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˜˜˜˜˜˜Dis-moi, aimes-tu les Rahjaks ? | Erza
maybe life should be about more than just surviving

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28/02/2016 Glacy 667 Jessica Parker Kennedy bazzart esclave de Roan en fuite ▲ métier ingrat ▲ ancienne couturière, esclave domestique, prostituée 209
† Game of survival †


Sujet: Re: Dis-moi, aimes-tu les Rahjaks ? | Erza
Lun 8 Mai - 16:00


« La cité… J’y ai vu des gens, mais il y a fort longtemps. » Et autant que j'étais curieuse, j'étais un peu gênée de poser cette question. « Est-ce qu'ils te manquent parfois ? » Et autant que j'étais curieuse, je n'étais nullement sûr que cette question allait être bien prise par Eirik. Nullement certaine qu'il apprécie que l'on souhaite revoir d'anciennes connaissances. Et à vrai dire je n'étais pas totalement certaine de ce que je devais ressentir à ce sujet, ne pouvant totalement me mentir alors que Shanareth, Arméthyse ou même Ozvan me manquait. C'était Shanareth qui me manquait surtout. Mais le plus difficile à imaginer était que dans un certain sens Roan me manquait aussi. Le mercenaire imposant qui était un maître autant possessif que violent en venait en effet à me manquer alors que longtemps et même encore là je pouvais croire qu'il avait un coeur, qu'il y avait un humain derrière la bête. Toujours poussée à croire qu'il y avait du bon dans les gens comme je l'avais cru pour Shanareth, comme je lui avais fait comprendre alors qu'elle était autant humaine que n'importe qui. Elle pouvait être une guerrière impitoyable mais il n'en restait pas moins que comme chaque être vivant elle avait un coeur, elle était juste habituée à le cacher. Et je ne pouvais m'empêcher de me sentir un peu honteuse d'éprouver toujours des sentiments pour eux. La vérité était en effet que je ne savais pas sur quel pied dansait face à ces sentiments, face à ses souvenirs. Un brin de nostalgie qui m'effleura alors que je rougissais légèrement. Ne pouvant savoir réellement si j'avais le droit de ressentir ses émotions. Ne sachant pas comment allait réagir le nomade. Car, en effet, son avis comptait, et cela, bien même alors que je ne le connaissais que depuis quelques instants.  

Continuant pas moins de renseigner sur les athnas alors qu'il était que venu à préciser qu'ils nous rassembler. « Ils sont durs, comme nous. Ils ne sont pas aussi cruels, mais nous nous ressemblons. » Je me mordillais la lèvre inférieure avant de reprendre la parole, un peu songeuse. « Je ne suis pas certaine que je veux replonger là-dedans... » Pas certaine de vouloir replonger dans ses anciens vices, de me retrouver avec des guerriers durs. Et le fait qu'ils n'étaient peut-être pas autant cruels ne changeait rien au fait que je ne voulais pas aller me réfugier dans un lieu quasiment identique à celui auquel j'avais vécu. Je ne voulais pas retomber dans le même enfer et cela bien même alors que c'était dans cet enfer que j'avais rencontré Shanareth. Mais comparé à ma personne, il était bien plus clair qu'Eirik semblait plus proche des athnas que je pourrai l'être un jour. Sans doute en vue de sa nature. Et si l'ancien esclave était bien plus robuste, bien plus enforci que moi, il ne paraissait pas moins que je paraissais très fin comparée à lui, comme si le vent pourrait m'emporter. Un poids plume. Non pas qu'Eirik était aussi impressionnant que Roan ou que d'autres mercenaires qui parcouraient la cité de feu.

Reprenant la parole que pour lui demander s'il croyait en Dieu. A vrai dire pour nous autres rahjak, il n'y avait qu'un seul Dieu : le Dieu soleil. Celui qui illuminait nos vie, qui réchauffait nos coeurs et que nous espérions qu'il répondrait à nos prières. Curieuse de savoir s'il y croyait. « Non. J’ignore ton histoire, mais le Dieu Soleil m’a confiné à un destin plus que…merdique. » Une phrase qui n'en venait qu'à me confirmer qu'il n'y croyait pas, ce que j'avais plus ou moins deviné en voyant son visage se fermait. « Tu me trouveras sans doute naïve mais je pense qu'il te réserve quelque chose. Il te fait juste emprunter une voix plus longue, plus sinueuse. Après tout, il ne nous a jamais dit qu'il sera facile d'y arriver. Mais je comprends que tu n'y croies pas alors si tu ne m'en veux pas, je prierai pour nous deux. » Pas moins sincère alors qu'un sourire se dessinait sur mon visage. J'avais la foi tout simplement. Il m'avait permis de sortir de la cité, et je ne pouvais que croire que j'étais libre grâce à lui. Me raccrochant autant à la foi qu'à ceux que je connaissais alors que je n'en venais pas moins à estimer qu'il trouverait ce qu'il chercherait.

Et autant que la discussion avançait mon ventre n'en vint qu'à gargouiller alors que je me retrouvais à lui jeter un regard gêné. Gênée d'admettre que j'avais faim tout simplement alors que dans notre monde, c'était plus chacun pour soit. Un monde impitoyable tout simplement. « Je sais chasser. Dois-je partir du principe que tu ne sais pas ? » J'hochai la tête négativement. « Non je ne sais pas. Je sais coudre, entretenir une maison, exécuter les ordres, m'occuper d'animaux mais je ne sais pas particulièrement chasser. J'ai surtout profité des provisions que j'avais prise avec moi, des rencontres que j'ai pu faire, des fruits que j'ai pu trouvé... » N'en venant qu'à admettre les difficultés que j'avais eu lors de mon voyage alors qu'en effet je ne savais pas chasser aussi simple qu'il en soit. « Je connais la forêt. » Une remarque simple et pourtant ce fut pas moins une lueur malicieuse qui traversa mon regard alors que je me retrouvais à lui rétorquer aussitôt. « Tu es là depuis plus longtemps que moi, alors ce serait même triste si tu ne connaissais pas la forêt. » Tentant de trouver une note d’allégresse dans ses mots, tentant de détendre l'atmosphère et de changer de sujet subtilement alors que je ne savais tout simplement pas chasser. Me reprenant pas moins alors que ce fut d'un ton plus sérieux que je prenais la parole. « Mais je veux bien apprendre ! » Affirmative alors que c'était en effet le cas. Ce qu'il semblait disposer à faire alors qu'il prenait la situation en main. « Allons attacher les chevaux. Posons des pièges, il doit avoir quelques lièvres. » J'hochai la tête avant de le suivre, n'attachant toutefois pas un cheval mais bel et bien un camélidé. Pas moins légèrement moqueuse alors que je prenais du plaisir à me détendre, à apprécier cette vie pas moins loin de la cité, même au-delà de la peur, de la fuite. « Tu sais que ce n'est pas un cheval ? D'ailleurs je ne sais plus si j'ai oublié de te le présenter. Eirik voici Argo. Argo, voici Eirik. » Satisfaite de cette présentation bien que je savais pas moins que je pouvais passer pour quelqu'un d'étrange à ses yeux alors je n'oscillais pas moins d'une émotion à l'autre. L'attachant soigneusement, pas moins inquiète à l'idée que quelqu'un ne le vole. « Tu es sûr que personne ne va passer dans le coin ? » Pas moins légèrement inquiète alors qu'Argo comptait en effet. Il était à Shanareth. Il n'était pas n'importe quel compagnon de route. « C’est difficile de chasser durant cette période. Mais on a un peu d’espoir. Il faut essayer de trouver un coin où un animal irait, soit pour boire, soit pour se nourrir. On devra patienter. On posera plusieurs pièges à plusieurs endroits. Et peut-être, on sera chanceux. » J'hochai la tête avant de le suivre discrètement non sans cesser de poser des questions, curieuse, voulant apprendre. « Est-ce que tu prépares des collets par toi-même ? Comment tu as appris tout cela ? Dans tous les cas je te suis, et tu préféreras sans doute que je me taise... désolé si je parle trop... »

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15/06/2015 323 Colin Farrell avengedinchains ancien esclave, participe à la rébellion Rahjak 65


Sujet: Re: Dis-moi, aimes-tu les Rahjaks ? | Erza
Sam 20 Mai - 18:08

La question d’Erza le surprit. Mais depuis un petit moment, cette femme le surprenait. Il la regarda quelques secondes avant de répondre froidement. « Ils sont tous morts. » II n’y avait que Kyran qui restait un vestige du passé, mais son ami était comme lui à présent, en fuite. Alors il n’y avait plus personne dans la cité. En vieillissant, Eirik avait appris à voir les siens mourir, vieillir et parfois, il en avait tué. Il avait abrégé des souffrances, voler des vies, éteint des âmes. Ceci sans aucun regret. Il avait fait ce qui fallait faire, point à la ligne. Cela pouvait outrer, dégouter, mais c’était ainsi. Il avait été forgé dans cette violence-là. Une telle violence qu’il s’était oublié et était devenu une bombe à retardement. Mal manipulé, il détruisait n’importe qui. La vie l’avait façonné ainsi, il acceptait son destin. Eirik se demandait s’il voyait mal, mais il crut voir Erza rougir. Pourtant, il ne fit aucun commentaire. Elle devait penser à quelque chose qui ne le regardait aucunement, cela ne le dérangeait absolument pas. Ils parlèrent quelques secondes des athnas. Si Eirik devait choisir un peuple, il les choisirait eux, mais il ne le ferait jamais. Il regarda Erza qui avoua ne pas vouloir replonger là-dedans, du moins qu’elle n’était pas sûre. Il la détailla discrètement. Vu sa stature, il comprenait.

Elle semblait fragile. Mais comme tout Rahjak, si elle avait survécu, c’était qu’elle avait une certaine force. L’homme ne la rassura pas, ne la complimenta pas. Ce n’était aucunement dans son tempérament. Il ne pouvait pas se le permettre. Il faisait de temps en temps des compliments, mais cela lui coûtait. Eirik écouta la foi d’Erza et un rire lui échappa. Quelle voie bien longue qu’il se tapait. « Prie pour nous deux dans ce cas. » Lui ne croyait pas, mais peut-être que si elle priait pour eux deux, cela marcherait. Lui s’en fichait bien. Il avait trop souffert dans sa vie pour croire en quoi que ce soit. On ne lui ferait pas croire à cela, point à la ligne. Mais Eirik ne comptait pas s’éterniser sur ce sujet qui ne lui parlait absolument pas. Ils parlèrent de nourriture car il était évident que l’un comme l’autre avait faim. Il ne fut pas étonné d’apprendre qu’elle ne savait pas chasser. Eirik ne mangeait pas tous les jours de la viande et parfois il passait plusieurs jours sans manger, mais quand il le pouvait, il chassait. Cela ne le gênait pas plus que cela d’être avec quelqu’un qui ne chassait pas. Tant qu’elle faisait sa part du marché, cela irait. Il affirma connaître la forêt, la réponse d’Erza lui fit un drôle de sentiment. « Il y a des idiots qui n’apprennent jamais. » Il était plus ou moins insensible à l’humour. Il n’y prenait pas vraiment garde. Il était comme anesthésié. Déjà que là, il se trouvait vachement poli. Mais on pourrait le prendre pour un sauvage glacial. C’était probablement ce qu’il était un peu. Il hocha la tête quand elle affirma vouloir apprendre, tant mieux.

Elle semblait intelligente, alors il ne doutait pas de sa capacité à apprendre. Il descendit de selle et attacha son cheval calmement avant de tourner la tête vers le dit camélidé. Argo, il regarda la bête. « Tu ne devrais pas t’attacher autant. » Il faisait fi de la moquerie à son égard, car s’il piquait la mouche, il pourrait bien égorger cette femme. Lui n’avait pas nommé son cheval. Ce n’était qu’une bête qui mourrait avant lui, rien de plus. Il s’en fichait de comment les animaux se nommaient. Il trouvait juste que se balader dans la forêt avec Argo n’était pas malin, mais cela la regardait. Il ne voyagerait pas avec elle, donc il ne disait rien. S’il avait fait un plus long trajet, il n’aurait pas toléré une bestiole du désert avec lui. Trop voyant, c’était comme une pancarte qui hurlait ‘je suis Rahjak’. Il ne fallait être que du désert pour s’amouracher de ce genre de bête, selon Eirik. « On verra si quelqu’un passe. Tu as des craintes ? » Mais rapport à quoi ? Il ne se rendait pas compte qu’elle avait peur de se faire voler son camélidé. Oui l’homme était vraiment dans son monde mine de rien. Il ne se rendait pas compte de tout. Il se mit en marche, réfléchissant déjà à ce qu’il faudrait rassembler pour pouvoir poser des pièges. Etonnement, ses questions ne l’agaçaient pas vraiment. « Tu poses des questions intelligentes. » Ah un compliment.

