avec ce qu’il a, et ce n’est pas une réussite. Certaines choses ne se passent pas vraiment comme on le vourait, mais il faut apprendre à faire avec, que cela nous plaise ou non. De par son expérience, il sait qu’un âge ne veut rien dire, que par le passé, il lui a déjà été possible de prouver qu’il était plus fort que d’autres personnes. Mais un jeune n’est pas forcément plus fort qu’un vieux. C’est une affaire compliquée, en tout cas, et il ne vaut mieux pas chercher plus loin. Pour autant, il n’ira pas prétendre que se faire dire qu’il est vieux et croulant soit une partie de plaisir. Il sait que de la part de Murphy, c’est une plaisanterie. Mais il se permet pourtant de croire que pour d’autres personnes, la pensée doit être sincère. Alors il ne laisse pas faire. Il n’est pas faible, ni trop vieux pour son boulot. Si c’était le cas, il y aurait fort à parier qu’il n’aurait pas été choisi pour devenir chef de garde. Sa position lui a ouvert une autre porte, un monde plus complexe que celui qu’il traitait dans l’espace. Il avait pris ses marques, maîtrisait tout, à force de tâtonner et de développer ses capacités. Aujourd’hui, une page s’est tournée et il tâtonne à nouveau. Cette fois, dans un monde avec des tas de possibilités. Ils ne sont déjà plus très nombreux, alors forcément, il a envie de protéger tout le monde. Même ceux qui ne font pas l’effort de faire en sorte de subvenir aux besoins du groupe. « Mais du coup... tu reconnais que t'es un vieux papy croulant ! ». Bien sûr qu’il le reconnaît. Comment pourrait-il agir différemment hein ? Les choses ne sont pas aussi facilement acceptables, en règle générale. Et là, pour le coup, tout est une affaire de complication et de destruction. D’une certaine manière, du moins. « Je sais que nombreux sont ceux qui le pensent. Pourtant, Skylar est plus vieux ! ». S’il apparaît lui comme le papy croulant, qu’en est-il de son meilleur ami ou encore de Marlene, qui sont tous les deux plus âgés que lui ? Est-ce qu’ils sont déjà enterrés, dans la tête des gens ? Parfois, il a peur de toutes ces personnes insupportables. Et il n’a pas envie de réfléchir plus loin. A quoi bon. De toute manière, il sait qu’elle n’est pas sincère ou véritablement à cheval sur l’âge de l’homme qu’elle a en face d’elle. Alors il ne fait pas vraiment attention. En venant de la bouche de quelqu’un d’autre, oui, les choses auraient été considérablement différentes.

Bien sûr, l’idée d’user des poils est une idée dont il rit mais qu’il ne mettrait certainement pas en place. Impossible, de son point de vu. Mais les choses sont comme elles sont et il ne voit pas ce qu’il pourrait en dire. M’enfin bon, évidemment, il n’aurait peut-être pas dû en parler à la seule personne au monde qui lui a déjà évoqué l’idée. Parce que là, pour le coup, face à elle, il reste sceptique. Il espère qu’elle ne le pense pas vraiment hein. Parce que sinon… C’est même pas la peine de réfléchir. C’est une mauvaise idée, qui doit démanger et qui ne peut guère être confortable. Encore, il pourrait avoir quelques doutes s’ils étaient en mesure de faire ça bien, mais il ne croit pas aux capacités de la jeune femme, donc bon. Du moins, pas en ses capacités de couturière hein. Sinon, il n’a jamais douté de ce dont elle était capable. « Ohhh, l'idée t'a pas quitté ! ». Ouais, ou du moins, il n’a pas oublié l’idée qu’elle puisse vouloir le faire. Mais hors de question qu’il y touche ou qu’il s’y mette. « J'ai une grande couverture toute neuve, moi. En peau de gros animal qui a failli me manger ». Ah oui, la grosse carcasse qu’elle a ramenée. Il n’a pas tout compris. Un Terrien qui lui aurait fait cadeau d’un aussi gros gibier avec tant de nourriture. Comment est-ce que quelqu’un peut faire un tel cadeau gratuitement hein ? « Explique moi une nouvelle fois pourquoi est-ce que cet homme t’a donné tout ça ? ». Il a encore bien du mal à comprendre en quoi on pouvait se faire aussi gentil. Il ne prétend pas que les Terriens ne le sont pas mais tout de même. Là, pour une question de survie, pourquoi tout lui donner, à elle ?

L’arc puis le chien. Les sujets de conversation glissent et ne sont pas forcément très agréables ou supportables. Pour le coup, Richard n’a pas forcément eu envie de lui donner son avis. C’est arrivé, mais ce n’était pas totalement son intention. Il sait qu’il n’est pas plaisant d’entendre que ce qu’on fait n’est pas supportable ou que les autres ne le jugent pas bien. Et c’est assez évident. Mais pour le reste, il n’a pas envie de se prendre la tête. Richard considère juste que les chiens sont inutiles. Ou plutôt qu’ils ne sont pas suffisamment utiles pour prendre certaines de leurs ressources. Voilà tout. Mais pour le reste, l’homme ne peut pas non plus leurs dire de virer leurs animaux hein. Ce n’est pas sa place et il a bien compris que Murphy s’y était étrangement attaché. Le reste ne compte pas. Son point de vu ne compte pas. « Il te plaira. Peut-être pas tout de suite, mais tu l'adopteras, toi aussi ». Oh il ne néglige pas cette éventualité, bien sûr. Mais il a quand même un peu de mal à le croire. Est-ce qu’on peut vraiment lui en vouloir ? Lui en tout cas, il ne voit pas pour quelle raison il se prendrait la tête pour aussi peu de chose. Lui, il ne trouve pas ça important, en tout cas, et le reste, il n’y prête pas une réelle attention. Il l’aimera oui, peut-être. Mais pas aujourd’hui. « Peut-être. Nous verrons bien ». Il hausse les épaules, n’y porte pas un réel intérêt. De toute manière, à quoi est-ce que ça pourrait bien servir hein ? Autant ne pas se prendre la tête avec aussi peu de choses. Tout ceci ne servirait pas à grand-chose. Il ne va pas lui promettre de l’aimer un jour alors que ça n’arrivera peut-être jamais hein. C’est un peu plus compliqué que ça, voilà tout. Mais les choses sont comme elles sont. « Peut-être ». Il ne dit pas non mais il ne dit pas oui non plus. Et il n’en passe pas moins. De toute manière il fait face aux animaux pour la première fois, au milieu de tout ça. Alors par avance, non, il ne peut pas déterminer s’il parviendra à l’apprécier. « Comme tu voudras ». Voilà. Mais qu’il le veuille ou non, il ne peut pas s’attacher à n’importe qui. Ce n’est malheureusement pas comme ça que c’est supposé se passer.

