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˜˜˜˜˜˜{{ Hunger of the pines {Elias ♥}
maybe life should be about more than just surviving


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06/12/2015 Lux Aeterna 28302 Sophia Bush Avengedinchains (vava) ; Oreste (image profil); Lux Aeterna (sign & gifs & fiche rp) ancienne militaire - lieutenant, stratège, garde et patrouilleuse. Quelques notions de médecine et bases en maniement des armes. 309


Sujet: {{ Hunger of the pines {Elias ♥}
Ven 16 Déc - 3:09



❝ Hunger of the pines ❞
Murphy Cavendish & Elias Caroll
(20 décembre 2116)


Putain, qu'est-ce que c'était que ce truc ? Ca ressemblait drôlement à ce qu'elle avait suivi dans la forêt avant de retrouver Paco et Chris, près d'un an auparavant. Sauf que cette fois-ci, ce n'était pas blessé, ça ne boitait pas, et c'était plus grand encore. Ça poussait des grognements qui raisonnaient à l'infini sur les arbres. Murphy était restée immobile quelques instants, pétrifiée dans son espoir de voir la bête l'ignorer, mais elle avait bien vite compris que cet individu n'avait rien à voir avec celui dont elle avait caressé le museau des mois plus tôt. Cette fois-ci, elle ne caresserait son museau que s'il la croquait à pleines dents, et c'était loin d'être dans ses intentions. Il lui fallut quelques secondes à peine, quelques trop longues secondes déjà, pour faire volte-face et courir dans l'épaisse couche d'une neige qui s'accumulait depuis le début du mois.

Tout ça pour une patrouille. Elle n'avait pas de binôme aujourd'hui, et instinctivement, sa première pensée dans la panique fut pour Skylar, qui avait été celui des deux à les sortir d'une situation aussi délicate au printemps. Elle était à quelques kilomètres à peine du campement, et pendant sa course, la brune se demanda brièvement si elle pourrait courir jusqu'aux portes et se protéger à l'intérieur, mais elle le savait, cela ne ferait que transformer leur campement en stock géant de viande pour cette bête et tous les copains qu'elle appellerait pour le grand festin que cette maladresse lui permettrait de créer. Il fallait qu'elle s'en débarrasse autrement, et à sa course maladroite dans l'épaisse couche de neige, Murphy devina qu'elle n'arriverait probablement jamais à gagner cette course contre l'animal. Elle se fatiguait beaucoup plus vite que dans des conditions normales. Elle pria pour ne pas glisser sur une congère qui cacherait encore une nouvelle caverne. Isdès l'avait tirée d'une de ces galères une fois, mais probablement pas deux. Elle était réellement seule, cette fois-ci, et sa gorge s'asséchait et s'endolorissait au contact de l'air glacé qu'elle respirait de plus en plus rapidement. Elle ne tiendrait plus très longtemps. Quelques centaines de mètres déjà, et elle entendait encore les grognements et les pas pressés du monstre derrière elle. Elle n'était même pas en train de chercher Faust ou Harley; la situation était particulièrement ridicule. Tout ça pour une patrouille classique, et évidemment, aucun collègue patrouilleur à l'horizon. Ils n'étaient jamais là quand on avait besoin d'eux. Ils retrouveraient probablement son corps -ou ce qu'il en resterait- aujourd'hui ou dans quelques jours ou plus tard, mais elle ne comptait pas s'abandonner à cette idée. Pas tout de suite, du moins. Sur quelques dizaines de mètres supplémentaires, elle évalua la distance qui la séparait de la bête. Elle était ralentie par les arbres rapprochés entre lesquels elle faisait attention de se faufiler, mais elle était toujours, là, quelque part, derrière. Elle se retourna brièvement sans cesser sa course pour s'assurer qu'une dizaine de mètres les séparait encore, et se retourna brusquement non sans cesser, sans doute par réflexe, de s'éloigner de la bête à la fourrure sombre qui, elle, n'attendait que ce face-à-face. Sans attendre le moindre dixième de seconde, Murphy attrapa le poignard accroché à sa cuisse droite et attendit que l'animal se rapproche un tout petit plus. Elle calcula la trajectoire, les angles, la hauteur... et lança son arme de toutes ses forces. Ridicule.

La lame se planta dans le pelage de la bête, au niveau de son épaule, la faisant grogner de rage, mais elle était là, toujours debout, malgré le sang qui commençait à couler dans la neige et à la faire fondre. La brune pesta intérieurement mais n'attendit pas son reste. Le seul effet qu'avait eu son attaque avait été d'exciter le prédateur. Son poignard était fermement planté dans la bête. Si elle s'en sortait par un miracle quelconque et qu'elle arrivait à fuir la chose, elle aurait perdu l'une de ses deux armes. Putain. Elle reprit aussitôt sa course pour creuser la distance autant que possible, mais elle savait quelle à présent son unique solution. Ne restait que celle que lui avait imposée Skylar face à la meute d'animaux qui aurait pu les dépecer. Elle finit par s'arrêter devant un arbre aux premières branches basses et resta paralysée une seconde, puis deux secondes. Un coup d'oeil à droite lui confirmait ce que ses oreilles lui avaient déjà indiqué : la bête chargeait sur elle. Moins de dix mètres les séparait à présent. Elle était à bout de souffle. Fermant brièvement les yeux pour se donner un peu de courage, elle posa le pied sur la première branche mais resta bloqua à quelques dizaines de centimètres de hauteur à peine. Ses vêtements ôtaient le peu de fluidité que ses gestes pouvaient avoir dans les airs. Elle allait crever, ça y était. « PUTAIN DE MERDE » hurla-t-elle sans aucune distinction, comme une dernière déclaration avant la fin. Les mots raisonnèrent plusieurs fois dans la forêt. Ils s'évanouirent progressivement avant qu'un drôle de bruit étouffé n'interrompe l'écho pour de bon. La bête venait de s'écrouler à deux mètres de l'arbre à peine. Perdue dans ses branchages, Murphy ne voyait pas tout de la scène, juste deux pattes immobiles non loin d'elle. Qu'est-ce que... ? C'était son petit poignard qui avait fait ça ? Elle restait figée sur sa branche, les deux pieds collés l'un à l'autre alors qu'elle s'accroupissait, fermement accrochée au tronc d'arbre gelé. Est-ce que ces trucs-là étaient capables de stratégies quelconques ? Est-ce qu'il y avait une chance que cet animal soit en train de feindre la mort pour mieux la croquer ?

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20/01/2016 avengedinchains 698 Tom Hardy ava lux la murphouille ♥ ; signa by alas guerrier 75
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Sujet: Re: {{ Hunger of the pines {Elias ♥}
Sam 14 Jan - 18:45



HUNGER OF THE PINES
elias&murphy
« Dis papa, tu te souviens de quand tu as rencontré maman ? ». Douce voix rêveuse qui s’étale à ses côtés. Enfant joyeuse aux traits délicats qui se couche à côté d’un père qui effraie toutes ses copines. Pourtant, il ne mord pas, ou du moins, plus vraiment. Il a cessé d’être un monstre le jour où il est devenu un homme auprès de sa femme. Il a changé, bien sûr. Il n’est plus la bête qui était crainte. « Ta mère avait un sale caractère, elle m’a dompté ». Son ton de voix rappelle son passé. Il ne sait que peu y mettre de la chaleur. Mais il essaie. Il ne sait juste pas comment s’y prendre. Il n’a pas vraiment appris. Il sourit cependant, et c’est déjà. C’est ici qu’on repère les efforts de l’homme. « N’écoute donc pas ton père Clara. Tout le monde sait qu’il est la bête ». Elle s’avance, dépose un baiser sur le front de sa fille, sur les lèvres de son époux et retourne à ce qu’elle était en train de faire. Moïra a toujours eu du caractère mais en effet, si Elias connaissait le conte de la belle et la bête, il ne se serait pas fait d’illusion quant à qui aurait joué le rôle de qui. Mais il serre les dents et garde le silence, parce qu’il sait qu’elle a raison.

Ses yeux papillonnent avant qu’il ne parvienne à ouvrir les yeux. Il s’est endormi, bien sûr. Et il n’est même pas chez lui. Sa mâchoire se crispe, il fait de son mieux pour garder convenance, des fois qu’un homme soit en train de réfléchir quant à son intention à son égard. Il faut se montrer prêt à la moindre action, à la moindre petite chose, également. Quoi qu’il se passe, il sera prêt à se défendre pour que les choses se passent bien. Mais… Le rêve fut douloureux. Quand c’est ainsi, il aimerait pouvoir dormir encore et encore, ne pas se réveiller, profiter de la nuit pour se perdre et pour ne jamais revenir. Il se moquerait bien de rester dans un sommeil éternel si son rêve est comme ça, un rappel de sa vie d’avant, un enchaînement de souvenir qu’il est incapable de laisser tomber. Mais sa vie est différente et ses attentes ne risquent plus d’être les mêmes. Impossible. Elias est un homme détruit qui tente d’imaginer qu’il peut se reconstruire mais qui est juste incapable de mettre fin à ses jours à cause des choses qu’il a pu vivre avant ça. Il est un guerrier et il n’y a aucun honneur à perdre la vie dans un claquement de doigt. Mais ça ne risque pas de changer prochainement oui, voilà. Et c’est une nouvelle fois à cela qu’il faut faire attention. Ce qui l’a réveillé ? Un bruit, non loin de lui. Il ne sait pas trop de quoi il est question. Il lui semble avoir entendu un ours. Il ne sait pas. Il se lève de sa cachette, cette grotte était confortable mais il n’a guère besoin de vraiment dormir.

Lorsqu’il voit la bête, sur le point de tuer quelqu’un, il n’hésite qu’à moitié. Faut dire que si une vie doit être retirée, il préfère quand c’est lui qui la prend. Il n’est pas irrationnel non plus, et il ne tue pas à tout va juste parce que son caractère lui en donne parfois l’envie. Mais là n’est pas le sujet et là n’est pas l’instant. Une femme, en mauvaise posture, peu habituée à l’attaque animale. Mais contre ça, les solutions ne sont pas nombreuses. Il s’avance, ne fait guère attention à sa tenue, à ce qu’elle fait pour le moment. Elle est là, accrochée sur une branche, s’il ne se trompe pas. Il ne fait pas attention à tout ça parce que ça ne servirait pas à grand-chose. Et quand l’animal s’écroule sous l’assaut de sa lame, il grimace alors que le corps s’écroule. Beaucoup de viande, et une peau épaisse pour affronter l’hiver. Que demander de plus hein ? Il aime tuer un ours lorsque l’hiver approche, un moyen indéniable de se protéger d’une froideur insupportable. Mais il y a d’abord quelques politesses à lui retourner, bien sûr. En l’observant un peu plus, Elias réalise qu’il est question d’une fille du ciel. Les vêtements, la panique dans la posture, la maladresse dans les gestes et dans la position. Elle n’est pas à l’aise, ça se voit. Et ce n’est pas vraiment à lui de juger. Du moins, il a une certaine appréhension quand il est question d’eux, mais pour le coup, il ne va pas lui reprocher de ne pas avoir été capable d’affronter un ours. Il aurait été le premier surpris, si ça avait été le cas. Le point négatif de tout ceci, c’est que maintenant, il va se retrouver à devoir lui parler dans sa langue à elle. Et il n’en a pas envie. Il déteste baragouiner un anglais approximatif. Cette sensation d’être un débile qui parle lui irrite le poil. Mais elle ne semble même pas avoir remarqué que l’animal est mort. « Ours mort. Pouvoir descendre de arbre sans peur ». Son ton de voix est froid bien sûr, il ne savait déjà pas y mettre de forme avant, il parle d’un ton monotone sa propre langue quand il ne se serre pas de colère alors… ça ne risque pas de changer maintenant.
AVENGEDINCHAINS

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06/12/2015 Lux Aeterna 28302 Sophia Bush Avengedinchains (vava) ; Oreste (image profil); Lux Aeterna (sign & gifs & fiche rp) ancienne militaire - lieutenant, stratège, garde et patrouilleuse. Quelques notions de médecine et bases en maniement des armes. 309


Sujet: Re: {{ Hunger of the pines {Elias ♥}
Dim 15 Jan - 0:48



❝ Hunger of the pines ❞
Murphy Cavendish & Elias Caroll
(20 décembre 2116)


Comment faisait-elle donc pour arriver à toujours se mettre dans des situations pareilles ? Et surtout, comment arrivait-elle à s'en sortir ? La plupart du temps, il avait suffi d'un coup de main du hasard pour qu'elle s'en tire vivante, mais cette fois dérogerait-elle donc à la règle ? Allait-elle finir en casse-croûte pour l'animal qui la coursait comme Antarès coursait les lapins ? A cet instant précis, Murphy le savait, elle n'était guère plus qu'un bout de viande fraîche perdu et esseulé dans une forêt inanimée, dominée par la clarté d'une neige qui n'aidait en rien à la situation. Elle commençait à être à bout de souffle et à réaliser que son heure était peut-être venue. C'était ridicule, pensait-elle. Si elle avait eu le souffle nécessaire, elle aurait probablement ri nerveusement, mais elle ne comptait pas attendre la mort et ajouter au grotesque de la situation une pointe d'un dramatique totalement superflu et inutile. Elle avait survécu à l'espace, à la chute de leur vaisseau et au passage de toutes les couches de l'atmosphère, au crash violent contre ce sol nouveau, à la faim, à l'inconnu, à l'extrêmement chaud et à l'extrêmement froid, aux retrouvailles avec les Cents, au tremblement de terre et à ses entrevues avec Andromeda... elle ne comptait pas se laisser manger aussi facilement par cet animal enragé. Elle se battrait jusqu'au bout pour la survie, même lorsqu'elles serait déchiquetée en morceaux sous les crocs de la bête.

Elle en avait déjà vu une de ce genre, une fois. C'était avec Paco et Chris, presque un an auparavant déjà, et tous les deux lui avaient appris à apprivoiser cette peur de l'animal auquel ils avaient fait face. Celui dont ils avaient croisé le chemin était blessé et vulnérable, et maintenant, il semblait à Murphy que ce simple fait avait changé toute la donne. Elle n'avait été coursée de cette façon qu'une fois, avec Xander, peu après leur arrivée ici, et c'était finalement le phare qui les avait délivrés de cette course infernale. Maintenant ? Rien de bon ne semblait se profiler. Elle en était consciente, elle était perdue au fin fond de la forêt. Au mieux, elle pourrait probablement tomber sur un lapin en train de faire un bonhomme de neige. Elle était malgré tout soulagée de ne pas avoir amené Antarès avec elle; il était en sécurité au campement avec Tennessee, et elle n'avait que sa carcasse qu'elle avait à protéger -pas que cela lui facilite concrètement la tâche, en fait, mais la pression était toute différente. C'était pour sa vie qu'elle redoutait maintenant, sa propre vie et tout ce qu'elle s'était promis de connaître avant d'y passer.