Il venait de parler très calmement. Il lui jeta un regard discret. « J’ai préparé des collets que j’ai dans mon sac. » Il tapota la sacoche qu’il avait récupéré sur sa selle et qu’il portait en bandoulière. « J’ai appris à force de fréquenter des nomades. Si on est poli on peut apprendre plein de choses. » Et il avait été poli autrefois. Il avait traîné avec les bonnes personnes autrefois. « On va chercher deux bouts de bois sur lequel on pourra accrocher le collet. » Il marchait calmement, sondant le sol froid. « [color=olive]Il faut que ce soit solide. Avec de la chance, on en trouvera.[color] » Il était content, quelque part au fond de lui, d’expliquer sa démarche. Il se sentait apaisé de le faire.

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28/02/2016 Glacy 667 Jessica Parker Kennedy bazzart esclave de Roan en fuite ▲ métier ingrat ▲ ancienne couturière, esclave domestique, prostituée 209
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Sujet: Re: Dis-moi, aimes-tu les Rahjaks ? | Erza
Dim 21 Mai - 20:02


« Ils sont tous morts. » « J'en suis désolée. » Sincère alors que j'étais désolée pour lui, et, cela d'autant plus alors qu'il n'était jamais appréciable de voir des personnes auquel on tenait mourir. Certes je ne connaissais que sa vie par les bribes de conversation qu'il m'avait raconté, mais il n'en restait pas moins que j'étais sincère et honnête avec lui. J'étais désolée qu'il avait perdu ses amis, qu'il avait perdu les personnes sur lequel il comptait. Il n'y avait rien d'agréable à perdre des personnes. Mais cela faisait partie de notre vie. La mort était là, toujours autour de nous, bel et bien présente. Ce que je savais. Notre mort était inévitable et j'en avais vu de nombreux périr sous les coups de fouet. La brutalité et le sang faisaient partie de la cité du Dieu du Soleil. Ils étaient monnaie courante et autant que c'était détestable dans un sens je m'étais habituée à la possibilité de mourir. Je m'étais habituée à la sensation que la mort rodait autour et cela encore plus alors que les mercenaires, les maîtres faisaient leur loi dans la cité. Chassant les images du passé alors que j'étais enfin libre. Libéré de la cité, loin de cet enfer bien que dans un sens j'étais autant en danger là que là-bas. Pourtant la menace semblait moindre alors que j'étais loin de la cité, alors que je me trouvais ici, loin des mercenaires et de la brutalité de la cité. J'avais survécu et pourtant même si j'étais loin, je continuais de partager les croyances des rahjaks. Je continuais de partager la foi envers le Dieu Soleil même si Eirik ne la partageait pas visiblement. Ce dont je ne lui voulais pas alors que j'étais là, pouvant le faire pour nous deux, ce que je lui assurai d'ailleurs. « Prie pour nous deux dans ce cas. » « Je le ferai. » Un petit sourire se dessina sur mon visage alors que j'hochai rapidement la tête. Cela ne me dérangerait pas d'avoir la foi pour lui alors que je lui faisais confiance, continuais de croire en ce dieu que pourtant certains pensaient qu'ils nous avaient abandonné. Et je pouvais autant les comprendre alors que nos vies étaient difficiles, alors que nous souffrions plus que n'importe quel être humain. Chassant pas moins les images du passé qui se dessinaient ores et déjà dans ma tête.

Et si je rigolais légèrement, je ne pouvais que voir qu'il n'avait pas le même sens d'humour. Ce dont je ne lui en voulais pas. Nous étions tous différents. C'était la normalité même. Et le fait qu'il soit plus froid, plus glacial ne me dérangeait pas à vrai dire. Nous étions encore deux inconnus et l'homme était visiblement plus renfermé que moi. Pourtant il s'était dévoilé légèrement, ce qui n'était pas pour me déplaire alors que pour une fois je pouvais avoir une honnête conversation. Sans prise de tête, sans menace voilée. La donne changeait alors que la conversation n'était pas la même que celle que j'avais avec Roan ou avec Shanareth, mais ce type de conversation me convenait aussi à vrai dire. Certes Eirik était différent, bien plus renfermé et plus rustre mais ce n'était pas comme si je pouvais lui en vouloir, et ce n'était pas comme si j'avais une reproche à lui faire. A vrai dire je ne le souhaitais pas non plus.

Pourtant alors qu'il m'enjoignait à venir avec lui chasser, je n'en venais qu'à devenir méfiante. Méfiante alors que j'avais soudainement peur que si je m'absente Argo serait disparu. Ayant peur que le chameau ne soit plus là. Son regard se posa d'ailleurs sur le chameau alors que je me tournai vers lui. « Tu ne devrais pas t’attacher autant. » Un ton qui m'apparaissait en partie dédaigneux, comme s'il trouvait ridicule l'idée que je sois attaché à un chameau. Il était clair que nous ne partagions pas la même opinion en la matière. Je triturai une mèche de mes cheveux bruns, rougissant légèrement alors qu'à vrai dire, Argo était plus qu'un animal de compagnie, un compagnon de route. Il était le chameau de Shanareth. Et j'avais bel et bien créé un lien avec lui. Mais je pouvais autant comprendre qu'il soit tant surpris ou qu'il ne trouve pas cela attitré que je sois dans ce coin du monde avec un chameau. Rougissant un peu plus, mal à l'aise alors que je prenais la parole. « Ce n'est pas n'importe quel chameau... c'est... c'est celui de Shanareth... » J'étais pas sûr qu'il comprenne de quoi je voulais parler, reprenant la parole en parlant un peu plus bas, pas réellement sûr qu'il m'entende. « Elle me tuerait s'il lui arriverait quoique ce soit... » Ou plutôt elle me tuerait pour le lui avoir volé. Les traits de la guerrière se dessinant dans mon esprit alors qu'en effet j'étais soudainement plus inquiète qu'on me vole Argo que des mercenaires débarquent. « On verra si quelqu’un passe. Tu as des craintes ? »
J'hochai la tête avant de formuler une réponse plus correcte. « Je ne connais pas vraiment ce coin-ci du monde, et comme je te l'ai dit ce n'est pas un simple chameau. Tu penses que je dois craindre quelque chose ? » Me tournant vers lui tant pour avoir une réponse, que pour qu'il me rassure légèrement alors qu'il m'avait au final plus inquiétée. Je ne connaissais pas ce côté-ci de la forêt, cet endroit, ni même les tribus qui vivaient autour. J'en avais entendu parler mais je ne pouvais pas être certaine que personne ne viendrait, ne pouvant imaginer les conséquences si je revenais et qu'Argo manquait à l'appel.

Pourtant je venais à le suivre alors qu'il m'entraînait dans la forêt, non sans le bombarder de questions. « Tu poses des questions intelligentes. » Je me mordillai légèrement la lèvre inférieure. « Hmm, merci... » Je n'étais pas particulièrement habituée aux compliments qui me gênaient à vrai dire toujours. Ne sachant comment les prendre. Quand on était un esclave, en général on s'estimait juste heureux de ne pas recevoir de coup de fouet. M'arrêtant l'espace d'une seconde alors que je me sentis frissonner, fermant les yeux alors que des images plus obscures me remontaient à l'esprit avant que je me remette en mouvement. J'avais changé. Je n'étais plus là-bas et je savais qu'il était nécessaire que je ne m'attarde pas sur le passé. Au lieu de cela, je reportais mon attention sur lui alors que je le rejoignis aussitôt en quelques pas. « J’ai préparé des collets que j’ai dans mon sac. J’ai appris à force de fréquenter des nomades. Si on est poli on peut apprendre plein de choses. » J'hochai la tête. « Ce n'est pas les mêmes personnes que l'on cotoyait dans la cité...» Qu'une remarque anodine alors que je me rappelais pas la compliment et la gentillesse des habitants. Au contraire nous étions des objets et s'ils nous nous ignoraient pas, certains que nous considéraient comme de la vermine. Je ne me rappelais pas des mots de gentillesse si ce n'était les ordres et la peur des uns et des autres. Une peur qui avait plus ou moins disparue quand j'avais rejoint dans le bordel où dans un sens je contrôlais plus mes mouvements bien qu'au final je n'étais qu'un objet sexuel dans les mains des autres. Ne pouvant effacer les souvenirs, ceux qui avaient posés les mains sur moi, ni le visage de Basile. Manquant de m'enfoncer de nouveau là-dedans. Et si en général je réussissais à tenir les uns à l'écart il était parfois difficile de ne pas céder à l'atrocité des images, des cauchemars. Reprenant ma respiration. Il ne semblait avoir rien remarqué, ce qui était sans doute mieux. Ma main qui se posait sur un tronc d'arbre alors que je reprenais mon souffle avant de le suivre de nouveau tandis qu'il continuait sur sa lancée. « On va chercher deux bouts de bois sur lequel on pourra accrocher le collet. » J'hochai la tête, tentant de reprendre mes esprits. « Il faut que ce soit solide. Avec de la chance, on en trouvera. » Tentant de l'écouter, de me concentrer sur autre chose que le passé alors que je cherchais comme il avait demandé des bouts de bois qui feraient l'affaire. Toute distraction bonne à prendre. « Ceux là par exemple ? » Posant mon regard interrogateur sur lui avant de m'écarter de quelques pas pour qu'il découvre les morceaux de bois qui avaient retenus mon attention. « Tu as déjà posé des collets dans le coin ? »

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Sujet: Re: Dis-moi, aimes-tu les Rahjaks ? | Erza
Dim 4 Juin - 23:20

Eirik ne savait pas quoi lui dire quand elle affirma qu’elle prierait pour eux deux et qu’elle sourit. Elle ne semblait pas lui porter ombrage qu’il n’ait plus foi en le Dieu Soleil. Sa foi l’avait abandonné près de vingt auparavant. Le rire d’Erza lui rappela un instant ce que c’était de marcher aux côtés d’une femme. Elle lui rappelait la douceur du désert. Une douceur qu’il avait aimé enfant avant de haïr adulte. Il ne se réconcilierait jamais avec sa ville natale, ou alors très difficilement. Au moins elle acceptait le fait qu’il soit difficile. Elle ne semblait pas avoir peur et il appréciait cela. Il n’y avait rien de pire pour Eirik que la peur. Cela ne l’effrayait pas, non pire, cela l’excitait. Et c’était bien pire, car une fois dans cet état, il était comme un prédateur en chasse. Il chassa ses pensées. Ce n’était pas le moment de divaguer de la sorte, cela pouvait devenir très dangereux. Il proposa une chasse et il eut l’étrange constatation de voir cette femme attachée à ce chameau. C’était du moins ce qu’il supposait. L’homme fut dur dans ses paroles, mais c’était ainsi qu’il agissait. Elle ne devait pas donner autant d’importance à un animal qui risquait de mourir tôt ou tard. Elle en perdrait son cœur. Elle avait bon cœur. Il le voyait bien qu’il l’avait mis mal à l’aise et un homme digne de ce nom se serait excusé, mais il ne s’excusa pas. Il se contenta de la regarder alors qu’elle affirma que c’était celui de Shanareth. Il ne réagit pas et ne réagirait jamais. C’était ainsi. « Si elle te tue pour si peu, alors un conseil ne le croise plus. » Il fallait être bien riche pour tuer pour un simple chameau, non ?

Il avait vu et entendu des histoires où des gens tuaient leurs bêtes quand ils crevaient de faim. Alors tuer un humain car on tuait une bête, il fallait être riche ou du moins ne pas mourir de faim. C’était la supposition qu’Eirik faisait. Il avait parlé avec fermeté comme pour tenter d’insuffler du courage à Erza. Il ne savait pas si elle avait peur, mais il espérait que non. Elle devait être courageuse bon sang ! Elle avait parcouru tant de chemin après tout. Mais tout ceci, il ne le dit pas, muet comme une carpe. Il n’était pas toujours capable de dire le fond de ses pensées malheureusement. « Normalement cela devrait aller. Vu les températures, on sera tranquille. » Les voyageurs étaient rares en cette saison, tout irait bien. Ceux qui voyageaient avec ce froid ne voulaient pas se faire repérer. Eirik regarda le chameau, pensif. Devaient-ils le prendre avec eux ? L’homme regarda son étalon gris, normalement celui-ci s’agiterait si des inconnus s’approchaient. « Il nous servira d’alarme. On va tenter de ne pas trop s’éloigner. » Il avait désigné son étalon en parlant d’alarme. Vu le caractère de la bestiole, personne ne s’y risquerait. Il fallait être un peu fou. Il préférait peu s’éloigner que de prendre un chameau avec lui. Il se mit en marche, très sûr de lui. Si Erza se faisait voler le chameau… Bon il lui trouverait un cheval.

