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˜˜˜˜˜˜“ We want the same thing, just have to admit it. ” (richard)
maybe life should be about more than just surviving


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20/12/2016 ELOW ; 426 JAI COURTNEY ; ELOW ; INFORMATICIEN ET LIEUTENANT REBELLE / SPECIALISTE EN INTELLIGENCE ARTIFICIELLES, NOTIONS EN MÉCANIQUE ET ELECTRONIQUE, GÉNIE INCOMPRIS ; 45
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Sujet: “ We want the same thing, just have to admit it. ” (richard)
Ven 23 Déc - 10:31




We want the same thing,
just have to admit it.
23 décembre 2116

Il n'y a que le silence pour réussir à calmer les inquiétudes de Devos. Les Terriens, ils ne les aiment pas. Il n'a rien contre eux, il veut juste éviter le moment où il devrait faire face à l'un d'eux. Les quelques têtes qu'il a vaguement repérées, ne lui inspiraient rien et celle que les siens ont ramenés au campement, il n'ose même pas la regarder. Pour l'instant, c'est trop tôt. Il ne peut comprendre leur dialecte et sa façon de voir les choses sont beaucoup trop éloignées des techniques précaires des autres. Pourtant, une part de lui est jaloux. Une part de lui est en colère. Parce que l'environnement qui l'entoure est un mystère. Peut-être aurait-il dû faire plus attention durant les cours sur la terre et ses éléments, mais maintenant c'est trop tard. Râler pour un truc qui ne pouvait pas changer, c'était inutile. Alors Devos se concentre sur ce qu'il sait, sur ce qu'il peut faire. Outre son impression d'avoir enfin la liberté d'explorer des possibilités limitées sur l'arche, il sent aussi que le moment approche. Le moment où les choses vont changer. La décente sur terre, être ici, a enclenché une première phase de nouveauté, de découverte aussi. Ils étaient moins nombreux, donc encore plus focalisés sur l'importance du groupe et de la communauté. Et Devos encore plus à cheval sur la rébellion. Il était certes occupé, toujours à bricoler à droite et à gauche, toujours à laisser son imagination prendre le dessus sur les utilités de certains matériaux devenus obsolètes, toujours à regarder ce qui peut être fait pour retrouver un semblant d'énergie, mais il n'oubliait pourquoi il se battait.

Mais pour une fois, il était simplement assis. Concentré sur le néant qu'était son esprit. Il repensa à ce qui était arrivé dernièrement, à ce qu'il devait faire pour améliorer la situation. Beaucoup soutenaient encore le conseil, beaucoup se mettaient à douter d'une telle hiérarchie. Surtout depuis ce qui s'était passé le mois dernier. Devos voyait là une opportunité pour rallier certaines personnes à la cause rebelle. Il se trompait rarement. Certains noms avaient flotté dans l'air, Devos ayant eu un regard assez neutre sur les choix. Il ne propose jamais personne, précisant souvent qu'il ne savait pas juger les gens, car il oubliait toujours de prendre en compte des éléments sentimentaux et émotionnels. Ils s'étaient habitués à sa façon de parler, de regarder le monde. Plus personne ne le dérangeait vraiment sur ses particularités et de toute manière, il n'essayait pas de changer. Ceux qui le connaissaient réellement, savaient qu'il ne pouvait pas changer. Ceux qui s'accrochaient à une réputation aussi brumeuse qu'incompréhensible, continuer de le regarder d'une manière qui aurait irrité n'importe quel homme. C'était comme si certain lui jeter le mauvais oeil. Après tout, comment se fait-il que lui soit en vie, quand sa mère était morte ? Ah, celle que tout le monde a toujours tant apprécié... Devos semblait vivre sous son ombre. Un peu comme son père, qui gardait le silence et faisait ce qu'on lui disait sans pour autant vouloir vivre, réellement. Il était toujours en phase de deuil. Et c'était insupportable pour Devos. Le lien qu'il avait avec son père était en train de se détruire.

Avec l'hiver, les températures et le manque de ressources, Devos se sentait aussi impuissant que les autres. Il savait aussi que c'était un signe. Les expéditions devraient être plus nombreuses, ils n'étaient pourtant pas assez et intelligents pour se permettre de partir sur les terres inconnues, à chercher ce qui est nécessaire à la survie de tous. Pires, ils n'avaient pas tous le physique et l'endurance. Devos semblait appartenir à une catégorie de gros bras aux yeux des autres, ce n'était pourtant pas le cas. Certains voulaient le voir partir avec les autres, se montrer plus actifs... Il avait hérité ça du côté de son père, sans doute. Sans oublier toutes ses heures à tuer face aux machines parfaitement fonctionnelles et répétitives. S'il avait beaucoup travaillé sur sa mémoire et les informations récoltées par les serveurs, il s'était aussi occupé physiquement. Une routine du matin, un espèce d'enseignement traditionnel pour maintenir une santé physique irréprochable. Un héritage du passé, transmis d'un pays à un autre. Quelque chose entre le yoga, le contrôle de la respiration, les étirements et le gainage. Aujourd'hui, avec sa barbe incontrôlable et son regard d'acier, il avait aussi la sensation qu'il parvenait à imposer une certaine crainte. Il ne sait pas s'il doit s'en vanter.

Le silence ne dure jamais. Pas ici. Très vite perturbé par des conversations qu'il ne devrait pas entendre, Devos sort d'un des dortoirs de l'épave pour aller affronter son pire cauchemar. Le froid, intense, brumeux, lui fait presque regretter son geste. Il se dirige vers le grand feu, s'installant à proximité de Richard qu'il remarque là, convaincu que sa présence le dérangera moins que les murmures dans l'obscurité de ceux avec qui il partage le dortoir.

Tu prends une pause, Coben ? Lance-t-il, le regarde plongé dans les flammes. Devos avait eu le temps de s'habituer au jour et à la nuit, mais il y avait toujours quelque chose de dérangeant quand les étoiles là-haut apparaissaient. Il se retrouvait parfois perturbé par le ciel noir et le manque de luminosité. Ce qui le rendait souvent plus grincheux qu'il ne l'était déjà.


