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˜˜˜˜˜˜and love never ends (Cassian)
maybe life should be about more than just surviving


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11/11/2016 Appletini/Maude 123 Bridget Satterlee BALACLAVA Mercenaire ; botanique & combat 0


Sujet: and love never ends (Cassian)
Dim 4 Déc - 17:39

and love never ends
Scylla & Cassian

« Merci » Tu t'empares de la petite bourse qu'il te tend et tu tournes les talons sans même un regard supplémentaire pour ta cible et son bourreau. En quittant le bâtiment, tu attaches la bourse remplie de pièce à ta ceinture, non loin de ton poignard et à porté de main. Tu te diriges tranquillement vers la maison familiale en espérant pouvoir t'y reposer. Tu as une salle tronche et tu en es consciente, mais cela ne t'inquiète pas plus que ça. Il y a déjà quelques heures que la douleur a passées. Les zébrures sur ton visage et tes vêtements en mauvais état ne font que te rappeler la capture d'un homme qui ne souhaitait pas revenir dans la cité. Le désespoir du condamné. Tu es lasse et tu n'as qu'une seule envie, celle de t’effondrer sur ton lit et de dormir pour quelques heures, ou même quelques jours. Tu penses l'avoir amplement mérité et tu espères seulement que personne à la maison ne t'en empêchera. Surtout Cassian. Tu souhaites fortement que ce dernier soit du côté des étables à s'occuper de ses esclaves, cela t'évitera son regard accusateur. N'empêche que d'un autre côté, il pourrait tout aussi bien te soulager de ses blessures qui inévitablement finiront par se faire sentir à nouveau. Tu soupires, repoussant tes cheveux en bataille vers l'arrière. Ton pas est lourd, plus qu'à l'habitude, tu as essuyé une chute en souhaitant soumettre de ta cible, et cela, à eu aussi des conséquences, rien de grave, mais pas moins dérangeant.

Tu aperçois les contours de la maison au loin, elle se dessine dans l'ombre alors que le soleil amorce sa descente. Tu ralentis le pas, moins pressé d'arriver que précédemment ... Tu redoutes le fait que l'un des membres soit présent pour t'accueillir dans un tel état. Tu laisseras un petit mot à Kamil avec la bourse, refusant que ce dernier te voie dans un tel état. Tu pousses mollement la porte d'entrée, ayant hésité à emprunter une porte secondaire. Tu te retrouves face à ton frère et son regard inquisiteur. Il ne manquera certainement pas de te faire la morale, tu peux compter là-dessus. Il est plutôt doué pour ça. « Cassian » Un simple murmure, un son qui s'échappe discrètement d'entre tes lèvres. Tu envisages la possibilité de simplement passée ton chemin et de te diriger vers ta chambre, mais tu y renonces bien vite te laissant tomber sur un canapé.
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13/09/2016 Anticarde 2227 Evan Peters Varghounette ♥ (avatar) - soeur d'armes (crackship) - Tumblr (gif profil + signe) - Ashiri ♥ (picspam) Sorcier - Médecine & apothicaire spécialité Poison. 18
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Sujet: Re: and love never ends (Cassian)
Sam 24 Déc - 4:05

Il est tard. La nuit approche à pas de velours et Scylla n'est toujours pas rentrée. Il la sait en mission. Quelque part. Quelque part au-delà des murailles de la cité de Feu, à talonner un fugitif ou à errer dans les méandres d'un infâme coupe-gorge de la ville basse, à échanger des politesses avec quelque malfrat que des commanditaires véreux auraient épinglé à son tableau de chasse. Il déteste ce qu'elle fait. Sa petite sœur ne devrait pas avoir à risquer sa chère peau de la sorte. A chaque fois qu'elle quitte le nid, armée jusqu'aux dents, il sent toujours ses entrailles se resserrer comme un nid de vipères blessées. Avec le temps, s'il a appris à lui faire grâce de ses interminables galimatias de mises en garde, s'il a cessé de soudoyer quelques gamins des rues pour la prendre en filature et lui rapporter le fruit de leurs observations, Cassian ne peut s'empêcher de se faire du mauvais sang. Il faut bien vivre avec. Il ne peut décemment pas la faire enfermer dans un couvent au nom de ses petites inquiétudes fraternelles. Cela jurerait avec l'esprit libre de Scylla, avec son caractère de lionne farouche.

Mais quand même. Elle aurait dû rentrer plus tôt. Une petite mission sans envergure, lui avait-elle précisé ? Fadaises. Comme souvent, Cassian s'est mis en tête de veiller jusqu'à son retour. Ayant pris ses quartiers dans le salon, il s'est installé dans l'un des canapés qui ornent la grande pièce avec de quoi tenir un véritable siège. Sur la table basse, des volutes de vapeur s'échappent du bec verseur d'une lourde théière de fonte à la anse ouvragée. A portée de main, une horde de manuscrits qui ne feront pas long feu contre sa curiosité avide. Si les contacts avec ses semblables sont laborieux, maladroits, souvent parsemés de silences gênés, il lit à une vitesse fulgurante et sa main effleure la reliure d'un ouvrage avec une chaleur qui lui fait cruellement défaut ailleurs. Penché cette nuit sur un traité d'anatomie, l'empoisonneur oublie l'heure qui file jusqu'à cet instant. Les gonds de la porte émettent un grincement torturé. Aussi leste qu'un chat, il se redresse instinctivement, les pupilles alertes. La voilà. Il sourirait volontiers si ses élans n'étaient pas refroidis aussi vite par l'allure dépenaillée de sa petite soeur. Elle est blessée.

"Scylla." Murmure Cassian, dardant sur elle un regard insondable. Il la détaille point par point, de la tête au pied, comme s'il cherchait déjà à comprendre ce qui lui était arrivé, comme s'il n'avait pas la patience de la questionner. Sans attendre, il referme son livre avec une telle prestesse que les pages étouffées soufflent dans ses boucles blondes. Le doute n'est plus permis : il l'attendait. Il jouait les plantons, et pour rien au monde elle n'aurait pu filer entre ses griffes. Déposant le manuscrit sur la table basse, Cassian se lève souplement alors que Scylla s'effondre dans un canapé attenant.

"Il est tard... Scylla. Il fait nuit." Souffle t-il d'une voix équivoque, à mi-chemin entre la douceur, l'inquiétude et la reproche. A pas feutrés, il s'approche d'elle, s'agenouille à même le sol, croisant ses avant-bras sur la bordure du canapé sur lequel sa petite sœur a jeté son dévolu. Ses yeux vifs la dissèquent avec plus d'attention encore, s'attardent sur les commotions et éraflures qui lui raturent le visage. Elle semble lasse, épuisée, fermée, évitante, ce qui n'est pas sans affûter les soupçons de Cassian. Il sait pertinemment qu'elle lui ment. Qu'elle lui ment quant à la nature des missions qu'elle accepte. Elle rentre la plupart du temps amochée, qu'il s'agisse de vulgaires écorchures ou de lésions plus entamées. Et les blessures parlent à Cassian. Bien plus honnêtement que les mots.