S’excuser ? Très peu pour lui. Et il n’avait pas peur d’elle, ni aucune pitié. Il avoua avoir des collets et de comment il avait appris à les faire. Il parlait plus que d’habitude, avouant ses petites astuces. « Non, clairement pas. » Et cela faisait du bien. On ne le traitait plus comme une vulgaire bête, voire pire, mais comme un individu libre. S’il était né dans une autre tribu, il aurait vécu différemment, mais malheureusement sa vie était déjà tracée. Il ne pouvait plus rien y changer. Eirik s’était habitué à son destin. Il ne lui restait plus que tracer le reste. Il était bien loin de se douter des tourments que la femme traversait. Il tourna la tête vers elle quand elle lui montra deux bouts de bois. Il s’approcha vivement et les ramassa, les soupesant. « Ils feront l’affaire. » Il balaya la zone du regard et choisit un coin à l’abri des regards des prédateurs affamés. Il planta les bois à une certaine distance l’un de l’autre, se mettant au travail tandis que la question d’Erza résonna. « Oui, mais en automne. C’est différent maintenant, avec le froid. On va devoir attendre. On va s’éloigner, aller poser un autre et on reviendra dans plusieurs heures. » Il se redressa après avoir posé son collet entre les deux bouts de bois. Il vérifia la solidité da la chose, cela ferait l’affaire.

La modernité avait laissé la place à ceux qui étaient ingénieux. Les outils n’existaient plus comme avant le nucléaire et la fin du monde. Eirik se mit en route. « On va prendre trois bouts de bois cette fois. Je vais essayer une autre technique. Essaie de prendre deux branches épaisses et une, plus petite. » Il partait du principe qu’elle continuait de l’aider dans sa recherche. L’homme tomba sur une branche épaisse et la ramassa. Son regarda balaya la zone. Il ne cherchait pas seulement du gibier, mais aussi des ennemis. Son langage corporel montrait clairement qu’il était capable de tuer et n’hésiterait pas une seconde à le faire.

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Sujet: Re: Dis-moi, aimes-tu les Rahjaks ? | Erza
Lun 5 Juin - 20:30


« Si elle te tue pour si peu, alors un conseil ne le croise plus. » Mon sourire se transforma légèrement en grimace alors que je ne savais pas réellement quoi lui répondre précisément. C'était compliqué de faire comprendre à un étranger que Shanareth n'était pas juste une simple mercenaire à mes yeux, de même qu'Argo n'était pas un simple chameau alors que c'était celui que son père lui avait donné. Ayant du mal à trouver une réponse appropriée alors qu'autant que je pouvais la défendre, ses mots tournaient dans ma tête. Peut-être qu'il avait raison, peut-être qu'il valait mieux que je m'éloigne d'elle. Mais à vrai dire je m'étais déjà éloignée d'elle alors que je l'avais laissé loin derrière moi, la laissant à la cité de feu. Prenant la fuite sans un mot alors que je n'avais pu que profiter de son absence pour partir. Sans doute trop lâche pour attendre qu'elle soit de retour pour lui faire face. Il était plus facile que je me détache d'elle quand elle était pas là, et cela d'autant plus qu'au-delà de cela je le faisais pour moi. Ce dont je doutais qu'elle comprendrait alors qu'à vrai dire il y avait autant de chance qu'elle veuille me tuer pour lui avoir pris Argo que pour être partie. Qu'une possibilité alors que je doutais toutefois qu'elle en vienne à me faire des cadeaux si elle me rattrapait après tout j'avais écrasé son coeur entre mes doigts en quelque sorte alors que j'avais réussi à voir par-delà les apparences pour comprendre qu'elle tenait sincèrement à moi. Pas assez naïve pour croire que si elle en venait à me retrouver elle se montrerait tendre. Elle restait une mercenaire et la bête restait autant que possible tapie au fond dans l'ombre. Alors peut-être qu'Eirik avait raison et qu'il serait mieux que je ne la croise plus, et, pour autant je ne pouvais qu'espérer de la retrouver alors qu'une part de mon esprit me poussait à vouloir retrouver ses bras, sa présence.

Et autant que je pensais à elle, je ne pouvais que m'inquiéter qu'Argo disparaisse alors. Des inquiétudes que je lui fis part alors que j'avais autant besoin d'être rassuré ou du moins de savoir ce qui pouvait se passer. Mais comme pour mettre fin à mes inquiétudes, il me rassura peut-être un peu maladroitement alors qu'il était clair qu'il ne tenait pas autant que moi à ses compagnons de route ou plutôt son compagnon de route. Non pas que je pouvais lui tenir rigueur alors que nous étions tous autant que l'autre différent. « Normalement cela devrait aller. Vu les températures, on sera tranquille. » Mon regard qui posé sur lui alors que je pouvais que constater un peu plus à quel point nous étions différents, et pourtant je n'en venais qu'à apprécier sa présence. Lui n'en venant qu'à continuer de parler. « Il nous servira d’alarme. On va tenter de ne pas trop s’éloigner. » J'hochai la tête un peu plus vigoureusement, un peu plus rassuré face à ses mots. Lui adressant un sourire pour le remercier alors que l'instant d'après je n'en venais qu'à le suivre dans les bois.

« Non, clairement pas. » Un monde qui était différent du notre alors qu'autant que nous vivions sur la même planète, c'était comme si nous vivions dans deux coins opposés, dans deux mondes complètements différents alors que nos coutumes ne se ressemblaient pas, nos peuples non plus. « Je trouve que cela fait du bien. » La vérité et autant un soulagement alors qu'ici je n'avais pas à craindre le fouet ou les châtiments. Ici autant qu'il pouvait y avoir des morts, je n'avais pas à voir le sang ruisselait des pavés parce qu'un homme aurait été tué, n'ayant besoin de voir la tête décapité d'un de mes frères qui se serait enfui et se serait fait rattrapé. Ici la violence était là, mais bien moindre alors qu'il n'y avait aucun marché d'esclave. Ici je n'étais la propriété de personne tout comme lui et cela faisait du bien d'être libre. « C'est comme si nous pouvions enfin respirer réellement sans craindre une moindre menace. » Car il était certain que cette menace serait toujours moindre de celle que nous avons pu connaître. Et j'en avais que le coeur plus léger alors que je pouvais enfin souffler et espérer trouver un peu de paix, un peu de beauté dans ce monde qui suffirait à apaiser mes blessures. « Qu'est-ce qui t'émerveilles le plus de ce côté-ci du monde ? Qu'est-ce qui t'as fait réellement retrouver le sourire et le rire ? » Curieuse alors que je ne pouvais lui poser la question, espérant que ce soit bel et bien le cas. Ce que je ne pouvais que croire alors qu'il était certain qu'autant cette part-ci du monde m'était pas familière; semblait peut-être moins accueillante que les landes de sable avec ces arbres étroits qui nous dominaient, il y avait forcément quelque chose qui lui avait donné le sourire.

Et autant que je me renseignais, je n'en venais qu'à lui poser des questions, écoutant ses conseils alors que je pivotais vers lui pour montrer deux bouts de bois qui sembleraient convenir à son affaire. Attendant désormais son appréhension. « Ils feront l’affaire. » Un sourire qui illuminait mon visage. Satisfaite alors que je venais la seconde d'après à m'approcher de nouveau pour examiner ses gestes, pour les mémoriser car il était autant possible que j'ai besoin de les reproduire par la suite. Lui posant une nouvelle question, curieuse, ayant envie d'apprendre. « Oui, mais en automne. C’est différent maintenant, avec le froid. On va devoir attendre. On va s’éloigner, aller poser un autre et on reviendra dans plusieurs heures. » « Le froid... » Laissant flotter le mot dans ma bouche alors que dans un sens nous n'avions jamais réellement connu la froideur si ce n'était la chaleur du désert bien que les températures ne s'étaient que rafraîchis dès lors que j'avais survécu à cette étape. « Est-ce aussi glacial qu'ils le disent ? Ne regrettes-tu pas le soleil qui réchauffe nos peaux ? » Curieuse. En effet. Continuant à marcher toutefois alors qu'il décidait d'un nouveau plan de bataille. « On va prendre trois bouts de bois cette fois. Je vais essayer une autre technique. Essaie de prendre deux branches épaisses et une, plus petite. » Ce que je ne tardais à faire alors qu'après récupérer les bouts de bois qui semblaient eux aussi faire l'affaire, j'en venais à revenir auprès de lui pour les lui donner et savoir ce qu'il comptait faire.
« Quelle technique tu vas utiliser cette fois-ci ? »

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Sujet: Re: Dis-moi, aimes-tu les Rahjaks ? | Erza
Mar 20 Juin - 10:35

Eirik était abrupt dans sa manière de parler, mais c’était sa signature. La vie l’avait forgé et rendu brut de décoffrage. Il rendait à la vie ce qu’il avait reçu. Ils respiraient et vivaient sans craindre un coup de fouet d’un maître esclave nerveux ou de mauvaise humeur. Ils n’étaient plus à la merci de personne, ils étaient complètement libres. Cette liberté avait été déroutante au début et puis il s’y était faite. Par la forcément des choses il avait accepté ce mode de vie où il ne devait plus rien à personne, où il n’était pas un objet, mais juste lui. Seul quelqu’un qui avait aussi vécu cela pouvait comprendre ce genre de choses. Il réfléchit sérieusement à la question d’Erza. Qu’est-ce qui l’avait fait sourire et rire ici ? Sa question le surprenait et il la regarda quelques secondes, faisant tournant les mots dans sa tête. « La différence de climat. » Il ne mentait pas, les différences avec le désert le fascinaient complètement. « J’adore la mer, une immensité d’eau face à l’immensité de sable que j’ai connu des années auparavant. Il n’y a rien de plus beau. » Il se souvenait de la première fois qu’il avait vu l’eau. Il avait ri, ri de bonheur et presque de folie. Et pis il y avait le reste du climat. Même cette forêt le satisfaisait énormément mine de rien. Il se sentait libre d’une manière qu’il ne s’expliquait pas. « Et toi, qu’est-ce qui t’émerveille le plus ? » Il était curieux de savoir sa version. Qu’est-ce qui pouvait bien plaire à une femme comme elle ?

Quand il affirma que les bâtons feront l’affaire, elle sourit d’une manière si lumineuse que cela troubla énormément Eirik. Il resta un instant figé ne sachant pas forcément comment réagir. Mais il se reprit rapidement, décidant de ne rien dire alors que la femme semblait contente. Il expliqua la météo et la conséquence que cela pouvait avoir sur eux. « C’est ton premier hiver ? » L’hiver n’existait pas dans le désert, en tout cas pas comme ici. Mais vu son nombre d’année ici, Eirik s’était habitué à la froideur des hivers. Il avait appris à aller troquer des peaux de bête qui lui éviteraient une mort certaine. Le froid n’était pas dans son ADN, mais étonnement, il y résistait. De toute manière, il avait vécu bien pire et ne pas survivre au froid l’aurait bien choqué. « Oui c’est aussi glacial qu’on le dit. » Visiblement cela devait être son premier hiver si elle le demandait. Il la regarda quelques secondes. « Le chaud qui réchauffait nos peaux avait un coût. Le coût du sang et de la mort. » Cela n’avait pas été un prix favorable et cela avait été particulièrement difficile. Il avait fallu supporter certaines choses intolérables car ils n’avaient pas le choix, tout simplement. Ils continuaient de marcher et à sa grande surprise, Erza revint rapidement avec ce qu’il fallait. Il choisit un petit emplacement caché de la vue des prédateurs.

Il devait se mettre dans une mentalité de proie pour envisager où irait manger un lièvre. Il s’accroupit. Il plaça deux branches à environ trente centimètres d’intervalle et plaça la troisième branche entre les deux. Il fixa le collet à la branche du milieu de manière adroite. Il regarda Erza. « Le lièvre va passer entre les deux branches et ne va pas remarquer de suite le collet. Il s’y prendra le cou. » Si tout allait bien et alors, ils auraient un repas suffisant. Eirik se redressa et rajusta le col de sa veste. « Il faut qu’on s’éloigne. Vu le bruit qu’on fait, on ne chopera rien. » Il s’éloigna de plusieurs mètres, le pas sûr. Il retournait vers leurs montures. « Je dois partir demain. » Cela voulait dire que si elle le désirait, ils pouvaient passer la nuit ensemble. Ensuite, il redeviendrait une ombre. Il continuerait sa vie sans se soucier de cette rencontre. Cela pouvait paraître terriblement brute comment il agissait, mais c’était ainsi. Il se demandait si ce traitement conviendrait à Erza. Eirik avisa leurs montures au loin et poussa un bref soupir. « Où comptes-tu te rendre ? » Il alimentait la conversation et il se demandait bien pourquoi. C’était juste se faire du mal bêtement. Mais il avait bien envie de savoir. Il était fort probable qu’ils ne prennent pas le même chemin, mais cela ne faisait rien. C’était la vie.

