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˜˜˜˜˜˜Dis Petit Prince, dis, redessine-moi l’horizon (Ft Sam)
maybe life should be about more than just surviving


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Sujet: Dis Petit Prince, dis, redessine-moi l’horizon (Ft Sam)
Ven 6 Jan - 13:07



On l’avait appelée parce qu’ils avaient le même âge et qu’ils traversaient les mêmes épreuves. La jeune fille avait hoché la tête tout en étant pas trop certaine de ce qu’elle dirait à Sam qu’elle connaissait sans connaitre véritablement. Elle ne voulait pas le froisser dans son deuil, dire quelque chose de travers parce qu’elle ne savait pas trop y faire avec les autres alors qu’elle tentait encore de soigner ses propres blessures. Elle savait juste que rester calfeutré dans les restes du vaisseau n’arrangeait rien, vous plongeait dans la solitude pour vous tirer tout droit vers la dépression. Elle avait accepté la main tendue de ceux qui avaient bien voulu l’aider dans cette mauvaise passe et espérait que le jeune homme en fasse de même avec elle. Elle ne savait plus trop qui était venu la chercher mais ce quelqu’un devait avoir plus ou moins appris qu’ils avaient partagés les mêmes classes. C’était déjà ça. Un début. Il devait sûrement y avoir d’autres gosses ayant perdus des proches dans le coin mais dans les tentes non loin de la carcasse de l’Odyssée, elle devait être la seule le connaissant dans les parages. Par moments elle se disait qu’ils étaient les deux seuls jeunes à avoir survécu, chose qui était on ne peut plus fausse. Elle passait juste plus de temps avec les plus vieux qu’avec ceux de son âge, c’était tout. Ce n’était qu’avec eux qu’elle pouvait passer du  temps sans qu’ils lui rappellent sans cesse ses propres morts, ses propres craintes même s’ils avaient leurs propres pertes et chagrins. Ils étaient juste différents et c’était parce qu’ils avaient cette différence que la jeune femme passait plus volontiers du temps avec eux qu’avec les autres même s’ils n’avaient pas trop envie d’avoir une gosse dans leurs pattes.

Gosse. Gosse qu’elle n’était plus depuis qu’ils s’étaient crashés, depuis qu’elle surmontait des épreuves dites d’adultes, depuis qu’ils étaient dans la même galère, sur en quelque sorte un même pied d’égalité. Mais allez faire comprendre cela à des adultes parfois bien trop à cheval sur des principes tels que celui que la vieillesse aura toujours raison du plus jeune. N’importe quoi. Elle haussa les épaules en soupirant tout en se dirigeant vers la station en ruine. Que faire. Que dire. Elle ne savait pas. ‘Coucou Sammy.’ Hnn, peut-être, c’était un début. Parlerait-elle dans le vide, refuserait-il de l’avoir à ses côtés ? Elle n’en savait trop rien. Chacun réagissait différemment face à ce qui leur était tombé dessus sans crier gare. Si elle s’était attendue à ce qu’Alexandre et sa mère adoptive meurent sur le coup ? Certainement pas. De ce qu’elle avait compris, il avait perdu lui aussi sa mère. Peut-être également quelqu’un d’autre. Elle ne savait pas trop, ignorait dans les détails ce qu’il s’était passé pour le jeune homme lors de l’atterrissage forcé de l’Odyssée. Elle se contenterait sans doute d’entrer s’il lui donnait son accord. Elle ne voulait surtout pas jouer l’intruse dans cette situation délicate. Elle suivit facilement son accompagnateur jusqu’à la pièce dans laquelle il s’était terré. « Vous n’êtes pas obligé de rester si vous voulez. » Relais. L'accompagnateur parti la laissant face au père qu'elle n'avait que rarement rencontré, envers qui elle savait encore moins comment elle devait se comporter. Si ce n’était pas évident pour le fils, elle ne peinait pas à deviner combien cela devait être terrible pour cet homme. Elle ne savait pas trop à quoi il s'attendait comme résultat grâce à sa présence, doutait qu'elle réussisse à le faire sortir de la pièce en une visite alors que lui-même avait déjà essayé. Il devait être difficile pour un père de voir son fils agir ainsi sans pouvoir l'aider à aller mieux. Elle pouvait ressentir sa peine et doutait qu’il parte même pour prendre l’air quelques minutes. Cela faisait du bien parfois de se changer les idées pour, peut-être, trouver le moyen pour le sortir de cette mauvaise passe. Elle était assez impressionnée de le voir agir ainsi, avec autant de calme même si tout ceci n’était que ce qu’elle voyait à la surface.

Elle entra dans la pièce sans trop savoir comment se positionner face à lui. « Je peux ? » Elle n’osait pas en dire d’avantage, ne savait décidément pas comment elle était supposée lui parler même si le brusquer était selon elle la pire des solutions. Elle s’installa en tailleur, dos au mur, face à lui, laissa le temps s’écouler un moment avant que les images du crash ne lui reviennent en pleine tête. Elle n’aimait pas y penser, elle n’aimait pas qu’on la laisse seule pour que les seules images qui lui viennent en tête soient celles-là. Elle n’aimait pas se retrouver ici alors qu’elle-même ne s’était pas remise de ses émotions, n’y arrivait que partiellement, que lorsqu’ils étaient autour d’elle à accaparer ses pensées, à l’empêcher de penser à autre chose qu’au moment présent. Elle ne se sentait pas de parler, n’avait pas envie de se planter sur toute la ligne même s’ils avaient l’air de deux idiots à ne pas se lancer un mot, pas même un bonjour comment vas-tu, parce qu’ils se doutaient facilement de la réponse. Elle leva les yeux vers la forme emmitouflée sous les couvertures et une bouffée de tristesse l’enveloppa. Elle n’aimait voir personne dans cet état et n’arrivait pour autant pas à trouver les mots justes pour lui parler. Elle attrapa son carnet déjà complété au quart par quelqu’un d’autre qu’elle et tourna la page du splendide renard pour se retrouver, hésitante, devant une page vierge. S’ils ne parvenaient pas à en parler peut-être le plus simple serait-il encore de s’écrire. ‘Coucou Sammy.’ Le trait sur le papier s’était fait hésitant avant de s’arrêter à cette simple phrase. À moitié convaincue de sa manière de procéder, elle fit doucement glisser le carnet et le crayon vers le jeune homme en espérant qu’il y verrait un quelconque intérêt pour le sortir de sa léthargie.

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Sujet: Re: Dis Petit Prince, dis, redessine-moi l’horizon (Ft Sam)
Ven 6 Jan - 20:58


- DIS PETIT PRINCE, DIS, REDESSINE-MOI L’HORIZON -

Il était seul, l'a toujours été au final. Il fait sombre, le silence règne, le froid entre dans la cage de fer. Un gamin d'à peine 16 ans est posé là, contre un mur, caché sous une couverture qu'il a retrouvé dans les décombres. Il n'a pas bougé le gamin, même son père n'a pas réussi à le sortir de là. Il pense, des questions tambourinent les unes après les autres dans son crâne. Doit-il continuer à vivre après ça ? Doit-il baisser les bras et retrouver celle qu'il a perdu ? L'image de son père apparaît encore et encore, l'empêchant de sombrer complètement. Il fait noir, trop noir. Les idées s'obscurcissent, elles sont floues. Sam enfonce sa tête dans le creux qui c'est créé entre ses bras, posé sur ses genoux. Il est intelligent le gamin, il sait ce qu'il va se passer quand il sortira d'ici. Plus jamais il ne la reverra, plus jamais il ne pourra voir se sourire. Le regard dans le vide, il n'est plus que l'ombre de lui-même, isolé derrière sa carapace. Sam est vide, vide de toutes émotions, de toute envie de vivre, de se battre pour elle. Il aimerait tellement pouvoir abandonner, arrêter de respirer pour se sentir partir, être libéré de cette douleur qui lui fait mal. Son père...son père, il ne doit pas le laisser. Pourtant...

Des bruits de pas retentissent derrière l'entrée. C'est surement lui qui est encore là. Il s'inquiète beaucoup trop, il ne devrait pas rester là. C'est de sa faute, la faute de Sam si celle qui les aimaient n'est plus de ce monde. Soudain quelqu'un entre. La tête toujours plongée entre ses bras, il ne veut pas regarder, il ne veut voir personne.

- Je peux ?

Cette voix...il la reconnaîtrait entre mille. Il l'avait tellement écouté, tellement regardé... Elle était encore en vie, celle qui l'intimidait tant. D'un geste las il relève sa tête. Cassandre ! Il est d'abord surpris, animé par une certaine joie. Combien de fois a-t-il vu ce visage, ces yeux, ce nez ? Il ne sait pas, trop de fois pour pouvoir s'en souvenir. Il n'a jamais vraiment osé lui parler. La jeune fille s'installe face à lui, posée aussi contre un mur. Ils ont l'air fin comme ça, l'un face à l'autre, le silence pour seul compagnie. Comment va-t-elle ? La question lui brûle les lèvres mais aucun mot ne sort. Il jette un regard à celle qui l'a rejoint et retourne au fond de sa couverture. Il sait pourquoi. Jamais elle ne serait venu sauf si quelqu'un lui avait demandé. Son père peut-être ? Il n'en sait rien, n'a pas envie de savoir. Il veut juste rester seul, se morfondre dans sa tristesse et ses sombres pensées. Sam entend le bruit d'une page qui tourne. Ironique est la vie. Le bruit du papier retenti dans la pièce vide de sens, vide de tout signe de vie. Levant de nouveau le regard, la jeune fille attisant sa curiosité, il la voit, un crayon à la main. Que fait-elle ? Cassie fait glisser son carnet jusqu'au jeune homme qui regarde sans rien dire. Sam hésite, fixe la feuille, essayant de lire le message gribouillé sur le haut de la page.'Coucou Sammy.'. Sammy...uniquement sa mère l'appelait comme ça. Une pointe lui transperce le cœur, une nouvelle fois, au souvenir de ce doux visage qu'il ne reverra plus. Petit à petit une autre pensée remplace celle qui l'a rendu si triste. Cassandre connaissait son prénom! La mélancolie se mélange alors à de la joie. Sam prend entre ses mains ce que la jeune fille lui a envoyé. Il tapote l'extrémité du crayon sur la feuille, réfléchissant à ce qu'il va pouvoir lui répondre. Il réfléchit, longuement, trop même. Il est comme ça Sam.'Coucou.'. Il s'arrête, retourne dans ses pensées et reprend 'désolé, je suis pas au meilleur de ma forme aujourd'hui'. Reposant le carnet à terre, il le redonne à son interlocutrice. Que dire, que faire...il ne sait pas. En tout cas ce qu'il sait, c'est qu'il est heureux de la revoir, de voir ce visage qu'il avait presque oublié.

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Sujet: Re: Dis Petit Prince, dis, redessine-moi l’horizon (Ft Sam)
Mar 10 Jan - 0:53



Cassandre ne savait pas quelle serait la réaction de Sam. Tout était envisageable dans cette situation qu’ils n’auraient jamais imaginée vivre quelques mois plus tôt. Lancer une conversation par écrit était-elle la meilleure de ses idées ? Peut-être. Peut-être pas. C’était la seule solution qu’elle avait trouvée parce qu’elle doutait être capable d’en parler. Elle avait également beaucoup perdu dans ce crash et elle ne pariait pas sur sa capacité d’en parler à voix haute sans se mettre à pleurer. Elle n’avait pas envie de pleurer, avait suffisamment pleuré des jours suivants leur atterrissage forcé. Elle avait suffisamment versé de larmes et même si elle savait cette vérité fausse : elle la préférait à sombrer pour ne plus jamais se relever. Elle lui avait lancé le carnet un peu en désespoir de cause parce qu’elle n’avait aucune idée de comment réagir pour l’aider.

Elle avait obtenu son attention cinq secondes avant de choisir la compagnie des couvertures, soutient infaillible dans son chagrin. Elle ne peut que comprendre, ne prend pas mal ce retour à sa cachette. Elle se doute qu’il sait qu’elle n’est pas venue d’elle-même. Trop accaparé par sa propre peine et son essai de l’oublier, elle ne s’était que trop peu concentrée sur ces autres qui vivaient la même chose qu’elle. Elle attendit patiemment un retour de lettre. C’était comme s’ils s’échangeaient un courrier finalement, chose qu’ils n’avaient jamais pu faire en réalité. C’était étrange que cette façon de faire mais pas pour autant désagréable. Au moins cela avait eu le don d’attirer à nouveau l’attention du jeune Colins et un sourire un chouia satisfait se dessina sur les traits de Cassandre.  Ça l’avait rendu curieux. Ça lui avait donné envie de relever la tête plus de quelques secondes et c’était déjà une victoire. Il a l’air intrigué d’abord mais comprend bien vite ce dont il s’agit. Des mots pour remplacer leur incapacité de parler réellement sur ce qu’ils ressentent.