"J'étais inquiet. Regarde l'état dans lequel tu es... J'aime pas." Non, il n'aime pas. S'il pouvait lui soutirer les noms de ses malfaiteurs, nul doute qu'il irait les refroidir à sa façon, pas vraiment dans les règles d'un duel convenable, pas vraiment au décours d'un glorieux face à face. Il s'en prendrait même à ses commanditaires, tiens, qui ont osé l'incomber elle, d'une mission risquée. Légèrement penché sur elle, il repousse d'un index une mèche de ses cheveux, découvrant alors une partie de son visage meurtri. De longues secondes, il observe ses égratignures aussi fines que les griffures d'un chat. De loin, il a cru à des estafilades plus profondes, comme si la pointe d'une lame s'était amusée à gribouiller sur son visage des dessins d'enfant. Il a eu peur. A mieux y regarder, il s'agit sans doute d'avantage des ongles d'une harpie qui s'est débattue de toutes ses forces, n'ébréchant la peau que par endroits. Si les lésions ne sont pas profondes, la peau est abrasée, sillonnée de rougeurs. Du bout du doigt, il longe l'angle de sa mâchoire, cueillant une écaille de sang coagulé.

"Non, j'aime pas. J'aime pas du tout." Répète t-il sur le ton d'une imprécation, d'une voix sombre dont les mots semblent des maléfices jetés dans la nuit noire. "C'est qui ?"

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11/11/2016 Appletini/Maude 123 Bridget Satterlee BALACLAVA Mercenaire ; botanique & combat 0


Sujet: Re: and love never ends (Cassian)
Mar 27 Déc - 21:32

and love never ends
Scylla & Cassian

Ce regard inquisiteur qu'il pose sur toi. À la recherche de la moindre marque, de la moindre égratignure, ne manque pas de te mettre légèrement mal à l'aise. Tu sais qu'il n'apprécie pas de te voir dans un tel état et c'est sans t'approcher de lui que tu as choisi de te laisser tomber mollement sur un vieux canapé attenant au sien. « Tu as raison, il est tard, tu devrais être couché. » Le souffle court, un faible sourire sur tes lèvres, présent inutilement dans l'espoir de rassurer ton frère quant à ta condition. Tu essaies en vain de cacher tes blessures à l'aide de quelques mèches dorées qui entourent frivolement ton doux visage de poupée. Blessé, meurtri ... Salement amoché.

Malgré tout, Cassian ne manque rien. Repoussant ces quelques mèches de ton visage sans peine, ce qui ne manque pas de te faire grimacer. Il observe, ce sang séché qui parsème ton visage, que tu n'as pas eu le temps de nettoyer. Idiote. Tu repousses doucement sa main, la gardant néanmoins dans la tienne. Tu l'observes, tout comme lui t'observe, mais ce que tu vois dans ses yeux ne te plaît pas. Tu aimerais apaiser ses doutes, ses craintes et cette lueur de colère qui flotte au fond de ses pupilles, mais tu ne sais pas comment. « Mon état ?! ... Ce n'est rien. Je vais m'en remettre sans problème. D'ici quelques jours, on n'y verra plus rien. » Tu ne prends pas la peine de sourire, tu n'en as plus la force et cela ne parviendrait à rassurer personne. Mais ce que tu dis est vrai, ton grand frère y veillera très certainement. Il n'est pas content, tu le sens. Tu sais que ce n'est pas de ta faute, pas directement du moins ... Mais tu es tout de même à la base de ce qui le tourment et cela t'ennuie. Sa voix ... Cette intonation menaçante qui fait écho à la lueur de colère dansante que tu as aperçue dans son regard. Tu libères finalement sa main, prisonnière de la tienne. « Tu n'as pas à t'en faire ... Plus maintenant du moins. » Tu masses légèrement ta jambe, qui recommence à être douloureuse, même maintenant qu'elle ne force plus. « Je ne serais probablement pas ici si le problème n'avait pas été réglé. »

Tu le regardes à nouveau dans les yeux. Ne lui offrant qu'une partie de la vérité, mais sans teinter le tout de mensonges. Ça n'en vaut pas la peine et tu n'es pas certaine d'être en mesure de lui mentir ... Tu te contentes de lui dissimuler une partie des informations en ta possession. Il est toujours agenouillé devant toi, à attendre des réponses, mais tu te contentes de déposer un doux baiser sur son front. « Tu ne devrais pas t'inquiéter ainsi. » Cela te faisait mal au coeur de le voir ainsi, à cause de toi. Tu n'avais pas envie qu'il reste éveiller ainsi à l'affût du moindre mouvement, chaque fois que tu partais en mission ... Mais tu savais pertinemment n'avoir aucun contrôle sur lui. Aucun pouvoir ... Même si en temps normal, il prenait en compte ce que tu lui disais.
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Sujet: Re: and love never ends (Cassian)
Dim 15 Jan - 0:00

Couché, à cette heure-ci ? Un sourire jaune pique les lèvres de l'Empoisonneur. Plus les années passent, plus son sommeil s'effiloche, s'abîme, se corrode. Si Cassian s'attache quelques fois à respecter les heures du couvre-feu, tâchant d'honorer le rituel du coucher, l'insomnie finit toujours par rentrer dans la Danse. Des démons s'amusent à tirer ses paupières sur des sclérotiques rougis, veinés, baignés de cauchemars tout croquant de mandibules et de pinces géantes. Et quand ce ne sont ces songes effrayants qui les taraudent, c'est le ballet incessant de pensées obsessionnelles, de réflexions paranoïaques. Alors, voguant entre épuisement et hantise, il demeure dans ses draps blancs, hagard, brûlant de longues heures à la chiche lumière d'une lampe à huile, tantôt à compulser des manuscrits indigestes ou couchant sur le papier les rebondissements de ses aventures de chimiste, passées dans l'infiniment petit. Plus les années passent, et plus Cassian délaisse sa chambre d'enfant au profit de son atelier, pratiquant des horaires nocturnes. La nuit tombée est si propice à l'étude et au travail que le Sorcier les écoule souvent au Noctarium, cette échoppe devenue son repaire, son nid de solitude. Il ne profite réellement de ses pénates que lors des temps de fêtes, ou lorsqu'il sait Scylla rentrant avant la nuit. Alors il n'hésite pas à mettre en suspend le tambour battant de ses travaux trémulant. Elle est sans doute la dernière personne au monde capable de l'arracher, d'un claquement de doigts, à la frénésie des expériences macabres qui l'étreint si sauvagement. Il s'en faudrait de peu, pour que les temps nouveaux les séparent, pour que leur hideuse métamorphose en adultes les transforment en deux inconnus l'un pour l'autre. Mais comme s'il s'agissait d'un commun accord silencieux, chacun continue d'esquisser de petits efforts opiniâtres pour préserver leur lien, pour ne pas se noyer totalement dans les carrières qu'ils ont embrassés avec ardeur, les faisant dériver vers des horizons aux antipodes l'un de l'autre.

