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˜˜˜˜˜˜Dis-moi, aimes-tu les Rahjaks ? | Erza
maybe life should be about more than just surviving

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28/02/2016 Glacy 455 Jessica Parker Kennedy bazzart esclave de Roan en fuite ▲ métier ingrat ▲ ancienne couturière, esclave domestique, prostituée 81


Sujet: Re: Dis-moi, aimes-tu les Rahjaks ? | Erza
Lun 8 Mai - 16:00


« La cité… J’y ai vu des gens, mais il y a fort longtemps. » Et autant que j'étais curieuse, j'étais un peu gênée de poser cette question. « Est-ce qu'ils te manquent parfois ? » Et autant que j'étais curieuse, je n'étais nullement sûr que cette question allait être bien prise par Eirik. Nullement certaine qu'il apprécie que l'on souhaite revoir d'anciennes connaissances. Et à vrai dire je n'étais pas totalement certaine de ce que je devais ressentir à ce sujet, ne pouvant totalement me mentir alors que Shanareth, Arméthyse ou même Ozvan me manquait. C'était Shanareth qui me manquait surtout. Mais le plus difficile à imaginer était que dans un certain sens Roan me manquait aussi. Le mercenaire imposant qui était un maître autant possessif que violent en venait en effet à me manquer alors que longtemps et même encore là je pouvais croire qu'il avait un coeur, qu'il y avait un humain derrière la bête. Toujours poussée à croire qu'il y avait du bon dans les gens comme je l'avais cru pour Shanareth, comme je lui avais fait comprendre alors qu'elle était autant humaine que n'importe qui. Elle pouvait être une guerrière impitoyable mais il n'en restait pas moins que comme chaque être vivant elle avait un coeur, elle était juste habituée à le cacher. Et je ne pouvais m'empêcher de me sentir un peu honteuse d'éprouver toujours des sentiments pour eux. La vérité était en effet que je ne savais pas sur quel pied dansait face à ces sentiments, face à ses souvenirs. Un brin de nostalgie qui m'effleura alors que je rougissais légèrement. Ne pouvant savoir réellement si j'avais le droit de ressentir ses émotions. Ne sachant pas comment allait réagir le nomade. Car, en effet, son avis comptait, et cela, bien même alors que je ne le connaissais que depuis quelques instants.  

Continuant pas moins de renseigner sur les athnas alors qu'il était que venu à préciser qu'ils nous rassembler. « Ils sont durs, comme nous. Ils ne sont pas aussi cruels, mais nous nous ressemblons. » Je me mordillais la lèvre inférieure avant de reprendre la parole, un peu songeuse. « Je ne suis pas certaine que je veux replonger là-dedans... » Pas certaine de vouloir replonger dans ses anciens vices, de me retrouver avec des guerriers durs. Et le fait qu'ils n'étaient peut-être pas autant cruels ne changeait rien au fait que je ne voulais pas aller me réfugier dans un lieu quasiment identique à celui auquel j'avais vécu. Je ne voulais pas retomber dans le même enfer et cela bien même alors que c'était dans cet enfer que j'avais rencontré Shanareth. Mais comparé à ma personne, il était bien plus clair qu'Eirik semblait plus proche des athnas que je pourrai l'être un jour. Sans doute en vue de sa nature. Et si l'ancien esclave était bien plus robuste, bien plus enforci que moi, il ne paraissait pas moins que je paraissais très fin comparée à lui, comme si le vent pourrait m'emporter. Un poids plume. Non pas qu'Eirik était aussi impressionnant que Roan ou que d'autres mercenaires qui parcouraient la cité de feu.

Reprenant la parole que pour lui demander s'il croyait en Dieu. A vrai dire pour nous autres rahjak, il n'y avait qu'un seul Dieu : le Dieu soleil. Celui qui illuminait nos vie, qui réchauffait nos coeurs et que nous espérions qu'il répondrait à nos prières. Curieuse de savoir s'il y croyait. « Non. J’ignore ton histoire, mais le Dieu Soleil m’a confiné à un destin plus que…merdique. » Une phrase qui n'en venait qu'à me confirmer qu'il n'y croyait pas, ce que j'avais plus ou moins deviné en voyant son visage se fermait. « Tu me trouveras sans doute naïve mais je pense qu'il te réserve quelque chose. Il te fait juste emprunter une voix plus longue, plus sinueuse. Après tout, il ne nous a jamais dit qu'il sera facile d'y arriver. Mais je comprends que tu n'y croies pas alors si tu ne m'en veux pas, je prierai pour nous deux. » Pas moins sincère alors qu'un sourire se dessinait sur mon visage. J'avais la foi tout simplement. Il m'avait permis de sortir de la cité, et je ne pouvais que croire que j'étais libre grâce à lui. Me raccrochant autant à la foi qu'à ceux que je connaissais alors que je n'en venais pas moins à estimer qu'il trouverait ce qu'il chercherait.