Elle l’observe avec une curiosité non dissimulée. Elle aussi a mis du temps à savoir quoi lui dire et il lui semble qu’ils ont ce point commun. Elle reprend le carnet quelques secondes plus tard et hoche la tête. « Je sais. » Ça lui a échappé parce qu’écrire ce qu’elle souhaite dire n’est pas instinctif pour elle mais puisqu’ils ont commencé, ils peuvent continuer. Cela a un côté très ludique en réalité si bien qu’elle se prend au jeu et attrape le crayon en lui lançant comme un regard d’excuse d’avoir parlé tout haut. ‘Je comprends. C’est pas facile ce que nous vivons en ce moment. ’ Elle hésite, se demande si c’est bon de lui parler de l’extérieur comme si en parler allait lui donner envie de sortir de cette pièce, de ce vaisseau. ‘C’est beau dehors tu sais. Tu devrais venir voir un jour si tu le souhaites. Y’a du soleil et bientôt on aura de la neige. Je me demande comment c’est la neige. Ça doit être bien différent de ce qu’on sait d’elle en haut. C’est comme pour chacun d’entre nous en fait. On sait jamais ce que l’autre pense, ce que l’autre ressent derrière leurs masques. C’est différent pour toi. Tu triches pas.’ Et elle l’appréciait beaucoup pour ça. Elle n’avait pas peur de tenter de deviner ce qu’il pensait parce qu’il le lui montrait et même s’il ne le lui montrait qu’en partie, la partie visible n’était pas qu’un mensonge pour les rassurer. Il allait mal. Cela se voyait mais elle espérait qu’avec le temps, qu’en le poussant à sortir pour observer ce monde qu’ils n’avaient connu que par les archives, il finirait par aller mieux. Petit à petit. Qu’il sorte la tête de ses couvertures serait déjà une belle étape de franchie. Ils attendraient pour la suite.  ‘Si j’pouvais je t’amènerais de l’air frais mais je peux pas.’ Qu’il sorte juste pour respirer un autre air que celui du vaisseau et de ces couvertures mêmes si elles semblaient le recouvrir comme un cocon, comme un endroit que l'on avait plus envie de quitter.

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Sujet: Re: Dis Petit Prince, dis, redessine-moi l’horizon (Ft Sam)
Ven 13 Jan - 21:30


- DIS PETIT PRINCE, DIS, REDESSINE-MOI L’HORIZON -

IIl se sent mal à l'aise. Il le sait, il sent le regard de la jeune fille posé sur lui. Le gamin est recroquevillé, toujours perdu dans ses sombres pensées. Il ne sait pas, ne sais plus. Il connait tellement de choses, beaucoup d'issues traverses son esprit, l'encombre, le font paniquer de l'intérieur. Sam en a rêvé de cette terre mais n'a jamais voulu y mettre les pieds. Ils étaient bien là-haut, loin de tout, loin du danger. Il sait, il connait les multiples problèmes que ce monde pourrait engendrer. Le gamin, il en a lu des bouquins. Ceux qui sont gardés précieusement, ceux qui ont pu être sauvés de cette fin du monde. Mais reflétaient-ils la vérité ? Ou juste un mirage du passé ? Le monde est-il tel qu'il avait pu être il y a 100 ans ? Sam en doute fort. Quand on regarde bien, c'était il y a pas si longtemps pourtant... Dans le creux de sa main, il ressert le bout de couverture qui s'y est logé. Aucun intérêt pour lui d'être ici. Il ne servira à rien mis à part se mettre tout le monde à dos, comme il sait si bien le faire. Maudite intelligence.

*Seul les imbéciles peuvent être heureux*

Il se répète souvent cette phrase, y pense beaucoup. Et s'il n'avait pas été comme ça ? S'il avait tout simplement accepté le départ comme tout le monde, s'il ne s'était pas disputé avec sa mère avant de partir... elle serait encore là, il en sûr. Lui ne serait plus mais elle oui. Sa main se ressert de plus en plus autour du bout de couverture, il essaye d'empêcher les larmes de remonter, la colère de s'exprimer. Sam ne veut pas être comme ça, pas devant elle. Cette fille. Cassandre. Son sourire apparaît au milieu de ses idées noires, illuminant les pensées du gamin.

*Elle est belle*

Il n'a jamais osé lui parler en face. Le garçon a toujours élaboré des plans tous aussi tordu les uns que les autres afin de pouvoir la voir ne serais-ce qu'une seconde. Il savait ce qu'elle faisait, où elle allait la plupart du temps. Il avait appris à la connaitre, dans l'ombre, sans jamais avoir eu le courage d'aller à sa rencontre. Son cœur s'emballait, les mots se mélangeaient et pour une fois il ne pensait à rien d'autre qu'à elle. Mais ces moments-là sont révolus. Jamais plus il ne pourra la voir, observant du fond de la classe. Jamais plus aucun plan de verront le jour, essayant tant bien que mal d'aller lui parler. Oui il l'aimait...l'aimerait surement toujours mais, pour une fois, il ne voyait que les issues qui étaient probables face à cette situation anarchique. Soudain, sa voix sort le gamin déboussolé de ses sombres pensées.

- Je sais.

Elle sait... un sourire maussade apparaît sur son visage, comme happé par cette pensée qu'elle aussi, il pourrait la perdre un jour. Il ne veut pas avoir à revivre ça une seconde fois. Les probabilités sont trop importantes, les conséquences le sont également. Sam pense encore, il réfléchit trop. Pourquoi ne peut-il pas faire comme les autres ? Pourquoi ne sort-il pas tout simplement de ses décombres, partant à la découverte de ce nouveau monde qui lui tend les bras ? Il ne sait pas, ne sera peut-être jamais, c'est ça qui l'énerve aussi. Ne pas savoir. Ne rien connaitre de ce qui l'entour lui fait peur. Au final la perte de sa mère n'est peut-être qu'une simple excuse pour ne pas sortir de son donjon qui est le sien maintenant. Il voudrait tellement pouvoir y rester. Le bruit du papier glissant jusqu'à lui le sort de son tourment. Le gamin dessert son emprise sur le pauvre bout de couverture et laisse glisser son regard sur la page blanche tachée de gris. Il hésite à prendre le message, surement par peur de continuer la discussion, peut-être de devoir lui parler à elle, celle dont-il rêvait la plupart du temps. Sam soupire, prenant, las, le carnet entre ses doigts. Il commence sa lecture, légèrement tremblotant. Au fond, ça lui faisait plaisir de pouvoir parler à quelqu'un. Certes son père était présent pour lui mais il lui rappelait tellement sa mère... Elle commençait à parler de l'extérieur, du soleil, de la neige, c'était comme un rêve pour lui. Il se souvenait de la luminosité que la grande étoile leur apportait, de la terre couverte de blanc. Le paysage était beau vu de là-haut...serait-il le même vu à une telle échelle ? 'On sait jamais ce que l’autre pense, ce que l’autre ressent derrière leurs masques. C’est différent pour toi. Tu triches pas.' Cette phrase fut comme une décharge électrique pour Sam. Elle le pensait vraiment ? Cela fait sourire le gamin. Il s'imagine à l'air libre, Cassie à ses côtés, s'amusant dans la neige... Un léger sourire apparaît sur le visage de l'enfant imaginatif. Jouant avec le crayon, le faisant passer entre ses doigts, Sam réfléchit à ce qu'il peut lui répondre. Il a bien envie de la rassurer mais, il ne va pas bien, ça ne servirait à rien. Il soupire, pose la mine sur le papier et écrit 'Ça doit être cool la neige...froid je pense, comme le disent les bouquins.' Il s'arrête. Les livres...en restent-ils encore ? Ou tout est parti en charpie durant l'atterrissage ? Peut-être que c'est maintenant à leur tour d'en rédiger, comme leur ancêtre avant eux. 'Je sais pas mentir, ça doit être pour ça que je sais pas tricher. Ou alors je suis pas assez con pour faire comme tout le monde...' Sam laisse échapper un sourire, amuser par ce qu'il vient d'écrire. Il saute la ligne imaginaire et continue 'Le Big Ben, la Statue de la Liberté, la Muraille de Chine...Tu te souviens de toutes ces choses qu'on a étudié pendant des années ? Tu penses qu'elles existent encore ? Qu'on pourra un jour les voir pour de vrai ?' Est-il le seul à penser à ce genre de choses ? Peut-être, il n'espère pas en tout cas. Tellement de site créé au court du temps pour qu'au final il n'en reste rien. Sam aimerait les voir ces éléments qui ont fait leur histoire, qui ont marqué la vie de millier de personnes avant l'apocalypse. Il revoit les photos conservées, les tableaux représentatifs d'une vision de l'artiste. Quelle sera sa vision à lui, de ce monde qui lui est, au final, entièrement inconnu ? Quelle utilité aura-t-il au sein du groupe ? Surement aucune. Il est un intellectuel, pas un manuel. Comment pourrait-il aider ? Posant le carnet et son crayon à terre, il tend le tout à Cassie. Il lui lance un sourire puis pose sa tête contre le mur, regardant le plafond détruit de la cage. Le monde extérieur, en voilà une chose bien effrayante quand un gamin de 16 ans est complètement paumé.

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Sujet: Re: Dis Petit Prince, dis, redessine-moi l’horizon (Ft Sam)
Lun 23 Jan - 0:35




Il faisait froid ici. Ils n’avaient jamais souffert d’aucune chute de température là haut mais maintenant qu’elle connaissait l’effet des rayons du soleil sur sa peau, elle trouvait le vaisseau froid et regrettait que Sammy ait décidé de s’y enfermer. Elle n’avait pas envie qu’il devienne aussi froid que ces morceaux de métaux assemblés mais ne parvenait pas à trouver les mots justes pour qu’il décide de sortir. Elle n’allait pas le forcer. Ce n’était pas la bonne méthode. Ce n’était jamais la bonne méthode. Ce n’était pas la méthode qui avait été la bonne pour elle mais là encore, si elle s’était tenue à l’écart quelques temps, elle n’était pas restée à l’intérieur, seule. Tout de suite, elle avait voulu qu’on la laisse un peu tranquille tout en ne la laissant pas seule. Elle ne voulait pas s’enterrer avec ses morts qui n’auraient surement pas souhaité cela pour elle. C’était difficile de faire comme si tout allait bien alors que tout allait mal. Tout n’allait pas mal. C’était juste. Difficile d’exprimer ce qu’il se passait lorsqu’un être cher vous était arraché. Alexandre. Sa mère. Tout deux disparus et tant d’autres. Certains étaient présents mais ce n’était pas la même chose. Tout était différent oui mais ce n’était pas une raison pour abandonner. C’était facile à dire oui mais chacun ici avait perdu un proche, chacun avait le droit de lui dire que c’était dur mais qu’il fallait avancer. Le tout était de savoir comment le dire sans le froisser et la jeune fille n’avait pas trouvé la formule magique qui ne ferait pas de dégât.

Elle avait opté pour la solution facile qui lui permettait de prendre le temps qu’il lui faudrait pour dire les choses par écrit. Elle ferait ainsi moins de bêtises, réfléchirait un minimum à quoi lui dire pour lui changer les idées. Elle ne s’attendait pas à ce qu’il oublie sa mère à la seconde d’après, c’était impossible. C’était sa mère. Mais elle espérait bien lui avoir donné l’envie de s’accrocher quelques secondes pour ne pas plonger dans le désespoir tout de suite. Elle espérait lui avoir donné ce brin d’espoir qui lui disait jour après jour que ce n’était pas fini, que sa vie ne s’était pas achevée avec ces morts.

Alors elle lui parle.

Elle lui écrit.

Chose qu’ils n’ont jamais réellement faite avant même si elle le connait. Même si elle sait qui il est.

Etrange. Ce vaisseau était-il si grand pour les empêcher de se voir ? Ils étaient nombreux, avaient des préoccupations différentes. Elle hocha doucement la tête. Il leur était impossible de porter de l’attention à tout le monde. Ils s’étaient juste fréquentés, avaient été deux camarades d’école qui s’échangeaient deux trois mots sans réellement aller plus loin. Pourquoi ? Elle ne saurait véritablement le dire.

La Terre leur offrait cette petite chance de découvrir d’autres personnes, de voir d’autres choses. Cassandre avait préféré lui parler de cette planète bleue, celle-là dont ils avaient si souvent entendu parler. Certains avaient attendu ce moment toute leur vie, sans doute s’étaient-ils imaginé tout autre chose. C’était compliqué leur situation. Très compliqué. Comme eux. Savoir qu’il ne trichait pas. D’où ça lui était venu ça ? Une intuition en le voyant ainsi recroquevillé alors que d’autres jouaient les durs dehors malgré la perte d’êtres chers. Il devait sortir juste pour respirer un peu et vivre pour ne plus rester sans cesse dans le passé. Il était bon de ne pas oublier le passé, il était tout aussi bon d’entremêler le passé au présent.

Parler de la nature l’intéresserait-il ? Elle l’espéra. Sans doute. Son sourire, elle le remarqua et elle en fut plus que ravie.

