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˜˜˜˜˜˜Dansons ensemble | Grace
maybe life should be about more than just surviving


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15/06/2015 330 Colin Farrell avengedinchains ancien esclave, participe à la rébellion Rahjak 97


Sujet: Dansons ensemble | Grace
Dim 11 Déc - 11:08

Il faisait des voyages réguliers jusqu’aux abords de Rahjak sans jamais se risquer dans sa cité natale. La rébellion était là et ne se laissait pas faire. Néanmoins, il restait en retrait et observait ce qui se passait. Les récents événements le rendaient songeurs. La délégation Rahjak qui allait voir les pikunis. Cela l’avait amusé. Il imaginait les siens, si arrogants, se pointer chez les pikunis si différents. Mais cela ne le regardait pas même s’il n’avait pas manqué d’envoyer des troubles fêtes. Il n’irait jamais en personne. Sa tête était mise à prix, on le recherchait, il s’était déjà enfui une fois. Il était dangereux, instable et sans limite. Il se rendait il ne savait trop où, laissant sa monture le guider vers leur chemin habituel. Il avait envie d’aller voir la mer, de passer par les cents voir une de ses victimes préférées. Malgré tout, cela faisait des jours que son étalon et lui voyageaient. Ils s’étaient reposés durant les nuits, dormant à l’abri et repartant le matin. Ils approchaient de l’auberge proche des deux petites rivières. Eirik se demandait s’il allait croiser des visages connus et d’un côté, il s’en fichait. Il mastiquait les plantes médicinales qui faisaient fuir les voix dans sa tête. Les crises s’étaient estompées. Il fallait avouer que depuis qu’il faisait la rébellion avec Kyran et Amalrik, sa soif de sang était nourrie. Il se sentait plus vivant que jamais et avait l’impression de mener une quête.

Cette quête se solderait par sa mort, bien évidemment. Eirik le savait depuis le début, il n’était pas éternel, il vieillissait. Ses os protestaient souvent et sa respiration changeait avec le temps. Malgré tout, il évitait de se montrer faible. Il n’était pas Rahjak pour rien. Il savait que s’il montrait la moindre faiblesse, il était fini, on le tuerait sans pitié. Cela ne lui faisait aucune peine, c’était ainsi. La dure loi de la jungle. On se battait ou on mourait. En tant qu’esclave en fuite, il savait où était sa place. Il arriva tard à l’auberge, mais il restait de la place pour sa monture. Il la délesta de la selle, de la bride et le laissa manger le foin avec plaisir alors qu’il pénétra dans l’auberge. On commençait à s’habituer à sa tête, même si on ne lui posait jamais de questions. De toute manière, il répondait rarement. Il était un mur qui ne parlait pas. Il alla déposer son maigre sac de fortune dans une chambre moyenne, mais il s’en fichait. Un lit lui suffisait, pour le reste, tant pis. Eirik descendit et en profita pour commander à manger et à boire, la soirée ne faisait que commencer.

Les gens parlaient, riaient, certains voyageurs faisaient même de la musique alors que d’autres dansaient. L’alcool réchauffait les âmes et les corps. Eirik avait fini de manger depuis longtemps, dégustant son alcool dans sa choppe, il observait les corps qui se trémoussaient. Il écoutait vaguement ce qui se disait, observant les gens. Il était toujours attentif pour vérifier que des mercenaires ne se cachaient pas. Le tavernier buvait aussi, animant la soirée de sa voix grave, Eirik l’écoutait à peine. Il remarqua alors une femme, une rousse très belle. Le brun avait une relation particulière avec les femmes. Il les détestait et les aimait, d’une certaine manière. Il ne s’approchait jamais d’elles pour s’accoupler, pour lui ce n’était rien d’autre. L’acte en lui-même l’avait conduit à naître, à avoir cette vie de chien. Alors non merci. Quand on était esclave, on évitait de tomber amoureux, de désirer quelqu’un. Cela devenait un point de pression pour les maîtres. On faisait sa « vie » en solitaire si on pouvait dire ainsi les choses. Il continuait pourtant d’observer cette rouquine, cette peau claire, cette beauté. Eirik pensait rarement ainsi. Cela ne le gênait pas de fixer quelqu’un ainsi. Au pire, elle l’engueulerait. Il suffisait de passer la plus grande partie avec des femmes esclaves et cela vous guérissait de toutes les femmes agressives. Il en avait croisé des femmes et cela avait toujours été compliqué.