Et autant que la discussion avançait mon ventre n'en vint qu'à gargouiller alors que je me retrouvais à lui jeter un regard gêné. Gênée d'admettre que j'avais faim tout simplement alors que dans notre monde, c'était plus chacun pour soit. Un monde impitoyable tout simplement. « Je sais chasser. Dois-je partir du principe que tu ne sais pas ? » J'hochai la tête négativement. « Non je ne sais pas. Je sais coudre, entretenir une maison, exécuter les ordres, m'occuper d'animaux mais je ne sais pas particulièrement chasser. J'ai surtout profité des provisions que j'avais prise avec moi, des rencontres que j'ai pu faire, des fruits que j'ai pu trouvé... » N'en venant qu'à admettre les difficultés que j'avais eu lors de mon voyage alors qu'en effet je ne savais pas chasser aussi simple qu'il en soit. « Je connais la forêt. » Une remarque simple et pourtant ce fut pas moins une lueur malicieuse qui traversa mon regard alors que je me retrouvais à lui rétorquer aussitôt. « Tu es là depuis plus longtemps que moi, alors ce serait même triste si tu ne connaissais pas la forêt. » Tentant de trouver une note d’allégresse dans ses mots, tentant de détendre l'atmosphère et de changer de sujet subtilement alors que je ne savais tout simplement pas chasser. Me reprenant pas moins alors que ce fut d'un ton plus sérieux que je prenais la parole. « Mais je veux bien apprendre ! » Affirmative alors que c'était en effet le cas. Ce qu'il semblait disposer à faire alors qu'il prenait la situation en main. « Allons attacher les chevaux. Posons des pièges, il doit avoir quelques lièvres. » J'hochai la tête avant de le suivre, n'attachant toutefois pas un cheval mais bel et bien un camélidé. Pas moins légèrement moqueuse alors que je prenais du plaisir à me détendre, à apprécier cette vie pas moins loin de la cité, même au-delà de la peur, de la fuite. « Tu sais que ce n'est pas un cheval ? D'ailleurs je ne sais plus si j'ai oublié de te le présenter. Eirik voici Argo. Argo, voici Eirik. » Satisfaite de cette présentation bien que je savais pas moins que je pouvais passer pour quelqu'un d'étrange à ses yeux alors je n'oscillais pas moins d'une émotion à l'autre. L'attachant soigneusement, pas moins inquiète à l'idée que quelqu'un ne le vole. « Tu es sûr que personne ne va passer dans le coin ? » Pas moins légèrement inquiète alors qu'Argo comptait en effet. Il était à Shanareth. Il n'était pas n'importe quel compagnon de route. « C’est difficile de chasser durant cette période. Mais on a un peu d’espoir. Il faut essayer de trouver un coin où un animal irait, soit pour boire, soit pour se nourrir. On devra patienter. On posera plusieurs pièges à plusieurs endroits. Et peut-être, on sera chanceux. » J'hochai la tête avant de le suivre discrètement non sans cesser de poser des questions, curieuse, voulant apprendre. « Est-ce que tu prépares des collets par toi-même ? Comment tu as appris tout cela ? Dans tous les cas je te suis, et tu préféreras sans doute que je me taise... désolé si je parle trop... »

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15/06/2015 291 Colin Farrell avengedinchains ancien esclave, participe à la rébellion Rahjak 116


Sujet: Re: Dis-moi, aimes-tu les Rahjaks ? | Erza
Sam 20 Mai - 18:08

La question d’Erza le surprit. Mais depuis un petit moment, cette femme le surprenait. Il la regarda quelques secondes avant de répondre froidement. « Ils sont tous morts. » II n’y avait que Kyran qui restait un vestige du passé, mais son ami était comme lui à présent, en fuite. Alors il n’y avait plus personne dans la cité. En vieillissant, Eirik avait appris à voir les siens mourir, vieillir et parfois, il en avait tué. Il avait abrégé des souffrances, voler des vies, éteint des âmes. Ceci sans aucun regret. Il avait fait ce qui fallait faire, point à la ligne. Cela pouvait outrer, dégouter, mais c’était ainsi. Il avait été forgé dans cette violence-là. Une telle violence qu’il s’était oublié et était devenu une bombe à retardement. Mal manipulé, il détruisait n’importe qui. La vie l’avait façonné ainsi, il acceptait son destin. Eirik se demandait s’il voyait mal, mais il crut voir Erza rougir. Pourtant, il ne fit aucun commentaire. Elle devait penser à quelque chose qui ne le regardait aucunement, cela ne le dérangeait absolument pas. Ils parlèrent quelques secondes des athnas. Si Eirik devait choisir un peuple, il les choisirait eux, mais il ne le ferait jamais. Il regarda Erza qui avoua ne pas vouloir replonger là-dedans, du moins qu’elle n’était pas sûre. Il la détailla discrètement. Vu sa stature, il comprenait.

Elle semblait fragile. Mais comme tout Rahjak, si elle avait survécu, c’était qu’elle avait une certaine force. L’homme ne la rassura pas, ne la complimenta pas. Ce n’était aucunement dans son tempérament. Il ne pouvait pas se le permettre. Il faisait de temps en temps des compliments, mais cela lui coûtait. Eirik écouta la foi d’Erza et un rire lui échappa. Quelle voie bien longue qu’il se tapait. « Prie pour nous deux dans ce cas. » Lui ne croyait pas, mais peut-être que si elle priait pour eux deux, cela marcherait. Lui s’en fichait bien. Il avait trop souffert dans sa vie pour croire en quoi que ce soit. On ne lui ferait pas croire à cela, point à la ligne. Mais Eirik ne comptait pas s’éterniser sur ce sujet qui ne lui parlait absolument pas. Ils parlèrent de nourriture car il était évident que l’un comme l’autre avait faim. Il ne fut pas étonné d’apprendre qu’elle ne savait pas chasser. Eirik ne mangeait pas tous les jours de la viande et parfois il passait plusieurs jours sans manger, mais quand il le pouvait, il chassait. Cela ne le gênait pas plus que cela d’être avec quelqu’un qui ne chassait pas. Tant qu’elle faisait sa part du marché, cela irait. Il affirma connaître la forêt, la réponse d’Erza lui fit un drôle de sentiment. « Il y a des idiots qui n’apprennent jamais. » Il était plus ou moins insensible à l’humour. Il n’y prenait pas vraiment garde. Il était comme anesthésié. Déjà que là, il se trouvait vachement poli. Mais on pourrait le prendre pour un sauvage glacial. C’était probablement ce qu’il était un peu. Il hocha la tête quand elle affirma vouloir apprendre, tant mieux.