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Sujet: Re: Dis-moi, aimes-tu les Rahjaks ? | Erza
Mar 20 Juin - 21:15


« La différence de climat. » Je lui jetai un regard alors qu'il reprenait déjà la parole pour me donner plus d'explications. « J’adore la mer, une immensité d’eau face à l’immensité de sable que j’ai connu des années auparavant. Il n’y a rien de plus beau. » L'écoutant, les yeux ouverts alors que j'étais plus que jamais curieuse. Curieuse de voir ce dont il me parlait. Curieuse de décrire des potentielles sensations, de ressentir des émotions. Je rêvais de cela, ne pouvant qu'imaginer toutefois les couleurs qu'il semblait vouloir dessiner. Je ne pouvais que m'imaginer le paysage qu'il décrivait sans avoir de réelle possibilité pour comparer ce qu'il disait. Je pouvais imaginer le sable, je pouvais imaginer des étendues de sable tout comme il en existait dans le désert mais j'avais bien plus de difficulté à imaginer une immensité d'eau. Sans aucun doute parce que je n'étais pas habituée à l'idée que l'eau puisse exister autant. L'eau se faisait rare dans les déserts et ce n'était qu'un plaisir de découvrir un oasis. Des souvenirs qui remontaient à la surface alors que je me rappelais mes premiers gestes, les tentatives de Shanareth pour m'apprendre à nager. Je savais à quoi l'eau ressemblait, à quoi un oasis ressemblait. La mer c'était différent, c'était un tout autre niveau, un tout autre rêve. « J'imagine. » Songeuse. « Et toi, qu’est-ce qui t’émerveille le plus ? » Je reposais mon regard sur lui, soudainement pris au dépourvu. « Je... je ne sais pas... pas réellement... » La vérité. « Ce n'est pas comme s'ils nous laissaient le temps de rêvasser ou de nous émerveiller.... mais je sais pas j'aime ce sentiment de liberté, j'aime sentir le vent contre mes cheveux, j'aime regarder les mouvements du relief. J'imagine que la majorité de ma vie, je n'ai pu qu'imaginer, qu'espérer et que maintenant que tout s'offre à moi, je peux que m'émerveiller devant des choses futiles parce qu'on en a enfin le droit, la possibilité. » Une possibilité qui existait bel et bien alors que je continuais pas moins de chercher dans les recoins de mon esprit des souvenirs qui m'auraient émerveillées. Mais la vérité était qu'au-delà de cela, j'appréciais qu'un peu plus la saveur de petits détails, le contact avec les autres sans cette crainte de mourir, sans crainte que les coups pleuvent. Non pas que j'avais rencontré beaucoup du monde alors qu'au final je me sentais surtout à l'aise à ses côtés parce qu'il avait vécu la même histoire, parce qu'il comprenait.

« C’est ton premier hiver ? » J'hochai la tête. « Ici, oui.. je ne me suis pas échappée il y a longtemps, j'en ai eu l'occasion mais je me suis fait rattrapée avant d'avoir réussi à franchir les portes. J'imagine que je peux même qu'être heureuse de ne pas avoir été tué aussitôt, pas après toutes mes tentatives pour fuir. Mais maintenant je suis libre. » La saveur de la victoire alors que libre je l'étais réellement. J'avais réussi à m'enfuir, j'avais réussi à passer la muraille. J'avais échoué à tuer Basile. J'avais échoué à passer par la grande porte. A chaque fois que mes tentatives avaient ratés, j'avais connu la douleur. Une douleur que je revivais l'espace de quelques secondes alors que je pouvais encore sentir même des années après les mains de Basile sur mon corps, les coups qui pleuvaient, traînée dans la boue, vendue sans avoir un mot à dire. Je me rappelais de chaque détail. Peu importait que je tentais d'oublier, ces souvenirs restaient. Et peut-être était-ce mieux car j'avais appris à devenir plus forte, j'avais appris à survivre. Alors peut-être devrais-je leur dire merci au final. Mais je savais autant que je ne le ferai jamais. Ils ne méritaient pas une trace de respect de notre part, pas alors qu'ils nous considéraient comme leurs choses, leurs animaux. Sa voix qui me distrayait, chassant l'ombre du passé. « Oui c’est aussi glacial qu’on le dit. » Une pensée qui m'inquiétait légèrement bien que j'avais toujours de la matière pour m'inquiéter comme la crainte qu'ils me retrouvent et m'attrapent. « Le chaud qui réchauffait nos peaux avait un coût. Le coût du sang et de la mort. » « ... et un goût amer. » La vérité. L'échange d'un regard. Me demandant l'espace d'un instant ce qu'il avait subi, lui bien que je doutais qu'il partage autant son histoire que je l'avais fait. C'était son choix.

Le sujet qui changeait, dérivait à mesure que nous nous enfoncions dans la forêt pour chasser. Manger ou être mangé. Tuer ou être tué. Toujours la même leçon. Le même désir de survivre tant pour les proies en bas de l'échelle que pour les prédateurs. L'ordre commun des choses et ce même instinct qui nous poussait à nous battre même dans les pires moments de désespoir. « Le lièvre va passer entre les deux branches et ne va pas remarquer de suite le collet. Il s’y prendra le cou. » Ecoutant ses conseils alors que je l'observais pour tenter de mémoriser les gestes, pour me souvenir. « Il faut qu’on s’éloigne. Vu le bruit qu’on fait, on ne chopera rien. » J'hochai la tête avant de le suivre, tentant d'être le plus silencieuse possible. Sa voix qui résonnait de nouveau alors que je tournais ma tête dans sa direction. « Je dois partir demain. » « D'accord. » Juste une brève rencontre. Un instant passager. Je me doutais bien qu'il n'allait pas rester, il était un nomade. Et nos chemins n'en viendraient qu'à se séparer mais en attendant avant d'être attristée par la nouvelle, on pouvait autant décider de profiter. N'en venant qu'à me détourner alors que je continuais d'avancer, perdue dans mes pensées. « Où comptes-tu te rendre ? » « Vers la mer. » Une certitude alors que j'avais envie de voir de mes propres yeux cette étendue d'eau dont il avait parlé. Mon idée n'ayant toujours pas changé, ni mon cap avait dévié. « Toi ? » Une question. Apercevant soudain nos montures, un sourire qui se dessinait sur mon visage. Argo était toujours là. Sifflant légèrement alors que le chameau se tournait vers moi, sachant que j'étais là. « Est-ce que l'on devra attendre longtemps ? Peut-être faut-il dresser un campement ou ? ... »

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Sujet: Re: Dis-moi, aimes-tu les Rahjaks ? | Erza
Jeu 13 Juil - 21:49

Quand Eirik parlait ou pensait à la mer, son visage s’illuminait et il se sentait tout de suite mieux. Les excès de colère semblaient engloutis par le sujet de l’océan. Il renvoya la question à Erza, curieux de savoir ce qu’elle dirait. Sa réponse ne l’étonna même pas. Elle ne savait pas. Certes, les maîtres esclaves ne laissaient pas rêvasser ou s’émerveiller, mais parfois, il y avait des fenêtres de paix et on pouvait cacher que son esprit s’échappait. Eirik l’avait souvent fait, peut-être était-ce plus facile quand on travaillait dans une mine. Il ignorait de comment c’était dans les autres travaux d’esclave. Il l’interrogea sur son premier hiver et l’écouta. Il l’imagina s’enfuir, échouer, se faire traîner de force dans la maison. Un frissonnement le traversa. Eirik avait vu des gens se faire tuer car ils tentaient de fuir. Il avait vu des situations ignobles car la révolte grondait encore dans des corps brisés et souillés. Lentement, il posa sa main sur l’épaule d’Erza comme pour tenter de la réconforter et lui signifier qu’il devinait sa douleur. Lui avait réussi du premier coup, mais il avait vu des gens qu’il aimait partir avant et ne jamais revenir. Il avait muri son plan des années avant de céder aux sirènes de la liberté. Il avait tenté le tout pour le tout et il avait réussi. Eirik ne voulait pas parler sans cesse de cette ancienne vie. Cela ravivait des blessures difficiles à accepter. Il avait besoin de temps pour se soigner et probablement ne se soignerait-il jamais.

Ce n’était pas à son âge qu’on faisait quelque chose. Un goût amer, peut-être bien, il ne s’en souvenait plus vraiment à dire vrai. Il se souvenait plus du sang et de la mort. C’était déjà suffisant pour lui. L’homme se mit en quête d’un repas digne de ce nom. L’aventurier se dit qu’avec cette femme dans son dos, ils arriveraient probablement à choper quelque chose de consistant. C’était ce qu’il espérait sinon il aurait vraiment perdu du temps pour rien et il détestait cela par-dessus tout. Eirik mit en place ses pièges de manière méticuleuse. Il savait très bien ce qu’il faisait. Il était extrêmement concentré dans sa tâche. Il aurait pu s’éloigner, attendre que les pièges fonctionnent et fin de l’histoire. Mais à la place, l’homme faisait la conversation. Il interrogeait la femme. Grave erreur souffla une voix dans sa tête, il aurait dû plutôt se taire, cela aurait été tellement plus facile. Le brun hocha la tête quand elle affirma qu’elle allait vers la mer. Il comprenait ce qu’elle voulait dire. « Tu verras, c’est différent de tout. » De leur monde, de leur vie et enfance. Il faillit lui dire de lui envoyer un oiseau quand elle verrait, mais ils n’avaient aucun moyen de se contacter, aucune adresse. Ils étaient deux vagabonds en quête de sens. Eirik ne savait pas pourquoi il éprouvait de l’affection pour cette femme. Elle était tellement différente de lui. Et pourtant, elle portait en héritage la propre histoire d’Eirik.

Elle n’avait pas peur de lui alors que d’autres auraient reculé face à lui. « J’ignore où je me rends. » Ses voyages allaient de pair avec ses humeurs qui pouvaient être dangereuses. Parfois les plantes marchaient, d’autres fois non et alors c’était très dangereux. Il aurait pu aller avec elle vers la mer, une petite voix lui souffla de le faire, mais il empêcha les mots de jaillir de sa bouche. Non il ne voulait pas s’engager là-dedans. Eirik avait comme un mauvais pressentiment s’il suivait son impulsivité instable. Il distingua son étalon gris qui broutait sagement. L’homme s’approcha du cheval sans même y prendre garde et le flatta joyeusement. L’animal semblait content de cette caresse inédite. « Je ne pense pas que tu partiras aujourd’hui ? On peut dresser le camp. On retournera dans quelques temps voir les pièges. » C’était du moins ce qu’il se disait. Il faudrait chercher du bois pour former le camp. Mais pour l’instant l’homme était fatigué et s’assit à même le sol. Il ne donnait pas chère de sa peau quand il faudrait se relever, mais il s’en fichait. Il ne donna pas d'ordre d'aller chercher du bois, il resta juste là à attendre.

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Sujet: Re: Dis-moi, aimes-tu les Rahjaks ? | Erza
Ven 14 Juil - 10:36


Lui dévoilant mes plans à lui aussi. Sans doute une erreur. Petit à petit je me rendais compte que je bafouais un peu plus cette règle que je m'étais imposée. C'était sans doute stupide. Je n'en venais qu'à rompre cette règle silencieuse et fondamentale qui m'aurait imposé le silence. Je l'avais bafoué en impliquant Ozvan. Le marchand m'avait aidé à fuir, me donnant les ressources que je voulais et dans un sens je ne pouvais que m'en vouloir de m'être joué de lui. Je lui avais fait croire que j'étais sa fille. Et l'homme y avait cru. Une fille bâtarde de je-ne-sais-où. Une histoire montée de toutes pièces qui suffirait à en faire pleurer un. Il n'avait pas pleuré mais cette histoire avait suffi pour lui faire baisser ses défenses. Il m'avait aidé. Il savait que je fuyais. Et moi je n'en n'étais que venue à me douter il y a bien longtemps qu'il aidait les esclaves en fuite. Les conversations de Roan avaient aidé alors que je savais que le mercenaire se méfiait du marchand. Ozvan qui était un protecteur pour lui et un ami. Si seulement il savait. Mais il ne savait, ne savait peut-être toujours pas comme je l'espérai. Ozvan m'avait aidé, sachant que je fuyais. Mais il n'avait pas été le seul dans la confidence alors qu'Arméthyse l'avait été aussi. J'avais toujours du mal avec son prénom même maintenant. Pour moi elle était toujours Erika. Mais Erika avait disparu pour laisser place à une autre femme. Des promesses rompues et malgré tout elle m'avait aidé à fuir non sans rompre un autre de nos serments alors qu'elle n'était pas partie à mes côtés. Un brin de nostalgie et tristesse m'envahissant. Il n'y avait pas eu qu'elle. Skyra savait aussi. La sorcière savait que je comptais fuir et elle n'avait été qu'un maillon de plus de cette chaîne. Ils étaient nombreux à savoir et je ne pouvais que m'en inquiéter. Il y avait plus de risques que des têtes tombent. Car si certes ils n'avaient connaissance qu'une partie de l'histoire, que celle que j'acceptais de leur céder il n'en restait pas moins qu'ils deviendraient des cibles à éliminer si les mercenaires en avaient connaissance. Et désormais Eirik était aussi dans la confidence alors qu'il savait que j'allais vers chez les Calusa. Dans un sens j'avais envie de me gifler, de me dire que j'étais stupide mais étrangement j'avais confiance en cet homme. Il était un esclave comme moi et je ne parvenais pas à estimer qu'il pourrait me trahir, ne pouvant l'imaginer. Il savait la direction que j'allais emprunter bien que j'aurai pu autant mentir et en emprunter une autre. Une question de confiance. Une question de confiance qui finirait par payer ou pas. « Tu verras, c’est différent de tout. »  Et je finissais par hocher la tête car il n'y avait sans doute pas de mots pour décrire l'étendue d'eau, la mer. Il fallait le vivre pour le comprendre.

