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˜˜˜˜˜˜An echo of a memory [Ozvan]
maybe life should be about more than just surviving


Admin - Tears of the phoenix
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12/10/2014 Brimbelle 46413 Jessica Chastain Lux Aeterna Médecin / Herboriste 322
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Sujet: An echo of a memory [Ozvan]
Jeu 17 Nov - 22:03

Il y a ce tatouage. En forme d’oiseau, sur cet avant-bras. Mon avant-bras. Une de ses ailes s’effiloche en branchages, en tronc, formant un arbre résistant. Une oiseau-forêt. Je n’en comprends pas la signification. Ou plutôt, je ne la comprends plus désormais. Il me rappelle un vent de liberté, un goût de renaissance dans les veines. J’en ignore les raisons, les circonstances. Ou plutôt je sais quand cela est arrivé, à la période de ma mystérieuse disparition. Des mois sans un mois pour apparaitre diminuée, changée, tout en étant enceinte de ce père inconnu. Des points d’interrogation se lient davantage à mesure que les réponses sont apportées. Je ne peux me contenter d’une simple phrase, narrant un fait tel qu’il est, sans plus d’information. Et après ? Et pourquoi ? Pour quelles raisons, dans quelles circonstances… que se passait-il dans ma tête au moment des faits ? Quel raisonnement a poussé cette décision à être préférée à une autre ? C’est une totale inconnue avec qui je fais connaissance. Une femme de caractère, qui semble passer son temps à se battre, envers et contre tout… pourquoi s’acharner autant ? Est-ce le décès de son mari, mon mari qui l’a rendue ainsi ? J’en suis encore fort chagrinée, de cette perte. Un jour présent dans ma mémoire, le lendemain parti, un bébé le remplaçant … un nœud bien trop compliqué à déficeler. Pourtant, je m’y suis faite, à ce nouveau quotidien, bien qu’il me semble le découvrir encore… malgré tout, je souhaiterai partir à la recherche de cette femme. Retrouver ses traces, la comprendre, pour mieux apprivoiser le résultat du présent. J’ai sauté dans le temps en manquant des étapes cruciales du passé. Il y a un creux, un vide si profond que je chancellerai presque face au gouffre sans nom. Ce besoin de s’en aller se fait de plus en plus présent, de plus en plus important. Comme une recherche identitaire de soi. Le miroir me montre le visage d’une autre femme, celle dont j’ignore tout et qui pourtant habite en moi. Les habitudes, les gestuelles, le corps se souvient de ce que la mémoire a oublié. Pour pallier à ce retard, l’esprit cherche à rattraper son retard pour rétrécir ce décalage devenu de plus en plus perturbant, de plus en plus troublant.

L’enfant pleure. Ou plutôt Daario pleure. Alors qu’hier je faisais une fausse couche en pleine cuisine. Ou plutôt sept ans avant par rapport à aujourd’hui. Cela n’en reste pas moins étrange. Deux entités vivent en moi, celle du passé confrontée à celle du présent. L’une prend parfois le dessus sur l’autre, suivant l’humeur, le moment. En plein conflit, elles peinent à accorder leurs points de vue, à se mettre d’accord, s’insultent parfois pour ce qu’elles étaient ou sont devenues. Je vis dans la maison d’une autre. Et cette autre, c’est moi.
Les pièces du puzzle manquent. Difficile de se défaire de cette vie, de délaisser ce fils que je porte dans mes bras, désormais éveillé de sa longue sieste. Si le souvenir de ses premiers pas apparait clairement, sa naissance n’en reste pas moins un mystère. Il semblerait que ce soit arrivé en pleine forêt, en hiver, en présence dudit père. Chavo Reinhart. Un nom aux consonances inconnues. Un nom en qui la réputation ne m’attire guère. Comment est-ce arrivé ? Comment cela a-t-il pu arriver ? Les témoignages se multipliant, je n’étais pas plus avancée. Des morceaux manquaient. Des morceaux de grande importance. Des bouts liant les autres, mettant en liant les lambeaux sans cohérence. Mais qui pourrait m’aider ? Ce que je savais avec certitude, c’est que je n’épanchais guère mes sentiments et pensées personnelles, rendant la tâche des plus ardues pour me comprendre. La situation était étrange, bien trop, au fond.

Le village aussi avait un goût désagréable et à la fois étonnement de nouveauté auquel je ne m’habitais pas. C’était trop. De nouveaux visages, de jeunes enfants descendus du ciel dialoguant avec les miens. Des jeunes avec qui nous nous étions battus. Comment en étions-nous arrivés à les considérer comme des alliés aussi rapidement ? Tout me dépassait, c’est pourquoi je m’évadais quelque fois, comme ce jour où j’ai préféré laisser Daario à une nourrice pour m’évader en pleine forêt, retrouver cette joie de galoper comme une enfant tout en échappant à la rudesse de mes responsabilités encore bien nouvelles et compliquées à accepter. Je n’avais pas eu neuf mois de présentation, ni le temps de préparer son arrivée. Lui me connaissait mieux que moi-même, c’en était déroutant et par-dessus tout, difficile à accepter. Les heures pouvaient défiler, je ne les sentirai guère défiler, me donnant l’impression de redevenir un peu moi-même, loin de tout ce que je n’ai pas choisi. Ou plutôt, que j’ai reçu bien trop tôt.

Certains lieux me donnent comme une impression de déjà-vu. De nombreux paysages me donnent cette sensation d’un souvenir oublié, que pourtant les sens éveillent comme un appel à la mémoire des songes. Rien de réel, de concret ne s’avance au loin, rien qui ne puisse idéalement me donner une piste supplémentaire aux circonstances, à cette femme que je devrais être et que je ne suis pas. A la lisière de ce désert que je n’ai jamais traversé, la jument s’arrête, tandis que je plonge mon regard dans le lointain, en attente d’un signe, d’un indice. Mais rien. Les secrets du désert ne s’ouvriront pas de sitôt à mon arrivée, et pourtant à l’observer, il me semble que le voyage à travers les dunes de sable ne sera certainement pas vain. C’est en tout ce que me dit cette ombre approchant dans ma direction. Cette silhouette ne parait bien familière en ce lieu difficilement reconnaissable. Lui, ici. Lui, que je n’ai pas oublié.