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23/05/2015 avengedinchains 1265 Andrew Lincoln lux ♥ / sign by Alas Chef de secteur devenu chef de la garde après le crash. 1
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Sujet: Re: “ We want the same thing, just have to admit it. ” (richard)
Lun 26 Déc - 16:58



WE WANT THE SAME THING
just have to admit it

richard&devos
Richard a pris des décisions bancales au cours de son existence. Il n’a pas toujours eu le choix mais disons qu’il est plus facile de l’accuser que de comprendre ce qui a pu se passer au cours de sa vie. Le chef de garde a déjà eu l’occasion de faire face aux doutes et incertitudes de certaines personnes ici. Avant de parvenir à lui faire confiance, il faut déjà réussir à faire face à ce qu’il a pu faire dans le passé. Les gens ne font pas la différence et dès qu’un homme fait le nécessaire pour que ça se passe bien, il devient presque impossible de revenir en arrière. Il regrette les choses qu’il a pu faire lorsqu’ils étaient dans l’espace. Il était question de protéger les siens et de faire le nécessaire pour que sa famille soit à l’abri. Mais ça ne veut pas dire qu’il a toujours eu raison. Sans prétendre qu’il fait désormais amende honorable, il fait de son mieux pour que la vie ici se passe mieux. C’est une seconde chance pour tout le monde mais aussi pour lui. On ne peut pas vraiment dire qu’ils aient le choix, de toute manière. Le chef de garde a, depuis peu, arrêté de vouloir satisfaire tout le monde. La majorité suffira. Encore que, il se contente des personnes pour qui il a une grosse estime. Tout lui paraît plus simple à supporter, lorsque les choses sont ainsi. Mais ça ne veut pas non plus dire que c’est plus supportable. Depuis son dernier échange avec Emilia, il a réalisé qu’on l’accusait de choses dont il n’a jamais été vraiment responsable. Et il s’est mis à voir le monde différemment. Pourquoi n’aurait-il pas le droit de profiter de tout ce qui l’entoure, lui aussi ? Il garde ses responsabilités, fait de son mieux pour que ça ne dégénère pas, mais à aucun moment il ne se mettra à prétendre que tout va bien, cela dit. Rien n’est jamais facile. Et ça ne risque pas de changer. Il apprend à devenir égoïste, disons. Et il apprend également à mettre en doute les décisions du conseil. Parfois, il se surprend même à leur faire part de son point de vu. Faut dire qu’avec le temps, on peut bien dire qu’il a réussi à obtenir la confiance de ces personnes, n’est-ce pas ? C’est qu’il faut bien que ça arrive, à un moment. On ne peut pas toujours être méfiant avec les gens, au bout d’un moment, il faut bien que ça évolue, n’est-ce pas ? Pour autant, il n’ira pas caché qu’il ne se permet pas tout pour autant.

Les journées sont de plus en plus courtes et la nuit se faufile toujours lorsqu’ils ne s’y attendent pas. L’hiver s’est installé et comme l’an passé, il promet d’être difficile. Bien sûr, il ne s’en tracasse plus vraiment. L’an dernier, ses mésaventures désobligeantes ont surtout eu lieu parce qu’il n’était pas seul. Il se souvient notamment de la mauvaise blessure de Leary et de l’expédition considérablement raccourcie qu’ils ont eu. Il ne s’en formalise pas, bien sûr, mais il espère que cette année, les choses seront plus simples. Au niveau des ressources, cependant, ça n’en prend malheureusement pas la direction. Il va encore falloir se serrer la ceinture et faire de son mieux pour rester en vie. Se serrer les coudes, notamment. Mais quand on voit les dispositions de certains, il est plus facile d’émettre quelques réserves. Non que ce soit plaisant à entendre, au contraire même. Mais il s’agace face au comportement de certaines personnes qui semblent à tout prix vouloir survivre tout en étant assistés. Si tout le monde y allait de son petit coup de main, les choses seraient bien plus faciles et supportables. Mais ça, bien évidemment, personne n’est apte à le comprendre.

Un soupir s’échappe de ses lèvres alors qu’il se met à penser que pour cette journée, il a déjà bien assez donné. Fatigué, il songe à s’avancer vers le feu de camp et s’asseoir près de lui, tout en observant le campement s’endormir doucement. Parce que c’est un peu de ça qu’il va finalement être question. Lorsque la nuit tombe, les gens ne se tracassent pas quant à savoir s’il y a besoin d’aide quelque part. Il y a ceux qui surveillent et il y a les autres, qui vont aller se coucher en comptant sur les autres pour sacrifier leurs vies plutôt qu’eux. Il serre les dents, alors que cette pensée l’agace une nouvelle fois. Si tout le monde s’y mettait, il est fort probable que la vie au campement aurait été plus supportable. Oui, une évidence même. Mais bien sûr, il n’en parle pas à voix haute. Au moins, il sait sur qui il peut compter lorsqu’il en a besoin. Disons juste qu’il espère que l’on ne viendra jamais lui demander de faire davantage. Autant dire que ça se passerait salement, si ça venait à arriver. Pour autant, il sait aussi qu’il ne peut forcer personne à agir. Ce n’est certainement pas à lui d’inciter les gens à se bouger. Mais ça, le conseil ne le fait pas. Eux-mêmes ne semblent pas décider à bouger pour aider le campement à mieux survivre. Mais cela fait juste parti de ces petites choses qu’il aurait sans doute fait autrement. Que pourrait-il bien en dire hein ?

Ce dont il a pu parler avec Murphy ou encore Tennessee, ça ne change pas grand-chose. Dans le fond, il a bien du mal à voir ce qu’une quelconque rébellion pourrait apporter à la vie du campement. Il ne veut pas jouer les débiles ou se montrer insupportables mais c’est pourtant bel et bien à ça qu’il est contraint de faire face. Alors, il reste à sa place, il n’y pense pas vraiment mais sans doute devrait-il le faire. Parfois, il se demande qui on pourrait mettre au pouvoir à la place d’un Chancelier presque inexistant. Et il en vient à se dire que s’il ne trouve pas une réponse à cette question, c’est qu’il n’est peut-être pas temps pour eux de changer. Mais comment savoir hein ? « Tu prends une pause, Coben ? ». Assis devant le feu, il observe Devos s’installer non loin de lui, lui tournant un sourire poli. Ils n’ont pas souvent eu l’occasion de bavarder, depuis qu’ils sont tous les deux sur Terre, c’est vrai. Il ne sait pourtant pas bien ce qu’il pourrait lui dire mais… Il n’y a pas de réel mode d’emploi pour entraîner une conversation entre deux hommes. Et faut dire ce qui est, ils n’ont que bien peu de choses en communs. Encore que, il s’agit de personnes et de son point de vu à lui, s’il pouvait un peu moins rôder autour de Murphy ou de Tennessee, tout irait pour le mieux. Mais ça, ce n’est sans doute pas à lui de le dire à voix haute. « On peut dire ça, oui. Je profite de la chaleur du feu. Et toi alors ? Tu viens me tenir compagnie ? ». Autour d’eux, le calme s’installe doucement. Il prend son temps, bien sûr, et certaines personnes continuent encore à rôder. Mais ils sont plus ou moins tranquille, une tranquillité à laquelle il est difficile de penser.