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Sujet: Re: Dansons ensemble | Grace
Dim 29 Jan - 20:47

Ils donnent l’impression d’être des rêves éveillés auxquels on se laisse bercer telle la caresse d’une mère à son enfant. Ils vous emportent dans ce voyage troublant sans qu’il n’y ait de cesse, sans qu’il n’y ait d’explication à ce manège en mouvement. Flâner apporte les pleins pouvoirs à ce corps qui d’habitude se contente de suivre les moindres caprices de l’esprit. Il ouvre une dimension nouvelle à ce que je ne sais pas expliquer ou dire de vive voix : regardons les faits en face, il n’y a pas de raison particulière pour me mener d’un endroit à un autre s’il n’y a pas eu de réflexion au préalable sur le sujet. La course devrait être hasardeuse, le fruit du résultat une suite de probabilité optant pour cette finale direction et pas une autre. Les paramètres sont-ils pourtant si imprévus qu’ils semblent l’être ? Ou n’est-ce qu’une manière de plus de tromper l’ennemi, une manière comme une autre de jouer avec lui, plutôt que de s’en faire un allié de taille ? Rien ne semblait familier et pourtant ne sévissaient que vagues d’impression parsemées sur une mer écarlate, fourmillante de secrets. Pourquoi la dessiner pourpre quand le turquoise se reflétait sous les rayons chauds de l’astre solaire ? Au plus elle devenait terne, pires étaient les images liées à cette sensation d’insécurité, de malaise intérieur. L’héritage de ces années n’en était pourtant que fruit d’émerveillement et joie intérieure, face à la lumière de cette vie grandissante et remplissant le quotidien d’un bonheur infini.

Illuminée face à la nuit noire, la taverne se dresse en oubli retrouvé, songe d’une soirée hivernale en compagnie d’une femme, d’une amie fraîchement revenue. Son identité n’a plus de sens, les raisons qui nous liaient se murent face à ce chemin cherchant à contourner l’obstacle pour progresser, tirer le fil de la pelote. Pour aller où ? Pour quoi faire ? D’idées, nulle ne me venait à l’esprit tandis que je m’engouffrais à l’intérieur de l’établissement très animé. Cet endroit ne s’apparentait aucunement à mon mode de vie, ma façon d’être. Vestige des folies, du laisser-aller, mon passé ne me raccrochait aucunement à ces vices, si bien que j’en venais à me poser cette question : qui étais-je ?

Sous les rires gras de ces hommes imbibés, cette odeur calfeutrée de boisson emplissant mes narines avec un dégoût amer au fond de la gorge. Ces dames se pavanaient autour de ceux qui ne se gênaient nullement pour leur caresser la cuisse et les mettre en condition pour la suite des festivités, quand l’alcool frelaté les aurait transporté dans le monde des âmes errantes ; cela ne représente qu’une façade amusante, qu’une illusion déformée de ceux qui s’ennuient, laissent courir leur esprit vers l’oisiveté et l’oubli, pour cesser de penser ou réfléchir. Je les observe sans mot dire, tournant ma tête ça et là pour suivre les différents scénarios de ceux qui passent du bon temps sous ce toit. Spectatrice, j’ai l’impression de n’être qu’une étrangère en retrait de cette scène se déroulant sous mes yeux. Au centre de la pièce pourtant, je devrais être le protagoniste principal ; seulement je n’existe pas, partie d’un décor simple au bois verni de bière fraîchement renversée sur le plancher.

Actrice, je le serai lorsqu’il sera temps d’entrer en scène, d’attirer les regards intéressés des hommes promenant leurs yeux au hasard des fines chevilles ou des poitrines généreuses avant d’étudier brièvement leur visage. Ce n’était qu’une image rapide afin de savoir s’il n’était pas trop repoussant pour l’intéressé. Les voraces y faisaient leur nid, tandis que les morceaux de viande n’avait d’autre choix que de se laisser faire. Sous ces préjugés à connotation plutôt négative, mon approche face à l’homme m’observant depuis tantôt ne fut pas la même que celle pensée en généralités. Il y avait toujours cette hésitation, celle pour me dire que ces étrangers ne l’étaient pas forcément. Vertige d’illusionniste, semant le doute dans mon propre esprit, je me risquais à le lui demander directement, sans crainte de passer pour une folle. Dans tous les cas, il suffirait de justifier cette amnésie pour que la situation apparaisse légitime. La spectatrice prenait place dans ce décor qui ne lui ressemblait pas, tentant maladroitement de paraitre à l’aise.

« Nous connaissons-nous ? Vous semblez m’observer comme si c’était le cas »


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15/06/2015 330 Colin Farrell avengedinchains ancien esclave, participe à la rébellion Rahjak 97


Sujet: Re: Dansons ensemble | Grace
Jeu 16 Fév - 18:26

Eirik observait toute cette scène sans vraiment réfléchir. Il se sentait un peu en dehors de la réalité, réagissant à peine. Les gens buvaient, riaient, les femmes se frottaient, montraient leurs atouts pour ceux que cela intéressait. Le brun s’en fichait. Il regardait une femme en particulier. Elle semblait très différente des autres, en dehors du temps. On aurait dit une naufragée. L’homme ne bougeait pas, le regard figé sur elle sans aucune gêne. Pourquoi aurait-il dû se gêner ? N’était-elle pas là parmi les autres à se montrer l’air de rien ? Cela ne voulait-il pas dire qu’elle voulait qu’on la regarde, comme les autres ? Il ne la lâchait pas du regard, tout simplement fasciné. Elle était différente de certaines femmes qu’il avait pu croiser dans le passé. Eirik n’émettait aucun souhait à ce qu’elle vienne. Il se contentait de la fixer très calmement. Il faisait complètement le vide autour de lui, ne faisant pas attention aux gens qui l’entouraient. Il la vit alors approcher et se dit qu’il avait un sacré don pour une fois. Elle semblait perdue comme en pleine mer et peut-être bien que l’homme serait disposé à l’aider. Pour l’instant, Eirik observa son joli petit visage, sa chevelure de feu qui aurait paru bien étrange chez les Rahjaks. Des gens habitués au soleil, à la chaleur, cela rendait la peau mate. La peau du fuyard était moins mate qu’autrefois, mais il n’était pas aussi pâle qu’elle.