Elle semblait intelligente, alors il ne doutait pas de sa capacité à apprendre. Il descendit de selle et attacha son cheval calmement avant de tourner la tête vers le dit camélidé. Argo, il regarda la bête. « Tu ne devrais pas t’attacher autant. » Il faisait fi de la moquerie à son égard, car s’il piquait la mouche, il pourrait bien égorger cette femme. Lui n’avait pas nommé son cheval. Ce n’était qu’une bête qui mourrait avant lui, rien de plus. Il s’en fichait de comment les animaux se nommaient. Il trouvait juste que se balader dans la forêt avec Argo n’était pas malin, mais cela la regardait. Il ne voyagerait pas avec elle, donc il ne disait rien. S’il avait fait un plus long trajet, il n’aurait pas toléré une bestiole du désert avec lui. Trop voyant, c’était comme une pancarte qui hurlait ‘je suis Rahjak’. Il ne fallait être que du désert pour s’amouracher de ce genre de bête, selon Eirik. « On verra si quelqu’un passe. Tu as des craintes ? » Mais rapport à quoi ? Il ne se rendait pas compte qu’elle avait peur de se faire voler son camélidé. Oui l’homme était vraiment dans son monde mine de rien. Il ne se rendait pas compte de tout. Il se mit en marche, réfléchissant déjà à ce qu’il faudrait rassembler pour pouvoir poser des pièges. Etonnement, ses questions ne l’agaçaient pas vraiment. « Tu poses des questions intelligentes. » Ah un compliment.

Il venait de parler très calmement. Il lui jeta un regard discret. « J’ai préparé des collets que j’ai dans mon sac. » Il tapota la sacoche qu’il avait récupéré sur sa selle et qu’il portait en bandoulière. « J’ai appris à force de fréquenter des nomades. Si on est poli on peut apprendre plein de choses. » Et il avait été poli autrefois. Il avait traîné avec les bonnes personnes autrefois. « On va chercher deux bouts de bois sur lequel on pourra accrocher le collet. » Il marchait calmement, sondant le sol froid. « [color=olive]Il faut que ce soit solide. Avec de la chance, on en trouvera.[color] » Il était content, quelque part au fond de lui, d’expliquer sa démarche. Il se sentait apaisé de le faire.

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28/02/2016 Glacy 455 Jessica Parker Kennedy bazzart esclave de Roan en fuite ▲ métier ingrat ▲ ancienne couturière, esclave domestique, prostituée 81


Sujet: Re: Dis-moi, aimes-tu les Rahjaks ? | Erza
Dim 21 Mai - 20:02


« Ils sont tous morts. » « J'en suis désolée. » Sincère alors que j'étais désolée pour lui, et, cela d'autant plus alors qu'il n'était jamais appréciable de voir des personnes auquel on tenait mourir. Certes je ne connaissais que sa vie par les bribes de conversation qu'il m'avait raconté, mais il n'en restait pas moins que j'étais sincère et honnête avec lui. J'étais désolée qu'il avait perdu ses amis, qu'il avait perdu les personnes sur lequel il comptait. Il n'y avait rien d'agréable à perdre des personnes. Mais cela faisait partie de notre vie. La mort était là, toujours autour de nous, bel et bien présente. Ce que je savais. Notre mort était inévitable et j'en avais vu de nombreux périr sous les coups de fouet. La brutalité et le sang faisaient partie de la cité du Dieu du Soleil. Ils étaient monnaie courante et autant que c'était détestable dans un sens je m'étais habituée à la possibilité de mourir. Je m'étais habituée à la sensation que la mort rodait autour et cela encore plus alors que les mercenaires, les maîtres faisaient leur loi dans la cité. Chassant les images du passé alors que j'étais enfin libre. Libéré de la cité, loin de cet enfer bien que dans un sens j'étais autant en danger là que là-bas. Pourtant la menace semblait moindre alors que j'étais loin de la cité, alors que je me trouvais ici, loin des mercenaires et de la brutalité de la cité. J'avais survécu et pourtant même si j'étais loin, je continuais de partager les croyances des rahjaks. Je continuais de partager la foi envers le Dieu Soleil même si Eirik ne la partageait pas visiblement. Ce dont je ne lui voulais pas alors que j'étais là, pouvant le faire pour nous deux, ce que je lui assurai d'ailleurs. « Prie pour nous deux dans ce cas. » « Je le ferai. » Un petit sourire se dessina sur mon visage alors que j'hochai rapidement la tête. Cela ne me dérangerait pas d'avoir la foi pour lui alors que je lui faisais confiance, continuais de croire en ce dieu que pourtant certains pensaient qu'ils nous avaient abandonné. Et je pouvais autant les comprendre alors que nos vies étaient difficiles, alors que nous souffrions plus que n'importe quel être humain. Chassant pas moins les images du passé qui se dessinaient ores et déjà dans ma tête.

Et si je rigolais légèrement, je ne pouvais que voir qu'il n'avait pas le même sens d'humour. Ce dont je ne lui en voulais pas. Nous étions tous différents. C'était la normalité même. Et le fait qu'il soit plus froid, plus glacial ne me dérangeait pas à vrai dire. Nous étions encore deux inconnus et l'homme était visiblement plus renfermé que moi. Pourtant il s'était dévoilé légèrement, ce qui n'était pas pour me déplaire alors que pour une fois je pouvais avoir une honnête conversation. Sans prise de tête, sans menace voilée. La donne changeait alors que la conversation n'était pas la même que celle que j'avais avec Roan ou avec Shanareth, mais ce type de conversation me convenait aussi à vrai dire. Certes Eirik était différent, bien plus renfermé et plus rustre mais ce n'était pas comme si je pouvais lui en vouloir, et ce n'était pas comme si j'avais une reproche à lui faire. A vrai dire je ne le souhaitais pas non plus.