Elle le savait, la seule solution potentielle qui s'offrait à elle à présent, c'était ces hauts arbres enneigés. Elle courrait, courrait et courrait encore, juste dans l'espoir qu'un miracle ne se produise et l'empêche de se lancer dans l'escalade de l'un de ces hauts troncs. Mais rien n'y faisait, les secondes défilaient et les minutes s'égrainaient. Il lui fallait passer à l'action maintenant et avant qu'il ne soit trop tard, avant que son propre corps la lâche et la laisse en pâture à l'énorme bête sombre qui la coursait encore et dont elle pouvait entendre les râles mécontents jusque-là. Alors, son courage, elle le prit à deux mains, mais deux mains ne semblaient pas encore suffisantes. Elle avait grimpé d'une branche puis de deux, de quelques dizaines de centimètres à peine. Paco et Skylar n'étaient pas là pour l'aider à progresser dans sa montée, et elle se retrouvait à présent confrontée à l'un de ses cauchemars. Le choix cornélien. La mort ou la phobie. Sa raison lui hurlait de choisir la phobie car ce simple terme laissait entrevoir un peu plus d'espoir que son concurrent, mais c'était plus fort qu'elle. Déjà de là où elle était, elle pouvait deviner la distance qui la séparait du sol et la tête commençait doucement à lui tourner. Elle n'allait pas tomber dans les pommes, elle le savait -une fois dans le mois, c'était bien suffisant déjà. Elle allait juste rester greffée au tronc de l'arbre jusqu'à ce que ses muscles la lâchent -ou jusqu'à ce que la bête à ses pieds l'atteigne, ce qui, en soi, était l'option la probable. Ça y est, se disait-elle donc comme elle se l'était déjà dit à plusieurs reprises, cette fois-ci, c'était la fin. Tous ces efforts en vain -y compris ceux qui n'avaient pas été les siens-, et tous ces espoirs avortés, aussi. Un effort supplémentaire, peut-être ? Quelques mètres de plus à peine pourraient la sauver. Allez, s'égosillait sa raison. Allez, grimpe là-haut et fiche-moi la paix. Sauve-nous des griffes de cette chose. T'as jamais accordé de la bouffe à qui n'en méritait pas, alors donne pas à cette saloperie tous ces muscles que t'as travaillés pour apprendre à te défendre. Qu'est-ce que ça dirait de toi, hein ? Acharnée au combat ? Décharnée, plutôt. Allez, encore un petit effort. Elle était accrochée au tronc de l'arbre, seul support à cet instant précis. L'animal était à quelques mètres d'elle, et elle n'avait pas besoin de le regarder pour le savoir. Ses sens ne la trompaient pas.

Et puis soudain, le bruit étrange et étouffé. Il ne trompait personne : la bête s'était lourdement écroulée dans la neige. Elle avala sa salive avec difficulté; elle ne savait pas à quel nouvel obstacle elle venait de se confronter malgré elle. Il y avait peu de chance que le miracle ait été jusqu'à faire subir une crise cardiaque foudroyante à l'animal au moment précis où il comptait l'attaquer. Une nouvelle variable était entrée en jeu, et elle avait peur de savoir laquelle. Il pouvait s'agir du meilleur comme du pire. Un autre animal, par exemple, le genre de prédateurs qui considérait celui qui venait de mourir comme une proie parfaite ? Face à quoi cela pourrait-il la laisser ? Elle se retourna prudemment sur la branche pour faire face à la scène et s'accroupit, un peu intimidée et dans l'espoir de rester masquée, cachée de ce qui avait coûté la vie à la bête aux crocs aiguisés. « Ours mort. Pouvoir descendre de arbre sans peur » claironna une voix grave en contrebas. Quelqu'un était caché derrière les branchages. Prudemment, elle s'assit sur sa branche et, se forçant à ne pas réfléchir une seconde de plus, se laissa glisser jusqu'à terre, où elle atterrit un peu maladroitement, accroupie, les jambes fléchies par la fatigue et le poids de son corps courbatu. Son visage, à moitié masqué par ses vêtements, se tourna vers un homme grand et couvert de peaux d'animaux qu'elle devinait bien plus protectrices que son manteau pourtant bien épais. Son regard se plissa pour le détailler succinctement, puis, sans un mot, elle regarda l'animal mort à ses pieds, se recula d'un pas pour pouvoir admirer la carcasse, et lui offrit un fier bras d'honneur. « T'as cru que t'allais m'avoir ? SALOPERIE. L'univers est de mon côté ! » lâcha-t-elle, à deux doigts de cracher sur le cadavre et non sans lui donner un coup de pied fatigué. Exténuée, un peu pataude, elle s'approcha de quelques pas de celui qui l'avait sauvée. « Merci... » le gratifia-t-elle alors que son regard s'accrochait à nouveau au visage de l'homme. Un Naori ? Elle gardait à l'esprit ce poignard qui était resté accroché à sa cuisse gauche. Même si la bête était morte, elle n'était pas très fière. Les nouvelles rencontres étaient souvent bien trop délicates pour elle et son manque de tact. Elle fit le tour de la bête morte pour retrouver son poignard, mais ne put que constater que l'animal était tombé dessus. Il fallait soulever la carcasse. Elle n'osait pas se pencher ou s'agenouiller sans connaître les intentions de son sauveur -car il n'était probablement pas que ça, un sauveur, et il était hors de question qu'elle se mette dans une situation qui lui donnerait l'occasion de découvrir qu'il était lui aussi un prédateur. « Je lui avais jeté un couteau... » tenta-t-elle d'expliquer en attrapant la solide et lourde épaule de l'animal pour essayer de la soulever mais surtout, faire comprendre au Terrien quelles étaient ses intentions à ce moment précis. « Vous voulez la viande, c'est ça ? Ou la fourrure ? Je vous laisse tout, vous m'avez sauvée. Mais aidez-moi à récupérer mon couteau... » Elle lui lança un regard, non suppliant, mais déterminé. Elle n'avait que deux poignards, sur cette Terre, pour l'aider à survivre, et elle ne comptait pas diviser son stock d'armes par deux. Il était vraiment temps qu'ils arrivent à se construire ces arcs avec Richard...

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20/01/2016 avengedinchains 698 Tom Hardy ava lux la murphouille ♥ ; signa by alas guerrier 75
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Sujet: Re: {{ Hunger of the pines {Elias ♥}
Dim 29 Jan - 11:49



HUNGER OF THE PINES
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Elias est un homme difficile et étouffant, c’est vrai. Bourru, brutal, violent, détestable. Il n’attire pas les doux regards. La peur ? Toujours sur son chemin. Pas la sienne, celle des autres. Elle irradie dans leurs yeux, dans leurs manières de s’éloigner de ses pas. Son corps imposant les effraies. Mais il n’y a pas que ça. Quelque chose dans le regard, qu’une vieille femme a dit, un jour. Une lueur de sang. Alors il en profite, parce qu’il n’aime pas la compagnie. Lorsqu’il y a une fête, il trouve toujours le moyen de quitter le campement. Prendre l’air, souffler plus loin, s’écarter du chemin que les gens l’imaginent prendre. Il est comme les autres mais les autres ne le comprennent pas. Evidemment. L’homme se moque de ce que les gens pensent de lui, il fait uniquement attention aux regards qu’on peut tourner vers lui parce que c’est vraisemblablement la seule chose qui ait vraiment de l’importance. Ils sont constamment là, à prétendre que tout ira mieux comme ça, à agir comme s’ils avaient le droit de faire ce qu’ils veulent mais ce n’est pas comme ça que ça fonctionne. Qu’ils le veuillent ou non, ça ne changera pas ce qu’ils font, ou ce qu’ils ne font pas. La priorité est bel et bien de se concentrer sur ce que lui-même pense de lui. Ce n’est pas toujours très glorieux mais il sait ce qu’il vaut en matière de capacités. Pour le reste, quant à son relationnel et sa manière d’être, il n’y porte pas de réel intérêt parce que chacun est comme il est et qu’il vaut mieux se concentrer sur ce que les gens voient. D’une certaine manière. Bordel, il est fou de voir à quel point les gens doivent se remettre en question quand on y pense. Ils sont là, à réfléchir à quelque chose d’improbable, à se tourner l’esprit dans tous les sens pour quelque chose d’incompréhensible. Et ils sont supposés faire quoi, les autres ? Ils sont supposés écouter ? Les observer de loin ? Faire comme si tout était normal ? Non, ce n’est pas comme ça que c’est supposé se passer. Il refuse d’y croire, en réalité.

Enfin bref. De toute manière, on ne l’aime pas beaucoup, alors il préfère plus ou moins se concentrer sur ça. Se concentrer sur ce qui se passe là, juste devant lui. L’ours, la femme. Quand il le tue, il ne sait pas vraiment pour quoi. Oh, bien sûr, la raison est légitime, il a sauvé une vie. Mais ce n’est pas particulièrement son genre. Sans dire qu’il leurs voue une grosse inversion, il ne le cache pas non plus. Il n’apprécie pas ces gens qui ont choisi de s’installer sur Terre sans demander à ses occupants s’ils étaient d’accord. Est-ce si étonnant que ça, qu’ils soient mécontents ? En plus, n’oublions pas qu’ils sont arrivés le jour de la guerre, et que ce n’était probablement pas pour y mettre un terme. Il ne sait pas vraiment. La voir accrochée à son arbre l’a amusé, c’est vrai, il ne va pas le nier. Il ne s’est pas franchement mis à rire parce que c’est pas le genre du bonhomme mais c’est déjà pas mal, pas vrai ? Lui, il a perdu le sens de tout ça, il a perdu la notion des choses et ça ne change plus rien. Il n’est donc plus vraiment nécessaire de revenir en arrière, n’est-ce pas ? « T'as cru que t'allais m'avoir ? SALOPERIE. L'univers est de mon côté ! ». Facile de faire la belle ou de se montrer forte après qu’un autre ait fait le travail hein ? Lui mettre un coup de pied aussi, c’est facile. Mais… Que pourrait-il en dire hein ? « Animal déjà mort. ». Il hausse les épaules. Son comportement le dépasse mais que pourrait-il en dire de plus hein ? Tout ceci n’est pas de sa responsabilité, en réalité. Mais ça aussi, il serait sans doute préférable de le garder pour lui. Enfin bon, en tout cas, là pour le coup, il sait qu’il va avoir un sacré bon manteau. Encore que, des peaux d’ours, il en a déjà quelques-unes et elle, elle n’est couverte que d’habits peu pratiques et ridicules. « Merci... ». Les remerciements viennent, enfin. Sans prétendre qu’il était temps, elle ne cache pas que c’est mieux comme ça. Et ne risque pas de le cacher, non plus. Sa situation est particulière, parfois étrange. La fille est étrange, vraiment. Elle doit avoir presque son âge mais elle dégage une vivacité étrange contre laquelle il ne sait pas vraiment quoi faire. Elle a trop d’énergie pour lui, il lui semble même qu’il n’en a jamais eu autant, un jour au cours de son existence. Elle le perturberait presque, parce qu’il est incapable de lui parler. Non sans passer pour un enfant de trois ans qui a appris à parler hier, d’ailleurs. Sans doute vaudrait-il qu’il potasse un peu plus la langue mais… Il n’en éprouve pas encore la nécessité.

« Je lui avais jeté un couteau... ». Il la fixe un instant, ne parvient pas à comprendre de quoi il parle. Un couteau pour une si grosse bête n’est pas suffisant, à moins de savoir parfaitement viser entre les deux yeux et encore. Cela dépendra de la lame de l’arme. Quand elle soulève l’épaule de l’ours – ou plutôt essaie parce qu’il n’y a pas grand-chose qui bouge – il tente de comprendre et imagine que c’est ce qu’elle veut récupérer. Désespoir total. Une lame… Et une minable lame en plus, il serait prêt à prendre les paris. « Vous voulez la viande, c'est ça ? Ou la fourrure ? Je vous laisse tout, vous m'avez sauvée. Mais aidez-moi à récupérer mon couteau... ». Il se retient presque de rire. Elle est trop gentille avec lui. Quel grand geste que de lui laisser la possibilité de récupérer tout ce qu’il voudra de la carcasse qu’il a tué. Faut-il nécessairement rappelé qu’en dehors de l’attirer à elle, elle n’a rien fait ? Parce que c’est un peu de ça qu’il est question dans l’immédiat. Il l’a sauvée, il fait ce qu’il veut. Quant à la lame, il est persuadé qu’il y a mieux que ce truc qu’elle veut tant récupérer. Mais bien sûr, il fera le nécessaire. Il a l’impression que sinon, elle risquerait de lui taper sur les nerfs pour une raison improbable. Elle est trop particulière pour lui, encore une fois. « Toi devrait garder fourrure pour hiver. Tenue trop pourrie ». Du bout des doigts, il effleure le vêtement de la jeune femme. Ouais, trop fin, trop ridicule. Elle serait mieux avec ça. L’hiver est parfois plus rude d’une année à l’autre. « Moi bon chasseur, pas besoin viande. Si toi vouloir, toi prendre ». Mais il ne la suppliera pas non plus de tout prendre. Ce n’est pas le genre.
AVENGEDINCHAINS

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Sujet: Re: {{ Hunger of the pines {Elias ♥}
Lun 30 Jan - 0:08



❝ Hunger of the pines ❞
Murphy Cavendish & Elias Caroll
(20 décembre 2116)


Le soulagement de la brune était presque palpable. Un miracle venait de se produire, elle en avait conscience, et elle se demandait comment le hasard pouvait encore s'évertuer à la sauver malgré sa maladresse. Elle aurait probablement du mourir des mois auparavant, peut-être même dès l'atterrissage forcé de l'Odyssée, et elle commençait à sérieusement accumuler les situations qui auraient pu lui coûter la vie. Ce n'était pas la première fois qu'elle s'était fait courser par un animal affamé, et les lois des statistiques la laissaient déjà supposer que ce ne serait pas la dernière fois. Elle se félicitait à chaque fois de ses capacités athlétiques, mais elle savait qu'un jour elles ne se seraient plus suffisantes. Elle savait qu'elle ne tomberait pas à chaque fois sur un phare prêt à l'accueillir ou un Terrien tout disposé à lui venir en aide. Ses couteaux étaient tristes si ce n'était pathétiques, car totalement inutiles dans de telles situations. Elle en avait envoyé un hasardeusement, sans réussir à prendre le temps de viser proprement, et l'avait maintenant perdu sous la carcasse de la bête morte. Le Terrien face à elle dégageait quelque chose d'étrange. Son regard l'aurait probablement glacée jusqu'au sang si celui-ci ne baignait pas encore dans la décharge d'adrénaline qu'avait causée cette course-poursuite interminable. Elle reprenait progressivement son souffle alors que l'air glacial brûlait sa trachée non sans lui arracher quelques grimaces de douleur. Elle savait courir et sprinter, mais elle n'était pas surhumaine. Elle ne pouvait pas le nier, il s'en était vraiment fallu à peu. Si cet homme au regard clair n'avait pas été là pour abattre l'animal, elle serait encore probablement agrippée à son tronc d'arbre en attendant l'épuisement et le charcutage.