« Pas à ce que je sache. Oh vous êtes là, parmi les gens. Je croyais que vous vouliez qu’on vous regarde. » Il ne lui parlait pas méchamment, mais se montrait mordant. Il ne se démontait pas facilement devant cette jolie nymphe. Il lui fit un signe. Soit elle acceptait de venir à ses côtés, soit pas. « Asseyez-vous. » Si elle le désirait. Il ne le précisa pas. Elle semblait du genre indépendant. Mais il ne faisait que le supposer car ce n’était pas marqué sur son front. Eirik se pencha légèrement en arrière, le coude appuyé négligemment sur le dossier de sa chaise. « On ne vous a jamais observée ? » Une simple question. Il ne se forçait pas à faire la conversation car il ne voyait pas l’intérêt, clairement. Il parlait que quand c’était nécessaire, c’était tout. Soit on faisait avec, soit on n’acceptait pas du tout. Le brun la regarda, prenant une gorgée de son verre. Il ne prit même pas la peine de lui demander si elle voulait. Il pouvait se montrer grossier s’il le décidait. Il appréciait les femmes indépendantes et la plupart du temps, Eirik se sentait obligé de provoquer les femmes. Rien que pour voir si elles réagissaient, ou pas. Il avait croisé bien des femmes et du fait de son éducation, il en avait prises énormément pour des imbéciles. D’un côté, elles avaient souvent le don pour ne pas défendre leurs causes, comme si elles se soumettaient aux faits d’être des bécasses. Eirik se demandait si c’était si intéressant de paraître bête, mais il garda sa réflexion pour lui. Cette femme n’aurait pas compris, elle n’était pas dans sa tête à suivre son débat intérieur.

Cette femme-ci dont il ignorait tout serait-elle différente ? Il ne demandait pas vraiment à voir, enfermé comme il était dans ses préjugés. Peut-être était-elle comme toutes les autres. Peut-être bien était-là pour se montrer, pour faire sa belle. Il ne demandait qu’à voir. Peut-être qu’Eirik la détruirait. Tout dépendait de la réaction de cette femme si belle. Car belle, elle l’était, il fallait le lui accorder. Impossible de dire le contraire. Mais la beauté était éphémère et partait bien plus vite que l'énergie vitale qui vous maintenait debout.

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Sujet: Re: Dansons ensemble | Grace
Lun 24 Avr - 0:05

La connaissez-vous cette sensation de vous trouver dans cette pièce sans pour autant être partie prenante de l’action ? D’avoir l’étrange impression de n’être qu’un élément du décor qui se contente d’observer, constater, témoin d’une scène à laquelle un voile invisible m’empêche de rejoindre la scène. Je suis cette spectatrice qui ne parvient aucunement à me plonger dans la scène, à me balancer à son rythme et à la suivre. Il y a comme un décalage permanent, comme une impression que le voile qui me sépare de cette insouciante taverne se veut plus opaque que prévu. Je n’ai pas de ciseau pour le déchirer, pas de canif pour le trancher. Finalement, ce confort de non implication, serait-ce finalement la solution de facilité envisagée ? Ou est-ce à la fois une accoutumance et un calvaire ? Parmi ces visages qui m’observent, l’un d’eux franchit le pas entre le langage de nos corps et cette parole qui se fait entendre. Il est de ceux qui intimident tout autant qu’ils intriguent. LE pas semble pourtant avoir été franchi, de ma part étonnamment, quand il n’avait aucunement l’air de chercher le moindre contact. Un autre observateur, dans sa bulle que je venais de percer avec grande indélicatesse. A peine dérangé, son visage demeure impassible pourtant, serein. Je n’ai rien à lui demander, rien de réellement nécessaire, hormis celui de comprendre si nous nous connaissons du passé. Ce qui n’a pas l’air d’être le cas. Le motif est en réalité tout autre.

« Pas nécessairement. Navrée de vous avoir dérangé.»

Je hausse les épaules, désintéressée par cette remarque qui ne me fait au fond, ni chaud ni froid. Pourtant je cherche à m’éloigner, à fuir ce contact humain, comme s’il m’était presque douloureux de finalement faire partie de la scène, de m’amuser comme tous les autres clients de l’établissement. La fuite n’est-elle donc pas dans les mœurs la plus belle des  lâchetés ? Tout comme le suicide disent-ils, tout comme tuer un adversaire à terre, désarmé. Comme si un simple instant pouvait suffire à déduire le reste. Comme si une fraction d’une existence pouvait expliquer l’essence d’un choix, d’une décision. Pourquoi cesse-t-il de ma course dans le sens opposé pour m’inviter à prendre place ? Pourquoi ne me le laisserait-il pas repartir d’où je viens, pour que nous retrouvions chacun nos bulles respectives sans chercher davantage le moindre contact ? Trop de questions, pour se trouver une excuse, une raison, quand il est inutile d’en avoir une. Je m’exécute machinalement et prends place à ses côtés, tel un pantin obéissant. Comme un automatisme. Nullement contrainte, laissant au langage corporel le soin de s’exprimer, d’aller au bout de son phrasé.