Pourtant alors qu'il m'enjoignait à venir avec lui chasser, je n'en venais qu'à devenir méfiante. Méfiante alors que j'avais soudainement peur que si je m'absente Argo serait disparu. Ayant peur que le chameau ne soit plus là. Son regard se posa d'ailleurs sur le chameau alors que je me tournai vers lui. « Tu ne devrais pas t’attacher autant. » Un ton qui m'apparaissait en partie dédaigneux, comme s'il trouvait ridicule l'idée que je sois attaché à un chameau. Il était clair que nous ne partagions pas la même opinion en la matière. Je triturai une mèche de mes cheveux bruns, rougissant légèrement alors qu'à vrai dire, Argo était plus qu'un animal de compagnie, un compagnon de route. Il était le chameau de Shanareth. Et j'avais bel et bien créé un lien avec lui. Mais je pouvais autant comprendre qu'il soit tant surpris ou qu'il ne trouve pas cela attitré que je sois dans ce coin du monde avec un chameau. Rougissant un peu plus, mal à l'aise alors que je prenais la parole. « Ce n'est pas n'importe quel chameau... c'est... c'est celui de Shanareth... » J'étais pas sûr qu'il comprenne de quoi je voulais parler, reprenant la parole en parlant un peu plus bas, pas réellement sûr qu'il m'entende. « Elle me tuerait s'il lui arriverait quoique ce soit... » Ou plutôt elle me tuerait pour le lui avoir volé. Les traits de la guerrière se dessinant dans mon esprit alors qu'en effet j'étais soudainement plus inquiète qu'on me vole Argo que des mercenaires débarquent. « On verra si quelqu’un passe. Tu as des craintes ? »
J'hochai la tête avant de formuler une réponse plus correcte. « Je ne connais pas vraiment ce coin-ci du monde, et comme je te l'ai dit ce n'est pas un simple chameau. Tu penses que je dois craindre quelque chose ? » Me tournant vers lui tant pour avoir une réponse, que pour qu'il me rassure légèrement alors qu'il m'avait au final plus inquiétée. Je ne connaissais pas ce côté-ci de la forêt, cet endroit, ni même les tribus qui vivaient autour. J'en avais entendu parler mais je ne pouvais pas être certaine que personne ne viendrait, ne pouvant imaginer les conséquences si je revenais et qu'Argo manquait à l'appel.

Pourtant je venais à le suivre alors qu'il m'entraînait dans la forêt, non sans le bombarder de questions. « Tu poses des questions intelligentes. » Je me mordillai légèrement la lèvre inférieure. « Hmm, merci... » Je n'étais pas particulièrement habituée aux compliments qui me gênaient à vrai dire toujours. Ne sachant comment les prendre. Quand on était un esclave, en général on s'estimait juste heureux de ne pas recevoir de coup de fouet. M'arrêtant l'espace d'une seconde alors que je me sentis frissonner, fermant les yeux alors que des images plus obscures me remontaient à l'esprit avant que je me remette en mouvement. J'avais changé. Je n'étais plus là-bas et je savais qu'il était nécessaire que je ne m'attarde pas sur le passé. Au lieu de cela, je reportais mon attention sur lui alors que je le rejoignis aussitôt en quelques pas. « J’ai préparé des collets que j’ai dans mon sac. J’ai appris à force de fréquenter des nomades. Si on est poli on peut apprendre plein de choses. » J'hochai la tête. « Ce n'est pas les mêmes personnes que l'on cotoyait dans la cité...» Qu'une remarque anodine alors que je me rappelais pas la compliment et la gentillesse des habitants. Au contraire nous étions des objets et s'ils nous nous ignoraient pas, certains que nous considéraient comme de la vermine. Je ne me rappelais pas des mots de gentillesse si ce n'était les ordres et la peur des uns et des autres. Une peur qui avait plus ou moins disparue quand j'avais rejoint dans le bordel où dans un sens je contrôlais plus mes mouvements bien qu'au final je n'étais qu'un objet sexuel dans les mains des autres. Ne pouvant effacer les souvenirs, ceux qui avaient posés les mains sur moi, ni le visage de Basile. Manquant de m'enfoncer de nouveau là-dedans. Et si en général je réussissais à tenir les uns à l'écart il était parfois difficile de ne pas céder à l'atrocité des images, des cauchemars. Reprenant ma respiration. Il ne semblait avoir rien remarqué, ce qui était sans doute mieux. Ma main qui se posait sur un tronc d'arbre alors que je reprenais mon souffle avant de le suivre de nouveau tandis qu'il continuait sur sa lancée. « On va chercher deux bouts de bois sur lequel on pourra accrocher le collet. » J'hochai la tête, tentant de reprendre mes esprits. « Il faut que ce soit solide. Avec de la chance, on en trouvera. » Tentant de l'écouter, de me concentrer sur autre chose que le passé alors que je cherchais comme il avait demandé des bouts de bois qui feraient l'affaire. Toute distraction bonne à prendre. « Ceux là par exemple ? » Posant mon regard interrogateur sur lui avant de m'écarter de quelques pas pour qu'il découvre les morceaux de bois qui avaient retenus mon attention. « Tu as déjà posé des collets dans le coin ? »

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Sujet: Re: Dis-moi, aimes-tu les Rahjaks ? | Erza
Dim 4 Juin - 23:20

