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˜˜˜˜˜˜En route vers l'aventure ! | Elouan
maybe life should be about more than just surviving

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15/06/2015 Gen Deng, Leary Wrath, Skylar Rees, Cyd Raye 367 Colin Farrell ABΔИDON ancien esclave, participe à la rébellion Rahjak Rahjak 0


Sujet: En route vers l'aventure ! | Elouan
Jeu 15 Déc - 13:52

La chaleur écrasait le corps d’Eirik. Il revenait du désert, mais la chaleur de la plaine était tout de même écrasante. Il passait par la forêt pour être à l’abri du soleil, pensif. Il avait envie d’aller vers la mer, il se demandait comment serait l’eau à son contact, il avait envie d’essayer. L’eau serait-elle chauffée comme il l’espérait ? Il aimerait bien sincèrement. Pour un enfant du désert, il avait étrangement envie d’eau. Il n’avait jamais manqué d’hydratation car un esclave sans hydratation, cela ne valait pas une cacahuète. Il fallait les maintenir en vie un minimum après tout. Le brun stoppa sa monture et décida de faire une pause de quelques heures. Il y avait encore un bout avant l’auberge et ils y passaient la nuit ou deux selon l’humeur d’Eirik et de ses forces. L’homme ne se reposa pas durant la pause, se contenant de faire l’inventaire de ses affaires, regardant ce qui restait et ce qu’il pourrait bien troquer. Il se sentait étrangement vivant depuis quelque temps. Il ne se doutait pas que prochainement, il mènerait une rébellion avec Amalrik et Kyran. L’homme regarda son étalon qui broutait calmement. L’animal nerveux et gris s’était habitué aux attitudes d’Eirik. Malgré ce que cette bête représentait, l’homme le traitait avec respect. Il n’allait pas condamner un malheureux cheval qui ne lui avait absolument rien fait après tout. Il ne le lâchait pas du regard, songeur. Il ne bougeait presque pas.

Il était d’excellente humeur pour une fois. L’homme décida que la pause avait assez duré et alla chercher sa monture. Il remonta sur son dos, rassembla ses rênes et pressa ses flancs. L’auberge était à quelques heures de marche. Sa monture semblait reposée et l’étalon marcha d’un pas vif. Le Rahjak lui pressa les flancs et le laissa galoper. Cet animal était fait pour courir, né pour être un coureur, il était devenu une bête de voyage. Les premiers temps, Eirik avait cru qu’il allait mourir, mais cela n’était pas arrivé. L’animal avait survécu et prouvé sa valeur. Pour l’homme, cela comptait énormément. L’auberge se dessina enfin devant eux. Il faisait grand jour, grâce à l’été, le soleil se couchait tard. L’homme laissa sa monture à l’écurie, délaissant l’étalon de tous ses harnachements et alla dans l’auberge. L’auberge était quelque peu vide, mais l’homme crut reconnaître une silhouette. Il s’approcha de l’individu. Il reconnaissait ses cheveux et quand il vit le chien, il sourit. « Elouan. » Il s’assit en face de lui. Eirik souriait rarement, mais avec cet homme au passé aussi sombre que le sien, il se le permettait bien. Il le regarda droit dans les yeux. Il était content de le voir. C’était probablement le seul individu qui cachait aussi bien que lui l’obscurité dans son âme.

Ils s’étaient quittés de manière étrange, il fallait bien l’avouer. Eirik avait parfois une manière particulière de s’adresser aux gens. Il ne savait pas toujours interpréter certaines réactions. D’un côté, il ne s’était jamais soucié de cela. Il n’avait compté que sa survie envers et contre tout. Le reste, il s’en fichait bien, tout simplement. « Je ne pensais pas te recroiser de sitôt. » Dit-il calmement alors qu’une chope d’alcool fut déposée devant Eirik et qu’il la but vivement. « Es-tu toujours avec ton troupeau ? » Il parlait naturellement, sans se soucier s’il pouvait déranger ou non Elouan. L’homme se sentait d’humeur étrangement bavarde. Peut-être parce qu’il avait encore en mémoire leur dernière rencontre même si tout avait été différent. Après tout, à l’époque il était accompagné de Kyara et non pas seul comme maintenant. Retourner à la solitude était quelque chose d’étrange, mais qui depuis le nombre d’années, était devenu quelque chose de terriblement familier. « Je me rends vers la mer. » Ce n’était pas une proposition en soi, mais ils en avaient parlé la dernière fois. Eirik le dévisagea, l’invitant implicitement à le rejoindre à son voyage.

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Eirik & Elouan


Tous les été se ressemblaient depuis sa petite enfance. A l'arrivé du printemps sa respiration se détendait. Son esprit devenait paisible sachant que des mois de solitude, ainsi que de tranquillité s'offriraient à lui. La sur les montagnes avec ses chiens et ses moutons il redeviendrait libre, Elouan pourrait se ressourcer pour affronter à nouveau ce monde ou évoluait trop d’êtres dangereux qu'il se devait de retirer de la surface de la terre. Sauf que l'année dernière le drame se produisit. Un crime, une mort, un départ. Et depuis il restait seul dans sa demeure, Capitaine solitaire affrontant un cap orageux sur un navire prenant dangereusement l'eau. Mais son bateau il le maintint loin du naufrage malgré quelques griffures occasionnées par les soupçons de Grâce. Même il reparti en transhumance persuadé que tout se remettrait dans l'ordre des choses, le bon, le sien. Mais comme un seul grain bloquant une mécanique, ou un jeu de domino ne suivant pas le chemin tracé, le château de cartés s'envola. Un tremblement de terre, un troupeau dévasté, Un chien mort, un autre perdu ... Le berger se retrouvait avec trois fois rien. Pourtant il se décida à retrouver sa fille mais elle refusa de le voir.

Quant à Grâce il la laissa pour morte sur le carreau dans sa maison fermée à clef alors qu'il partait à la recherche de son canidé en fuite. Avoine, ce grand patou blanc, fidèle, demeurait à ce jour son seul trésor. Après une longue recherche à travers la forêt, puis une rencontre inattendue avec un Odysséen - Chris -, et une Calusa - Alysha - Pour le moins haute en couleur, Le pikuni rentrait bredouille. Une envie subite le fit se diriger vers l'auberge qu'il appréciait afin de prendre un peu de bon temps  avant que d'attaquer la réalité avec la rage qui conviedrait. Rarement il y passait à cette époque ci, mais il y trouva un atmosphère bon enfant en poussant la porte car quelques rires fusèrent et des voix imbibées d'alcools dominaient le brouhaha. Il se dirigea vers une place libre à coté d'une fenêtre dont les rideaux baissées empêchaient d'admirer le paysage. Bah il lui resterait tout le temps de le dévorer le temps de retourner chez lui tout en pensant à une solution adéquate pour se débarrasser du corps de la pikuni qui trônait dans sa cave. Maintenant il souhaitait savourer un peu d'alcool sans se laisser bercer par ses crimes mais plutôt par l'ambiance de ce lieu.

Un instant il cru se retrouver dans un rêve quand il entendit son prénom, alors qu'il ouvrait ses yeux légèrement clôt pour retrouver un visage croisé peu de temps auparavant. Oubliant de se mettre sur ses gardes il lui sourit tout en déclarant sur un ton assez indéfinissable « Eirik » Cependant les mouvements du canidé à ses pieds  qui se levait pour accueillir le nouvel arrivant le rappelèrent à la réalité. Le berger se redressa brusquement plantant ses prunelles vertes dans celles brunes l'homme. Celui qui l'intrigua le temps d'une conversation autour d'un table. Généralement il ne se souciait que peu de retrouver une vague connaissance mais la coïncidence l'amusait. « Moi non plus » Pour le moment il se contentait de faire écho aux paroles de l'homme sans en rajouter trop. Comme toujours il étudiait, décryptait tout autour de lui. Vieille déformation. Qu'arrivait-il à cette belle route tracée depuis toujours, obstruée par des chemins de traverses qu'Elouan empruntait pour voir si le diable ne l'attendait pas au prochain cul de sac. A moins que ce ne fut cet individu qui revenait tentateur pour le dissuader de continuer ses actes criminels. A moins que de lui en proposer de plus succulents ?