« Toi. Depuis toutes ces années… je n’aurais jamais pensé te recroiser un jour »

Oui, toi. Que j’ai connu malgré le temps et les années. Dont j’aurais reconnu le moindre de tes traits même sous une apparence encore plus dissimulée. Toi que je ne pourrais jamais oublié, que je n’ai pas pu effacer. Tu as bouleversé mon existence, tu m’as appris ce qu’était l’amour entre deux personnes, qu’ils soient frères, sœurs, amants, époux. Tu m’as appris à ne pas avoir peur de mes propres sentiments, à les accepter et parfois les laisser me chagriner.
Tu n’imagines pas comme il est bon de te voir. De reconnaitre cette silhouette familière, loin de ces nouveaux aléas de vie. Peut-être me suis-je déjà trahie par ce regard qui t'observe encore, craignant qu'en se détournant, tu disparaisses, redevenant le mirage du lointain.

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27/05/2015 I 4486 Anson Mount AVENGEDINCHAINS & Brimbelle & Pivette Eclaireur & Orientation & Combat 95
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Sujet: Re: An echo of a memory [Ozvan]
Mar 22 Nov - 22:38

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New Grâce & Ozvan

Une centaine de petits trolls des montagnes ont récupérés leurs marteaux et cognent cognent cognent ... Pour agrandir l'ouverture dans cette grotte ou se trouve certainement un trésor. Ils ont élus domicile dans la tête d'Ozvan qui va certainement éclatée d'un instant à l'autre. Péniblement ses paupières se soulèvent alors qu'a travers une voile opaque le vagabond tente de distinguer ce qui se dessine dans la trajectoire de ses prunelles. Il referme ses yeux, décidé à dormir un peu plus, pourquoi se lever, Morphée l'appelle, et à son chant il ne trouve rien d'assez comparable pour lui donner envie de reprendre pied tout de suite. Cependant une voix aigrelette vient se percher au dessus de son épaule. Une aigrie assurément. Les mots enchaînés les uns dans les autres ne trouvent pas grâce à ses oreilles. Pas suffisamment vite pour éviter la serviette mouillée qu'on lui jette au visage. Soit, le voilà qui s'assied d'une seul mouvement sur sur son banc. Accoudé à une table pour récupérer ses esprits, ou s'étalent verres renversés et bouteilles vides. Clignant des yeux il regarde prendre place à ses côté Orion qui lui sert une mixture dont lui seul possède le secret. Cul sec. Regain d'énergie. On se dit à la prochaine tout en dérobant ce jolie pot à lait qui lui adresse d'aguichants clins d’œil.

Après plusieurs pas titubants au dehors, le vagabond se protège quelque peu des rayons du soleil qui le surprennent après la relative obscurité de l'auberge. Avant de rabaisser son bras pour commencer à ignorer l'astre du ciel complétement. A cette époque la chaleur ne se montre plus aussi étouffante, et puis l'homme du désert la connait trop bien pour la craindre. Quand le besoin s'en fait sentir il l'embrasse complétement. La migraine s'évade doucement et ne sera bien bientôt plus qu'un vilain souvenir. Malgre tout quand il penche la tête, Ozvan éprouve l'étrange impression que tout se déplace, alors ça tourne, ça tourne, ça tourne...

Indécis sur la suite à donner à sa journée le Rahjak s'immobilise, s'appuyant sur un mur mollement. Il sait qu'il ne retournera pas chez lui. L'éclaireur s'y trouvait hier, ou avant ... enfin il y a quelques jours. Un souffle humide envahit alors son cou, encore la blague d'un gamin ? Ozvan se retourne pour se trouver face à face avec deux narines frémissantes. Emzelt. Ce prénom secret donné par Ahn. Petite fée disparue. Sans doute à t'elle rejoint les gnomes s'amusant dans sa tête. Désormais il n'est que *Lui* pour succéder à *Elle* Restée avec Liam. Donc lui, l'équidé un peu sauvage et capricieux qui le suit désormais partout, offert par Eon.

Ah Liam, Eon, Gen ... Dispute, promesse, Dette .... Radoslav. La valse à mille temps. Oui désormais le voilà qui en doit une au chef de la légion, quand ça contentera ce dernier. Oui pour continuer à vivre tranquillement en rêvant de faire la révolution. Forcément pas aujourd'hui. Pas dans cet état. Ni tout seul. Le mieux à faire, avant l'hiver, repartir dans les terres, puis rendre visite à sa nièce, y rester quelque temps. Parce que oui le voyageur ne lui consacra que peu de ses heures les derniers mois. Allez, il s'empare du licol de son Appaloosa puis se dirige vers la grande porte tout en passant par la fontaine afin que lui et son animal puisse se désaltérer. Ozvan remplit sa - ses ? - gourde - pourquoi se gêner ? - S'imbibe le visage et les cheveux de fraîcheur puis repart d'un pas plus alerte. Sa direction première : la mer, mais il fera un détour chez les débarqués. Soudainement il s'arrête, immobile, quelque chose lui échappe, d'une importance certaine, pour cela aussi il s'est repointé dans le coin. Sa caboche infernal refuse de lui donner de indices, pourtant cette ... quête ? Mission ? Suinte d'importance. Il reviendra ... Oui il reviendra - Et Saoirse attendra puisque l'esprit du Rahjak omet de lui transmette cette dernière information d'importance - terminer cette tâche inachevée.

Alors Ozvan marche, marche, marche ... Mais aussi il chevauche, galope, trotte ...

Un vent rude balaye de temps à autre le sol faisant se soulever des petits tourbillons de sable qui agressent le voyageur pareils à un petit vol de sauterelles. Il connait ses routes invisibles, il les parcourt depuis quelques décades, elles ne peuvent plus se jouer de lui, ni le dévier de la bonne direction. Mais parfois il rêve, un peu las, bien qu'impatient de retourner dans la forêt dont les couleurs doivent se sublimées. Dans les besaces accrochées au dos de sa monture se trouve quelques fournitures pour Amaryllis qu'il encourage depuis toujours dans son art. Il ne manquera pas de la chercher autour du village sans y pénétrer. Ozvan ne veut pas risquer de tomber inopinément sur Grâce, elle devait savourer la présence de son nouvel enfant, vivre sa vie, reprendre des forces ... Il lui fallait se reconstruire et la présence d'un Rahjak ne pouvait que lui nuire.

Une nuit étoilée, fraîche, il contemple les étoiles, ça le fait songé à Gen, il faudra qu'il le retrouve. Pour comprendre. Au matin le ciel ne semble plus si bleu. S'userait-il un peu comme lui ? Attraperait-il des vieux os ? En selle. Il ne reste plus beaucoup de route.

Là quelqu'un ...

Rêve t-il ? Il immobilise Lui. Oz Attends. Tout recommence dans le sens inverse. le voyageur glisse le long du flanc de la bête. Il serait plus prudent de faire demi-tour mais il ne peut absolument pas la laisser continuer dans cette direction. Cherche t-elle à mourir ?