Non, il ne dort plus vraiment, depuis longtemps. Peut-être deux heures d'une somnolence entrecoupée de sursauts fébriles, en journée, lorsque l'épuisement le rattrape, véhément comme un coup de gourdin dans l'occiput. Mais le monde grouille de murmures, de grenouillages et de guets-apens qui lui subtilisent l'once de quiétude nécessaire au repos. Ne fait-elle pas partie, elle, sa petite sœur, par ailleurs, de la horde de ses inquiétudes galopantes ? N'y occupe t-elle pas une place de choix ? Egoïste comme il est, Cassian pourrait sans nul doute se fendre d'un regard accusateur et lui reprocher les mille tourments dont il est frappé ; ce serait facile et perfide, mais tout à fait le genre de la maison. Il agirait de la sorte avec n'importe qui d'autre, à vrai dire. En revanche, jamais il n'a eu la force ou l'envie de se dresser contre sa petite sœur, de briser même médiocrement leur étrange unité. Elle a l'étoffe d'une princesse, dans son cœur féroce. Il la sait redoutable, bien plus que lui, mais il ne peut s'empêcher de l'observer comme si elle n'était qu'une peau fragile, qu'un échafaudage d'osselets ténus, qu'une âme précieuse que le monde ne peut que souiller. Scylla a écarté sa main prospectrice, la gardant contre elle. Leurs quatre yeux se croisent dans le prisme d'une inquiétude palpable et réciproque, qui alourdit chaque seconde de silence. Elle lui sert des banalités, pour le rassurer, lesquelles se heurtent au visage hiératique de l'Empoisonneur sans trouver la moindre résonance. Il semble davantage écouter la complainte de ses écorchures, les vocalises de sa jambe contusionnée, les nœuds de douleur qui mordent sa silhouette dansante, sourd aux couleuvres qu'elle tente de lui faire avaler. Et puis elle n'a pas répondu à sa question. Qui a fait ça ? Elle n'y répondra pas. Elle n'y a jamais répondu. Elle sait ce qui adviendrait, si un nom surgissait dans la conversation.

"On ne verra plus rien... sans doute." Tempête Cassian à voix basse, et un cruel sentiment d'impuissance éraille sa voix claire. "On ne verra plus rien, parce que de nouvelles blessures viendront recouvrir les anciennes." Et combien de temps cela durera ? Est-ce que le corps de sa soeur deviendra un palimpseste de meurtrissures, un tissu de coutures et de vieilles fronces, sans qu'il ne puisse rien y faire ? Il aimerait se dire que ses talents de guérisseur auront toujours raison des pires dégradations, qu'il arrivera toujours à temps, qu'une chance insolente épargnera Scylla de ces coups de surin bien placés qui tuent sans fioriture. Mais Cassian a vu tant de mercenaires massacrés passer entre ses mains. Parfois des guerriers condamnés pour qui ses potions ne pouvaient faire que taire les cris inarticulés, les râles souffreteux. Parfois des corps mutilés pour lesquels la chirurgie, pour lesquels ses techniques les plus avant-gardistes ne seraient que souffrances acharnées et inutiles. Il connaît la vulnérabilité frivole des hommes, l'harmonie fragile que recèle les entrailles des cuirs durcis que sont ceux des pires barbares. Ces pensées ombragées de fatalisme, il les ravale en même temps qu'une salive acide. Le baiser de Scylla sur son front vient ébaucher une trêve, une rupture avec les augures funestes qu'il ne peut pas s'empêcher de remâcher, d'imaginer de manière maladive. Ce frêle contact le ré-amarre au présent, à la réalité. Elle est là, ce soir, et il lui appartient de souffler sur les ronces imaginaires qu'elle a hérité de ses échauffourées. C'est sans doute la seule chose qu'il peut faire pour la soulager. Par le passé, ils sont déjà entrés en bisbille à de nombreuses reprises lorsque les missions de Scylla venaient sur le tapis. Ils se sont disputés grièvement, et ces lancinants et éternels statu quo n'ont jamais fait que les malmener un peu plus tous les deux, bien vainement. Un sourire triste, presque tremblant, tire sur les commissures du Sorcier.

"Non. Je ne devrais pas... m'inquiéter." Répète t-il non sans difficulté, avec l'amertume de se sentir bonimenteur pour lui-même. Sombrement, Cassian opine du chef, semblant par là accepter les mots rassurants qu'elle dévide dans l'atmosphère. Le même hochement de tête que s'il était contraint d'accepter une noire évidence, l'ombre d'une épée de Damoclès dansant au-dessus de sa tête. "Tout va bien, oui. Tout va bien... et tout ira bien. Tu as... raison." Murmure t-il, les yeux un instant gorgés d'un vide effrayant, sidéral. Un battement de cils, et le voilà qui rend un regard plein de tendresse à Scylla, changeant d'expressions comme de masques vénitiens. "Tu es la meilleure mercenaire de la Cité, de toute façon. Qui pourrait bien déjouer tes bottes secrètes ?" Ajoute t-il, introduisant une note d'ironie aigre-douce afin de dénouer les tensions naissantes entre eux. Ces paroles auraient pu être celles d'un enfant de dix ans. Ces paroles sont anachroniques, semblent jaillir du passé, ramènent à la vie leurs discussions de galopins, naïves et intrépides, bien qu'un frémissement dans sa voix ne trahisse l'adulte désenchanté qu'il est devenu. "D'ailleurs, tu crois que si je me risque à t'approcher le temps de quelques soins... tu te retiendras de me casser le bras par pur réflexe ?" Lâche t-il, arborant une expression chafouine digne des coyotes qui écument le désert, à la lisière de la Cité de Feu. Moqueur, ses yeux noirs, dédales de ténèbres dans lesquels la lumière se perd à jamais, n'en scrutent pas moins chaque soubresaut, chaque raideur, chaque langueur dolente à enrayer les gestes de sa petite sœur. Dans la machine infernale de son crâne, déjà, aux signes cliniques répondent tout un arsenal de thérapeutiques. Le menton posé sagement sur l'entrecroisée de ses bras, Cassian la scrute, tous ses sens tendus vers elle.