Elle rattrapa en vitesse le carnet quand il lui fut renvoyé. Elle aimait bien leur petit échange. Cela facilitait la maladresse du langage. ‘Parfois le soir il fait froid. En journée aussi surtout quand il pleut. Alors la neige ? Ben c’est encore plus froid.’ Elle sourit un peu. Elle est bête. C’est évident que la neige c’est plus froid que tout ce qu’elle a pu connaitre … de froid jusqu’à présent. ‘T’es pas bête. T’es différent.’ Elle avait toujours été franche tout en sachant quand il valait mieux se taire mais alors quand on lui demandait son avis, la demoiselle ne parvenait plus à s’arrêter. ‘Yap. Mais c’est des monuments loin l’un de l’autre et je t’avoue que je ne sais même pas sur quelle partie de la terre nous nous trouvons. Imagine un peu qu’on soit dans n’importe quel pays de l’ancien temps ? Tu aurais voulu que ça soit lequel ? C’est une île d’accord mais ça peut-être une île rattachée à un pays, qu’est-ce qu’on en sait ?' Elle lui lançait une perche. S’il voulait savoir ce n’était qu’en allant de l’avant, en explorant le monde qui l’entourait qu’il parviendrait à le découvrir. ‘Y’a des explorateurs qui partent de temps en temps. J’suis pas comme eux. J’suis curieuse mais cet inconnu ça me fait un peu peur.’ Ils étaient francs tous les deux. S’il ne fallait pas être Einstein pour découvrir qu’elle n’était jamais allée bien loin du campement mais Sammy, lui, ne pouvait le savoir. ‘Puis comme ça aussi tu pourras te faire ton propre avis sur les terriens.' Pas celui des explorateurs. Pas celui de Cassandre. Pas celui des Cents. Le sien.

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Sujet: Re: Dis Petit Prince, dis, redessine-moi l’horizon (Ft Sam)
Mer 25 Jan - 0:06


- DIS PETIT PRINCE, DIS, REDESSINE-MOI L’HORIZON -

Le monde est vaste, beaucoup trop pour que l'on puisse en connaitre tout les détails. Sam, il se demande si les gens de l'ancien temps connaissaient la terre sur le bout des doigts. S'ils la connaissaient tellement, ou du moins en avaient cette impression, qu'ils ont crus qu'elle était acquise, qu'ils avaient tous les droit à son égard. Il se demande comment ils voyaient les choses, ces gens-là, de quelle manière était fait leur monde, le palais de leur esprit. Il n'était peut-être pas aussi différent que le sien, que ceux des personnes qu'il côtoie ? Ou peut-être bien que s'en est l'inverse... Il ne sait pas, ça le torture. Il tourne la question dans tous les sens, la tord et la retors jusqu'à ce qu'il trouve la réponse qui lui convient le mieux. Mais le surdoué, rien ne lui convient vraiment. Surement trop perfectionniste, il cherche trop, réfléchi tellement qu'il en oubli l'essentiel. Pourtant, il sait, il se connait, connait les conséquences, les différentes variations de lui-même, ce qu'il aurait pu être, ce qu'il peut devenir. Sam est dans l'un de ses moments, ses fragments de temps où tout semble sur pause, ou l'envie de vivre se pèse à la plume. Le gamin est au bord de la falaise, il tangue, hésite entre se laisser tomber ou reculer d'un pas en arrière. Mais s'il fait cela, ça reviendrait à quitter cet endroit, quitter le fragment que sa mère a laissé. Il sait pourtant que c'est stupide d'être comme ça, il sait que rien ne pourra la ramener. Pourtant...pourtant...il persiste, continu son combat intérieur, laissant seulement apparaître le calme. Le blond il se demande bien pourquoi elle reste là, Cassie. Elle est si jolie, si vivante...pourquoi elle le laisse pas derrière ? Pourquoi elle ne part pas rejoindre les autres, vivre face aux rayons du soleil et de la lune ? La lune...elle doit être belle vue d'ici. D'en haut, ce n'était qu'un ballon de foot, un simple satellite tournant sans fin autour de la terre.

Il soupire.

Le carnet au sol, la jeune femme s'empresse de le récupérer, comme s'il était vital qu'il ne reste pas aussi longtemps sans contact humain. Ce livret, il sera surement le seul vestige qu'il restera de leur vie d'avant. Reste-t-il des livres ? Des objets ? Des œuvres d'arts ? Des instruments ? Ses questions tournent en boucles dans sa caboche, comme si quelqu'un avait oublié d'enlever la bande du film de son esprit. Il finit par reposer sa tête sur ses bras entrecroisés, son regard se posant sur la belle Cassie. Même quand elle écrit, même quand elle est concentrée elle est jolie. Comment elle fait ? Comment fait-elle pour toujours garder cette petite étincelle, cette espèce de joie de vivre ? Il se le demande, il aimerait être comme elle. Le gamin voit alors apparaître sur son visage un petit sourire. Il illumine la pièce, réchauffe le cœur meurtri de l'adolescent. On pourrait presque croire qu'il en est amoureux...de ce sourire.

*Pfff n'importe quoi. Et puis elle voudrait même pas d'un gars comme moi...*

Il soupire de nouveau, pense, tourne en boucle encore et encore tout un tas de questions, infini est son tourment. Puis de nouveau il se retrouve en possession du précieux transporteur de message. Bizarrement, plus la conversation avance, plus l'envie de partir de cet endroit devient forte. Il est curieux Sam, c'est peut-être ça qui le sauvera après tout. En silence, il lit, sourit à certain moment, en oublierait presque pourquoi il est toujours là. Il fixe ensuite la page blanche maculée de noir. La pluie, la neige, le froid, l'extérieur...tend de choses à découvrir, trop de choses à écrire. Sam n'a jamais été très bon en expression écrite, préférant de loin les démonstrations orales. Pourtant, ce type de communication le rassure presque, l'incite à partager ce qu'il pense. Le gamin inspire alors un grand coup et se met à rédiger ce qui lui passe par la tête, essayant de vider son esprit comme il peut 'Plus froid que le froid ? C'est étrange mais je pense pas que dehors ça soit aussi gelé qu'ici.' Il marque une pause. Il est vrai que la température n'est pas très élevée. Sous sa couverture de fortune il ne sent presque plus rien mais elle... Sam passe son regard de la feuille à Cassandre. Il hésite, regarde autour de lui et finit par se décider. Se levant avec difficulté, comme si cela faisait des années qu'il était resté contre ce mur, il vient s'asseoir à côté de son amie. Un sourire mélancolique sur le visage, il lui propose son bout de couette laissée à l'abandon.

- Tu dois avoir froid, non ?

Il brise le silence, comme-ci ils s'étaient parlés depuis toujours. Puis il en revient au carnet où il recommence à écrire, comme si cet épisode n'était pas arrivé, comme si de rien était. 'C'est presque pareil nan ? Bête, différent, surdoué, pas doué...ça s'assemble et se décompose à l'infini' Il sauta une ligne comme s'ils partageaient une double conversation. 'J'aurais bien aimé tomber en France... Il parait que j'ai des origines de là-bas, enfin c'est ce que dit tout le temps mon père. Et puis j'aurais adoré voir la Tour Eiffel et les œuvres d'art! Comme en Italie, avec la Renaissance, surtout à Florence ! Il devait y en avoir des tas ! J'aime bien l'art, ça permet de réfléchir à autre chose, de philosopher parfois...' Sam marque une pause. Cela faisait longtemps qu'il n'avait pas autant parlé. 'C'est bien d'explorer, ça permet de mieux connaitre son environnement. Puis surtout qu'on connait rien d'ici, c'est nouveau, c'est surement ce qui me fait peur... mais faut pas avoir peur.' Il essaye de se montrer fort le gamin, surtout face à elle, il n'a pas envie qu'elle se moque de lui. 'Je me demande bien s'ils sont sympa. Tu penses qu'ils le sont ? Je suis curieux de savoir à quoi ils peuvent ressembler... Je les imagine tous très grand avec des mâchoires bien robustes et des peaux de bêtes sur le dos ! Un peu comme...des hommes de Cro-Magnon !' Il sourit à l'image que cette dernière phrase lui plaque dans le crâne. Le blond tend alors le carnet à la jeune fille qui se retrouve emmitouflé sous la couverture que Sam lui a proposée un peu plus tôt.

- Si tu veux on peut parler…comme ça.

...

Toujours au bord de cette foutue falaise, le gamin regarde en arrière, oubliant pour la première fois le vide. Il voit alors ce visage, celui qui sourit, celui qui lui a réchauffé le cœur. Une main tendue vers lui l'appel, l'invite à ne pas laisser tomber aussi facilement. Ce geste, cette personne... sa sauveuse est là et comme pour la remercier, il empoigne cette main qu'on lui donne, reculant d'un pas, savourant la liberté qui lui tend les bras.

*Merci...ma sauveuse*
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Sujet: Re: Dis Petit Prince, dis, redessine-moi l’horizon (Ft Sam)
Jeu 9 Fév - 3:17



Elle essayait de lui changer les idées en lui parlant de l’extérieur. Elle aimait bien écrire, ce moyen de communication ne la dérangeait pas mais il était vrai qu’elle aurait été plus à l’aise à lui parler directement, comme elle en avait l’habitude. Elle s’était mise à la place de Sam et avait opté pour la solution de communication qui l'arrangerait le mieux. Pour le moment ils s’en sortaient plutôt bien. Elle avait parlé de la Terre, d’avant, des terriens et de la neige. Tout ça en si peu de temps. Elle aimait bien parler avec lui même s’il ne s’agissait que de bribes de mots lancés avec facilité sur papier. Quand elle lui renvoie le carnet, c’est avec joie qu’elle récolte ce petit sourire précieux si bien qu’elle se demanda s’il était bien réel. Elle joua un moment avec une mèche de cheveux qui lui était tombée devant les yeux et attendit. Un sourire sera-t-il suffisant ? Elle n’est pas certaine. Réussir cet exploit de le faire sourire est tout petit face à la douleur qu’il traverse. Un sourire par jour ? C'est un début, cela serait bien qu’il ne se laisse pas emporter par ce nuage noir qui plane au-dessus de sa tête. Cassandre n'aime pas voir les gens malheureux comme ça. La vie a tellement à leur offrir qu’il leur faut aller de l’avant malgré les difficultés. N’est-ce pas ce qu’on fait les Cent ainsi arrachés à leur famille pendant toutes ces années ? Elle n’a jamais cherché à faire leur connaissance à travers le parloir, ne savait même pas s’il était possible pour eux d’aller les voir s’ils ne faisaient pas partie de leur famille. Enfin. C’est ce qu’elle veut lui montrer petit à petit au fur et à mesure de leur échange : c’est en avançant qu’ils pourront alléger leur peine. Ce n’est pas pour autant qu’il oubliera sa mère, ce n’est pas pour autant qu’elle oubliera sa mère adoptive et Alexandre. Ils penseront toujours à eux, ne retiendront que les bons moments passés en leur compagnie pour mieux avancer.

Avancer est important. Elle se refuse de baisser les bras, de redevenir l’ombre d’elle-même. Elle a été comme Sammy, ne se désigne pas comme étant plus forte que les autres, loin de là. Elle a juste… préféré voir l’avenir que le passé, préféré accepter la main tendue. C’était tout ce qu’il lui avait fallut pour relever la tête et tenter de reprendre le cours de la vie : savoir qu’ils étaient soudés, qu’il y en avait plusieurs dans le même cas qu’elle. Qu’elle n’était pas seule et qu’ils vivaient la même chose. A des degrés différents, mais cela ne changeait en rien le fait qu’ils restaient soudés par cette même expérience vécue. Elle espérait que Sammy finirait par voir les choses ainsi, par se relever. Elle ne serait triste autrement de ne pas avoir su donner le meilleur d’elle-même pour l’aider. Elle a désespérément besoin de l’aider, envie de lui montrer qu’ils doivent être forts, qu’ils peuvent être forts tous les deux parce que s’il ne l’est pas, il lui montrerait combien la rechute est facile, combien il serait aisé pour elle d’abandonner. Ce qu’elle ne veut pas. Cassandre elle veut vivre le peu de temps qu’il lui reste. Elle n’a pas envie de trop réfléchir, de trop s’inquiéter. Elle ne foncera pas pour autant tête baissée dans les problèmes mais c’est ça, elle n’a plus envie de pleurer, de se lamenter. Et elle aimerait bien avoir quelqu’un, comme elle, pour faire ce bout de chemin avec elle.