« Grâce ? »

Interrogation un peu inutile. Parce que le vagabond y à répondu avant même de la formuler. Mais voilà Elle est une autre, rien dans son visage ne raconte la même histoire de ce sauvetage en plein désert. Elle ressemble à cette fille qui dansait avec lui sous l'eau, au milieu de l'orage ... Et la phrase qui fuse des lèvres de cette dernière le laisse dubitatif. Se moque t-elle ? Un jeu auquel elle se livre et dans lequel il ne devrait pas se laisse enrôler ? Il cherche une lueur de moquerie mais ne voit que ce sourire. Certes il doit lui paraître froid devant un tel débordement. Peu importe, trop heureux il s'avance dans un geste spontané et la serre contre lui quelques instants électriques avant que de la relâcher. Et enfin s'étonner

« Tu plaisantes certainement on s'est quitté il y a quelques mois au seuil de ton village ... »


Dernière édition par Ozvan Hickok-Cannary le Dim 9 Avr - 17:22, édité 2 fois

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Sujet: Re: An echo of a memory [Ozvan]
Mer 23 Nov - 0:51

Il y a dans ce visage comme une expression apaisée, calme. Malgré toutes ces interrogations et cette crise identitaire traversée, la démarche se veut positive pour tenter d’allier les deux parties en plein conflit interne. La mort de mon mari m’affecte toujours, il m’arrive de passer voir sa tombe dans l’incompréhension la plus totale. Cet homme, je ne l’ai pas enterré, et je me porte à croire à une disparition soudaine sans possibilité de retour, plutôt qu’une mort définitive. Mon esprit ne parvient pas à assimiler le décès, pour ne pas l’avoir réellement vécu. Je ressens pourtant les stigmates de cette fausse couche sans en avoir les effets physiques. Le conflit se marque au fer rouge dans la psyché sans trouver le moindre compromis valable et solide. Malgré tout, l’extérieur demeure paisible, souriant. Prêt à croquer cette vie qu’il me reste. On fera sans ces souvenirs, la mémoire en forgera d’autres. Ce n’est rien, cette phrase pourrait guérir tous les maux du monde, si seulement on y croyait… Au fond, quelque chose cloche. Quelque chose qui n’est pas juste. Comme si tout se berçait dans un rêve, mêlé à cette réalité destructrice où la vérité m’achèvera. Je le sens sans l’expliquer rationnellement. Les faits parlent d’eux-mêmes : les mystères demeurent trop présents pour que j’en fasse tout bonnement abstraction sans m’interroger. Des squelettes se terrent au fond des armoires, prêts à sortir une fois la porte ouverte. Celui qui aurait pu me fournir le plus d’indice ne semble même pas présent pour soulever les points ouverts de mon esprit. Mais l’enfant demeure présent, bien portant. Il m’a toujours reconnu, alors que je ne savais rien de lui. Il m’a appris mon rôle de mère, s’est blottit contre moi comme si j’avais toujours là. Selon sa perception ce fut le cas. Selon la mienne, le geste fut maladroit, hésitant, effrayant. Il m’a pourtant appris à conserver ce lien tissé entre nous. Mes doigts, mon corps, savaient comment faire. Eux se souvenaient, si bien que ce fut presque familier bien que ces gestes me semblaient inconnus, nouveaux. Où au-delà de la mémoire nous nous étions retrouvés sans pouvoir l’expliquer.

Le reflet s’est fissuré devant la réaction de l’ami retrouvé. L’amour perdu pour choisir le parti pris de la famille. L’amour retrouvé malgré tout. Quand ? Comment ? Par quel miracle ? Que s’était-il passé pour que j’ai eu Daario avec un autre homme si je l’avais retrouvé ? N’aurait-il pas été plus logique que ce soit le sien ? Je ne me comprenais pas.
C’est nouveau. Cette étreinte, de sa part. Ce contact spontané. Lui qui n’était pas si démonstratif au premier abord. Qui attendait davantage que le premier pas se fasse avant d’y apporter sa réponse. Que s’était-il passé depuis nos retrouvailles ?
Parmi les morceaux de puzzle récoltés, aucun ne semblait voisin d’un autre. Dix mille pièces éparpillées de souvenirs éparpillés aux quatre coins du monde. Et ce désert qui étonnamment m’appelait vers de nouvelles découvertes pour comprendre. Je ne m’étais jamais aventurée au-delà de cette bordure, pourtant j’en avais follement envie, comme attirée par les fragments de mémoire que je serai susceptible de croiser sur mon chemin. Nous nous étions revus. Nous semblions même proches. J’en étais encore toute abasourdie ; mon dernier souvenir remontait bien trop loin pour concorder avec ses mots. Peinée, je secouais la tête, parlant presque à moi-même.

« Alors toi aussi je t’ai oublié. »

La déception se creuse sur mes joues et ses prunelles qui déjà se baissent honteusement. Plus les indices se présentaient devant moi et plus l’incompréhension s’en mêlait. Et chaque question engendrait d’éventuelles réponses sans connaitre la personne la plus affiliée, les ressources pour y répondre. J’aurais dû être cette fille qui tient un journal intime, cela m’aurait bien facilité les choses… sauf que personne n’en rédige un dans l’éventualité d’une amnésie. Retour à la case départ. A lui aussi je devrais expliquer un contexte à peine maîtrisé… Comment expliquer qu’un choc peut engendrer une perte de mémoire définitive sur sept ans de vie ? Il n’y dans cette tête, qu’une multitude de questions sans réponses qui s’amoncèlent et encombrent le bon déroulement de l’instant présent. Plutôt que chercher à comprendre ou comment agir, ce moment devrait être chéri, pour fêter ces retrouvailles comme il se doit. A la place, ne siègent que des idées farfelues pour mettre en place une explication à toute cette pagaille interne qui ne saurait jamais se taire.

« Je suis navrée Ozvan… mon dernier souvenir de toi remonte à plus de vingt ans. Maintenant tu sembles un peu plus grisonnant mais toujours aussi charmant. »

Un sourire amusé se fend sur ses lèvres, bien que le cœur n’y soit qu’à moitié, entaché par tout ce stress qui déborde. Mon visage se contente de le dissimuler discrètement pour éviter d’ajouter un côté macabre à l’édifice de catastrophes. Ma détermination a récolté tous les morceaux disparus se poursuit par ces questions que je n’hésite pas à lui poser. Lui pourrait m’aider, lui m’a connu, reconnu. Ozvan incarne actuellement l’unique ressource susceptible de pouvoir m’aiguiller.