« Non mon troupeau s'est un peu clairsemé j'ai du le reconduire à la maison, j'étais à la recherche d'un autre de mes chiens ... » Quête visiblement peu fructueuse car seul Avoine lui tenait compagnie. Contrairement à beaucoup d'autres qui se seraient permis de venir vers lui, il trouvait la situation plaisante, il porta le verre qu'il tenait à ses lèvres pour avaler tout cul sec. Une lumière scintillait dans son regard « La mer ? j'irais bien y faire un tour pour me changer les idées » Tant de possibilités soudaines pour celui qui ne désirait pas s'éloigner de son village. Mais ce destin si bien tracé évoluait tout en brisant ses chaînes non sans laisser quelques victimes derrières lui.


Dernière édition par Elouan Poe le Dim 9 Avr - 23:08, édité 2 fois

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Sujet: Re: En route vers l'aventure ! | Elouan
Dim 22 Jan - 21:06

Eirik s’étonna de la bonne humeur d’Elouan et de son sourire, même s’il ne fit aucune remarque à ce propos. Inutile de lancer une bagarre juste parce qu’on lui souriait avec douceur. C’était une excellente surprise de se recroiser en ces circonstances et il regarda le chien aux côtés d’Elouan. Il ne savait pas si c’était le même que la dernière fois et serait bien incapable de le reconnaître. Eirik s’étonnait de sa capacité à tenir une conversation décente. Il ne s’énervait pas. C’était un peu comme si sa soif de sang s’apaisait au contact de l’autre homme. Il ne manqua pas d’interroger Elouan sur son troupeau. Il avait compris que cela faisait partie de l’homme. Ne pas le demander était tout simplement ridicule. Ce serait un peu comme ignorer la femme d’un homme. Elle faisait partie de lui, alors autant demander. Oui clairement il comparait femme et troupeau. Mais tant que cela restait dans sa tête, il n’y avait pas de mal, n’est-ce pas ? C’était du moins ce qu’il se disait. Eirik resta quelques secondes silencieux alors que l’autre homme avoua avoir perdu un chien. « Je suis navré de l’entendre. C’est lequel que tu as perdu ? Tu avais… Avoine avec toi non la dernière fois ? » Il ne reconnaissait pas le fameux Avoine en face de lui. D’un côté Eirik était déjà content de se souvenir du nom de cette fameuse bête. Lui qui ne donnait même pas de nom à son propre cheval. Il n’était pas attaché aux bêtes à ce point.

Il savait parfaitement le côté éphémère des choses. Il ne fallait pas s’attacher pour rien, sous peine de vraiment souffrir. Il n’avait pas envie de souffrir inutilement. Cela ne servirait fichtrement à rien. Il avait suffisamment à se préoccuper sans en rajouter une couche. Eirik changea rapidement de sujet, parlant de son envie de partir à la mer. Il n’invitait pas clairement Elouan, ce serait au berger de se proposer. Le Rahjak ne dorlotait jamais personne, il fallait être un minimum débrouille selon lui. Soit on faisait avec, soit on crevait, tout simplement. « Viens avec moi alors. » Il ignorait ce qu’était Elouan, qu’il séquestrait une femme. Eirik s’en serait-il offusqué ? Difficile à dire très franchement. L’homme regard le berger. Il ne lui demanda pas pourquoi il voulait se changer les idées. Non cela ne le regardait pas et très franchement, il s’en fichait très clairement. Cela pouvait paraître cruel, mais c’était ce côté profondément égocentrique qui avait permis à Eirik de survivre. Il avait aidé les autres autrefois, mais il avait aussi compris qu’on ne pouvait pas aider et sauver tout le monde. Au bout d’un moment, il avait dû adopter un autre mode de vie pour survivre.

Son instabilité psychique n’avait fait que rajouter un fossé entre l’Eirik d’autrefois et celui d’aujourd’hui. L’homme qui avait du sang sur les mains, qui pouvait sombrer dans un gouffre sans prévenir. Cela pouvait arriver à tout moment et il n’y avait rien à faire. Il prenait juste les plantes pour éviter d’entendre des voix. C’était le minimum à faire pour éviter d’égorger n’importe qui qui n’aurait rien demandé. « Quand peux-tu partir ? » Il ne demanda pas quel était son moyen de locomotion. Il avait eu l’impression la dernière fois qu’une simple question tendait l’autre homme. Il sentait bien qu’il y avait quelque chose, mais ne s’inquiétait pas. Il décelait la dangerosité d’Elouan, mais ne le pensait pas capable de le tuer. Était-ce de l’arrogance ou de la bêtise ? Au choix. L’homme le regarda calmement, ne disant rien. Il était bien curieux pour le coup. Partir pour la mer, cela serait bien. « Le voyage dure longtemps, il faudra faire des pauses. » Il ne savait pas si Elouan avait déjà fait ce genre de voyage, mais il préférait clairement le prévenir. Eirik avait l’habitude des longs voyages. Il se demandait si Elouan était à pied, au pire, il devrait contenir son étalon, cela ne serait pas la fin du monde, sauf pour l’animal.

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Eirik & Elouan


Le mot aimer ne convenait pas vraiment pour Elouan. Plutôt apprécier. Oui voilà, même s'il se donnait un mal de chien à protéger les habitants de son village on ne pouvait pas prétendre qu'il les adorait. Sa femme de son vivant l'attendrissait beaucoup, mais surtout elle le supportait sans poser de question jusqu’à ce que ... Noir souvenir qu'il effaça rapidement de son esprit. Ce qui le tenait auprès des êtres qui attiraient son attention restait le contrôle qu'il savait prendre sur eux, l'air de ne pas y toucher. Çà frisait l'obsession, mais si bien dissimulée que nul ne s'en rendait compte. Quand le berger rentrait au village après la transhumance il mettait un point d'honneur à redécouvrir les petits habitudes de chacun, espionnant tous les villageois en se donnant des airs de promenade avec son chien. Mais dans le plus extrême des cas, pour aucun il n'eut sacrifié sa vie. Et si le mot danger s'apparentait à l'un d'eux il le supprimait tout simplement. Toujours avec parcimonie et prudence jusqu’à cet incident avec sa douce. Depuis tout partait un petit peu en vrille. Les deux seules personnes auxquelles il permit de pénétrer un poil dan son cœur ne se trouvaient plus prêt de lui. L'un le quitta tout simplement - sa fille -, l'autre il l'éloigna pour s'éviter de lui faire du mal - Amaryllis -.

Aimait-il les animaux ? Comme le reste, tant qu'ils se montraient utiles. De plus ils ne parlaient pas, alors le pikuni se donnait le droit d'être plus magnanime envers eux. Les brebis lui permettaient de s'évader hors de ce monde, des humains, des responsabilité, d'effacer la lourdeur de la tâche qu'il s'obligeait à suivre. S'en occuper ne demandait pas grand effort, habitué à la chose depuis sa jeunesse. Élever des canidés afin qu'ils se montrent de parfaits gardiens de maison ou de troupeaux lui procurait une activité agréable ou il se trouvait rester le maître. La domination toujours. Mais l'un seraient-ils devenus dangereux, inutiles, la douceur de sa main pas un instant n'hésiterait à leur briser le coup. Pourtant si Elouan en perdait un il remuerait ciel et terre pour le retrouver parce qu'il s'opposait à ce que tout ce qui lui appartienne puisse tomber dans les mains d'un autre. « Oui et c'est toujours Avoine qui se trouve avec moi ! Un autre, plus petit que tu n'as pas vu, très utile et qui me coutera beaucoup de temps si je ne remets pas la main dessus » Un fait ennuyeux mais qui n'oblitérait pas la présence de l'homme. Le seul envers lequel il ne se sentait pas obligé de jouer la comédie. Et ça depuis plus de quarante ans pouvait s'appeler une première.

