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˜˜˜˜˜˜Une dette pour une vie | Printemps 2113
maybe life should be about more than just surviving


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30/07/2016 Nexus 1216 Katie Mcgrath Nexus Druidesse 0
La Ciguë Noire


Sujet: Une dette pour une vie | Printemps 2113
Jeu 10 Nov - 20:55

Sombre silhouette, sinistre augure qui défiait le vent, la mer et ses embruns. Fièrement, elle apparentait les côtes, ses pieds foulant le sable humide, non pas par les vagues qui s'échouaient là, mais par la pluie qui s'était abattu ici quelques heures plutôt. La femme était vêtu de noir, camouflé sous un épais manteau, visage caché par une énorme capuche. Oui, elle était sinistre, comme les relents d'un autre temps, comme cette créature sans vie qu'on avait nommé... la faucheuse. Pourtant ici, rien d'immortel, rien d'immuable. Tout ce qu'il y a de plus humain, de trop humain... Car le fléaux de Varghause, c'était son humanité, cette souffrance qu'elle tentait vainement de faire taire jour après jours, mois après mois. Rien n'y fit, l'enfant qu'elle avait porté dans son ventre, avait disparu, envoyé dans les méandres de la mort et attendant pour sa réincarnation prochaine. Le destin était cruel, se disait-elle. Cruel d'avoir ainsi séparé la naori de la seule chose qui l'avait réellement rendu heureuse dans sa modeste vie.

La question était... Que faire lorsque l'on a tout perdu ? Comment vivre lorsque l'on a aucun but ? Mais si, elle avait un but. Varghause s'était souvenu ce qu'elle avait toujours désiré. N'était-ce pas... d'aider ? C'était bien pour cela qu'elle s'était donné tant de mal, pour devenir druidesse. Et si, elle allait au delà des frontières ? A la rencontre des autres ? Oui, c'était plutôt raisonnable et surtout, ce serait le prétexte parfait pour ne plus avoir à passer autant de temps dans son village, à subir le jugement des autres. Leur regard était comme une lame en plein cœur... Comme elle haïssait cette pité ! Elle n'en avait pas besoin, ce que voulait Varghause, s'était avoir la paix, s'était être seule.

Le bruit des vagues était apaisant, délicate. L'eau salée allait et venait tranquillement alors que l'odeur iodé de l'océan procurait une sensation de bien être puissant. Là, dans son intense solitude, Varghause se sentait bien. Ou mieux que d'ordinaire. Voir du pays était ce dont elle avait besoin... Et puis, voilà longtemps qu'elle n'avait pas été chez les Calusa. Marchant doucement, remontant la côte, la druidesse savourait pleinement ce voyage, cette paix temporaire. Temporaire oui, car dès l'instant où son regard fatigué se posa sur la silhouette inerte dans el sable, elle comprit que cette paix, elle n'y goûterait pas bien longtemps. Pressant le pas, la naori rejoignit sans tarder l'inconnu inconscient. Vivant ou mort ? Lentement, avec méfiance, la sombre femme s'agenouilla dans le sable, glissant sa main ganté sous le menton de l'homme pour pivoter son visage. Sa poitrine se soulevait, ses vêtements en mauvais état offrait la vision de nombreuses plaies ouvertes.

« Ouvrez les yeux... »

Souffla Varghause. Il était trop grand, trop lourd... jamais elle ne pourrait le porter ou le tirer, elle qui était bien trop chétive. Il était vital que cet homme reprenne conscience afin qu'elle puisse l'aider. Pire encore, peut importe le sort qu'avait subit cet inconnu, il y avait fort à parier que le danger soit toujours dans les parages. Il leur faudrait rapidement trouver un refuge. Le secouant plus fort, la naori tenta à nouveau de réveiller l'inconscient.