« J’ignore où je me rends. » « Tu peux venir avec moi. » Une proposition. Mon regard qui se posait sur lui alors que je reprenais la parole aussitôt. L'adrénaline coulant dans mes veines. Une couleur rosée colorant mes joues. « ... si tu le désires. Ils cherchent un esclave chacun, pas deux, pas un couple. » Mimant de mes doigts ces derniers mots. C'était la vérité, cela ne faisait aucun doute que les mercenaires cherchaient un esclave en fuite mais pas un qui se joignait à un autre. Vivre en groupe avait ses avantages. Vivre en groupe signifiait être plus fort, pouvoir se protéger. Je savais qu'Eirik avait bien plus d'expérience que je n'en n'avais. Il avait voyagé, était là depuis bien plus longtemps que moi. Il avait fui il y a plus longtemps que moi la cité. Il savait comment survivre tandis que moi je tentais encore d'en apprendre les règles. Je savais qu'il pouvait m'être utile tout comme je pouvais lui être alors qu'il semblait sans cesse plonger dans une bulle, comme s'il se retranchait derrière des murs alors que la morosité risquait de s'emparer de lui. A plusieurs, des gouvernements pouvaient être renversés. Il suffisait d'avoir un même objectif. Et le dieu soleil savait que j'avais rêvé que les esclaves en viennent à se lever contre les maîtres. Mais il n'y avait personne pour nous unir. La peur était là, maîtresse de ce monde. Il n'y avait pas beaucoup de solution pour être libre : renverser la royauté ou fuir. J'avais choisi la seconde option et pourtant dans un coin de ma tête je n'en venais qu'à me dire que si un jour un événement de ce genre se produisait alors je voudrai être de la partie. Voulant être là quand ce jour arriverait, que le vent tournerait. Mais ce jour n'était pas encore arrivé et pour le moment je savais que je devais me faire oublier. Le désir de m'éloigner encore plus de la cité du soleil, de mettre encore plus de distance entre nous. Aller vers les calusas n'en n'étant qu'une idée. Une proposition qui germait dans mon esprit alors qu'Eirik avait prononcé ses mots. Et aussitôt la signification de ce que je proposais s'interposant dans mon esprit. Je lui ferai quitter cette bulle qu'il avait construit, pouvant le mettre en danger. Je savais que Roan, Shanareth ne s'arrêteraient pas, qu'ils voudraient me trouver et s'ils arrivaient un esclave de plus ou de moins ne serait qu'un insecte écrasé sous leurs talons. « Mais peut-être tu ferais autant mieux de décliner mon offre. Je ne veux pas que tu sois en danger par ma faute, qu'ils te tuent à cause de moi. Je sais qu'ils viendront pour moi. Alors que toi pour le moment tu es libre définitivement, tu es sans doute devenu un fantôme pour eux et si je suis à tes côtés tes chances de mourir n'en viendront qu'à s'accroître. Je ne voudrai pas que tu meures à cause de moi. » Vulnérable. Dévoilant une touche de ma vulnérabilité alors que je m'inquiétais. Inquiète qu'il vienne et meure. Autant l'espoir qu'il m'accompagne que celui qu'il refuse. Toujours ces mêmes démons, cette même solitude empoisonnante. Je n'étais pas encore habituée au silence et autant je le chérissais, je le craignais aussi. M'étant rapidement habituée à sa présence, à lui. Taciturne certes mais je l'appréciais déjà, peut-être plus que je ne devrais. Et cela n'en n'était qu'autant dangereux.

Me rapprochant d'Argo et lui de l'étalon gris. Petit à petit, la nuit commençait à tomber. N'en venant qu'à me demander s'il ne faudrait peut-être pas justement dresser le campement. Il était certain que nous resterions là du moins encore pendant quelques heures alors que le gibier se prendrait peut-être dans les pièges dressés, nous permettant de nous nourrir. Et autant qu'il pouvait être dangereux de s'installer provisoirement, de faire un feu, il était autant avantageux d'en faire un tant pour faire cuire la nourriture que repousser les animaux sauvages. Encore fallait-il avoir de quoi se subvenir mais la réponse à cette question ne pourrait être donnée qu'après. « Je ne pense pas que tu partiras aujourd’hui ? On peut dresser le camp. On retournera dans quelques temps voir les pièges. » Le regardant un instant, mon regard détaillant ses traits avant que je n'en vienne à prendre la parole. « Non, je partirai à l'aube. » Une affirmation alors que je préférai autant partir quand il ferait jour pour pouvoir me repérer plus facilement. Une pensée des plus censées alors qu'il faisait sombre et que j'étais dans un environnement totalement inconnu. Je le regardai se poser au sol, ses traits marqués par la fatigue. « Tu devrais te reposer un instant, je vais aller chercher du bois. » Lui adressant un bref sourire avant de m'éclipser dans la nuit aussi simplement qu'il en soit. Mon ombre qui se dessinait sur le sol alors que doucement l'obscurité prenait possession. Je m'avançai prudemment, sachant où aller alors que mon poignard était toujours avec moi. Au cas où. La peur qu'ils reviennent pour moi toujours là bien qu'en général je réussissais à tenir cette même peur à distance. Me mettant aussitôt à la tâche alors que je commençais à ramasser des branches tomber au sol. Il y en avait de toutes formes et il apparaissait un peu plus certain que ce monde-ci était totalement différent que j'avais connu. Une forêt boisée. Des pépiements d'oiseaux. Rien à voir avec l'ombre des rapaces qui se perchaient sur les cadavres. Un monde inconnu autant effrayant qu'attirant alors que mon regard ne cessait d'aller et de venir autour de moi. Silhouette qui se détachait d'entre les arbres alors que je continuais de ramasser les branches d'arbres et tout ce qui pourrait faire l'affaire. Le faisant rapidement et bien en espérant que cela conviendrait à Eirik. Et ce fut quelques instants plus tard que je revenais vers lui, non sans me demander s'il s'était endormi ou même s'il était mort alors qu'il paraissait immobile. « Je suis de retour. » Préférant annoncer mon arrivée qu'il craigne que je ne sois un adversaire ou un rôdeur. Déposant les branches en tas avant de lui jeter un regard. « Voudrais-tu allumer un feu ou est-ce trop risqué ? » Attirée par cette idée alors que le feu et la chaleur me manquait. Si habituée aux rayons ardents du soleil que par instant j'avais l'impression que mon corps n'était que froideur. Frissonnant un bref instant avant de me remettre à m'activer autour de lui.

Une activité qui dura l'espace d'un instant avant que je n'en vienne à me poser sur le sol, satisfaite. Quelques centimètres qui nous séparaient alors que pendant l'espace de quelques secondes je restais là, le regard dans la vague. Perdue dans mes pensées. Mon regard qui se reposait sur lui alors que j'en venais à reprendre la parole. « Yu laik stanop kru, Eirik kom sangedakru. » Des paroles sincères alors que je le pensais. « Tu peux paraître rustre, mais tu as un bon coeur. Après tout, rien ne t'obligeait à me parler. Tu aurais pu autant me jeter dehors ou ne pas m'accorder un regard, mais tu ne l'as pas fait... » C'était vrai. Dans un sens j'aurai pu faire de même, j'aurai pu poursuivre ma route sans m'attarder, j'aurai pu m'éloigner de lui rapidement mais je ne sais pas il continuait de m'intriguer. Il continuait de m'intriguer au-delà du fait qu'il était un rahjak, un esclave en fuite comme je l'étais. Cela changeait. Et j'appréciais ce sentiment. Toujours en partie perdue dans mes pensées alors que je n'en venais qu'à accorder une courte prière au dieu du soleil. Je ne savais qu'il ne croyait pas en lui, mais je croyais en lui. Ne pouvant que le remercier d'avoir placé Eirik sur ma route, tout comme il avait placé Varghause sur ma route. Sans eux, cela ne faisait aucun doute que ce périple n'aurait pas été le même et pendant un temps je pouvais apprécier de me trouver en sa compagnie. Je n'étais plus seul. Et tout comme être humain, j'avais autant besoin de cette chaleur humaine que n'importe qui, ayant besoin de ce contact qui nous poussait les uns vers les autres, qui nous poussait à faire de nouvelles rencontres. J'appréciai cet homme. Quelques heures ayant suffi. Etonnant. Ou peut-être je pouvais enfin réellement apprécier quelqu'un sans craindre une ombre derrière mon épaule. Bien sûr il y aurait toujours cette ombre qui serait là, prête à plonger sur moi mais pendant un instant je pouvais enfin respirer et me sentir libre. Un sourire qui s'esquissait sur mon visage alors que je reprenais la parole soudainement. « Et en plus je t'aime bien. » Autant la vérité alors que je m'étais attachée à lui autant que je m'étais attachée à Ozvan ou à Shanareth. Ce même désir d'aimer et de se faire aimer. Ou ce même désir de trouver une personne qui me comprendrait, pour faire disparaître les ombres et enfin pouvoir sourire. Me doutant tout autant qu'il n'était sans doute pas habituée à de telles traces d'affection ou à de tels mots, ce qui rendait peut-être la situation autant amusante. M'approchant un peu plus de lui alors que je posais ma main sur son bras doucement. Comme pour ne pas effrayer un animal un peu trop sauvage. Mais je n'étais pas effrayée. On pouvait être effrayer de nombreuses choses, mais lui, il n'en faisait pas pas partie, loin de là. Rompre les barrières. « Alors merci. » Me penchant vers lui pour déposer une baiser sur sa joue, délicatement.

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15/06/2015 323 Colin Farrell avengedinchains ancien esclave, participe à la rébellion Rahjak 65


Sujet: Re: Dis-moi, aimes-tu les Rahjaks ? | Erza
Mar 1 Aoû - 21:16

Il ne s’était pas attendu à cela, qu’elle lui propose de venir avec lui. Il ne comprenait pas forcément pourquoi elle le faisait. Car il était gentil avec elle ? La gentillesse n’apportait que des problèmes décidément. Il la vit rougir alors qu’elle exposa sa théorie. En effet, ils cherchaient un esclave, mais pas deux. Un couple, le mot fit particulièrement étrange. Oui ils seraient un couple d’esclaves, une paire. Pourtant Eirik ne répondit rien. Il resta silencieux comme une tombe, ne sachant pas que dire. Peut-être que le doute se lut dans son regard, il n’en savait rien. « Je dois réfléchir. » C’était la seule réponse qu’il pouvait fournir actuellement. Il ne pouvait pas dire oui, mais il était incapable de dire non. Il ne se l’expliquait pas, mais il n’avait pas envie de lui faire de la peine. D’un côté, lui aurait-elle proposé cela si elle savait ce qu’il était ? Pendant le tremblement de terre, Eirik était à Rahjak, avait croisé Kyran et de situation en situation, ils en étaient venus à se venger des maîtres esclaves. L’envie de se venger était né et Eirik prévoyait de grandes choses. Il voulait rendre leur terre aux esclaves, les libérer de ce monde infernal. Cela pouvait paraître utopique et très bête, mais pour lui, tout ceci était très vrai. L’homme n’avait rien dit depuis qu’elle avait parlé, il continuait d’arranger ses affaires, laissant les paroles de la femme voguer dans son esprit. Eirik la regarda alors qu’elle l’informa du choix qui s’offrait à lui. Si elle avait su, qu’on le recherchait car il avait osé revenir à Rahjak et en partir.

Il avait provoqué une fois de plus sa ville natale et s’en moquait. Il avait tué des maîtres esclaves froidement. Eirik n’était pas un homme bon, mais un homme dangereux, une bombe à retardement. Il ne pouvait pas le dire à Erza. Elle ne devait pas se douter de ce qu’il était. Il ne voulait pas qu’elle le sache. « Je sais me défendre. » Il savait tuer, il savait où viser. Peut-être aurait-elle plus de chance avec lui. C’était ce qu’il se disait. Eirik se demandait si cela ferait un détour, mais même pas. Après être allé à la mer, il verrait bien où il se rendait. Il était un voyageur, un vagabond. Il n’avait pas de réel objectif même s’il collaborait avec Kyran. Elle partirait à l’aube, cela lui laisserait encore quelques heures quant à réfléchir à la route qu’il prendrait. Il s’était assis quelques secondes et fut surpris quand Erza proposa d’aller chercher du bois. Pour une fois, Eirik ne bougea pas et attendit calmement. Il pouvait profiter de son statut sans se sentir aucunement menacé. Pendant ce temps, il pouvait réfléchir d’aller avec Erza à la mer ou pas. Eirik était tellement concentré, qu’il ne bougea pas. Un bruit lui fit tourner la tête, il posa lentement sa main sur sa dague, ne bougeant pas alors qu’Erza s’annonça. Aussitôt il se détendit. L’esclave en fuite se fit la réflexion qu’il s’était bien trop habitué à cette femme, ce n’était pas bon signe.