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11/11/2016 Appletini/Maude 123 Bridget Satterlee BALACLAVA Mercenaire ; botanique & combat 0


Sujet: Re: and love never ends (Cassian)
Ven 27 Jan - 1:44

and love never ends
Scylla & Cassian

La fatigue que tu avais ressentie à ton arrivée te rattrape, indéniablement. Tu te sens lourde, inutile et tes yeux peinent visiblement à rester ouverts. Néanmoins, la présence de Cassian te permet de reste éveillé, t'apportant le peu d'énergie qu'il te manquait pour terminer la journée. Sa présence a longtemps été pour toi une source de réconfort et il en est encore ainsi. Malgré tout, cette douleur que tu ressens, un peu partout et qui traverse tes membres par pulsions, suivant le rythme des battements de ton coeur, te force à grimacer sans cesse ou à serrer les dents, un peu plus à chaque minute. Tu sais bien que le sorcier en face de toi n'est pas n'importe lequel et qu'il n'est pas dupe, cependant, tu continues de faire comme si de rien n'était ... Comme si tout cela n'était pas grave et que tes blessures ne l'étaient guère plus. C'est probablement ce qui te cause une si grande fatigue, et ce, sans même que tu t'en rendes compte. Il n'est pas simple de combattre ainsi la douleur et ton corps, tout comme ton esprit y est entièrement dévoué en ce moment. Ton esprit, se concentre pour ne rien dévoiler et ton corps, lui, se charge de faire ce qu'il fait de mieux ... Combattre, résister, survivre. Autant de chose qui sont devenus presque comme un réflexe chez toi. C'est dans ce genre de moment, ceux où tu veux paraître aussi solide que le roc, que la mercenaire prend parfois le dessus, du moins physiquement.

Ton frère continue de t'ausculter, enclenchant sans cesse des grimaces de ta part, qui se mêler à celles simplement causé par la douleur. Malgré toute la douceur dont il fait preuve, certaines blessures restent meurtries et résistent au temps. Lorsqu'il s'adresse à toi concernant tes blessures, ton coeur se serre. Totalement consciente de la véracité de ses paroles qui résonne néanmoins durement à tes oreilles. Tu le prends comme un reproche, surement en est-ce une. Pourtant, ce genre de reproches, même si tu as un mal fou à les entendre, ne te ferait changer d'idée pour rien au monde. Tu as déjà envisagé de laisser tomber le métier, dans les débuts, alors que tu ne le faisais que pour ramener de l'argent et que cela semblait si dur à tes yeux ... Mais plus le temps avançait, plus tu te voyais difficilement retourner à ta petite vie tranquille, dans la maison familiale, qui éveillait en toi plus de mauvais souvenirs que de bon. Tu poses un doux regard sur ton frère, ne sachant quoi dire pour lui remonter le moral ou même pour l'apaiser, ce qui te permettrait, par la même occasion, de te sentir un peu moins coupable. Tu te contentes donc de l'observer, encore un moment. Espérant que sa colère s'apaisera, qu'il passera l'éponge et qu'il restera calme face à tout ceci. La dernière chose que tu voudrais, c'est lui causer du souci, mais visiblement, tu es incapable de l'éviter et t'empêcher de vivre n'est certainement pas une solution envisageable. Dans tous les cas, Cassian ne serait surement pas du genre à te dicter comment mener ta vie, il est plutôt du genre à grommeler dans son coin ... Eh puis, même s'il tentait une telle chose, tu n'en ferais qu'à ta tête et il le sait. Tu n'es pas complètement tête en l'air et tu n'en fais pas toujours qu'à ta tête, mais il y a des choses sur lesquelles tu es intransigeante. Jeune demoiselle au sang chaud. Tu n'es certainement pas née dans la mauvaise tribu.

Après les reproches, ton frère semble faire comme si tout allait bien, comme si les demi-mensonges que tu lui racontais étaient réels. Véridiques. Ne suffit-il pas de dire que tout ira bien pour que ce soit le cas ? Peut-être bien, il faut avoir foi, même si cela peut s'avérer difficile dans certains cas ... Et particulièrement dans le tien. Le destin s'est plus d'une fois joué de toi. Tu soupires, légèrement découragé par la situation, mais tu restes éveillée et consciente. Tu forces un sourire, en réaction aux paroles de ton frère. « Mes bottes secrètes ? » Tu hausses un sourcil. « Tu sais très bien que je suis tout sauf discrète. » Tu souris à nouveau, repensant aux quelques parties de cache-cache que vous aviez disputées dans votre jeunesse. Tu étais d'une nullité incroyable à ce jeu et tu l'avais boudé pendant des années. Tu frissonnes, il ne fait pas froid, mais visiblement, la fatigue te cause de petits soucis. Tu serres les bras contre ta poitrine, pour tenter de te réchauffer un peu et tu poses à nouveau le regard sur tes blessures et sur ton frère, qui continue d'examiner ses dernières. Il tente visiblement de détendre l'atmosphère et cela fonctionne, dans la mesure du possible. Un léger sourire flotte toujours sur tes lèvres et tu t'adosses, plus profondément dans le fauteuil que tu occupes toujours. « Je pense que tu ne risques rien ... Par contre, si tu appuies au mauvais endroit et que ça fait un mal de chien, je ne te garantis rien. » Qui sait ? Les réflexes, ça se contrôle mal. Évidemment, Cassian était plutôt doux avec elle et jamais il ne te ferait de mal volontairement, mais vu la quantité de blessures qui ornaient ton corps et le sérieux de certaines d'entre elles, tu préférais ne pas penser à la suite. « De toute manière, je pourrais pas me permettre de repousser la personne la mieux placer pour me rafistoler dans les règles de l'art ! » La pure et simple vérité et tu ne pouvais le nier, ton frère était doué dans ce qu'il faisait et tu avais pleinement confiance en lui.
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Sujet: Re: and love never ends (Cassian)
Lun 20 Mar - 23:34