Alors oui, la satisfaction était immense. Le soulagement d'abord et surtout, mais aussi la satisfaction. Celui qui avait bien failli faire d'elle son déjeuner était lourdement tombé à ses pieds, et c'était tout ce qui comptait pour la brunette à cet instant précis. Un bras d'honneur, un coup de pied, quelques grognements de fiers, et puis le Terrien avait tout brisé de trois mots et d'un regard circonspect. Elle lui jeta un coup d'oeil vexé et répliqua sans s'émouvoir davantage. « M'en fous. Il a failli me bouffer, il mérite toute ma haine. » Elle manqua de cracher sur la carcasse mais se contenta de lui jeter un regard empreint d'aversion et de revanche satisfaite. Son remerciement lui échappa quelques secondes plus tard, alors qu'elle réalisait pleinement que la personne en face d'elle venait de lui sauver la vie et les tripes. Encore un inconnu à qui elle devait la vie; elle n'aimait pas beaucoup ça, mais les faits étaient là. Sans lui, elle ne serait probablement plus grand chose d'autre qu'un tas de boyaux ensanglantés étalés dans la neige. C'est pourtant un mur presque inerte qui lui répondit; le barbu la regardait sans piper mot, et elle se décida aussi vite à s'inquiéter du sort de l'une des deux seules armes desquelles elle était propriétaire. Elle savait que la lame était encore plantée dans la chair de la bête, sans doute écrasée et enfoncée par tout le poids de l'animal. Elle avait encore besoin de l'inconnu. Plus que quelques minutes et leurs chemins pourraient se séparer; elle voulait juste récupérer son poignard. Accroupie près de la bête, se retenant de poser son genou dans la neige, la brune releva son regard foncé vers l'homme qui restait immobile. Elle fronça les sourcils devant son impassibilité, puis devant le rictus naissant qui laissait entendre certaines choses qu'elle n'avait pas envie d'entendre. Encore un qui était là pour lui expliquer à quel point elle était incapable d'assurer sa propre sécurité ? « Toi devrait garder fourrure pour hiver. Tenue trop pourrie. » Il s'approcha d'elle pour faire glisser ses doigts sur son épaule. Le tissu crissa sous le contact; Murphy, elle, eut un mouvement de recul et soupira, déjà lassée par le discours qu'il allait probablement lui tenir. Elle ne croyait pas une seule seconde à son offre; en réalité, elle ne l'avait même pas percutée. Tout ce qu'elle avait retenu, c'est qu'encore une fois, on lui expliquait tout ce qui n'allait pas dans sa manière de survivre ici. « Moi bon chasseur, pas besoin viande. Si toi vouloir, toi prendre » Son visage se décrispa brusquement sous l'incompréhension. Qu'était-il en train de se passer, là, maintenant, tout de suite ? Était-ce de la générosité ou de la pitié ? De l'indifférence, peut-être ? On venait de lui offrir une carcasse de bête comme ça, aussi simplement ? « Mon couteau... » le supplia-t-elle simplement du regard avant de reporter son attention sur le cadavre et de le secouer désespérément sans arriver ni à le retourner, ni à le soulever suffisamment pour récupérer son arme. La mare de sang s'étendait dans la neige à leurs pieds; le fruit du coup fatal que lui avait porté le Terrien, sans doute, mais la brune ne pouvait s'empêcher de penser que sa lame, même si elle n'avait pas achevé son assaillant, avait au moins du l'atteindre au sang. Elle batailla nerveusement avec le corps inanimé du carnassier et se laissa finalement tomber dans la neige ensanglantée. Elle repoussait le plus possible le moment où elle devrait dépecer l'animal et découper sa viande -car oui, c'était à présent ce qui se profilait. C'était une chose de le faire avec des lapins, c'en était une autre de s'en prendre à des prédateurs aussi massifs. « Pour l'instant, je veux juste mon couteau » se plaignit-elle en laissait son regard se perdre sur la fourrure de la bête. « Vous m'aidez ? » demanda-t-elle finalement, en levant un regard déterminé vers le Terrien. « On est au moins d'accord sur le fait qu'on va pas attendre qu'il nous pourrisse aux pieds... » Elle ne pouvait pas le nier, ramener viande et fourrure au camp serait plus que bien vu, et ce serait d'un tout autre acabit que les lapins qu'Antarès avait pu leur ramener. « Vous êtes sûr que ni la viande, ni la fourrure vous intéresse ? » accepta-t-elle donc à demi-mots en s'éloignant légèrement de la carcasse pour commencer à creuser dans la neige près de l'une de ses pattes, histoire peut-être de tenter un effet de levier ou d'accéder à ce fameux couteau qu'elle commençait à désespérer de retrouver. Elle ne cessait pour autant de lui jeter des coups d'oeil méfiants, s'attendant presque à ce qu'il lui saute dessus pour l'égorger comme il avait tué cette horrible bête. « Naori ? » demanda-t-elle finalement en repoussant quelques mèches des cheveux qui avaient glissé devant son visage pendant sa creusée, plus pour se rassurer que pour faire la conversation. S'il était Naori, ce serait déjà un poids en moins. Les Odysséens n'avaient d'accord avec aucune autre tribu, et il était clair que cet homme là avait bien compris d'où elle venait. S'il s'occupait de son cas comme il s'était occupé de celui de l'animal, il pourrait se vanter de posséder un exemplaire unique de tapis en peau de Murphy.

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Sujet: Re: {{ Hunger of the pines {Elias ♥}
Lun 6 Fév - 21:05



HUNGER OF THE PINES
elias&murphy
Elias n’a pas uniquement un problème avec le peuple du ciel. Il ne peut pas le prétendre, et il ne peut pas non plus agir comme si c’était si peu croyable que ça. Au contraire, même. Il ne parvient pas à comprendre les pulsions, les sentiments, les comportements. Dans bien des situations, il ne sait pas où donner de la tête et sans doute n’est-ce pas supposé aller en s’arrangeant. C’est compliqué. Très compliqué. Mais il essaie, parfois, quand il en éprouve un semblant de besoin. Pour tout dire, ça ne dure jamais bien longtemps. Il n’a jamais été capable de comprendre les gens, et sur bien des points, il ne réussit jamais à obtenir ce qu’il veut. S’il fait son maximum, ça ne suffit pas. Il ne sait pas comment s’y prendre et il se fatigue rarement à essayer parce que cela l’ennuie. Il ne peut pas franchement dire les choses différemment parce que c’est bel et bien de ça qu’il est question ici. Il vit la vie qu’il veut et il ne cherche jamais à aller plus loin parce qu’il s’en fout. Il fait ce qu’il veut, et il ne risque pas de chercher plus loin. Mais il comprend que parfois, ce n’est pas ce comportement qui risque de lui permettre de savoir quelle démarche avoir. Il n’a pas envie de chercher et dans le fond, il ne voit pas non plus ce qu’il pourrait bien faire. Il sert les dents parce que ça lui paraîtrait presque plus facile comme ça, mais il sait que ça ne suffit pas. Ce n’est juste pas comme s’il risquait de chercher plus longtemps parce que ça ne servirait pas à grand-chose. Un soupir s’échappe de ses lèvres, alors qu’il tente de se tenir un peu plus droit. Lui, l’homme qui se voute, non pas pour se dissimuler, plutôt parce qu’il a toujours été ainsi. Lorsqu’il se tient droit, il impose davantage le respect. Il devient plus grand, plus fier et plus effrayant. Il le sait, il en rit. Parfois. Parce qu’il faut bien avouer qu’il n’est pas dans ses habitudes de rire. Mais il fait des efforts, parce que c’est le plus important. Il vient de sauver une vie, tout de même. C’est important. Parce que lui, il n’a pas pour habitude de sauver des vies. Au contraire, il les prend, il ne les épargne pas. Mais il n’y a pas de témoin, aucun bouche pour parler. Si ce n’est celle d’une débarquée. Est-ce qu’on porte vraiment une attention particulière aux mots qui sortent de cette bouche ? Jolie, mais dit-elle au moins quelque chose d’intéressant ?

« M'en fous. Il a failli me bouffer, il mérite toute ma haine. ». Ce n’est pas garanti. Et là, au vu de sa manière de lui parler et des choses qui sortent de sa bouche, il ne sait pas vraiment quoi en dire et il n’a pas particulièrement envie de se prendre la tête. Elle veut se défouler sur le corps mort d’un ours, qu’elle le fasse. Elle aurait, sinon, pu le tuer elle-même et en aurait obtenu le mérite. « Lui méritait mort mais toi pas force ». Il hausse les épaules. Il n’est pas vraiment du genre à mâcher ses mots parce qu’il n’en a jamais éprouvé le moindre besoin. A quoi bon taire les mots qui blessent, est-ce qu’il y a quelque chose à y gagner ? Lui, il a davantage l’impression que l’histoire est plus complexe que ça. Mais elle n’en avait pas la force, pas le courage. Elle était faible. Et elle l’est toujours. Faire la fière sur une dépouille, ça ne fait pas gagner une guerre. Heureusement que le traité a instaura un semblant de paix entre les campements. Il aurait pu y avoir un drame – pour eux – avec ceux qui sont arrivés pendant la guerre. C’est qu’ils semblent moins préparer encore. Chose parfaitement ridicule et sans le moindre sens. Mais… Ils sont spéciaux là-haut, c’est à se demander ce qu’ils ont pu apprendre au cours de leurs existences.

Il lui propose de tout prendre. C’est une proposition étrange mais il n’a pas pour habitude de s’embêter avec une ressource qui ne lui est pas nécessaire. Des peaux d’ours, il en a quelques-unes, de la nourriture, il en a aussi, et il ne cherche jamais plus loin parce qu’il n’en éprouve pas le moindre intérêt. Mais pour le reste, les choses ne sont pas évidentes. Il lui laisse tout parce qu’il n’en a pas besoin, non pas pour une quelconque pitié ou compassion. Il est égoïste, en réalité, il pense à lui, avant de penser à son entourage parce qu’il imagine que c’est plus facile comme ça. Parce qu’il se permet de croire que l’avis des autres n’a pas la moindre importance. Et il ne voit pas de raison de changer d’opinion pour le moment. « Mon couteau... ». Voilà qu’elle se remet à le réclamer. Il l’avait presque oublié. Ce stupide couteau qui n’a pas dû lui faire bien mal, à l’ours. Ou qui, au contraire, l’a énervé plus qu’autre chose. Peut-être même qu’il est juste tombé sous elle. Qu’elle le lui ai jeté ne veut pas dire qu’elle l’ait atteint. Mais il doit être sous le corps de l’animal et pour cela, elle n’a pas la force de le soulever. Et elle est là, de sa force frêle, à tenter de le secouer suffisamment pour... Pour quoi exactement ? Pour qu’il roule sur le côté ? Disons que pour lui, ça n’a pas vraiment de sens. Mais une arme reste une arme et si c’est la seule qu’elle possède, il est logique qu’elle la réclame. Pourtant, si elle sait aussi peu s’en servir, est-ce qu’il est vraiment utile de la lui rendre ? Enfin… Il ne voit pas non plus ce qu’il pourrait bien en faire. « Pour l'instant, je veux juste mon couteau ». Lourdeur évidente. Mais il en vient à se dire qu’une fois qu’il le lui aura donné, il sera officiellement tranquille. « Vous m'aidez ? ». Encore que rien n’est sûr. Elle est très insistante, cette gamine. « On est au moins d'accord sur le fait qu'on va pas attendre qu'il nous pourrisse aux pieds... ». Il ne parle déjà pas beaucoup ni bien, si en plus elle se décide à ne pas lui laisser le temps de parler, elle va clairement passer un sale quart d’heure. « Vous êtes sûr que ni la viande, ni la fourrure vous intéresse ? » Il faut à tout prix qu’elle se calme ou qu’elle lui permette de parler. Si elle veut un peu d’aide, sinon, rien du tout. Posant les deux mains sur la carcasse, il se met à la pousser, afin de l’écarter un peu pour qu’elle puisse trouver son arme. Ainsi, elle en sera contente et ne pourra plus vraiment s’en plaindre. Voilà qu’à une seconde près, elle se serait mise à gratter sous la carcasse pour faire un trou ou… Non, il n’en a pas la moindre idée. La méthode est étrange, c’est tout ce qu’il sait. La manœuvre est compliquée mais ils finissent par y arriver. « Toi avoir récupéré arme. Et non, moi pas intéressé par animal. Moi avoir tout ce qu’il me faut ». Et c’est bien assez. Il n’a que lui à nourrir, il partage parfois, mais ce n’est pas sa principale mission. Et on ne lui en tient pas rigueur. Quand il a beaucoup, il partage. Quand ce n’est pas le cas, il garde pour lui. Est-ce que c’est vraiment aussi étonnant qu’on ne peut bien l’admettre ? Lui en tout cas, il a un peu de mal à le croire. La situation lui va très bien comme elle est, en tout cas. Et il ne risque pas de chercher plus loin. Où serait l’intérêt ?

« Naori ? ». S’il avait été en train de boire, sans doute aurait-il tout recraché. Il n’y a guère de pire insulte pour un Athna. Ce n’est pas parce qu’il lui file un coup de main, qu’il lui sauve la vie et qu’il lui donne à manger, que d’un seul coup, il bouffe de l’herbe et il vénère un arbre et un vieillard. Sans déconner. Elle aurait voulu l’insulter qu’elle n’aurait pas fait mieux. Foutu peuple du ciel qui ne comprend rien et qui ne cherche même pas à comprendre. « Merci de pas m’insulter. Moi Athna, guerrier ». Il ferait presque le paon pour s’afficher comme étant responsable ou même fier. Mais il n’en fait rien parce que ce n’est pas son genre. En parallèle, cependant… Hors de question pour lui de la laisser se tromper de la sorte.
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06/12/2015 Lux Aeterna 28302 Sophia Bush Avengedinchains (vava) ; Oreste (image profil); Lux Aeterna (sign & gifs & fiche rp) ancienne militaire - lieutenant, stratège, garde et patrouilleuse. Quelques notions de médecine et bases en maniement des armes. 309


Sujet: Re: {{ Hunger of the pines {Elias ♥}
Mar 7 Fév - 19:12



❝ Hunger of the pines ❞
Murphy Cavendish & Elias Caroll
(20 décembre 2116)


Murphy savait à ce moment précis qu'elle n'avait aucun mérite dans la mort de son prédateur. Son couteau s'était planté dans le pelage de l'animal comme une aiguille d'acupuncture, sans doute désagréable mais surtout totalement inutile. La bête avait laissé un fin filet de sang dans son sillage mais sa tenacité était toujours aussi mordante. Il avait fallu l'intervention d'un tierce parti pour la sortir du guet-apens dans lequel elle s'était fourrée en s'accrocher à cet arbre sans arriver à monter au dessus du mètre qu'elle venait de franchir. Le soulagement avait laissé place à une satisfaction dont elle ne se cachait pas une seule seconde. L'inconnu ne pouvait s'empêcher de rester dubitatif face à ce qui paraissait être une autocongratulation plus que malvenue, mais Murphy savait parfaitement que sans lui, elle ne serait peut-être déjà plus de ce monde -ou au mieux, en train de puiser tout son courage pour gravir quelques mètres de plus dans son arbre enneigé. Des coups de pieds à la carcasse, un bras d'honneur; un peu de plus et elle lui aurait craché dessus. Le Terrien, pour autant, ne cessait de vouloir faire comprendre qu'il était le seul responsable de ce cadavre qu'ils dominaient à présent ensemble. « Lui méritait mort mais toi pas force » répétait-il alors que le sang de la brune s'échauffait peu à peu. « J'ai bien compris. » Encore un Terrien qui lui répétait à quel point elle n'était pas adapté à ce monde; elle avait bien assez d'Isdès et de la façon qu'il avait de la considérer comme une enfant qui devait encore tout apprendre. Elle le savait, tout ça, qu'elle n'était pas d'ici et qu'elle ne serait sans doute jamais aussi agile qu'eux tous face à cette nature qu'ils côtoyaient depuis toujours. Elle le savait que ces animaux l'impressionneraient encore pendant un bon moment avant qu'elle n'ose leur faire face. Elle savait que ce monde n'avait pas besoin d'elle et qu'il se moquait bien de ce qui pouvait lui arriver. Elle croyait parfois à sa bonne étoile et s'imaginait alors que sa mère veillait sur elle, quelque part de ces cieux qu'elles avaient tant observés ensemble, mais Murphy savait qu'il ne s'agissait en réalité que de deux paramètres : de ses capacités à apprendre, mais aussi et peut-être surtout de ce hasard monstrueux qui décidait, à lui tout seul, de qui ou de quoi elle allait pouvoir croiser le chemin à chacune de ses patrouilles ou de ses expéditions. Le simple fait qu'elle ne connaisse pas ou plus le nom de l'animal qui avait failli la charcuter révélait à lui tout seul toute l'impuissance qu'elle ressentait encore face à cette nature déchaînée.