« Tu dois avoir froid, non ? » Elle sursaute légèrement, ne s’était pas attendue à ce qu’il parle même si elle l’avait espéré. Il avait eu l’air tellement enfermé dans son mutisme pour qu’elle n’espère pas trop de sa part aujourd’hui. Un petit sourire éclaire à nouveau son visage parce qu’elle est heureuse qu’il s’ouvre enfin, qu’il ne s’enferme pas d’avantage dans sa bulle. C’est un bon début qu’ils parlent tous les deux même si c’est juste pour lui demander si elle a froid. C’est gentil, il aurait pu retourner dans sa couverture et l’envoyer paitre même si l’idée lui semblait farfelue tellement il avait été aimable malgré sa situation. « Un peu. »

Sa métaphore du froid de l’endroit en devient réelle parce que cela fait un petit moment l’air de rien qu’elle reste assise, dos contre les parois, sans bouger. Elle a ce besoin de toujours bouger, de faire quelque chose pour ne pas devenir aussi froide qu’une statue figée par le temps. Elle accepte avec plaisir de chaparder ce petit bout de couverture et s'installe à ses côtés même s'il ne fait pas si froid dehors. Ils ne sont pas encore en hiver, le soleil brille de mille feux au dehors, c’est dommage que Sam ne veuille pas le voir, ne souhaite pas se réchauffer autrement qu’emmitouflé dans cette couverture. Elle le regarde écrire, amusée de la situation parce qu’ils pourraient tout aussi bien se parler maintenant qu’ils sont si proches. Elle pointe le doit sur la page où le mot Italie y est inscrit. Elle aurait adoré se retrouver là-bas. Tant de choses à visiter, à voir. Des monuments vieux de plusieurs siècles, des villes mortes par la lave d’un volcan dont elle ne se rappelle pas le nom. Cette civilisation détient tant d’histoire qu’elle aurait aimé y vivre plutôt que sur l’Odyssée, plutôt que maintenant. Elle ne regrette pas sa vie mais puisqu’ils en parlent il est vrai que l’Italie devait-être un pays où il faisait bon vivre. Il aime bien l’art. Elle se demande s’il aimerait dessiner. Elle n’a pas les traits de crayons des plus grands dessinateurs de l’ancienne époque mais elle trouve qu’elle se débrouille plutôt bien pour une débutante. Elle n’a pas dessiné grand-chose. Elle a passé des heures a dessiner une feuille. Ils sont en automne. Les feuilles tombent. Elles sont belles, colorées. C’est peut-être la saison qu’elle préfère, qu’elle aurait adoré dessiner en couleur pour y apporter toutes ces nuances qu’elle ne peut donner sur de simples coups de crayon gris.

Un sourire se dessine sur son visage quand il lui parle des hommes de Cro-Magnon. Comme la chanson. Elle s’en souvient encore très bien mais ne la chantera pas ou peut-être que si. C’est tentant. Diablement tentant de parler et de tout et de rien comme ils le font à présent sans se soucier du monde extérieur. Elle hoche la tête à sa proposition et continue comme s’ils avaient toujours parlé. « C’est comme la chanson. Tu sais.

‘L'homme de Cro,
L'homme de Ma, l'homme de Gnon,
L'homme !
L'homme de Cro-Magnon pou !

l'homme de Cro, de Magnon
Ce n'est pas du bidon
L'homme de Cro-Magnon
Pon-pon’
»

Elle s’arrête un instant, toujours aussi amusée par l’idée qu’elle ait pu la chanter devant lui tout en se disant que le seul Grounder qu’elle ait rencontré pour le moment, n’aurait pas apprécié que la comptine le désigne. « Ils sont différents mais ils n'ont pas eu trop le choix. Ils sont gentils. Enfin. J’ai pas encore eu de problème avec l’un d’entre eux. » Un sur un, elle ne faisait pas beaucoup dans les statistiques. « Mais j’aurais adoré vivre en Italie. Tu voudrais que je t’apprenne à dessiner ? Enfin, je gribouille hein c’est pas grand-chose, je viens tout juste de commencer. » Il fallait bien un début à tout et quand elle n’était pas en cuisine, quand elle n’avait pas grand-chose d’autre à faire que de se souvenir du passé, ça l’aidait à penser à autre chose. « Tu sais ce qu’on dit, c'est toujours mieux de dessiner à la lumière du jour. » Il n’avait pas donné sa réponse, elle l’avait sans doute braqué avec sa chanson bête et son idée d’aller dehors pour dessiner. Elle qui ne voulait pas lui forcer la main, c’était exactement l’inverse qu’elle faisait. Elle avait été si contente qu’il se décide à lui parler qu’elle avait agit comme s’ils se connaissaient depuis toujours en lui expliquant les bases du dessin, en le forçant quelque peu à venir avec voir le monde de ses propres yeux. « T'as pas faim ? » Si le dessin ne réussissait pas à le faire sortir, peut-être que la faim y parviendrait.


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Sujet: Re: Dis Petit Prince, dis, redessine-moi l’horizon (Ft Sam)
Lun 13 Fév - 17:59


- DIS PETIT PRINCE, DIS, REDESSINE-MOI L’HORIZON -

Sam se lève. Il laisse son regard tomber sur le doux visage de son interlocutrice et vient se poser à côté d'elle, lui tendant le bout de couette en top. Un petit sourire mélancolique se pose sur son visage quand il croise le regard de la jeune fille, quand celle-ci accepte de se blottir elle aussi sous ce bout de tissu. La voix de Cassie retenti jusqu’au fin fond des décombres, résonne dans l'esprit de Sam.  Ça lui réchauffe le cœur de la savoir, elle, à ses côtés. Jamais il n'aurait imaginé pouvoir être aussi proche de cette fille qui lui faisait tant peur il y a à peine une semaine. Pourtant, sa maladresse légendaire a comme disparue, la boule au ventre qu'il ressent à chaque fois qu'il veut aller lui parler n'es plus. C'est comme s'ils avaient été toujours amis, qu'ils se connaissaient depuis leur plus jeune âge. En soit c'est un peu vrai. Dès qu'il l'a vu, pour la première fois, alors qu'ils n'avaient que neuf ans, il n'a jamais pu se l'enlever de la tête, cette fille qui a pendant trop longtemps vécue dans ses rêves.

Continuant d'écrire sa réponse, il pense à tout un tas de choses qu'il pourra peut-être faire à l'extérieur. C'est étrange, dire qu'il a quelques minutes il ne voulait pas bouger de là…cette fille a des pouvoirs magiques, ce n'est pas possible autrement. Son influence est telle dans l'esprit du jeune garçon qu'il serait près à tout pour la faire sourire, tout comme elle est en train de le faire pour lui. Quand enfin il en vient à parler des terriens, sa voisine, le visage illuminé par la pensée qui lui traverse l'esprit, elle prend la parole ce qui surprend Sam. La jeune fille chantonne la chanson inconnue au surdoué. Quand elle termine de chanter, le gamin fixa Cassie d'un aire intrigué puis il se met à rigoler, doucement. Sa main vient se poser devant sa bouche, comme si le fait de rire lui était interdit.

- Ils sont différents mais ils n'ont pas eu trop le choix. Ils sont gentils. Enfin. J’ai pas encore eu de problème avec l’un d’entre eux.


- Je sais pas si j'ai vraiment hâte d'en rencontrer un…je préfère quand même m'en méfier, après tout on ne les connait pas plus que ça.

Et pourtant, le garçon disait cela alors que la curiosité de voir ces hommes de la terre le rongeait de l'intérieur. La jeune fille avait un don pour raconter les choses ce qui donnait l'envie à l'enfant de voir ce monde extérieur qu'il ne pouvait contempler qu'à travers ses yeux. Soudain la brunette reprend la parole, guillerette, attachante, souriante…

- J’aurais adoré vivre en Italie. Tu voudrais que je t’apprenne à dessiner ? Enfin, je gribouille hein c’est pas grand-chose, je viens tout juste de commencer.


- Je suis sûre qu'il doit encore rester des vestiges de l'ancien temps là-bas !

Sam marque une pause, pensif. Ils s'étaient bien trouvés tous les deux. Lui n'était pas particulière bon en dessin, ne savait pas vraiment s'il aurait aimé apprendre mais il voulait lui faire plaisir, à elle, cette fille qui l'avait sortie de sa mélancolie.

- Pourquoi pas. C'est toujours intéressant de savoir pleins de choses dans des domaines variés, ça peut être utile.

Oui, il y voit particulièrement le côté pratique. Après tout, si un jour il a besoin de demander son chemin à un grounder, il pourra plus facilement lui dessiner quelque chose d'à peu près ressemblant.  De plus, savoir qu'il va pouvoir passer quelques instants seuls avec Cassie le met en joie. Puis la jeune fille continue de parler. Au final, le carnet est resté entre les mains du gamin qui commence à trifouiller les pages sans vraiment s'en rendre compte. Il n'a pas vraiment entendue ce qu'elle a dit, son intention porté sur le dessin qui se trouve à la page précédent leur discussion. C'était un paysage qui y était représenté. Retournant le calepin vers son amie, il ne peut s'empêcher de répliquer :

- C'est ça que t'appelles du gribouillage ? C'est trop bien fait ! J'espère que dans quelques mois je vais pouvoir faire de même. Si tu veux je pourrais t'apprendre à jouer aux échecs en échange. Enfin si on a encore un jeu…sinon faudra se débrouiller pour tailler les pièces.

Sam se projette déjà dans l'avenir. Un sourire cette fois-ci remplis d'espoir s'affiche sur son visage creusé par la fatigue. Cela fait combien de temps qu'il n'a pas eu une vraie nuit ? Deux, trois jours si ce n'est plus ? A vrai dire il se fiche pas mal de la tête qu'il peut avoir, du moment que Cassie est à ses côtés, tout va pour le mieux. Soudain c'est son ventre qui se met à faire du bruit quand la jeune fille lui demande s'il n'a pas faim. Posant sa main libre sur le milieu de son corps, il regarde et sourit, gêner, à son interlocutrice.

- Un peu, apparemment.  J'ai pas vraiment mangé depuis qu'on est arrivé.

Se relevant, il part en direction de son ancienne place, se baisse et finit par tenir entre ses mains le plateau qu'on lui a apporté tôt ce matin. Retournant s'asseoir près de Cassie, il lui montre le repas à peine touché.

- Parler ça donne faim. T'en veux un bout ? Il y a de la purée et une espèce de bouillit bizarre, on dirait des légumes mais j'en suis pas vraiment certain.

Passant son regard de la nourriture à la brunette, son sourire disparaît petit à petit. C'est vrai que la contenance du plateau ne ressemblait plus à grand-chose. Posant de nouveau le regard vers son amie, il reprend la parole

- Tu voudrais peut-être retourner dehors pour manger quelque chose de plus frais ? Vas-y si tu veux, je vais rester là en attendant.

Veut-il vraiment rester seul ? A vrai dire il espère que la jeune fille reste ou bien que celle-ci insiste pour le faire sortir. En sera-t-il capable ? Il ne le sait pas vraiment mais il fera tout pour elle. L'idée de se retrouver à l'extérieur grandit de plus en plus dans son esprit, la peur de ce monde qu'il ne connait pas se dissipant au contact de Cassie, de sa vision éblouissante des choses.

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Sujet: Re: Dis Petit Prince, dis, redessine-moi l’horizon (Ft Sam)
Lun 27 Fév - 1:14



Si elle aimait bien écrire, il était nettement plus simple de parler. Elle préférait cette façon plus spontanée de s’exprimer même si elle avait préféré l’option de ne pas lui forcer la main. C’était facile de parler, de discuter de tout et de rien du passé comme du présent. Ils avaient choisi la carte de l’ancien temps. Des pays comme il n’en existait plus aujourd’hui. L’Italie. Elle avait balancé l’Italie sans réfléchir. Quelles étaient ses origines dans le fond ? Était-elle italienne ou plutôt anglaise, ou plutôt américaine ? Elle n’en avait aucune idée. Cassandre. Cassandre. Ça sonnait quoi Cassandre ? Sam ? Anglais ! Oui, Sammy et sa famille étaient peut-être d’origine anglaise mais Cassandre n’aurait pas sa réponse aujourd’hui parce qu’ils avaient une discussion si décousue qu’ils avaient déjà abordé pas moins d’une petite dizaine de sujets différents sans pour autant les approfondir. Elle aimait bien ça justement, pouvoir aborder tous les sujets possibles avec quelqu’un sans réellement devoir se contrôler, avoir une suite logique. Sam pouvait bien l’être pour deux. « Pourquoi pas. C'est toujours intéressant de savoir pleins de choses dans des domaines variés, ça peut être utile. » Elle était contente de voir qu’il ne se montrait pas contre ses idées même si ses idées pouvaient passer des voyages en terres inconnues aux terres italiennes puis sitôt fait par le dessin et la chanson pas bien intéressante mais qui détendait, le faisait peut-être penser à autre chose qu’à sa mère partie trop tôt.

