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˜˜˜˜˜˜(Grace) - Through your mystery light
maybe life should be about more than just surviving


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20/01/2016 avengedinchains 611 Tom Hardy ava puckessa ; signa by alas guerrier 112
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Sujet: (Grace) - Through your mystery light
Dim 9 Oct - 21:44


Elias & Grace
Through your mystery light


La nuit tombe à allure rapide. Il était là, seul, dehors, alors qu’il faisait jour. Et maintenant, le soleil se couche doucement. Il faut dire qu’au cœur d’une forêt, le jour s’envole plus rapidement. Les arbres cachent ses derniers rayons, et on ne fait plus attention à rien. La chasse du jour n’a pas été très bonne. Le temps se rafraîchit doucement et les animaux ont décidé de se faire discrets. Il en attrape bien sûr, mais moins qu’il ne le fait en jour de printemps ou de début d’été. Pour autant, il ne s’en plaint pas tant que ça. Sa situation n’est pas précaire, il mange à sa fin, et sa situation lui convient très bien comme ça. Il n’a aucune raison de s’en formaliser. Il fait son commerce, il va de village en village, même, pour cela. Il n’a pas de morceau particulier que les autres n’ont pas, mais cela lui permet de faire quelques trocs, de temps à autre. Il privilégie la montagne bien sûr. La montagne passera toujours avant le reste. C’est une priorité qui lui semble nécessaire, tout simplement. Mais en même temps, il a ce besoin de voir du monde, de voir des têtes différentes, d’explorer des horizons qu’il ne côtoie pas si souvent que ça. Se changer d’air, quoi. Et pour cela, il n’a pas forcément besoin de partir pendant des jours. S’absenter quelques heures, s’éloigner un peu. C’est une nécessité, c’est un besoin évident et non négociable, simplement.

Traînant légèrement les pieds, il se demande un instant si une torche ne serait pas utile, dans ce genre de situation. Mais il n’aime pas le feu, il n’aime pas en avoir au cœur d’une forêt, malgré l’air humide qui traîne autour de lui. Si la lumière se fait moins présente, il parvient encore à discerner devant lui, à estimer qu’un peu de temps peut encore s’écouler avant qu’il n’en allume une. Il n’aura cependant pas le temps de rentrer chez lui, il lui faudra dormir sous un arbre ou au creux d’une grotte. Le lieu couvert semble être le plus sûr. Sur cette île, tout peut arriver au cœur de la nuit. Autant ne pas prendre de risque ridicule.

Il avance, un peu, les minutes s’écoulent un peu trop vite déjà, alors qu’il erre quelque peu. Il sait où se rendre, il sait juste qu’il n’a pas le temps de rejoindre sa précieuse montagne. Il évite, en général, de dormir dehors, mais cela lui arrive de temps à autre. Faut dire que la montagne n’est pas un lieu que l’on rejoint de deux enjambés, ce n’est jamais si simple. Et de toute manière, c’est mieux comme ça. Un abri à l’écart, un lieu dans lequel on peut aisément se retrouver lorsqu’on maîtrise le sujet. Mais qui demeure à l’abri des regards qui ne sont pas concernés. Eux, ceux qui viennent du ciel, notamment, ils ne savent rien. Et c’est mieux comme ça. Ils n’ont pas vraiment le droit de venir rôder autour des villages, et ce, malgré le fait qu’ils ont aidé, pendant le tremblement de terre, le village Pikuni. Lui, il ne les imagine pas dans la montagne, il ne le conçoit pas, et il estime même qu’il en est absolument hors de question. Il serait prêt, si nécessaire, à en découdre avec ça. Il est bien sûr plus facile d’avoir un contact avec eux, tant qu’ils ne s’aventurent pas là où ils ne le doivent pas. La nuit commence à tomber alors ses pas se dirigent vers une grotte. Non loin, une petite, qui ne dissimule pas grand-chose. Pas besoin, tout est mieux comme ça.