« Tu as un moment pour être ma mémoire et me raconter nos précédentes rencontres ? Même si selon ma perception, c’est la première fois que je te revoie. C’est un peu… trop confus. »


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Sujet: Re: An echo of a memory [Ozvan]
Mer 14 Déc - 22:17

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New Grâce & Ozvan

[Vous devez être inscrit et connecté pour voir ce lien]Elle apparait, elle disparait ...

Depuis quelques mois, plus encore, son monde tremblait au vagabond. Il en détruisait les fondations avec l'application d'un bon élève qui précipitait la catastrophe prévisible. Et pourtant il trouvait un équilibre face au trou vertigineux ou il s'enfonçait l'homme du désert. Derrière lui trainait des ruines de souvenirs dont il se délestait pour devenir plus léger à chaque jour nouveau. Ainsi les pas lourdement ailés il épousa les routes invisibles jusqu’à ELLE. Celle-là même laissée au bord de son village afin qu'elle vive les aventures les plus passionnantes alors qu'il renonçait à jamais. A cette époque aucune larme ne sillonna ses joues mais de cruelles griffes labourèrent son cœur déjouant toutes les protections établies.  Le temps, le temps, le temps ne guérissait pas les blessures. Une mémoire défaillante oui, ce que le grand âge supposément eut du lui apporter pour transformer ses drames en doux souvenirs. D'ailleurs comme il la regardait la belle rousse, Ozvan la voyait danser sous la pluie riant à gorge déployée défiant la nature et sa destinée. La pikuni lui offrait ce visage toujours franc illuminé par un regard ou ne se reflétait plus cette âme torturée recueillie dans le sable brûlant. Plus de fugitive, plus de douleurs, plus de honte, plus de souffrance, plus de misère ...

Il souhaiterait lui aussi le voyageur l'avoir oubliée. Tant de folies pour ne jamais atteindre un tel but, et seulement renoncer pour libérer son âme. Et puis la voilà qui magnifiquement réussissait là ou il échouait. Perdre une grosse partie de ce qu’emmagasinait son cerveau. Son esprit se transformait en kaléidoscope lui offrant mille images s'emboîtant les unes dans les autres puis se dispersant au moqueries de la dérision. Un instant il imagina pleurer sur son sort. Mais non il se lamentait depuis trop longtemps. Et lui et elle pouvaient reprendre d’autres chemins de traverses désormais.

« Pas vraiment puisque que tu sais qui je suis »

Il acceptera  à nouveau de bâtir des châteaux de cartes avec elle, qui se briseront sous la force du vent. Ils reprendront leur danse incertaine et endiablée qui les mettait en présence afin de les expédier toujours dans une des directions différentes. Ils vivront, il survivront. Puis ses pensées résonnèrent d'un étrange écho *Pourquoi ? Pourquoi ? Pouquoi ?* Cette soudaine perte de mémoire ? Et son enfant ? Et ...

« Ton enfant »

Des lettres formant des mots, échappées de sa gorge, rassemblées par ses lèvres que le Rahjak ne pourra plus disloquées. S'il se trouvait que ce fut la raison de cet étonnant déni ? La perte d'un être précieux ? Fallait-il le taire ? Ne provoquera t-il pas un autre ouragan l'homme du désert ? Au fond cette révélation restait nébuleuse pour lui jusqu'à ce que Grâce précisa que de lui ne restait que cet homme fréquenté, puis rejeté pour un autre dans le passé de la jeune femme. Oui donc. Plus de retrouvailles non plus. Zéro pointé ! Grisonnant ? Et pourquoi au milieu de tout ce qu'elle ignorait et tout ce que le vagabond portait sur les épaule ce devait justement être cet adjectif là qui le dérangea. Parce qu'au fond de son cerveau bouleversé, tiquer pour une banalité l'empêchait de mesurer toutes les pertes et fracas de cette absence d'un morceau de leur histoire. Le vagabond se calquait dessus pour envisager une vie sans Grâce. Et maintenant pouvait-il décemment ouvrir la bouche et lui dire *J'ai décidé de renoncer à un nous impossible alors maintenant je continue mon chemin et débrouille toi*

« Je n'aie jamais été charmant. »


Le miroir se brisa, les éclats se répandirent partout, aveuglants les prunelles du vagabond. Des souvenirs oui, mêmes ceux qu'elle ignorait lui avoir révéler dans son sommeil. Il savait. Tout. Même ce qu'elle ignorait qu'il eut entendu. Et maintenant il se questionnait qu'est-ce qu'un bout de mémoire méprisable pouvait infliger à une amnésique ? Comment l'accueillerait-elle ? La ferait-il souffrir autant qu'un réel vécu ? Toutes ces clefs entre ses doigts qu'il serait préférable d'enterrer dans un lieu perdu. Et pourtant au fond de son âme il savait très bien que Grâce préférerait la vérité. Mais choisissait-elle toujours avec discernement ce qui lui convenait le mieux ? Possédait-il un droit de regard sur les renseignement à lui donner tout simplement parce qu'il en était une petite part ? Oz claqua la langue contre son palais agacé par lui-même.

« Nous nous sommes entrecroisés une fois ou deux, seulement deux rencontres comptent vraiment, je peux ... oui  »

Mais voulait-il ?

« Oui c'est une peu confus pour moi aussi ... Le temps que je m'habitue  »

A ne plus tenir compte du passif, pour en revivre un autre, simplement le renier. Ou alors le ranger dans un coin sombre dans l'éventuelle perspective qu'elle se retrouva enfin pour se perdre à nouveau. Mais après tout, ne devait-il pas lui faire confiance ? Peut-être avait t'elle terrassée ses démons la rousse las-bas chez elle à l'aide de sa famille ?

« Mais dis-moi d'abord comment tu en est arrivé là ? Et pourquoi tu trainais par ici ? Après tu pourras me poser toutes les questions que tu veux ... Je te dirais ce que je sais »

[i]Néanmoins il continuerait à taire les aveux dérobés pendant sa convalescence. Une fois encore il acceptait de devenir son pilier le temps d'une rencontre[/i].