La chanson s’était arrêtée aussi vite qu’elle avait commencé et Cassandre était revenue aux propos de Sam quant à ses dessins. Elle était contente de savoir qu’ils lui plaisaient parce qu’elle commençait tout juste, vraiment, n’avait pas eu l’occasion de dessiner grand-chose puis cela se voyait que les tout premiers dessins n’étaient pas les siens. « Il n’est pas à moi. J’l’ai trouvé pas trop loin d’ici. La personne devait beaucoup aimer les animaux. Un peu comme toi. » Si elle ne se trompait pas du moins. Ils n’avaient jamais véritablement échangé de paroles jusqu’à aujourd’hui. Cette réflexion lui était venue de façon spontanée si bien qu’elle aurait pu se tromper. Elle ne paraissait pas pour autant gênée de ses paroles qui semblaient lui dire qu’ils se connaissaient depuis longtemps alors que ce n’était pas le cas. Ça lui était venu juste comme ça et ne cherchait pas à se l’expliquer. Parfois il n’était pas toujours bon de chercher des explications à tout. « Nah j’dois pas réfléchir assez pour jouer aux échec mais je veux bien essayer … quand on aura les pions. Après on peut remplacer les objets par d’autres hein. Ça restera toujours ton jeu parce qu’on saura quelle pièce est la tour ou le roi et la reine. C’est l’imagination qui fera le reste. » Elle n’avait pas forcément besoin d’avoir les pièces du jeu comme à l’original pour tenter de suivre comment cela se passait. Son problème à elle était plutôt le côté stratège qu’elle n’avait pas. Quand d’autres avaient trois coups d’avance, elle aurait surement trois coup de retard mais bon, elle aurait  trois coup d’avance sur eux par rapport au dessin, c’était déjà ça de gagné …. Si son partenaire de jeu n’avait pas également choisi le dessin comme passe-temps.

Et il a faim. C’est une petite victoire contre la dépression qui l’anime depuis l’atterrissage si l’appétit est de retour. Il n’y pensait sans doute pas avant. La curiosité de ce monde l’anime, le dessin l’intrigue et il a faim. Il n’y a pas de doute pour Cassandre, si Sam n’oubliera jamais sa mère il pourra tenter l’aventure de la vie tout en gardant les bons souvenirs de celle qui lui a donné la vie, de ses proches qui ont disparu. C’est ce qu’il faut faire, la jeune femme en est convaincue. Si elle aime repenser au passé, elle tente de ne pas se montrer triste même s’ils lui manquent terriblement. Elle pense au futur possible ici, aux découvertes, à l’apprentissage d’une nouvelle vie qui s’ouvre à eux. Elle se doute bien que tout ne sera pas simple mais préfère voir le côté joyeux et incontestablement beau de cette nature qu’elle n’avait jamais imaginée ainsi. Il y a les terriens aussi, les … hum … le sourire la gagne lorsqu’elle repense à la chanson, aux hommes de Cro-Magnon. Cela pourrait être un code entre eux, si cela se trouve ce mot avait été oublié mais … oui … histoire d’éviter toute incompréhension et échanges houleux suite à ce malheureux terme autant éviter. C’était plus simple. Ils étaient des hommes et des femmes comme eux avec … une mentalité et façon de vivre juste totalement différente.

Il revient avec ce qui ressemble à de la nourriture. Il est malin. Il a trouvé l’astuce qui l’empêche de sortir malgré les belles paroles enjouées de Cassie. « Des légumes oui. Si c’est pas la depuis trop longtemps ça devrait être encore bon même froid. » Avec légèreté, elle touche du doigt le met qui n’a pas l’air bien fameux à vue d’œil (mais ils ne doivent pas être capricieux alors que la nourriture pourrait venir à manquer, être plus difficile à trouver) et n’hésite pas à le gouter et grimace. « C’est tout froid mais toujours meilleur que ce qu’on avait. Ça vient de la Terre, la vraie. Puis même que bientôt on aura de la viande ... et un jour peut-être même du poisson, qui sait ? » C’est nouveau ça la viande, le poisson, tous ces aliments qu’ils ne pouvaient avoir sur l’Odyssée. « J’aide à la cuisine un peu ça détend, ça garde l’esprit occupé puis on est toujours accompagné. » C’est ce qu’elle recherchait depuis le début de leur crash, quelque chose à faire, de la compagnie pour ne pas se retrouver seule à ressasser les souvenirs qui tantôt la rendaient joyeuse, tantôt la rendaient triste. Elle avait du mal à contrôle ce flux d’émotions qui la traversaient en ce moment alors qu’elle avait été celle qui faisait de son mieux pour ne pas esquisser de faux pas sur l’Odyssée pour ne pas passer par la case prison et éjection.

« Tu voudrais peut-être retourner dehors pour manger quelque chose de plus frais ? Vas-y si tu veux, je vais rester là en attendant. » « Froid c’est bon aussi. » Elle n'avait pas hésité un instant. Elle n’allait peut-être pas rester à ses côtés jusqu’à ce qu’il décide de sortir parce que le côté chantage ce n’était pas vraiment son truc mais n’avait pas forcément envie de sortir tout de suite. Elle aimait bien parler avec lui. « Si tu veux on pourra marcher un peu. Pas la peine de sortir hein. Mais on sait jamais … devait pas y’en avoir beaucoup mais qui sait peut-être seras-tu le chanceux de l’Histoire en découvrant que l’unique jeu d’échec de l’Odyssée n’a pas été détruit par le crash. » Tout était possible après tout ils étaient les élus survivants de cette tragédie. Marcher dans les vestiges était une petite balade pour se dégourdir les jambes. Il pourrait revenir ici si l’envie ne lui disait pas d’affronter la vie tout de suite. « Avant que … Enfin … tu voulais faire quoi ? » S’ils étaient restés à vie dans l’espace qu’elle était la voie qu’il aurait voulu suivre, la vie qu’il aurait voulue avoir ? Peut-être était-il temps qu’il trouve la sienne ici, une sorte de compatibilité entre les deux qui l’aide à avancer, à voir un peu plus loin que juste la douleur du moment. Il avait besoin de quelque chose, d’un but mais le tout fallait qu’il le comprenne et qu’il veuille de ce changement dans sa vie.

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Sujet: Re: Dis Petit Prince, dis, redessine-moi l’horizon (Ft Sam)
Lun 13 Mar - 21:27


- DIS PETIT PRINCE, DIS, REDESSINE-MOI L’HORIZON -

Il est surpris par le don que la jeune fille a pour le dessin. Il feuillette machinalement le cahier, s'arrête sur certain croquis, celui d'un renard, d'un loup, d'un ours, d'un chien. Tous ces animaux que Sam rêve de voir, de croiser un jour au beau milieu d'une forêt illuminée. Ce pelage roux, flamboyant...oui, on peut le dire, le renard est l'un de ces animaux qui fascinent le gamin. C'est alors qu'il s'arrête sur l'un d'entre-eux, l'exposant joyeusement aux yeux de son interlocutrice.

- Il n’est pas à moi. J’l’ai trouvé pas trop loin d’ici. La personne devait beaucoup aimer les animaux. Un peu comme toi.

Cette dernière réflexion surpris Sam qui ne pensait pas une seconde que la jeune fille est connaissance de sa passion pour les animaux. Ils n'avaient jamais vraiment parlé comme ils le faisaient aujourd'hui, il avait toujours eu trop peur de l'aborder. Maintenant il trouvait cela stupide, se disait qu'il avait loupé bon nombre d'occasion de lier une amitié et … plus. Les idées se mélangent dans son esprit. Au final, il ne sait plus vraiment s'il l'aime...ou s'il la considère comme une simple amie. Peu importe, pour le moment il préfère se concentrer sur ce moment particulier qu'ils partagent rien que tous les deux. Le gamin, en échange des cours de dessin que la jeune fille pouvait lui donner, avait décidé lui aussi de lui faire partager une de ses passions.

- Nah j’dois pas réfléchir assez pour jouer aux échecs mais je veux bien essayer … quand on aura les pions. Après on peut remplacer les objets par d’autres hein. Ça restera toujours ton jeu parce qu’on saura quelle pièce est la tour ou le roi et la reine. C’est l’imagination qui fera le reste.

L'image d'un échiquier aux pièces bariolées et unique en leur genre fit rire Sam qui trouvait l'idée intéressante. Cela changera de l'habituel plateau et des pièces Noires et Blanches qui font le visuel du jeu.

- Intéressant...ça devrait être cool à mettre en pratique. Mais il n'empêche que j'adorerais m'essayer au taillage de pièces en bois. Peut-être que certains terriens pourront nous apprendre à le faire ?

Il dit cela par curiosité, cette curiosité qui le définit tant. Il a maintenant envie d'en savoir plus sur ce monde qui lui est autant inconnu par les gens qui le peuplent ou les paysages qui le composent. Peut-être était-il temps de sortir de sa prison de glace ? Peut-être fallait-il maintenant laisser derrière sa souffrance, l'oublier pendant quelques instants et partir découvrir cette liberté qui lui tend les bras, cette liberté au goût d'un futur heureux.

[...]


Alors qu'il revient s'asseoir au côté de sa nouvelle amie, un plateau entre ses mains, il continue de papoter. Il lui propose de quoi manger, même si l'allure de ce plateau ressemble plus à une bouillit jaunâtre qu'à des couleurs bien vivent d'aliments frais.

- Des légumes oui. Si c’est pas la depuis trop longtemps ça devrait être encore bon même froid.

Alors qu'elle vient poser son doigt au milieu de ces mets peu appétissant, le ventre du gamin grogne de nouveau. Il se met à rougir, gêné pendant que Cassandre reprend la parole de cette jolie voix qu'il aime tant écouter :

- C’est tout froid mais toujours meilleur que ce qu’on avait. Ça vient de la Terre, la vraie. Puis même que bientôt on aura de la viande ... et un jour peut-être même du poisson, qui sait ? J’aide à la cuisine un peu ça détend, ça garde l’esprit occupé puis on est toujours accompagné.

Il se mit à rire à cette réflexion qui émergea alors elle aussi dans son esprit. Qu'est-ce qu'il allait pouvoir apporter au campement ? Comment pourrait-il se rendre utile lui aussi ? En cuisine ? Comme elle ? Nan, déjà qu'il n'a pas un appétit de monstre…à vrai dire la nourriture le dégoûte un peu. C'est étrange dit comme cela mais c'est comme quelque chose de psychologique, une aversion aux aliments. Depuis tout petit il a toujours mangé très peu, un appétit d'oiseau disait sa mère. Il s'était dit alors que ce qu'ils devaient cuisiner ici n'avaient peut-être pas le même goût que ce qu'ils pouvaient déguster là-haut. Il y a bien pensé mais ce n'est toujours pas une activité auquel il y trouve un immense plaisir.

- Je me demande bien quel goût ça peut avoir, le poisson et la viande. J'imagine quelque chose qui doit se rapprocher du sang…pas très agréable en bouche quoi.

Il sourit gentiment vers Cassie, essayant d'effacer l'image morbide qui apparaît dans sa petite caboche. Quelle idée d'avoir dit ça comme ça. Ca petite voix intérieur se réveille et lui répète sans cesse:

*Tu veux la faire fuir ou comment ça se passe ?*

Un facepalm mental le remmène à la réalité. Il lui propose sans grande conviction de sortir, de le laisser seul, comme il l'a toujours été au final. Il n'espère pas la voir partir. Il veut qu'elle reste là, à ses côtés, qu'ils continuent encore et encore de discuter de tout et de rien. Il sait pertinemment que le moment va arriver où il va devoir sortir…mais pas tout de suite.

- Froid c’est bon aussi.

La réponse de Cassie sonne comme quelque chose de rassurant. Elle ne va pas le laisser tomber, elle va rester. Au fond de lui, le cœur de Sam s'emballe, se remplit de cette joie qui avait disparu depuis bien trop longtemps pour un garçon de son âge. Les pensées qui le hantent s'évaporent et s'éloignent de ce petit cocon qu'ils se sont créés à deux.

- Si tu veux on pourra marcher un peu. Pas la peine de sortir hein. Mais on sait jamais … devait pas y’en avoir beaucoup mais qui sait peut-être seras-tu le chanceux de l’Histoire en découvrant que l’unique jeu d’échec de l’Odyssée n’a pas été détruit par le crash

Elle a cette lueur d'espoir dans les yeux que peu avaient dans son entourage. Malgré les événements elle reste pleine d'entrain et surtout de vivacité. Sam sourit timidement à cette réaction chaleureuse qu'a eue la jeune fille envers lui. Elle est gentille…c'est tout ce qu'il veut, qu'elle reste toujours comme elle est, cette fille souriante qu'il a vu pour la première fois quand il était encore tout petit, si petit.

- Avant que … Enfin … tu voulais faire quoi ?

Ce qu'il voulait faire ? Il n'y a jamais vraiment pensé. Jamais il n'aurait pu se douter que ce moment arriverait aussi rapidement. Il se revoit encore derrière son bureau ou dans les réserves, entouré de bouquins et d'œuvres anciennes que leurs ancêtres avaient décidés de conserver. Sam resta quelques instants dans sa réflexion face à cette question qui s'avérait plus complexe qu'il ne l'aurait pensé.

- A vrai dire j'y ai jamais vraiment pensé. Peut-être prof, comme mon père…mais je suis pas très pédagogue. Je pense que je me serais laissé porter par le courant, voir où mes capacités auraient pu me mener…

Il sait tout un tas de choses le gamin, il aurait pu faire n'importe quel métier. Mais qu'est-ce qui lui plaisait vraiment ? Apprendre il adore mais enseigner ? Tout dépend de la personne qui se trouve en face de lui. C'est sûr que si tout le monde était comme Cassie, les choses seraient bien plus simples. Il pense alors, Sam pense que ce qu'il sait pourrait peut-être être utile à quelqu'un. Peut-être qu'il pourrait aider…en traque ? Ou en stratège ? Il ne sait pas vraiment de quoi ils ont besoin, là, dehors.