Dernière édition par Varghause Braghan le Sam 12 Nov - 22:42, édité 1 fois

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Sujet: Re: Une dette pour une vie | Printemps 2113
Sam 12 Nov - 21:31

une dette pour une vie
varghause ∞ dante

Wake me up. I can't wake up. Save me. Call my name and save me from the dark. Bid my blood to run before I come undone. Save me from the nothing I've become. ✻✻✻ L'océan donne, et l'océan reprend. Il avale l'homme, qui jamais ne se repend. Le corps de Dante coule. A bout de souffle, le soleil tapant sur sa tête, il se sent lourd ; terriblement. Ils avaient volé, n'ayant pas assez de ressources, de personnes pour maintenir le bateau à flot. Caché, le bâtiment de bois fraîchement nommé le Revenge, n'était qu'un moyen de transport futur, l'idée de l'habiter et voguer constamment sur les flots plus dangereuse qu'autre chose. Il les savait à ses trousses. Il ,savait qu'il fallait qu'ils disparaissent, tous, quelques temps. rares étaient ceux qui l'avaient accompagné dans ce voyage, l'avaient épaulé dans ce vol de folie. Son bateau, son premier. Et il en fit un bateau pirate. Son père n'aurait pu être plus honteux. Il le savait si peu fier, déjà, il se contrefichait de s'attirer un peu plus ses foudres. Cela fait plusieurs semaines déjà, qu'ils volent les villages, les pauvres gens qu'ils croisent en forêt, tentent de recruter comme ils peuvent avant de se rejoindre chacun. Mais alors que Dante vola une bicoque à des pêcheurs, s'emparant des perles récoltés par ceux-ci, leur nacre scintillant dans ses iris, il s'attira les foudres de Dame Nature.

Ces perles appartenaient à la Mer, n'est-il pas? Et elle revinrent à celle-là même, lorsque les éléments se déchaînèrent contre l'homme, seul sur sa petite embarcation, livré aux courants, aux vagues ; aux requins. Heureusement pour lui, les bêtes ne furent pas tant son problème. La barque céda face aux flots, le trempant d'abord ; l'entraînant ensuite. Manquant se noyer, sentant des dents entailler sa chair, petits faisceaux blancs dans cet enfer bleu, il se débattit comme il put. Le sac quand à lui, se perça, lacéré par les bestioles inconnues. Il n'y voyait rien, la pluie lui fouettant le visage, les vagues le noyant peu à peu. Il sait seulement qu'il ne cessa de nager, que les satanés choses n'eurent pas pitié de lui, le mordillant à chaque brassée. Il aurait pu tomber sur pire. Il aurait pu tomber sur mieux. Perdant les perles, des bouts de chair, son courage et sa fierté, Dante ne sut bien comment il arriva jusqu'à la plage. Mais une fois le sable sous ses pieds, il s'écroula, épuisé. La vie de pirate n'était pas celle qu'il avait espérée. L'homme s'évanouit.

Il rêva de tempête, d'équipage furieux, de mutinerie alors même qu'ils ne voguaient pas encore sur les flots, il rêva également de lui, Capitaine d'un navire rutilant, son nom craint par-delà les mers. Il rêva de bien des choses, jusqu'à ce qu'une voix se glisse à ses oreilles. Une voix de femme, douce, suave. Calypso? Le visage de sa douce se matérialisa dans son esprit, fumée divine, lui tendant la main. Il voulait la rejoindre. Il voudrait pouvoir le faire, mais il est trop fatigué. Soudain, le visage de la belle s'efface, alors qu'il se sent secoué comme un prunier. Ouvrant les yeux, encore à demi-endormi, son poing se tend instinctivement, ses doigts enlacent le cou fragile penché au-dessus de lui. L'une de ses mains étrangle son agresseur, alors que l'homme se réveille, sur le qui-vive. Ses yeux charbon contemplent alors le visage d'une femme, toute de noire vêtue, désarmée ; manquant d'air. Il la relâche, s'éloigne un peu cependant. Le mouvement le fait grogner de douleur, se rendant alors compte de son état. Un putain de naufragé, voilà ce qu'il est. Pas un pirate digne de ce nom ; loin d'être le Capitaine de quoi que ce soit si ce n'est sa bêtise. Le regard dur, méfiant, il demande à l'inconnue sans même s'excuser: « Qui es-tu? » Une de ses mains se pose alors à son côté, largement entaillé, la plaie à moitié recouverte de sable. Il n'y aide pas de sa main, mais chaque inspiration le fait souffrir.