Quand à Elouan, il refusait de se faire dorloter, ça tombait bien. si problème il existait ça restait les siens. il se targuait de pouvoir les régler tout seul, aussi jamais encore il ne s'adressa à quiconque pour une aide même minime. Cependant il devait réfléchir, comprendre pourquoi rien ne tournait plus aussi bien d'un seul coup, et la perspective de s'éloigner un peu pouvait lui apporter cela. Encore plus avec un tel compagnon. Le berger ne pouvait que se renforcer à ses côtés. « Oui je vais venir, et je peux partir tout de suite  » Pour un homme qui depuis sa naissance ne quittait pas son large périmètre ça paraissait plutôt culotté. Bien entendu le Rahjak ne pouvait en concevoir l'idée, il ne connaissait pas le Pikuni. Et celui-ci ignorait tout d'Eirik, mais le coté obscur l'attirait, lui donnait le besoin de parcourir un bout de chemin avec l'inconnu. Au risque de se perdre tous les deux. Qui sait s'ils ne s'affronteraient pas  à un moment critique ? S'ils ne battraient pas jusqu'à ce que mort s'ensuive ? Cette idée encourageait même le berger à poursuivre dans cette voie. Le danger il voulait s'y frotter mais différemment.  « Ce n'est pas un problème j'ai l'habitude d'être absent de chez moi la moitié de l'année ... Et comme personne ne m'attends plus, je suis complétement libre »


Dernière édition par Elouan Poe le Dim 9 Avr - 23:09, édité 1 fois

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Est-ce qu’Eirik se souciait vraiment de cette histoire de chien ? Très moyennement à dire vrai. Mais il savait tenir une conversation et cela était suffisant. Il était bien loin de se douter de la ressemblance entre lui et Elouan. Deux hommes différents, mais terriblement semblables. Au moins il ne s’était pas trompé sur le nom du chien. Même s’il ne se serait pas senti mal s’il s’était trompé. Eirik pencha la tête en pensant à l’autre bête, plus jeune, qu’Elouan avait perdu. Il hocha la tête pour appuyer le fait que c’était ennuyeux, mais ne dit rien de plus. Il n’allait pas lui proposer de l’aide car il partait du principe qu’il s’en sortirait très bien seul. Eirik savait reconnaître un homme qui savait se débrouiller seul. Il admirait cela. Il n’aimait pas les individus faibles, cela avait le don de l’énerver énormément. Naturellement il avait proposé à Elouan de l’accompagner, ne se doutant pas une seule seconde qu’il dirait oui. Quelle ne fut pas sa surprise quand il accepta ! Le Rahjak se demanda un instant si l’autre homme fuyait quelque chose, mais il supposait que non et garda le silence. Il posa son regard sur Avoine et supposa qu’il viendrait avec eux. Cela ne le dérangeait pas le monde du monde. Tant que la bête ne les dérangeait pas, le Rahjak le tolérait sans aucun souci.

Il se demandait ce qui motivait Elouan à venir, mais il ne dit rien. Il n’allait pas le faire se braquer. Un étrange sentiment le traversa, un sentiment d’excitation. Il savait qu’Elouan était dangereux, le sentait au fond de lui et un sentiment narcissique lui donnait envie de se mesurer à l’autre homme, mais pas encore. Son regard foncé resta très calme, imperturbable. « Tant mieux alors. Rien n’est pire qu’un homme enchaîné à son foyer. » Eirik pensait ce qu’il disait et l’assumait complètement. Il se leva de sa place, ayant fini ce qui lui servait de boisson. Le fait qu’il n’ait rejoint aucune tribu était aussi parce qu’il ne voulait rien devoir à personne. Bouger quand il le désirait sans se soucier de son environnement extérieur. L’homme regarda Avoine quelques secondes et se mit en marche. Silencieux comme une tombe, il sortit de l’auberge, ses affaires avec lui et se rendit vers ce qui servait d’écurie. Son étalon gris était toujours le même depuis sa dernière rencontre avec Elouan. L’animal fier redressa la tête, les oreilles en avant alors qu’Eirik le détacha avec doigté. « Parcours-tu ces terres à pied ? » Ce n’était pas un reproche, juste une simple question. Si Elouan n’avait pas de cheval, peut-être faudrait-il lui en prendre un pour aller plus vite, non ? Eirik n’avait pas l’habitude d’aller lentement. Il déplaça l’animal et vérifia que tout était en ordre. On n’était jamais à l’abri de retrouver une bête abimée à cause d’un idiot. Une fois assuré que tout était en ordre il se retourna vers l’autre homme.

Il sortit une carte de sa poche et la déplia pour la montrer à Elouan. « Nous sommes ici, proche du pont et proche du duty-free que les tribus ont mis en place avec les enfants du ciel. Autant éviter la zone, je ne suis pas d’humeur à croiser ces idiots. Il faudra voir si on s’arrête parmi les pikunis, pour se reposer ou si on s’arrête en forêt. » Il releva la tête vers Elouan, s’il se souvenait bien, il était des pikunis. Mais sa mémoire lui jouait parfois des tours. Eirik était organisé et c’était une question de survie pour éviter les mercenaires qui devaient le rechercher. Un détail qu’il décida de ne pas préciser à Elouan. Si l’autre homme voulait voyager avec lui, c’était son problème. Eirik ne voulait pas préciser ce qu’il était réellement. Il n’en voyait aucunement l’intérêt à dire vrai.

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Sujet: Re: En route vers l'aventure ! | Elouan
Ven 19 Mai - 15:50

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Eirik & Elouan

Jusqu'à présent le pikuni était resté sa vie entière dans ce qu'on nommerait une zone de confort. Il s'y installait comme un roi, mais déguisé parmi ses sujets. Il fonctionnait selon son propre code, tout en dissimulant ses actions avec habileté au point que même le berceau de sa famille ne soupçonna rien pendant de longues années. On appréciait Elouan en général, il discutait avec tout le monde, donnait des conseils de par son expérience sans jamais offrir trop de sa personne si ce n'était pas nécessaire. Les plus malins pouvaient ressentir une étrange gêne à ses côtés sans véritablement  l'expliquer. Bref rien qui ne le menaça vraiment, il possédait - croyait-il - toute les cartes en mains. Jusqu'à ce que sa douce épouse le démasque et qu'il se retrouva obligé de de la faire taire devant les yeux horrifiés de sa fille qui le quitta. Cerise sur le gâteau, il apprit  - à son grand désarroi - que sa femme s'était confiée à une lointaine cousine, Grâce, qu'il ne fréquentait que très peu mais dont il accueillait la fille très souvent chez lui. Pour tout choix il dut l'assommer en la laissant morte derrière lui, et finir par la découvrir vivante, mais amnésique. Chose préoccupante certes, mais la colère de la terre se chargea de le punir une bonne fois pour toutes de ses actions en décimant son troupeau et ses chiens.

Et chaque geste qu'il posait pour rattraper le château de cartes qui s'écroulait, empirait la situation. Alors il se demandait s'il ne devait pas s'éloigner du centre de son monde pour avoir une autre perspective de sa situation, afin de ne pas rester enfermé dans ce tourbillon. La proposition du d'Eirik lui permettait donc de souffler, il n'y réfléchit pas à deux fois avant d'accepter. Supposant que l'autre ne le ferait pas s'il ne désirait pas sa compagnie. On ne pouvait pas les dire amis, mais ennemis non plus. Le Berger présentait que ça pouvait dégénérer très facilement, cependant il n'attendait rien de particulier de l'autre. Que sa compagnie, le partage de son expérience s'il en éprouvait l'envie et un certain dépaysement. Quant à chercher son chien, il y renonçait pour quelques jours. Il ne désirait pas d'aide mais de l'évasion. « Je l'ai été enchainé à mon foyer, à moins qu'il ne fut enchainé à moi, je l'ignore encore, sans doute les deux, mais il s'est brisé et désormais je suis libre  » Voilà la première fois qu'il s'exprime sans dissimulation, qu'il posait sa situation noir sur blanc sur la table. Bien qu'il se douta que ça ne fasse ni chaud ni froid à son compagnon de voyage. Et dans un sens voilà qui le réconfortait beaucoup. « Et toi as tu quelqu'un quelque part qui t'attends ? »

le pikuni demandait sans véritablement attendre de réponse, Il n'y mettait aucune curiosité malsaine comme il ne manquait jamais de le faire pour contrôler les autres. Mais pas ici, non il se contentait de flatter Avoine qui courrait à leur côté heureux de pouvoir se dépenser. « Généralement oui je vais à pied mais j'ai aussi une carriole tirée par une âne  »  Cela s'était avéré plus pratique avec le temps pour la famille. Mais dans un futur prochain, il en viendrait certainement à vendre ce dernier pour acheter quelques brebis chez un autre éleveur, ou chez les Athnas qui possédaient eux aussi de très belles bêtes. Cependant il se rapproche pour mieux distinguer la carte d'Eirik ainsi qu'écouter ses paroles. En réalité il sait très bien ou il se trouve, mais évidement le situer sur une carte ouvre une toute autre dimension, car le berger se dirige généralement selon ce que lui indique le ciel et les étoiles. L'Orientation se trouve être un peu son domaine, mais il demeure curieux d'apprendre et de découvrir malgré tout. « Très bien évitons les, c'est préférable, sinon on peut passer chez les Pikunis. On s'arrêtera chez moi, on pourra y récupérer quelques chose utiles si besoin et manger un bout. Même si nécessaire je pourrais emprunter une cheval à une voisine »