Il s’installe, pose ses affaires et s’éloigne légèrement. Le temps est un peu humide et il faut un peu marcher pour trouver du bois sec. Ses pas ne la guident pas vers du bois, même s’il y en a partout autour d’eux, cela le guide non pas vers un peu de branches, qu’il attrape un peu dans chaque coin, mais vers une femme. Elle est là, seule, rousse de son état. Elle ne semble pas être très prudente, à être ainsi. Il la regarde un temps. Elle est jolie, impossible de le nier. Et il y a un air étrange sur ses traits. Une déstabilité étrange. Il avance vers elle, il ne sait même pas vraiment pourquoi. Mais il n’est pas sûr de traîner comme ça, dehors. Elle n’a pas l’air de venir du ciel mais maintenant, ils se fondent aisément dans la masse. « Tu es étrange. Perdue ? ». Il parle dans sa langue natale, il verra bien d’où elle vient à sa réponse.
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Sujet: Re: (Grace) - Through your mystery light
Lun 10 Oct - 23:37

Je suis perdue. Où suis-je ? Que fais-je ? Qui suis-je ? Dans les abysses de ma mémoire se terre probablement une réponse satisfaisante. La chercher a déjà grignoté tous les espoirs fondés sur cette solution. L’envisager n’a fait que ternir cette force naissante à retrouver ces années perdues. A comprendre pourquoi, à envisager comment. A se regarder dans un miroir et constater des traits tirés, quand il semblait la veille plutôt juvéniles. Mais c’était quand déjà hier ? Il y a 7 ans semblait-il, d’après mes calculs. A l’aube de cet enfant perdu, un autre s’était empressé de le substituer, déjà campé sur ses deux pieds et gazouillant ses premiers mots. Ce bébé me reconnaissait comme sa mère ; réclamait son repas, cherchait l’attention propre à son âge ; mais moi, l’étais-je vraiment, sa maman ? Il me semblait faire face à un enfant auquel je n’avais aucune idée de la manière dont il fallait s’y prendre, oubliant ce rôle que je semblais avoir adopté depuis quelques mois. Son père avait l’air de s’être envolé vers d’autres horizons. En d’autres temps, j’aurais dû ressentir quelque chose, n’importe quoi, une frustration, un écœurement, de la tristesse … sans pour autant parvenir à exprimer davantage qu’un profond désarroi face à une situation à laquelle je n’avais plus aucun contrôle. Leurs regards austères se posaient sur moi dès lors que je demandais au village une quelconque aide pour comprendre. Il semblerait que ce tourment ne soit pas le premier vécu, que la veuve que je semble être n’en a pas fini de se faire remarquer par ses aventures auxquelles on n’appose plus un seul mot tant les faits en découlant sont grossiers. J’ignore quelle image ils ont de ma personne, et si j’aurais souhaité ne pas les décevoir, il semblerait qu’il soit trop tard pour recoller les morceaux. Le malheur semble accroché à ma porte, métamorphosé en corbeau de mauvaise augure.

Je suis perdue. Plus aucun repère, plus rien ne semble foncièrement familier. Mon habitat ressemble à celui d’antan, sans pour autant être ce cocon familier. Il y a un bébé qui pleure, à la place d’un mari. Une fille trop grande, un automne qui s’abandonne quand il me semblait que le printemps arrivait. Il y a comme une impression de ne pas trouver ma place, ou de la chercher. Les mots semblent trop vastes, trop disparates pour que je sache parfaitement les aligner pour les assembler en émotions… depuis combien de temps déjà ? Une éternité semble écoulée depuis la perte de ces souvenirs si précieux. Qu’avaient-ils de si terribles qu’on cherche à me les retirer ? L’accident en était-il véritablement un ou bien n’en était-ce que la façade ? Trop de questions s’enchainaient sans le moindre avancement concret. Sans que cela n’avance, ni ne progresse. Même les chemins ne semblaient plus les mêmes, dans cette forêt gigantesque qui pourrait me paraissait familière… toujours une question du paraître, du semble être. Rien de concret, rien qui ne tienne droit, un flou artistique sans grand savoir.

Je suis perdue. Les arbres sont aussi grands les uns que les autres, le soleil déjà redescend derrière l’horizon. L’enfant a été laissé aux bons soins d’une nourrice le temps de cette promenade s’attardant. Nulle envie de rentrer, besoin de s’évader là où rien ne semble s’arrêter, là où tout semble encore nouveau, plausible. La nuit tombe sous ses branches dont les ombres dessinent déjà de grandes courbes sur le sol. Leur allure austère semble néanmoins protéger leurs habitants, à moins que l’astuce ne consiste à les mettre en confiance pour plus facilement refermer la cave au-dessus de leur tête. Par crainte, je sursaute, à ce bruit étrange qui se glisse derrière moi. Me retournant, les pas d’une silhouette imposante s’avancent dans ma direction. Pas d’arme dans ses mains, cela pourrait-il suffire à ne pas m’alarmer ? Pour le moment, certainement. L’espace d’un instant, jusqu’à à nouveau douter, me poser le genre de questions qu’il ne faudrait pas se poser. Il ne peut savoir combien je suis vulnérable à cet instant précis où l’inconnu se révèle chaque jour plus imposant. Quand la lumière reviendra-t-elle ? Quand aurais-je enfin des réponses ?