Nos regards se croisent. Je n’ai pas peur et pourtant, il devrait m’effrayer. Aucune femme n’apprécie d’être dévisagée par un inconnu avec insistance. Le regard se détournerait à la seconde de trop, celle qui dépasserait le temps habituel d’observation de l’autre. Après on baisse les yeux, on les détourne, mais rarement on le soutient. Pourtant c’est ce qu’il se passe, c’est ce qui arrive, comme une certaine curiosité logée dans la prunelle de l’autre. Nous n’avons pas grand-chose à nous dire. Il n’est pas de ceux qui causent. Pourtant la compagnie semble étrangement agréable.

« Evidemment. Bien trop parfois. Je n’aime pas être le centre de l’attention. Je préfère être passée sans avoir été vue. »

C’est plus simple, plus confortable. Il n’y a pas à se poser de questions selon lesquelles autrui aurait pu vous juger, vous observer et désapprouver vos faits et gestes. S’il ne vous voit pas, il ne sait pas, et ne peut émettre un avis négatif.
Et pourtant il m’a vue. Pourtant je sais qu’une tignasse aussi flamboyante que la mienne ne permet pas de faire preuve de la discrétion souhaitée. J’accepte. Je n’apprécierai pas de renier cette singularité par simple accoutumance.

« Vous dansez ? »

Je l’invite au voyage, tendant une main dans sa direction. Il semble trop crispé pour faire partie de ces hommes qui se laissent aisément entrainer dans la ritournelle des pas endiablés avec ceux de leurs partenaires. Se pourrait-il qu’il accepte malgré une maladresse, un franchissement vers un domaine inconnu ? Il pourrait surprendre, comme il ne cesse de le faire depuis que ce premier contact a débuté.

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15/06/2015 330 Colin Farrell avengedinchains ancien esclave, participe à la rébellion Rahjak 97


Sujet: Re: Dansons ensemble | Grace
Lun 15 Mai - 21:14

Quelle étrange rencontre se dit Eirik. A quoi jouait-il en ce moment ? Il risquait gros. Et pourtant cette femme aussi étrange que lui, était proche de lui en ce moment-même. Elle ne le dérangeait pas, mais il ne le dit pas. Ils semblaient avoir quelque chose en commun. Quoi ? Difficile à dire. Ils ne semblaient pas à leurs places. Eirik venait d’envahir cette femme et voulait la tester. Elle provoquait quelque chose dans cet esprit malade qui frémissait à peine. Elle ne partait pas en courant, ne semblait pas le craindre. Elle s’assit quand il le lui demanda. Enfin une femme obéissante qui ne lui désobéissait pas et il en fut très heureux. Il la regardait, ne détournait pas le regard. L’homme ne forçait pas la conversation. Il parlait que quand il en avait envie, rien de plus. Il ne se forçait jamais. Il s’en fichait bien de ce qu’on pouvait penser et dire à son sujet. C’était bien le dernier de ses problèmes à dire vrai. Il faisait ce qui lui chantait car il se l’autorisait. Il ne se gênait aucunement. Il s’en fichait des codes de la société, il emmerdait la société. Eirik avait bien trop souffert de se plier aux règles de sa tribu. Ce n’était qu’en s’enfuyant qu’il avait compris l’importance de se soucier de lui et que de lui. Il regarda cette femme et lui posa une question très osée.

Il pencha la tête de côté alors qu’elle affirma préférer passer sans être vue. Sa réponse ne manqua pas de le faire sourire. « Comment ne pas vous voir ? » Elle n’était pas le genre qu’on ne voyait pas. Elle dégageait quelque chose de particulier qui pouvait fasciner. Il ne lui demanda pas pourquoi elle ne voulait pas être vue. Elle devait avoir ses raisons, des raisons qu’il ne comprendrait probablement pas. Ce fut pour cela qu’il ne posa aucune question. Il n’en avait pas envie et il n’en voyait pas l’intérêt. Si elle ne développait pas plus ses paroles, c’était qu’elle ne devait pas vouloir en dire plus. Il respectait ce choix de vie car Eirik était exactement pareil. Elle lui posa une question étrange. Danser, lui ? Il la détailla, se demandant bien si elle se moquait de lui d’une quelconque façon. Il regarda cette main tendue et sans réfléchir, il prit sa main. Elle avait les mains fines en comparaison des siennes. Il avait les mains larges, calleuses, usées par le travail à la mine. Eirik se leva, lui tenant la main et cela ne provoquait rien. Il ne se gênait pas. L’homme regarda la piste. Cela en ferait des contacts physiques. Il n’apprécierait pas, mais ne tuerait pas pour autant. Car oui, il portait une lame sur lui. La musique était étrangement entraînante.