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Sujet: Re: En route vers l'aventure ! | Elouan
Jeu 8 Juin - 20:05

Parlait-il du chien ? Eirik n’en savait rien alors qu’Elouan parlait de quelque chose de brisé. Le chien ? Peut-être bien. Il s’en fichait bien, cela ne le regardait pas. Ce n’était qu’un animal. Et même si cela avait été un humain, il n’aurait pas bougé. Eirik ne broncha même pas quand Elouan lui demanda si quelqu’un l’attendait. « Personne ne m’attend. » Et ceci depuis bien longtemps. Mais cela ne lui faisait pas de la peine. Eirik était habitué à la vie de solitaire. De temps en temps, il rencontrait des gens intéressants et quand il en rencontrait, il se stoppait dans sa course du monde si on pouvait dire les choses ainsi. Elouan faisait parti de ces gens intéressants. Après l’homme dégageait quelque chose qui attirait Eirik. Comme du sang attirant un requin. Quelque chose digne d’un prédateur. Ce n’était pas de l’attirance physique, c’était quelque chose d’amical. Eirik était appuyé contre son étalon, ne manquant pas de demander à l’autre homme s’il avait une monture. « Maintenant ? Car dans ce cas prends-la. » Il se demandait si cet homme pouvait venir ici jusqu’à pieds. Mais au final, cela ne l’étonnait même plus. N’avait-il pas dit être berger ? Ces gens-là marchaient énormément s’il s’en souvenait bien. Enfin ces gens-là… C’était vite dit. Eirik avait tendance à mettre les gens dans des cases pour se faciliter la vie.

Il avait dû faire ainsi pour arrêter de réfléchir inutilement. Parfois il devait aller au plus vite pour éviter certains ennemis. L’homme montra un plan pour montrer le trajet qu’ils devraient sortir. Il en faudrait du chemin pour arriver jusqu’à la mer. Le Rahjak ne voulait pas croiser les enfants du ciel. Il en avait par-dessus la tête de ceux-là. II ne voulait pas être gentil avec les enfants du ciel et s’expliquer. Il préférait être avec un autre natif et parler sa langue natale. L’anglais le mettait parfois mal à l’aise et c’était bien normal. En plus, aller chez les pikunis était plus simple car Elouan en faisait parti. Eirik redressa la tête en entendant parler de manger un bout chez l’autre homme. Il n’y était jamais allé. Il était loin de se douter qu’un jour il se ferait inviter chez le berger. « Très bien faisons ainsi. » Et si en prime il obtenait un cheval, ils y gagneraient. L’homme rangea sa carte et attrapa sa monture par sa bride d’un geste vif. L’animal redressa vivement la tête, le regard un petit fou. L’homme ne s’en offusqua pas. Il n’avait pas peur pour si peu. Il rassembla les rênes et se mit en selle d’un geste vif malgré sa quarantaine passé. « En route. » De simples mots qui voulaient tout dire.

L’homme se stoppa un instant, regarda aux alentours. Il s’attendait presque à ce que des gens sortent de la forêt et l’attaquent. Il aurait toujours cette paranoïa envers les mercenaires qui le cherchaient et voulaient sa tête. Mais Eirik n’en parla pas car c’était son petit secret. Cela ne regardait pas Elouan. Il ne voulait pas lui donner du grain à moudre. Il avait trop un mauvais pressentiment concernant cet homme. Peut-être deviendrait-il un ennemi. En tout cas il comptait le garder proche de lui pour mieux le surveiller, se doutant que lui aussi se faisait surveiller. Il n’était pas dupe et pas né de la dernière pluie. Eirik se murait dans le silence, ne faisant rien pour alimenter la conversation. Il se demandait juste combien d’heure prendrait le trajet. « On devra peut-être s’arrêter plus tard pour manger non ? Je crois qu’on en a pour un moment. » En plus ils allaient faire un détour. C’était peut-être se compliquer la vie pour rien, mais il s’en fichait bien. Il en avait besoin, vraiment. Il ne voulait pas se fatiguer pour rien. « J’ai des choses à manger dans mon sac. » Il regarda l’autre homme. Il se demandait si lui aussi avait quelque chose à manger.

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Sujet: Re: En route vers l'aventure ! | Elouan
Dim 9 Juil - 17:56

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Eirik & Elouan

La différence essentielle entre les deux, restait cet attachement que continuait à ressentir Elouan, malgré lui, envers sa fille. Sensation qu'il ne partageait habituellement avec personne, pour ne donner à qui que ce soit un indice sur ses faiblesses. Cependant, ici, ça se révélait différent. Parce que le berger s'adressait à une personne dont il savait pertinemment qu'elle n'éprouvait aucun intérêt pour les détails de sa vie. Et cela le soulageait, lui procurait un intermède en dehors du monde qu'il connaissait, et où il jouait constamment un rôle. Contrairement à Eirik. Pour cela il l'enviait légèrement, mais ne sentait pourtant pas prêt à abandonner son village, les siens qui lui offraient sa raison de vivre sans même s'en douter. Mais  on pouvait  plutôt dire, que grâce à l'appartenance qu'il éprouvait envers les pikunis, il canalisait une violence qui sympathisait avec une noirceur pouvant ouvrir la porte à toutes les dérives. « Personne ne m’attend non plus, c'est sans doute mieux comme ça, on ne se justifie à personne de sa liberté » Bien entendu le Pikuni ne rayait pas sa fille de sa vie, il en aurait été ben incapable. Elle restait son joyau, mais il comprenait que pour le moment il restait préférable de s'en éloigner. Car sa pensée n'aurait pour effet que de le distraire tout en l'empêcherant de se remettre des déboires de cette dernière année.

« Oh elle n'est pas loin, quelques pas et nous y serons  » Ou plutôt quelques mètres, et ils se retrouvèrent dans un champ, non loin du village. Le berger possédait cette habitude de venir parquer là sa carriole, pour donner l'impression qu'il travaillait quelque part. Alors qu'il espionnait ici et là afin de débusquer un ennemi ou l'autre. Il grimpa rapidement sur le siège tout en saisissant les rennes mais proposa à son interlocuteur, avant de la mettre en branle « ça te dit de faire un petit tour tu pourras toujours attacher la jument à la chariote elle suivra facilement » De plus ça tombait bien sa proposition semblait convenir à Eirik. Mais il l'eut refusé qu'Elouan ne se fut pas offusqué, il lui en fallait plus que ça. Au fond ce qui l'irritait au plus haut point restait le peuple Rahjak se cachant dans le désert et les Débarqués. Un point commun qu’ils partageaient avec son interlocuteur, sans même s'en douter. Enfin, rares étaient ceux qui donnaient une totale confiance aux enfants du ciel. Le berger après deux rencontres mouvementées n'était pas sans savoir leur façon peu commune de penser ou de s'exprimer. « Parfait nous ne sommes qu'à quelques minutes » Répondit Elouan en indiquant les toits des abris au loin.