Ils cessent bien vite d’en parler, heureusement. Richard n’aurait pas apprécié de parler pendant des heures d’un débat sans l’ombre d’un sens. Et c’est sans doute mieux comme ça. Mais ce n’est pas comme ça que ça fonctionne. Tout ceci prendra du temps, c’est tout. Et puisque c’est comme ça que ça doit se passer, il n’est pas vraiment nécessaire de chercher plus loin. Désormais, ils sont là avec leurs branches respectives qui fonctionnent vraiment. Mais la suite le dépasse légèrement. C’est bien beau de trouver ce qu’il faut mais pour le reste, c’est une autre histoire. « Je... ». Ouais voilà, ils en sont au même point. « T'as un couteau ? ». Oui, ça il a quelque part. Mais elle reprend la parole avant même qu’il n’ait l’occasion de le lui tendre. « Je... je crois qu'il faut égaliser l'épaisseur des deux côtés. Et puis... ». Ah bah oui, ça semble assez logique. Egaliser pour faire de cette branche la partie centrale de l’arc. Il faudra par ailleurs faire en sorte qu’elle tienne au maximum. « Le milieu doit être plus épais, à ce qu'on m'a dit. Je pense que c'est une histoire de sciences. ». Oui, si le milieu est trop fin, ça risque de se briser. Ce qui serait parfaitement ridicule. Si ça casse dès la première utilisation et que ça arrive alors qu’ils sont en forêt, ça ne risque pas d’aller en s’arrangeant. Et ils se feraient tuer, en plus de ça. Ce qui n’arrangerait rien. « Et après pour la corde faudra tailler des entailles aux deux extrémités, mais il sera toujours temps de voir... t'as un couteau, dis ? ». Oui, histoire que ça tienne bien. Il lui passe alors son couteau, et une fois qu’elle aura fini, il s’occupera du sien. « Oui je vois. Fais de ton côté et ensuite, je m’attaque au mien ». Et ce sera beaucoup plus simple comme ça. Enfin bon, après pour le reste, ils auraient pu le faire en même temps mais il est le seul à avoir un couteau. Et bien sûr, il n’en a pas pris quarante avec lui. Pourquoi faire ? Sur le campement, il n’est pas vraiment nécessaire d’avoir plein d’armes. Et ce n’est même pas vraiment conseillé pour la sécurité de tout le monde.

« Deux, ce serait encore mieux, mais je veux pas pousser ma chance, c'est un coup à ce que les lois de l'univers se vengent et m'envoie un astéroïde dans la gueule pendant que je pisse. ». Oh bah oui, en faire deux, ce serait mieux. Mais autant ne pas se compliquer la tâche immédiatement. Là, pour le coup, il faut d’abord commencer par faire le premier arc. Ensuite, le deuxième et les suivants devraient être plus simples à fabriquer. Mais il faut établir une première base et s’y concentrer. « Il faut qu’on commence avec un premier arc, et ensuite, on verra pour en faire d’autres. Mais une chose à la fois, tu vois ? ». Oui voilà, et il n’est pas vraiment utile de réfléchir plus loin. A quoi bon. « La mienne est pas mal, quand même, mais un peu plus épaisse de ce côté, je crois. T'en penses quoi ? ». Il observe, tente de faire de son mieux pour se faire objectif et précis. « Je pense aussi. Mais ne taille pas trop parce que si tu fais ça trop fin, ça va empirer, tu vois ? ». Oui voilà, il vaut mieux faire attention. « Passe moi la lame dès que tu as terminé ». Et il essaiera aussi de ne pas tout foutre en l’air. C’est mieux, quand même.


notes » w/ Murphy dans l'épave du vaisseau, le 22 janvier 2117.

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06/12/2015 Lux Aeterna 30606 Sophia Bush Avengedinchains (vava) ; Oreste (image profil); Lux Aeterna (sign & gifs & fiche rp) ancienne militaire - lieutenant, stratège, garde et patrouilleuse. Quelques notions de médecine et bases en maniement des armes. 201


Sujet: Re: {{ You've got strength, you've got soul {Richard ♥}
Mar 23 Mai - 3:04

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❝ You've got strength, you've got soul ❞
Murphy Cavendish & Richard Coben
(22 janvier 2117)


Il y avait des tas de choses que Murphy se permettait maintenant de faire face à Richard. Malgré les apparences et ce que certains pouvaient penser d'elle, elle réservait certains de ses traits à ceux qu'elle considérait les plus chanceux -et qui, de leur côté, devaient se trouver bien malchanceux. Richard supportait parmi ses remarques les plus déplacées et ses taquineries les plus effrontées, et ce n'était pas sa présence qui l'empêcher d'uriner lorsque le besoin s'en faisait ressentir. Parce que c'était son mentor mais surtout parce que c'était son ami, parce que c'était sa famille. Ils n'avaient pas le lien du sang, mais il était ce qui lui restait de plus proche d'une famille. Même lorsque sa mère et Faust étaient de ce monde, elle n'avait pas considéré Richard autrement. C'était un fait qui n'avait eu de cesse de se confirmer un peu plus à chaque instant depuis que leur complicité s'était installée, voilà bien des années auparavant. Elle le traitait de vieux parce qu'il la traitait de gamine, et ils en tiraient tous les deux une certaine satisfaction parce qu'ils étaient Richard et Murphy et parce que ces taquineries faisaient partie de la définition même du lien étrange qui les unissait. « Rejeter sur les autres, c'est pas très noble », fit-elle remarquer avec un sourire amusé. « Je lui dirai que t'as dit ça, on va voir ce qu'il en pense ». La menace était à peine masquée mais son regard trahissait l'amusement du à la provocation. Peut-être aussi était-ce là une façon pour elle de retourner à la pêche aux informations. Car, après tout, elle ne comprenait guère mieux ce qui se passait entre les deux hommes, et une part d'elle s'accrochait à leur amitié comme à un ultime espoir que la Terre ne pouvait pas prendre un tel attachement à deux personnes liées depuis ce qui s'apparentait à toujours. « Allez, t'es mon vieux papy à moi », ajouta-t-elle avec une moue attendrie, manquant de lui attraper les joues pour le forcer à sourire. A dire vrai, Murphy ne le considérerait probablement jamais comme vieux. Il était plus actif que bien des jeunes, et c'était la meilleure arme pour affronter les années. De plus, ils n'avaient, si on y réfléchissait quelques instants, que huit années de différence. Pas de quoi opposer un père et une fille; ce n'était pas la différence d'âge qui avait façonné leur étrange amitié aux doux airs de famille. Il avait toujours eu huit ans d'expérience de plus qu'elle, et voilà d'où était née cette espèce de hiérarchie instaurée entre eux. Il était le maître et elle était l'élève.