Eirik ne savait pas quoi lui dire quand elle affirma qu’elle prierait pour eux deux et qu’elle sourit. Elle ne semblait pas lui porter ombrage qu’il n’ait plus foi en le Dieu Soleil. Sa foi l’avait abandonné près de vingt auparavant. Le rire d’Erza lui rappela un instant ce que c’était de marcher aux côtés d’une femme. Elle lui rappelait la douceur du désert. Une douceur qu’il avait aimé enfant avant de haïr adulte. Il ne se réconcilierait jamais avec sa ville natale, ou alors très difficilement. Au moins elle acceptait le fait qu’il soit difficile. Elle ne semblait pas avoir peur et il appréciait cela. Il n’y avait rien de pire pour Eirik que la peur. Cela ne l’effrayait pas, non pire, cela l’excitait. Et c’était bien pire, car une fois dans cet état, il était comme un prédateur en chasse. Il chassa ses pensées. Ce n’était pas le moment de divaguer de la sorte, cela pouvait devenir très dangereux. Il proposa une chasse et il eut l’étrange constatation de voir cette femme attachée à ce chameau. C’était du moins ce qu’il supposait. L’homme fut dur dans ses paroles, mais c’était ainsi qu’il agissait. Elle ne devait pas donner autant d’importance à un animal qui risquait de mourir tôt ou tard. Elle en perdrait son cœur. Elle avait bon cœur. Il le voyait bien qu’il l’avait mis mal à l’aise et un homme digne de ce nom se serait excusé, mais il ne s’excusa pas. Il se contenta de la regarder alors qu’elle affirma que c’était celui de Shanareth. Il ne réagit pas et ne réagirait jamais. C’était ainsi. « Si elle te tue pour si peu, alors un conseil ne le croise plus. » Il fallait être bien riche pour tuer pour un simple chameau, non ?

Il avait vu et entendu des histoires où des gens tuaient leurs bêtes quand ils crevaient de faim. Alors tuer un humain car on tuait une bête, il fallait être riche ou du moins ne pas mourir de faim. C’était la supposition qu’Eirik faisait. Il avait parlé avec fermeté comme pour tenter d’insuffler du courage à Erza. Il ne savait pas si elle avait peur, mais il espérait que non. Elle devait être courageuse bon sang ! Elle avait parcouru tant de chemin après tout. Mais tout ceci, il ne le dit pas, muet comme une carpe. Il n’était pas toujours capable de dire le fond de ses pensées malheureusement. « Normalement cela devrait aller. Vu les températures, on sera tranquille. » Les voyageurs étaient rares en cette saison, tout irait bien. Ceux qui voyageaient avec ce froid ne voulaient pas se faire repérer. Eirik regarda le chameau, pensif. Devaient-ils le prendre avec eux ? L’homme regarda son étalon gris, normalement celui-ci s’agiterait si des inconnus s’approchaient. « Il nous servira d’alarme. On va tenter de ne pas trop s’éloigner. » Il avait désigné son étalon en parlant d’alarme. Vu le caractère de la bestiole, personne ne s’y risquerait. Il fallait être un peu fou. Il préférait peu s’éloigner que de prendre un chameau avec lui. Il se mit en marche, très sûr de lui. Si Erza se faisait voler le chameau… Bon il lui trouverait un cheval.

S’excuser ? Très peu pour lui. Et il n’avait pas peur d’elle, ni aucune pitié. Il avoua avoir des collets et de comment il avait appris à les faire. Il parlait plus que d’habitude, avouant ses petites astuces. « Non, clairement pas. » Et cela faisait du bien. On ne le traitait plus comme une vulgaire bête, voire pire, mais comme un individu libre. S’il était né dans une autre tribu, il aurait vécu différemment, mais malheureusement sa vie était déjà tracée. Il ne pouvait plus rien y changer. Eirik s’était habitué à son destin. Il ne lui restait plus que tracer le reste. Il était bien loin de se douter des tourments que la femme traversait. Il tourna la tête vers elle quand elle lui montra deux bouts de bois. Il s’approcha vivement et les ramassa, les soupesant. « Ils feront l’affaire. » Il balaya la zone du regard et choisit un coin à l’abri des regards des prédateurs affamés. Il planta les bois à une certaine distance l’un de l’autre, se mettant au travail tandis que la question d’Erza résonna. « Oui, mais en automne. C’est différent maintenant, avec le froid. On va devoir attendre. On va s’éloigner, aller poser un autre et on reviendra dans plusieurs heures. » Il se redressa après avoir posé son collet entre les deux bouts de bois. Il vérifia la solidité da la chose, cela ferait l’affaire.

La modernité avait laissé la place à ceux qui étaient ingénieux. Les outils n’existaient plus comme avant le nucléaire et la fin du monde. Eirik se mit en route. « On va prendre trois bouts de bois cette fois. Je vais essayer une autre technique. Essaie de prendre deux branches épaisses et une, plus petite. » Il partait du principe qu’elle continuait de l’aider dans sa recherche. L’homme tomba sur une branche épaisse et la ramassa. Son regarda balaya la zone. Il ne cherchait pas seulement du gibier, mais aussi des ennemis. Son langage corporel montrait clairement qu’il était capable de tuer et n’hésiterait pas une seconde à le faire.