Néanmoins son compagnon ne semblait pas vouloir redémarrer dans l'instant, il observait les alentours comme s'il pensait y découvrir des menaces cachées. Une paranoïa que partageait Elouan avec lui sans pourtant jamais avoir été emprisonné. Et bien qu'un traité fût en cours avec les Calusas et les Athnas, il n'excluait pas des individus déséquilibrés que personne n'entravait dans leurs mouvements parce qu'on les respectait comme des grands guerriers. Et il savait parfaitement que le peuple du désert envoyait des espions par ici pour toutes sortes de missions.  « Je fais en sorte qu'aucune menace ne survive très longtemps dans le périmètre ou je vis  » Laissa échapper le Berger après l'hésitation marqué de l'autre homme  « Mais on peut tout déposer dans la charrette et en profiter par la suite  » Quand l'homme jugerait se trouver assez en sécurité pour faire une pause. Le Pikuni ne s'opposait pas à ce désir. Quand il se rendait dans ses montagnes il lui arrivait de crapahuter plus longtemps que prévu quand l'endroit lui paraissait louche. Et lui arpentait ces lieux depuis des années mais pas l'autre brun.  « Ça me va, j'ai de quoi se désaltérer dans ma chariote et tout un bric à brac qui pourrait nous être utile par la suite, donc on peut se mettre en route ! »

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Sujet: Re: En route vers l'aventure ! | Elouan
Ven 28 Juil - 19:06

Eirik suivit Elouan jusqu’à sa cariole. Il trouvait la méthode ingénieuse de mettre l’engin loin de l’auberge. Qui penserait à chercher non pas à l’écurie, mais quelques mètres plus loin ? Seul un voleur pas pressé le ferait. Or bien souvent, un voleur était pressé et n’avait pas le temps de fouiller les alentours. Eirik ne se doutait pas du tout qu’Elouan espionnait en réalité les ennemis. Il hocha la tête face à la proposition de l’autre homme. Pour l’instant il préférait rester sur sa monture. Peut-être était-il bien trop prudent, mais tant pis. C’était la méfiance qui le maintenait en vie depuis si longtemps et il ne comptait pas changer ses habitudes si bien acquises. « Parfait alors. » Répondit simplement Eirik en réponse à Elouan qui avait montré les toits des abris. Cela ne le dérangeait pas. Le brun tenta de se rappeler ce qu’il avait dit, mais c’était un peu difficile. Parfois quand il parlait trop, il s’emmêlait le cerveau. Une forme d’agacement l’envahit, il avait l’impression de perdre le contrôle sur quelque chose qu’il ne pouvait pas nommer. Il détestait se sentir faible et c’était le sentiment qu’il avait en ce moment. Le Rahjak ne fut pas discret sur sa paranoïa, regardant autour de lui comme un naufragé et mal lui en prit. Il détestait se montrer faible. « Très bien. » En réponse au fait qu’Elouan ne laissait jamais bien longtemps survivre une menace.

L’homme ne précisa pas qu’il savait se défendre seul. Il avait ce côté prédateur qui supportait difficilement qu’un autre homme propose d’aider ou de protéger. Eirik avait soudainement envie de provoquer et prouver qu’il valait quelque chose et savait se défendre sans Elouan. Mais une petite voix sage lui souffla de se retenir. Le Rahjak ne comptait déposer aucune nourriture dans la charrette, rien ne lui garantissait qu’Elouan n’allait pas le poignarder et fuir. Il n’avait aucune confiance en le berger. Ils voyageraient ensemble, mais cela ne signifiait rien aux yeux du Rahjak qui avait voyagé avec bien des gens sans jamais leur porter un grand intérêt. Il avait cette capacité de voyager et de partir sans demander son reste, sans éprouver aucune forme d’attachement. « Allons-y alors. » Eirik pressa les flancs de son étalon qui partit joyeusement. Le cavalier dut le refréner pour éviter que l’animal dépasse la cariole. Inutile de faire une course. Le chemin n’était pas aisé et il ne faudrait pas se fatiguer inutilement au début. Eirik avait une petite question qui lui trottait dans la tête et il décida de la poser. « Tu n’as jamais été attaqué avec ce truc ? » Il désigna la carriole comme si c’était une chose maudite. Il avait l’impression que c’était une énorme cible mouvante. Lui ne l’aurait pas supporté, c’était sûr et certain. Il préférait la légèreté de mouvement d’une monture fluide. Une cariole pouvait ralentir, une roue cassée, le bois céder, peu importe, c’était trop fragile à son sens.

D’un côté, c’était peut-être mieux pour le corps humain. Peut-être qu’Elouan pouvait mieux soulager son dos que sur une monture. Il fallait bien avouer qu’Eirik avait souvent mal au dos. Malgré tout, cela ne l’arrêtait pas car l’entier de son corps était douloureux et parfois difficile à supporter. Cela ne l’empêchait pas de continuer à avancer. Il se laissait balancer par le pas souple de sa monture. L’homme s’était muré dans un certain silence alors qu’il évoluait aux côtés d’Elouan. Chez lui ce silence n’était pas signe que cela n’allait pas avec une personne, c’était juste lui. Il s’enveloppait bien souvent dans ce genre de silence quand une crise risquait d’arriver et menaçait déjà son esprit. Bien entendu, ce mécanisme de défense était inconscient. Eirik était bien incapable de dire quand une crise survenait. Incapable de voir ses changements d’humeur et se rendre compte que son comportement se tournait vers une paranoïa ou une agressivité injustifiée. Peut-être bien que quelqu’un d’extérieur pouvait remarquer cela et encore. Ses humeurs étaient comme des nuages qui venaient obscurcir un ciel clair. Ce n’était pas une venue choquante et fracassante. Pour l’instant il n’adoptait aucun comportement dangereux ou menaçant.  

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Sujet: Re: En route vers l'aventure ! | Elouan
Lun 28 Aoû - 3:08

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Eirik & Elouan

Si le Pikuni prenait soin de ne pas laisser sa carriole à la vue de tout le monde, surtout auprès d'une auberge, c'est que oui il se protégeait du vol. Mais surtout il ne désirait pas qu'un curieux fouilla trop en profondeur à l'intérieur de celle-ci. Car l'homme trimbalait toujours le  ustensiles qui servaient à ces forfaits silencieux, et bien qu'il les nettoya de façon à ce qu'on n'y trouve aucun sang humain, d'aucuns pourraient se poser des questions du pourquoi un berger qui cultivait voyageait avec de tels engins meurtriers. Oh Elouan pourrait toujours répondre qu'il préférait être prudent et avoir de quoi se défendre sous la main. Après tout quelques bandes de voyous circulaient régulièrement autour des villages dans l'espoir de commettre quelques forfaits. Mais le Berger préférait, et de loin ne pas trop attirer les regards et les commentaires sur lui. Finalement son camarade d'infortune décida de rester sur sa monture, ce qui n'étonna pas le pikuni, car tout le monde n'apprécie pas forcément de se promener en charrette. Parfois les roues s'embourbaient dans la terre trop boueuse, ou se calaient sur une pierre, pire encore elles cassaient. Néanmoins avec l'expérience Elouan se sortait régulièrement de toutes ces situations délicates rapidement, se prémunissant, avec ses armes dangereuses, d'outils et de matériels destinés à lui venir en aide. L'autre semblait songeur alors que le Pikuni mettait son chariot en branle pour se diriger vers sa maison qui heureusement ne se situait pas au centre du village