Et parmi toutes les bêtises qu'elle ne filtrait pas auprès de Richard se trouvait la fameuse idée de couverture en poils de barbe -rien que ça ! C'était lui qui venait de la relancer, mais à la mine dubitative avec laquelle il répondait à son enthousiasme, Murphy abandonna très vite l'idée de détailler ses plans fantasmagoriques à ce sujet. La question avec laquelle il embraya la laissa muette un instant, parce qu'il marquait un point. Elle n'avait aucune idée de la réponse exacte à lui donner. En réalité, Murphy n'avait rien compris à Elias : il l'avait sauvée d'une mort certaine, lui avait offert tout ce que l'animal pouvait offrir à quiconque l'abattait, et lui avait accordé son aide pour débarasser la bête de tout ce qui ne lui servirait plus. La brune elle-même ne croyait pas à une telle bonté sans retour, et pourtant, il l'avait laissée partir sans demander son reste. Peut-être qu'il se moquait simplement de ce à quoi il consacrait son temps et son énergie ? C'était la seule explication qu'elle avait pu trouver à un tel altruisme, mais l'idée de la formuler l'effrayait. Elle n'aimait pas être en dette de quelqu'un, encore moins d'un inconnu, aussi elle espérait que le geste avait été suffisamment désinvolte et détaché pour qu'il l'oublie. Mais, après tout, était-elle seulement destinée à croiser à nouveau le chemin de l'Athna ? Elle finit par se désigner d'un large geste de la main et sourire fièrement pour répondre à Richard. « Le pouvoir de mes beaux yeux, voyons ! » Elle battit des cils un instant, non sans penser que cette déclaration était sans aucun doute possible bien loin de la vérité. Comme Isdès, il devait la voir comme une fille de ciel complètement perdue et vouée à attendre la mort puisqu'elle était incapable de s'adapter à la vie. Ils la méprisaient mais la sauvaient... peut-être pour y gagner un sentiment de supériorité quelconque ? Elle ne comprenait décidément rien à ces Athnas. « Maintenant j'ai une énorme couverture pour me tenir chaud la nuit », feinta-t-elle pour ne pas avoir à avouer qu'elle-même n'avait pas compris la démarche d'Elias. La seule chose qu'elle avait retenue de cette entrevue était le sentiment de sécurité qui l'avait accompagnée tout du long. Un tel altruisme n'aurait pas existé s'il comptait l’abattre ou se jouer d'elle. Il l'avait aidée jusqu'aux dernières minutes, et c'était peut-être là tout ce qu'elle devait retenir.

Quant à Antarès, et bien, Murphy restait persuadée que Richard lui-même finirait par l'adopter. Ce n'était pas le genre de choses qui s'exigeaient ou se commandaient; la beauté d'une telle affection résidait dans sa spontanéité et sa sincérité. Mais elle y croyait dur comme fer : personne ne résistait à Antarès, et même Elias, se fit-elle la réflexion, laisserait probablement échapper un sourire s'il faisait face à son chien. Il avait fondre le cœur de Skylar quelques mois auparavant et c'était déjà là un exploit au regard de la brune, qui avait découvert l'ami de Richard sous un angle encore plus humain. Elle s'imaginait laisser Antarès glisser dans l'abri du chef de garde pendant la nuit. La boule de poils se loverait à ses pieds ou contre lui, et il serait forcé d'admettre qu'il n'y avait pas plus doux que ces instants-là. Après les pertes et tragédies qu'ils avaient tous vécues, il était temps qu'ils se réapproprient un peu de douceur. Murphy en était convaincue, c'était elle qui devait gouverner le monde.

Mais pour l'instant, ils étaient face à leur bonne nouvelle du jour, voire même des derniers mois. Enfin, ils tenaient chacun entre les mains ce qui semblait être de bonnes bases à la construction d'arcs. Le hasard était de leur côté; il leur avait donné à chacun de quoi faire à l'exact même moment, ce qui était à la limite du croyable et avait quelque chose de providentiel. La patrouilleuse attrapa le couteau que Richard lui tendait et commença minutieusement à tailler une extrémité de ce qui deviendrait, elle l'espérait tout du moins, son arc. Elle acquiesça aux propositions de Richard, qui tentait d'organiser les prochains instants. Murphy avait tellement attendu ce moment qu'elle se retrouvait soudainement prise au dépourvu. Ses idées s'étaient affolées et il lui fallut quelques secondes pour reprendre ses esprits. Elle lui montra son morceau de bois pour qu'il puisse juger, lui aussi, de ce qui était le plus judicieux. Ils étaient tellement, tous les deux, novices en la matière, qu'il lui paraissait plus raisonnable qu'ils soient au moins tous les deux d'accord sur la marche à suivre. « Je vais égaliser par rapport à l'autre côté », conclut-elle en se rasseyant pour être à la fois stable et à l'aise avec ses gestes. La langue tirée, le regard grave, Murphy était concentrée sur sa tâche et ne cessait de comparer les deux extrémités de son futur arc pour s'assurer qu'elle n'entaillait pas ne serait-ce qu'un millimètre de trop. Il fallait mieux y aller progressivement et y revenir à plusieurs fois. Elle ne vit pas les secondes passer mais se demanda un instant si elle ne mettait pas la patience de Richard à rude épreuve. Elle finit par tendre le bras devant elle, la main autour de la branche, la dressant entre son ami et elle, pour admirer la symétrie de l'objet. « Pas mal, non ? » Elle chercha l'approbation dans le regard de son supérieur et ami et lui tendit son couteau pour qu'il s'atèle au même exercice. « C'est un peu plus épais par là, non ? » Elle lui proposait à son tour son avis sur la symétrie de l'accessoire. Des habitués à la construction d'arc trouveraient sans doute ridicule la façon dont ils s'y prenaient, mais tout ce qui comptait aux yeux de Murphy était l'efficacité et la longévité des armes qu'ils tireraient de cette séance de bricolage. « Tu me repasseras le couteau et on fera les encoches après. Chaque chose en son temps, hein ? » Elle confirmait la stratégie de Richard comme étant la plus sensée. Ils avaient trop attendu pour tout faire foirer en voulant aller un peu trop vite. Elle observa un instant le chef de garde qui se concentrait sur son propre branchage et son regard finit par se perdre à nouveau sur le sien. Consciencieuse, délicate, elle brisa quelques petites branches qui y naissaient pour commencer à le lisser le mieux possible. « On s'entraînera ensemble, hein, dis ? » Ils en voyaient enfin le bout, pensait-elle. Elle allait enfin pouvoir compléter sa panoplie de patrouilleuse et sortir explorer les environs avec une arme digne de ce nom. Il lui faudrait sans aucun doute s'entraîner, mais la visée avait toujours été l'un de ses points forts. Maintenant, elle pourrait enfin l'utiliser. « Antarès pourra nous encourager pendant qu'on peaufine notre niveau en tir en l'arc ! » Elle lui jeta un regard malicieux puis se pencha sur le tas de branches qui restait à sa gauche. Il y aurait peut-être encore de quoi faire là-dedans, mais ce serait un travail pour un autre jour. Deux arcs d'un coup après plus d'un an de difficultés, c'était le jackpot.