Une accalmie, dans la grande résidence des Saadas. Une trêve, pour ces murs rompus de tensions, soufflés de secrets, harassés d'éternelles bisbilles. Dans le grand séjour de la bâtisse érigée de bois lustré et de pierre ocre, la nuit ne parvient jamais totalement à percer. Le vent qui s'engouffre dans le trou à fumée attise une nuée de brandons au dessus des braises, lesquels jettent alentour des picotis de lumière qui suffisent à habiter l’atmosphère, à réincarner la chaleur des journées, et qui éclaboussent le corps endolori de Scylla. Elle semble si fragile, en cette heure. Elle tremble comme une feuille, recroquevillée comme une enfant blottie dans la tempête alors que ses ecchymoses s'obscurcissent, se gorgent de nuits violacées. Sa petite silhouette cabossée jure avec tout ce décor rupin qui ne les protège de rien, qui ne vaut guère mieux que les grands rideaux d'un théâtre tombés sur une mascarade. A quoi bon, toutes ces illusions vernissées, si chacun d'eux doit se tuer, s'avilir à la tâche ? Ne vaudrait-il pas mieux tout laisser se fracasser, accepter et embrasser la faillite, au lieu de talonner cette noblesse perdue, toute taillée de brumes, à en perdre l'haleine et la vie ? Hier encore, et puis demain sans doute, Cassian vous répondra qu'il tient à ses privilèges et à son rang, qu'il n'a rien de commun avec la lie du peuple, que la famille Saada est une constante inaltérable de l'aristocratie Rahjak. Pourtant, à cet instant, voir Scylla si vulnérable lui donne envie de casser tout ce qui se trouve autour de lui. De déchirer les étoffes précieuses, de défoncer les marqueteries d'ivoires, de briser la céramique peinte. S'il se bâillonne intérieurement, bien des signes trahissent la tempête qui sourd dans ses tripes. Quelques gestes crispés. Des tics nerveux, qui tirent ses traits et ses muscles pareils à de petites électrodes.

Elle admet manquer de discrétion. Cassian esquisse un haussement d'épaules désespéré, comme s'il s'agissait là d'une catastrophe naturelle imparable avec laquelle il avait appris à composer courageusement. "Ah ça, je ne te le fais pas dire." Souffle t-il, faussement désemparé, ne pouvant retenir un sourire renard. "D'ailleurs, je t'ai entendue arriver. Tu fais trembler les murs. On se croirait sur le passage d'un troupeau d'éléphants." Renchérit-il affectueusement, et si d'ordinaire l'empoisonneur a le sarcasme particulièrement corrosif, ses piques perdent tout leur mordant lorsqu'il s'agit de sa petite soeur, se transformant en vagues brimades mutines.

Scylla ne se fait pas prier pour lui tenir la réplique, par ailleurs, ressuscitant leurs chicanes enfantines en ces temps tourmentés. La confiance qu'elle place en lui parvient à glisser un sourire lumineux sur sa figure aride, tant cavée par l'antipathie, la psychose et l'épouvante. Ses dernières paroles sont un baume de miel pour son cœur lapidé. Elle est sans doute la seule personne au monde qui lui inspire une empathie brûlante au moment de dispenser ses soins, quand ses autres patients lui sont des mécaniques défectueuses, quand ils traitent les peaux blessées comme des tôles gondolées, quand les organes lui apparaissent telles des pompes, des treuils, des leviers percutés. Une once de chaleur se diffuse dans sa poitrine. Cassian se désintéresse alors de leurs affectueuses pitreries, bien décidé à s'occuper d'elle, à enrayer tous les processus délétères à l'oeuvre dans sa chair, à défier la nature pour qu'elle se sente, ne serait-ce qu'un peu mieux.

"Je vais essayer de ne pas faire trop long." Articule t-il d'une voix qu'il aimerait paisible, qui retentit nouée. "Encore quelques minutes à endurer... et tu pourras dormir. D'accord ? Il y a certaines plaies... qu'il faut désinfecter. Pas demain. Non. Pas demain..." Murmure t-il, presque désolé, comme s'il tenait à se justifier en regard de la fatigue qui afflige Scylla. "Après, je te laisse tranquille." Ajoute t-il, bien conscient qu'elle s'échine à sauver les apparences.

Il a déjà identifié quelques gênes, dont cette jambe dolente et des raideurs éparses qui transparaissent dans ses faits et gestes les plus réduits. Tâchant d'en tenir compte, d'épargner les points d'appuis qui semblent la vriller, Cassian se rapproche d'elle et glisse un bras dans son dos, contre ses omoplates, le second dans le creux de ses genoux. Doucement, il l'attire contre lui, prenant gare à sa tête lourde du charivari des combats qu'il accueille au creux de son épaule. Sans plus tarder, il l'arrache aux confins du canapé dans lequel elle menaçait de s'endormir, ramassée sur elle-même. Une impulsion dans le jarret, et l'empoisonneur recouvre sa verticale avec une facilité déconcertante. Elle est si légère. Un oiseau. Plus distinctement encore, il perçoit les frissons qui dardent sa peau de pêche. Cassian serre les dents en silence. Est-ce là une simple fatigue, ou alors une fièvre qui patiente la mi-nuit pour exploser ? Laissant le vaste séjour derrière lui, le puîné Saada engloutit les degrés d'un bel escalier de pierre brossée qui zigzague d'étage en étage, sous le commandement d'une main-courante aux ferronneries sinueuses. Dans les hauteurs de la résidence, les chambres. Frère et sœur passent subrepticement devant la porte de Noah, absent aux belles heures du soir, aussi Cassian ne peut s'empêcher d'y décocher un regard on ne peut plus mitigé, comme si l'huis clos répondait des manquements de son occupant. "Je ne l'ai pas vu de la soirée." Dit-il sombrement, sans s'arrêter.

Le Sorcier poursuit sa route jusqu'au pallier de sa propre chambre, qui s'est transformée au fil des années en petite dépendance de l'échoppe qu'il tient au coeur de la Cité de Feu. Il donne du pied dans le vantail dont les gonds impeccablement graissés – par des esclaves qu'il incendie quotidiennement pour leurs négligences – révèlent un univers de silence et d'étude. Le sommeil l'a fui depuis longtemps, aussi meuble t-il allègrement ses nuits en travaillant, encore et toujours, plongeant dans les recettes de poisons fulgurants, de remèdes miracles, observant sur des lamelles de verre les animalcules de plaies suppurantes interagir, anotant sur des carnets les péripéties de ses voyages dans l'infiniment petit. Du reste, il a ici à portée de main tout le matériel nécessaire pour panser, rafistoler, et une horde de molécules en bocaux prêtes à rabrouer les douleurs de la mercenaire Saada. Sur les murs, des schémas griffonnés, des planches d'écorchés en pagaille, dignes de figurer dans une galerie des horreurs. La science n'a pas d'états d'âmes. Sauf lorsqu'il s'agit de sa petite sœur, préciserait Cassian.