L'homme, pourtant, ne la regardait pas comme Isdès. Il semblait indifférent à tout ce qu'elle pouvait dire ou faire, parce qu'il avait les faits de son côté et c'était tout ce qui paraissait lui importer. Il lui proposait de récupérer ce qu'elle voulait sur la carcasse, au point même où la brune ne put s'empêcher de se méfier de ses intentions. Il l'avait sauvée, mais sa générosité semblait à présent sans limite, et s'il y avait bien une chose dont elle avait appris à se méfier, c'était des scénarios édulcorés, bien trop beaux pour être vrais. Elle imaginait le pire là où d'autres pouvaient voir le meilleur. L'inconnu pouvait très bien l'avoir sauvée pour l'amadouer. Pourtant, encore une fois, il paraissait aussi indifférent à la proposition qu'il venait de lui faire qu'à ces remarques qu'il avait eues un peu plus tôt. Murphy ignora le cadeau qu'il semblait prêt à lui faire, un peu sonnée, et reporta son attention sur ce couteau qu'elle cherchait désespérément. C'était ce dont elle avait besoin en priorité. Elle avait besoin de ses deux poignards, aussi pathétiques étaient-ils, pour se sentir rassurée. Elle suppliait presque l'homme comme une gamine apeurée, mais sans son couteau, elle se sentait aussi plus vulnérable, presque nue face à cet homme dont elle ne savait rien. Pourtant, celui-ci, silencieusement, finit par céder à ses suppliques en poussant la carcasse, juste à temps d'ailleurs pour l'empêcher de gratter dans la neige. Elle n'attendit pas une seconde de plus et posa à son tour ses mains sur le pelage encore chaud de la bête pour aider le Terrien à la faire rouler sur le dos. Le barbu était bien plus fort qu'elle, c'était indéniable, mais à eux deux et non sans efforts, ils réussirent faire retomber lourdement la carcasse sur le dos. L'ancien emplacement de l'animal était couvert d'un sang encore chaud qui avait fait fondre quelques centimètres de neige, et les deux survivants étaient couverts ça et là de taches d'hémoglobine. Essoufflée par l'effort, la brune tendit faiblement le bras vers son couteau, qui, sous le poids de la bête, s'était profondément enfoncée dans la chair. « Toi avoir récupéré arme. Et non, moi pas intéressé par animal. Moi avoir tout ce qu’il me faut » lâcha le Terrien alors que, à nouveau agenouillée dans la neige, elle attrapait pour de bon son poignard, qu'elle rangea aussitôt contre sa cuisse, là où elle appartenait. Elle sourit, ne pouvant s'empêcher de constater l'accumulation de gestes charitables dont faisait preuve le natif. « Merci !! » Elle lui donna une brève tape chaleureuse sur l'épaule et se releva pour constater l'étendue des dégâts sur ses vêtements. « Vous pouvez m'aider à la dépecer ? » demanda-t-elle en s'essuyant le front, réalisant subitement qu'elle n'aurait pas de quoi ramener autant de vivres au campement -et c'était bien la première fois que ça lui arrivait. Quoiqu'elle n'était probablement pas si loin du camp, et la neige suffirait peut-être à conserver la viande le temps qu'elle revienne avec de nouveaux bras.

Quelle idée eut-elle de vouloir en apprendre davantage sur son interlocuteur. Outré par sa simple question, il le lui fit aussitôt comprendre. « Merci de pas m’insulter. Moi Athna, guerrier. » Murphy le fixait, le regard plissé, non sans que ses idées ne se soient perdues du côté d'un autre Athna qui s'était présenté à elle de la même manière. « Vous aimez pas les Naoris ? » pouffa-t-elle comme s'ils étaient en pleine séance de potins dans une cour de récréation. « Tu es des montagnes, alors ? » demanda-t-elle sans oser faire référence à Isdès, sans doute par peur de le mettre dans l'embarras, mais probablement encore plus parce qu'elle préférait nier tout ce qui lui était lié. « Alors, il fait froid, là-haut, en ce moment ? » Elle dégaina son couteau en faisant le tour de l'animal mort pour arriver à son entrejambe. Il fallait qu'ils commencent quelque part, et elle préférait se rassurer en parlant météo. « Et t'as un nom ? » Elle s'accroupit et resta dubitative face à la taille de la carcasse. Elle n'était pas une chasseuse, bordel, et les lapins qu'elle savait dépecer étaient déjà bien assez.

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Sujet: Re: {{ Hunger of the pines {Elias ♥}
Mar 28 Fév - 23:02



HUNGER OF THE PINES
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« J'ai bien compris. ». Elle s’énerve et lui, il se permet de trouver ça drôle. Il n’est pas comme les autres. Elias, il ne fait pas attention aux songes des gens, il ne s’attarde pas sur leurs façons de se tenir ou de bouger, ni même sur leurs façons de parler. Il s’en fout pas mal. Les choses viennent comme elles viennent et il ne change pas d’avis. Elle ne le prend pas bien ? Que pourrait-il lui dire ? Devrait-il s’excuser ? Et pourquoi donc ? Disons que pour lui, ça n’aurait pas vraiment de sens. Elle n’est pas assez forte pour tuer un ours. Il ne se mettra certainement pas à dire le contraire. Il ne met jamais en doute la puissance des femmes. Il y a des guerrières réputées et très respectables. Mais là, il se demande juste si elle a au moins essayé de faire quelque chose. Et il n’en est pas convaincu. En tout cas, il n’ajoute rien, parce que ça ne servirait à rien. Il n’est pas forcément nécessaire de répéter en boucle aux débarqués qu’ils n’ont pas les capacités pour vivre ici. Surtout que lorsqu’on y réfléchit un peu, ils ont sûrement quelques capacités que eux, ils n’ont pas. Elles sont juste difficiles à repérer parce que la planète ne les y aide pas. Lui, disons qu’il n’a pas une très haute estime d’eux, et que ça ne joue pas en leurs faveurs. S’il était en mesure de parler correctement et de trouver les mots pour chaque situation, les choses seraient sans doute différentes. Mais ce n’est pas toujours si simple et pour le coup, il va à l’essentiel, il ne s’attarde pas et il estime que c’est plus simple comme ça.

Il finit par enfin faire le nécessaire pour qu’elle puisse enfin récupérer cette arme qu’elle semble tant réclamer. Il l’observe, alors qu’elle la saisit au creux de sa main et il en vient sincèrement à se demander Il l’observe, alors qu’elle la saisit au creux de sa main et il en vient sincèrement à se demander ce qu’elle peut trouver à une arme aussi minable. Une lame plus grande aurait été une grande réussite. Mais il n’est pas là pour juger et il se contente donc d’observer de loin, si on peut le dire comme ça. De toute manière, il s’en fout. Qu’elle se défende avec ce qu’elle veut, il ne risque pas de s’en formaliser parce qu’il n’y voit pas un réel intérêt. « Merci !! ». C’est qu’en plus, elle semble véritablement contente. Il ne sait même pas comment réagir à sa petite tape sur son épaule. Il est supposé réagir d’une quelconque manière ? Lui rendre le coup ? S’il le fait, ça ne risque pas de lui plaire. Mais est-ce sa coutume ? S’il ne le fait pas, il va la blesser ou la vexer ? Il choisit de ne pas bouger, pourtant, parce qu’il ne faudrait pas non plus qu’il lui déboîte l’épaule. Et elle paraît vraiment faiblarde et molle. Faut l’avouer. Mais il ne le dit pas à voix haute parce qu’il risque de heurter son égo et elle ne semble pas être friande de ce genre de remarque. Il est plutôt tenté de rentrer chez lui, pour le coup. Partir c’est plus simple. Sauf que. « Vous pouvez m'aider à la dépecer ? ». Sa mâchoire se serre alors qu’il la fixe, un instant. Finalement, il semble qu’il ne soit pas en mesure de partir, en mesure de disparaître. Et puis il ne va pas la laisser juste comme ça. Non pas parce qu’il se sent d’humeur serviable. Plutôt parce qu’il est absolument hors de question de gâcher une telle viande, même si ce n’est pas lui qui en profite. « Moi pouvoir. Sinon, viande gâchée ». Et qu’elle s’en formalise si elle en a envie. Parce qu’il n’est pas certain qu’elle soit en mesure de faire ce qu’il faut, en fin de compte. Déjà, il va clairement falloir la vider de son sang.

Sauf que c’est là qu’elle se met à lui demander s’il vient de la tribu des mangeurs d’herbes. Et bien sûr, il met fin à sa façon de parler ou de se comporter et à plein d’autres choses encore. Il n’y a rien de pire que de prendre un homme de la montagne pour un Naori. Qu’il ait un problème avec eux ou non, ça ne change absolument rien. « Vous aimez pas les Naoris ? ». Il n’est pas vraiment question d’apprécier ou de ne pas apprécier cette tribu. Mais il y a un pas quant à le prendre pour l’un d’eux. Ils ne sont absolument pas de la même équipe. Pas la même mentalité ou le même rythme de vie. Il s’en fout en réalité, de ces pacifiques inutiles. Non, il ne risque pas de leurs accorder une réelle attention. Il les trouve sans intérêt, en réalité. « Eux faibles ». Est-ce qu’il est vraiment nécessaire d’aller plus loin ou de faire un pavé d’explication approximative ? Non, pas vraiment. Ils ne sont pas utiles, voilà tout. Est-ce que de ce fait, il a vraiment intérêt de chercher plus loin ? Non. Pourtant, faible, ce n’est même pas assez fort pour les décrire. Disons plutôt qu’il ne trouve pas utile de mettre des mots sur ce qu’il peut bien penser d’eux. Ils n’en valent pas la peine quoi. « Peuple de paix. Eux aider vous, non ? ». Il n’en doute même pas.

« Tu es des montagnes, alors ? ». C’est qu’elle vise bien, finalement. Il ne sait pas trop quoi en penser. Est-elle en train de faire une tentative approximative ? Ou est-ce qu’elle vise exprès parce qu’elle les voit tous comme ça ? Parce que c’est tout aussi possible que ça. Elle a peut-être déjà croisé des Athnas. Et dans ce cas, de qui s’agirait-il ? Elle est un peu particulière, comme femme. Un peu étrange, un peu dans son genre, disons. « Oui montagne. Toi connaître quelqu’un de montagne ? ». Il l’observe, tentant de percevoir une quelconque réaction de sa part, ou au moins, attendant une réponse de sa part. La curiosité ? Peut-être que c’est un peu ça, mais pas vraiment non plus. La curiosité ne fait pas partie de ses capacités. Mais il ne risque pas d’aller contre ça. Bordel, encore une fois, il a l’impression de parler comme un parfait crétin. Il faut qu’il améliore son langage et alors, il pourra converser avec n’importe qui sans en avoir honte. « Alors, il fait froid, là-haut, en ce moment ? ». Il lève les yeux au ciel. Il ne prend même pas la peine de lui répondre. Non mais franchement. Quoique, si, il choisit de lui répondre. « Froid partout ». Bah c’est vrai non ? Il fait pas mal froid un peu partout. L’hiver tombe doucement, s’installe lourdement.

« Et t'as un nom ? ». C’est vrai, il ne s’est même pas présenté. « Moi Elias. Toi ? ». Mais il n’est pas uniquement temps de se présenter. Il faut aussi se bouger pour la carcasse qui risque de sécher et de voir sa viande pourrir inutilement. Tant qu’il y a encore un peu de sang, ça devrait aller mais ce n’est absolument pas une raison. Il n’aime pas laisser traîner les choses. Même si ça prend du temps et que l’aide de la fille est bancale, il finit par réussir à suspendre la bête pour la vider de son sang. Il se sert même de son couteau pour l’égorger. Et le sang s’écoule rapidement. « Toi va vomir ? ». Cette fois, il la taquine, c’est vrai.


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Sujet: Re: {{ Hunger of the pines {Elias ♥}
Mer 1 Mar - 2:04



❝ Hunger of the pines ❞
Murphy Cavendish & Elias Caroll
(20 décembre 2116)


L'homme qui se tenait devant Murphy venait de lui sauver la vie, et c'était tout ce qu'elle avait besoin de savoir pour ne pas s'en méfier comme de la peste. Elle ne lui faisait pas confiance aveuglément pour autant, mais elle savait que son objectif premier n'était probablement pas de la tuer, et cette simple constatation la rassurait pour les minutes à venir. Il posait sur elle un regard presque indifférent, comme s'il se moquait de tout ce qu'elle pourrait lui dire parce qu'elle n'était pas digne d'intérêt. Entre ce regard-là et celui que lui avait porté le premier homme des montagnes qu'elle avait rencontré, Murphy ne savait pas lequel était le moins désagréable. Il affirmait les vérités d'un ton détaché au point d'en paraître insensible. Finalement, se fit-elle intérieurement la remarque, elle préférait encore le dédain qu'avait déversé Isdès à son encontre. Elle préférait susciter quelque chose que rien du tout, ou, pire que rien du tout, la simplicité des vérités glaçantes.

Pour le moment, en tout cas, l'inconnu était rangé parmi ses alliés. Pour combien de temps, elle n'en avait aucune idée. Il suffisait d'une variable pour que change toute la donne. En attendant, il lui avait permis de récupérer la moitié de ses piètres armes, et son soulagement fut tel qu'elle tenta une approche physique en lui tapant amicale le bras. Elle croisa son regard une seconde et regretta presque aussitôt son geste. Il la toisait, impassible, silencieux, et elle finit par reporter son attention sur sa parka tachée par l'hémoglobine. Elle allait en chier, à laver tout ça, et surtout, tant que le sang ne serait pas sec, elle risquait d'en foutre partout. Elle fixa un instant ses mains, elles-mêmes rougies par le sang, et finit par les enfoncer dans la neige dans laquelle elle était agenouillée. La sensation de froid lui brûla la peau pendant une fraction de seconde et la douleur s'en alla titiller jusque ses coudes, le temps qu'elle frotte ses mains entre elles pour les nettoyer et, peut-être même surtout, les réchauffer. Et puis il y eut la question de trop, celle qui lui attira un regard embrumé soit par l'indécision, soit par l'affront. Elle avait besoin de lui, pourtant, et lui devait parfaitement s'en douter. Elle savait s'occuper de petites bêtes, notamment de lapins, mais des gros prédateurs comme ceux-là étaient hors de ses compétences. Et il représentait une telle source à la fois de viande et de fourrure qu'elle ne pouvait pas se permettre de prendre le risque de foirer la manœuvre. Si elle avait été confrontée à une telle situation seule, elle aurait probablement réussi à adapter ses techniques à l'échelle de l'animal, mais rien n'aurait été fait sans maladresse et elle aurait risqué, par l'hésitation et la lenteur de ses gestes, de laisser la viande se perdre -mais rendons-nous à l'évidence, Murphy n'aurait jamais été dans cette situation seule. Elle face à un animal de cette carrure la donnait toujours, comme résultat ultime, malheureuse perdante. Même dans le froid, ils n'avaient que peu de temps avant que le cadavre animal n'entame les premières étapes de sa décomposition. Dès lors que le processus aurait commencé, tout serait perdu pour quiconque aurait eu des vues sur le trésor que représentait le cadavre. « Moi pouvoir. Sinon, viande gâchée » finit-il par lui accorder, non sans provoquer un haussement de sourcils chez la brunette. « Non mais dites donc, je sais que vous m'avez sauvé le cul, mais arrêtez de prétendre que ça fait de vous un surhomme et moi une crétine » pesta-t-elle en se redressant, les mains sur les hanches comme si elle engueulait un gamin, le regard rivé vers le barbu qui se moquerait très probablement autant de ses remarques que tout ce qu'elle avait pu dire jusqu'à présent.