« Tu me rappelles quelqu’un. D’où viens-tu ? »

Tout semble familier, ou peut-être mon esprit délire-t-il en cherchant à recoller les morceaux n’existant pas, les souvenirs disparus. Déception. Tristesse de ne pas comprendre, de ne pas savoir comment c’était, avant tout cela. De faire face à une existence subie plutôt que choisie. Cette autre moi l’avait pourtant vécue, auparavant, quand je semblais être coincée dans le temps. Je est je, mais je est autre.
Je n’est plus, comme je existe. Je a changé. Je est mort, je renait. Je n’a pas d’autre choix que de prendre ce qu’on lui donne et d’accepter ce qui est perdu.
C’est là toute la beauté des phœnix.


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20/01/2016 avengedinchains 611 Tom Hardy ava puckessa ; signa by alas guerrier 112
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Sujet: Re: (Grace) - Through your mystery light
Jeu 10 Nov - 10:15


THROUGH

YOUR MYSTERY LIGHT

S’installer dans une grotte c’est un bon moyen de se mettre à l’abri. Sur certains détails, il n’est pas au mieux, il ne peut pas vraiment lutter contre le froid s’il ne vient pas du vent, et la nuit, il ne fait pas vraiment chaud. Ce n’est qu’un détail bien sûr, puisqu’il peut également faire un feu et que c’est pour cette raison qu’il est parti à la recherche d’un peu de bois. Il en a besoin, en réalité. Besoin de souffler et de se détendre dans une situation qui s’y prête, au moins un peu. Il s’inquiète de voir ses affaires disparaître aussi, pendant le laps de temps où il est sorti du campement de fortune qu’il s’est fabriqué. Elias n’aime pas laisser ses affaires comme ça, mais dans un sens, il serait trop compliqué de trimballer du bois s’il avait tout son stock sur le dos. Il ne se balade pas si lourd que ça, bien sûr. Parce qu’il n’est pas dans ses habitudes de se promener avec des choses inutiles. Une lance, quelques couteaux, un sac avec à boire et à manger. C’est bien suffisant. Mais si on lui pique déjà ça, ça risque d’être un lourd problème. Et par la même occasion, ça va l’énerver. Il réunit quelques branches, les plus sèches qu’il ait pu trouver pour que le feu prenne avec facilité et il reprend sa route pour retourner de là où il vient. Sauf que c’est à ce moment-là que sa route s’arrête sur la jeune rousse. Il ne la connaît pas ou du moins, il ne se souvient pas de l’avoir déjà vu. Il faut aussi dire qu’il ne fait pas toujours attention à ce qu’il fait ou les personnes qu’il rencontre. C’est une prise de tête, une lourde situation qu’il ne comprend pas toujours et que, en réalité, il ne cherche pas non plus à comprendre. N’est-ce pas déjà suffisamment compliqué pour qu’on ne parvienne pas à comprendre des détails ? Enfin bref, il se perd dans ses songes à force de chercher à se souvenir s’il l’a déjà vu. Mais il n’y parvient pas.