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Sujet: Re: “ We want the same thing, just have to admit it. ” (richard)
Dim 1 Jan - 13:31




We want the same thing,
just have to admit it.
23 décembre 2116

Pour beaucoup de choses, Devos se contentait d'ignorer les questions. Il laissait ces choses de côté, sans se soucier de l'importance des mots qui traversaient son esprit et celui des autres. Il divisait ses tâches, s'organisait et délaissait ce qui ne pouvait pas influencer directement le cours de sa journée. Il n'avait pas le choix. C'était une façon de fonctionner, de garder la tête haute dans les situations les plus encombrantes, de ne pas se laisser submerger par des problèmes qui ne pouvaient pas forcément être résolus en une fraction de seconde. C'est sans doute ce qui lui donnait cette impression de ne pas avoir de sentiment. De ne pas réfléchir comme les autres. Parce que Devos n'exprimait pas directement ses ressentis et qu'il ne répondait pas à celui des autres. Il se contentait de suivre ses objectifs, convaincu qu'il était plus important d'être concentré et d'accomplir ses petites missions, plutôt que de s'arrêter un instant et de réfléchir à toutes ses autres choses à faire dont il ne pouvait pas réellement s'occuper. Ses journées ne se ressemblaient donc jamais vraiment. Certains pouvaient le croire, certain pouvait même trouver ça embêtant. Un informaticien sans la technologie adéquate devenait visiblement obsolète. Que pouvait-il faire sans une tablette ou un écran ? Qu'elle était désormais sa place sur terre, là où la technologie même avait dévoré les environs ? Devos n'avait pas faibli devant les regards. Le petit génie détesté se fichait pas mal de l'importance que son être avait aux yeux des autres. Il s'était rapidement occupé des ressources, des matériaux, de ce qui pouvait être sauvé de l'épave, prenant instinctivement une place majeure dans une hiérarchie toujours bloquée, toujours trop superficiel. Être sur terre n'avait en rien aidé sa situation de persona non grata. Les mots en silence se frayaient parfois un chemin vers son oreille et Devos percevait bien qu'il restait toujours ce personnage un peu à part dont on avait parfois peur. Il ne pouvait pas dire que ça le dérangeait, car c'était tout l'inverse. Il se plaisait dans cette solitude, dans cet éloignement. Il n'aimait pas la compagnie des gens qui étaient franchement stupides. Alors tout ça, toute cette réputation construisait dans l'espace, cette aura qui l'avait suivi jusqu'ici, cela lui convenait parfaitement.

On ne lui faisait pas confiance. Et il ne faisait confiance qu'à très peu de personnes. Dans son quotidien, il aborde une assurance qui frôle la prétention, mais la situation n'est plus comme avant. Il ne peut plus se contenter de rester entre quatre murs à explorer des objets inconnus qu'on lui rapporte. On attend de lui, désormais, qu'il utilise sa forme et sa santé dans le but d'explorer, d'aider, physiquement, mécaniquement, pour le bien commun. Pourquoi personne ne comprenait que ce qu'il faisait déjà, était pour ce même bien commun ? Pourquoi était-il toujours nécessaire d'accomplir une action physique et parfois douloureuse pour prouver sa valeur ? C'est ces questions-là qui effleurent son esprit alors qu'il se dirige vers le feu de camp. Et puisqu'il n'y avait rien pour éloigner ces questions de son esprit, Devos doit les affronter. La nuit, c'est cette chose horrible qui le pousse à rester en tête à tête avec lui-même et ce n'était pas très plaisant.

On dirait bien. La tranquillité du coin est surprenante. C'est l'effet du calme de l'obscurité qui force la plupart à s'endormir et à ne plus réfléchir. Il y a bien des formes, des ombres encore vivantes qui traient et qui surveillent. Sans eux, le campement ne survivrait pas. Faut croire que je préfère ta compagnie à celles des murmures sans valeur d'abrutis qui n'ont pas compris le principe d'un dortoir. Parfois il se demande s'il ne devrait pas s'occuper d'organiser les choses différemment dans le campement. S'il ne faut pas ouvrir les yeux à certains, trop assisté pour aider et améliorer la vie de tous.

Après tout ce temps, il y en a encore qui ne savent faire qu'une chose : se tourner les pouces. Il se plaint, il a le droit. L'homme le déçoit constamment, de la même manière qu'il se déçoit parfois lui-même. Ce ne serait pourtant pas difficile de tous faire quelque chose, avoir un rôle et ne pas rester inactif attendant patiemment que les choses viennent d'eux-mêmes. Il n'est pas inactif, lui, il se bat pour ce en quoi il croit. De la même manière qu'il sait que Richard n'est que rarement assis près du feu, à prendre une bouffée d'air.


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23/05/2015 avengedinchains 1265 Andrew Lincoln lux ♥ / sign by Alas Chef de secteur devenu chef de la garde après le crash. 1
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Sujet: Re: “ We want the same thing, just have to admit it. ” (richard)
Dim 15 Jan - 21:37



WE WANT THE SAME THING
just have to admit it

richard&devos
Lorsque le soleil se couche, le campement prend une toute autre tournure, une situation qui s’améliore, une histoire qui s’arrange… Il n’y a pas grand-chose à en dire, évidemment, mais il est évident que dès que les rayons de lumière viennent à doucement disparaître, Richard constate que le campement se déserte. Les gens ne le quittent pas, bien sûr, il ne faudrait pas non plus se mettre à imaginer une chose pareille. Pour autant, ils vont tous se coucher à une vitesse improbable et incroyable. Une chose qu’il est grandement difficile de comprendre mais que pourrait-on vraiment en dire, hein ? Il ne peut vraisemblablement pas forcer les gens à rester debout juste parce qu’il n’est pas convenable d’aller se coucher. Ce serait assez ridicule et il ne risque pas de laisser ça de côté. Mais il est vrai qu’il est un peu agaçant de voir avec quelle rapidité le campement réussit à être déserté en si peu de temps que c’est déprimant. Il aimerait que certains s’attardent, qu’ils observent ou qu’ils demandent s’ils ont besoin d’aide. De près ou de loin. Il ne demande pas grand-chose, en réalité, mais il peut comprendre aisément que les choses ne sont pas faciles à capter. Il n’a pas envie de devenir sévère, de devenir détestable. Il n’est pas toujours à son aise et sur bien des points, il a été amené à faire des gaffes. Mais il n’apprécie absolument pas d’avoir à se prendre la tête pour des choses sans l’ombre d’un intérêt. Parce que tout ceci n’aurait pas l’ombre d’un intérêt, si les choses avaient été différentes. En ferait-il toute une histoire si lui-même était tranquillement dans son coin, sans avoir à réfléchir à quoi que ce soit ? Il n’en est pas certain, non. Il n’est pas toujours très adroit sur les choses du monde, c’est vrai. Et il n’a pas vraiment sa place pour remettre les choses au clair. Certes, oui, il est chef de garde et il pourrait être en mesure de dénoncer bien des choses. Mais ce n’est pas supposé être son problème. De ça au moins, il en a conscience. Les choses ne sont pas aisées et il n’est pas vraiment nécessaire d’en rajouter une couche quand on a l’impression que quelque chose ne va pas.