Peut-être qu’autrefois il avait aimé la musique. « Je ne vous pensais pas capable de danser. Là on va vous voir. » Murmura-t-il sur la fin pour qu’elle seule entente. Comment voulait-elle danser ? Loin de lui, ou près ? Eirik la rapprocha de lui. Il était plus grand qu’elle. Il se mit à bouger, lentement. La musique était difficile à appréhender selon lui. Pour une femme qui ne désirait pas être vue, on les verrait. Ils attirèrent quelques regards, mais pas trop. Le brun était le genre d’homme qui détestait être dévisagé. Il pouvait tuer si cela le contrariait trop. Il se mit à onduler légèrement des hanches. Aussi proche de cette femme, il pouvait sentir son odeur. Ils ne s’étaient même pas présentés, ni même dit leurs prénoms. Ils étaient de vulgaires inconnus, mais ce n’était pas grave. L’homme continuait de danser, ne s’arrêtant pas. Il appréciait moyennement cela, mais cette femme provoquait quelque chose en lui. Elle ne voulait pas le faire parler visiblement. Tout était si simple soudainement. Eirik avait rarement connu cela dans sa maigre existence. Il se posait le moins de questions possible, il n’était pas en danger de mort. On ne lui voulait aucun mal.

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Sujet: Re: Dansons ensemble | Grace
Mar 11 Juil - 1:04

Ces regards en coin, ces sourires insolents qu’ils projettent, ne sont que le pâle reflet des chasseurs en quête d’une proie à séduire. Femme-objet, femme séductrice, ils laissent leurs instincts primaires s’éveiller au lieu de traduire par cette deuxième lecture bien d’autres indices, à des kilomètres de ce qui se traduit. Ils ne sauront jamais, eux, ne comprendront jamais. Lui ne venait pas avec cette idée en tête. Lui venait pour autre chose, pour cette curiosité qui l’éveille, pour ce besoin qu’il ne sait pas traduire, qu’il ressent et laisse s’exprimer. Il vient extérioriser son malaise,  le laisser s’échapper pour s’en libérer, par l’expression de sens, et la créativité de son esprit. Il marche sur un fil, et regarde le vide sans crainte. Peu importe qu’il tombe, il trouvera moyen de se relever, et survivre. C’est un homme qui a vécu, souffert. De son corps se dégage cette aura que peu pourraient deviner. Une carapace se dessine et pourtant elle ne semble aucunement présente à l’heure actuelle. Ou plutôt elle n’envahit pas, ne détruit pas. Se laisse simplement guider sur le moment, l’instant. Calme.
 
« Vous seriez étonné. Seuls les observateurs aguerris me remarquent. Ils savent comment me percevoir »

C’est une réponse osée, un brin provocant, plaçant cet illustre inconnu au-dessus de tous les autres. Un simple fait. Il y a de la nuance chez cet homme, des couleurs certes ternes et meurtries, mais il dégage en son aura la complexité d’une existence déchirée par la douleur. Il semble malheureusement s’être forgé homme qu’à travers elle, ne lui laissant même pas d’occasion pour qu’une autre émotion, moins violente, le fasse homme. Cette piste se crée sous nos pas, se dessine, invisible, sur le parquet grinçant de la taverne. Pour nous, pas pour eux. Notre espace, notre endroit. Notre bulle. Que quelqu’un tente de l’éclater, il en paiera le prix et la douleur qui s’en suit. Il n’aura pas de place, nous ne lui en laisserons pas.

« Et vous alors. Je n’aurais pas pensé que vous oseriez vous lancer » Un temps. « Je suis accompagnée. Cela ne me gêne plus. »

« Plus ». Non « pas ». Le stade a évolué, changé. Il s’est laissé porter par une idée nouvelle, ce diamant brut indomptable et téméraire. Ce n’est pas un homme simple, encore moins un idiot parlant avec ses besoins primaires. C’est un être complexe, intriguant. Que l’on souhaiterait connaitre, au-delà de la carcasse extérieure. Qui pour autant demeurera à l’état sauvage, indomptable. Qui malgré tout se laisse tenter, en rythme.

C’est une danse lente, exécutée au millimètre près. Paramétrée note à note, suivant la rigueur du papier à musique ? Non, elle se détache, s’effiloche, tremblote. Hésitante, les pas se laissent bercer d’un endroit à un autre, en suspens sur une surface futile. Ce n’est pas le moment, pas encore. Personne ne se laisse porter, tous s’enivrent sous des litres d’alcool frelaté. Il n’y a que nous pour bercer le temps. Libres, indomptables. Puissants et forts, prêts à braver toutes les mers malgré nos hésitations, nos maladresses.