Posant un genou à terre, il dépose Scylla sur sa literie impeccable qui n'a pas accueilli sa longue carcasse depuis des lustres, servant davantage de plan d'appoint. Se fendant de contorsions presque comiques tout en retenant le corps contusionné de sa soeur, Cassian donne quelques coups dans les coussins et aménage les draps de manière à créer un coin douillet, glissant quelques épaisseurs d'étoffes sous sa jambe blessée. Un vrai petit ange aux tendances maniaques, qui perd néanmoins vite de sa patience lorsqu'un gros rat hirsute jaillit de nul part, entamant une course folle sur le lit. "Ah ! Avogadro ! Dégage de là ! Pas maintenant !" Lâche t-il, balayant d'un revers l'immonde boule de poils qui repart se terrer dans les ombres, comprenant que la jeune fille n'a rien d'une patiente lambda qu'il pourrait renifler à sa guise. Un instant, Cassian s'accoude au lit de la même manière qu'il s'était accoudé au canapé et lui tend son regard plein d'inquiétudes muettes, de silence respectueux et tendresse fraternelle comme il l'a toujours fait. "Allez, pas de chichi. Je sais que tu es une dure à cuire." Dit-il avec un sourire forcé, un peu hésitant. "Dis-moi ou tu es blessée. Ta jambe. Ton visage. Ailleurs ?" Et cette fois ci, pas d’auscultation pernicieuse à l'horizon, pas d'observations appesanties, pas d'expériences inhumaines, juste le minimum requis avant qu'elle ne s'octroie le repos du guerrier.

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11/11/2016 Appletini/Maude 123 Bridget Satterlee BALACLAVA Mercenaire ; botanique & combat 0


Sujet: Re: and love never ends (Cassian)
Jeu 4 Mai - 0:06

and love never ends
Scylla & Cassian

Un troupeau d'éléphants ? Tu hausses un sourcil, incertaine. Il exagère, c'est certain. Tu n'es certes pas discrète, mais il y a quand même des limites. Tu souris néanmoins après lui avoir lancé un regard en coin. « Un troupeau d'éléphants ? J'ai quand même un peu plus de grâce, non ? » Une affirmation ? Une question ? Toi-même, tu n'es pas certaine d'avoir plus de grâce qu'un éléphant, mais tu essaies de rattraper la situation, pas le choix. Tu n'es certainement pas la plus féminine des demoiselles, mais cela ne t'a jamais particulièrement dérangé. T'aurais presque envie de répliquer un truc pour agacer ton frère, mais rien ne te vient. Toi qui d'ordinaire ne te fais pas prier pour lancer des bêtises. La fatigue y est certainement pour quelque chose et tu ne te retiens pas de soupirer, lasse.

Tu manques légèrement de force et l'auscultation que tu subis actuellement y est probablement pour quelque chose. Cassian est loin de manquer de délicatesse, non, loin de là, mais tu n'étais pas dans la meilleure des conditions pour subir un examen complet, d'autant plus que ton frère ne compte rien laisser passer. Il est méticuleux, tu ne peux certainement pas dire le contraire et en temps normal, cela ne te dérange pas, mais là, tout semble prendre une éternité, alors qu'en fait ... Il se rend bien compte Cassian que tout cela te dérange, il n'est pas dupe et il tente de t'assurer que cela ne durera plus très longtemps. Tu lui souris. Il en faudrait peu pour que tu aies l'impression qu'il lit en toi comme dans un livre ouvert. « Fais ce que tu as à faire, je vais survivre ! » Tu lèves un bras et tu contractes, comme pour lui montrer tes muscles. Une vraie athlète. Tu rigoles. « Eh puis, si je m'endors c'est pas plus mal, tu pourras faire tout ce que tu veux sans m'avoir dans les pattes ! » D'autant plus que tu ne comprends rien au jargon médical et que c'est loin d'être ta force. Tu représentes plus un frein qu'une aide particulière ... Quoique tu n'es pas une mauvaise patiente, tu te contentes d'observer et d’acquiescer.

T'as les paupières de plus en plus lourdes et alors que tu as envie de t'enfoncer encore plus profondément dans le canapé, histoire d'appuyer ta tête sur quelque chose, Cassian s'approche doucement de toi pour te prendre dans ses bras. Le mouvement te surprend légèrement, tu te redresses pour être en mesure de jeter un coup d'oeil interrogateur à ton frère. Alors qu'il te transporte au travers de la maison, tu finis par deviner, dans les confins brumeux de ton esprit qu'il se dirige vers sa chambre qui n'y ressemble plus vraiment. Tu grimaces à nouveau lorsque dans un mouvement un peu trop brusque, ton frère enfonce son bras dans l'une de tes côtes endoloris. Tiens, une autre douleur que tu avais oubliée. Tu grognerais presque, mais très vite, son bras se déplace, soulageant un moment cette douleur. Au même moment, vous passez devant la chambre, toujours aussi vide, de Noah. "Je ne l'ai pas vu de la soirée." Tu hausses les épaules. Il y a un moment déjà que tu ne soucies plus des allers et venus de ton aîné. Il peut bien faire ce qui lui chante, tu ne t'en porteras pas plus mal.

Alors que tes paupières sont presque entièrement closes et que tu menaces de te faire prendre par Morphée, Cassian te dépose sur son lit, lit qu'il semble ne pas avoir visité depuis un moment. Si tu étais en état, tu te permettrais presque de le réprimander face à ses trop nombreuses nuits blanches, mais tu ne l'es pas. Cependant, ce nouveau changement de position te ramène un moment dans un état de conscience convenable et te permet d'observer ce que fabrique ton grand frère. Tu ne comprends toujours rien aux produits qu'ils utilisent, mais tu es au moins en mesure d'avoir une petite idée, à force d'observer. Tu offres un énième et tendre sourire à ton frère, comme pour tenter de le rassurer à nouveau. Tu n'es pas à l'article de la mort, tu vas survivre. Il te demande un état de la situation et tu seras bien en mal de lui donner tous les détails, tu te mords la lèvre inférieure, comme pour t'aider dans ta réflexion. Il y a ses côtes, que tu as senties il n'y a pas plus de quelques minutes, mais qu'y a-t-il d'autre ? Tu récapitules donc depuis le début, peut-être que d'autres choses suivront. « Hmm ... Le visage, la jambe, les côtes ... » Tu soulèves ton chandail légèrement, pour lui montrer la zone touchée, qui semble avoir pris une drôle de couleur, mauvais signe. Tu as un rictus agacé à la vue de cette blessure, mais tu détournes vite le regard en quête d'autres blessures. « ... le bras droit et ... le pied gauche, je crois. » Tout en énumérant les différents endroits, tu lui fais des signes en même temps. Finalement, tu penses avoir fait le tour. Les autres marques qui couvrent ton corps ne sont que des bleus sans importance qui ne méritent pas l'attention d'un quelconque guérisseur. Tu lui attrapes le bras avant qu'il retourne vers ses potions et ses fioles, pour finalement serrer sa main dans la tienne. « Tu vois, c'est pas si mal ... Y'a pire dans la vie. » Tu murmures presque. T'essaies de minimiser la situation, mais t'es pas très douée pour ça.
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13/09/2016 Anticarde 2227 Evan Peters Varghounette ♥ (avatar) - soeur d'armes (crackship) - Tumblr (gif profil + signe) - Ashiri ♥ (picspam) Sorcier - Médecine & apothicaire spécialité Poison. 18
Semeur d'épidémies éthérées