✻✻✻
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Dernière édition par Dante Helgusson le Mar 15 Nov - 21:56, édité 1 fois

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30/07/2016 Nexus 1216 Katie Mcgrath Nexus Druidesse 0
La Ciguë Noire


Sujet: Re: Une dette pour une vie | Printemps 2113
Mar 15 Nov - 18:34

La main de temps et la saisit par la gorge brutalement, la serrant jusqu'à l'étouffement. Varghause empoigne le poignet de l'inconnu d'une main, son avant-bras de l'autre pour tenter de lui faire lâcher prise, chose qu'il finit par faire de lui-même avant de rouler sur le côté. L'homme, peu importe qui il est, est mal en point. La plaie et profonde et sa respiration difficile n'expriment rien de bon, surtout après avoir été exposé au vent frais, trempé jusqu'aux os. Il est coriace le bougre, d'être toujours vivant ! Mais la sinistre druidesse ne se laisse pas attendrir alors qu'il la questionne, probablement méfiant. Sans attendre, Varghause susurre d'une voix grinçante, totalement dénué de gentillesse et compassion.

« Celle qui va te sauver la vie. »


Elle se redresse et se penche vers lui, soutenant un de ses bras pour lui permettre de s'appuyer sur elle. Elle n'est pas bien grande la naori du haut de son petit mètre soixante et pesante tout juste une cinquantaine de kilos. Même blessé, cet homme pourrait facilement la maîtriser, la blesser ou pire... la tuer. Mais elle s'en fiche, la peur n'a pas sa place dans son regard si froid, si vide, presque déshumanisé. La jeune femme aide le miraculé à se lever, tenir debout, tentant du maintenant au mieux. D'un coup d'oeil, elle observe la plaie... C'est plutôt moche mais pas insurmontable. Pas pour elle en tout cas.

« Tu peux marcher ? Il faut trouver un abri que je puisse te soigner. »

Elle lève une main, mettant une tape sur la joue de l'homme qui chancelle, tentant de le garder conscient, en alerte. Pas de temps à perdre, le regard méfiant, Varghause scrute les alentours, les falaises, l'océan. Au fond elle n'est pas rassuré, se demandant ce qui a mis cet homme dans cet état. Et s'il fallait craindre l'homme lui-même plus qu'une bête ? Qui sait... Ses pieds foulant le sable, la druidesse se dirige vers les falaises, passant entre les roches jusqu'à apercevoir une grotte prête à les accueillir pour les protéger du froid, du vent et de la mer. Pas facile cependant avec ce poids mort qu'était son inconnu trouvé sur la plage. Il était lourd, si lourd... Varghause en était essoufflé à devoir le soutenir ainsi. Finalement malgré son petit gabarit, elle semblait forte. Mais lui n'était pas le seul poids qu'elle devait supporter... Sur le dos de la femme reposait son énorme sac de voyage avec son matériel, une couverture... Tout ce qui lui était nécessaire pour survivre à quelques jours en dehors du village.

Une fois dans la grotte, elle laissa l'homme se reposer, se délestant de son sac elle arracha la couverture qu'elle étendit au sol et le fit s'allonger dessus. Le plus dur était fait ou peut-être pas... À genoux, la druidesse écarta le tissu trempé de sang et d'eau de mer, observant la plaie... Bon sang, c'était profond ! Ouvrant son sac, Varghause en sortir un rouleau de cuir qu'elle déposa au sol et ouvrit, exposant à l'air libre des outils chirurgicaux, du fil et des aiguilles. Elle ne s'arrêta pas là, sortant une fiole de son sac et vida une partie de son contenue sur un tissu fin puis se pencha au-dessus de l'homme, dardant sur lui son regard froid.

« Tout ira bien. »

Souffla t-elle pour le rassurer avant de venir plaquer le linge sur son visage, le forçant à respirer le contenu de la fiole déversé dessus. Il n'en fallu pas plus pour le plonger dans un sommeil profond, l'envoyer dans un lieu où la douleur n'existait plus...