Pour autant, elle n'oubliait pas qu'elle avait besoin de lui. Elle lui était déjà redevable pour sa vie et les ressources qu'il était prêt à lui céder, maintenant s'ajouterait à ça l'aide qu'il lui apporterait pour récupérer tout ça. Murphy n'en était pas ravie, mais elle ne pouvait pas cracher sur une telle offre en matière de viande. Avec l'hiver qui s'installait avec de plus en plus de conviction, les denrées alimentaires commenceraient bien assez tôt à leur manquer. Elle garderait la fourrure pour elle, par contre -un peu d'égoïsme ne faisait jamais de mal de temps en temps. Faire la conversation, ce n'était pas son truc, mais étrangement, c'était une de ces situations qui ne semblaient que trop s'adapter à ce genre de bavardages. Le silence qu'il gardait et les mots qu'il semblait compter l'inquiétaient un peu, elle devait l'admettre. Elle avait toujours préféré quelqu'un qui s'exprimait trop, autant par les mots et les gestes que les micro-expressions, que quelqu'un qui restait impassible et dont les pensées restaient de longs mystères indéchiffrables. Elle avait longtemps considéré Skylar comme faisant partie de la seconde catégorie, et s'il y avait bien une chose qu'il lui avait apprise, c'était que ce genre de caractères ne méritait pas forcément toute l'inquiétude et les questions qu'il éveillait.

Les Naoris, faibles ? Sans eux, ils ne seraient plus là. Pour autant qu'elle sache, les Naoris étaient les seuls à leur être venu en aide. Pour elle, ils représentaient les seuls Terriens dignes d'une confiance presque aveugle. « C'est mal, d'être un peuple de paix ? Si la faiblesse c'est penser à son prochain, alors je préfère aussi être faible » lâcha-t-elle en osant le toiser pour la première fois, la lèvre un peu retroussée par le jugement qu'elle lui portait à cet instant précis. En quoi la recherche de la paix et du partage pouvait être répugnante au point de provoquer un tel dédain chez l'inconnu ? Les combats étaient parfois nécessaires, mais elle n'était pas militaire parce qu'elle croyait que tout était mieux résolu par la violence. Elle l'était car, au contraire, elle croyait que la paix et la tranquillité étaient un objectif que tous devaient tendre à rejoindre. Il y aurait toujours des accidents et des écarts, mais le but ultime n'était-il donc pas de vivre sa vie dans la quiétude pour transmettre ses valeurs aux générations suivantes ? Voilà quels devraient être leurs objectifs, pensait-elle. Car la guerre était ce qui avait détruit leurs ancêtres à tous et surtout, leur monde. Ils devraient apprendre de ces erreurs plutôt que s'évertuer à les répéter.

Oui, il était bien des montagnes. Il était bien du peuple d'Isdès, de ceux qui se croient supérieurs aux hommes du ciel et se prônent guerrier envers et contre tous. Mais la question de l'homme la figea un instant. Elle n'était pas sûr de vouloir y répondre, parce qu'elle ne voulait pas mettre Isdès dans un inconfort quelconque. « Peut-être » lui accorda-t-elle finalement, les joues un peu rosies par les idées. Elle s'était trahie toute seule en associant la tribu de l'inconnu aux montagnes. La meilleure façon de feinter ? La météo. Ça passait à toutes les sauces, ça. Il leva au ciel en répondant un peu sèchement. La patrouilleuse ne le blâma pas pour autant. Elle ne connaissait pas les montagnes. Elle les imaginait bien plus enneigée que sa forêt, mais le pouvoir de l'imagination pouvait de loin dépasser les réalités.

L'heure des présentations avait sonné. Elias, donc. Elle se reteint de dégainer son arme de Pamplemousse à un autre homme des montagnes. Ils avaient l'air de prendre ce genre d'affront tellement au sérieux qu'elle ne serait probablement pas épargnée deux fois. « Murphy », dit-elle simplement.

De quelques regards, ils se mirent d'accord sur la procédure à adopter. Elias dicta quelques consignes pour les diriger, et la bête fut bientôt suspendue par les pattes arrières à l'arbre sur lequel elle avait tenté de monter un peu plus tôt. La brune regarda le sang tomber dans la neige en la faisant fondre, raide comme un piquet face à la scène. « Et toi ? », lui répondit-elle avec les sourcils froncés lorsqu'il lui demanda si elle allait vomir. Elle n'était pas sensible à ce point, elle s'était déjà occupée de lapins avec Cassandre et elle y était même presque habituée, mais c'était sans compter sur la suite du processus. Une fois que les gouttes de sang ne tombèrent plus qu'une à une à terre, ils s'occupèrent de la peau. Ils coupèrent une large entaille sur la partie ventrale de la bête et s'occupèrent chacun de la découper d'un côté différent. Récupérer la fourrure leur prit plus d'une heure; peut-être même deux heures. Le temps était long dans le silence et surtout dans le froid. Elle demandait parfois conseil à Elias et ils s'arrêtèrent à une ou deux reprises pour reprendre quelques forces et reposer leurs bras. L'animal était immense et il fallait soit s'agenouiller dans la neige ensanglantée, soit lever les bras et se mettre sur la pointe des pieds pour accéder aux pattes arrières. Murphy s'était trop habituée à l'odeur pour la sentir, même sur elle. C'est elle qui arracha le dernier morceau de fourrure encore attaché à la graisse, et elle jeta le trophée dans la neige pour le recouvrir d'une fine couche fraîche et la protéger tant que possible. C'était sa manière de stériliser cette fourrure qui, elle l'espérait, lui servirait bientôt soit de couverture, soit de manteau. Lorsqu'elle se redressa, Elias s'occupait de quelque chose à l'arrière de l'animal. Il réapparût devant la face ventrale de l'animal en jetant quelque chose par terre. « C'est quoi ? » demanda Murphy en se rapprochant et en étudiant l'animal. Elias avait déjà enfoncé son couteau dans le sternum de la bête et remontait jusqu'à l'aine. Elle le regarda faire, un peu impuissante, et elle eut un mouvement de recul réflexe en voyant quelques organes commencer à glisser à l'extérieur. Une odeur infecte s'échappait de la bête et elle retint un haut-le-cœur. C'était bien différent de ces pauvres lapins dont elle s'était occupée avec Antarès et Cassandre. La main recouvrant son nez et sa bouche, elle se rapprocha un peu du Terrien qui ne bougeait plus, fixant la bête et observant la gravité en plein travail.

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Sujet: Re: {{ Hunger of the pines {Elias ♥}
Dim 12 Mar - 17:45

» Hunger of the pines
« Non mais dites donc, je sais que vous m'avez sauvé le cul, mais arrêtez de prétendre que ça fait de vous un surhomme et moi une crétine ». Oui en effet, il ne lui fait pas vraiment confiance. Et disons, il met grandement en doute ses capacités. Il ne dit pas que la viande sera gâché s’il ne fait rien, pourtant. C’est la déformation de ses mots parce qu’il ne les manie pas très bien et qu’il fout un peu le bordel au creux de son esprit. Il ne comprend pas toujours tout et en général, il ne cherche pas vraiment à saisir ce qui se passe. Mais… Il faut bien y parvenir, surtout lorsqu’il est à ce point impossible de faire le point. Ses mots ne sont pas les bons ? Très bien. Mais on ne peut pas vraiment revenir en arrière. De toute manière, il ne voit pas non plus ce qu’il pourrait dire de plus. Si elle ne sait pas s’y prendre et qu’elle fait les choses de la mauvaise manière, la carcasse sera quand même gâché. Et il ne voit pas en quoi ce serait bien. Une telle bête, c’est franchement rare, et il faut faire le nécessaire pour en conserver la viande et la peau. Une peau d’ours peut protéger du froid plusieurs personnes. En fait, quand elle lui demande son aide, il n’a pas l’impression qu’elle va aider, elle-même. N’est-elle pas plutôt en train de lui demander de le faire ? Il aimerait bien la voir pratiquer, tiens, voir comment elle s’y prendrait, si sa technique serait la bonne ou si ce serait une catastrophe. Si c’est mal fait, ou qu’on attend trop longtemps, la viande finit par tourner et ce n’est pas vraiment mieux. « Toi prétendre avoir déjà fait ? ». Il la fixe, curieux de ce qu’elle pourrait bien lui dire. Il est persuadé que ce n’est vraiment jamais arrivé et qu’elle aurait deux mains gauches, s’il la laissait faire. Il faut que le peuple du ciel arrête d’imaginer qu’en arrivant aussi simplement, ils seront vraiment en mesure de tout faire, d’un claquement de doigts. Ce n’est absolument pas comme ça que ça fonctionne. Il faut apprendre à faire les choses. Mais eux, ils veulent que ça leurs tombent simplement dessus, que ce soit… Magique ou facile. Alors il croise les bras, et il attend une réponse. Mais pas longtemps parce que la fraîcheur n’attend pas. De toute manière, elle peut bien prétendre le contraire autant qu’elle le désire, il sait qu’elle a besoin d’elle. C’est aussi pour cette raison qu’elle n’a pas fait le moindre pas vers l’animal mort. Dans un autre cas, si elle avait su ce qu’elle faisait, sans doute aurait-elle pris l’initiative de préparer la bête.

Et voilà que l’instant d’après, la jeune femme se met à lui demander s’il est Naori. De mieux en mieux, tiens. Il n’apprécie absolument pas qu’on puisse imaginer qu’il soit de cette tribu de poules mouillées. Il ne le supporte pas, il les trouve sans intérêt ? Gentils ? Oui, ils le sont, et il est difficile d’imaginer les choses différemment. Pour autant, ce n’est pas suffisant. Alors oui, il les trouve faibles. Le fait qu’il s’agisse d’un peuple de paix ne fait pas tout mais il est vrai que ça constitue un point relativement important quand même. Et il n’y a pas grand-chose à y faire de plus. C’est un peu compliqué, c’est vrai, mais il faut quand même faire avec, que cela nous plaise ou non. « C'est mal, d'être un peuple de paix ? Si la faiblesse c'est penser à son prochain, alors je préfère aussi être faible ». Il lève les yeux au ciel. Bien sûr qu’elle va défendre le peuple de la forêt. Il les aide. Mais lui, il n’éprouve pas le moindre intérêt à bien parler d’eux. Et ce n’est sans doute pas franchement prêt de changer. C’est d’ailleurs mieux comme ça, quand on y réfléchit. Parce que là, pour le coup… Il n’a vraiment pas envie de réfléchir plus que nécessaire. Tout est déjà bien trop complexe pour qu’il cherche plus loin. Il soupire parce que franchement, il n’a absolument pas envie de débattre à ce sujet. « Eux stupides. C’est tout. Toi pas là depuis assez longtemps pour savoir. ». Et de toute manière, elle peut bien dire ce qu’elle veut, ça ne change absolument rien. Il ne les apprécie pas, et si elle ne partage pas son avis… Tant pis hein ? Ce n’est absolument pas ce qu’il lui demande. De toute manière, il n’est pas du genre à partager son avis sur tout et n’importe quoi. En général, il fait attention, si on peut le dire comme ça. Il dit bien ce qu’il veut. Pays libre, langage libre. Il fait déjà l’effort de parler sa langue… C’est déjà bien, n’est-ce pas ?

Elle questionne sur la montagne, il en fait de même. Si elle en parle, c’est qu’elle y connaît quelqu’un ? De qui pourrait-il être question ? Il l’observe, alors qu’il attend une réponse de sa part. « Peut-être ». Elle élude mais il n’a aucun doute sur le sujet. Elle a rencontré quelqu’un de la montagne et le mystère reste sur le fait qu’elle ne semble pas vouloir en parler. Si ça s’était mal passé, sans doute aurait-il remarqué sa gêne quant à l’évocation qu’il vient de là-bas. Et il y a cette couleur sur ses joues. Un véritable mystère. « Qui ? ». Il n’ajoute rien de plus. Mais il reste surtout persuade qu’elle ne répondra pas. Elle semble vouloir conserver ça pour elle, pour une raison qui lui échappe. Mais elle vient du ciel, elle est déjà étrange pour lui.

« Murphy ». Elle se présente à son tour et il se dit que ça fait un peu prénom pour garçon. Que c’est bizarre, chez une fille. En même temps, il se dit que ce n’est pas vraiment à lui d’en juger mais ça reste relativement marrant. Mais bon, de toute manière, c’est qu’un détail, un nom. Ca ne confectionne pas la personnalité qu’on trouve derrière.

Il lui demande si elle va mourir et dans le fond, ça n’a rien de vraiment étrange comme demande. La pratique est particulière et ça n’a absolument rien de très plaisant, quand on y réfléchit. Après, pour autant, Elias ne cache pas qu’il n’a jamais vomi face à ça. Et aujourd’hui, il a très clairement pris l’habitude. « Et toi ? ». Il la fixe un instant, se demandant si elle est vraiment en train de penser que ça pourrait le rendre malade. Elle n’a encore rien vu, en plus de ça.

Il fait sa part, la partie agaçante, chiante et dégueulasse. Il grimace, au moment de tout arracher et le jette un peu plus loin. Pas la peine de s’y pencher un peu plus. C’est déjà bien assez chiant comme ça, c’est sûr, même. Là pour le coup, alors que ses mains sont couvertes de sang, il se sent bien. Le sang, la mort… C’est son domaine et personne ne pourra être susceptible d’en douter. « C'est quoi ? ». Un sourire en coin se dessine sur les lèvres de l’homme alors qu’il se tourney vers elle. Sûr qu’elle ne veut pas vomir ? « Sexe ». Il reprend là où il en était, alors que le sang s’écoule. Il fait alors une longue entaille et tout, les intestins et les organes, viennent à s’écraser sur le sol sans qu’il n’ait besoin de trop insister. L’odeur ? Bien dégueu. Mais il faut faire avec. Et si l’animal n’est pas vidé, ils n’avanceront pas.