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23/05/2015 avengedinchains 1398 Andrew Lincoln ava by Exception / sign by Alas Chef de secteur devenu chef de la garde après le crash. 76
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Sujet: Re: {{ You've got strength, you've got soul {Richard ♥}
Dim 27 Aoû - 20:02

» You've got strength, you've got soul
[Vous devez être inscrit et connecté pour voir cette image]« Rejeter sur les autres, c'est pas très noble ». Est-ce que c’est vraiment de ça qu’il s’agit quand on considère que c’est totalement vrai ? Disons que tu portes moins bien ton âge qu’elle. Tu fais de ton mieux mais avec Skylar, vous donnez l’illusion d’avoir le même âge. Il est bel homme et les années glissent sur lui sans même l’atteindre vraiment. Et avec sa coupe de cheveux, il fait carrément jeune. Mais pour le coup, de ton côté, les choses sont quand même considérablement différentes. Mais c’est comme ça, et tu ne peux pas y faire grand chose. Les choses sont juste comme elles sont. Si on peut le dire comme ça.  Et de toute manière, pourquoi faudrait-il que tu te mentes à toi-même ? Tu prends de l’âge, tu as dépassé la quarantaine et ce n’est pas vraiment aussi facile qu’on ne peut l’admettre. Tu es âgé, ou en tout cas, tu n’es plus aussi jeune qu’avant. Rien n’est facile mais tu es disposé à faire avec parce que tu n’as pas vraiment le choix. Voilà tout. Mais c’est comme ça. ” Je ne rejette pas la faute, tu ne peux pas négliger le fait que oui, il est plus vieux que moi. “. Tu souris doucement. Mais de toute manière, tu ne veux pas particulièrement continuer le débat. Tu es peut-être plus jeune que Skylar, on ne peut pas vraiment dire que ça y change quelque chose. « Je lui dirai que t'as dit ça, on va voir ce qu'il en pense ». Tu hausses les épaules. Elle peut le lui dire, si elle veut. Ce n’est qu’une question de date de naissance, après tout. Est-ce que c’est vraiment une surprise ? T’as un peu de mal à le croire, faut bien le dire. Mais les choses sont juste comme elles sont. ” Tu vas lui dire que j’ai dit qu’il était plus vieux que moi ? Pas sûr qu’il apprécie !”. Il n’est jamais facile de vieillir, surtout lorsqu’on dépasse un certain âge. Mais il n’est pas vraiment possible de faire autrement. L’âge n’est pas un adversaire contre lequel on peut se battre. Tu as envie de croire que tout va bien, entre lui et toi mais la frontière a été franchie et tu n’es pas certain que ça aille en s’arrangeant. Tu ne sais pas où donner de la tête et tu as envie d’y croire mais ce n’est pas forcément un grande réussite. Tu donnes le change, cependant, en espérant que les choses s’arrangent. Mais comment le savoir, hein ? T’as toujours vécu avec cet homme à tes côtés. Et d’un seul coup, tout devient différent. T’es pas prêt pour ça.

« Allez, t'es mon vieux papy à moi ». Elle te récupère alors, sortant de tes songes pour te concentrer à nouveau sur la femme en face de toi. Tu n’as pas à la mêler à tes problèmes. Cela ne la concerne pas et tu ne sais même pas vraiment de quoi il peut bien s’agir. Tu ne vas pas en plus la mettre au milieu de tout ça alors que tu ne comprends rien toi-même. ” Je suis censée être touchée ? “. Tu lui souris doucement. Oui, tu ne veux pas la mêler à tes problèmes. Et ce sera beaucoup mieux comme ça. Ce n’est juste pas aussi facile que tu ne le voudrais. Et tu n’as pas non plus envie de vraiment chercher. A quoi bon ? De toute manière, vieux ou non, tu sais ce que tu vaux, tu sais que tu vaux bien mieux que ce que tu es vraiment. Tu fais de ton mieux, disons mais ce n’est pas aussi simple que ça. Et tu ne peux pas vraiment faire autrement. Les choses sont comme elles sont, disons. Et c’est sans doute la seule chose qui compte vraiment. T’es vieux mais actif. Responsable et tu te débrouilles toujours pour faire ton travail. Même quand tu es fatigué, même quand tu n’en as tout simplement pas envie. Alors t’es peut-être vieux mais t’es suffisamment responsable pour qu’on ne puisse pas venir te prendre la tête, juste comme ça.

Murphy croise un Natif et voilà qu’il lui donne tant de choses que ça en devient presque risible. C’est une chose que tu ne comprends pas vraiment, que tu observes de loin mais que tu ne cherches pas vraiment à comprendre. C’est bizarre tout ça, quand même. Tu ne vas pas prétendre qu’elle a donné quelque chose en échange bien sûr et pourtant, à côté de ça, tu ne peux pas nier que ça possède un petit quelque chose de bizarre. « Le pouvoir de mes beaux yeux, voyons ! ». Tu lèves les yeux au ciel. T’as comme un doute mais… Si elle préfère penser ça, soit. Ca reste un peu amusant, malgré tout. ” Evidemment. “. Il est toujours plus amusant de rentrer dans son jeu, plutôt que de lui laisser entendre que tu ne la croies pas vraiment. Est-ce que c’est si étonnant que ça ? « Maintenant j'ai une énorme couverture pour me tenir chaud la nuit ». C’est vrai qu’une couverture comme celle-ci est assez impressionnante. Et elle a raison d’en profiter. Ce qui pourrait être intéresant, ce serait de faire une garde alternée avec son papi préféré mais visiblement, ce n’est pas vraiment au programme. Ce qui est bien dommage. ” S’il y a certaines nuit où tu as trop chaud, n’oublie pas de penser à moi hein. “. Tu lui souris doucement. Bien sûr, tu ne vas pas la lui voler. En tout cas, tu vois bien qu’elle n’a même pas cherché à t’expliquer et dans le fond, tu te demandes surtout si elle connaît la raison. Mais tu ne vas pas la questionner jusqu’à ce qu’elle réponde. Ce n’est pas comme ça que ça fonctionne.