Au cœur de cette forêt, alors que la nuit commence à tomber, il s’inquiète légèrement. Les bras chargés de bois, si elle tente de l’attaquer, il ne pourra pas riposter directement. Il faut qu’il la joue fine et il garde, alors une distance assez certaine. Au moindre mouvement brusque, aussi jolie soit-elle, il n’hésitera pas à lui lancer le bois dessus. Il ne risque pas de chercher plus loin, en tout cas. Et il cherchera, au contraire, à lui faire comprendre que tout ça ne rime pas à grand-chose. Enfin bon, ils n’en sont pas là. « Tu me rappelles quelqu’un. D’où viens-tu ? » . Il lui rappelle quelqu’un ? La belle affaire. Sans prétendre qu’il est doué pour les physiques et pour retenir ceux des gens, il ne cache certainement pas que tout ceci est perturbant. Mais peut-être qu’elle se trompe, peut-être qu’elle visualise quelqu’un qui lui ressemble mais qui n’est pas lui. Après tout, n’a-t-il pas lui-même confondu une fille du ciel avec sa propre fille décédée ? Pas vraiment confondu mais le temps d’un instant, il s’est sincèrement demandé s’il ne s’agissait pas de la même personne. Mais il n’a fait que se tromper, parce qu’il n’est pas utile de chercher plus loin. « Il semble que je ne sois pas cette personne. Je viens de la montagne ». Il lâche le morceau, il dit les choses, il explique, il ne cherche pas plus loin puisque ça ne servirait pas à grand-chose, il faut bien l’avouer.

Il n’a pourtant pas vraiment envie de faire la conversation pendant des heures juste là, comme un imbécile. Cela ne l’intéresse pas et il refuse de se soucier d’aussi peu de chose. Il s’énerve et s’agace, en réalité, et il aimerait que ce soit différent mais il n’en est pas vraiment capable. C’est un fait. Il n’est pas non plus un rustre au point de la laisser tomber en pleine forêt, juste là, toute seule alors qu’elle semble visiblement totalement perdue. « Accompagnez moi, je retourne à la grotte dont je viens pour y faire un feu. Si cela vous intéresse, nous pourrions converser ». Il ne cherche pas plus loin. Qu’elle le désire ou non, il ne va pas s’attarder comme un imbécile. Parce que c’est un peu de ça qu’il est question, dans la situation actuelle. Il attend alors qu’elle se décide, qu’elle choisisse ce qu’elle peut bien vouloir faire parce qu’il ne voit pas pourquoi il devrait s’attarder sur aussi peu de choses. C’est vrai. Il ne servirait donc pas à grand-chose de s’attarder. Il faudrait juste qu’elle se décide à répondre.


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12/10/2014 Brimbelle 44732 Jessica Chastain Frimelda Médecin / Herboriste 270
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Sujet: Re: (Grace) - Through your mystery light
Dim 8 Jan - 11:34

Tout et à la fois rien ne me rappelait quelque chose. Impression, réalité construite par mon esprit ou tout simplement vérité dissimulée ? Il devenait difficile de faire les liens, de démêler le vrai du faux ; comment faire des connexions à partir de songes, de rêves ? Rien ne semblait exister, rien n’était réel. Semblait. Tout n’était qu’impression, supposition, hypothèse. Où y avait-il un semblant de vécu, un souvenir réel ? Il s’était envolé avec cette perception émotionnelle propre à chacun de nous. Volatilisé, écrasé sous le poids de ce qui était monté dur comme pierre. Roc de nos réalités, folies de nos existences. La recherche vaine, au hasard je le laissais pousser à questionner celui à peine croisé, et laissant à lui maintes questions sans réponses. Nous connaissions-nous ? Il s’avérait que oui, si j’en référais à mon impression première. Ce besoin de véracité était-il foncièrement fondé, établi ? Les questions s’enlisaient à mesure que le nuage se faisait de plus en plus opaque, de plus en plus illisible. Je ne savais plus, le grand poids de ma frustration. Et pourtant, il me fallait poursuivre, continuer, ne pas lâcher prise en cours de route. Tenir et s’accrocher au poids de mes croyances, jusqu’à les voir écraser par la réalité des faits. Du moins aurais-je essayé, tenté. Au moins n’aurais-je rien à regretter.

Déception. A ce que je semblais être un souvenir perdu n’était en réalité qu’une pierre hasardeuse laissant ombrager un écho dans les plaines. Rien qui ne soit particulièrement utile, qui ne puisse me rendre service à la quête dans laquelle je m’étais d’une certaine manière, lancée. Les signaux extérieurs semblaient tout bonnement dérisoires ; le climat, les saisons, tout n’avait plus la moindre importance face à ce qui devenait presque une obsession. Je n’avais jamais apprécié ne pas savoir, ne pas comprendre. Demeurer sur un pied en équilibre me rendait folle. Le temps pouvait s’évaporer, rien ne changerait tant que les réponses ne seraient pas satisfaisantes. Il n’en avait aucune à m’apporter, rien qui n’ait suffisamment d’intérêt. Tout ne pouvait s’arrêter à cette simple réponse, et pourtant je ne pouvais dissimuler cette déception d’avoir emprunté un chemin dans une direction qui ne s’avérait finalement n’être pas celle à laquelle j’avais pensé.