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notes » w/ Murphy, en forêt, 20/12/2116

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06/12/2015 Lux Aeterna 28302 Sophia Bush Avengedinchains (vava) ; Oreste (image profil); Lux Aeterna (sign & gifs & fiche rp) ancienne militaire - lieutenant, stratège, garde et patrouilleuse. Quelques notions de médecine et bases en maniement des armes. 309


Sujet: Re: {{ Hunger of the pines {Elias ♥}
Mar 14 Mar - 3:07



❝ Hunger of the pines ❞
Murphy Cavendish & Elias Caroll
(20 décembre 2116)


Il n'y avait plus de temps à perdre. Chaque minute de passée rapprochait la viande à leurs pieds d'un état de décomposition qui la rendrait inexploitable. Et ils étaient, chacun à leurs manières, à savoir que lorsqu'il s'agissait de survie, rien ne se perdait -et tout se transformait. Une bête abattue, même par défense ou par mégarde, restait à priori une bête consommable. Celle qui s'étendait, inanimée, à leurs pieds, semblait être une source presque intarissable de viande tant son envergure dépassait celles des deux humains. Murphy n'avait jamais rêvé ramener autant de viande aux siens, et la perspective même de devoir transporter un tel poids jusqu'au campement la faisait blêmir. Mais à chaque instant suffisait sa peine. Il y avait une priorité qui dépassait à présent tout le reste : celui de ne pas laisser perdre le cadeau qui venait de lui être fait et par le hasard, et par le Terrien qui l'observait, impassible, appréhender la situation qui était la leur. Elle ne le craignait pas parce que, pour des raisons qui lui échappaient probablement encore un peu, elle le savait embarqué dans la même galère qu'elle. C'était lui qui avait abattu la bête, déjà, mais c'était aussi lui qui lui avait cédé tout ce que pouvait offrir le cadavre, viande et fourrure. Elle avait été tellement surprise qu'elle se retrouvait à présent confrontée à son incapacité à gérer la situation avec aplomb et sérénité. Cette bête-là n'avait rien à voir avec les lapins que lui ramenait Antarès et qu'elle découpait avec Cassandre, mais face au Terrien, elle préférait prétendre qu'elle n'était pas totalement ignorante en la matière -question de fierté, sans doute, car son regard était cru et qu'elle pouvait y lire toutes les observations qu'il faisait d'elle. « Oui, moi avoir déjà fait », grogna-t-elle, un brin courroucée, sans remarquer directement qu'elle avait moqué son anglais. Elle se racla la gorge, un peu penaude, réalisant que la communication n'était possible entre eux que parce qu'il se donnait la peine de parler anglais. Si elle avait du s'essayer au Trigedasleng, ils en seraient sans aucun doute restés aux politesses les plus banales. « Mais pas sur ce genre de bêtes », dut-elle pourtant admettre pour justifier ses gestes à venir qui, elle le savait, n'auraient rien de très glorieux ou fiers. « Ça s'appelle comment, au fait ? » demanda-t-elle finalement, un peu timidement, en désignant l'animal étendu à leurs pieds. Elle ne confondait plus les poissons et les oiseaux, mais pour ce qui s'agissait de mammifères qu'elle côtoyait moins, le mystère demeurait. Cette bête ressemblait drôlement à celle qu'elle avait suivie l'hiver précédent et, sans le savoir, avec Paco et Chris. Mais de là à remettre un nom dessus... Elle remarquait juste que celui-là n'aurait fait qu'une bouchée d'elle, là où la bête qu'elle avait essayé d'apprivoiser avec le Naori et le rebelle avait été en position de soumission, dépendant sans conteste de ce qu'ils auraient pu décider de faire d'elle.

Et les Naoris, d'ailleurs, Murphy l'avait bien compris, l'Athna ne les portait pas dans son cœur. Elle se demandait si c'était là le cas de tous les Hommes des montagnes, si les deux tribus se portaient un grief dont elle ne serait pas au courant. Elle répondit à Elias en fronçant les sourcils, surprises de ses assertions. Murphy n'était peut-être pas totalement objective puisqu'ils étaient les premiers Terriens qu'elle avait côtoyés, mais aussi ceux grâce auxquels elle et les siens étaient encore en vie aujourd'hui. Pourtant, elle n'arrivait pas à la considérait autrement que comme un peuple bienveillant et malin. Elle se demandait parfois ce qui pouvait séparer les tribus terriennes à ce point; si c'était le simple fait de l'histoire ou s'ils avaient encore des revendications diamétralement opposées qui les empêchaient de se retrouver pour de bon. Ce monde-ci lui semblait parfois bien compliqué. Là-haut, dans leur capsule aseptisée, ils étaient forcés à l'unité, pour le meilleur et pour le pire, mais ils savaient tous plus ou moins qu'ils dépendaient les uns des autres. Ici, les choses avaient évolué bien différemment. Un Athna serviable comme semblait à cet instant précis l'être Elias, pouvait être répugné à la simple idée d'être comparé à un Naori. « OK, OK, on calme ses ardeurs, monsieur... » tenta-t-elle de calmer la situation, non sans un petit gloussement, en dressant ses mains devant elle pour montrer qu'elle faisait preuve de bonne foi.

Quant aux Athnas eux-même, Murphy n'était pas prête à trahir ces rencontres presque secrètes qu'elle avait eues avec Isdès. Malgré elle, elle voulait protéger l'homme aux manières rustres, et elle n'avait aucune idée de ce qu'il avait pu dire aux siens. Elle ne savait même pas pourquoi elle l'avait retrouvé deux fois si loin de chez lui en si peu de temps. Les pensées de la brune s'étaient enflammées sous l'impact des souvenirs et la prudence dont elle souhaitait faire preuve pour... pour quoi, d'ailleurs ? C'était un adulte, il n'avait pas besoin de justifier ses escapades, si ? En plus, pour autant qu'elle sache, Elias ne le connaîtrait même pas. Alors, pourquoi s'évertuait-elle à nier avoir fait la connaissance de l'homme des montagnes ? « J'ai dit mebi, pas sha », s'évertuait-elle à nier, utilisant la barrière de la langue pour essayer de faire passer la gêne.

Après quelques politesses -« tu vas vomir ?» ; « et toi ? »-, ils finirent par s'atteler à la mission qui les attendait. Murphy participait autant qu'elle le pouvait, mais des deux, c'était clairement et sans surprise Elias qui menait les manœuvres. Ils marchaient à présent plus dans le sang que dans la neige, et les traits de Murphy étaient tirés par le dégoût sans même qu'elle s'en rende compte. Un haut-le-cœur lui échappa lorsque le Terrien expliqua en un seul mot ce qu'il venait de balancer à terre. Elle était brave, pourtant, mais il ne s'agissait plus de dépecer un petit lapin ou de lui sortir les tripes. Les organes qui tombaient lourdement à leurs pieds semblaient d'une toute autre proportion, et l'odeur suivait le gigantisme du cadavre. Elle dut se retourner pour libérer sa vue du spectacle offert la boucherie et porta sa main à sa bouche, comme pour s'assurer que son repas d'un peu plus tôt resterait tranquillement logé dans son estomac. Il lui fallut quelques instants avant de se rendre compte qu'elle venait de se couvrir le visage de sang et pesta, non sans émettre quelques insultes, avant de se retourner vers l'animal pendu par les pattes arrières et un Terrien plus qu'à l'aise devant la scène. Elle voulait faire bonne figure, la pauvre, et prouvait qu'elle était prête à apprendre, mais il s'avérait que passer de l'échelle des lapins à celle d'un animal pareil aussi subitement, c'était hors de sa portée. Elle se rapprocha à nouveau de la bête et du Terrien, contournant l'arbre qui retenait le cadavre pour à nouveau marcher dans les flaques de sang.

Elle se retourna subitement et de façon incontrôlable pour courir un peu plus loin -le plus loin possible du cadavre sensible aux contaminations-, se laisser tomber à genoux dans une épaisse couche de neige vierge du moindre pas, et vomit toutes ses tripes contre un arbre. Elle resta prostrée quelques instants, une main posée sur l'écorce froide, tentant de reprendre à la fois son calme et son souffle. « C'est rien, c'est une tradition, chez nous... » tenta-t-elle d'éluder peu sérieusement, « quand un animal rend ses organes, on suit le même schéma, par compassion. » Ce n'était pas ses organes qu'elle rendait, bien heureusement, mais le contenu d'un seul d'entre eux, et c'était déjà bien suffisant la concernant. Elle s'essuya la bouche, le regard rivé sur l'arbre contre lequel elle avait rendu son repas, sentant sa main glisser sur sa peau avec une aisance qui lui rappela le sang dont elle était recouverte. Elle préférait encore prétendre que c'était normal et qu'ils n'épiloguent pas sur cet épisode peu glorieux. Décidément, elle semblait donner à chaque Terrien qu'elle croisait l'occasion de confirmer toutes les saloperies qu'ils devaient déjà penser à leur sujet. Quelle honte elle faisait aux siens...

Elle se frotta, un peu fébrile, les mains dans la neige fraîche pour tenter de les nettoyer, et attrapa son sac pour en sortir sa gourde, dont le contenu lui permit de se rincer la bouche.

Quelques longues minutes plus tard, ils s'attelaient au nettoyage de la carcasse à l'aide de neige fondue. Celui-ci fut sommaire, avec les moyens du bord, mais Elias savait s'y prendre et Murphy, quant à elle, restait un peu en retrait en essayant d'observer les gestes de l'Athna et de les retenir. Oh, les petits lapins de Cassandre lui manquaient...

pour Elias, connecte-toi sous ses traits:
 

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Sujet: Re: {{ Hunger of the pines {Elias ♥}
Mer 29 Mar - 17:35

» Hunger of the pines
Qu’est-ce qui définit une bonne personne, hein ? Toi, t’as jamais été foutu de répondre à cette question. Et pourtant, c’est ainsi que Varghause t’a défini, y a quelques temps. Que t’étais quelqu’un de bien, de gentil. C’est pas un truc qu’on oublie quand on a l’habitude de lire la peur dans les yeux des gens. T’es une brute, une personne avec un trouble de la colère. Violent, destructeur. Rares sont les compliments. « On a peur de toi, mais surtout peur de ce que tu pourrais faire ». Un murmure qu’il a entendu une fois. Une parole sortie de la bouche de Moïra, elle-même. T’as tout fait pour oublier mais t’en as jamais été capable. Si elle riait, toi, t’as toujours pensé que c’était réel. Que dans le fond, malgré tout l’amour qu’elle te portait, elle avait peur de toi. Et pourquoi ce ne serait pas le cas hein ? T’es pas une victime, t’es une bête sauvage. Tu fais le gars calme mais il suffirait d’une minuscule étincelle. Toute petite, pour que tu détruises tout. T’as failli tout péter quand elles sont parties. T’as mis du temps à réparer tout ce que t’as déglingué chez toi. T’es juste brisé en vrai. Anéanti et t’as l’impression que tu vas jamais te relever.

Le pire, c’est que t’attends qu’une chose : crever. T’es juste pas capable de te buter toi-même. T’es débile au point de pas tenir à ta vie mais tu te dis qu’elle ne voudrait pas que t’en finisse dans ton coin. Sauf qu’elle est plus là. Et que toi, tu sais plus comment agir. Tu sais pourtant que cette fille du ciel ne va pas t’enflammer. Qu’elle ne parviendra pas à te pousser à bout. Elle te fait quand même un peu rire. Un peu. Intérieurement… T’as pas ri depuis combien de temps, Elias ? Est-ce qu’au moins, tu t’en souviens ?

Quand tu lui demandes si elle l’a déjà fait, tu ne parles pas vraiment d’un lapin ou d’une petite bestiole. Disons que ça n’aurait pas franchement de sens, que tout ceci serait parfaitement ridicule. C’est un fait. Là, il s’agit d’un putain d’ours, d’une créature relativement grande et si on n’a pas la bonne carrure, il est impossible de faire ce qu’il faut. Ou en tout cas, c’est ce que toi, tu penses et sans toi, elle serait probablement déjà morte. Cette fille, elle se surestime, visiblement. « Oui, moi avoir déjà fait ». Tu lèves les yeux, tu tournes le regard vers elle. Son ton de voix, sa manière de se racler la gorge et de s’irriter à cause des choses que tu peux dire. Toi, t’as pas envie de te prendre la tête mais t’avoue bien volontiers que ça te fait rire, malgré tout. Mais ouais, tu crois pas une seule seconde qu’elle ait déjà fait ça. « Mais pas sur ce genre de bêtes ». La preuve, du coup. Mais tu n’en doutais pas. Tu ne jauges pas facilement les gens. Et il est impossible de déterminer le passé de quelqu’un juste sur une première impression. C’est ce qu’on fait continuellement avec toi, on te juge comme une bête sauvage et pourtant, on sait rien de toi. On frôle la vérité, c’est vrai, mais ce n’est absolument pas suffisant et il faut, vraiment, que les gens l’acceptent. Que ce soit simple ou non, d’ailleurs. « Ça s'appelle comment, au fait ? ». Un semblant de sourire se glisse sur tes lèvres mais franchement, c’est bien plus proche d’une grimace que d’autre chose. Tu te sens un peu con mais qu’est-ce que tu peux y faire ? T’as juste raison, et t’es assez content de ça. T’imagine pas un seul instant qu’elle ait pu le faire précédemment vu qu’elle semble assez handicapée dans l’instant présent. C’est le genre d’indice qui ne trompe pas, en général. Mais là n’est que ton point de vu sur le sujet, bien entendu. « Danger ». Bah quoi ? N’est-ce pas la traduction exacte ? T’es pas franchement là pour lui donner des cours.

Mais ça ne s’arrange absolument pas lorsqu’on se met à parler Naori. Disons que t’as pas vraiment un problème avec cette tribu. Tu peux même avoir un discours posé quand il est question d’eux, et que tu dois leurs parler directement. Mais tu n’approuves pas forcément leurs façons d’être aussi… Mous. Oui, c’est sans doute le terme adéquate. Ils sont mous, inutiles et inintéressants. Ils ne sont pas très combattifs non plus. Mais encore une fois, ce n’est sans doute pas à toi d’en juger. T’es plus combattif que n’importe qui. Sauf peut-être Isdès mais c’est pas une chose que t’avoue à voix haute. « OK, OK, on calme ses ardeurs, monsieur... ». Une nouvelle fois, tu lèves les yeux au ciel devant sa manière de te parler. Elle se prend pour qui exactement hein ? Elle est désespérante. Et en même temps, t’es impressionné. On te fait rarement face comme ça. T’es la masse, celui qui fait peur alors pourquoi est-ce que les gens se mettraient à agir comme si tout pouvait être normal, hein ? Disons que ça n’aurait pas franchement de sens. En tout cas, tu préfères ne pas relancer le sujet. C’est déjà bien assez chiant comme ça, t’as pas envie de passer la journée à lui expliquer ton point de vu vis-à-vis du peuple de la forêt. Ils ne t’intéressent pas, alors t’as pas envie d’user ton faible langage juste pour parler d’eux. Elle n’a pas compris ton point de vu ? Soit. Tant pis.
 
« J'ai dit mebi, pas sha ». Voilà qu’elle se met à utilizer ta langue pour te répondre. Et elle se met à dire qu’elle n’a pas rencontré un des tiens ? quoique. Ces naoris à la con, ils aiment assez bien apprendre des trucs aux autres. Mais elle s’énerve un peu trop pour prétendre que ce n’est pas arrivé. « Toi mentir, mais okay. ». T’as franchement passé l’âge de t’emmerder avec ça. Alors tu hausses les épaules et tu cherches pas plus loin. Elle n’a pas envie d’en parler ? Libre à elle. Mais tout ça est assez ridicule. Il serait peut-être temps pour les gens de grandir un peu, mais ils ne sont pas capables de le faire, et c’est ce qui est réellement ridicule dans tout ça. Tout ceci n’a pas le moindre sens mais personne n’est foutu de le comprendre. Toi, disons que tout ça, ça te passe au dessus. Mais tant de mystère, ça attire la curiosité. Si lui, il s’en moque, ce ne sera pas toujours le cas.