« Je vais égaliser par rapport à l'autre côté ». Tout peut se jouer maintenant. Vous avez mis du temps à trouver une branche suffisamment puissante pour tenir. Mais en égalisant les côtés, elle peut la briser à tout instant et alors, il faudra tout recommencer. Tu as envie de croire que ça ira, que ça va le faire, mais ce n’est pas forcément comme ça que ça fonctionne. Tu peux le faire, tu le crois, tu en es persuadé, ça va le faire. Ca va clairement le faire. Et si ça le fait pas, il y a fort à parier pour qu’elle te prenne carrément la tête. Mais ça, c’est une autre histoire. ” Va y doucement. “. Faut juste pas qu’elle se précipite oui, un coup de couteau après l’autre. Voilà tout. Il ne faut juste pas aller trop vite et ça évitera les erreurs.

Alors tu la regardes faire, mettre des coups de couteau, avec attention et minutie, la langue pendante pour la concentration. Et toi, tu as juste envie de rire. Mais si tu la déconcentres et que c’est à cause de toi que ça foire, elle va clairement te le reprocher. Et ce n’est pas vraiment ce que tu veux. « Pas mal, non ? », lâche-t-elle une fois qu’elle a fini en te la montrant. Visiblement, oui, c’est beaucoup mieux comme ça. ” Mieux en effet. “. Et une fois fait, elle s’attarde sur ta branche à toi. « C'est un peu plus épais par là, non ? ». Tu souris une nouvelle fois et tu entreprends alors d’arranger ça de ton côté. Sans prendre pour autant le même air quand tu te concentres, tu entreprends de faire la chose avec minutie, toi aussi. ” Mieux ?”. Toujours plus facile de déterminer tout ça quand on est à deux.

« Tu me repasseras le couteau et on fera les encoches après. Chaque chose en son temps, hein ? ». Cet arc prend tellement de temps à faire qu’il faut qu’ils se remuent un peu s’ils veulent pouvoir finir en une seule journée. Ce n’est pas forcément gagné et pour le moment, c’est très loin d’être une réussite. Mais tu fais de ton mieux pour garder ta patience intacte. Ce n’est pas une réussite. ” Je vais finir par croire qu’on ne va jamais y arriver, à faire ce truc. “. Tu n’as absolument pas la patience pour ce genre de chose. « On s'entraînera ensemble, hein, dis ? ». Clairement oui. Hors de question de faire ça chacun de son côté. Comme ça, vous pourrez déterminer de l’avancé des choses l’un pour l’autre. Ce sera sympa oui. Mais pas sûr que ce soit une réussite au début. Tu ne sais même pas comment faire en sorte que la flèche parte. C’est dire. ” A mon avis, au début, ce sera une catastrophe.”. Mais ça, ce n’est pas vraiment une surprise.

« Antarès pourra nous encourager pendant qu'on peaufine notre niveau en tir en l'arc ! ». Pas sûr que ce soit nécessaire mais ça, il se garde bien de le lui dire à voix haute. Elle sait ce qu’il en pense, plus ou moins. ” Faudra juste faire attention à ne pas lui tirer dessus. “. Parce que bon, si vous n’êtes pas doué pour tirer, c’est une chose qui pourrait arriver sans le moindre soucis. Non que tu le ferais volontairement. Tu n’es pas comme ça non plus. Mais… Faudra faire attention quoi. Tu ne sais déjà pas viser, si en plus, tu dois éviter des trucs, t’as pas fini.

Spoiler:
 


notes » w/ Murphy dans l'épave du vaisseau, le 22 janvier 2117.

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06/12/2015 Lux Aeterna 30606 Sophia Bush Avengedinchains (vava) ; Oreste (image profil); Lux Aeterna (sign & gifs & fiche rp) ancienne militaire - lieutenant, stratège, garde et patrouilleuse. Quelques notions de médecine et bases en maniement des armes. 201


Sujet: Re: {{ You've got strength, you've got soul {Richard ♥}
Lun 11 Sep - 0:16

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❝ You've got strength, you've got soul ❞
Murphy Cavendish & Richard Coben
(22 janvier 2117)


Murphy avait grandement besoin d'un arc, et les signes qui tendaient à le prouver ne faisaient que se multiplier depuis quelques mois. Il en allait de sa vie, maintenant; deux poignards ne parviendraient pas à la sauver d'une menace trop grande. Mais elle trouvait en ce moment quelque chose de bien plus important que la confession d'une arme, aussi importante ou sophistiquée puisse-t-elle être. Avant de chercher à vivre en pleine nature, avant de se débattre face à un ennemi de trois fois sa force, il fallait des raisons de le faire. L'une d'elle se tenait à ses côtés à ce moment précis. Elle chérissait un peu plus chaque jour ceux qu'elle pouvait encore compter à ses côtés, pour tous ceux qui ne l'étaient plus. Le temps et la Terre lui avaient appris le fil fragile qu'était la vie ici-bas. Pour tous les conforts et toutes les sécurités qu'ils avaient là-haut étaient né ici un groupe nouveau de menaces face duquel l'apprentissage pouvait immédiatement prendre un goût de cendres. C'était parce qu'elle avait perdu sa mère et Faust et tout un tas de connaissances qu'elle savait que le reste de sa vie ne serait faite que de cette incertitude de ce que l'avenir lui réservait. C'était parce qu'elle les avait perdues qu'elle apprenait à apprécier chaque seconde hors du temps où la survie était mise entre parenthèses, comme s'il n'y avait rien de plus important que l'autre. « Je sais pas... je connais pas son âge » fut-elle forcée d'admettre. L'amitié qui la liait à Skylar semblait avoir toujours existé autant qu'elle paraissait être née d'hier. Parmi ce qu'elle ne savait pas de Skylar, venait-elle de découvrir, il y avait son âge. Mais c'était Richard, son papy, et ça, même Skylar n'arriverait pas à le lui prendre. « Oh, je risquerais de créer une embrouille ? » Son sourire s'était figé alors qu'elle fixait Richard avec un intérêt à peine masqué, comme si elle cherchait à décrypter à présent la moindre des expressions par lesquelles il pourrait lui répondre. Elle savait que les choses étaient tendues, dernièrement, entre les deux hommes. Elle savait aussi qu'elle avait secoué Skylar sans aucun tact, juste parce qu'elle voulait s'assurer que rien ne se briserait entre eux malgré ce qui avait pu les séparer. Elle n'était même pas sûre de ce qui pouvait les lier maintenant, et les circonstances semblaient parfaites pour en savoir un peu plus avec, cette fois, une once de subtilité. Elle redoutait de se mettre en porte-à-faux mais voulait se rassurer. Skylar avait-il seulement suivi ses conseils et accepté la discussion ? Avaient-ils enterré la hache de guerre ?