Bien qu'il ne le montra pas, ni même ne fit de réflexion à ce sujet, le Pikuni devinait une tension sous-jacente dans le comportement de l'inconnu, comme une fierté qui le poussait à ignorer toutes les propositions du berger. Non parce qu'indignes de lui, malgré une attitude légèrement dédaigneuse qui traduisait le peu d'intérêt qu'il éprouvait pour tout ça. A moins que ce ne fut une provocation non déclarée à l'égard d'Elouan. Ce dernier opta pour faire avec tant qu'une déclaration de guerre en bonne et due forme ne se brandissait pas au grand jour. Le cavalier s'adapta au rythme de l'engin mais le pikuni percevait une impatience fougueuse sous les muscles de l'équidé d'Eirik. A moins que ce ne fut lui qui rêva, imaginant des menaces ou il n'en existait aucune. Elouan vivait avec la prévision du pire - dans le but de s'octroyer le meilleur - pour l'évincer du cours de sa vie, même si cela le poussait à commettre des actes odieux pour lesquels il n'éprouvait aucun remord. Rien ni personne ne lui jurait que cette invitation ne se transformerait pas en traquenard soudainement. Que le mystérieux inconnu ne se jette à sa gorge pour le déposséder ensuite de ce qu'il estimerait avoir de la valeur à ses yeux. Ils arrivèrent prêt d'une clôture ou broutaient une trentaine de brebis. Une chienne noire accourue vers eux en aboyant, mais reconnaissant le maître des lieux elle se contenta de tourner un peu autour de la jument d'Eirik avant de repartir vers la maison qu'elle gardait contre de potentiels intrus. « Attaqué.. .Parfois mais la présence D'Avoine fait généralement fuir les vauriens, Et puis j'ai de quoi me défendre de façon efficace au fond de tout le fouillis qu'on peut apercevoir dans le fond de cette guimbarde »

Elouan n'évoqua pas sa houppette  ou se dissimulait une lame tranchante, il valait toujours mieux garder l'effet de surprise envers et contre tout. Une dernière botte qui vous sauverait in extremis. Il stoppa son véhicule juste en face de sa demeure simple, mais pourtant assez grande pour contenir la famille désormais envolée du Pikuni. L'autre ne prononçait plus une parole, devenu sombre comme un jour d'orage. Elouan évita donc un bavardage inutile car il ne connaissait pas assez l'homme pour s'attendre à quoi que ce soit, pas encore du moins, et jamais s'ils ne se revoyaient jamais plus après ça. Il sauta à terre s'en allant ouvrir la porte de chez lui puis revint sur ses pas. « Je vais aller chercher un cheval chez mon voisin je pense que ce sera plus pratique pour la mer » Lui expliqua-t-il mettant le visage assombri de l'homme sur le compte de la lenteur de son attelage. A y réfléchir de plus prêt ça pourrait devenir gênant, et autant pouvoir se dérober le plus vite possible si jamais ils venaient à faire des mauvaises rencontres ou se retournaient l'un contre l'autre. Elouan n'excluait pas non plus cette possibilité, car il ne pouvait complètement se départir de sa grosse méfiance envers les étrangers bien que parfois pour des cas particuliers il se révélait enclin à leur laisser le bénéfice du doute « Tu peux m'attendre ici ou à l'intérieur, les chiens ne te feront rien, ils t'on vus avec moi ... »

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Sujet: Re: En route vers l'aventure ! | Elouan
Sam 16 Sep - 20:45

L’homme était dans son monde, ne réfléchissant pas vraiment à dire vrai. Il ne se doutait pas que son attitude ne provoquait pas que du bien chez son homologue. Le chemin fut finalement assez rapide, enfin c’était une question de point de vue, mais Eirik ne se sentait pas trop épuisé. Il avisa les brebis et se demanda un instant comment était ce genre de vie. Était-ce agréable ?
Son étalon s’agita un peu quand une chienne sombre surgit en aboyant. Le Rahjak le retint de bondir en avant, observant le chien. Il n’appréciait pas tant que cela les chiens, éprouvant naturellement une certaine méfiance. Il se souvenait des chiens des maîtres et ce n’était franchement pas un très bon souvenir. Eirik n’avait pas manqué d’interroger Elouan sur le risque de se faire attaquer quand on était en cariole. « C’est vrai que ton chien ferait reculer bien des gens. » Et il n’était pas ironique, il le pensait vraiment quand il voyait une telle bête. Lui en tout cas hésiterait à deux fois avant d’attaquer Elouan car il savait bien que les chiens étaient fidèles. Il se demandait bien quel genre d’arme le berger cachait, mais il ne le demanda. Eirik savait que ce genre de question pouvait tendre n’importe qui. Ils s’arrêtèrent devant la maison et le Rahjak observa cette grande maison qui semblait pouvoir contenir une famille. Or s’il se souvenait bien, le brun n’avait jamais parlé de famille.

Peut-être se trompait-il car sa mémoire lui jouait bien souvent des tours. C’était du fait que son esprit n’allait pas bien, mais qu’aussi la vieillesse rongeait tout son être, sauf que cela l’homme ne le savait pas. Eirik était d’humeur sombre et son visage le reflétait bien. Il descendit calmement de selle alors qu’Elouan venait de sauter à terre et d’ouvrir la porte de chez lui. « Oui, on risque de prendre des chemins qui bloqueraient tes roues. » Un cheval était bien plus facile à manier mine de rien. Pour l’instant entre lui et le berger, cela allait bien. Mais il se dégageait quand même une étrange atmosphère entre eux deux. Eirik ne savait pas encore tout à fait comment se situer. Au moins ils n’avaient pas essayé de s’entre-tuer, c’était déjà bien pour des hommes comme eux. Après tout, un accident était si vite arrivé… « Merci. » Faire entrer quelqu’un chez soi n’était pas anodin mine de rien. C’était une preuve de confiance, car si Eirik avait eu un chez lui, il n’aurait pas laissé n’importe qui y entrer. Peut-être bien n’aurait-il laissé entrer personne à la réflexion faite. Le Rahjak s’approcha de la porte d’entrée, hésita, mais finalement entra dans les lieux. Il vit alors plusieurs chiens qui le fixèrent et une forme d’angoisse sourde l’envahit. Malgré tout, comme l’avait dit Elouan, les chiens ne lui firent rien. L’un d’eux s’approcha de lui, le reniflant.

Eirik resta parfaitement immobile, sachant d’avance que cela n’exciterait pas les chiens. La truffe humide du chien le toucha et l’ancien esclave bougea quelques doigts. Le chien ne le mordit pas et le brun en fut étonné et soulagé. Quand il voulut toucher la bête, celle-ci se déroba et retourna auprès des autres animaux. Eirik promena son regard foncé sur les lieux et s’avança. Il se demanda si toutes les maisons étaient pareilles. Il passa sa main sur un meuble, fasciné. Depuis sa fuite de Rahjak, des années auparavant, il avait visité des auberges, mais rarement des maisons, car pour lui pénétrer une maison signifiait énormément de choses. Il était dans ses pensées, mais cela ne l’empêcha pas de ressentir une présence derrière lui. Il se tourna et vit alors Elouan. Le Rahjak se demanda depuis combien de temps l’autre homme l’observait. « Tu as trouvé le cheval ? » Eirik fit l’air de rien alors qu’il savait quel genre d’image il renvoyait. L’image de quelqu’un qui avait vu peu de maison et qui était fasciné par les logements. Cela représentait tant à ses yeux et jamais il n’en aurait. Etrangement, il n’était pas triste. Il avait accepté cet état de fait.

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Sujet: Re: En route vers l'aventure ! | Elouan
Lun 23 Oct - 19:20

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Eirik & Elouan

Jamais encore le berger ne s'était risqué plus loin que le seuil du désert. Il y avait récupéré son père adoptif assassiné par une bande de renégats Rahjaks - C'était ainsi qu'il se plaisait à les appeler -, et ne pardonnerait jamais à ce peuple de le lui avoir enlevé. Sa paranoïa bien dissimulée envers tout ennemi qui s'approchait de son village s'en accrut par la suite. Parfois il entendait des rumeurs ou écoutait des récits de leurs méfaits. Mais cependant ça ne lui donnait pas une réelle idée des frayeurs que les esclaves en fuite pouvaient éprouver. Pour lui un canidé c'était doux et utile, ça défendait sa maison tout en gardant son troupeau d'une éventuelle tentative d'incursion d'un loup trop affamé. Que les voleurs craignent les répercussions des dents affûtées de ses gardiens, le Pikuni raffolait de l'idée. Mais qu'on puisse craindre leur simple présence à cause d'un passé d'homme enchaîné et réduit au plus simple de déchet ça ne lui effleurait pas l'esprit une seconde. S’il remarqua le mouvement de recul du cheval ou de l'homme il préféra ne pas en faire mention. Tout le monde n'adorait pas les animaux, Elouan en était conscient et le comprenait très bien. Mais il fallait savoir qu'en pénétrant sur ses propriétés on se risquait à en croiser quelques-uns et si on les ignorait, il n'était pas toléré de leur porter préjudice « Oui il a été choisi pour sa grande taille dissuasive et ses qualités de gardien mais c'est un gros nounours en réalité »