L’instant glisse et il est temps pour vous de vous mettre à la tâche. Elle vomit, tu te moque un peu, et vous attaquez réellement la tâche. Il n’y aucun réel intérêt quant au fait de laisser traîner tout ça. Ce n’est pas un compte à rebours et vous avez quand même un peu le temps mais ce n’est pas forcément l’envie. Tu te passes volontiers de te tourner les pouces pendant quatre heures. C’est qu’en plus, elle te donne un assez bon goût de mains, elle aussi. Bon, elle observe plus qu’elle n’agit mais elle reste là, elle observe. Tu serais presque tenté de tout vraiment lui montrer mais en fin de compte, pas du tout. Lorsque la carcasse est prête et que la peau lui a été retiré, tu la mets en hauteur pour qu’elle puisse sécher. T’as pris soin d’étirer la peau et de retirer la chair qui y est restée. Pas évident d’étendre sa peau sur un arbre mais c’est nécessaire. Tu l’attaches avec quelques branches. C’est déjà bien assez compliqué comme ça. On parle d’un ours, pas d’un stupide lapin. Au moins, c’est l’hiver et y a pas besoin de l’étendre trop longtemps. « Laisser ça là jusqu’à ce que peau ferme ». Tu vois pas trop quoi dire de plus. « Laisser ici ou prendre chez toi ». Pour le reste, elle se débrouille hein ? « Devoir emballer viande pour que viande pas trop sécher. Garder au froid, saison parfaite ». Et maintenant, elle a encore besoin de toi tu crois ?

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notes » w/ Murphy, en forêt, 20/12/2116

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Sujet: Re: {{ Hunger of the pines {Elias ♥}
Ven 31 Mar - 23:33



❝ Hunger of the pines ❞
Murphy Cavendish & Elias Caroll
(20 décembre 2116)


Murphy détestait qu'on puisse la juger, encore plus lorsque ce jugement n'était pas de ceux qui mettaient en valeur. Et il lui paraissait rare, à Murphy, qu'on l'admire. Elle réagissait à ces allégations de faiblesse comme autant d'attaques malveillantes desquelles elle devait se protéger coûte que coûte, en mentant s'il le fallait, ou tout du moins en embellissant la triste vérité, celle qui donnerait toujours raison à ses détracteurs. Murphy niait en bloc être quelqu'un de faible ou d'inadapté à ce monde parce qu'elle se savait parfaitement faible et inadapté à ce monde. C'était sa pire frayeur, en fait, de se retrouver face à la preuve ultime qui lui confirmait ces dires et ses propres soupçons personnels. Par un miracle qui lui échappait encore totalement, la mort ne l'avait pas encore emportée, mais c'était sans compter sur toutes les tentatives de la faucheuse à la faire quitter ce monde. Elle ne pouvait plus les compter, ces fois où elle avait regardé la mort droit dans les yeux avant d'être arrachée de sa douce et fatale étreinte. Il s'agissait de pièges malencontreux, d'une chute dans une caverne glauque, de rencontres étranges, d'animaux affamés. Elle n'avait pas besoin d'une preuve supplémentaire qu'elle n'était rien d'autre dans ce monde qu'un pion comme il en existait des centaines d'autres, comme il en était mort des milliers d'autres. Elle devait s'adapter, ou elle mourrait. Qu'on lui rappelle une fois de plus qu'elle faillait à cette seule mission de laquelle dépendait sa survie l'attaquait directement, physiquement, lui serrait la gorge et lui nouait les boyaux, lui rappelant qu'il ne s'agissait que d'un hasard de plus pour qu'elle disparaisse à tout jamais, rejoigne ses parents et probablement sa meilleure amie. C'était une étrange détermination que celle qui la poussait à éviter de retrouver ceux qu'elle aimait, mais avec la plus grande et noble des passions, elle voulait vivre.

« J'espère que tu continues de travailler ton anglais », répliqua-t-elle comme pour se venger de la façon dont il l'avait toisée un peu plus tôt, « parce que ça, c'est pas un nom d'animal. » Elle savait qu'elle n'avait aucune légitimité à lui faire ce genre de reproches; il parlait bien mieux sa langue qu'elle ne pouvait parler la sienne, et même dans son propre anglais natif, Murphy était bien incapable de différencier les animaux qu'elle côtoyait le moins -à savoir tous sauf les chiens et les lapins. Elle savait reconnaître un poisson d'un oiseau, mais ses capacités en la matière étaient aussi limitées que ce que pouvait s'imaginer Elias. Les Naoris ? Encore un sujet qui semble les séparer. A croire qu'ils étaient antagonistes sur tous les fronts et qu'ils ne pourraient pas tomber d'accord sur grand chose. Il n'y avait probablement que la carcasse qu'aucun des deux ne pouvait se permettre de gâcher, ne serait-ce que pour des raisons d'éthique quelconques, qui continuait de les lier un peu superficiellement, sous-entendant que leurs interactions s'arrêteraient probablement au moment où la viande serait au frais et la peau de l'animal prête à être tannée par les soins des Odysséens qui s'étaient spécialisés en la matière. Murphy ne pouvait pas le nier, Elias avait fait preuve d'une générosité qui, même si elle l'insultait un peu, la rassurait sur ses intentions. On ne sauvait pas une inconnue des griffes d'un animal affamé et on ne lui offrait pas la chair de ce dernier si on comptait se débarrasser de la-dite inconnue. C'était ce qui lui donnait confiance, peut-être un peu trop d'ailleurs, et c'était donc ce qui la laissait s'abandonner à sa fierté habituelle, se vantant d'avoir déjà dépecé des animaux, refusant de dévoiler ses deux entrevues avec Isdès. De toute façon, ils ne devaient plus se revoir, tous les deux, ils se l'étaient suffisamment répété pour qu'elle en soit convaincue. Il l'avait sortie de l'embarras mais c'était là que ça s'arrêtait. Non sans quelque contentement, une part d'elle s'imaginait tout raconter à Elias et mettre Isdès dans une situation incommodante. Elle ne savait pas comment ils fonctionnaient, tous, là-haut, dans leurs montagnes. Elle ne savait même pas si sa méfiance était fondée. Elle savait juste qu'elle n'avait pas de preuve de contraire de l'inverse. Pourtant, même si elle rêvait à embarrasser Isdès, le reste de son être lui hurlait de ne rien en faire. Aucun lien n'était plus autorisé entre eux, quel qu'il soit, mêmes les mots, même les souvenirs. Elle garderait leurs aventures tapies au fond de sa mémoire, là où personne ne viendrait jamais les lui voler. Elles n'importaient à personne d'autre. « Je mens pas » répondit-elle un peu trop sèchement pour que ça n'implique pas une part de mauvaise foi. Il y avait aussi le souvenir d'Isdès qui l'avait tendue, cette sensation presque imperceptible, mais surtout indescriptible, que les choses n'avaient pas tourné comme elles auraient du. Elle aurait aimé pouvoir tout dire à Elias. Peut-être qu'ils auraient même pu se retrouver tous les trois autour d'un feu un de ces quatre et boire l'alcool qu'ils devaient arriver à distiller, là-haut. Ils auraient pu rire lourdement, grassement, stimulés par les molécules d'éthanol qui se seraient insidieusement glissées dans leurs veines. Mais de qui se moquait-elle ? Isdès ne souriait probablement jamais, et Elias semblait parti pour ne pas être moins avares de sourires.

Et ce moment finit bel et bien par prendre fin. Il y avait toujours cette putain de carcasse qui attendait qu'on s'occupe d'elle et Murphy, la pauvre Murphy, apporta à Elias la preuve dont il n'avait pas besoin qu'elle était encore bien débutante en la matière. Ce n'était pas tant la vue que l'odeur qui la fit perdre ses moyens. L'odeur était insoutenable. Si la mort avait une odeur, ce serait sans aucun doute celle qui venait de la faire rendre son dernier repas contre un pauvre arbre qui n'avait rien demandé à personne -ça lui servirait peut-être d'engrais, tiens. L'opération qui suivit dura ce qui parut être une éternité à la brune, qui avait l'impression que l'odeur avait incrusté ses narines et ses poumons. Elle restait un peu trop éloignée d'Elias et du cadavre, sans doute, pour que l'Athna puisse revenir sur ce qu'il pensait d'elle. Elle aidait ponctuellement mais observait surtout, tentant de laisser de côté son dégoût réflexe pour retenir un maximum les gestes du barbu. Elle resta un instant effarée face eux deux branches d'un même arbre qui portaient, côte à côté, et la carcasse et la peau de l'animal. Quelle sinistre scène que celle-là. « Merci... » répondit-elle, grimaçante, à ses conseils.

Elle n'avait pas retrouvé beaucoup de couleurs, la pauvre patrouilleuse. Le regard rivé sur le tronc de l'arbre qui supportait les deux morceaux de la bête, fuyant le tas d'organes par terre et la graisse qu'il avait arrachée à la peau, Murphy se laissa tomber par terre et attrapa nerveusement son sac pour en sortir sa gourde et boire quelques gorgées d'eau. Ses mains étaient à nouveau couvertes d'un sang qui avait eu le temps de partiellement coaguler et sécher, et, s'accoudant à ses genoux remontés contre sa poitrine, elle les passa dans ses cheveux foncés qui prient à leur tour une teinte écarlate. « J'suis désolée, j'dois admettre, je suis pas habituée » fut-elle obligée de confesser, non sans un petit sourire forcé pour essayer de dédramatiser la situation. Elle ne faisait même plus attention à son allure; son jean était couvert de sang, ses mains et ses bras n'étaient pas dans un meilleur état, et elle avait tenté à plusieurs reprises de s'essuyer dans son manteau. Elle sentait l'hémoglobine séchée tirer la peau de son visage; à moins que ce soit le froid ou les suites d'un malaise qu'elle cherchait encore à masquer ou à éviter ? « J'irai chercher des gens au camp plus tard. Il faut... je vais me faire un petit feu. » Elle releva finalement vers lui un regard un peu perdu et se releva maladroitement pour remettre ses moufles et creuser dans la neige, sur un diamètre d'un demi-mètre à peu près. Elle s'attela ensuite à chercher autour d'eux des pierres pour délimiter le feu et un peu de bois. Quelques branches dépassaient ça et là de la neige, et elle arracha des brindilles sèches des arbres alentour pour en faire du petit bois. Elle n'avait pas besoin de grand chose de plus. Elle s'assit à nouveau dans la neige, près de son petit terrain aménagé, et dégaina son duo de pyrite et de granite. Murphy avait besoin de retrouver un peu de couleurs.

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Sujet: Re: {{ Hunger of the pines {Elias ♥}
Jeu 4 Mai - 19:49

» Hunger of the pines
Le ton qu’il utilise à son attention n’est pas le bon, c’est vrai. Il est jugé trop froid ou trop présomptueux. Est-ce qu’il peut y faire quelque chose ? En tout cas, il ne voit pas quoi et il n’a pas particulièrement envie d’y réfléchir. Pour autant, Elias sait qu’il n’y a pas que ça. Sa façon de parler est toujours la même et il n’a jamais cherché à être quelqu’un d’autre. Mais en parallèle, il n’ira certainement pas laisser entendre que sa situation est si particulière que ça. C’est une affaire un peu plus compliquée. Il est froid de nature mais le fait qu’il ne maîtrise pas la langue qu’il utilise pour se faire comprendre ne facilite rien à la situation. Il n’a pas envie de lui parler, et il n’a pas non plus envie de lui laisser croire que tout ce qu’elle dit peut l’intéresser. Ce n’est pas le cas. Mais il n’a pas non plus la moindre raison de mettre de la chaleur dans sa voix. Là, il est pris au piège dans un échange qui ne l’intéresse pas avec une fille qu’il ne juge pas vraiment à la hauteur. Il la trouve sûre d’elle mais pour de bien mauvaises raisons. Alors il n’est pas capable de la prendre au sérieux et cela se remarque. Il fait de son mieux, si on peut véritablement le dire ainsi, mais ça ne compte pas vraiment et il faut s’arrêter à cela. C’est plus simple.
« J'espère que tu continues de travailler ton anglais ». Pour autant, entre le fait de savoir qu’on est mauvais quelque part et l’entendre de la bouche de quelqu’un qu’on ne supporte pas vraiment, Elias ne nie pas le fait que la situation est encore plus détestable qu’il n’aurait pu le supporter. Il est détestable de voir une situation comme celle-ci, et ça ne risque pas de changer. Alors il la toise, le temps d’un instant, serre la mâchoire. Il ne faudrait pas qu’il se défoule sur elle. Et pourtant, cette colère qui le ronge, voilà qu’elle frappe une nouvelle fois là, dans sa poitrine, alors qu’elle ne peut pas vraiment y faire de place. Alors qu’elle ne risque pas d’être supportable. Le traité est déjà si fin, il ne supporterait pas d’être la honte de sa tribu. Et pourtant, en parallèle à cela, il n’hésiterait pas vraiment. Elle mériterait un coup histoire de lui remettre les idées en place. Oui, voilà. Non, il n’a pas fait l’effort de lui dire comme ça s’appelle. Il ne cherche jamais vraiment. Et il ne connaît pas le nom pour sa langue à elle. Pourquoi faut-il qu’elle cherche plus loin hein ? Ou alors, peut-être qu’il n’a juste pas compris la question. Et est-ce qu’on peut vraiment lui reprocher un truc pareil ? Parce que mine de rien, il fait déjà bien assez d’effort en parlant sa langue à elle non ? Qu’elle ne vienne pas se plaindre du reste, maintenant. « parce que ça, c'est pas un nom d'animal. ». Il lève les yeux au ciel. Jamais content ceux-là. « Ai gaf jok yu joken swela au ». Bien évidemment, son ton ne laisse pas entendre ou deviner ce qu’il vient de dire. Et c’est sans doute mieux comme ça. Mais sans déconner, il faut vraiment qu’elle se détende parce que sa patience a des limites et qu’en face d’elle, elle a un guerrier capable de la mordre. Elias n’est pas patient et il pourrait tuer quelqu’un pour moins que ça. Vraiment.

A-t-elle rencontré un Athna ou non ? La réponse est oui. Ou du moins, il se permet de le croire, malgré tout ce qu’elle pourrait en dire. Ce qui est étrange et ce qu’il ne parvient pas à comprendre, c’est que la fille du ciel insiste à ce point pour que ça reste secret. Il n’est pas curieux de nature, mais lorsqu’une situation prend une tournure suspecte, son attention se penche un peu sur tout ça et il cherche à comprendre. Mais ce n’est malheureusement pas comme ça que ça fonctionne. Mais du coup, sur le coup, il se demande quand même s’il n’est pas sur un terrain miné de relation entre les tribus. Parce que c’est une option possible non ? Il n’y comprendrait pas grand-chose mais c’est envisageable. En tout cas, si c’est le cas, ça ne peut pas concerner un guerrier. Après tout, ils ne peuvent pas juger à la hauteur un peuple du ciel, n’est-ce pas ? Cette fille, elle ne peut pas avoir les épaules pour supporter la puissance d’un Athna. Lui, il a trouvé le courage de sortir avec une fille d’une autre tribu et cette fille a supporté sa colère et sa rage. Mais ce ne fut pas facile tous les jours. Eux là, ils viennent d’un monde complétement différent. C’est une autre histoire. Un truc trop compliqué, si on peut le dire ainsi. Mais pour le reste, il ne cherche pas plus loin et il n’en a pas envie. Si elle fricote, tant mieux pour elle. Il estime juste que sa tribu vaut mieux que ça. « Je mens pas ». Levant les yeux, il trouve ça ridicule, encore une fois. Elle ne ment pas ouais, c’est pour ça qu’elle use d’un ton aussi froid et sec, à n’en pas douter. « Bien sûr ». Il hausse les épaules. Qui est-ce qu’elle essaie de convaincre ? Elle-même ? Si c’est ça, ce n’est pas franchement une grande réussite. Dans le fond, il est quand même bon de préciser qu’il n’assume pas une once de cette curiosité qui l’habite. Il a beau dire ce qu’il veut, est-ce que ça change quelque chose à la situation ? Pas vraiment. A n’en pas douter. Mais qu’il le veuille ou non, il faut juste faire avec. Et puis… Il ne le dira certainement pas à voix haute. Parce que ça ne servirait pas à grand-chose.