Nous nous recherchons sur ce fil, mais la connexion existe, se forge. Union de nos âmes morcelées. Ces dernières n’ont pas besoin de placer des mots pour exprimer nos émotions, pour laisser leurs plaies se rouvrir à l’expression de cette note en apparence légère. Pas pour nous. Ces pas ne font que traduire nos troubles passés, présents ; ceux que nous aimerions laisser derrière nous à l’avenir, ceux que nous ne pouvons prononcer, pas même murmurer. Ceux qui nous font souffrir, recouvrant d’un linceul l’optimisme enfoui, délaissé. Dans ces tentatives vaines de le laisser s’échapper, il y a parfois ce moment, inattendu, intrépide, incontrôlable, qui offre une perspective jamais envisagée et pourtant se fait une place, alors que ma pensée n’aurait jamais imaginé qu’elle existât.

Il se laisse séduire par ce qu’il n’a pas l’habitude de faire. Ou peut-être n’a-t-il jamais dansé ? C’est puissant, étonnant. Agréable. Une note de velours dans un brouhaha d’imbéciles. La taverne n’est pas un lieu opportun pour des rencontres sereines. Et pourtant je ne peux m’empêcher d’y mettre parfois les pieds pour observer ce monde de la nuit. Après tout, qui mieux que les voyageurs de passage pour attester de la dangerosité environnante ? Ces témoins du monde attestent de la violence ou de la paix présente sur la route qu’ils traversent. Ils la sentent, l’attrapent, ou la rejettent.

« On pourrait croire que vous êtes un expert dans ce domaine »

On pourrait croire, deviner, imaginer. Mais je sais que ce n’est là qu’une illusion de nos âmes pour se laisser envouter l’espace d’un instant dans un moment si loin de la réalité que personne ne saura l’atteindre pour le briser.

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15/06/2015 330 Colin Farrell avengedinchains ancien esclave, participe à la rébellion Rahjak 97


Sujet: Re: Dansons ensemble | Grace
Dim 30 Juil - 22:13

Peut-être bien avait-elle raison, qu’on ne la percevait pas forcément. Eirik appréciait ce mystère qu’elle cultivait. Il ne savait pas et ne voulait finalement pas le savoir, mais ils parlaient sans qu’aucun ne fuit. Il était évident que vu la personnalité de chacun, tôt ou tard l’un d’eux risquait de fuir. Mais pour l’instant, ce n’était pas le cas. Lui non plus n’aurait jamais osé se lancer. Il haussa simplement les épaules pour marquer le coup. Il avait bien noté le « gêne plus », mais Eirik n’était pas un homme qui fanfaronnait. Il s’en fichait bien. Ils se mettent à danser ensemble et le Rahjak baissa légèrement ses défenses. Il se fit moins alerte et bougea au rythme du son. Il savait danser. Quelqu’un lui avait un jour appris à apprécier le bon son. Cela avait été une bulle de répit dans son enfer évident. Ce n’était rien de sexuel entre la belle rousse et le brun écorché. Non c’était l’appel de deux âmes détruites qui continuaient d’exister. Ils bougeaient et ils profitaient de cela. Eirik pouvait sentir son odeur, mais cela ne le dérangeait. Il n’était pas dérangé par la proximité de leurs corps. Ils dansaient ensemble. Bien ou mal selon les avis. En rythme ou en déséquilibre selon les autres, mais ils dansaient. Ils formaient un duo alors qu’ils s’enveloppaient dans leur monde au fil de la musique. Ils devenaient deux silhouettes alors que les gens autour buvaient et oubliaient leur existence. Ils n’étaient que des mirages, ils n’existaient plus vraiment.

Eirik s’enveloppait de cette ambiance, de ce que dégageait femme. Elle semblait brisée et pourtant, elle devait être forte pour être encore debout alors qu’elle semblait connaître comme lui une souffrance intense. Mais c’était la souffrance qui devait les maintenir debout, en tout cas pour le brun. Il posa son regard foncé et intense sur elle alors qu’elle affirma qu’on pourrait croire qu’il était un expert dans la danse. Un sourire étrange fleurit sur le visage de l’ancien esclave. « On pourrait croire que vous aussi. » Il ne cessa pas de danser, il continua de bouger. Il se sentit étrangement vivant contre le corps de cette femme. Eirik ignorait ce qui se passait. « Ils vont croire que je vous veux. » Il ne la voulait pas, ne la draguait pas. Pour autant, il ne la laisserait pas encore partir. C’était une rencontre étrange. Ce genre de rencontre qu’on ne comprenait pas. Ce genre de rencontre qu’on ne nommait pas. Il avait entendu ce genre de légende. Ces gens qu’on croisait et qu’une connexion se faisait. Comme si les âmes de leurs ancêtres les poussaient à se reconnaître, ou alors comme s’ils se connaissaient déjà. Il avait ressenti cette sensation si peu de fois. Eirik se retenait de se protéger, de partir, de fuir, mais il ne le fit pas.