Dernière édition par Ozvan Hickok-Cannary le Dim 9 Avr - 17:24, édité 1 fois

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Sujet: Re: An echo of a memory [Ozvan]
Sam 21 Jan - 22:53

Tout ce que j’aurais dû savoir ne se trouve pas à l’emplacement prévu. Tout ce que je devrais connaitre a disparu. Il ne me reste que le passé et ce laisser-faire que mon esprit a assimilé sans que je n’en ai le moindre contrôle. Certains gestes sont si naturels que cette question se pose pour définir les origines de cette connaissance auparavant inconnue. Comme laisser cet enfant m’apprendre le rôle que je suis sensée jouer pour lui permettre de grandir et s’épanouir. Il me montre, quand je me contente de suivre sans comprendre. Ce n’est pas juste pour lui, pas juste pour moi. Il n’a pas la mère qu’il devrait avoir, qui devrait l’aimer. Je ne peux lui promettre ce que je ne sais pas lui donner. Ce sentiment d’impuissance me traverse face à ces responsabilités que je n’ai pas envie de prendre. Je ne suis pas préparée à assumer toutes ces choses. Un jour je vivais cette vie, avec mon mari, mon meilleur ami, mon entourage proche, pour apprendre le lendemain que cette existence remontait à plus de sept ans et que le présent était tout autre. Cette idée ne se défait pas : le cauchemar semble ancré dans cette réalité dérangeante, agrémentées d’étrangers descendus du ciel qui plus est. Les vieux amis semblent aussi avoir été effacés des mémoires plus récentes auxquelles je ne suis pas même pas capable de donner un cap direct : déboussolée, Ozvan et moi nous regardons, aussi abasourdis l’un que l’autre, tentant de nous reconnaitre, ou plutôt de renouer les liens.

Il sait. Comment, pourquoi ? D’après les informations que je ne connais, ce n’est pas lui le père. Dans quelles circonstances pourrait-il le savoir ? A mesure que le nœud se délie, d’autres apparaissent, aussi rudes que les précédents. Son hésitation n’était pas pour me rassurer, pas plus que sa façon de dire les mots, comme s’il prenait des pincettes pour me répondre et s’exprimer. Je lisais dans ce regard comme un semblant de contrariété dont l’origine me semblait des plus inconnues. Je sentais que tout n’allait pas comme il l’aurait désiré, était-ce le regret d’avoir une amnésique face à lui qui stoppait cette course, cette folie ?

« Bien plus que tu ne le crois. »

Charmant ? Complètement. La jeune femme que j’étais alors s’en souvient parfaitement. Il suffisait de lire entre les lignes, de voir à travers les élans de son cœur, de constater parmi le chavirement de ces émotions toutes aussi fortes les unes que les autres. Il suffisait d’un signe pour construire un monde, un univers. Il suffisait du soutien d’un seul compagnon pour avoir la force de traverser tous les vents contraires et parvenir à son but. Force est de constater que les années n’avaient pas taries cette confiance que j’avais en lui. Il en savait beaucoup pour ne pas avoir été impliqué.

« Il est bien portant. Mais ce n’est pas mon enfant. Par mon sang, évidemment que si. Seulement je suis mère sans aucun souvenir de l’avoir attendu, protégé, chéri. Alors dis-moi puisque tu sais. Dis-moi comment j’étais avec lui. »

Dis-moi comment devenir, maintenant qu’être à disparu pour laisser place à était. Dis-moi comment retrouver mes marques, mes repères face à ce parfait inconnu qui a pourtant ce fabuleux pouvoir de me détendre une fois dans mes bras.
Nous sommes deux confus à chercher nos mots, nos phrases pour tenter de relier les morceaux déchirés, une fois de plus. Comme si rien ne pouvait tenir en place à chacune de nos rencontres. Il était curieux de constater que nos chemins se croisaient encore malgré tout, que nous parvenions à nous retrouver, alors que tout semblait orienté à l’inverse. Des excuses s’imposaient, celles qui auraient dû être faites voilà bien longtemps.

« J’ignore ce que j’ai pu dire, ou faire. Mais je suis sincèrement désolée pour ce qui nous est arrivé. J’aurais dû avoir le courage d’aller à l’encontre de mon père et détruire ce chemin pré-établi pour moi. Et je regrette »

Mon regard ne se dérobait pas du sien, assumant parfaitement les faits deux décennies plus tôt. Mon esprit pourtant regrettait, assurant que cette scène avait certainement déjà eu lieu pour Ozvan, que tout n’était qu’une pâle répétition sans saveur. Les fantômes et les spectres s’enchevêtraient sans pouvoir me donner une ligne droite fixe et certaine tandis que petit à petit je faisais face à cette réalité qui m’effrayait de plus en plus. Cette pulsion qui m’avait poussé à suivre ce chemin sans savoir ce qu’il allait en découler, sans avoir conscience de l’aventure dans laquelle je m’embarquais.

« Une envie. Je connais cet endroit, je sais, enfin il me semble que je savais ce qu’il y avait derrière ce désert. J’aimerais en savoir davantage, retrouver ma mémoire tu vois ? »

Personne ne m’en empêcherait. Personne ne serait en mesure de m’arrêter. Par-dessus tout, il m’était nécessaire, si ce n’était vital de retrouver ce que j’avais perdu. Ou du moins tenter d’en savoir davantage. Tous les moyens pourraient suffire, fut-il stupide.

« Dis-moi ce que tu sais Ozvan. Tout. N’essaie pas me dissimuler quoi que ce soit. Surtout pas »

Car si je l’apprends, j’aurais du mal à te le pardonner.

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Sujet: Re: An echo of a memory [Ozvan]
Dim 12 Fév - 0:42

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New Grâce & Ozvan

Un serpent glisse entre les grains chauds se frayant un passage dans la distance qui sépare les deux êtres. Le Rahjak ignore désormais ce qu'il représentent l'un pour l'autre. Ce qui à été vient d'être effacé. Chez elle, pas chez lui, et pourtant il devra vivre comme si pour lui ce pan de vie n'existait plus désormais. Certes il peut le raconter, en exposant les détails de la façon la plus précise possible. Mais les émotions passées peuvent-elles se retranscrire dans une phrase ? D'autant que jamais il ne saura lui donner l'exacte réplique de sa vision de femme. A tous les coups la version sera amputée de bouts d'âme essentiels pour la rendre véritablement réelle. Vivante. Peut-il décrire les hésitations, les espoirs, les déceptions, les renoncements d'une vie en quelques paroles même réparties sur quelques heures. Il comprend bien cela dit le vagabond, cette nécessité de vouloir retrouver cette personne désormais inconnue pour Grâce. Mais à moins que ne resurgisse cette mémoire disparue les descriptions ne remplaceront jamais le vécu de ce passé envolé. On ne peut dévoiler les non-dits, les impressions, les secrets ou même d'éventuels mensonges. Quelques mois auparavant l'homme du désert à reconduit La rousse en renonçant à jamais à elle. Il ne refera pas ce chemin. A l'envers ou à l'endroit.