Et puis oui, il était son vieux papy. A elle, et pas à Autumn, soit dit en passant. Et comme de sa voix, elle acceptait d'être une gamine, elle savait que la réciproque était vraie. Elle était sa gamine et il était son papy. Pour toute l'affection qu'ils n'exposaient pas, il y avait une boutade. « Fais pas ton cœur de pierre, je sais que t'es touché » affirma-t-elle avec un sourire amusé. Son cœur se serra brusquement lorsqu'elle sentit une ombre planer au-dessus de la scène, presque palpable. Elle venait de se rappeler de l'existence d'Autumn et une boule vint lester son estomac. Au-delà des animaux sauvages et des températures glaciales de l'hiver, c'était peut-être elle la pire menace à leur amitié. Elle savait que Richard n'aurait jamais l'intention de la laisser de côté, mais le hasard ne prenait pas en compte ces choses-là. Peut-être que toute leur bonne volonté ne suffirait pas à les maintenir l'un à côté de l'autre. Peut-être que d'ici six mois, lorsqu'elle regarderait son arc, Murphy ressentirait à nouveau ce poids s'abattre sur ses frêles épaules. Peut-être que dans six mois, il ne serait plus à ses côtés et que tout ce qui lui resterait de lui serait l'arme qu'ils s'apprêtaient à fabriquer... Elle avait fait comprendre les choses à Autumn, déjà, mais elle savait que ce n'était pas de la sorte que l'on pouvait changer l'avenir s'il était déjà écrit quelque part. Malgré toute sa fermeté et sa hargne, Murphy ne pouvait pas empêcher un homme d'aimer sa fille et une fille d'aimer son père. Ce n'était même pas ce qu'elle souhaitait. Oh, c'était sans doute la première fois que le manque de son propre père se faisait ressentir... comme si on lui rappelait que le lien du sang était le seul lien légitime.

Richard ne croyait pas une seconde au pouvoir de ses beaux yeux, et elle non plus. Mais elle ne voulait pas penser qu'elle puisse être redevable à un Athna de plus, dont le geste avait, en plus de lui prodiguer une confortable couverture, nourri les leurs. Une part d'elle espérait ne plus le revoir pour cette simple raison, mais elle ne pouvait qu'admettre que ces rencontres récentes avaient quelque chose d'exaltant, comme si la planète et ses habitants l'appelaient à eux. C'était tout ce qu'elle souhaitait de cette Terre, y être désirée, et elle semblait peu à peu lui ouvrir les bras. Quelques erreurs d’inattention pourraient sans aucun doute la faire reconsidérer son jugement en un rien de temps mais en attendant, celui-ci avait quelque chose de presque doux et confortable... elle aimait l'idée d'avoir quelque ou quelqu'un, à l'extérieur, qui ne voulait pas la voir morte. Ce n'était pas seulement rassurant, c'était un moteur, une raison de continuer à se battre et à espérer. « S'il y a une nuit où j'ai vraiiiment trop chaud, c'est pas à toi que je risque de penser... » Elle le dévisagea, un peu gênée elle-même par sa propre réflexion, et finit par rire. « Désolée, je suis frileuse. Tu risques pas d'en voir la couleur, à ma couverture. »

Suivant les conseils de Richard, la brune reprit doucement et progressivement son morceau de bois. Elle avait encore du mal à croire qu'ils puissent avoir trouvé les deux leurs en quelques secondes à peine, alors qu'il leur avait fallu plus d'un an pour arriver à ce moment. Mais ils ne devaient pas se laisser piéger par leur enthousiasme et leur entrain, et Murphy reprit le bois avec attention, trop concentrée pour rompre le silence qui s'était installé. Ce qui lui parût de longues minutes plus tard, elle admira son futur arc et tendit le couteau à son ami pour qu'il s'occupe de sa propre arme. Bientôt, l'égalisation fût effective pour lui aussi. « Largement mieux ! » Enthousiaste et surtout soulagée que cette étape ne leur ait pas déjà coûté leurs armes, Murphy caressa le bois d'un geste doux pour s'assurer qu'il n'y restait aucune brindille indésirable. « Ohhh, soit pas si impatient » le reprit-elle en lui prenant le couteau des mains. Elle le moralisait presque mais son regard affectueux trahissait sa propre impatience. Ils n'avaient jamais été aussi près de leur but, et pourtant celui-ci n'avait jamais paru si loin. « Non, dis pas des choses pareilles... on s'étonnera nous-mêmes, je suis sûre ! » Elle utilisait encore parfois des projectiles lorsqu'elle en avait de côté. Elle ne pouvait pas avoir perdu à ce point-là, et la part d'elle qui idéalisait Richard ne voulait pas même considérer la possibilité qu'il puisse être fondamentalement mauvais avec une arme. « Oh mais moi, je ferai attention ! Et toi ? » Murphy chercha et accrocha son regard pour lui soutirer une promesse. Elle avait bien compris qu'il n'accordait guère d'intérêt à Antarès, mais elle espérait qu'il aurait la présence d'esprit d'au moins ne pas lui vouloir de mal. Elle aimait Richard de tout son cœur, mais elle ne pourrait accepter le moindre écart de ce côté. Si ce n'était pas pour la petite truffe d'Antarès qu'il y accordait un minimum d'intérêt, elle espérait que ce serait au moins pour ses décidément éternels beaux yeux. Elle tendit son arc face à elle et hésita de longues secondes. L'allongeant à l'horizontale entre Richard et elle, elle pointa de l'index une zone à quelques centimètres d'une de ses extrémités. « Là, ça te paraît bien ? » Du regard, elle chercha sa validation et reprit son souffle avant la session d'apnée qui accompagna sa phase de concentration extrême. Elle creusa deux encoches symétriques sans piper mot et tendit son couteau à Richard pour qu'il puisse faire de même. Elle tendit le couteau à son ami et attrapa la cordelette pour commencer à en estimer la longueur nécessaire. « PAPY ! » interrompit-elle ce dernier avant qu'il ait eu le temps de reprendre son travail, histoire de ne créer aucun accident. « Papy, on a bientôt fini, regarde ! La cordelette et c'est bon ! Tu te rends compte ? Non mais, TU TE RENDS COMPTE ? » Elle le fixait, les yeux écarquillés, mais pouvait d'ores et déjà prédire sa réaction tempérée et calme. « Allez, vas-y, fais tes encoches, vieillard » le taquina-t-elle plus posément en prenant du recul sur son arc posé à terre. « Chris sera tellement jaloux... »