Il resta contre cette belle rousse, mais sa beauté était secondaire. Le brun se laissa aller, ses épaules se détendirent et il se permit un geste. La main dans le creux du dos de la femme, il baissa légèrement la tête, un peu comme s’il allait poser sa tête sur son épaule, mais pas tout à fait. Sa joue effleura l’oreille de la femme. Il ne l’embrasserait pas, jamais. Sa bouche était bien trop loin et il ne désirait pas cela. Quelques regards glissèrent sur eux et les gens devaient bien se dire que c’était la bête et la belle. La bête dangereuse qui pourrait dévorer la belle brisée. La bête était elle aussi brisée, prête à mordre. Le regard d’Eirik brilla d’une lueur dangereuse alors qu’il dévisagea quelqu’un dans la foule, un visage au hasard. Une menace lancée en l’air, une menace pour tous ceux qui oseraient s’approcher. « Vous êtes comme moi. » Nous sommes brisés. Il recroisa son regard, affronta le fond de son âme et lui laissa voir les ténèbres qui le maintenaient debout et qui pouvaient détruire n’importe qui. Il avait envie de savoir qui elle était. La musique autour d’eux se fit lente, plus propice à la lenteur des mouvements de hanche. Eirik ralentit le pas, son corps bougeaient de lui-même. Son cœur suivait la musique. La musique était un langage universel qui parlait à n’importe qui. « Eirik. » Il ne dit pas je m’appelle, non, c’était un peu une devinette. Devine qui je suis petite âme brisée. C’était un appel silencieux. Si elle devinait, alors ils étaient semblables.

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Sujet: Re: Dansons ensemble | Grace
Lun 11 Sep - 22:12

Les bien-pensants le qualifieraient de mal incarné, de danger, de personne à fuir, à éviter. L’apparence est le seul critère de sélection, le seul en qui ils se fient pour se donner une opinion. Tangible, frêle, mais surtout fausse, ils n’ont pas compris combien l’erreur est grande. Au-delà de cette figure austère, de ce monstre que certains se plairaient à murmurer pour se donner l’illusion d’être mieux lotis que lui. L’étranger vaut cent fois davantage : lui ne se contente pas de la première image. Quand l’illusion et le rêve laissent dévoiler une réalité parfois brutale, seul le brave reste pour affronter l’inconnu pour l’illuminer sous son meilleur profil. Le cœur ne se trouve pas nécessairement au creux des jolies apparences, parfois nichée dans un recoin auquel personne ne porterait la moindre attention. Il y a au fond de cet homme un trésor dissimulé, caché à l’abri des curieux qui se laisseraient tenter par l’appât du gain. Bien mal leur fasse, ils s’égareront dans un dédale insignifiant de rage et de sang. Il me laisse entrer, sans que je n’aie frappé à la porte. Sous nos pas glissant sur le parquet désormais collant de ces bières renversées, la danse nous entraine sans le savoir dans ces contrées inaccessibles au commun des mortels : celles qui ne laissent l’accès libre qu’aux âmes morcelées.
Un sourire. Des mots murmurés à son oreille.
« Ils ne prendront donc pas le risque de nous importuner »

La réalité n’a plus de saveur. Nous nous laissons entrainer dans cette hypnose de nos sens, dans ce lien qui nous lie, inconsciemment l’un à l’autre, sans que nous ne l’ayons provoqué. Les mots ne suffisent pas, trop tranchés pour décrire avec précision ce qui submerge actuellement nos êtres entiers. Le poids de nos âmes s’allègent, la charge s’amoindrit, nous laissant flotter, entrainés par des vents favorables. Cette force me surprend, me pousse à me relever, pour retrouver l’être abandonné. Les morceaux, par milliers éparpillés sur le sol, semblent infinis : puzzle de mes rêves, cauchemar de mon avenir. Je les vois également, ses blessures, en charpie, rongées par les rats affamés. A deux, nos âmes se réparent, se recomposent : loin de cette réalité qui nous meurtrit, à l’abri de ses sombres desseins, il me semble avoir trouvé un endroit paisible où mon esprit se laisse emporter par la chaleur de ces bras. Tournoyons sur nous-mêmes, libérés de ces contrariétés devenues secondaires, allégés de nos peines. Mes prunelles surgissent de leur évanescente plongée irréelle pour se croiser les siennes. C’était inutile de le mentionner : je le sens.

« Je dirais plutôt que nous sommes semblables »

Nos vies ne ressemblent aucunement à ces chemins tout tracés que la plupart ont choisi. Sinueux, enchevêtrés, disparaissant parfois, les sentiers ne se suivent pas : ils se créent. Les aléas pourront empêcher à cette créativité de s’étendre, de se relever et d’exister. Nous avons été étouffés par ce monde trop lourd pour nos frêles épaules. Contre lui, j’aperçois comme un espoir d’enfin être comprise par une personne. Ici, ils ne peuvent comprendre. Imaginer ne leur donnera pas l’accès au ressenti, à l’émotion : la plus empathique des personnes ne pourra percevoir complètement cette sensation de perdre ce qui vous appartenait sans que vous n’en ayez conscience. Il ne saura pas les épreuves traversées par cette poitrine arrachée de douleur par le deuil, détruite par les entrailles de la terre vous forçant à rester digne tandis que vous n’êtes plus rien aux yeux de quiconque qu’un objet. Je sens cette émotion avec une force effrayante, tandis que le souvenir manque. J’ai peur maintenant et pourtant je poursuis cette danse avec lui.