- Et toi ? Tu voulais faire quoi ? Je suis pas sûre que la cuisine aurait été ton premier choix si tu avais eu une autre possibilité… enfin je pense.

Il lui sourit une nouvel fois, ce voulant rassurant, sans vraiment savoir pourquoi elle le pousse à être comme ça. Il ne veut pas l'inquiéter, ne veut plus se montrer comme ça face à elle. Sam ne sait pas si cette fille à conscience de l'importance qu'elle a pour lui mais en tout cas, sa présence est agréable et permet de lui faire oublier la noirceur de la vie.

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Sujet: Re: Dis Petit Prince, dis, redessine-moi l’horizon (Ft Sam)
Sam 22 Avr - 1:42



Elle avait préféré ne pas mentir. Les premiers dessins étaient bien plus beaux que les siens et en feuilletant le carnet il Sam se serait facilement rendu compte de la différence nette qu’il y avait entre elle et l’ancien propriétaire du carnet. Mentir ne menait à rien et ne faisait qu’empirer les choses. Comment l’a-t-elle su qu’il aimait les animaux ? Aucune réponse ne lui vient. C’est un mystère pour celle qui l’a lancé spontanément, le plus naturellement du monde comme si c’était une évidence. Quel était l’air de quelqu’un qui n’aimait pas les animaux ? Aucune idée. Elle avait eu une intuition et l’avait suivie. L’intuition avait été bonne pour son plus grand bonheur. Un petit sourire ravi quoiqu’un peu amusé fit son apparition devant l’air un peu surpris du jeune homme. Le petit stratège ne se laissait-il donc jamais guider par son instinct ?

Il regarde encore les dessins, tourne les pages et continue de les aimer comme si le dessinateur avait toujours été le même. Elle est contente parce qu’elle n’a pas souvent montré ses dessins sans trop en savoir la raison. Craindre que les autres les trouvent affreux, qu’ils lui disent que cela ne sert à rien ? Ce n’est pas vraiment ça, elle n’a pas eu peur en les montrant à Sam. C’est juste venu parce qu’il discutaient de plein de sujets différents si bien qu’elle le lui a tendu après leurs échanges à l’écrit sans raison apparente ou peut-être bien pour qu’il ait d’autre choses à penser. C’était ce dont il avait besoin, de changer d’air, de chasser ses pensées sombres par d’autres pensées plus joyeuses, des projets, peut-être ? Dessiner ne servait peut-être à rien au sein du campement mais elle s’en était servie pour reconnaitre les plantes mais surtout au départ pour se déconnecter, pour un moment indéterminé, de la réalité. Elle avait besoin de dessiner même si le résultat n’en devenait qu’une forme indéfinissable. Si le dessin n’était pas utile pour le groupe, il l’était pour elle et ça lui suffisait. Elle n’avait pas besoin de l’accord des autres pour dessiner, juste du sien.

Elle est contente aussi parce qu’il veut bien manger alors que la gamelle devait trainer depuis un bon moment sur le sol derrière lui. C’est froid mais elle s’en fiche. Ils n’ont pas le luxe de faire les difficiles, ne l’ont jamais eu. Parler change les idées, a cassé cette bulle qu’il s’était construite pour lui rappeler qu’il était un être humain qui avait besoin de reprendre des forces. Parler donne envie d’aller voir ce dont ils parlent même s’ils ne comptent pas y aller tout de suite. C’est normal, chaque chose en son temps, chacun à son rythme. Cassandre ne compte pas le forcer à faire quoique ce soit. Quand le moment sera venu, il le saura comme elle a su qu’elle pouvait lui montrer ses dessins. Ils parlent d’idées, d’envies. Créer un jeu d’échec s’est amusant. Elle ne connait pas grand-chose à la stratégie, aurait droit à un échec au roi en même pas cinq minutes mais avoir du temps pour soit pour penser à autre chose qu’à leurs problèmes quotidien est tout aussi important que de chasser ou de soigner les blessures de l’âme et du corps. Ce n’est peut-être pas le jeu le plus palpitant du monde, mais s’en est un que l’on peut réaliser facilement. Il leur suffirait de trouver des éléments de la nature pour en confectionner un. Un jeu d’échec artisanal. La bonne idée. Les pièces taillées par leurs propres soins, grossièrement taillés tels qu’on ne les reconnaîtrait surement pas aux premiers coups d’œil mais eux si. C’est ça l’important dans le fond. Pas qu’il soit parfait mais qu’il soit présent. C’est tout un symbole ce jeu. Il leur aura permis de passer un moment ensemble en mettant de côté, sans pour autant les oublier définitivement, leurs peines respectives. Penser à autre chose, ne pas se laisser terrasser par la douleur. Voilà ce qu’elle gagnait grâce au dessin, voilà ce qu’ils gagneraient en confectionnant leur propre jeu. Peut importe le projet qu’ils ont en tête pourvu qu’ils en aient un qui les aident à aller de l’avant.

Voudrait-il ou non faire un tour ? Question cruciale, stressante. Elle allait peut-être un peu trop vite. Elle venait d’arriver. Promis, elle ne s’en ferait pas en entendant une réponse négative. Elle était déjà contente de l’évolution chez Sam. Petit à petit. S’il mettait le pied dehors avant de décider qu’il était mieux à l’intérieur, elle aurait déjà gagné quelque chose. Il aurait essayé et c’était ça le plus important. Bientôt il comprendrait combien essayer est important. Il avait encore un peu de temps devant lui avant qu’on le mette devant le fait accomplit. Si elle ne veut pas le forcer, viendrait bien assez vite le jour où il n’aurait plus d’autre choix que de suivre le rythme des Odysséens s’il ne voulait pas qu’on l’oublie. C’était triste de laisser quelqu’un de côté. Elle ne voulait pas que cela lui arrive. Elle avait apprécié ce moment en sa compagnie et comptait faire de cette petite parlotte autour d’une gamelle leur quotidien même lorsqu’il se sentirait mieux.

La réponse d’aller ou non dehors ne vient pas. S’il ne répond pas c’est qu’il refuse de façon plus ou moins polie en ignorant la question alors elle change de sujet comme s’il elle ne la lui avait jamais posée. « A vrai dire j'y ai jamais vraiment pensé. Peut-être prof, comme mon père…mais je suis pas très pédagogue. Je pense que je me serais laissé porter par le courant, voir où mes capacités auraient pu me mener… » Elle hoche la tête, médite un instant en se demandant s’il a déjà essayé d’apprendre quelque chose à quelqu’un pour se dire qu’il n’en serait incapable mais préfère se taire pour le moment. Il y a de la contradiction dans ses paroles et ses actes. C’est la douleur qui fait ça. Sam s’empêche de découvrir qu’il peut encore montrer au monde se dont il est capable. « Et toi ? Tu voulais faire quoi ? Je suis pas sûr que la cuisine aurait été ton premier choix si tu avais eu une autre possibilité… enfin je pense. » Elle est amusée Cassandre parce qu’il ne sait pas qu’il a totalement tord dans ce qu’il avance. La cuisine n’avait pas été son dada sur l’Odyssée. Elle aimait bien oui, elle n’aurait jamais fait quelque chose qu’elle déteste mais ce n’était pas ce qu’elle aurait voulu faire si on lui en avait laissé le temps. Ce qu’elle sait par contre c’est que s’ils avaient vécu avant que tout ne parte en vrille sur terre tout aurait été différent. « On parlait des villes où l’on aurait aimé vivre. La cuisine c’est la même chose, c’est ce que j’aurais voulu faire dans un autre univers. J’aurais ouvert un restaurant sur terre. Avec plein d’étoiles, toutes celles qu’on pouvait voir de l’Odyssée, parfois. » Elle aime bien cuisiner depuis qu’elle est sur terre. Elle a appris les bases, ce qu’ils faisaient là-haut. Elle sait comment faire mais ce n’était pas de la nourriture qui faisait envie, c’était de la nourriture basique de celle qui était facile à concevoir avec les ingrédients qu’ils disposaient, qui étaient plus ou moins faciles à faire pousser dans les conditions que Sam connaissait tout aussi bien qu’elle. « J’avais juste envie d’être utile là-haut. Ici c’est différent. Ce que l’on mange vient vraiment d’ici, ce n’est pas comparable. C’est amusant que tu me parles d’enseignement parce que c’est ce que j’aurais exercé comme métier dans quelques années si … enfin si rien de tout ceci n’était arrivé. J’imagine que les jeunes ont toujours besoin d’apprendre mais maintenant c’est la cuisine. » Elle préfère ne pas mettre de mot sur la réalité. Cela la rend plus lointaine comme si elle ne pouvait pas les atteindre alors qu’elle le fait tous les jours. « Aux plus jeunes parce qu’on sait bien combien les adolescents de notre trempe peuvent être insupportables. »

Elle le pense à moitié, c’est vrai. Elle est consciente d’avoir eu de la chance. Elle est tombée sur les bonnes personnes à chaque fois et jamais on ne l’a embêtée pour être elle-même ou celle qu’elle prétendait être là-haut pour ne pas finir parmi les cent. « Tu aurais trouvé ta voie d’une façon où d’une autre Sam. Tu vas la trouver. » Pour le coup elle est sérieuse parce qu’il faudra qu’il trouve quoi faire ici s’il veut aider et avec toutes ses connaissances elle est certaine qu’il serait un atout pour leur campement. C’est comme sur l’Odyssée finalement chacun est utile. A sa façon même s’il pense ne pas l’être, même s’il exécute la tâche la plus ingrate du monde. « C’est bien la stratégie, au moins tu n’es pas dépassé par les évènements. » C’est ce qu’il lui aurait manqué dans son rôle de professeur. Si elle essaye de se montrer forte, elle sait très bien que, parfois, il lui arrive de se laisser submerger par les émotions ou par le travail qu’elle n’aura pas su gérer à temps. Le temps. Ils sont nombreux, confectionner des plats pour elle ne sait pas très bien combien de personnes n’est pas évident. Parfois ça manque même d’être brûlé, parfois certains attendent un peu plus longtemps mais personne ne s’est jamais plaint. Ils ont de quoi manger, c’est ce qui compte. Elle a de la chance comme ils ont eu de la chance de s’en sortir indemne. S’ils ne sont peut-être pas indemne dans leurs têtes, d’apparence tout va bien. Ils sont en vie et Cassandre compte bien en profiter. Pour ceux qui sont partis trop tôt, qui ne se seraient pas laissés abattre même si la douleur de leur mort a manqué de la tuer. Elle ne sait pas trop quoi faire Cassandre. Ils peuvent parler indéfiniment de sujets qu’il connaitra bien mieux qu’elle mais sait qu’au fond le seul sujet qu’ils évitent est celui qui le pousse à rester confiné ici.

« Tu sais. » Elle joue avec la couverture, un peu gênée. « Je serais venue quand même. » Si elle n’est pas venue de son propre fait, elle serait venue plus tard. Si elle se sentait mieux, ce n’était pas la grande forme même si elle tentait de ne pas le montrer. Elle aussi avait besoin de temps même si leurs façons de penser étaient différentes. Elle avait besoin d’aller vers les autres pour aller mieux, Sam ? Elle ne savait pas vraiment. « Je ne sais pas pourquoi ton papa est venu me chercher. » Ils étaient de la même classe, avaient le même âge, s’étaient parlés de temps à autres mais n’avaient jamais pris le temps de réellement discuter comme aujourd’hui. « J’aime bien parler avec toi. Tout est plus facile. » Il l’avait fait voyager dans le passé, dans le futur. Pendant un court moment elle s’était sentie bien. A chaque fois qu’elle allait vers les autres, elle se sentait un peu mieux sans pour autant être prise de remords pour ne pas avoir versé toutes les larmes de son corps pour leurs morts. Elle l’avait assez fait, penserait toujours à eux. « Tu devrais, tu sais. » Si elle n’était pas plus claire, il ne saurait jamais. « On ne veut te forcer à rien. » Moi. Ton père. Mais on est quand même là à t’envahir sans que tu n’ais rien demandé. « Mais je pense que tu pourras mettre les pieds dehors que lorsque tu lui auras parlé. » Quand vous aurez parlé. Sam est chanceux sans le savoir. Son père est en vie. Ça ne la dérange pas de jouer les entremetteuses. Il pourra lui dire non, trouver qu’elle est allée trop loin mais elle sait que c’est ce qu’ils ont besoin : qu’ils se parlent. Elle aurait bien aimé avoir quelqu’un d’aussi proche à ses côtés pour parler de cette souffrance partagée. Elle a retrouvé des proches, des amis mais rien n’est aussi important que la famille. « T’es pas obligé hein. » Elle dit ça juste comme ça oui. « Mais ça serait bien. »

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Sujet: Re: Dis Petit Prince, dis, redessine-moi l’horizon (Ft Sam)
Lun 1 Mai - 23:33


- DIS PETIT PRINCE, DIS, REDESSINE-MOI L’HORIZON -

Est-ce de la timidité ou tout simplement le fait de se retrouver à ses côtés qui le met dans cet état là ? Lui-même n'en sait rien. Il ne sait plus quoi penser, il ne sait pas comment être ni même quoi dire. Les paroles sortent toutes seules, comme si cela était normal, comme s'ils s'étaient toujours connus. En soit ce n'est pas faux. Sam l'a tant de fois observer du fond de la salle de classe. Il l'observait, voyait comment elle était, lui toujours caché dans l'ombre. Le gamin se demande si un jour il aurait osé lui parler, aller vers elle sans trembler des jambes ou bafouiller des mots inaudibles. Cette pensée le fait sourire intérieurement. Jamais plus il ne sera ce petit garçon craintif et maladroit. Cet enfant restera dans le cadavre encore fumant de ce qui avait été leur maison pendant bon nombre d'année. Il sera toujours au côté de sa mère, ce fragment qui le caractérise devra être laissé ici. Il veut tout recommencer, partir sur de nouvelle base. Découvrir le monde qui l'entour sera alors l'une de ses priorités. Etudier la faune, la flore, la vie sauvage dans sa globalité. Voir tout ça en vrai et non dans un bouquin de seulement dix pages sur le sujet.