Assis près du feu, il n’a pas non plus envie de ruminer ses pensées à propos d’une chose qui ne lui plaît pas et qui continue à lui taper sur les nerfs, malgré tout ce qu’il pourrait en dire. Il y a qu’il en a assez de toujours voir les mêmes se bouger et de voir les autres se traîner. Il n’apprécie pas le fait de se bouger plus que le conseil, plus que le chancelier lui-même. Ceux qui sont dépassés continuent de lui taper sur les nerfs parce qu’il est clairement incapable de comprendre pourquoi ils ne sont pas en mesure de prendre un semblant de décision. Tout ceci doit prendre fin mais ce n’est malheureusement pas à lui d’en dire quelque chose parce que ce n’est pas vraiment sa place. Alors il serre les dents, parce qu’il en vient à se dire que c’est là sa seule option. Il perd patience, en réalité, il ne devient plus la personne qu’il aurait pu être par le passé. Et il faut réellement que les choses s’arrangent parce que c’est un besoin évident qu’on ne peut pas laisser de côté. Ce campement continuera à perdre des gens si personne ne se décide à se bouger. Ils ne seront jamais assez pour tous les défendre s’ils ne sont pas un minimum en mesure de le faire eux-mêmes. Et il faudrait mettre ça en place. Il y songe mais… Peut-il vraiment y mettre la forme qu’on pourrait en exiger ? Il n’en est pas vraiment certain. Encore une fois, il ne peut forcer personne. Mais parfois, il aimerait le faire ou du moins, avoir la possibilité de le faire.

« On dirait bien. ». Un peu de compagnie ne fera certainement pas de mal à Richard, bien qu’il trouve son camarade d’un soir un peu étrange parfois. Disons qu’il n’est pas toujours facile de cerner Devos, et qu’à le voir continuellement traîner autour des filles qu’il affectionne, il ne sait pas vraiment ce qu’il est supposé en penser. Mais bon, il n’est le père d’aucune d’elles et de ce fait, il n’a guère le loisir de les prévenir ou de faire davantage attention à elles. Il se doit de serrer les dents et de se faire présent si quelque chose vient à mal se passer. Mais il espère que ça n’arrivera pas, tout simplement. « Faut croire que je préfère ta compagnie à celles des murmures sans valeur d'abrutis qui n'ont pas compris le principe d'un dortoir. ». Il n’est facile pour personne de se mêler comme ça, c’est vrai. Il a préféré la fraîcheur de l’extérieur pour se confectionner un semblant de tente, plutôt que d’avoir à traîner avec trop de monde sous le même toit. Et en plus de ça, il ne va pas cacher qu’il ne le connait pas vraiment et qu’il faudrait qu’il prenne un peu de temps pour ça, avant toute chose. Il s’en veut, à ce propos, d’ailleurs. Il se sent parfois bien ridicule et il se le reproche. Ils ne sont plus très nombreux et certes, ça reste un nombre assez important mais il est persuadé qu’il pourrait malgré tout prendre le temps de connaître quelques personnes. S’il en avait vraiment envie, cela dit. Il n’est pas forcément doué pour taper la conversation avec les gens. Pour sympathiser ou ce genre de chose. Mais il fait ce qu’il peut, ce dont il est capable. C’est déjà bien. « Voilà pourquoi je me suis fait une tente. J’ai mon petit trou. ». S’il peut le dire ainsi. Il ne croule pas sous l’intimité pour autant, et son espace est grandement limiter parce qu’il ne voulait pas prendre trop de ressources juste pour lui. Après, c’est un sujet à rumeurs et railleries, il a même trouvé le moyen de garder un peu d’espace si quelqu’un vient à vouloir partager sa couche. Cela n’arrive jamais, bien entendu. Du moins, ce n’est encore jamais arrivé. Mais ça ne le dérange pas. Il fait son petit trou, il a son intimité, bien que primaire, et il est à l’abri des regards s’il le souhaite. Il en avait besoin. « Ce n’est pas confort, et c’est presque à même le sol mais… C’est juste une habitude à prendre ». Une vulgaire habitude à prendre et on ne risque pas de le lui reprocher, n’est-ce pas ? Et si on le lui reproche, il s’en fout. Il n’est pas le seul à le faire.

« Après tout ce temps, il y en a encore qui ne savent faire qu'une chose : se tourner les pouces. ». Il soupire à ce songe. Non pas parce que ce qu’il dit est désespérant, davantage parce qu’il pense de l’exacte même manière. Il ne supporte pas ceux qui se tournent les pouces et pourtant, il a l’impression qu’ils sont nombreux et qu’il faudrait juste un peu les secouer pour que cela cesse. Malheureusement, ce n’est pas comme ça que cela fonctionne. « Je ne peux qu’être d’accord. Ils sont là, à attendre que les choses se fassent ». Il baisse le regard, serre les dents. Il n’a pas non plus envie de casser du sucre sur le dos des gens qui ne le désirent pas. Qui n’ont rien demandé. Après une année, il est plus difficile de les secouer et de leurs dire qu’ils ne font pas suffisamment d’effort. Mais… Oui, il faudrait bordel. Il faudrait vraiment. Sans doute n’a-t-il pas un caractère suffisamment fort pour cela, mais il n’a plus non plus la patience. Et avec le conseil, il n’est même pas certain d’avoir le droit de prendre une telle liberté.

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20/12/2016 ELOW ; 426 JAI COURTNEY ; ELOW ; INFORMATICIEN ET LIEUTENANT REBELLE / SPECIALISTE EN INTELLIGENCE ARTIFICIELLES, NOTIONS EN MÉCANIQUE ET ELECTRONIQUE, GÉNIE INCOMPRIS ; 45
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Sujet: Re: “ We want the same thing, just have to admit it. ” (richard)
Mar 31 Jan - 19:31