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Sujet: Re: {{ You've got strength, you've got soul {Richard ♥}
Jeu 9 Nov - 16:25

» You've got strength, you've got soul
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« Là, ça te paraît bien ? ». Beaucoup trop de temps pour aussi peu de chose, n’est-ce pas Richard ? Tu réalises que vous avez réellement galéré pendant de longs mois mais que ça se termine enfin et honnêtement, il était temps.Tu ne vas pas prétendre que ça t’agace ou autre chose de ce genre parce que ce n’est pas le cas, mais tu commençais à perdre patience. La fabrication d’arme n’est pas évidente et par moment, on se perd un peu trop. Mais tu fais avec parce que tu sais que tu le peux, dans un sens, en tout cas. Le campement a besoin de nouvelles armes, de celles qu’on peut fabriquer et qu’on peut tirer loin, ce genre de chose, du moins. Et c’est une nécessité, un besoin. C’est la seule chose qui compte, d’une certaine manière, mais c’est sans doute mieux comme ça. D’une certaine manière, disons. Mais les choses changent et c’est la seule chose qui ait de l’importance. Tu ne veux pas réfléchir à tout ça, mais tu sais que ce serait une catastrophe, quoi que tu en dises. Pour avancer, il faut évoluer. Ce n’est pas toujours facile mais tu fais ce que tu peux et c’est tout ce qui compte. Alors bien sûr, ce n’est pas évident. Et maintenant, bien que l’arme ne soit pas totalement terminée, tu penses déjà à la suite. Au moment où il faudra que tu te mettes à apprendre à tirer, ce moment où il faudra que tu vises. Mais ce n’est pas évident. Compliqué, clairement. Mais oui, une fois que vous serez en mesure de viser sans trop de difficultés, tout ira beaucoup mieux, tout sera plus simple, aussi. Tout simplement parce que tu réalises que vous pourrez chasser mieux. Et c’est mieux comme ça, à n’en pas douter. Mais tu dois surtout trouver un juste milieu à tout ceci. Il y a bien des armes à feu sur le campement, un faible nombre mais il y en a. Il faut économiser les balles mais ce n’est pas uniquement ça… Enfin bref, pas la peine de continuer comme ça, tu as juste l’impression que ça ne tourne pas rond. Et de ce fait, il faut à tout prix que les choses repartent dans le bon sens. ” On touche au but !”. Clairement oui, vous touchez au but, et c’est tout ce qui compte. Tu ne veux pas penser au reste.

« PAPY ! ». Tu lèves le nez, avant de te pencher une nouvelle fois sur ton arc. « Papy, on a bientôt fini, regarde ! La cordelette et c'est bon ! Tu te rends compte ? Non mais, TU TE RENDS COMPTE ? ». Bien sûr que tu t’en rends compte, comment pourrait-il en être différent ? C’est là, juste devant ton nez, et c’est la seule chose qui compte. Tu souris devant son excitation.  C’est vrai que ça fait du bien, de voir que vous touchez enfin au but, de réaliser qu’enfin, vous allez pouvoir vous défendre ou même vous remettre à la chasse. Parce que c’est aussi un peu de ça qu’il est question, non ? Un besoin évident de se changer les idées. Et ça n’a pas grand chose de surprenant. Enfin bon, t’as pas non plus envie de te prendre la tête. Tu ne vois pas à quoi ça pourrait bien servir. Les choses sont comme elles sont. ” Je m’en rends compte oui, et il serait grand temps”. Oui, clairement. Mais ça ne veut absolument pas dire que c’est aussi simple que ça. Au contraire. Enfin bon, rien n’est encore gagné en tout cas, même s’il ne reste pas grand chose à faire. ” On va enfin pouvoir chasser sans avoir à uniquement passer par les pièges, on pourra attraper de plus grosses proies”. Et c’est justement ce qui va tout changer, finalement. Vous avez surtout besoin de proies plus grandes qui puissent nourrir plus de personnes. Parce que les petits gibiers, ça va bien cinq minutes.  « Allez, vas-y, fais tes encoches, vieillard ». Et c’est parti, tu t’y mets presque aussitôt, sans l’ombre d’une hésitation. « Chris sera tellement jaloux... ». Un fin sourire se glisse sur tes traits. Faut dire que Chris, comme tu as déjà eu l’occasion de t’en rendre compte, il est à chaque fois persuadé qu’il peut tout faire et qu’il peut le faire mieux que tout le monde. Ce qui n’a pas le moindre sens, il faut bien l’avouer. Il est plus facile de le laisser dans ses maigres illusions et pourtant, tu ne caches pas pour autant que ça a un petit quelque chose de destabilisant. Et de chiant, au passage. Mais tant que Chris ne vient pas t’ennuyer, tout devient presque plus facile. Disons juste que parfois, il tourne trop autour de toi. Considérant qu’il ne t’apprécie pas, c’est assez agaçant. Après Conor, tu pensais que ce serait plus facile entre vous, mais pas du tout. Au moins, il a arrêté de t’accuser pour les choses qui se sont passées dans l’espace. Bref.

Quelques minutes et vos arcs sont prêts. Deux armes prêtes à être utilisées. Il ne vous reste donc plus qu’à faire les flèches et vous aurez deux armes prêtes à l’utilisation. Tu ne peux qu’en être content, de toute manière. Tout change, désormais. Tout change vraiment. ” Nous sommes presque prêts”. Tu hausses les épaules, te redresse pour t’étirer un peu, pour souffler, également. ” Tu as le matériel pour les flèches aussi ?”. Et tu te mets à rire, t’imaginant en train de courir après des oiseaux pour trouver des plumes. Mais ça encore, c’est une autre aventure..

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notes » w/ Murphy dans l'épave du vaisseau, le 22 janvier 2117.