Il était un loup solitaire qui ne s’habituait à rien ni personne. Il ne pouvait pas se permettre de commencer à faire dans le sentimentalisme. « Faisons un feu. » Eirik bougea lentement, mais sûrement avant de ramasser le bois qu’il fallait et commencer à monter un foyer. Les mains expertes, il ne craignait pas que le feu soit vu. Ils étaient deux et l’éteindraient bien rapidement. L’ancien minier avait l’habitude de l’obscurité et s’en sortirait très bien si on venait à les attaquer. Il frotta deux pierres l’une contre l’autre, les premières flammes apparurent et il souffla calmement dessus. La chaleur réchauffa ses paumes rugueuses et il se rendit compte alors qu’il avait froid. Il ne parlait pas, comme toujours, mais cela ne pas déranger. Entendre sa langue natale lui fit un électrochoc et il tourna la tête vers la brune. « Si tu savais ce que j’ai fait, tu ne le dirais pas, crois-moi. » Il ne voulait pas reconnaître qu’il avait bon cœur et qu’il pouvait aider. Il le savait en réalité depuis qu’il avait sorti des miniers lors du massacre des maîtres esclaves. « J’aurais pu te tuer. » Mais il ne l’avait pas fait. Eirik ne savait pas quoi lui dire. C’était le mieux qu’il pouvait faire. Quelque part, il était touché par sa douceur, mais cela le déstabilisait bien trop pour qu’il en fasse quelque chose. Sa dernière phrase avait été douce malgré la dureté de certains mots. Eirik ne bougea pas alors qu’elle livra ses sentiments.

« Fais attention à toi. » Il l’appréciait et serait vraiment emmerdé si quelque chose lui arrivait. Il ne pouvait pas lui dire les mêmes mots. Il ne l’avait jamais dit à personne. Eirik se figea alors qu’elle toucha son bras. Elle s’approchait trop, brisait des barrières, semblait ne pas faire attention à son caractère. Elle le remercia et embrassa sa joue. Il sentit une odeur, pas celle d’Erza, mais une odeur de souvenir, celle d’une femme qu’il avait aimée et qui n’était plus. Eirik se râcla la gorge, tentant de s’extraire de ce doux souvenir. Il tapota l’épaule de la femme dans une tentative de douceur un brin rustre. « Tu es une femme bien. » Trop bien pour un monstre comme lui, mais il ne le rajouta pas. Erza l’épuisait, elle lui envoyait de sentiments, trop de choses à devoir gérer qu’Eirik ne savait pas gérer. Il toléra sa présence et se dit qu’ils pourraient passer pour un couple. Il la voyait plus comme une enfant alors qu’à peine une dizaine d’année ne devait les séparer. Il se sentait épuisé, mais pour l’instant, mais il ne pouvait pas trop baisser sa garde et dormir. Il dormirait après avoir récupéré le gibier. « Ne montre aucun sentiment, jamais. C’est une faiblesse, ils te tueront ainsi. » Il la regarda droit dans les yeux. « Si quelque chose doit arriver, abandonne ton partenaire, ne te retourne jamais. » Si elle croisait des mercenaires et qu’elle était accompagnée, elle devait se protéger, ne pas se retourner, avancer. Cela serait dur, mais c’était le seul moyen de survivre. Elle ne pouvait pas s’attacher à n’importe qui comme elle faisait en ce moment-même. Eirik n’était pas n’importe qui, mais il ne voulait pas qu’on s’attache à lui. Car un jour, comme tout le monde, il mourait.

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Sujet: Re: Dis-moi, aimes-tu les Rahjaks ? | Erza
Mer 2 Aoû - 20:04


« Je dois réfléchir. » Je n'insistais pas. Quoiqu'il en soit c'était son choix. Je ne comptais pas le forcer à me suivre. Me contentant de hocher la tête. Dans un sens j'espérai réellement qu'il dirait oui, qu'il accepterait de m'accompagner. Si je savais que la nuit porterait conseil, je me doutais tout autant que j'en viendrais à m'inquiéter sur cette proposition que je lui avais faite. Je m'étais déjà attachée à l'homme qui se trouvait devant moi, et je ne pouvais que reconnaître que je m'inquiétais à l'idée que je puisse être la cause de sa mort. Autant qu'une voix dans ma tête me soufflait que je ne devais pas m'inquiéter, que si je le faisais alors je le ferai encore et encore. Mais n'était-ce pas beau ce risque que nous étions prêts à prendre tant pour survivre, que pour fuir la cité, que pour enfreindre les règles. Alors, oui, j'espérai plus que je ne craignais cette idée qu'il m'accompagne. Je savais que lorsque nous étions en groupe nous étions plus fort. Si seulement tous les esclaves de la cité se révoltaient contre leurs maîtres, contre ceux qui se proclamaient roi et reine alors peut-être que tout changerait. Des rêves peut-être que trop naïf bien que je continuais de rêver que tôt ou tard la cité change de main, et que cette dynastie instaurée tombe.

Reportant mon attention sur lui alors qu'il reprenait la parole. « Je sais me défendre. » J'esquissai un sourire. « Je n'en doute pas. » Et ce n'était pas à cause de ses mots que je le craindrai. Des mots qui sonnaient comme une mise en garde, comme s'il ne voulait pas dire à haute voix ce qu'il aurait pu faire ou avait déjà fait. Non pas que j'aurai pu lui en vouloir d'être violent. Tout le monde l'était. Notre monde se résumait à la violence. Et tôt ou tard, chaque être humain y venait à y céder. S'il y a différents stades de violence, certains l'usaient avec un certain amusement, une certaine frivolité comme le faisait de nombreux mercenaires. D'autres l'usaient pour se défendre. D'autres tuer pour survivre ou pour se venger. Et d'autres tuer parce que c'était leur mission, dans leurs gênes. Ce n'était qu'une question de perspective mais dans tous les cas, je n'avais pas à lui jeter le blâme ou compter le faire sans même qu'il m'ait dit de quoi il en retournait. Curieuse d'en savoir plus, pas moins consciente que les possibilités qu'il s'ouvre un peu plus n'existerait que si je me confiais à mon tour. « Je sais me défendre aussi. Ou du moins je connais des techniques de défense. Un mercenaire me les as appris... » Ou plutôt une pour l'occasion alors que je me rappelais chaque instant passé aux côtés de Shanareth. Je me rappelais les conseils qu'elle m'avait prodigué, les entraînements qui étaient repoussés au lendemain parce que nous préférions être dans les bras de l'une ou l'autre. Un autre type de combat. Plus passionné. Plus charnel. Rougissant légèrement alors que la tournure de mes idées changeaient.

N'en venant qu'à rencontrer son regard alors que c'était avec délicatesse que j'affirmais qu'il était quelqu'un de bien malgré les apparences bourrues. « Si tu savais ce que j’ai fait, tu ne le dirais pas, crois-moi. » « Pourquoi ? » Soutenant son regard alors que j'avais ce besoin vital qui me poussait à satisfaire ma curiosité. « J'ai été violée, battue. J'ai vu des monstres. Tu n'es pas l'un d'eux. Ou même si tu l'étais, il m'en faudrait plus pour m'effrayer. » Certains pensaient que je tentais toujours de voir le côté positif des personnes, de voir l'humain derrière la bête. Je l'avais toujours fait pas tant avec Shanareth, qu'avec Roan. Ne croyant pas que l'on puisse naître en étant cruel, penchant plutôt que si l'on se tournait vers la violence c'était parce que les événements nous avait poussé à être façonné de cette manière. « J’aurais pu te tuer. » J'esquissai un sourire, plus amusé que mortifiée. « Tu aurais pu, oui, mais tu ne l'as pas fait. » Non, il ne l'avait pas fait alors qu'au contraire, il m'avait aidé. Et si j'en venais plus qu'à soupçonner sa réponse, j'en venais toutefois à reprendre la parole pour lui poser directement la question. « Est-ce que tu as déjà tué quelqu'un ? ou voulu le faire ? Je sais que on fait ce qu'il est nécessaire pour survivre, mais parfois les sentiments l'emportent... J'ai tenté de tuer mon premier maître, Basile. J'y avais presque réussi. Un coup de ciseau planté droit dans sa gorge. Il a été plus fort. Cela a toujours été un de mes regrets. Si j'avais réussi, alors il ne serait pas arrivé ce qui s'est passé après, j'aurai été libre plutôt. J'ai aussi rêvé de tuer Roan. Je crois que j'ai rêvé de tuer beaucoup de personnes, mais je n'ai pas réussi ou du moins j'ai estimé que la menace était trop grande et j'ai préféré fuir. Mais je pense que si je le devais, je serai capable de tuer quelqu'un. Autant qu'ils ne se rendent pas compte à quel point la haine, la colère nous bouffe de l'intérieur alors que pour eux nous ne sommes  rien sinon des objets. » Mon regard qui s'était enflammé alors que je ne parlais pas tant avec assurance, qu'avec conviction et colère. Mes poings qui s'étaient serrés sans m'en rendre compte avant que je ne porte mon regard dessus et me force à respirer plus calmement. « Mais quoique tu vas me dire, je réitère ce que je t'ai dit, tu es quelqu'un de bien. »

« Fais attention à toi. » « Toi aussi, parce que même si tu parais imposant vu de l'extérieur, reste pas moi que tu es autant humain que je le suis. Et nul homme n'est infaillible. » La vérité alors que les uns ou autres on tombait un jour ou l'autre. Déposant un baiser sur sa joue pour le remercier, autant consciente qu'il se figeait sur place avant d'en venir à tapoter maladroitement mon épaule. Ce qui ne put que me faire sourire. « Tu es une femme bien. » Lui adressant de nouveau un sourire avant de décider de mettre fin à son supplice en m'écartant légèrement pour qu'il ne se sente pas oppressé ou trop mal à l'aise. « Tu n'es pas vraiment tactile. » Qu'un constat alors qu'il ressemblait de loin aux hommes que j'avais croisé au bordel, ce qui pouvait toutefois qu'être évident alors qu'eux ils ne venaient que pour cela et profiter des plaisirs de la chair. Un instant songeuse devant les flammes qui dansaient devant nous. « Ne montre aucun sentiment, jamais. C’est une faiblesse, ils te tueront ainsi. » Soutenant son regard alors qu'il reprenait ores et déjà la parole. « Si quelque chose doit arriver, abandonne ton partenaire, ne te retourne jamais. » « Est-ce que cela veut dire que tu m'accompagnes ? » Légèrement moqueuse alors que je m'étais juste saisie de la perche qu'il tendait devant moi. Reprenant toutefois la parole quelques secondes plus tard d'un ton bien plus sérieux, consciente de ses mots. Une tentative de rester légère, de ne pas trop penser aux conséquences et ce qui pouvait m'attendre. « Ne t'inquiète pas pour cela, j'ai vécu dans un bordel et côtoyé des mercenaires alors je pense avoir assimilé quelques techniques pour les faire tomber. »

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Sujet: Re: Dis-moi, aimes-tu les Rahjaks ? | Erza
Sam 12 Aoû - 22:00

Il ne savait pas trop ce qu’il faisait là. Peut-être essayait-il absolument qu’Erza le prît pour quelqu’un de dangereux. Il n’avait pas l’impression qu’elle comprenait et cela commençait à l’agacer. Elle ne doutait pas du fait qu’il sût se défendre, mais pour le reste, le croyait-elle aussi ? La brune lui dit alors connaître des techniques de défense et Eirik la regarda. Elle était plus petite que lui, il lui trouvait de belles formes. Il savait que des femmes pouvaient tuer, mais elle avait un regard… Pas le genre de regard de tueuse il dirait. Peut-être se trompait-il. Il décida de ne pas la chercher et de lui donner raison pour cette fois. Malgré tout, Eirik tentait de souligner sa dangerosité et il avait encore une fois l’impression qu’elle ne le prenait pas au sérieux. « Parce que. Tu n’écoutes rien de ce que je te dis. » Fut sa réponse au pourquoi d’Erza. Il avait l’impression de parler à une enfant qui ne l’écoutait pas. Il voulait qu’elle ait peur de lui, qu’elle frémît à sa vue, mais elle n’en fit rien, elle tint bon. Elle raconta brièvement sa vie et le fait qu’elle avait vu des monstres. Alors pourquoi ne reconnaissait-elle pas ce qu’elle avait en face d’elle ? Un pur monstre, pur jus. Le brun voulait qu’elle le vît ainsi, mais elle n’en faisait rien. Cela l’énervait. Il était une bombe à retardement et elle le dorlotait. Non il ne l’avait pas tuée.