L'autre moins. Le gros noir ne supportait de se faire toucher que par les habitants de la maison. Un bon point pour qu'une connaissance trop entreprenante ne l'embobine pas « Les roues, oui c'est bien en effet ce que j'ai pensé  » Déclare Le Berger tout en s'éloignant pour se rendre chez son voisin. Pas Baelfire, car si celui-ci à la chance de posséder un cheval il se promène souvent avec et il ne serait pas du genre à la prêter. Non un éleveur, ami d'enfance du Pikuni, celui-ci d'ailleurs saute une barrière en sifflant pour annoncer son arrivée. Personne ne répond, occupé certainement à vendre ou acheter du bétail. Néanmoins il toqua à la porte de ce dernier tout en se dirigeant vers le pré. Il ne reste qu'un équidé, celui qui tire les troncs d'arbre, puissant, solide, endurant mais certainement pas rapide comme le vent. Cela fera l'affaire. Sans aucun doute, il laissera un mot à son camarade pour que celui-ci ne s'inquiète pas, en lui proposant de récupérer un porc à la place. Car son cheptel de brebis, même s'il s'est un peu agrandit, laissait encore à désirer depuis ce fameux tremblement de terre. Il lui passa un licol, accroché sur le mur d'une vieille grange, puis le ramena tranquillement chez lui. Au loin il se rendit compte qu'Eirik finalement s'était résolu à pénétrer dans sa demeure puisqu'il ne l'apercevait nulle part, mais que sa monture se tenait tranquille prêt de la carriole.

Doucement il s'engouffra dans sa maison, heureux malgré tout d'y revenir même si désormais il la trouvait particulièrement vide. Il observa quelques instants la silhouette immobile de l'homme dont l'instinct l'averti rapidement de sa présence « Oui, un bon cheval endurant qui a l'habitude de traîner les chariots et les troncs d'arbre ... Il ne gagnera pas une course mais ce qu'on lui demande c'est de l'endurance et ça il en a » Il s'en alla fouiller dans une armoire ramenant deux gobelets et une bouteilles qu'il déposa sur la table « Un petit verre avant de reprendre la route » Le temps qu'il donne à manger à ses bêtes dont il savait qu'elles n'avaient probablement pas besoin de lui pour trouver leur pitance. De plus le voisin viendrait y regarder comme lui le faisait dans le cas inverse. « C'est une grande maison pour un homme seul mais elle appartenait à mes parents adoptifs, j'avais un frère et une sœur qui sont partis ailleurs alors c'est moi qui suis resté là ... Et comme ma femme est morte ... » Le Pikuni fit un geste vague comme si tout ça ne signifiait pas grand-chose, alors que son regard se posait sur le métier à tisser de sa femme. Depuis sa mort il n'y avait plus touché, et pourtant s'y remettre lui apporterait un peu de sous « Je suis prêt quand tu veux ... A moins que tu veuilles visiter  »

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Sujet: Re: En route vers l'aventure ! | Elouan
Sam 18 Nov - 17:56

Sa taille dissuasive hein ? Alors qu’Eirik était seul dans la maison d’Elouan, il pensa au gros chien dans l’entrée. Quelque part au fond de lui, ses cellules tremblaient. Il avait tenté de le cacher au maximum pour se préserver et ne pas paraître faible. Il détestait être faible, paranoïaque jusqu’au bout et convaincu qu’on lui voulait forcément du mal. Ou du moins, que la bonté était si rare qu’il pouvait la compter sur les doigts des deux mains, s’il était généreux. C’était ce côté blasé qui lui permettait de survivre jour après jour. Il ne donnait pas sa confiance à n’importe qui et il croyait qu’il avait raison.
Avait-il confiance en Elouan ? Assurément non, il était plus méfiant qu’autre chose. Son pressentiment concernant l’autre homme le retenait de tisser un lien profond et dense. Eirik ressentait un étrange sentiment dans cette maison. Il ne savait pas nécessairement comment réagir, ni de démêler ce qu’il ressentait. Il ressentait comme une forme de gêne. Voir un bien qui appartenait au berger créait un sentiment flou. Maintenant qu’il était seul ici, il tournait un peu en rond, laissant ses pensées virevolter, encore et encore. Eirik se demandait si Elouan allait trouver son cheval. Un bruit lui fit tourner la tête et il n’hésita pas à questionner l’autre brun qui venait d’arriver.

Le Rahjak était un homme direct qui n’avait pas peur de parler. Si Elouan n’avait pas trouvé un cheval, il n’aurait pas fait le voyage avec lui, sans aucune hésitation. Il hocha la tête face à la description concernant le cheval. « On ne fera pas une course, mais je m’en fiche. » Son but était d’arriver à la mer, qu’importe comment. Il n’avait aucune obligation dans sa vie. C’était cela le prix de la liberté, il était seul avec lui-même et ne devait rien à personne. Certains en auraient pleuré, mais pas lui. Il se sentait extrêmement à l’aise avec cela et sûr de lui. Eirik regarda la bouteille qu’Elouan rapporta. Il décida de s’asseoir avec à la table. « Avec plaisir. » Il était évident qu’ils étaient deux prédateurs qui se jaugeaient. A voir s’ils pouvaient devenir alliés ou se regarderaient toujours avec méfiance. Eirik déboucha la bouteille et se servit, ainsi qu’Elouan. Il approcha le verre à sa bouche, huma le breuvage et en avala une gorgée. « Très bon, c’est de la région ? » L’alcool aurait pu être empoissonné, mais il s’en fichait bien. Il passait un peu au-dessus de cela. Eirik contempla cette maison remplie d’histoire. Elle en avait vu défiler des gens, c’était sûr et certains. Le Rahjak tenait toujours son verre et sirotait le breuvage. La question d’Elouan le surprit et il posa lentement son verre.

Il observa en détail ce berger qui semblait inoffensif, mais il ne se laisserait pas prendre par son apparence. Il voyait bien son petit jeu, enfin pas aussi bien qu’il le voudrait, mais quand même. « Tu es sûr ? » Il ne voulait pas déranger ou envahir son espace. Le brun pensait ainsi. Finalement, il haussa les épaules. « Et puis pourquoi pas, je ne visite pas beaucoup de maison. » Et c’était bien vrai. La plupart du temps il voyageait, ne se posait nul-part. S’il se posait, c’était en auberge, rien de plus. Cela ne le dérangeait pas. Eirik n’irait jamais vivre dans une maison. Il pouvait trouver celles des autres belles et encore, mais sinon, cela l’indifférait complètement. Il trouvait luxueux, tout ce qu’on voulait, mais jamais il n’aurait de maison. Eirik avait bien trop la crainte qu’on le retrouvât et qu’on le tuât. Il était recherché et il était évident que tôt ou tard, on lui tomberait dessus. « Tu n’as jamais envisagé d’acheter quelque chose d’autre, de plus petit ? » Envisageait-il une seule seconde que les lieux avaient une valeur sentimentale ? Absolument pas. Il était largement au-dessus de cela.

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Eirik & Elouan

Sans doute pour les êtres possédant une grande empathie sans pour autant se prétendre eux-mêmes des "gentilles" personnes,  qu'un vide se creusait entre eux et le Pikuni. Car ce qui s'échappait de ce dernier relevait souvent du calcul, une espèce d'allure sympathique, ouverte à la conversation pour déclencher la confiance. Mais ça ne reflétait en rien la véritable identité du berger. Il détestait perdre le contrôle de lui ou des autres. Aussi pour ceux qui se laissaient facilement berner par les apparences, ils ne découvraient que du positif en Elouan. Ce qui expliquait qu'on l'appréciait en général dans son village. Il existait cependant une poignée d'irréductibles, qui demeuraient mal à l'aise ou méfiants en sa présence sans pour autant être dans la capacité d'offrir une raison valable à ce sentiment. Et visiblement l'esclave en fuite rejoignait ce petit groupe en se montrant dubitatif en ce qui concernait le Pikuni. Quant à lui, le berger devinait parfois les doutes que les autres éprouvaient à son sujet, alors il redoublait d'actes positifs en ce qui les concernaient sans jamais parvenir à les convaincre complètement. Pour ce qui était d'Eirik, il ne jouait son rôle qu'à demi, et estimant l'homme plutôt complexe ne comprenait pas encore son mode de fonctionnement. Et donc ne voyageait à ses côtés que pour le changement que ça lui procurerait sans essayer de le flouer.