« Chez les Athnas ? Ne serais-tu pas venu à un de nos banquets par le passé ? »

Je tâtonne parmi l’éventail de possibilités s’offrant à moi. Les idées s’amoncèlent, tout pourrait être utile. Pas rien. Un indice, une possibilité, une chance, un espoir. N’importe quoi pour me dire que je n’ai pas complètement disparu en même temps que ma mémoire. Que je ne suis pas en train de devenir folle à lier. En réalité, je ne saurais même pas prendre soin de moi convenablement tant le besoin matériel n’est que peu de choses face au besoin de l’esprit de se nourrir de tout ce qu’il pourrait comprendre. Il n’y a aucune satisfaction personnelle à se retrouver propulsée dans une vie qui ressemble étrangement à celle que l’on n’avait, mais qui au fond ne rentre que dans le jeu des impressions supplémentaires avec ses variations aussi étranges qu’étonnantes. Alors je me laisse entrainer à la suite de cette inconnu sans véritable motif, pour me donner la possibilité de décider par moi-même de mes envies, mes choix. Ce n’est que peu de choses, et malgré tout, j’écoute, me laisse entrainer à sa suite dans cette valse assombrie par le jour déclinant.

« Je vous accompagne. »

C’est spontané, irréfléchi, mais au fond, tout semble déraisonné et illogique dans cet agglomérat incompréhensible. Même son invitation. Il n’est pas le genre d’homme à discuter aisément. Il n’est pas non plus le genre à se laisser bercer par les dires d’une femme. Alors pourquoi aller à l’encontre de ce qu’il est ? Y aurait-il une vérité dissimulée entre ses lignes ? Toujours et encore ces questionnements laissés sans réponse. Mes pas se laissent guider dans cette grotte où tout naturellement je me surprends à l’aider à faire le foyer, puisque cette tâche semblait propre à Achim du temps où nous étions mariés. Les gestes sont fluides, adroits, moi qui ai toujours peiné à en entamer un, me retrouve à naturellement savoir le faire. J’en suis la première étonnée, presqu’abasourdie face à cette capacité que je n’aurais pas imaginé.

« C’est étonnant que je sache si bien le faire. »

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20/01/2016 avengedinchains 611 Tom Hardy ava puckessa ; signa by alas guerrier 112
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Sujet: Re: (Grace) - Through your mystery light
Dim 12 Fév - 1:30



THROUGH YOUR MYSTERY LIGHT
elias&isdès
Il n’est pas toujours facile de se souvenir de tous les traits des gens qu’on a pu croiser au cours de nos vies. Il est vrai que de temps à autre, il faut savoir faire avec, que parfois, on n’a pas vraiment le choix. On se rappelle, on garde en tête les choses, on ne fait pas attention à tout mais… On fait ce qu’on peut pour y parvenir parce que c’est la seule chose qui ait vraiment de l’importance. C’est ainsi. Au cours de nos vies, on rencontre certaines personnes, parfois, on les apprécie, parfois ce n’est pas le cas. Et au final, on finit par retenir certains noms mais pas tous. Elias n’est pas physionomiste. Et la plupart du temps, il lui faut croiser la route des personnes à plusieurs reprises pour retenir leurs noms. C’est une histoire compliquée, c’est un fait, mais il n’est pas du genre à se tracasser pour une simple identité. Disons que ça n’aurait pas le moindre sens, tout ceci. Et c’est bien mieux comme ça. Cela a toujours été le cas. Elias ne se souvient jamais de rien. Il oublie les visages, il oublie les identités. Il met du temps à s’attacher à quelqu’un, encore plus à retenir une identité. Il lui faut énormément de choses. Et ce n’est sans doute pas près de changer. Alors qu’elle soit là, à lui dire qu’il lui rappelle quelqu’un, ça ne change pas grand-chose. Lui, il ne l’a jamais vu ou alors, il ne se souvient absolument pas. Il n’a pas une très bonne mémoire et se contente des points dont il se souvient avec facilité. Et si elle se souvient de lui, n’est-ce pas plus ou moins suffisant ? Plus ou moins, du moins, parce que l’homme ne risque pas de se prendre la tête pour aussi peu de chose. A quoi est-ce que cela pourrait bien servir, finalement ? Elias ne se souvient pas, et alors ? Qu’est-ce que ça change ?