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Sujet: Re: {{ You've got strength, you've got soul {Richard ♥}
Ven 10 Nov - 2:09

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❝ You've got strength, you've got soul ❞
Murphy Cavendish & Richard Coben
(22 janvier 2117)


Putain, il était temps. Plus que temps, même. Ca faisait plus d'un an qu'ils avaient atterri ici, et Murphy se demandait encore comment, avec seulement deux couteaux et face à toutes les expéditions et sorties et patrouilles auxquelles elle avait participé, elle pouvait encore être de ce monde. Deux couteaux, c'était juste pour apaiser l'esprit. Découper un peu de viande si on en trouvait en chemin. C'était pas fait pour abattre un animal enragé, à peine suffisant pour tuer un homme aux mauvaises intentions. L'idée des arcs leur faisait de l’œil depuis des mois, depuis plus d'un an, depuis qu'ils en avaient discuté sans grande conviction et qu'ils avaient compris tout le potentiel de telles armes en un lieu pareil. Depuis, Murphy n'avait eu de cesse, comme elle savait que ça avait été aussi le cas de Richard, de chercher des morceaux de bois susceptibles d'être transformés en armes. Et voilà qu'en quelques heures, le grand défi qu'ils s'étaient lancé plus de douze mois auparavant se concluait dans un succès. Alors oui, ils touchaient au but. Le but, ils le tenaient du bout des doigts, le fignolaient.

Et l'enthousiasme de Murphy n'était pas chose discrète. Il fallait savoir accueillir la moindre victoire avec le sourire, parce que les défaites savaient s'imposer et ne donnaient, elles, aucun choix. Le sourire était un honneur à rendre à tous les échecs et à toutes les difficultés, à toutes les tentatives, à toutes les larmes de désespoir, toutes les peines, toutes les angoisses et toutes les crises enragées. L'engouement de Richard était moins frénétique, presque masqué, mais elle l'avait remarqué, son petit sourire en coin. Elle savait qu'il savourait le moment aussi, qu'il n'avait qu'une hâte : se tenter enfin au tir à l'arc. Il avait l'exaltation timide. « Oui ! Et se sentir à la hauteur des menaces qui traînent dehors ! » D'enthousiasme, Murphy sautillait presque sur place. Son regard voguer alternativement du visage de son mentor à son arc fraîchement né. Elle avait du mal à en croire ses yeux. Dire que même l'optimiste qu'elle était était partie défaitiste face à l'exercice du jour. C'était à redonner foi en cette putain de vie et à tout le hasard qui pouvait la régir.

Mais le but se faisait palpable, si les arcs prenaient doucement vie sous leurs soins et leurs doigts hésitants, il restait quelques détails à peaufiner et sur lesquels ils pourraient sans aucun doute accrocher. Des détails qui pourraient briser leurs arcs et leurs envolées d'espoirs en un seul geste malhabile. La prudence restait de mise, les gestes de chacun se faisaient hésitants. Les encoches étaient taillées progressivement, doucement, presque trop lentement pour leur santé mentale, mais Murphy se refusait à devoir repartir de cet éternel point de départ qu'ils avaient côtoyé bien trop longtemps. Son enthousiasme n'éclipsait pas son discernement et toutes ses précautions. Il ne s'agissait pas seulement de son propre arc; elle était presque plus tendue maintenant qu'elle regardait Richard faire subir le même traitement à sa propre arme. La synchronicité avec laquelle ils avaient trouvé deux branches élues parmi ces tas immense ramassés désespérément en forêts était presque un signe, une preuve qu'ils étaient censés faire ça ensemble, et que c'était ensemble qu'ils allaient devenir des archers aguerris. Dans un an, pensa-t-elle pour faire taire l'inquiétude qui la faisait froncer des sourcils face au travail de Richard, ils regarderaient en arrière et riraient de ce moment. Ils le regarderaient probablement avec tendresse, aussi. Dans un an, ils ne jureraient plus que par leurs arcs. Ils seraient devenus leurs armes les plus fidèles.

Et puis, à côté de ça, il fallait l'avouer, imaginer la tête de Chris lorsqu'elle dégainerait son arc devant lui pour la toute première fois valait tout l'or du monde. C'était une petite revanche prise sur tout ce qu'il lui avait fait subir ces derniers mois. Le rejet constant, l'indifférence, l'oubli. Alors, elle aussi, elle s'efforçait de l'oublier; et d'oublier les promesses qu'ils s'étaient faites. Elle ne lui ferait pas d'arc et était prête jusqu'à faire de tous les autres morceaux de bois, potentiels arcs en devenir eux aussi, une source de chaleur, comme les plus vulgaires des bûches récupérées dans les bois. Oui, elle était prête jusqu'à brûler tout ce travail inexploité juste pour que Chris n'en voit pas la couleur. Mais l'esprit de Murphy s'était évadé un peu trop longtemps auprès de ces idées de doute vengeance et déjà, Richard se levait. Pas de drame, pas de panique, pas de craquement de bois. Tout s'était bien passé pour lui aussi. Cordelette glissé au creux des encoches qu'il avait taillées. Ils tenaient entre leurs mains leurs futures armes fétiches et Murphy observa un instant l'allure fière que celle de Richard lui donnait. Son regard satisfait finit par se perdre sur la sienne, au bout de laquelle elle avait simplement posé la main. Ses prunelles se levèrent vers son ami et un petit sourire creusa ses fossettes. « Le reste, l'entraînement, ça nous connait... » Elle haussa les épaules, persuadée qu'ils avaient fait le plus gros du travail -ou en tout cas, ce qui s'éloignait le plus de leurs compétences habituelles. Ils n'avaient plus qu'à espérer de tout leur être que les arcs ne leur craquent pas entre les mains -et encore moins dans un moment délicat. Son regard ne quittait pas encore Richard, trop satisfaite du sourire avec lequel il allait quitter l'endroit. Mais il reprit la parole, et elle avala sa salive avec difficultés, prise à un piège auquel elle n'avait pas pensé un seul instant en venant ici. « Heu, on a toujours le bois... » Elle désigna le chaos à leurs pieds. « Mais on a un seul couteau. Et j'ai pas pensé à prendre les bouts de métal qui pourraient faire les pointes. » Elle fit tourner l'arc sous sa main et soupira avant de tourner la situation à son avantage. « Merde alors, du coup va falloir qu'on se revoie très vite... » Son regard taquin se leva vers lui. Lorsqu'ils quitteraient la petite pièce au plafond partiellement écroulé, au moins, ils auraient des arcs à chérir et dorloter. Tout le reste, même les flèches, n'était que détails.


RP terminé !

Spoiler:
 

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Sujet: Re: {{ You've got strength, you've got soul {Richard ♥}

 

{{ You've got strength, you've got soul {Richard ♥}

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