❖❖❖

Elle avait fait du bon travail, la plaie était propre, parfaitement recousue. L'hémorragie avait été maîtriser merveilleusement bien et les jours de l'inconnu n'étaient plus à craindre. Voilà un petit moment qu'il dormait, suffisamment longtemps pour que Varghause ait eu le temps de le soigner et de préparer un feu tout près pour les maintenir au chaud, préparer de quoi se nourrir. Elle avait été patiente, jusqu'à ce que les soupirs trahissent la fin du sommeil de son patient. Se levant, elle s'approcha de lui avec un bol de bois contenant du bouillon et quelques légumes flottant à la surface et le lui tendit simplement.

« Comment te sens-tu... ? Tu es hors de danger, une chance pour toi que je passais par là. Que t'est-il arrivé ? »

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Sujet: Re: Une dette pour une vie | Printemps 2113
Sam 11 Fév - 18:39

une dette pour une vie
varghause ∞ dante

Wake me up. I can't wake up. Save me. Call my name and save me from the dark. Bid my blood to run before I come undone. Save me from the nothing I've become. ✻✻✻ Ses muscles se distendent alors que ses yeux rencontrent le regard orage, surpris de son geste. Il relâche sa gorge, la laisse respirer tandis que ses doigts se portent à son côté. Qui est-elle? Une question qui franchit bien vite ses lèvres, alors même que chaque inspiration de l'homme se fait douloureuse. Grinçante, elle répond: « Celle qui va te sauver la vie. » Arquant un sourcil, ses prunelles toujours braquées sur l'étrange femme tout de noir drapée, il ne dit mot. Il n'a pas besoin de parler. N'a pas envie de le faire non plus. Elle n'est vraisemblablement pas une ennemie, c'est tout ce qu'il sait. Dans le cas contraire, il n'aurait sans doute pas eu le temps de lui quémander son identité. Faible. Bien loin de l'image de Capitaine pirate qu'il se faisait. Comment Drogho a-t-il seulement pu le suivre dans cette folle aventure? Il se le demande encore. Grommelant, il presse un peu plus sa plaie, refoulant comme il peut la douleur qui est la sienne. Se redressant, elle lui tend la main, passe ses doigts sous son bras, voulant le faire se lever à son tour. Alors que le contact se fait, Dante ne peut s'empêcher de contracter les muscles, le corps tendu. Il se laisse faire cependant, grognant alors qu'il s'aide de la brune pour se mettre debout. Il ne lui fait pas confiance. Pourquoi le devrait-il? Et d'un autre côté, il sait qu'il n'est pas dans la meilleure forme qui soit. A-t-il seulement le choix?

Une petite tape sur la joue le réveille, claque fugace qui le fait froncer sourcil, les doigts se portant instinctivement à sa lame, bien que ne la sortant pas. Le geste lui arrache un tic douloureux, spasme sur son visage où sable et sel se sont nichés. Elle l'aide pourtant, tente de l'apaiser comme elle peut malgré son ton plus glacial que les contrées d'où il vient. Il serre les dents, mais répond simplement par un hochement de tête. Il s'enveloppe toujours des mêmes atours, le silence pour seul compagnon de voyage. Seul? Non. Désormais l'étrange femme à la chevelure corbeau l'accompagnait. Et si son esprit lui disait de fuir loin, d'aller chercher son trésor dans les eaux avant de trouver moyen de reprendre la mer, son corps lui soufflait, lui quémandait l'exact opposé. Aussi se promit-il de revenir ici lorsqu'il irait mieux. Et s'il s'avérait que la prétendue aide se transforme en sorcellerie, il s'acquitterait de sa compagnie. De sa vie, aussi. Marché conclu avec lui-même, il suit cahin-caha la brune, la laissant l'amener jusqu'à son antre: une grotte de fortune pas bien loin de la plage. Alors qu'il touche terre de nouveau, s'écroulant sur la pierre froide, il l'entend sortir des choses de son sac. Il n'avait pas même remarqué celui-ci avant ça. Si fatigué... « Tout ira bien. » lui souffle-t-elle alors. Il n'en croit pas un mot. Tout, absolument tout, depuis qu'il est né, se passe tout sauf bien. Mais lorsque le linge qu'elle appose sur son visage laisse échapper les effluves étranges, il comprend. « Sorci..ghmm.. » tente-t-il de siffler, voulant se redresser. Mais rien n'en fut. A peine tendu, son bras le lâche, ses muscles se détendent. Il reste ancré au sol tandis que sa tête s'alourdit. Sorcière. C'est ce qu'il pensa. C'est ce qu'il voulut dire. Pas le temps, le sommeil eût raison de lui.