Malgré tout, il suffisait d’un mot de travers de la part de la brune, d’un geste et les voix dans l’esprit d’Eirik s’agiteraient. Il prenait ses plantes, parfois elles aidaient, parfois les voix étaient plus fortes. Parfois sa folie prenait le dessus, comme auparavant et il se perdait. A l’ancienne époque, il aurait été probablement diagnostiqué et enfermé, aujourd’hui on ne le faisait plus. Aujourd’hui toutes ces maladies mentales n’avaient plus de noms et on laissait les malades errer. Parfois ils survivaient, parfois pas et bien souvent, ils tuaient sur leur passage. Il l’écouta expliquer son envie de tuer, son rêve. Il y avait une différence entre eux deux, elle avait rêvé, il avait agi. « J’ai tué bien des gens, pour le plaisir, pour le besoin. Tu crois que tuer est facile ? Ce sont des histoires qu’on se raconte au coin du feu pour le croire.[ » La folie dansait dans son regard foncé. Il avait tué par plaisir, sentir le sang chaud sur les mains. Parfois il avait fallu que l’autre dît quelque chose et il basculait dans la folie totale. Comme une madeleine de Proust qui ravivait des souvenirs dangereux. « Arrête de dire que je suis bien. » Il ne pouvait pas le supporter. Il aboya cela. Elle était en train de l’user. Gentiment, mais sûrement. Elle était en train de faire quelque chose qu’il ne supportait pas. Elle le croyait gentil, elle le croyait bon. Elle se trompait. Elle avait de la douceur, elle pouvait espérer. Lui pas.

Néanmoins, il prit la peine de lui dire de faire attention. Sa réponse le fit souffler alors qu’elle lui rappelait sa mortalité. Il le savait bien, il ne le savait que trop bien. Plus les années passaient et plus il le savait, ce jour viendrait. Elle le toucha, atteignit quelque chose au fond de lui et il céda quelques secondes. Il montra une pointe de douceur. Elle était une femme bien, mais il ne supportait pas qu’on le touchât. Cela faisait remonter des souvenirs qu’il préférait oublier. Il ne commenta pas le fait qu’il n’était pas vraiment tactile, il ne le voulait pas. Eirik était désespéré face à cette femme qui ne tenait pas compte de sa dangerosité et qui se dévoilait trop. « Je ne sais pas. » Il ne savait pas encore s’il l’accompagnerait. Car autant qu’elle lui plaisait, autant elle l’agaçait. Cet étrange balancier pourrait coûter très cher. Il ne savait pas quand il aurait plus marre qu’autre chose. A ce moment-là, il devrait s’éloigner. « Très bien, je vais relever les pièges. » Il devait respirer. Eirik se leva rapidement, il vit des tâches noires envahirent son champ de vision, mais n’en tint pas compte et se mit en route. Il avait suffisamment prévenu Erza, elle était sûre d’elle. Il ne pouvait rien de plus pour elle. Il devait marcher, respirer. Le brun abandonna l’autre esclave pour s’enfoncer dans l’obscurité.

Il devrait retrouver brièvement sa solitude. Leur contact était trop rapproché. Elle le poussait dans ses retranchements à sa manière. Or si Eirik commençait à étouffer, il pourrait bien se retourner contre elle. Il ne doutait pas du fait qu’elle soit une femme douce et qui sût se défendre, mais il ne pouvait pas trop la côtoyer. Sa douceur lui rappelait la douceur de certaines personnes dans les mines. Des personnes mortes aujourd’hui car elles avaient trop cru en la bonté. « Connerie de bonté. » Il marmonna entre ses dents, furieux au fond de lui, comme toujours. Eirik releva le premier piège, vide. Il alla au second qui contenait un lièvre encore vivant. Il dégaina sa dague et égorgea la bête, laissant le sang chaud couler sur ses mains et cela l’apaisa. Le Rahjak emporta le mammifère qui serait le repas du soir. Il avait bien conscience d’avoir abandonné Erza. Eirik se dit qu’elle lui pardonnerait son attitude plus que mauvaise et pas très fairplay. Il marchait dans le noir, le sang du lièvre coulait lentement au sol. Un bruit le fit se stopper net. Le brun ne sut pas si cela venait de sa tête, de quelque chose d’extérieur ou encore, d’Erza. Il était proche de leur feu. Et si quelqu’un les avait trouvés ? Il se faisait probablement des idées. Ils étaient au milieu de nul-part… Qui pourrait bien les trouver ? Personne normalement.

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Sujet: Re: Dis-moi, aimes-tu les Rahjaks ? | Erza
Dim 13 Aoû - 11:15


[justify] « Parce que. Tu n’écoutes rien de ce que je te dis. » Me fermant légèrement face à sa certaine agressivité alors que soudainement je ne savais plus quoi lui répondre. Un rappel que chaque personne avait un visage différent, que chacun contrôlait plus ou moins ses réactions, ses sentiments. Ce n'était pas comme si je ne m'étais jamais retrouvée face à une personne qui n'avait pas en elle un soupçon d'agressivité, de colère. Je me rappelais ces instants où je n'avais pu qu'avoir l'impression de marcher sur un terrain dangereux, qu'une explosion allait se produire si je prononçais un mot de travers. Je me rappelais les coups qui succédaient aux cris. Je me rappelais les meubles qui se brisaient, les objets qui se fracassaient contre le sol en étant renversés. Toute la cité rahjak avait été imprégnée d'une certaine violence. Elle l'était toujours, je n'en n'avais aucun doute sur ce point. La violence existait dans les rues alors que le sang coulait, les têtes tombaient au sol, les coups de fouet pleuvaient, s'abbattant sur la chair. L'innocence était volé et les éclats de rire faisaient place aux pleurs silencieux et aux gémissements de douleur. Nombreux avaient appris à souffrir en silence mais parfois la douleur était trop forte. Brisée. A chaque fois j'avais tenté de recoller les morceaux mais il était difficile de se mouvoir correctement quand les pièces n'allaient plus avec les unes avec les autres. Je me rappelais les mains de Basile sur ma peau alors que j'avais juste tenté de le tuer avec un ciseau. Je me rappelais chacun de ses souvenirs. Je me rappelais ces moments où la peur manquait de prendre le dessus alors que des clients du bordel se montraient trop violents, trop entreprenants avant que je ne réussisse à calmer le jeu. Je me rappelais la main de Roan qui s'abattait par instant alors que j'avais trop joué avec le feu. Je me souvenais des corps qui tombaient sur le sol, transpercés par les lames. Je me rappelais les têtes clouées au piquet et les esclaves qu'on vendait comme du bétail. Je me rappelais cette colère que j'avais ressenti qui me poussait à vouloir tuer. Ces mêmes démons qui se cachaient, rodant autour, prêt à surgir à n'importe quel moment. Je me rappelais du regard de Shanareth alors qu'il ne semblait que la bête qui se tapissait en elle avait pris le dessus. Mais par-delà toute cette violence, j'avais toujours tenté de voir ce qu'il y avait du bon dans les hommes. J'avais vu des monstres, j'en avais côtoyé, mais c'était comme si je ne pouvais me permettre de croire qu'il était né ainsi, comme s'il fallait que je tente désespérément de concilier les deux parties. Un pari sans doute que trop fou.

Mon regard qui se reposait sur Eirik. Je n'étais pas en colère face à ses mots, ni effrayée. C'était même étrange cette sérénité qui s'emparait de mon coeur alors que j'avais arrêté de flancher. Le silence qui avait eu le dessus alors que je me taisais, le regardant juste sans le forcer à parler me doutant qu'il se calmerait de lui-même. Ou du moins je l'espérai peut-être. N'osant plus prendre la parole, doutant que cela l'aiderait alors que son regard semblait soudainement hagard. Ne pouvant que me demander quels démons le tourmentaient en ce moment. Une lueur de folie dans son regard alors qu'il reprenait la parole qu'un peu plus violemment. « J’ai tué bien des gens, pour le plaisir, pour le besoin. Tu crois que tuer est facile ? Ce sont des histoires qu’on se raconte au coin du feu pour le croire. » Ne flanchant pas. Je ne reculais pas en arrière. Certes, ses mots ne voulaient pas ne dire rien mais pour autant mon opinion n'avait toujours pas changé. Peut-être parce que j'avais vu cette même lueur de folie tant dans le regard de Roan que de Shanareth, cette même lueur qui avait orné son regard alors que cette dernière m'avait avoué plus ou moins la même vérité. Je n'avais pas fui en courant même si c'était peut-être ce qu'elle aurait voulu. Peut-être que c'était aussi ce qu'Eirik aurait voulu aussi. Mais alors ce ne serait que trop facile. « Cela ne change pas mon opinion sur toi. » Soutenant toujours ce regard. Peut-être que j'étais autant suicidaire de m'avancer et de jouer avec le feu. Le feu était quelque chose de dangereux qui pouvait brûler si l'on ne prenait pas garde, mais pourtant je continuais de penser ce que je lui avais dit. Il n'avait jamais été obligé de m'aider ou de me faire la conversation mais pourtant il l'avait fait sans que rien ne l'oblige. « Arrête de dire que je suis bien. » « Comme tu voudras. » Et sans le vouloir, autant que cela puisse l'énerver, je ne pus m'empêcher de sourire. Ne pouvant que sourire parce que je savais que si je me retrouvais dans la même situation, je prononcerai de nouveau ces mêmes mots. Et que s'il le fallait, je le redirai encore parce que je le pensais qu'importait leurs avis. Souriant autant parce que dans le fond je savais que mes mots l'avaient touché mais que peut-être ils ne voulaient juste pas en assumer l'importance. Non pas que je le forçai ou que je m'étais forcée à le lui dire. Je le pensais juste. Et j'avais fini de me taire alors que j'étais désormais libre.

N'en venant pas moins à lui poser la question de nouveau pour savoir s'il m'accompagnait et cela malgré ses sautes d'humeur, malgré sa dangerosité. Comme si cela ne m'importait pas. Et c'était le cas, cela ne m'importait pas alors que chacun avait son caractère. Consciente que si nous étions deux, nous serions plus forts. « Je ne sais pas. » Ne pouvant m'empêcher de me demander si je ne l'avais pas rebuté avec mes propos, sur le fait qu'il était quelqu'un de bien. Une éventualité alors que cela ne faisait aucun doute qu'ils n'étaient pas habitués aux compliments. A vrai dire je n'y avais pas été habituée moi-même alors que jamais l'on ne m'avait donné de compliments excepté peut-être Shanareth. Peut-être que c'était autant pour cela que je trouvais cela important afin de prouver aux autres qu'ils comptaient à mes yeux, qu'ils n'étaient pas des objets pour moi mais des êtres humains à part entière. « Le choix est tien. » Bien plus calme qu'auparavant alors que je préférai pour autant ne pas apercevoir ce même grain de folie que j'avais entrevu dans son regard. Une folie à différent degré avec laquelle nous dansons tous, que je dansais avec moi-même dès lors que je me noyais, emportée par mes démons. « Très bien, je vais relever les pièges. » J'hochai la tête, ayant compris qu'il voulait s'éloigner de moi le plus vite possible comme s'il avait le diable à ses trousses. Lui adressant toutefois un sourire malgré tout, malgré cette ambiance qui était plutôt pesante pour certains. « Je ne bouge pas. » Ce n'était pas comme si je comptais m'éloigner maintenant. Le regardant juste s'éloigner, mes mains réchauffées auprès du feu.

Là depuis quelques instants, installées près du feu quand mon regard se posa sur Argo qui commença à s'agiter. Un trop plein de confiance dans le compagnon de route de Shanareth pour ne faire comme si de rien n'était alors que je me relevais vivement pour piétiner le feu. Le bruit distinct de chevaux qui s'approchaient rapidement. Ils étaient là. Ils arrivaient. Piétinant le feu autant que possible bien que cela ne pouvait que paraître que trop suspect. Il n'y avait pas de solution, si ce n'était celle de fuir. Courant en direction d'argo, tranchant les lanières avec mon poignard et celles de la monture d'Eirik. Même à peine étais-je montée sur lui qu'ils étaient là, sortant de l'ombre. « Chon ste der. » Des mercenaires. Deux hommes au visage barbu, des lames à leur main. Le regard avide. Des traqueurs. « Chon yu bilaik ? »« Ai laik Ellana kom pikuni » « Meizen gapa. » Le mercenaire qui s'approchait un peu plus. « Ai hon em. » « Wer'n ya go'ner, yu say'en? » Sifflant autant alors que l'instant d'après je me mettais à fuir. Une évidence que je ne serai jamais rapide alors que quelques minutes je tombais par terre, roulant sur le sol, la dague entre mes mains. Si stupide.

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15/06/2015 323 Colin Farrell avengedinchains ancien esclave, participe à la rébellion Rahjak 65


Sujet: Re: Dis-moi, aimes-tu les Rahjaks ? | Erza
Dim 20 Aoû - 21:11

Eirik s’était extrait de force de la bienveillance d’Erza. Les derniers mots de sa compatriote planaient encore dans son esprit « je ne bouge pas ». Son sourire semblait l’accompagner et l’homme souffla, contrarié. Il était contrarié de ce qu’Erza lui faisait ressentir, mais aussi contre lui-même. Il aurait préféré ne pas réagir ainsi, mais cela avait été plus fort que lui. C’était l’essence même d’Eirik. Il avait recueilli le lièvre et se dirigeait vers leur camp quand un bruit le fit se stopper net. Il ne bougea pas, écoutant et laissant les sensations diverses l’envahir. Le Rahjak s’accroupit en attendant de voir ce qui allait se passer. Il voyait non loin le feu de camp et entendit des voix. Lentement, il s’avança, pas après pas. Il avait abandonné le butin du lièvre, mais c’était bien son dernier problème. Il entendait des voix et distingua deux silhouettes. On venait donc de les trouver. Il ne bougeait pas, deux hommes. Visiblement Erza avait réussi à détacher leurs montures, il ne voyait plus son étalon gris qui avait dû s’éloigner. Cette bête ne supportait pas d’être dérangée, c’était un prince, pas une simple bête de somme. Il entendit Erza dire qu’elle était pikuni. Mais qui s’y laisserait prendre ? En tout cas les deux mercenaires ne s’y laissaient pas prendre. Eirik devait réfléchir stratégiquement. Il ne pouvait pas intervenir tout de suite. Il n’avait plus qu’à espérer qu’Erza serait futée et s’en sortirait.