Leur discussion continue encore et encore. A vrai dire, il n'a jamais autant parlé avec une fille qu'à ce moment-là. Oui, il n'a jamais été très doué pour les relations sociales et encore moins avec les personnes du sexe opposé. Sam reste aussi maladroit dans ses paroles que dans sa façon d'être. Cependant, pour une fois, cela n'en est pas le cas. Le gamin se sent comme libéré de toute convention ou obligation. Il a l'impression d'être libre de faire ce qu'il veut, au moment où il le souhaite avec qui il veut. C'est pour lui comme un étau qui se desserre dans son ventre, comme une chaîne que Cassandre aurait brisée par sa simple présence. Cela le rassure et lui fait peur à la fois. Si les choses se déroulent comme cela à ce moment précis, qui dit que leurs discussions se dérouleront pareil une fois à l'extérieur de cette bulle de fer qui les entoure. Ici, il se sent protéger, loin du danger, loin du monde, loin de toutes ces choses qui l'effrayent. Pourtant…pourtant…il a cette intenable envie de sortir, de découvrir le monde de ses propres yeux. La vision que sa compère lui fait de l'extérieur est plutôt idyllique, ensoleillé, chaleureux malgré le froid glacial de cet hiver qui lui est encore trop peu connu. La neige, la forêt, les animaux, la nourriture…tout est différent, une perspective nouvelle à découvrir et explorer. Leurs vies ont définitivement changé, rien ne pourra les faire revenir en arrière…

Sans vraiment y faire attention, Sam évite cette question qu'il ne voulait pas entendre. Ou peut-être le voulait-il ?, Après tout, cassie est bien la seule personne à pouvoir le faire sortir d'ici. Lui-même en a envie mais il faut voir la vérité en face, le cœur à sa raison et que la raison ignore.

Quel métier voulait-il faire ? Comment aurait pu être sa vie ? Des questions qu'il se serait posé un jour ou l'autre, ce jour étant bien plus tôt qu'il ne l'aurait pensé. Il sourit un peu gêné par cette question. Il ne sait pas, n'a jamais vraiment su où ses connaissances et son intelligence hors du commun le mènerait. Son père est comme lui, surdoué mais avec la pédagogie en plus. Son métier était alors tout trouvé quand il s'est lancé dans la vie active. Il a toujours été un exemple pour Sam, il a toujours vu son père comme la personne qui lui ressemblait le plus et qui pouvait le mieux le comprendre. Il répond, la voix peu assurée mais pourtant certain au fond de lui que c'est ce qu'il aurait fini par faire. Professeur… ou peut-être gardien du savoir ? Il aimait les archives, il y passait le plus clair de son temps. La discussion continuant, Sam fait en sorte que l'attention se porte sur Cassie. Elle devait en avoir des choses à raconter, des rêves à réaliser. Toujours aussi joyeuse et avec ce sourire d'ange, la brunette reprit la parole après un moment de réflexion :

- On parlait des villes où l’on aurait aimé vivre. La cuisine c’est la même chose, c’est ce que j’aurais voulu faire dans un autre univers. J’aurais ouvert un restaurant sur terre. Avec plein d’étoiles, toutes celles qu’on pouvait voir de l’Odyssée, parfois.

Sam hoche de la tête, happé par les paroles de son amie et de ce futur qui était maintenant presque impossible à imaginer. Aurait-il été de ce monde si les choses c'était passé autrement ? Ses parents n'auraient peut-être jamais eu la chance de se rencontrer, il n'aurait surement jamais connu Cassie et leur vie à tous serait bien différente de celle-ci. Un léger sourire apparaît alors sur son visage, imaginant un magnifique restaurant, une jeune brunette au fourneau, une salle remplie de beau monde et de vie, comme elle l'est maintenant face à lui.

- On se serait peut-être croisé…un jour.

Il n'en doute pas une seconde. A ce moment précis, rien n'aurait pu changer cette pensée qu'ils étaient tous les deux liés malgré les événements étranges qui avaient causé leur rapprochement. Sam est de ceux qui ne croient pas aux coïncidences, de ceux qui pensent que rien n'arrive par hasard. Il se dit que peut importe l'endroit, peut importe le temps ou la dimension ils se seraient rencontrés, lui aurait fini par croiser ce visage qui le rassure, qui lui redonne cet espoir de vivre qu'il perd bien trop souvent au profit de pensées bien sombre. Elle est le rayon de soleil qu'il attendait, elle est tout ce en quoi il croit et croira toujours : que la vie vaut la peine d'être vécue si une personne comme elle est à vos côtés.  Un sourire paisible s'affiche alors sur son visage qui reprend des couleurs au fur et à mesure que la conversation avance. Il pourrait tout faire, chanter, danser, rire aux éclats…dû moment que Cassandre reste près de lui et qu'elle lui fait oublier tous les désastres du monde.

- J’avais juste envie d’être utile là-haut. Ici c’est différent. Ce que l’on mange vient vraiment d’ici, ce n’est pas comparable. C’est amusant que tu me parles d’enseignement parce que c’est ce que j’aurais exercé comme métier dans quelques années si … enfin si rien de tout ceci n’était arrivé. J’imagine que les jeunes ont toujours besoin d’apprendre mais maintenant c’est la cuisine [...] Aux plus jeunes parce qu’on sait bien combien les adolescents de notre trempe peuvent être insupportables.

Cette voix qu'il apprécie tant le fait retourner les pieds sur terre. Il tourne sa tête vers sa nouvelle amie et lui sourit une nouvelle fois, comme-si maintenant il n'arrivait qu'à afficher cette expression sur sa face. Elle aurait pu être professeur, en a bien plus les capacités que le gamin. Cassie est douce, adorable, patiente, sait trouver les mots juste. Sam en est certain, elle aurait été parfaite. Et peut-être que là il aurait pu lui parler ? Aurait-il moins eu le trac ? Sûrement pas mais les choses auraient été…différentes, encore une fois.

- Les ados ne sont pas si détestables que ça…regarde nous ! Enfin toi surtout.

Il lui fit un clin d'œil amusé. C'est vrai qu'il n'a pas été le plus agréable des compagnies depuis leur atterrissage. Perdre sa mère et qui sait d'autre encore, cela en avait été trop pour lui, il avait pété une durite, comme beaucoup aurait pu le faire. Cependant, ne valait-il pas mieux que cela se déroule maintenant, alors que c'est encore la panique dehors, que les choses se mettent en place ? Il en ressortira bien plus fort que la plupart et espère au fond de lui qu'il n'aura plus jamais à revivre une épreuve pareille. Pendant quelque seconde, sans vraiment le savoir, il pense à Cassie, continue de la regarder parler. Et si elle aussi venait à disparaître ? Il ne pourra le supporter. Ne plus voir ce sourire, ne plus voir ses yeux, ses cheveux, sentir son odeur, la regarder vivre et respirer cette joie qui la caractérise.

- Tu aurais trouvé ta voie d’une façon où d’une autre Sam. Tu vas la trouver.

Son espoir lui fait chaud au cœur et l'atteint de plus en plus. Trouver sa place parmi ces gens qu'il évite ? Il en sera capable même s'il ne le pense pas. Son intelligence le mènera loin malgré ce qu'il en dit. Il soupire, regarde une nouvelle fois Cassandre et lui sourit, comme pour lui indiquer qu'il compte faire son possible. Il sait qu'elle le comprend, les paroles n'ont parfois pas lieu d'être. En un simple regard…un simple geste ils peuvent parfaitement se comprendre.

Elle chiffonne le bout de couverture qu'elle a entre les doigts et Sam trouve ça mignon. La brunette se met à parler, parler de choses dont-il ne comprend pas vraiment le but. Qu'elle vienne de son plein gré ou non, elle est là, à ce moment précis et c'est tout ce qui compte pour Sam. Son père, les gens, rien ne la forçait à venir, elle aurait tout aussi bien pu refuser, ne pas faire cas de sa situation et continuer son petit bonhomme de chemin.

- Je sais. Mais tu es là et c’est tout ce qui compte pour moi. Le reste je m'en fiche.

Un sourire radieux sur les lèvres, il l’affiche en direction de celle qui fait chavirer son cœur sans qu’il ne sache pourquoi.

- J’aime bien parler avec toi. Tout est plus facile.

Son cœur s’emballe, son esprit s’embrouille et il ne sait pas quoi faire ni quoi dire.

- Moi aussi... j’aime être…enfin discuter, euh…parler avec toi.

Il se sent rougir et se trouve bête face à elle. Il laisse échapper un rire gêné.

- Tu sais. Je serais venue quand même.

Il comprend directement où elle veut en venir. Il n'a pas besoin d'écouter la suite, c'est parfaitement que ce moment doit bien arriver à un moment donné. Elle est arrivée comme un rayon de soleil et elle l'a poussé sans s'en rendre compte à rester en vie. Cette fille qu'il n'avait jamais osé aborder a tout changé, a modifié le cours de son histoire qu'il aurait voulu finir ici, au milieu des décombres. Une nouvelle chance s'offre à lui et il est prêt, prêt à l'accueillir entre ses bras. Sam entend alors seulement le « ça serait bien ». Oui, ça serait bien, en effet. Elle est là pour le soutenir, jamais il n'oubliera ce qu'elle a fait pour lui. D'un geste las, surement dû au manque de lumière et de nourriture accumulée au cours de ces trois jours, le gamin se lève difficilement. La couverture lui glisse dans le dos et laisse apparaître un corps frêle recouvert de vêtement en lambeau.

*Pitoyable…je suis dans un état pitoyable*

Doucement il se retourne vers Cassandre et lui tend sa main qu'il vient d'essuyer sur son t-shirt. Il ne veut plus de cet endroit, il veut voir ce paysage enneigé dont elle lui a parlé, il veut sentir le froid se poser sur ses mains, sentir la chaleur d'un nouveau foyer, revoir son père et recommencer à vivre, comme il aurait dû le faire depuis longtemps.

- Je suis prêt, prêt à conquérir le monde...si tu promets de rester à mes côtés…quoi qu'il arrive.

Il affiche un large sourire. Sam connait déjà la réponse mais il veut l'entendre, il veut en être sûre, sûre qu'elle sera toujours là pour lui et lui pour elle. Ils devront se serrer les coudes, s'entraider, surmonter les obstacles ensemble.

- Promis ?

Sam reste suspendu aux lèvres de la jeune fille dans l'attente d'une réponse. La main tendue, il attend, encore et encore. Il a cette drôle d'impression que le temps s'est arrêté, qu'ils sont dans une espèce de boucle temporel, loin de tout, loin de cette fichue vie bien trop compliquée pour deux êtres aussi jeune. Que leur réserve-t-elle ? Que vont-ils devenir ? Aucun d'eux ne le sait, personne n'en sait rien. C'est ce qui lui fait peur, c'est ce qui lui a fait peur avant qu'elle n'entre une nouvelle fois dans sa vie. A ses côtés il se sent capable de gravir n'importe quelle montagne, de parcourir le monde ou même de tout simplement danser sous la pluie… La pluie, élément bien étrange qu'il rêve de découvrir, de sentir, de voir de ses propres yeux. Est-ce comme les livres le décrivait  ? Ou bien mieux encore ?