We want the same thing,
just have to admit it.
23 décembre 2116

Il y avait un son parfaitement mécanique à ce feu sous ses yeux. Comme des rouages invisibles qui permettaient chaque mouvement, chaque oscillation de chaleur. Devos aurait pu se perdre à regarder là l'enchainement parfaitement aléatoire du feu, rarement guidés par les masses d'air qui l'entouraient. Il y avait pour Devos, une logique à chaque chose. Une pertinence a chaque question. Et il y avait des instants où son esprit souhaite le silence, comme un ordinateur en zone de surchauffe qui souhaite simplement redémarrer. Il comprend cette envie d'aller dormir dès que la nuit tombe. Mais il n'est pas satisfait du peu de sommeil qu'il parvient à acquérir. La vie sur le campement est très différente de ce qu'il avait vécu là-haut, dans le ciel. Elle est si différente, qu'elle a transformé certaines personnes. Elle les a changés. Devos ne veut pas changer. Il ne veut pas devenir quelque chose qu'il n'est pas, il ne veut pas qu'on formate son cœur par besoin d'adaptation. Fidèle à ce qu'il accepte et ce qu'il ignore, il est parfois observé avec curiosité. Pourquoi fait-il ça et non ça ? Pourquoi ce mot et non un autre ? Devos a toujours eu l'impression de vivre dans un monde à part, mais maintenant, c'était différent. Son monde s'était effrité, entrant en collision avec celui de la terre. De cette planète qu'il avait vu du ciel, qu'il avait ignoré pendant des années. C'était un facteur qui n'entrait dans aucune équation. Jusqu'à ce que le temps se soit furieusement accéléré pour imposer l'inévitable. Ils auraient pu mourir là-haut, mais ils allaient mourir ici. Des hommes, nées dans le ciel, voisin des étoiles, allaient s'éteindre sur terre. Devos trouver ça ironique. C'était cette même terre que les hommes avaient détruite par le passé, cette même terre qui avait englouti le reste de l'humanité, laissant derrière elle quelques survivants. Devos avait bien trop peur de ces survivants pour les affronter. La manière dont ils agissent, dont ils parlent, dont ils regardent les choses… tout à un aspect contraire à l'évolution. C'est un bon en arrière et Devos ainsi que les autres étaient le vestige du bond en avant. Les deux n'allaient pas ensemble, parce qu'ils n'existaient pas de transition possible.

Assis près du feu, il est fatigué de lui-même. De toutes ces petites choses qui maintiennent son esprit éveillé. Ceux qui le considèrent comme un robot, comme un pauvre génie trop éloigné des autres, n'ont aucune idée des réflexions que mijote son cerveau. De toutes ses choses dont il ne parle qu'à lui-même, toutes ses choses qu'il garde pour lui-même. Les choses doivent changer dans ce campement. Les choses doivent évoluer, parce que c'est ce qui doit être fait. Ce qui doit arriver. L'homme est fait pour aller de l'avant, pas pour reculer. Certes, depuis qu'ils sont sur terre, beaucoup de choses les empêchent d'avoir le niveau technologique qu'ils avaient dans le ciel, mais ce n'est pas la seule chose qui compte. C'est aussi en tant que société, en tant que groupe, qu'ils devraient tous grandir. Qu'ils devraient changer. La situation est catastrophique à ses yeux. Il y a tellement de choses à repenser, à modifier. Tellement de choses, si peu de temps. Si peu de personnes qui croient en ce qu'il croit, lui. Si peu de personnes à réaliser qu'une révolution est en marche.

Les bras croisés, il continue d’observer les flammes et d’absorber la chaleur qu’elles dégagent. Devos n’est pas le meilleur pour entamer une conversation, pour raconter sa vie. Il parle, oui, mais rarement. Son enthousiasme pour les mots s'est vite calmé lorsque petit, on lui disait de se taire. Cela ne l’empêche pas d’approcher les autres.

J'aurais peut-être dû faire ça, moi aussi. Mais non. Devos s'était fait embarquer dans la sauvegarde des ressources, dans l'archivage et le recyclage. Il n'avait pas eu beaucoup de temps au départ, avec un rythme parfois en décalage complet avec les autres. Un jour, peut-être qu'il retrouverait un espace plus intime, plus à lui. En attendant, il espérait juste le silence quand ils se retrouvaient tous. C'était parfois rare, parfois pénible, jusqu'à un certain moment de la nuit où le silence, le vrai silence, prenait place. Maintenant qu'il y pense, il a du mal à croire qu'autant de temps se soient écoulés depuis le crash. Depuis que tout a changé.

Ils n'ont pas compris que ne rien faire, ici, c'est suicidaire. C'est comme s'éjecter seul du vaisseaux, prêt à suffoquer dans l'espace. C'est ridicule. C'est vraiment ridicule. Ça n'empêche pas Devos de faire ce qu'il doit faire, grognant dès qu'on pointe le doigt sur lui en disant qu'il ne fait rien. Ils étaient tellement moins nombreux qu'avant. Ils avaient besoin de tellement plus.

Il y a tellement de choses à faire pourtant. Tellement de choses à changer… Les opportunités sont là. Quelques dommages qu'on ne puisse pas les formater, remettre à zéro leur code initial visiblement erroné.


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23/05/2015 avengedinchains 1265 Andrew Lincoln lux ♥ / sign by Alas Chef de secteur devenu chef de la garde après le crash. 1
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Sujet: Re: “ We want the same thing, just have to admit it. ” (richard)
Dim 12 Fév - 18:23



“WE WANT THE SAME THING,
JUST HAVE TO ADMIT IT.”

richard&devos
Ils ne sont pas nombreux à avoir remarqué qu’il s’était fait un petit coin rien qu’à lui. En même temps, on ne fait pas attention à tout, ici. Et en plus de ça, il a tenu à se faire le plus discret possible. Pour cette raison, il passe le plus inaperçu possible. Et c’est bien mieux comme ça. Il fait de son mieux du moins, si on peut le dire ainsi. Il s’est installé à l’écart pour qu’on ne puisse pas continuellement lui prendre la tête et pour que les lamentations ne puissent pas l’empêcher de dormir. Il dort déjà peu, parce qu’il n’a jamais eu besoin de grosse nuit de sommeil, ce n’est pas pour qu’en plus, on vienne l’empêcher de dormir le peu qu’il dort. Et il est capable de s’agacer pour moins que ça, encore. Il a besoin de son petit coin rien qu’à lui. De son indépendance et d’un peu d’intimité. Franchement, il ne lui semble pas demander la mort ou autre chose. Il se contente de peu, la plupart du temps et là pour le coup, il s’accorde un petit confort, mais en quoi est-ce que ça le différencie vraiment des autres ? Il a besoin de souffler un bon coup. Un grand besoin. « J'aurais peut-être dû faire ça, moi aussi ». Peut être. Encore faut-il s’y intéresser et le vouloir. Il est souvent plus facile de partir sur une base directement, plutôt que de réfléchir à l’art et la manière de s’installer seul. Au début, tout était un peu conflictuel, si on peut vraiment le dire ainsi. On cherchait davantage la facilité à la tranquillité. Et après, il était plus simple de rester comme ça que de chercher un contexte plus léger ou une facilité évidente. Chacun fait bien ce qu’il veut. Et c’est sans doute mieux comme ça, aussi. Mais les choses ne sont pas toujours faciles, c’est bien ça le problème. « Nombreux sont ceux qui ont choisi la facilité plutôt que l’intimité. Rien ne t’empêche de le faire, tu as encore le temps ». Les libertés et les probabilités sont grandes. Nombreuses. Mais elles ne sont pas toujours évidentes et il faut juste apprendre à faire avec. Après, il n’est pas non plus en train de lui jeter la pierre. Si c’est ce qu’il va se dire, il le regrettera et s’excusera. Mais Devos n’est pas quelqu’un de stupide. Alors elle est convaincue que ce genre de chose n’arrivera pas vraiment. Mais comment vraiment savoir, hein ? Il n’est pas toujours facile de deviner les songes des autres. Il n’a jamais eu la prétention d’y parvenir, de toute façon.