* * *

Il rêve. Il dort. Il ne pense à rien si ce n'est de vagues images de navires, de flots tantôt déchaînés puis soudainement calmes. Il voit le ciel, d'un bleu azur virer à l'orage, la tempête se déchaîner ; il passe par-dessus bord. Il tombe à l'eau et s'étouffe avec celle-ci. Il veut remonter mais ses jambes refusent de bouger. Il coule. Il respire. Il respire l'eau, et ferme les yeux. Il coule, et il se sent bien. Il rêve. Il dort. Et lentement, l'eau laisse place à des images floues, grisées, le confort de l'eau, la sensation de flottement le quitte alors qu'il sent la pierre froide sous son dos. Il se réveille, doucement. Clignant des yeux, ceux-ci détaillent le petit espace, tentant de se souvenir, de se rappeler. La voix d'une femme le fait se remémorer les évènements passés. Instinctivement, il se redresse, alors que la brune s'approche, un bol à la main. « Sorcière!! » s'égosille-t-il. « Que m'as-tu fait?! » Prenant conscience des couvertures, du feu et du bol tendu vers lui, il doute. Elle ne l'a pas tuée. Se touchant le visage, le corps, il semble être intact. Son regard se porte alors à son côté, la blessure propre et recousue. Une goutte de sang perle cependant à la surface. Est-ce parce qu'il a bougé? « Qu'est-ce?.. » demande-t-il alors, méfiant, en avisant le bol. Du poison? Un autre tour de magie pour l'endormir? Il n'aime pas ça. Mais alors qu'il se relève, son regard se posant sur le contenu de celui-ci, il comprend. La sorcière disait vrai. Elle était réellement là pour le soigner. La regardant un instant, sans comprendre, il prend finalement le bol, ne la quittant pas pour autant des yeux. Y trempant les lèvres, le bouillon de légumes lui réchauffant le palais, il fronce les sourcils. « Pourquoi? » Une question qu'il se pose, qui le tourmente. Pourquoi faire tout cela pour un inconnu. Pour un pirate. Lui n'aurait pas eu la même bonté.

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30/07/2016 Nexus 1216 Katie Mcgrath Nexus Druidesse 0
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Sujet: Re: Une dette pour une vie | Printemps 2113
Sam 11 Fév - 22:34

L'insulte ne la fait pas broncher. Varghause est depuis peu, habitué aux mauvaises paroles, à la méfiance et tout ce qui peut entraîner un mauvais comportement à son égard. Elle ne s'offusque pas la naori, elle le sait troublé et a toutes les raisons du monde pour l'être. La bonne nouvelle, c'est que la verve de son inconnu lui fait comprendre qu'il se remet vite de ses blessures. N'est-ce pas là le plus important ? Sa vie est sauve, elle a réussi et au fond d'elle, c'est un élan de soulagement et de fierté qui traverse le cœur de la jeune femme. En silence, elle le laisse s'égosiller, passer ses nerfs avant qu'il n'accepte enfin de boire le bouillon sagement offert. Calmement, elle l'observe, le regarde boire, prendre des forces pour reprendre sa route plus tard, mais pas maintenant. L'homme était peut-être tiré d'affaire mais il restait faible et certainement pas en état de voyager. Jusque-là, il serait sous sa protection, sous sa responsabilité. Alors quand il la questionna, Varghause resta perplexe un instant. Elle s'était attendu à des questions mais aucunement à celle-là. Pourquoi ? Les sourcils sombres et fins de la femme se froncent sensiblement alors qu'elle change de position, passant de l’accroupi à assise sur le sol froid et humide de la grotte qui leur fait office de refuge. Elle n'a pas l'air d'avoir peur de lui, semble plus soucieuse de l'état de son patient que de s'inquiéter des mauvaises choses qu'il pourrait lui faire. Sa question tourne dans son esprit avant que finalement elle entrouvre la bouche et ne murmure dans un soupir.