« Grace »

Machinalement, une main quitte celle de mon partenaire pour se diriger vers le point le plus vulnérable de l’homme. Il pourrait m’empêcher de l’atteindre, il pourrait m’arracher le membre pour avoir osé l’approcher. Qu’à cela ne tienne, je ne crains nullement. Mes doigts se déposent délicatement sur ce cœur morcelé, meurtri par ce qu’il a subi, souffert. Vivace, il se bat, jour à après jour, résiste, subsiste, se tient encore debout. Envers et contre tout.

« Vivant. Il affrontera encore des épreuves. »

Un message. De l’espoir ? Il n’en a pas besoin. Sans doute ne sait-il pas non plus quel chemin emprunter. Recoller les morceaux ? Pas son genre également. Que recherche-t-il alors ? Une personne pour le comprendre ? Au fond, une qui n’a pas nécessairement besoin d’un millier de questions pour lire à travers son essence et accepter l’être tel qu’il est.

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15/06/2015 330 Colin Farrell avengedinchains ancien esclave, participe à la rébellion Rahjak 97


Sujet: Re: Dansons ensemble | Grace
Lun 2 Oct - 21:18

Tant mieux s’ils n’étaient pas importunés. Eirik n’hésiterait pas à briser ceux qui se mettraient entre eux. Un simple d’esprit dirait que c’était un coup de foudre, mais ce n’était pas le cas. On ne parlait pas d’amour. C’était autre chose de bien plus complexe. Ils dansaient, leurs âmes semblaient se retrouver après un long voyage. Ils dégageaient quelque chose de magnétique côte à côte. Ils attiraient le regard. Ils étaient les deux brisés. Ils se comprenaient alors qu’ils ne se connaissaient pas. Eirik croisa son regard clair, il avait le visage inexpressif, mais elle ne semblait pas avoir peur de lui. Elle était différente des autres. Oui ils étaient semblables et Eirik inclina la tête pour opiner. Il continuait de danser avec elle. Il était presque infatigable. Il ne savait même pas si la musique était encore présente, il se laissait aller au gré de ses envies et s’en fichait bien du reste. Le Rahjak tint à se présenter de manière très succincte, mais il le fit. Eirik eut l’impression que la rousse avait peur, mais cela tenait plus d’une sensation que d’une réelle observation. Il ne savait pas s’il avait raison et ne le demanda pas. Il se contenta de dire son prénom et l’écouta dire le sien. Il aurait pu lui demander tant de choses, mais ne le fit pas. Il n’était pas curieux. Eirik tressaillit quand la main de Grace se posa sur son cœur. Ses pupilles se dilatèrent, non pas d’excitation, mais d’un autre sentiment, plus fort.

De l’agressivité, l’impression d’être en danger et de devoir se défendre. Mais elle ne lui voulait rien de mal souffla une petite voix dans son esprit, tout irait bien. Alors lentement, son corps se détendit et il se laissa aller plus facilement. Oui, c’était vivant, il battait encore malgré les épreuves difficiles que le corps et l’esprit d’Eirik avaient affronté. Le brun tendit sa main et lentement, comme une demande de permission muette, il glissa sa main le long du cou de Grace. Il descendit progressivement jusqu’à déposer sa main sous son sein gauche, là où le cœur battait. « Toi aussi. » Il avait cessé de danser, mais c’était la danse muette de leurs mains qui venait de s’entamer. Eirik sonda le regard de Grace et il sut qu’elle avait traversé des choses horribles, infectes, mais qu’elle était encore debout. Elle avait vécu l’enfer, ils comprenaient les atrocités de ce monde. « Sortons. » Pour éviter que les regards continuassent de les épier. Cela commençait à agacer le Rahjak et il risquait de s’énerver sérieusement s’il sentait encore un regard sur lui. Il prit Grace par la main et se dirigea vers la sortie sans savoir si elle le suivrait ou si elle lui résisterait.

L’homme poussa la porte et l’air frais lui claqua au visage. Il se sentit revivre et se rendit compte alors de la chaleur étouffante dans l’auberge. L’homme tourna son regard sur Grace. Une question le hantait, une question très importante. « Combien de temps restes-tu ici ? » Il lui paraissait inconcevable de la voir partir alors qu’il venait de faire sa rencontre si particulière. Maintenant qu’Eirik ne dansait plus, il se sentait étrangement vide, pas à sa place. Il avait besoin du contact de Grace même s’il serait incapable d’expliquer pourquoi. Le brun tendit la main et effleura le poignet de la femme. Il se demanda un instant s’il avait rêvé toute cette situation. Peut-être bien, peut-être que rien de tout ceci n’était réel et qu’il l’avait imaginée dans sa tête. Eirik n’avait jamais eu d’hallucinations de ce genre. C’était plus des voix dans sa tête, mais elles étaient calmes depuis bien longtemps. Entendait-elle des voix elle aussi ? Il ne savait pas comment le demander et ne se sentait pas de le faire. Lui qui n'avait peur de rien, ne voulait pas parler des voix.
 

Dansons ensemble | Grace

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