Si arranger la carcasse lui prend du temps, il finit par y parvenir parce que dans le fond, à quoi bon tourner en rond, franchement ? Elias n’est pas du genre à se précipiter pour rien. A quoi bon hein ? Disons que ça ne servirait pas à grand-chose de se prendre la tête oui, c’est surtout ça. Il ne risque pas de se prendre la tête, parce que c’est plus simple comme ça. D’une certaine manière, du moins. Mais en parallèle, c’est comme ça, c’est tout. Et il faut faire avec. Enfin bref. L’ours est fait, maintenant. Et puisqu’il a pris son temps, il est bien fait. Il déteste gâcher la peau ou la viande. « Merci... ». Vu le ton, il n’est pas certain qu’elle en soit vraiment contente. Mais bref, il ne risque pas de chercher plus loin parce que ça ne servirait pas vraiment à grand-chose. De son point de vu, en tout cas, ça lui semble assez logique. Il ne dit rien, bien sûr, parce qu’il ne voit pas à quoi ça pourrait bien servir. Mais cette situation, elle n’est pas vraiment supportable, c’est tout ce qu’il sait. Et de toute manière, il n’est pas du genre à ramper pour un quelconque remerciement.

« J'suis désolée, j'dois admettre, je suis pas habituée ». Rien de vraiment étonnant là-dedans. Bien sûr qu’il a remarqué qu’elle n’était pas habituée. D’ailleurs, quelqu’un qui s’y connaît peut aussi avoir quelques hauts le cœur, de temps en temps. Comment est-ce qu’on peut si aisément supporter une odeur comme celle-ci hein ? C’est compliqué. « Moi voir ça ». Mais bien sûr, il ne va pas lui dire qu’il a déjà vu des habitués avoir des nausées. Et ça ne risque pas non plus d’arriver. C’est mieux comme ça. Pourquoi est-ce qu’il se mettrait à sous-entendre qu’il est faible hein ? Ou que ses proches le sont ? Dison que ce n’est pas son genre ni sa manière de fonctionner. Et que, par la même occasion, c’est mieux comme ça. « J'irai chercher des gens au camp plus tard. Il faut... je vais me faire un petit feu. ». Il est évident qu’elle ne peut pas traîner tout ça et que par la même occasion, elle ne peut pas non plus laisser ça ici. Principalement parce que les chances pour qu’elle retrouve tout ça sont quasiment inexistantes. « Préférable oui. ». Il la regarde alors se mettre à la tâche pour préparer un coin pour faire un feu. Il est vrai qu’avec la neige tout est toujours plus compliqué. Mais ce n’est pas impossible. Alors curieux, il choisit de l’observer et de regarder comment elle s’y prend. Mais quand on a froid, on a toujours un peu plus de mal à réfléchir. Lui, fils de la montagne, il ne galère pas vraiment mais pour le coup, il ne voit aucune raison de se moquer d’elle. « Vous pas technologie différente pour faire un feu ? ». Et pour une fois, la question est sincère. Ils ont l’air tellement avancé par rapport à eux qu’il ne comprend pas pourquoi ils s’y prennent de la même manière. Tout ceci est vraiment un grand mystère, même pour lui.

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notes » w/ Murphy, en forêt, 20/12/2116

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Sujet: Re: {{ Hunger of the pines {Elias ♥}
Lun 8 Mai - 2:44



❝ Hunger of the pines ❞
Murphy Cavendish & Elias Caroll
(20 décembre 2116)


Il n'y avait que depuis qu'elle était sur Terre que Murphy comprenait toute l'ampleur de ce que les plus scientifiques d'entre eux appelaient l'instinct de survie. Là-haut, il n'avait été au mieux qu'une idée, un concept qui ne prenait son sens que de rares fois, dans les pires situations. Ici, il était à l'oeuvre à chaque instant. Lorsque l'hiver se faisait glacial ou l'été insoutenable, lorsque la terre tremblait, lorsque vos pas trahissaient votre présence dans une forêt déserte, lorsque la faim vous arrachait les viscères et la soif manquait de vous faire perdre conscience, lorsque la fatigue ne vous faisait devenir que l'ombre de vous-mêmes mais que le sommeil ne daignait plus vraiment vous accueillir dans ses étreintes rassurantes, lorsque la nuit était sombre et silencieuse, lorsque les rencontres fortuites s'enchaînaient, lorsque les courses n'étaient plus seulement question d'entraînements ou de responsabilités militaires mais du plein simple échappatoire à une mort certaine. Le quotidien lui-même était devenu un hommage à l'instinct de survie. Cette journée, parmi tant d'autres déjà, n'en était qu'un exemple parfait. Murphy grelottait, protégée par une doudoune qui la limitait dans chacun de ses mouvements. Elle s'était fait courser par un animal enragé sur plusieurs centaines de mètres, et la voilà à présent qui n'avait d'autre choix que de ravaler sa sensibilité face aux boyaux dont le Terrien avait débarrassé l'animal.

Elle était curieuse, pourtant, la brunette. Après avoir perdu dans son semblant de petit déjeuner dans la neige fraîche, elle s'apprêtait à reprendre l'exercice. Il fallait qu'elle se fasse à l'idée -et peut-être à l'odeur de mort, aussi, qui entourait le cadavre pendu au solide arbre-, et les bavardages avaient toujours été l'un de ses meilleurs alliés. Et puis, après tout, quel était donc cet animal ? Elle en avait déjà croisées, des bêtes comme ça, et si Paco avait réussi à apaiser sa peur des griffes et des crocs qui armaient ces créatures, le travail s'était brutalement annihilé au moment où elle avait compris que celui-là avait directement vu en elle son repas de la journée. Danger, lui disait Elias, mais elle n'avait pas besoin de sa sagesse pour être capable de la même perspicacité, et elle le lui fit comprendre d'une façon qui lui était propre, teintée à la fois d'impétuosité, de vanité et de dureté. L'Athna répondit dans sa langue, laissant la patrouilleuse sans voix pendant quelques secondes, alors qu'elle décortiquait à la fois les termes utilisés et le regard qu'il lui lançait, les paupières froncées par la concentration et la méfiance. « Tu me prends pour une conne, en plus ? » lança-t-elle finalement avec férocité. C'était question de logique, déjà; si elle critiquait son anglais et qu'il lui répondait dans sa langue native, ce n'était pas pour lui déclarer son amour. Et puis, Murphy, même si elle pratiquait cette nouvelle langue de façon sporadique et aléatoire, était capable de reconnaître les consonances, parfois les mots. C'était un exercice compliqué qui était loin d'être instinctif, mais elle s'y attelait toujours avec beaucoup de conviction et de concentration. Elle n'avait compris que deux mots clés, mais ils lui suffisaient à comprendre le sens de la menace qu'il venait de proférer. Il y avait les faits, il y avait son incapacité à se débarasser d'un animal dont elle ne connaissait toujours pas le nom, il y avait ses deux piteuses armes dont elle ne souhaitait se séparer pour rien au monde, et puis il y avait ce mensonge par omission qu'elle assumait plus ou moins. Mais il ne pouvait pas, en plus de la penser inadaptée à ce monde, faire d'elle la dernière des crétines. C'était une idée qui lui était insupportable; son ego était déjà bien assez abîmé lorsqu'elle se voyait contrainte d'admettre qu'elle n'était pas totalement à l'aise sur cette Terre et pour ce qui pouvait paraître le plus simple à ses natifs, mais il ne pouvait pas y rajouter une stupidité qui n'était pas la sienne. Lorsque tout le reste lui était arraché, Murphy aimait penser qu'elle n'était pas stupide. C'était pour ça qu'elle avait grimpé l'échelle hiérarchique pour occuper la place de lieutenant qui était maintenant la sienne. Elle ne laisserait pas Elias penser plus longtemps qu'elle ne faisait aucun effort pour se fondre à ce nouveau décor qu'était celui de cette planète, qu'elle n'était qu'une enfant gâtée qui attendait qu'on s'occupe d'elle pour lui offrir sa survie sur un plateau d'argent. Elle était fatiguée qu'on la juge stupide ou incompétente, elle était fatiguée qu'on l'infantilise, elle était fatiguée de devoir admettre qu'elle n'avait pas les facilités d'un Terrien ici. Elle s'accrochait à ce qu'elle pouvait de fierté là où on cherchait à la lui arracher. Murphy était incapable de laisser passer les critiques et les provocations, même si ça avait valu bien des complications. Elle se défendait toujours férocement, même face à un Terrien qui pourrait l'abattre en quelques mouvements, mais ce n'était pas de la provocation naïve. Inconsciemment sans aucun doute, elle souhaitait prouver sa valeur et la légitimité de son existence.

Lorsqu'il fut à nouveau question de s'occuper du cadavre avant que sa viande ne se perde, elle tenta d'aider Elias, mais trouva finalement une place plus confortable dans la simple observation. Elle lisait chacun de ses gestes, les notait dans un recoin de sa tête comme elle avait pris l'habitude de le faire pendant ses entraînements militaires. Un geste après l'autre, bien calculés, fluides, faciles. La force de l'habitude guidait les mouvements du Terrien, et avec ses quelques participations fébriles, Murphy ne put qu'admettre en sort intérieur son incapacité à être efficace. Elle ne s'habituait pas à l'odeur infecte ou la sensation des tripes et du sang encore tiède qui se collait à ses doigts gelés. Elle ne verrait dorénavant plus les lapins de Cassandre de la même manière et leur couperait la tête avec un enjouement tout nouveau.

Elias, lui, ne semblait pas s'embarrasser des mêmes poids. Ce qui pour elle relevait de l'exercice périlleux à chaque instant appartenait à son quotidien probablement depuis sa plus tendre jeunesse. Elle se demandait si un jour les Terriens et les Célestes finiraient par réellement se comprendre. Il semblait exister une barrière presque physique entre eux. Il ne s'agissait pas tant de la langue que des manières. Elias était comme Isdès; il était verbalement parcimonieux, semblait compter ses mots à chaque fois qu'il se décidait à prendre la parole, mais son regard était lourd de sens. Elle y lisait parfaitement son incrédulité face à cette semi-vérité qu'elle ne cessait de répéter pour se donner bonne conscience. Elle utilisait l'art de la rhétorique pour se défendre d'être menteuse; au pire, elle était cachottière. Elle se demandait pourquoi les quelques simples mots n'arrivaient pas à franchir la barrière de ses lèvres. Oui, elle connaissait un autre Athna et il s'appelait Isdès. Ce n'était pourtant pas bien compliqué. Pourtant, lorsqu'il s'agissait des Terriens et de toute l'aura mystérieuse qui les entourait continuellement, Murphy n'était plus bien sûre de ce qui était correct et de ce qui était loin de l'être. Peut-être que ces rencontres qu'elle faisait au détour de hasards sylvestres étaient supposées rester silencieuses et secrètes, et peut-être que c'était aussi ce qu'une part d'elle souhaitait préserver. Elle ne devait plus voir Isdès; ils se l'étaient plus que bien fait comprendre l'un et l'autre, s'étaient assurés d'être sur la même longueur d'ondes. Peut-être qu'il en serait de même avec le barbu qui se tenait face à elle maintenant et qu'ils n'étaient pas voués à se revoir. Les montagnes paraissaient bien loin d'ici, à une distance qui semblait presque inconcevable à la brune qui ne connaissait de cette planète que la forêt dans laquelle elle évoluait. Elle ne répliqua pas, pourtant, aux deux mots d'Elias qui clôturèrent donc le sujet. Il avait compris qu'elle lui cachait quelque chose, et il avait aussi compris qu'elle ne fléchirait pas.

La viande enfin prête, Murphy, dont le visage avait conservé une couleur un peu livide, ne fut qu'obligée d'admettre qu'elle n'était pas vraiment à l'aise avec l'exercice du dépeçage de mastodonte. Cette bête-là n'avait rien à voir avec les frêles lapins que lui ramenaient régulièrement Antarès. Elle remercia le Terrien avec sincérité mais la voix un peu vacillante, et lui jeta un très bref regard lorsqu'il confirma son malaise en quelques mots. Elle n'eut même pas la force de soupirer, mais ce n'était pas tellement l'envie qui lui en manquait. Sa priorité était de se préparer un feu, même si elle ne comptait pas faire de vieux os dans les environs. Elle avait besoin de se réchauffer, de s'aérer les poumons aussi. Elle avait besoin de s'ôter cette odeur terrible des narines et de l'esprit, et elle avait besoin de laisser ses pensées vaquer à d'autres occupations qu'à celles de la viande sanglante et des tripes. « Non », répondit-elle avec un petit sourire, heureuse de pouvoir parler de sa vie d'avant, peut-être avec l'espoir qu'ils puissent se mettre sur un même pied d'égalité. « On avait pas de feu, tout marchait à l'électricité. » De toute façon, ils n'avaient même pas de bois. Elle cala un peu son petit tas de branchages pour éviter qu'il ne glisse et frotta les deux pierres entre elles pendant de trop longues secondes où elle pouvait sentir le regard du Terrien posé sur elle. Allons donc, il devait encore les juger, elle et ses façons de faire. Une étincelle apparût subitement sur le petit morceau de mousse qu'elle avait déposé et elle souffla aussitôt dessus pour aviver le brasier. De longs instants où elle souffla à en perdre haleine, jusqu'à ce que des flammes rassurantes puissent être observées. Elle se laissa tomber sur les fesses, dans la neige partiellement piétinée, et soupira de soulagement. « Tu restes un peu ? » Elle sortit de son sac posé à côté d'elle de quoi boire et regarda la viande qui pendait encore de l'arbre. « Tu pourrais profiter d'un peu de viande. T'as faim ? » Elle but quelques gorgées d'eau mais salivait à l'idée de remplir à nouveau son estomac fraîchement vidangé. Elle n'attendit pas la réponse d'Elias et se releva en rangeant sa gourde et dégainant son couteau pour le tenir au-dessus des flammes quelques instants, histoire de le stériliser. Elle rejoignit la viande qu'elle avait laissée une petite dizaine de mètres plus loin, là d'où l'odeur pestilentielle ne pouvait pas l'atteindre, et découpa soigneusement -mais non sans pester face à la fermeté du muscle- deux irrégulières tranches de viande. « Yumi na choj ogeda op. Danger, nami ? » Son regard fier et un peu taquin se détourna aussitôt d'Elias lorsqu'elle entendit un craquement quelque part dans la forêt dans son dos, derrière la viande qui pendait sagement de son arbre. Elle jeta aussitôt les deux morceaux de viande dans un tas de neige encore fraîche et pure, jeta un coup d'oeil inquiet et entendu à Elias et dressa son poignard ensanglanté devant elle, prête à sauter sur la moindre menace qui se présenterait. Elle entendait le feu rassurant crépiter dans son dos, mais la forêt dense en face d'elle représentait l'inconnu le plus total.

Spoiler:
 
 

{{ Hunger of the pines {Elias ♥}

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