Alors si elle le connait moins, il se pourrait que ça soit pour le mieux. Il se présente à eux des milliers d'autres possibilités de prendre une place dans l'existence de l'autre. Ils peuvent tout réécrire. Mieux. Ou pire assurément. « Je suis le père de bien des enfants à qui ne n'ai pas donné naissance » Laisse échapper le voyageur devant l'inquiétude qui se dégage de la pikuni, à l'évocation du non souvenir de ce bébé sorti de ses entrailles. Et ce dans d'extraordinaires circonstances auxquelles il n'a pas assisté. Le voilà confronté à une question un peu obscure, alors il ne peut offrir que ce qu'il déduit de sa propre expérience lui, l'éclaireur pour qui les enfants représentent des petits trésors devant lesquels il fond « Tu dois penser à Amaryllis, te rappeler que pour toi elle est ta fille, que tu l'as aimé élevée comme sa maman. Que tu as un coté mère louve et que tu dois simplement accepter le fait que cet enfant soit le tien même si il te parait étranger. Alors adopte l'étranger, laisse le t'apprivoiser » Beaucoups de mot pour un homme qui préfère se taire. Non qu'il soit avare de donner un avis mais Oz ne désire pas s'aventurer sur les chemins nébuleux de la méconnaissance. Qui peut-il être pour porter sa vision sur une telle situation ?

L'homme se remémore cependant, alors il attrape le coude de l'amnésique, se rapproche d'elle, et murmure à son oreille « Je ne t'ai jamais vu avec lui, mais ce que je peux te dire Grâce c'est que tu as tout bravé pour le protéger et le ramener sain et sauf avec toi. Tu l'aimais cet enfant en devenir, il représentait ta seule raison de vivre » Bien que le ton fut bas, la douleur qui vrillait dans la voix ne manquerait certainement pas d'attirer l'attention de la jeune femme. Non que Oz fut jaloux de l'adoration qu'elle portait alors à ce marmot prêt à naitre, mais il contenait à nouveau sa rage qui le poussait à maudire tous ceux qui démolirent à cette époque l'esprit de la Rousse incendiaire. Si bien qu'elle ne se raccrochait qu'a ce vague espoir de survit. Et jamais, non jamais il n'accepterait que cet amour là s’enfouisse dans le néant. Pas après tous les sacrifices et les batailles de Grâce. Tout comme il refuse de laisser un autre mensonge par omission perdurer. Une première fois il à manqué une occasion de le dire, lui permettant de se faire la malle en reprochant à la jeune femme de jadis de ne pas avoir couru derrière lui. Alors qu'elle s'excuse, il lui lâche le bras pour poser sa main sur les lèvres avides de la rousse « Non ... J'aurais du avoir ce courage moi d'abord quand il est venu me voir en m'interdisant de ne jamais revenir pour ne pas troubler ce mariage en préparation, c'est moi qui m'excuse »

Elle lui à reproché son mutisme, peut-être acceptera t'elle mieux ses confessions ? Ou alors lui faudra t-il un temps infini pour lui pardonner cette nouvelle découverte. Car ce sujet jamais ils ne l'ont abordé auparavant. « Alors désormais il ne faut plus avoir de regrets » Doucement il caresse la joue rose et douce de la rousse pour la rassurer, avec l'espoir vain qu'elle retournera vers les siens sans chercher à continuer cette route qui sera sa perte. Et surtout Ozvan récupère une Grâce indemne, du moins en apparence dont le martyr semble remplacé par d'autres inquiétudes. Au fond des prunelles de cette femme blessée, le voyageur peut a nouveau apercevoir cette flamme autrefois éteinte. Elle revit La Pikuni malgré sa quête éperdue, lui s'interdit de la reconduire vers cette femme en morceaux recueillie un matin au milieu du désert. Mais le désir de vérité chez elle ne se laissera pas éconduire malgré tous les avertissements qu'il pourrait lui prodiguer. « Je vois » Tout doucement il lui prend la main l'entraine vers son Appaloosa afin qu'elle s'y appuie. Il ne lui mentira pas, pas cette fois, malgré ce que lui crie la petite voix toujours perchée dans sa tête. « Alors écoute bien parce que ce sont des mots difficile que je ne répéterais pas deux fois ... » Et doucement, d'une voix calme il entame le récit du voyage de Grâce ...


Dernière édition par Ozvan Hickok-Cannary le Dim 9 Avr - 17:26, édité 1 fois

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12/10/2014 Brimbelle 46413 Jessica Chastain Lux Aeterna Médecin / Herboriste 322
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Sujet: Re: An echo of a memory [Ozvan]
Dim 2 Avr - 22:39

Ces rayons de soleil percent les nuages, annonciateurs de rivages plus cléments, porteurs de ces bonnes nouvelles au large de côtes enfermées. Car c’est effectivement ce qu’il s’est passé, lorsque celui qui revenu comme père avait laissé ses regrets au bord d’une plage pour reprendre le large ou que cet amant s’en était allé vers d’autres contrées. Des morceaux de coton assombrissent l’azur par le malheur et les lamentations. Il n’y aura pas de mémoire pour les fantômes du passé. Ceux du présent reviendront, retrouveront cette existence propre par des chemins sinueux.
Il sait tout.
Je ne sais rien.
Il en sait plus que ma propre personne ne le saura jamais. C’est déroutant, me poussant à me demander au fond ce que ces retrouvailles ont pu susciter chez celle que j’étais. Chez celle que je suis plus et que je ne pourrais prétendre être. Il me semble pourtant qu’il n’est aucunement un point d’ancrage dans mon quotidien. Il en sait beaucoup pour une seule personne. Comme s’il ne m’avait jamais quitté. Comme s’il avait toujours été présent d’une certaine manière. A sa façon. Et je ne comprends pas ce qu’il s’est passé, et pourtant, il y a comme un écho qui sait. Qui devine. C’est ma seule option : lire à travers les lignes pour composer, reconstituer ce qui ne se peut être intuitivement perçu.

On ne peut comparer deux enfants complètement différents. Amaryllis n’échappe pas à la règle : je ne reconnais pas mon enfant. 7 ans ont passé, tandis qu’elle a grandi, percé l’adolescence et que se dessine cette jolie jeune femme avec des rêves plein la tête. Dans l’essence, je la reconnais, sans que le lien n’aille plus loin. Ses amis, ses amours, ses tristesses, ses peurs, ne sont plus celles de l’enfant âgé d’une douzaine d’années. Les enjeux sont différents et je ne sais même plus être une mère pour l’épauler. Et certainement que mon ton est dur vis-à-vis de mes responsabilités mais je ne peux m’empêcher de regretter et porter la faute sur mes épaules. Alors je le regarde, de ces traits durs, et à la fois tirés par la fatigue de ce stress permanent, comme si le monde jouait au funambule au-dessus de ma tête.