Sujet: Re: and love never ends (Cassian)
Dim 28 Mai - 1:40

Bien sûr, qu'elle a plus de grâce qu'une fanfare d'éléphants. Mille fois plus de grâce. Mais au lieu de se rendre à l'évidence, Cassian préfère lui asséner une moue quelque peu perplexe, comme si la question lui était des plus épineuses. Une énième taquinerie à son actif, qui a pour vocation de détendre ces situations qu'il appréhende toujours de manière maladive. Lorsque Scylla rentre de mission, il est bien arrivé à de multiples reprises qu'il la submerge de reproches. Il s'est parfois montré des plus désagréables, tout ça pour masquer l'inquiétude terrible qu'il nourrit, à chaque fois qu'elle quitte le nid. Quoiqu'il en soit, rien de bon n'est jamais ressorti de ces accès réprobateurs, aussi Cassian s'est-il essayé à un exercice particulièrement ardu, quand on se trouve être un égoïste de son acabit : se préoccuper du bien-être de l'autre avant le sien qu'il a déjà érigé au rang de sacré. Alors, ce soir, si le ton bon-enfant de leur échange lui coûte énormément, tandis qu'il tient contre lui le corps mutilé de sa sœur, Cassian met un point d'honneur à brider ses inquiétudes sifflantes avec l'impression d'étouffer un brasier à mains nues.

Elle sourit. Elle dit qu'elle va survivre, bien évidemment. C'est horrible, mais il préférerait la voir plus défaitiste, plus atterrée par ce qu'elle vient de subir à son corps défendant. Il préférerait qu'elle ne prenne pas ces incidents comme portion congrue, comme quelque chose de naturel, d'acceptable. Il préférerait qu'elle se mette à éprouver des appréhensions dont elle s'ouvrirait à lui, des appréhensions qu'il pourrait transformer en frayeurs plus marquées. Il pourrait alors lui dépeindre le monde tel qu'il est, un roncier d'épines sanguinolentes qui agrippent plus volontiers les chairs tendres que les cuirasses des créatures bilieuses. Ainsi, il pourrait la parquer dans une jolie tour d'ivoire, et la garder rien que pour lui, comme son trésor. Mais ses pensées se heurtent à des obstacles cuisants. Ecoutez là. Que lui répondre, alors qu'elle dédramatise ces blessures qui auraient pu faire mouche, à quelques secondes, à quelques centimètres près ? Rien. Rien qui ne trahisse pas allègrement les inquiétudes qui l'habitent, celles là même qu'elle s'obstine à balayer du revers de la main. Alors il l'écoute, taiseux, avec au coin des lèvres ce genre de sourire contrit dont peut s'habiller n'importe quel ressentiment, de l'amusement subtil à l'amertume la plus vive.

Une fois dans sa chambre, Cassian sait ce qu'il doit faire. Le guérisseur qu'il est tâche de reprendre le dessus, de museler ces pensées encombrantes qui ont tendance à parasiter la précision de son geste, à émousser le tranchant de son mental. Il l'écoute attentivement alors qu'elle lui rapporte le florilège de ses blessures. Déjà dans sa tête se bousculent les ingrédients nécessaires à ses onguents, les molécules qui régiront l'antalgie, les huiles et les alcools qui désinfecteront cette lésion-là, et puis celle-ci. Le visage. La jambe. Les côtes. Lorsqu'elle redresse son chandail, elle révèle une contusion jaunâtre qui s'assombrit en un point précis, qu'il effleure du bout du doigt, décelant une irrégularité nette dans l'arc de la côte.

"Toutes mes félicitations. Tu as au moins une côte cassée. Au moins." Diagnostique t-il d'une voix aigre-douce, bien décidé à commencer le pèlerinage des soins par cette blessure là. Dès qu'elle a fini de lui brosser le tableau de ses meurtrissures, le Sorcier imprime un élan vers son plan de travail, quand la petite main de sa sœur vient trouver la sienne. Elle serre ses doigts. Et alors, malgré toute la concentration dont il est capable, son masque se fissure. Des fissures, des brèches, des petits interstices qui laissent entrevoir sa peur. Sa peur de la perdre. Sa peur que la main d'un malfrat lui ôte la seule personne qui le comprenne, la seule épaule contre laquelle il se sente bien. Cassian déglutit sa salive, serre sa main en retour, et ses yeux qui brassent le vide semblent chercher vainement une ancre. "Oui, il y a pire." Murmure t-il, trouvant la force de croiser son regard. Elle croit le rassurer, mais c'est tout l'inverse qui se produit, car sa désinvolture l'amènera au devant de grands dangers, sous le coup d'effroyables blessures, il en est certain. Est-ce le moment, pour le lui dire ? Elle qui lit en lui comme dans un livre ouvert. Elle qui le connaît mieux que quiconque, et pour qui les rares secrets qu'il arrive à garder tiendraient dans le plus ridicule des écrins. Elle doit sentir, par ailleurs, que sa tranquillité est parfaitement feinte, que sa tiédeur est le numéro d'un mauvais vaudeville. "Scylla. S'il devait un jour t'arriver quelque chose, je ne m'en remettrais jamais. Tu comprends ? Jamais... Jamais. Jamais." Et il martèle ce dernier mot, pas vraiment pour la faire culpabiliser, non, ou peut-être vaguement, mais surtout parce que c'est là une certitude sur laquelle il n'escompte pas discuter. Parce que c'est quelque chose qu'elle n'a pas le droit de dédramatiser. De minimiser. D'atténuer. Non, pas ça. Elle peut bien nier ses blessures si cela lui chante, nier sa fatigue, nier le péril de ses équipées hasardeuses, mais elle n'a pas le droit de s'attaquer à cette évidence là, d'en douter. Il se tient alors près d'elle, les deux genoux à terre, et toute la dureté qui avait empli ses yeux, cette dureté qui l'habite toujours lorsqu'il se voue à son office de Guérisseur, cette dureté là s'est brisée. Il a le regard brumeux, à la fois aride et tétanisé. "J'ai peur." Lâche t-il, sans mâcher ces mots, qui ont d'ailleurs franchi le pas de ses lèvres sans attendre l'aval de sa conscience. "J'ai peur qu'il t'arrive malheur." Parce qu'alors, il se retrouverait esseulé dans cette réalité aride, dans ce monde hideux, dans l'horreur de cette vie qui, bien trop souvent, lui est un véritable cauchemar. "Est-ce que tu trouves ça ridicule ?" Articule t-il, la gorge plus sèche que ce désert, dont les humeurs rythment leurs vies. Son regard s'est de nouveau détourné. Comme s'il n'était pas capable de soutenir ses yeux alors même qu'il lui pose une question. Il bredouille, renfrogné : "C'est ta vie, bien sûr, tu fais ce que tu veux. Mais sache-le... si je me retiens de te confiner ici, c'est parce que je te tiens beaucoup trop à toi. Parce que je ne supporterais pas que tu te mettes à me détester pour ça. Non. Je supporterais pas."