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Sujet: Re: Dis-moi, aimes-tu les Rahjaks ? | Erza
Lun 5 Juin - 20:30


« Si elle te tue pour si peu, alors un conseil ne le croise plus. » Mon sourire se transforma légèrement en grimace alors que je ne savais pas réellement quoi lui répondre précisément. C'était compliqué de faire comprendre à un étranger que Shanareth n'était pas juste une simple mercenaire à mes yeux, de même qu'Argo n'était pas un simple chameau alors que c'était celui que son père lui avait donné. Ayant du mal à trouver une réponse appropriée alors qu'autant que je pouvais la défendre, ses mots tournaient dans ma tête. Peut-être qu'il avait raison, peut-être qu'il valait mieux que je m'éloigne d'elle. Mais à vrai dire je m'étais déjà éloignée d'elle alors que je l'avais laissé loin derrière moi, la laissant à la cité de feu. Prenant la fuite sans un mot alors que je n'avais pu que profiter de son absence pour partir. Sans doute trop lâche pour attendre qu'elle soit de retour pour lui faire face. Il était plus facile que je me détache d'elle quand elle était pas là, et cela d'autant plus qu'au-delà de cela je le faisais pour moi. Ce dont je doutais qu'elle comprendrait alors qu'à vrai dire il y avait autant de chance qu'elle veuille me tuer pour lui avoir pris Argo que pour être partie. Qu'une possibilité alors que je doutais toutefois qu'elle en vienne à me faire des cadeaux si elle me rattrapait après tout j'avais écrasé son coeur entre mes doigts en quelque sorte alors que j'avais réussi à voir par-delà les apparences pour comprendre qu'elle tenait sincèrement à moi. Pas assez naïve pour croire que si elle en venait à me retrouver elle se montrerait tendre. Elle restait une mercenaire et la bête restait autant que possible tapie au fond dans l'ombre. Alors peut-être qu'Eirik avait raison et qu'il serait mieux que je ne la croise plus, et, pour autant je ne pouvais qu'espérer de la retrouver alors qu'une part de mon esprit me poussait à vouloir retrouver ses bras, sa présence.

Et autant que je pensais à elle, je ne pouvais que m'inquiéter qu'Argo disparaisse alors. Des inquiétudes que je lui fis part alors que j'avais autant besoin d'être rassuré ou du moins de savoir ce qui pouvait se passer. Mais comme pour mettre fin à mes inquiétudes, il me rassura peut-être un peu maladroitement alors qu'il était clair qu'il ne tenait pas autant que moi à ses compagnons de route ou plutôt son compagnon de route. Non pas que je pouvais lui tenir rigueur alors que nous étions tous autant que l'autre différent. « Normalement cela devrait aller. Vu les températures, on sera tranquille. » Mon regard qui posé sur lui alors que je pouvais que constater un peu plus à quel point nous étions différents, et pourtant je n'en venais qu'à apprécier sa présence. Lui n'en venant qu'à continuer de parler. « Il nous servira d’alarme. On va tenter de ne pas trop s’éloigner. » J'hochai la tête un peu plus vigoureusement, un peu plus rassuré face à ses mots. Lui adressant un sourire pour le remercier alors que l'instant d'après je n'en venais qu'à le suivre dans les bois.

« Non, clairement pas. » Un monde qui était différent du notre alors qu'autant que nous vivions sur la même planète, c'était comme si nous vivions dans deux coins opposés, dans deux mondes complètements différents alors que nos coutumes ne se ressemblaient pas, nos peuples non plus. « Je trouve que cela fait du bien. » La vérité et autant un soulagement alors qu'ici je n'avais pas à craindre le fouet ou les châtiments. Ici autant qu'il pouvait y avoir des morts, je n'avais pas à voir le sang ruisselait des pavés parce qu'un homme aurait été tué, n'ayant besoin de voir la tête décapité d'un de mes frères qui se serait enfui et se serait fait rattrapé. Ici la violence était là, mais bien moindre alors qu'il n'y avait aucun marché d'esclave. Ici je n'étais la propriété de personne tout comme lui et cela faisait du bien d'être libre. « C'est comme si nous pouvions enfin respirer réellement sans craindre une moindre menace. » Car il était certain que cette menace serait toujours moindre de celle que nous avons pu connaître. Et j'en avais que le coeur plus léger alors que je pouvais enfin souffler et espérer trouver un peu de paix, un peu de beauté dans ce monde qui suffirait à apaiser mes blessures. « Qu'est-ce qui t'émerveilles le plus de ce côté-ci du monde ? Qu'est-ce qui t'as fait réellement retrouver le sourire et le rire ? » Curieuse alors que je ne pouvais lui poser la question, espérant que ce soit bel et bien le cas. Ce que je ne pouvais que croire alors qu'il était certain qu'autant cette part-ci du monde m'était pas familière; semblait peut-être moins accueillante que les landes de sable avec ces arbres étroits qui nous dominaient, il y avait forcément quelque chose qui lui avait donné le sourire.

Et autant que je me renseignais, je n'en venais qu'à lui poser des questions, écoutant ses conseils alors que je pivotais vers lui pour montrer deux bouts de bois qui sembleraient convenir à son affaire. Attendant désormais son appréhension. « Ils feront l’affaire. » Un sourire qui illuminait mon visage. Satisfaite alors que je venais la seconde d'après à m'approcher de nouveau pour examiner ses gestes, pour les mémoriser car il était autant possible que j'ai besoin de les reproduire par la suite. Lui posant une nouvelle question, curieuse, ayant envie d'apprendre. « Oui, mais en automne. C’est différent maintenant, avec le froid. On va devoir attendre. On va s’éloigner, aller poser un autre et on reviendra dans plusieurs heures. » « Le froid... » Laissant flotter le mot dans ma bouche alors que dans un sens nous n'avions jamais réellement connu la froideur si ce n'était la chaleur du désert bien que les températures ne s'étaient que rafraîchis dès lors que j'avais survécu à cette étape. « Est-ce aussi glacial qu'ils le disent ? Ne regrettes-tu pas le soleil qui réchauffe nos peaux ? » Curieuse. En effet. Continuant à marcher toutefois alors qu'il décidait d'un nouveau plan de bataille. « On va prendre trois bouts de bois cette fois. Je vais essayer une autre technique. Essaie de prendre deux branches épaisses et une, plus petite. » Ce que je ne tardais à faire alors qu'après récupérer les bouts de bois qui semblaient eux aussi faire l'affaire, j'en venais à revenir auprès de lui pour les lui donner et savoir ce qu'il comptait faire.
« Quelle technique tu vas utiliser cette fois-ci ? »