« Parce que tu es un être humain. »


Il n'était pas bien difficile de comprendre pourquoi l'homme était méfiant. Il ne comprenait pas ce qui pouvait pousser quelqu'un à l'aider. Pour quelle raison au juste ? Avait-il des choses à se reprocher ? Son visage était dur, son regard marqué par l'expérience et la vie. Il n'avait pas l'air de quelqu'un de bien. Plus l'air du monstre que l'on peut craindre, celui qu'il aurait mieux valu laisser mourir noyé dans son propre sang. Mais Varghause ne pouvait s'y résoudre, malgré sa douleur, malgré sa tristesse, ce n'était pas son genre d'abandonner les autres. La jeune femme hausse doucement les épaules, baisse le regard un instant. La vérité était bien plus profonde en réalité.

« Toi... tu ne l'as pas décidé mais... Tu m'as fait comprendre que je pouvais encore être utile. »


Souffle la naori avant de relever à nouveau les yeux pour observer son patient. Il était la première personne à qui elle venait en aide depuis la mort de son fils. Cet inconnu avait été une lumière dans ses ténèbres, aussi mauvais pouvait-il être, éventuellement. Car elle n'en avait pas la certitude, ce n'était là qu'une vague déduction. La jeune femme soupir longuement, tend la main et écarte le tissu déchiré qui couvre le torse de l'homme. À nouveau le sang coulait, très peu mais assez pour savoir qu'à force de se dandiner et se débattre il finirait par ruiner le travail de sa sauveuse.

« Tiens-toi tranquille... je ne vais pas passer la journée à te recoudre. »

Rabroue la sombre femme d'un ton autoritaire mais surtout maternel. C'était involontaire, encore trop habitué à la présence de son fils qui pourtant, n'était plus là. Elle relâche le tissu, ramène sa main sur ses genoux et se décale doucement pour se rapprocher du feu. Elle avait froid, bien qu'il était à l'abri ici, le temps n'était pas clément et c'était dur à supporter.

« Je m'appelle Varghause... Je suis une druidesse de la tribu Naori. Quel est ton nom ? »

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Sujet: Re: Une dette pour une vie | Printemps 2113
Dim 12 Fév - 13:39

une dette pour une vie
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Wake me up. I can't wake up. Save me. Call my name and save me from the dark. Bid my blood to run before I come undone. Save me from the nothing I've become. ✻✻✻ L'homme ne comprend pas. Pourquoi aider un inconnu, un être rencontré là, horriblement blessé, alors même que celui-ci se montre hostile de prime abord? Pourquoi ne pas l'avoir laissé crevé là-bas, comme le chien qu'il est? Pourquoi. Un simple mot qui lui brûle les lèvres, comme le sel brûla ses poumons, l'homme à demi-noyé par les flots tempétueux. Un simple mot qui franchit les barrières de son silence, de sa méfiance. Une question qui l'importait plus que nulle autre, et pouvait tout à la fois donner un indice sur ces mêmes autres interrogations. La femme semble hésiter, comme si elle-même n'en connaissait pas bien la raison. S'asseyant, le regard azur est toujours braqué sur elle, la fixant avec un mélange de froideur et d'incompréhension. Ne devrait-il pas la remercier, plutôt? Non. Ça lui écorcherait trop la gorge, lui arracherait le palais. « Parce que tu es un être humain. » répond-t-elle finalement, comme une évidence. L'homme arque un sourcil, pas vraiment satisfait de cette réponse. Des êtres humains, il en pillait tous les jours, en coulait et tuait même parfois. Être humain ne suffisait pas à ses yeux pour mériter d'être sauvé de sa lame, des flots ; de sa propre bêtise. La voyant baisser le regard, il ne rétorque rien pourtant. Il ne sait pas encore ce que sait, ne le saura sans doute jamais, mais cette femme semble revêtir tous les aspects de celle qui autrefois se prénommait Pandore. Curieuse, pas franchement chaleureuse et pourtant aimante, elle l'avait sauvé lui, cet être insignifiant sans se poser la moindre question. Elle semblait de ses atours, aussi noirs que la nuit, être la personnification de la Mort. Cette faucheuse qui à l'instar d'un surhomme, pouvait décider d'ôter le souffle ou laisser vie sauve.