*Un jour, nous danserons sous la pluie, un autre jour, nous chanterons sous le soleil et encore un autre jour, nous rirons sous la neige… Espérons que ses moments soient proches pour que je puisse rester à tes côtés le plus longtemps possible, avant qu'une catastrophe ne vienne nous séparer une nouvelle fois*

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Sujet: Re: Dis Petit Prince, dis, redessine-moi l’horizon (Ft Sam)
Ven 7 Juil - 2:44




Cassandre était ravie. Sam s’ouvrait petit à petit. Ils avaient cessé de se parler sur papier ce qui était à la fois une bonne chose pour le papier et pour eux parce qu’il était toujours un peu plus facile de s’exprimer à voix haute qu’en écrivant des mots maladroits que l’on cherchait sans cesse sur papier. Du moins c’est ce que pensait Cassandre qui appréciait ce moment même si elle y était venue pas forcément de son propre chef au départ. Elle était venue parce qu’elle aidait volontiers, se débrouillait toujours pour être la moins envahissante possible pour ne pas essuyer de rejet, pour ne pas au final que la personne qu’elle avait voulu aider se referme d’avantage sur elle-même. Elle n’aurait pas souhaité ça pour Sam qui était vraiment quelqu’un d’intéressant qui avait plein de choses à raconter. Maintenant qu’il n’était plus replié sur lui-même, il lui semblait qu’il était devenu en espace de quelques minutes un véritable moulin à paroles. Ça la dérangeait pas, au contraire, c’était plutôt agréable de parler ainsi avec quelqu’un de son âge même si de son âge Sam n’était pas le seul. C’était juste différent. Elle partait de zéro lorsqu’elle était venue lui parler et là c’était comme s’ils se connaissaient depuis toujours. S’ils ne parlaient pas à cœur ouvert parce qu’il était assurément un peu trop tôt pour qu’ils en arrivent aussi vite à cette étape, ils parlaient plus facilement, chacun dévoilant à l’autre ce qu’il avait envie de lui dévoiler sur le moment même.

Et si l’instant avait été essentiellement centré sur Sam et la perte qu’il venait de subir, ils n’en avaient pas oublié de parler du futur et ça s’en était un grand pas en avant. D’un jeune garçon renfermé sur lui-même, le voilà qui s’avançait déjà à souhaiter conquérir le monde et Cassandre avait sourit. C’était rassurant de voir qu’il suffisait parfois de bien peu pour faire changer la balance, pour que quelqu’un de mal de sa peau se sente un peu mieux. Cassandre avait eu Willie et Sam l’avait eu elle. C’était comme une entraide éternelle qui s’installait dans ce campement pour veiller au mieux au bien être de chacun d’entre eux comme ils le pouvaient en aidant à leur manière sans trop s’imposer. Elle avait eu peur d’être allée trop loin, de le pousser un peu trop à voir du monde extérieur mais s’était tout de suite sentie beaucoup mieux lorsqu’il ne l’avait pas rejetée. Sans trop savoir pourquoi, elle sentait qu’un tel rejet de sa part même s’il aurait trop été dans la peine et le chagrin pour que cela soit fait de façon volontaire de sa part dans le but de faire mal comme il avait mal, elle savait qu’elle l’aurait très mal pris alors qu’elle était plutôt bonne pâte avec tout le monde sans trop titiller quand quelqu’un ne voulait pas de sa présence. Elle comprenait, n’en était pas envahissante pour autant à vouloir absolument chercher de la compagnie là ou l’on ne voulait visiblement pas d’elle.

Parler du présent plutôt que du passé avait beaucoup aidé dans le changement perceptible dans l’attitude de Sam. Il pouvait aller de l’avant s’il en avait envie et s’il s’en donnait les moyens. Elle voyait dans ses yeux l’étincelle qui lui disait qu’il ne resterait pas indéfiniment coincé dans cette pièce à refuser la nourriture qu’il avait finalement mangée avec elle. Elle le pensait ce qu’elle lui avait dit tant sur ce qu’elle aurait fait dans une vie antérieure ou ce qu’il pourrait faire pour aider le campement tout comme elle pensait lorsqu’elle lui avait dit qu’elle serait venue quand même. Le campement était grand mais entre jeune il était tellement facile de se repérer, de se retrouver qu’elle n’en doutait pas un instant qu’ils se seraient croisés peut-être quelques jours plus tard. Les jeunes auraient parlés d’un Sam dans le vaisseau et elle serait venue naturellement le voir. C’était une certitude venant du caractère de celle qui n’aimait en laisser d’autres dans leur détresse surtout lorsque cet autre était Sam, quelqu’un qu’elle connaissait même juste de vue.

Elle avait hoché la tête à l’affirmative à cette idée qu’ils se seraient croisés même dans une réalité alternative. C’était possible, non ?  C’était comme s’ils étaient les mêmes, vivaient les mêmes vies mais de façon différentes. En rencontrant ces mêmes personnes tout en leur donnant cette chance de choisir de vivre leur vie de façon différente. C’était plutôt chouette de se l’imaginer.

« Les ados ne sont pas si détestables que ça…regarde nous ! Enfin toi surtout. » Elle roula des yeux, amusée par le commentaire prononcé surement pour ne pas la vexer. C’est qu’ils sont tous les deux dans cette situation amusante qui les pousse à se lancer des compliments à la figure même s’ils en pensent chacun de leurs mots sans pour autant comprendre cette raison qui poussent ces paroles à franchir cette barrière qui les gardait bien protégées dans leurs pensées. Un silence s’installe avant qu’il ne se tourne à nouveau vers elle la main tendue sans qu’elle ne sache trop qu’en faire sur le moment avant de comprendre qu'il s’agissait là bien d’un pacte qu’ils scellaient tous les deux. Jamais plus l’un sans l’autre, cap ou pas cap ? Un sourire amusé mélangé à l'air grave se dessine sur son visage lorsqu'elle se décide à dire oui à ce pacte à la fois enfantin mais pourtant tellement sérieux qu’ils sont entrain de formuler à voix haute. « Promis, Sam. » Elle lui tendit la main à son tour et tout en étant un peu amusée de cette scène, dans aucun de ses mots ne se ressentait la tonalité du mensonge. Ces deux mots, elle y croyait, les pensait bien fort avant de prendre l’initiative de lui serrer la main. « Mais si on doit conquérir le monde, va falloir que je te trouve autre chose à te mettre sur le dos. » Parce qu’il était bien évidemment hors de question de partir à l’aventure ainsi habillé : en à peine une journée de leurs folles aventures il trouverait la mort, transis de froid à travers ses vêtements en lambeaux. « Allez viens, il doit bien rester quelque part des vêtements encore à ta taille. »

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Sujet: Re: Dis Petit Prince, dis, redessine-moi l’horizon (Ft Sam)
Mer 13 Sep - 20:17


- DIS PETIT PRINCE, DIS, REDESSINE-MOI L’HORIZON -

Dans sa maladresse éternelle, Sam commence à gigoter sous cette couverture qui les recouvre de sa douce chaleur. L'air est frais, une buée légère apparaît comme par magie à chaque souffle des deux enfants. Le gamin est perdu, l'était avant qu'elle n'entre dans la pièce. Alors qu'il l'avait vu arriver, tout c'était éclairci et tel un ange, elle est venue poser ses ailes autour du fragile enfant qu'il était. Une douce mélodie fait revivre son cœur bien trop noircit par cet évènement qui a gâché sa vie. La carcasse de métal se désagrège tout comme l'esprit démesurément remplit de cet être recroquevillé sur lui. Petit à petit, au fil des conversations, son corps s'ouvre, son esprit se libère de cette entrave qui le maintenait prisonnier. Il peut enfin respirer, s'afficher au grand jour, laisse son cœur meurtri face à la foule qui n'attend plus que lui. Que va-t-il devenir ? Il n'en a pas la moindre idée. Mais à ses côtés, au côté de Cassandre il se sent capable de gravir toutes les épreuves du monde. Est-ce bien d'autant s'attacher à une personne ? Est-ce raisonnable de portée tous ses espoirs en cet être qu'il considère comme la perfection en ce bas monde ? Il se pose trop de questions, s'imagine tout un tas de choses qui n'arriveront peut-être jamais. Et si elle venait à disparaître, tout comme sa mère à cet instant fatidique de leur misérable vie ? Cette idée noire le terrifie, le fait reculer d'un pas. Cependant, son visage apparaît et les pensées sombres disparaissent une nouvelle fois pour faire place à la lumière, cette lumière qu'elle transmet sans en avoir conscience. C'est ça qu'il trouve beau chez cette fille, son innocence, sa candeur qu'elle affiche. Sam sait bien qu'elle n'est pas aussi naïve qu'elle le laisse paraître mais son sourire et ses yeux qui pétillent lui font penser le contraire. Cassandre est belle et le sera toujours dans l'esprit bien trop remplit de cet adolescent bien trop préoccupé par les évènements passés.

Le gamin en vient à parler d'un autre temps, d'une autre dimension. Ils se seraient rencontrés, il n'en aurait pas été possible autrement. Comment aurait-il fait sinon pour ressentir cette joie qui le pousse à accepter ce qu'il est et ce qu'il s'est passé. Cette fille, aussi insignifiante soit-elle pour la plupart des gens, lui permet d'avancer, de faire face à cet avenir incertain qui ce profil à l'horizon. Alors qu'elle vient de répondre à l'affirmative d'un petit hochement de tête, un sourire ravit apparaît sur le visage poussiéreux du blond. Ils étaient liés, il en était certain maintenant. Cela peut paraître irrationnel et complètement idiot de sa part de penser cela mais elle lui faisait tourner la tête et perdre l'esprit. Cassandre était le soleil de sa vie et il ferait tout pour qu'elle le reste, qu'elle soit celle qu'elle est aujourd'hui, demain et dans les années à venir.

C'est alors qu'une idée mûrit rapidement dans la caboche du gamin. Se tournant vers celle qui remplit l'entièreté de ces pensées, il lui tend sa main. Un pacte. Ils allaient formuler un pacte qui les lieraient tous les deux, quoi qu'il advienne. Ce geste pouvait paraître enfantin et complètement idiot mais il était rempli de sens et de non-dit, rapprochant les deux jeunes adolescents bien plus qu'ils ne pourraient l'imaginer. Il ne voulait plus redevenir celui qui l'était à ce moment-là. Il voulait changer, s'affirmer, grandir, devenir adulte… c'est elle et ce qui les liait à présent qui construirait l'homme qu'il allait être. Un sourire étrange mélangeant amusement et sérieux apparu sur le jolie visage de celle qui faisait battre son cœur. Cette réaction pourtant si simple rassura le garçon et lui fit comprendre à cet instant précis que jamais ils ne se laisseraient tomber.

- Promis, Sam.

Ses mots raisonnent encore dans sa tête à ce jour. Elle l'avait promis, lui aussi. C'était des mots francs, pleins de sens et d'enthousiasme. Un large sourire apparut sur les lèvres de Sam quand la main de son amie entra en contact avec la sienne. C'était surréaliste, un moment hors du temps comme il aime l'appeler. Puis la vie reprend, le temps s'écoule, calmement, doucement, et la belle reprend la parole, guillerette et souriante :

- Mais si on doit conquérir le monde, va falloir que je te trouve autre chose à te mettre sur le dos.

Le gamin jeta un coup d'œil à ses vêtements. Il se senti gêné mais aussi amusé par la réflexion de la jeune fille. Ses habits étaient ceux qu'il portait avant la chute de l'Odyssée. Leur état était déplorable, déchirés durant la descente en enfer et poussiéreux par le temps passé ici, renfermé sur lui-même. Il ferait presque peur à voir avec son corps mince et son visage cerné. Il n'a presque pas dormi depuis qu'il est là, n'a rien mangé de consistant. Par ailleurs son ventre se met une nouvelle fois à faire parler de lui, gargouillant à l'idée de manger, enfin, un plat chaud et bien garnit. Cassandre, toujours avec cette gentillesse qui la caractérise, pousse inconsciemment Sam vers la sortie. Des vêtements propres, un endroit chaud et confortable pour dormir. Voilà l'image qu'il a en tête à cet instant. D'un geste difficile mais plein d'entrain, le blond se lève et regarde en direction de la sortie. Il veut sortir, veut voir la lumière du jour, sentir le vent souffler sur sa peau et décoiffer ses cheveux déjà bien mal présentés. Derrière lui il sent le soutien de Cassie, sa main sur son épaule, le guidant tel un aveugle vers l'entrée qui le mène à sa nouvelle vie. Puis c'est là qu'il le voit, son père, cet homme à l'air triste et désemparé. Son regard s'illumine alors qu'il voit son fils sortir de la bête de fer. Les retrouvailles sont intenses, pleines de larmes et de joie. Certes la femme qui les aimait n'est plus mais à eux deux ils pourront reconstruire ce qu'ils ont perdu. Enlacé, heureux, Sam jette un œil vers celle qui lui est venue en aide. La fille de son cœur s'éloigne au loin, le garçon lui sourit. Cela faisait longtemps, bien trop longtemps qu'il ne s'était pas senti aussi léger. L'amour donne des ailes, il rend aveugle mais il donne aussi du courage et de la force. Le fin visage de la belle Cassandre restera à jamais gravé dans la mémoire de ce petit prince qui avait trouvé sa rose.

- Merci...


by exception

A suivre...
 

Dis Petit Prince, dis, redessine-moi l’horizon (Ft Sam)

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