« Chez les Athnas ? Ne serais-tu pas venu à un de nos banquets par le passé ? ». Il ne se souvient pas. Il a sans doute dû y aller. Moïra l’entraînait toujours à ces conneries. Il ne se souvient pas parce qu’il ne retient que le meilleur de cette époque où ils étaient ensemble. Et ce n’était pas le cas de ces banquets où il grognait, où il n’appréciait pas d’aller. Il n’avait pas le choix. Sinon, quand il se permettait de dire non, elle se mettait à faire la gueule et à bouder dans son coin. Il détestait quand elle faisait ça. Mais au final, oui, elle a raison, c’est peut-être à ce genre d’événement qu’ils se sont croisés. Peu importe la tribu. Il ne les a pas toutes faites parce que sa femme savait qu’il n’était pas capable de tous les supporter. Il ne faut pas rêver non plus. Elle l’a épousé, alors elle le connaît forcément. « Sans doute. Ma femme m’y entraînait de temps à autre ». Il ne s’attarde pas, que pourrait-il ajouter ? Il n’a pas envie de parler de sa femme. Il ne le fait presque jamais parce qu’il estime que les gens ne sont pas à la hauteur de son souvenir. Même lui, la plupart du temps, il a l’impression de ne pas être suffisamment capable d’en parler. Et ça l’agace au plus haut point, il ne le cache pas. Il fait de son mieux, la plupart du temps, pour que ce ne soit pas une trop grosse catastrophe. Il estime que sa femme était parfaite, et qu’elle avait toujours valu mieux que lui. C’est un fait. Et il n’y a aucune possibilité de revenir en arrière. Les mots qu’il dit sur elle, aussi doux soient-ils, il ne les estime jamais à la hauteur. Et il préfère, la plupart du temps, ne pas aller trop loin. Il ne saurait juste pas vraiment dire pourquoi. Mais c’est peut-être mieux comme ça. Peut-être, parce qu’il n’ira pas chercher plus loin. A quoi bon. En tout cas, il refuse catégoriquement de parler de sa femme avec les inconnus, avec ceux qui n’ont pas eu la chance de la connaître. Ils ne le méritent pas, s’ils n’ont pas croisé sa route.

Il ne sait pas vraiment pourquoi il l’invite à son campement, dans cette grotte étroite dans laquelle il s’est installé. Dans le fond, il n’a pas vraiment de raison de refuser. Et il faut bien avouer que cet air perdu qu’elle a sur les traits, il donne plus ou moins envie de lui filer un coup de main. Il ne sait juste pas comment s’y prendre parce que là, pour le coup, Elias n’est pas doué avec les bonnes actions. Si elle n’avait pas eu cette apparence de fille perdue, est-ce qu’il aurait été tenté de l’aider ? Franchement ? Il se le demande vraiment. Mais il ne peut pas y faire grand-chose parce que les choses sont comme elles sont. Il n’est pas nécessaire d’en faire davantage. C’est tout. Mais bon, dans le fond, en quoi est-ce que cela importe vraiment ? C’est stupide. En plus, elle peut encore refuser. « Je vous accompagne. ». Bon, certes, elle ne le fait pas, mais l’idée est là, elle aurait pu le faire. Tout ceci est illogique, pourtant. Deux inconnus qui se suivent, qui se rejoignent autour d’un feu alors que rien ne les y amènerait dans une autre situation. Elle a un souvenir vague de lui ou de quelqu’un qui lui ressemble ? Certes, et alors ? Est-ce que ça change vraiment quelque chose ? Et voilà que maintenant ils sont là, à tenter de faire un foyer solide et durable. « C’est étonnant que je sache si bien le faire. ». Cette femme est définitivement étrange. Et il en vient à ne plus savoir quoi dire ou faire. Il ne comprend rien, en réalité. Mais sa mémoire semble lui faire défaut. Elle ne se souvient pas si elle l’a déjà vu, elle ne se souvient guère de grand-chose et pourtant, quelques actions lui reviennent naturellement. « Pourquoi est-ce si étonnant ? ». Dans le fond, hormis son air perdu, il ne sait pas grand-chose d’elle. A-t-elle subi un malaise qui la met autant mal à l’aise ? N’est-ce pas possible ?