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15/06/2015 291 Colin Farrell avengedinchains ancien esclave, participe à la rébellion Rahjak 116


Sujet: Re: Dis-moi, aimes-tu les Rahjaks ? | Erza
Mar 20 Juin - 10:35

Eirik était abrupt dans sa manière de parler, mais c’était sa signature. La vie l’avait forgé et rendu brut de décoffrage. Il rendait à la vie ce qu’il avait reçu. Ils respiraient et vivaient sans craindre un coup de fouet d’un maître esclave nerveux ou de mauvaise humeur. Ils n’étaient plus à la merci de personne, ils étaient complètement libres. Cette liberté avait été déroutante au début et puis il s’y était faite. Par la forcément des choses il avait accepté ce mode de vie où il ne devait plus rien à personne, où il n’était pas un objet, mais juste lui. Seul quelqu’un qui avait aussi vécu cela pouvait comprendre ce genre de choses. Il réfléchit sérieusement à la question d’Erza. Qu’est-ce qui l’avait fait sourire et rire ici ? Sa question le surprenait et il la regarda quelques secondes, faisant tournant les mots dans sa tête. « La différence de climat. » Il ne mentait pas, les différences avec le désert le fascinaient complètement. « J’adore la mer, une immensité d’eau face à l’immensité de sable que j’ai connu des années auparavant. Il n’y a rien de plus beau. » Il se souvenait de la première fois qu’il avait vu l’eau. Il avait ri, ri de bonheur et presque de folie. Et pis il y avait le reste du climat. Même cette forêt le satisfaisait énormément mine de rien. Il se sentait libre d’une manière qu’il ne s’expliquait pas. « Et toi, qu’est-ce qui t’émerveille le plus ? » Il était curieux de savoir sa version. Qu’est-ce qui pouvait bien plaire à une femme comme elle ?

Quand il affirma que les bâtons feront l’affaire, elle sourit d’une manière si lumineuse que cela troubla énormément Eirik. Il resta un instant figé ne sachant pas forcément comment réagir. Mais il se reprit rapidement, décidant de ne rien dire alors que la femme semblait contente. Il expliqua la météo et la conséquence que cela pouvait avoir sur eux. « C’est ton premier hiver ? » L’hiver n’existait pas dans le désert, en tout cas pas comme ici. Mais vu son nombre d’année ici, Eirik s’était habitué à la froideur des hivers. Il avait appris à aller troquer des peaux de bête qui lui éviteraient une mort certaine. Le froid n’était pas dans son ADN, mais étonnement, il y résistait. De toute manière, il avait vécu bien pire et ne pas survivre au froid l’aurait bien choqué. « Oui c’est aussi glacial qu’on le dit. » Visiblement cela devait être son premier hiver si elle le demandait. Il la regarda quelques secondes. « Le chaud qui réchauffait nos peaux avait un coût. Le coût du sang et de la mort. » Cela n’avait pas été un prix favorable et cela avait été particulièrement difficile. Il avait fallu supporter certaines choses intolérables car ils n’avaient pas le choix, tout simplement. Ils continuaient de marcher et à sa grande surprise, Erza revint rapidement avec ce qu’il fallait. Il choisit un petit emplacement caché de la vue des prédateurs.

Il devait se mettre dans une mentalité de proie pour envisager où irait manger un lièvre. Il s’accroupit. Il plaça deux branches à environ trente centimètres d’intervalle et plaça la troisième branche entre les deux. Il fixa le collet à la branche du milieu de manière adroite. Il regarda Erza. « Le lièvre va passer entre les deux branches et ne va pas remarquer de suite le collet. Il s’y prendra le cou. » Si tout allait bien et alors, ils auraient un repas suffisant. Eirik se redressa et rajusta le col de sa veste. « Il faut qu’on s’éloigne. Vu le bruit qu’on fait, on ne chopera rien. » Il s’éloigna de plusieurs mètres, le pas sûr. Il retournait vers leurs montures. « Je dois partir demain. » Cela voulait dire que si elle le désirait, ils pouvaient passer la nuit ensemble. Ensuite, il redeviendrait une ombre. Il continuerait sa vie sans se soucier de cette rencontre. Cela pouvait paraître terriblement brute comment il agissait, mais c’était ainsi. Il se demandait si ce traitement conviendrait à Erza. Eirik avisa leurs montures au loin et poussa un bref soupir. « Où comptes-tu te rendre ? » Il alimentait la conversation et il se demandait bien pourquoi. C’était juste se faire du mal bêtement. Mais il avait bien envie de savoir. Il était fort probable qu’ils ne prennent pas le même chemin, mais cela ne faisait rien. C’était la vie.

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28/02/2016 Glacy 455 Jessica Parker Kennedy bazzart esclave de Roan en fuite ▲ métier ingrat ▲ ancienne couturière, esclave domestique, prostituée 81