Laissant sa monture à l'entrée, Elouan comprit très vite que finalement l'idée de voyager avec un chariot ne plaisait pas tant que ça à Eirik. Non que celui-ci lui eut dit directement mais probablement l'eut-il fait si le berger fut revenu bredouille. Car si ce dernier ne dévoilait pas grand-chose de lui, derrière ce visage avenant il interprétait très bien le moindre petit signe chez les autres « Parfait ! » Cela s'adressait autant à son acquiescement à l'annonce de l'équidé qui les rejoignait qu'à son accord pour boire un verre avant de se lancer dans l'aventure. Le pikuni se servit à la suite du Rahjak, tout en prenant place à moitié assit sur sa table, une mauvaise habitude que lui reprochait souvent sa femme disparue « Oui c'est ma femme qui l'avait préparé, elle savait y faire, une de ses dernières bouteilles » Détails peu important au fond pour le visiteur, mais qui confirmait sa curiosité. Bien qu'Elouan eut *aimé* son épouse dans toute la mesure ou il s'en révélait capable, il ne vivait pas dans le souvenir, ni le culte. Aussi ne conservait-il rien de cette dernière pour en perdurer le souvenir  « Mais j'en ferais certainement dans l'année à venir quand j'aurais finit ma transhumance et que j'aurais un peu le temps de m'occuper d'autre chose. Tu pourras toujours venir en goûter si tu passes dans le coin »

Proposition sincère qu'il n'offrait pas pour la vitrine. Pour le moment, et depuis le départ, sa déduction le poussait à agir au plus près de sa personne. Sans fard. Autant que faire se pouvait puisque depuis son adolescence Elouan calquait son attitude sur beaucoup de variantes. Au point de ne plus retrouver l'âme originelle de son être  « Si je le dis c'est que je suis sur oui » Répliqua le berger qui se demandait si cette question s'adressait au fait qu'il l'invita à visiter les lieux ou si le Pikuni démarrerait au quart de tour pour leur expédition. Dans les deux cas il ne mentait pas. Finalement il se retrouva guide l'espace de quelques minutes  « Oh peut-être que tu n'en as pas l'occasion très souvent, ici c'est assez simple, nous avons cette grande pièce qui servait de cuisine et d'endroit ou vivre général. La porte que tu vois là mène à la cave et l'autre au jardin secret de feu ma femme, elle était tisserande, son métier, matériel tout se trouve encore là. Non pas que je veuille le garder toujours mais je n'ai pas vraiment eut le temps de m'occuper de ranger tout ça avec le tremblement de terre, la perte de mes brebis, de mes chiens, le départ de ma fille ... » Il se dirigea vers les escaliers en bois ou son épouse trouva la mort indiquant l'étage  « Et la au-dessus il y à trois chambres ... En fait non je n'y ai jamais songé, j'ai grandi ici j'ai mes habitudes, je me dis que sans doute Oona voudra récupérer ce lieu plus tard ... »


Bon Galette des rois !:
 

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Sujet: Re: En route vers l'aventure ! | Elouan
Dim 4 Fév - 11:00

Parler de tout et de rien, avoir l’air normal, rien qu’un instant. Ces deux hommes effleuraient la normalité, deux loups dans une bergerie. Eirik savait faire semblant malgré sa maladie. Il avait beau avoir des humeurs changeantes, il savait jouer le rôle qu’il fallait pour survivre. Ce n’était pas pour rien qu’Eirik était ici auprès d’Elouan, il savait maintenir son rôle tout en sachant intuitivement que l’autre homme était différent des autres. Cette différence, il ne l’expliquait pas. Malgré tout, il savait que la différence pouvait être quelque chose de dangereux, de terrifiant et cela l’attirait. Son esprit déformait bien des choses et il en avait à peine conscience. C’était une des premières fois qu’il entendait parler de la défunte femme du berger. Il hocha la tête. « En effet, elle était douée. » Et c’était bon. On pouvait boire bien des choses, des fois c’était immonde, cela brûlait la gorge et ne servait à rien. D’autres fois, comme ici, l’alcool était magnifiquement contrebalancé pour laisser un goût sur les papilles. Eirik avait bu parfois pour oublier la réalité, se noyer dans les méandres de l’alcool pour oublier ses vérités qui le rongeaient au plus profond de lui-même. Il ne s’attendait pas à la gentillesse d’Elouan, difficile à dire si c’était vraiment de la gentillesse, quand l’homme parla d’alcool et de revenir une fois. « Avec plaisir, j’ai bu bien des choses et là c’est parfait. » Et il ne mentait pas. Il ne savait pas comment définir sa relation avec le berger, mais cela ne le travaillait pas pour l’instant. Eirik ne se posait pas trop de questions de manière générale.

L’ancien esclave avait hésité à visiter les lieux, mais finalement y céda. Il marcha calmement dans les lieux, regardant ce que l’homme lui expliquait. Il trouvait le lieu si riche, si intense, cela lui créait un drôle de sentiment. Jamais de sa vie il n’avait eu son lieu à lui, sa maison. Peut-être que cela lui ferait du bien, mais il se demandait vraiment si ce n’était pas une utopie. C’était un nomade, un voyageur qui n’aimait pas rester au même endroit, il avait toujours besoin de bouger, peur d’être rattrapé. Il tenta d’imaginer la femme d’Elouan, la tisserande. Il ne demanda pas depuis combien de temps la femme était morte. Il savait que cela pouvait être un sujet délicat et il préférait ne pas mettre les pieds là-dedans. Il ne voulait pas gérer la peine de cet homme. Même si venant d’Elouan, il l’imaginait très mal s’effondrer. Il semblait bien trop fort, pudique de ses émotions. Ils devaient être pareils. C’était du moins ce qu’Eirik supposait. Avait-il déjà entendu parler de la fille d’Elouan ? Peut-être, peut-être pas, il ne s’en souvenait pas. « Ta fille est partie en voyage ? » Est-ce que cela le regardait pourquoi la fille du berger était partie ? Assurément pas, mais il tentait de faire la conversation. Il s’approcha des escaliers, tout de même méfiant et sur ses gardes. « Grandir ici, y vivre et y mourir, quelle belle vie. » Il apprit ainsi le prénom de la fille, Oona. C’était un joli prénom, mais il n’en dit rien. Il n’avait jamais été père, selon lui, alors qu’il ignorait la vérité.

Eirik n’était pas un sentimental et il avait l’impression que cette conversation était en train de tourner au sentimental. Cela le gênait. Il termina cul sec son verre d’alcool fort. « On y va ? » Il était plutôt pressé, il restait difficilement au même endroit. Les seules exceptions étaient quand il dormait et devait reposer son corps des blessures. Même si ici, il ne risquait rien, il se sentait claustrophobe. Comme si les murs risquaient de se refermer sur lui. « Je t’attends dehors. » Eirik ne tenait plus en place. Il sortit de la maison et respira l’air frais. Il passa une main dans ses cheveux courts et s’approcha de sa monture nerveuse. Il le caressa, geste tendre qu’il avait rarement. Il ajusta la selle qui avait légèrement bougé du fait que l’étalon avait le ventre un peu dégonflé. Il ajusta la bride, le bruit du cuir le rassura. C’étaient des sons qui lui étaient familiers et l’ancraient dans le présent. Eirik ne savait pas s’il faisait une bonne chose de voyager avec Elouan. Une fois en selle, il ne craindrait plus rien. Il se sentirait mieux. Le brun grimpa en selle, encore souple malgré son âge avancé. Il avait tout de même prévu d’aller à la mer, donc aller avec Elouan ne le dérangeait pas.

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En route vers l'aventure ! | Elouan

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