Elle était cette femme, drapée de Mort, qui symbolisait pourtant l'Espoir de sa vie. Sans elle, il ne serait plus. Et aux mots tressaillants entre ses lippes, il semblerait que lui-même pu faire naître l'Espoir en son sein. « Toi... tu ne l'as pas décidé mais... Tu m'as fait comprendre que je pouvais encore être utile. » souffla-t-elle, murmure entre les ombres que le Ciel laissait s'étirer dans la grotte. Quelque part, il a envie de se lever, de ne plus prêter oreille à ses futiles avancées. Que lui importe-t-il d'aider, lui qui quête gloire et cupidité? Rien, absolument rien ne l'oblige à écouter les sons sortant de sa gorge. Alors qu'il finit le bol, le posant à ses côtés, il ne s'écarte pas pour autant. « Je vous dois la vie.. » avoue-t-il, sans rien ajouter. Conclusion soufflée, jugement avéré, il ne la remerciera pas pour autant. Son désir vorace de renom pousse pourtant son cœur à lui être redevable, bien que les mots refusent de franchir ses lèvres. Il n'est pirate que depuis peu, mais il sait qu'il ne voudra pas être l'un de ceux qui n'ont ni âme ni honneur. Il ne veut point être un homme damné, mais bien damner les hommes qui croiseront le fer avec lui. Aussi ne part-il pas, immobile. Il a une dette envers elle, et ne saurait la laisser sans l'avoir payée. Ou du moins, avouer qu'il l'avait contractée. Dante restait muet, sa fierté salement endommagée, bien trop pour arriver à cracher ces mots qui l'étouffaient. Il lui devait la vie, elle pouvait donc lui demander ce qu'elle désirait. Mais ça, c'était trop dur pour lui de le formuler. Après tout, il ne la connaissait pas. Les doigts de la brune le ramenèrent à la réalité alors que celle-ci écarta le tissu de son torse. Se tendant, il la regarda faire, sur le qui-vive.

Ne la quittant pas des yeux, il la laissa pourtant l'ausculter, comme s'ils se connaissaient. Comme s'il lui faisait confiance. Une belle tromperie, mais il ne pouvait se résoudre à la rabrouer. Il lui devait plus qu'un frôlement sur la peau. Et le contact, bien que bref, provoqua l'ombre de frissons. « Tiens-toi tranquille... je ne vais pas passer la journée à te recoudre. » grommela-t-elle alors, comme une mère gronderait son enfant. Lâchant alors le tissu, l'homme lui sourit pour la première fois. Laissant échapper un bref soupir, entre incrédulité et amusement, il se détend. Peut-être pas si sorcière que ça, finalement. Comme lisant dans ses pensées, la femme se présente alors, lui demandant d'en faire autant. Manquant répondre "Bjorn", véritable identité, il se ravise. Bjorn n'est plus désormais. Et s'il veut commencer à faire écho de son nom de pirate, il doit pour ce faire l'énoncer tout haut. « Je me nomme Dante. » répond-t-il simplement. Pas de nom de tribu, pas d'identification plus détaillée ; elle ne le lui a pas demandé. Il n'est pas bien sûr que notifier sa sauveuse de son statut de hors-la-loi soit réellement une bonne façon de la faire se sentir "utile", de la remercier. « Que.. » commence-t-il, hésitant. Il a beau essayer, il n'arrive pas à s'y résoudre. Que veux-tu que je fasse? devrait-il demander. Mais les mots se bloquent, bouffés cruellement par son monstre d'égo. « Nous avons là une situation fâcheuse.. » admet-il alors, sourcils froncés. Notant son rapprochement du feu, il se sépare alors de la couverture donnée pour la lui mettre sur les épaules. Il grogne au mouvement rapide, la blessure lui notifiant sa présence. Foutu corps.

✻✻✻
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Sujet: Re: Une dette pour une vie | Printemps 2113
Mar 14 Fév - 11:50

Je vous dois la vie..

Dans sa bouche, les mots résonnent comme une fatalité. En silence, Varghause fixe son protégé. Cette pensée, visiblement il ne l'aime pas, comme s'il s'agissait là du pire fléau qui pouvait s'abattre sur lui. Ne comprend-il pas ? C'est son rôle avant tout, de venir en aide aux autres. Peu importe la façon dont il traduit cela, peu importe l'importance de cette dette, la naori n'a fait que ce pour quoi elle arpente encore cette maudite terre.