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12/10/2014 Brimbelle 44732 Jessica Chastain Frimelda Médecin / Herboriste 270
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Sujet: Re: (Grace) - Through your mystery light
Dim 18 Juin - 23:11

En fait j’ignore tout de lui. Hormis cette impression de déjà-vu qui ne me donnera pas davantage d’indices sur le profil en question. Ce visage est entouré de points d’interrogations sans possibilité d’ajouter une information pour m’aiguiller. Il n’y a rien pour m’éclairer sur ce point hormis cet accoutrement d’habitant des bois. Ou des montagnes. Rien n’est clair, tout n’est que flou. C’est intriguant, c’est étonnant et à la fois, cela pousse à se dépasser, à chercher au-delà de ces propres perceptions. Tâtonner, maladroitement, se relever, poursuivre, recommencer.

« J’ignorais que tu avais une femme »

Et toutes ces choses que l’on devrait connaitre des uns, des autres. Cela portait pourtant sous le coup de l’évidence, les célibataires endurcis ne faisaient pas vraiment légion. Sans doute ne m’est-elle pas si inconnue que cela. Qui sait, une discussion aurait pu nous permettre de faire plus amplement connaissance ; passons là cette réflexion de peu d’intérêt. Après tout, ces innombrables hypothèses ne suffisent qu’à pallier un manque flagrant de conversation entre nous. Il n’a pas l’air très bavard, moi non plus : demeurons-nous donc dans le silence ou au contraire délierons-nous nos langues quelques instants ? Les gestes sont pourtant là, l’invitation également. Le langage est trop souvent perçu comme porteur du contact mais finalement, d’autres facteurs agissent pour le créer et le faire vivre ; il suffit simplement d’observer, de se laisser porter par quelques secondes d’attention pour avoir un élément de réponse positif. Pas besoin de s’attarder en palabres inutiles quand il suffit simplement d’agir pour obtenir un retour. Difficile de savoir sur quoi lancer le fil de la conversation quand deux étrangers qui à priori rien en commun se croise au fond d’une forêt. La tâche n’en est que plus ardue tandis que les deux n’ont nulle envie de s’attarder sur leurs vies respectives. Mais le fil se tient, se mue en silence et tente de tisser sa toile fébrilement.

« Parce que je ne me souviens pas avoir appris à le faire. Ni comment j’aurais pu le savoir. »

Cette pensée est stupide et pourtant présage combien je ne me reconnais plus. Je sous-estime, me laissant portée par les simples témoignages de mon entourage sans croire qu’il pourrait y avoir davantage. La vision n’est pas la mienne, mais celle des autres où je tente plus ou moins de projeter une image. Echec. Elle est toute aussi compliquée que ce rien de 7 années. C’est déroutant et d’un autre côté, c’est tout ce qu’il me reste. Alors on recolle les morceaux du mieux qu’on peut et parfois, les pièces refusent de s’assembler entre elles en raison de cette pièce clé qui ne se manifeste pas, qui se trouve nulle part et partout à la fois. Je la cherche, sans savoir par quoi commencer, comment faire pour la trouver, la localiser avec davantage de précisions. Tout semble si infini que j’ignore où j’en suis au point de passer pour une idiote à ne pas savoir comment régler le bordel installé dans ma vie désormais. Comment font-ils, ceux qui traversent ces périodes de crise existentielle incompréhensible ? Comment peuvent-ils garder un recul pareil et passer à autre chose ? Je les admire parfois, et en même temps je crains d’être un jour ainsi. Alors j’essaie d’apporter des informations complémentaires à cette dernière réponse qui semblait tout aussi étrange que j’ai l’air de me comporter actuellement. Bafouillant presque, je me retrouve rougissante sans raison apparente pour expliquer cet embarras.

« Je souffre d’amnésie. Et j’ai l’impression de vivre dans le corps d’une étrangère, d’être un imposteur. Enfin, passons là ce sujet de mauvais augure. Où allez-vous ? Ou peut-être vivez-vous là. »

Rien ne serait impossible, ce ne serait certainement pas le premier vagabond que je croise sur mon chemin, encore moins le dernier.

 

(Grace) - Through your mystery light

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