Sujet: Re: Dis-moi, aimes-tu les Rahjaks ? | Erza
Mar 20 Juin - 21:15


« La différence de climat. » Je lui jetai un regard alors qu'il reprenait déjà la parole pour me donner plus d'explications. « J’adore la mer, une immensité d’eau face à l’immensité de sable que j’ai connu des années auparavant. Il n’y a rien de plus beau. » L'écoutant, les yeux ouverts alors que j'étais plus que jamais curieuse. Curieuse de voir ce dont il me parlait. Curieuse de décrire des potentielles sensations, de ressentir des émotions. Je rêvais de cela, ne pouvant qu'imaginer toutefois les couleurs qu'il semblait vouloir dessiner. Je ne pouvais que m'imaginer le paysage qu'il décrivait sans avoir de réelle possibilité pour comparer ce qu'il disait. Je pouvais imaginer le sable, je pouvais imaginer des étendues de sable tout comme il en existait dans le désert mais j'avais bien plus de difficulté à imaginer une immensité d'eau. Sans aucun doute parce que je n'étais pas habituée à l'idée que l'eau puisse exister autant. L'eau se faisait rare dans les déserts et ce n'était qu'un plaisir de découvrir un oasis. Des souvenirs qui remontaient à la surface alors que je me rappelais mes premiers gestes, les tentatives de Shanareth pour m'apprendre à nager. Je savais à quoi l'eau ressemblait, à quoi un oasis ressemblait. La mer c'était différent, c'était un tout autre niveau, un tout autre rêve. « J'imagine. » Songeuse. « Et toi, qu’est-ce qui t’émerveille le plus ? » Je reposais mon regard sur lui, soudainement pris au dépourvu. « Je... je ne sais pas... pas réellement... » La vérité. « Ce n'est pas comme s'ils nous laissaient le temps de rêvasser ou de nous émerveiller.... mais je sais pas j'aime ce sentiment de liberté, j'aime sentir le vent contre mes cheveux, j'aime regarder les mouvements du relief. J'imagine que la majorité de ma vie, je n'ai pu qu'imaginer, qu'espérer et que maintenant que tout s'offre à moi, je peux que m'émerveiller devant des choses futiles parce qu'on en a enfin le droit, la possibilité. » Une possibilité qui existait bel et bien alors que je continuais pas moins de chercher dans les recoins de mon esprit des souvenirs qui m'auraient émerveillées. Mais la vérité était qu'au-delà de cela, j'appréciais qu'un peu plus la saveur de petits détails, le contact avec les autres sans cette crainte de mourir, sans crainte que les coups pleuvent. Non pas que j'avais rencontré beaucoup du monde alors qu'au final je me sentais surtout à l'aise à ses côtés parce qu'il avait vécu la même histoire, parce qu'il comprenait.

« C’est ton premier hiver ? » J'hochai la tête. « Ici, oui.. je ne me suis pas échappée il y a longtemps, j'en ai eu l'occasion mais je me suis fait rattrapée avant d'avoir réussi à franchir les portes. J'imagine que je peux même qu'être heureuse de ne pas avoir été tué aussitôt, pas après toutes mes tentatives pour fuir. Mais maintenant je suis libre. » La saveur de la victoire alors que libre je l'étais réellement. J'avais réussi à m'enfuir, j'avais réussi à passer la muraille. J'avais échoué à tuer Basile. J'avais échoué à passer par la grande porte. A chaque fois que mes tentatives avaient ratés, j'avais connu la douleur. Une douleur que je revivais l'espace de quelques secondes alors que je pouvais encore sentir même des années après les mains de Basile sur mon corps, les coups qui pleuvaient, traînée dans la boue, vendue sans avoir un mot à dire. Je me rappelais de chaque détail. Peu importait que je tentais d'oublier, ces souvenirs restaient. Et peut-être était-ce mieux car j'avais appris à devenir plus forte, j'avais appris à survivre. Alors peut-être devrais-je leur dire merci au final. Mais je savais autant que je ne le ferai jamais. Ils ne méritaient pas une trace de respect de notre part, pas alors qu'ils nous considéraient comme leurs choses, leurs animaux. Sa voix qui me distrayait, chassant l'ombre du passé. « Oui c’est aussi glacial qu’on le dit. » Une pensée qui m'inquiétait légèrement bien que j'avais toujours de la matière pour m'inquiéter comme la crainte qu'ils me retrouvent et m'attrapent. « Le chaud qui réchauffait nos peaux avait un coût. Le coût du sang et de la mort. » « ... et un goût amer. » La vérité. L'échange d'un regard. Me demandant l'espace d'un instant ce qu'il avait subi, lui bien que je doutais qu'il partage autant son histoire que je l'avais fait. C'était son choix.

Le sujet qui changeait, dérivait à mesure que nous nous enfoncions dans la forêt pour chasser. Manger ou être mangé. Tuer ou être tué. Toujours la même leçon. Le même désir de survivre tant pour les proies en bas de l'échelle que pour les prédateurs. L'ordre commun des choses et ce même instinct qui nous poussait à nous battre même dans les pires moments de désespoir. « Le lièvre va passer entre les deux branches et ne va pas remarquer de suite le collet. Il s’y prendra le cou. » Ecoutant ses conseils alors que je l'observais pour tenter de mémoriser les gestes, pour me souvenir. « Il faut qu’on s’éloigne. Vu le bruit qu’on fait, on ne chopera rien. » J'hochai la tête avant de le suivre, tentant d'être le plus silencieuse possible. Sa voix qui résonnait de nouveau alors que je tournais ma tête dans sa direction. « Je dois partir demain. » « D'accord. » Juste une brève rencontre. Un instant passager. Je me doutais bien qu'il n'allait pas rester, il était un nomade. Et nos chemins n'en viendraient qu'à se séparer mais en attendant avant d'être attristée par la nouvelle, on pouvait autant décider de profiter. N'en venant qu'à me détourner alors que je continuais d'avancer, perdue dans mes pensées. « Où comptes-tu te rendre ? » « Vers la mer. » Une certitude alors que j'avais envie de voir de mes propres yeux cette étendue d'eau dont il avait parlé. Mon idée n'ayant toujours pas changé, ni mon cap avait dévié. « Toi ? » Une question. Apercevant soudain nos montures, un sourire qui se dessinait sur mon visage. Argo était toujours là. Sifflant légèrement alors que le chameau se tournait vers moi, sachant que j'étais là. « Est-ce que l'on devra attendre longtemps ? Peut-être faut-il dresser un campement ou ? ... »
 

Dis-moi, aimes-tu les Rahjaks ? | Erza

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