« Amaryllis… ce n’était pas pareil. Il y a eu instantanément comme une connexion inexpliquée, improbable. Avec lui, c’est plus difficile, c’est comme si… comme si nous ne parvenions pas à nous lier l’un et l’autre.»

Comment lui faire comprendre sans évoquer le fantôme de cet enfant mort, souvenir encore trop vivace pour ne pas faire de parallèle avec lui. Lui dont l’existence n’a jamais été reconnue, pas même lorsqu’il grandissait. Le secret de sa mort l’a rendu invisible aux yeux du monde : seuls ceux de son mère attesteront qu’un jour il aurait pu fouler le sol de cette Terre. Mon esprit ne peut lier avec logique le sourire de ce bébé en pleine croissance face au sol de la cuisine couvert de sang d’une fausse couche. Je ne peux assurer un bonheur complet quand cette naissance est existante de ma mémoire et tous ces combats menés pour le sauver. Aussi contradictoires soient-elles, vie et mort vont de pair, s’allient dans la recherche vaine d’un équilibre. Bien trop proches, le temps peine à les distancer pour que leur séparation retrouve pleinement son sens.
« Je sais pourquoi je me suis battu pour lui. Je suppose en tous les cas. J’ai toujours voulu avoir un enfant. Pas de cette manière, mais c’est ainsi. Mais disons que j’ai loupé toutes les étapes maintenant et que c’est tout simplement … très étrange. »

Les larmes roulent sur mes joues. Discrètes, comme un sanglot fantôme peinant à se faire entendre. Je comprends. La lumière éclaire la faucheuse : elles se frôlent, se touchent, tandis que mon regard se perd dans le lointain, accompagné de ces pensées vides de tristesse.

La distance se joue en pèlerinage solitaire où nous marchons séparément à la quête de cette réalité qui parfois nous échappe. Qui souhaitons-nous devenir réellement ? Quel choix prendre face à tous ceux qui se présentent, comment savoir à l’avance que la direction empruntée nous enrichira ou au contraire effritera notre identité jusqu’à l’en étouffer ? Décider devant tant d’incertitudes relève de l’impossible, de l’improbable. Choisir quand tout pourrait s’offrir à nous, comment faire quand tout semble digne d’intérêt ? Et pourquoi avoir choisi sous la contrainte ce qui ne plaisait pas nous-même ? Pourquoi ai-je cédé à mon père face à la perspective de mon avenir ? Comment aurait-elle été si j’avais refusé de l’écouter et suivi mon cœur ? Je ne le saurais jamais. Les paramètres ne représenteront plus de la même manière désormais.
Il ne me restera plus qu’à vivre avec des regrets. Mais je les accepte, avec la douleur qui l’accompagne. Machinalement, j’écarte délicatement cette main portée à mes lèvres pour poursuivre cette conversation que je ne peux conclure par sa seule excuse.

« J’en ai toujours. Ce n’était pas mon choix. Je l’ai pris quand même. Et je l’ai compris trop tard. Et nous voici à nous excuser l’un l’autre, sans savoir quoi dire d’autre. On ne peut réécrire le passé. Mais le présent n’attend qu’une étincelle »

Nous ne supportons pas de nous briser le cœur. Comme nous ne pouvons accepter que ce soit malheureusement arrivé. Et que nous avons un besoin si fort de nous protéger mutuellement que peut-être qu’au final, nous n’osons juste pas nous attacher pour que cela ne recommence pas. Pourtant ne sommes-nous l’un l’autre en train de rattacher des ponts et des renforts vis-à-vis de la distance qui nous sépare ?
Des questions j’en ai plein. Peut-être trop. Et je ne peux me permettre de rester sans mot dire face à des détails manquants à ma compréhension, face à tout ce que je ne peux plus deviner. La scène semble surréaliste, une vérité sort d’outre-tombe pour disperser des faits les uns après les autres. Je n’ose imaginer ce qu’il s’est passé dans cette cité de feu. Et les questions se multiplient, s’enchainent, me noyant parfois dans ma propre pensée tant les émotions s’entremêlent et me font parfois perdre le fil de pensées contradictoires. Mais je m’accroche, malgré ma colère, ma stupéfaction, ces quelques sourires esquissés, cette tristesse empathique qui me prend de court, m’étouffe. Mes doigts se cramponnent parfois au sien quand le récit devient insurmontable tout comme ils se détendent, passant telle une caresse à chaque instant plus doux. Si peu de mots sont échangés, laissant au conteur l’opportunité de lancer dans cette histoire de son choix, le langage corporel ne trompe jamais.
Quand tout se termine, je me sens lasse, presque éteinte. Que dire, que faire ? Comment l’interpréter ? Il n’y a pas eu ces flashbacks tant espérés, souhaités. Il n’y a que l’histoire d’une femme, celle que j’étais. Que j’ai parfois reconnu. Que j’ai complètement découvert.
Ce dont j’ai besoin, ce n’est finalement pas des réponses pour déclencher d’autres interrogations. C’est cette bulle de protection face à la difficulté de cette vérité à reconnaitre et accepter. Et je ne veux pas traverser l’épreuve toute seule. J’aurais cette force pour m’en remettre, certainement, mais je ne veux pourtant pas laisser la solitude m’accompagner une fois encore. Alors j’ai forgé ce cocon dans le réconfort dans ses bras.

« Merci »

Je sais combien cela lui a coûté. Je ne sais pourtant ce qu’il a dit à la Grace d’hier, mais celle d’aujourd’hui l’autorise à briser les promesses faites pour lui permettre de retrouver son identité. Et pour tout ça, pour tout ce que nous avons vécu, pour tout ce qu’il a fait pour moi, il est évident qu’il fait partie de ma vie et qu’il sera toujours présent. Alors je scelle ce mot si simple et pourtant si fort en posant mes lèvres sur les siennes.