« Ils n'ont pas compris que ne rien faire, ici, c'est suicidaire. ». Richard baisse le regard, inspire un grand coup. Il n’a pas envie de rentrer dans ce débat à voix haute. Il n’est pas très à l’aise avec tout ça. Il ne se sent pas très à l’aise, et il étouffe face à une situation qui n’est pas clair. Il ne veut pas dire aux gens de faire telle chose ou telle chose. Et ce ne serait pas très agréable. Cela ne le serait sans doute pour personne, de toute manière. Mais il faut savoir faire avec. Il est stupide de se laisser mourir ou d’attendre que les autres se laissent mourir. C’est une situation à laquelle elle ne parvient pas à faire le point. Et elle n’a pas envie de chercher plus longtemps. « Ils ne veulent pas se battre. Je n’y comprends pas grand-chose ». Et il n’a pas envie de comprendre. La situation est déjà bien assez détestable comme ça. Il n’apprécie pas de ne pas comprendre. Il n’a pas envie de réfléchir plus loin. S’ils n’ont pas envie de se bouger, très bien. Mais en parallèle, pourquoi est-ce qu’il serait supposé bouger pour eux ? C’est à cela que la situation devient compliqué. A ça qu’il ne parvient pas à s’échapper. Malgré tout ce qu’il pense, il ne parvient pas à les laisser tomber. Comme il a fait avec ceux qui ont été expulsés, il les a laissés tomber. Comme sa femme. « Et en même temps, je n’ai pas envie de les laisser tomber. Je suis… Pris au piège ». C’est tout ce qu’il sait. Et autant le dire, il n’est pas à l’aise avec ça. Pas du tout. Mais que pourrait-il faire pour que ça s’arrange ? Les solutions n’existent pas. Il ne peut pousser personne à bosser. Mais si quelque chose vient à leurs arriver, il sait qu’ils ne survivront pas. Mais c’est ainsi. « Il y a tellement de choses à faire pourtant. Tellement de choses à changer… Les opportunités sont là. » . Sûrement. Les opportunités mais pas les hommes. Du moins, pas tous. Il y a quelques personnes mais ça n’a jamais été bien loin. Tout a toujours été plus simple comme ça.  Ils ont des volontaires pour bien des choses mais ce monde n’est pas supposé tourner autour des mêmes personnes. « Les opportunités mais pas les hommes. Que ferais-tu si tu le pouvais ? ». La question est simple bien sûr. Juste une envie d’en savoir plus sur cet homme qu’il ne connaît que peu, au final. Et qu’il jalouse sur quelques points. Un fait dont il ne parle pas, bien sûr. Il ne faudrait pas qu’on se fasse des idées.


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20/12/2016 ELOW ; 426 JAI COURTNEY ; ELOW ; INFORMATICIEN ET LIEUTENANT REBELLE / SPECIALISTE EN INTELLIGENCE ARTIFICIELLES, NOTIONS EN MÉCANIQUE ET ELECTRONIQUE, GÉNIE INCOMPRIS ; 45
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Sujet: Re: “ We want the same thing, just have to admit it. ” (richard)
Ven 3 Mar - 14:52




We want the same thing,
just have to admit it.
23 décembre 2116

Devos avait une façon de penser qui lui était propre. Qui s'éloignait complètement de la logique des autres. Alors forcément, pour se reposer, il avait choisi l'endroit le plus proche des laboratoires parce qu'il devait être en mesure d'y aller le plus rapidement possible. D'y avoir accès sans perdre de temps. Parce que c'était là que ses pensées se matérialisaient, qu'il pouvait avancer dans ses recherches, qu'il pouvait tout simplement vivre. Il avait conscience que sa vision du confort n'était pas aussi fantastique que celles des gens avec qui il avait grandi et vécu. Il avait conscience qu'il n'avait pas la même façon de parler, la même façon de regard et jusqu'ici, cela ne l'avait jamais dérangé. Il s'était habitué à cette différence, il l'avait embrassé sans se soucier du reste. La présence des autres ne l'avait jamais empêché de se concentrer, d'être efficace dans ses missions. Il avait simplement négligé à quel point durant ces instants de pause, durant ces brefs moments où son corps nécessitait un temps, il devait être seul. Il devait être dans le calme le plus total. Il devait être capable de se couper de toute chose, de couper l'alimenter extérieur qui ne cessait de le maintenir en fonction. Quelques murmures suffisaient à activer sa conscience. Quelques murmures suffisaient à empêcher le rechargement en énergie dont il avait besoin. Il ne se plaignait pas Devos, il faisait ce qu'il avait à faire pour tous sans critiquer qui que ce soit. Mais parfois, il a presque envie de tout changer. De tout démolir. De réveiller ceux qui fermaient les yeux alors qu'ils devraient se battre. Ceux qui devenaient inutiles à la communauté, à un moment où il est nécessaire de rester ensemble et de travailler ensemble. Chacun a besoin d'une pause, il le conçoit. Il le vit lui-même. Même un disque dur doit pouvoir refroidir pour mieux fonctionner. Mais Devos les a remarqués, ceux qui se tournent les pouces à longueur de journée. Ceux qui regardent le monde les bras croisés, attendant. La vie sur terre n'est pas facile. Elle est même dangereuse et nouvelle. Effrayante pour Devos qui ne sait pas comment s'adapter, comment poursuivre ce qu'il fait dans un environnement qui lui offre des choses dont il ignore tout.

C'est peut-être ça, aussi, qui expliquait pourquoi Devos a d'abord préféré pensé pratique. Il pensait plus aux autres qu'il ne pensait à lui-même. Ce cœur de glace géant était en réalité plus ouvert qu'on ne le pensait. Il avait réfléchi à agir vite, à agir pour eux tous, avant de se dire qu'il devait aussi prévoir un coin à lui. Maintenant, il le savait. Maintenant, il pouvait agir face à son problème. Le sien, uniquement. Lui, il ne dérange personne.

J'ai l'impression qu'on a toujours le temps, ici. Une chose bien différente de la vie dans l'espace. De ce monde régulé, dirigé par un rythme précis. Sur terre, le temps avait une autre valeur. Parfois, il avait l'impression qu'un moment s'éternisait. Qu'une minute n'était pas aussi précise qu'autrefois. Ça l'arrange lui, qui vivait dans sa sphère. Ça n'arrange pas les autres. Comme si, parce que le temps n'a pas de limite maintenant, on peut tout repousser à plus tard. Comme si survivre n'était plus une priorité, maintenant qu'ils avaient pris leur marque ici. Qu'ils avaient trouvé leurs repères. Devos n'avait pas l'étoffe d'un leader, mais il voyait bien qu'en ce moment, ils avaient besoin de quelqu'un pour motiver l'ensemble. Quelqu'un qui sortait de cette dictature du conseil. Quelqu'un qui était force de proposition, qui savait guider et éclairer les esprits fermés. Quelqu'un, ou quelque chose....