« Une dette ne fait pas de toi un esclave. »


Rétorque-t-elle simplement avec un calme exemplaire. Aurait-il préféré mourir sur cette plage ? Pas sûr. La sinistre femme esquisse un sourire en frottant ses mains l'une contre l'autre pour les réchauffer alors que le petit feu à ses côtés offre tout juste de quoi ne pas mourir d'hypothermie. Elle laisse le silence s'installer, gardant toujours un œil sur le blessé qui finalement, se présente. Dante ? Cela réveille en elle quelques doux souvenirs des livres qu'elle avait pu engloutir durant sa jeunesse.

« Dante... »

Répète-t-elle pour elle-même alors que ses yeux se posent sur le feu. Cette inattention de sa part suffit à l'homme pour se rapprocher et venir déposer sur ses épaules, la couverture qui devait le maintenir au chaud. Perplexe face à ce geste désintéressé, elle fixe l'homme un instant, qui déjà, souffre un peu plus de la douleur pour le simple fait d'avoir bougé. Un frêle sourire passe sur les lèvres charnues de la femme qui retire la couverture de ses épaules et reviens la déposer sur lui.

« Tu en auras plus besoin que moi, Dante... »


C'était à elle de prendre soin de lui et non l'inverse. Pourtant elle apprécie le geste qui durant une seconde, l'a fait se sentir bien. Malgré l'intense froideur de ses yeux, Varghause semble avoir récupéré un semblant de vie, comme si l'acte simple mais humain de Dante, l'avait réchauffé plus que le feu ne pouvait le faire. Comme une mère, elle ajuste la couverture, le borde doucement dans un cocon réconfortant par des gestes doux et machinaux. Elle a l'habitude... Elle l'avait, tout du moins. Varghause avait été une bonne mère pour le petit Jalan mais l'enfant ne semblait pas être le seul à lui manquer. Visiblement, elle avait besoin de veiller sur quelqu'un, de s'en occuper avec toute la tendresse dont elle était encore capable. Dante n'était peut-être pas la bonne personne pour cela mais pour l'heure, ils étaient bloqués ici tous les deux et l'homme avait besoin d'attention et probablement de douceur pour se remettre de son état.

« As-tu déjà entendu parler de la Divine Comédie... ? »


Varghause s'empare doucement du bol avant de se tourner vers le feu et le remplit à nouveau avant de le tendre à son patient. Qu'il boive, qu'il mange et reprenne des forces. Un regard lui est lancé, intense et clair dans lequel le feu se reflète alors que les lèvres de la sombre femme s'étirent en un nouveau sourire.

« Ton nom... Il fait directement référence à l'enfer de Dante. C'est de la grande littérature, tu sais... Dante, dans ce récit, tente de traverser les enfers et le purgatoire avec l'aide du poète Virgile pour se débarrasser des péchés qui pèse sur ses épaules. Il tente de rejoindre Béatrice, une jeune femme qu'il a aimée, jusqu'au paradis. »

Elle tend la main, s'empare d'une branche de bois mit de côté pour le feu puis tout en ramenant ses genoux contre sa poitrine pour conserver sa chaleur, la femme glisse la pointe du bois dans le sable, dessinant un entonnoir qu'elle divise en neuf parties séparées par des lignes parallèles avant de laisser sa voix résonner à nouveau, surpassant les crépitements du feu à leurs côtés.

« Cet enfer est décrit comme divisé en neuf parties concentriques. Chaque cercle garde prisonnier les âmes de ceux dont la vie est entachée par un péché bien précis... »


Varghause soupir et d'un geste nonchalant, glisse la branche dans le feu et la regarde s'enflammer et durant un instant, augmenté la chaleur qui les entoure. La femme croise les bras sur ses genoux, presse doucement sa joue contre son bras et glisse vers le blessé, un regard malicieux.

« Qui es-tu, Dante... ? »

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Sujet: Re: Une dette pour une vie | Printemps 2113
Dim 4 Juin - 9:57

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Sujet: Re: Une dette pour une vie | Printemps 2113

 

Une dette pour une vie | Printemps 2113

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