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Sujet: Re: An echo of a memory [Ozvan]
Jeu 1 Juin - 19:18

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New Grâce & Ozvan

Elle coule, leur histoire, comme l'eau d'une rivière toujours changeante le long de ses bords qui se regardent depuis des siècles sans jamais se rejoindre. Mais témoins d'une vie qui sans être la sienne leur appartient aussi. Pendant que le sable, dans ce désert aride englouti leurs pas. Recouverts de grains indifférents soufflés par une brise immuable. Oz et Grace se retrouvent là exactement ou ils se quittèrent. Ou presque. L'homme de désert ne peut alors détourner les yeux de ce miroir dans lequel se reflète des certitudes foulées par la mécanique de l’existence. Il espérait pour elle l'oubli de toutes les souffrances causées par son peuple, mais pas l'oblitération de son être ou de son fils. Ironique, la petite voix qui se dissimule si bien dans sa tête lui soufflerait bien qu'on doit toujours faire très attention à ce que l'on souhaite. Oz il n'a pourtant pas rencontré de génie lui offrant trois vœux après qu'il l'eut réveillé en frottant sa lampe. Indécis il hésite entre le soulagement ou le désespoir de la voir à la fois libre de ses cauchemars mais prisonnière de sa nouvelle quête. Bien entendu il peut lui donner des bribes de son passé envolé, mais aucunement il ne possède la capacité de transférer les sentiments qui les accompagne. La démarche se révélera bancale même avec la meilleur volonté du monde, d'éclairer pour la rousse, les zones d'ombres qui la trouble autant.

Au loin une petite caravane apparaît, Le regard du Vagagond s'assombrit pendant qu'il écoute les paroles de Grâce, tout en cherchant de ses iris perçantes à deviner ce qui compose la petite troupe sur la ligne d'horizon. Elle se meut dans le dos de l'ancienne échappée qui n'a pas conscience de son apparition. Et l'éclaireur préfère garder le silence sur cette apparition qui avec un peu de chance changera de cap pour rejoindre L'Oasis la plus proche. Le danger se révèle donc très présent pour celle qui ne le calcule plus complètement, absorbée par ses interrogations. « Oui parce qu'il te restait quelque chose de plus concret avec Amaryllis, Lui non, par contre la connecton existe bien, le petit la garde en lui, il te suffirait peut-être de te laisse guider par lui » suggère le Rahjkak qui se considère le plus mal placé pour prodiguer ce genre de conseils. Car oui comment se laisser diriger par un nouveau né à part en suivant son cœur ? Et si la moitié de ce dernier se révèle le survivant d'un récent naufrage, la démarche risque de se perdre dans les méandres de l'a peu prêt. Lui n'a pas élevé de petiots, il en rêve mais il se contente de les accompagner dans leur histoire de misère quand il en croise, pour adoucir leur quotidien. Cependant il sait avec certitude qu'aucun sentiment ne se force, fraternel, maternel, amical ou amoureux.

« Peut-être que la meilleure chose serait de ne pas t'accrocher à ce qui à pu être mais de tout reconstruire avec ce petit pour vous donner un vrai possibilité de renouer un tout nouveau mais véritable lien » Le bébé perdu, Grâce l'a évoqué dans son délire du désert. Alors le nomade il devine très bien en parti pourqui elle s'est acharnée pour celui qui ne représente plus rien désormais. Un soupir de soulagement s'échappe des lèvres de L'homme du désert quand la cohorte de bédouins vire de bord. Signifiant que pour l'instant l'échappée ne risquera pas de se faire repérer. Alors rassuré, inconsciemment il partage cette bien heureuse impression en tentant d'éclairer le positif qui se dégage de ces confessions « Si tu admets avoir ce que tu as toujours voulu, alors dans ce grand marasme parmi lequel nage ton cerveau, tu peux considérer une partie de toi comblée. Appuie-toi la dessus pour te diriger dans le noir qui te possède encore, il finira par s'estomper  » Avec beaucoup de temps, ainsi que de patience, mais Grâce n'éprouve nul besoin qu'il le souligne, au fond de ses espérances les plus grandes elle doit en être le percevoir.

Sur la joue rose le nomade voit rouler une gouttelette d'eau. La pluie ? Une bénédiction ! cette dernière leur rend visite si rarement. Mais non, au dessus de la tête d'Ozvan règne une étendue bleu nullement troublée par un passager cotonneux.

A t-il nié la trace laissée par la fautive directement sous l’œil de la Pikuni ? Ou plutôt les yeux, puisque la larme se voit poursuivie par ses sœurs refusant de la laisser solitaire en ces instants douloureux. Une journée pluvieuse se rappelle à ses pensées, le voilà tenter de la saisir comme longtemps avant pour la faire tournoyer dans ce désert sans pitié comme pour le défier. Mais l'époque des enfantillages à refermée son couvercle depuis si longtemps, en comprendrait-elle l'allusion la rousse, perdue au milieu de toutes ses autres qu'elle à pu être ? Alors il se contente de l'écouter, sachant que le soleil indifférent séchera cette peau douce rapidement sans ressentir  l’humidité qui envahit son propre regard. « Oui Grâce on ne va pas s'éterniser sur le passé, puisqu'il s'efface comme tu le constate, qu'on le veuille ou non. Mais pour écrire le présent nous devons comprendre qui nous sommes au présent » Comment s'aventurer sur un parcours aussi chaotique, où tout souvenir pourrait posséder le pouvoir de faire basculer les décisions prises sous couvert de liberté ? Le vagabond assimilait bien qu'on ne pouvait pas se laisser retenir par de vagues inquiétudes. Mais dans le cas particulier de la rousse, si tout un pan d'elle-même réapparaissait, il refusait de la mettre devant un carrefour aux choix impossibles et déchirants.


Alors l'heure du voyage commence sous les révélations de L'homme du désert qui ne finalisent rien. Il s'en apercevra tout au long de son récit pour laisser place à une atmosphère à la fois lourde, pesante, flairant la déception quand il y apporte une clôture. Que pourrait-il ajouter de plus face à son désarroi, l'éclaireur ne peut lui offrir aucune conviction ou certitude qui aboutirait à une révélaton. Le mal dont souffre Grâce ne se guérit avec aucun remède.

« Merci »

Lui fait écho Ozvan en la prenant dans ses bras pour la serrer contre lui. Simplement pour la réconforter, parce qu'il l'aime tout simplement, comme une personne qui à traversée sa vie régulièrement en y laissant de fortes empreintes. Même si lui l'a abandonnée en chemin, la voulant heureuse dans un village avec un enfant et un homme qui devait la combler, alors qu'il succombait de son côté aux charmes d'un autre. Un instant, un partage, un réconfort. Elle peut déverser son chagrin, il à le droit de l'accompagner de ses bras, tous les deux ... Simplement être là, vivants, dans une bulle éphémère.
 

An echo of a memory [Ozvan]

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