Moi aussi. C'était exactement ça. Ils étaient pris aux pièges. Coincé parce que rien ne les encourageait à continuer à faire ce qu'il devait faire. Mais Devos avait autre chose entre les mains. Il avait les rebelles. Cette chose qui lui insufflait de l'espoir. De la volonté. Peut-être que ce n'était pas facile, mais ils étaient là parce qu'il voyait ce que le conseil semblait refuser d'accepter. Richard était à ce moment précis où il voyait enfin les choses clairement. Ce qui se passait sur terre n'était pas si différent de ce qui se passait là-haut. Les problèmes n'étaient plus les mêmes, mais ils étaient là. Présent. Dévorant.

C'est plutôt à toi que j'aimerais poser la question. Depuis toujours, sa relation avec Richard est limitée. Devos n'étant pas l'homme le plus sociable du monde, il observe et garde en mémoire les visages qu'il croise sans pourtant discuter ou échanger. Il éprouve cependant pour Richard du respect. Alors il essaye d'être honnête avec lui – un concept qui échappe à Devos qui l'est normalement toujours. Moi j'agis déjà. Il posa son regard sur Richard, le plus sérieux et calme du monde. Il était temps. Temps pour Richard de se sentir utile, de croire en ce qu'il fait et pour qui il le fait. Devos savait que ce n'était pas son rôle, qu'il n'avait pas à recruter Richard, mais il sentait. Il percevait que Richard serait un atout parfait. Qu'il comprendrait leurs visions des choses. Tout comme il savait que Murphy serait d'accord. Que Tennessee serait d'accord.


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23/05/2015 avengedinchains 1265 Andrew Lincoln lux ♥ / sign by Alas Chef de secteur devenu chef de la garde après le crash. 1
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Sujet: Re: “ We want the same thing, just have to admit it. ” (richard)
Mar 21 Mar - 18:41

» We want the same thing, just have to admit it.
J'ai l'impression qu'on a toujours le temps, ici.. Et c’est un peu ça, ou du moins, c’est ce que les gens du coin ne cessent de se dire. Ce qui n’a rien de véritablement rassurant et qui ne risque pas d’aller en s’arrangeant. Richard le sait, ils n’ont pas autant de temps qu’ils ne le pensent. Ils en ont, il ne le niera pas, mais en parallèle à cela, il ne nie pas le fait que tout, ici, ne lui montre pas qu’ils ont autant le temps qu’ils ne semblent tous le prétendre. Et il faudrait réellement qu’ils le réalisent. Parce que tout ceci ne rime à rien, c’est un fait. Ce n’est pas le temps qui va leurs permettre d’aller de l’avant ou d’avancer. Pas non plus le temps qui va leurs permettre de réussir à chasser, ou réussir à construire quelque chose. Ils ne font que survivre et ils n’y parviennent même pas vraiment. Ils pataugent dans un semblant de médiocrité qu’ils ne parviennent même pas à comprendre. Ils ne sont pas débrouillards et dépendent tous d’un autre. Ils ne comprennent pas que l’existence ne peut pas se limiter à l’existence du voisin. Et lui, il ne se voit pas les reprendre, continuellement, pour leurs expliquer qu’ils ne sont pas dans le bon choix de vie. Qu’ils finiront par mourir si jamais le campement vient à se séparer, ou s’il vient à se passer quelque chose. Il ne se met pas à l’espérer, bien sûr, et il n’a pas non plus pour but d’agir comme un imbécile, que ce soit ce qu’ils veulent ou non. Mais qu’il soit optimiste ou non, les chances de survie de certaines personnes sont presque inexistantes. Ils ne veulent juste pas l’admettre parce que c’est plus simple comme ça. Et qu’ils imaginent que tout se réglera tout seul. Disons plutôt qu’il espère qu’ils ne seront pas aussi naïf. Il commence juste à perdre espoir. Ce qui n’a rien de vraiment étonnant, encore une fois. « Tout le monde ici semble se persuader qu’il a le temps. Jusqu’à ce qu’il comprenne, un jour, que ce n’est pas le cas ». Il hausse les épaules. Disons qu’il espère, en tout cas, que ça finira par arriver, mais par instant, il perd espoir. Parce qu’il a l’illusion qu’ils ne sont pas en mesure de comprendre son point de vu. Et de toute manière, il n’a pas vraiment envie de le partager. Pour quoi faire ? Alors qu’ils ne sont pas foutus de comprendre que ce n’est pas comme ça que ça se passe ? « Mais pour te trouver un logement à l’écart, oui, tu as le temps d’y réfléchir encore. Il ne faut pas avoir peur de la solitude ». Un fin sourire se dessine alors sur les lèvres. Son logement, il a fallu qu’il s’y habitue et il est vrai que les premières nuits, il n’a pas été en mesure de trouver le sommeil immédiatement. Il a pourtant fait de son mieux. Mais il a fini par y parvenir. Et ça a tout changé. Dans un sens, du moins. Ce n’est pas comme si sa vie dépendait de son sommeil.

Moi aussi.. Il lève le nez, l’observe un instant. Que pourrait-il lui dire hein ? Que le fait qu’ils soient sur un point d’accord ne changera rien ? A quoi bon ? Il n’a pas envie de réfléchir plus que ça, de chercher une solution alors que ça n’apporterait sans doute absolument rien. Encore une fois. Il le sait, Richard est du genre à devenir trop oppressant parfois et il n’a pas particulièrement envie de s’imposer chez des gens qui ne veulent pas vraiment le voir leurs donner des leçons. C’est une possibilité aussi, et il ne peut forcer personne. Et au final, il n’ose pas s’éloigner et prétendre ne rien voir ; Il observe, du coin de l’œil et il est tenté d’aller voir le conseil mais il ne voit pas ce qu’il pourrait lui dire et il se permet de penser qu’il est plus facile de ne pas y réfléchir. Mais encore une fois, c’est plus facile à dire qu’à faire. « Il est difficile de motiver les gens, s’ils n’en ont pas envie ». Et les forcer aurait également l’effet inverse. Tout est trop compliqué avec des personnes qui n’en valent pas la peine.