Entre deux maux, on choisit le moindre, n'est-ce pas ? Alors vient un instant de flottement, durant lequel règne un silence absolu. Cassian semble réaliser la portée de ses paroles quelques secondes plus tard, et soudain, ne se sent plus capable d'assumer cette honnêteté terrifiante. C'est le genre de paroles qu'il doit garder sous coffre, sous clef, impérativement, même face à elle, qui sait déchiffrer ses moindres faits et gestes. Il se trouve idiot d'avoir succombé à cette confidence ridicule... Pourquoi, d'ailleurs ? Alors qu'il s'était mis en tête d'aller à l'essentiel, de ne pas l'accabler de ses humeurs maussades, de la confier le plus promptement aux bras du sommeil ? Il lâche sa main. C'est cette main, qui lui a rappelé l'ultime geste des blessés, sur leur lit de souffrance. C'est souvent dans une dernière étreinte, du bout des doigts, que certains rendent leur dernier soupir, y mettant tout ce qui leur reste de forces. Soit pas grand chose. C'est une scène terrible qui est venue foudroyer son esprit pessimiste, hanté de terreurs et tapissé d'ombres. Pourquoi faut-il toujours qu'il regarde le Pire droit dans les yeux ? Qu'il le couronne inéluctable ? Sa main lâchée, alors, il se détourne précipitamment d'elle, avise le bureau, envahi de fioles et de bouteilles. Comme on joue aux dominos, avec une minutie extrême, il retire quelques verreries du plan encombré, de quoi se dégager un plan de travail, de quoi lui occuper l'esprit.

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11/11/2016 Appletini/Maude 123 Bridget Satterlee BALACLAVA Mercenaire ; botanique & combat 0


Sujet: Re: and love never ends (Cassian)
Mer 9 Aoû - 18:55

and love never ends
Scylla & Cassian

Une côte cassée ... C'est pas si mal que tu te dis. Cela aurait pu être bien pire. Cependant, tu le vois bien au ton de sa voix et à l'expression de son visage que Cassian n'est pas du même avis que toi. Tu te contentes de hocher la tête, ça ne sert à rien d'en rajouter. Tu sais bien que cela l'énerverait plus qu'autre chose. Tu as bien remarqué que depuis le tout début, il se contente de pincer les lèvres lorsque tu essaies de dédramatiser la situation, de minimiser l'impact de tes blessures. Tu grimaces, il ne fait plus semblant. Brièvement, ton regard croise le sien et ce que tu y entrevois te brise le coeur. Ta main à glisser le long de son bras pour agripper sa propre main et tu le sens se crisper. Tu vois bien qu'il a du mal à prononcer les paroles qui suivent et tu fermes les yeux doucement, comme pour tenter de fuir, mais tu en serais bien incapable. Tu sais être l'une des causes de ses tourments et cela blesse également. Tu te mordilles la lèvre inférieure, incapable de répondre à ce qui pourrait sonner comme un reproche, mais qui n'en est pas un.

Tu ne te souviens pas qu'il se soit déjà ainsi ouvertement prononcé quant à ses craintes. Tu le savais bien, certes, mais vous vous contentiez d'éviter le sujet, c'était plus simple pour toi de minimiser la situation que de l'affronter. Tu rouvres finalement tes yeux, pour croiser de nouveau son regard, au niveau du tien. Il ne fait qu'énoncer l'évidence, il a peur, peur de te perdre et tu ne doutes pas de sincérité ... Pourrais-tu lui avouer que toi-même, tu as peur ? Probablement pas, tu ne souhaites pas aiguiser ses craintes, lui donner une raison valable. Tu relâches ton emprise sur sa main, relevant mollement tes bras pour emprisonner son visage entre tes mains. « Non, ce n'est pas ridicule ... Non, bien sûr que non ... » Un souffle, un simple murmure quelques mots pour tenter de lui assurer que tu comprends ... Qu'il n'a pas tort, mais comment lui donner raison tout en continuant ce que tu fais. « Je t'aime, tu sais. » Tu ne peux pas lui promettre de ne plus recommencer, de rester ici, de faire autre chose de ta vie, ce serait lui mentir et tu ne peux pas lui mentir. Pas à lui. Piètre consolation vue ce qu'il vient de t'avouer, mais tu ne sais pas comment réagir à ses déclarations. Tu aurais envie de le serrer dans tes bras, de faire taire ses craintes à jamais, mais tu n'en a pas le pouvoir.

Tu soupires, tu te sens beaucoup plus à l'aise d'affronter son regard accusateur que celui-là ... Ce regard. « Tu sais bien que je ne pourrais jamais te détester ... Impossible. » Tu tentes un sourire, mince consolation. Tu tentes encore d'éviter de lui faire des promesses que tu ne pourrais pas tenir. Tu laisses tomber de nouveau tes bras, sur le matelas du lit, enserrant à nouveau la main de ton frère, tu n'as guère plus de force. Mais bien, vite, il relâche ta main pour se détourner, pour se concentrer sur son travail. Lui aussi, il évite, un moment de faiblesse, un moment de confidences qu'il aurait bien voulu éviter, mais il n'a pas pur se retenir. « Et tu sais très bien que tu ne serais pas en mesure de me retenir coincé ici ... Je suis bien trop maligne pour toi. » Tu lui fais un clin d'oeil qu'il ne voit pas, il ne s'est pas retourné. Tu évites encore, une tentative d'humour mal placé.

Tu te contentes alors d'observer ses gestes méthodiques. Tu pourrais presque croire à une danse bien chorégraphiée, tout est parfaitement synchronisé. Tu n'as jamais saisi l'essence réelle de son métier. Tu n'as jamais vraiment cherché après tout et ce n'est pas ce soir que cela va commencer, tu es bien trop prêt de te laisser prendre par le sommeil qu'autre chose. La réalité est telle que tu restes éveillée simplement, car tes muscles trop raides te font bien souffrir et pas seulement tes muscles en fin de compte ... Cette côte cassée n'y est pas pour rien dans ton malheur.
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and love never ends (Cassian)

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