Elle avait montré auparavant sa rage. Le Rahjak espérait qu’elle saurait utiliser sa dague. Il se redressa et se mit en mouvement. Silencieux malgré ses os douloureux. Il avait sa cible en vue, un des mercenaires à cheval. Il savait très exactement ce qu’il devait faire. Eirik ne réfléchit plus à rien, juste à son objectif d’atteindre le mercenaire le plus éloigné d’Erza. Il ne pouvait plus se soucier de la brune. Il alla par derrière et bondit soudainement. L’ancien esclave attrapa l’autre mercenaire par les épaules, le tirant au sol. La monture fuit aussitôt, paniquée par l’agressivité d’Eirik. Celui-ci entoura le cou du mercenaire avec son bras, les dents serrés, le regard presque vide. Il ne pensait plus à rien, ne ressentait plus rien. Tout était vide. Il sortit sa dague de sous son haut ample et sans réfléchir, enfonça la lame dans la gorge de l’homme. Eirik tira d’un coup sec et le sang jaillit. Celui-ci l’éclaboussa, le couvrant de liquide chaud. Il laissa tomber le cadavre au sol. Il voyait rouge. Les formes étaient floues, mais il distinguait Erza. Le brun s’approcha d’elle, laissant le sang couler de sa lame. Il ne savait pas si elle avait frappé son adversaire. Il partait du principe que oui. Il partait du principe qu’elle savait se défendre, qu’elle était aussi forte qu’elle l’avait dit être.

Eirik ne voulait pas douter d’elle, pas sur ce coup-là. « Erza. » Sa voix était rauque. Il avait l’impression de parler du fond d’une grotte. Il avait l’impression d’être dans une étrange obscurité. Le Rahjak ne réfléchit pas et tira sur une jambe. Tout était si flou, mais il distingua la silhouette de l’homme. Il y avait du sang, le sang de qui ? Eirik leva sa main qui tenait la dague et sans réfléchir, il enfonça son arme blanche dans le corps du mercenaire. Une fois dans le ventre, deux, trois fois. Il cessa de compter, enfonça encore et encore. Il vit le corps s’agiter, le sang de l’adversaire couler au coin de sa bouche. C’était terminé, il était mort. Le brun se mit à respirer, enfin. Il retira lentement sa dague, le regard fou, presque perdu. Il n’était pas dans la forêt, mais ailleurs. Il était dans les mines, là où il avait tué les maîtres esclaves pour sauver les autres, cet été. « Es-tu blessée ? » Il tenait fermement la dague, prêt à tuer encore s’il le fallait. Les deux corps étaient au sol, morts et dégoulinants de sang. Il suffisait d’un pas de travers, un mot et Eirik pourrait perdre encore plus le contrôle. Il ne le voulait pas. Il voulait la protéger, il ne lui voulait aucun mal. Mais le brun se méfiait de lui-même, de ce qu’il pourrait faire. Et s’il y avait plus de mercenaires en route et si ce n’était que le début du chaos à venir ? Avait-il réellement tué ce dernier mercenaire ou avait-il rêvé de le faire ? Comment démêler le vrai du faux ? Impossible dans son état actuel de confusion.

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28/02/2016 Glacy 667 Jessica Parker Kennedy bazzart esclave de Roan en fuite ▲ métier ingrat ▲ ancienne couturière, esclave domestique, prostituée 209
† Game of survival †


Sujet: Re: Dis-moi, aimes-tu les Rahjaks ? | Erza
Lun 21 Aoû - 15:29



_attention scène de violence_

Ils ne venaient pas pour moi. Ils venaient pour lui. Mais cela, je n'en savais rien. A vrai dire cette question n'avait aucune importance. A cet instant tout ce qui comptait était de fuir. Les battements de mon coeur qui s'accéléraient. L'adrénaline qui affluait dans mes veines. Courir étant une victoire. Eux tentant de m'attraper. Le soleil me guidant alors que je continuais de courir. Ils tentèrent de me stopper. Ils y arrivèrent. Un autre jour viendrait où je n'aurai plus besoin de me cacher. Mais ce jour n'était pas venu alors que pour l'heure, il fallait que je courre. Ce que je fis. Les pas de Argo qui résonnaient contre le sol alors que je n'osais me retourner pour jeter un regard derrière moi et voir où ils en étaient. Ils arrivaient. Ils étaient là, au-delà de cela même. Ils étaient là juste derrière, me talonnant de près. Un sur sa monture me suivant, prêt à me tuer. Encourageant Argo alors que je me penchais un peu plus au niveau de sa croupe, comme si en me faisant plus petite, il pourrait aller plus vite. Un mensonge. Je savais qu'ils pourraient être là. Je savais qu'ils pourraient me rattraper. Moi ou lui. Et si les questions affluaient dans mon esprit, elles s'effaçaient ores et déjà. L'heure n'était pas au questionnement. L'heure était à fuir. Et plus que cela à survivre. Consciente que le seul moyen de leur échapper était d'aller plus vite, de leur échapper entre les arbres. Ce qui n'était pas gagné. Ce qui ne le serait jamais. Et déjà, il était sur moi. N'ayant pas pu aller bien loin, n'ayant pas réussir à fuir.

Roulant au sol alors qu'Argo s'éloignait. Mes doigts qui se resserraient sur la dague. Les battements de mon coeur qui résonnaient frénétiquement dans ma tête. Son ombre qui se dressait devant moi. Un sourire sur son visage. Il était là pour moi. Ne pouvant lui montrer que la peur était là. Il était guidé par cette même peur. Comme s'il pouvait la sentir. Se dressant devant moi, déjà victorieux, déjà sûr de lui. J'étais sa proie et il était le prédateur. J'étais son festin et lui le boucher. Plus ne lui importait son ordre de mission. Plus ne lui importait la vie d'Eirik, l'esclave en fuite pour qui il avait tenu à récolter l'or. Il avait trouvé une nouvelle proie en ma personne. Un homme fait de chair et muscle. Un géant qui se dressait devant moi. Et la peur qui s'effaçait alors que l'adrénaline prenait le pas. Un homme qui n'était pas aussi grand que Roan bien qu'il composait par sa stature musclée. Un homme dont j'étais consciente que j'avais peu de chance de pouvoir lui échapper alors qu'Eirik était loin. Ou si peu. Et soudain les bruits d'un combat et le mien commença là. Se jetant sur moi, son arme à la main alors que je roulais au sol, l'évitant de peu. Tentant de me rappeler les mouvements de défense de Shanareth. Ne pouvant que la maudire de ne pas m'avoir appris des mouvements pour attaquer. Ce qui n'aurait servi sans doute à rien alors que face à lui je ne faisais pas le poids, ne pouvant qu'espérer me servir de ma petite taille et de mon agilité. Tentée d'être courageuse alors que je tentais de le frapper avec ma dague. Il évita le coup. Mon bras qui se tordait alors que ses doigts se refermaient sur mon bras en laissant une marque pour me forcer à lâcher la dague avant de se refermer sur mon cou. Et déjà ses mains enserreraient mon cou. Mon corps qui glissait au sol tel une poupée de chiffon alors qu'il m'entraînait avec lui. Mes mains qui se refermaient sur les siennes pour tenter de dégager la sienne alors qu'il pesait un peu plus sur moi. Son autre main qui glissait sous ma robe, une lueur avide dans le regard. Des souvenirs qui remontaient à la surface, manquant de m'emporter alors qu'un rictus se dessinait sur son visage. Un cauchemar qui recommençait. Et cette soudain envie désespérée de lutter, de survivre pour y échapper. L'envie désespérée d'échapper aux démons qui se jetaient sur moi, menaçant de me broyer. L'envie désespérée d'échapper à ses mains qui laissaient ses traces sur ma peau alors qu'il s'emparait soudainement de mes lèvres. Violemment. Mordant. Une gifle en réponse. Des larmes qui perlaient le long de ma joue alors qu'il déchirait une partie de mes vêtements. Ses mains qui s'emparaient de mes seins. J'étais la récompense qu'il s'offrait pour sa longue chevauchée. Incapable de lutter. Impuissante alors qu'il ouvrait son pantalon, dévoilant son membre alors qu'il se penchait, comptant s'enfoncer en moi et faire de mon corps ce qu'il voulait. Ses doigts qui s'enfonçaient en moi alors qu'il poussait un grognement brutal.Les instincts primaires de l'animal qui prenaient le dessus, alors qu'insouciant du combat qui se déroulait à côté, il comptait juste rassasier la bête. Ne réussissant pas à la repousser. Des tentatives de coup qui restaient vaines alors qu'en poussant un grognement victorieux, il s'enfonçait en moi.  Je n'étais plus cette fille. Ou peut être l'avais-je toujours été. Poussant un gémissement alors qu'il s'enfonçait plus profondément, donnant un coup. Aucune douceur. Juste de la violence à l'état pur. Incapable de me défaire de sa poigne, de lui. Mes doigts qui griffaient sa peau. Des efforts vains alors qu'il satisfaisait ses instincts. Sombrant. Mes doigts qui se refermaient inespérément sur le manche de la dague. Une once d'espoir. Un cri qui s'échappait du plus profond de mon corps alors que je levais la lame. Lame que je plantais dans sa jugulaire. Ne le ratant pas cette fois-ci. Ne ratant pas mon coup comme j'avais raté  Basile. Le sang qui jaillissait, m'éclaboussant alors qu'il poussait un gargouillis et que j'enfonçais la lame plus loin. Titubant en arrière, tentant de me soustraire au corps qui tombait dans ma direction. Son corps qui s'écrasait contre le mien. Corps que je repoussais. Respirant difficilement. La vision floue. Le sang sur ma peau.

Des bruits de pas. Ma vision en partie brouillée. Reculant en arrière. La silhouette non pas du second mercenaire mais d'Eirik qui se dessinait. Sa voix qui retentissait. « Erza. » Incapable de lui répondre. Incapable de formuler une réponse alors que je ne pouvais que le regarder tirer sur la jambe du cadavre qu'il tira vers lui. Sa dague qui s'enfonça dans le corps du cadavre. Non pas une fois mais bien plus. Ne pouvant que le regarder alors qu'il enfonçait la lame encore et encore alors que l'homme était mort depuis longtemps. Incapable de l'arrêter. Incapable de lui crier dessus alors que mes poings refermés, je ne pouvais arrêter les tremblements de mon corps. Incapable de m'arrêter de trembler alors que je tentais de reprendre contact avec la réalité, de me soustraire aux images du passé. Reprenant ma respiration. Sa voix qui retentissait alors qu'il avançait vers moi, sa dague de nouveau dans sa main. La mienne toujours enfoncée dans la chair de l'homme. « Es-tu blessée ? » Secouant difficilement la tête. Tentant de formuler des mots. Le sang qui n'était pas le mien.« Non... non... je vais bien... » Menteuse. Mes vêtements déchirés. Mes cheveux bruns emmêlés, défaits, des brindilles dedans. Du sang sur mes mains, sur le visage. Cette même impression d'être souillée, d'être brisée et que personne ne pourrait me réparer. Mes mains qui glissaient contre l'herbe tâchée de sang. Tentant de me relever, m'appuyant contre l'arbre le plus proche. Une larme qui coulait contre ma joue sans que je puisse l'en empêcher, se mêlant au sang. L'essuyant violemment. « Cela ne s'arrête jamais... » Me tournant vers le soleil, en partie cachée par le feuillage des arbres. Et de nouveau ce grain de folie qui manquait de s'emparer de moi, de me faire basculer. Hurlant, m'adressant à lui, au dieu du soleil qui nous laissait souffrir encore et encore. « Qu'est-ce qu'on vous a fait ?!!!! Vous ne pensez pas qu'on a assez souffert !!!!!! Vous avez pas compris, vous pouvez pas nous briser !!!  » Criant et criant. Hystérique. Riant. Non pas de ces rires doux qui résonnent dans la forêt. Non. Un voile couvrant mon regard alors que oui, quoique je pouvais faire, il y avait des morceaux qu'on ne pouvait réparer. Il y avait des morceaux de la machine qui étaient brisés, qui le seraient à jamais. Et brisée je l'étais, bien plus que je ne le montrais.

 

Dis-moi, aimes-tu les Rahjaks ? | Erza

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