C'est plutôt à toi que j'aimerais poser la question.. Il plisse le front, sceptique face à cette question. Et pourtant, en même temps, il y a cette impression de déjà vu, cette sensation au creux de l’échine. Et il n’est absolument pas à l’aise avec ça. Et en même temps… Il soupire lourdement, et il tente de ne pas réfléchir à tout ça, il aimerait d’abord entendre ce qu’il pourrait bien lui dire, se permet de penser que c’est la seule chose qui ait véritablement de l’importance. Pourtant, ce n’est pas si simple que ça. Et il faut, aussi, se mettre à y penser. Moi j'agis déjà.. Encore un, songe-t-il. Devos est donc au cœur de la résistance, lui aussi ? Ou plutôt, il ne sait pas vraiment de quoi il s’agit et il n’a pas envie d’y réfléchir. Toute cette histoire est trop compliquée, beaucoup trop. Et il ne sait juste pas où donner de la tête. Il faut que tout ceci cesse, d’une certaine manière. Que ce soit facile ou non. « En quoi est-ce que tu agis ? Je n’ai… Pas vu grand-chose ». Il plante son regard dans le sien. A son tour de le convaincre alors ?


notes » w/ Devos, sur le campement, 23/12/2116

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Sujet: Re: “ We want the same thing, just have to admit it. ” (richard)
Ven 12 Mai - 20:50




We want the same thing,
just have to admit it.
23 décembre 2116

La vie sur terre était tellement différente. Tellement étourdissante. Devos avait désormais le temps de tout, mais le temps de rien. Ses besoins n'étaient pas forcément celle de la communauté et il ne pouvait pas se mettre en avant, il ne valait pas plus que les autres. L'égoïsme ne faisait pas partie de ses traits de caractère, bien qu'il paraissait souvent ne pensait qu'à lui-même. Il était simplement honnête et son ambition de savoir ne valaient rien face aux nécessités vitales dont les autres avaient besoin. Tout était différent, parce qu'ils avaient perdu énormément. Ils n'avaient plus de réelles structures. Plus de ressources technologique et électrique. Leurs façons de vivre étaient bousculées, complètement. Mais qui prenait vraiment le temps de changer ça ? De modifier cette nouvelle vie sur terre ? Personne. Le conseil se tournait le pouce, visiblement ravie à l'idée de laisser la planète faire le boulot à sa place. Devos s'attendait chaque jour à ce que cette planète les engloutisse dans leurs naïvetés. Survivre, au bout d'un moment, ça se termine par la mort tant la fatigue prend le dessus. Devos s'accrochait, mais il sentait bien que tant qu'ils ne construisaient rien. Tant qu'ils ne s'installaient pas vraiment, ils étaient tous foutus. Chaque jour semblait être plus ridicule que le suivant. Ceux qui ne font rien, ceux qui regardent et patiente, ceux-là même ils sont ridicules. Ridicules au point que pour Devos, ils sont presque une menace. Parce qu'ils acceptent ce qu'on leur donne, sans rien faire pour le mériter vraiment. Et qui va vraiment faire bouger les choses ? Le conseil ne semble pas être inquiet et les rebelles devraient sérieusement se bouger les fesses. Agir, c'était ce qu'il devait faire, ce qu'ils devaient faire tous. Pour arrêter de survivre, il fallait arrêter de fuir l'inévitable, il fallait accepter ce qui était désormais leur monde. Il fallait vivre désormais. Alors, peut-être, Devos pourrait plus sérieusement se pencher sur toutes ces choses qui le passionnent. Face aux paroles de Richard, l'informaticien acquiesce. À croire que demain est toujours une possibilité, demain n'existera plus.

Peut-être que c'est ce qui doit arriver, pour que les ignorants ouvrent enfin les yeux. Un coup de pouce énorme et ravageur pour avancer et ne pas croiser les bras. Mais Devos aimait croire que les choses pouvaient se produire de la bonne façon, comme s'il suffisait de faire les bonnes choses pour arriver au bon résultat. C'est sans doute sa logique qui espérait, là où sa raison savait que s'il souhaitait un coup de pouce, il devait la créer. Et que ce coup de pouce n'était pas forcément une bonne chose à l'instant T.

La solitude n'est pas un problème pour moi. Il avait presque envie de sourire, tant les paroles de Richard sonnaient comme une blague amusante. Sa peur de la terre ne l'a jamais empêché de dormir. Ce sont surtout ses pensées qui le stoppent. Ses réflexions, parfois trop longues, trop intense, pour permettre à son esprit de s'éteindre vraiment. De toute manière, dormir n'était pas son activité favorite. Il n'a pas la moindre idée de ce que rêver signifie. C'est sans doute parce qu'il a tendance à pousser son corps à bout jusqu'à l'épuisement pour réellement prendre le temps de se reposer. Mais si c'est possible, s'il peut se faire quelque chose en dehors des pauvres dortoirs surpeuplés, il le fera.

Ils ont envie de vivre. Voilà une motivation qui devrait être suffisante. Mais qui est-il vraiment pour juger ? Pour donner des leçons ou des conseils ? Personne. Et il était sans doute plus facile pour lui de rester dans son coin et d'être invisible, plutôt que de prendre parole. Chris était bien plus imposant que lui ne le serait jamais. C'était un leader, Devos ne l'était pas. Sa carrure ne poussait qu'à éloigner, qu'à repousser. Il faisait bien plus peur qu'autre chose. Sa maitrise des mots n'était d'aucune utilité face à ce qu'il inspirait aux autres. Il n'était rien. Qu'une ombre dans des débris, une ombre qui se voulait pourtant utile.

Tu finiras par le savoir, comme les autres. Le moment venu, le changement sera féroce et les yeux seront ouverts vers aujourd'hui, non vers demain. Parce que Devos n'avait pas attendu qui que ce soit. Les rebelles étaient au point mort depuis la chute de l'Arche sur terre. Il s'en était rendu compte, il avait d'abord pris son mal en patiente. Après tout, il fallait améliorer le campement, prendre les choses en mains et laisser de côté la rébellion. Mais rapidement, il se rend compte que l'action est nécessaire. Et il sait exactement quoi faire pour faire bouger les choses. Richard est assez intelligent pour comprendre qu'il ne peut pas tout simplement lui dire ce qu'il fait, ni même dire ouvertement qu'il fait partie des rebelles. Pourtant, il sait que c'est de ça qu'il parle. Il a compris. Je le redis une nouvelle fois. Il y a des choses à faire, des opportunités à saisir. Peut-être que les autres ne le remarquent pas encore, mais ça ne saurait tarder.

Le feu a quelque chose d'apaisant et Devos se lève. Il se lève et tend les mains, parce qu'il ne peut pas aller plus loin. Cet acte est suffisant pour le réchauffer un peu. Pour lui apporter un peu de réconfort.

Ils finiront par prendre conscience que l'inaction conduit à l'extinction. Et si le conseil ne veut rien faire, n'est-ce pas alors à nous de changer les choses ? Il garde le silence un instant, avant de se frotter les mains et de les ranger dans la poche de sa veste. Il se tourne vers Richard et l'observe un instant. Si tu n'as plus envie de te sentir piéger, j'ai peut-être la solution. Il te suffit de nous rejoindre. Son sérieux ne semblait pas être intimidé par le peu d'espoir restant en Richard.

 

“ We want the same thing, just have to admit it. ” (richard)

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